Disclaimer : Nous ne tirons profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires. Nous ne retirons rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent. En revanche, l'histoire nous appartient.
Rating : T
Genre : Romance / Drama / Angst / Comfort
Personnages : Tony Stark ; Loki ; la plupart des personnages vus dans les films du MCU
Situation temporelle : Démarre en 2012, après que Loki a récupéré le Tesseract dans Avengers Endgame


Bonjour tout le monde !

Vous l'avez deviné avec la fin du dernier, c'est sans surprise aujourd'hui que nous avons le retour de Coulson ! (Et non, pas de mauvaise surprise, nous ne sommes pas si sadiques !)

.

Egwene Al'Vere, MARGUERITE . ROXTON - JONES, merci beaucoup pour vos review ! Merci également aux gens qui suivent cette histoire et continuent de la mettre en follow / favoris. Et si vous laissez une review, promis, on ne mord pas ! ;)


Bonne lecture !

Ju' et Kae


oOoOoOoOoOoOoOo

CHAPITRE 24

oOoOoOoOoOoOoOo

Chaque être humain est unique.

Combien de fois avons-nous entendu cette phrase ? Des dizaines de fois. Et pourtant, nous passons notre temps à l'oublier. Nous passons notre temps à donner notre avis, à dire aux autres la manière dont ils devraient gérer telle ou telle situation. Combien de fois avons-nous commencé une phrase par "à ta place, je…" ? Trop de fois. Beaucoup trop. Parce que peu importe combien nous connaissons la personne à qui cette phrase est adressée, cette personne n'est PAS nous.

Chaque être humain est unique.

Même des vrais jumeaux, en vivant au même endroit, en ayant la même éducation, le même environnement, des caractères identiques, deviennent la plupart du temps des adultes différents, avec des goûts différents, avec des avis différents. Alors imaginons un ami, ou un collègue. Comment pourrions-nous imaginer leur manière de penser ? Comment peuvent-ils imaginer la nôtre ? Alors non, ne leurs imposons pas notre façon de voir le monde. Mais écoutons, et donnons notre avis, sans chercher à l'imposer. Comprenons ce que l'humain en face de nous essaie de nous dire. Parce que ce n'est pas parce que nous n'avons pas le même avis que l'un de nous a forcément tort.

Chaque être humain est unique.

Plus que cela, chaque être pensant, chaque être doué de conscience est unique. Cela vaut pour les êtres vivants dans les neufs mondes et au-delà.

Comme – au hasard – les Jötunns.

oOoOoOoOoOoOoOo

Tony avait l'impression d'être transporté dans un monde parallèle. Pourtant il n'avait pas changé de réalité, et il savait pertinemment ce qu'il s'était passé pour que ce qui était en train de se dérouler sous ses yeux arrive. Mais ça n'enlevait pas l'irréalité de la scène.

Phil Coulson venait d'entrer dans le bureau de la directrice de Rescue.

« Salut tout le monde, » lâcha-t-il comme s'il revenait de vacances.

C'était toujours le même homme. Le même physique, quoi qu'il eût peut-être maigri. Le même regard, quoi qu'en y regardant bien, il y avait une chaleur qui n'y était pas avant. La même posture, même si ses épaules étaient peut-être un petit peu voutées.

« Que m'a dit Coulson la première fois qu'il est venu me trouver ? » demanda soudain Clint dans un murmure tremblant.

L'agent se tourna vers Hawkeye avec un sourire – oserait-il le dire ? – presque paternel aux lèvres, s'approchant suffisamment de lui pour le toucher en tendant le bras.

« Je t'ai dit que tu te trouvais devant un choix. Que tu étais jeune pour le faire, et que ce serait celui qui aurait le plus de conséquence pour le reste de ta vie, car il en amènerait d'autres, tous plus difficiles les uns que les autres, » répondit immédiatement Coulson. « Tu m'as répondu qu'on n'était jamais assez vieux pour choisir sagement le chemin qui allait décider de notre vie, donc que ton âge importait peu. »

Du coin de l'œil, Tony vit Natasha faire un signe de tête à Hill, qui acquiesça. Les deux femmes se dirigèrent vers la sortie, le supersoldat et milliardaire les suivant. En refermant la porte, Tony vit l'archer, en larmes, prendre Coulson dans ses bras. Le sourire triste et le regard débordant d'affection de Phil étaient si sincères, si dénué de carapace ou de protection, que Tony se fit l'effet d'un voyeur et se jura de ne jamais en parler de cette scène à quiconque, surtout pas aux principaux concernés.

Le milliardaire accrocha doucement la porte et regarda les deux femmes.

« Vous voulez prendre un verre ? » proposa-t-il.

Steve fronça les sourcils et les deux femmes se regardèrent, puis regardèrent Tony avec le même air que le génie ne fut pas capable d'interpréter.

« Quoi ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils.

Elles se regardèrent de nouveau avant d'échanger un sourire.

« On te suit, » répondit Natasha.

Steve se contenta de suivre le mouvement.

La russe en profita pour lui rendre l'oreillette qu'il lui avait passé en quittant en trombe le labo. À peine l'eut-elle fait que Jarvis se manifesta dans son oreillette – que lui avait laissée en place.

