Disclaimer : Nous ne tirons profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires. Nous ne retirons rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent. En revanche, l'histoire nous appartient.
Rating : T
Genre : Romance / Drama / Angst / Comfort
Personnages : Tony Stark ; Loki ; la plupart des personnages vus dans les films du MCU
Situation temporelle : Démarre en 2012, après que Loki a récupéré le Tesseract dans Avengers Endgame
Bonjour tout le monde, et bonnes fêtes !
Aujourd'hui, montagnes russes émotionnelles au programme ! Beaucoup de culpabilité et d'auto-apitoiement, angst et drama prévus, mais aussi de l'espoir et un moment totalement barré !
On se retrouve en bas !
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Egwene Al'Vere, ytac, Marguerite . Roxton - Jones, merci beaucoup pour vos review !
Bonne lecture !
Ju' et Kae
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CHAPITRE 29
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Il était une fois, il était deux fois, il était cent fois, il était mille fois…
Il était des histoires qui ne se racontaient pas, des silences qui n'avaient pas de nom, des promesses gardées secrètes et des souvenirs mis sous clés.
Il était des milliers de fois des milliers d'histoires.
Et à la fin, si les regrets sont obstinés, il n'y a jamais que la souffrance qui reste.
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Tony profitait d'un rare – très rare, très très rare – moment de solitude, échoué dans son canapé et végétant devant une connerie quelconque à la télé. Entre Pepper et Stark Industries, Maria Hill et Rescue, les Avengers et les entrainements, et aussi et surtout Loki et Oméga, il n'avait que très rarement eu un peu de temps pour lui ces dernières semaines. Pour lui tout seul s'entend. Pas qu'il s'en plaigne, il avait généralement du mal à rester inactif. Mais après le deuil de la catastrophe de Tumaco, il avait été pris d'une sorte de frénésie intellectuelle, une bonne grosse crise d'hyperactivité comme il n'en avait pas fait depuis des années, et qui commençait à peine à s'essouffler. Remarque, on était péniblement arrivé au mois de novembre, il était plutôt temps.
Mais il était plus lucide sur lui-même que ce que beaucoup de gens pensaient, et reconnaissait ses mécanismes de défense pour ce qu'ils étaient : un moyen d'encaisser, de ne pas se laisser détruire par les événements subis, et pouvoir finalement passer au-dessus, jusqu'à ce que ces images ne viennent plus le visiter que dans ses cauchemars, fait dont il avait bien malheureusement pris l'habitude.
Pour ce qui est de cette absence de solitude au cours des dernières semaines, il ne pouvait également s'en prendre qu'à lui-même. Après tout, c'est lui qui avait cherché avidement la compagnie des autres – tout en ayant parfaitement conscience que ses amis faisaient exactement la même chose – Le plus surprenant avait toutefois été la présence de Loki. Pas que ce soit étonnant en soi, il passait après tout la majorité de ses journées – et de ses nuits aussi accessoirement – à ses côtés. Mais le dieu ne s'était pas contenté d'être physiquement présent dans l'atelier à ses côtés, ni même de le distraire avec ses questions et remarques acides à propos d'Omega, le forçant à rester concentré sur ce qu'il faisait – et lui épargnant de fait quelques accidents stupides et des blessures douloureuses. Loki avait sciemment cherché sa compagnie et alimenté leurs discussions, et avait continué à lui apprendre à tracer des runes – on avait dépassé le stade des gribouillages d'enfant pour que ça ressemble enfin à quelque chose d'à peu près lisible, hourra ! – Tony n'arrivait pas à comprendre pourquoi – après tout, c'était un fait bien connu que le dieu était dénué de toute forme de compassion et d'empathie, du moins à son égard – mais ça ne changeait rien au fait que sa présence avait été un véritable soutien en cette période difficile.
Tony était bien obligé d'admettre que depuis qu'il avait commencé à parler plus ouvertement à Loki – et quand est-ce que se confier librement au dieu menteur était devenu une option sérieuse, franchement ? – il était plus serein et bien moins perturbé. C'est Loki qui le premier avait mis le doigt sur ce point hautement dérangeant et l'avait verbalisé. Avec le recul, Tony ne pouvait pas vraiment lui en vouloir : après tout, parler lui faisait réellement du bien.
Et c'était de plus en plus fréquent qu'en cas de baisse de régime ou de mauvaise nouvelle, il ressente l'envie de lui parler et de s'épancher pour qu'ils puissent trouver des solutions à deux, comme ils le faisaient déjà pour leurs projets. Il n'osait pas, généralement. Culpabilité, malaise, pudeur aussi, et mille autres choses sans véritables noms. Et c'est sans compter cette histoire de téléphone offert, qu'il essayait vaillamment de mettre de côté avec sa honte, sans pouvoir tout à fait y parvenir. Il ne savait pas ce que Loki avait fait du téléphone, et c'était tant mieux : il ne voulait pas le savoir – et qui croyait-il tromper franchement ?
