Le Maître et le Docteur. L'un espère sauver l'autre et l'autre espère être à la hauteur. Pendant longtemps, Missy, le Maître a répandu le chaos dans l'univers, mais maintenant elle a la ferme intention de changer. Elle veut changer pour le Docteur, son seul et plus cher ami. Ce qui les lie est bien plus complexe qu'il n'y paraît. Amour ? Amitié ? Ils savent juste qu'ils seront toujours là, l'un pour l'autre.
Se base sur l'idée originelle de la série, selon laquelle Missy ne meurt pas et est enceinte.
DISCLAMER : Cet univers et ces personnages ne m'appartiennent pas… malheureusement :'(
NOTE : Je tenais à signaler que même si cette fic a été publié au même moment que l'arrivée de la saison 12, je l'ai commencé il y a presque deux ans (je voulais prendre suffisamment d'avance sur les chapitres avant de publier) et donc il n'a jamais été prévu que Missy devienne le Maître de Dhawan tout simplement parce qu'à cette époque, il n'existait pas ^^
Merci aussi pour les reviews "J" et Deponia :)
Deponia : Je suis contente que tu aime le nouveau surnom du Docteur tiré largement du surnom de Missy ^^
J : J'apprécie de voir que je n'ai pas eu une mauvaise idée avec les tambours ^^
J'espère que vous apprécierez toujours l'évolution du Docteur et du Maître qui seront peut-être un peu (beaucoup pour Missy) différentes de la série, sinon ça ne servirait à rien ^^
Oh ! Et merci à ma sœur Zelena Rose Carter qui corrige mes textes ^^
Bonne Lecture ! ^^
– Chapitre 7 – « Les femmes venues d'ailleurs », Partie 2
Le petit groupe était enfin sorti de la voiture dans laquelle Missy s'était jurée de ne plus monter si elle ne pouvait pas avoir une place à elle seule. Ils avançaient lentement, péniblement, dans la noirceur de la forêt et suivant la direction indiquée par les deux jeunes Humains.
– Mon vélo est là, leur montra Ryan.
Un grand vélo de couleur rouge pendait à moitié, coincé dans les branches d'un arbre.
– Qu'est-ce qu'il fait dans cet arbre ? interrogea le Docteur.
– J'l'ai balancé du haut de la colline, répondit le jeune homme, l'air de rien.
– Il s'est énervé, il sait pas faire de vélo, lui expliqua Graham.
– Mmmh, gloussa Missy. Passionné ? Finalement, j'vous aime bien à nouveau.
– J'ai d'la chance, répondit-il en éclairant le chemin devant eux.
– Vous n'imaginez même pas à quel point, murmura le Docteur, pensive.
Elle se souvenait facilement des personnes que Missy avaient tuées. Et elle se souvenait aussi du sort que le Maître réservait à ceux qu'il n'aimait pas.
– On lui apprend à en faire. Il souffre de dyspraxie, un problème de coordination des gestes, précisa Grace.
– Bon, assez parlé de moi ! s'agaça-t-il. L'arbre est à gauche, donc ça devrait être…
Les deux Dames du Temps s'accroupirent à l'endroit vide qu'il leur indiquait. Missy attrapa une feuille tombée au sol et la lécha. Aucun doute, un objet venant d'une autre planète était passé par-là. Mais quelqu'un l'avait repris. Peut-être l'alien à qui appartenait l'objet ?
– Le truc était là, insista Yaz.
– Où il est passé, alors ? murmura le Docteur.
– Système de téléportation ? proposa Missy.
– Probable, mais il y aurait des traces résiduelles… La créature du train ?
Missy haussa un sourcil, surprise. Alors son amie ne l'avait vraiment pas senti ? C'était étonnant.
– Quoi ?
– Vous ne l'avez pas senti ? La chose du train, ce n'était pas vivant.
La blonde cligna rapidement des yeux. Son cerveau devait vraiment être embrouillé pour qu'elle n'ait pas senti la même chose que Missy.
– Deux choses étranges. Une ville et le même soir. Ça me chiffonne ça, lança le Docteur.
– J'vais aller voir au poste si on a d'autres signalements de l'objet.
– Bonne idée. Parce qu'il nous faut un maximum d'informations. Rejoignez-nous ici.
Yaz démarra sa voiture et s'en alla au loin, laissant les deux extraterrestres seules avec les trois derniers Humains.
– J'pourrais demander à mes anciens collègues du boulot, proposa Graham. Les conducteurs de bus sont toujours au courant de tout.
– Et c'est reparti, soupira Ryan.
– Quoi ? C'est vrai. Et je serais encore conducteur de bus si j'pouvais.
– J'pourrais chercher sur les réseaux sociaux, continua le jeune homme en ignorant les paroles de son grand-père par alliance..
– Et moi, j'peux contacter mes anciennes collègues infirmières, proposa également Grace.
– Dîtes-moi, ça vous en fait de l'aide… se moqua Missy. Vous n'avez pas besoin de moi.
Elle fit mine de s'éloigner.
– J'ai toujours besoin de vous, répondit immédiatement le Docteur en attrapant sa main pour l'empêcher de trop s'éloigner.
Missy sourit, visiblement satisfaite des propos tenus par son amie. Mais son sourire se fana lorsqu'elle la sentit se faire plus lourde à ses côtés, comme si elle se reposait de plus en plus sur elle. Elle fronça les sourcils inquiète.
– Sérieux, ce sont des aliens ? demanda Graham.
– Oui, lui assura la blonde.
– Ok, cette information, j'la garderai pour moi.
Graham courut dans la direction opposée à celle qu'avait prise Yaz.
– Ramenez-moi des lasagnes ! lui cria Missy en se rappelant soudainement de sa faim dévorante.
Dottie se plia en deux. Sa vision devenait trouble et l'environnement autour d'elle se mettait à tourner. Quelque chose n'allait pas. Mais alors vraiment pas.
– Oh… Tout à coup, j'me sens… très, très fatiguée.
– Vous êtes tombée de très haut, lui rappela Grace. Vous devriez aller vous faire examiner au C.H.U.
– Non ! opposa violemment le Docteur. J'vais jamais dans les endroits à initiales. Quoique…
La blonde fourra un de ses doigts dans son nez. Missy eut une moue de dégoût. Elle avait toujours répugné à utiliser cette méthode, beaucoup trop écœurante pour des êtres issus de haute noblesse. Et elle savait aussi que même le Docteur n'appréciait pas vraiment cela. Elle devait vraiment se sentir dépassée pour avoir recours à un tel procédé.
Missy décida alors de soutenir son amie d'enfance. Elle la sentait faiblir de plus en plus contre elle. Dottie courait partout depuis tout à l'heure, il était normal qu'elle en ressente le contre-coup, à présent. Mais ça n'empêchait pas Missy de sentir l'angoisse lui étreindre la gorge.
– Tenez le temps qu'on se trouve un endroit, lui murmura-t-elle, inquiète.
– Pourquoi vous allez mieux, vous ? lui reprocha la blonde.
– Je vais pas beaucoup mieux, maugréa la rousse.
– Vous allez tomber ? s'inquiéta Ryan.
– Dans deux minutes, dix-neuf secondes. Non ! Oubliez les minutes. Dix-neuf… Oh, ce nouveau nez est vraiment pas fiable… râla-t-elle avant de s'effondrer dans les bras de Missy et de Ryan qui était venu l'aider à la supporter.
Grace observa un instant les deux femmes qui avaient fait irruption dans leur vie. La blonde avait été allongée sur son canapé, tandis que la rousse – assise sur le tapis, près de son amie – mangeait des lasagnes qu'elle avait fait réchauffer. Par chance, il lui en restait de la veille. Par chance, elle en avait fait la veille.
– J'vais vous garder avec moi si vous me promettez de me faire régulièrement à manger, sourit Missy en enfournant un nouveau morceau dans sa bouche.
