Chapitre 10
Alors qu'ils quittaient la protection précaire de la vieille ferme, Amin se tourna vers Altaïr et lui demanda :
-Mais j'y pense, peut-être qu'il y avait des assassins à Londres ?
-C'est vrai, je n'y avait absolument pas pensé, se rendit compte Altaïr en se frappant le front.
-On peut peut-être faire demi-tour, et retourner à Londres. Après tout, nous ne sommes pas si loin de cette ville, songea Amin.
-C'est vrai, tu as raison. Faisons demi-tour.
Les deux enfants repartirent vers Londres et quatre heures plus tard, ils rejoignirent la grande ville de Londres. Le problème c'est qu'ils ne savaient absolument où pouvait se trouvait la cellule des assassins. Ils étaient en train de marcher sur une immense avenue quand ils entendirent un rugissement :
-LES VOILA ! ARRETEZ LES !
Les deux enfants se retournèrent et virent des hommes en robe rouge foncer vers eux. Les deux enfants se regardèrent étonnés, se demandant ce que voulaient les hommes en rouge. Le seul d'entre eux qui ne portait pas de rouge, brandit un bout de bois et un rayon rouge en jaillit et toucha Altaïr à la lèvre. Amin fou de rage, lança son couteau et poignarda l'agresseur de son frère en plein cœur. L'homme regarda ce couteau sortir de sa poitrine sans comprendre, puis s'effondra de tout son long. Les autres hommes regardaient avec horreur cet enfant "innocent" qui venait froidement de tuer le secrétaire du ministre de la Magie. Ils recherchaient Harry Potter et Dudley Dursley et au lieu d'avoir faire à des enfants normaux, qui crient et qui pleurent, ils se retrouvaient face à un enfant qui tuait sans remord ni crainte.
Le jeune Potter les regardait avec une fureur qu'ils n'avaient vu que chez les plus puissants aurors. Les autres hommes tremblaient car ils n'avait pas à faire à un enfant mignon, mais à un enfant extrêmement puissant d'après l'aura qui l'entoura. Les hommes reculèrent alors que leurs détecteurs de magie commençaient à s'affoler. Ils ne comprenaient pas, jusqu'à ce qu'ils fassent attention à l'enfant qui se trouvait à côté de l'enfant Potter. L'enfant que le secrétaire du Ministre avait blessé regardait son sang gouter d'une plaie qu'il avait à la lèvre. Ils venaient de se rendre compte que leurs détecteurs s'affolaient car la Magie du petit s'extériorisait violemment. Ils voyaient une aura puissante l'entourer, faisant hululer leurs détecteurs qui explosèrent soudain dans leurs mains, les blessant sérieusement. Terrorisés, ils virent cette aura chatoyante rejoindre celle entourant le petit Potter. L'union des deux magie entoura les deux petits fous de rage qui disparurent en quelques secondes. Les sorciers se rendirent compte que les deux enfants avaient lié leurs magies comme seuls les jumeaux étaient capable de le faire.
Leur supérieur, un sous-directeur des Langues-de-plombs, ordonna de retrouver les deux enfants afin de faire des expérimentations dessus. Il devait découvrir comment ils avaient fait cela. Tout à sa volonté de transformer deux enfants en cobayes, il ne vit pas que les aurors le regardaient avec mépris et s'écartaient de lui. Les aurors sursautèrent violemment quand une silhouette noire tomba sur leur chef et le tua d'un coup de lame secrète dans la nuque. Ils frémirent de terreur en se rendant compte qu'ils étaient encerclés. Soudain, un cri retentit dans le silence et tous se tournèrent vers l'un des assassins qui se retrouva sur le sol, serré dans les bras d'un auror en larme. Les deux groupes regardaient les deux hommes avec stupéfaction quand soudain, l'un des aurors reconnu l'assassin. Cet auror grimaça de rage et siffla :
-Auror Steven ! Quelle surprise de te revoir, vivant ! Comment vont ta femme Abigaël et tes enfants !
Les assassins se tournèrent vers leur collègue étalé sur le sol qui tapotait délicatement le dos de son ancien collègue. Steven serra l'auror dans ses bras et murmura :
-Chut ! Mickaël ! C'est fini !
-J'ai cru que tu étais mort, mon frère !
-Pour le monde, je le suis. Les assassins m'ont accueilli auprès d'eux quand des mangemorts ont tenté de massacrer ma famille et moi. Nous avons eu de la chance, car ils étaient à la recherche de sorciers entraînés pour combattre les templiers. Quand ils se sont rendus compte que les sorciers avaient des agents entraînés, ils les ont suivi et… ils étaient là quand les mangemorts nous ont attaqué. Ils les ont massacrés et m'ont embauché pour que je devienne un assassin. Abigaël l'est devenu aussi, mais depuis une mission qui a assez mal tournée, elle préfère rester à la maison s'occuper de nos enfants.
Les aurors se regardèrent, regardèrent le langue-de-plomb mort sur le sol et se décidèrent. Ils retirèrent leur uniforme et demandèrent :
-Est-ce que les assassins embauchent des sorciers entraînés ?
-Nous recherchons toujours des apprentis et toutes les bonnes volontés sont les bienvenus, répondit le chef des assassins avec un léger sourire ravi d'avoir une demi-douzaine de sorciers surentraînés.
A partir de ce moment, les aurors et leurs familles disparurent pour les sorciers. Tout ce que les enquêteurs trouvèrent, fut le corps du chef adjoint des Langues-de-plomb avec une plaie perforante dans la nuque. Il n'y avait plus aucune trace d'eux. Dans leur maison, il n'y avait plus d'affaires et pour les manoirs, ils s'étaient volatilisés. Quant aux comptes à Gringotts, ils étaient sous fidélitas afin que personne ne puisse mettre la main dessus.
Quelques heures auparavant et avant qu'Amin puisse lancer une attaque et Altaïr se jeter sur les hommes pour les tuer, ils se retrouvèrent devant la vieille bâtisse qu'ils avaient abandonné peu avant. Amin avait de nouveau son couteau dans la main. Il ne comprenait pas puisque la dernière fois qu'il l'avait vu, il se trouvait dans la poitrine de l'homme qu'il avait tué. Les deux petits soupirèrent, ils ne comprenaient pas jusqu'à ce que Fadia et Eliza leur chuchotent :
-Vous devez continuer votre chemin ! Les assassins de Londres vous retrouveront quand le temps sera venu et pas avant.
