Chapitre 7
Ils s'arrêtaient pour la nuit, laissaient les chevaux se reposer, puis repartaient dès le lever du jour et cela durant une semaine. Amin perdit son air soucieux quand il vit au loin les hautes tours de Masyaf. Ils étaient enfin à l'abri et il allait enfin pouvoir présenter à son frère la femme qu'il épouserait. Cependant son soulagement disparut quand il vit au loin une armée entre eux et la sécurité. Sifflant, il changea de trajectoire, puis alla trouver une des entrées des catacombes. Il ouvrit la trappe et chuchota :
-Descend, tu seras à l'abri.
-Et les chevaux ?
-Ils sont suffisamment malins pour se sortir de là tous seuls. Et puis ce sont les cavaliers qu'ils recherchent et non les montures.
-Oh ! C'est vrai.
Aicha descendit dans le tunnel et attendit le retour de son amoureux. Elle entendit une cavalcade, puis Amin la rejoignit non sans refermer l'entrée. Maintenant dans les catacombes, Amin prit les devants et emmena la jeune femme dans les immenses couloirs. Elle adorait le voir marcher, il ressemblait à un félin en chasse. Elle espérait vraiment ne pas avoir la bave aux lèvres, car cet homme était la perfection. Il était grand, plus grand que ceux qu'elle avait déjà vu et il était fort et agile et… parfait. Ils marchèrent une bonne heure, puis ils arrivèrent devant une immense salle totalement vide et pourtant parfaitement douillette. Elle se sentait bien et à l'abri. Elle eut un léger sourire quand Amin siffla un juron à cinq lettres. Bougonnant, il repartit et s'arrêta devant une échelle et la monta. Il était heureux de retrouver sa maison qu'il ne fit pas attention au borborygme qui venait de la jeune femme totalement bavante devant les formes parfaites de l'assassin. Amin ouvrit la trappe et ne vit rien qui prouvait que Masyaf était en danger. Les enfants jouaient et les adultes vivaient leur vie paisiblement. Méfiant, il demanda à Aicha de rester dans le tunnel, puis alla aux nouvelles.
Il monta l'air de rien sur les remparts et comprit la raison de ce calme. Les Templiers se trouvaient sur la route de Masyaf, mais ils étaient trop loin pour être un danger. Quant aux chevaux, ils avaient évité l'armée et trottaient paisiblement vers leur foin et leur eau. Les gardes ouvrirent la porte et les chevaux entrèrent pour être chouchoutés par les garçons d'écurie.
Soulagé, Amin retourna vers la vieille écurie et murmura en lui-même alors qu'il se faufilait entre des dizaines de poules :
-Il va falloir faire quelque chose avec ces poules, il y en a un peu trop maintenant.
Il ouvrit la trappe et dit :
-Tu peux venir, la voie est libre.
-Merci Amin.
Comme à chaque fois qu'elle prononçait son nom, il sentait un frisson remonter le long de sa colonne vertébrale. Elle était parfaite pour lui. Il lui tendit la main et la jeune femme rougissante la saisit, puis le suivit dans la magnifique forteresse de Masyaf. Soudain, il s'arrêta et lui demanda :
-Aicha, tu sais que je suis un assassin. Mais malgré cela, veux-tu m'épouser ?
Le sourire immense de la jeune femme fut la réponse à sa question, ainsi que le doux et fébrile :
-Oui.
Elle fondit totalement en voyant le sourire de son fiancé, ses dents blanches aussi parfaites que le reste de son corps. C'était un dieu vivant. Heureux que les sentiments qu'il ressentait envers elle soit réciproque, il lui dit :
-Viens, je te faire rencontrer ma famille.
Aicha eut un doux sourire et espéra que la famille de son amoureux l'accepte, comme elle était prête à les accepter. Au bout d'une vingtaine de minutes, les deux amoureux arrivèrent devant la forteresse à proprement dite. Aicha vit un homme qui braillait sur de jeunes recrues et leur expliquait ce qu'ils faisaient de mal. Amin rigola et murmura à Aicha :
-Mon père est un homme obstiné, mais patient et c'est un excellent maître d'arme. C'est lui qui nous a tout appris à mon frère et moi. Viens, je vais te le présenter.
Amin s'approcha de son père et grimaça quand il vit le tromblon qui ne comprenait rien à rien. Il se tourna vers Aicha et lui dit :
-Je vais donner une bonne leçon à cet idiot. Ne crains rien, je sais ce que je fais.
Amin prit un bâton, puis bondit dans l'arène et se posta devant l'andouille. Rauf voyant cela murmura :
-Amin, non !
-Allez Rauf, il n'y a rien de mieux que le combat avec un véritable assassin pour comprendre ce que tu leur enseigne.
L'apprenti regarda son maître qui lui demanda d'attaquer le nouveau venu. Le jeune apprenti se jeta sur l'assassin et avant de pouvoir dire ouf, son adversaire se déroba devant ses yeux et dans un même mouvement l'attaqua. Le jeune homme n'avait rien vu venir et se retrouva sur le dos, les jambes fauchées par le bâton. Il tenta de se relever, mais se retrouva avec un bâton sur la gorge. Amin avec un sourire lui dit :
-Comment t'appelles-tu ?
-Amir, je suis le fils d'Abbas, répondit l'apprenti toujours menacé par le bâton.
