Chapitre 11
Les deux enfants dormaient paisiblement dans un lit moelleux, aussi moelleux que ceux de leur maison ambulante. Mais si leurs corps se reposaient, leurs esprits travaillaient à cent à l'heure. Maintenant qu'ils étaient à l'abri, ils sortaient de leur mode assassin pour réfléchir et accepter toutes les informations qui les avaient submergées depuis leur réveil il y a plus d'un an. C'était difficile pour eux. En effet, si leurs âmes étaient pluricentenaires, leurs cerveaux n'avaient que 4 ans et ils avaient du mal à intégrer toutes ces informations. Deux jours et deux nuits furent nécessaires pour cela et encore, ils eurent besoin de toute l'aide de leur magie. Ce fut pour cette raison que les deux enfants se réveillèrent sans la moindre migraine.
Amin et Altaïr venaient d'ouvrir les yeux quand ils découvrirent qu'ils sentaient des bandages au niveau de leurs pieds. Les deux enfants s'assirent et virent que quelqu'un les avait soignés. C'était la première fois depuis un long moment qu'ils ne ressentaient aucune douleur. S'étirant bienheureusement, les deux petits étaient heureux de vivre et surtout heureux de ne pas avoir à marcher toute la journée. Ils allaient pouvoir reprendre leur entraînement et peut-être même pouvoir entraîner les assassins pour les rendre aptes au combat. Parce que pour le moment, ils étaient absolument nuls. D'ailleurs, ils n'arrivaient même pas au niveau des plus jeunes apprentis.
Amin et Altaïr se levèrent et virent qu'ils portaient d'étranges vêtements. Ils étaient légers et ne protégeaient pas beaucoup du froid. Ils étaient blancs avec des rayures bleues. Altaïr toucha les vêtements et dit à son frère :
-C'est une étrange matière.
-Oui, c'est froid. On ne dirait pas du qutuun.
-Ni du lin.
-Et encore moins du chanvre.
-Ou de la laine.
Cedrick qui passait dans le couloir entendit les deux anciens mentors discuter et après avoir frappé à la porte, entra dans la pièce. Avec un sourire, il expliqua aux deux enfants :
-C'est une matière synthétique. Elle a été créée durant ce siècle. C'est une matière toute neuve.
-On a tellement de chose à apprendre, soupira Altaïr.
-C'est pour cela qu'après le petit déjeuner, vous vous commencerez l'apprentissage de six cent ans d'histoire, la géographie, les langues, les mathématiques et toutes les notions dont vous aurez besoin pour survivre à ce monde, expliqua Cedrick.
Les deux petits se regardèrent et lancèrent :
-Et pour l'entraînement physique ?
-Vous êtes trop jeunes. On ne commence l'entraînement qu'à quinze ans.
-Et avant ?
-Avant ? Je ne comprends pas.
-Vous n'entraînez pas les enfants ?
-Non ! On les laisse vivre leur vie d'enfant.
Amin et Altaïr se jetèrent un coup d'œil catastrophé. Les enfants devaient être entraînés dès le berceau et non pas à quinze ans révolu quand il était souvent trop tard pour apprendre certaines choses indispensables, qui devaient être acquises le plus rapidement possible. Or en entraînant trop tardivement, les guerriers perdaient énormément de temps à apprendre quelques choses qu'ils auraient pu apprendre durant leur plus jeunes années. Cedrick qui avait apporté des vêtements pour les deux petits, ne fit pas attention à leurs échanges de regard. Quand leur descendant pensa qu'ils étaient suffisamment réveillés, il les emmena prendre leur douche. Les deux magies l'expulsèrent, puis claquèrent la porte afin de pouvoir les chouchouter comme elles en avaient l'habitude durant le long et difficile voyage. Amin et Altaïr se sentaient à l'abri en ressentant leurs magies les entourer avec amour et bienveillance. Quand ils furent prêts à quitter la salle de bain, propres et habillés, ils sentirent leurs magies les pousser à rejoindre les assassins.
En descendant vers les étages inférieurs, ils virent des enfants dormir, jouer, lire, mais aucun ne s'entraînait pour la plus grande déception des deux anciens mentors. Quant à l'entraînement des adultes, il était plus que pitoyable. Ils s'entraînaient une petite heure, puis faisaient autre chose de moins important. Amin voulut sortir dans la cour afin de s'entrainer, comme les enfants des assassins s'entraînaient à son époque, mais Vincent le retint et demanda à Cedrick de traduire ce qu'il voulait, à savoir emmener les deux bambins faire leur classe. Cedrick demanda à un jeune assassin qui venait d'arriver la veille, d'emmener les deux enfants dans leur classe. Soupirant, il emmena les deux petits dans la crèche. Les deux anciens mentors entrèrent dans une pièce avec d'autres enfants du même âge qu'eux. Amin et Altaïr furent horrifiés quand une femme avec un doux sourire leurs prit la main et les emmena avec les autres enfants. Avec tendresse, elle leur demanda :
-Comment vous appelez-vous, les enfants ?
Les deux enfants se regardèrent et demandèrent :
-Qu'avez-vous dis, madame ?
Une petite fille se mit à rire en se moquant des deux enfants. La maîtresse rattrapa la fillette en lui disant :
-Ce n'est pas bien de se moquer, Emily. Ils viennent d'un autre pays et ne connaissent donc pas le français.
-Oui maîtresse, répondit la fillette toute piteuse.
La jeune femme fit un grand sourire, puis demanda aux enfants de faire des dessins avec de la peintures aux pinceaux ou aux doigts. Ensuite, elle se tourna vers les deux nouveaux et pointa sa poitrine prononça son nom puis fit la même chose en pointant les deux enfants. Là, Amin et Altaïr comprirent ce que voulait dire la femme et répondirent en se nommant. Maintenant, elle pointa les autres enfants qui s'étaient précipités sur des petits pots de peintures et commençaient à peindre. Les deux anciens mentors se regardèrent avec horreur et Amin demanda en se tournant vers les enfants :
-Qu'est-ce qu'on fait, Altaïr ?
-Un plan… !
-Et … Et si nous peignons Masyaf telle que nous nous en souvenons ?
Les deux enfants se regardèrent, puis prirent des crayons, des pinceaux ainsi que de la peinture et commencèrent à dessiner. Les deux petits oublièrent tout, en mettant sur toile leur ancienne vie.
La maîtresse regardait les enfants peindre des fleurs, des animaux et des bonhommes. Elle s'approcha des deux nouveaux et eut un choc quand elle vit, pour l'enfant qui avait une cicatrice sur la lèvre, une forteresse, avec des hommes habillés dans des bures blanches et des ceintures rouges. Certains combattaient à l'épée quand d'autre s'entraînaient avec des dagues ou des bâtons. Au premier plan, il y avait une femme portant une armure de templier. C'était comme si on voyait une action à travers les yeux de quelqu'un et ce quelqu'un combattait la femme. C'était une véritable amazone forte, indépendante et magnifique dans sa fierté guerrière. Pour l'autre enfant, c'était une pièce chaleureuse et reposante. Elle était ronde avec des tapis sur le sol et des tapisseries sur les murs. Si derrière on pouvait voir des adultes se battre avec des coussins, devant, il y avait une femme, une femme d'une très grande beauté portant deux enfants, comme une madone tenant des jumeaux. Ce n'étaient pas les œuvres d'enfants de trois ou quatre ans, mais celles d'adultes à l'esprit parfaitement formé. C'était tout bonnement magnifique.
Brusquement la porte s'ouvrit en grand et Vincent apparut en soupirant de soulagement. Les deux mentors étaient paisiblement en train de peindre. Peindre leur ancienne vie, peindre leur amour, leur maison et leurs espoirs. Il se tourna vers l'institutrice et lui dit :
-Valérie, les deux nouveaux ne vont pas rester ici. Ils ont trop de choses à apprendre. Ils vont rester avec Cedrick pour qu'ils apprennent le français puis de là, toutes les langues modernes.
-Tu es fou ! Ils sont trop jeunes ! s'indigna son épouse.
-Tu penses qu'ils ont quel âge ?
-Eh bien, je dirais quatre ans, pas plus.
-Oui, physiquement, ils ont quatre ans. Mentalement, ils en ont plus de six cent. Ils sont Altaïr Ibn La'Ahad et Amin Ibn Albarq les anciens mentors de la confrérie au 13eme siècle.
-Je comprends maintenant pourquoi ils avaient l'air totalement horrifié quand j'ai demandé que les enfants fassent des dessins.
Vincent aurait pu pouffer de rire si les larmes qui coulaient le long des joues des deux anciens mentors ne lui brisaient pas le cœur. Sous leurs coups de pinceaux renaissaient leurs épouses et leur époque maintenant révolue. Vincent décida de ne pas les déranger afin de leur permettre de terminer leurs œuvres et leurs deuils.
Alors que les autres petits jouaient comme des petits fous à autre chose sous la supervision de l'institutrice, Amin et Altaïr terminaient les derniers détails de leurs toiles. Ils étaient fiers d'eux et se sentaient moins seuls. Ils prirent les toiles et quittèrent la pièce afin de rejoindre leur chambre pour y installer les deux portraits côte à côte.
Ils étaient étonnés, car ils étaient aussi épuisés que s'ils avaient fait soixante lieues en courant. Baillant, ils se couchèrent sur le lit d'Amin et s'endormirent dans les bras l'un de l'autre. Quand Vincent pénétra dans la chambre, il vit avec stupéfaction une puissante aura entourer le lit contenant les deux enfants. Armand qui le suivait retint le mentor et lui dit :
-Leurs magies les protègent. Ils doivent - être épuisés. Quand ils descendront, alors nous pourrons commencer à leur apprendre les langues modernes.
-Toi aussi tu penses qu'ils sont trop jeunes pour être entraînés.
-Regarde-les, ce sont encore des bébés. Ils ont peut-être les souvenirs de leurs ancêtres, mais ils sont totalement inoffensifs.
-Il m'a pourtant battu.
-Grâce à la Magie et c'est tout.
-Tu dois avoir raison.
-Hey ! Frangin, c'est moi l'assassin magique et toi le mentor de la Confrérie.
