Chapitre 3 :
Gaara
Après avoir réussi à changer son sceau et même s'il continuait à s'entraîner et à apprendre, sa priorité fut de pouvoir permettre à Kurama de se matérialiser près de lui. Pour cela, il fallut inventer une technique dérivée de l'invocation et les anciens des différents peuples avec qui il partageait une amitié purent l'aider, s'y pliant à sa demande sans protester. Il ne lui avait pas fallu trop de temps pour y parvenir et il avait littéralement bondi de joie en tout sens avec un Kurama miniature dans les bras lorsqu'il y était arrivé. Encore un peu de travail et Kurama pouvait apparaître et disparaître à volonté à la taille qu'il souhaitait. Pour cela, Naruto s'était confectionné une paire de boucles d'oreilles un peu particulières. Pour que Kurama puisse apparaître et disparaître sans problème et sans son intervention, il fallait qu'il puisse utiliser une technique lui même. La chose était maintenant possible avec son nouveau sceau lui laissant bien plus de liberté mais il avait besoin d'un point d'invocation physique à l'air libre. Pour cela, Naruto s'était confectionné une paire de boucles d'oreilles où pendaient deux petits parchemins portant des sceaux d'invocations de son cru. Ainsi, Kurama n'avait qu'à utiliser la technique en tendant son chakra vers elles et il pouvait apparaître comme bon lui semblait, qu'il soit conscient ou non.
Cette évolution avait ravi le démon renard comme son hôte heureux de pouvoir lui offrir cela. Désormais, Kurama était quasiment constamment avec lui dehors, même pour dormir. Il prenait généralement une forme miniature de la taille d'un chat évitant ainsi de dépenser trop de chakra par sa présence et il se postait sur l'épaule de son Jinchuuriki rayonnant. Avec un peu d'entraînement, il avait pu modifier son apparence pour ne laisser qu'une seule queue, leur assurant ainsi plus de discrétion lorsqu'ils iraient chez les ninjas. Parce qu'ils iraient c'était certains. Tout deux commençaient à vouloir bouger de nouveau et voyager comme ils se l'étaient promis. Naruto était maintenant plus que largement apte à se défendre et à se débrouiller du haut de ses onze ans, surtout avec le nouveau sceau permettant à Kurama d'user librement de son propre chakra.
Le nouveau sceau avait d'ailleurs ouvert un nouvel entraînement pour Naruto, celui de l'utilisation du chakra de son démon. Le mode chakra comme Kurama l'avait nommé. Un mode leur permettant de se battre ensemble, le Jinchuuriki obtenant le plein accès du chakra de son Bijuu qui était totalement à ses côtés, comme une fusion entre eux. Déclencher cela la première fois fut un jeu d'enfant pour eux qui s'entendaient si bien et Naruto fut ahuris par la puissance que lui offrait Kurama. Il avait été si excité, qu'il en avait parlé des jours durant à l'amusement du renard flatté. Mais il avait aussi été très surpris par son apparence dans ce mode. Il était enflammé, littéralement, de la tête au pieds, son chakra le nimbant irradiant comme le soleil. Ses vêtements se teintaient de noir quand son manteau ou sa cape changeait de forme pour un manteau jaune ample au grand col enflammé lui aussi. Des dessins s'étalaient sur lui entre lignes, spirales et cercles, les dessins de son sceau apparaissaient aussi mais le plus notable n'était pas là. Le plus notable était assurément dans les longues oreilles de renard identiques à celles de Kurama qu'il arborait alors, ses pupilles fendues, comme ses neuf grandes queues naissant au bas de son dos. Il adorait cette forme image de sa fusion totale avec Kurama. Son renard aimait aussi d'ailleurs, disant qu'il n'avait jamais été aussi beau qu'avec ses caractéristiques en plus. Ne restait plus qu'à s'entraîner à tenir ce mode le plus longtemps possible et à s'en servir au mieux.
Lorsqu'il alliait son mode chakra au mode ermite, au Sharigan, au Byakugan et à toutes ses techniques, il se sentait plus puissant que jamais. Ainsi, il pourrait protéger Kurama et leur liberté. Maintenant, il se sentait prêt à aller faire un tour dans le monde des ninjas et des hommes, l'envie de bouger se faisant sentir. Seulement, partir en voyage ainsi ne se faisait pas sans prendre de précautions et cela, tout ses amis invocations lui avaient fait remarquer. Il savait bien que si on s'apercevait que le Jinchuuriki de Kyubi était de nouveau dans les parages, il risquait des ennuis. Il devait donc veiller à rester discret et furtif. Et pour cela, il avait mis ses talents au genjutsu en pratique. Un genjutsu simple mais très efficace qu'il ancra dans un shakujo. C'était bâton couronné d'un élément d'or. Il dessinait une spirale, symbole des Uzumaki, et dix anneaux y étaient crochés, teintant lorsqu'il marchait avec. Son genjutsu reposait sur ce son. Quiconque l'entendrait serait pris dans une illusion légère qui leur ferait ignorer sa présence. Ils ne la prendraient même pas en compte à moins qu'il ne décide de se manifester lui même. L'illusion pousseraient même ceux à qui il pouvait éventuellement parler à l'oublier rapidement ensuite. Cela dissimulerait sa présence à la très grande majorité des gens.
De bons ninjas pourraient éventuellement sans apercevoir mais s'il se faisait discret et qu'il n'éveillait pas les soupçons, ils n'auraient même pas l'idée de chercher un genjutsu. Il ferait cela et il pourrait se servir du senjutsu pour fondre sa présence dans l'énergie naturelle. Avec cela, il serait difficile de le détecter. Lorsque tout fut en place, il prépara le départ. Ses amis avaient rassemblés des choses pour lui. Du matériel de voyage pour lui permettre de camper confortablement et tout le nécessaire pour vivre ou pour combattre. Il s'était composé une tenue aussi. Elle était faite de sandales ninjas noires, d'un pantalon ample tout aussi noir. Un kimono bleu ciel sans manche doublé de blanc couvrait le haut de son corps, s'arrêtant sous ses hanches. Une large ceinture de tissu ébène le fermait, ses extrémités pendant dans son dos. Un haori longs couvrait le tout, descendant jusqu'à ses pieds, ses larges manches cachant ses mains. Il était de son oranger favoris et comme son kimono, il arborait la spirale rouge des Uzumaki, agrémenté du titre de Kitsune Sennin dont les broderies étaient souvent couvertes de sa longue crinière blonde qu'il n'avait jamais coupé. Il y avait ajouté un très large chapeau de paille plat légèrement conique. Le dessous était noir, le dessus garnis d'une grande spirale oranger en référence à son clan. Avec ça, voir son visage devenait vraiment difficile. D'autant plus après y avoir ajouté un léger voile blanc descendant jusqu'à ses épaules sur tout son pourtour.