Toujours est-il qu'il ne se confiait pas au dieu, pas aussi souvent qu'il l'aurait intérieurement souhaité. A la place de ça, ils parlaient de mille et une autres choses, amenant à des sujets aussi divers et variés que la culture d'Afyamdalda – nom elfique d'une plante plus communément appelée « Herbe à rêves » – sur Alfheim, l'application du condensat de Bose-Einstein en physique quantique, l'entrainement militaire rigoureux des Nova Corps sur Xandar, une planète de la galaxie Andromède – et rien que ça, c'était déjà pas mal dingue pour lui ! – ou encore le mode de vie des tribus indigènes en Amazonie. Tout un programme !
C'est dans ce genre de moment que Tony se laissait aller à penser à ce qu'il ressentait vraiment pour Loki, à la façon dont il le considérait. Et si pour l'heure il ne mettait pas vraiment de mots dessus – il n'osait pas, ne le voulait pas vraiment non plus, car après tout les choses étaient très bien comme ça, non ? – il savait qu'un jour il le pourrait. Donner au dieu une étiquette plus personnelle et autrement plus émotionnelle que « collègue de recherche » et « oreille occasionnellement attentive ». Et savoir que non seulement ce jour viendrait, mais aussi et surtout qu'il ne craignait pas ce fait, était d'un réconfort certain.
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Quelque chose tracassait Tony, et c'était quelque chose de bien connu qu'il détestait ne pas avoir de réponse à ses interrogations. Il en avait fait abstraction, tant bien que mal, comme tout ou presque ce qui concernait le dieu et sa vie personnelle, de près comme de loin. Mais… c'était resté dans un coin de sa tête depuis qu'il avait lu l'Edda en mars dernier. Il s'était renseigné bien sûr, comparant ce que lui avait dit Loki avec d'autres versions et traductions plus ou moins récentes de l'Edda – il commençait d'ailleurs à en avoir un certain nombre empilées dans sa chambre – se documentant sur internet également. Mais aucune réponse. Du moins, aucune qui ne soit réellement satisfaisante. Il avait bien conscience que Loki était et demeurait sa meilleure source d'information, et par ailleurs la plus fiable – Loki, source fiable, on aura tout vu…. – Et avec le dieu plus ouvert à la discussion que jamais, peut-être que le moment de lui poser toutes ces questions était venu, qui sait ?
C'est pourquoi, alors qu'ils passaient une soirée ensemble au salon du labo, que Tony prit finalement son courage à deux mains. Attendant que le dieu finisse de raconter son anecdote au sujet de la cour d'Asgard, il les remplit de nouveau leurs verres – bien qu'il sache que les alcools terrestres avaient très, très peu d'effets sur le dieu, il se doutait que celui-ci préfèrerait avoir un verre dans les mains pendant la discussion – et s'empressa de prendre la parole dès que le silence eut repris ses droits.
« Dis, je me posais une question… »
Comme il aurait pu – et aurait dû, honnêtement – l'anticiper, Loki leva les yeux au ciel avant d'afficher une moue ennuyée.
« Je me demandais quand est-ce que vous ferriez preuve d'un tant soit peu de courage pour poser la question qui vous hante depuis, au bas mot, de nombreuses semaines. Je n'aurais jamais imaginé que cela puisse vous prendre autant de temps. Mais allez-y Stark, maintenant que vous vous êtes enfin lancé, poursuivez donc sur cette voie. »
Ainsi rappelé à l'ordre par cette voix moqueuse, Tony se força à reprendre ses esprits – avait-il vraiment été aussi transparent que ça ? – pour pouvoir enfin poser ses questions.
« Tu m'as plusieurs fois parlé de ta vie, de ce que tu as vécu pendant tous ces siècles. Parfois justes des anecdotes, d'autres fois des événements importants… »
Il s'interrompit un instant, ne sachant pas exactement comment poursuivre. Jamais il n'avait été aussi reconnaissant envers Loki de le relancer.
« Où voulez-vous en venir Stark ? »
« Je vais pas t'apprendre que sur Terre, certaines de ces histoires sont connues. Bon, ce sont essentiellement des mythes puisque les dieux sont sensés… et bah, tu sais, ne pas exister. Mais ces histoires existent bel et bien. »
Il désigna d'un geste de la main l'Edda – leur exemplaire de l'Edda – qui n'avait pas bougé de sa place dans la bibliothèque depuis la dernière fois où ils l'avaient lu ensemble. Le visage de Loki s'éclaira de compréhension. Tony était certain que le dieu avait compris où il voulait en venir, aussi acheva-t-il très brièvement son explication.
« Le problème, ce sont les différences énormes qu'il y a entre ce que tu m'as raconté et ce que disent ces histoires, tout en conservant une trame de fond et des événements relativement similaires. Regarde l'enlèvement d'Idunn dont tu m'as parlé. L'histoire est presque la même… mais en même temps complètement différente ! Comment c'est possible ? Je veux dire, j'aurais compris que ce soit identique ou presque, à peu de détails près. J'aurais compris que ce soit juste un ramassis de conneries, et complètement à côté de la plaque. Mais là ? Cette similarité frappante mais bourrée d'inexactitudes ? Je suis… perplexe on va dire. »
Loki demeura silencieux un long moment, mains jointes sous son menton, les yeux perdus dans le vague. Tony ne s'en faisait pas – pas trop en tous cas – c'était assez fréquent, et surtout un signe que le sorcier réfléchissait sérieusement à sa question pour lui apporter une réponse la plus précise possible. Pas de quoi se plaindre donc. Il sirota donc tranquillement son verre, attendant donc patiemment qu'il ne lui réponde.