« Monsieur, notre invité est rentré. Voyant que vous n'étiez nulle part, il a décidé de s'installer au penthouse en attendant votre retour, » l'informa-t-il.

Tony ferma les yeux. Bordel, il l'avait oublié lui. Il dégaina son téléphone.

Préviens-le que j'arrive, accompagné, mais que dès qu'ils seront partis il pourra nous rejoindre. Qu'il ne se montre pas, même sous invisibilité. Que s'il souhaite vraiment écouter ce qui va se dire, que tu lui mettes sur les écrans du labo la vidéosurveillance du salon, écrivit-il à toute vitesse sur son téléphone, sans cesser de marcher.

« Quel empressement, » railla Natasha.

Mais le milliardaire ne tomba pas dans le panneau de sa fausse indifférence. Elle était curieuse.

« J'ai préféré annuler les trois demoiselles qui étaient censées me tenir compagnie avant qu'elles ne partent de chez elles, sinon j'allais devoir payer les frais de déplacement, » répondit-il avec tellement de naturel que la russe ne sut dire s'il était sérieux ou pas.

Le regard à la fois méprisant et outré que lui jeta Hill l'agaça mais il préférait passer pour un porc plutôt qu'elles apprennent la vérité. Aujourd'hui moins qu'aucun autre jour.

Lorsqu'ils arrivèrent au penthouse, il se dirigea vers le bar

« Steve ? » demanda-t-il.

« Les dames d'abord, » répondit-il.

« La raison pour laquelle je te fais passer en premier, » rétorqua le milliardaire par pure provocation.

Le supersoldat leva les yeux au ciel mais ne dit rien.

« La raison pour laquelle je ne demande pas à ces dames est parce que je sais ce qu'elles souhaitent boire, » ajouta-t-il en préparant un martini et un mojito.

« Une bière s'il te plaît, » finit par répondre l'autre homme.

« Tout de suite, » acquiesça le scientifique avant d'ouvrir le réfrigérateur du bar, de décapsuler une bouteille et de la lui tendre. « Un verre ? »

Le supersoldat refusa d'un mouvement de tête.

Le génie se tourna de nouveau vers le bar avant de se servir un verre de rhum. Il avait hésité avec la bouteille de whisky qui attendait sagement à quelques centimètres de sa main, mais quelque chose l'avait retenu. Peut-être le fait que depuis des mois, il n'ouvrait cette bouteille que pour des discussions avec un certain dieu nordique.

Une alerte rouge clignota dans sa tête. Il ne devait pas commencer à penser à Loki. Pas alors qu'il avait les deux tiers des Avengers dans la pièce.

« Vous savez qu'il existe un cocktail qui mélange de la tequila, du rhum, de la vodka, du gin, de la limonade et du citron ? » demanda-t-il, verbalisant la première pensée non risquée qui lui passa par la tête.

« Oui, ça s'appelle adios motherfucker, » répondit Natasha en prenant une gorgée de son martini.

« Alcoolique, » marmonna Hill.

« Tu n'as toujours pas digéré de ne pas tenir l'alcool aussi bien que moi ? » ricana la russe.

Tony vit la directrice de Rescue tourner lentement la tête vers l'espionne et décida qu'il fallait changer de sujet avant qu'il n'y est des morts. Et il n'était pas sûr de savoir laquelle des deux y laisserait sa peau en premier.

« Bien, » déclara-t-il en s'asseyant dans le fauteuil et en étirant ses jambes. « Jarvis, tu es avec moi ? »

« Absolument, monsieur, » répondit le majordome.

« Je suis ravi de l'entendre. Une fois qu'ils auront fini de discuter, dit à Œil-de-piaf et Coulson de nous rejoindre. Je me doute bien qu'il doit avoir mille et une choses à faire, mais promets-lui qu'il pourra partir après quinze minutes s'il le souhaite. »

« Je transmettrai, Monsieur. »

Tony hocha la tête et laissa aller sa tête en arrière contre le dossier du canapé.

« Bien, directrice, avez-vous déjà pris contact avec le département de recherche concernant les uniformes de Rescue ? » demanda-t-il à Maria.

La brune se figea.

« Quoi ? J'ai une troisième oreille qui a poussée sur le front ? » demanda-t-il et se sentit fier du sourire que Natasha ne put cacher.

« Vous voulez vraiment parler de Rescue maintenant ? » s'étonna Hill.

« Absolument. De quoi d'autre voulez-vous que nous parlions ? » demanda-t-il.

La directrice ouvrit la bouche avant de secouer la tête.

« Je crois qu'il faut que j'arrête d'essayer de vous comprendre, » soupira-t-elle.

« Sur ce point je suis parfaitement d'accord avec vous, » acquiesça-t-il.

Natasha décida de se lever et attrapa Steve par le bras avant de le guider vers le bar, où ils s'installèrent avant de commencer à discuter. Tony se tourna de nouveau vers Hill.