Bien sûr, il portait ses armes aussi. Ses katanas sur ses hanches avec son wakisachi, son tanto et son éventail aux bras. Il avait deux sacoches sur ses reins, quelques parchemins renfermant la majorité de ses affaires, des étuis à kunai et à shuriken sur ses cuisses. Ainsi, il serait toujours prêt à combattre, libre de ses mouvements et équipés. Fin prêt, il avait pris le départ au début du printemps après ses onze ans. S'il aurait aimé rencontrer les autres Jinchuuriki, il ne savait pas où ils étaient. Alors il avait décidé de voyager au grès de ses envies et celles de son partenaire, pour découvrir le monde et apprendre tout en s'entraînant. S'il ne l'avait jamais pratiqué, il connaissait le monde des hommes, tout ceux qui l'entouraient ayant veillé à ce qu'il sache comment ça fonctionnait. Il savait donc comment y vivre et il savait qu'en tant que mercenaire, il pourrait peut-être avoir des missions pour gagner un peu d'argent pour se nourrir et se loger si c'était nécessaire.
Lorsque le moment vint, ce fut tout excité qu'il quitta le Pays des Tourbillons, se dirigeant vers le Pays du Feu qui était le plus près et ce fut ainsi qu'il commença son voyage, un petit renard orange sur l'épaule. Ce fut un plaisir sans nom mais aussi de cruelles réalisations pour lui parfois. Un plaisir pour la liberté et les découvertes. Il lui arrivait souvent de croiser des gens biens, des enfants jouant innocemment, des vies ordinaires qui le faisaient sourire largement. Mais il y avait aussi les mauvais côtés de l'homme entre bandits, ninjas peu scrupuleux, nukenin, combats entre pays et puissances politiques se répercutant sur les populations. Il y avait du bon et du mauvais et il observait tout ça avec grande attention. Il intervenait parfois pour protéger les innocents et les gens qui n'avaient rien demandé, ne pouvant rester sans rien faire. Il prenait de temps en temps des missions données par de petits villages qui n'avaient pas les moyens de faire appels aux ninjas. Lui se fichait de l'argent et voulait simplement aider. Il répondait donc souvent aux besoins de ces gens. En général, ils avaient des problèmes avec des bandits ou des nukenin. Il s'en chargeait donc, les capturant avant de les livrer dans un parchemin au village caché le plus proche avec un document expliquant la situation. Lui ne se montrait pas mais il s'assurait à distance que ses captures étaient punies, demandant aux petits villages d'informer les ninjas sur ce qui leur était arrivé. Ainsi, ils se chargeaient des hors la loi qu'il amenait sur un plateau sans qu'ils n'aient rien à faire.
S'il s'assurait de se faire immensément discret et de ne pas révéler ce qu'il était ni son identité, une rumeur commença à naître. Celle d'un ermite au renard, d'un ninja errant qui aidait les démunis, les innocents, les populations jusqu'au tréfonds des petites campagnes. Parfois, il ne se battait même pas. Parfois, il ne faisait qu'aider une autre manière sur des catastrophes naturelles, pour réparer des ponts... Tout ce qu'il pouvait faire pour aider les gens, il le faisait. Il ne demandait rien en retour même si on lui offrait souvent le repas et l'hospitalité. Généralement, il ne prenait que le premier, préférant ne pas s'attarder chez les gens. Mais il pouvait aussi passer beaucoup de temps en zone déserte, s'entraînant, profitant des paysages et du calme. De temps en temps, des invocations inversées l'emmenaient voir ses amis, la rupture de la technique le ramenant là où il était auparavant facilement.
- Tu sais Kurama, dit-il alors qu'il marchaient dans les forêts du Pays du Feu tranquillement. Je me disais que ce serait peut-être bien de penser à une technique pour faire une réserve de chakra, qu'on pourrait faire grossir autant que l'on veut.
- Tu as déjà une immense quantité de chakra Naruto. Bien plus qu'il n'en faut. Pourquoi veux-tu faire ça ? répondit le renard perché sur son épaule.
- Je ne sais pas, un pré-sentiment. Peut-être qu'on pourrait en avoir besoin un jour on ne sait jamais. On ne perd rien à le faire. On pourrait faire ça sous la forme d'un sceau qui contiendrait le chakra.
- Oui en effet même si je ne vois pas à quoi cela te servira, remarqua-t-il.
- Je vais le faire quand même. Comment je vais appeler cette technique ? Sceau de réserve ?
- Très nul comme nom, trouve quelque chose de plus classe, grommela Kurama en l'amusant.
- Qu'est-ce que tu penses du sceau du renouveau ? Parce qu'il me permettrait de refaire totalement nos forces même si on était complètement épuisé.
- Beaucoup mieux mais ce n'est pas encore ça. Que dirais tu du sceau du démon d'or ? Cela t'irait bien et puis j'imagine que tu vas le charger de manière démesurée comme toujours. Si un jour tu libères cette chose ça sera monstrueux de puissance et il n'y aura que toi pour faire ça. Autant que le nom se rapporte à toi.
- Ouais pourquoi pas ? Le sceau du démon d'or ? Ça en jette je trouve. Adjugé. Je vais m'y mettre.
- Tu vas faire ça en deux temps trois mouvements avec ta maîtrise du fuinjutsu, s'amusa-t-il.
Et ce fut en effet le cas, Naruto créant un sceau accumulateur de chakra qui se matérialisa sous la forme d'une étoile shuriken oranger au centre de son front, certainement en plein milieu du soleil de son sceau apparaissant là. Il se mit à y accumuler du chakra chaque jour, persuadé que cela servirait un jour ou l'autre. Ce fut peu après qu'il arriva non loin de Konoha. Il avait entendu parler d'un examen chûnin et il était très curieux de voir ça. Cela faisait presque un an et demi qu'il voyageait et il lui arrivait souvent d'espionner un peu les ninjas et leurs villages par curiosité. La chose amusante était qu'il ne s'était jamais fait détecter d'aucune manière, l'amusant beaucoup. Côtoyant les ninjas, il avait commencé à vraiment s'apercevoir de la différence de niveau avec lui et il avouait qu'il s'en amusait pour certaines choses comme l'espionnage. De toute manière, il n'allait jamais rien voir d'important. Il regardait les cérémonies, les entraînements, la vie des villages ou alors un examen, comme cette fois. Il n'avait jamais pu voir ce genre de chose, aussi cela l'excita beaucoup alors qu'il s'amusait toujours d'un rien, exaspérant souvent son renard préféré.
