Chapitre 2
Le temps était passé depuis qu'Amin était arrivé dans la vie de Rauf et ce fut pour ce dernier les plus belles années de sa vie. Amin savait qu'il était orphelin, il avait d'ailleurs des portraits de ses parents dans un pendentif qu'il portait précieusement, mais pour lui, Rauf, c'était son père et son héros du haut de ses quatre ans. Amin voulait devenir assassin, il voulait courir comme un chat, sauter de toit en toit et se battre contre les templiers. Mais pour le moment, il était assis à la table de la cuisine, son père le soignant d'une énième chute d'un toit.
-Amin, tu es trop jeune pour faire comme les assassins.
-Mais baba. Je veux faire comme toi. Je veux être un assassin comme toi et faire que les templiers ne puissent plus jamais tuer des gens innocents parce qu'ils le peuvent, gémit le petit garçon en lui faisait un regard de chien battu.
-Amin, mon petit éclair. Je suis fier de toi, mais l'entraînement commence à dix ans et pas avant. Rappelles-toi ce que je t'ai dit, à cinq ans, tu es laissé seul afin d'apprendre à te débrouiller seul et à dix ans, tu es entraîné comme un véritable assassin.
Pour la énième fois depuis que l'enfant savait parler, Amin poussa un gros soupire de frustration. Il voulait tellement commencer son entraînement. Soudain l'air de rien, il demanda :
-Baba, c'est quand que j'ai cinq ans ?
-C'est quand que ? Quand est-ce que j'ai cinq ans, le rattrapa son père.
-Ben ça fait longtemps baba, répondit le petit garçon avec des étincelles de rire dans les yeux.
Rauf bougonna, puis se mit à chatouiller son fils qui éclata de rire. C'était une drôle de famille, mais c'était la leur. Et ils étaient heureux. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que cet amour filiale entre eux rendait les autres enfants jaloux de la joie et du bonheur d'Amin, car eux étaient délaissés dès qu'ils avaient atteint l'âge de cinq ans.
Après avoir soigné son fils, Rauf commença à lui parler en françois, puis en germain et enfin en anglais. Il voulait qu'il soit capable de comprendre l'ennemi et les espionner quand le temps viendrait. Rauf avait remarqué que son fils avait d'énorme facilité avec les langues étrangères, il les apprenait à une vitesse folle. Mais il avait un peu plus de mal avec l'écrit. Peut-être que le fait d'avoir dû apprendre une autre langue à un moment aussi important de sa vie l'avait contraint d'augmenter ses capacités intellectuelles. Bref ! Son fils était un génie et non, il n'était pas partial. Quand son petit garçon serait suffisamment grand, il demanderait aux érudits de lui apprendre à lire et à écrire les langues des occidentaux.
Alors que son enfant était en train de faire ses exercices, il se mit à réfléchir. Les enfants devaient se débrouiller plus ou moins seul dès l'âge de cinq ans puis à dix, ils étaient confiés à un maître assassin pour qu'ils deviennent des apprentis, et enfin quand ils étaient considérés comme assez bons, leur première mission leur était confié à partir de quinze ans environ. Peut-être devrait-il faire la même chose. Mais se séparer de son bébé, c'était dur. Pourtant il allait devoir le faire pour que son fils devienne le meilleur des assassins. Il lui expliquerait demain.
Durant six mois, il repoussa le moment de lui faire quitter le giron familiale. Jusqu'à ce jour d'octobre quand une fusée aux cheveux noirs et aux yeux verts se jeta sur lui en hurlant :
-J'ai cinq ans !
Rauf resta sans mot dire, le temps était passé horriblement vite pour ce père surprotecteur. Mais bon, il allait devoir entraîner son fils. En faire un assassin. Et il allait commencer maintenant. Il s'agenouilla devant son fils et lui dit :
-Amin, à partir d'aujourd'hui, je ne serais plus ton père, mais je serais ton maître quand tu auras atteint l'âge de dix ans. A ce moment précis, je serai dur et froid. Je veux que tu me donnes le maximum de toi, tu as compris ?
-Oui, maître.