-Sache Amir qu'un templier ne te laissera jamais le temps de te relever. Il tentera de te tuer pour lui, un bon assassin est un assassin mort. Tu ne dois jamais leur laisser l'opportunité de s'approcher trop près de toi. Tu dois être comme le serpent et attaquer le plus vite possible, puis t'écarter pour attaquer de nouveau. Tu dois toujours être en mouvement afin de les déstabiliser et surtout, tu dois être le plus léger possible, car c'est ton poids que tu devras porter si tu dois fuir les templiers. Ils sont rapides, car ils sont entraînés avec leur cotte de mailles. Même sans elle, ils ne sont pas sans défense, ils sont plus fragiles mais aussi beaucoup plus rapides. Ne les sous-estime jamais, c'est une erreur qu'on ne fait jamais deux fois, car face à un templier, il n'y a pas de seconde chance. Compris petit ?
-Oui, maître Amin, s'exclama Amir qui regardait son vis-à-vis comme s'il était dieu le père en personne.
-Parfait. Entraînez-vous, j'ai à parler à votre maître, répondit Amin en aidant le jeune garçon à se relever tout en lui donnant une petite claque amicale sur le dos.
Amir était assez enrobé, car mal entraîné par son père et décida de s'entraîner encore plus fort. Voir la vitesse à laquelle il pouvait aller en s'entraînant l'avait remotivé. Il se mit à part et commença à faire des étirements, puis des pompes et il courut autour de la forteresse. Quand il fatiguait, il fermait les yeux et revoyait le ballet montré par Amin et cela le reboostait. Il lui fallut du temps et de l'énergie, mais il devint digne d'être un assassin, faisant la fierté de son maître Rauf.
Mais revenons à nos moutons ou plutôt à nos amoureux. Amin reprit la main d'Aicha qui était bouche-bée devant la facilité d'Amin à mettre hors d'état de nuire un adversaire et la présenta à son père :
-Père, je te présente Aicha. C'est celle que je veux épouser.
Rauf se tourna vers la jeune femme et comprit l'engouement de son fils. Elle était magnifique, aussi belle que sa défunte épouse. Avec un sourire, il la serra dans ses bras, l'embrassa sur les deux joues en disant :
-Aicha, bienvenue dans la famille.
Le sourire de la jeune femme fut lumineux et la rendit encore plus belle qu'elle ne l'était auparavant. Amin serra son père contre lui en chuchotant :
-Merci, baba.
Rauf fut heureux pour son fils, puis après une dernière tape sur le dos, Rauf retourna entrainer ses apprentis et eut un sourire en voyant le jeune apprenti assommé par son fils s'entraîner avec plus d'ardeur. S'il continuait ainsi, il serait vraiment digne d'être parmi les meilleurs assassins. Amin et Aicha repartirent vers la forteresse et quand ils y pénétrèrent, la jeune femme vit une fusée brune se jeter dans les bras d'Amin et lui demander :
-Amin, est-ce que ça va bien ?
-Oui, ça va très bien Maria. Je t'ai écouté et j'ai fait attention à moi.
-Je suis soulagée. Je ne voulais pas te perdre !
-Alors tu as enfin décidé que cet idiot à la grosse tête n'était pas fait pour toi ? dit-il en tenant sa belle-sœur dans ses bras, pour la plus grande jalousie d'Aicha.
Maria pouffa de rire et lui dit :
-Et bien non. Je l'aime bien cette petite chose.
Amin explosa de rire et tandis qu'une voix grave résonna dans le hall :
-Tu vas voir si je suis une petite chose !
-Altaïr, mon frère. Tu es toujours trop sérieux.
-Et toi pas assez. Que s'est il passé à Tyr ?
-Ce sont des lépreux qui voulaient se venger de la manière dont on les traitait. Ils ont utilisé leur maladie pour qu'on ne se méfie pas d'eux. Ils tuaient avec des bagues imprégnées de poison. J'en ai tué un qui avait assassiné la cousine d'Aicha et les templiers ont exterminé tous les autres, même ceux qui n'avaient rien fait.
-Les innocents paient toujours le plus lourd tribut. Mais tu as parlé d'une certaine Aicha ? Est-ce une jeune fille que je connais ? Demanda Altaïr l'air de rien.
-J'étais sûr que tu allais me casser les pieds avec ça, soupira Amin.
-C'est un juste renvoie des choses. Tu as bien rie quand je te parlais de Maria, se moqua Altaïr.
-Parler ? Tu ressemblais à un escargot, toujours en train de baver, la limace !
-La limace ? s'insurgea Altaïr avec un léger sourire.
Maria regarda les deux hommes se chipoter comme des enfants et vit une jeune femme de toute beauté. Elle comprit qu'enfin Amin allait se poser et aimer. Elle s'approcha de l'inconnue et se présenta :
-Comme mon beau-frère ne connait absolument pas les usages, je me présente Maria ibn La'Ahad, je suis l'épouse d'Altaïr le chef des assassins et le frère d'Amin. Et vous ?
-Je me nomme Aicha Al'Bayek.
Les deux assassins cessèrent de se chipoter et Amin demanda :
-Tu fais partie de la famille de Bayek.
-Oui, mais du côté de ma mère. Mon père me détestait car j'étais une fille. J'ai donc décidé de reprendre le nom de ma mère.
-Mais alors, tu es de la famille du fondateur des assassins, s'exclama Amin stupéfait.
-Heu… je ne sais pas, ma mère était la dernière survivante de sa famille.
-Bon, c'est très intéressant tout cela, mais je veux tout connaître de vous. Alors nous allons laisser nos hommes avec leur discussion aussi évoluée que ceux d'enfants de cinq ans et nous, nous allons parler de la manière dont vous avez réussi à mettre la main sur l'homme le plus adulé de ces trente dernières années, murmura Maria avec un sourire lupin.
