Chapitre 8

Amin sentait ses forces l'abandonner alors qu'il combattait avec rage les sbires d'Abbas, il rendait les coups, égorgeait, éventrait, poignardait, mais plus il en tuait, plus ils revenaient. Il sentit un immense douleur au niveau de la jambe qui ne le porta plus et il s'effondra. N'attendant que cela, les traitres se jetèrent sur lui comme une bande de hyènes affamées et l'achevèrent. Il crut qu'il allait revoir ses parents biologiques et son père adoptif dans la mort, mais dans un maelstrom de faisceaux verts, de hurlements féminins et de douleur, il se réveilla dans le noir avec une sensation humide sur les fesses. Il voulait avoir de la lumière, quand une boule lumineuse apparut et qu'il découvrit un endroit étroit et sombre. Fronçant des sourcils, il tenta de se lever, mais retomba d'un coup. Il ne comprenait pas. Baissant la tête, il devint blême en se rendant compte qu'il avait le corps d'un bébé, et cette sensation d'humidité sur les fesses, c'était sa couche qui était souillé. Humilié ! Il était humilié ! Rageur, il essaya de se lever, mais retomba de nouveau. Il tenta une dizaine de fois, puis enfin, il réussit à se tenir droit et eut un sourire en se souvenant de son père lui racontant sa ténacité et son obstination à vouloir se tenir droit.

Son père lui manquait tellement. Il sentait une larme dégoulinant le long de sa joue quand il vit apparaître son pendentif adoré que cette ordure d'Abbas lui avait arraché un peu avant de l'achever. Il plaça son plus grand trésor autour de son cou et vit qu'il y avait un changement, le blason des assassins se trouvait gravé sur l'émeraude. Quand il ouvrit le pendentif, il y avait ses parents biologiques qui lui faisaient de grands gestes de mains et des signes de baisers. Il n'avait jamais vu un portrait qui bougeait tout seul. Il sut alors qu'il était vraiment retourné dans son monde. De l'autre il y avait Rauf qui le regardait avec fierté et lui faisait aussi des mouvements comme quand il était vivant. Son père lui manquait toujours un peu plus. Mais bon, tout homme doit mourir un jour et lui aussi. Enfin, normalement, il aurait dû mourir tué par Abbas et ses idiots. Il sursauta violemment quand il entendit un hurlement dans la demeure suivit par un bruit de verre brisé :

-AMIN !

-Altaïr ?

Amin défonça la porte dans un bruit de tonnerre… enfin, c'est ce qu'il tenta de faire, mais tout ce qu'il réussit, fut de se faire mal aux fesses en tombant. Grraa ! Il détestait cet aspect d'enfant inoffensif. Il voulait retrouver sa force et les réflexes qu'il avait mis plus dix ans à acquérir avec Altaïr comme la fois où ils s'étaient amusés à mettre des figues de barbarie dans le repas d'Abbas sous son nez et celui d'Ahmad le père d'Abbas. Tous les deux s'étaient esclaffés quand cet idiot était allé aux latrines et avait gémis de douleur en poussant. Ahmad était un bon assassin, pas aussi bon qu'Umar, mais digne d'en être un. Il lui avait dit de se méfier d'Abbas, un père demandant de se méfier de son propre fils. Il n'avait jamais vu cela. Quelques mois plus tard, Ahmad fut capturé et tué par les templiers. Abbas avait accusé Amin et Altaïr d'être responsables de sa mort. La jalousie qu'il ressentait envers les deux futurs assassins était devenue de la haine.

Il sursauta à nouveau quand il entendit un espèce de hennissement et le vagissement d'un phoque. Il ne sentait pas l'eau de mer, ni l'odeur particulière des chevaux. Etrange. Il ne remarqua pas que la petite lumière était toujours là et en regardant autour de lui, il se rendit compte qu'il avait ses dix doigts. Potelés soit, mais dix doigts. Pourtant il avait sacrifié son doigt pour y installer sa lame secrète. Une preuve de plus qu'il était revenu dans son monde. Là où il était né. Son père lui avait expliqué ce qu'il s'était passé quand il était arrivé, peut-être que maintenant la sorcellerie l'avait ramené dans son monde quelques heures après la mort de ses parents. Alors il avait vécu plus de soixante ans durant seulement quelques heures ?! Est-ce que les templiers existaient encore, même existaient-ils ? Il entendit un éléphant descendre les escaliers, puis ouvrir une petite porte.

Autant pour lui, ce n'était pas un éléphant, mais un énorme chrétien d'occident. Froidement d'une voix fluette, il lui ordonna, ne se rendant pas compte qu'il parlait arabe :

-Qui es-tu chrétien ? Et où est Altaïr ?

L'éléphant humain poussa un barrissement, voulut attraper Amin mais se retrouva sur le sol, son doigt prit par la petite menotte de l'enfant qui le lui tordait férocement sans se rendre compte que sa magie lui avait donné une force herculéenne. Ses barrissements de rage devenaient des couinements de douleur. Amin rechercha de quoi assommer cet idiot quand une casserole vola et frappa violemment le crâne de la barrique qui s'effondra avec fracas. L'enfant sortit de la petite pièce et cria :

-Altaïr ?

Dans le silence retrouvé, une petite voix couina pleine d'espérance :

-Amin ? Amin, mon frère, c'est toi ? C'est bien toi ? Amin où es-tu ?

-En bas avec un éléphant phoque, répondit Amin en regardant le chrétien d'occident avec mépris.

-Je viens ! couina la petite voix.

Amin entendit un bruit sourd, le même bruit que le phoque quand il était tombé, puis entendit des petits pas descendre prudemment les escaliers et vit :

-AHAHAHAHAH ! Et après tu osais te moquer de mes fesses ? Tu as vu les tiennes !

-Grrrrr !

Altaïr en gros bébé blond aux yeux bleus se tenant devant lui dans un horrible pyjamas en forme d'ours, avec écrit sur le torse surdimensionné de l'enfant Winny the pooh. Devant Amin hilare, l'enfant se mit à gronder. C'est dans ces moments précis qu'il détestait sa vie. Il avait perdu son aspect normal, il ressemblait à un chrétien, à un gros chrétien. Il ressemblait à un cochon avec une perruque blonde sur la tête. Voyant l'air abattu de son frère, Amin lui dit en tentant de retenir ses rires :

-Allez, c'est pas si grave. Un peu d'entraînement et tu retrouveras ta taille d'assassin.

-Oui tu as raison. Mais nous devons partir d'ici. L'espèce de jument là-haut a hurlé dans une langue étrange. Mais où sommes-nous ?

-Dans mon monde. Le monde où je suis né, répondit Amin qui vit les cheveux de son frère changer pour devenir noir et les yeux fauve. En fait il ressemblait maintenant à l'Altaïr qu'il était enfant. La seule chose qui ne changea pas, fut le tour de taille.

-Hé bien, ton monde est très laid. Et puis il ne sent pas bon, gronda Altaïr. Il y avait une odeur qui piquait le nez, très désagréable.

-Oui. Je voudrais retourner à Masyaf, chuchota Amin tristement.

-Tu n'es pas le seul. Mais Masyaf est vide maintenant ! répondit Altaïr doucement.

-Ils sont tous partis ? demanda son frère.

