Disclaimer : Nous ne tirons profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires. Nous ne retirons rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent. En revanche, l'histoire nous appartient.
Rating : T
Genre : Romance / Drama / Angst / Comfort
Personnages : Tony Stark ; Loki ; la plupart des personnages vus dans les films du MCU
Situation temporelle : Démarre en 2012, après que Loki a récupéré le Tesseract dans Avengers Endgame


Bonjour tout le monde !

Un chapitre très chargé aujourd'hui, avec beaucoup de bonnes choses... et des moins bonnes. Peu de Tony/Loki, mais il y a une scène en particulier, et cette scène... Mouhahaha !

Enfin, un WARNING particulier pour ce chapitre. Scène de violence (pas du tout explicite, on est au contraire dans le sous-entendu) mais qui peut renvoyer à des événements tragiques bien réels à notre époque, et peut choquer certaines personnes. Le warning complet et explicite, pour ceux qui préfèrent être prévenus, se trouve en fin de chapitre.

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Egwene Al'Vere, ytac, Marguerite . Roxton - Jones, merci beaucoup pour vos review !


Bonne lecture !

Ju' et Kae


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CHAPITRE 28

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Faiblesse : Qui manque de force, de vigueur. Qui a peu de résistance, de solidité. Mais que peut-on faire, quand nos épaules si solides viennent à ployer sous le poids trop lourd de l'impuissance ?

Impuissance : Manque de moyen suffisant pour faire quelque chose. Mais y a-t-il une autre voie que la culpabilité, quand rien de ce que l'ont peut faire n'est jamais suffisant ?

Culpabilité : Sentiment de faute ressenti par un sujet, se considérer responsable de quelque chose de mauvais. Mais que faire quand tout, absolument tout tourne mal autour de nous, malgré les souffrances, les efforts et les sacrifices ?

Responsable : Qui doit répondre de ses actes ou de ceux d'autrui. Répondre de quoi, de la folie des hommes ? Est-ce vraiment moi qui devient fou, ou le monde autour de moi qui a perdu tout son sens ?

Folie : Trouble mental, égarement de l'esprit. Esprit égaré, âme fracassée, une faiblesse maquillée d'outrage et de couleurs chatoyantes pour masquer ses fêlures.

Faiblesse : Qui manque de force, de vigueur…

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Tony n'était pas rentré à New-York. Profitant du fait que tous les autres étaient absents – ou en tous cas, très, très rarement présents – il en avait profité pour rester au calme à Malibu. Au moins, il était vraiment chez lui, et il y avait la paix ! Le plus compliqué avait été ses entretiens avec Hill pour Rescue, mais avec la promesse solennelle de Jarvis de lui fournir de nombreux rappels, ils avaient pu les espacer et les organiser en visio-conférence. Seule condition, qu'il continue à bosser de son côté sur le projet temporairement nommé Iron Army, pour lequel Hill s'était montrée plus qu'intéressée.

Il n'avait pas eu beaucoup de nouvelles de Pepper depuis la commémoration, mais s'il lisait bien entre les lignes des messages qu'elle lui envoyait régulièrement, elle était incroyablement jalouse du fait qu'il n'ait jamais fourni autant d'efforts pour Stark Industries. Faut dire, les affaires de S.I. – et en particulier ces interminables conseil d'administrations – étaient quand même vachement moins fun que Rescue et l'Iron Army, même si Hill et Pepper se valaient clairement niveau autoritarisme et paperasse administrative.

Il avait donc consenti à envoyer plus régulièrement des mémos au service R&D, validait des blueprints et envoyait des schémas de prototypes à tester, et répondait à l'occasion à quelques mails en provenance des autres services. Pas ceux des actionnaires, faut pas déconner non plus, et ça en plus c'était le boulot de Pepper. En un mot comme en cent, il bossait plus pour sa société – ses sociétés même ! – à Malibu qu'à New-York. Et dire que pour tout ça, il avait simplement fallu qu'on lui foute un peu la paix !

Du côté d'Omega, il était retombé avec une facilité déconcertante dans leur routine de l'automne dernier, quand il était resté seul à Malibu avec Loki pendant plus de deux mois. Les habitudes étaient déjà là, il avait suffi de les retrouver. Et si leurs recherches continuaient de stagner, il avait fini par en prendre son parti. A peu près. S'ils avaient mis plus d'un an et demi à comprendre que le starkium devait être le véritable objet de leurs recherches, ils mettraient sans doute au moins autant de temps à en isoler les propriétés a-magiques. Alors il continuait de bosser. Il tâtonnait, essayait, se plantait royalement avant de recommencer autrement, encore et encore. Et surtout, ils continuaient de chercher sans se décourager, tous les deux.