« Êtes-vous familiarisé avec le principe de la réincarnation ? »
Ne s'attendant pas à cette question qui lui semblait totalement hors de propos, surtout au vu de sa propre question, il haussa un sourcil avant de réagir.
« Quand on meure, l'âme se réincarne dans un nouveau corps. Pas d'au-delà, de paradis ou d'enfer, mais une nouvelle vie, en repartant de zéro. Reset, et retour à l'état initial. »
« Explication basique et simpliste, mais assez juste au demeurant. »
« J'te remercie, ça fait toujours plaisir. »
Geste négligeant de la main de la part du dieu, qui fit comme s'il n'avait pas répliqué. Ça aussi c'était assez fréquent quand ils discutaient.
« Ce que vous devez comprendre, c'est que les histoires que vous avez lu dans l'Edda sont réelles elles ont bel et bien existé sous cette forme. Et laissez-moi finir avant de chercher à m'interrompre Stark, » dit-il d'un ton sec, le forçant à refermer sa bouche pour effectivement le laisser finir. Mais au moins continuait-il à lui expliquer, c'était toujours ça de gagné non ?
« Toutefois, je n'ai pas menti. Les histoires telles que je vous les ai racontées sont authentiques. Il s'agit seulement là de mon vécu, mon passé, mon histoire. Les récits que vous pouvez trouver dans l'Edda sont plus anciens encore, et remontent à des temps immémoriaux. »
Okay, là, il devait bien avouer qu'il était un peu perdu. Qu'est-ce que c'était que ces histoires encore ?
« Les Asgardiens, comme la plupart des peuples immortels des Neuf Mondes, croient en ce qu'on appelle le Ragnarök. Le Ragnarök est la fin de l'univers prophétisée par les Nornes, tandis que les mondes connus et inconnus seront submergés par les flots et détruits par les flammes. La fin de tout, dans ce qu'elle a de plus sacré et inéluctable. Mais le Ragnarök est également une renaissance, un renouveau. Il est le début et la fin, infini et éternel. »
Il était étrange de voir Loki parler de ce qui n'était ni plus ni moins que les mythes et la religion des Ases et de bon nombre d'autres peuples dans la galaxie. Des mythes ayant des mythes, c'était quand même ironique, à mourir de rire ! Mais malgré tout, il ne pouvait pas manquer la flamme brillant dans ses yeux, et la conviction profonde de ses paroles. Il y croyait bordel, si fort, comme si ces mots ne pouvaient en aucune façon être remis en cause. Et à l'entendre parler de cette façon, Tony avait envie d'y croire lui aussi, malgré les incohérences énormes qu'il pouvait déjà deviner.
« Chaque Ragnarök représente un cycle absolument unique. La trame tissée par les Nornes est la même, mais on décèle pourtant des différences plus ou moins marquées d'un cycle à un autre. Les choix de chacun influencent les infinis cycles successifs : ils se répètent, mais pas exactement de la même façon. Ainsi, l'Edda tel que nous le connaissons représente l'un des anciens cycles du Ragnarök. Ou, selon un concept qui vous est plus familier, une incarnation précédente. »
Là, Tony devait bien l'avouer, il était bouche bée. Il pensait que plus rien de la part de Loki ne pourrait le surprendre, mais là… la réincarnation, carrément ? Il se foutrait pas un peu de la gueule du monde – et surtout de la sienne en l'occurrence ? Et c'était quoi cette histoire de Nornes et de prophétie ? Pourquoi il y avait toujours une prophétie ? C'est pas Harry Potter qui dirait le contraire, ça puait toujours la merde ces histoires !
« Une prophétie, sérieusement ? » ricana-t-il. « Et quoi, tu vas me dire que le libre arbitre n'existe pas, que notre destin est tracé d'avance, et autres conneries de ce genre ? »
« Avez-vous seulement écouté ce que j'ai dit ? » Et cette fois, le dieu avait l'air franchement agacé. Tant mieux, il avait largement de quoi répliquer ! « Pour votre gouverne, les Nornes sont tout aussi réelles que vous et moi, de même que l'est le Ragnarök. Quant à cette idée de destin immuable…. Pour reprendre une métaphore midgardienne, le fil rouge, la ligne directrice et fondamentale de notre existence est toute tracée, oui. Mais ce sont nos choix, qui différent toujours d'une incarnation à une autre, qui font une réelle différence entre les cycles, et expliquent leurs disparités. Nos choix ne sont ni vains ni futiles, ils sont le socle même de notre existence. »
Et c'était Loki qui venait lui parler de choix ? Même s'il n'avait pas soigneusement étudié l'Edda pour en tirer toutes les informations possibles sur le dieu, il savait que sa vie était plus proche du cauchemar éveillé que de la balade de santé. Et c'était sans compter tous les événements des dernières années, plus concrets que ne l'était n'importe quelle légende. Alors peu importe au fond qu'il élève la voix à présent, il avait besoin de prouver au dieu qu'il avait tort. Que les choses pouvaient être autrement, sans subir le destin de merde imposé par une volonté divine inconnue mais toute puissante.