-Comment cela, on a une discussion d'enfant de cinq ans ? s'insurgèrent les deux hommes. Altaïr se tourna vers son frère et lui lança :
-Tout ça, c'est de ta faute, tu l'a dévergondé.
Maria explosa de rire, elle adorait quand son époux et son beau-frère se chipotaient de la sorte. Altaïr s'approcha d'Aicha et lui dit :
-Alors comme cela, les grosses fesses de mon frère t'ont plu ?
La rougeur sur les joues de la jeune femme montra que oui, les belles fesses musclés d'Amin lui plaisaient énormément. Maria gloussa en interceptant cette rougeur tandis qu'Amin demanda l'air de rien :
-Tu es toujours en train de parler de mes attributs fessiers, serais-tu jaloux ?
-Là, tu m'as eut mon frère, s'étouffa de rire Altair.
Les deux couples allèrent dans les quartiers d'Altair et quand ils furent seuls, Amin dit :
-Mon frère, ma sœur. Je vous présente ma fiancée, Aicha. Je veux l'épouser et elle a accepté de s'unir à moi.
-Bienvenue dans la famille petite sœur, s'exclama Altaïr qui embrassa la jeune femme sur les deux joues, vite suivit par Maria.
Aicha se mit à pleurer en étant enfin accepté par une famille. Ce qu'elle avait toujours voulu avoir était enfin arrivée. Elle avait une famille. Elle était la plus heureuse des femmes et se colla contre Amin ravi de pouvoir la serrer contre lui.
Altaïr était heureux de voir que son frère avait enfin trouvé botte à son pied, il lui avait fallu du temps, mais il allait enfin se caser. Il lui demanda :
-Quand voulez-vous vous marier tous les deux ?
-Heu… je n'en sais rien. Je ne me suis jamais marié, donc je ne connais pas les coutumes, s'exclama Amin.
Maria s'exclama :
-Je vais tout préparer avec Aicha. Ce sera un magnifique mariage.
Et elle eut raison, ce fut une noce superbe qui eut lieu non à Masyaf, mais à Tyr. Aicha voulait que son oncle soit témoin de son bonheur. Ce fut la seule et unique fois où une trêve fut signée entre les assassins et les Templiers. L'homme apporta un bracelet qui appartenait à sa mère. Mais quand il voulut le lui mettre, les assassins l'entourèrent et il dut d'abord le mettre dans de l'eau chaude avant de le mettre au poignet de sa nièce. En effet, ils se méfiaient des poisons et préféraient être prudents. L'oncle de la jeune femme était rassuré, entre les mains des assassins elle serait protégée. Personne ne serait assez fou pour s'attaquer à l'épouse de l'un des meilleurs assassins au monde. Quand la noce fut terminée, sans la moindre effusion de sang, les deux époux rejoignirent la nouvelle maison d'Amin et d'Aicha, les catacombes.
En effet, durant les années où ils s'étaient installés dans les catacombes, ils avaient fait de nombreux changements. Ils avaient installés les squelettes dans les plus petites salles. Ensuite, quand ils avaient eu un peu de temps, ils avaient retiré la poussière et avaient installé des tapis qu'ils avaient acheté avec de l'argent emprunté aux templiers et à tous les complices de la Fraternité. Quand le sol avait été achevé, ils avaient pendu des tapisseries et avaient installé des lampes sur tous les murs. Après des années de travaux et de décoration, la grande salle des catacombes n'était plus une tombe, mais une chambre magnifique, vaste, confortable et chaude. Quand Aicha avait vu cette pièce, elle en était tombée amoureuse. Et ce fut avec bonheur qu'elle s'y donna à son époux.
Tous les deux étaient heureux dans leur domaine calme et invitant à la détente. D'ailleurs, plus d'une fois Altaïr et Maria s'invitèrent chez eux. Pendant ces moments relaxants, ils se racontaient des histoires de quand ils étaient jeunes et de toutes les bêtises qu'ils avaient fait faisant enrager Umar et Rauf. Dans cet endroit autrefois lugubre, les rires et la joie étaient les rois. Mais le bonheur devint total quand Maria et Aicha apprirent à leurs époux une heureuse nouvelle, elles attendaient les héritiers ou héritières des deux meilleurs assassins. Ce fut la première fois que quelqu'un vit Altaïr et Amin pleurer. Ils étaient tellement heureux et serrèrent les femmes de leur vie contre eux en pleurant de bonheur. Ils allaient pouvoir aimer leurs enfants comme Rauf avait aimé Amin.
Maria et Aicha furent à ce moment précis traitées comme des poupées de porcelaine, fragiles et inoffensives. Autant cela rendit Aicha encore plus amoureuse de son époux, autant cela enragea Maria qui tenta de l'étrangler quand il osa dire qu'elle était plus fragile. Devant Rauf et tous les assassins elle prouva qu'elle n'était pas qu'une faible femme, mais une véritable amazone combattant avec rage ses ennemis. Les assassins regardaient avec crainte cette furie qui avait décidé que taper la tête de son époux avec un bouclier était une excellente idée pour lui faire rentrer dans le crâne qu'elle n'était pas une faible femme.