-Oui, tu en as fait une partie quand tu as demandé aux meilleurs de rejoindre les autres cités et j'ai achevé le travail. J'ai créé un sanctuaire dans notre salle et j'y ai mis vos deux tombeaux à toi et à ma douce Maria. Je me suis assis et je suis mort. Pour me réveiller ici avec une jument et un phoque qui me regardaient.

-Comment es-tu mort ? demanda Amin.

-La bonne vieille vieillesse, répondit le petit gros.

-Oh ! Ça existe ça, un assassin qui meurt de vieillesse ? s'étonna Amin.

-Ben au moins pour moi, répliqua Altaïr avec un léger sourire berchu.

-Bon, allons chercher de quoi manger et boire et puis aussi des lames que nous puissions nous défendre. Ensuite, nous partirons, décida Amin.

-Tu sais que c'est moi le mentor de l'ordre ? bougonna Altaïr.

-Tu seras le mentor quand tu ne ressembleras plus à une petite boule, rétorqua Amin en pouffant de nouveau de rire devant l'aspect porcin de son frère.

-Oh ! Tu n'as pas honte ?!

-Honte ?! C'est quoi honte ? demanda Amin en penchant la tête avec une innocence feinte.

-Tsss ! bougonna faussement Altaïr.

Les deux frères voulurent fouiller la maison quand la Magie des deux enfants fit son œuvre. Ils virent deux petits sacs à dos apparaître et ils virent une boîte rectangulaire blanche s'ouvrir et de la nourriture en sortir et entra dans les sacs sans pourtant les alourdir. Ils virent aussi des bouteilles d'eau sortir d'un placard et entrer dans les sacs ainsi que des couvertures chaudes, des oreillers et des changes pour enfants et de quoi se laver tout cela contenu dans deux petits sacs de rien du tout. Deux petits couteaux bien pointus avec des ouvertures de chaque côté de la lame leur atterrirent dans les mains et enfin, leurs vêtements changèrent. Ce n'était pas la bure des assassins, mais plus des vêtements de nuit pour bébé chrétiens. Les deux enfants virent soudain des bouts de papiers apparaître et aller dans une poche de leur sac. Ils étaient heureux d'avoir du papier, ils allaient pouvoir allumer du feu avec. Altaïr se tourna vers Amin et lui dit :

-Pourquoi on avait pas ça à notre époque ?

-Parce qu'on n'était pas dans mon monde ?

-Oui, c'est vrai. Bon, allons-y avant que le phoque et la jument ne se réveillent, ordonna Altaïr qui plaça le couteau dans sa ceinture suivit par Amin.

-Tu sais que ce sont tes parents !

-Brrrr ! Quel horreur ! Mais mes parents se nommaient Maud et Umar ibn La'Ahad.

-Et tu peux être fier de tes parents.

-Merci mon frère, répondit Altaïr avec un immense sourire.

Les deux enfants quittèrent la maison en laissant les deux adultes assommés. Il faisait nuit noire, et personne ne fit attention à deux enfants qui marchaient dans l'ombre comme deux chatons en quête de proie. Plus ils marchaient, plus leurs corps enfantins s'habituaient à cet exercice difficile. Après tout dans leur tête, ils marchaient depuis plus de quatre vingt onze ans pour Altaïr et soixante deux pour Amin. Soudain, Amin chuchota :

-Je viens d'y penser comment te nommes-tu ici ?

Le manque de réponse de son frère fut un début de réponse, mais à la lumière d'une étrange torche sans feu et devant le rougissement de son frère, Amin eut sa réponse. Son nom de chrétien devait être plus que ridicule.

-Allez, crache le morceau !

-Mmmuchmmm !

-Quoi ?

-La chrétienne m'a appelé… Dudleynouchet !

L'éclat de rire d'Amin réveilla en sursaut un chien qui aboya férocement réveillant ainsi toute la maisonnée. Altaïr siffla :

-Mais tu vas te taire ?! Deuxième règle du crédo, la discrétion.

-Désolé, mais Dudleynouchet ! Je préfère largement Altaïr.

-Et moi donc ! Mais et toi ?

-Quand les templiers me traquaient, ils me donnaient toujours le même nom, Harry. Donc je penses que cela doit-être mon nom de chrétien.

-Tu as de la chance !

-Ça c'est sûr, pouffa Amin.

Les deux enfants croisèrent un parc et sans un bruit, ils disparurent ne laissant aucune trace de leur passage. Ils s'éloignaient de plus en plus afin d'être capable de savoir où ils se trouvaient pour retrouver Masyaf ou au moins Alexandrie. Après quelques heures de marche épuisantes pour leur corps d'enfant, les jumeaux découvrirent une vieille maison délabrée et loin de toutes autres habitations. Utilisant tous leurs sens, ils la scrutèrent et furent soulagés en se rendant compte qu'elle était totalement abandonnée. Ils allaient pouvoir se reposer, puis repartir quand ils sauraient où ils se trouvaient dans le monde. Ils explorèrent la maison, sans savoir que dans une vieille école d'écosse, des alarmes hurlantes s'éteignaient les unes après les autres, car l'enfant avait disparu. Albus Dumbledore ordonna de retrouver le pion de la prophétie, enfin, l'enfant de la prophétie afin de le remettre entre les mains des moldus stupides pour qu'il devienne une marionnette bien obéissante. Cependant, quand les aurors arrivèrent dans la maison des Dursley, ils virent les deux moldus hululer que leur monstre de neveu avait corrompu leur Dudleynouchet.

Grâce à un petit sort de persuasion, les aurors découvrirent que les enfants avaient fait chacun un acte de magie. Le jeune Dudley Dursley en faisant éclater les vitres de sa chambre et Harry Potter en assommant son oncle avec une casserole après l'avoir écrasé au sol. Donc, il y avait deux jeunes sorciers de quinze mois qui se promenaient avec des pouvoirs dangereusement puissants et totalement incontrôlables. Ils s'étaient aussi rendus compte que le pouvoir d'Harry Potter était brut, sans la moindre contrainte. Pourtant, ils savaient qu'Albus Dumbledore avait placé un scellé sur la magie de l'enfant. Acte totalement illégal, mais le Ministère de la Magie avait fermé les yeux afin de pouvoir contrôler un sorcier extrêmement puissant. Hors que la magie d'un sorcier se libère d'un scellé avant la majorité de ce sorcier, cela n'arrivait jamais sauf quand la Magie décidait de supprimer des sorts jetés sur des enfants élus de prophétie. Donc Harry Potter était bien l'élu de la prophétie. Les deux enfants devaient être retrouvés au plus vite pour leur propre sécurité.

Loin de cette panique, les deux petits découvrirent que la vieille maison était une ancienne forge. Les enfants étaient ravis, ils allaient pouvoir forger leurs lames secrètes avec toutes les modifications qu'avaient créé Altaïr vers la fin de sa vie. Mais, leurs joies enfantines s'effondra quand ils découvrirent que leur tête n'arrivait même pas au niveau de la forge. Amin se tourna vers Altaïr et lui demanda :

-Qu'allons-nous faire ?

-Nos corps sont trop jeunes. Nous ne pouvons nous débrouiller seuls, même avec nos esprits d'adulte.

-Tu as raison. Mais comment faire ? Connais-tu ce monde ?

-Non ! Et si nous demandions à la sorcellerie, c'est elle qui nous a amené ici. Elle pourrait nous aider à nous sortir de ce pétrin.

-Comment fait-on ? demanda Amin.

-Heu… répliqua intelligemment Altaïr.

-Ça aide beaucoup, grogna son frère.

