Disclaimer : Nous ne tirons profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires. Nous ne retirons rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent. En revanche, l'histoire nous appartient.
Rating : T
Genre : Romance / Drama / Angst / Comfort
Personnages : Tony Stark ; Loki ; la plupart des personnages vus dans les films du MCU
Situation temporelle : Démarre en 2012, après que Loki a récupéré le Tesseract dans Avengers Endgame
Bonjour tout le monde !
Nous voici de retour, et nous attaquons fort avec le début de "L'Ère d'Ultron". Accrochez-vous, on va enchainer une série de chapitres plutôt relevés, avec pas mal de contenu !
Le plus difficile au cours de ces chapitres a été de jongler entre les scènes du film reprises de manière identique, celles légèrement arrangées, et celles complètement inédites. Nous avons fait le choix d'arranger un peu la majorité des dialogues et des réactions des uns et des autres, la raison principale étant tout simplement le fait que les relations des personnages ne sont pas les mêmes que dans le canon (sans compter tout ce qui s'est passé entre Tony et Loki, la rupture avec Pepper, Rescue...). Ici, les Avengers vivent à la Tour depuis un an et demi, et sont plus proches que dans le canon.
Mais comme d'habitude, s'il y a des choses qui vous posent question, n'hésitez pas !
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Meranath, Egwene Al'Vere, Makiang4, Marguerite . Roxton - Jones, Amy, merci beaucoup pour vos review !
Réponse à Amy : Cinq reviews (MERCI !) je ne vais même pas essayer de répondre à tout ! ;) Mais pour reprendre les idées importantes de tes différents commentaires 1) Ils se sont effectivement beaucoup rapproché. En cinq chapitre, le changement doit être important. Et quand on pense au début de cette histoire, 30 chapitres plus tôt ? C'est carrément incroyable ! 2) Les différents éléments qui s'entremêlent, au niveau de l'histoire et du canon, ainsi que les différents fils rouges qui courent sur plusieurs chapitres, tout ça nous tient vraiment à cœur, pour apporter plus de contenu et de crédibilité à l'histoire. Mais c'est effectivement difficile à gérer pour se rappeler de tout ! 3) Tu as tout compris, la tuerie de Tumaco était effectivement un déclencheur pour Ultron. Tony était trop heureux, trop équilibré dans sa vie pour songer à Ultron : il fallait donc lui remettre les pieds sur terre !
Bonne lecture !
Ju' et Kae
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CHAPITRE 30
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« Et parfois, la scène semble exister davantage que le monde, elle est plus présente que nos vies, plus émouvante et vraisemblable que la réalité, plus effrayante que nos cauchemars. »
Eric Vuillard, Tristesse de la terre
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« Et c'est pour cela que… »
« Monsieur Stark, Agent Romanoff à l'interphone. »
Relevant la tête de son ouvrage – et haussant les épaules face à un Loki visiblement irrité de se faire interrompre aussi cavalièrement – Tony répondit à voix haute, reconnaissant le très léger grésillement des haut-parleurs indiquant que quelqu'un était en ligne.
« Natasha, un souci ? »
« Est-ce que tu peux venir au salon s'il te plait ? C'est à propos de ma dernière mission, et il y a des choses que toi et les autres devez entendre. Et non, avant que tu ne poses la question, ça ne peut pas attendre. »
Comprenant immédiatement qu'il n'aurait pas davantage d'informations à moins de la rejoindre, il obtempéra.
« Je monte. »
Abandonnant à regret Loki et leur expérience en cours derrière lui, il rejoignit rapidement l'étage commun où Natasha, Clint et Steve étaient déjà installés et l'attendaient. Acceptant une bière que lui tendait Clint, il s'avachit sans grâce dans le fauteuil en face de la rousse.
« On a un problème. »
Jusqu'ici de relative bonne humeur malgré cette convocation express, Tony se sentit malgré lui blêmir.
« Tu te souviens de ce qui s'est passé la dernière fois que quelqu'un a dit ça ? »
Tony regretta presque sa réponse incisive en voyant les visages des autres se fermer. Aucun d'entre eux n'avait oublié Tumaco, malgré les mois qui s'étaient écoulés. Fort heureusement, Natasha se reprit rapidement et entama son exposé, les détournant de ces pensées morbides.
« Disons plutôt qu'il s'agit d'une situation épineuse et problématique pour le moment, mais qui peut dégénérer à toute allure à n'importe quel moment si on ne s'en occupe pas rapidement. »
« Super, ça nous avance à mort. Tu peux développer ? »
« Regardez par vous-même. »
D'un geste grandiloquent, elle étala sur la table basse devant eux une poignée de feuilles. Et si Tony ne comprenait pas totalement les textes – il reconnaissait de l'allemand sur l'une des feuilles, et du français sur une autre – les schémas en revanche étaient parfaitement explicites. A côté de lui, Clint était devenu livide.
« Est-ce que c'est… » commença-t-il, sans parvenir à finir. Et Tony le comprenait. Lui-même devait avoir les yeux qui sortaient de leurs orbites, et n'aurait probablement pas fait mieux à sa place.
« Oui. C'est le sceptre de Loki. »
Merde. Ça, il l'avait pas vu venir.
« J'ai trouvé ces documents dans une ancienne planque d'Hydra, qui a probablement dû être quittée en quatrième vitesse vu tout ce qui restait comme dossiers compromettants sur place. Essentiellement des dossiers papier. Tony, tu pourras… ? »
« Ouais, je stockerai ça avec le reste, en attendant te pouvoir tout numériser et archiver sur un serveur. »
Malgré sa réponse rapide, Tony n'arrivait pas à quitter les schémas des yeux. Heureusement, il n'était pas le seul.