Soupirant, Amin et Altaïr reprirent leur marche et se dirigèrent résolument vers le sud. Les deux petits marchèrent la journée, se cachant derrière les murets ou dans les fossés de chaque côté des chemins quand quelqu'un s'approchait. Quand ils étaient en ville, ils dormaient le jour et marchaient la nuit. Ils marchèrent ainsi durant une semaine. Ils sentaient qu'ils n'allaient pas pouvoir continuer longtemps à ce rythme. Ils étaient toujours des enfants et sans leur magie cela ferait très longtemps qu'ils seraient morts d'épuisement. Alors un jour, ils décidèrent de s'arrêter quand ils trouveraient un endroit calme et sûr pour se reposer suffisamment de temps. Quand la nuit commença à tomber, ils étaient épuisés et virent devant eux un petit bois touffu. Ils décidèrent de s'y cacher. Hâves de fatigue, ils se forcèrent à marcher et quand ils pénétrèrent dans le bois, ils sentirent leur magie les tirer vers un endroit en particulier. Là, ils découvrirent une petite grotte créée par la souche d'un arbre abattu par une tempête. Ils regardèrent dans tous les sens, mais il n'y avait pas assez de place pour la petite maison. Ils avaient peur qu'Alnamar ne soit morte de faim, mais Eliza et Fadia chuchotèrent aux oreilles de leur sorcier que tout ce qui se trouvait dans le maison dormait et ne se réveillerait qu'au moment où la maison réapparaitrait. Soupirant de soulagement, les deux enfants marchèrent vers la petite grotte.
En pénétrant à l'intérieur, ils découvrirent un tas de mousse. Ils sortirent les oreillers ainsi que les couvertures, puis ils se trainèrent dehors pour se laver. Ils n'eurent pas à prendre leurs précieuses eaux, car ils découvrirent un petit ruisseau qui courait à quelques mètres de la grotte. Ils se lavèrent dans l'eau glaciale et furent surpris en ayant froid. Eux qui étaient habitués à la vie rude des assassins de Masyaf, voilà qu'ils se rendaient compte que leur corps enfantins étaient habitués à leur petit confort. Assez amusés, ils se séchèrent, puis pénétrèrent dans la grotte et se forcèrent à se restaurer afin de reprendre des forces. Quand ils eurent fini de manger, ils se jetèrent sur leur lit de fortune et s'endormirent dans les bras l'un de l'autre comme ils en avaient eu l'habitude quand ils étaient enfants à Masyaf. Ils dormirent longtemps et profondément, leurs magies les coinçant dans le sommeil jusqu'à ce qu'ils soient prêts à reprendre la route.
Quand ils se réveillèrent, ils décidèrent de rester trois jours dans la grotte. Pendant toute cette période, ils se soignèrent, massant leurs pieds et les jambes fatigués par cette longue marche. Ils nettoyèrent aussi leurs vêtements et leur sous-vêtements. Le soir, ils discutaient de ce qu'ils allaient faire et où le faire. Amin voulaient retrouver la tombe de son épouse et prier pour elle, alors qu'Altaïr voulait retrouver les assassins et savoir ce qu'il s'était passé depuis toutes ses années. Ils discutaient aussi du temps qu'ils avaient mis pour arriver ici. Ils se rendirent compte qu'ils voyageaient depuis presqu'un an, ils s'étaient plus d'une fois perdu dans l'immensité de l'Angleterre, sans que quiconque ne les arrête. Personne dans ce pays faisait attention à deux enfants seuls sur les routes ? C'était incroyable. Même les templiers faisaient attention aux enfants. Puisqu'ils pouvaient être des templiers potentiels. Quand ils se sentirent prêts, ils rangèrent toutes leurs affaires, puis repartirent vers Douvres. Après encore deux jours de marche, ils n'étaient plus qu'à quarante lieues de la ville et de son port d'après les panneaux rond avec un quarante écrit dessus qu'ils avaient croisés, ils étaient heureux que Rauf et les érudits leurs aient apprit la langue des croisés d'Angleterre, même s'ils ne comprenaient quasiment rien à ce qu'il y avait écrit ou dessiné sur les panneaux.
Ils soupirèrent devant la distance qui les séparaient de Douvres. Il y avait de plus en plus de lumières et ils commençaient à en avoir assez de marcher la nuit. Ils auraient pu effectuer le reste du chemin en plein jour, mais toute une vie de combats et d'assassinat leur avait appris la prudence et la patience. Ils décidèrent donc de continuer à se cacher le jour et à ne sortir que la nuit, invisibles dans les sous-bois et les rues mal éclairées. Ils furent des plus surpris quand ils virent au bout de deux heures de marche un grand panneau avec le mot Dover écrit dessus. Ils soupirèrent de soulagement en se rendant compte qu'ils étaient enfin arrivés dans la ville de Douvres. Ils faillirent se mettre à courir, mais leurs instincts d'assassins les rappelèrent à l'ordre et ils recommencèrent à se faufiler silencieux et invisibles pour le commun des mortels. Ils se trouvaient en haut d'une colline, quand ils virent le port avec des bateaux qui attendaient sagement à quai.
Ils étaient presqu'arrivés. Ils étaient tellement heureux qu'ils faillirent de nouveau quitter la sécurité de l'obscurité quand ils remarquèrent des hommes habillés bizarrement. Ils avaient bien vu que les gens normaux avaient des pantalons et des chemises, mais les nouveaux venus portaient des robes comme les femmes et ils tenaient des bouts de bois. En fait, ils étaient habillés comme les hommes qui les recherchaient et qui avaient parlé à l'homme-cheval, sauf que leur robe étaient bleu nuit et sur le torse, au niveau du cœur se trouvait un pentacle composé de cinq bâtons en bois, le tout entouré par un serpent qui se mordait la queue. Les deux enfants se cachèrent et écoutèrent les nouveaux venus. Les deux enfants rageaient, car ils ne comprenaient absolument pas ce qu'ils disaient et le peu dont se rappelait Amin n'était pas suffisant pour soutenir une conversation. Les seuls mots qu'Amin comprit, fut enfants, Potter et Dudley.
Amin et Altaïr étaient nerveux car les nouveaux venus étaient encore et toujours à leur recherche. Ils allaient devoir faire attention et traverser la ville britannique sans être capturés par les hommes bizarres. Les deux petits se jetèrent un coup d'œil, puis décidèrent de faire ce qui avait plus d'une fois énervé les templiers, passer par les égouts. Encore plus silencieusement que du temps de la troisième croisade, ils firent demi-tour et disparurent dans l'obscurité. Ils regardaient avec attention le sol et les alentours afin de ne pas faire le moindre bruit. Ils se souvenaient qu'à une centaine de mètres auparavant, ils avaient remarqué quelques rues avant une bouche d'égout ouverte. Ils marchaient doucement, préférant la prudence à la rapidité. Dès qu'ils entendaient le moindre bruit, ils se cachaient derrière des boîtes en métal ronde avec des couvercles ou des carrés. Puis dès que le silence reprenait son droit, ils repartaient en frôlant les murs. Ils mirent plus de trente minutes pour rejoindre l'entrée des égouts, puis après un dernier coup d'œil tout azimut, ils se faufilèrent à l'intérieur et se dirigèrent dans la même direction que le courant.