Ces lasagnes étaient un véritable délice. Probablement les meilleures qu'elle avait pu manger. C'était tout ce dont elle avait besoin pour aider sa régénération à s'achever. Grace la remercia en déposant une tasse de thé fumant devant la jeune rousse. Elle la vit se lécher les lèvres d'envie. L'ancienne infirmière sourit, amusée, et déposa une couverture sur la femme blonde, toujours inconsciente.
– Elle a besoin de dormir pour se remettre. Moi aussi, après mon repas, l'informa-t-elle en la voyant prendre le pouls du Docteur, une barre d'inquiétude visible sur son front.
– Elle a deux pouls différents.
– C'est dingue, lança Ryan en se rapprochant.
– Mmmh… Non. Deux cœurs, répondit Missy en donnant des petits coups dans sa poitrine.
Les deux Humains échangèrent un énième regard. Ils ne pouvaient plus douter être tombés sur des extraterrestres, maintenant. Grace sentit une vague d'excitation se propager en elle. Bien qu'elle soit inquiète pour cette femme, elle se sentait ravie à l'idée d'avoir pu rencontrer d'autres formes de vie. En se plongeant dans les yeux de son petit-fils, elle y lisait le même sentiment.
Missy capta leur échange et sourit, amusée. Elle les aimait bien, ces deux-là. Alors qu'elle allait prendre une autre bouchée, elle dut stopper son repas, sentant quelque chose remonter dans sa bouche. Ce n'était pas du vomi. C'était autre chose. Quelque chose de plus fluide, de plus brûlant. Elle ouvrit la bouche et en laissa échapper de l'énergie régénératrice.
– Qu'est-ce que… ?
– Mamie, regarde ! appela Ryan. Elle aussi !
La Dame du Temps tourna la tête pour avoir le Docteur dans son champ de vision. Ses mains se mettaient à briller et la même lueur dorée s'échappaient de sa bouche, comme en réponse à la sienne.
Grace et Ryan regardèrent Missy, les yeux écarquillés. Visiblement, elle devrait leur donner une explication. Elle soupira, passablement agacée de voir abandonner son repas pour se lancer dans une dynamique de questions-réponses.
– C'est de l'énergie régénératrice.
– Et c'est quoi ?
– C'est une énergie que relâchent les Seigneurs du Temps lorsqu'ils sont sur le point de mourir.
– Vous êtes toutes les deux sur le point de mourir ? paniqua Grace.
– Non, on s'est déjà régénérées, c'est juste un surplus à évacuer.
– Donc vous n'êtes pas en train de mourir juste sous nos yeux ? voulut s'assurer Ryan.
– Nope, sourit la rousse. On a été sauvées, c'est bon, c'est plié. Ou presque.
– Les Seigneurs du Temps, c'est votre espèce ? interrogea Grace en s'asseyant sur une chaise près des deux femmes.
– Ouaip. Même si maintenant, on est des Dames du Temps.
– Tout à l'heure… Dottie a dit que vous étiez toutes les deux des hommes à l'origine, commença Ryan.
– C'est une conséquence de la régénération. On est guéri, on continue de vivre, on trompe la mort… Mais on change. La régénération ne fait pas que nous sauver la vie, elle nous améliore en nous donnant une autre apparence et une autre personnalité.
Missy prit une gorgée de thé et sourit lorsque le liquide chaud coula le long de son œsophage. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle leur avait expliqué tout ça, mais maintenant que c'était fait, c'était trop tard.
– C'est plus amusant que ça n'en a l'air, sourit l'ancienne maîtresse du chaos.
– Si vous le dîtes, lança Ryan en retournant s'asseoir autour de la table de la salle à manger.
– Vous vous sentez bien, vous ? s'enquit Grace.
Missy sursauta et regarda autour d'elle, cherchant à qui elle pouvait bien parler. Elle dut finalement se résoudre à accepter que c'était bien pour elle qu'elle s'inquiétait. Elle la regarda un long moment sans répondre. Depuis combien de temps ne s'était-on pas inquiété pour elle ? Bien sûr, elle ne comptait pas le Docteur qui n'avait jamais cessé. C'était vraiment étrange de se dire que quelqu'un était toujours capable de s'inquiéter pour elle malgré tout ce qu'elle avait pu faire. Mais elle savait aussi que cette femme ignorait tout de son passé. C'était pour cela qu'elle se permettait cette inquiétude. Si elle apprenait pour son passé, peut-être préfèrerait-elle prendre ses distances ou la tuer, comme les compagnons précédents du Docteur.
– Mademoiselle ? appela Grace.
Elle sentit ses cœurs se serrer. Cette femme était vraiment inquiète, alors qu'elle n'était rien à ses yeux. Était-ce aussi cela la compassion dont lui avait si souvent parlé le Docteur ? Mais Missy était démoniaque. Grace devrait avoir peur ou éprouver du mépris à son égard, non ? Comme tout le monde avant elle. À moins que…
– Je… J'ai… Je me suis montrée… gentille… avec vous, dit-elle comme si cette phrase lui avait écorché la bouche.
– Eh bien oui, pourquoi ?
– Et vous… vous inquiétez pour moi ?
– Pourquoi ? Cela ne vous arrive jamais que quelqu'un s'inquiète pour vous ? demanda Grace en fronçant les sourcils, se sentant triste pour la femme en face d'elle.
L'ancienne maîtresse du chaos détacha son regard de Grace pour le poser sur son amie d'enfance et premier amour. Non, plus depuis la mort de sa femme et sa fille sur Gallifrey. Seul le Docteur s'inquiétait pour elle. Si. Une autre personne s'était inquiétée pour elle. Sa seconde épouse, Lucy, au début de leur relation. Au début de leur relation, elle avait pu se souvenir ce que voulait dire être important pour quelqu'un. Ses yeux la piquèrent à nouveau. Pourquoi avait-elle autant envie de pleurer ?
Grace lui tendit un mouchoir en tissu, en prévention. Missy accepta celui-ci, mais ne s'en servit pas. Au lieu de cela, elle tenta de reprendre contenance. Elle ne devait pas se laisser gouverner par ses sentiments comme le Docteur. C'était ridicule. Comment s'en sortiraient-elles, sinon ? Elle le mit dans l'une de ses poches et offrit un sourire de remerciement à la femme.
– Votre amie, elle a dit… et vous aussi… Toutes les deux, vous avez dit que vous aviez été démoniaque, se rappela Ryan.
L'ancienne maîtresse du chaos soupira. Il avait fallu qu'il se souvienne de ça, lui. Son mince espoir de tisser une bonne relation avec sa grand-mère venait d'être réduit en fumée. Minute ! Quand avait-elle espéré cela ?
– C'est vrai… Il fut un temps où je n'étais pas très… Pour faire simple, vous n'auriez pas voulu me rencontrer, même pour tous les trésors de l'Univers, avoua-t-elle plus difficilement qu'elle ne l'aurait voulu.
– Mais vous nous avez sauvés, tenta Grace, les sourcils froncés.
Ryan s'était un peu tendu. Alors c'était vrai. Ça n'avait pas été une blague dans le train. Et ce plan de domination de la Terre avait un réel fondement. Ses mâchoires se crispèrent. Cette femme était-elle toujours aussi dangereuse qu'elle l'avait sous-entendu ?
– C'est le… Dottie qui vous a sauvés. Elle fait toujours ça. Je pense que c'est pathologique, se moqua Missy.
– Mais vous ne nous avez fait aucun mal, protesta la vieille femme à la peau sombre.
Missy fronça son nez, réfléchissant. Pour l'instant, elle ne leur avait fait aucun mal, c'était vrai et elle n'y avait pas songé non plus, sauf vaguement pour « Yaz ».
– Vous essayez de vous convaincre que je ne représente aucun danger ou vous êtes déjà convaincue ? demanda-t-elle en déplaçant son regard de Grace à Ryan.