Altaïr tentait de calmer sa femme le tout sous les rires d'Amin qui adorait voir son frère et sa sœur se battre pour un rien. Ah qu'il était beau le mentor, incapable de calmer son épouse. Ce qui était des plus amusants, pour Amin, c'est qu'aucun assassin même pas Rauf ne tentait de s'interposer. Ils laissaient tranquillement leur grand maître se faire à moitié étriper par une Maria folle de rage. Le chef des assassins rageait, car d'un côté sa femme voulait lui arracher la tête, de l'autre son traitre de frère se roulait par terre de rire. Ce ne fut qu'après avoir expliqué qu'il regrettait ses paroles et que non, elle n'était pas une faible femme que Maria se calma et ne tenta plus de lui enfoncer un bouclier dans la tête.
Durant toute la grossesse de Maria, Altaïr dut marcher sur des œufs afin que sa chère et tendre furie… Je veux dire femme, ne tente pas de le massacrer. Des fois, il jalousait Amin qui était aux petits soins auprès de sa femme qui n'attendait que cela. Alors que quand il voulait l'entourer de soins, il se retrouvait face à un templier de la pire espèce. Mais elle était tellement belle quand elle était en colère. Le jour où son fils Darim naquit, Amin ne fut pas présent, car il était au côté d'Aicha qui donnait elle aussi la vie. Alors que la sage-femme lui demandait de quitter l'infirmerie, Amin lança un regard noir vers la vieille femme et s'accrocha à la main de son épouse pour lui donner toutes ses forces afin qu'elle donne la vie et qu'elle reste en vie. Il ne voulait pas perdre son Aicha alors qu'il venait de la rencontrer. Il resta toute la journée et toute la nuit à ses côtés, lui épongeant le front délicatement, lui donnant à boire, lui massant le dos et les épaules quand elle était trop crispée. Elle avait le mari idéal et ne regrettait vraiment pas d'avoir épousé un assassin.
Quand elle accoucha, elle sentit les larmes silencieuses de son époux tomber sur ses joues écarlates et brulantes après tant d'effort. Elle ne lui donna pas un, mais deux enfants, un garçon qu'ils prénommèrent Karim et une petite fille qu'ils nommèrent Aïna. Elle ne sut que plusieurs jours plus tard que Maria avait accouché le même jour qu'elle et qu'Amin avait délaissé les assassins pour s'occuper exclusivement d'elle et de ses deux enfants. Quand elle se sentit plus en forme, elle quitta sa belle demeure et rejoignit Altaïr et Maria avec ses deux enfants et Amin qui la suivait comme un petit chien fidèle en tenant sa petite fille dans ses bras. Les deux frères discutaient paisiblement des assassins tandis qu'Aicha et Maria parlaient de leur époux. Maria se plaignait de la manie d'Altaïr de la suivre partout. Avec un petite rire, Aicha lui dit :
-Il a besoin de se sentir utile. Amin était heureux en m'aidant et en me protégeant.
-Oh ! C'est pour cela ?
-Oui et je crois qu'Altaïr a jalousé Amin.
-Je crois que je suis encore plus templière qu'assassin.
-Non, ma sœur. Tu es indépendante et Altaïr doit le comprendre. Mais s'il est resté, c'est qu'il t'aime.
-Je l'aime moi aussi. Je suis tellement heureuse qu'il m'ait choisi, moi et personne d'autre.
Malheureusement, leur moment de calme s'acheva avec l'arrivée d'un jeune assassin qui leur appris que des templiers se rassemblaient dans la lointaine ville d'Acre. Altaïr jeta un coup d'œil vers Amin qui lui lança :
-Même pas en rêve ! Je ne laisserais pas ma femme seule avec deux enfants en bas âge.
-Tsss ! Papa poule !
-Et fier de l'être. Il serait plus que temps de faire confiance à la nouvelle génération. .
-Tu as raison.
-Mon amour, je suis obligé de te quitter pour rejoindre mon travail, chuchota Amin en embrassant tendrement Aicha.
Altaïr fondit dans les bras de Maria quand elle l'embrassa langoureusement et lui chuchota :
-Tu vas me manquer !
-Je ne vais pas loin, si tu me cherches, je suis dans la bibliothèque.
Maria l'embrassa de nouveau, puis reprit sa conversation avec Aicha tout en gardant un œil sur Altaïr qui repartait avec un air niais sur les traits de son visage. La jeune femme pouffa de rire en se rendant compte que c'était assez simple de rendre son époux heureux.
Les années passèrent et Maria donna un autre garçon à Altaïr, Sef. Aicha donna de nouveau des jumeaux à Amin, une fille Azza et un garçon Aroune. Durant toutes ces années de paix, Altaïr et Amin changeaient drastiquement les assassins. Les deux mentors avaient décidé que les assassins devaient ramener des orphelins des villes alentours, même d'Acre, de Jérusalem ou de Damas afin qu'ils deviennent des assassins à leur tours, élevés dans le crédo. Amin et Altaïr voulaient augmenter le nombre d'assassin. Les deux maîtres sentaient que la Confrérie devait devenir plus forte afin de lutter contre les templiers et leurs envie de grandeurs et d'esclavagisme mondial. Ils devaient aussi devenir plus forts. Donc les apprentis étaient entraînés avec de lourdes cottes de mailles pour qu'ils soient plus rapides et plus forts. Ils devaient devenir plus efficaces et pour cela, Altaïr utilisait la pomme qui lui dévoilait le futur. Amin aurait pu faire de même, mais il ne supportait pas de s'approcher de l'item, il avait toujours en tête la douleur de la demi-pomme fusionnant avec lui et il ne voulait pas ressentir de nouveau cette souffrance.
