Chapitre 9

Maintenant qu'ils étaient en pleine forme et que l'hiver était passé, ils reprirent leur route. Altaïr avançait beaucoup plus facilement, car il avait perdu tout le poids qu'il avait en trop. Amin voyant son frère marcher à vive allure était heureux et soulagé. Il ne voulait jamais plus le revoir dans l'état où il avait été quelques mois auparavant. Alors qu'ils étaient tranquillement caché par un buisson terminant de se nettoyer après avoir libéré leurs intestins, ils entendirent une petite explosion près d'eux. Les deux enfants, toujours accroupis, écoutèrent en silence la raison de ce bruit. Ils regardèrent à travers le buisson et virent des hommes en étrange robe rouge, qui regardaient autour d'eux comme s'ils recherchaient quelqu'un. L'un des nouveaux venus s'exclama :

-Je sais que vous êtes là, les enfants ! Rejoignez-nous !

Amin et Altaïr ne comprenaient pas ce que venait de dire l'homme, mais ils sentaient qu'ils les recherchaient eux et personne d'autre. Ils réussirent à se retenir de sursauter quand ils virent un homme-cheval sortir des bois et ordonner froidement :

-Que veux-tu sorcier ?

-Nous recherchons deux enfants sorciers ! répondit un autre homme en rouge très nerveux.

-Il n'y a que des poulains ici et aucun petit d'homme ! Alors quittez nos terres et ne revenez jamais!

L'homme-cheval avait l'air agressif et les hommes en rouge reculèrent quand ils virent cinq autres hommes-cheval apparaître. Les hommes en rouge étaient tellement pris par leur discussion avec les hommes-cheval, qu'Amin fit un geste à Altaïr et tous les deux filèrent dans les bois, s'éloignant de l'action, ne voulant pas être pris par ces hommes qui les ramèneraient chez la jument et l'éléphant-phoque. Quand ils furent assez loin, ils piquèrent un sprint et rejoignirent un trou dans des champs. Haletants, ils écoutèrent mais n'entendirent que le sifflement du vent et un rugissement maléfique qui se rapprochait d'eux. Pendant toutes leurs carrières d'assassin, ils avaient croisé beaucoup d'horreur, mais jamais avec un rugissement pareil. Alors, ils se cachèrent et sentirent le vent passer au-dessus de leur tête et une odeur atroce qui sortait de la gueule de l'horrible animal. En quelques secondes, le monstre disparu, ne laissant comme trace sur le sol que des rayures sinueuses comme celle de huit serpents avançant vers la même direction.

Maintenant que le monstre était parti, les deux enfants quittèrent leur abri, puis reprirent leur route. Ne sachant toujours pas où ils étaient, ils décidèrent de rejoindre la ville la plus proche. Ils avançaient calmement et regardaient la campagne anglaise qui reprenait les couleurs du printemps. Ils avaient décidé de suivre la route, mais sans se faire voir. En effet, pendant les longs mois d'hiver, Amin avait appris à Altaïr qu'il avait dû tué des sorciers mauvais et qu'il les avait balancés dans un puits pour ne pas être attraper par les templiers et par ceux qui les poursuivaient. Altaïr avait été d'accord avec Amin et depuis, ils marchaient sur le bord de la route voyant, mais invisible par les autres. De temps en temps, ils entendaient des rugissements, puis un souffle violent et l'animal disparaissait. Ils ne l'avaient jamais vu, mais ils entendaient son cri et ils le craignaient, alors quand ils l'entendaient arriver, ils se cachaient.

Au bout de deux jours de marche prudente, ils virent un village et découvrirent le monstre qui les terrifiait. Ils étaient en train de marcher dans la rue quand ils entendirent le rugissement effrayant. Terrorisés, ils voulurent fuir quand ils virent le monstre. C'était une boîte noire avec des roues noires. Ce n'était pas un animal, mais une machine. Une machine créée par des humains. Les deux enfants se regardèrent, puis pouffèrent de rire devant leur méprise. Ils marchaient paisiblement quand une vieille femme qui se trouvait devant chez elle les vit et leur demanda :

-Bonsoir les enfants ! Que faites-vous là, à une heure aussi tardive ?