« Je ne sais pas exactement comment ces hommes sont entrés en possession du sceptre, ni ce qu'ils ont fait avec pendant tout ce temps, mais c'est assurément mauvais pour nous. »
« Pour la façon dont ils s'en sont emparé, je ne pense pas que ce soit difficile à expliquer, » dit Steve. « En 2012, quand Loki s'est échappé, je l'ai retrouvé dans la tour, sceptre en main, et ayant pris mon apparence. Nous nous sommes battus, et il m'a vaincu en utilisant le sceptre sur moi. Mais quand je me suis réveillé quelques minutes après, le sceptre était à côté de moi. Je l'ai alors amené à Sitwell, qui était escorté par Rumlow et le reste du Strike. Et comme on sait aujourd'hui qu'ils faisaient tous parti d'Hydra… »
« Donc ils ont eu pendant deux ans et demi le sceptre avec eux. Fantastique, » ironisa Clint, le ton particulièrement acide. « Pourquoi on apprend ça que maintenant ? »
« Parce qu'avec la chute du SHIELD, le Fridge a été pillé, et la liste exacte de tous les artefacts qu'il contenait n'a jamais été retrouvée, » répondit Natasha. « Clint et moi avons pu en retrouver plusieurs, Fury nous a indiqué la nature de quelques autres, et je suis certaine que le nouveau SHIELD de Coulson a mis la main sur certains d'entre eux. Mais aucun de nous n'a pensé au sceptre. Je suis navrée Clint. »
Tony, qui était le plus proche de l'archer, lui posa une main compatissante sur l'épaule. Ayant subi un lavage de cerveau par ledit sceptre, c'était compréhensible qu'il ne soit pas particulièrement jouasse à l'idée de le savoir disparu dans la nature. Ou pire, aux mains d'Hydra. Clint lui adressa un hochement de tête et un petit sourire en guise de remerciement. Crispé le sourire, mais au moins était-il présent.
« Je crois qu'on est tous d'accord pour dire que c'est devenu la priorité numéro un, » conclut Tony, récoltant une salve d'approbation. « Captain, quels sont les ordres ? »
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Tony avait été chargé de relever chacune des planques du SHIELD et d'Hydra – les anciennes connues depuis des années comme celles découvertes par les deux espions depuis l'effondrement du SHIELD – avant d'éplucher les archives qu'il avait récolté et trié pendant de longs mois pour en trouver d'autres. Steve, Natasha et Clint allaient quant à eux se rendre sur place et les passer au peigne fin. Bien sûr, toutes ces planques avaient déjà été examinées d'une façon ou d'une autre. Mais avec un objectif bien précis de recherche, il était possible qu'ils trouvent davantage d'informations, ou au moins l'ombre d'une piste sur la localisation actuelle du sceptre.
Ils s'étaient mis d'accord pour prévenir Thor dès lors qu'ils auraient une localisation, et avaient également contacté Bruce qui leur avait promis de venir pour se joindre à la mission. Pepper et Maria Hill avaient également été prévenues, puisqu'il ne s'agissait pas simplement de la traque d'Hydra, mais bien d'une mission des Avengers – quoi qu'encore non officielle – Ils s'étaient demandé s'ils devaient intégrer Rhodey et Sam aux recherches, mais avaient voté unanimement contre. Si tous deux auraient effectivement pu aider, cette affaire était bien trop personnelle pour en déléguer ne serait-ce qu'une miette à quiconque.
Connaissant son histoire personnelle avec l'objet, Tony avait également informé Loki de leurs recherches pour trouver le sceptre. Le dieu avait été particulièrement énervé de savoir cet artefact perdu et aux mains d'ennemis, vitupérant allègrement sur les mortels, leur faiblesse et leur incompétence. Tony s'était un temps défendu… avant de renoncer. C'était totalement impossible d'argumenter ou même de discuter avec le dieu lorsqu'il était dans cet état. Et dans le fond, il était pas mal d'accord avec lui, ayant une conscience bien plus accrue que ses camarades du pouvoir et de la puissance de l'objet. Depuis, Tony le tenait au courant au fur et à mesure des missions des autres et de ses propres recherches, même s'il s'agissait essentiellement de déconvenues successives.
Loki lui avait également certifié n'être pour rien dans l'affrontement ayant opposé Steve à un double de lui-même, lui affirmant s'être téléporté loin de New-York aussitôt qu'il avait mis la main sur le Tesseract. Et bien que ça le prive de sa seule explication logique, Tony avait plutôt tendance à le croire, même s'il savait qu'il ne pourrait jamais avancer cet argument face aux autres. Et franchement, plus de deux ans après, il avait autre chose à faire qu'essayer d'élucider ce mystère.
Étonnamment, l'information sur la localisation du sceptre était finalement venue de Coulson – prévenu de leurs recherches par Hill, très probablement – Lors d'une mission, lui et son équipe avaient apparemment attaqué une forteresse d'Hydra en Arctique, et avaient par la même occasion découvert la localisation du sceptre, dans une petite base européenne d'Hydra dirigée par le baron Von Strucker. Clairement, un coup de pouce du destin, inespéré mais sacrément utile. *
Bruce les avait donc rejoints rapidement, suivi de près par Thor. Rhodey et Sam s'étaient installés à la Tour, pour pouvoir gérer tout problème majeur en leur absence. Et tous les six s'étaient finalement envolé dans un Quinjet, direction la Sokovie. Ils avaient un sceptre à récupérer.