« Malgré tout, je vais répondre à votre interrogation, » reprit-il avec un grand sourire. « J'ai totalement confiance en vous pour ce qui concerne Rescue. Ce qui n'est absolument pas pour tout ce qui est en rapport de près ou de loin avec le SHIELD. Vous pensiez que j'allais vouloir parler de Coulson, mais puisque je ne croirai aucun mot qui sortira de votre bouche, je préfère largement attendre que le concerné arrive pour lui demander directement. »

Maria le regarda quelques secondes sans rien dire avant d'éclater brièvement de rire.

« Parce que vous faites confiance à ce que dit Coulson ? » ricana-t-elle. « C'est le meilleur menteur d'entre nous. Le seul que j'ai jamais vu tromper Fury, » avoua-t-elle le regard amusé alors qu'elle se rappelait probablement le mensonge en question.

Tony se contenta de hausser les épaules.

« Je verrai bien lorsqu'il sera là. »

Le rictus de Hill s'élargit.

« Vous comptez me répondre ou je dois vous envoyez la question par courrier papier en sept exemplaires avec accusé de réception ? » ironisa-t-il, ne supportant pas l'air supérieur de la brune.

Étonnamment, elle n'insista pas plus, et lui répondit. Ils discutèrent presque une demi-heure de Rescue et des problèmes de gestion et de paperasse auxquels Hill faisait – brillamment, sans surprise – face. Brièvement, Tony songea que si Pepper et elle décidaient de s'associer un jour et de monter une multinationale, elles auraient le monde entier à leurs pieds, et probablement une ou deux autres planètes avec.

L'ascenseur du penthouse finit par s'ouvrir, dévoilant Barton et Coulson – bon sang il allait lui falloir un moment pour s'y faire – qui s'avancèrent dans la pièce. Steve et Natasha les rejoignirent et tous se retrouvèrent au niveau du grand canapé.

« Il y a eu quelques changements, » déclara Coulson en regardant autour de lui.

L'atmosphère se refroidit brutalement. Oui, il avait dû faire refaire tous les étages supérieurs après le passage de Loki. Après la mort de Phil.

« Ah, j'aurais dû y penser, mauvais souvenirs pour vous, » marmonna Coulson avec son éternel sourire en coin.

« Oui, alors que pour vous ça a dû être un moment particulièrement agréable à vivre, » grogna Tony dans sa barbe.

Il se rendit immédiatement compte qu'en un sens, il venait d'aggraver la situation. Forcément les autres l'avaient entendu mais Phil la désamorça en rigolant discrètement.

« Je ne suis pas certain que votre sens de l'humour m'ait manqué, Monsieur Stark, » avoua-t-il avec un sourire discret mais sincère.

Un sourire que Tony n'avait jamais eu la chance de voir chez lui. Il voulut lui en faire la remarque mais son téléphone émit une notification sonore. D'après le son, il s'agissait de Jarvis. Il s'en saisit et le glissa dans sa poche.

« Barton, whisky ? Tequila ? Rhum ? Les trois en même temps, histoire de te remettre un peu de la situation ? »

Bordel, quelqu'un allait-il un jour le faire arrêter de dire de la merde ? Il savait être délicat. Il savait marcher sur des œufs. Oui, ok, seulement avec Pepper, de temps en temps. Et avec Loki, quand il avait besoin de sauver sa peau. Mais il le POUVAIT. Alors pourquoi devait-il toujours faire le fanfaron lorsqu'il y avait d'autres personnes ?

L'archer lui lança un regard qui pouvait correspondre à un " T'as vraiment dit ça ? ". Tony laissa échapper une grimace d'excuse auquel l'autre répondit d'un roulement d'yeux.

« Un coca, » répondit-il. « Nat' et moi devons partir en mission dans une heure. »

Le milliardaire regarda l'espionne et son verre de martini qu'elle avait accepté sans rechigner, avant de regarder de nouveau l'archer.

« Elle tient mieux l'alcool, j'y peux rien, » rappela l'archer en haussant les épaules.

« Et vous Agent ? Qu'est-ce que je vous sers ? » demanda-t-il à l'autre homme.

Il vit un coin des lèvres de Coulson se relever devant le surnom qu'il lui avait attribué longtemps auparavant. Trop longtemps. Un surnom qu'il pensait ne jamais réutiliser. Ça le fit sourire à son tour.

« Je n'ai pas le temps de boire un verre. »

« Vous avez accepté les quinze minutes de Jarvis, » rappela Tony. « Ça veut dire que vous avez largement le temps d'en boire un. »

Il savait que Coulson allait refuser. C'est pourquoi il ne comprit pas lorsque celui-ci haussa une épaule.

« Très bien, un coca aussi. »

Tony se demanda si l'agent qu'il avait côtoyé des années auparavant avait vraiment été lui-même ou avait tenu un rôle devant lui. Un regard aux deux autres Avengers suffit à le rassurer. Natasha le regardait, les yeux légèrement plissés et Clint avait adopté le regard parfaitement neutre qu'il utilisait lorsque quelque chose d'inhabituel se produisait. Seule Hill ne semblait pas émue plus que de coutume, mais Tony ne l'avait pas encore assez pratiquée pour la décrypter aussi bien que les autres. Et Steve ne comptait pas vraiment puisqu'il ne l'avait presque pas côtoyé.