Altaïr et Amin se regardèrent en n'ayant pas du tout compris ce qu'elle leur avait dit. Altaïr lui fit un sourire forcé et lui dit :

-Bonsoir Madame, nous n'avons absolument pas compris ce que vous avez dit et comme vous avez une sale tête, nous allons partir tous les deux et ne jamais revenir ici.

Amin lui colla un coup de coude, puis utilisant les souvenirs qu'il avait avec ses parents biologiques, demanda :

-Bonjour, madame ! Nous avec parents et nous aller Londres. Comment aller Londres ?

La vieille dame rentra chez elle, puis apporta une carte de l'Angleterre. Elle pointa une ville dans le sud ouest de l'Angleterre :

-Londres !

-Oui !

-Là, dit elle en montrant une petite ville au milieu de nulle part, beaucoup plus au nord. Pinvin ! Ici !

Les deux enfants se rendirent compte qu'ils étaient allés trop au nord et qu'ils devaient faire demi-tour pour descendre vers Londres. La vieille femme voyant leur déception leur donna la carte et leur dit :

-Prenez ! Vous ne vous perdrez plus !

-Merci, madame ! répondit Amin.

Soudain, une sonnerie résonna dans la maison et le temps que la vieille femme revienne, les deux enfants s'étaient volatilisés. Elle était stupéfaite, car il n'y avait aucune trace des deux bambins, la route était vide s'était comme s'ils n'étaient jamais venus. Elle commença à se dire qu'elle perdait l'esprit quand elle se rendit compte que sa carte d'Angleterre avait disparu. Elle n'était pas folle, mais les parents avaient dû rejoindre les enfants et repartir pour Londres. Elle était soulagée, elle avait vraiment cru que les deux petits étaient des orphelins et étaient seuls au monde. Elle retourna dans sa maison sans se rendre compte que les deux petits étaient vraiment seuls au monde et plus dangereux qu'un adulte. Elle poussa un petit cri de surprise quand elle alluma la télévision et que les infos expliquaient que les recherches pour retrouver Dudley Dursley et Harry Potter étaient toujours vaines. C'est en voyant le dessin d'Harry Potter qu'elle se rendit compte que l'enfant à qui elle avait parlé, était le jeune Harry Potter. Elle se précipita vers le téléphone pour appeler la police et leur dire que les deux enfants se rendaient à Londres, quand elle oublia tout ce qu'elle voulait faire. Elle avait le combiné du téléphone dans la main et se demandait ce qu'elle voulait faire quand elle se souvint, qu'elle avait été démarchée par une entreprise de vente par correspondance.

Pas très loin de là, les deux enfants avaient repris leur marche vers le sud et vers Londres. Régulièrement, ils regardaient la carte pour être sûr de ne pas se perdre à nouveau. Comme ils ne voulaient pas être pris par des adultes qui les ramèneraient dans la maison de l'éléphant-phoque et de la jument, ils se cachaient dès qu'ils voyaient un mouvement. Ils remerciaient régulièrement la formation des assassins pour leur permettre d'être totalement invisible s'ils ne voulaient pas être vu. Ils marchèrent longtemps s'arrêtant dès qu'ils trouvaient un endroit sécurisé. Ils étaient en train de marcher tranquillement en regardant leur carte, quand la pluie tomba d'un coup les trempant plus efficacement que s'ils s'étaient jetés tout habillés dans un lac. Ils poussèrent des cris d'horreur quand leur carte se désagrégea sous leurs yeux. En quelques secondes, il ne resta plus rien qu'un amas de papier trempé. Comment faire pour retrouver leur chemin ? Amin se tourna vers Altaïr qui lui dit :

-Bon, nous allions vers le sud est. Continuons dans la même direction. J'ai remarqué des panneaux avec des noms aux croisements. Donc si nous nous perdons, nous pourrons suivre les panneaux.

-Oui, tu as raison. Mais là, il va falloir se protéger de la pluie.

-Et comment ? Nous sommes en plein milieu des champs ! soupira Altaïr.

Brusquement leur petite maison réapparut. Les deux enfants se regardèrent, puis rentrèrent précipitamment dans la maison. Ils éclatèrent de rire quand ils pénétrèrent dans leur maison. Altaïr et Amin eurent un doux sourire quand ils virent Alnamar arriver la queue en périscope suivit par ses cinq chatons qui jouaient comme des petits fous. Elle ronronna doucement et se mit à faire des huit autour de leurs jambes mouillées. Les deux enfants se penchèrent et caressèrent l'animal qui se mit sur le dos et plaça ses pattes sur son ventre. Amin pouffa de rire, puis murmura :

-D'accord Alnamar. Je vais préparer ton repas. Altaïr, tu peux fermer la maison ?