-Parfait. Suis-moi !
Tous les deux quittèrent la maison et si Rauf était calme et digne, Amin débordait d'impatience et d'énergie. Ils marchèrent quelques minutes, puis arrivèrent devant le château à l'endroit où il allait être entraîné. Là, il découvrit un jeune garçon de son âge qui attendait. Il avait l'air d'avoir faim. Rauf fit les présentations :
-Amin, je te présente Altaïr, il est comme toi, un futur assassin. Maintenant, vous êtes frères. Vous devrez trouver un endroit où dormir en sécurité, vous devrez vous protéger l'un l'autre et vous devrez trouver votre nourriture seuls.
-On a le droit d'emprunter pour une durée indéterminé ? demanda Amin avec un air innocent qui fit pouffer Altaïr.
-Tu veux dire voler ? Oui, mais ne vous faites pas prendre.
-Bien, maître, répondirent les deux petits.
-Je reviendrais vous chercher dans six ans, alors survivez ! s'exclama Rauf.
-J'ai faim, gémit Altaïr quand Rauf les quitta.
-Tiens, répondit Amin en lui donna un morceau de pain et du fromage.
Le petit garçon se jeta sur la nourriture et dévora ce que son nouvel ami lui avait donné. Tout en mangeant, Altaïr lui demanda :
-Ca va pas être dur sans ton père ?
-Ce n'est pas vraiment mon père, il m'a adopté quand mes parents ont été assassinés. J'ai leur portrait, tiens, regarde ! Amin sortit son pendentif de ses vêtements et montra les images de ses parents. Altaïr regarda les images et dit :
-Elle était belle ta mama, mais tu ressembles vraiment à ton baba.
-C'est vrai. Mais regarde, j'ai les yeux de ma mama. Je suis heureux car même si mes parents sont morts, j'ai Rauf et pour moi, c'est mon baba. Il m'a prévenu que j'aurai à subir des épreuves pour devenir le meilleur des assassins et pouvoir me débarrasser des templiers.
-Que t'ont-ils fait ?
-Ils ont tué mon baba et ma mama. Ils me traquent pour me tuer. Mais le jour où ils me trouveront, il mourront, car je les tuerais tous, j'en ai fait le serment, gronda Amin les yeux luisant de rage.
Devant la confiance de l'enfant, Altaïr décida de raconter aussi sa vie et lui dit :
-Ma mama est morte à ma naissance et mon baba est un assassin, il s'appelle Umar. Je ne le vois presque jamais. Alors je suis seul, presque tout le temps. Alors maître Rauf a décidé de me garder.
-Oh ! Je crois que si mon baba ne m'avait pas adopté, je serais resté seul. Heureusement, mon baba m'a adopté et m'a donné la meilleur des enfances. J'ai toujours voulu devenir assassin, mais baba m'aime trop pour m'entraîner maintenant mais j'avais tellement hâte de commencer l'entraînement des assassins. Alors quand il entrainait les novices, je le suivais et j'ai appris plein de chose. Tu veux que je te les apprennes ? demanda Amin avec un immense sourire.
-Oh oui, s'il te plait, s'exclama Altaïr qui commençait à vraiment aimer son nouvel ami.
A partir de ce moment, on ne voyait jamais Amin sans Altaïr, ni Altaïr sans Amin. Ils étaient comme des jumeaux, Amin apprit à son frère de cœur tout ce qu'il savait et Altaïr fit de même. Ils étaient devenus excellents dans le chapardage et personne n'arrivait à les attraper sur le fait. Un jour, un jeune assassin s'approcha des enfants qui s'approchaient des six ans et leur dit :
-C'était amusant un temps, mais maintenant cessez de voler.
Amin avec innocence demanda :
-Voler ? Nous ? Avez-vous des preuves que nous volons ?
-Heu… je.. non. Mais tout le monde sait que vous êtes des voleurs.
-Tout le monde ou seulement vous ? rétorqua Altaïr avec un petit air innocent démenti par son regard pétillant de malice.
