Sur le trajet du retour, Regina jeta un coup d'œil à travers le rétroviseur pour regarder sa fille dont le visage transpirait étrangement la tristesse. Grimaçant, elle lui demanda alors si elle connaissait bien les deux enfants, s'ils étaient amis ou camarade de classe. La petite blonde ne chercha pas à lui mentir et hocha négativement la tête avant de lui expliquer que c'était la première fois qu'elle les voyait même si, apparemment, ils étaient dans la même école.

Arrivant au manoir, Emma s'empressa de remplir la gamelle d'eau pour Rex qui n'avait, par conséquent, toujours pas pu se rafraîchir. Elle l'entraina ensuite dans le jardin où, tout en lui passant un coup de brosse pour défaire les nœuds de ses poils, elle l'aida à retirer le sable de la plage encore présent dans son pelage. Lorsqu'il fut à nouveau tout beau, tout propre, elle le laissa retourner à l'intérieur.

La brune s'était immédiatement mise derrière les fourneaux pour cuisiner alors elle en profita pour monter à l'étage et prendre une douche. Alors que l'eau tiède coulait le long de sa peau, les évènements de l'après-midi lui revinrent à l'esprit et elle ne put s'empêcher de soupirer. Elle ne savait pas pourquoi mais elle avait un mauvais pressentiment, elle sentait que les deux enfants avaient plus de problème qu'ils ne voulaient bien l'admettre et qu'il était de son devoir de les aider.

Attrapant sa serviette pour se sécher, elle ne put s'empêcher de pouffer en se demandant ce qu'une enfant de neuf ans pourrait bien faire pour eux. Elle n'avait aucun pouvoir, aucune autorité. La seule personne qui pouvait réellement faire quelque chose était la mairesse mais, comment la convaincre ?

Sa mère n'était pas méchante, loin de là, seulement elle n'était pas du genre à se mêler des histoires des autres. Elle n'aimait pas être impliquée dans toute sorte de problème avec des personnes extérieures à sa famille, c'était sans doute d'ailleurs pour ça qu'elle avait si facilement avaler leurs mensonges. Habitaient-ils vraiment dans cette maison ? Emma avait l'étrange intuition que ce n'était pas le cas.

Se glissant dans un pyjama propre, elle redescendit au rez-de-chaussée où une douce odeur planait déjà dans l'air. Elle se glissa alors discrètement dans la cuisine pour voir Regina qui remuait, avec beaucoup d'attention, dans une casserole puis elle attrapa les couverts pour dresser la table.

Assise l'une en face de l'autre, elles mangèrent dans un silence qui ne leur était pas habituel. La brune voulait lui poser tout un tas de question sur sa rencontre avec les deux enfants – qu'elle avait la nette impression d'avoir déjà vu – et sa fille souhaitait lui demander de les aider. Elles voyaient très bien que l'autre avait envie de parler alors elles gardèrent le silence pour lui laisser le temps de faire le premier pas, seulement, aucune des deux ne se lança. Elles restèrent silencieuses et l'atmosphère devint tout de suite bien moins agréable.

Inconsciemment, elles s'empressèrent de finir leur repas pour quitter la table et ainsi mettre fin à ce moment de torture. Emma aida rapidement sa mère à débarrasser avant de grimper à l'étage – suivie de près par Rex qui, lui aussi, avait parfaitement senti le malaise qui plainait dans l'air.

Elle se précipita dans la salle de bain où, debout sur son petit tabouret, elle se brossa rapidement les dents puis les cheveux pour ensuite, libérer la place. Elle entra dans sa chambre, alluma la petite lumière de sa table de chevet et s'installa dans sa chaise à bascule, entourée d'une couverture chaude. Câlinant distraitement son chien qui avait retrouvé sa place sur ses cuisses, elle regarda les étoiles dans le ciel sans vraiment les voir tant ses pensées étaient ailleurs.

« Est-ce qu'ils vont bien ? »

Elle était bien trop jeune pour se faire autant de soucis mais, actuellement, elle ne pouvait penser à autre chose qu'à Ava et Nicholas. Avaient-ils bien retrouvé leurs parents ? Ne s'étaient-ils pas trop fait gronder ? Avaient-ils mangé un bon repas chaud préparé avec amour par leur mère ? Etaient-ils déjà au lit ? Dormaient-ils ensemble ou dans deux chambres séparées ? N'avaient-ils pas trop froid ?