-J'y vais frangin ! Tu as toujours été meilleur cuisinier que moi !

-C'est un peu normal ! Tu t'es marié à une ex-templier qui était capable de mettre le feu à une cuisine en faisant chauffer de l'eau.

-Gnagnagna ! bougonna Altaïr alors qu'Amin se moquait gentiment de lui.

Amin hilare prépara d'abord le repas de la jeune maman et des cinq petites bouches à nourrir. Puis quand cela fut fait, il lui donna de l'eau et commença à faire leur repas. Il décida de préparer ce que sa femme faisait merveilleusement bien, du labneh pour l'entrée avec du pain syrien comme le faisait sa femme, du bazalieh et comme dessert, des atayef'assafiri. Il fouilla dans les sacs et sortit tout ce dont il avait besoin. Il avait en tête les recettes que lui avait apprises sa tendre épouse quand il vit de ses yeux les éléments se soulever par magie et les aliments se coupèrent, se mélangèrent et se cuire sans l'aide de qui que ce soit. Amin sursauta quand Altaïr le rejoignit et lui dit :

-J'adore la magie. C'est tellement magnifique!

-Oui, tu as raison, mon frère.

Les deux frères installèrent le couvert et alors qu'ils venaient de se laver les mains, le repas totalement terminé se déposa devant eux. Amin et Altaïr levèrent les yeux vers le plafond et s'exclamèrent :

-Merci, Magie !

Ils sentirent une main douce leur caresser la tête, puis la voix tendre de la magie d'Harry chuchota :

-Mangez, les enfants ! Vous allez avoir besoin de force avant de reprendre votre marche. Cette maison apparaîtra quand vous devrez vous reposer.

-Merci, Magie ! s'exclamèrent les deux enfants.

Amin demanda :

-Puis-je vous nommer autrement que Magie ?

-Comment veux-tu me nommer ?

-Eliza !

-Eliza ? C'est un nom magnifique ! C'est un honneur pour moi de m'appeler ainsi.

Altaïr sentit comme une sensation de tristesse en lui et murmura :

-Que t'arrive-t-il Fadia ?

Les deux enfants virent une lueur dorée apparaître et une voix douce murmurer :

-Qui est Fadia ?

-Le nom que nous voulions donner à notre fille si nous en avions eu une, Maria et moi. Tu es moi, tu es l'enfant que j'aurai pu avoir. Tu t'es sacrifiée pour moi. C'est pour cela que je t'ai nommé Fadia.

Altaïr et Amin ressentirent le bonheur absolu de la Magie d'Altaïr qui avait son prénom. Une voix différente, plus ancienne, se firent entendre, et les deux magies murmurèrent :

-Mère ?

-Que personne n'apprenne le nom de vos magies. Certaine personne mal intentionnée pourrait vous les prendre et même les détruire !

Les deux enfants se mirent à gronder et sifflèrent :

-Donne-nous leur nom et nous les tuerons ! Personne ne fera de mal à nos amies !

Eliza et Fadia retournèrent dans le corps de leur sorcier qui ressentirent l'amour exclusif qu'elles ressentaient envers eux. Quant à elles, elles ressentaient la fureur des enfants à l'idée que quelqu'un puisse leur faire du mal. La Magie eut un doux sourire, puis chuchota :

-Mangez et dormez ! Demain sera une longue journée.

Les deux enfants se regardèrent, puis en même temps s'exclamèrent :

-Bien, mère !

La Magie se sentit toute chose en se rendant compte que les enfants l'avaient entendue, chose que seul les mages pouvaient faire. Mais cela était incompréhensible. En effet, dans le monde, il n'y avait que deux mages, un pour la magie blanche et un pour la magie noire. C'était des jumeaux aussi complémentaires l'un que l'autre, toujours à se disputer, mais ils s'aimaient comme les jumeaux qu'ils étaient. Les mages étaient toujours des jumeaux du même sang et de la même magie, hors des mages ne pouvaient apparaître que si les précédents mouraient ce qui n'était absolument pas le cas, puisque les jumeaux étaient présentement en train de se disputer pour savoir quel film regarder ce soir. Alors comment ? Elle décida d'y réfléchir plus posément afin de connaître le pourquoi du comment.