L'assassin, furieux alla voir Rauf et se retrouva à devoir faire des exercices monstrueux car il n'avait apporté aucune preuve sur les accusations qu'il portait sur les enfants. Il bougonna, puis décida de surveiller les petits. Là, Rauf fut fier du jeune assassin car il allait rechercher des informations de lui-même. Alors qu'ils allaient de nouveau chaparder, Altaïr sentit que quelqu'un les surveillait et dit à Amin :
-On nous surveille.
-Zut ! Il faut donc qu'on change de façon de faire.
-Donc on ne vole plus ?
-Non !
-Alors on fait comment pour survivre ? demanda Altaïr en fronçant adorablement des sourcils.
-Et si on chassait, ça grouille d'oie. On les captures et on les revends sur le marché.
-Oui, c'est une bonne idée, on va pouvoir s'acheter de nouveaux vêtements, ceux-là commencent à être trop petits pour nous, s'exclama Altaïr en regardant avec dépit les vieux vêtements qu'ils portaient.
-C'est vrai. Mais il va falloir ruser afin de pouvoir sortir de l'enceinte sans être pris par les gardes.
Les deux enfants prirent une vieille tenture qu'ils avaient découvert dans un tas de pailles, puis décidèrent de sortir de la forteresse pour chasser les oies sauvages. Mais là, les gardes les en empêchèrent car il était trop dangereux de sortir à cause des pillards et des templiers qui rôdaient dans les environs. Alors que les adultes demandaient gentiment aux petits de faire demi-tour, les deux gamins se regardèrent, puis avec un sourire complice, ils foncèrent et se faufilèrent entre les jambes des gardes qui se mirent à les poursuivre. Les bambins fonçaient à pleine vitesse et bondissaient comme des cabris. Malheureusement, leur fuite éperdue s'arrêta en quelques minutes quand les gardes les attrapèrent par le col et les ramenèrent vers la forteresse. Les deux gardes s'esclaffèrent et leurs dirent :
-Vous n'êtes pas les premiers à tenter de quitter la forteresse. Mais pour l'instant c'est trop dangereux.
-Mais on doit trouver à manger, alors on avait pensé à capturer ou à tuer des oies et à les vendre, dirent les deux enfants en même temps.
-Ce n'est pas une mauvaise idée, les jumeaux. Mais les éclaireurs ont prévenus que des templiers rôdaient à une dizaine de lieues d'ici.
-Les jumeaux ? demandèrent les deux enfants qui n'étaient pas de la même famille.
-Vous ressemblez à des jumeaux, toujours à terminer la phrase de l'autre, vous avez les mêmes idées au même instant. Vous êtes comme des frères.
Les enfants se regardèrent puis sentirent cet amour filiale entre eux. L'amour fusionnel de deux frères. Il s'empêche que :
-Mais et pour notre entraînement. On doit-être capable de se débrouiller seul jusqu'à ce que maître Rauf pense que nous sommes prêts, s'exclama Amin alors qu'Altaïr secouait la tête totalement d'accord avec son frère spirituel.
-Je vais vous amener aux jeunes recrues et vous vous entraînerez avec eux. Ils sont un peu plus vieux que vous mais de quatre ans, donc ça ne devrait pas être trop dur pour vous.
-Merci.
Le garde emmena les deux enfants dans le camps d'entraînement des enfants et là, le maître refusa de les entraîner, ils étaient trop jeunes. Bougonnant, les deux petits repartirent dans le village et se mirent à explorer le village et la forteresse. Les enfants découvrirent dans un coin abandonné du village une vieille écurie délabrée. Ils découvrirent de la paille, beaucoup de paille et sous cette paille, une pierre fissurée. Les deux enfants tentèrent de retirer la pierre avec une fourche, mais cette dernière cassa net. En regardant plus avant la pierre, ils se rendirent compte que la fissure était en fait l'emplacement d'un anneau. Tous les deux se regardèrent, puis ils filèrent chez le forgeron. Alors qu'Amin papotait avec le forgeron et lui posait vingt cinq mille questions sur le travail de la forge, Altaïr emprunta un gros anneau et un bout de chaîne, puis fila. Amin remercia cordialement l'homme, puis rejoignit Altaïr qui lui montra ses trouvailles. Amin lui montra les clous qu'il avait emprunté à la forge et tous les deux commencèrent à réparer la poignée.