Les jours filaient donc les uns à la suite des autres à la vitesse de l'éclair. Des journées bien pleines, des nuits qui l'étaient tout autant, mais il avait réussi à trouver un bon rythme de travail. Si les cauchemars n'avaient pas disparu – comme s'ils l'avaient déjà quitté ! – il n'avait pas refait de crise d'angoisse, et n'avait pas davantage ressenti le besoin de se foutre une mine pour pouvoir dormir ne serait-ce que quelques heures. Tout n'était pas parfait bien sûr, il continuait à boire fréquemment – même s'il faisait preuve d'un peu de modération – et on ne parlait pas de son alimentation. Il faisait facilement des journées de 48h et souvent même plus, pour des nuits de six heures au grand max. Il était couvert de bleus, d'égratignures et de brulures mineures du fait de ses expériences. Mais c'était sans doute l'équilibre le plus régulier – et surtout le plus sain – qu'il ait trouvé depuis des années. Et franchement ? C'était déjà pas trop mal.

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« Stark. »

Levant brièvement une main à l'intention du dieu pour lui montrer qu'il l'avait entendu, Tony prit le temps de finir sa soudure, avant de reposer soigneusement ses outils et de retirer ses lunettes de protection. C'est seulement alors qu'il se tourna vers le dieu. Celui-ci s'était approché de lui, restant toutefois à distance pour ne pas être blessé dans le processus – si tant est que ce soit possible – ou le déranger dans ses manipulations. Tony aurait été bien incapable de dire quand ces habitudes avaient été prises, mais elles étaient là.

« Qu'est-ce que tu veux Tête de Bouc ? »

Le ton était aimable, et Loki ne réagit pas à ce surnom contre lequel il avait depuis longtemps cessé de lutter. Sage initiative, à son humble avis.

« Je souhaiterais que vous m'accompagniez au salon. »

« Pour que tu le demandes comme ça, je suppose que tu me laisses pas vraiment le choix, hein ? »

« Vous supposez bien en effet. »

Le dieu fit quelques pas en direction de la porte du labo, avant de se retourner en voyant qu'il n'avait pas bougé.

« Venez-vous Stark ? »

Soupirant très exagérément – ce qui fit d'ailleurs lever les yeux au ciel au sorcier – il le suivit jusqu'au salon, où rien ne semblait inhabituel. Il tourna pourtant deux fois sur lui-même afin de vérifier, mais non, rien. Toutefois, il n'eut pas le temps de s'avachir avec sa grâce habituel dans un fauteuil qu'il vit le dieu se diriger vers l'une des grandes baies vitrées, qu'il ouvrit d'une simple impulsion magique. Pfff, frimeur. Tony vint pourtant le rejoindre, calquant machinalement sa position sur la sienne : jambes souples, pieds écartés, les mains croisés dans le bas du dos et le visage offert à l'obscurité de cette nuit sans lune. Sans le vouloir, Tony se retrouva à fermer les yeux. La mer était calme ce soir, et le vent discret. A peine une caresse légère au gout de sel sur sa peau, délicate, fugitive et éphémère.

« J'ai longtemps considéré Midgard comme une planète inférieure et arriérée, et ne parlons pas des êtres qui la peuplent. » Tony ne sursauta pas face à cette soudaine prise de parole, tant la voix du dieu s'était faite basse et presque sourde, presque caressante. « Si je n'ai guère changé d'avis sur ses habitants, à l'exception notable de quelques rares individus qui tentent tant bien que mal de relever un niveau intellectuel désespérément bas, j'ai découvert que cette minuscule planète possédait bien des secrets et des trésors qu'il serait si facile d'ignorer pour passer à côté, aveugle et indifférent. »

Tony n'était pas certain de savoir où Loki voulait en venir – faut dire, camoufler un vague compliments au milieu d'insultes à peine déguisées était un bon moyen de perdre n'importe qui – mais il n'osait toutefois pas prendre la parole pour poser ses questions, et resta de fait silencieux.

« Cette vue est sans nul doute l'un de ces trésors cachés et inconnus de tous, y compris des mortels. Par une paisible nuit sans lune comme c'est le cas ce soir, elle ressemble à s'y méprendre à Sør, la grande mer du sud. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une vaste étendue d'eau située très loin au sud de la cité d'Asgard. De jour comme de nuit, l'eau y est si sombre qu'elle ressemble à de l'encre, et les étoiles qui se reflètent à sa surface sont si brillantes qu'il est impossible de dire où s'arrête le ciel, et où commence la mer. »

Se contentant jusqu'ici de regarder la mer sans trop y prêter attention, les mots de Loki forcèrent Tony à poser un autre regard sur cet océan en contre-bas. Tentant d'en déceler la beauté et la poésie qui transpiraient allègrement de ces mots. C'était là, entre eux, dans ces reflets opalescents, tendres et tranquilles sur l'eau, dans ce silence assourdissant qui résonnait pourtant comme un torrent dans ses oreilles.

« Loki… Qu'est-ce qu'on fait là au juste ? »

Les mots étaient chuchotés, car il n'osait pas, ne pouvait pas parler plus fort. Mais le dieu ne répondit pas, se contentant d'agiter brièvement le bras d'un geste élégant pour que des verres n'apparaissent dans leurs mains. Portant le sien à ses lèvres, Tony fut surpris d'y trouver du whisky. Il n'en buvait presque plus, et seulement en compagnie du sorcier, lors d'occasions importantes. Ils en avaient bu le soir où, quelques mois plus tôt, ils avaient parlé de leurs enfances respectives et de leurs parents décédés. Et avant cela, s'il se souvenait bien, c'était… c'était…

Tony se figea un instant, pris d'un doute, mais il était absolument certain de ce qu'il allait avancer.