Pendant ce temps, Amin et Altaïr mangeaient ce qu'Eliza avait préparé. Quand ils eurent bien mangé, ils discutèrent du chemin qu'ils allaient prendre et décidèrent de continuer vers le sud-est. Les deux enfants se saluèrent, puis allèrent dans leur chambre et s'endormirent en quelques secondes. Amin eut un léger sourire quand Alnamar retourna sur son lit et ronronna en sentant ses petits se coller à elle et dormir profondément. Ses petits étaient en pleine forme et elle avait cessé de maigrir grâce au repas copieux que leur faisait son esclave personnel, Amin.

Le lendemain, Amin se réveilla en sentant une petite langue râpeuse lui lécher le front. Il ouvrit les yeux et vit Alnamar qui le regardait avec un air triste. Amin pouffa de rire et lui dit :

-D'accord, je me lève. Estomac sur pattes.

Amin s'étira, puis descendit et prépara le repas d' Alnamar et de ses petits qui couraient pour ne pas rater le repas, puis quand ce fut fait, il commença à préparer leur petit déjeuner. Il sortit les pains syriens qu'il restait, ainsi que le reste de labneh et les dernières bouteilles de jus de bigarade. Altaïr descendit quelques minutes plus tard et dit :

-Amin, il va vraiment falloir que tu m'apprennes la cuisine.

-Sans problème mon frère. Mais quand nous aurons le temps. Nous devons partir, les habitants risquent d'être surpris de voir une maison là où il n'y avait rien quelques minutes avant.

-Tu as raison, frangin. On s'habille et on repart.

Après avoir bien manger, les deux enfants nettoyèrent leur couvert, puis prirent une douche, s'habillèrent, puis quittèrent la maison qui disparut dès qu'Amin eut fermé la porte. Durant tout leur voyage, ils firent cela. Ils marchaient toute la journée, puis dormaient dans la maison, la nuit. Cependant, ils arrivèrent bientôt dans aux abords d'une ville immense. Il n'y avait pas de place pour installer une maison sans se faire attraper. Les deux enfants décidèrent de dormir dans tous les endroits qu'ils pourraient trouver. Ils se jetèrent un coup d'œil, puis reprirent leur marche.

Au bout de trois semaines de voyage, ils pénétrèrent dans une ville qui sentait horriblement mauvais. Ils avancèrent en silence quand ils virent un panneau sur lequel était écrit "Welcome to London". Ils étaient très surpris, la ville était toute illuminée et ils n'avaient aucun mal à trouver un coin d'ombre pour se faufiler, car bondir de toit en toit se terminerait invariablement en mort violente, puisque leurs membres étaient trop petits pour s'accrocher aux corniches et puis ils n'avaient pas la force nécessaire pour se hisser sur les toits. Amin chuchota à Altaïr qui regardait avec dégout cette ville empuantie par la pollution :

-Bon, nous savons maintenant que nous sommes à Londres. On peut suivre la Tamise et rejoindre un des ports.

-C'est une bonne idée. Allons-y.

Les deux petits reprirent leur route et quand ils virent que l'aube pointait son nez, ils décidèrent de se cacher. Ils virent au loin un vieux bâtiment. Ils s'en approchèrent et découvrirent qu'il y avait beaucoup de bâtiments en mauvais état. Ils virent soudain sur un mur une affiche avec la photo du nouveau corps d'Altaïr avec un nom : Dudley Dursley et le dessin d'Amin avec un nom Harry Potter. Ils étaient inquiets, car les affiches avaient l'air d'être neuves, donc ils étaient toujours recherchés. Ils allaient devoir faire attention et ne pas se faire attraper alors qu'ils avaient tant avancé. Ils pénétrèrent dans le bâtiment et entendirent des bruits qu'ils reconnaitraient entre tous. C'était une maison de plaisir. Ils n'en avaient jamais fréquenté, car ils savaient que les femmes là-bas n'étaient pas saines. Alors ils préféraient avoir des relations avec des femmes mariés pas farouche ou des veuves jusqu'à ce qu'ils rencontrent leurs épouses. Ils se regardèrent, que faire rester ici ou aller dans un autre bâtiment au risque de se faire attraper. Ils décidèrent de rester là, mais s'installèrent dans les combles, cachés derrière des panneaux de bois. Après s'être restaurés, ils s'endormirent profondément ratant une descente de police qui arrêta toutes les prostituées et les drogués de l'immeuble. Le soir, ils sortirent de leur cachette et reprirent leur marche. Ils étaient étonnés car il n'y avait plus un bruit.