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Stark venait de quitter New-York accompagné des autres Avengers, comprenant son frère. Sachant que celui-ci ne resterait que brièvement à la Tour – quelques courtes heures tout au plus – avant de partir en mission avec les autres, Loki avait pris le risque de ne pas regagner immédiatement la côte ouest à l'annonce de son arrivée. Et comme il le pensait, cet imbécile n'avait pas détecté sa présence, ni même senti la présence de la moindre magie étrangère. Alors même que le dieu de la malice était tout proche, à peine quelques étages plus bas, jetant sorts après sorts pour tester sa réceptivité. Dire les Ases se targuaient de leur puissance et de leur sensibilité aux forces cosmiques ! Thor était aussi sensible à la magie que ne pouvait l'être une planche de bois.
Ça n'en demeurait pas moins une bonne nouvelle. Si à l'avenir il continuerait de rejoindre Malibu dans le cas de séjours prolongés, comme cela semblait être le cas deux fois dans l'an, il aurait toujours la possibilité de revenir ponctuellement à la Tour. Qui plus est, la construction du complexe à destination des Avengers était presque terminée, lui assurant le départ prochain de ces invités indésirables et par la même un regain de disponibilité de la part de Stark. Ce complexe avait définitivement été une bonne initiative à mettre au crédit de l'ingénieur. Ou peut-être à celui de Miss Potts, qui la première avait suggéré que les Avengers quittent la Tour ? Il en viendrait presque à lui en être reconnaissant. Presque.
Toujours est-il qu'il était de fort bonne humeur, malgré le départ de Stark et la mise en pause de toute expérience pour les prochains jours. Ce dernier était venu le prévenir de vive-voix de son départ, ce que le dieu ne pouvait nier avoir apprécié. Et s'il avait pu observer la ligne tendue des épaules du midgardien, il n'en avait pas fait mention. Après tout, Stark plus qu'aucun autre de ses camarades – plus même que Barton et Thor ne pouvaient l'être, aussi concernés soient-ils par le sujet – avait conscience de la dangerosité du sceptre et de ses pouvoirs. Après tout, Barton n'avait été qu'un sous-fifre, et Thor… et bien, il avait déjà évoqué les compétences magiques – ou en l'occurrence leur absence – de Thor. Stark au contraire, pour avoir œuvré à ses côtés depuis plus de deux ans à présent, connaissait le danger manifeste et la puissance que pouvait receler ce type d'artefact.
Malgré cela, le dieu était confiant. Les Avengers n'affrontaient après tout que des humains, dont il était impossible qu'ils aient percé tous les secrets du sceptre en un aussi bref laps de temps. Avec Stark et son frère dans l'équipe, il était pour le moins invraisemblable qu'ils échouent. Le sceptre serait donc prochainement récupéré et sécurisé, avant d'être tout aussi rapidement envoyés sur Asgard où Thanos n'aurait plus l'occasion de le récupérer, et encore moins de s'en servir.
Les raisons de se réjouir étaient nombreuses, et il allait profiter de l'absence de Stark pour méditer et prendre un repos bien mérité, chose presque impossible en présence du mortel au verbiage continu. Après tout, qu'est-ce qui pouvait possiblement mal tourner ?
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Premier constat, on se pelait grave en Sokovie. Certes, ils avaient organisé leur petite excursion dans ce trou paumé d'Europe de l'est que personne ne connaissait en plein mois de février, mais ça n'excusait pas tout. Quand il voyait les autres en combi moulantes – et Thor carrément bras nus, parce que pourquoi pas – il était tout à coup bien content d'avoir son armure confortable, avec la thermorégulation automatique. Et il se fit par la même occasion une petite note mentale de revoir l'équipement de ses coéquipiers. Pas qu'ils prévoient de revenir squatter ici dans un futur proche mais quand même, sait-on jamais…
Deuxième constat, nettement plus problématique de surcroit, ils étaient attendus. Ou alors, ils avaient été très rapidement repérés. L'un dans l'autre, ce n'était pas une bonne nouvelle. Au moins, on pouvait dire qu'ils avaient très probablement frappé à la bonne porte, c'était déjà ça.
Ça devint carrément une certitude quand il se heurta violemment à un bouclier invisible, entourant la forteresse qui dominait la ville.
« Merde ! »
« Tony… » soupira Steve, même s'il n'ajouta rien de plus. Tony ne put retenir un bref ricanement, imaginant parfaitement le Cap lever les yeux au ciel face à son langage grossier. S'il y avait bien une chose que leur ami avait du mal à accepter à propos de ce siècle, c'était sa vulgarité, ce pour quoi il ne manquait jamais de se faire charrier, essentiellement par Clint et lui-même. Mais avant-même qu'il ne puisse en plaisanter, il l'entendit reprendre.
« Jarvis, à quoi ça ressemble de là-haut ? »
« Le bâtiment central est protégé par une sorte de bouclier d'énergie. La technologie de Strucker dépasse celle des autres bases de Hydra. »
Sans dec' Sherlock. Ça, il aurait pu lui dire lui-même. Il envoya un nouveau tir sur le bouclier, qui frémit à peine. Au risque de se citer lui-même : merde !
« Le sceptre de Loki est forcément ici, Strucker ne pourrait pas se défendre sans lui. Je l'ai enfin retrouvé. »
« Je crois que c'est plutôt nous qui l'avons retrouvé, tu crois pas Thor ? » ironisa Nat, avant d'être elle-même corrigée par Clint. « Soyez honnêtes deux secondes, c'est surtout Coulson et son équipe qui nous ont obtenu sa localisation, nous on avait pas la moindre piste sérieuse. »
« On serait forcément remonté jusqu'à Strucker à un moment où à un autre. »
« Peut-être, mais ce n'était pas encore le cas jusqu'à ce que le SHIELD pointe le bout de son nez ! »
Ayant depuis longtemps l'habitude d'arbitrer leurs disputes, c'est Steve qui les interrompit avec… et bien, un constat plutôt évident de son avis, mais qui eut au moins le mérite de les faire taire.