-Bon, allons déjà nous coucher et reprenons des forces. Peut-être aurons-nous une idée au sortir du sommeil, décida Altaïr qui était totalement épuisé avec le poids de graisse qu'il devait porter.

-Oui, c'est une bonne idée.

Les deux frères cherchèrent une chambre pas trop délabrée et trouvèrent une petite pièce avec un vieux lit poussiéreux. Ils se moquaient de la poussière, il n'y avait que ça à Masyaf, du sable et de la poussière. En quelques secondes, ils s'endormirent sans se rendre compte qu'ils l'avaient échappé belle, car s'ils avaient utilisé la magie, ils seraient de retour entre les mains des sorciers. Ils dormirent un jour et une nuit et se réveillèrent au lever du deuxième jour. Ils étaient en pleine forme et affamés. Souriants, ils piochèrent dans leur petit sac et mangèrent des fruits et burent une petite bouteille orange. Le gout fut merveilleux, c'était comme de la bigarade, mais en plus doux et en plus sucré. Les deux enfants burent avec plaisir le contenu des petites bouteilles, puis rangèrent ces dernières dans leur sac afin de les réutiliser plus tard. Maintenant repus, surtout pour Amin, car Altaïr avait encore faim, mais il se restreignait afin de rationner la nourriture et l'eau, ils discutèrent de ce qu'ils devaient faire. Rester ici ou partir rejoindre les assassins à Alexandrie, enfin, si les assassins existaient dans ce monde bien sûr.

-Bon, nous sommes en Angleterre. Et c'est une île. Comment allons-nous rejoindre le continent ? Par bateau ? demanda Altaïr.

-Oui, mais deux enfants de moins de trois ans dans un bateau, ça risque de ne pas être discret, remarqua Amin.

Ils se regardèrent tous les deux et avec un sourire s'exclamèrent :

-Sauf si on se cache !

Avec le même sourire, ils mirent en place le plan pour rejoindre le port le plus proche. Ils ne savaient pas dans quelle région d'Angleterre ils se trouvaient et ne savaient pas qu'ils étaient traqués par les sorciers. Après avoir mis en place leur plan, les deux enfants décidèrent d'aller se coucher et de partir à la nuit tombée. Silencieusement, ils quittèrent leur abri, puis allèrent vers la ville la plus proche. Cependant, au lieu de s'approcher de Londres, ils s'en éloignaient et montaient vers le Nord et non vers l'Est. En un mot, ils étaient totalement perdus et cela, ils ne le savaient pas, car ils avaient été élevé en Syrie et non en Angleterre. Alors ils en étaient réduits à marcher. Amin était très inquiet pour Altaïr, son frère était trop gros et il avait beaucoup de mal à le suivre. Toutes les heures, ils étaient obligés de s'arrêter pour qu'Altaïr se repose. De plus, outre la fatigue de son frère, il y avait le temps qui ne s'arrangeait pas. Il faisait de plus en plus froid et ils n'avaient pas de vêtements adaptés pour ces températures. Voir Altaïr trembler de froid, brisait le cœur d'Amin. Ils avaient toujours été là l'un pour l'autre depuis que Rauf les avait fait se rencontrer. Cela faisait plus de huit heures qu'ils marchaient et ils ne voyaient rien, pas de maison, pas de ferme, mais seulement un chemin noir craquelé et en mauvais état.

Amin accéléra soudain, grimpa dans un arbre et regarda tout autour pour détecter un signe de vie. Il ne voyait rien, car le brouillard du matin était tombé. Ils avaient marché toute la nuit et ils devaient se reposer. Soudain, il vit un peu plus loin sur la gauche un sombre bâtiment. Il était soulagé, ils allaient pouvoir dormir et manger un peu. Amin redescendit et vit Altaïr adossé à l'arbre en haletant, l'épuisement se lisant sur son visage bouffi. Si au début le voir énorme l'avait fait rire, maintenant, ce n'était plus aussi amusant. Il devait se reposer plus. Pourquoi pas s'installer dans le bâtiment qu'il avait vu et attendre les beaux jours Aucun des deux ne pourraient supporter un voyage aussi long en plein hiver. Oui, c'était la meilleure chose à faire. Amin prit le bras d'Altaïr, le passa autour de son cou et l'aida à se relever et à marcher.

Ils marchaient lentement, quand l'espoir inonda le cœur d'Altaïr. Il allait pouvoir se reposer et se soigner. Il avait terriblement mal aux pieds et aux jambes. Les deux enfants entrèrent dans la vieille grange et virent un bâtiment quasiment en ruine. Amin tenta d'ouvrir la porte, mais les gongs étaient rouillés. Il s'énerva quand il vit qu'Altaïr allait bientôt tourner de l'œil. Sa rage était telle que sa magie se déclencha et le vieux bâtiment délabré se transforma en une maison chaleureuse et en parfait état. Son explosion de magie fut détectée par les sorciers, mais elle avait été trop brève pour savoir où exactement elle se situait. Amin soulagé, traina difficilement Altaïr dans une chambre et l'aida à monter sur un lit. L'enfant s'endormit en quelques secondes ce qui permit à Amin de retirer les chaussures d'Altaïr. Il fouilla dans leurs affaires et gronda en ne trouvant que de l'eau, de la nourriture et de quoi dormir. Il n'y avait aucun onguent pour soigner des pieds abimés et il ne savait pas comment le soigner. Comment faire ? Il n'était pas un érudit et encore moins un guérisseur. Il était un assassin, un guerrier. C'est ce qu'ils auraient dû faire. Entraîner les assassins pour qu'ils soient capables de se soigner les uns, les autres.

Par le Crédo, pourquoi ne pouvait-il pas toucher son frère et d'un coup le soigner ?! pesta-t-il intérieurement en nettoyant les pieds ensanglantés de son frère. Il sursauta quand les pieds d'Altaïr se soignèrent tout seul. Ah si ! Il était capable de le faire.

Plus il voyait ce qu'il était capable de faire avec la magie, plus il l'aimait. Maintenant qu'Altaïr était soigné, Amin décida de faire à manger. Il sortit de nouveau la nourriture qu'ils avaient et en fit l'inventaire. Ils avaient de l'eau, deux grandes bouteilles lourdes et cinq petites, le bon jus de bigarade une dizaine de petites bouteilles, des œufs protégés dans quatre boites d'une étrange matière poreuse grise, quatre énormes poulets (dindes), ainsi que dix petits poulets, une soixantaine de minuscules poulet (cailles), il y avait aussi des fruits et des légumes à foison ainsi que des pots en verre magnifiquement ouvragés fermé par un bouchon en métal. Et tout cela se trouvait dans le sac d'Amin.

L'enfant fouilla le sac de son frère et découvrit du pain ainsi que du lait, quatre pots remplis de crème fraîche et de la viande de bœuf, de mouton et du poisson, trois énormes poissons ( saumon), du fromage ainsi que trois énormes boites avec écris dessus "corn flakes", ainsi que trois boîtes avec écris "powder cocoa". Il ne savait absolument pas ce que c'était. Ça devait être un repas normal pour les chrétiens d'Angleterre. Au moins, il était content, il y avait suffisamment de nourriture pour au moins six mois s'ils faisaient attention. Au moins, pendant les temps d'hiver, Amin allait entraîner Altaïr afin qu'il perde la graisse qui menaçait sa vie. Il espérait qu'en trois mois son frère aurait perdu une bonne partie de son poids et qu'ils puissent reprendre leur route vers le continent.