Ils agrandirent le trou avec les clous, puis ils prirent la chaine, accrochèrent l'anneau d'un côté et les clous en croix de l'autre. Ensuite, ils passèrent délicatement les clous et la chaine dans le trou. Ils secouèrent un peu la chaine et la croix se déploya permettant ainsi à l'anneau de faire son travail, soulever la dalle. Les deux garçons mirent toute leur force pour soulever la dalle et dévoilèrent un passage noir et inquiétant. Ils étaient courageux, mais pas téméraires. Ils décidèrent donc de prendre une lampe à huile ou plutôt deux lampes à huile et des torches pour pouvoir éclairer le tunnel sans problème. Ils se demandèrent comment faire, ils ne voulaient pas demander à un adulte qui leur demanderait pourquoi ils avaient besoin de torche et de lampe à huile. Ils réfléchirent intensément quand ils se rendirent compte qu'ils avaient tout ce dont ils avaient besoin devant eux. Il y avait des bouts de bois, de la paille et quant au feu, ils savaient comment en faire un rapidement.
Ils prirent des bâtons, et y accrochèrent des tresses de pailles enfin, voulurent accrocher des tresses de pailles, mais ils n'arrivaient pas à tresser la paille. Ils décidèrent donc de changer d'idée. Ils déchirèrent de vieux bouts de tissus, puis les entourèrent fermement autour des bâtons. Ils avaient vu au fond de la vieille écurie un bac rempli de vieille graisse rance. A chaque fois qu'ils avaient terminé une torche, ils la plongeaient dans le bac, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de place. Alors que la nuit était tombée depuis longtemps, les deux enfants s'endormirent dans la chaude paille de l'écurie. Pour la première fois depuis longtemps, ils n'eurent pas froid. Quand ils se réveillèrent le lendemain, ils entendirent un étrange gloussement et virent deux poules et un coq dormir dans l'écurie. Ne voulant pas perdre les trois animaux, les enfants fermèrent la porte et la bloquèrent avec une pierre qu'ils trouvèrent. Puis ils fouillèrent pour trouver de la nourriture pour les poules et le coq, mais ils n'en trouvèrent pas. Ils décidèrent alors de sortir et de chercher tous les déchets alimentaires qu'ils pouvaient trouver.
Ils trouvèrent des épluchures, des morceaux de pains rassis, des coquilles d'œufs et un sac de graines abandonné dans la rue. Ils retournèrent dans l'écurie et donnèrent à manger aux gallinacés qui se jetèrent dessus. Ils leur donnèrent aussi un bol rempli d'eau. Les poules ravies de leur nouveau sort dévorèrent tout ce qu'elles avaient reçu. Maintenant que les poules mangeaient, les deux enfants ouvrirent le passage. Ils descendirent toutes les torches, puis quand il n'y en eut plus une seule, ils refermèrent la trappe non sans avoir installé un morceau de bois pour l'empêcher de se bloquer. Maintenant dans le passage, ils allumèrent un petit feu, puis allumèrent les premières torches. Ils découvrirent qu'il y avait déjà des torches. Heureux, ils allumèrent les torches et découvrirent que le tunnel était immense. Alors qu'ils marchaient, ils découvrirent un éboulement. Grognant, ils firent demi-tour et découvrirent en fait que le tunnel n'était pas aussi immense qu'ils ne le pensaient, car il y avait eut de nombreux éboulements qui bloquaient leur aventure. Ils décidèrent de retirer les gravas et pourquoi pas de renforcer la structure mais, ils ne savaient pas comment on faisait cela.