Ces deux derniers échangèrent un nouveau regard, soudainement plus nerveux. Mais quelque chose poussait Grace à croire que cette femme enceinte face à elle devait bel et bien avoir changé. Sinon, elle se serait déjà attaquée à eux.
– Et qu'est-ce qui vous fait croire que ce n'est pas une technique de manipulation pour mieux vous poignarder par derrière ?
Et pourquoi Missy persistait-elle à vouloir les faire douter ?
« Pourquoi ?! » se désespéra-t-elle.
Ça avait été plus fort qu'elle. Un réflexe.
– Mon instinct ? proposa Grace avec un sourire serein.
Missy rit. Elle appréciait vraiment cette femme. Le bruit d'une porte qui s'ouvre et se referme retentit dans la maison. Yaz et Graham étaient revenus, en même temps.
– Je l'ai trouvé à mi-chemin, alors je l'ai récupéré. Et on a aussi des lasagnes pour vous, apparemment, fit Yaz en tendant un sac en papier à la seule Dame du Temps encore éveillée.
– Il m'en restait, Graham, tu sais, lui reprocha Grace.
– J'étais pas sûr, répondit-il en s'approchant de son épouse. Ça va, chérie ?
Elle hocha vigoureusement la tête, amusée de voir la femme rousse se jeter à nouveau sur sa nourriture.
– Pas grave. J'ai faim, se réjouit Missy. Je crois que je suis devenue une grosse mangeuse, murmura-t-elle pour elle-même.
– Comment elle va ? demanda Yaz en désignant le Docteur.
– Elle récupère, leur assura Missy dont l'inquiétude s'était visiblement volatilisée grâce à la nourriture. J'préfère vraiment les vôtres. J'vous garderai toujours avec moi pour que vous me fassiez des lasagnes, sourit-elle.
Grace laissa échapper un rire. Cette femme ne lui donnait vraiment pas l'impression d'être démoniaque.
Le Docteur se réveilla d'un coup en gémissant de douleur. Elle se redressa vivement. Missy qui avait commencé à somnoler grogna de mécontentement lorsqu'elle sentit l'agitation de son amie à ses côtés.
– Mais qui m'a réveillée ? J'suis pas prête ! J'suis en convalescence ! Vous sentez ça ? Non, pas sentir. C'est pas entendre. Ressentir. Vous ressentez ça ?
– En tous cas, moi, je sais qui m'a réveillée, lança Missy avec mauvaise humeur.
– Ne bougez plus, Ryan, ordonna-t-elle en se précipitant vers lui. Oh… Montrez-moi vos clavicules.
Sur chacune des clavicules qu'elle observait, elle voyait un petit point violet briller. Même Missy avait déboutonné le haut de sa chemise pour observer sa clavicule.
– Génial… Et vous vous inquiétiez pour l'armée de Cybermen…
– Quelle armée ?
– C'est quoi les Cybermen ?
– Vous occupez pas de ça pour le moment, leur répondit Missy en regardant son amie avec irritation.
– Ouais. Je suis vraiment désolée. J'ai pas de bonnes nouvelles, leur annonça le Docteur. Ce sont des bombes ADN. Des micro-implants s'insèrent dans votre ADN. En explosant, ils cassent votre code génétique en mille morceaux. Votre ADN fond. C'est rapide. C'est vicieux. C'est interdit dans toutes les galaxies civilisées, expliqua-t-elle en leur tournant autour.
– Elles sont arrivées là comment ? demanda Ryan.
– On s'en fiche. Elles vont exploser ? s'inquiéta Graham.
– Ce sont des bombes : elles sont faites pour ça, lui fit remarquer Missy.
– Silence, s'il vous plaît, ordonna la blonde. J'essaye de réfléchir, mais c'est compliqué. J'suis pas encore celle que j'dois devenir. Mon cerveau et mon corps se réinitialisent. Ils se reformatent et… Oooooh… reformatage !
Dottie attrapa le téléphone portable de Ryan, son esprit soudain illuminé par une brillante idée.
– J'peux vous emprunter ça ?
– Oui, allez-y, mais pourquoi faire ? fit le jeune homme à la peau brune.
– Cette créature dans le train, quand vous deux, vous êtes montés à bord. Pour nous implanter ces bombes, elle s'est servie de ça. Un plan simple pour éliminer les témoins. Très malin. Impitoyable, mais très malin. J'ai reformaté votre téléphone.
– Non, j'ai toute ma vie dedans !
– Plus maintenant, claironna fièrement le Docteur sous les éclats de rire de Missy.
Le Docteur approcha le téléphone de sa bombe et actionna une décharge électrique qui l'envoya valser contre un mur.
– Do… ttie ! s'alarma Missy en se précipitant vers elle. Vous êtes inconsciente, ma parole !
La rousse était furieuse. Cette décharge aurait pu tuer la mère de son enfant. Et elle ne l'avait même pas prévenue.
– C'était juste un petit coup pour…
– Tenter de vous tuer ? Vous n'aviez pas besoin de vous régénérer pour ça !
Missy redressa son amie, vérifiant si ses signes vitaux étaient toujours bons. Ses pouls étaient rapides, trop rapides. Elle lui donna un coup dans l'épaule, la colère imprégnant chaque fibre de son être. Comment avait-elle pu faire ça sans penser une seule seconde aux conséquences ?
– Je suis à moins de quinze heures de ma régénération, je ne prenais pas un si grand risque, assura Dottie en s'appuyant contre le mur derrière elle.
– Moi non plus, dans ce cas, lança Missy en tendant la main vers le téléphone.
– Non, c'est…
– Trop dangereux ? Pourtant ça ne vous a pas arrêtée ! lui reprocha la rousse en lui redonnant un coup dans l'épaule.
Le Docteur baissa les yeux, légèrement honteuse. Cette remarque lui faisait plus mal que les coups à répétition de Missy. Et pourtant, le Maître ne s'était jamais retenu avec lui… enfin elle… Il fallait vraiment qu'elle s'y habitue. Elle releva les yeux vers son amie dont le regard débordait toujours de colère. Le Docteur se sentait un peu hypocrite. Mais seulement un peu parce qu'elle gardait en tête qu'il restait une différence fondamentale entre elle et Missy.
– Vous pensez au choc pour le bébé ?
– J'y pense depuis vous nous avez éjectées du TARDIS !
– C'était un accident ! opposa la blonde. Je voulais pas faire ça ! C'est juste… la régénération…
La bouche du Docteur se tordit dans une expression contrite. Dès qu'il – elle – se régénérait, elle oubliait comment piloter son TARDIS. Et elle-même ne savait pas pourquoi elle avait appuyé sur ce fichu bouton qui lui avait fait perdre son vaisseau et avait remis en danger les vies de son amie et de leur enfant. Elle s'en voulait déjà suffisamment comme ça sans avoir besoin des commentaires supplémentaires de Missy. Ne voyait-elle sa culpabilité et son angoisse ?
– Bien sûr que je les vois, soupira la rousse, sa main glissant avec douceur dans celle de son amie.
Elle ne voulait pas lui donner plus de raison de douter. Tous ces siècles à faire le mal et à propager le malheur et la destruction, le chaos. Bien sûr, le Docteur croyait en elle. Mais Missy refusait de lui laisser passer le moindre doute. Plus aucun, plus le moindre petit doute. Cependant, cela n'effaçait pas sa rancœur et sa frayeur depuis qu'elle avait vu son premier amour s'infliger une violente décharge électrique.
– Je ne vous laisserai pas utiliser ce même procédé, affirma Dottie avec ferveur.
Cette dernière plongea dans le regard – constamment clair, malgré toutes les régénérations – de son amie d'enfance, lui faisant passer toute son inquiétude. Missy haussa un sourcil, surprise.
– Vous pensez que nous sommes plus en sécurité avec cette bombe ADN insérée dans ma clavicule ? demanda-t-elle en posant leurs mains entrelacées sur son ventre joliment arrondi.