Il rangea la nourriture en laissant deux bouteilles d'eau, ainsi que deux minuscules poulets, une carotte, un navet, un étrange tubercule ovale et marron, un poireau, le bœuf et la crème fraîche. Il déposa la nourriture sur la table de la cuisine et trouva un âtre avec à l'intérieur un chaudron. Il y vida une bouteille d'eau, puis utilisant les papiers que la magie lui avait donné, il alluma un bon feu et plaça le chaudron au-dessus du feu. Pendant que l'eau chauffait, il prit une petite bouteille d'eau et nettoya les légumes avant de les couper et de les jeter dans le chaudron. Ensuite, il prit le morceau de viande et découvrit un énorme morceau entouré par de la corde. Il était trop gros pour eux deux, alors il décida de ne prendre qu'une petite tranche qu'il coupa en petits morceaux et les jeta dans le chaudron. Le reste de la viande, il le rangea dans le sac. Il sentait que la viande ne risquait pas de se gâter s'il faisait cela.

En attendant que le repas cuise, Amin fouilla les placards et découvrit des écuelles, des verres, des couteaux et des fourchettes. Il installa prépara la table, puis s'assit à côté du feu et se réchauffa en touillant la soupe qu'il préparait. Il ne sentait pas les larmes qui coulaient le long de ses joues. La magie lui avait rendu son frère, ses larmes silencieuses s'accompagnèrent bientôt de hoquets, puis il éclata en sanglots. En effet, un souvenir de sa vie auprès de ses parents biologiques venaient de lui revenir en mémoire. Il voyait sa mère, magnifique aux cheveux aussi roux que des braises, qui cuisinait un bon repas en riant d'une blague de son père. Son père, il était grand et le faisait rire aux éclats en le faisant voler sur un balais ou le faisait monter sur son dos quand il était sous la forme d'un cerf. Ces souvenirs, il allait les chérir comme son plus grand trésor. Il savait maintenant que ses parents l'avaient aimé de toutes leurs forces et que s'ils avaient survécu, ils auraient été les meilleurs parents du monde.

Quand ses larmes se tarirent, il prit de profondes respirations, puis décida de continuer à faire la cuisine. Il recommença à fouiller dans la cuisine et découvrit une petite boîte dans un placard. Il l'ouvrit délicatement et découvrit du sel. Il y en avait pour une fortune là dedans. Il découvrit aussi de la farine et comble de la richesse du sucre et des épices du monde entier, de la cardamome, du safran et des épices qu'il ne connaissait pas. Il mit un peu de sel dans son potage, puis décida de faire des galettes comme les faisait Aicha. C'était d'ailleurs elle qui lui avait appris à faire la cuisine quand elle n'avait pas le temps avec leurs enfants. Il reconnaissait que ce n'était pas les merveilles que pouvaient créer sa femme, mais c'était mangeable. Tous les souvenirs de sa vie de couple avec son épouse adorée lui revenaient en mémoire, il n'avait pas envie de pleurer, car il se sentait plus fort en se rappelant de son ancienne vie.

Il était en train de touiller la pâte à galette quand il se rendit compte qu'il n'avait pas de poêle. Quand la pâte fut prête, il fouilla dans les placards et découvrit une poêle totalement plate avec un tout petit rebord. Il chercha un petit réchaud mais au lieu de cela, il trouva un bol en métal qu'il posa sur le feu. Ensuite, il posa la poêle sur le bol et jeta dedans un morceau de beurre. Alors qu'il regardait le beurre fondre, il entendit des bruits à l'extérieur. Il alla chercher un couteau et se posta près de la porte. Il vit à ce moment précis qu'il y avait des verrous mais que la plupart étaient trop haut pour lui. Il prit une grande respiration, puis se concentra sur ce qu'il voulait, à savoir la fermeture des verrous. Il vit les verrous tressauter un peu, puis se fermer les uns après les autres. Ce qu'il ne pouvait savoir c'est que sa magie avait fait disparaître la maison. Pour tout le monde, il n'y avait qu'un gouffre dangereux suite à l'effondrement d'un tunnel de mines.

Amin écouta calmement et entendit de nouveau les bruits qui se rapprochaient de plus en plus vite de la maison. Il s'éloigna de la porte et suivit les bruits jusqu'à ce qu'il arrive devant une fenêtre entrouverte. Avant de pouvoir grimper pour la refermer, il découvrit l'être qui l'avait mis dans tous ses états, une chatte et d'après l'état de son ventre, elle était pleine. L'animal épuisé sauta dans la maison, puis rechercha un endroit pour mettre bas. La pauvre bête avait trouvé quelques temps auparavant un endroit sûr pour avoir sa portée, mais des hommes étaient arrivés et l'avaient chassé. Elle avait peur, elle avait faim et froid. Amin voyant ce pauvre animal tremblant décida de l'aider. Il alla chercher un coussin dans son sac, puis ouvrit un placard, le vida des ustensiles qui s'y trouvaient et installa le coussin. La futur mère voyant cela, s'approcha de l'endroit et s'y sentit bien et à l'abris. Elle pénétra dans le placard et faillit s'y endormir. Amin voyant la faiblesse de l'animal décida de lui préparer à manger. Il sortit le bœuf, coupa une bonne tranche qu'il découpa en cube et le fit revenir dans la poêle avec un peu de pâte à galette. Quand ce fut cuit, il découpa la galette et la donna au petit félin qui se jeta dessus et la dévora en une fraction de secondes. La futur mère se recoucha et s'endormit paisiblement le ventre plein et la sensation de ne plus rien risquer.

Amin retourna à la fenêtre pour la refermer, puis recommença à faire la cuisine tout en entendant les ronronnements ravis du petit félin. Dieu qu'il avait faim, la soupe était quasiment prête et les épaisses galettes se cuisaient sans problème dans la poêle. L'odeur montait dans les étages et avec un petit sourire, il entendit un bruit. Altaïr allait bientôt se réveiller et tout serait prêt pour son frère. Une vingtaine de minutes plus tard, Altaïr descendit les escaliers et demanda :

-Nous repartons ?

-Non ! Nous allons rester jusqu'à la fin de l'hiver. Cela te donnera le temps de perdre du poids et de te muscler sans t'épuiser à marcher.

-Tu as raison. Je n'en peux plus. Je suis constamment fatigué.

-Allez ! Viens manger, ensuite tu retourneras te coucher après une bonne douche.

Altaïr lui fit un sourire fatigué et mangea avec appétit la soupe d'Amin ainsi que les galettes. Quand il eut terminé, il serra son frère contre lui et tenta de ranger le couvert, mais Amin lui demanda de retourner se coucher. Altaïr alla se doucher et soupira de soulagement en sentant de l'eau chaude couler sur son corps fatigué. Il se lava rapidement, massa son corps énorme, puis après s'être séché, il retourna se coucher. Il dormit deux jours complets. S'il était constamment épuisé, c'est que sa magie n'avait jamais pu se reposer depuis qu'il avait repris l'aspect qu'il avait quand il était enfant à Masyaf. Ce qu'il ne sut pas non plus, c'est que la Magie était en train de boulotter toute la graisse qui l'entourait pour être suffisamment puissante pour protéger son sorcier.