« Parlons-en de ces cycles justement ! Le Ragnarök, c'est pas quelque chose que tu découvres subitement, c'est quelque chose d'ancré en toi, dans ta culture, vrai ? Pareil pour ces putains de réincarnations successives ? »
Plusieurs hochements de tête successifs, un peu trop secs sans doute, venant confirmer chacune de ses affirmations. Et là ! Là il savait qu'il le tenait !
« Si tout n'est qu'une question de choix, alors pourquoi toi plus qu'aucun autre, avec ton histoire, n'a pas fait les choses différemment ? »
« Pas plus que vous je n'ai le souvenir de mes incarnations précédentes, de ce que j'ai pu faire ou vivre lors des cycles nous ayant précédé. Chaque choix est le mien propre, en fonction de mon ressenti immédiat et de ma vie vécue. Chaque décision a été prise au mieux de mes capacités et des circonstances. »
Sauf que quelque chose n'allait pas, ça ne pouvait pas juste être ça ! Pas avec tout ce qu'il avait appris sur le dieu, son histoire, son passé, sa famille. L'Edda ne pouvait pas simplement être la version précédente de l'histoire, avec juste ce qu'il faut de similarité et d'atrocités revécues dans cette vie, non ? Et si lesdites atrocités étaient réelles en plus ? ''Cruel'' était un terme bien trop faible pour désigner toutes ces horreurs.
« Si on admet que tes conneries de réincarnations sont vraies, personne n'a jamais essayé d'enrayer la machine ? De changer les choses ? »
« Stark… » Mais il ne s'arrêtait plus. Ne pouvait plus s'arrêter.
« Et toi dans tout ça, merde ? » hurla-t-il à plein poumons. « Ton libre arbitre et tes choix, en pleine conscience, vraiment ? Bordel, t'as jamais essayé de sauver tes gosses ? »
Sleipnir, Fenrir, Jörmungand, Hel, Vali et Narfi. Les enfants de Loki. Tony avait pu lire leurs histoires respectives dans l'Edda, et si moins de la moitié était réelle, ou même s'il y avait ne serait-ce qu'une once de vérité là-dedans…
Et Loki qui ne bougeait pas. Il ne bougeait pas putain ! Pâle et immobile, figé tel une statue, il regardait Tony sans vraiment le voir, ses yeux perdus dans le vague. Un regard terriblement vide, où brillait toutefois une lumière innommable, confinant à la folie. Alors c'était vrai ? Pour ses enfants ? Et après, les gens s'étonnaient qu'il ait viré complètement cinglé. Bordel, il allait vomir.
Ils restèrent silencieux pendant de longues, terriblement longues minutes. Ça aurait tout aussi bien pu être des heures pour ce qu'il en savait. Mais qu'on ne compte pas sur lui pour le rompre. Il en avait assez fait, ayant parfaitement conscience que cet éclat de sa part pouvait lui couter bien plus que la vie, mais aussi tout ce que lui et Loki avaient péniblement construit ensemble, à commencer par la confiance. Un moment hors du temps, où chacun mesura les mots prononcés comme ceux qui avait été tus, les vérités inavouées et les secrets véritables, maelstrom confus des émotions les plus sombres comme les plus lumineuses. Un instant qui, il le présentait, ne donnerait pas seulement le ton à la suite de leur collaboration – pour peu qu'il survive aux prochaines minutes – mais également à leur relation pour les mois – les années ? – à venir.
Et puis soudain, la Terre sortie de son orbite retrouva brutalement son équilibre, et le temps jusqu'ici en pause recommença à défiler, grains de sable avides dans le sablier.
« Que les choses soient bien claires Stark, et écoutez soigneusement car je ne me répèterai pas : je vous défends formellement d'aborder à nouveau le sujet de mes enfants, me suis-je bien fait comprendre ? »
Il n'y avait pas de colère dans sa voix. Pas même la tristesse ou la douleur qu'il était certain d'avoir vu briller dans ses yeux. Juste le ton calme et ferme d'une volonté irrévocable. Et si la menace n'était pas clairement énoncée, il aurait fallu être stupide pour ne pas l'entendre. Et Tony était tout sauf stupide.
« Compris. »
Le dieu croisa longuement son regard, comme s'il voulait s'assurer de sa sincérité, et Tony ne chercha pas à détourner les yeux. Visiblement satisfait de ce qu'il y avait vu, Loki fit demi-tour avec l'intention visible de quitte l'atelier – pour la soirée au minimum, un ou deux jours surement, en espérant que ce ne soit pas beaucoup plus long – Mais Tony ne pouvait pas le laisser partir sur ça, sur ces mots. Il devait… Il devait absolument dire quelque chose.
« Et Loki ? »
Il s'arrêta, même s'il ne se tourna pas vers lui. Et Tony savait qu'il n'aurait pas de meilleure occasion que celle-ci.
« Pour ce que ça vaut, je suis désolé. Sincèrement. »
Un hochement de tête sec, et il avait disparu. Et franchement ? Il ne pouvait pas lui en vouloir.
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Douleur.
