Alors que Geppetto fignolait son travaille, avec la très grande aide de son fils Pinocchio, sur l'armoire magique qui allait bientôt accueillir leur sauveuse ainsi que l'un de ses deux parents, Blanche et Charmant étaient dans leur chambre à discuter des derniers préparatifs. Ils n'arrivaient pas à tomber d'accord sur la personne qui accompagnerait leur petite fille dans ce nouveau monde dont personne ne connaissait rien.
La jeune reine était sur le balcon et observait l'horizon en réfléchissant à la meilleure des solutions mais surtout en se disant que plus jamais elle n'aurait la chance de se réveiller auprès de son mari et de pouvoir observer la beauté de son royaume avec lui alors que le roi était resté dans la pièce et avait le regard perdu dans le vide. Il tentait d'imaginer ce que serait sa vie sans sa femme et aucun scénario ne lui convenait.
« Je ne veux pas. Je refuse. » Fit simplement la jeune brune en revenant dans la chambre.
« Ça ne peut être que toi. » Assura le blond, le cœur lourd.
« Je ne veux pas te quitter. » Souffla-t-elle sur le point de fondre en larme en s'approchant du berceau qui était censé accueillir son enfant.
« C'est la seule solution. Tu te mettras dedans et tu seras protégé de la malédiction. » Répondit le prince en la prenant dans ses bras.
« Il a dit que ça n'arriverait pas avant le jour de ses vingt-huit ans ! » Désespéra la reine en laissant une larme couler le long de sa joue.
« C'est quoi vingt-huit ans quand on a l'amour éternel ? J'ai foi en toi, tu me sauveras comme je t'ai sauvé. » Chuchota-t-il en tentant de retenir au mieux le flot d'émotion qui le submergeait à son tour.
Blanche ne sut quoi répondre. Au fond, elle savait pertinemment que son mari avait raison mais elle ne voulait vivre loin de lui, elle était tout simplement incapable d'être loin de son véritable amour.
Elle prit simplement son visage en coupe entre ses deux mains et l'embrassa amoureusement malgré les larmes qui roulaient à présent librement le long de ses joues. Le roi resserra ses bras autour de ses hanches pour la tenir au plus près de son corps malgré son ventre assez imposant de femme enceinte et elle glissa son bras autour de ses épaules pour approfondir un peu plus leur baiser.
Alors qu'ils intensifiaient toujours plus le baiser, Blanche posa ses deux mains sur les épaules de son mari et s'écarta immédiatement de lui avec une grimace de douleur dessiné sur le visage.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » S'inquiéta le prince charmant en la regardant attentivement.
« Le bébé. Il va arriver. » Articula-t-elle difficilement en posant sa main sur son ventre rond.
Au même moment, un peu plus loin dans le château, au niveau des tours, Grincheux menait la garde en se tenant droit comme un I. La malédiction de la méchante reine pouvait arriver à tout moment alors il observait attentivement l'horizon, le royaume qui se dessinait sous ses yeux pour pouvoir sonner l'alerte dès que quelque chose de suspect arriverait vers eux.
Il était à son poste depuis déjà de longues heures et, il fallait avouer, qu'il commençait à fatiguer. Il attrapa alors la petite flasque qui était accrochée à sa ceinture et l'ouvrit sans attendre, il ferma les yeux quelques instants pour profiter pleinement de l'alcool qui coulait le long de sa gorge mais ce furent quelques secondes de trop car lorsqu'il les réouvrit, il les écarquilla immédiatement en voyant le ciel.
Il en laissa sa flasque remplie d'alcool tomber au sol et donna un coup de pied dans la jambe de son frère, Dormeur, qui se reposait à côté de lui.
« Réveille-toi ! Allez ! Réveille-toi ! » Ordonna-t-il sans quitter l'horizon des yeux.
Le second nain émergea difficilement mais en voyant la tête de six pieds de long que tirait son frère, il secoua rapidement la tête de droite à gauche pour reprendre ses esprits et venir se poster, à son tour, à son poste qu'il avait abandonné pour une tout petite sieste de rien du tout.
« Regarde ! » Grogna-t-il en pointant du doigt l'épais nuage de fumé qui fonçait à toute vitesse en direction du château.
Il ne laissa pas le temps à son frère de dire quoi que ce soit, il lui tourna le dos et se saisit rapidement du battant pour faire tinter la cloche.