A Masyaf les assassins étaient heureux, ils avaient maintenant le droit d'aimer leur famille et leurs enfants. Ils avaient le droit de les couver et de s'amuser avec eux et pas simplement de les entraîner pour qu'ils deviennent des assassins. En fait, ils prenaient exemple sur Amin et Altaïr qui jouaient avec leurs enfants tout en les entraînant filles, comme garçons. Avant de changer leurs façons de voir leurs enfants, certains assassins avaient demandé pourquoi les maîtres jouaient avec leurs enfants quand Amin avec un demi-sourire leur répondit :
-Oui, nous jouons avec eux. Nous leur courons après, ils apprennent ainsi à devenir plus rapides. Nous jouons à les attraper, ils apprennent à éviter les contacts, à s'échapper, à disparaître. Dans peu de temps, ils apprendront à s'accrocher aux rebords à grimper aux murs, à sauter et à faire totalement confiance en leurs instincts. Oui, nous jouons, nous jouons à être des assassins et ils seront les meilleurs.
Les pères se regardèrent et filèrent rejoindre leurs enfants afin de mettre en place les mêmes jeux que ceux des enfants des mentors. Les rires étaient les rois dans Masyaf et les enfants grandissaient en étant de plus en plus forts, rusés et souples. Des assassins en devenir, de véritables assassins en culottes courtes.
D'autres changements rendaient les membres de la confrérie heureux, en effet, les assassins avaient le droit d'utiliser les nouvelles lames secrètes creusées pour accepter du poison et qui ne nécessitaient plus de couper l'annulaire. Pour prouver qu'ils étaient des assassins de pleins droits, ils se faisaient marquer l'annulaire au fer rouge à l'endroit précis où le doigt était tranché auparavant. Enfin, le crédo évolua aussi. Les trois règles primordiales étaient toujours de mises, mais deux autres furent ajoutées :
-Quand les lois des hommes tentent de te dicter ta voie, souviens-toi qu'aucune voix ne peut prétendre à prévaloir sur la tienne, puisse-t-elle venir de ceux qui disent citer ton Dieu. En cela rappelle-toi que rien n'est vrai.
-Quand les chaines d'un asservissement quelconque te retiennent, souviens-toi que tu es libre de tes actes, et que personne ne peut retenir l'élan de la liberté. En cela rappelle-toi que tout est permis
Afin de pouvoir lutter plus facilement contre les templiers et tout ceux voulant asservir les peuples, les assassins devaient quitter Masyaf et s'installer au cœur des villes au plus près des habitants pour mieux les protéger. De temps en temps, les assassins voyaient des jeunes hommes quitter la cité pour rejoindre d'autres villes afin d'y installer des cellules viables, mais ils étaient peu nombreux, car les assassins ne voulaient pas quitter leur maison. Cependant, les changements effectués par Amin et Altaïr ne plaisaient pas à tout le monde. Certains voyaient en cela une abomination et d'autres la preuve qu'Altaïr avait tué Al Mualim pour prendre le contrôle des assassins. Abbas était un de cela et il voulait se débarrasser d'Altaïr et d'Amin pour remettre les anciennes traditions en place.
Il eut un sourire amusé quand une rumeur dans l'Est s'éleva, les armées de Gengis Khan avançaient à une allure vertigineuse. Pour les deux frères, il y avait un fragment d'Eden qui aidait les armées mongoles. Pour Abbas, c'était le moment parfait pour commencer à mettre en place un plan pour prendre le pouvoir et chasser les deux êtres qu'il haïssait le plus au monde. A cause d'eux, il avait perdu le contrôle de son fils. En effet, Amir ne vivait plus que pour arriver au niveau des deux autres et avait totalement cesser de l'écouter et de lui obéir.
En 1217, Altaïr, Maria et Darim décidèrent de rejoindre les champs de batailles afin de tuer Gengis Khan et d'arrêter sa progression. Sef et Amin décidèrent de rester à Masyaf auprès de leur famille, mais surtout, Amin avait un mauvais pressentiment au sujet de la Confrérie. Quelque chose de mauvais allait arriver, il le sentait au plus profond de lui-même. La peur avait envahi depuis quelques temps son esprit, mais il ne montra rien, à personne. Il voulait que son frère parte au combat sans avoir l'esprit tourné vers Masyaf. Pour combattre une armée, il devait avoir l'esprit serein et il ne l'aurait jamais s'il lui disait quoique ce soit.
Il regarda donc son frère partir pour combattre Gengis Khan, puis il rejoignit Aicha et lui dit :
-J'ai un mauvais pressentiment mon amour. Prend les enfants et part à Alexandrie. J'essaierais de te rejoindre.
Sef savait que quand son oncle avait un pressentiment, il se réalisait à coup sûr. Il demanda donc à son épouse et à ses deux filles de quitter Masyaf avec Aicha et de rejoindre Alexandrie. Les deux femmes en larmes serrèrent leurs époux contre eux, persuadées de ne jamais les revoir en vie. Cependant, Amin n'était pas l'un des meilleurs assassins ex aequo avec Altaïr pour rien. En effet, il regarda Sef et lui dit :
-Tu vas laisser deux femmes seules, accompagnées par des enfants sans défense traverser des pays infestés de templiers ?
-Heu… non mon oncle, balbutia Sef honteux.
-Parfait, alors tu ranges tes affaires et tu les escortes jusqu'à Alexandrie et tu y restes jusqu'à mon arrivée, lui ordonna Amin avec un demi-sourire.
-Bien, mon oncle, soupira lourdement Sef en sachant qu'il s'était largement fait avoir par son oncle adoré.
