Seconde chance

Chapitre 2 :

Seconde chance

Lorsqu'Edward rouvrit les yeux, ses larmes coulant toujours alors qu'il pleurait tout ce qu'il venait de perdre, il se retrouva devant cette Porte qu'il ne connaissait que trop bien. Il regarda à peine ces deux grands battants de pierres gravés trônant dans cet infini espace blanc immaculé. Il eut beau chercher, il n'y avait plus trace de la Porte d'Alphonse et de son corps. Il serra les dents et ferma les yeux un instant, refusant d'y penser plus longuement. Il ne pouvait et ne voulait pas accepter tout cela. C'était bien trop difficile, bien trop tout court d'ailleurs.

Il trouva finalement le courage de relever les paupières, se souvenant du pourquoi il était là. Il observa alors les alentours, essayant de découvrir si quelque chose différait de ses précédents passages ici. À première vue tout était identique, enfin, en apparence seulement et seulement de vision. Car en réalité, il réalisa que l'ambiance était bien différente. Autrefois, la neutralité régnant ici était exemplaire mais aujourd'hui, on y sentait une grande colère et une grande frustration. L'air vibrait de rage et de détermination, d'une volonté nouvelle et d'une impressionnante envie d'en découdre. L'adolescent se tendit un peu en réaction, espérant que cela ne le visait pas. Il n'était vraiment pas en état de se battre, il peinait déjà à rester sur ses jambes alors qu'il tremblait affreusement, saignant toujours alors que la douleur parcourait son corps.

Il reporta son attention sur sa Porte après un moment, trouvant assis devant elle cette fameuse silhouette blanche. Elle était assise en tailleur, immobile, sa joue posée dans sa main immaculée, son coude appuyé sur son genou. Le jeune homme tenta de se redresser un peu face à elle, essayant de ne pas montrer trop de faiblesse bien que cela paraisse impossible dans son état. Il n'avait aucune idée de ce qui allait se passer maintenant mais il n'avait plus d'autre choix. Pour pouvoir combattre le monstre qu'il avait pour ennemi, il allait devoir devenir plus fort et utiliser des moyens hors du commun. L'homonculus était pareil à un dieu dorénavant, alors il fallait devenir pareil à un dieu s'il voulait être à la hauteur. Il n'avait pas cette prétention, loin de là. Il ne l'avait jamais eu malgré qu'on lui ait souvent reproché de se prendre pour Dieu. Seulement là, il fallait au moins ça. Le silence s'étira quelques instants avant que la silhouette ne prenne la parole :

- Je ne suis pas vraiment étonné que finalement ce soit toi qui viennes dans ces conditions. Le destin est une chose étrange et mystérieuse même pour moi, soupira-t-elle. C'est intéressant, très intéressant.

- Tu sais pourquoi je suis là n'est-ce pas ? demanda Ed en forçant de nouveau sur sa voix brisée.

- Je sais pourquoi tu es là bien sûr, acquiesça-t-elle gravement. J'ai suivis attentivement tout ce qu'il s'est passé. Mais toi, sais-tu seulement dans quoi tu t'engages ?

Le jeune homme fit signe de négation et la silhouette se redressa un peu. Ce fut sans problème qu'Edward put sentir la grande attention qu'elle lui portait, semblant l'analyser jusqu'au tréfonds de lui même. Pour une fois, elle ne semblait pas vouloir se moquer de lui, profondément sérieuse et grave.

- Je sais ce que tu cherches Edward Elric : un moyen de tout changer, reprit-elle. Es-tu prêt à tout sacrifier pour obtenir un tel pouvoir ? demanda-t-elle.

Sans hésiter, le Fullmetal acquiesça. Il ne lui restait plus que cela désormais. Il n'avait plus rien à perdre et de bien grandes choses à réaliser.

- Pourquoi ai-je seulement posé la question ? s'amusa-t-elle en réponse. Je te connais bien tu sais. Tu es quelqu'un de très intéressant. Un humain très intéressant et particulièrement surprenant.