Elle se posait beaucoup de question, elle s'inquiétait sincèrement pour eux. Avaient-ils l'habitude de voler dans les magasins ? Cette idée tournait en boucle dans sa tête si bien qu'elle en avait la boule au ventre. Le faisaient-ils par plaisir ou par nécessité ? Une partie de son âme d'enfant n'avait même pas envie d'en connaitre la réponse, elle savait d'ores et déjà que celle-ci allait lui briser le cœur.

Regina termina de laver la vaisselle utilisée pour le diner et rejoignit, à son tour, l'étage en éteignant la lumière sur son passage. Elle se dirigea directement vers la salle de bain où elle prit une rapide mais agréable douche avant d'entrer dans la chambre de sa fille. Serviette encore posée sur le sommet de son crâne, elle l'appela plusieurs fois et fronça des sourcils en constatant que cette dernière ne répondait pas.

S'était-elle endormie avec la lumière allumée ? Elle s'aventura dans la pièce et la retrouva assise, face à sa fenêtre, une mine sérieuse sur le visage. A quoi pouvait-elle bien penser à un moment pareil ? La voyant frissonner, elle s'approcha et lui caressa doucement les cheveux encore humide pour attirer son attention.

« Au lit, tu vas mourir de froid. »

« J'espère que ce n'est pas le cas pour eux. » Marmonna-t-elle en se levant.

« De quoi est-ce que tu parles mon bébé ? » Questionna la brune, les sourcils froncés.

« Ava et Nicholas. J'espère qu'ils ne mourront pas de froid cette nuit. »

Sans un mot de plus, elle déposa un furtif baiser entre les oreilles de Rex et se glissa sous sa couette. Elle empoigna fermement sa peluche préférée et laissa sa tête tomber lourdement sur son oreiller alors que son chien venait s'installer à ses pieds, désireux de lui tenir compagnie cette nuit.

L'adulte resta quelques secondes inertes, elle ne savait tout bonnement pas quoi dire face à la remarque de sa fille. Les deux enfants n'allaient pas mourir de froid, n'est-ce pas ? Elle voulait rassurer la blonde mais elle n'était, elle-même, pas certaine de la situation.

Elle s'approcha finalement du lit et borda Emma, comme elle le faisait tous les soirs. Elle s'installa ensuite sur le bord du matelas et attrapa l'un des livres qui se trouvaient sur la table de chevet en attendant d'être choisi pour la lecture du soir.

« Je suis désolé maman mais je ne suis pas d'humeur pour les histoires. » Souffla-t-elle doucement en se glissant un peu plus sous sa couverture.

La blonde savait très bien qu'elle était en train de désorganiser leur si précieux rituel du soir qu'elles n'avaient encore jamais écourté depuis son enfance. Lorsque la mairesse avait une très longue journée de travail, ces quelques minutes ensemble leur étaient très précieuses à toutes les deux et pourtant, ce soir, elle n'en avait pas la force. Elle n'avait pas le courage d'écouter l'histoire d'Hansel et Gretel alors que son cerveau imaginait les pires scénarios pour les deux enfants qu'elle avait rencontré un peu plus tôt.

La mairesse de StoryBrooke comprit immédiatement ce qui se passait dans cette jolie tête blonde si bien qu'elle se contenta de reposer le livre sur la petite pile. S'allongeant doucement à ses côtés, elle posa ses mains au niveau de son ventre et fixa le plafond en silence. Elle voyait bien l'inquiétude qui rongeait son enfant et elle se demandait si celle-ci allait parvenir à trouver le sommeil malgré ses tourments.

« Qu'est-ce que tu veux que je fasse mon bébé ? Dis-moi. » Souffla-t-elle finalement, tout bas.

Elle avait beau réfléchir, elle ne trouvait pas de solution. Elle ne savait pas ce qu'il fallait faire pour apaiser sa fille. Devait-elle rester à ses côtés jusqu'à ce qu'elle s'endorme profondément ? Devait-elle simplement rester dans le silence ? Devait-elle dormir à ses côtés ? Devait-elle faire comme si elle n'avait pas vu Rex et retourner dans sa chambre en les laissant tous les deux ? Devait-elle lui chanter une berceuse ? Elle n'en avait pas la moindre idée et elle détestait ne pas savoir, elle se sentait impuissante face à sa tristesse.