L'odeur ne changeait pas quelque soit l'endroit du monde, les égouts étaient toujours aussi puants. Ce fut sans problème qu'ils traversèrent la ville en croisant des rats et des cafards. Ils marchaient depuis trois bonnes heures à bondir de rebord en rebord afin de ne pas toucher l'eau sale et graisseuse qui dévalaient bruyamment dans les tunnels quand ils virent devant eux de la lumière. Ils durent de nouveau se retenir de courir tant la perspective de quitter cet endroit était intense. Mais ils furent prudents, ne voulant absolument pas piquer une tête dans cette rivière charriant toute la merde d'une ville.
Quand ils arrivèrent enfin au bout du tunnel, ils virent la plage et la mer qui s'étalaient devant eux. Amin se sentit comme revenu à Acre, à Jérusalem ou à Tyr, là où sa vie avait été chamboulée par la rencontre avec la femme de sa vie, Aicha. Quant à Altaïr, il se sentait comme à Masyaf quand il retrouvait son frère et son épouse adorée. Cependant, leur joie s'évanouit alors qu'ils se rendirent compte qu'ils étaient seuls et que tous ceux qu'ils avaient aimé, étaient morts depuis des siècles. Soupirant tristement, ils quittèrent la protection des égouts et recherchèrent un endroit pour se reposer et se restaurer. Ils marchaient paisiblement sur la plage quand ils virent des adultes courir vers eux. Ils se regardèrent avec crainte. Ils étaient hors de question qu'ils soient ramenés chez la jument et l'éléphant phoque. Au lieu de s'enfuir, ils décidèrent de continuer à marcher calmement. Ils étaient tendus comme des cordes d'arc alors que les deux adultes, des femmes couraient vers eux. Elles portaient d'étranges vêtements. C'était les vêtements les plus impudiques qu'ils aient jamais vu. Les deux femmes portaient un étrange pantalon très court qui s'arrêtait tout en haut des cuisses. Elles portaient en guise de haut une toute petite tunique qui ne couvrait ni le ventre, ni les bras. Les deux enfants baissèrent la tête le visage écarlate. Mais heureusement, les adultes passèrent à côté d'eux tout en continuant à discuter sans faire attention à eux. Soulagés et ravis, ils reprirent leur marche et découvrirent caché par une dune, une vieille cabane abandonnée. Ils étaient épuisés, marcher dans le sable était beaucoup plus fatiguant que marcher dans l'herbe ou sur la terre. Ils regardèrent dans tous les sens, puis se faufilèrent dans la cabane. L'endroit était totalement désert et si on ne savait pas qu'elle était là, on passait devant sans la voir. Les deux assassins soupirèrent de soulagement et s'installèrent pour la nuit ou plus si nécessaire. Ils installèrent leur lit, puis se lavèrent avec une bouteille d'eau. Ils étaient tellement fatigués, qu'ils n'eurent même pas le courage de se préparer à manger et s'endormirent dans les bras l'un de l'autre en pensant à leur famille perdue.
Ils étaient tellement fatigués qu'ils n'entendirent pas le bruit indiquant l'apparition de sorciers. Ils utilisaient un appareil qui permettait de trouver des ondes magiques. Hors ces ondes n'étaient émises que si le sorcier ou la sorcière était réveillé. En sommeil, les ondes étaient nulles. Cela faisait plus d'un an que les sorciers recherchaient Harry Potter et Dudley Dursley, mais en vain car ils n'avaient pas la signature magique de l'enfant Dursley et celle d'Harry Potter avait changé et quand enfin ils les avaient découverts à Londres, ils avaient détruit leur détecteur de magie, les seuls qu'ils avaient. Ils avaient donc demandé aux langue-de-plomb un système pour retrouver n'importe quel sorcier de moins de dix ans. Les langues-de-plomb leur avaient prêté cet appareil et s'ils avaient découvert des centaines de nouveaux sorciers nés de moldu ou nés de cracmol, les deux fugueurs leur échappaient encore et toujours. Albus Dumbledore était vert de rage. Il avait perdu le dernier représentant des Potter et les gobelins avaient gelés les comptes de Potter. De ce fait, il ne pouvait mettre la main dessus. Il avait bien tenté de prendre possession des propriétés de cette puissante famille, mais les propriétés étaient tous sous fidélitas comme si James avait commencé à se méfier de lui ou alors Lily Evans lui avait conseillé de faire cela.
Quoi qu'il en soit, il était furieux, car il était obligé de prendre ses propres gallions pour payer les Weasley et les Dursley pour qu'ils reprennent les enfants quand ils seraient retrouvés. Il avait bien tenté de prendre la tutelle de l'enfant, mais la Magie avait rejeté violemment sa tentative et il s'était retrouvé à se tordre de douleur sur le sol en pleurant tant la souffrance était intense. Quant aux sièges des Potter au Magenmagot, le Ministre de la Magie et les sorciers avaient vu avec horreur que tous ceux qui avaient tenté de le prendre, étaient impitoyablement détruits par une onde magique. La menace était clair, quiconque tenterait de spolier les Potter serait immédiatement anéanti par la Magie. Personne ne savait pourquoi la Magie avait toujours protégé les Potter et avant eux les Thorpes et encore avant eux, la base même des Potter, les Albarq qui venaient d'Egypte.
Loin de là, les enfants se réveillèrent près de quatre heures après le départ des sorciers. Ils étaient encore fatigués et décidèrent de rester une nuit de plus dans la vieille cabane abandonnée. Ils se préparèrent à manger et soignèrent de nouveau leurs pieds, puis retournèrent se coucher. Quand le soleil se leva, les deux enfants sortirent de leur abri, puis allèrent vers le port. Ils ouvrirent en grand la bouche quand ils virent la taille des navires. Ils étaient gigantesques et ils n'auraient aucun mal à entrer et à sortir sans se faire voir. Ils virent un homme et une femme qui pouvaient passer pour leurs parents, ils accélérèrent l'air de rien et marchèrent devant le couple. Pour les employés du ferry, c'était une famille qui rejoignait la France avec deux enfants chose tout à fait normal et habituel. Cependant ce qui ne fut pas habituel, c'est quand une heure et demi plus tard, le couple descendit sans les enfants.
Les employés cherchèrent partout et ne surent que les enfants s'étaient cachés dans le coffre d'un chariot sans cheval. Ils étaient silencieux et secoués dans tous les sens. Ils furent soulagé quand le chariot s'arrêta. Avec leur lame, ils ouvrirent le coffre et sans un bruit, quittèrent leur protection. Ils furent surpris d'être dans une autre ville où les habitants parlaient un étrange langage qui ressemblait très vaguement à du françois.