Loki s'était téléporté sans attendre à Malibu. Juste à temps. A peine eut-il posé le pied dans le salon que sa magie explosa violemment autour de lui. Mais il n'en avait rien à faire. Avec un cri de rage, il la déchargea – volontairement cette fois-ci – détruisant tout autour de lui. Et il continua, encore, et encore. Et encore. Longtemps. Et après il continua. Jusqu'à ce que tout ne soit que cendre et poussière autour de lui, jusqu'à ce que sa voix ne soit enrouée d'avoir trop hurlé, jusqu'à ce que la colère soit évanouie et qu'il ne reste plus que la douleur.
Douleur.
Le monde était douleur.
Soudainement rattrapé par la fatigue, il se laissa tomber à genoux. Ses mains tremblaient, et les larmes qu'il retenait depuis des années coulèrent finalement sur ses joues.
Ses enfants…
Il y avait si longtemps qu'il ne s'était pas laisser aller à penser à ses enfants…
Sleipnir et sa robe de fumé, racé et élégant, le plus rapide des coursiers des Neuf Mondes et au-delà, réduit à une simple bête de somme par le Père de Tout.
Fenrir, son petit louveteau à la fourrure de nuit, enchainé comme une bête sauvage, la gueule dégoulinant de son propre sang.
Jörmungand, dont les écailles étaient d'un fantastique camaïeu de bleu, de l'azur pur d'un ciel d'été au cobalt des mers profondes où il avait dû trouver refuge pour survivre.
Hilde, sa seule fille, mince et délicate, à l'unique œil vert poison, dépossédée de tout jusqu'à son nom, rebaptisée par tous Hel à cause de son apparence et du monde qui était devenu sa prison.
Les jumeaux Vali et Narfi, tellement minuscules, leurs petits corps brisés aux pieds d'Odin, et leur peau déjà si blanche, si froide sous le sang qui la maculait !
Il les aimait, il les aimait tellement ! Mais on les lui avait pris. Ses petits avaient été exilés, torturés, enchainés, les jumeaux avaient même été tués sous ses yeux ! Et lui qu'avait-il fait pendant ce temps ? Absolument rien. Certes il avait lutté, s'était débattu, avait usé des armes et de la magie pour les empêcher de les prendre, jusqu'à ce qu'il ne soit maitrisé et enchainé à son tour. Mais il aurait pu faire plus ! Tellement plus…
Stark avait raison, dans le fond. Il avait plié face au destin qu'on lui avait imposé, et c'étaient ses enfants qui en avaient payé le prix. La culpabilité l'enchainait, plus surement qu'aucun lien ne l'avait jamais fait. Mais il refusait de porter seul le poids de ces événements. Et un jour, il s'en faisait le serment, Odin payerait pour tout le mal qu'il avait fait à sa famille.
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Tranquillement allongé dans son lit, Tony pianotait sur sa tablette, regardant défiler les lignes de code sur son écran avant de les corriger, effacer, recommencer, modifier, changer – rayer les mentions inutiles. Ça faisait un peu plus de deux mois qu'il avait ouvert le dossier Ultron, et son projet avait bien progressé depuis la première ébauche qu'il en avait fait en octobre. Il avait désormais une ligne directrice claire, et il comptait la suivre. Malheureusement, ça n'avançait que très lentement, au rythme d'une ou deux heures volées par ci par là. Le fait de devoir se cacher de Loki était une contrainte phénoménale, et il ne pouvait travailler dessus que seul dans sa chambre, ou à l'occasion lors de déplacements professionnels loin de la Tour. Un rythme beaucoup trop lent à son goût.
Bruce allait revenir aux Etats-Unis d'ici une à deux semaines pour passer les fêtes de fin d'année à la Tour avec les autres, et Tony envisageait de plus en plus souvent de le mettre au courant. Outre le faire d'aller bien plus vite en travaillant dessus ensemble, depuis qu'il cohabitait avec Loki, il avait pris l'agaçante habitude de bosser à deux sur ses projets les plus importants. Même si son expertise couvrait initialement le côté technologique de la chose tandis que le dieu prenait à sa charge tous les aspects magiques de leur projet, ça faisait bien longtemps qu'ils ne travaillaient plus seuls dans leur coin et échangeaient leurs idées, permettant par la même occasion d'alimenter la réflexion de l'autre. Et lui qui était si fier de son indépendance intellectuelle se retrouvait à présent démuni sans interlocuteur valable à ses côtés.
Étonnamment, devoir ne rien dire à Loki lui pesait, qui plus est en songeant à la façon dont ils s'étaient rapprochés depuis quelque mois. Après tout, même son éclat à propos de sa famille et de ses enfants n'avait pas réussi à mettre un terme à leur collaboration, donc on pouvait effectivement dire en toute bonne foi qu'ils s'étaient rapprochés, non ? Il avait du mal à en être fier, quand il lui avait fallu ça pour réellement en prendre conscience. La famille du dieu n'en restait pas moins un sujet sensible qu'ils avaient l'un et l'autre soigneusement évité quand Loki était revenu, trois jours après avoir quitté l'atelier et aussi impassible que d'ordinaire. Tony n'en pensait pas moins, mais il n'avait rien dit bien sûr. Trop coupable pour ça, entre mille autres choses.