Il était donc allé vers Konoha et il était entré sans mal, se postant sur un toit de l'arène pour regarder, personne ne s'apercevant de sa présence. Quelle n'avait pas été sa surprise de découvrir un Jinchuuriki parmi les prétendants. Cette découverte l'avait émerveillé, le premier hôte qu'il rencontrait. Kurama avait râlé en disant que c'était bien sa chance de tomber sur Shukaku en premier, expliquant qu'il sentait la présence d'Ichibi, le démon à une queue. L'hôte, un jeune garçon qui avait son âge visiblement, n'avait vraiment pas l'air commode, l'air sombre, froid et violent. Pourtant, cela ne l'empêcha pas d'être très enthousiaste de pouvoir le rencontrer, se jurant d'aller le voir rapidement. Il l'avait vu presque se transformer et relâcher un démon furieux pendant son combat, se préparant à intervenir sur le champs. Mais son adversaire avait su le stopper pour un temps. Cela l'avait inquiété. De toute évidence, cette paire était dans une très mauvaise situation et cela l'attrista. Pourtant, il ne s'était pas attendu à se retrouver face à une invasion de Konoha par Suna et Oto immédiatement après ça. Surpris, il avait commencé par regarder en se tenant à l'écart, pas vraiment enthousiaste à l'idée de se mêler des conflits des villages cachés. Il observa donc, bien tranquille sur son perchoir, personne ne s'apercevant de sa présence. Il y avait des ninjas doués ici mais leurs petites querelles ne l'intéressaient pas.
Ce qui l'intéressait en revanche était le Jinchuuriki qui s'était soudainement éloigné de l'arène, poursuivit par celui qui avait été présenté comme un jeune Uchiwa. Il avait vu son Sharigan bien plus faible que le sien comme l'était le Byakugan de l'Hyuga qu'il avait vu. La différence de niveau avec les jeunes de son âge l'avait vraiment choqué. Mais ce n'était pas le sujet et il préféra partir après le Jinchuuriki qu'il avait senti très instable, plus que lucide sur ce qu'il se passerait si son démon se déchaînait. Il ne pouvait permettre ça. Il alla donc à sa poursuite, se disant que ce moment n'était pas plus mauvais qu'un autre pour lui parler. Il le retrouva très facilement. Il était accompagné de deux autres ninjas et poursuivit par le jeune Uchiwa. Il les laissa s'éloigner un peu du village, cela lui facilitant les choses pour la discrétion. Le trio se fit finalement rattraper dans les arbres, le Jinchuuriki en piteux état soutenu par son camarade, l'Uchiwa leur faisant face. Il stoppa près d'eux, sentant facilement l'hostilité dans l'air. Aussi, il se décida à intervenir pour protéger l'hôte. D'après ce qu'il avait entendu et compris, son semblable allait servir d'arme dans cette invasion et il ne pouvait que se sentir empathique à son égard.
- Sasuke Uchiwa, fit la jeune fille de Suna tendue.
- Je crains que vous n'alliez plus très loin maintenant, répondit-il avec une arrogance certaine.
Il vit les regards inquiets des jeunes ninjas de Suna, comprenant leur tension face à un adversaire plus fort qu'eux, le Jinchuuriki hors d'état.
- Ils iront aussi loin qu'ils veulent, intervint Naruto en les faisant tous sursauter.
L'Uchiwa le chercha du regard, tentant d'activer son Sharigan seulement, il eut à peine le temps de discerner une ombre qu'il sombrait dans l'inconscience sans en comprendre la raison. Ce fut avec consternation que les jeunes de Suna le regardèrent rattraper le corps tombant pour l'asseoir contre le tronc. Il se redressa ensuite, son shakujo teintant un peu alors qu'il se laissait analyser du regard sans pour autant retirer son chapeau, se sachant presque indiscernable à ce moment. Il se tint face à eux, détendu, Kurama sur son épaule invisible à leurs yeux sous le voile de son chapeau.
- Qui es-tu toi ?! demanda celui qui supportait l'hôte. Tu es de Konoha ?!
- Pas du tout, répondit-il tranquillement. Je veux juste aider votre ami, dit-il en désignant le roux.
- Qu'est-ce que tu lui veux ? demanda la fille agressive en se mettant en position défensive devant ses comparses.
- Aucun mal je l'assure. Mais son sceau à l'air d'être en piteux état et Shukaku cause des problèmes, dit-il en les stupéfiant. Je peux l'aider avec ça. Mais discutons ailleurs. Nous risquons d'être dérangé ici.
Sans crier gare, il se jeta sur eux à la vitesse de l'éclair, matérialisant deux clones. Ils prirent chacun un jeune ninja avant d'effectuer un déplacement instantané pour les amener beaucoup plus loin dans la forêt, dans une belle petite clairière bordée d'un ruisseau. Il les déposa et recula sur le champs devant leur agitation après ça. Il leva les mains en signe de paix, ses clones disparaissant alors qu'ils se mettaient en garde face à lui, se serrant les uns contre les autres, accroupis au sol.
- Qu'est-ce que t'as fais ?! cria le jeune homme.
- Je nous ai juste transporté à l'abri pour ne pas que les autres ninjas ne viennent nous embêter. Konoha est par là à un peu moins d'une heure si vous voulez, dit-il en pointant une direction.
Perplexe et un peu perdus, ils restèrent silencieux un moment, échangeant un regard. Et soudainement, le Jinchuuriki remua un peu, attirant toute l'attention, se redressant difficilement l'air souffrant.
- Lâche moi Kankuro, ordonna-t-il sur le champs.
Celui-ci s'exécuta, le relâchant, l'air pourtant très inquiet devant sa souffrance évidente. Pourtant, il refusa catégoriquement leur aide, froid et violent. Il les frappa sans douceur pour les éloigner et Naruto réagit immédiatement. Il bondit à la vitesse de l'éclair pour les rattraper et les empêcher de se blesser avant d'aller vers l'hôte à genoux, s'accroupissant devant lui. Cela n'avait pris qu'une seconde et tous sursautèrent. Immédiatement, le roux chercha à le frapper mais il arrêta sans mal son poing de sa main. Le voyant tenter d'utiliser son sable. Il composa quelques signes pour poser un sceau simple sur sa jarre. Très calme, il posa une main sur l'épaule de son camarade.
- Calme toi. Je ne te veux aucun mal. Je peux faire cesser la douleur et t'aider à faire en sorte que Shukaku ne te cause plus de soucis. Je peux ?
- Éloigne-toi de lui ! ordonna la fille en s'élançant vers eux avec son camarade.
Ils stoppèrent pourtant net lorsque l'hôte se mit à hurler de douleur d'une voix inhumaine. Sentant que le démon risquait de sortir, Naruto réagit. En une seconde, il composa une série de mudra pour ensuite attirer son homologue à lui d'une main sur la nuque pour accoler son front au sien. L'instant suivant, il était dans l'esprit sombre du roux. Il était là, hurlant de souffrance, à genoux dans le sable face à une cellule sur le point de s'ouvrir. Bien que la geôle soit dans le noir, il y discerna sans mal la présence du démon plein d'une haine sans borne et d'une envie meurtrière, d'une envie de sang terrible. Il forçait terriblement sur le sceau abîmé et mal fait, prêt à céder. Il n'attendit donc pas pour composer une série de mudra, mobilisant son chakra, sautant vers le parchemin de sceau sur la grille devant lui pour y plaquer sa main.