« Quelle date on est, Loki ? »

« Vous le savez très bien. »

Il y avait un sourire dans sa voix, confirmant ce qui n'était déjà plus de l'ordre des soupçons mais de la certitude.

« Peut-être, mais je veux te l'entendre dire. »

Soupir faussement las, franchement amusé, tandis que Tony refermait des doigts fébriles et impatients sur son verre vide.

« Il est minuit passé de peu, ce qui fait que nous sommes désormais le lundi 28 juillet de l'an 2014. »

Tony se tourna vers lui. Comment faire autrement, quand de tels mots étaient prononcés ? Mais fait surprenant, Loki aussi s'était tourné vers lui. S'offrant comme rarement à son regard curieux, sans barrières ou faux-semblants. Eclairé par la lumière tamisée venant du salon, auréolé par la noirceur de cette nuit profonde, ses traits semblaient de marbre et pourtant incroyablement doux, portant en eux la beauté immortelle des statues grecques de l'antiquité. Il était ouvert, apparaissant physiquement jeune et vulnérable, et en même temps incroyablement ancien et inaltéré. Son regard, miroir de son âme, trahissait la langueur intolérable des trop nombreux siècles vécus. Alors qu'il n'y avait là nulle magie à l'œuvre, jamais Tony n'avait à ce point eu l'impression d'approcher l'essence même de sa divinité.

Tony fut celui qui se détourna le premier le regard. Humain ayant posé le regard sur un dieu, et reconsidérant de fait sa propre mortalité. Dieu psychopathe et enfoiré de première, dieu à la langue d'argent, dieu colocataire, dieu partenaire de travail, dieu un peu plus que ça et tant d'autres choses encore.

Que pouvait-il possiblement dire, qui ne sonnerait pas complètement vain et futile ? Peu de choses en vrai. Peut-être valait-il mieux se taire ? Il sourit doucement, complice.

« Joyeux anniversaire Loki. »

Deux verres, de nouveau pleins, qui tintèrent l'un contre l'autre. Deux regards croisés, appuyés, avant que l'un et l'autre ne se portent sur l'océan.

« A vous aussi, Stark. A vous aussi… »

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Qu'est-ce qu'il foutait là, franchement… Partout autour de lui, des hommes habillés en pingouin accompagnés de leurs bonnes femmes ayant visiblement dévalisé toutes les bijouteries du coin, des coupes d'un champagne de mauvaise qualité à la main. Les petits fours étaient secs au possible, les vérines dégueulasse, et pas moyen de mettre la main sur un bol de biscuits apéritifs ou de cacahuètes. Et ne parlons d'un alcool décent. Dans un coin, un quatuor à cordes – et vraiment, on ne pouvait pas faire plus cliché ? – jouait doucement, à se demander comment les quelques couples de danseurs faisaient pour entendre la musique.

Encore un gala quelconque, pour une association dont il ne se rappelait plus le nom et encore moins ce qu'elle était sensée défendre. Mais la famille Stark avait toujours fait partie des plus gros donateurs – c'était sa mère qui la première avait commencé à faire des dons réguliers et toujours plus que généreux à cette organisation – et le voilà donc invité d'honneur à cette foutue cérémonie de bienfaisance.

Et autant dire qu'il s'emmerdait à un point difficilement imaginable. Outre les discussions affreusement pauvres intellectuellement et pleine d'hypocrisie – et qu'on ne le relance pas sur la bouffe ! – il pourrait actuellement être bien mieux occupé à l'atelier. Avec le mois de septembre qui approchait de plus en plus, il allait bientôt devoir plier bagage et retourner à New-York, ce qui ne l'enthousiasmait pas des masses. Et voilà qu'on le privait de l'une de ses dernières soirées de vacances pour aller parader dans une soirée mondaine à la con. Et par « on », comprendre « Pepper », qui se faisait comme toujours un devoir de gérer son image publique, et qui avait décidé qu'une apparition à cet événement serait plus que profitable. Et son avis dans tout ça ? Comme si qui que ce soit en avait quoi que ce soit à faire !

Assez bizarrement, c'était sans doute dans les moments comme celui-là que Pepper lui manquait le plus. Avant, elle l'accompagnait toujours à ces soirées, le sauvait des discussions à mourir d'ennui, et quand vraiment c'en était trop, il pouvait toujours l'entrainer sur la piste de danse. Mais ce n'était plus le cas aujourd'hui. Bientôt un an qu'ils avaient rompu, et il n'était pas spécialement impatient de voir arriver cet anniversaire. Alors certes, ils avaient réussi à trouver petit à petit un nouvel équilibre, professionnel d'abord, et étaient encore en train de construire une relation amicale. Mais… c'était pas pareil. Et aussi égoïste que ce soit, c'était surtout la solitude qui lui pesait.