Vincent donna une petite claque sur l'épaule de son frère de Confrérie, puis tous les deux quittèrent la chambre sans savoir que Fadia et Elisa étaient apparues quelques secondes après leur départ. Les deux magies se regardèrent avec stupéfaction, puis pouffèrent de rire en se rendant compte que les assassins pensaient que leurs sorciers étaient inoffensifs alors que même sans pouvoir, ils pouvaient les démolir en moins de cinq minutes. Elles avaient hâte de voir les assassins modernes face à des assassins de l'ancienne époque.
Quand les deux anciens mentors se réveillèrent, ils se sentaient en pleine forme et en ouvrant les yeux, les premières choses qu'ils virent, furent les tableaux. Ils se sentaient plus fort en voyant leurs épouses devant eux. Altaïr voyait l'amazone qui l'avait séduit et Amin la jeune femme dont il était tombé amoureux. Ils saluèrent les tableaux de leurs épouses, puis quittèrent la chambre afin de rejoindre les assassins. Quand ils arrivèrent dans la salle à manger, ils virent Vincent et les autres qui mangeaient beaucoup trop pour le peu d'entraînement qu'ils avaient. Ils engraissaient comme des porcs qui seraient emmenés à l'abattoir. Amin demanda :
-Vous mangez toujours autant ?
Cedrick observait Amin et Altaïr qui regardaient les adultes avec dédain. Il reposa ce qu'il allait manger et prit un petit déjeuner beaucoup plus restreint. Il eut un léger sourire quand il vit l'approbation d'Altaïr. Il était fier de lui, mais il avait terriblement faim. Mais bon, ses mentors lui demandaient de se restreindre, alors il allait se restreindre. Les deux mentors prirent un très léger petit déjeuner quand ils apprirent qu'ils allaient simplement apprendre à lire, écrire, compter et parler dans les langues modernes. Comme ils n'allaient pas se dépenser, ils ne voyaient pas de raison de trop manger.
Pendant des mois, voir même des années, les deux enfants apprirent les langues des assassins modernes. Les assassins leur apprirent le français, l'anglais, l'allemand et l'espagnol. Ils leurs apprirent aussi la géographie. Altaïr et Amin restèrent comme deux ronds de flanc en découvrant l'Amérique, l'Australie et l'Antarctique. Ils se souvinrent soudain du moment où Altaïr avait pris possession de la pomme d'or et de l'apparition de ce globe lumineux qui en avait résulté. Ils se rendirent compte qu'ils avaient vu en fait la Terre telle qu'elle était. Ils apprirent enfin l'histoire avec un grand H que même le plus crétin des tromblons connaissait et l'histoire plus secrète qu'une certaine fraternité voulait effacer.
Ils n'avaient pas le droit de quitter l'enceinte du bureau des assassins et dès qu'ils avaient même l'idée de vouloir s'entraîner, un « adulte » apparaissait et leur disait qu'ils étaient trop jeunes pour s'entraîner. Alors, les deux anciens mentors durent se cacher pour s'entraîner. Ils s'entraînaient tôt le matin et tard le soir. Durant la journée, les deux « petits » rejoignaient les enfants des assassins durant une petite heure. De ce fait, les deux enfants avaient créé des amitiés avec les autres enfants. Mais ils s'étaient retrouvés bien démunis quand, alors qu'ils avaient cinq ans, Charlotte la fille cadette de Vincent leur demanda quand était leur anniversaire. Ils ne le savaient pas, car ils n'avaient pas le même calendrier que les assassins modernes. Ils se regardèrent et utilisèrent le fait qu'ils parlaient mal le français pour esquiver la question. Quand ils retournèrent dans leur chambre, Altaïr demanda :
-Qu'allons-nous répondre ? Le fait de mal parler la langue ne fonctionne pas avec les assassins, ils savent que nous parlons parfaitement le français.
-Nous allons tout simplement choisir une date de naissance qui sera la notre. Après tout, je ne sais pas quand je suis né et toi non plus je présume.
-Tu présumes bien.
-Bon, choisissons bien. Ce doit-être une date qui a une valeur pour nous. Voyons voir ! Je sais, demandons à Cedrick quand nous sommes arrivés à Paris.
-Tu as raison, mais pour moi, la date la plus importante, c'est quand nous avons nommé nos sœurs, Elisa et Fadia.
Les deux enfants rougirent quand ils sentirent les lèvres de leur magie se poser sur leurs joues. Elles avaient vraiment aimé être nommées sœur par leurs deux sorciers. Après avoir toussoté, Amin dit à son frère de cœur :
-Oui. Il n'empêche qu'il faut savoir quand nous sommes arrivés pour compter à rebours et trouver la date.
-C'est vrai.
Les deux petits allèrent voir Cedrick et lui demandèrent :
-Cedrick, quand sommes-nous arrivés à Paris ?
-Le premier septembre 1983.
-Merci.
Les deux retournèrent dans leur chambre, puis calculant décidèrent que leur date de naissance serait le 16 juin 1980, le jour précis où ils avaient nommé leur magie, mais avec l'année de leur naissance. Ce fut donc fièrement qu'ils expliquèrent aux autres enfants qu'ils étaient nés le 16 juin 1980. Les enfants tout contents décrétèrent qu'ils allaient fêter leur anniversaire. Les deux anciens mentors se regardèrent avec stupéfaction, ils n'avaient jamais fêté la date de leur naissance, après tout ce n'était qu'une date parmi tant d'autres. Maintenant que les enfants connaissaient leurs date de naissance, Altaïr et Amin reprirent leur vie en s'entraînant en secret et en découvrant le monde moderne. Cependant, le 26 avril 1986, ils sentirent un danger qui s'approchait. Ils en discutèrent avec leurs sœurs qui les prévinrent que leur mère avait installé un bouclier puissant autour de tous les bureaux des assassins. Mais elles ne savaient pas pourquoi. Le 27 avril au matin, les assassins russes apprirent au reste du monde que la centrale Nucléaire de Tchernobyl avait explosé et qu'un nuage radioactif de dirigeait vers l'Europe de l'ouest et les USA. Avant que tout le monde ne panique, Amin lança que la Magie avait mis en bouclier anti radioactivité autour des bureaux des assassins. Les assassins magiques observèrent le-dit bouclier et créèrent un artefact qui protégerait ceux qui devraient sortir.
Pendant des mois, les rapports étaient de plus en plus alarmistes, les morts se comptaient par milliers et il fallut attendre le 14 mai pour que Gorbatchev reconnaisse l'étendu de la catastrophe. C'était un tel gâchis de vie humaine et que les deux anciens mentors furent écœurés. C'était une technologie trop dangereuse. Là, un scientifique leur expliqua que mal utilisé le nucléaire était dangereux, mais quand ils auraient trouvé le moyen de réutiliser les déchets nucléaires, cette électricité serait moins polluante que les énergies fossiles. Altaïr demanda :
-Et pourquoi ne pas utiliser le soleil ?
-On a des panneaux solaires, mais ils n'ont pas un très bon rendement. Cependant, la technologie avance et bientôt toutes les maisons en auront et il n'y aura plus besoin d'utiliser de gaz, de fioul, de bois ou de charbon.
-Oh !
Après cette petite mise au point, la vie reprit son cours et les anciens mentors furent plus que perplexes quand les autres enfants fêtèrent leurs 6 ans quand arriva le 16 juin. Ils se retrouvèrent ensevelis sous les cadeaux des assassins de Paris. Ce fut une belle fête et les enfants s'étaient bigrement amusés. Mais pas tous les enfants. Amin et Altaïr grimaçaient en entendant les cris des petits. Ils étaient tellement bruyants que n'importe qui aurait pu attaquer et massacrer la cellule sans que quiconque puisse réagir à temps. Et dire que tous les ans, cette fête recommençait et les cris retentissaient sous les regards émus des adultes inconscients du danger.
Si au début, les assassins voulaient mettre à jour des deux petits, après avoir réussi à arrêter une tentative d'enlèvement sur Amin et Altaïr, ils avaient décidé de leur apprendre le plus possible pour les empêcher de sortir et de se mettre en danger. Ce que ne savaient pas les assassins, sauf Cedrick qui avait reçu l'ordre de ne rien dire, c'est que depuis leur arrivée dans les locaux des assassins de Paris, les deux petits s'entraînaient dans leur chambre et entraînaient Cedrick qui avait bien du mal à acquérir tout ce qu'Amin et Altaïr avaient à lui apprendre. Le jeune homme apprenait lentement, soit, mais il apprenait et il changeait. Il était plus silencieux, plus souple et plus rapide. C'était un entraînement terrible et maintenant qu'il s'entraînait pour être plus qu'un apprenti, il mangeait beaucoup plus et mieux. C'était le seul assassin qui avait vraiment le respect des deux anciens mentors, car il voulait vraiment apprendre et se hisser au niveau des meilleurs. Après tout si Amir était devenu l'un des meilleurs assassins, c'était grâce à Amin et c'est toujours grâce à l'ancien mentor que lui Cedrick Thrope deviendrait digne des assassins d'antan.
Pour les nouveaux assassins, Cedrick apprenaient aux deux petits tout ce dont ils avaient besoin et non l'inverse. Le jeune assassin avait réussi à subtiliser un tapis de course avec l'aide non négligeable des deux jeunes ex-mentors. Tous les jours ils couraient plus de deux heures, puis faisaient des exercices multiples. Après près quatre ans de cet entraînement, Cedrick était devenu quasiment aussi silencieux que ses mentors, aussi souple et rapide. Il attendait avec hâte le moment où les mentors se dévoileraient. Il savait que les deux attendaient d'être prêts avant de le faire, mais cela ne l'empêchait pas de demander tous les deux jours quand ils lanceraient l'attaque. Les deux enfants pas si innocents adoraient voir leur descendant totalement surexcité comme si c'était lui l'enfant et eux les adultes.
Trois mois avant de fêter leurs huit ans, les deux anciens mentors décidèrent de se lancer dans l'attaque du métro de Paris. Ils n'avaient pas l'intention de tuer des innocents, le fait même d'y penser les hérissaient, mais de lancer une attaque de gaz totalement inoffensif afin que le gouvernement se rende compte de la défaillance de la sécurité dans les sous-sols de la ville. Les assassins rigolaient souvent qu'ils pouvaient entrer dans le métro, tuer n'importe qui et disparaître sans un bruit. Comme ils avaient eu des cours de chimie, ils savaient comment faire du sulfure d'ammonium rapidement et sans frais. Ils se faufilèrent une nuit pour prendre des oignons, des choux, de l'ail et se firent une joie et raser les cheveux des « meilleurs » assassins durant leur sommeil sans qu'ils ne sentent ou n'entendent quoique ce soit. Cedrick regardait avec émerveillement les deux anciens mentors mettre en place leur plan d'attaque. Personne ne fit attention à eux car tout le monde regardait avec horreur les assassins chauves comme des œufs pour les plus chanceux ou à moitié rasé pour les pires.