« On est en train de perdre l'effet de surprise. »
« Monsieur, la ville essuie des tirs, » ajouta rapidement Jarvis à l'intention de tous, tandis qu'il voyait les missiles exploser. Y'avait des gens là-bas… Et ça, plus qu'autre chose, lui restait en travers de la gorge.
« Nous savons que Strucker est prêt à sacrifier des civils, » grinça-t-il entre ses dents, avant d'ordonner : « Envoie l'Iron Legion. »
Dans un coin de son écran, il vit apparaitre les données relatives au déploiement de l'Iron Legion. Les crash-tests avaient fait un carton plein, l'équipe était ravie et Hill aussi, mais c'était la première mission en condition réelle de la Legion. Il fallait absolument qu'il assure. Accédant rapidement à la caméra embarquée de l'une des armures, il la vit rapidement se poser et tenter de diriger les civils vers la sortie de la ville.
« Ce secteur est dangereux. Veuillez reculer. Nous venons vous aider. Nous voulons éviter des dommages collatéraux. Nous vous informerons de l'issue de ce conflit. Nous venons vous aider. Veuillez reculer… »
Tenter était ici le mot clé. On ne pouvait pas dire que la populace locale était franchement réceptive. Au moins, Tony savait que ses armures les protégeraient des tirs ennemis, puisqu'il s'agissait là de leur mission prioritaire. Malheureusement, il allait devoir s'en désintéresser pour se recentrer sur la forteresse. Il avait entendu les commentaires des autres sur la présence d'un optimisé, et n'avait pu que retenir ses questions et son inquiétude à l'annonce de Clint étant touché.
« Stark, il faut qu'on entre au plus vite. »
« En approche Captain. » Contournant la forteresse, il se glissa sur un parapet qui n'était pas inclus dans le bouclier, neutralisant les hommes s'y trouvant. « J'approche vraiment. Jarvis, tu vois l'alimentation de ce bouclier ? » Cette source d'énergie super bizarre qu'il associait déjà au sceptre était présente partout, et les capteurs de son armure n'était pas assez précis pour en détecter la source. Peut-être une piste d'amélioration pour le mark-72, qui sait ?
« Je détecte un rayonnement de particules, sous la tour nord, » lui répondit son IA après quelques brèves secondes.
« Super, je vais m'y attaquer. » Envoyant un petit missile à la base de ladite tour, ce fut avec un plaisir non feint qu'il vit le bouclier être désactivé à la suite de l'impact. « Je viens d'abaisser le pont-levis, » claironna-t-il, sans obtenir plus qu'un grognement dans l'oreillette. Pff, des ingrats, tous autant qu'ils sont.
Neutralisant progressivement les sentinelles extérieures – et cherchant par la même occasion le meilleur point d'entrée, parce qu'il était un professionnel lui, quoi qu'on en dise – il entendit Steve et Thor parler de l'optimisé. Apparemment si rapide qu'on ne pouvait pas le voir, tu parles d'un Sonic à la con !
« Vous et Stark récupérez le sceptre, » lança une dernière fois le dieu à Steve avant de s'envoler pour exfiltrer Œil-de-Piaf, visiblement plus salement amoché que Nat ne l'avait d'abord laissé entendre.
« C'est comme si c'était fait Point Break. Cap, l'entrée sud est dégagée. Je passe par le nord. »
« Le nord ? » releva aussitôt le Captain. « Il n'y a pas d'accès côté nord. »
« Bah maintenant si. »
Et c'est sans attendre l'inévitable réprimande qu'il se propulsa à travers une fenêtre de la face nord, se retrouvant instantanément sous le feu ennemi. Tellement prévisible. Au moins, Cap devrait probablement avoir droit à un accès dégagé, vu la diversion magistrale qu'il lui offrait.
« Arrêtez. On fait un break et on discute. »
Comme si ça allait les faire taire. Une munition dans la jambe en revanche ? Beaucoup plus.
« J'aime bien discuter. »
« Pas moi, » lui parvint le murmure étranglé de l'un des hommes au sol, lui faisant monter un vague sourire narquois aux lèvres. Après tout, ils l'avaient bien cherché !
S'engouffrant dans la bâtisse tout en restant sur ses gardes – c'est pas comme si son arrivée avait été spécialement discrète – il trouva sans peine la salle de contrôle, et un minable ingénieur tentant probablement d'effacer en urgence les données sur lesquelles il travaillait. Un coup de répulseur dans la face le calma direct.
Il s'éjecta donc de son armure, activant pas la même occasion le mode sentinelle. Il était plutôt certain d'avoir neutralisé tous les hommes du secteur, mais on était jamais trop prudent. S'installant devant les écrans, il se connecta et passa rapidement les premiers pares-feux, inversant la procédure d'effacement pour télécharger à la place l'ensemble des données. Chic, lui qui commençait enfin à voir le bout de tout ce qu'il avait récupéré lors de la débâcle de Washington il y a plus d'un an et demi… Sérieusement, qu'est-ce qu'il avait fait pour mériter ça ? Enfin, au moins cette fois-ci il pouvait supposer qu'il s'agissait d'informations plus récentes, et par conséquent plus pertinentes.