Calmement et sans un bruit, ils quittèrent le relais dans lequel ils se trouvaient. Un relais qui devait se trouver sur la route de Saint Jacques de Compostelle car il y avait une énorme coquille saint jacques dessiné sur le toit. Les deux enfants se demandaient ce que "SHELL" voulait dire. Ils ne comprenaient pas vraiment, mais bon, ils devaient reprendre leur route sur cette étrange matière noire et dure qui recouvrait le sol. En regardant autour d'eux, ils virent que les chrétiens francs ne marchaient pas sur l'étrange matière noir sur laquelle évoluait les machines roulantes, mais à côté. Ils décidèrent de faire comme les autres francs et marchèrent paisiblement. Cependant, ils se rendaient compte que les autochtones les regardaient avec inquiétudes. Les enfants se rendirent compte que si les anglois se moquaient des enfants, il n'était pas de même pour les francs qui devaient se demander pourquoi deux enfants se promenaient seuls dans une cité aussi importante. Les deux enfants froncèrent des sourcils quand ils virent que des adultes portant des vêtements bleus sombres avec des chapeaux ronds à visière s'approchaient rapidement d'eux en leur parlant. Comme pour l'anglois, ils ne comprenaient pas le françois. Les langues modernes étaient trop différentes de celles qu'ils connaissaient. Ils ne comprenaient pas que les nouveaux venus leur demandaient ce qu'ils faisaient seuls ici et qu'ils devaient les attendre le temps qu'ils les emmènent à l'orphelinat.
Altaïr et Amin se regardèrent, puis reprirent leur marche l'air de rien, ils s'approchaient des hommes en bleus, puis dés qu'ils furent au niveau d'une intersection, ils s'évanouirent dans une ruelle sombre et étroite. Les gendarmes coururent pour rattraper les deux enfants, mais ils s'étaient volatilisés. Ils n'avaient jamais vu cela. Il n'y avait aucun moyen de disparaître et pourtant, les deux enfants avaient disparu. Les deux gendarmes se regardèrent et sentirent une goute de sueur couler le long de leur colonne vertébrale déclenchant un frisson de peur. En effet, une légende courait à cet endroit qu'il y avait des fantômes et là, ils venaient d'en voir deux. Les deux agents se regardèrent, puis filèrent loin de l'intersection avec l'idée de ne jamais raconté ce qu'ils avaient vu.
Tout à leur fuite, Amin et Altaïr ne surent jamais qu'ils avaient été surpris par un de leurs descendants qui observa pendant quelques minutes l'enfant aux cheveux noirs ébouriffés et aux yeux verts qui ressemblait comme deux goutes d'eau à Amin ibn Albarq son glorieux ancêtre. Mais c'était impossible, le frère d'Altaïr était mort en 1228 tué par Abbas Sofian en sauvant la vie de son frère. Il décida de les suivre en passant par les toits. Il eut du mal à garder un contact visuel avec eux. C'était impossible, les deux enfants avaient l'air d'avoir moins de quatre ans et pourtant ils marchaient presqu'à la même allure que des adultes. C'est qu'ils traçaient les petits. Silencieux, pour lui, il bondit de toit en toit et en moins de dix minutes, il perdit de vu les deux bambins. Stupéfait, il regarda partout pour essayer de les voir, mais en vain. Il décida alors de retrouver le plancher des vaches, descendit dans la rue et rechercha les deux enfants. Il sursauta quand il entendit un bruit, il se retourna et tomba sur les deux petits. Celui qui ressemblait à Amin avait une brindille brisée dans la main. Il s'était fait avoir comme un bleu et le pire, c'est qu'il se retrouva d'un coup face à deux bambins aux regards froids. Les deux petits sortirent des petits couteaux de leur ceinture et s'il n'avait pas eut le réflexe de bondir sur le côté, il aurait été embroché.
Amin et Altaïr avaient échappé aux étranges chrétiens quand ils sentirent qu'ils étaient suivis. Ils entendaient des bruits de tuiles, donc l'espion se trouvait sur les toits et d'après le boucan qu'il faisait, ce n'était pas un très bon espion. Ils marchaient le plus rapidement possible dans le silence le plus absolu. Ainsi quand ils trouveraient une cachette, ils pourraient observer sans être découvert comme ils l'avaient appris durant leur entraînement à Masyaf et durant leur vie d'assassin. Ils soupirèrent silencieusement de soulagement quand ils virent un machin rectangulaire en métal avec des roulettes suffisamment haut pour qu'ils puissent se cacher en dessous et attaquer l'intrus quand il tenterait de les retrouver. Vivement, ils se cachèrent en dessous et attendirent le nouveau venu. Au bout de quelques minutes, ils virent un jeune homme d'une vingtaine d'année descendre maladroitement du toit et les rechercher bruyamment. Altaïr eut un léger sourire en voyant la grimace de son frère devant la maladresse de l'homme. Il était assez grand, en fait de la même taille qu'Altaïr quand il était adulte, mais largement plus petit qu'Amin au même âge, ses cheveux étaient châtain foncé comme ceux de Maria, ses yeux verts émeraudes comme ceux d'Amin et il avait des traits d'Aicha. En fait, il était un mélange de leur deux familles. Les deux assassins se regardèrent, puis quand l'homme leur tourna le dos, ils décidèrent d'agir. Amin prit une brindille qui se trouvait par terre et se plaçant près de son frère, la cassa faisant sursauter l'homme qui se retourna d'un bond. Il les regardait comme s'il voyait des dieux ou des héros de l'antiquité.
Le nouveau venu fut stupéfait quand les deux enfants ordonnèrent dans un arabe du douzième siècle langue qu'heureusement il avait appris car il était totalement fan des héros des assassins :
-Qui es-tu et que nous veux-tu ?
-Alors réponds ! gronda le deuxième.
Au lieu de donner son nom, l'homme leur dit :
-Quand les lois des hommes tentent de te dicter ta voie, souviens-toi qu'aucune voix ne peut prétendre à prévaloir sur la tienne, puisse-t-elle venir de ceux qui disent citer ton Dieu. Souviens-toi !
Les deux enfants répondirent en même temps avec un léger sourire soulagé :
-Rien n'est vrai !
L'assassin continua :
- Quand les chaines d'un asservissement quelconque te retiennent, souviens-toi que tu es libre de tes actes, et que personne ne peut retenir l'élan de la liberté. Souviens-toi !
-Tout est permis !
-Par le grand Altaïr ! Quel âge avez-vous ?
-Grand Altaïr ? répéta le gamin aux cheveux noirs et aux yeux verts. Grand Altaïr ?! C'était une limace naine qui bavait devant les formes de sa femme.