Lentement, elle entreprit de se lever, s'exécutant sans un bruit ou difficulté. Elle commença à avancer vers lui et il se tendit un peu plus, appréhensif. Il se figea pourtant lorsqu'un malaise le prit, son corps criant grâce après tout ce qu'il avait enduré. Il tangua, sa vue troublée et sa concentration défaillante. Aussi, il sursauta brusquement lorsque la silhouette blanche le toucha. Il ne s'était même pas rendu compte qu'elle était arrivée jusqu'à lui. Il sentit comme un courant d'énergie très léger le parcourir à ce contact. C'était étonnamment agréable mais il n'eut pas le temps de s'y attarder, surpris et dérouté par cette action de l'entité normalement si froide.

- Tu devrais t'asseoir, dit-elle. Tu n'es pas en état de rester debout ou même de faire le moindre effort. Les humains sont si fragiles, si éphémères. Mais c'est ce qui vous pousse à optimiser votre courte existence. Tranquillise toi et détend toi, ordonna-t-elle doucement, je ne suis pas ton ennemi. Je ne l'ai jamais été et je ne le serai jamais. Surtout après ceci.

Elle le força à s'asseoir et il n'eut guère la force de résister d'une quelconque façon, pas plus qu'il n'en n'avait la possibilité. Il se retrouva installé au sol rapidement et le contact de l'entité le quitta. Il la vit vaguement s'asseoir face à lui et il se concentra pour se reprendre. Il lui fallut un moment mais sa vision s'éclaircit finalement, le laissant de nouveau voir la silhouette assise près de lui. Il resta tendu, sentant toujours cette ambiance lourde et pesante.

- N'y fais pas attention, intervint son vis à vis. Cet homonculus m'a légèrement agacé, dit-elle. Il m'a mis en colère comme jamais ça ne m'était arrivé. Il paiera pour cela et tu vas m'aider à lui faire regretter de se prendre pour le maître de l'univers.

Edward resta surpris un moment, décidément complètement perdu comme à chaque fois qui venait ici et qu'il avait à faire à cet être des plus étrange. Il réfléchit un instant, se souvenant ensuite que l'autre dégénéré s'était aussi attaqué à lui avec ses petites combines.

- Tout à fait, l'interrompit la silhouette. En réussissant son entreprise d'enfermer ce qu'il appelle « Dieu », cet homonculus a pris une partie de moi et de mes capacités. Il ne saura jamais quoi en faire. Il ne saura jamais les comprendre, mais cela reste une sacrée quantité d'énergie brute qui pourra servir ses intérêts. Je ne peux tolérer une telle chose. Je suis d'ordinaire un personnage complètement neutre dans la vie de cet univers. Mais maintenant, disons que les choses ont changé. Je ne peux me libérer seul des liens qu'il vient de m'imposer. Je ne peux intervenir directement dans votre monde. Je suis, un observateur, un gardien du fragile équilibre qui fait que le monde tourne rond. L'équilibre est désormais complètement rompu à cause de cet abruti complet. Seulement, je ne peux toujours pas intervenir même si cela me conduira moi, et tout ce qui existe, à disparaître.

Elle marqua une pause, l'observant toujours alors qu'il l'écoutait avec attention, cherchant à comprendre où elle voulait en venir.

- Tu es venu ici, pour passer ce fameux Pacte, sourit-elle. Cela change tout. Mais n'est-ce pas là le but après tout ? Nous allons changer le monde ensemble Edward Elric, dit-elle en l'étonnant une fois de plus. Ce Pacte, c'est avec moi que tu vas le passer. C'est assez simple : je vais te donner ce que tu recherches : ce qu'il te faut pour tout changer. Et tu vas me permettre de fourrer mon nez dans les affaires de ton monde, dit-elle sérieusement. Je vais t'aider et tu vas m'aider. Après ceci, nos destins seront liés à jamais. Je suis heureux que ce soit toi qui vienne pour passer cet accord. Je n'aurais pu rêver meilleur partenaire.