- Fuinjutsu ! Le sceau de l'apaisement ! lança-t-il.
Immédiatement, son chakra inonda les lieux, refermant vivement et correctement la grille vacillante. Les barreaux s'épaissirent, prenant un reflet d'or, un nouveau parchemin plus grand couvrant le premier. Le chakra du démon débordant fut refoulé dans la cellule et soudainement, tout s'immobilisa et s'arrêta, les hurlements du Jinchuuriki cessant. Il retomba au sol souplement, souriant, faisant demi tour pour rejoindre l'hôte éprouvé.
- Toi ! Qui es-tu vermisseaux pour oser me faire ça ?! Je vais t'étriper ! hurla la bête.
- Tu peux toujours essayer Shukaku, répondit-il moqueusement. Je doute que tu y arrives.
- Comment connais-tu mon nom sale rat ! Je vais te...
- Vas-tu te taire Shukaku ! claqua la voix dangereuse et froide de Kurama.
Il sauta de l'épaule de son hôte, laissant ses neufs queues apparaître alors qu'il grandissait pour dépasser Naruto qu'il entoura de son corps.
- Kyuubi ? bredouilla Ichibi.
- En effet, répondit-il la voix doucereuse. Ose encore insulter ou menacer mon Jinchuuriki et je t'étripe de mes crocs ! gronda-t-il dangereusement.
Laissant les démons se faire face, Naruto rejoignit le roux affaiblit qui regardait ça l'air perdu. Il s'accroupit de nouveau devant lui, posant une main sur son épaule.
- Voilà, il ne pourra plus envahir ton esprit sans ton consentement maintenant. Il va être pénible à calmer celui-là, s'amusa-t-il plus légèrement. Retournons dans le monde physique, je vais t'aider avec la douleur.
Un claquement de doigts plus tard, ils reprenaient consciences sous les regard ahuris des deux autres. S'ils avaient vu la transformation débuter, ils l'avaient aussi vu stopper tout aussi vite alors que l'étranger déployait un chakra puissant. Gaara avait cessé de hurler à la mort, s'apaisant soudain et tout s'était arrêté.
- Attend, fit l'étranger bougeant de nouveau et en reculant un peu. Je vais calmer la douleur.
Composant quelques signes, il activa l'une des rares techniques médicales qu'il connaissait, apposant ses doigts auréolé de chakra vert sur les tempes du roux qui ne disait rien. Les deux autres s'approchèrent finalement, méfiant mais aussi très curieux.
- Je ne lui ferais aucun mal, assura-t-il aussitôt. J'ai calmé Shukaku, dit-il en les choquant. Tout ira bien maintenant.
Perdus, ils le regardèrent terminer. Puis l'étranger recula un peu plus, se laissant tomber sur ses fesses pour s'asseoir, attendant qu'ils se reprennent un peu.
- Comment... comment as-tu fais ça ? demanda l'hôte. Comment as-tu peu entrer et l'arrêter comme ça ?
- Et bien, je m'y connais pas mal en sceau, surtout pour les démons à queues. Le tiens était très mal fichu. Je l'ai arrangé et renforcé. Shukaku ne t'envahira plus l'esprit. Tu vas être tranquille maintenant. Ce sceau tiendra beaucoup mieux et sera bien plus confortable pour vous deux.
- J'ai vu... j'ai vu Kyuubi, murmura-t-il.
- Oui, sourit-il. Il serait peut-être temps que je me présente correctement, dit-il en posant son shakujo et en retirant son chapeau.
Il les vit tout trois très étonnés, probablement à cause de son jeune âge.
- Je m'appelle Naruto. Je suis le Jinchuuriki de Kyuubi, démon renard à neuf queues, dit-il en souriant. J'étais venu voir l'examen à Konoha mais quand j'ai vu que tu étais là, dit-il au roux, j'ai voulu absolument te rencontrer, dit-il avec enthousiasme en étonnant son vis à vis. J'avais tellement hâte. Je comptais attendre la fin de l'examen pour venir mais comme j'ai vu que tu avais des ennuis, j'ai décidé de venir donner un petit coup de main, sourit-il.
- Shukaku est toujours aussi insupportable, râla Kurama sur son épaule alors que ses neuf queues étaient visibles. Saleté de Tanuki, il m'exaspère.
- Oh et voici Kyuubi, Kurama, présenta son hôte. Il prend cette forme pour me tenir compagnie.
- Kyuubi ? bredouilla la jeune fille stupéfaite.
- Comment tu te sens ? demanda le blond à son homologue l'air concerné. Je sais que ça peut être pénible ce genre de chose.
- Qu'en sais-tu toi avec ton démon domestiqué ! claqua-t-il méchamment.
- Domestiqué ?! s'offusqua Kyuubi comme avalant de travers.
Naruto explosa de rire, vexant un peu plus son démon.
- Naruto arrête de rire et toi sale gosse comment oses-tu ? grogna-t-il dangereusement. Je te dévorerais qu'un coup de dent.
- Il n'est pas domestiqué, reprit le blond en se ressaisissant péniblement. On fait équipe c'est tout. Mais tu sais, il fut un temps où notre relation n'était pas dans un meilleur état que toi avec Shukaku maintenant, avoua-t-il en les stupéfiant. Apaiser la haine d'un démon à queue ne se fait pas en un jour et ça demande une certaine obstination, s'amusa-t-il. Mais au final, on peut s'entendre, dit-il en prenant son renard dans ses bras pour le calmer. Allez laisse tomber, on sait que tu es le plus fort Kyuubi-sama, dit-il en riant un peu.
- Je ne suis pas domestiqué sale gamin, ragea-t-il. J'ai juste un très bon Jinchuuriki qui lui a su me voir vraiment et pas simplement comme une sale bête dont-on veux faire une arme ! s'agaça-t-il en faisant sursauter le roux.
- Mais tu dois connaître ça, remarqua plus doucement Naruto en caressant Kurama qui se calmait tranquillement sous le traitement. Shukaku n'est pas si différent de toi à certains égards. Tu devrais calmer cette haine que tu as en toi, dit-il avec un doux sourire. Ne les laisse pas te détruire. Je sais que ça a été dur jusqu'ici mais ne te laisse pas faire comme ça, n'abandonne pas.
- Qu'est-ce que tu en sais toi d'abord ! hurla le roux. Ne prétend pas comprendre qui je suis !