Sans poser de question, il leur servi leur soda, avant de les inviter à s'asseoir d'un geste de la main. Clint obéit mais l'autre agent resta debout. Enfin une chose normale.

Il profita que Clint s'installe dans le fauteuil pour regarder son téléphone.

Monsieur, Monsieur Loki demande s'il s'agit de la personne qu'il a tuée en 2012, lui avait écrit Jarvis.

Il soupira discrètement.

Oui, le même. Il était bien mort. Il est bien vivant. Je lui expliquerai. Qu'il prenne son mal en patience.

Il glissa le téléphone dans la poche de son pantalon.

« Si vous me le permettez, je vais vous poser une première question, » lança-t-il à la ronde mais il regardait Hill et Coulson.

« Faites, » soupira la directrice de Rescue.

« Le SHIELD existe-t-il encore ? » demanda-t-il avant de lever la main.

Il avait déjà la réponse à cette question. Tant que Fury serait en vie, il y aurait un SHIELD quelque part. Non, il devait mieux poser sa question. Il ne devait pas leur laisser une opportunité d'échapper aux réponses.

« Où en est la reconstruction du SHIELD ? » questionna-t-il finalement.

À ce moment-là, quelque chose de bizarre se passa. Hill tourna légèrement la tête vers Coulson. Comme si… comme si… Oh. Tony s'appliqua à garder un masque totalement neutre, mais lorsqu'il croisa le regard d'Agent, ce dernier lui fit savoir qu'il avait vu que Tony venait de comprendre.

Zut. Tant pis. Il savait, c'était le principal.

Il n'avait pas cru Fury, quelques temps plus tôt, lorsqu'il lui avait dit qu'il n'était plus le directeur du SHIELD. Mais il disait vrai. Tony avait le nouveau directeur devant lui. Merde, est-ce que ça voulait dire qu'il ne devait plus l'appeler Agent ? Nan, s'ils étaient restés inexistants sur la communication, ça voulait dire que l'information devait rester secrète. Pour le moment il ne dirait rien. Mais ça lui faisait potentiellement un levier. Un point d'accroche. Pour un éventuel chantage. Si besoin était.

Ça suffisait au milliardaire, pour l'instant.

« Elle avance, » se contenta de répondre Agent.

« Quel est le but du SHIELD, aujourd'hui ? » demanda ensuite Tony.

« Dois-je vous citer de nouveau l'acronyme ? » demanda Coulson avec un demi-sourire.

Tony leva les yeux au ciel mais ne répliqua rien. Il avait encore posé la mauvaise question.

« Est-ce que le SHIELD a encore la capacité de soutenir les actions des Avengers ? »

Le directeur le regarda un long moment sans rien dire. Tony le laissa faire, sans que les autres n'osent intervenir.

« Peu importe maintenant que vous avez Rescue, non ? » demanda-t-il finalement.

Mais le scientifique n'allait pas se contenter de cette réponse.

« Ne tentez pas d'imiter Fury et ses réponses à côté, » lâcha-t-il un peu sèchement. « Vous avez toujours été un meilleur être humain que lui. Ne vous abaissez pas à son niveau. »

« Vous ne savez rien, Monsieur Stark, » répliqua Coulson, le regard effroyablement neutre.

« C'est la raison pour laquelle je pose des questions, » rappela Tony. « Je veux savoir de quelles ressources je peux disposer pour nos missions. Je cherche au maximum à éviter les pertes, voyez-vous, » railla-t-il. « Nous n'avons pas tous la possibilité de ressusciter selon le bon vouloir de l'homme-au-cache-œil. Alors excusez-moi de penser aux Avengers, puisque vous semblez ne plus avoir le temps de le faire. »

Clint se crispa dans son fauteuil, probablement partagé entre l'envie de défendre Coulson – on ne s'en prenait pas à son père adoptif ainsi sans représailles – et le fait que Tony avait raison. Agent était en vie depuis des mois et des mois, et pas une fois il ne s'était manifesté, n'avait envoyé le moindre mémo pour prendre de leurs nouvelles personnellement. Ou juste leur dire qu'il se portait bien. Pas même à Clint merde !

Coulson soupira.

« Le SHIELD ne peut pas se permettre de se montrer. Il n'a plus rien de l'organisation de ces dernières décennies. Le directeur doit gérer des dizaines d'hommes et de femmes qui n'ont pas d'existence réelle. Nous ne pouvons pas être envoyés sur le terrain. Nous n'avons plus de moyen de déploiement rapide, pas d'infrastructure officielle. Sans parler du fait que voir les Avengers en compagnie du SHIELD ruinerait l'image de super héros honnêtes que vous avez réussi à vous forger, » expliqua-t-il.

Enfin, Tony avait un peu de sincérité. Il s'engouffra dans la brèche.

« Sans parler du fait que rester sous le radar vous donne encore plus de marge de manœuvre, » ricana-t-il gentiment. « Je comprends. Vraiment. Maintenant, allez-vous me dire si vous comptez interférer ou non dans les affaires concernant les Avengers ? Non officiellement, je veux dire. »

De nouveau, Coulson le dévisagea, l'évaluant, probablement.