Pendant plus d'une semaine, ils regardèrent leur œuvre, un gros bocal en verre rempli de cette mixture qui se putréfiait lentement en dégageant un gaz plus qu'odorant. Au bout d'une bonne semaine, ils décidèrent de transférer le gaz dans des petites fioles en verres qu'ils avaient créé avec l'aide de leurs sœurs. Avec l'aide de Cedrick tout frétillant, ils remplirent des fioles et les mirent dans des poches qu'ils avaient créées avec de vieux vêtements. Quand les munitions furent prêtes, ils préparèrent l'attaque minutieusement. Ils décidèrent d'installer leurs pièges durant la nuit quand le métro serait fermé. Ils installeraient les fioles à des fils de soie qui se casseraient dès que la température dépasserait les 30°c, soit vers 17 heures, heure à laquelle il y aurait le plus de monde. Ils allaient peut-être déclencher une panique monstre, mais aussi et surtout sauver des vies si un groupuscule terroriste quelconque voulait déclencher une attaque à la bombe ou au gaz. Quand ils furent prêts, ils se préparèrent et se volatilisèrent sans utiliser une seule fois la magie. Ils utilisaient simplement ce qu'ils avaient appris durant leur enfance à Masyaf. Cedrick alla se coucher en espérant avoir des nouvelles à son réveil.
Non loin de là, les deux petits qui avaient quitté le bureau par le toit, disparurent en quelques secondes. Ils bondissaient silencieusement de toit en toit, ils étaient ravis de s'être entraînés toutes ses années. Ils s'étaient entraînés comme les enfants de Masyaf à l'époque où ils étaient mentors. Ils couraient plus vite qu'avant et sautaient plus haut et plus loin, mais pas assez pour certains espaces trop larges pour eux. Après tout, ils n'étaient encore que des enfants. Ils avaient choisi un parcours avec le minimum d'espace entre les immeubles afin de rejoindre la bouche de métro la plus proche. Ils se faufilèrent sans aucun problème dans le métro, quelques minutes avant que les grilles ne soient fermées. Maintenant dans les lieux, ils se cachèrent dans les ombres, remerciant les vêtements sombres que Cedrick leur avait trouvés.
Quand ils pénétrèrent dans les couloirs, les deux petits installèrent tous les pièges. Ils les installèrent dans les stations les plus fréquentés, Auber, Chatelet les halles, ils aimaient beaucoup ce nom, Saint Michel. Ils installèrent aussi des pièges dans les grandes gares de paris, Saint Lazare, la gare de Lyon, la Gare du Nord, la gare de L'Est, la gare Montparnasse et la gare d'Austerlitz. Ils voulaient déclencher une panique sans causer de morts et puis à part de la puanteur, il n'y aurait aucun dégât. Il leur fallut toute la nuit pour mettre les piège. Le plus long étant de cheminer entre les stations en allant sur les voies, Cedrick leur avait dit de faire attention aux rails qui étaient électrifiés et pouvaient les tuer en quelques secondes, Quand ils eurent terminé de mettre en place les pièges, ils retournèrent au bureau des assassins, épuisés. Alors que le soleil était levé depuis plus de quatre heures, personne ne remarqua les deux enfants qui pénétraient dans le bureau et s'écrasaient sur le lit, crevés.
Cedrick était effondré. Les deux anciens mentors étaient rentrés à 10 heures et personne ne les avait vu et entendu. Altaïr et Amin avaient raison, les nouveaux assassins étaient nuls. Il était totalement démoralisé. Mais en même temps, il avait hâte de voir les informations de ce soir. Il laissait ses deux mentors dormir, et alla vaquer à ses occupations. Vincent ne s'alarma pas une seule fois de l'absence des deux petits, il avait trop à faire avec les tensions entre les assassins et les assassins magiques. Les classes venaient de se terminer quand tous les programmes furent interrompus par un flash spécial. Il venait d'y avoir une attaque terroriste dans la totalité du métro de Paris intra-muros. Des fioles remplies d'un gaz nauséabond avaient éclaté dans les couloirs du métro, dans les stations les plus utilisées et cela à l'heure de pointe. Il y avait eu une panique monstre et l'évacuation de plus de cent mille usagers de la RATP et de la SNCF car même les plus grandes gare SNCF de Paris avaient été touchées.
Les parisiens venaient de quitter le travail après une longue semaine de travail quand tout commença. Ils marchaient ou couraient dans les couloirs quand des milliers de petites fioles tombèrent sur le sol et explosèrent en délivrant une odeur méphitique qui envahi tous les couloirs et déclencha une horrible panique dans tout le réseau ferré parisien. Quand les premiers signes de panique commencèrent, les forces de l'ordre intervinrent afin d'essayer de calmer les usagés pour empêcher qu'un mouvement de foule ne fasse des blessés ou pire, des morts. En moins d'une heure, les gares et le réseau du métro furent totalement évacués. Quand les couloirs furent vides, les troupes d'élite de la police et la gendarmerie entrèrent en action. Le ministre des transports avait demandé à ses homologues de l'intérieur et des armées d'envoyer des hommes afin de découvrir qui avaient déclenché cette attaque. Pour la première fois de leur histoire, le GIGN et le GIPN pénétrèrent ensemble dans le métro et avancèrent calmement mais résolument dans les couloirs.
Plusieurs équipes exploraient chaque couloir touché par cette attaque. Au bout d'une trentaine de minutes d'avancé prudente, ils arrivèrent à l'endroit de l'attaque et découvrirent les morceaux de fiole. L'un des agents prit un morceau de verre, puis renifla le gaz. Tous les autres agents le regardèrent surtout quand il toucha le verre avec son doigt et goûta les résidus qui se trouvaient dessus. Il se redressa d'un coup et baissant son arme, s'écria :
-Fausse alerte ! C'est une boule puante faite artisanalement.
-Comment le savez-vous ? demanda son supérieur dans son oreillette.
-Parce que j'ai fait la même chose quand j'étais gamin, sauf que je l'avais balancé sur la choucroute de ma grand-mère pendant qu'elle était en train de faire un horrible discours sur comment élever les enfants avec un martinet et une paire de gifles.
Deux de ses collègues pouffèrent de rire. Son chef lui demanda :
-Comment c'est fait ?
-Oignon, choux, ail, cheveux humains et tête d'allumette pour encore plus de puanteur. J'ai bien senti le choux et même du poireau. Le gamin qui a fait cela voulait vraiment que ça pue.
-Donc c'est un canular ! gronda son supérieur en entendant son agent depuis le QG mobile.
-Oui, mais cela nous montre notre faiblesse. Imaginez si ce gaz avait été mortel. Il y aurait eu des centaines de morts ou même plus, soupira le ministre qui se trouvait près de lui. Il trembla en se rendant compte de ce qu'il aurait pu se passer si cela n'avait pas été un canular, si cela avait été du gaz sarin ou une véritable bombe.
Le ministre des transports contacta le président de la république qui ordonna une enquête sur ce canular et une réunion interministérielle immédiate. Durant cette discussion, ils décidèrent de créer une équipe de police qui surveillerait le métro et les gares en cas de menace d'attaque terroriste. La presse encensa la décision du gouvernement.
Dans leur bureau, les assassins observaient avec consternation les images de foule fuyant le métro en se bouchant le nez. Vincent ordonna immédiatement aux assassins de trouver le responsable de cette attaque. Pendant plusieurs jours, il n'y eut aucune nouvelle, jusqu'à ce que les assassins mettent la main sur les enregistrements des vidéos surveillances. Il y eut un silence de mort quand ils ne virent que des ombres et pas un seul mouvement comme si c'était des fantômes qui avaient attaqué le métro. Cedrick regardait les vidéos et il était fasciné par leur facilité à se mouvoir sans bruit et sans se faire voir. Il fronça un peu des sourcils quand il vit que l'un des assassins avait trouvé le reflet qui montrait les responsables de l'attaque. Vincent regardait avec stupéfaction Altaïr Ibn La'Ahad et Amin Ibn Albarq qui posaient tranquillement des pièges dans les couloirs du métro.
Les assassins se regardèrent alors que le mentor était vraiment en train de s'énerver. Cédrick sentant le vent tourner, quitta silencieusement la pièce et fila rejoindre ses mentors afin de les mettre au courant. Quand Cedrick entra dans la chambre, les deux enfants avaient disparu. Le jeune homme sursauta quand Vincent pénétra dans la pièce comme un ouragan. Il était tout simplement furieux et il le devint encore plus quand il vit toutes les machines de sport dans la chambre. Il se tourna vers Cedrick et siffla :
-Ils sont trop jeunes !
-Et toi tu es idiot. Arrête de ne voir que des enfants. Ce sont des assassins et c'est sans leur magie qu'Amin t'a défoncé et c'est sans leur magie qu'ils m'ont entraîné. Nous avons besoin d'eux pour reprendre l'entraînement de nos hommes. Si tu ne vois pas cela, alors la prophétie se déclenchera et nous te perdrons.
Vincent regarda Cedrick stupéfait de son audace. Personne ne lui avait jamais parlé de la sorte et Cedrick était en train de lui secouer les puces de la pire des façons. Les assassins qui avaient suivi Vincent, écoutaient avec stupéfaction le jeune homme remonter les bretelles de leur mentor. Vincent demanda :
-Où sont-ils ?
-Si tu les trouve, alors tu seras digne d'être un apprenti assassin.
-Un apprenti ?! UN APPRENTI ?! hurla Vincent ulcéré.
-Il m'a fallu plus de cinq ans pour arriver au niveau des assassins de Masyaf et aucun d'entre vous n'est au niveau, siffla Cedrick froidement. Alors si vous voulez être digne des véritables assassins tels qu'ils étaient entraînés au treizième siècle, vous allez devoir chercher et retrouver des maîtres assassins. Sachez que s'ils le veulent, ils peuvent-être totalement invisibles et cela sans utiliser une seule fois la magie. Ils n'en ont pas besoin !