Tout cela pour dire que ses mensonges à l'égard du dieu lui pesaient. Enfin, on ne pouvait pas réellement parler de mensonge à vrai dire, c'était plutôt… cacher la vérité, se taire et ne rien dire de ce sur quoi il travaillait. Hum… Ouais, mentir correspondait plutôt bien à sa définition finalement… Toujours est-il que devoir maintenir le secret sur Ultron, ne rien laisser percevoir de ses doutes, ses espoirs et ses progrès, faisait naitre en lui une frustration et un malaise qu'il n'aurait jamais pu anticiper. Mais malgré tout, exactement comme deux mois plus tôt, il ne pouvait se résoudre à faire autrement. Avouer ses fautes, ses échecs, sa faiblesse ? A celui qui continuait sans relâche de chercher, sans jamais perdre espoir ? Impossible. Alors il continuait bravement à faire bonne figure, cherchant lui aussi à faire progresser Omega, jetant toutes ses forces dans chacune de leurs expériences, et recommençant inlassablement à chaque échec prévisible.
Ça ne faisait rien pour son malaise et sa culpabilité par contre. Pas comme s'il n'en avait pas l'habitude…
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« Clint, action ou vérité ? »
A deux jours du réveillon, les Avengers s'étaient retrouvés tous les six dans le salon pour un marathon de jeux de société. Qui au juste avait lancé l'idée ? Tony n'en était pas vraiment certain, mais ça devait probablement être Œil de Piaf ou Capsicle. Toujours est-il qu'après les avoir écrasé au Monopoly – et sans piocher discrétos dans la caisse, contrairement à ce que cette mauvaise perdante de Natasha racontait ; il était juste un putain de génie en gestion de patrimoine immobilier ! – ils avait tenté de jouer au Uno, tenté étant le mot clé. Mauvais plan, personne n'était d'accord sur les règles et ils avaient littéralement manqué de s'écharper. De même, son salon avait survécu de justesse à la partie de Jungle Speed, où tous les coups étaient permis pour récupérer le totem. C'est Bruce qui les avait fait arrêter quand il avait sorti le gant de son armure. Mais c'était pas de sa faute aussi, Clint s'était perché en haut d'un meuble avec le totem, Nat le menaçant de ses dagues, et même Steve et Thor avaient sorti le bouclier et Mjöllnir d'abord ! Pff, quel rabat-joie !
« Action évidemment ! » crana-t-il.
Le Trivial Poursuit, vu initialement comme un moyen de faire l'éducation de Steve et Thor, avait surtout révélé le manque abyssal de culture générale de l'équipe, à l'exception notable de Bruce, qui les avait littéralement massacrés. Steve avait sans surprise gagné au Pictionnary – tout le monde avait directement voulu se mettre avec lui, connaissant ses talent de dessinateur ! – Natasha avait remporté haut la main la main la partie de Cluedo, mais c'est avec étonnement qu'ils avaient vu Thor gagner à Risk – interminable partie d'une dizaine d'heure, qui dans son cas personnel l'avait vu perdre ses soldats un à un – alors qu'il y jouait pour la première fois. Ou peut-être pas si surprenant que ça d'ailleurs, puisqu'il en connaissait un rayon niveau stratégie militaire. Par contre, comment en était-ils venus à jouer à Action ou Vérité, ce jeu pour ados décérébrés, qui plus est alors qu'aucun d'entre eux n'était ivre au moment d'accepter de jouer ? Pas la moindre idée !
De fait, Clint aurait dû se méfier : Natasha affichait désormais un sourire prédateur, et l'archer avait quelque peu perdu de sa superbe.
« Fais nous un strip-tease. »
Clint était devenu livide, tandis que Steve et Bruce avaient viré au rouge vif. Seul Thor semblait ne pas avoir compris le gage – comme c'est étonnant – mais avait indubitablement l'air curieux de savoir. Lui avait éclaté de rire devant les réactions des autres, et Nat avait l'air particulièrement fière d'elle. Tony vit alors l'archer jeter peu discrètement un coup d'œil à la table basse où des shots de vodka – un peu beaucoup utilisés jusqu'à présent, il fallait bien le reconnaitre – attendaient gentiment les mauvais joueurs. Sans compter les bouteilles d'alcools divers à côté pour se désaltérer entre deux questions ou défis, et qui étaient plus vides encore.
« Pas question que tu te dégonfles Œil de Piaf ! Jarvis, musique ! »
Sans attendre, les premières notes de « You can leave your hat on » résonnèrent dans la pièce. C'en était fini de lui, il était en train de glousser comme un hystérique, tombant de son fauteuil pour s'écrouler lamentablement sur le tapis façon baleine échouée, et Natasha avait éclaté de rire face au choix de musique de l'IA. Même Bruce s'était déridé et avait laissé échapper un bref éclat de rire, malgré des rougeurs toujours bien présentes sur ses joues. Steve en revanche, avait visiblement décidé qu'il ne croiserait plus le regard de personne pour le reste de la soirée.