Alors qu'Altaïr dormait comme un bébé, Amin voulut ranger la cuisine, quand il se rendit compte que tout avait disparu et que tout était rangé dans les placards. Il était heureux de ne pas avoir à le faire et remercia sa magie de l'aider autant. Peu avant de monter se coucher, il retourna voir la petite chatte qui dormait bienheureusement, son petit ventre montrant la courbure d'un estomac plein. Voulant être sûr qu'elle aurait quelque chose à boire et à manger, Amin découpa les restes et les mit dans une assiette devant le placard, puis il prit un bol, le déposa un peu plus loin, puis le rempli d'eau. Maintenant sûr que l'animal aurait de quoi manger, il alla prendre sa douche et soupira de bien-être en sentant de l'eau chaude couler sur son corps fourbu. Il n'avait jamais eu de bain à l'eau chaude. Il sursauta quand il vit un bouteille s'approcher de lui, puis une partie du liquide tomba sur sa tête et il sentit comme des mains lui frotter la tête et tout le corps avant de le rincer et de l'habiller. Amin pouffa de rire en se couchant et ne put s'empêcher de murmurer :

-Mère poule !

Il ne sentit jamais sa magie apparaître quelques instants et lui embrasser la joue avant de le border comme une mère le ferait avec son enfant. Elle fit de même pour Altaïr, puis protégea la maison avant de disparaître dans le corps d'Amin pour se ressourcer.

Loin de là, Albus Dumbledore hurla de rage, les dernières alarmes s'étaient éteintes et les sorts de localisations avaient disparu. Il ne savait absolument pas où se trouvait ce sale gosse. Il avait bien tenté de les remettre, mais cela avait totalement échoué car il devait tenir l'enfant pour le faire. En tant que président du Magenmagot, il avait ordonné qu'Harry Potter soit retrouvé, mais impossible. Au moins, Black était en prison et il ne pourrait pas avoir la garde de Potter. Quant à Remus il était dans une meute en France. Il avait bien tenté de retrouver Potter lui-même, mais dès que le gosse avait quitté la maison des Dursley, il avait perdu la trace du môme.

Dans la campagne anglaise, l'enfant recherché se réveilla en sursaut en entendant des gémissements venant de la cuisine. Il descendit et s'approchant de l'origine des gémissements, il découvrit la petite chatte qui était en train de mettre bas. Il ne savait pas quoi faire et comme pour l'accouchement de son épouse, il ne put que soutenir le petit animal souffrant. Il caressa tendrement la petite chatte et fut surpris quand sa magie réagit avec l'animal. Une douce lueur entoura la future mère qui sentit la douleur disparaître. Le pauvre animal reprit des forces et put souffler et au bout de deux heures, la petite chatte accoucha de cinq chatons dont trois étaient mort-nés. Amin caressa de nouveau la petite chatte qui lui lécha la main, comme pour le remercier de ce qu'il avait fait pour elle. L'enfant prit délicatement les trois petits cadavres et voulut aller les enterrer. De nouveau, sa magie fit des siennes et entoura les trois chatons qui prirent leur première respiration et poussèrent des petit cris perçant. Il retourna auprès de la jeune mère et déposa les trois survivants contre elle. La petite chatte attrapa les trois chatons dans sa gueule et les posèrent au niveau de ses tétines pour qu'ils puissent boire. Quand ils furent tous près de son ventre, elle se mit à lécher ses petits survivants et les aider à prendre leur première tété. Il décida de lui donner un peu à manger pour lui permettre d'avoir suffisamment de lait pour ses chatons. La nouvelle mère mangea et but ce que lui donnait Amin. Quand le petit animal fut rassasié et abreuvé, il se rendormit en ronronnant et en donnant des derniers coups de langues à ses chatons.

Amin se coucha et entendit sa magie lui souffler :

-Elle et ses petits resteront avec vous. Ils seront les nouvelles mascottes des assassins. Protège-les et tu ne le regretteras jamais car ils seront capable de détecter les ennemis et les traitres.

Amin s'endormit profondément mais se jura un peu avant de toujours protéger ses félins. Quand il se réveilla le lendemain, il sentit un poids sur son lit. En se redressant, il découvrit la petite chatte qui dormait lovée autour de ses chatons. Il caressa de nouveau l'animal qui lui lécha la main, puis se rendormit en ronronnant.

Amin eut un léger sourire, puis décida de quitter sa chambre et de préparer un bon repas. Il alla dans la chambre de son frère et le découvrit entouré par une puissante lueur dorée. Il eut un léger sourire, son frère était comme lui, il était un sorcier. Il referma la porte et rejoignit la cuisine. Il cessa tout mouvement quand il entendit des pas près de la maison. Silencieux, il se faufila près des fenêtres, regarda et écouta. Il n'alluma aucune lumière et utilisa la vision de l'Aigle et découvrit que les hommes, il y en avait trois, étaient auréolés de la lumière rouge des ennemis. Il devait les tuer avant qu'ils ne pénètrent dans la maison et mettent en danger la vie d'Altaïr. Il prit trois couteaux, puis grimpa dans les étages, monta dans le grenier et sortit par une fenêtre. Difficilement, il monta sur le toit et se prépara à se jeter sur les hommes pour les tuer rapidement. Soudain, il se rendit compte que les hommes tournaient en rond, comme s'ils ne voyaient pas la maison. L'un des hommes cracha :

-Impossible ! Ce vermisseau a lancé un fidélitas!

-On doit capturer ce sale gosse de Potter ! Il n'a que deux ans que peut-il bien faire contre des mangemorts comme nous ! siffla la femme.

Avant que quiconque puisse lui répondre, Amin attaqua. Il sauta sur les deux hommes et les poignarda à la nuque avec les couteaux qu'il tenait fermement. Entrainé par la chute des deux cadavres, il lâcha les deux lames, puis roula sur le sol avant de lancer la troisième lame qui déchira la joue droite de la femme en face de lui. La femme hurla de douleur en tenant sa joue déchirée profondément. Si profondément que les nerfs furent instantanément sectionnés. La femme trembla de terreur quand elle vit sa mort dans le regard gelé de l'enfant. Elle était n'avait jamais eu peur, mais là, elle sentait que malgré la différence d'âge et de taille, elle ne faisait pas le poids face à un tueur sans merci. Elle transplana immédiatement en laissant à la place une mare de sang. Amin se tourna vers les deux cadavres et ne savait pas comment se débarrasser d'eux, sachant qu'il ne devait pas y avoir de hyène dans le coin.

Grace à lever du soleil, il vit qu'il y avait une cavité à une dizaine de mètre de la maison. Il s'approcha des deux corps, puis les poussa vers le gouffre qui les engloutit en quelques secondes, les faisant disparaître de la surface de la terre. Amin retourna dans la maison et chercha une bougie mais en vain. Il eut une idée et rejoignit le gouffre. Il se concentra sur de la lumière et comme dans la maison de l'éléphant phoque, une petite boule lumineuse apparut. Ravi, il la fit descendre dans le trou et découvrit un puits. Le puits d'aération d'une mine. Il espérait que la mine soit fermée, sinon tout le monde rechercherait le meurtrier des deux hommes. Maintenant soulagé que ce ne soit qu'une aération, il retourna dans la maison. Il ferma les verrous et se rendit compte qu'il avait pu rentrer sans avoir à rouvrir. Il adorait la magie. Tout content, il alla dans sa salle d'eau et prit une bonne douche tout en lavant ses vêtements tâchés de sang. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu à laver du sang. Mais bon. Il était un assassin, il n'avait connu que cette vie et il y était habitué.