Si, contrairement à une époque pas si éloignée, il n'avait pas repris ses frasques extravagantes et ne se retrouvait plus tous les quatre matins dans la presse à scandales, il avait bel et bien repris certaines habitudes de cette époque-là. Il n'avait jamais touché à la drogue, avait arrêté l'herbe en quittant le MIT et clairement réduit sa consommation d'alcool. Les coups d'un soir en revanche… Il multipliait les partenaires pour des moments toujours trop brefs et dénués de sentiments. Il ne passait jamais la nuit avec ses conquêtes, quelques heures tout au plus passées à l'hôtel avant qu'il ne rentre chez lui, à la villa ou à la Tour.

Ça n'aidait pas à chasser la solitude, mais ça avait au moins le mérite d'éloigner ses vieux démons une heure ou deux. Et justement, il pouvait apercevoir de l'autre côté de la piste de danse une jeune femme qui semblait vouloir l'aider à tout oublier. Grande, brune, vêtue d'une robe bleue et perchée sur des talons vertigineusement haut, elle ne l'avait pas lâché des yeux depuis un long moment déjà. Il lui adressa un léger sourire ainsi qu'un clin d'œil joueur, levant son verre pour trinquer virtuellement avec elle, et elle rougit en détournant les yeux. Son propre sourire se fit carnassier, tandis qu'il se dirigeait vers elle. Bien, au moins sa soirée ne serait pas totalement perdue…

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Loki était surpris de constater à quel point le comportement de Stark pouvait être différent, selon s'il se trouvait à New-York ou à Malibu. Lorsqu'il se trouvait sur la côte ouest, il était bien plus serein et détendu, malgré les cauchemars – fréquents – et les crises d'angoisse – plus rares – qui ne le laissaient jamais totalement en paix. A New-York, malgré une routine de travail presque identique et des responsabilités à peine plus marquées au sein de Stark Industries et de Rescue, il semblait porter sur ses épaules un poids certain, tandis qu'un stress latent se faisait omniprésent. Il savait que rien ne le chasserait. A force de côtoyer Stark, il avait fini par admettre qu'il s'agissait là presque d'un état « par défaut », et que sa relâche estivale était plus l'exception que la règle.

Il était toutefois parvenu ce soir-là à l'attirer dans une discussion paisible portant sur les runes de protection. A sa plus grande surprise, l'ingénieur lui avait demandé si, en tant qu'être non-magique – quelque chose qu'il ne digérait toujours pas vraisemblablement – il avait la possibilité d'en tracer et de les utiliser. Ce n'était pas la première fois et de loin qu'ils abordaient le sujet des runes, mais c'était bel et bien la première fois qu'il posait cette question. Il l'avait connu plus rapide.

Le dieu lui avait donc expliqué la différence entre les sortilèges découlant de l'exploitation des forces cosmiques par un individu relevant de la magie proprement dite – et il était des plus satisfait de voir que Stark commençait peu à peu à intégrer ces concepts, sans les dénigrer ou les moquer comme il le faisait systématiquement encore peu de temps auparavant – et la sorcellerie, appellation vague et générale sous laquelle étaient regroupées des pratiques aussi diverses que la fabrication de poisons ou d'onguent de soin, l'arithmancie, l'étude de l'influence des astres et les incantation spectrales. Ou en l'occurrence le tracé et la gravure de runes.

« Donc je peux, on est d'accord ? »

Loki s'était difficilement retenu de soupirer face à ce raccourci grossier, mais n'avait pas pu le contredire. Stark s'était donc emparé de l'un de ses grimoires – et il devrait déjà s'estimer heureux que l'humain ait choisi un livre provenant de la bonne section de la bibliothèque, traitant effectivement de runes – pour l'ouvrir sur une page au hasard. Sachant pertinemment que l'humain n'aurait jamais le matériel adéquat, le dieu matérialisa magiquement des feuilles de parchemin, un pinceau et de l'encre, sur lesquelles le midgardien se jeta avidement. Sans attendre la moindre consigne, il entreprit avec un enthousiasme débordant de recopier de manière aléatoire les runes présentes sur la page.

Le dieu devait se retenir de guider lui-même son geste face à tant de précipitation, comme on le ferait d'un enfant capricieux et réfractaire aux conseils donnés. Heureusement que l'homme était généralement habile de ses mains, cela venait contrebalancer un minimum l'inexactitude de ses gestes. Loki avait rarement eu l'occasion de transmettre ses connaissances. Si sa mère avait fait son éducation magique et qu'il s'était perfectionné auprès de différents mages – essentiellement sur Vanaheim mais également sur Alfheim et ailleurs – il était pour la majeure part autodidacte. Quant à transmettre à son tour le savoir acquis… Bien peu à Asgard se risquaient à étudier la magie, vue comme une arme de faibles et de lâches. Et l'apprendre auprès du dieu fourbe et menteur en personne ? Nul ne l'aurait envisagé.

D'une certaine façon, on pouvait dire que Stark était le premier apprenti sorcier qu'il prenait sous son égide. Une honte sachant qu'il ne s'agissait même pas d'un être magique, mais sans doute aurait-il pu tomber sur bien pire. N'en pouvant plus de voir pareil travail saccagé – et refusant effectivement de guider lui-même la main de Stark, ils tenaient l'un comme l'autre à leur dignité – il fit apparaitre le même matériel devant lui avant de prendre la parole.