Ils savaient qu'il y avait un maçon dans le village, il pourrait leur expliquer comment faire cela. Mais s'il leur posait la question de savoir pourquoi, ils pourraient toujours expliquer qu'ils voulaient réparer la vieille écurie. C'était une bonne idée. Ils éteignirent les différentes torches qu'ils avaient allumé, puis quittèrent le passage. Et se rendirent compte qu'ils avaient une faim de loup. Les deux enfants regardèrent si les poules avaient pondu, mais rien, elles étaient trop occupées à manger. Grognant, ils décidèrent de reprendre les rapines, le temps que les poules aient pondu suffisamment d'œuf. Le jeune assassin qui les surveillait toujours remarqua leur fatigue et leur faim. Il savait que les petits avaient tenté de faire dans la légalité, mais à cause des templiers en maraude, ils n'avaient pas pu le faire. Il était devant un choix ne rien faire ou aider des frères en devenir. Il allait à son garde-manger et prit de quoi nourrir les enfants pendant au moins une semaine.
Les enfants stoppèrent tout mouvement quand ils sentirent quelqu'un derrière eux. Tournant la tête, ils virent le jeune assassin qui les avait accusés de vol. Le jeune homme leur tendit un sac et leur dit :
-Je sais que vous avez voulu bien faire mais qu'à cause des templiers vous n'avez pas pu capturer des proies. Vous aurez là suffisamment à manger pour une semaine si vous vous rationnez.
-Ça veut dire quoi se rationner ? demanda Altaïr.
-Ça veut dire faire attention à vos vivres, répondit calmement le jeune assassin.
-Mais on fait ça comment ? demanda Altaïr tandis qu'Amin regardait le sac avec un air d'affamé.
-Je vais vous expliquer. Nous les assassins quand nous partons en mission nous n'avons pas beaucoup de vivres sur nous, suffisamment pour deux jours en nous restreignant au maximum. Quand nous arrivons en ville, là nous pouvons manger plus.
Il leur expliqua calmement tous les trucs que lui-même avait appris pour économiser les vivres. En apprenant que c'était le b-a-ba de l'entraînement des assassins, les enfants enregistrèrent tout ce que leur dit le jeune homme et quand il leur demanda de répéter le cours, les deux enfants ne firent pas une faute. Assez fier de son cours, le jeune homme laissa les enfants repartir avec leur trésor culinaire. Il commençait à comprendre la fierté de Rauf pour les deux petits, ils feraient de sacrés assassins quand le temps serait venu. Mais pour l'instant, ce n'était que des petits bouts trop jeunes pour rester seuls sans surveillance. Les deux enfants ramenèrent leurs provisions dans la vieille écurie et les cachèrent avec beaucoup de précaution, puis ils repartirent chercher le maçon pour qu'il leur apprenne comment monter un mur et une voute. Quand le vieil homme apprit ce que les deux enfants voulaient, il leur demanda quel bâtiment et éclata de rire quand il apprit que c'était l'ancienne écurie. Les enfants ne comprenaient pas son rire jusqu'à ce qu'il s'explique :
-Vous voulez rénover les catacombes.
-Comment vous savez ?
-Je suis né ici, j'y habitais avant même que les assassins n'achètent cette forteresse. Je connais les catacombes, mais déjà à mon époque certaines voutes s'étaient effondrées.
-Vous pourriez nous apprendre à les réparer ? Comme cela si Masyaf est attaquée, les habitants pourront fuir sans risque, expliqua Altaïr et Amin au même moment.
-C'est une excellente idée. Je vais vous aider les petits.
Le maçon ainsi que les plus vieux habitants aidèrent les deux petits à réparer les voutes et à les renforcer. Il fallut moins d'un an pour que tout soit réparé. Malheureusement ce dur travail entraina la mort des plus vieux habitants et du maçon. Maintenant, à part les deux amis, plus personne ne savait qu'il y avait des catacombes sous la forteresse de Masyaf. Les enfants furent triste de la mort du vieil homme qui n'avait plus de famille. Avant de mourir, il leur avait donné tous ses biens, des ustensiles de cuisine, ses outils, de la nourriture en abondance et ses poules. La vieille écurie était devenue un gros poulailler et les enfants ne manquaient plus de nourriture, ils avaient suffisamment d'œuf et les échangeaient contre des fruits et des légumes. Maintenant que les catacombes étaient presque totalement rénovées, Altaïr et Amin les explorèrent. Ils découvrirent qu'elles allaient loin dans les montagnes dans toutes les directions. Il y avait tous les cent mètres des puits d'aération et ils décidèrent d'installer des échelles pour pouvoir prendre à revers les ennemis. Les puits étaient totalement invisibles si on ne savait pas qu'ils étaient là. Ils décidèrent de s'installer dans la plus grande salle des catacombes.