Maintenant Aicha savait. Elle ne le reverrait jamais. Elle pleura plus lourdement encore, puis obéissant à son époux, elle prépara ses affaires et une semaine plus tard partit pour l'Egypte avec ses enfants et ses neveux. Amin savait qu'il ne reverrait pas sa femme. Il le sentait au plus profond de ses trippes. Au moins il resterait sa femme, ses enfants et son frère pour se souvenir qu'Amin ibn Albarq avait existé et qu'il avait été un assassin. Maintenant seul, le nouveau mentor rejoignit Malik et son père afin d'œuvrer pour la grandeur des assassins. Ils augmentaient la puissance de la Confrérie, entraînaient les jeunes apprentis pour qu'ils deviennent les meilleurs possibles tout en suivant fidèlement le crédo. Il était aimé par la plupart des assassins et des apprentis. Mais certain, le haïssait avec passion.
Ainsi, neuf ans après le départ d'Altaïr et de sa famille, il y eut une terrible révolte créé par Abbas et tous les assassins les plus faibles et les plus idiots de Masyaf. Amir, un jeune assassin qui avait mis un temps fou à le devenir entendit les plans de son père quelques semaines avant l'attaque et fila rejoindre le mentor, écœuré par la lâcheté de son géniteur. Amin comprit ce qui allait se passer et fut fier du courage du jeune homme. Il était vraiment digne d'être un assassin. Mais il ne pouvait rester à Masyaf, les assassins devaient quitter la forteresse et cela définitivement. Il ordonna alors au jeune assassin de quitter Masyaf et de rejoindre toutes les cités où il y avait une cellule de la Confrérie afin de prévenir les autres qu'ils restent loin de Masyaf pour qu'Abbas ne leur mette pas la main dessus.
Amir n'aimait pas cela, laisser le mentor seul, c'était hors de question. D'ailleurs, il s'insurgea, rugit comme un lion que jamais il ne le laisserait seul et que s'il le fallait, il tuerait lui-même son père. Mais Amin, inflexible, lui ordonna de nouveau de quitter Masyaf en emmenant les meilleurs assassins et tous les apprentis avec lui, et de créer des cellules d'assassin dans le monde. Amir accepta avec réluctance quand il comprit que le mentor ne céderait pas. Tristement, la tête basse, il rejoignit tous les assassins qui ne faisaient pas partit de la conspiration, et leur apprit l'ordre du mentor. Les assassins voulurent ne pas le croire, mais voir les yeux emplis de larmes de rage et de tristesse les convainquit que c'était la vérité surtout quand un apprenti arriva et leur apprit la même nouvelle. Effondrés, ils obéirent à leur mentor et se préparèrent avec leur famille à quitter leur forteresse. Deux semaines plus tard, Amin regarda avec tristesse les assassins quitter la forteresse avec femmes et enfants pour ne plus jamais revenir.
Ensuite, il demanda à Malik de rejoindre Alexandrie et de protéger sa famille. Malik savait qu'Amin tentait simplement de lui sauver la vie, car lui aussi avait entendu Amir rager contre son père qui voulait éliminer les mentors. Le cœur en berne et sachant qu'Amin ne changerait absolument pas d'avis et serait prêt à l'accrocher en travers d'une selle, il accepta et quitta Masyaf avec sa femme et ses fils pour ne plus y revenir. Il ne voulut pas se retourner afin de ne pas fondre en larme en voyant son mentor et son ami pour, et il en était sûr, la dernière fois de sa vie.
De son côté, Amin ne pouvait partir, il devait rester avec son père. En effet, Rauf se faisait vieux, il n'aurait jamais la force de voyager jusqu'à Alexandrie et il ne vivrait pas encore longtemps. Rauf était le plus vieil assassin de Masyaf, il avait l'âge canonique de quatre-vingt cinq ans. Une nuit, deux mois après qu'Amin ait appris le complot et fait partir une grosse partie des assassins, Abbas arriva avec ses hommes pour le tuer. Cependant, il se passa une chose que personne n'avait pas imaginé. Le vieux Rauf prit son épée, se jeta sur ses anciens apprentis et rugit en ôtant la vie à l'un des traitres :
-Fuit Amin. Fuit !
-Baba ! Non ! hurla Amin.
-Je te l'ordonne, gronda le vieil homme en parant un coup et en enfonçant sa lame dans le corps d'un autre traitre.
La mort dans l'âme, Amin bondit hors de la pièce, sauta sur un cheval et fila loin de la cité pleurant la perte de son père, car il savait que Rauf était trop vieux pour lutter à un contre dix dans un combat contre des assassins plus jeunes.
Il décida de rester dans les environs afin de garder un œil sur Masyaf et pouvoir aider Altaïr quand il reviendrait. Il attendait le retour de son frère et deux ans après l'attaque, il sentit qu'Altaïr était de retour. Il ne savait pas comment, mais c'est comme si une partie de lui ressentait la présence de son frère. C'était peut-être la demi-pomme d'éden qui se trouvait en lui qui sentait l'autre moitié se rapprocher inexorablement. Il bondit sur son cheval et fonça retrouver son frère pour le mettre en garde ou pour le sauver d'Abbas. Malheureusement, il était loin dans les montagnes et dut chevaucher toute la nuit pour le rejoindre et lui sauver la vie. Dans la forteresse, la famille fut accueillie par Swami, considéré par tous comme l'idiot du village. Altaïr s'étonna que ce ne soit pas Rauf qui les accueille. L'assassin leur révéla que Rauf était mort des suites d'une chute quelques mois auparavant. Altaïr sentit qu'il y avait anguille sous roche. L'homme lui mentait aussi surement que le soleil se lève le matin.