« Ne tenez pas votre pinceau si serré, à la manière d'un stylo. Votre poignet doit être plus lâche, pour permettre davantage d'amplitude de mouvement. »

Un instant surpris par sa prise de parole intempestive, Stark se tourna vers lui, penchant la tête sur le côté avec interrogation. Mais son regard s'éclaira de compréhension en contemplant ses mains, et il corrigea bien vite sa prise sur son instrument. Bien. Stark avait toujours été doué d'une compréhension rapide, un fait qui allait de nouveau leur servir aujourd'hui. Il n'aimait pas se répéter pour rien.

« Celle-ci est Maðr, la rune pour le mot ''homme''. Commencez par tracer un trait vertical, de haut en bas… »

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Tony profitait de la solitude et du silence – tout relatif qu'il soit, avec AC/DC qui hurlait dans les baffles – de son garage. Le retour à New-York avait été raide, après presque trois mois passés à Malibu au cours desquels, sauf en de rares occasions, il ne voyait jamais personne d'autre que le dieu. De fait, il avait parfois besoin de prendre un peu de temps pour lui, loin du sorcier et d'Omega à la fois, des Avengers qu'il retrouvait, mais également loin des contraintes administratives de S.I. et Rescue réunies, plus présentes encore depuis qu'il était rentré. Il en profitait donc pour améliorer ses armures – il avait d'ailleurs presque terminé le Mark-66, plus que quelques jours de travail d'après lui, une semaine à tout casser – ou bidouillait ses voitures, option qui avait eu sa préférence ce jour-là. Il devait retrouver Loki tout à l'heure pour qu'ils fassent ensemble le point sur l'expérimentation que menait en ce moment même le dieu en son absence. Mais d'ici là, c'était juste lui, son garage et ses voitures. De la bonne vieille mécanique à l'ancienne, loin de toute la technologie et l'électronique qu'il manipulait à longueur de journée.

« Monsieur Stark, vous avez une communication urgente de la part du capitaine Rogers. »

Relevant subitement la tête – et heurtant violemment le pare-chocs de la voiture qu'il était en train de redresser – il s'empressa de répondre.

« Je prends ! »

Il fallut à peine quelques secondes pour que l'image ne s'affiche sur l'un des écrans de son garage, lui laissant tout juste le temps de se dégager de sous la voiture et d'essuyer ses mains pleines de cambouis sur un chiffon qui avait clairement vu des jours meilleurs. Il n'eut toutefois pas le temps de prendre la parole que Steve attaquait derechef.

« Tony, on a un problème. »

« Bordel, je déteste quand tu commences une discussion comme ça, ça pue les emmerdes. J'te demanderai pas comment tu vas, on va passer directement aux choses sérieuses : quel est le souci ? »

« Une prise d'otage dans le sud-ouest de la Colombie, à Tumaco. Un cartel de drogue a mis la main sur ce qui semble être une ancienne cache d'Hydra, avec les armes de pointe et la technologie qui allait avec. Ils l'ont pillé et allaient partir avec la marchandise, quand ils ont été arrêtés par des flics. »

« D'où la prise d'otage. »

« D'où la prise d'otage, » confirma Steve.

« Je suppose que si tu m'appelles, c'est que tu veux que je m'en charge. Vous autres mettriez trop de temps à arriver je suppose ? Vous êtes où au juste, toujours en Europe ? » demanda-t-il tandis qu'il reposait définitivement ses outils, prêt à partir.

« Nous sommes déjà dans le Quinjet, nous survolons l'océan Atlantique. Et quand je dis ''nous'', c'est Sam et moi, ainsi que Natasha et Clint qu'on a récupéré en Espagne. Rhodes était au Mexique, il nous rejoint en volant, et Maria Hill a également été prévenue et nous envoie des renforts. »

Tony se figea. Cinq Avengers, six en le comptant lui, et Rescue mobilisée ? Ça sentait pas bon du tout.

« Steve putain, qu'est-ce que tu ne me dis pas ? Qu'est-ce que qui se passe exactement bordel ? »

« Ce qui se passe ? On a une trentaine d'hommes lourdement armés, probablement équipés d'armes de destruction massive, retranchés dans une école. Les estimations des autorités recensent au moins une soixantaine d'enfants de moins de dix ans, si ce n'est plus. »

Choc. Silence, à couper au couteau. Insoutenable.

« Envoie-moi les coordonnées, je pars tout de suite et on se retrouve sur place. Je devrais mettre un peu moins de deux heures, je te tiens au courant. »

« A tout à l'heure. »

Sans attendre que la communication soit coupée, il s'adressa directement à Jarvis, se précipitant dans les escaliers qu'il monta quatre à quatre.