Après cela, Cedrick quitta la chambre et rejoignit la sienne. Quelques secondes plus tard, Amin et Altaïr débarquèrent et lui dirent :
-C'est un beau petit discours que tu leur as fait. Vincent en était rouge de colère.
-Ils ne vous voient comme des enfants et non comme des maîtres assassins, comme mes mentors, soupira Cedrick encore énervé.
Les deux mentors pouffèrent de rire, puis Altaïr lui dit :
-Calme-toi, mon ami. Tu as eu raison de les secouer. Tu sais tu serais un bon mentor.
-Merci, mais vous êtes les mentors et je ne veux pas le devenir. Je me verrais plus comme entraîneur.
-Tu serais bon comme cela. Tu ferais un excellent entraîneur.
-Merci, mentors. Qu'allons-nous faire maintenant ?
-On ne peut pas court-circuiter Vincent. Les assassins doivent prendre cette décision. Ce n'est pas à nous de le faire, songea Amin.
-Bien.
Pendant des semaines, les assassins coururent après les deux anciens mentors, en vain. Ils étaient là, mais impossible de les suivre et impossible de leur mettre la main dessus alors qu'ils étaient dans le même immeuble qu'eux. Vincent s'en arrachait les cheveux. Les assassins perdaient foi en leur entraînement quand ils se rendaient compte qu'ils étaient incapables de retrouver deux enfants dans un bâtiment de six étages. Le tout sous les soupirs effondrés de Cedrick. Il se rendait lui aussi compte à quel point les assassins étaient nuls. A un moment, il alla voir ses mentors qui se trouvaient dans le faux plafond au-dessus de Vincent qui s'égosillait de rage et leur demanda :
-Mentors, puis-je entraîner les plus jeunes. Ils auront plus de facilité que les adultes et puis on peut faire passer cela pour un jeu.
-Tu n'en peux plus, n'est-ce pas ? se moqua gentiment Amin.
-Faites quelque chose et vite, avant que je donne des coups de pieds aux fesses de mes amis.
-D'accord, accepta Altaïr.
-D'accord pour quoi ? demanda Cedrick.
-D'accord pour entraîner les plus jeunes et d'accord pour faire quelque chose, lancèrent les deux mentors.
-Merci mentors, remercia Cedrick en quittant silencieusement le faux-plafond et rejoignant les enfants.
L'institutrice qui était en train d'écrire l'intitulé d'un problème de mathématique, sursauta et poussa un cri de terreur. En effet, quand elle se retourna, elle vit devant elle à moins de dix centimètres un assassin armé jusqu'aux dents. Elle ne l'avait pas sentit, ni entendu. Elle n'avait même pas sentit la piqûre qui l'endormit en quelques secondes. L'assassin la déposa sur son siège et se tourna vers les enfants. Toute l'action n'avait duré que deux secondes. Les enfants qui étaient en train d'écrire ce qu'elle disait, sursautèrent aussi en l'entendant crier. Quand ils levèrent les yeux, ils virent un assassin. Il était en train de marcher de long en large et pourtant il ne faisait aucun bruit. Les petits n'entendaient même pas sa respiration alors qu'il n'y avait aucun bruit dans la pièce. Quand l'assassin baissa sa capuche, tous virent Cedrick Thrope. Le jeune assassin leur demanda :
-Vous voulez être capable de faire la même chose ?
-Vraiment ? demandèrent les enfants qui n'attendaient que cela.
En effet, car si aux Etats-Unis les enfants étaient entraînés dès leur plus jeunes âges, en France et dans toute l'Europe occidentale, ils n'étaient entraînés qu'à partir de quinze ans. Et là, un assassin allait leur apprendre tout avant cet âge ? Ils acceptèrent tous. Cedrick leur fit un sourire et leur dit :
-N'en parlez à personne sinon vos parents en parleront au mentor et vous n'aurez pas cet entraînement.
En entendant cela, les enfants jurèrent de ne rien dire. L'assassin conclut avec un sourire :
-Rejoignez la cave après la fin de vos cours. Je vous apprendrai tout ce qu'on m'a appris.
-D'accord ! explosèrent les enfants qui se turent en regardant l'institutrice qui commençait à se réveiller. Les enfants étaient fous de joie, car la classe de mathématique, était le dernier cours de la journée.
Cedrick leur fit un clin d'œil, puis disparut en une micro seconde. Les enfants se regardèrent, puis firent retomber leur regard sur leurs feuilles l'air de rien. L'institutrice se releva en ne comprenant pas ce qu'il s'était passé. Mais quand elle vit les enfants continuer à écrire, elle crut qu'elle s'était assoupie durant quelques secondes. Comme elle n'arrivait plus vraiment à se rappeler ce qu'elle voulait dire, elle lâcha les enfants plus tôt. Les gamins remercièrent leur institutrice, puis rejoignirent la cave afin de commencer l'entraînement. Ils découvrirent que l'entraînement des assassins était en fait tout simple. Ils devaient s'amuser en portant une combinaison noire sous leurs vêtements. Si au début la combinaison était légère, mais plus le temps passait, plus elle devenait lourde et pourtant, ils ne s'en rendaient pas compte et jouaient comme des fous dans les couloirs sombres du bureau.
En plus de la combinaison, ils portaient des bracelets aux poignets et aux chevilles avec des grelots. Le but du jeu était de ne pas les faire tinter sinon ils se retrouvaient à être aspergés avec de l'eau glaciale. Les enfants ne se rendaient même pas compte qu'ils s'entraînaient tant ils s'amusaient. Les plus vieux apprenaient au plus jeunes comment faire pour faire le moins de bruit possible. Il leur fallut une longue année pour être totalement silencieux et pour commencer à apprendre l'art du combat. Cedrick fit cela pour tous les enfants du bureau même les plus petits qui se retrouvaient avec des grenouillères lestées de plomb.
Mais revenons à nos mentors pré pubères. Alors que Cedrick partait pour entraîner toute une future génération d'assassins, Amin et Altaïr quittèrent le bureau et s'installèrent dans la cours afin de s'entraîner. Ils ne firent aucune grimace alors qu'il pleuvait des trombes d'eau. Ils se combattaient avec rage, comme s'ils étaient les pires ennemis. Ils se battaient avec des manches à balais qu'ils avaient trouvés dans une vieille remise. Deux ou trois assassins les regardèrent et comprirent que Cedrick avait raison, les deux enfants n'avaient absolument pas besoin de magie pour se battre. Armand devint blême quand il se rendit compte que les deux petits n'utilisaient absolument pas la magie, car il ne ressentait pas aucune émanation magique ressortir du combat entre les deux frères.
Loin de là, deux semaines auparavant, à New York, les images de « l'attaque » du métro de Paris arrivèrent dans les bureaux d'Absergo. L'un des employés vit la même chose que Vincent, le reflet d'un enfant de huit ans, installant des pièges dans les couloirs. Il donna les résultats aux directeurs qui reconnurent l'enfant le plus recherché au moyen-âge, le fragment d'Eden humain, Amin Ibn Albarq. Malheureusement aussi l'un des mentors des assassins du Levant et l'un des assassins les plus dangereux qui avait exterminé tous les templiers qu'il avait pu croiser dans sa vie. Ils n'arrivaient pas à croire leurs yeux, il était là, en France, six cent ans après sa mort.
Ils en discutèrent entre les maîtres templiers qui conclurent que l'enfant devait être dans les locaux des assassins de Paris. Il leur avait fallu du temps avant de trouver les assassins, mais ils avaient réussi à mettre des espions dans le bureau, mais jamais ils n'avaient pu mettre la main sur les plans de l'immeuble. Quant aux espions dès qu'ils entraient dans la confrérie, ils ne pouvaient plus dire quoi que ce soit sur les locaux de la Confrérie des assassins, mais ils pouvaient apporter des informations cruciales sur la Confrérie.
Les grands maîtres des templiers voulurent lancer une attaque pour attraper les deux enfants. Ils se regardèrent tous et avec orgueil se décidèrent pour le 5 juin 1988. Cependant ce jour-là, il y eut un orage qui dura toute la journée et ne se calma qu'à la nuit tombée. Ce que les templiers ne surent jamais, c'est que cette tempête qui touchait toute la région parisienne, épargna un immeuble au fond d'une impasse. Fadia et Elisa prévinrent leurs sorciers de l'attaque. Les deux bambins inoffensifs (je ne sais vraiment pas à qui faire croire cela), utilisèrent toute la journée du cinq pour poser des pièges mortels. Ils avaient bloqué la porte du bureau afin qu'aucun assassin ne soit une victime collatérale de leur défense.
Durant leur apprentissage de la modernité avec Cedrick, le jeune assassin leur avait appris les dangers de l'électricité et surtout l'amour qu'il y avait entre elle et l'abruti qui serait assez crétin pour prendre un objet branché les pieds dans l'eau. C'est pourquoi, la première chose qu'ils firent, fut de brancher un câble électrique dénudé sur la poignée du portail. Ils fouillèrent dans la remise et trouvèrent un rouleau de fils barbelés et un rouleau de grillage en fer. Ils entrelacèrent le fils barbelés dans le grillage, puis étalèrent le nouveau grillage devant le portail. Malheureusement, le grillage tendait à reprendre sa forme de rouleau, alors avec de gros cavaliers qu'ils avaient trouvés, ils le clouèrent au sol. Ensuite, ils y accrochèrent un autre câble électrique qu'ils branchèrent sur la prise qui se trouvait dans la remise. Après cela, ils décidèrent de mettre d'autres pièges. Ils relièrent le portail à un canon artisanal qui propulserait un manche de pioche taillé en pointe pour tuer l'andouille qui traverserait le portail. Ils ne pouvaient que remercier les civilisations précolombiennes et leurs pièges mortels. C'est pour cela qu'ils sortirent tous les râteaux qu'ils pouvaient trouver et les modifièrent en enfonçant des clous sur la toute la longueur du manche. Quand ce fut fait, ils installèrent leurs nouveaux râteaux aléatoirement dans la cour pour que ceux qui échappent aux râteaux mutants se fassent fouetter par des branches armées jusqu'à l'écorce.
Toute la cour était truffée de pièges et il leur avait fallu toute la journée et une partie de la nuit pour terminer comité de bienvenue. Bien fatigués, ils allèrent se coucher et demandèrent à leurs sœurs de les réveiller assez tôt pour qu'ils puissent démolir les templiers ou plutôt achever les survivants. Amin et Altaïr s'endormirent en quelques secondes et leurs magies les entourèrent afin qu'ils n'aient pas besoin de beaucoup de sommeil. Entourés d'une puissante aura, les deux anciens mentors s'endormirent profondément.