« Alerte ! La malédiction ! Alerte ! » Cria-t-il fortement avec sa grosse voix afin d'informer tout le monde.
Il fit sonner la cloche seulement à la force de ses muscles pendant que Blanche hurlait de toutes ses forces dans son lit.
Ils avaient quitté la chambre qui était destinée à leur fille pour rejoindre la leur, Charmant avait rapidement installé sa femme au milieu du matelas et lui tenait la main sans sourciller malgré la douleur qui commençait à naitre dans celle-ci à force d'être serré aussi fort.
La longue robe claire que la reine portait était remonté au niveau de son ventre et elle se reposait entièrement sur son mari qui tentait de l'aider même s'il ne pouvait pas faire grand-chose.
« Je ne peux pas avoir mon bébé maintenant » Cria-t-elle à bout de force.
« Faites quelques choses prof ! » S'exclama le prince en regardant le nain qui passait délicatement un chiffon imbibé d'eau froide sur le front de sa compagne. « Ça va aller, Geppetto à presque fini, ça y est, tu dois tenir. » Encouragea-t-il en lui embrassant délicatement la tempe.
Ce qu'absolument tout le monde semblait ignorer était que : pendant que Blanche hurlait en se tordant de douleur, les soldats qui faisaient partie de la garde royale de la méchante reine galopaient à tout vitesse en direction du château.
Les minutes passaient et la reine n'en pouvait tout simplement plus, la douleur était insoutenable, elle n'avait même plus assez de force pour crier. Alors que les larmes coulaient simplement sur ses joues sans qu'elle ne puisse les arrêter, la porte de la chambre royale s'ouvrit en grand et Geppetto apparut en héro.
« Ça y est ! L'armoire est finie ! » Informa le vieux menuisier en leur faisant signe de le suivre.
« Dieu merci. » Soupira le prince en voulant soulever sa femme qui gémissait de douleur.
« Il est trop tard, on ne peut plus la déplacer. » Informa gravement prof.
Totalement à contre cœur, Blanche accoucha dans sa chambre et enroula ensuite son petit bébé dans la petite mais douce couverture rose qu'avait confectionné la veuve Lucas pour l'enfant en y brodant son prénom.
La jeune femme prit son bébé dans ses bras et l'admira quelques instant, les larmes aux yeux avant de sourire à son mari qui plaqua un baiser sur son front. Malheureusement, le calme de cette nouvelle naissance ne dura pas longtemps car la reine – tout juste mère – se rendit compte qu'ils avaient à présent un nouveau problème.
« Mais l'armoire… elle n'est fait que pour une personne… » Fit-elle en regardant son mari.
Personne n'eut le temps d'ajouter quoi que ce soit car un énorme vacarme se fit entendre dans le château, des cris de colère mais aussi de douleur s'élevèrent et couvrirent le bruit que provoquait la collision entre les armes.
Les soldats de l'armée noire étaient là et ils étaient prêt à tout pour assouvir le désir de la méchante reine. Ils étaient là pour détruire les fins heureuses et pour cela, ils leur faillaient l'enfant qui venait tout juste de naitre.
« Alors notre plan a échoué… au moins on est ensemble. » Soupira le prince.
« Non… tu vas la cacher, tu vas la mettre dans l'armoire. » Décida Blanche en fixant son bébé.
« Tu as perdu l'esprit ? » S'exclama le blond en se redressant.
« C'est la seule solution ! On n'a pas le choix ! Il faut qu'on ait confiance, elle reviendra un jour pour nous ! Il faut le faire pour elle, pour qu'elle ait au moins toutes ses chances. » Informa la jeune femme en se retenant de pleurer.
Son mari la regarda et grimaça, il détestait l'idée de laisser sa fille livrée à elle-même mais il savait que sa femme avait raison. S'ils venaient à la garder avec eux, les gardes la prendraient ou pire, la reine pourrait la tuer sous leurs yeux impuissants.
Il soupira et déposa un délicat baiser sur le front de son enfant, Blanche laissa couler une larme le long de sa joue et embrassa à son tour la joue de sa petite fille avant de doucement la déposer dans les bras de son mari.
Ils se regardèrent et partagèrent un nouveau baiser en sachant bien que ce serait le dernier avant un long, très long moment.