- Tu n'es pas aussi seul que tu le penses, répondit tranquillement Naruto sans s'offusquer. Le sort des Jinchuuriki n'est pas différent d'un village à l'autre. Ce qui veut dire que moi inclus, tu as huit compagnons de par le monde qui ont un vécu très semblable au tien. Tu n'es certainement pas le seul que l'on a traité en monstre, en démon, en paria, en danger sur patte, dit-il sous le regard stupéfié du garçon. Pour les grands pays, nous ne sommes que des armes qu'ils utilisent à leurs guise. Je sais ce que c'est, comme tout les Jinchuuriki probablement. Et je sais ce que ça fait d'avoir peur de ce qui se cache en nous. Si tu continues comme ça, tu vas te détruire tout seul, dit-il tranquillement. Ne les laisse pas gagner. Peu importe ce que les autres disent, tu es toi et je sais que tu certainement quelqu'un de bien sous cette mine renfrognée, s'amusa-t-il. Au fait, c'est quoi ton petit nom ? demanda-t-il.
Il y eut un moment de silence, les trois ninjas de Suna si surpris par ce qu'ils se passait qu'ils avaient l'air d'être passé dans un autre monde. Ce fut la jeune fille qui répondit finalement :
- C'est Gaara, dit-elle comme un peu apaisée. Je suis sa sœur Temari et voici Kankuro, notre frère.
- Ouah ! s'exclama Naruto. Tu as un frère et une sœur ?! T'en as de la chance. Enchanté Gaara, sourit-il en lui tendant une main amicale.
Le roux ne la prit jamais mais il avait l'air vraiment choqué par le geste qui lui était adressé.
- Ça vous dit qu'on casse la croûte pendant que les autres règles leurs comptes ensemble ? Je suis sûr qu'on a plein de chose à se dire, dit-il à son homologue.
Les deux aînés approuvèrent un peu bêtement, dépassés mais plus tranquilles maintenant. Naruto prit alors l'un de ses parchemin pour en sortir son sac de provision, y prenant un peu de nourriture qu'il partagea volontiers avec eux, un silence doux s'installant, Kurama se roulant en boule entre ses jambe pour faire mine de dormir. Gaara ne bougeait plus, totalement perdu et déstabilisé.
- Je suis vraiment heureux de te rencontrer, remarqua Naruto pour lui. J'espérais rencontrer les autres Jinchuuriki pendant mes voyages mais tu es le premier que je rencontre. J'étais tellement excité en te trouvant, dit-il joyeusement.
- Si tu ne les as jamais rencontré comment peux-tu savoir ce qu'ils ont pu vivre ? demanda le roux.
- Tu sais, le traitement des Jinchuuriki ne date pas d'hier. C'est comme ça depuis très longtemps, dit-il en haussant les épaules. Kurama a pu m'expliquer beaucoup de choses là dessus. Il a eu beaucoup de Jinchuuriki comme Shukaku et les autres. C'est toujours pareil. Ton démon pourrait t'apprendre plein de choses si tu faisais la paix avec lui. J'avoue, ce n'est pas facile à faire, il m'a fallu pas mal d'obstination mais ça vaut la peine. Vous êtes ensemble jusqu'à ta mort alors s'entendre est une meilleure solution. Les Bijuu et les Jinchuuriki sont ensemble sans l'avoir voulu l'un ou l'autre. Il faut faire avec alors plutôt que de se disputer, il vaut mieux s'allier. Tu y gagnerais au change comme Shukaku. Je sens à quel point tu souffres, dit-il, à quel point tu as souffert mais ne te laisse pas avaler part la haine et le sang, ne te laisse pas abattre, dit-il au roux. Nous aussi on peut être heureux, libre et avoir des amis, une famille. C'est dur et il faut travaillé bien plus que les autres pour être reconnus pour nous même mais c'est possible si on ne laisse pas tomber. Gaara, apaise toi, ne te laisse pas faire et montre leur à tous qu'ils ont eu tord. Reprend ta liberté et ne joue pas leur jeu.
Le roux le fixa les yeux écarquillés.
- De quel village es-tu ? demanda Kankuro très curieux maintenant.
- Je suis né à Konoha mais je m'en suis affranchi, répondit-il. Je ne suis d'aucun village caché et d'aucun des grand pays. Je suis libre.
- Si tu n'as pas grandi dans un village caché, tu ne peux pas savoir comment on y est traité, remarqua Gaara. Tu ne peux pas comprendre.
- Si j'en crois ce que tu me dis, tu as eu droit à la version grandir dans le village et vivre à peu près normalement comme un jeune ninja même si la vie n'a jamais rien de normale pour nous. Alors laisse moi deviner : maltraitance, insulte, peur, tentative de meurtre, solitude, mise à l'écart, ce genre de choses, dit-il sous l'œil surpris des trois autres.
- C'est ça, approuva Temari avec une certaine honte
- Shukaku vous fait très peur à vous aussi, remarqua le blond, et vous avez crains jusqu'ici qu'il prenne le dessus sur Gaara et ne dévaste tout. Compréhensible mais vous êtes là avec lui et je sens que vous l'aimez même si vous êtes terrifiés aussi, dit-il avec un léger sourire. Vous n'avez plus à vous en faire, avec le sceau que j'ai mis, Shukaku ne pourra plus sortir ou envahir l'esprit de Gaara sans qu'il ne lui ouvre lui même.
- Vraiment ? demanda Kankuro.
- Juré ! assura-t-il un pouce en l'air avant de fixer son regard dans celui de son semblable. Tu as raison, je n'ai pas connu ce que tu as connu. C'était différent pour moi. Kurama a été scellé en moi le jour de ma naissance. Ensuite, j'ai été enfermé par une faction des forces de Konoha, certainement une faction extrême mais je ne sais pas laquelle exactement ni si le reste du village est impliqué ou non. Ils voulaient faire de moi l'arme suprême pour Konoha. Je n'ai jamais été que ça pour eux. J'ai vécu enfermé dans un souterrain sombre des années. Ils se sont mis à m'entraîner sans cesse pour faire de moi l'arme parfaite.
- Ce n'était pas de l'entraînement, remarqua Kurama les yeux clos, c'était de la torture pure et simple Naruto. Ils le faisaient travailler jour et nuit jusqu'à l'épuisement. Ils se fichaient de lui infliger d'atroces blessures, ne le soignaient pas, le nourrissaient à peine.
- Ouais, sourit tristement le blond. Il paraît que c'était de la torture mais je n'ai connu que ça à cette époque, dit-il en haussant les épaules. Ils disaient qu'ils allaient m'endurcir alors ils me torturaient pour que j'apprenne à résister à ça. Enfin bon, c'est le tableau. On avait scellé ma voix pour que je ne puisse pas parler, j'étais surveillé à chaque seconde, seul. Personne ne m'a jamais considéré comme un être véritable à part entier. J'étais un objet, une arme sans volonté ni conscience simplement utilisée par ces types. S'ils avaient pu se débarrasser de l'intermédiaire que je suis pour utiliser la force de Kurama, ils l'auraient fait. Ils ont fait pleins d'expérience pour m'asservir ou tenter d'utiliser mon démon en passant outre ma conscience. Ils m'appelaient toujours démon. C'est Kurama qui m'a dis comment je m'appelais quand on est devenu ami, sourit-il largement. Sinon je n'aurais pas su que j'avais un nom moi aussi. Et puis un jour, j'ai réussi à détourner une technique qu'ils m'ont appris et j'ai pu m'enfuir. Je n'avais jamais vu le ciel et le soleil avant de sortir de là. Je suis resté longtemps loin des ninjas après ça avant de revenir.