« Allez Jarvis tu me connais, » soupira-t-il, « je veux la totale. N'oublie pas de mettre Hill et Pepper en copie au QG. Et Coulson aussi tant que tu y es, c'était son tuyau à la base, et je pense que le SHIELD sera intéressé et voudra savoir ce que manigance Hydra. »
Mais bien qu'il s'engouffrât avec une relative facilité dans la base de données devant lui – c'est ça qu'ils appelaient des données cryptées ? Qu'est-ce qu'il ne fallait pas entendre ! – quelque chose le chiffonnait. Et pas seulement le sujet des fichiers qu'il parcourait en diagonale, bien que les expérimentations humaines qu'ils menaient soient pas mal dégueulasses et lui filaient la gerbe dès lors que son regard accrochait des détails particulièrement… graphiques.
« Je sais que tu caches plus que des dossiers, » marmonna-t-il entre ses dents, pianotant distraitement sur un clavier en évitant soigneusement d'afficher la moindre image relative auxdits dossiers. « Jarvis, scanne la pièce aux infra-rouges. »
« Sur votre gauche. Je détecte un blindage en acier. Et un courant d'air. »
Jackpot ! S'approchant dudit mur, il poussa contre la paroi.
« Sésame ouvre-toi, sésame ouvre-toi, sésame ouvre-toi…Ouais ! » Il avait touché le gros lot, il en était persuadé !
Étonnamment – ou pas d'ailleurs, on était quand même dans une base secrète de méchants, nazis de surcroit – il déboucha dans un tunnel sombre et humide, chichement éclairé. Il prêta à peine attention à la remarque de Steve concernant la présence d'un second optimisé, une femme ce coup-ci, plus soucieux de là où il mettait les pieds pour ne pas se vautrer lamentablement à terre.
« Les gars j'ai Strucker, » vint finalement la confirmation tant attendue du Cap. Et c'était une bonne nouvelle, vraiment. Sauf que…
« Et moi j'ai… beaucoup mieux. »
Partout autour de lui, de la technologie alien. Il savait, ils savaient tous que tous les restes de l'invasion de New-York, puis plus tard de Greenwich, n'avaient pas pu être récupéré et sécurisé. Merde, ils tombaient encore régulièrement sur des caches d'armes alien et des réseaux de trafiquants partout à travers le globe. Rien qu'à Tumaco… Mais voir tout ça, toutes ces armes, réunies dans un seul et même endroit… Quand il songeait qu'Hydra en tous avait eu tout ça en sa possession pendant des mois, des années même, ça lui fichait les jetons.
Sauf que les armes… les armes n'étaient que le côté émergé de l'iceberg. Pendue au plafond, la carcasse de l'une de ces immenses baleines de transport découpée et exploitée pièce après pièce, morceau après morceau. Sur des tables et des établis, des cadavres chitauris éventrés et désossées. Car ouais, peu importe que ces bestioles soient plus robotiques qu'autre chose, ça avait quand même été vivant à une époque pas si lointaine. A peu près vivant, en tous cas. Alors voir ces choses ici, entourés de ces bras mécaniques rudimentaires qu'on trouvait dans les usines de travail à la chaine, ça avait quelque chose d'effroyablement malsain, faisant descendre un lent frisson de dégout et d'appréhension mêlés le long de sa colonne vertébrale. Couplé au froid, à l'humidité et à l'obscurité de ce foutu bunker sous-terrain, il était plutôt impatient de ressortir.
Et c'est là qu'il l'aperçut, posé en évidence sur un établi au fond de la pièce. Le sceptre. Bordel, ils l'avaient trouvé. Enfin…
« Thor, je vois la récompense. »
Mais alors qu'il allait s'en emparer, il sentit… comme un souffle sur sa nuque. Une présence dans la pièce, diffuse, mais l'observant attentivement. C'était absurde. Il savait qu'il n'y avait personne. Et même si ses sens d'humains étaient faillibles et pouvaient être trompées, ce n'était pas le cas des capteurs de Jarvis, qui n'avait pas moufté. Donc ouais, pas possible qu'il y est quelqu'un, vraiment. Mais la sensation était toujours là, alors il se retourna. Juste au cas où.
Il recula brutalement, retenant de justesse ce qui ne pouvait qu'être un hurlement de terreur, le transformant en gémissement étranglé. Sous ses yeux, la baleine de transport décharnée avait soudainement repris vie, ouvrant grand la gueule et lui soufflant son haleine fétide au visage. Mais alors qu'il pensait qu'elle ne ferait qu'une bouchée de lui, elle passa presque avec nonchalance – nonchalance ! – à côté de lui, arrachant câbles, pierres et machines, s'envolant dans le ciel nocturne. Sombre, si sombre… Et les étoiles étaient si lointaines, presque éteintes.
Il voulait détourner le regard. Il le voulait tellement ! La sueur coulait sur son front et l'adrénaline faisait trembler ses mains, au moins autant que la peur. C'était les images de ses cauchemars – de ses souvenirs ! – auxquelles il faisait face, projetées sur grand écran avec son et lumière, comme s'il y était. Sauf qu'il y était vraiment. Et qu'il n'était pas seul.
Il fit un pas malhabile en avant, puis un deuxième, glissant sur la pierre humide, et il ne voulait pas réfléchir à pourquoi au juste elle était humide. Parce que devant lui, entourés des cadavres chitauris qu'ils avaient combattus tous ensemble juste avant, son équipe. Ses amis. Banner devenu Hulk, percé de toutes parts par des lances, grognant d'une voix éteinte avant de juste fermer les yeux. Natasha, les yeux ouverts et vitreux, tellement pâle, trop pâle, venant contraster avec le sang maculant sa combinaison. Ses cheveux bougeaient doucement, agités par la brise, au contraire de sa poitrine définitivement immobile. Un peu plus loin, Clint s'était effondré, tenant encore son arc dans ses mains, préparant une flèche qui ne serait jamais décochée.