« Je voudrais juste être certaine qu'ils vont bien. » Marmonna la fillette en se recroquevillant un peu plus sur elle-même.

« D'accord. »

Regina se redressa pour se lever du lit avant de correctement remettre la couverture sur le petit corps de son enfant. Elle lui embrassa tendrement le front, caressa furtivement le poil lisse de Rex et se dirigea vers la porte pour quitter la pièce.

« Maman ? Où est-ce que tu vas ? » Lança Emma qui se redressa sur ses coudes.

« Je vais voir s'ils vont bien. Toi, en attendant mon retour, tu ne bouges pas de ton lit. » Annonça-t-elle.

Quittant la chambre, elle referma la porte pour laisser sa fille seule en compagnie de l'animal qui veillait sur elle. Bien qu'elle ne soit que vêtue d'un pyjama en soie, la brune descendit les escaliers et enfila une paire de chaussure, son manteau et rejoignit sa voiture après avoir verrouillé la maison.

Puisque les parents des deux enfants étaient injoignables à cause de leur ligne coupée, perdre du temps à chercher leur numéro ne servait à rien. Elle savait où ils habitaient puisqu'elle y avait déposé Ava et Nicholas donc, même si la nuit avait déjà tranquillement pris place sur la ville, elle n'avait qu'à toquer pour les voir. Une fois qu'elle aurait constaté, de ses propres yeux, qu'ils allaient tous les deux biens, elle pourrait rentrer et rassurer son bébé.

Elle conduisit pendant quelques instant jusqu'à cette petite maison devant laquelle elle se gara. Sans grand étonnement, celle-ci était plongée dans le noir mais une atmosphère étrange planait autour de la bâtisse, comme si elle était totalement vide de toute trace de vie humaine. Face à la porte en bois, elle toqua plusieurs fois mais elle n'entendit aucun bruit provenant de l'intérieur, personne ne vint lui ouvrir, elle resta complètement seule dans les ténèbres de la nuit.

Agrippant son téléphone, elle activa la lampe torche et tenta, tant bien que mal, d'éclairer l'intérieur de la maison à travers les carreaux de la porte qui ne semblaient pas avoir été lavés depuis un bon moment. Elle toqua à nouveau et, l'inquiétude commençant à apparaitre dans son sang, elle saisit fermement la poignée puis donna un léger coup dans la porte pour que celle-ci s'ouvre sans opposer plus de résistance.

A l'aide de la faible lumière que produisit son téléphone, elle s'aventura dans la pièce qui lui semblait complètement lugubre. Il n'y avait pas un seul meuble, pas une seule porte. Les pièces étaient délimitées par des bâches, comme si les travaux avaient été abandonnés du jour au lendemain.

Elle poussa le film en plastique poussiéreux du bout des doigts et entra dans la cuisine – enfin, dans ce qui pourrait être une cuisine si elle était correctement aménagée. Plus elle avançait et plus elle avait l'impression d'être tombée en plein repère de toxicomane – comme à la télévision – plutôt que dans une maison où vivait une famille avec deux enfants. Elle manqua de peu de trébucher et jeta un coup d'œil au sol pour comprendre sur quoi elle avait mis les pieds, au milieu de l'espèce de moquette sale se trouvait une trappe.

Son cœur rata un battement dans sa poitrine et, tout en s'accroupissant, elle se demanda ce sur quoi elle allait bien pouvoir tomber de l'autre côté. Elle souleva, sans aucune difficulté, le morceau de planche pour trouver sur une échelle. Le bois dont elle était composée semblait être rongé par le temps mais aussi les insectes si bien qu'elle n'eut aucune envie de l'emprunter mais, à l'instant même où elle voulu revenir sur ses pas, elle entendit un chuchotement provenant de l'étage inférieur.

Prenant son courage à deux mains, elle se glissa dans la petite ouverture et posa ses pieds, aussi doucement que possible, sur les marches déjà bien fragiles. Elle baissa la tête, sonda la pièce avec sa lampe torche et éclaira les deux enfants qui la regardèrent avec horreur.

Ils étaient assis sur un minuscule lit, collé l'un à l'autre. La fumée qui quittait leur bouche à chacune de leur respiration laissait parfaitement comprendre à quel point ils étaient frigorifiés mais surtout, ils semblaient paniqués à l'idée d'avoir été découvert.