Edward releva un sourcil surpris, confus et la silhouette ricana un peu avant de reprendre :

- Une fois le Pacte passé, tu auras ta chance de tout changer à un point que tu n'imagines pas encore, dit-elle d'une voix mystérieuse. Je serai à tes côtés et ce n'est pas un mince avantage. Tu pourras profiter de mes capacités. Je serai à ton service Fullmetal alchimiste, dit-elle avec une parodie de révérence qui le surpris d'autant plus.

Il resta silencieux un instant, tentant d'assimiler la chose et peinant à en comprendre l'ampleur. Il ignorait tellement à propos de cet être et de cet endroit. Ici, il était comme un enfant ignorant qui n'avait aucune connaissance. Il ne savait rien et il n'avait que son instinct pour tenter de trouver un sens à tout cela. Seulement s'il y en avait un. De toute manière, il n'avait pas le choix. Enfin si, il l'avait. Il pouvait refuser, retourner vers son monde sans être plus avancé et tenter de s'opposer à cet homonculus devenu surpuissant. Cette idée était encore plus folle que de tenter ce Pacte. Alors son choix était fait :

- Et que vais-je devoir payer pour cela ? demanda-t-il difficilement.

- Tout d'abord, tu renonceras définitivement à ton bras et ta jambe, répondit-elle.

Edward resta de marbre. C'était un petit sacrifice. Cela faisait longtemps qu'il y avait renoncé. Seul récupérer le corps d'Alphonse avait compté. Il ne lui avait jamais dit mais récupérer sa jambe et son bras n'avait jamais été vraiment important. C'était le prix de son erreur et il s'était fait aux automails. Cela ne le dérangeait plus depuis longtemps.

- Ensuite, ce Pacte te causera des souffrances physiques non négligeables, annonça-t-elle. Rien qui ne te tuera mais tu souffriras.

- Pourrais-je toujours me battre ? questionna-t-il.

- Oui, tu garderas toutes tes capacités.

- Alors, ça n'a pas d'importance, bredouilla-t-il en toussant durement.

- Toujours aussi surprenant, remarqua pensivement l'entité. La majorité des humains fuient la souffrance d'instinct et de toutes leurs forces. Ils en ont peur et la redoute. Et toi tu l'acceptes sans broncher. Tu n'es vraiment pas un être ordinaire. Mais cela je le sais déjà. Je t'observe depuis ta naissance Edward Elric. Tu as su attirer mon attention dés ta venue au monde. J'ai toujours su que tu étais particulier. Tu ne cesses de m'étonner et de déjouer toutes mes prédictions. Tu n'es pas quelqu'un de très complexe et pourtant tellement, tellement imprévisible par cette détermination que toi seul possède. Tu fais souvent le choix que personne ne ferait. C'est amusant et cela donne des résultats jamais vus. C'est sans doute ce qu'il nous faut.

L'adolescent ne répondit pas. Souffrir, il connaissait cela par cœur. Si c'était le prix à payer pour avoir une chance de changer tout cela, il l'acceptait. Il n'était plus à ça près et il le devait à tout ceux qui étaient morts. Il se devait de supporter pour eux, pour que leur sacrifice n'ait pas été vain. Alors la question ne se posait même pas.

- Pour poursuivre : l'utilisation de mes capacités se fera sous des conditions plus ou moins contraignantes et ce sera toi qui en paiera toujours le prix mais tu auras tout pouvoir de décision sur ce que je ferai ou non. C'est la condition pour que je puisse intervenir : je dois être relié à un être de ton monde et obéir à ses demandes. Ainsi, on considère que je ne pourrais pas trop déséquilibrer les choses. Enfin vu la situation, ça n'a plus trop d'importance, soupira-t-elle. Et pour terminer avec les grandes lignes, cette solution te causera certainement bien des problèmes de toute sorte.

- De quelle solution parlons nous exactement ? demanda-t-il en portant sa main à sa gorge douloureuse.

- Ce Pacte te permettra de retourner dans le passé, de recommencer et de tout changer, posa très sérieusement la silhouette.