« Si je vous dis que nous n'avons pas le temps de nous occuper des Avengers parce que nous avons notre lot de menaces à gérer, allez-vous me croire ? » questionna le directeur.

À son tour, Tony l'observa.

« Je vous crois, » répondit-il seulement. « Avez-vous besoin d'aide ? »

La question était sortie toute seule. Vraiment. Et elle était stupide. Hill ricana. Nat leva les yeux au ciel. Clint secoua la tête. Steve haussa un sourcil. Coulson ne frémit même pas. Cet homme était désespérant. Mais le cerveau de Tony fonctionnait vite. Et tout ou presque pouvait se transformer en bonne occasion.

« Je sais que nous ne sommes pas la meilleure option quand il s'agit de travailler discrètement. Mais je peux vous fournir un support technologique. Nat et Clint savent se fondre dans la masse même si leurs têtes sont partout. Bruce peut vous fournir à peu près tout et n'importe quoi qui concerne le domaine médical. Et Steve… bah, il peut vous aider à déplacer des meubles pour votre emménagement, » déblatéra-t-il en espérant glaner quelques informations.

« Eh, » protesta doucement le dernier cité, le sourire aux lèvres, amusé malgré tout.

« Stark, » grinça presque littéralement Hill, « que pensez-vous que nous avons fait depuis juin ? Cela fait bien longtemps que le SHIELD n'attend plus ses prestigieux mécènes pour survivre. Nous avons tout ce dont nous avons besoin. Nous mettons simplement plus de temps pour les obtenir. Mais le temps n'a jamais été un problème pour nos prédécesseurs, et il ne le sera toujours pas pour nos successeurs. »

Tony réussi à retenir son sourire.

« Navré de vouloir me rendre utile, » grogna-t-il simplement. Essentiellement pour la forme, s'il devait être honnête.

« Vous ne voulez pas vous rendre utile, vous voulez montrer que vous êtes utile. Nuance, » rétorqua la brune. « Mais nous n'avons pas besoin de vous. »

Le scientifique éclata d'un rire sardonique. L'attaque était de la pure provocation

« Dites-moi, faites-vous partie du SHIELD ou de Rescue ? » demanda-t-il. « Dois-je vous libérer de votre poste de directrice pour que vous puissiez retourner à vos précédentes activités de bras droit du directeur ? »

Elle le regarda droit dans les yeux, et bien évidemment il refusa de baisser le regard. Et puis quoi encore ?

« Ça suffit, » déclara Coulson et Maria détourna le regard après quelques secondes supplémentaires. « Le directeur Fury et l'agent Hill ne sont plus affiliés au SHIELD depuis des mois, même s'ils restent présents en tant que support, si besoin. Et vous n'aurez pas plus d'informations que ça, » ajouta-t-il en voyant Tony ouvrir la bouche.

Le milliardaire haussa les épaules.

« Très bien, très bien. Par pure curiosité, et pour panser mon égo, vous pouvez me dire combien de personnes il a fallu pour hacker Jarvis cette fois ? »

« On a une jeune recrue prometteuse, » répondit simplement Hill.

Tony failli répondre immédiatement mais le regard de Coulson le pris au dépourvu. La lueur qui le traversa était fugace mais le milliardaire eut le temps de remarquer l'affection mêlé de fierté qui s'y trouvait.

« Une seule ? » s'étonna-t-il. « Il faudra que je la rencontre un jour. »

Agent laissa un sourire amusé apparaître sur ses lèvres.

« Je pense qu'il faut que j'évite de vous dire qu'elle s'est déjà trouvée devant votre tour, habillée d'un cosplay, » déclara-t-il.

Tony ne réagit pas tout de suite, comme il aurait dû le faire. Parce que, vraiment, Coulson n'avait absolument pas masqué l'affection dans sa voix. Elle avait dégouliné dans toute la pièce comme un marshmallow au-dessus d'une flamme. Le milliardaire se promis à la fois de retrouver la personne en question, mais également de ne pas faire de bêtises. Parce que clairement, Agent l'appréciait.

« Je vais devoir vous laisser, » ajouta Coulson en posant son verre vide sur la table basse.

« Ça ne fait pas quinze minutes, » rétorqua Tony.

« Si, ça fait même quinze minutes et vingt-trois secondes depuis que j'ai quitté le bureau de la directrice de Rescue pour venir vous retrouver ici, » répliqua Coulson, amusé.

Le scientifique ne put s'empêcher de rire.

« Toujours à chercher le diable dans les détails, Agent, » répondit-il avec un grand sourire.

« Toujours aussi approximatif, Monsieur Stark. Je vous souhaite une bonne fin de journée, » ajouta-t-il avant de se diriger vers la sortie de la pièce.

« Agent ? » l'interpella le génie.

Le susnommé se retourna, une lueur curieuse dans le regard.

« Les Avengers ne sauront pas lorsqu'une de leur mission croisera celle du SHIELD, mais l'agence le saura. Vous le saurez. Peu importe ce que vous pensez, nous pouvons être utiles. »

Le directeur hocha la tête et Tony l'imita. Ce n'était pas une promesse, mais il ne pourrait probablement pas obtenir un meilleur accord. Pas pour le moment.