« Pourquoi est-ce que vous m'avez menti ? Où sont vos parents ? » Marmonna Regina en atteignant, saine et sauve, l'étage.

« On n'en a pas. » Soupira Ava don't le corps était secoué par de violent tremblement.

Elle tira un peu plus la couverture aux traces répugnantes sur son corps et celui de son frère avant de sentir les larmes lui monter. Elle baissa honteusement le regard tout en se mordillant l'intérieur des joues pour ne pas craquer. Elle se sentait réellement mal de se montrer sous un tel jour face à un adulte et pas n'importe lequel, il fallait que ce soit la mairesse de la ville !

La brune soupira et fit lentement le tour de la pièce. Le doigt glissant sur l'un des rares meubles présent dans cette minuscule pièce, elle y récolta une importante pellicule de poussière qu'elle fit tomber au sol avant d'attraper le paquet de céréale qu'elle leur avait acheté dans l'après-midi. Le sachet était pratiquement vide, comme si les deux enfants s'étaient uniquement nourris de ça pour le repas du soir. Elle jeta un coup d'œil dans la poubelle et récupéra une brique de lait don't la date limite de consommation était dépassée depuis déjà plusieurs semaines. Une odeur nauséabonde s'échappa du carton si bien qu'elle la laissa échapper tout en portant sa main à son visage pour se couvrir la bouche et le nez.

« Quand l'avez-vous terminé ? »

« Ce soir. » Répondit timidement Nicholas qui avait le teint pâle.

Son instinct maternel entra alors en alerte et elle se précipita vers le lit pour venir poser ses mains sur leur front. Le petit garçon ne semblait pas avoir de température contrairement à sa sœur qui était brûlante de fièvre. Était-ce seulement à cause du lait périmé ? Elle n'en avait pas la moindre idée mais, à cet instant précis, elle comprit qu'elle ne pouvait pas rester sans rien faire.

Les emmener à l'hôpital lui paraissait être une option un peu excessive, aucun des deux ne semblaient être profondément mal alors, pour le moment, elle se contenta de les faire quitter cette bâtisse pour les faire grimper dans la voiture. Elle appellerait immédiatement une ambulance si jamais la situation devenait incontrôlable mais, en attendant, elle pensait pouvoir s'en occuper sans avoir à déranger le service des urgences déjà bien surchargé.

Le trajet jusqu'au manoir se fit dans un silence pesant, seul les gémissements du brun comblait le vide de la Mercedes. Dès qu'il s'était levé de son lit, il s'était plaint de douleur à l'estomac tandis que la blonde avait fondue en larme, la suppliant de ne pas les envoyer en prison à cause de ses mensonges. Arrivé devant l'imposante maison, la mairesse se gara dans l'allée et sortie de la voiture avec les deux enfants avant de s'empresser d'ouvrir la porte pour les mettre au chaud. A peine eut-elle mit un pied à l'intérieur que la lumière de l'entrée s'alluma sur Emma et Rex qui vint sautiller autour de ses jambes.

« Mon bébé, tu veux bien sortir deux assiettes ? » Demanda-t-elle simplement en fermant la porte derrière leurs invités qui n'osaient pas bouger.

La blonde ne posa pas la moindre question mais elle afficha un immense sourire, ravie que sa mère ait prit la bonne décision. Elle se précipita dans la cuisine où, sur la pointe des pieds, elle récupéra tout le nécessaire afin de dresser la table pour deux personnes. Pendant ce temps, Regina réchauffa ce qui restait du repas qu'elle avait préparée puis, en silence, mère et fille observèrent les deux enfants dévorer un véritable diner – chose qu'ils n'avaient pas eu depuis... Depuis bien trop longtemps pour se souvenir de la dernière fois.

Sans un mot, l'adulte regarda le plat se vider peu à peu et glissa sur la table des médicaments pour la fièvre d'Ava et les maux d'estomac de Nicholas. Elle partagea un regard entendu avec sa fille qui, tout en jouant distraitement avec la boule de poile qui ne semblait pas fatiguée, garda un œil sur eux pour être certaine que tout allait bien, qu'ils ne manquaient plus de rien. La brune en profita donc pour monter à l'étage où elle entra dans la chambre de la blonde, elle chercha quelques instants dans sa commode avant de trouver l'objet de ses convoitises : deux pyjamas légèrement trop grand.