« Jarvis, envoie le Mark-65 et programme un itinéraire de vol dès que tu as les coordonnées envoyées par Steve. Etablit une ligne de communication sécurisée avec le Quinjet, et commence à compiler toutes les infos que tu trouves sur ce gang et cette prise d'otage, pigé ? »

« La recherche est en cours monsieur, et la ligne de communication est établie entre le Quinjet et votre armure. Quant à cette dernière, elle vous attend. »

« Super Jarv'. Préviens également Loki. Je devais le rejoindre d'ici une heure ou deux, et il va complètement criser si je pars sans prévenir. Dis-lui que je risque d'être absent un moment, et que je le tiens au courant. »

« Ce sera fait monsieur. »

Tony fut bientôt dans le ciel, s'éloignant à toute allure de chez lui, cap au sud-ouest. Deux heures. Il y serait, il s'en faisait la promesse. Et il accéléra encore un peu l'allure.

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Promesse tenue. Très exactement une heure et cinquante-quatre minutes après son départ, il posait le pied sur le sol colombien, à quelques minutes de la ville de Tumaco proprement dite. Les autres étaient arrivés une vingtaine de minutes plus tôt, mais grâce à la connexion établie par Jarvis, il avait pu suivre et participer au briefing d'avant mission. Quelques ajustements, c'est tout ce qui avait été nécessaire avant qu'ils ne s'enfoncent dans la ville proprement dite.

Tout le quartier avait été sécurisé et les bâtiments voisins de l'école évacués, mais les flics ne firent pas de difficultés pour leur faire franchir les barrages et pénétrer le périmètre de sécurité. Et leurs regards étaient soulagés en les voyant, comme si le simple fait d'être présent leur redonnait de l'espoir. Ouais, Tony se sentait rarement aussi humble que dans ces moments-là.

Le plan était simple. Avec autant d'otages et de vies en jeu, il était impossible d'utiliser la manière forte pour les forcer à sortir de leur trou. Ces enfants formaient – et oh combien il haïssait cette idée – un bouclier des plus efficace. Alors Steve et lui allaient faire diversion – glorieux Iron Man et Captain America dans toute leur splendeur – pour tenter de parlementer avec les preneurs d'otage – et accessoirement leur faire comprendre qu'avec des Avengers au commande ils étaient clairement foutus, la base ! Autant se rendre direct !

Pendant ce temps, les autres allaient en profiter pour encercler le bâtiment. Une fois en place, Rhodey et Sam resterait en stand-by, prêt à effectuer une incursion sur l'aile ouest du bâtiment dès que l'attention des ravisseurs serait détournée et la voie libre. Natasha et Clint, les plus discrets et de loin, allaient pénétrer directement l'école côté sud, à l'opposé de la rue où Steve et lui – ainsi que les flics, les forces spéciales, et plus loin la presse, les parents et les badauds étaient massés – pour nettoyer le chemin et parvenir jusqu'au enfants.

Là, au signal de Nat, ils entreront tous les deux dans la pièce pour neutraliser les criminels en faction auprès des écoliers et condamner l'accès à la pièce le temps que tout le monde arrive, Steve et lui par le nord et Sam et Rhodey par l'ouest. Estimation allant de cinquante-cinq à soixante-quinze secondes pour les rejoindre, en fonction du nombre d'homme sur leur route.

Enfin ça, c'était le plan…

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Avancer, doucement, péniblement, un pas après l'autre. Ne pas glisser sur les flaques de sang. Ne pas vaciller, malgré la fatigue, ses membres fourbus et le poids conséquent dans ses bras.

Ignorer ses camarades à ses côtés, les bras pris également, et le visage solennel. Ils sont blessés, plus que lui-même ne l'est il s'en est bien sorti, pour une fois.

Ne pas regarder autour de soi, les murs maculés de rouge et d'impacts de balle par dizaines. Regarder droit devant, la sortie et la lumière. Si proche, et si lointaine en même temps.

Cligner des yeux quand il sort, ébloui par les projecteurs braqués sur le bâtiment. Assourdi par le bruit des sirènes, les bruissements de la foule qu'il ne distingue plus, et les cris de peur et d'angoisse.

Avancer jusqu'aux ambulances, ignorer les hurlements d'agonie des familles, ne pas regarder la foule soudainement muette d'horreur, cligner des yeux pour chasser quelques larmes inopportunes.

Oublier le petit corps brisé et sans vie qu'il tient dans ses bras.

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Dix-sept.

Il y avait eu dix-sept victimes. Quinze enfants, et deux adultes. Dix-sept vies ôtées, dix-sept familles irrémédiablement brisées. Bien sûr, soixante-quatre personnes avaient été sauvées, malgré des blessures plus ou moins graves dont ils se remettraient. Normalement. Sans compter le traumatisme psychologique, évidemment. Pouvait-on vraiment appeler ça une victoire ? Non, pas à ses yeux.

Les chaines de télé colombiennes passaient en boucle des reportages sur les Avengers, les plus grands héros que la Terre n'ait jamais porté, leur courage, et cet exploit qui avait permis de mettre fin à l'une des plus grandes prises d'otage qu'ait jamais connu le pays. On parlait déjà de leur remettre des récompenses spéciales pour service rendu à la nation. Est-ce qu'il se sentait fier, humble, ou même impressionné face à tout ce battage médiatique ? Ça lui donnait surtout envie de vomir.