-Tu ne t'es pas regardé, Amin. Tu grondais comme un animal sauvage dès qu'un homme s'approchait d'Aicha.
-Altaïr ibn La'Ahad, Amin ibn Albarq ! C'est impossible. Vous êtes morts depuis plus de six cent ans.
-Nous reconnaissons notre mort. Mais je crois que nous avions autre chose à faire dans cette époque, raconta calmement Amin.
-Bon, l'important, ce n'est pas notre mort, mais la vie de nos familles ! décida Altaïr qui voulait connaître la vie de sa lignée.
Amin explosa de rire devant l'interrogation du jeune assassin.
-Altaïr voudrait savoir comment a continué la vie des La'Ahad et des Albarq. Pour ma part, je souhaiterai savoir ce qu'a vécu ma tendre épouse et mes enfants adorés, murmura Amin.
Le jeune assassin prit les deux enfants dans ses bras pour pouvoir marcher plus rapidement. Les deux petits s'accrochèrent à son cou pour garder l'équilibre et écoutèrent ce que disait le jeune homme. L'assassin fit de grandes enjambées afin d'aller dans le bureau des assassins de Paris. Tout en marchant il raconta la vie de leur famille.
-Vos familles sont restés à Alexandrie jusqu'au décès d'Aicha. Elle est morte à cent trois ans et ne s'est jamais remariée malgré les demandes incessantes d'hommes puissants de l'époque. Elle a reformé le clan des Medjaÿ. D'ailleurs en Egypte on ne parle pas d'assassin, mais de Medjaÿ et ils sont révérés comme des dieux. Les templiers se sont faits anéantir par le clan. Et ils n'ont jamais pu remettre un pied en Egypte malgré la puissance d'Abstergo. Amin, elle était enceinte de vous quand vous lui avez demandé de partir. Elle a accouché de jumeaux, les jumeaux terribles. D'après la légende, ils sont la base même des Medjaÿ.
-Comment les a-telle appelé ?
-Amin et Altaïr deuxième du nom. Ils étaient vos dignes descendants. Sef, Malik et Darim ont aidé votre épouse à les élever dans l'honneur et dans le crédo. Ils ont eu une longue lignée et d'ailleurs, la lignée des Albarq et des La'Ahad se sont croisées pour donner votre humble serviteur, Cedrick Thrope, pour vous servir.
-Oh ! s'exclamèrent les deux enfants.
-Nous avons décidé de prendre le nom de votre épouse, Thrope. Afin de montrer notre respect à un templier devenu assassin.
Altaïr sentit les larmes couler le long de ses joues en découvrant qu'il lui restait de la famille. Il se sentit rasséréné quand son descendant le serra un plus fort contre lui. L'enfant cacha son visage dans le cou de Cedrick qui sentit de l'eau couler doucement. Il ne dit absolument rien, car plus d'une fois lui aussi avait craqué. Il était encore plus fan de ses idoles même si l'un d'entre eux venait de montrer sa douleur.
-Mes enfants ont-ils été heureux ? demanda doucement Amin.
-Oui, ils ont été très heureux. Ils sont devenus les mentors des assassins.
-Merci. Connais-tu des chrétiens qui portent des vêtements de femme et se promènent avec des bout de bois dans les mains ? demanda Altaïr quand il se sentit plus fort. En effet, il avait encore la vision de ces hommes les recherchant.
-Ce sont des sorciers. On garde un œil sur eux depuis que l'un d'entre eux a voulu prendre le contrôle du monde. Ils ne sont pas vraiment dangereux, car ils sont centrés sur leur nombril et sont incapables de comprendre qu'ils n'ont pas évolué depuis la fin du treizième siècle, se moqua Cedrick.
-Oh ! Alors si on te disait que nous sommes tous les deux des sorciers ? lança Amin.
-Je comprends maintenant comment vous avez fait pour transcender le temps et l'espace. Certains de nos meilleurs assassins étaient des sorciers qui ont découvert que le monde ne s'était pas arrêté de tourner. D'ailleurs ils ont été obligés de faire une formation accélérée pour ne plus avoir l'air totalement perdu quand ils étaient en mission. On a mis cette formation en place quand on a perdu l'un des sorciers qui n'a pas évité la balle qui l'a tué. Maintenant, tous les sorciers ont cette formation et ils comprennent plus facilement les dangers du monde des sans-magie. Quand on leur a demandé la raison de leur haine envers les templiers, ils nous ont expliqué que les Templiers voulaient mettre la main sur eux afin de les contrôler et de contrôler leur pouvoir. Sauf que les sorciers ne supportent pas que des moldus, c'est comme cela qu'ils appellent les gens sans pouvoir, s'approchent d'eux. Mais, s'ils peuvent trucider les templiers, ils le feront avec plaisir. Malheureusement, ils ne peuvent rien faire en tant que sorcier, une loi magique les empêche de le faire, cela déclenche chez eux une douleur atroce. Ils disent que c'est leur magie qui se rebelle. C'est pour cela qu'ils deviennent dangereux pour les templiers qu'après la cérémonie d'intronisation. C'est pour cette raison qu'à partir du moment où ils deviennent assassins, ils perdent leur appellation de sorcier pour celui d'assassin. Et là, je peux vous dire qu'ils ne font pas de quartiers.
Au bout d'une dizaines de minutes, l'assassin arriva devant une porte toute simple d'un vieil immeuble Haussmannien, et pénétra à l'intérieur. Les deux enfants ouvrirent de grands yeux quand ils virent un couloir, puis une immense cour et enfin un bâtiment gigantesque avec la marque des assassins de chaque côté de la porte. Altaïr frissonna en voyant cela. Le jeune homme regarda l'enfant et lui demanda :
-Que se passe-t-il ? Tu as froid ?
-Non ! Quand je suis revenu à Masyaf après avoir perdu mon épouse et mon frère, Abbas avait fait clouer leurs corps de chaque côté de la porte et avait laissé les vautours dévorer leur chair.
Amin regarda son frère avec horreur, tandis que Cedrick regrettait de ne pas avoir Abbas devant lui pour lui apprendre le respect de ses paires. Dieu qu'il haïssait cet homme. D'ailleurs toute sa famille crachait sur Abbas, mais pas sur le nom de Sofian, car le fils d'Abbas avait prouvé maintes fois son courage, son sens de l'honneur et sa fidélité sans borne au crédo et à la confrérie. Amin et Cedrick serrèrent Altaïr contre eux et Amin murmura :
-Je n'ai rien senti mon frère, et Maria non plus. Nous n'étions plus que des cadavres sans vie. Tu as bien fait de le tuer. Sa jalousie l'a transformé en traitre au crédo. C'est de ma faute. J'aurai dû l'éliminer quand j'en ai eu l'occasion et non le laisser en vie quand il nous a abandonnés ton père et moi à Acre entre les mains des templiers.