Le frère et la sœur ne semblaient pas être beaucoup plus âgés que la petite blonde alors les habits devraient être suffisant pour la nuit. Une fois qu'ils eurent terminés leur repas, elle leur demanda de la rejoindre à l'étage et leur expliqua brièvement le mécanisme de la salle de bain afin qu'ils puissent, à tour de rôle, prendre une bonne douche.

« Alors ? » Souffla doucement Emma en glissant sa tête dans la chambre d'ami que sa mère était en train de préparer.

« Alors, ils vont dormir au manoir cette nuit. »

« Et demain ? »

« Demain est un autre jour, nous aviserons. » Annonça-t-elle, tout naturellement.

L'enfant la regarda de haut en bas avant de s'en aller, courant vers sa propre chambre. Regina termina de changer le linge du lit et, alors qu'elle comptait aller voir si les deux invités avaient terminés leur toilette, elle tomba nez à nez avec sa fille qui tirait – à bras le corps – son matelas. Elle cru rêver en la voyant faire mais elle se retint tout bonnement de rire en apercevant Rex qui tentait de l'aider – tant bien que mal – en poussant à l'arrière avec son museau.

« Mais... Qu'est-ce que tu fabriques ? »

« Je vais dormir avec eux ! Si jamais ils font des cauchemars, je serais là ! » Sourit-elle en installant son lit à même le sol.

En temps normal, la brune ne lui aurait pas laissé d'autre choix que d'immédiatement retourner dans sa chambre mais ce soir, elle n'avait pas le cœur de lui dire quoi que ce soit. Sa mine réjouie valait sincèrement tout l'or du monde, même sa couronne de reine n'était pas aussi précieuse.

Ava et Nicholas arrivèrent, dans les pyjamas qui leur allaient à merveille. Ils se glissèrent timidement dans le lit et tirèrent la couverture jusqu'à leur visage dans l'attente du moment où ils allaient enfin se faire disputer pour avoir menti à des adultes. L'adulte leur avait offert un diner – digne de ce nom – un lit confortable et chaud pour la nuit mais elle utilisait sans doute la gentillesse pour cacher sa colère, après tout, les habitants de la ville ne lui avaient pas secrètement offert le surnom de Méchante Reine juste pour le plaisir.

Au lieu de ça, Regina retourna dans la chambre de sa fille où elle récupéra un des livres d'histoires qui attendait patiemment son tour. Trainant une chaise à bascule tout près des lits, elle baissa la luminosité de la pièce et s'installa confortablement pour commencer le récit. Les trois enfants l'écoutèrent attentivement alors qu'elle leur lisait la merveilleuse aventure d'Hansel et Gretel qui, abandonnés par leur parent dans la forêt, finirent par vaincre une vile sorcière aveugle vivant dans une maison en pain d'épice.

Un léger sourire moqueur se dessina sur son visage à chaque fois que le conte s'éloignait de la réalité, la fratrie Grimm avait décidément bien du mal avec la vérité. Que ce soit l'histoire de Raiponce, d'Hansel et Gretel, de Cendrillon, de la Belle au bois dormant ou encore de cette peste de Blanche-Neige et ses sept nain de jardin, tout était bourré de faute et d'incohérence mais ça, elle était bien la seule à le savoir.

Une fois la lecture terminée, elle se leva et embrassa tendrement le front de sa fille comme elle en avait l'habitude. Elle caressa tendrement le pelage de Rex qui dormait déjà à point fermé et, dans une impulsion, elle déposa également un doux baiser sur le haut du crâne des deux enfants.

« Faites de beaux rêves. » Murmura-t-elle tout bas avant de fermer la porte.

Le bruit de ses pas s'éloignant fit craquer Nicholas qui fondit en larme. Il plaqua sa main sur sa bouche pour contenir ses bruitages de tristesse mais il ne put cacher son tremblement à sa sœur qui l'attira dans ses bras pour le réconforter, pleurant elle-aussi silencieusement. Entendant des reniflements, Emma se redressa sur ses coudes pour leur proposer un mouchoir avant de se rendre compte qu'ils étaient, tous les deux, en larme.

« Alors... C'est ça avoir une maman... ? » Chuchota le brun.

« Non. »

« Non ? » Répéta Ava, les sourcils froncés.

« Ça, c'est avoir une maman aussi exceptionnelle que la mienne ! » Assura la blonde avec un immense sourire.