D'après les témoignages confus des témoins – et notamment ceux des enfants – ainsi que les premiers rapports des experts et légistes dépêchés sur place, toutes les victimes avaient péri lorsque les membres du gang ont pris possession du bâtiment. Puis plus tard, à titre d'exemple, pour juguler toute tentative de rébellion une enseignante exécutée d'une balle dans la tête. Aucune victime à déplorer au moment de leur intervention, malgré des blessures à cause des balles perdues et quelques enfants bien secoués pour s'être trouvé trop près d'une grenade assourdissante. Est-ce qu'il se sentait moins coupable pour autant ? Pas une seconde.

Dix-sept victimes. Dix-sept jolies petites pierres tombales toutes blanches, qui viendront bientôt fleurir le cimetière de Tumaco. On parlait d'ores et déjà d'inviter les Avengers à être présent lors de la cérémonie. C'était une demande des familles, parait-il. Tony savait déjà ce qu'il – et les autres aussi, très probablement – allait répondre : c'était un moment douloureux, et il ne voulait pas que la presse s'empare encore davantage de l'affaire en profitant de sa présence pour s'incruster dans un événement privé. Est-ce que ça apaisait un tant soit peu ses remords ? Ça ne faisait que les raviver.

Moins de quarante-huit heures après leur départ, ils étaient de retour aux Etats-Unis. Tony avait pris le Quinjet avec les autres, ne se sentant pas la force de rentrer seul. Ils atterrirent de nuit au sommet de la Tour, quelque part vers trois heures du matin. Personne ne se salua. Il faut dire qu'aucun d'entre eux n'avait su soutenir le regard des autres depuis un bon moment déjà. Alors ils se dispersèrent. Il vit Clint sortir son téléphone avant même d'avoir quitté la pièce, et Steve descendre en direction du gymnase au lieu de prendre le chemin de ses appartements. Lui se dirigea vers le salon, sans trop savoir s'il voulait se foutre en l'air et se noyer dans l'alcool, ou si ''se foutre en l'air'' était à prendre au sens littéral.

Mais Pepper était là. Bien réveillée malgré l'heure tardive, les attendant. L'attendant lui. Elle lui adressa un grand sourire, tranchant et brisé, tandis que quelques larmes roulaient sur ses joues trop blanches. Il craqua. Et pendant des heures, il se laissa aller et pleura dans ses bras.

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Ni lui ni les autres n'étaient retournés en Colombie, que ce soit pour les obsèques ou une quelconque cérémonie de remerciement. Ils avaient quand même reçu des lettres et des dessins par dizaines de la part des enfants de l'école il avait pas été foutu d'ouvrir la moindre enveloppe.

Il n'était pas non plus retourné à Malibu, comme il aurait normalement eu tendance à le faire pour fuir les problèmes. S'il ne supportait pas de voir les autres – et ça semblait être le cas de chacun d'entre eux – il ne voulait pas s'en éloigner pour autant. Ça n'allait pas pouvoir durer bien sûr, ils avaient tous un tas de truc à faire, et ils devraient bien se recroiser à un moment ou à un autre – le plus tard possible merci bien – Mais chacun faisait son deuil et vivait son échec à sa manière, supposait-il. Il avait envoyé un message à Loki via Jarvis, l'informant à mot couverts de ce qu'il s'était passé et lui disant qu'il restait à New-York. Mais qu'il ne vienne pas non, pas tout de suite… Il avait besoin d'un peu de temps. Il lui avait répondu de prendre le temps qui lui était nécessaire et qu'il le contacterait d'ici deux semaines, mais Tony soupçonnait très fortement Jarvis d'avoir reformulé le message. Peu importe, c'est ce qu'il avait besoin d'entendre.

Alors à la place, il se plongea dans le boulot. Il passait un temps fou dans les labos du service R&D – il était trop souvent le premier arrivé et le dernier parti – pour bidouiller des prototypes et faire sciemment exploser des trucs, faisait un état des lieux complet du service comptabilité tout en prévoyant déjà les investissements pour les années 2015 et 2016, lançait une campagne marketing de grande envergure pour une toute nouvelle gamme de produits informatiques, prospectait auprès de grandes entreprises chinoises pour élargir la clientèle de la boite…

Mais il n'avait pas contacté Maria Hill ou mis les pieds dans les bureaux de Rescue. Il avait totalement mis de côté son projet « Nom de code provisoire et parfaitement non définitif d'Iron Army ». Il n'avait pas davantage touché à ses armures, même la Mark-66 presque terminée, et encore moins à Omega. Il pouvait juste pas.

Mais ça, ce n'était que le côté émergé de l'iceberg. Il ne fermait plus l'œil, dormait deux heures au mieux, et se baladait de nouveaux avec d'énormes poches sous les yeux. Sa consommation d'alcool était remontée en flèche, que ce soit en termes de fréquence ou de quantité. Tous les progrès réalisés et la sérénité retrouvée lors de ses vacances à Malibu cet été s'était envolée.