Edward resta figé en entendant cela, se demandant si cela n'était pas une blague. Remonter le temps ? Rien que ça.

- La situation n'est pas propice aux blagues, remarqua la silhouette. Et je ne suis pas d'humeur. Tu ignores encore bien des choses sur ce monde et cet univers, sur l'alchimie. Compréhension, déconstruction et reconstruction. Le temps est une chose toute relative. Complexe et pourtant aussi si simple. L'existence des humains est régie par le temps à telle point qu'inconsciemment, il est pour vous pareil à un dieu qu'on ne peut défier. Mais ce n'est pas le cas. L'alchimie peut s'y appliquer aussi. On peut le comprendre pour ensuite le détruire et le reconstruire autrement. J'admets qu'aucune créature de ton monde n'a jamais ne serait-ce qu'envisagé une telle possibilité. Vous ne faîte que l'observer couler sans le comprendre, regrettant le passé, enviant un futur hypothétique et sous estimant le présent. Le temps n'est pas étranger aux règles de l'univers et comme toute chose, il peut-être détruit et reconstruit.

Attentif, Edward ne put que se dire que cela n'était pas si incongru, juste hors de sa compréhension.

- Tout est possible, reprit la silhouette. L'impossible est une notion propre aux limites que chaque être s'impose. Mais tout est possible, même ramener les morts à la vie, dit-elle en le faisant sursauter.

- C'est impossible, je le sais bien, répondit-il complètement perdu.

- C'est possible, affirma-t-elle. C'est après tout ce que nous nous apprêtons à faire d'une certaine façon. Ce que vous, être du monde physique, n'avez jamais compris, était que ce n'est pas la mort que vous deviez vaincre mais ce qui l'avait causé. La mort n'est qu'une conséquence et pour changer ou réparer une conséquence, il faut s'attaquer à la cause, la réparer, l'inverser ou alors payer un prix équivalent qui équilibrera la balance et rétablira les choses. C'est une question d'harmonie. Sans harmonie, tout est destiné à la destruction. C'est ce qui est en train de se passer dans ton monde. L'équilibre est rompu et la destruction est en marche. Si l'harmonie est rompue, la destruction survient. C'est ce qu'est la mort. Lorsque l'équilibre de fonctionnement de votre corps ou parfois même de votre esprit est altéré, vous vous dégradez et vous mourrez. Ce n'est qu'une conséquence, la cause est la véritable responsable. Vous vous trompez d'ennemi, expliqua-t-elle sérieusement. En ce qui concerne le fait de ramener un mort à la vie, il ne s'agit pas de reconstruire un corps et de lui redonner l'âme voulue. Non, ainsi, vous créez simplement quelque chose de différent. Il est impossible comme tu dis, de créer ou recréer une chose que l'on ne comprend pas parfaitement. Tu ne peux pas prétendre pouvoir faire quelque chose sans en connaître la démarche. La compréhension de l'âme et de la vie n'est pas encore à la porté de ton monde. Peut-être le sera-t-elle un jour. Mais ce n'est pas le cas. Pour défier cette mort qui vous terrifie tant, il faut défier ce temps que vous pensez indénouable. Défier le temps pour changer ce qui doit l'être. Comprendre, détruire et reconstruire. N'est-ce pas là le principe de l'alchimie ? Ce même principe n'était-il pas là déjà un défi au temps ? Après tout, n'es-tu pas déjà capable de rendre sa beauté d'antan à un objet usé ? Tu le peux parce que la matière n'a plus de secret pour toi. La vie et l'âme en revanche...

Ébranlé par un tel discours, Edward resta paralysé un long moment. Pourtant, ce que disait la silhouette n'était pas dénué de sens, bien au contraire. Il était bien abruti pour ne pas avoir pensé de la sorte auparavant. C'était vrai, il ne pouvait manipuler correctement ce qu'il ne connaissait pas, il le savait bien. Quel imbécile il était. Mais cela semblait bien trop simple dit ainsi.