Il s'arrêta un moment, caressant son renard sous les regards horrifiés des trois autres face à son histoire.
- Alors oui, reprit-il, je n'ai pas connu la même chose que toi, j'ai eu une autre version. Mais je sais ce que ça fait d'être traité en démon, en objet et en arme, d'être seul et de souffrir, de se sentir enfermé dans une vie et un rôle qu'on n'a pas choisis.
- Et tu ne veux pas te venger ? Les tuer ?! demanda le roux.
- Pour devenir le démon qu'ils décrivent tous ?! s'exclama-t-il. Hors de question ! Je ne veux pas leur faire le plaisir de devenir une arme, un monstre assoiffé de sang, de vengeance et de haine. Ce n'est pas ce que je suis vraiment et Kurama non plus. Je refuse de m'abaisser à leur niveau et d'accepter ça. J'ai juré sur les âmes de mes parents qui se sont sacrifiés pour moi de devenir quelqu'un de bien, de me battre pour la paix qu'ils recherchaient tout les deux. Alors je n'irais pas me venger. S'ils cherchent de nouveau à m'emprisonner ou à me manipuler, je me défendrais mais sinon, je m'en fiche d'eux. Aussi arrogant que cela paraissent, je m'estime au dessus de ça. Je préfère montrer qui je suis vraiment, sourit-il. Et je ne suis pas comme eux ni comme tout ces ninjas qui abandonnent leurs principes dés que ça devient un peu compliqué. Je préfère m'obstiner et rester fidèle à moi même. En faisant ça, j'ai pu me faire pleins d'amis, être libre et être heureux, faire ce que je veux, se réjouit-il.
Les trois autres le regardèrent intensément, les deux aînés souriant quand son homologue avait l'air totalement perdu.
- Enfin bref. Tu devrais essayer Gaara. Ce qu'ils disent n'a pas d'importance. Montre leur qui tu es vraiment et ils seront bien forcés de te reconnaître un jour ou l'autre. Et s'ils restent enfermé dans leur haine et leur peur, leur stupidité, tu n'as pas à en tenir compte, ça n'en vaut pas la peine. En tout cas, sache que je suis ton ami.
- Tu veux être mon ami ?
- Ba oui, répondit-il simplement.
Gaara resta pétrifié mais il ne fit aucune remarque.
- Au fait, le sceau que je t'ai apposé n'étais qu'un stabilisateur et un renforçateur, expliqua-t-il. Il améliore considérablement ton sceau mais il ne l'a pas changé vraiment alors ta clef restera la même si jour tu as besoin de retoucher à ton sceau. Mais fait très attention si tu le fais, surtout si Shukaku est toujours dans ses crises de colères. Donc vous êtes de Suna, c'est ça ?
- Oui, approuva Temari désormais totalement calme devant cet étrange garçon souriant et chaleureux.
- Je ne suis jamais allé jusqu'à votre village mais je viendrais vous rendre visite de temps en temps, assura-t-il.
- Et toi tu habites où ? demanda Kankuro.
- Nul part et partout, répondit-il avec amusement. Je voyage tout le temps comme j'en ai envie alors je ne reste jamais bien longtemps à un endroit.
- On ne peut pas rester là ou nous aurons des ennuis, remarqua finalement Kankuro. Il va falloir qu'on y aille mais... Merci beaucoup d'avoir aidé mon petit frère, dit-il au blond en lui tendant une main.
Naruto la prit sans hésiter, serrant celle de Temari dans la foulée.
- Pas de quoi. Veillez bien sur lui. Les Jinchuuriki ne peuvent compter que sur leurs amis et ceux qui les aiment vraiment. Je reviendrais vous voir à Suna quand tout sera plus calme pour vous.
- Avec plaisir, répondit Temari. Merci beaucoup.
- Juste, si vous pouviez éviter de me mentionner à qui que ce soit, pria-t-il. J'aimerais autant ne pas avoir de ninja à mes trousses.
- On peut bien faire ça, sourit Kankuro en consultant sa sœur du regard.
- On ne dira rien, assura-t-elle.
- Merci. Alors à plus Gaara. On pourras discuter une autre fois.
Le roux n'eut pas de réaction, froid d'apparence mais il ne s'en formalisa pas. Il regarda les trois ninja du sable s'en aller, poursuivant son repas au bord de l'eau tranquillement.
- Ba ça s'est plutôt bien passé, dit-il finalement.
- Tu lui as mis la tête à l'envers, ricana Kurama.
- Il l'avait déjà de toute façon. Au moins il avait l'air bien plus calme. Shukaku va être obligé de le laisser tranquille maintenant alors il aura le temps de réfléchir et de se remettre les idées en place. On verra quand on retournera le voir.
Naruto décida de ne pas s'attarder dans le coin avec le combat entre ninja qui s'y déroulait, s'en allant plutôt en sens inverse. Quelque temps plus tard, il se rendait à Suna en toute discrétion pour rendre visite à Gaara, ne se montrant qu'à lui. Il avait alors retrouvé un roux beaucoup plus calme, apaisé qui semblait avoir énormément pensé à ses paroles. Cette fois, il accepta sa main tendue et Naruto fut absolument ravi par cette nouvelle amitié. Aussi, ce fut régulièrement qu'il se rendit à Suna, construisant toujours plus cette amitié qu'il chérissait. Il reprit ses voyages, espérant rencontrer d'autres hôtes.
Ce jour là, il s'était rendu à un autre banquet des invocations. Il avait de plus en plus d'amis parmi eux maintenant. Il n'avait pas de pacte avec toutes les espèces ni avec énormément d'entre eux mais il s'en fichait pas mal, ce n'était pas ce qu'il cherchait.
- Eh Naruto ? interpella un crapaud orange qui n'était rien de moins que son dernier pacte en date.
- Oui Gamakichi ? dit-il en se tournant vers lui.
- On m'a demandé de t'inviter au Mont Myôboku, annonça-t-il. Nos anciens aimeraient te rencontrer.
- Avec plaisir, répondit-il. En plus je n'ai jamais été là bas. On y va quand ?
- Si tu es d'accord, on t'invoquera là bas demain matin, proposa-t-il.
- Ok !
Ce fut pour cela que le lendemain, il se retrouva à apparaître au Mont Myôboku plein de couleur. Il regarda partout autour de lui, euphorique de voir ça.