Le Docteur ouvrit la bouche, prête à répliquer, mais ses mots moururent dans sa gorge. Que diable pouvait-elle faire ? Que diable pouvait-elle répondre à ça ? Bien sûr que non, elle n'était pas plus en sécurité. Mais elle ne se pardonnerait jamais s'il arrivait quelque chose de supplémentaire à Missy et leur enfant à cause d'elle. Si elle choisissait de désactiver la bombe, risquant la vie du bébé, elle ne se le pardonnerait jamais. Mais si elle choisissait de ne rien faire et que la bombe explosait… Sa respiration se coupa net. Elle se souvint de leur conversation dans le TARDIS. Cette peur douloureuse de perdre Missy.
« Et si je me régénérais et que je vous perdais ? »
Avait-elle vraiment fait le bon choix en se régénérant ainsi ? S'il arrivait quelque chose à Missy et au bébé, elle ne le supporterait pas. Elle savait que cette certitude ne l'avait toujours pas quittée. Elle était toujours sûre de ne pas le supporter. Pas même avec de nouveaux compagnons ? Non, pas tout de suite. Elle savait que si elle perdait Missy cette nuit, elle voudrait rester seule, risquant de faire des bêtises. Mais elle savait qu'elle ne supporterait la compagnie de personne dans les temps qui suivraient. Sauf cas particulier. Elle se souvenait de Donna qu'elle avait voulu garder auprès d'elle après la disparition de Rose, alors même qu'elle n'avait pas réellement voulu garder Martha. Elle savait que rares seraient les personnes capables d'un tel miracle, comme Donna l'avait été. Comme elle l'avait dit un jour à Clara, elle ne savait jamais pourquoi, mais elle savait toujours qui.
– Il faut prendre le risque, lui assura Missy, les larmes aux yeux.
Elle ne voulait pas qu'il arrive quoi que ce soit à leur enfant. Elle devait tout tenter pour le préserver, même si cela devait passer par un choc électrique. Elle avait encore suffisamment confiance en son énergie régénératrice. Mais elle devrait se dépêcher avant qu'elle ne s'estompe trop. C'était son nouvel instinct maternel qui lui dictait cela.
L'ancienne maîtresse du chaos pressa ses lèvres contre celles de son Docteur. Elle les caressa avec une douceur qu'elle ne pensait plus avoir depuis des siècles. Et de sa main libre, elle attrapa le téléphone des mains de son amie avant qu'elle ne réagisse.
« Ce ne sera pas votre choix, mais le mien, » résonna la voix de Missy dans la tête de Dottie.
Avant que cette dernière ne puisse réaliser ce qu'il se passait, elle sentit le téléphone de Ryan lui être arraché et sa plus chère amie s'éloigner rapidement d'elle.
Dottie caressa les nouveaux cheveux roux de son amie d'enfance. Cette dernière avait été allongée sur le canapé où la blonde avait été plus tôt dans la soirée. Elle aurait vraiment dû être plus prudente. Même si Missy avait fait son choix seule, elle ne pouvait empêcher la culpabilité de la dévorer de l'intérieur. Si elle avait pu attraper le téléphone plus rapidement… Si elle avait eu une meilleure prise sur le téléphone. Ou tout simplement si elle n'avait pas montré l'exemple à Missy. Si elle avait fait ou n'avait pas fait l'une de ces choses, son premier amour ne serait pas inconsciente à cet instant précis.
Lorsqu'elle avait vu ses yeux se fermer sous le choc, ses cœurs s'étaient immédiatement serrés dans sa poitrine, la panique la gagnant à petit feu. Heureusement, elle avait vérifié les constantes de Missy et de leur enfant à naître et tout était normal, en dehors de battements de cœurs assez rapides. Alors pourquoi ne voulait-elle pas se réveiller ? Pourquoi était-elle tombée inconsciente alors que le Docteur était restée consciente ?
– Allez, Missy, réveillez-vous, murmura Dottie, la voix suppliante.
Que ferait-elle si son amie ne se réveillait pas ? Non, elle ne pouvait pas penser à cela. Missy lui avait promis de rester auprès d'elle pour toujours, comme cela aurait toujours dû être. Pourtant, la même peur de la perdre ne cessait de lui nouer la gorge. Plus seulement parce que c'était sa plus ancienne amie dans tout l'Univers et qu'elles étaient les derniers enfants de Gallifrey. Mais bien parce que maintenant, tout semblait aller mieux. Elle pouvait retrouver son amie. Elle pouvait espérer retrouver un semblant de famille. Et tout ça, grâce à elle. Grâce à sa chère et tendre amie. Mais tout semblait à nouveau balayé par la peur. C'était pour cela qu'elle avait refusé de se régénérer, au début. Parce qu'elle avait peur de se retrouver seule s'il arrivait quelque chose à Missy ou au bébé.
– Arrêtez de vous torturer, ça me fait mal à la tête, maugréa Missy en ouvrant difficilement les yeux.
Le Docteur sourit, ravie de retrouver la mauvaise humeur de son amie.
– Je suis pas de mauvaise humeur, se défendit cette dernière, visiblement contrariée. Je suis d'une humeur normale, compte tenu du fait que vous vous acharnez à faire des bêtises toutes les cinq minutes.
Le Docteur leva les yeux au ciel. Pour elle, cette dynamique était on ne peut plus normale. Chaque régénération était suivie d'une tentative d'invasion. Elle se souvenait des Sycorax, des Atraxis ou des robots qui portaient la peau des gens à l'époque victorienne. Aujourd'hui, c'était une créature tentaculaire, quoique… Missy avait dit – peu avant que Dottie ne perde connaissance – que cette chose n'était pas vivante. Il fallait qu'elles parlent de cette chose, du truc bleu que Ryan avait trouvé dans la forêt et de tout ce qui pourrait être un tant soit peu dangereux.
Mais elle devait penser à laisser Missy se reposer. Le Maître n'avait jamais connu de régénération aussi mouvementée. Et en plus, elle était enceinte, maintenant. Le Docteur devait protéger Missy encore plus qu'elle ne l'avait jamais fait, si c'était possible.
– Le bébé ?
– Toujours fermement accroché, sourit la blonde. Il tient de vous.
Missy eut un sourire en coin, soulagée et fière. Elle savait que le Docteur faisait référence à ses multiples morts, autant les vraies que celles qui étaient simulées. Mais il n'y avait pas que d'elle que le bébé tenait cette ténacité.
– Je crois que vous oubliez qu'il tient un peu de vous aussi avec votre agaçante capacité à toujours survivre à toutes les attaques lancées contre vous, y compris les miennes, se moqua la rousse en se redressant.
Elle grimaça, sentant un frisson parcourir tout son corps. Elle n'aimait pas cette idée, mais tant pis, elle devait quand-même se relever pour aider le Docteur. C'était ce qu'elle lui avait promis. Rester toujours auprès d'elle et continuer à mettre de la bonne volonté pour faire le bien. Et pour l'instant, elle pouvait estimer s'en sortir bien. Elle n'avait voulu tuer ou torturer personne. Elle n'avait pas laissé le Docteur pour mort. Elle n'avait pas échafaudé de plans diaboliques. Et était même parvenue à se rendre sympathique auprès d'autres êtres vivants, ce qui ne lui était pas arrivé depuis des siècles, sauf quand elle avait pris une apparence humaine.
Elle se souvenait encore de ces soixante années si paisibles, jusqu'à ce que Martha ne lui fasse voir accidentellement ce qui était gravé sur la montre. Elle lui en avait toujours un peu secrètement voulu pour ça. Elle lui en avait voulu de l'avoir arraché si violemment à cette sérénité. Une vie humaine sans tambours ou presque, sans souvenirs malheureux.
Mais elle ne devait pas revenir sur ces sujets. Elle ne devait pas repenser à ça. Elle avait trop peur que cela ne ramène de mauvais souvenirs et de mauvais réflexes.