Quand le soleil commença à se lever, les deux enfants se réveillèrent prêts à défoncer du templier. Ils allèrent d'abord prendre une bonne douche, puis ils s'habillèrent avec les vêtements qu'ils avaient utilisés pour l'attaque du métro parisien. Ils adoraient ces vêtements. Ils portaient chacun un jean gris foncé, un t-shirt et un sweat-shirt à capuche de la même couleur. Ils portaient des chaussettes blanches et des chaussures d'alpinisme noires. Les assassins avaient voulu leur donner des baskets, mais elles ne leur permettaient pas d'adhérer au sol ou au mur. Ils avaient fait tous les magasins de Paris avec la carte bleue de Vincent pour trouver ces chaussures et ne le regrettaient absolument pas.
Maintenant prêts, ils allèrent dans la cuisine, mangèrent rapidement, puis prirent deux magnétophones et deux couteaux chacun, leur précédents couteaux ayant vu leur lame se casser lamentablement durant un exercice d'entraînement. Le problème c'est qu'il n'y avait aucune forge dans le coin, ils ne pouvaient donc forger leur lame secrète quant à demander aux assassins, autant demander la lune. Maintenant armés, les deux anciens mentors quittèrent le bureau par le toit et s'installèrent chacun derrière une gargouille. Ils regardaient avec un léger sourire le brouillard qui recouvrait toute la ville. Mais ce qui les faisait vraiment sourire, c'était les nuages noirs plein de pluie qui ne demandaient qu'à déverser des tonnes d'eau. Là, ils attendirent l'arrivée des abrutis comme les surnommaient Amin et Altaïr. Ce que les deux enfants ne savaient pas, c'est qu'ils étaient suivis par les caméras des assassins qui avaient été témoins de la mise en place des pièges.
Cedrick avait un grand sourire et lança :
-J'ai vraiment hâte que l'attaque commence.
-Tu es malade. Ils vont se faire massacrer. Ils ne connaissent rien des armements actuels, siffla Vincent.
-La faute à qui ? susurra Cedrick. Si tu avais fait fonctionner ta cervelle, tu aurais compris que les templiers les veulent vivants tandis qu'Altaïr et Amin les veulent morts. C'est cette petite différence qui fera que les templiers vont mourir parce qu'ils ne connaissent pas Amin et Altaïr comme je l'ai connais. Ils sont cinq fois plus dangereux que notre meilleur assassin. C'est-à-dire moi.
Tous les assassins le regardèrent avec stupéfaction et sursautèrent quand le jeune assassin déposa la ceinture de Vincent sur la table près d'eux. Ils n'avaient même pas vu le jeune homme bouger. Tous se reculèrent stupéfaits, un peu effrayé mais surtout jaloux de la facilité qu'avait Cedrick de se déplacer sans le moindre bruit. Ils décidèrent de réfléchir à ce qu'ils venaient de voir, et pour le moment d'observer les écrans de télévisions comme Vincent et Cedrick afin d'être les témoins des capacités des deux gamins.
Quelques minutes plus tard, une alarme retentit. Trois camionnettes s'engagèrent dans l'impasse et s'arrêtèrent devant le portail. Les assassins virent une douzaine d'hommes habillés en noir sortir des véhicules et se positionner devant trois hommes rondouillards portant des costumes valant une belle petite fortune. Les deux anciens mentors observèrent les nouveaux venus. Les templiers étaient encore plus bruyants que les assassins. Mais il y en avait un qui était comme eux. Il était silencieux, souple et rapide. Il serait le premier à mourir et c'était vraiment dommage car il aurait fait un excellent assassin. L'homme regardait dans la direction des gargouilles derrière lesquelles les deux enfants étaient cachés.
L'homme regardait avec nervosité des ombres qui se trouvaient cachées par les gargouilles. Il sentait qu'un danger mortel se trouvait devant lui. Son instinct lui hurlait de fuir, de ne pas rester avec les templiers. Ce n'était pas la première fois que son instinct lui disait de faire cela. D'habitude, il ne l'aurait jamais écouté, mais là... Il sentait au plus profond de ses tripes qu'il devait partir s'il ne voulait pas mourir de la pire façon. Sans mouvement brusque, il s'écarta des membres d'Abstergo, puis se volatilisa comme seul un assassin parfaitement entraîné pouvait le faire. Cependant, avant qu'il ne puisse s'échapper, il passa devant une trappe de la cave et fut touché par une fléchette soporifique. Les deux enfants qui étaient là, se tapèrent dans la main, ravis du sale coup qu'ils venaient de faire. Les autres petits sortirent de la cave par la trappe à charbon et emmenèrent l'homme dans la cave, le déshabillèrent, puis l'attachèrent quasiment nu à une chaise, elle-même accrochée à un radiateur. Pour plus de sûreté, il fut attaché non pas les mains dans le dos, mais les bras en croix et les jambes ligotées sur les pieds de la chaise. Il ne pouvait plus faire le moindre mouvement et pour ne pas entendre ses cris quand il se réveillerait, ils le bâillonnèrent. Ils mirent du temps et eurent du mal à faire les nœuds, mais ils avaient maintenant un prisonnier en caleçon saucissonné dans la cave.
Pas très loin de là, les deux ex-mentors virent l'homme le plus dangereux disparaître dans la brume. Comme si la nature n'avait attendu que cela, il se mit à pleuvoir. Aucun des nouveaux venus ne fit attention au ronronnement qui venait du portail. Amin et Altaïr se frottèrent les mains, prêts pour le massacre. Les trois maîtres templiers ordonnèrent à leurs hommes :
-Trouvez Altaïr et Amin. Tuez tous les autres.
-Bien maîtres ! répondirent les templiers.
Quand trois agents touchèrent la poignée du portail, une décharge monstrueuse les tua instantanément. Voir leurs hommes être électrocutés stupéfia les maîtres templiers. Ils ne pensaient absolument pas que le bureau des assassins était piégé. Un agent voulut écarter l'un des cadavres mais il fut attiré par la décharge et tué. Après avoir tué trois autres agents, un maître templier se mit au volant d'un des véhicules et fonça dans le portail. S'il réussit à écarter les cadavres, il ne passa pas le grillage qui creva les pneus et ni le canon qui propulsa le manche de pioche qui s'enfonça profondément dans la poitrine du maître templier. Un agent bondit sur la voiture et passa enfin dans la cour. Les trois derniers agents, imitèrent leur collègue et ne se rendirent pas compte qu'il n'y avait plus personne pour protéger les grands maîtres. Maintenant que les deux grands maîtres n'avaient plus de protection, les deux ex-mentors attaquèrent. Ils auraient pu les tuer, mais ils avaient désespérément besoin d'information sur les templiers.
Alors que les agents d'Abstergo embrassaient langoureusement les râteaux mutants ou découvraient avec bonheur l'intérieur de leurs intestins grâce à des branches tueuses, les deux gamins décidèrent d'attaquer les deux grands maîtres. Silencieusement, les deux enfants quittèrent leur point de vue et s'approchèrent des deux adultes. Ils se cachèrent dans la brume, puis attaquèrent. Comme ils les voulaient en vie, ils les poignardèrent au niveau de la taille, sectionnant franchement la moelle épinière. Les deux grands maîtres s'effondrèrent en criant de douleur. Quand ils voulurent se retourner pour savoir la raison de cette douleur, ils se rendirent compte qu'ils ne ressentaient rien à partir de la taille. Avec beaucoup d'effort ils arrivèrent à se mettre sur le dos et virent avec horreur les deux enfants qu'ils étaient venus enlever. Altaïr avec un sourire maléfique dit à son fidèle comparse :
-Amin, ne serait-ce point des templiers ?
-Gros et gras les templiers. Au moins Robert de Sablé était un guerrier et non une chiffe molle dans leur genre. J'avais beaucoup de respect pour lui. Même si c'était une ordure.
-Oh ! Regarde, ils rampent ! On dirait des serpents !
-Je dirais plutôt des vers de terre.
-Pourquoi diantre rampez-vous ? Un problème de dos ? susurra Altaïr.
Amin fit apparaître une boule de lumière et lança :
-Je peux peut-être vous aider. Mais je ne peux rien faire si vous ne me dites rien.
-Comment cela ?! demanda l'un des grands maîtres en sanglotant de douleur.
-Voyez-vous, depuis ma réincarnation j'ai acquis quelques menus pouvoirs qui me permettent de soigner n'importe quelle blessure. Intéressant, n'est-il pas ? répondit Amin avec un immense sourire.
-…
Les deux maîtres templiers se regardèrent quand soudain une souffrance atroce les saisie au niveau de la taille. Elle effet, leurs corps avaient cessé de créer de l'endorphine et la douleur venait de se réveiller avec encore plus de force que précédemment. Ils n'étaient absolument pas habitués à la douleur et ils ne pouvaient même pas se tordre. Altaïr avec un léger sourire posa son pied sur le ventre dodu d'un des templiers et lui demanda :
-Tu as mal ? Amin !
Le jeune ex-mentor s'approcha du blessé et lui retira toute souffrance en le touchant. L'autre templier en entendant le soupire de soulagement de son collègue voulut la même chose et se mit à parler. Il raconta tout ce qu'il savait sur les templiers et leur méthode. Les deux jeunes écoutaient effarés ce que disait le templier. Ces malades voulaient retirer à l'humanité son libre-arbitre afin qu'il n'y ait plus de guerre. Mais c'était totalement stupide. Si à l'époque des précurseurs ça n'avait pas fonctionné, pourquoi cela fonctionnerait maintenant ? Ils apprirent aussi qu'ils voulaient mettre la main sur Altaïr afin de retrouver la pomme et sur Amin. Les fragments d'Eden. Le templier leur apprit aussi qu'ils étaient en train de concevoir un appareil qui permettrait de lire les souvenirs génétiques des cobayes. Les deux petits se jetèrent un regard et voulurent avoir accès à cette technologie. Ils demandèrent le nom du savant qui travaillait dessus et eurent comme réponse Warren Vidic. Le templier parla pendant plus d'une heure quand il eut dit tout ce qu'il savait, il se tut et Altaïr le tourna vers son collègue. Ce fut à se moment précis qu'il se rendit compte que les deux jeunes l'avaient floué. Amin lui avait retiré toutes souffrances oui, mais en le tuant. Enfin, c'est ce que les deux gamins voulaient lui faire croire. Il s'était fait avoir comme un bleu et d'après le sourire diabolique des deux gamins, il n'allait pas survivre longtemps à son collègue. Avant de pouvoir hurler de terreur, Amin lui dit :
-Tu peux crier autant que tu le veux. Tous tes agents sont morts. Regarde-nous ! La dernière chose que tu verras, c'est nous. Tu ne verras jamais la fin des templiers. Vois-tu Altaïr et moi nous détestons les templiers, surtout après que les assassins nous aient raconté toutes vos exactions. Nous allons vous anéantir et il ne restera bientôt rien des templiers ni d'Abstergo. Maintenant, dis adieu à la vie !