« Et Phil ? Donnez de vos nouvelles de temps en temps, » ajouta-t-il, l'appelant pour la première fois par son nom. « On est plutôt content de vous savoir en vie. »

Le sourire qui étira les lèvres de Coulson fut peut-être le plus sincère qu'il ait adressé à Tony depuis leur première rencontre.

« Vous êtes insupportable, Anthony Stark. Mais malheureusement, vous êtes un homme bien, » répondit simplement Coulson avant de tourner définitivement les talons.

Les portes de l'ascenseur furent à peine refermées que Maria se lève.

« Je retourne à mon bureau, » déclara-t-elle. « Histoire de faire un peu de ménage, vu qu'il a été retourné. »

Clint lui lança un regard noir, et clairement, Tony fut persuadé qu'elle ne serait pas pardonnée rapidement.

« Hill, » l'interpela le milliardaire.

Elle se tourna vers lui sans un mot.

« Je n'aurai qu'une question. Êtes-vous loyale au SHIELD ou à Rescue ? »

« Aux deux, » répondit-elle immédiatement.

Le scientifique avait envie de la croire mais il n'était pas certain qu'elle soit honnête. Et il n'avait aucun moyen de le vérifier.

« Et si jamais l'un se retrouvait confronté à l'autre ? Pas nécessairement sur le terrain mais dans leurs idées ? Ou si le SHIELD vous appelait à l'aide mais que Rescue avait besoin de vous ? » insista-t-il.

Elle s'approcha de lui jusqu'à se retrouver nez à nez – elle était plus petite que lui mais ses presque dix centimètres de talons compensés les mettaient à la même taille.

« Monsieur Stark, je pense que je me suis assez battue afin de faire exister Rescue pour que vous m'accordiez un minimum de crédit, » rappela-t-elle d'une voix parfaitement neutre, mais son regard lançait des éclairs. « Je ne renierai jamais le SHIELD mais Rescue aura la priorité. »

Tony hocha la tête, satisfait.

« Et si jamais je souhaitais un jour privilégier le SHIELD, ce ne serait pas sans une excellente raison, et je ne le ferai pas sans vous en informer, vous et Virginia, » ajouta-t-elle.

Elle se recula, salua Steve, Natasha et Clint d'un hochement de tête que seules le supersoldat et la rousse lui rendirent, et quitta à son tour le penthouse. Une fois l'ascenseur refermé, Tony se laissa littéralement tomber dans le fauteuil.

« Je ne suis pas le seul à l'avoir remarqué ? » demanda soudain Steve.

« Quoi donc, Cap ? » le questionna Tony.

« Que c'est l'agent Coulson qui répondait aux questions. »

Tony ne put s'empêcher de sourire.

« Alors qu'avant l'agent Hill était sa supérieure, » ajouta-t-il.

Clint hocha la tête pour confirmer.

« J'admets que je n'aurais pas vu Coulson directeur, » avoua Natasha. « Mais le costume a l'air de lui convenir. »

« Il ne faut pas en parler, » déclara l'archer. « Ça lui peindrait une cible dans le dos. »

Steve hocha la tête.

« Je suis d'accord. »

« Moi aussi, » ajouta la russe.

« Pareil ici, » finit Tony.

Et le silence retomba. Le milliardaire fut satisfait que les autres en aient parlé d'eux-mêmes. Bruce serait certainement mis au courant, et Thor, peut-être. Mais hors de question d'aborder le sujet avec quiconque.

Cinq minutes plus tard, ils étaient toujours perdus dans leurs pensées respectives.

« Faut que je pense à autre chose, » souffla soudain Clint en se levant.

Tony pensait que la russe allait proposer une séance d'entraînement, mais Steve fut plus rapide.

« Tu me dois toujours un entraînement, » rappela le supersoldat d'un air de ne pas y toucher.

Clint laissa échapper un rire et hocha la tête.

« C'est parti alors. »

Les deux hommes s'en allèrent, et il ne resta plus que Natasha et Tony dans le penthouse.

« Comment tu te sens ? » osa demander le milliardaire, sans espérer plus qu'un regard neutre en réponse.

La russe le regarda avant de hausser les épaules.

« Ça ne me surprend pas vraiment, » admit-elle. « S'il y a bien une personne sur Terre capable de ramener des gens à la vie, c'est bien Fury. »

Tony hocha pensivement la tête, plutôt du même avis. Rien ne semblait résister à Fury. L'homme trouvait toujours une solution, peu importe le problème qui se posait. Pire encore, il semblait l'avoir déjà imaginé, parce qu'il avait une solution déjà prête à l'emploi.

« Tu l'as trouvé comment ? » demanda-t-il encore.

Nouveau haussement d'épaules.

« Le même, un peu différent, » répondit-elle, laconique.

« C'est-à-dire ? »

Cette fois il eut le regard neutre auquel il s'attendait depuis qu'il avait lancé la conversation.

« Je l'ai trouvé plus ouvert dans ses émotions, » avoua le génie. « Avant il était constamment neutre dans son regard, dans ses expressions. Là ce n'était pas le cas. »

« Je suis du même avis, » consentit à avouer l'espionne. « Mais je l'ai trouvé aussi plus secret. Plus manipulateur. Avant il obéissait aux ordres. Désormais il les donne. Ça doit influencer son comportement. »

Le milliardaire hocha la tête mais n'ajouta rien. Il avait un coup de barre. Et une petite sieste dans le fauteuil ne lui aurait pas fait de mal. La nuit précédente avait été réparatrice mais il avait accumulé du sommeil en retard.