– Vous resterez ici, commença le Docteur. Vous devez vous reposer et garder notre enfant en sécurité. Grace, vous pouvez veiller sur elle ? demanda-t-elle en se tournant vers la grand-mère de Ryan qui hocha positivement la tête.
Missy haussa un sourcil. Le Docteur pensait vraiment pouvoir s'en aller en la laissant là, se faisant un sang d'encre ? Elle n'était pas sérieuse ? Elle allait la laisser entre les mains d'une Humaine et elle espérait vraiment que tout se passerait bien ? Certes, elle s'entendait bien avec cette Grace, mais si elle sentait que le Docteur était en danger et que cette femme se mettait en travers de son chemin, elle n'hésiterait pas longtemps quant à la marche à suivre.
– Vous rêvez, là, opposa Missy. Je ne vais pas vous laisser prendre tous les risques toute seule.
– Soyez raisonnable, tenta Grace.
– Oui, dans votre état… reprit Ryan.
– Mon état ? répondit Missy, mordante. Je ne suis plus mourante. Je vais très bien.
Yaz haussa un sourcil. « Très bien » n'était pas vraiment l'expression qu'elle prendrait pour la décrire. Fatiguée, irritée, oui, mais pas en très grande forme. Depuis qu'elle l'avait rencontrée dans le train, elle semblait même n'avoir eu qu'une vocation : dormir. Ce qu'elle pouvait parfaitement comprendre lorsque l'on se rappelait qu'elles avaient traversé un toit. Même extraterrestres, il semblait impossible à l'agent de police qu'une telle chute puisse être sans conséquence pour qui que ce soit.
– Dans un tel contexte, je conseillerais à n'importe lequel de mes anciens patients d'aller à l'hôpital, assura Grace.
– Et moi qui commençais à vous apprécier. Méchante Grace, gronda la rousse, mécontente. Vous vous liguez avec le Do… avec Dottie contre moi.
Elle croisa les bras sur sa poitrine. Qu'avaient donc toutes ces personnes à vouloir à tout prix qu'elle se repose et reste en sécurité ? Déjà, ce n'était pas dans sa nature et puis, elle n'avait jamais vraiment écouté les conseils d'Humains qui ne savaient pas de quoi ils parlaient. Arrogance caractéristique des Seigneurs du Temps.
« Dans ce cas, écoutez-moi… »pria le Docteur.
– Je me sens mieux ! Je vous l'assure. Un bon repas, une petite sieste et hop ! Me revoilà d'attaque pour vos habituelles petites escapades suicidaires, sourit Missy.
La blonde leva les yeux au ciel. Escapades suicidaires ? C'était bien le moment de dire ça, devant les Humains qui se tenaient debout dans son dos. Elle sentait qu'ils cherchaient à comprendre de quoi elles parlaient. Ils cherchaient à comprendre, à se raccrocher à des paroles qui avaient du sens. Dottie plissa, finalement, les yeux, cherchant la moindre petite faille chez son amie. Il fallait qu'elle trouve un moyen – n'importe lequel – pour l'empêcher de la suivre dans ses petites escapades suicidaires.
– Passez-moi d'abord sur le corps, lança Missy. De la façon qu'il vous plaira, bien sûr, ajouta-t-elle avec un clin d'œil.
Oh oui, Missy avait retrouvé sa forme. Mais pour combien de temps ? Combien de temps tiendrait-elle avant d'avoir à nouveau besoin de repos ? C'était ce qui inquiétait le Docteur en plus des risques qu'elles feraient encourir à leur enfant. Missy n'avait-elle donc aucune envie de protéger leur enfant ? Missy pensait-elle réellement être à ce point invincible ?
– Grincheuse ? murmura la rousse.
– En pleine réflexion, répondit la blonde.
L'ancienne maîtresse du chaos haussa les sourcils et fixa les Humains derrière le Docteur. Maintenant, ils étaient muets, attendant visiblement la conclusion de leur échange.
« De vrais petits chiens… »
– Missy !
Le Docteur lui envoya un regard réprobateur. Pourquoi les insultait-elle ? Ce n'était pas logique, elle s'était pourtant montrée assez aimable depuis leur arrivée. C'était en tous cas ce que lui avait confirmé Grace lorsqu'elle lui avait demandé comment cela s'était passé lorsqu'elle s'était évanouie. Elle s'était inquiétée du comportement ou des actions de son amie, ne pouvant pas effacer les derniers siècles de réflexes consistant à protéger les autres des horreurs commises par le Maître. Et elle ne s'était vraiment pas attendue à ce que Grace lui avait répondu. Elle s'était attendue à ce que Missy se montre désagréable, les rabaisse et leur fasse peur, mais ça avait été tout le contraire. Elle avait même gagné la sympathie de cette femme en lui avouant d'elle-même son passé. Elle ne s'en était pas vantée. Elle n'avait pas montré de signes de regret. Elle s'était juste confiée. Et Dottie avait été fière de réaliser cela. Elle était fière de pouvoir constater les changements de comportement de sa plus ancienne amie, même si parfois, cela pouvait être douloureux.
– Les hormones ? tenta la rousse, l'air penaud.
Le Docteur garda néanmoins un regard sévère. Il fallait qu'elle comprenne que ce n'était pas à cause d'une simple mauvaise humeur qu'elle pouvait insulter les gens et s'en tirer comme si de rien était.
– Désolée, soupira-t-elle – légèrement agacée – à l'adresse des Humains.
– Désolée de quoi ? interrogea Yaz.
– Vous voyez ? Vous les embrouillez, maintenant ! reprocha Missy. Bon, je commence à m'ennuyer un peu. Et si on allait se promener ? proposa-t-elle en se levant d'un bond, surprenant le Docteur.
– Missy ! Vous ne sortirez pas de cette maison.
– Vous n'avez pas le choix, Dottie, intervint la rousse. Même si vous m'assommiez, m'attachiez et me faisiez garder par vos quatre nouveaux petits copains, je pourrais vous rejoindre. Un si maigre effort ne pourrait pas m'arrêter, vous le savez. Alors soit on fait ça d'un commun accord, soit je serai obligée de vous mentir et de faire du mal à l'un de ces Humains. Et ça ne me fait pas plaisir du tout. Ça m'obligerait à rompre notre promesse et je déteste cette idée. Mais je le ferai si vous ne me laissez pas le choix.
Le Docteur ouvrit la bouche, prête à répliquer. Mais rien n'en sortit. Aucun son. Nada. Elle savait Missy capable d'une telle prouesse. Elle connaissait les talents d'évasion de son amie. Et elle savait aussi que le Maître avait toujours tout fait pour le protéger. Même lorsqu'il avait été le plus diabolique possible, voulant le faire souffrir, le Maître avait toujours trouvé un moyen pour le protéger des autres menaces extérieures. Le Valeyard. Les Daleks. Rassilon. Davros. La liste était longue. Combien de fois le Maître l'avait-il aidé et protégé alors qu'il avait essayé de le tuer un peu plus tôt ? Et c'était grâce à cela que Dottie avait la certitude que son amie d'enfance serait capable de rompre sa promesse dans le seul but de la protéger, comme elle-même serait capable de rompre d'innombrables promesses pour la protéger.
– Est-ce que je vous ai cloué le bec ? sourit Missy.
La blonde lui lança un regard agacé. Elle détestait être ainsi réduite au silence. Elle détestait ne plus savoir quoi dire. C'était très frustrant, surtout pour elle qui parlait tout le temps. De ça, elle s'en souvenait. Elle se souvenait de Donna lui reprochant toujours de trop parler. Et elle se souvenait de la joie de sa même compagne lorsque Jenny, sa fille, était parvenue à le maintenir à bout d'arguments. Elle ressentit un pincement à ses deux cœurs en repensant à son ancienne meilleure amie qu'elle ne pourrait plus jamais revoir et sa fille, morte dans ses bras. La douleur était toujours si vivace, alors que cela s'était produit il y a des siècles pour elle. Son dernier – maintenant avant-dernier – enfant qui lui avait été arraché aussi soudainement qu'on lui avait offert. À peine l'avait-elle acceptée comme sa fille qu'elle la perdait. C'était si douloureux, comme si on essayait de lui broyer les cœurs. Elle sentit ses yeux la piquer et une main glisser dans la sienne.