Il ordonna de voir Malik, mais Swami expliqua qu'il était parti à Alexandrie rejoindre Sef et sa famille ainsi que la famille d'Amin. Ils ordonnèrent alors de voir Amin quand ils se rendirent compte qu'ils étaient encerclés par Abbas et ses sbires. Darim, Altaïr et Maria sortirent leurs épées et se préparèrent à l'attaque quand un hennissement bruyant retentit. Altaïr ainsi que tous les autres tournèrent la tête et virent Amin arriver au galop. Le maître assassin fit piler son cheval, fut projeté au milieu des hommes d'Abbas et retomba gracieusement sur ses pieds. Altaïr demanda :
-Amin que c'est-il passé ?
-Cet idiot d'Abbas a prit le contrôle de Masyaf il y a deux ans en tuant mon père. Sef, Malik et nos familles sont à l'abri loin de ce fou ! Quant aux meilleurs, ils sont de part le monde à mettre en place des cellules viables.
-Tu vas mourir, ragea Abbas qui comprenait qu'Amin avait toujours su ce qu'il voulait faire et avait protégé les personnes qu'il aimait le plus, et fait partir les meilleurs.
Il comprenait maintenant pourquoi il n'avait reçu aucune réponse quand il ordonnait aux autres de revenir à Masyaf. Il avait perdu le peu de respect qu'avaient pu ressentir les assassins envers lui. Ils devaient peut-être même se retenir pour ne pas le tuer, mais ils obéissaient à leurs mentors adorés, Altaïr et Amin.
Le combat commença immédiatement, Les quatre guerriers combattaient avec rage et honneur, ce que ne connaissait pas Abbas et ses hommes. L'un d'entre eux lança un couteau vers Altaïr, mais Maria se jeta devant et fut poignardée à mort. Agonisante, elle supplia Altaïr de fuir et de vivre sa vie avant de mourir dans les bras de son époux. Amin voyant sa sœur mourir se jeta sur les hommes d'Abbas et combattit avec une rage intense. Il hurla à Darim :
-Fuit ! Prend ton père et fuyez ! Je les retiens.
Darim prit le bras de son père et s'enfuit. Ils étaient en haut de la colline et virent Amin combattre une troupe trop importante et succomber sous les coups. Entendre le cri de douleur de son père fut la pire chose de sa vie. Son oncle adoré était mort à cause d'un homme fou de jalousie. Les deux fuyards disparurent, puis rejoignirent Alexandrie. Altaïr dut annoncer, la mort dans l'âme, le meurtre d'Amin. Aicha chuchota désespérée :
-Il le savait tu sais. Il savait qu'il mourait ce jour-là. Il a fait partir les meilleurs assassins et n'a laissé que les moins bons.
Sa famille sentit leur cœur se briser quand Altaïr pleura la mort de son frère chéri et de sa femme adorée. Il aurait pu s'enfoncer dans la dépression, mais Aicha, ses neveux et ses fils étaient là pour le soutenir. Il était triste que son frère n'ait pas été présent pour la naissance de ses deux derniers, encore des jumeaux, mais cette fois-ci, deux garçons qu'Aicha avait nommé Amin et Altaïr. Il était fier que des enfants portent son nom et celui de son jumeau.
Tout en aidant Aicha à élever les deux petits monstres, il faisait des recherches sur la pomme d'éden. Dieu qu'il aimait sa famille, ses enfants calmes et sérieux, ses petits enfants, calmes et sérieux et… ses neveux, des boules de nerfs excités qui ne trouvaient rien de plus amusants que de mettre de la mélasse dans les bottes de Malik ou dans les siennes d'ailleurs. Ils ressemblaient tellement à Amin, il avait un rappel constant que son frère avait existé. Alors il racontait aux enfants sa vie et celle de son frère, les enfants d'Amin étaient heureux d'avoir des histoires de leur père, de toutes les bêtises qu'il avait pu faire enfant. Altaïr était heureux, car le don de son frère pour parler aux serpents n'avait pas disparu, car tous les enfants d'Amin avait ce don et plus d'une fois il vit ses neveux discuter avec des reptiles et être suivis par un ou deux serpents comme des enfants suivis par des petits chiens. Des petits chiens sans pattes, longilignes et venimeux
Après des années d'exil alors qu'il avait fêté ses quatre vingt deux ans, qu'il avait vu Aicha recréer les assassins d'Egypte et vu les deux derniers d'Amin devenir les mentors des Medjaï, Altaïr décida qu'il était temps de reprendre le contrôle de Masyaf. Il en discuta avec Tazim le fils ainé de Malik décédé quelques années auparavant d'une mauvaise fièvre. Le jeune assassin décida d'accompagner le vieil homme et, sans qu'Altaïr ne le sache, il contacta les assassins qui affluèrent afin de pulvériser le traitre. Le vieil homme fut stupéfait quand il vit l'armée qui se trouvait devant lui prêt à reprendre la forteresse de Masyaf. Il était ému devant le courage et l'amour des assassins pour leur ancien mentor, Amin. Il y avait les jeunes assassins et leurs pères rageurs de ne pas avoir eu le droit de venger leur mentor.