Sans surprise, Natasha se leva souplement du canapé.

« Je vais te laisser récupérer, la journée a été intense pour tout le monde, » déclara-t-elle simplement avant de se diriger vers l'ascenseur.

« Nat ? » appela le scientifique depuis son fauteuil.

Elle fit demi-tour sur ses talons et attendit.

« Tu vas bien ? » demanda-t-il en plantant son regard dans le sien.

Elle laissa tomber un peu le masque. Ses lèvres s'étirèrent dans ce petit sourire – qui ressemblait presque à une moue – qu'elle savait si bien faire, et son regard brilla d'affection.

« Oui, plutôt mieux que ces derniers temps, même. Les vraies bonnes nouvelles sont rares, ces temps-ci. Ça fait du bien, » avoua-t-elle. « Et puis je suis heureuse pour Clint, » finit-elle avant de s'en aller.

Tony se dit qu'elle avait raison. Il ne pouvait changer ce que le SHIELD avait fait. C'était le passé, il n'y pouvait rien. Alors autant profiter des conséquences positives de leurs actes.

Coulson était en vie, bordel. C'était un putain de point positif.

Il retint un soupir de dépit en sentant l'habituel fourmillement dû aux téléportations de Loki. Il voulait juste se reposer un moment, c'était trop demandé ?

« Cet homme… » commença le dieu.

« Est censé être mort, je sais, » finit Tony. « Mais vive les krees et leurs capacités de régénération hors du commun a priori, parce que ça l'a ramené à la vie. »

Il ouvrit les yeux – quand les avait-il fermés ? – et redressa la tête. Loki s'était installé à la place que Hill avait quittée un peu plus tôt, dans le canapé.

« J'ai lu les dossiers que vous avez laissé dans le laboratoire, » déclara-t-il avant de réfléchir pendant un instant avant d'ouvrir à nouveau la bouche, une moue méprisante sur le visage.

« Si tu comptais m'expliquer en long, en large et en travers combien les êtres humains sont des barbares sans raffinement aucun pour oser tenter des tests de ce genre, garde ta salive, je suis du même avis que toi, » précisa Tony.

Il capta le coin des lèvres de l'autre homme se soulever légèrement. Un verre de whisky apparut dans sa main, alors qu'il interrogeait le milliardaire du regard. Tony acquiesça en silence et un second verre fit son apparition sur la table basse, devant lui.

Le scientifique pensait que Loki allait le cribler de question, ou au contraire se taire et prendre l'habituel air concentré qu'il arborait lorsqu'il réfléchissait intensément à quelque chose, mais non. Il commença à parler à Tony de ses dernières recherches, que la petite virée qu'il avait fait la veille n'avait porté aucun fruit, et qu'il devrait chercher ailleurs la solution à son problème du moment.

L'humain mit quelques minutes à comprendre. Loki se fichait de Coulson. Il s'en était toujours moqué. Il n'avait à son encontre rien d'autre qu'une pure indifférence. Qu'il soit mort ou en vie, cela ne lui importait pas. Le scientifique se demanda comment réagir, mais tenta de se raisonner. Ce n'était pas comme si l'absence de réaction du jötunn changeait quelque chose.

« Vous ne m'écoutez pas, » lâcha soudain le dieu, du reproche clairement audible dans la voix.

« Désolé, accumulation de fatigue, j'arrive pas à me concentrer, » avoua-t-il à mi-voix.

« Alors prenez du repos dans votre chambre plutôt que de rester ici, » soupira Loki en secouant la tête d'un air blasé.

Tony grogna avant de se lever et de finir son verre dans le même mouvement.

« T'as raison Rodolphe. Quelques heures de sommeil me f'ront pas de mal, » déclara-t-il en s'étirant.

Il fit quelques pas en direction du couloir avant de s'arrêter malgré lui. Il n'était pas certain d'obtenir une réponse, mais il devait tenter.

« Tu ne lui voulait pas de mal ? » souffla-t-il. « Il s'est trouvé sur ta route et tu avais une mission ? »

Le scientifique sentit l'air s'alourdir en quelques secondes. Il pivota sur ses talons pour avoir un visuel sur la situation – enfin, sur Loki. Ce dernier s'était figé, le regard fixé sur son whisky, les doigts crispés autour du verre avec une force telle que Tony s'attendait à ce qu'il le brise à chaque seconde.

« Le sceptre… » commença le Jötunn à voix basse.

« Non, » le coupa l'ingénieur. « Je sais que tu étais contrôlé par le sceptre, » soupira-t-il alors que l'autre homme tournait la tête pour croiser son regard. « Je… » il ne put continuer. Les iris émeraude le coupèrent dans son élan.

« Que voulez-vous savoir ? » demanda le Dieu d'une voix terriblement neutre.

Tony prit une courte inspiration.