Le roi attrapa et brandit fièrement son épée qui reposait jusqu'alors dans son étui sur une table pas très loin puis quitta la chambre conjugale en sentant son cœur se compresser dans sa poitrine en entendant un sanglot déchirant provenant de sa femme.
Dans les couloirs, les gardes de l'armée noire tuaient sans hésitation toutes les personnes qu'ils croisaient, ils avaient un objectif à atteindre et se fichaient totalement des dommages collatéraux qu'ils étaient en train de causer.
David eu le malheur de croiser la route de deux d'entre eux, il regarda son bébé et resserra sa prise sur le manche de l'arme avant de s'approcher d'eux en courant. Il n'avait plus de temps à perdre, il n'avait plus le temps d'avoir peur.
Les armes s'entrechoquèrent mais il évita les coups qui pourraient lui être fatals avec une souplesse extraordinaire cependant en voulant protéger avant tout son enfant, il ne vit pas la lame qui s'approcha de lui rapidement ce qui lui valut une belle et profonde entaille dans l'épaule.
Le sang se mit à couler sur sa chemise défaite mais il n'abandonna pas le combat pour autant, il parvint finalement à désarmer ses deux assaillants qu'il tua sans une once de remord.
Grimaçant de douleur, il avança rapidement vers la pièce où se trouvait l'armoire. Il donna un franc coup de pied dans la porte qui céda et il s'approcha du tronc d'arbre qui était merveilleusement taillé.
Il laissa son épée tomber au sol et déposa délicatement sa fille à l'intérieur avant de lui embrasser le front.
« Tu devras nous retrouver. » Chuchota-t-il en la regardant.
Le roi entendit des pas arriver dans sa direction alors il ferma rapidement les deux portes de l'armoire, il tourna la clé dans la serrure et balança celle-ci à l'aveugle dans la pièce pour que les gardes n'aient pas le temps de la retrouver.
Il se releva difficilement à cause de sa douleur qui lui irradiait le bras et il voulut combattre les soldats qui fonçaient sur lui mais avant qu'il ne puisse faire un quelconque mouvement, une lame sortit entre deux soldats et le transperça juste au-dessous des côtes.
La douleur fut tellement forte que ses jambes cessèrent de le porter et il tomba lourdement au sol sans pouvoir faire quoi que ce soit.
L'un des gardes le regarda rapidement avant de se diriger vers l'armoire magique, sans plus de cérémonie, il abattit de violent coup d'épée dans la porte qui finit par lâcher.
Il envoya alors valser le morceau de bois et récupéra la petite fille qui se trouvait toujours à l'intérieur. Il la prit dans ses bras sans aucune douceur et David ferma les yeux en entendant les cris de son enfant qui signifiaient qu'une seule chose : il avait échoué à sa mission, il n'avait pas protégé sa famille, la méchante reine avait son enfant, ils étaient tous perdus.
Difficilement, Blanche était sorti de son lit et tentait d'avancer à travers les couloirs malgré les corps sans vie de ses amis mais aussi des soldats de l'armée noire qui lui barraient la route. Malgré sa grande sensibilité, elle tentait de ne pas faire attention à eux car tout ce qui lui importait était de rejoindre son mari pour s'assurer que sa fille était belle et bien en sécurité, loin de leur monde dangereux.
Lorsqu'elle arriva dans la pièce, elle eut le droit à une vision d'horreur.
Le roi était allongé au sol et baignait dans une mare de sang alors qu'un garde tenait fermement sa petite fille contre son armure froide.
« Non… non… » Souffla-t-elle en laissant son regard passé de son enfant à l'homme de sa vie.
Tout en se tenant le ventre, elle s'approcha de l'homme et se laissa tomber à ses pieds, elle essaya de le secouer dans tous les sens pour le réveiller mais il ne bougea pas alors elle comprit qu'elle n'avait plus qu'une seule option. Elle prit son visage dans ses mains et l'embrassa mais son baiser n'eut aucun effet ce qui lui brisa le cœur en plus des cris affolé de sa fille.
« Oh, ne vous inquiétez pas très chère. D'ici peu, vous ne vous souviendrez plus de l'avoir connu, ni à quel point vous l'aimiez. » S'exclama la méchante reine qui entra dans la pièce.
« Pourquoi vous faites ça ? » Questionna Blanche en laissant ses larmes couler librement le long de ses joues.
« Parce que c'est la fin heureuse de mon histoire ! » Répondit-elle en la regardant dans les yeux.