Après un sourire, l'armée s'ébranla et marcha vers Masyaf. Ils mirent trois mois à rejoindre la forteresse et Altaïr eut un léger sourire quand il vit des templiers fuirent devant les assassins armés jusqu'aux dents. Cette puissante armée était prête à exterminer ceux qui avaient tué Rauf et Amin. Autant Altaïr montait paisiblement les degrés de la citadelle, autant les jeunes fonçaient pour massacrer des traitres tandis que les plus vieux restaient autour d'Altaïr afin de le protéger chose qu'ils n'avaient pas pu faire avec Amin. De temps en temps un assassin se jetait sur lui et se retrouvait désarmé, car Altaïr ne voulait pas perdre des assassins qui suivaient fidèlement le Crédo.
Quand il arriva dans la cour, il vit deux squelettes accrochés de chaque côté de l'entrée. Il sentit la haine monter en lui et quand un lieutenant d'Abbas venait pour l'attaquer, Altaïr le défonça promptement prouvant même qu'à plus de quatre vingt ans, il était toujours assez puissant pour éclater un jeune roquet le tout sous les regards amusés et éblouis des assassins qui étaient fiers de lui être restés fidèles. Les assassins le saluaient avec énormément de respect en l'appelant par son titre, mentor.
Quand il traversa la porte, il pria rapidement pour son épouse et pour son frère, puis rejoignit Abbas et sentit une rage intense exploser en lui quand il vit le pendentif d'Amin autour du cou de ce sale traitre d'Abbas. Il était tellement furieux qu'il l'abattit froidement, une balle en plein cœur sortant de sa lame secrète qu'il avait fait modifier grâce aux visions de la pomme. Maintenant à nouveau mentor, il fit décrocher les deux corps et les enterra dans la grande salle des catacombes. Il y fit construire deux tombeaux côte à côte. L'un pour sa douce Maria et l'autre pour frère chéri, Amin. Alors que les assassins voulurent retirer les tapis et les tapisseries sur le sol et les murs, Altaïr les en empêcha et décida de transformer cette pièce chaude en bibliothèque. La bibliothèque et les tombeaux furent terminés en même temps. Les assassins amenèrent avec beaucoup de respect les deux corps enveloppés dans des linceuls et les déposèrent dans les deux tombeaux. Tous les assassins saluèrent les deux corps, puis repartirent. Les plus jeunes retrouvèrent leurs cellules respectives pendant que les plus vieux restaient avec Altaïr et reprirent l'entraînement des apprentis de Masyaf.
Avant que le tombeau d'Amin soit refermé, Altaïr plaça le pendentif sur la poitrine de son frère et lui embrassa le front. Il fit sceller l'entrée dans la vieille écurie, puis installa un passage qui allait de l'ancienne bibliothèque à la nouvelle. Alors qu'il allait sceller tous les tunnels rejoignant la grande salle, une petite voix le convainquit de ne pas le faire, que la bibliothèque ne serait scellée qu'après sa mort. Quelques jours avant qu'il ne décède, Masyaf quasiment vide fut assiégée par les mongoles qui voulaient venger la mort de Gengis khan. Altaïr confia à Niccolò et Matteo Polo son journal sur toutes les découvertes qu'il avait fait sur la Pomme d'Eden, ainsi que cinq clés qui permettrait à un assassin de pénétrer dans sa bibliothèque. Ces clés étaient d'anciens artefacts d'une civilisation disparue et dans ces objets, Altaïr avait enregistré les moments clés de sa vie et de celle de la Confrérie. Le vieillard donna l'ordre d'exfiltrer les Polo, puis regarda le futur des assassins et de l'humanité disparaître. Il se faisait vieux et son épouse ainsi que son frère lui manquaient de plus en plus. Il sentait qu'il allait bientôt s'endormir pour un éternel repos auprès de Maria et d'Amin.
Quand le temps fut venu, il décida de rejoindre la bibliothèque. Ses fils avaient compris depuis longtemps qu'il n'avait pas créé une bibliothèque, car tous les livres étaient éparpillés entre les différentes cellules, mais un sanctuaire pour y cacher la pomme d'Eden. Il embrassa ses fils en pleurs qui lui dirent avec énormément d'amour :
-Tout ce qu'il y a de bon en nous, viens de toi père et de notre oncle adoré.
-Je vous aime mes enfants. Vivez dans le crédo et vivez heureux. Adieu !
Les deux fils saluèrent avec amour leur père qui alla dans la bibliothèque et s'y enferma pour reposer en paix avec son épouse et son frère. Il marcha lentement vers le fond de la bibliothèque et revoyait les fous-rire qu'il avait eu avec Amin, et là dans ce coin, la nuit d'amour avec Maria alors qu'Amin et Aicha dormaient dans leur chambre. Il eut un sourire plein de douleur et de tendresse. Devant le mur, il souleva difficilement la tapisserie que son frère avait volé à Robert de Sablé et appuyant sur le mur, il ouvrit un compartiment et y plaça la pomme. Totalement épuisé, il referma la cachette, fit retomber la tapisserie et rejoignit difficilement un fauteuil qui était placé entre les deux tombeaux. Les larmes coulaient doucement sur ses joues alors qu'il allait enfin rejoindre sa douce épouse et son frère chéri. Trente ans qu'il ne les avait plus vus. Trente ans de douleur et de solitude. Ô il était entouré par ses fils, ses neveux et sa belle-sœur, mais il lui manquait son frère chéri et sa femme et enfin, il allait les retrouver, après tant d'années de séparation.
Peu avant d'expirer son dernier souffle, il vit Amin avec un demi-sourire lui faisant signe de venir et tout en lui montrant Maria. Il ferma les yeux et s'endormit en souriant comme sa famille ne l'avait plus jamais vu sourire, heureux de rejoindre sa famille chérie.
Fin.
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Non, je déconne.
A suivre