Le jeune assassin était écœuré en entendant cela. Et dire qu'il y avait un descendant d'Abbas dans les locaux. Il espérait que cela n'allait pas clasher entre les deux anciens mentors et le nouveau. En parlant du nouveau mentor :
-Ah ! Cedrick que nous ramènes-tu ?
-Une grande, très grande surprise, Vincent, lança le jeune assassin avec un léger sourire.
Tous les assassins présents se tournèrent vers le jeune homme qui dévoila les deux enfants. Il y eut un silence de mort, car derrière le jeune homme se trouvait un tableau représentant les deux meilleurs mentors que les assassins n'avaient jamais eu, Altaïr ibn La'Ahad et Amin ibn Albarq quand ils avaient une trentaine d'années. Les deux gamins ressemblaient traits pour traits aux deux hommes, mais en plus potelés. Le mentor actuel demanda :
-Qui sont ces enfants ?
-Eh bien… commença le jeune homme coupé par Amin qui s'exclama :
-Amir, c'est toi ?
Il y eut un silence de mort, tous se tournèrent vers Cedrick qui traduisit ce que venait de dire l'enfant.
-Quelle est cette langue ? demanda le mentor ébranlé de se faire appeler par le nom de son glorieux ancêtre.
-De l'arabe, du douzième siècle, répondit Cedrick avec un léger sourire.
-…
-Je vous présente Altaïr ibn La'Ahad et Amin ibn Albarq, présenta le jeune assassin avec un immense sourire qui menaçait de devenir un fou rire en voyant la tête des autres assassins.
-Tu te fous de moi, là ! gronda Vincent, pas du tout ravi qu'on lui apprenne que les meilleurs mentors des assassins reviennent après pas moins de six cent ans.
Cedrick secoua la tête de dénégation.
-Ce sont vraiment… ? demanda un jeune assassin qui n'osait y croire.
-Oui. Et malgré leur petite taille, ils sont déjà extrêmement dangereux. Ils ont failli me tuer avec deux économes.
Il y eut un léger pouffement après cela et tous pensèrent que le jeune assassin racontait une blague D'ailleurs, les assassins reprirent leur travail et laissèrent Cedrick seul avec les deux bambins. Ils ne voyaient pas deux assassins du douzième siècle, mais deux enfants trognons qui devraient être en train de dormir. Amin grimaça encore plus quand il vit que pas un seul assassin était capable de se mouvoir sans bruit alors qu'Altaïr soupirait lourdement. A leur époque, aucun de ceux qui se trouvaient dans cette pièce ne serait devenu un assassin, mais seraient toujours de simple apprenti. Cedrick se pencha vers les deux enfants et leur dit :
-Rien à faire, ils pensent que vous êtes des bambins inoffensifs.
-Ah oui ! Dépose-nous sur le sol et demande à leur chef de combattre contre moi, ordonna Altaïr.
Cedrick déposa les deux bambins sur le sol, puis se tournant vers son mentor lui dit :
-Ils veulent prouver leur identité.
-Et comment ? soupira Vincent en abandonnant de nouveau ce qu'il faisait.
-En te combattant !
-Je ne me bats pas contre les enfants, rétorqua le mentor.
-Ce ne sont pas des enfants, ce sont des assassins ! rectifia Cedrick.
Voyant que le descendant d'Amir ne voulait pas bouger ses fesses, Amin fit un clin d'œil à son frère, puis il alla chercher un bâton, il trouva un petit bâton d'un mètre de haut. Avec un sourire ravageur qui avait fait fondre plusieurs fois sa femme pendant toutes leurs années de mariage, il se mit au milieu de la pièce et dit avec arrogance :
-Alors gamin, prêt à recevoir la raclée du siècle ?!
Cedrick se mit à pouffer de rire alors qu'Altaïr n'avait aucun scrupule à exploser de rire. Le mentor regarda l'enfant se placer au centre de la cour. Il fronça des sourcils en se rendant compte que le gamin le regardait comme s'il était un enfant stupide :
-Bon, qu'est-ce qu'il a dit le nain ?
-Il voulait savoir si tu étais prêt à recevoir la raclée du siècle.
-Il commence à m'énerver le nabot. Ok ! Je vais le chopper et lui coller la volée qu'il mérite, gronda le mentor en abandonnant tout ce qu'il faisait pour mettre la pâtée à ce freluquet.
Devant tous les assassins intéressés, le mentor se leva et s'approcha du gamin qui ne le lâchait pas des yeux. Là, il commença à se méfier, son maître était comme ce gamin et il pouvait le mettre à terre en moins de dix secondes, même quand il était devenu assassin de droit. Les deux guerriers se tournèrent autour, découvrant les points forts et faibles de l'adversaire. Le mentor observait son petit adversaire et devint blême. L'enfant était silencieux, très silencieux. Il n'avait jamais vu un enfant aussi silencieux. Du côté d'Amin, il voyait un assassin mal entraîné, trop lourd et pas assez souple. Il voulait voir de quoi était fait l'homme et donc il décida d'attaquer en utilisant toute l'aide d'Eliza qui adorait augmenter les capacités physique de l'enfant pour qu'il ressemble à un adulte en modèle réduit. Le mentor fut pris par surprise quand soudain le petit attaqua. Il allait vite, très vite, plus vite qu'un enfant normal et ses coups étaient très puissants. Amin ne put que remercier Eliza de lui donner la capacité de se mouvoir tel qu'il le faisait quand il avait trente ans. Mais il savait qu'elle ne pouvait le faire trop longtemps. Donc, il devait terminer le combat le plus vite possible avant de ne redevenir qu'un enfant totalement inoffensif. Alors Amin le forçait à reculer jusqu'à ce que son adversaire se retrouve sur sa jambe la moins solide. En effet, Amin avait remarqué que l'homme boitait de la jambe droite et pour le faire tomber, il fallait taper là où ça faisait mal. Maintenant que son adversaire était dans cette position, il lui faucha les jambes, puis lui bloqua la gorge avec le bâton. S'il avait tenu une lance, le mentor aurait été tué. Amin posa son menton sur le haut de son bâton et sans avoir l'air fatigué, lui demanda avec un sourire mutin :
-Alors gamin, on abandonne ?