Quand ses vêtements furent propres, il les posa sur un fil et les laissa sécher, puis prit des vêtements de rechange et s'habilla. Ensuite, il retourna dans la cuisine et se prépara un bon petit déjeuné. Il faut dire que tuer deux hommes et mutiler une troisième, ça donnait faim. Après un bon repas, il alla s'étirer avant de faire l'entraînement que les assassins faisaient depuis qu'Altaïr était devenu mentor. C'était un entraînement dur et pourtant parfaitement adapté pour un enfant. En effet, chaque âge avait son entraînement, les bébés quand ils commençaient à marcher, portaient des vêtements un peu plus lourd dès qu'ils avaient des facilités avec le poids précédent, jusqu'à ce qu'ils aient cinq ans et là, ils s'amusaient à jouer aux assassins avec des poids aux chevilles, aux poignets, à la taille et autour du cou. Les enfants ne se rendaient pas compte qu'ils étaient entraînés jusqu'à dix ans où les poids se transformaient en cotte de maille et où ils apprenaient à utiliser les premières lames.

Quand son jeune corps lui supplia d'arrêter, bien trop tôt pour lui, il alla prendre une énième douche et alla voir son frère. Altaïr était toujours entouré par la lumière blanche qui avait l'air d'être plus intense qu'auparavant. Peut-être que sa magie était fatiguée et qu'elle se reposait. Mais bon, il ne connaissait pas bien la façon dont fonctionnait la magie. Mais si elle faisait cela, c'est qu'Altaïr et elle en avaient besoin. Donc, il ne réveillerait ni l'un ni l'autre. Au lieu de cela, il alla dans sa chambre et vit la petite chatte qui s'étirait alors que ses chatons dormaient repus et heureux. Quand elle vit Amin, elle poussa un petit miaulement interrogatif, puis se mit sur le dos et posa ses pattes sur le ventre. Le jeune enfant comprit immédiatement et sans un bruit, lui demanda de le suivre. L'animal sauta du lit, puis le suivit jusque dans la cuisine. Amin découpa encore un morceau de bœuf, ainsi qu'un peu de poulet qu'il découpa en petits morceaux ainsi que des morceaux de carottes quand il lui donna sa pitance, elle lui tourna le dos d'un air dégouté. Pouffant de rire, Amin reprit le repas et le fit cuire dans une poêle beurrée. Au bout de quelques minutes, il lui donna ce repas et l'animal se jeta dessus et le dévora. L'enfant, les yeux rieur, lui dit :

-Eh bien, petit chat. Tu es bien difficile. Je ne vais pas continuer à t'appeler petit chat… Alnamar. Ça te va bien.

Pendant qu'Alnamar mangeait gloutonnement, Amin se demandait qui étaient ceux qui le recherchaient et comment allait celle qu'il avait défiguré.

Loin de là, la femme apparut dans un magnifique manoir. Entendant le bruit de transplanage et les cris de douleur de la femme, les habitants du manoir accoururent et virent la femme allongée sur le sol dans une mare de sang.

-Bellatrix ! Par Merlin ! Que s'est-il passé ?! s'exclama une belle femme blonde comme les blés.

-Narcissa ! Ma mie écarte-toi que je puisse l'aider, lui ordonna son époux aux cheveux de la même couleur que son épouse.

-Oui, Lucius.

Narcissa s'écarta et Lucius aida sa belle-sœur se relever et eut un mouvement de recul quand il vit la terrible blessure qui déchirait la joue de Bellatrix Lestranges. Le côté droit du visage de la jeune femme était rouge du sang qui jaillissait de l'horrible plaie béante. Narcissa mit sa main sur sa bouche retenant le cri d'horreur qui voulait quitter ses lèvres. Elle n'avait jamais vu de pareilles blessures, mais Lucius oui. Sa belle-sœur avait eut affaire à un assassin. Il appela un elfe de maison qui ramena des potions de soin. Lucius lui donna une potion contre la douleur, puis alla mander le médicomage de la famille Malefoy. Le vieux médicomage pénétra dans le manoir et voyant l'état de sa patiente, il se précipita sur elle et lui lança des sorts de soin. Il ne comprenait pas, tous les sorts de soin qu'il lançait sur la jeune femme ne fonctionnaient pas. Il n'avait vu cela qu'une seule fois dans toute sa carrière de médicomage. Il fut dans l'obligation de la soigner à la manière moldue.

Il dut repartir dans son cabinet, puis revint avec de quoi la soigner. Il prit une fiole et la vida sur la plaie pour la nettoyer. Les sorciers pensaient que c'était une potion de soin, alors qu'en fait c'était un antiseptique moldu, l'eau de Dakin. Quand la plaie fut propre, le médicomage prit un pot dans lequel se trouvait une pommade, aussi moldue que la lotion. Il badigeonna la joue et les contours de la plaie par la pommade. Bellatrix sentit la douleur s'estomper et disparaître, chose que les potions antidouleur n'avaient pas fait. Le médicomage prit une aiguille et un fil de soie et commença à faire des points de sutures. Quand il termina les soins, il protégea la cicatrice par un pansement. Maintenant que les soins étaient finis, Lucius demanda :

-Va-t-elle garder une cicatrice ?

-Oui ! Les blessures des assassins ne se soignent pas par magie. Elle gardera à jamais les traces de cette cicatrice. De plus, le nerf facial a été sectionné par la lame. Elle ne retrouvera jamais la capacité de mouvoir le côté droit de son visage. Elle va devoir faire des séances de rééducation pour pouvoir parler normalement.

Narcissa se mit à pleurer en serrant sa sœur totalement défigurée contre elle. Le médicomage fut remercié par la famille Malefoy et quitta le domaine en ayant perdu une partie de ses souvenirs comme le voulait le contrat qu'il y avait entre lui et la famille Malefoy. Lucius demanda à sa belle-sœur :

-As-tu blessé ton agresseur ?

-Non ! Je n'ai pas eu le temps de réagir. Il a tué Rabastan et Rodolphus d'un coup, des coups de poignards dans la nuque, je crois. Puis, il a lancé un poignard qui m'a fait ça.

-Pourquoi un assassin adulte t'a attaqué ?

-Il n'était pas adulte, murmura Bellatrix encore choquée.

-Comment ? s'exclamèrent Lucius et Narcissa.

-Rabastan, Rodolphus et moi, nous recherchions le gosse Potter pour le tuer. Et c'est là qu'il nous a attaqués. On a rien compris. C'était un enfant, cheveux noirs, yeux verts encore plus froids que la glace.

-Cheveux noirs, yeux verts ?! Potter serait un assassin ? C'est impossible. Il n'a que quinze mois. Tu as dû te tromper. Le choc et la douleur t'ont fait croire que c'était un enfant. Les assassins sont tout à fait capable de te faire croire ce qu'ils veulent.

-Je… c'est vrai. Ça veut dire quoi alors ?

-Que Potter est entre les mains des assassins. Et qu'il va en devenir un ! Je ne me mettrais pas sur son chemin. Les sorciers ne peuvent blesser les assassins et encore moins les tuer. Même le maître n'a pas pu en tuer un seul, songea Lucius.

-Je veux me venger, gronda Bellatrix. Les deux blonds la regardaient avec perplexité.

-Comment ?