Plus loin, Thor était également là, Mjöllnir échoué loin de sa paume ouverte. Oublié le dieu invulnérable, il était tout aussi sale et ensanglanté que les autres. Tout aussi désespérément silencieux et immobile. A ses côtés, Loki. La peau encore plus pâle que de coutume, presque bleue, à l'image de la mare de sang dans laquelle il baignait. Une vision à laquelle il avait déjà été confrontée, même s'il savait déjà que le dieu ne se réveillerait pas cette fois-ci. Lequel des deux frères était tombé en protégeant l'autre ? Peu importe au fond. Ils étaient tous les deux morts. Ils étaient tous morts.
Parce qu'au pied de ce monticule de roches et de corps déjà froids, bouclier brisé à ses côtés, il y avait Steve. Il tomba à genoux à ses côtés, portant par automatisme une main à son cou. Et pour espérer y sentir quoi franchement, le pouls d'un cadavre ? Il n'y avait aucun battement, par le moindre son réconfortant à l'unique exception de son propre souffle erratique et de son cœur battant la chamade. Pourtant, une main vint bien saisir la sienne, le faisant violemment sursauter. Mais ce n'était que Steve – vraiment ? – son regard vissé au sien, accrochant un dernier souffle d'air avant d'ahaner quelques mots d'une voix rauque.
« Tu aurais pu nous sauver, Tony… »
Et le silence. Juste le silence, tandis que la voix de Steve raisonnait dans sa tête. Tu aurais pu faire tellement plus…
Sa propre main, secouée de spasmes et tachée de sang – le sang de tes amis sur tes mains, murmurait sans relâche sa conscience – glissait sur la peau moite, et il l'essuya vaguement sur son pantalon, avec un dégout et une horreur croissante. Il releva maladroitement la tête. Seul survivant de ce carnage – et pourquoi, au nom de quelle justice immonde était-il le seul encore debout ? – c'est en spectateur impuissant qu'il vit les vaisseaux chitauris s'engouffrer allègrement d'un un gigantesque portail, brèche spatio-temporelle auréolée de lumière bleue. Donnant tout droit sur cette bonne vieille planète Terre, vulnérable et totalement sans défense maintenant que ses plus grands héros étaient raides morts à ses pieds.
Il avait échoué.
Encore.
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C'était habituellement Clint qui pilotait le Quinjet. Mais Barton étant blessé, et Nat préférant rester aux côtés de son meilleur ami, il avait sauté sur l'occasion et s'était proposé. Après tout, c'était plus Jarvis que lui-même qui pilotait, comme c'était le cas à chaque fois. Ça lui donnait simplement une excuse pour s'isoler un moment des autres, et lui occuper les mains avec quelque chose d'utile plutôt que de laisser voir son stress à tous. Pour ce qui était de l'empêcher de penser en revanche…
Dès qu'il fermait les yeux, il pouvait les voir morts à ses pieds, tandis que lui restait seul dans le noir et le froid. Qu'il les entende discuter et même rire derrière lui ne le rassurait pas le moins du monde, et les spasmes qui agitaient ses mains par intermittence n'avaient pas cessé. Heureusement, ils étaient tous plus préoccupés par l'état de Clint et la vitesse à laquelle Bruce parvenait dorénavant à revenir à lui après une mission pour s'en apercevoir.
Il ne savait pas d'où était venue exactement cette vision infernale, plus terrible que ne l'avait jamais été aucun de ses cauchemars. C'étaient toutes ses peurs, celles qui hantaient son esprit et celles qui rongeaient son âme, mélangées à des souvenirs bien vivaces, condensées en images dystopique au goût de sang. Ça avait semblé tellement réel…
Il secoua la tête, et recula son siège.
« Jarvis, prend les commandes.
« Bien monsieur. »
Adressant une brève tape sur l'épaule de Clint – qui soit dit en passant faisait un job admirable pour ne pas montrer à quel point il douillait sévère, et Tony disait ça alors qu'il s'était soigneusement abstenu de jeter un œil à sa blessure – il se dirigea vers le fond de l'appareil, où Thor et Steve s'étaient retrouvés autour du sceptre. Si leurs traits étaient tirés par la fatigue et les relents d'adrénaline, leurs yeux laissaient transparaitre leur soulagement et leur satisfaction.
La gemme dans la tête de l'arme émettait une lueur bleue, si semblable à celle qu'avait eu le portail permettant aux monstres d'envahir New-York. Celui d'il y a deux ans et demi comme celui d'il y a trente putains de minutes. Le même bleu brillant qu'avait eu le tesseract au cœur de cet engin de malheur. Plus vif que le bleu délavé qu'avaient arborés les yeux de Clint. Ou ceux de Loki d'ailleurs. Très éloigné du sang que le dieu avait pu verser par contre.
Bordel, il avait envie de vomir.
« Ça soulage, hein ? » lâchant le premier truc qui lui passait par la tête. « On courrait après ce truc depuis un moment. »
Seulement un mois et demi en fait, Natasha ayant trouvé l'info peu de temps après le jour de l'an. Sept semaines en tout et pour tout, qu'il n'avait pas vu passer.
« Reste à savoir à quoi ce truc à bien pu servir, et je parle pas des armes, » poursuivit Steve avec un hochement de tête, et rarement Tony avait été aussi heureux de ne pas être laissé seul à devoir faire la discussion. « Depuis quand Strucker est capable d'optimiser des humains ? »
Bonne question ça. Il aurait probablement dû y penser avant. Pour sa défense, il avait les pensées un peu… embrouillées. Pas comme s'il allait le dire à qui que ce soit, mais quand même.