Quand Cedrick traduisit ce que venait de dire le bambin, le mentor vit rouge et attaqua pour se retrouver sur le ventre, le visage plaqué à terre. Il n'avait rien vu venir. Ce n'était pas un enfant, c'était un assassin ! Les autres assassins regardaient l'enfant avec stupeur. Ils n'avaient jamais vu quelqu'un bouger aussi vite et réagir avec une telle vivacité. L'espoir de vaincre les templiers commençaient à illuminer leur cœur. Ils avaient les meilleurs guerriers à leur côté, ils allaient pouvoir les vaincre et apprendre des techniques qui avaient disparu depuis des siècles. La technologie moderne avec la puissance des assassins du levant feraient d'eux les plus puissants assassins du monde. Vincent plaqué contre le sol par le bâton collé contre sa nuque, grogna en entendant l'enfant lui lancer avec amusement :
-Alors, as-tu accepté le fait que je sois bien Amin ibn Albarq ?
Les deux frères se tapèrent dans la main, ravis que le mentor orgueilleux se retrouve le nez dans la poussière. Alors que Cedrick traduisait de nouveau et Altaïr lui demanda :
-Qu'est-ce que cette langue ?
-C'est du français.
-Fran… çais ? Drôle de mot. Apprends nous ta langue. Je ne pense pas que quelqu'un parle l'arabe de notre époque, décida Altaïr alors qu'Amin bloquait toujours le mentor.
-En effet, je suis le seul à le parler car j'ai appris cette langue pour honorer nos ancêtres, répondit Cedrick avec fierté. Il le fut encore plus quand il vit le regard approbatif d'Altaïr.
Amin s'écarta enfin du mentor toujours collé contre le sol et demanda sous les regards époustouflés des autres assassins :
-Où est enterrée mon épouse ?
Cedrick eut un sourire mélancolique, c'était l'histoire la plus belle de son héritage. Il l'adorait et il adorait la raconter à ses neveux et nièces. Il s'assit sur une chaise et raconta avec émotion, la légende de sa famille.
-Comme vous le savez, elle vous a été fidèle toute sa vie. Elle a toujours refusé d'épouser quelqu'un d'autre. Quand un homme voulait la forcer, il se retrouvait face aux assassins qui auraient refusé que l'épouse de leur mentor adoré, Amin ibn Albarq épouse un homme qui ne soit pas digne d'elle et de lui. Quand les enfants furent plus grands, les prétendants durent leur faire face. Autant les descendants d'Altaïr était comme leur père et grand-père sage et sérieux, autant ceux d'Amin étaient des boules de nerfs et avaient tous un humour des plus… dévastateur.
-Comment cela ? demanda Amin alors qu'Altaïr commençait à imaginer toutes les idioties qu'avaient pu inventer ses neveux adorés.
-Hé bien, un jour, un fils de sultan vint à la porte du bureau des Medjaÿ. Il ordonna que le mariage entre lui et la femelle d'Amin soit fêté le soir même.
Cedrick et Altaïr eut un léger sourire quand ils virent Amin devenir vert de rage. S'il avait été face à cet homme, il lui aurait arraché les deux bras et lui aurait fait avaler ses yeux. Les assassins et Vincent qui s'était relevé entre temps regardaient avec curiosité la rage se lire dans les yeux d'Amin. Pendant qu'Amin était en train de rager contre l'homme qui avait osé reluquer son épouse, Cedrick traduisit aux assassins la raison de cette rage. Les assassins connaissaient parfaitement cette histoire et pouffèrent en voyant la jalousie et la fureur d'Amin. Tous s'assirent et décidèrent que l'observation était encore plus intéressante que la compréhension. Altaïr toussota et lança :
-Amin, tu peux continuer à rager si tu veux, mais je veux savoir ce que tes sales gosses ont fait à cet idiot !
Amin prit une grande respiration, puis lança :
-Tu as raison. J'ai totalement confiance en mon épouse et mes enfants sont encore plus possessifs et protecteurs que moi.
Cedrick traduisit la phrase et tous eurent un sourire douloureux, car Amin n'avait pas une fois utilisé l'imparfait, mais le présent. Ils se rendaient compte qu'il vivait toujours au treizième siècle et non au vingtième. Il n'avait pas encore accepté le fait que sa famille, ses enfants et ses petits enfants étaient morts depuis plus de six cent ans.
-Alors, qu'on fait ces sales gosses ? demanda Altaïr.
-Hey ! N'insulte pas mes enfants. Ce sont de véritable petits anges, s'insurgea Amin, indigné qu'Altaïr ose dénigrer ses enfants.
-Des anges ? Rappelles-moi ce qu'ils avaient fait le jour où je t'avais enlevé à ta femme ?
-Heuu … Non !
Cedrick traduisit aux autres assassins qui explosèrent de rire devant la tête de leur ancien mentor qui se souvenait parfaitement des bêtises de ses enfants. D'ailleurs, le regard noir d'Altaïr prouvait qu'il savait qu'Amin lui racontait des cracks.
-Je vais donc te rafraichir la mémoire. Tes "adorables" petits anges, n'ont rien trouvé de plus amusant que de mettre de la mélasse et du fumier dans ma capuche !
-HAHAHAHAH ! C'était le bon temps ! s'esclaffa Amin en se souvenant de ce jour béni. Devant tout le monde, il avait puni ses enfants, mais à l'abri dans les catacombes, il s'était bien poilé avec eux, riant de la tête d'Altaïr recouvert de cette mixture collante et puante.
Il ne fut pas le seul à rire pour la plus grande humiliation d'Altaïr. En effet, les assassins étaient pliés à l'idée que le Grand Altaïr se fasse avoir par des gamins. Heureusement pour lui, Cedrick n'avait pas terminé l'histoire et reprit son récit avec un petit rire :
-Donc les enfants d'Amin étaient furieux qu'un homme autre que leur père, ose s'approcher de leur mère. Ils décidèrent donc qu'il y aurait un mariage. Ils contactèrent le sultan et il fut décidé que si le sultan ne voulait pas avoir les assassins comme ennemis, alors le mariage entre son fils et la personne qu'il épouserait devrait être définitif. Il devrait être totalement fidèle et ne pourrait répudier sa nouvelle épouse. Le sultan accepta l'accord et le signa devant son fils et les assassins. Le soir même, alors que l'homme revint épouser leur mère, les enfants entouraient une femme recouverte d'un épais et opaque voile blanc.
Amin fronça un peu des sourcils, puis explosa de rire, sentant que ses petits avaient fait un coup vache. Il avait vraiment hâte d'entendre la suite de l'histoire. Altaïr regardait avec émotion son frère frétiller à l'idée d'entendre les sales coups de ses enfants. Il faut dire qu'il avait bien rigolé devant les coups foireux des rejetons de son frère.
-Les assassins entouraient froidement les futurs mariés. Mais bizarrement tous ces puissants guerriers avaient l'air très amusé. L'Imam d'Alexandrie présida la cérémonie qui fut glorieuse. Quand le mariage fut célébré, les deux époux quittèrent la mosquée pour rejoindre le palais du sultan. Ils étaient sur le parvis de la Mosquée El-Mursi Abul-Abbas, quand le nouveau marié décida de voir le visage de son épouse. Il y eu un énorme éclat de rire quand le fils du Sultan se rendit compte qu'il avait épousé une prostituée connue dans toute l'Egypte pour être capable de faire se lever même un eunuque.