Un cri de terreur s'envola dans la pièce et les yeux de la méchante reine devinrent noir de colère, elle se redressa et s'approcha de ses gardes pour comprendre qui avait eu le culot de lui couper la parole.
Ce fut à ce moment-là qu'elle se rendit compte que l'un d'eux tenait un bébé dans ses bras et un sourire machiavélique étira alors ses lèvres.
« Vous ne pouvez donc pas le faire taire ! » S'énerva-t-elle sur l'homme.
« Ne vous en prenez pas à mon bébé. » Supplia Blanche en gardant une main sur le corps mort de son mari.
La méchante reine se mit alors à rire et lui jeta simplement un regard noir avant de prendre l'enfant des bras de son garde.
Elle l'analysa de haut en bas et soudainement, les pleurs et les cris s'arrêtèrent comme si le bébé savait qu'il n'avait rien à craindre et qu'il était en sécurité.
La méchante reine se volatilisa à l'aide de sa magie pour revenir dans son propre château qui commençait à se détruire à cause de la malédiction qu'elle venait de jeter sur toute la forêt enchantée.
Elle sentit alors le bébé bouger dans ses bras et elle le regarda avec un regard mauvais, à présent qu'elle avait l'enfant de cette stupide Blanche-Neige, sa vengeance allait enfin être complète.
Elle posa alors sa main de libre sur le visage de l'enfant de manière à lui couvrir la bouche mais aussi le nez et elle se mit à appuyer pour l'empêcher de respirer. Elle n'avait jusqu'alors jamais fait de mal à un enfant mais il fallait bien un début à tout. Ce n'était pas un enfant à peine né qui allait détruire tout ce pourquoi elle s'était si durement battue.
Le petit être se mit à se débattre dans ses bras en gesticulant dans tous les sens mais elle regarda ailleurs pour ne pas le voir.
Rapidement, l'enfant arrêta de bouger alors elle reporta son attention sur lui et constata que son visage prenait doucement une couleur un peu plus bleutée alors que ses petites mains étaient posées à plat sur ses doigts.
Son cœur se contracta alors dans sa poitrine lorsqu'elle se rendit compte qu'elle était sur le point de commettre un néonaticide, elle était prête à tout pour se venger de son ancienne belle-fille mais elle n'avait jamais été capable de faire du mal à un enfant alors elle relâcha immédiatement la pression qu'elle exerçait sur le visage du bébé.
Ses yeux se remplirent de larme lorsqu'elle vit l'enfant prendre une profonde inspiration avant de se mettre à pleurer à chaude larme.
« Je suis désolé, pardon. » Souffla-t-elle en venant doucement lui adresser la joue.
Elle prit correctement le bébé dans ses bras et l'apporta contre sa poitrine pour le serrer contre son corps, elle avait failli le tuer de sang-froid et pour une fois depuis bien des années elle ressentait de la culpabilité, elle s'en voulait.
Elle attrapa la petite couverture pour couvrir correctement l'enfant et se rendit compte qu'un prénom y était brodée, elle laissa doucement son doigt passer dessus et laissa une larme quitter la barrière de ses yeux.
« Emma… » Chuchota la méchante reine.
La brune passa délicatement sa main sur la petite tête du bébé qui était déjà recouverte de quelques petits cheveux presque invisibles tant ils étaient clairs.
Elle lâcha un léger soupir de soulagement en sentant l'enfant se calmer et respirer plus calmement contre son épaule.
« Je vais devoir t'intégrer à ma fin heureuse petite Emma. » Soupira-t-elle doucement en jetant un coup d'œil à travers la fenêtre.
Le nuage de la malédiction avait totalement recouvert le château du royaume blanc et à présent, il approchait à une vitesse folle de son propre château. D'ici, elle entendait parfaitement le cri des villageois apeurés qui ne comprenaient pas ce qui était en train d'arriver.
Le plafond de son château craquela sous la puissance de son sort et la petite fille dans ses bras se mit à trembler.
« Ne t'en fais pas petite Emma, je vais nous emmener dans un endroit horrible, merveilleusement horrible. Un monde où moi je choisirais comment tout est bien qui finit bien. Tant que tu resteras avec moi, personne ne te fera de mal. » Murmura alors la femme.
Les vitres de la pièce volèrent finalement en éclats et la malédiction prit possession de la pièce pour les faires toutes les deux disparaitre.