Assassinant Natasha du regard, Clint commença donc lentement à retirer sa chemise, agitant maladroitement les hanches sous les sifflements de la seule femme du groupe, auquel l'ingénieur ne tarda pas à se joindre. Ladite chemise fut balancée dans la figure de Tony, l'aveuglant un instant, mais ce n'est pas ça qui allait calmer son fou rire. Thor, qui n'avait visiblement par compris le principe, se leva pour rejoindre son camarade en détresse et commença à son tour à ôter ses vêtements. Deux pour le prix d'un ! Ravalant tant bien que mal son rire – bien qu'il continue malgré lui à pouffer comme une collégienne – Tony dénoua sa cravate qu'il prit bien soin de lancer à Steve, accompagnée d'un baiser soufflé, avant de rejoindre ses amis sur la piste de danse improvisée. Plus qu'à moitié dessapé, Clint bougeait plus librement à présent, riant joyeusement. Du coin de l'œil, il vit Natasha trainer Bruce vers eux, réussissant l'exploit de défaire simultanément les boutons de la chemise du docteur et les lacets de son propre chemisier. Il revint donc à Tony la responsabilité d'amener Steve à eux, ce qu'il réussit après moultes cajoleries. Et les voilà tous les six à moitié à poil sur la piste de danse, à se trémousser de manière grotesque et à ricaner comme des bossus. Heureusement que personne ne pouvait voir ça, ou c'en était fini de leurs réputations respectives !
Ouais, s'ils avaient commencé la partie relativement sobres – tout était dans le « relativement » – ils étaient maintenant complètement torchés, et n'en avaient pas grand-chose à faire. Mais au diable l'inévitable gueule de bois du lendemain, les regrets faces aux confessions un peu trop intimes et la honte face à certains défis réalisés, tel ce strip-tease devenu collectif. Ça restait quand même une sacrée soirée !
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Comme l'an passé, Stark avait retrouvé ses compagnons Avengers à New-York pour célébrer cette fête païenne qu'était Noël. S'il avait quitté la côte est comme à chaque fois que Thor y était présent, c'était la première fois qu'il éprouvait… quelque chose à cette idée. Pas l'envie de se montrer à lui c'était certain, ni même la simple volonté de lui parler ou de le voir, indépendamment de la façon dont ils s'étaient quittés. C'était plus comme une sensation de manque. Oui, aussi invraisemblable que cela puisse paraitre, Thor lui manquait. Pourtant, cela ne faisait que vingt-et-un mois depuis les événements de Svartalfheim, à peine quelques années de plus depuis qu'il avait chu du pont arc-en-ciel, et ils avaient souvent été séparés pour des durées bien plus conséquentes que celle-ci. Peut-être était-ce l'aspect définitif de leur séparation qui résonnait ainsi en lui ? Si feindre sa mort aux yeux de son frère avait été un simple réflexe de protection, lui cacher sa survie avait été un choix fait en toute connaissance de cause.
L'argument qu'il avait avancé face à Stark à l'époque s'était vérifié, et était toujours d'actualité. Considéré comme mort aux yeux de tous, alliés comme ennemis – surtout aux yeux de ses ennemis d'ailleurs, qui étaient qui plus est bien plus nombreux que ne l'étaient ses potentiels alliés – il était libre. Et s'il n'avait jamais regretté son choix face à la sécurité sans commune mesure qu'il lui offrait, il s'était plus d'une fois surpris à reconsidérer le chagrin de son frère face à sa mort, et qu'il avait fermement nié à ce moment-là. Après tout, il avait continué de considérer la reine Frigga comme sa famille malgré le fait qu'ils ne partagent pas le même sang et ne soient même pas de la même espèce, sans doute pouvait-il en faire de même pour Thor. Malgré les années et les événements les ayant éloignés, il pouvait tout de même reconnaitre une qualité importante à son benêt de frère trop sensible et émotionnel : quand il donnait sa confiance, et a fortiori son amitié ou son amour, c'était à jamais. Et Thor l'avait aimé, de cela il ne pouvait douter. Peut-être était-ce plus un défaut qu'une qualité. Surement même. Après tout, un cœur donné ne pouvait qu'être brisé, et la confiance offerte était inévitablement trahie un jour où l'autre.
Rares étaient ceux à ne jamais l'avoir trahi. Étonnamment, Stark était de ceux-là. Bien sûr, le mortel avait besoin de son concours pour Omega, mais les choses avaient depuis bien longtemps déjà dépassé ce stade. Quand Loki guérissait des blessures infligées par Algrim, Stark l'avait veillé, et s'était bien gardé de le livrer aux Avengers ou au SHIELD quand c'était là la seule option logique. Le dieu avait alors contracté une dette conséquente envers lui, bien que l'ingénieur n'en ait pas conscience. Il avait prêté serment de ne pas lui nuire, tant que le midgardien ne le trahirait pas lui-même. Et au cours de ces fameux vingt-et-un mois écoulés, malgré les disputes et la violence des mots qu'ils avaient parfois pu s'échanger, pas une fois Loki n'avait eu à regretter sa promesse. Car jamais Stark ne l'avait trahi. Dans cette relation sans nom qui était la leur, la confiance était le lien premier et primordial qui les unissait.