- Salut Naruto, fit-on alors.
- Salut Gamakichi ! répondit-il. Comment ça va ?
- Très bien, sourit celui-ci. Et toi ?
- Au top comme toujours !
- Alors c'est toi Naruto ? fit un autre crapaud âgé près de lui.
Il se baissa pour mieux parler au couple de batracien qui était là.
- C'est moi, approuva-t-il en retirant son chapeau au voile.
Tout deux eurent l'air surpris en regardant son visage, passant totalement à côté du renard sur son épaule qu'ils prirent certainement pour un renard ordinaire. C'était après tout le but.
- C'est bien toi, remarqua le mâle. Tu ressembles tellement à ton père.
- Mon père ? s'étonna-t-il. Vous avez connu papa papy crapaud ?
- En effet, s'amusa celui-ci. Je suis Fukasaku et voici mon épouse, Shima. Nous faisons parti des anciens du Mont Myôboku. Gamakichi nous a parlé de toi et nous voulions en avoir le cœur net.
- Enchanté, dit-il en se laissant tomber assis devant eux. Qu'est-ce que vous vouliez savoir au juste ?
- Si nous connaissons ton père c'était parce qu'il était un invocateur des crapauds et un bon ami, expliqua Shima. C'est un plaisir de rencontrer son fils. Vient, allons discuter dans un endroit plus confortable.
Naruto se laissa donc emmener jusqu'à un autre endroit où il rencontra d'autres crapauds parmi lesquels Gamabunta qui lui expliqua avoir été une invocation de son père et le père de Gamakichi. Il fut absolument ravis de les rencontrer, discutant un moment avec eux, posant des questions sur leurs expériences avec son père.
- Naruto, si nous t'avons fait venir, c'est pour aborder un sujet en particulier, intervint Fukasaku.
- Lequel ?
- Il s'agit du maître de ton père, Jiraya. Il était très proche de Minato tu sais, vraiment très proche de lui au point d'être comme un père de cœur. Sa mort et celle de ta mère l'a beaucoup peiné. Sache que Jiraya est ton parrain. Tes parents lui avaient demandé cela, dit-il en le surprenant. Il n'était pas à Konoha quand ils sont morts mais bien plus loin et le temps qu'il rentre, tu avais disparus. Depuis, il t'a cherché partout. Cela fait presque quinze ans maintenant et il te cherche toujours sans abandonner. Lorsque nous avons compris qui tu étais grâce à Gamakichi, nous nous sommes dit que tu devais savoir. Jiraya t'aime beaucoup sans jamais t'avoir rencontré et il est très inquiet pour toi. Nous aurions voulu savoir si tu accepterais de le rencontrer ou simplement de nous laisser lui dire que tu vas bien ?
Naruto garda le silence un moment. Il savait qui était Jiraya, ses parents lui en avaient parlé mais il ne savait pas qu'il l'avait cherché depuis toujours. Il avait un vague portrait de l'homme en tête et d'après ce qu'il savait, il était comme de la famille pour ses parents qui l'avaient d'ailleurs confié à l'homme. Il n'avait malheureusement jamais pu remplir son rôle. Il devait avouer que rencontrer celui que ses parents avaient tant respecté lui faisait bien envie.
- Ok, je veux bien le voir, répondit-il. J'en serais même ravi.
Tous sourirent autour de lui, heureux d'entendre cela. On lui demanda si on pouvait appeler Jiraya maintenant, lui assurant qu'ils ne lui avaient encore rien dit sur lui et il approuva. Fukasaku lui demanda de patienter dans le parc où il se trouvait pendant qu'il allait faire l'invocation et Naruto resta avec les autres immenses crapauds acceptant de lui parler un peu de l'homme. Pendant ce temps, Fukasaku se dirigea vers la place d'invocation ravi. Il avait été immensément surpris, comme Gamabunta et les autres lorsqu'il avait entendu Gamakichi se vanter d'être l'invocation de l'hôte de Kyuubi, d'un jeune ninja très puissant. Mettre les pièces à leurs place n'avait pas été difficile ensuite pour comprendre qui était le garçon et le voir avait terminé de lever les doutes. Il ressemblait tellement à ses parents. Un coup d'œil suffisait pour pouvoir dire que c'était certainement un bon garçon avec son aura et son sourire lumineux, chaleureux. C'était une excellente surprise et il ne doutait pas que Jiraya serait immensément heureux. Lui qui cherchait son filleul depuis presque quinze ans toujours aussi inquiet pour lui d'autant plus avec cet Akatsuki qui commençait à faire des siennes, enquêtant sur les Bijuu. Il allait être soulagé de le voir ainsi en pleine forme. Rapidement, il fut au bon endroit, lançant l'invocation inversée pour faire apparaître l'Ermite aux Crapauds.
- Bonjour mon petit Jiraya, salua-t-il joyeusement.
- Maître Fukasaku ? Bonjour, salua-t-il en souriant. C'est rare que vous m'invoquiez. Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Il se trouve que nous avons une petite surprise pour toi, dit-il. Viens.
L'homme suivit sans faire d'histoire, curieux devant le large sourire du crapaud.
- Gamakichi s'est trouvé un invocateur, informa le crapaud.
- Vraiment ? Je ne savais pas que vous aviez un nouvel invocateur. Je croyais avoir le seul parchemin de pacte.
- C'est le cas mais ce ninja a une manière bien à lui de passer ses pactes d'invocation, s'amusa-t-il. C'est un jeune homme très intéressant. En faîte, je t'ai fait venir pour que tu le rencontres.
- Pourquoi ça ? Je ne vois pas l'intérêt. J'ai autre chose à faire que de papoter avec un gamin.
- Ne parle pas trop vite. Je crois que tu vas papoter un bon moment avec lui, s'amusa-t-il.
- Qu'est-ce qu'il a de si spécial ce gosse ?
- Regarde par toi même, il est là bas.
Jiraya se tourna dans la direction qu'il indiquait pour tomber sur la silhouette de ce qui devait être un adolescent. Il était de dos, un très long haori oranger sur le dos, couvert par une longue chevelure blonde comme le soleil. Il y avait un petit animal sur son épaule, un renard peut-être. Il eut immédiatement une étrange impression en le regardant. Il discutait avec le groupe de crapauds parmi les plus puissants du Mont qui l'entourait, l'intriguant. Il cessa soudain pour se retourner vers lui. Il put alors découvrir un visage marqué de cicatrices en moustache, orné d'un immense sourire et dominé par deux yeux bleus ciel tellement familiers. Ce visage... ce visage le ramenait dans le passé, le stupéfiant. Le jeune homme se retourna complètement, le regardant à son tour avec détente.
- Salut ! dit-il alors joyeusement. Il paraît que tu me cherches depuis un moment, dit-il nonchalamment.