Mais tout finirait par s'arranger, non ? C'était le principe même de l'Iron Man : il finissait toujours par se relever…

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Il s'était donc relevé. Pas qu'on lui laisse le choix. Etonnement, c'est le retour de Loki à New-York, très exactement deux semaines plus tard comme annoncé, qui l'y avait forcé. Le dieu n'était pas du genre à tolérer la paresse et l'auto-apitoiement, encore moins qu'il délaisse leur grand projet pour quelque chose d'aussi vain et futile qu'un pseudo sentiment de culpabilité. Bon, ça n'avait pas été dit exactement en ces termes, mais son haussement de sourcil supérieur et vaguement menaçant avait été très parlant ! Il avait donc recommencé à se pencher régulièrement sur Omega – quoi qu'on en dise, il tenait à la vie ! – De là, il avait dû bricoler de nouveaux réacteurs ark, et avait donc repris la construction et l'amélioration de ses armures, finissant enfin le Mark-66 qui végétait dans son atelier.

Il avait également retrouvé les compagnies des autres. D'abord en se contentant de croisant brièvement Clint à la cuisine, alors qu'il utilisait jusqu'ici Jarvis pour éviter de voir quiconque. Il avait rendu visite à Hill ainsi qu'à Pepper, interrompant sans le moindre état d'âmes un de leur rendez-vous d'affaire au prétexte de « passer dire bonjour ». Il était descendu au gymnase, et s'était – comme c'est étonnant – pris une raclée par Natasha. Il avait appelé Rhodey pour prendre des nouvelles, puis Sam peu de temps après. Il avait rejoint Steve dans le parc à proximité où il avait ses habitudes – le Captain courant des kilomètres, et lui engloutissant des donuts. Ils avaient de nouveau mangé tous ensemble, Steve levant les yeux au ciel face aux fausses disputes de Clint et Nat, et lui comptant les points.

Et… ouais, ça faisait du bien. De se sentir vivant.

Mais cette remise au travail avait eu d'autres effets… plus inattendus. Déjà, il avait fini par trouver un nom à son projet top secret : l'Iron Legion avait été officiellement validée par Hill, et il avait pu enfin lancer la production de ses robots pilotés par IA.

De là… De là, Tony avait été confronté à un autre problème. Bien sûr qu'il pouvait programmer une interface basique pour piloter les armures de l'Iron Legion, placée sous la supervision de Jarvis bien évidemment. Ou peut-être devrait-il en créer une autre exprès, pour superviser le projet ? A réfléchir. Mais ça… tout ça, ce n'était pas suffisant. C'était très loin d'être suffisant ! Bien sûr que l'Iron Legion aurait son utilité, pour venir en aide aux Avengers comme aux agents de Rescue. Mais ces robots n'étaient pas loin d'être inutile face à toutes les menaces qui couvaient dehors.

Sans compter Omega qui restait au point mort. Et n'était-ce pas ça qui posait problème, au fond ? Bien sûr qu'ils continuaient à chercher, à expérimenter. Et même si Tony savait que ce travail n'était pas vain – il ne devait pas être vain ! – il restait lucide : il faudrait des années avant qu'Omega ne soit opérationnel et totalement efficace.

Omega qui n'avançait pas, le projet Iron Legion qui demeurait bien trop superficiel, cette gestion par IA interposée qui lui donnait mal au crâne… Ce sentiment d'impuissance qui ne l'avait pas tout à fait quitté depuis la commémoration de New-York et sa crise d'angoisse, ravivée et amplifiée par l'incident – ils avait osé appeler ça « un incident » ? C'était un putain de massacre ! – de Tumaco… Tout se mélangeait dans sa tête.

Et c'est là, au milieu de cet amas de pensées décousues, qu'avait finit par germer… Une idée. Un début d'idée tout du moins. Ce n'était pas encore très précis, lui-même n'était pas certain d'être au clair avec mais… c'était là. Présent, et persistent dans sa tête. Pas la solution miracle qu'il attendait, si tant est qu'elle existe, mais au moins un palliatif. Aussi fiable qu'un palliatif pouvait possiblement l'être.

Loki… Loki ne devait pas savoir. C'était primordial. Comment lui avouer ses échecs successifs de toute façon ? Car il ne fallait pas se leurrer, c'était de son côté que ça bloquait. Il avait synthétisé un nouvel élément avec le starkium et n'était pas capable d'en isoler les propriétés physiques et chimiques ? Quelle blague ! Peu importe qu'on parle ici de propriétés magiques, ou plutôt anti-magiques : il n'était pas capable de respecter sa part du contrat et d'apporter à leur collaboration. Pas autant qu'il le devrait. D'où cet autre projet.

Mettant de côté le bouclier pour Omega, il avait pris les choses sous un autre angle : la conception d'une IA, bien plus poussée et avancée que ne l'était Jarvis. Objectif : détecter les menaces magiques, aliens et extra-terrestre de tous bords, pour opérer une réponse musclée et immédiate de l'Iron Legion. Couper le mal à la racine, pour empêcher qu'il ne se propage. Pour empêcher les victimes innocentes, prises au milieu de conflits les dépassant. C'était… Un beau projet, un qui pouvait marcher, et un dont il savait qu'il pouvait le mettre en œuvre seul. Il pouvait y arriver.

Le soir-même, il avait ouvert un nouveau dossier crypté sur son serveur personnel. Nom de code du projet : Ultron.


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WARNING : Prise d'otages et fusillade dans une école