« Banner et moi on va l'étudier avant qu'il ne reparte sur Asgard, si vous êtes d'accord, » proposa-t-il soudain, pris d'une inspiration subite. Faire des recherches, ça il savait faire. Après tout, ça avait généré un bouclier d'ampleur sans précédent autour de la forteresse de Strucker, ça pourrait servir pour Omega. Et s'ils comprenaient au passage comme ce truc pouvait optimiser des humains, ce serait juste du bonus. « Ça retardera de quelques jours notre soirées d'adieux. Dernière soirée à la Tour d'ailleurs, on emménage dans le nouveau QG dans deux mois max. Vous viendrez j'espère ? »
Il y eu un instant de silence, le temps que Thor comprenne que la question lui était adressée – celle sur le sceptre comme celle sur la fête.
« Oui. Oui oui bien sûr. Une victoire doit être fêtée dignement. »
« Ouais, qui n'aime pas les fêtes, » opina-t-il. Après-tout, c'est ce qu'on attendait de lui. « Captain ? » relança-t-il, sans vraiment le regarder.
« On en a probablement fini avec les chitauris, et mis un sacré coup à Hydra par la même occasion. » Son sourire s'entendait dans sa voix. « Alors ouais, ça se fête. »
Tony hocha la tête avec un manque flagrant d'enthousiasme, mais personne semble-t-il ne le nota.
Pas un instant son regard n'avait quitté le sceptre.
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Tony était seul dans son atelier. Natasha était toujours avec Clint et le docteur Cho, Steve faisait son rapport à Hill, Thor était reparti sur Asgard pour une visite express pour annoncer à son père que le sceptre avait été retrouvé mais resterait encore quelques jours sur Midgard, et Bruce avait souhaité faire une sieste pour finir de se remettre de l'intervention du Hulk avant de le rejoindre au labo. Même Loki avait déguerpi quand Tony l'avait prévenu que Thor et les autres allaient s'attarder quelques jours avant de repartir définitivement.
Il était seul.
Avec le sceptre.
Jarvis avait lancé les analyses préliminaires, tandis que lui-même épluchait les données qu'il avait récolté sur la base de Strucker. Et ce qu'il lisait, ce qu'il voyait, c'était aussi fascinant qu'effrayant. Le code – à défaut d'un autre mot plus adéquat – contenu dans l'écrin protecteur du sceptre… Il avait eu du mal à y croire, mais les faits étaient là. Et quand il l'avait matérialisé en 3D…
Jarvis était brillant. Il gérait à la perfection son quotidien, ses affaires, sa multitude de projets, était le garant de ses secrets les plus sombres, et était désormais à la tête de l'Iron Legion. Mais ce n'était au final qu'une interface de communication, aussi élaborée soit-elle. Ce qu'il avait devant lui, c'était le chainon manquant pour mener à la création d'une véritable Intelligence Artificielle. Et penser qu'Hydra l'avait eu entre ses mains pendant tout ce temps, c'était terrifiant.
Mais à présent qu'il l'avait entre ses mains, il ne pensait qu'à la meilleure manière d'exploiter ce pouvoir. Ou plutôt, il avait une solution tout prête en tête, mais cherchait le meilleur moyen de la mettre en place.
Ultron. Ils avaient besoin d'Ultron.
Cette… vision, ces images qu'ils avaient vu dans le bunker, ce n'était que le violent rappel de ce qu'il savait depuis des années déjà. La Terre, leur pauvre petite planète était complètement vulnérable face aux attaques d'origine extra-terrestre. Avec Ultron opérationnel, ils n'auraient plus jamais à craindre que des chitauris, ou pire encore – il y avait toujours pire, qui savait ce qui se cachait dans le noir, quelque part à l'autre bout de l'univers ? – ne débarque du jour au lendemain pour les tuer dans leur sommeil. Il n'y aurait plus jamais de catastrophes à l'échelle de New-York, de dizaines de vie innocentes sacrifiées. Il ne verrait jamais ses amis morts à ses pieds, leur sang sur ses mains, tandis qu'il assistait impuissant au massacre.
Jarvis ne pouvait pas transférer autant de données, et lui-même ne pourrait pas gérer ce bordel seul, en si peu de temps. Il avait besoin de deux jours, trois même. Trois jours, et d'un sacré coup de main.
Et, en voyant finalement Bruce arriver dans le labo, il sut qu'il l'avait trouvé.
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« Qu'est-ce qui nous a échappé… »
Trois jours étaient passés. Sans succès. Et pourtant, il avait passé presque l'intégralité de ces trois jours dans le labo, grapillant à peine une à deux heures de sommeil par-ci par-là sur un canapé. Et ça n'avait rien donné. Rien, nada, niet, que dalle. Il ne comprenait pas. Bruce ne comprenait pas. Et malheureusement, le temps à leur disposition touchait à sa fin.
« Je vais continuer à tester des variations de l'interface, mais vous devriez vous préparez pour vos invités. Je vous préviendrai s'il y a de nouveaux développements, » le prévint Jarvis.
« Merci. »
D'un regard las, il balaya le labo des yeux, comme pour se raccrocher à une toute dernière idée, une toute dernière expérience. Sauf que ce n'était pas les idées qui manquaient, mais bien le temps. Juste du temps.
« Jarvis ? » appela-t-il finalement, après avoir soigneusement pesé le pour et le contre.