Jiraya resta choqué, pétrifié. Est-ce que c'était bien celui qu'il pensait ?
- Naruto, je te présente Jiraya, intervint Shima. Mon petit Jiraya, voici Naruto, le fils de Minato et Kushina.
- Naruto ? bredouilla-t-il.
- C'est moi, approuva-t-il en s'avançant vers lui. Enchanté de te rencontrer, dit-il en lui tendant une main. Il paraît que tu es mon parrain.
Sortant de sa stupéfaction, Jiraya prit sa main, souriant de toute ses dents.
- Pour une surprise, s'en est une, rit-il. Je suis ravi de te voir gamin. Cela fait presque quinze ans que je te cherche partout.
- Ils me l'ont dis, répondit le blond en désignant les crapauds.
- Où est-ce que tu étais tout ce temps ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda-t-il.
- Asseyons nous, proposa le blond. Je vais t'expliquer.
Ils s'installèrent donc, Naruto déposant son chapeau, son shakujo et son haori dans l'herbe, se mettant à l'aise pour profiter du soleil et du vent. Jiraya prit place avec lui, en faisant autant. Puis Naruto commença à lui expliquer ce qui lui était arrivé, son enfermement par des ninjas inconnus, ce qu'ils voulaient faire de lui, les entraînements et le reste. Il ne parla pas encore de Kurama ou de ses yeux, restant sur une version courte et succincte.
- Et puis un jour, ils m'ont appris l'invocation, dit-il. J'ai réussi et je me suis entendu avec mon invocation. Kaziagi a utilisé l'invocation inversée pour me sortir de là et j'ai pu me sauver. Je me tiens à l'écart des villages cachés depuis.
- Bon sang ! ragea Jiraya hors de lui en donnant un coup de poing dans le sol.
Celui-ci se fissura, illustrant sa fureur faisant écho à celle de tous autour de lui.
- Je paris que c'est un coup de Danzo et de sa Racine, gronda l'Ermite.
- La Racine ? releva-t-il. C'est quoi ?
- C'est une section des ANBU de Konoha créée et dirigée par Danzo Shimura, répondit-il. Elle censée être dissoute mais nous avons toujours su qu'elle perdurait dans l'ombre même si nous n'avions pas de preuve. Ce sont des extrémistes à la philosophie totalement opposée à celle des Hokage qu'il y a eu jusqu'ici. Ils utilisent des méthodes très radicales et dures sois-disant pour le bien du village et pour sa suprématie. Ce sont des adeptes de la manière forte sans aucune diplomatie ou considération émotionnelle et morale. Danzo croit qu'il est le seul à pouvoir vraiment diriger correctement Konoha et il a toujours voulu s'approprier la puissance de Kyubi. Il dit souvent que les Jinchuuriki ne sont que des armes et des possessions destinées à obéir à leur village. Il était totalement contre Minato et le Troisième comme il est contre Tsunade, la Cinquième du nom qui poursuit dans leur ligne de morale. Si ce sont bien des ninjas de Konoha qui t'ont fait ça et il semblerait que ce soit le cas, je ne vois qu'eux. Danzo est un vrai problème pour la paix des villages. Il voudrait tous les dominer.
- Je vois le genre. Si c'est lui il a dû être furieux que je lui glisse entre les doigts, s'amusa-t-il. De toute façon on a aucune preuve.
- Et je doute qu'on en trouve. Ils sont très prudents.
- On s'en fiche maintenant de toute façon, répondit-il en haussant les épaules. Ils ne m'attraperont plus de toute manière.
- Naruto, tu as dis qu'ils ont fait des expériences pour le sceau, remarqua-t-il ensuite. Est-ce que tu sais dans quel état il est maintenant ? Est-ce qu'il tient ? Est-ce que tu as des problèmes avec Kyuubi ? Est-ce qu'il tente de sortir ?
- Ne t'inquiète pas tout vas bien, sourit-il. Le sceau était sans dessus dessous quand je suis sorti mais j'ai arrangé ça. Et puis ce n'est pas comme si Kurama voulait sortir. On s'entend très bien tout les deux.
- Kurama ? releva-t-il perdu.
- C'est vrai je ne vous ai pas présenté, remarqua-t-il en prenant le renard sur son épaule pour le déposé devant lui. Jiraya, voici Kurama, Kyuubi, le démon renard à neuf queues, dit-il en le laissant perplexe.
- Ce petit animal trop mignon ? demanda-t-il.
- Je ne suis pas mignon ! s'exclama le renard.
Il laissa sortir ses neuf queues et grossit d'un coup pour atteindre plusieurs mètres, s'arquant autour de son hôte, baissant la tête près de lui alors que ses queues dansaient autour d'eux. Tous sursautèrent violemment en sentant son puissant chakra émaner de lui, dangereux. L'homme et les crapauds regardèrent cela avec ahurissement, pas vraiment rassurés.
- Ne vous inquiétez pas. Il ne fera rien. Il est juste un peu susceptible, s'amusa-t-il en posant une main sur la tête de son démon. Allez Kurama, ça va, dit-il en le grattant derrière l'oreille. Et puis c'est vrai que tu es mignon en petit renard, s'amusa-t-il.
- Je ne suis pas mignon ! gronda-t-il en se laissant pourtant amadouer par la caresse. Je suis le puissant Kyuubi qui balaye les montagnes d'un coup de queue. Je ne suis pas mignon.
- Mais oui, ricana le blond.
Sous les mines ahuries des autres, le renard se calma pour finalement s'allonger autour de son hôte qui se cala volontiers contre lui. Naruto les regarda les autres un peu amusé :
- Kurama et moi, on fait équipe maintenant. On est ami alors tout va bien. Il ne veut pas sortir briser le sceau.
- Tu maîtrises Kyuubi ? demanda son parrain en agaçant de nouveau le renard.
- Non. Je te l'ai dis. On est amis, on s'entraide et on veille l'un sur l'autre. Il fait ce qu'il veut. Tu sais, il a été mon seul ami très longtemps et c'est lui qui m'a dit comment je m'appelais. S'il n'avait pas été là, je ne sais pas si j'aurais tenu.
- Tu aurais tenu toi et ton obstination agaçante, grommela le renard.
Jiraya sourit doucement, choqué mais très agréablement surpris. Lui qui avait tellement crains au sujet du renard.
- Tu sembles avoir fait un sacré chemin, remarqua-t-il.
- Je me débrouille et puis j'ai promis à papa et maman de vivre longtemps et d'être heureux.
- Tu leur as promis ? releva-t-il.
- Ouais. Je les ai rencontré tu sais. Ils avaient laissé leur chakra dans le sceau et l'une des expériences les a fait sortir. On a pu se parler un moment. Je leur ai promis d'être quelqu'un de bien, d'œuvrer pour la paix et d'être heureux pour eux. Alors j'ai bien l'intention de le faire.