Maintenant qu'ils étaient à l'abri, Altaïr et Amin décidèrent de devenir des frères de sang. Ils avaient un petit couteau devant eux, puis les deux enfants s'ouvrirent la paume de la main, puis échangèrent leur sang en collant les deux plaies l'une contre l'autre. Ils dirent au même instant :
-Amis pour la vie, frères de sang voici nos liens à présent.
Ils bondirent dans les bras l'un de l'autre et aucun ne vit une lumière blanche les entourer, acceptant qu'Altaïr devienne le frère d'Amin, le modifiant drastiquement quand le temps viendrait et permettant à Amin d'avoir la vision de l'aigle.
Maintenant frères et maintenant qu'ils pouvaient sortir comme ils le voulaient, ils traquèrent des oies. Ils les appâtèrent avec de belles grosses graines et quand les volatiles arrivaient, ils les capturaient et les coinçaient dans une des salles des catacombes.
Ce fut avec fierté qu'ils allèrent au marché pour vendre trois oies bruyantes et dodues. Ils en eurent un bon prix et avec leurs gains, ils allèrent s'acheter de nouveaux vêtements, plus chauds et à leur taille. Les gardes étaient stupéfaits, comment ces sales gamins avaient pu sortir pour attraper des oies sauvages. Le chef de la garde alla voir Rauf qui était accompagné d'Umar le père d'Altaïr et lui dit :
-Contrôle tes fils Rauf. Je ne sais pas comment ils ont fait, mais ils ont réussi à quitter l'enceinte de Masyaf et à ramener des oies sauvages.
-Contrôler mes fils ? Aux dernières nouvelles, je n'en ai qu'un, Amin. Altaïr est le fils d'Umar alors va te plaindre auprès de lui. Et puis pourquoi le contrôlerais-je alors qu'il fait ce que je lui ai demandé de faire. Survivre.
-Tu ne comprends pas, si les autres petits les imitent on va vers un massacre.
-D'accord, je vais demander à un maître de les entraîner.
Rauf rejoignit son fils et le découvrit en train de se battre contre Altaïr. Il ne les avait jamais vu se battre avec autant de férocité. Il se précipita et les sépara. Soudain Amin s'exclama :
-Baba ! Tu as stoppé notre entrainement ! C'est pas juste !
-Votre entrainement ?
-Oui ! On a décidé de s'entraîner au combat au corps à corps, renchéri Altaïr.
Rauf eut un petit rire et leur dit :
-Ce n'est pas comme cela qu'on aborde le combat au corps à corps. Venez avec moi, je vais vous confier à l'entraineur des très jeunes recrues.
Les deux enfants suivirent Rauf et là, commença leur véritable entraînement. Ils apprirent à faire des pompes, à garder la souplesse que leur conférait leur jeune âge, ils apprirent à grimper sur un mur, puis à sauter, ils apprirent à tomber et à rouler sur le sol quand ils tombaient d'une certaine hauteur. Les deux enfants s'amusaient comme des fous. Ils s'accrochaient à la moindre aspérité des murs, ils ressemblaient à deux chats souples et rapides. Ils savaient d'instinct comment bondir et se rattraper sans se faire mal. Enfin, c'est ce que tout le monde pensait, car en fait, les deux enfants s'entraînaient le soir et plus d'une fois ils tombèrent et ce firent vraiment mal, mais ils continuaient après avoir été soigné par des gardes fiers de l'obstination des deux enfants. Par cet entraînement difficile, ils étaient plus forts que les autres, ils utilisaient aussi toute la ruse qu'ils possédaient pour obtenir plus de nourriture et d'eau que les autres. Leur maître voyant l'engagement des jeunes les poussa à faire plus et à s'améliorer.
A suivre