- C'est bien loin de l'être, intervint la silhouette. Du moins pour un esprit raisonnant comme le tien. Tu es un enfant qui a encore beaucoup à apprendre à l'échelle de l'univers. Bien d'autres s'y sont frottés avant toi, emprisonnés qu'ils étaient par leurs limites physiques. Aujourd'hui, je suis convaincu que tu es le premier humain à pouvoir transcender tout cela. Et c'est bien pour cela que je suis heureux que ce soit toi qui viens passer ce Pacte. Je n'aurais pas supporté un imbécile alchimiste de bas étage en partenaire. Tout ces humains qui n'y comprennent rien à rien et qui ne cherchent même pas à comprendre quand toi tu t'obstines à défier sans hésitation tout ce qui limite les mortels. Tu es un être exceptionnel Edward Elric, l'exception qui met en évidence toutes les vérités qui régissent l'humanité.

Elle se tut un moment, le laissant assimiler tout cela avant de reprendre :

- Nous pourrons changer le cours du temps mais aussi simple cela peut-il paraître dit ainsi, ça ne l'est pas. Le temps ne peut-être remonté et changé indéfiniment. À force de détruire et reconstruire une même chose sans parvenir à lui donner un état optimal, on finit par la détruire. Il faut redonner aux choses leur équilibre pour qu'elles puissent de nouveau se mettre à exister et à évoluer sans appartenir à la volonté d'un seul être. L'harmonie ne dépend pas d'un mais de tout. Tu connais ce principe n'est-ce pas ? remarqua-t-il alors qu'il acquiesçait. Ce que nous nous apprêtons à faire ne peut être fait qu'une seule fois au risque de détruire cet espace temps définitivement. Nous allons aller dans le passé pour le réécrire, créer un nouveau présent et changer le futur. Nous pourrions faire pire que mieux et cette fois nous ne pourrons plus rien y changer. Si nous faisons une bêtise les deux lignes de temps sur lesquels nous opérerons pourraient entrer en collision et se détruire. Cela serait la fin de ce temps et la naissance d'un nouveau mais le résultat serait le même. Ce serait la destruction de cet univers pour la reconstruction d'un nouveau. Alors nous n'aurons qu'une seule chance.

- J'ai compris, assura-t-il. Mais nous n'avons pas le choix si nous voulons régler ceci.

- Certes mais c'est toi qui endossera toutes conséquences. Es-tu prêt à cela ?

Le jeune homme acquiesça sans hésitation. Il était prêt depuis qu'il avait promis à Roy de trouver une solution.

- Encore une fois, pourquoi ai-je posé la question ? s'amusa-t-elle en riant. Nous aurons encore bien des détails à voir mais tout cela pourra se faire plus tard. Nous sommes désormais dans le même bateau comme vous dîtes. Autant être clair, mon existence est autant en jeu que la tienne et celle de ceux que tu aimes. Et aussi stupidement humain que cela puisse paraître, je n'ai pas envie d'être annihilé moi non plus, ricana-t-elle. Je peux t'assurer une chose : je suis loyal et tu n'auras jamais à douter de moi.

Sur ces mots, elle lui tendit une main, souriant largement. Edward la regarda un moment mais il fut vite clair qu'il avait bien du mal à assimiler tout cela. Il n'y avait pourtant pas à tergiverser, son choix était déjà fait et il verrait bien une fois qu'il y serait.

- Es-tu prêt à devenir mon maître Edward Elric ? demanda la silhouette. Es-tu prêt à tout changer quel qu'en soit le prix ?

Il acquiesça encore une fois et vint serrer cette main de la seule qu'il lui restait, le regard plus déterminé que jamais. Une lumière aveuglante éclata alors, effaçant tout ce qu'il pouvait voir et le forçant à fermer les yeux. Il se sentit aspiré et une douleur plus intense encore que celle qu'il subissait déjà lui vrilla le corps. Il vit soudain sa vie défiler en sens inverse à une vitesse hallucinante. Puis tout cessa brusquement. L'espace blanc devint noir et il se sentit réintégrer le monde physique, reconnaissant nettement cette sensation trop connue...