Les rires furent explosifs devant le magnifique coup foireux des enfants d'Amin. C'était vraiment des sales gosses, mais tellement intelligents et protecteurs. Amin soupira en se rendant compte qu'il ne les reverrait qu'après sa mort et pas avant. Mais il se jura qu'il serait digne d'eux et qu'il ferait trembler les ennemis et les amis par tous les coups vaches qu'il pourrait inventer. Il eut un doux sourire puis redemanda à Cedrick :
-Où est-elle enterrée ?
-A Masyaf, elle est partie quand elle sentait sa mort venir. Elle a rejoint la bibliothèque par un tunnel qui n'avait pas été scellé et elle s'est couchée dans la tombe de son époux adoré. Ses fils, ses filles et ses neveux étaient avec elle jusqu'à la fin. Ils ont vu le corps d'Altaïr mais ils ne l'ont pas bougé. Les enfants d'Altaïr lui ont embrassé le front en le remerciant de tout ce qu'il avait fait pour eux et pour la Confrérie. Il est resté dans la position où il était mort entre les deux tombeaux. Ils n'avaient pas le temps de créer un tombeau digne de ce nom et ils voulaient qu'il reste entre son épouse et son frère. C'est pour cela qu'ils ne l'ont pas bougé. Quand votre épouse est décédée, ils ont embrassé votre crâne et le front de votre épouse, puis après avoir prié pour vous tous, ils ont refermé le tombeau et ont quitté le sanctuaire. Ils ont écrit qu'ils ont pleuré alors qu'ils scellaient tous les moyens de rejoindre le sanctuaire afin que personne ne puisse le violer.
Altaïr et Amin sentaient les larmes coulées le long de leurs joues. Leurs corps étaient au côté de leurs épouses. Ils eurent un léger sourire tristounet et dirent au jeune assassin :
-Merci, merci.
-Je suis désolé.
-Vous n'y êtes pour rien. Et les descendants d'Abbas non plus. Car c'est son fils qui m'a prévenu du complot. Ainsi, j'ai pu faire partir les meilleurs assassins, ma famille et Malik ainsi que sa famille.
Cedrick expliqua ce que venait de dire Amin. Ce fut à ce moment que le mentor accepta que le gamin était bien celui qu'il disait qu'il était. Il se releva et les salua avec respect. Les deux enfants le saluèrent comme ils en avaient l'habitude quand ils étaient adultes, il y a de cela des années. Tous sursautèrent quand un assassin arriva et s'exclama :
-Ah vous voila vous ! Les rosbiff ont pété un câble en vous perdant !
-De quoi parles-tu Armand ? demanda le mentor.
-Des deux gamins, Harry Potter et Dudley Dursley, répondit l'assassin qui déposa une liasse de parchemins sur le bureau.
-Tu veux dire, Amin ibn Albarq et Altaïr ibn La'Ahad, rétorqua le mentor, fier d'avoir été mis KO par l'une de ses idoles. Sans se rendre compte que ce qu'il ressentait, son ancêtre Amir l'avait ressenti en son temps après avoir été mis KO par le même homme six cent ans auparavant.
-Je comprends maintenant pourquoi la signature magique du gamin Potter avait changé. J'aimerai bien lui poser des questions sur cela, réfléchit le sorcier.
-Ça ne sert à rien de leur parler, ils ne parlent que l'arabe du douzième siècle, rétorqua le mentor.
-Ok ! Il ne nous reste plus qu'à leur apprendre les langues actuelles, décida le jeune sorcier.
-Ça n'a pas l'air de te surprendre ? observa le mentor très étonné.
-Les Potter ont toujours été une famille très proche de la Magie, nombreux sont ceux qui voulaient s'en débarrasser ou les soumettre. Maintenant, ils vont s'en mordre les doigts, ils vont devoir faire avec deux des meilleurs assassins du monde. J'ai vraiment hâte de voir cela. La tête de cette raclure de Dumbledore quand il va se rendre compte que son pion est un assassin, lança le sorcier en se frottant les mains tout en riant d'un air démoniaque.
Cedrick regarda l'échange, et, jetant un coup d'œil vers les deux assassins en culottes courtes, leur dit :
-Il s'appelle Armand Martin, c'est un sorcier français. Il ne supporte pas les sorciers anglais. Il les trouve totalement stupides et arrogants comme pas deux. Mais il respecte énormément ceux qui décident de nous rejoindre.
Les deux enfants gloussèrent comme les enfants qu'ils étaient. Ils avaient peut-être l'esprit d'adulte de 63 et 92 ans, il n'empêche qu'ils avaient de temps à autre des réflexes d'enfants de leur âge. Altaïr demanda :
-Et votre mentor comment se nomme-t-il ?
-Vincent Delacour. Il est né dans une famille de sorcier comme Armand, mais il n'a pas de pouvoirs. D'ailleurs, il dit que même s'il avait des pouvoirs, il préfèrerait travailler sans pouvoir. Il dit que la Magie ne doit pas servir à tuer.
-C'est une façon de penser. Mais pour ma part, je trouve qu'il faut utiliser tous les moyens possible pour se battre et la Magie en est un, dit calmement Amin
-Que va-t-il se passer pour nous maintenant ? demanda Altaïr.
-On va vous apprendre les langues modernes que vous puissiez vous débrouiller seuls.
Amin regarda son frère et lança :
-Il y a des oies dans le coin ?
Altaïr explosa de rire en revoyant leur enfance quand ils coursaient les pauvres oies de Masyaf. Les assassins modernes regardaient avec un sourire les deux ancêtres rire aux éclats. Entendre cette joie simple, rappelaient aux assassins pourquoi ils se battaient. Cedrick demanda :
-Vous avez faim ?
-Non merci. Nous avons suffisamment de quoi manger.
Les deux petits sortirent de leur sac à goûter tout ce qu'il leur restait comme nourriture, deux kilos de fruits et de légumes variés, deux poulets, cinq truites et un saumon fumés. Puis ils les remirent dans leur sac afin d'avoir toujours à manger et à boire en cas de pépins Les assassins furent étonnés en voyant toute la nourriture que possédaient les deux petits. Mais bon, les assassins avaient autre chose à faire. Cedrick emmena les deux enfants dans une chambre et pour la première fois depuis plus de deux semaines, ils dormirent dans un lit moelleux. Ils ne sentirent absolument pas un médecin soigner leurs pieds et leurs jambes meurtries par le voyage. Quand ils se réveillèrent deux jours plus tard, commença pour eux l'apprentissage du français et de l'anglais modernes.
A suivre