Altaïr lui fit un geste de la main en chuchotant :
-Adieu !
Le templier sentit soudain deux mains le mettre sur le ventre, puis une lame traversa sa nuque et le tua en quelques microsecondes. Avec un grand sourire, Altaïr coupa son magnétophone, puis regarda Amin réveiller le premier templier et le faire parler. L'homme terrorisé, leur apprit que les templiers étaient en train de mettre en place un plan pour traquer et massacrer tous les assassins. Ce plan avait été créé par un templier du nom d'Alfred Stearns. En plus de cela, il parla de tout ce qu'il savait y comprit de l'homme qui était parti. Cet homme s'appelait William Wace, c'était un mercenaire. Il ne suivait pas les templiers pour la foi, mais pour l'argent. Cependant, les templiers avaient décidé que cette mission serait la dernière, car il avait de plus en plus tendance à contester le moindre de leurs ordres. Les deux enfants se regardèrent et surent qu'ils pouvaient peut-être l'amener à devenir un assassin et peut-être même un entraîneur. Ils avaient plus besoin d'entraîneur que d'assassin. Quand ils eurent toutes les informations dont ils avaient besoin, ils tuèrent le templier et retournèrent dans le bureau des assassins.
Les deux jeunes grimpèrent sur le mur, puis retournèrent dans leur chambre sans toucher une seule fois le sol. Quand ils entrèrent dans leur chambre, ils virent Cedrick qui les attendait avec un grand sourire tandis que Vincent était beaucoup moins souriant. En effet, les assassins étaient restés devant l'écran et avaient vu les attaques furtives des deux jeunes ainsi que leurs techniques pour obtenir les informations des deux templiers. Ils s'étaient rendu compte que Cedrick avait tout à fait raison. Les deux petits n'étaient pas des enfants, mais vraiment des maîtres assassins. Vincent frissonnait encore devant le carnage effectué par les deux enfants. Ainsi, avec les caméras extérieures, ils avaient vu sept agents mourir électrocutés, un huitième avait été tué par un canon à manche de pioche et quant aux quatre derniers ils avaient fini empalés par des râteaux mutants ou coupé en deux par des branches-machettes. Eux qui avaient toujours un mal fou à éliminer les agents des templiers, voilà que deux bambins les exterminaient en moins de quatre heures. Le plus long étant les grands maîtres.
Dans leur salle de surveillance, les assassins regardèrent Cedrick quitter sa chaise et rejoindre la chambre des deux bambins. Vincent le suivit avec en tête la protection de la Confrérie. Il était totalement has-been et seuls des assassins du treizième siècle pouvait le remettre à niveau. Lui et toute la confrérie. Et maintenant, il était là, devant les anciens mentors des assassins. Prenant une grande respiration, il écrasa violemment son orgueil et demanda :
-Altaïr, Amin. Pourriez-vous nous remettre à niveau ?
-Vincent. Je suis désolé de te dire que vous êtes nuls. Tous autant que vous êtes, lança froidement Altaïr qui poussa un couinement quand son frère lui donna un coup de coude.
-Ce que mon diplomate de frère voulait dire. C'est… vous êtes tous nuls ! Si vous voulez vraiment être des assassins, vous allez devoir abandonner l'idée de votre ancienne petite vie. Ce soir vous allez bien dormir. Car demain, lever à quatre heures que vous soyez magique ou non pour nous ça n'a aucune importance.
Les assassins partirent vexés tandis que Cedrick explosait de rire. Mais ses rires se turent quand un enfant arriva et lui apprit qu'ils avaient capturé un homme qui faisait parti de l'attaque déjouée. Cedrick, Altaïr, Amin et Vincent descendirent à la cave et découvrirent un homme quasiment nu comme un ver ligoté sur une chaise comme un saucisson. L'homme se tordait en tentant de se libérer, mais en vain. A chaque fois que la corde grinçait, un des enfants arrivait et dessinait sur son corps. Quand les deux anciens mentors virent le carnage, ils explosèrent de rire. L'homme avait maintenant une moustache rouge à la Salvador Dali, un monocle vert, une énorme cicatrice noire avec des points de sutures jaunes qui traversait le visage et un énorme lapin violet sur le ventre. Pourtant l'homme n'avait pas l'air en colère, mais plutôt amusé. En effet, le mercenaire ne voyait pas des assassins, mais des enfants qui s'amusaient comme des petits fous avec un adulte qui pourrait les tuer en quelques secondes.
Il cessa de sourire quand il vit le mentor des assassins et surtout Cedrick qui marchait comme un assassin des temps anciens. Mais ce qu'il craignait le plus, c'était les deux gamins qui le regardaient comme s'il était un rôti bien appétissant. Avec son bâillon, il ne pouvait rien dire et attaché comme il l'était, il ne pouvait rien faire. Quand il les vit marcher, il sut que les deux petits étaient redevenus les mentors des assassins. Tous le regardèrent frissonner et ils savaient que ce n'était pas de froid. Il avait peur. Il pensait qu'il allait se faire torturer avant de se faire tuer. C'est pour cela qu'il tomba des nues quand Altaïr lui dit :
-William Wace. Tu savais que tes employeurs voulaient t'éliminer. D'après eux, tu commences à faire travailler ton cerveau et ta conscience. Chose totalement interdite par les templiers.
L'homme fronça des sourcils ne comprenant pas ce que disait le jeune à la cicatrice à la lèvre. Amin s'exclama d'un faux air consterné :
-Oh ! Ils ne t'ont pas révélé leur petit secret ? Ce n'est pas bien. Alors je vais tout te dire ensuite tu choisiras en ton âme et conscience. Sache que nous sommes des assassins. Notre but a toujours été la paix en permettant à l'être humain d'évoluer par lui-même, de grandir et de mûrir. Nous voulons que l'humanité garde son libre-arbitre. Les templiers alias Abstergo, veulent la paix en retirant à l'humanité son libre-arbitre. Nous serons donc tous de gentils esclaves obéissants aux moindres de leurs ordres.
Le mercenaire devint d'abord blême, puis fou de rage. Tous voyaient ses muscles se contracter et Amin ainsi qu'Altaïr savaient qu'il allait bientôt se libérer. Amin se mit à faire les cent pas devant l'homme furieux en disant :
-C'est une utopie totalement inepte et extrêmement dangereuse. L'homme aime le pouvoir et si un homme a ce pouvoir sur les autres que pourrait-il ordonner. Un massacre de masse, un génocide, le bonheur de violer des femmes, des hommes ou des enfants ? Nous ne voulons pas de cela. Alors la meilleure chose à faire, c'est d'anéantir les templiers alias Abstergo. Malheureusement nous avons un léger problème. Les assassins sont nuls.
Le mercenaire sursauta et regarda Cedrick et Altaïr avec stupéfaction.
-Oh ! Altaïr et moi nous nous souvenons parfaitement de l'entraînement que nous avions mis en place et nous l'avons utilisé sur nous et sur Cedrick. Voilà pourquoi tous les trois nous sommes les meilleurs. C'est à ce moment précis que tu entres en jeu. Nous avons besoin d'un entraîneur, quelqu'un qui les poussera jusqu'à ce qu'ils arrêtent de régresser pour enfin évoluer en passant de misérables limaces à assassins de droits. Alors, William. Veux-tu faire partie de la Confrérie des assassins ?
William regarda le jeune garçon, puis commença à bouger légèrement et devant Vincent horrifié, détacha ses bras, puis ses jambes et se releva en retirant le bâillon. Avec un léger sourire amusé, le mercenaire se tint devant l'enfant et lui dit :
-Ce serait pour moi un honneur, mentor d'aider à combattre et à vaincre cette bande de tarés. Une chose qui a entraîné les enfants ?
-Cedrick, il ne voulait pas que les enfants aient trop de retards. Alors il les a entraînés comme nous l'avons entraîné. Pourquoi ?
-Parce qu'ils sont bons et avec le temps, ils seront vraiment les meilleurs.
Vincent regarda le nouvel assassin avec stupéfaction et lui demanda :
-Vous avez toujours eu la possibilité de fuir ?
-Bien sûr.
-Mais pourquoi n'avoir rien fait ?
-Parce que ce ne sont que des enfants et que je ne m'attaque pas à des enfants. Et puis les voir s'amuser à me peinturlurer m'a rappelé les coups vaches que je faisais quand j'étais tout gamin.
William marchait tranquillement dans la cave, alla chercher ses vêtements et se rhabilla sous les regards déçus des enfants. Avec un éclat de rire, il ébouriffa l'un des enfants et lui dit :
-Vous m'avez presque eu les petits. C'était d'ailleurs du bon boulot. Je suis sûr que dans quelques années vous pourrez attraper n'importe qui et le garder pendant des heures sans qu'il ne puisse s'échapper.
Les enfants tout content quittèrent la cave, ils avaient hâte d'être plus grands pour devenir les meilleurs. Amin et Altaïr regardèrent avec un léger sourire les enfants partir en riant. Altaïr se tourna vers Cedrick et lui dit :
-Ils sont rapides, légers ! Tu as fait du bon travail. Ils seront d'excellents assassins quand viendra le temps de leur intronisation.
Le mercenaire regarda Cedrick qui avait l'air d'être prêt à bondir de joie, puis jeta un regard vers le futur ex-mentor et eut un sourire en voyant que l'homme était blanc comme un linge. William lança :
-Cela fait des mois que les templiers veulent attaquer ce bureau. Mais quand la vidéo de votre œuvre dans le métro est tombée entre leurs mains, ils sont devenus encore plus pressés de vous mettre la main dessus.