« Oui monsieur ? »
« Préviens Loki que la voie est libre, si jamais il veut venir jeter un coup d'œil. » Il ne put retenir un sourire. « Et prière de ne pas disparaitre avec, merci pour nous. »
« Je le ferai monsieur. »
Bien. Il espérait pas spécialement que Loki perce en cinq minutes les secrets du sceptre et parvienne miraculeusement à faire fonctionner Omega, rendant du même coup Ultron obsolète, mais… Quand même. Sait-on jamais, sur un malentendu ? Et puis, le dieu avait plus souffert du sceptre que quiconque dans cette Tour, et il comptait Clint là-dedans. Il était pas dans sa tête, et prétendait pas comprendre ce qu'il pouvait ressentir. Mais à sa place, il aimerait avoir la chance de se confronter à l'objet qui lui avait lavé le cerveau, à défaut de celui qui l'avait manié.
Il priait vraiment pour ne pas se planter, parce que là il ne voyait pas trop comment il pourrait l'expliquer aux autres celle-là. Mais il voulait faire confiance à Loki. Après tout, jamais depuis qu'ils travaillaient ensemble il ne l'avait déçu, autant poursuivre sur cette même lancée. Tony était celui qui mentait à l'autre depuis des mois après tout, et non l'inverse.
Aussitôt eut-il pensé à ça que le peu de bonne humeur qu'il avait réussi à glaner s'évanouit, et il quitta finalement la pièce, laissant les dernières simulations tourner sans lui sur les ordinateurs.
« Amusez-vous bien monsieur, » le salua Jarvis, tandis qu'il éteignait les lumières derrière lui.
« Comme d'habitude. »
Ouais, comme d'habitude…
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C'est sans un bruit que Loki se matérialisa dans le laboratoire. Le voile d'invisibilité qu'il avait tissé par précaution s'avéra toutefois inutile : il était bel et bien seul.
Tournant lentement sur lui-même, il trouva rapidement ce qu'il était venu chercher.
Le sceptre.
Il s'en approcha à pas lents, tournant autour sans oser le toucher. C'était bien lui, il n'y avait pas le moindre doute permis. Trois jours plus tôt, Stark l'avait averti que la mission était un succès, en même temps qu'il l'avait prévenu que Thor resterait à New-York quelques jours, lui permettant de rejoindre la côte ouest en toute sérénité. Mais jamais il n'aurait imaginé pouvoir lui-même approcher l'artefact dont il était question.
« Préviens Loki que la voie est libre, si jamais il veut venir jeter un coup d'œil. Et prière de ne pas disparaitre avec, merci pour nous. »
Étonnamment, Jarvis n'avait pas reformulé les propos de son maitre comme il avait coutume de le faire. A la place, il lui avait directement diffusé les paroles de Stark. Et si les mots auraient pu receler une menace lointaine, Loki n'avait pu noter que le rire caché dans sa voix, et l'absence du moindre doute. Et pourtant, Stark savait aussi bien que lui que s'il décidait de s'emparer du sceptre, ni lui ni aucun des Avengers ne pourrait l'en empêcher. Et pourtant, voilà qu'il le lui offrait sur un plateau d'argent.
Malgré lui, Loki ne pouvait s'empêcher d'être touché par la confiance – aveugle, stupide, bornée, brillante – que lui vouait Stark, alors qu'il savait très bien n'avoir rien fait pour la mériter, bien au contraire. Et c'est en gardant cette confiance en tête qui laissa sa magie envelopper le sceptre et le sonder, le pouvoir de l'objet entrant en résonnance avec le sien.
Et si cette puissance avait quelque chose de douloureusement familier, agressif et doucereux à la fois, c'est un soulagement sans commune mesure qui l'envahit tandis qu'il constatait que ce pouvoir brulant n'avait plus la moindre emprise sur son esprit. Bien sûr, il n'en était pas immunisé, loin s'en faut – c'était bien pour cela qu'il s'était intéressé dans un premier temps au réacteur ark de Stark – et une torture similaire à celle qu'il avait subi par le passé le rendrait vulnérable à son attraction. Mais la crainte qu'il avait gardé pendant des années était qu'il reste des traces de cette possession par Thanos, qu'il n'ait pas réellement brisé tous les fils le liant à son maitre manipulateur. Et pourtant… pourtant, c'était bien le cas. Il était seul dans sa tête, pour de bon. Pour la première fois en de trop nombreuses années, il laissa un sourire sincère s'épanouir sur ses lèvres.
Lentement, il rappela sa magie, et recula d'un pas. Il était tentant d'étudier l'artefact et ses mystères, mais il se connaissait trop bien pour négliger le fait qu'il risquait de s'y perdre. Jeter un œil aux recherches de Stark en revanches… Après tout, l'ingénieur avait eu accès au sceptre pendant trois longues journées, et le dieu pouvait parier sans trop prendre de risque qu'il avait passé l'intégralité de ces journées, ou peu s'en faut, à l'atelier. Il n'osait imaginer le nombre de test et d'expériences que l'objet avait subi en un si long laps de temps !
Il déambula donc dans le laboratoire, examinant d'un œil attentif les différents écrans où tournaient encore des simulations. Et bien qu'il soit encore loin d'être un expert de la technologie midgardienne, il était assez fier de pouvoir comprendre et analyser de lui-même une bonne partie des données projetées.
Mais ce qui l'intriguait le plus était le nom donné à ces fichiers, presque à chaque fois le même. Ce qui signifiait un projet en cours depuis un long moment et visiblement conséquent, fait d'autant plus étonnant que le nom lui en était inconnu. Un nom, qui pour une raison inexplicable, lui laissa un frisson désagréable et un goût amer en bouche.
Un nom.
Six lettres.
Ultron.
Mouhahaha, vous les sentez venir les ennuis ?
* C'est parfaitement canon ! (Série "Les Agents du Shield", S02E19) Sauf que dans le canon, les Avengers ne savent pas que Coulson est en vie, alors l'info transite discrètement via Hill.