« Je ne voulais pas vous faire repenser à ça. »
« J'y pense souvent, ces derniers temps, » assura le Docteur, ses yeux se posant douloureusement sur le ventre arrondi de son amie d'enfance.
Cet enfant avait fait remonter une myriade de souvenirs qu'elle s'était évertuée à garder enfermés pendant des siècles. À quoi pouvait-elle bien penser, si ce n'est à ses enfants en de telles circonstances ? Et elle savait que les pensées de Missy se dirigeaient également vers sa première née. C'était étrange à quel point un petit être encore en gestation pouvait raviver chez elles, à la fois amour, joie et douleur. Mais ce n'était pas qu'à cela qu'elle devait penser. Elle n'avait pas que Missy et leur enfant à protéger.
– Bon ! Nous devons retrouver ces objets extraterrestres, fit Missy en tirant le Docteur vers la porte d'entrée.
Elle s'était sentie obligée de lui rappeler le danger qui pesait encore sur la Terre. Elles auraient le temps de parler – et de pleurer – plus tard. Ce à quoi, son amie lui répondit avec un regard reconnaissant.
– Vous suivez le mouvement ? sourit Dottie en attrapant le téléphone de Ryan et sa veste au passage.
– On va vraiment les suivre ? murmura Graham à son épouse.
Le sourire de cette dernière ne le rassura pas autant qu'il le devrait. Il lança un autre regard aux deux jeunes présents dans la pièce. Il comprit que s'il n'était pas le seul à avoir du mal à comprendre ces femmes, il était bien le seul à ne pas être ravi à la perspective de les suivre. La nuit s'annonçait mouvementée.
– Je conduis, dit Grace en sortant les clés de sa propre voiture de la poche de sa veste.
– Ah, non ! Cette fois, c'est à mon tour !
Missy lâcha la main du Docteur et attrapa les clés dans la main de la femme à la peau sombre.
– Vous n'êtes peut-être pas en état… commença Yaz.
– Ce sera pas pire que d'être serrée derrière.
– Pour vous ou pour nous ? s'inquiéta Graham.
– Pour moi, bien sûr. Je ne me remettrai pas sur les genoux de Dottie. Ni sur ceux de qui que ce soit, les prévint-elle en pointant un doigt vers eux.
– Vous savez conduire depuis quand ? interrompit Dottie, les sourcils froncés.
– Je vous rappelle que j'ai été Premier Ministre, ma chère. J'ai passé dix-huit mois sur Terre avant que vous n'arriviez.
– Premier Ministre ? lança Yaz.
– J'me souviens pas de vous et pourtant, je me souviens de tous nos anciens Premiers Ministres, fit Graham, pensif.
– C'est normal, ma chère amie que voilà, a effacé cette année. C'est comme si elle n'avait jamais existé pour vous, pauvres Humains ordinaires, se moqua Missy.
– Merci, fit Yaz, ironique.
– De rien, très chère.
– Mais c'était quand ? interrogea Grace.
– Quelques siècles. Enfin, quelques années pour vous.
– Et vous avez passé votre permis de conduire ? s'inquiéta le Docteur.
– Plus ou moins, répondit la rousse.
L'ancienne Premier Ministre se pinça les lèvres pour s'empêcher de rire. Elle se souvenait du jour où elle avait tenu un volant dans les mains pour la première fois. Elle était avec Lucy et elle n'arrivait plus à retrouver le TARDIS qui avait atterri dans les jardins de Buckingham Palace. Vraiment capricieuse, cette cabine de police.
Le Maître avait alors refusé de laisser Lucy conduire, prétextant que même s'il n'était jamais entré dans ce genre d'engin, il saurait mieux s'en sortir que son épouse. Évidemment, il ne s'en était pas aussi bien sorti qu'il l'avait escompté pour une première fois. Il avait défoncé un mur et heurté deux personnes. Finalement, il avait dû laisser Lucy lui apprendre les gestes corrects à effectuer. Heureusement pour lui, conduire une voiture était enfantin comparé au pilotage d'un TARDIS et il n'avait plus eu à subir les cris paniqués de son épouse après cela. Puis, il avait subi les incessantes attaques de Lucy pour passer son permis lorsqu'il avait transformé le TARDIS en machine à paradoxes, le rendant inutilisable tant qu'il voudrait que son plan fonctionne. Bien sûr, sachant conduire à la perfection après seulement quelques minutes, il n'avait pas résisté à l'envie d'insulter son inspecteur et avait dû utiliser la télépathie et remplacer ses souvenirs pour obtenir ce petit bout de papier qui lui donnait maintenant le droit de se déplacer seule.
– Ne vous inquiétez pas, je sais conduire ce machin de ferraille, même si ce n'est que la troisième fois, assura la rousse en ouvrant la portière du conducteur.
– Missy, je ne veux pas mourir, commença le Docteur.
– C'est nouveau ? fit la rousse en haussant un sourcil.
– Je me suis pas régénérée pour vous voir nous tuer en voiture ! s'indigna la blonde.
– Je sais que j'ai déjà tué quelqu'un en conduisant, mais jamais personne se trouvant dans la voiture avec moi, et plus depuis mon premier essai.
– Mais vous n'en êtes qu'à votre troisième essai, lui rappela Ryan, plus alarmé.
– Et ça fait combien de temps que vous n'avez pas conduit ? demanda la nouvelle Dame du Temps.
– Quelques siècles, pourquoi ? Je venais de passer plus de soixante ans sans souvenir de l'existence des TARDIS, j'étais mourant, à deux doigts de la régénération, et j'ai réussi à vous voler le vôtre.
– Et vous vous en vantez ?
– Je me vante de mes capacités d'adaptation bien plus rapides que les vôtres, rectifia Missy.
Elle fouilla dans ses poches, cherchant visiblement quelque chose.
– Uniquement vos capacités d'adaptation, alors, répondit le Docteur, vexée de se faire diminuer de la sorte.
La rousse lui envoya un regard incendiaire.
– Je suis enceinte ! se justifia-t-elle. Ah ! Je l'ai retrouvé.
Elle sortit une petite carte de sa poche et la leva au-dessus de sa tête, un sourire de triomphe gravé sur le visage. Au moins, ses poches à elle étaient toujours pleines.
– Qu'est-ce que c'est ?
– Mon permis de conduire, sourit Missy en tendant à Yaz ledit permis.
– Il est écrit « Harold Saxon », répliqua cette dernière.
– Attendez, fit Graham en posant un doigt sur la photo. Je connais ce visage. Ce type s'est porté candidat aux élections, y a une dizaine d'années, mais il a disparu du jour au lendemain.
– Je suis mort, c'est normal.
– Mais en admettant que ce soit vous sur la photo, votre permis n'est plus valide puisque vous n'avez plus la même tête, ni le même nom, protesta Yaz.
– Qu'à cela ne tienne ! répliqua Missy en leur arrachant la carte des mains. Donnez-moi un ordinateur et une imprimante.
Elle se précipita vers l'intérieur de la maison mais s'arrêta à mi-chemin.
– D'ailleurs, vous me devez toujours une imprimante 3D, un poney et un accélérateur de particules, Dottie !
La femme blonde leva les yeux au ciel. Elle n'avait jamais envisagé l'idée de lui fournir un tel matériel. Et que diable comptait-elle en faire, d'ailleurs ?
– J'voulais en faire une licorne, sourit Missy en lisant la question sur le visage de son amie. L'accélérateur de particules, c'est pour accélérer son évolution l'imprimante 3D, c'est pour la corne et le poney, c'est pour le modèle de base.