« Le tuerais-tu encore, aujourd'hui ? Sa vie, ma vie, la vie des gens sur cette planète est-elle réellement si insignifiante ? »

L'autre soupira avant de s'enfoncer dans le fauteuil, sa prise se desserrant autour du verre.

« J'ai plus de mille trois cent ans, » expliqua-t-il, toujours de cette même voix neutre, teintée d'un peu d'ennui. « Vous en vivez cent, au mieux. De plus, je n'ai aucun attachement à cette planète. À ses habitants. »

Il but une gorgée d'alcool et Tony attendit qu'il reprenne, mais il semblait décidé à ne pas en dire plus.

« Tu n'as pas répondu, » osa-t-il, n'étant pas certain que le Jötunn n'allait pas s'énerver.

Il n'en n'avait pas envie. Il ne voulait pas revenir au temps où ils manquaient de s'entretuer vingt fois par jour.

« Vous avez tué des midgardiens, » reprit le dieu en le questionnant du regard.

« Oui, » répondit-il dans un soupir.

« Ces gens avaient une famille. Des personnes qui tenaient à eux. »

Tony pinça les lèvres pour retenir une remarque acerbe.

« Oui, » marmonna-t-il encore. « Mais on a déjà abordé ce sujet-là. J'aimerais bien que tu en reviennes à ma ques- »

« Je suis en train de répondre à votre maudite question ! » siffla soudain le dieu avant de se calmer aussi vite. « Ceci n'est qu'une hypothèse, mais si le seul moyen de faire fonctionner Omega était de tuer un être humain qui vous est inconnu, le feriez-vous ? » demanda-t-il à son tour.

Ils se jaugèrent du regard de longues secondes.

« Non, » finit par répondre l'humain en baissant brièvement les yeux.

« Et si tout se passait dans l'urgence, que vous n'aviez littéralement pas le temps de réfléchir, parce que la planète était menacée et que le tuer était la seule manière de sauver tous les autres ? »

Le silence s'étira de nouveau.

« Je n'en sais rien, » soupira l'ingénieur, incapable de réfléchir correctement.

« Et si vous étiez certain à cent pour cent que sacrifier une seule personne sauverait toute la galaxie ? » insista le dieu.

« Je n'en sais RIEN ! » s'énerva à son tour le scientifique. « Réponds à ma putain de question bordel de merde ! »

« Et si cette personne était le fils de Coul ? » lâcha-t-il finalement alors que le sang de Tony se glaçait dans ses veines en comprenant finalement là où l'autre avait emmené sa réflexion. « Il est relativement facile de tuer un inconnu. Un peu moins de s'arranger avec sa conscience, mais on y parvient, tant bien que mal. Mais lorsqu'il s'agit d'un être aimé ? Même s'il ne s'agit que d'un ami, ou simplement d'une personne que l'on respecte sans avoir d'affinité particulière avec elle… Le choix devient bien vite impossible. »

Il s'arrêta de parler quelques secondes, et Tony eut l'impression qu'il attendait sa réaction. Mais son cerveau ne coopérait pas. Ne comprenait pas. Ne voulait pas comprendre. Alors l'autre repris la parole.

« Oui, s'il fallait que je tue cet humain à nouveau, je le ferais. Parce que sa vie est insignifiante pour moi. Parce que la vie des midgardiens est insignifiante pour moi. »

« Et moi ? Ma vie ? » insista Tony sans trop savoir pourquoi.

« Votre égo est-il si démesuré que vous cherchiez constamment à valoir plus que les autres ? » railla-t-il. « Allez-vous me blâmer pour ne pas me soucier des misérables vies de cette planète ? Allez-vous essayer de me faire la leçon ? » questionna-t-il l'humain sans animosité dans la voix.

Tony laissa passer quelques secondes. Il se frotta le visage dans l'espoir que son esprit s'éclaircisse, sans résultat. Pourtant il savait quoi répondre. Il n'en n'avait juste pas envie.

« Je ne suis pas d'accord, » expliqua-t-il. « C'est inconcevable. Peut-être qu'à une époque j'aurais accepté de tuer un inconnu. Aujourd'hui j'en serais incapable. Pourtant je ne peux pas me mettre dans ta situation. Je n'arrive pas à comprendre ce que c'est de vivre des siècles. Je n'arrive pas à m'imaginer des êtres qui vivent dix fois, cent fois moins longtemps que moi. Alors je ne peux pas affirmer avec certitude que tu as tort. »

Et c'est ça qui me perturbe, eut-il envie d'ajouter mais s'en empêcha. Hors de question de virer au drama. Il retint un soupire et releva la tête vers Loki.

« Allez prendre un peu de repos. Vous avez l'esprit embrouillé ce soir, » déclara ce dernier.

Ils échangèrent un énième regard silencieux avant que l'humain hoche vaguement la tête et se détourne, retournant à sa chambre sans être vraiment conscient de ses gestes. Il ne prit pas la peine de se changer, enlevant simplement ses chaussures et sa ceinture avant de s'affaler de tout son long sur le matelas.

Il eut juste le temps de penser que Loki n'avait pas répondu à une question. Il ne lui avait pas dit s'il l'aurait tué lui aussi.

La minute suivante, il dormait.