-Ça c'est très intéressant, chuchota Amin en se frottant le menton.
Altaïr regarda son jumeau spirituel puis comprit ce qu'il sous-entendait :
-Tu as raison, mon frère. C'est très intéressant.
Les trois adultes se regardèrent, puis Vincent demanda :
-Qu'est-ce qui est intéressant ?
-Les templiers nous veulent ?! Eh bien ils vont nous avoir avec en prime la joie ineffable de devenir les jouets des assassins. Après tout, pourquoi les traquer alors qu'ils sont suffisamment crétins pour entrer dans la gueule du loup, susurra Altaïr avec un petit sourire diabolique.
-Ils peuvent attaquer n'importe quand ! s'exclama Vincent.
-C'est pour cela que les assassins magiques vont mettre en place des barrières qui vous donnerons le temps de vous entraîner, décida Amin.
Vincent comprit alors qu'il n'était plus le mentor de la Confrérie, mais qu'Altaïr et Amin venaient de le redevenir six cent ans après l'avoir été. Vincent salua les deux enfants en leur disant :
-Bien, cela sera fait, mentors !
Cedrick salua fièrement ses mentors adorés en disant :
-Mentors c'est un honneur pour la Confrérie de vous retrouver. Je vais prévenir tous les autres.
-Bien Cedrick. Emmène William avec toi et présente-lui ses futurs élèves, ordonna Altaïr.
Amin se tourna vers William et lui dit :
-William tu ne vas pas avoir beaucoup de temps pour les entraîner, ils doivent être mis à niveau le plus vite possible.
-Ce sera fait, mentors.
L'ancien mercenaire salua les deux mentors, puis rejoignit Cedrick afin de prévenir toute la Confrérie. A partir de ce moment, les deux mentors remirent en place l'entraînement qu'ils avaient créé en leur époque. Les plus jeunes étaient déjà à l'entraînement, mais ce fut très difficile pour les adultes de se mettre à jour. Ils avaient tellement de retard qu'Amin et Altaïr bloquèrent toutes les missions. Les assassins ne comprirent absolument pas, jusqu'à ce que l'entraînement commence. Les deux mentors entraînèrent avec l'aide de William, les hommes et les femmes. Ces dernières crurent pouvoir y échapper, mais ce n'était pas du tout l'intention des mentors. Quand une jeune mère leur expliqua qu'elle était une mère au foyer et qu'elle était totalement inoffensive. Amin regarda la jeune femme, puis commença à lui raconter ce qu'il arrivera à ses enfants quand les templiers leur mettraient la main dessus. Il lui raconta que les templiers tortureraient ses fils et les tueraient. La jeune mère sentit les larmes se mettre à couler le long de ses joues. Elle commença à craindre le pire pour ses enfants. Elle demanda alors que les mentors l'entraînent. Toutes les autres femmes acceptèrent la même chose. Si une partie des femmes voulaient protéger leur famille, pour les autres elles voulaient simplement massacrer les templiers.
L'entraînement était tellement difficile que nombreux furent ceux qui voulurent devenir espions. Malheureusement, les mentors avaient rapatrié tous les espions qui étaient entraînés avec plus de force que les autres. Les espions n'avaient pas compris pourquoi jusqu'à ce qu'Amin s'énerve et s'exclame que les espions étaient les pièces maîtresses de leur lutte contre les templiers. En entendant cela, les espions se sentirent fiers et s'entraînèrent extrêmement durs pour être à niveau le plus vite possible. Heureusement, les assassins magiques avaient dit aux mentors qu'ils connaissaient un rituel qui pouvait bloquer le temps dans un endroit précis. Amin et Altaïr se regardèrent, puis ordonnèrent que tout l'immeuble soit mis hors du temps. Quand ce fut fait, ils avaient donné l'ordre de faire la même chose dans toutes les cellules des assassins. Les européens furent humiliés quand les autres cellules leur dirent qu'ils avaient cela depuis des siècles. En fait, depuis que les sorciers avaient incorporé la Confrérie des Assassins. Altaïr et Amin se tournèrent vers les assassins d'Europe et lancèrent pour toute la Confrérie :
-Ce n'est plus possible. Les différentes cellules doivent avoir le même entraînement. Que des assassins d'Asie entraînent les autres assassins et ainsi de suite. Vous devez tous avoir la même base pour être suffisamment puissants pour détruire la Fraternité des Templiers.
Les différents chefs des cellules furent d'accord. Une cellule d'assassin de chaque continent envoya un assassin dans une cellule d'un autre continent afin de leur apprendre les différentes formes de combats qu'ils avaient développé. Quand l'enseignement était terminé, les assassins mis à jour se dispersaient pour enseigner ce qu'ils avaient appris.
Les assassins du monde étaient ravis que les membres de la Confrérie d'Europe se mettent enfin à jour.
Depuis que l'entraînement avait commencé, les tensions entre les assassins magiques et non magiques avaient disparu. En effet, l'entraînement était tellement dur que pour le réussir ils durent s'entraider. De plus, quand des tensions apparaissaient, Amin et Altaïr décrétèrent que les protagonistes devaient faire baisser cette tension soit en parlant soit, comme le disait lyriquement Cedrick, en s'en mettant plein la gueule !
Alors que l'entraînement devait durer des années, grâce aux assassins magiques, l'entraînement ne dura, pour le reste du monde, que dix jours. Durant ces dix jours, la vie continuait tranquillement pour les nouveaux mentors.
Un jour alors que les assassins se reposaient après une séance éprouvante, apparut un homme totalement nu, trempé et couvert de mousse. Quand les assassins virent l'homme arrivé, ils se figèrent, pour la plus grande perplexité des deux mentors qui n'avaient jamais vu cet homme. En effet, malgré les années dans le bureau des assassins de Paris, Amin et Altaïr n'avaient pas rencontré tous les assassins qu'ils soient magiques ou non. Quand les assassins arrêtèrent de bouger. Altaïr demanda à Cedrick qui se trouvait à côté de lui :
-Qui est cet homme ?
-Il se nomme Edward Trelawney. C'est un voyant très puissant.
-Un voyant ?
-Oui. Un voyant. Presque toutes les prophéties qu'il a faites, se sont accomplies.
-Presque toutes ? demanda Amin.
-La dernière prophétie qu'il a faite, ne s'est pas encore réalisée.
-Que disait-elle ? demanda Altaïr.
Cedrick ferma les yeux et chuchota :
-Quand l'enfant brisé rejoindra la Confrérie, la croix fera couler le sang du mentor et entraînera la fin des assassins.
-Comment ?
-Edward a vu le meurtre de Vincent et la destruction de la Confrérie des Assassins.
Altaïr et Amin regardèrent avec inquiétude l'assassin magique s'approcher d'eux. Ils se rendirent compte que l'homme avançait avec les mouvements hésitants comme s'il était totalement ivre mais ce qui les fit frémir fut la couleur des yeux du nouveau venu. Ils étaient noirs, totalement noirs, tout le globe oculaire était noir. Cedrick grimaça et lança :
-Prophétie en cours !
Deux assassins bondirent et se mirent de chaque côté de l'homme. Ils pensaient qu'il allait faire une prophétie à Vincent. Mais en fait, il continua à marcher et ne s'arrêta que devant les deux mentors qui le regardaient avec crainte. Edward ouvrit la bouche et dit :
-Quand l'étoile ténébreuse et innocente aura trouvé sa raison de vivre alors elle protégera d'un voile d'ombre la Confrérie et la prophétie sera brisée car nul ne pourra la trouver. Commencera alors la destruction de la croix.
L'homme se tut et eut l'air de se réveiller. Il regarda autour de lui avec perplexité. Un assassin l'aida à s'asseoir le temps qu'il se remette de ses émotions. Les assassins étaient prêts à hurler de joie. Nostradamus venait de dire que la Confrérie des Assassins allait vaincre les Templiers. Le voyant s'assit avec l'aide de deux assassins et reprit son souffle. Déclamer une prophétie était difficile pour un voyant. Avant quand il était encore un sorcier, il ne se souvenait jamais de ses paroles, mais depuis qu'il était un assassin, il s'en souvenait et comprenait ce qu'il disait. Il ne voulait plus utiliser ses paroles pour lui, mais pour la Confrérie et le Monde.
Les yeux fermés, le voyant ne pouvait voir les regards des assassins. Amin observait la foule et ne comprit pas les sentiments qu'il voyait. Peur, colère, pitié, méfiance. Il se tourna vers Cedrick et lui demanda :
-Pourquoi regardez-vous Edward de cette façon ? C'est un assassin comme nous. Il n'est pas différent.
Le voyant entendant cela leva la tête et eut un sourire douloureux. Ses yeux pétillèrent de bonheur quand il entendit la réponse de Cedrick.
-Ne pensez pas qu'on n'aime pas notre Nostradamus.
-Nostra qui ? demanda Altaïr.
-Nostradamus, c'est comme cela qu'on le surnomme. On aime notre Nostradamus. Il nous a sauvés la vie des centaines de fois. Ce qu'on n'aime pas, c'est la souffrance qu'il ressent quand il fait une prédiction. Faire une prophétie est douloureux pour le voyant, surtout quand il se souvient de ce qu'il a dit. On aurait voulu qu'il oublie comme avant, mais il nous a dis que la Magie lui avait donné ce don pour le remercier d'avoir changé et d'utiliser ses capacités pour changer le monde et non plus pour lui. On a tenté de le faire à nouveau changer, pour qu'il arrête de souffrir. Mais, à part des cauchemars et une voix qui nous menace des pires horreurs si on n'arrête pas, rien à faire. Alors on a décidé que dès qu'il faisait une prophétie… non en fait. Dès qu'il se lève le matin… Non en fait. Il y a toujours deux assassins avec lui, jour et nuit pour le protéger et l'empêcher de se blesser.
Les deux mentors regardèrent les autres assassins et virent enfin l'inquiétude. Maintenant qu'ils connaissaient l'histoire, ils comprenaient que la Confrérie s'inquiétait pour le voyant. Edward se sentant un peu mieux, se releva, salua ses amis et fit demi-tour pour terminer sa douche. Il n'avait fait que quelques pas, quand il se raidit violemment. Tous sentirent une puissance faramineuse entourer le voyant. Edward se tourna vers les mentors et déclama en tremblant une nouvelle prophétie. Des larmes de douleur coulaient le long de ses joues :
-Ecoutez fils de la Magie ! Craignez Phoebus, car de source de vie il deviendra source de mort. Si l'héritier des anciens pourrait sauver le monde par son sacrifice, c'est l'union des filles à leur mère qui protègera Gaia.