– Vous n'êtes pas sérieuse ? s'étrangla le Docteur, les yeux écarquillés.
– Est-ce que vous savez le temps que ça m'a pris d'imaginer une activité non démoniaque qui m'occuperait une petite heure durant les six mois où vous m'avez délaissée dans ce Coffre ?
– Je suppose que ça vous a pris… six mois ? tenta la blonde.
– N'insultez pas mon intelligence. J'ai dû prendre sur moi pour ne pas briser ma promesse durant cette période.
– Ça m'aurait probablement été plus utile si vous l'aviez fait… marmonna le Docteur.
– Vous ne m'aviez pas parlé des Moines, répliqua Missy. J'ai fait ce que vous attendiez de moi : je suis restée dans le Coffre, à réfléchir.
Graham, Grace, Ryan et Yaz échangèrent des regards choqués. Ils ne savaient pas vraiment sur quelle partie ils espéraient que les deux jeunes femmes – extraterrestres – plaisantaient : la licorne ou le fait que la rousse était restée enfermée dans un coffre pendant plus de six mois, et apparemment sans aucune visite – si cela était possible dans un coffre…
– Ne parlez pas, vos questions stupides sont déjà inscrites sur vos fronts, anticipa la Dame du Temps enceinte.
– Missy !
– Un ordinateur et une imprimante, vite ! Enfin… Ça, c'est si vous tenez à avancer sur cette histoire de technologie extraterrestre qui doit rechercher son propriétaire…
L'ancienne maîtresse du chaos laissa le Docteur méditer un instant sur ce qu'elle venait de dire. Cette dernière lui lança un regard qui lui fit comprendre qu'elles reparleraient de tout cela plus tard, avant de demander à Grace si elle possédait un ordinateur et une imprimante.
– Quel nom ? demanda distraitement Missy.
– Harriet Saxon ? proposa son amie, amusée.
La rousse lui lança un regard noir. Certes, en tant qu'homme, elle s'était fait appeler Harold Saxon, mais jamais elle ne reprendrait ce nom ou une de ses variantes. De plus, il s'agissait des noms combinés de deux Premiers Ministres successifs – Harriet Jones et Harold Saxon, comme si cela pouvait paraître anodin aux yeux des Britanniques et des Humains en général… Son amie était vraiment amnésique. Mais là n'était pas la question. Elle avait déjà trouvé son nom et ses cartes étaient finies. Elle sourit. Ce n'était pas pour elle qu'elle réfléchissait ainsi.
– Je ne suis pas sûre que vous appréciiez ce nom, répondit-elle se redressant sur sa chaise.
– Vous faîtes ce que vous voulez, c'est pas le mien.
Le Docteur tournait en rond dans le salon de Grace, obligeant les Humains à se recroqueviller dans leurs sièges pour la laisser passer. Elle commençait à s'impatienter. Elle voulait bouger et retrouver cette chose tentaculaire avant qu'elle ne fasse du mal à quelqu'un, comme ceux chez qui elle se trouvait. Elle se mordit la langue, inquiète. Elle ne voulait pas devoir se sentir responsable de la mort de ses nouveaux amis. Elle venait à peine de naître, elle ne pouvait pas perdre si vite.
– En fait, si, opposa la Dame du Temps aux cheveux roux. J'ai déjà fini ma carte d'identité et celle de mon permis de conduire. Je vous demandais pour vous.
– J'ai mon papier psychique, lui rappela le Docteur en levant les yeux au ciel.
– Où est-il ?
Dottie mit ses mains dans ses poches, puis les retira, horrifiée. Ses poches étaient vides. Elle l'avait presque oublié. Plus de tournevis sonique. Plus de lunettes soniques. Et plus de papier psychique. Comment allait-elle s'en sortir sans tout ça ? Avait-elle déjà connu une telle situation ? Oui, le jour où elle avait rencontré Amelia et chassé les Atraxis de la Terre. Son TARDIS ne voulait plus la laisser entrer. Le Prisonnier Zéro avait cassé son tournevis sonique. Elle était parvenue à empêcher la fin du monde simplement avec un bureau de poste à disposition. Elle n'avait plus qu'à espérer être aussi créative en de telles situations. Elle stoppa sa marche, une autre pensée s'imposant à son esprit. Pourquoi Missy avait-elle pu garder ses poches intactes, elle ?
– C'est pas juste, fit-elle, ses lèvres se retroussant.
– Quoi donc ?
– Mes poches sont vides. Pourquoi pas les vôtres ?
– Mes vêtements et mes poches sont plus serrés contrairement aux vôtres, répondit distraitement la rousse. Le genre féminin est plus prévoyant, vous verrez. Comment vous vous faisiez appeler avant ?
– John Smith, répondit la nouvelle Dame du Temps en observant ses poches d'un air contrarié.
Missy arqua un sourcil. Effectivement, son ami s'était acharné à rester le plus simple et discret possible. John Smith était l'un des noms les plus donnés au monde. Qui se serait soucié d'un John Smith bizarre sur tous ceux qui existaient ?
– Pas de prénom mixte, soupira Missy. Vous pouviez pas vous faire appeler Gabriel ou Eden ?
– Plus le temps passait et moins je pensais changer de sexe, avoua Dottie en lança un bref regard au miroir présent dans le salon.
– Il n'y a absolument aucun rapport entre ces deux faits, s'exaspéra l'ancienne maîtresse du chaos.
– Vous vous fabriquez vraiment de fausses identités ? demanda Ryan.
– Ce que vous faîtes est illégal, protesta faiblement Yaz.
Étrangement, tout son être lui criait de respecter les procédures, de retourner au poste et travailler sur cette affaire avec ses collègues en toute légalité, mais elle sentait aussi qu'elle devait rester auprès de ces deux femmes si elle voulait éclaircir les choses. Si tout ce qui s'était passé ce soir était bien le fruit d'événements paranormaux, alors elle n'avait aucune chance de convaincre ses collègues. Et même si elle commençait à accepter l'idée que tout ceci soit vrai, elle sentait que sa logique essayait de se battre avec cette vérité.
– Votre planète se fie exclusivement aux photos et aux noms, répondit Missy, la voix cassante. Or, nous passons notre temps à changer de visage et presque aussi souvent à changer de noms. Nous ne pouvons pas donner nos véritables noms, étant donné que personne sur cette planète n'en porte de similaires. Vous ne pourriez pas les prononcer, d'ailleurs. Oh ! Et si vous restez avec nous, vous comprendrez vite que nous ne suivons jamais les règles.
– Et vous ne pouvez pas garder « Dottie » et « Missy » ? interrogea Ryan. C'est de vrais noms, aussi.
– Nous cherchons des noms simples pour être le plus discrets possible, lui explicita le Docteur. Déjà que j'agis bizarrement aux yeux des Humains, alors si en plus je me faisais appeler… je sais pas, moi… Artémis, Titania ou Guenièvre, les gens se poseraient encore plus de questions. Et parfois, ces questions ne devraient pas trouver de réponses.
– Titania ? répéta Missy, incrédule.
– J'ai un faible pour Shakespeare, avoua le Docteur avec un sourire coupable.
– Mon Dieu… Bien, reprenons… Pourquoi pas Juliette Smith ? Non. Voyons… John Smith… Johanna Smith ? Nan, ça vous va pas… Oh ! Joan !
La rousse se remit à pianoter sur le clavier avec une rapidité sur laquelle, ni Graham, ni Grace, ni Ryan ou Yaz ne souhaita s'interroger. Le Docteur réfléchit. Joan Smith. C'était court, cela semblait correspondre à cette nouvelle personnalité.
– Va pour Joan… Et vous ?
La blonde repéra les deux cartes déjà achevées à la gauche de son amie. Elle se saisit du permis de conduire.
– Vous n'êtes d'aucune patience, Do… ttie.
– « Wendy Ginger Brown » ? Vous vous fichez de moi ?