C'était donc au nom de cette confiance mutuelle – et certainement pas à cause d'une quelconque émotion se voulant proche de l'affection – qu'il avait mis de côté sa fierté de côté et demandé à Jarvis de lui apprendre à faire un emballage cadeau. L'IA s'était fort heureusement abstenu de toute remarque sarcastique – un fait au demeurant exceptionnel – et avait projeté sur un écran une vidéo explicative.
Stark lui avait déjà acheté un cadeau de Noël l'année dernière, ce ridicule porte-clés dont il ne s'était pourtant pas séparé, et qu'il conservait avec ce téléphone portable qu'il n'avait jamais allumé. Reconnaissant lui-même le fait qu'ils s'étaient rapprochés en une année écoulée, il se doutait que l'humain réitérerait son geste. Et si Loki avait tant hésité à lui offrir un présent pour son anniversaire, il avait rapidement tranché cette fois-ci. Après tout, Noël était une occasion bien moins formelle que ne l'était un anniversaire, s'il devait se fier aux cadeaux que lui avait offert Stark en ces deux occasions. Il attendrait donc de voir si le mortel lui donnerait quelque chose, pour pouvoir lui rendre son geste. Ou peut-être serait-il celui à faire le premier pas, et il se délectait par avance de la tête que ferait Stark en découvrant l'une des figurines pour enfant Iron Man, repeinte en vert, noir et or par ses soins. Et avait-il mentionné la cape qu'il avait ajouté, ainsi que le casque à cornes lui ayant valu tant de moqueries ? Oh oui, il était impatient d'offrir son cadeau à Stark…
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Comme il en avait décidé quelques semaines plus tôt, Tony avait mis Bruce au courant de ces recherches sur le projet Ultron. Et autant dire qu'il n'avait pas fallu grand-chose pour le convaincre de le rejoindre dans sa quête. Le scientifique était donc resté à la Tour une bonne semaine de plus que les autres, partis à peine le jour de l'an passé. Et en huit minuscules jours, ils avaient abattu un boulot considérable. Certes, rien n'était achevé et il restait de nombreux problèmes à résoudre, mais Tony allait continuer de bosser dessus, et avait promis à Bruce de le tenir au courant de ses progrès. Son ami l'avait également aidé à peaufiner les derniers détails de l'Iron Legion, qui était désormais apte au service actif.
En plus de ça, les dernières simulations qu'il avait lancé avec Loki pour Omega avait renvoyé des résultats prometteurs. Pas de quoi lui faire abandonner Ultron, qui bien qu'inachevé restait bien plus proche d'être opérationnel qu'Omega, mais bien assez pour lui donner de l'espoir. Car même s'il n'avait pas vu le dieu pendant trois semaines – entre les fêtes de Noël et ses recherches avec Bruce – ils avaient continué à échanger régulièrement des messages et des théories, aidé d'un appel via Jarvis de temps à autre pour faire le point. Un jour, Tony avait même trouvé sur son établi une boite emballée de papier cadeau, contenant un jouet Iron Man customisé, dont la provenance ne faisait aucun doute. Tout comme il ne faisait aucun doute que sa réaction était filmée et diffusée en direct de l'autre côté du continent, aussi ne s'était-il pas privé d'adresser un magistral doigt d'honneur à l'une des caméras principales de Jarvis. Depuis, la figurine trônait fièrement sur son bureau, et il n'avait qu'une hâte, pouvoir offrir sa peluche géante Rodolphe à Loki en retour – ça allait définitivement devenir un rituel entre eux !
Ça faisait bien longtemps que Tony n'avait pas eu autant de raisons de se sentir optimiste, et ça lui faisait un bien fou. Cette année 2015, franchement, il la sentait bien…
Mouhahaha ! Sachant ce que leur réserve l'année 2015 (la catastrophe Ultron, rien que ça !) je ne serai pas si optimiste à sa place !
Mais, et c'est là qu'arrivent les "mauvaises nouvelles" pour vous lecteurs, nous allons faire une pause de quelques mois avant d'attaquer le dernier arc du tome 1, arc consacré au film "L'Ère d'Ultron", et qui commence dès le prochain chapitre. Nous préférons faire cette pause maintenant, sur une coupure correcte, plutôt que risquer de nous arrêter en plein milieu de l'action faute de temps et sans assez de chapitres d'avance pour pouvoir poursuivre la publication. Nous nous retrouverons donc normalement début mars pour la suite de "Make a Deal" !
Nous aimerions enfin en profiter pour vous remercier, vous les lecteurs sans qui cette histoire n'existerait pas. Nos remerciements en particuliers à Egwene Al'Vere, Marguerite . Roxton - Jones, Meranath, Makiang et Amy. Vous n'êtes pas nombreux à commenter cette histoire, mais vous cinq en particulier ne lâchez rien, loupez parfois des chapitres, mais revenez inlassablement quelques semaines plus tard pour commenter. Nous avons passé la barre des 100 reviews, et c'est essentiellement grâce à vous. Chaque review nous touche énormément, alors un immense merci à vous !
Et sur ces quelques mots, nous vous souhaitant de bonnes fêtes, une bonne année avec un peu d'avance... et à l'année prochaine !
On vous embrasse,
Julindy et Kaelyan