-Je veux le retrouver et le tuer ! Il m'a défiguré ! IL DOIT MOURIR ! hurla Bellatrix les yeux se voilant de folie.

-Bellatrix ! Tu ne peux pas ! Tu mourras ! Ils te tueront ! C'est ce qu'ils font toujours avec les mangemorts ! Ils les retrouvent et ils les tuent ! Les sorts anti-moldus ne fonctionnent pas sur eux !

-Je vais retrouver le maître et ensemble nous les détruirons !

La brune éclata d'un rire fou. Les deux blonds le savaient, elle avait totalement perdu l'esprit. Elle allait s'attaquer à plus fort, beaucoup plus fort qu'elle. Lucius et Narcissa se regardèrent, puis Lucius lui dit :

-Vas sans moi ! Je ne m'attaquerais pas aux assassins, ils sont dangereux et si leurs apprentis sont en danger, ils le sont encore plus.

-Espèce de lâche ! J'irai seule alors !

Bellatrix folle de rage arracha le pansement qui protégeait sa balafre et disparut en sifflant de fureur. Telle une furie, elle rejoignit des mangemorts aussi obsédés qu'elle pour aller retrouver leur maître pour détruire les assassins et ce satané Potter. Ils étaient trois à être venus avec elle, les tristement célèbres frères Carrow et le propre fils du directeur de la justice magique, Barty Croupton junior. Ils étaient venus avec elle afin de détruire les assassins et seul leur maître pourrait le faire. Cependant, ils ne savaient absolument pas où il pouvait être. Ils décidèrent alors d'aller à la source des problèmes, si les Potter étaient morts, il restait les Londubas. Ils allèrent donc retrouver cette vieille famille de Sang-Pure et les torturèrent pendant des heures pour avoir l'emplacement de leur maître. Mais Franck et Alice ne savaient rien et devinrent totalement fous à cause du trop grand nombre de doloris. Bellatrix voyant l'état des Londubas poussa un cri de rage qui se termina en hurlement de fureur quand les aurors défoncèrent la porte et l'arrêtèrent. Elle tenta bien de les attaquer quand elle vit au loin une silhouette qui observait l'action. Elle le voyait alors que personne d'autre n'arrivait à la voir. Elle voulut se précipiter sur la silhouette de l'assassin quand elle se rendit compte qu'elle ne pouvait plus bouger car immobilisée par un stupefix.

Au lieu d'attendre six mois pour leur procès, ce dernier fut instruit trois jours après les faits, car les Londubas étaient une famille très appréciée et la rage grondait après cette attaque en traitre qui laissait des parents totalement fou et un petit enfant quasiment orphelin. Les quatre suspects furent amenés par des aurors rageurs qui auraient préféré les abattre plutôt que leur donner un procès. Les quatre mangemorts furent installés sur dans le box des accusés sous des hués et les insultes du public. Soudain, il y eut un silence de mort quand Bellatrix releva la tête et que tous firent l'atroce balafre sanglante qui la défigurait et surtout tout le côté droit de son visage qui était totalement affaissé. C'était une vision horrible, car les sorciers n'avaient jamais vu des blessures pareilles, mais certains des plus vieux aurors si. Ils avaient déjà vu cela durant la guerre, quand les mangemorts s'attaquaient à des villes moldues dans laquelle se trouvaient des cellules d'assassin. Ces derniers attaquaient toujours les mangemorts par surprise et les décimaient. Les sorts ne fonctionnaient pas, car les assassins se mouvaient à une vitesse inhumaine. Ils évitaient les sorts avec une facilité qui faisaient baver d'envie le meilleur des aurors. Maugrey se rendit compte que cette folle avait eu donc à faire à un assassin, c'était le seul mangemort qui n'avait jamais réussi à survivre à une rencontre avec la confrérie, avec Tu-sais-qui bien sûr. Il s'en rappelait comme si c'était hier, alors que cette affaire avait eu lieu six ans auparavant.

Les mangemorts et leur maître avaient décidé de s'attaquer à la ville de Londres. Le problème, c'est qu'ils tombèrent sur le bureau des assassins et qu'ils l'abîmèrent. Les assassins étaient sortis comme des frelons de leur nid et avaient attaqué les mangemorts. Les plus jeunes avaient été éliminés en quelques secondes, puis ils avaient attaqué les plus puissants. L'un d'entre eux avait été blessé par Tu-sais-qui. C'était d'ailleurs le seul sorcier qui ait jamais réussi à blesser un assassin et encore avec le souffle d'un diffendo. Les autres assassins lui étaient tombés dessus et il avait dû fuir en se tordant de douleur tandis que les mangemorts se faisaient totalement massacrer. Quand les assassins en avaient eu fini avec les mangemorts, ils s'étaient tournés par les aurors. Ils allaient se jeter sur eux pour les tuer, quand un jeune né-moldu leur avait dit d'un air ébloui :

-Par les culottes de Rowena ! Ce que vous êtes rapides. On nous apprends pas à faire ça chez les aurors !

-Aurors ? gronda l'un des assassins.

-Policier !

-Hmmm ! Donc vous n'êtes pas avec la face de raie ?

-… Le grand en noir ?

-Ouais.

-Non ! Nous le combattons !

Les assassins avaient souri, puis ils avaient disparu. Le jeune né-moldu avait disparu lui aussi et plus personne ne l'avait jamais revu, ni lui ni son épouse. Les mangemorts n'avaient même pas laissé un corps.

Maugrey se tira des souvenirs en entendant Barty Croupton junior supplié son père qui l'envoya avec une rage intense crevé à Azkaban. L'épouse de Croupton tomba dans les pommes alors que Bellatrix Lestrange son visage en guingois riait comme une folle. Avant d'être emmené dans la prison des sorciers, elle éclata d'un rire fou, puis bascula dans la rage la plus pure en hurlant :

-Notre maître reviendra et ils mourront tous !

Les sorciers ne savaient pas de qui elle parlait, mais elle n'avait pas l'air de parler des nés-moldus ou des traitres à leur sang. Elle partit à Azkaban en ne parlant pas une fois d'Harry Potter, l'apprenti assassin.

Loin de là, Amin entendit des bruits dans la chambre de son frère. Altaïr allait enfin se réveiller. Il lui prépara un bon petit déjeuné et attendit son arrivé. Amin eut un léger petit rire quand il vit arriver Altaïr avec les cheveux dans tous les sens comme les siens. Ils ressemblaient vraiment à des frères maintenant. Il remarqua aussi qu'il avait perdu beaucoup de poids, mais il lui en restait encore trop pour être au top de ses capacités. Oui, ils resteraient ici tout l'hiver puis quand Altaïr sera prêt, ils repartiront. Dommage, il commençait à bien aimer cette maison. Mais bon, les assassins étaient plus important qu'un lieu de repos, même s'il avait été créé pour eux par la Magie.

Altaïr marchait pour son frère, mais il n'en pouvait plus. Le poids qu'il supportait l'épuisait et il n'arrivait pas à se reposer quand il dormait, il était toujours fatigué. Il marchait à l'aveugle, il ne voyait plus rien sous la fatigue. Il mangeait ce qu'Amin lui donnait, puis s'effondrait et recommençait à marcher inlassablement. Même dans les pires moments de sa vie, il n'avait jamais sentit un tel épuisement lui tomber dessus. Il s'effondra et sentit son frère l'aider à marcher, puis le déposer sur un lit. Il avait vaguement senti la douleur de ses pieds disparaître, puis s'endormit profondément. Quelques heures plus tard, il s'était vaguement réveillé, avait mangé le délicieux repas préparé par son frère, puis plus rien.