– Bien sûr que non. Un second prénom donne davantage d'authenticité, j'ai remarqué cela grâce à ma seconde épouse. Et c'est vous qui avez une mère humaine…
– Si vous le dîtes… marmonna la nouvelle Dame du Temps, ignorant sciemment la dernière phrase. Mais « Ginger » ?!
– Ne suis-je pas rousse ?
Le Docteur la regarda étrangement. Son amie l'avait fait exprès. Ça, elle en était certaine. Tout ça pour la narguer avec ses cheveux roux, alors que le Docteur voulait être roux depuis qu'elle avait songé à se régénérer pour la première fois. Le Maître était passé de plan diabolique pour conquérir l'Univers à se moquer d'elle parce que la mère de son enfant avait déjà eu des cheveux roux. Bien sûr, elle aurait pu faire des teintures. Mais pourquoi en faire alors qu'elle pouvait toujours espérer le devenir à la régénération suivante ? Quoique, maintenant, elle commençait à désespérer un peu.
– Vous l'avez fait juste pour m'agacer. Avouez-le.
– J'aime mes cheveux, j'en suis très fière. Mais si ça vous agace, c'est un joli petit bonus, sourit la Dame du Temps aux cheveux roux.
Le Docteur inspira profondément. Sa vieille amie n'avait pas changé depuis leur enfance. Elle aimait toujours autant l'embarrasser et la rendre folle. Au moins une chose qui ne changerait jamais chez Koschei.
– Et la vôtre ! lança Missy en se levant pour récupérer une petite carte près de l'imprimante. Vous êtes adorable sur cette photo. Je crois que j'vais la garder juste pour moi.
– Et moi, je crois que vous devriez vous calmer pour qu'on puisse s'occuper de la chose extraterrestre qui risque de nous tuer, répondit Dottie.
– Je crois surtout que vous ne savez plus vous amuser, blondie, se moqua Missy en attrapant à nouveau les clés de voiture de Grace.
– Hé ! Je sais toujours m'amuser, protesta la blonde en faisant signe à ses nouveaux amis humains de les suivre.
– Prochaine à gauche ! ordonna le Docteur, alors que Missy donnait un coup sec de volant.
– Où est-ce qu'on va, exactement ? interrogea Yaz, sans comprendre.
Comment cette femme blonde pouvait savoir par où passer et où aller ?
– Je pense qu'elle se sert de mon portable pour traquer le signal d'origine qui déclenche les bombes ADN, lui expliqua Ryan.
– Mmmh… Vous êtes intelligent, vous, sourit Missy. J'vais vous garder aussi, avec votre grand-mère.
– Missy, on n'a pas le temps, coupa le Docteur.
– D'habitude, c'est vous qui aimez faire joujou avec les Humains, lui reprocha l'ancienne maîtresse du chaos.
– J'me répète, mais combien de temps avant qu'elles explosent ? tenta Graham.
– J'en sais rien.
– On pourrait pas essayer de les désamorcer ?
– Pas sans le bon équipement.
– Mais vos chocs électriques… commença Grace.
– C'était pour les désactiver, termina Missy.
– Mais pour vous, c'est très dangereux. D'ailleurs, j'aurais probablement jamais décidé de faire ça, si j'étais pas à moins de quinze heures de ma dernière régénération, précisa la seule blonde du petit groupe. Oh ! Encore à gauche ! ajouta-t-elle vivement après que le portable eut émis un petit bruit.
Missy se dirigea vers une ruelle sombre et y gara – plus ou moins – la voiture. Ils sortirent tous de la voiture, chacun à leur tour, essayant de faire le plus vite possible.
– On est proches, affirma Dottie.
Cette dernière se retourna et s'accroupit, semblant trouver une flaque d'eau très intéressante.
– Hum… L'eau vibre. Il doit y avoir quelque chose proche de nous.
Ils se retournèrent tous devant les paroles de l'ancienne maîtresse du chaos. Il y eut une explosion et des cris de surprise venant de leur petit groupe. Une silhouette humanoïde sortit de ce qui semblait être un entrepôt.
– Bingo… Ho hé !
Il y eut un grondement, probablement émis par la créature. Le Docteur s'approcha de quelques pas, mais se sentit être retenue par la main de Missy qui la gardait fermement en arrière.
– J'm'attendais à un truc avec des tentacules. Surtout ne bougez plus !
Bien entendu, ce fut le signal de départ pour la créature humanoïde. Elle se retourna et commença à courir dans la direction opposée au groupe. Le Docteur la suivit, se dégageant de la prise de son amie sans vérifier si quelqu'un allait la suivre ou non.
– Do… ttie ! appela la rousse.
– Attendez, c'est un autre alien ? fit Ryan en partant à la suite de la blonde.
– Oui ! On dirait bien ! se réjouit Grace en suivant son petit-fils.
– Probablement le propriétaire de la chose tentaculaire, murmura Missy, pensive.
– Pourquoi elle court après un autre alien ? fit Graham, perdu.
– Restez pas plantés là. Venez ! lança Yaz en poursuivant tous les autres.
– Maintenant, vous courez tous après l'alien ?!
– Vous inquiétez pas. J'suis avec vous à 100 %. J'aurais préféré rester tranquillement chez vous, à dormir, soupira Missy.
– Vous auriez pu, lui rappela Graham.
– J'ai une promesse à tenir. Et la future mère de mon enfant à protéger, assura la Dame du Temps en déboutonnant sa veste.
Elle s'y sentait trop engoncée, maintenant que son ventre s'était arrondi. Et elle savait que ce n'était pas l'idéal pour ce qu'elle s'apprêtait à faire. À savoir :
– Courez, sourit-elle en se lançant elle aussi à la poursuite de l'alien.
– Mais qu'est-ce que je fais là ? se demanda-t-il en la suivant.
Le Docteur dût stopper sa course poursuite, sa respiration devenant de plus en plus difficile. Et de toute manière, elle ne voyait plus l'alien. Il les avait semés. Elle fit la moue, agacée. D'habitude, elle n'était pas aussi lente.
– On l'a perdu, soupira-t-elle alors que Yaz s'arrêtait près d'elle. Il est rapide… J'suis… plus lente à cause de tous ces… pétillements à l'intérieur.
– Oh, vous… La prochaine fois que vous… me faîtes courir enceinte et en pleine régénération, je vous arrache une jambe… juste pour être sûre que vous resterez en place, lui reprocha Missy en s'appuyant sur Yaz.
Cette dernière voulut l'aider à tenir debout car elle la voyait commencer à vaciller. Mais alors qu'elle allait passer un bras autour de la rousse, elle se prit une tape sur la main.
– On n'en est pas encore là, jolie brune, fit Missy en s'éloignant un peu d'elle.
– Vous n'allez pas bien, lui rappela la « jolie brune ».
– Missy. Laissez-là vous aider… Je suis pas encore… en forme, fit le Docteur, toujours en train d'essayer de reprendre son souffle.
– J'vais bien, assura la rousse en écarquillant les yeux, comme si cela pouvait l'aider un tant soit peu.
– Oui, on voit ça, ironisa Yaz en passant un bras autour de la Dame du Temps.
– En temps normal, j'ai rien contre, mais là, je suis enceinte. Donc je suis contre les mains baladeuses, jeune fille.
Yaz lança un regard au Docteur qui souriait, amusée. Visiblement, c'était un comportement normal et anodin pour cette femme extraterrestre.
– Jeune fille ? se moqua simplement la blonde.
– Par ici ! les interrompit la voix de Ryan à travers le brouillard.
J'espère que vous avez aimé ce chapitre aussi et que vous apprécierez le rapprochement que j'ai opéré entre Missy et Grace (qui est probablement l'un de mes personnages préférés de la série, même si elle n'est là que pour un épisode) ^^
Alors le prochain chapitre s'appellera : "Les femmes venues d'ailleurs" (Partie 3)
Oui, je plafonne toujours niveau originalité :D