Nerveux, ils quittèrent l'immeuble et rejoignirent les ombres disparaissant pour ceux qui auraient pu les suivre. Ils marchèrent encore une nuit complète en s'enfonçant dans la capital anglaise quand ils découvrirent un magasin dont les portes et les fenêtres étaient condamnés par des planches en bois. Ils étaient fatigués et décidèrent de s'arrêter de nouveau. Maintenant à l'abris, ils firent l'inventaire de leur stock de nourriture et découvrirent qu'il ne leur restait que trois jours de vivre et à peine plus d'eau. Ils allaient devoir récupérer de quoi boire et manger. Après s'être restaurés du peu qu'il restait, ils s'endormirent profondément échappant de nouveau à une patrouille de police qui vérifia si quelqu'un était entré dans le vieux magasin.

Après un jour et une nuit de sommeil bien mérité, ils discutèrent de ce qu'ils allaient faire pour récupérer de la nourriture. Ils décidèrent de voler ce dont ils avaient besoin, car ils n'avaient pas d'or sur eux. Il était très tôt quand ils quittèrent leur abri et découvrirent un immense marché rempli de fruits, de légumes et de viande. Ils se regardèrent, puis reprirent la technique qu'ils avaient utilisé quand ils étaient plus jeunes. Ils subtilisèrent près de quinze kilos de fruits et de légumes ainsi que des poulets, de la viande de bœuf, de mouton, d'agneau, de cheval et des poissons. Ils empruntèrent aussi pour une durée indéterminée des céréales de toutes sortes, des graines et de la farine ainsi que du lait, des yaourts, de la crème fraiche, du fromage blanc, du beurre et tout ce qui pouvait se manger. Il y avait tellement de monde que personne ne fit attention aux deux petits voleurs qui disparaissaient dès qu'ils avaient commis leurs larcins. Maintenant qu'ils avaient suffisamment à manger, ils recherchèrent de l'eau, mais ils ne trouvèrent aucune fontaine. Ils se promenaient quand ils virent un homme se tenir devant un étrange tube et de l'eau en sortait. Ils s'approchèrent et virent qu'il tournait une molette pour avoir de l'eau et la tournait de l'autre côté pour que l'eau cesse de couler. Les deux petits prirent toutes leurs bouteilles et les remplis les unes après les autres jusqu'à ce qu'ils n'en aient plus une seule vide.

Maintenant qu'ils avaient de l'eau en abondance et de la nourriture, ils repartirent et évitèrent de justesse la police pour une affaire de vol de nourriture. Personne ne fit le rapprochement entre les vols et les deux gamins avec leurs tous petits sacs à goûter sur le dos. Les deux enfants reprirent leur marche vers le sud car durant leurs pérégrinations, ils avaient appris que des navires en partance pour la France quittait le port de Douvres. Ils avaient encore huit jours de marche avant d'y arriver. Cependant, ils étaient de plus en plus fatigués et décidèrent de s'arrêter dans une vieille ferme abandonnée. Là, ils découvrirent un fumoir. Ils décidèrent de s'y installer le temps de préparer la viande pour ne pas la perdre et de se reposer. Ils se firent la courte échelle pour installer les viandes et les poissons, puis allumèrent un feu avec du bois de hêtre vert. La fumée se dégagea et commença à fumer les différentes viandes. Les deux enfants se reposèrent et mangèrent suffisamment pour reprendre des forces. Ils dormirent profondément, puis décidèrent de quitter la vieille ferme le surlendemain. Ils se préparèrent pour partir, décrochèrent les poissons et les poulets, puis les mirent dans leurs sacs. Ils allaient partir quand ils entendirent des voix venant de l'extérieur. Encore plus silencieux que des chats dans un chenil, les deux petits disparurent et filèrent dans la forêt échappant de nouveau à la police qui était venue aux nouvelles devant l'immense panache de fumée qui sortait de la ferme abandonnée.

A suivre