Quand il se réveilla pour la deuxième fois, il se sentait en pleine forme. Il sentit de bonnes effluves monter dans ses narines. Il eut un sourire quand il entendit son estomac gronder. Tout joyeux, il quitta le lit douillet qu'il avait méchamment squatté, puis voulut descendre pour voir Amin. C'est en quittant le lit et en s'approchant des escaliers qu'il se rendit compte qu'il avait plus de facilité à marcher et qu'il était moins essoufflé. Il entendit une fois douce chuchoter à son oreille :

-Je suis désolée. C'est à cause de moi que tu étais fatigué. Je t'ai rendu ton ancien aspect et je n'ai pas eu la possibilité de reprendre des forces. Amin et ma sœur t'ont aidé à trouver un endroit sûr et j'ai pu reprendre des forces. J'ai dû prendre ta graisse pour aller mieux plus vite.

-Tu pouvais en prendre plus, il n'y avait aucun problème.

-Tu dois perdre ce poids par toi-même sans mon aide!

-Bien. Ma tu as dis ma sœur. La magie n'est pas une ?

-Oui et non ! Chaque magie est différente selon les gens, mais nous faisons partie d'un tout la Magie !

-C'est un peu difficile à comprendre !

-C'est comme des étincelles quittant un grand brasier ! Nous sommes le feu, mais nous sommes différentes !

-Oh ! D'accord ! Tu restes avec moi ?

-Oui, je reste avec toi. Jusqu'à la fin de ta vie. Va manger maintenant ! J'ai faim !

-Pique assiette !

Altaïr eut un sourire en entendant sa magie rire aux éclats. Il ressentait une douce sensation qu'il ne voulait jamais perdre. Il descendit les escaliers et eut un sourire en voyant son frère qui déposait un bon petit-déjeuner sur la table. Il allait parler à son frère quand il entendit des petites pattes descendre les escaliers et vit un chat de toutes les couleurs, noir, blanc, marron et gris se précipiter sur Amin et quémander de la nourriture. Amin en riant lui donna un bol rempli de viande et de légumes. Le chat lui lécha la main, puis dévora la nourriture. Altaîr adorait le rire de son frère. Il aimait l'entendre rire, c'était ce qui lui avait manqué le plus quand Amin avait été assassiné, son rire, sa voix de casserole quand il essayait de chanter une berceuse pour ses enfants et qu'Aïcha le jetait hors des catacombes en se bouchant les oreilles. Amin avait toujours été un grand guerrier, mais il était nul pour le chant. Voir son frère là avec lui, c'était comme un rêve qui se réalise. Mais tous les rêves s'achèvent un jour ou l'autre et il voulait vivre ce rêve le plus longtemps possible.

Il s'approcha de son frère et lui demanda en montrant le félin affamé :

-C'est quoi ça ?

-Ça, mon cher frère, c'est Alnamar. J'ai décidé de l'adopter elle et ses petits.

-Et donc, nous avons une famille de combien de glouton ?

-Six, la mère et les cinq petits. Magie m'a dis qu'ils seraient les nouvelles mascottes des assassins et qu'ils seraient capables de détecter les ennemis et les traitres.

-Ah ! Si elle a dis cela, il faut lui obéir. Hein ! Ma belle Alnamar.

Altaïr caressa le dos de l'animal et récolta un ronronnement et une léchouille râpeuse sur la main. Alnamar reprit la dégustation de son repas, tandis qu'Altaïr se jetait dans les bras d'Amin. Il respirait avec bonheur l'odeur de son frère bien-aimé… Depuis quand Amin sentait la rose ?

-Amin ! Tu sens la rose !

-Et toi, ce n'est pas le rose que tu sens ! Vas prendre une douche ! Tu sens le bouc !

-Faux frère !

Amin lui tira la langue, tandis qu'Altaïr retournait dans l'étage pour se laver. Comme pour Amin, ce fut sa magie qui le nettoya comme une mère prévenante. Ce fut une sensation merveilleuse qu'Altaïr n'avait jamais eu auparavant. Quand il fut sec, il demanda humblement :

-Tu… pourrais recommencer, un jour ?

-Quand tu le voudras, quand tu en auras vraiment besoin !

-Merci !

Altaïr voulut se rhabiller, mais il se rendit compte qu'il avait oublié de prendre des vêtements de rechange. Soupirant, il voulut descendre pour chercher des vêtements neufs et propres quand sa magie nettoya les anciens. Altaïr fronça des sourcils et siffla :

-Tu dois te reposer. Tu es fatiguée. Alors la prochaine fois ! Rappelles-moi de prendre des vêtements de rechange avant de prendre une douche !

La magie pouffa légèrement de rire, puis embrassa tendrement la joue de son sorcier qui alla rejoindre son frère propre, frais et affamé. Amin l'accueillit avec un sourire et un bol de gruau qui avait l'air délicieux. Altaïr le remercia puis commença son petit déjeuner. Ils mangeaient paisiblement, quand Altaïr demanda :

-Quand repartons-nous ?

-Tu m'as déjà posé la question !

-Ah oui ? Et c'était quoi la réponse ?

-Nous resterons ici pendant les mois d'hiver. Ça nous donnera le temps de vieillir un peu et pour toi, de perdre du poids et de reprendre des forces. Tu n'auras jamais la force de traverser l'Angleterre, sachant que nous ne savons pas où nous sommes et que nous ne pouvons marcher vite, ni longtemps.

-Je… tu as raison ! Au moins, nous sommes à l'abri.

Ce fut une période bénie pour les deux enfants, ils se redécouvraient après plus de trente ans de séparation. Ils s'entraînaient, Altaïr perdait tous les jours un peu plus de poids et voyait ses muscles réapparaître, fins et puissants. Ils ne s'entraînaient pas trop durement, ils savaient que ce n'était pas bon pour de très jeunes enfants, alors leurs entraînements étaient surtout constitués de courses poursuites dans la maison et de jeu avec les chatons. Tous les jours ils marchaient afin d'entraîner leur jeune corps à la dure mission qui serait la leur, traverser l'Angleterre pour rejoindre le continent. Quand cela devenait trop dur, ils s'arrêtaient et parlaient de tout et de rien.

Ce bonheur dura quatre mois et enfin, les premiers bourgeons venaient d'apparaître. Le printemps était là et pour les jumeaux le moment de quitter l'endroit était arrivé. Ils rangèrent toutes les provisions qui leur restaient dans leur sac, s'habillèrent et quittèrent la maison. Ils étaient déçus, car Alnamar ne voulait pas les rejoindre, mais était restée dans la maison avec ses chatons. Amin et Altaïr caressèrent une dernière fois la jeune mère et ses enfants, puis quittèrent la maison et fermèrent la porte. Ils venaient de commencer à manger quand ils sentirent une terrible puissance derrière eux. Ils se retournèrent d'un bond et virent leur maison s'élever dans les airs, puis se transformer en petit pendentif qui se plaça d'office autour du cou d'Altaïr. Amin s'approcha de son frère et regarda le bijou. C'était une petite perle en cristal avec au centre, leur maison. Ils étaient heureux, leur maison resterait avec eux et ils pourraient la retrouver quand viendra le moment de s'installer. C'est avec un immense sourire que leur grand voyage pu recommencer.

A suivre