Tous crurent qu'il avait terminé, mais dans un souffle douloureux, il dit :
-Méfiez-vous… du… sorcier… pie ! Ni croix, ni aigle ! Ni blanc, ni noir ! Seul le pouvoir le fait avancer ! Par... son… ambition… il sera… le… destructeur… du… monde ! Jamais… il… ne… doit… connaître… le… nom… des… filles !
Edward tomba à genoux en sanglotant lourdement. Tout son corps frissonnait sous la douleur tandis que l'immense puissance qu'il l'avait séparé des autres, était pleine de culpabilité et de tristesse. Elle s'en voulait pour l'avoir fait ainsi souffrir, mais depuis l'arrivée des deux anciens mentors, les choses changeaient, et changeaient trop vite. Elle devait prévenir Sa Confrérie. En effet, ils protégeaient le monde et ils la protégeaient elle contre les sorciers et les templiers avides de pouvoir. Elle avait un dernier message à faire passer, mais elle savait que son voyant n'était pas encore prêt. Elle regarda alors les assassins se précipiter sur son voyant sanglotant et entendit les pensés des non magiques. Si c'était pour supporter une aussi importante souffrance, plus aucun d'entre eux ne jalousaient les assassins magiques. Ils étaient heureux d'être des sans magie et comptaient bien rester comme cela.
Elle regarda Altaïr et Amin puis se décida, quand son voyant serait à l'abri, elle dévoilerait son ultime décision. Ses filles n'entendaient pas ses pensées, preuve qu'elles n'étaient plus liées à elle. Mais tout cela allait bientôt changer.
Voyant Edward s'effondrer en larme, Amin et Altaïr voulurent réagir, mais Vincent les retint en leur disant :
-N'ayez crainte. Francis et Isaac vont rester avec lui.
Il murmura pour lui-même :
-Voilà pourquoi je suis heureux de ne pas être magique.
Dans les couloirs du bureau des assassins, les deux hommes ramenèrent Edward dans sa chambre, puis le mirent sous la douche pour le rincer. Ils étaient doux avec lui, comme deux pères avec leur enfant. Quand il fut propre, ils le séchèrent, lui mirent un pyjama et l'installèrent dans son lit. Alors que les deux assassins allaient prendre place dans deux fauteuils qui avaient été installés pour eux, Isaac sursauta quand Edward lui attrapa la manche. Les deux hommes se tournèrent vers le voyant qui les regardait les yeux totalement noirs. Les deux assassins se précipitèrent à ses côtés, extrêmement inquiets. Le voyant ouvrit la bouche et une voix féminine s'exclama :
-Ecoutez ! Ecoutez tous. Où que vous soyez ! Sorciers, mages ou assassins ! A partir d'aujourd'hui et jusqu'à la fin des temps les membres de la Confrérie seront tous magiques ! Vous serez mon bras armé protégeant le monde des templiers et me protégeant de ceux voulant asservir le monde qu'il soit magique ou non ! Vous sorciers ! Si vous n'êtes pas digne de mes dons, je vous les reprendrais pour les donner à mon armée ! Vous sorciers vous aiderez mon armée à s'adapter à leur monde et vous vous adapterez au leur !
Les deux assassins se regardèrent interloqués. Quand soudain, ils se rendirent compte de ce que la magie venait de dire et là, un sourire de plus en plus jouissif étira leurs lèvres en se rendant compte qu'ils allaient devenir des assassins magiques. Avant de hurler de joie, ils bordèrent le voyant et alors qu'ils allaient s'installer pour le surveiller, un dôme apparut et les repoussa doucement vers le couloir. Comprenant ce que voulait la magie, les deux hommes saluèrent Edward, puis quittèrent la pièce. Au bout de quelques mètres, ils poussèrent un hurlement de joie :
-ON VA DEVENIR DES ASSASSINS MAGIQUES !
Ce fut en hurlant de joie qu'ils pénétrèrent dans la salle à manger et découvrir des assassins effondrés et des assassins magiques amusés. Altaïr vit les deux autres arriver en coup de vent et lança à son frère :
-Au moins, il y en a certains qui le prennent plutôt bien.
-Oui. Mais je me demande la tête qu'ils vont faire quand ils vont se rendre compte de la mise à jours qu'ils devront faire, répondit Amin avec un léger sourire.
En entendant cela, les assassins magiques explosèrent de rire alors que les non magiques se cognaient la tête sur la table et les murs. Amin voyant cela se tourna vers les assassins magiques et leur dit :
-Vous allez apprendre aux adultes tout ce que vous savez sur votre monde. Quand ils obtiendront leurs pouvoirs, alors vous commencerez à leur apprendre ce que vous avez appris dans vos écoles.
Cedrick demanda :
-Et pourquoi que les adultes, pas les enfants ?
-Parce que les enfants vont apprendre quand ils iront dans leur école de magie, répondit Altaïr sur la même longueur d'onde que son frère.
-C'est pas bête.
Amin demanda soudain à Cedrick :
-Et toi Cedrick, tu es un assassin magique ?
-Non ! Ma famille a perdu ses pouvoirs quand l'un de ses membres a trahi la Magie et la Confrérie. D'ailleurs, il s'est fait massacrer quand sa famille a découvert qu'il s'était mis sous les ordres des templiers. Depuis ce jour, nous avons perdu le droit au don de Magie. Mais c'est un test qu'elle nous fait passer. Quand elle décidera que nous sommes digne d'elle, alors elle nous laissera assassin non magique.
-Tu ne veux pas devenir magique ? demanda Altaïr.
-Non, je ne le veux pas. Nous sommes de puissants assassins grâce à notre entraînement. Or c'est le pouvoir qui nous a corrompus. Je ne veux pas que cela recommence.
Armand regarda le jeune assassin et lança :
-Cela ne se reproduira pas, car à la cérémonie d'intronisation, les nouveaux assassins devront faire un serment sur leur magie et leur vie de ne jamais trahir ni les assassins, ni la Magie.
-Que se passerait-il, si quelqu'un trahissait ce serment ? demanda Cedrick.
-La mort !
-Ok ! Alors je suis d'accord.
-Mais une chose, dès qu'un assassin deviendra magique, il devra faire ce serment. S'il refuse, il sera exécuté pour trahison, lança Vincent qui savait que les traîtres et les espions essaieraient de ne pas faire ce serment.
Alors que les assassins étaient plus que ravis, les espions étaient devenus plus que blême et savaient maintenant qu'ils ne pourraient y échapper sauf s'ils s'enfuyaient avant. Alors que les assassins discutaient de cette transformation, personne ne fit attention à trois assassins qui sortirent de l'immeuble et s'enfuirent en courant. Quand ils quittèrent l'impasse, tous les souvenirs sur la position des assassins et du bureau disparurent. Ils ne se souvenaient de rien à part qu'ils étaient agents d'Abstergo et qu'ils devaient rejoindre leur lieu de travail.
Non loin de là, La Magie regardait sa bouche dormir profondément. Elle eut un sourire, puis commença à changer le monde sorcier. Elle gronda quand elle se rendit compte qu'aucun sorcier n'avait entendu son message, preuve qu'aucune de ses filles à part celles liées aux assassins, n'avaient entendu son message. Elle se rendit aussi compte que des sorciers avaient lié leurs pouvoirs à leur sang et à leur âme. Elle ne pourrait leur retirer la totalité de leurs dons. Si elle ne pouvait pas retirer leur don sans les tuer, elle pouvait ponctionner dans leur réserve..
Loin de là, dans une forteresse balayée par une tempête incessante, un vieil homme qui avait fait trembler le monde sentit sa Magie disparaître. Au lieu de hurler de rage, il se releva, s'approcha d'une petite meurtrière et chuchota en regardant le ciel ténébreux :
-Adieu mon amie ! J'espère que tu retrouveras quelqu'un de mieux que moi !
Le vieil homme se recoucha et s'endormit paisiblement pour un sommeil éternel donnant à la Magie l'autorisation de lui retirer les dons qu'elle lui avait donné. Quand les gardiens vinrent pour le nourrir, ils virent que l'ancien mage noir Gellert Grindenwald était mort. Ils prévinrent alors leurs supérieurs qui arrivèrent quelques minutes plus tard. Si deux d'entre eux étaient pour jeter le corps à la mer, le dernier s'insurgea en disant qu'il devait être enterré avec sa famille dans sa ville natale. Alors que les deux premiers allaient s'insurger, une douleur atroce ravagea leur corps. Leur magie venait de leur être arrachée de la manière la plus violente qui soit. Les deux nouveaux cracmols s'effondrèrent et moururent en quelques secondes leur corps ne supportant pas la perte de leur magie. Ils étaient tant obnubilés par l'agonie des deux autres, qu'ils ne firent pas attention au corps de Gellert qui disparut comme de la poudre de fée poussée par une douce brise d'été. Le terrible seigneur des Ténèbres n'était plus.
Malgré cet apport de puissance, la magie savait qu'il lui en fallait plus pour transformer son armée. Au moins, elle pourrait réveiller les cœurs magiques des enfants, ça ne demandait pas énormément de puissance, mais pour recréer ceux des adultes, là, c'était plus dur. Tout en réfléchissant, elle réveilla les cœurs magiques des enfants qui firent sursauter les adultes en faisant de la magie accidentelle. Pourquoi sursauter, parce que si un enfant fait de la magie accidentel, c'est mignon ou un peu perturbant, mais quand tous les futurs assassins la faisaient en même temps, c'était nettement plus dangereux et plus terrifiant. En effet, les dix plaies d'Egypte s'étaient abattues dans les bureaux des assassins, cela allait du changement de couleur pour les uniformes des assassins à la perte de poils des chats en passant par disparition de tous les vêtements des templiers qui attaquaient l'un des bureaux. Dans le monde magique, le nombre de futurs étudiants explosa pour la plus grande stupéfaction les différents ministères de la Magie du monde. Quand les directeurs des écoles de magie voulurent rencontrer les nouveaux futurs élèves, ils se retrouvèrent face à des assassins hautement dangereux qui menacèrent froidement les professeurs de les massacrer s'ils osaient faire régresser les enfants pour les mettre au niveau.
A suivre
.
