DISCLAMER : Cet univers et ses personnages ne m'appartiennent malheureusement pas :(

J'espère que ce nouveau chapitre vous fera bien commencer la semaine :)

Et à ceux qui se posent encore des questions : Missy va accoucher dans le chapitre 22 qui est déjà écrit ;)

Bonne Lecture ! ^^


– Chapitre 15 – « Rosa », Partie 2


La nuit était tombée. Alors que Missy somnolait, elle sentit le Docteur se lever et s'éloigner d'elle. Il ne lui fallait pas longtemps pour comprendre que Rosa Parks était enfin entrée dans le bus. Mais le Docteur se livre étrangement, les pans de son manteau gris serrés devant elle, sans doute pour cacher la tache de sang qui n'avait fait que s'élargir en une journée.

– Salut ! Euh… Ravie de vous revoir… Madame Parks, c'est ça ?

– Oui, a répondu cette dernière en regardant le Docteur s'asseoir près d'elle, avec un froncement de sourcils confus.

– Vous nous avez aidé plus tôt dans la journée à lever un petit malentendu.

– Je m'en souviens… Les Britanniques.

– Oui et c'est drôle – vous ne le croirez jamais – mais on fait une étude de marché pour les compagnies de bus. On s'intéresse aux habitudes des usagers, vous voyez ? Répondez à mes questions et vous pourrez participer à une tombola. Vous prenez ce bus à la même heure, chaque jour ?

– Le plus souvent, oui. Toujours à cette heure-ci.

– Et vous vivez… ?

– Oh, Clevenport ! Le prochain arrêt, indiqué Rosa avant de prendre un air embêté. Madame, si vous restez assise ici, nous allons tous être obligés de changer de place.

– Comment ça ? demanda Graham.

– Si un blanc a besoin de mon siège… selon la loi, je dois le lui céder. Les gens de couleur ne peuvent s'asseoir dans la partie centrale que si les blancs n'en ont pas besoin.

– Mais c'est pas juste.

– Allez dire ça au patron de votre compagnie.

Le Docteur se leva alors et alla s'asseoir sur le siège derrière celui de Missy qui, elle le remarquait maintenant, était réveillée et avait un air las sur le visage.

Et oui, cela l'agaçait énormément de devoir entendre encore et toujours que c'était injuste. Il existait des choses encore plus injustes. Et Rosa n'en était qu'au début. Sa vie allait encore être parsemée d'embûches. Et elle avait réussi à faire progresser de manière phénoménale les droits des noirs. Ce n'était pas parce qu'elle avait obtenu de pouvoir s'asseoir où elle voulait dans un bus que les choses étaient devenues plus faciles et moins injustes, au contraire. Alors oui, cela l'agaçait d'entendre parler de ces injustices parce que l'entièreté d'une vie était investie d'injustices. Et à moins que Graham ou Yaz n'aillent s'en prendre directement aux hommes de loi, le répéter en boucle n'apportait rien selon elle.

– Si je gagne à votre tombola, est-ce que ça me donnera le droit de m'asseoir n'importe où, où je veux dans ce bus ? demanda Rosa en connaissant déjà la réponse.

– Non, se désole le Docteur.

– C'est bien ce que je croyais. Oh, c'est mon arrêt.

Rosa Parks se leva et descendit du bus par la porte arrière.

– J'vais la suivre, leur lança Ryan en se levant. Voir ce que je peux apprendre sur elle. J'vous retrouve au motel, d'accord ?

– Ryan ! Soyez très prudent, lui conseilla le Docteur.

– Oui, sinon votre grand-mère me tuerait !

– Oui, j'veux bien l'croire, sourit le jeune homme en descendant du bus.

– Il aura pas d'ennuis, au moins ?

– Graham, vous pensez pouvoir trouver James Blake, le chauffeur de bus ?

– Euh, oui. Il suffit que je demande au chauffeur de ce bus où ils se retrouvent pour boire l'apéro.

– Yaz, vous voulez bien établir une chronologie de ce qui va se passer demain soir, à la même heure ?

– Ok et vous, vous allez faire quoi ?

– Discuter avec notre ami. Lui dire de laisser l'Histoire se faire.

Missy baissa les yeux. Elle se sentait un peu comme une pièce rapportée ici. Tout le monde avait tout sous contrôle. Elle, elle ne pouvait que se contenter de superviser et dormir, justifiait le Docteur de s'amuser toute seule. De toute manière, elle était enceinte, alors que pouvait-elle faire de dangereux ? Était-ce vraiment à cela que ressemblait une vie en faisant le bien ? Cela était-il si ennuyeux, ou bien cela n'avait-il un lien qu'avec sa condition de future mère ? Elle devait en parler au Docteur parce que, pour l'instant, elle ne se sentait pas vraiment à sa place dans ces conditions. Elle sentit alors le regard son amie posée sur elle. Elle se contenta de bloquer ses pensées. Pourquoi faisait-elle cela ? Pourtant cela ne devait pas s'inquiéter du Docteur. Alors pourquoi lui dissimuler ses doutes ? Justement parce qu'il s'

– Missy, vous restez avec Yaz. Des recherches papiers, c'est mieux que trop bouger.

– Pourquoi suis-je la seule à ne pas avoir de point d'interrogation ?

– Comment ça ?

– Pourquoi demander leur avis aux autres et pas à moi ?

– Parce qu'il vaut mieux que vous bougiez le moins possible. Surtout s'il y a un problème avec Calandra.

– Bon, déjà, je vais bien. Ensuite, ce n'est pas parce que je voulais être plus au calme sur Désolation que je veux passer mes journées sans rien faire à m'ennuyer. Et enfin, on n'a pas décidé si elle s'appellerait réellement Calandra. Je vous rappelle que vous étiez tellement efficace sur l'idée de les ramener chez eux ces derniers jours qu'on n'a pas vraiment parlé.

– Vous avez raison. On parlera de tout ça, après l'affaire Rosa Parks, ok ?

– Et donc, moi, je me retrouve reléguée à chercher dans des livres en attendant ?

– Je croyais que vous aimiez les livres et les activités plus paisibles que moi ?

– Oui, mais je me suis aussi habituée à un certain train de vie sans vous. Un train de vie où je ne passais pas mon temps à regarder les autres sans rien faire. Un train de vie où je bougeais quand l'envie m'en assurait et où je pouvais faire les choses moi-même. Vous n'êtes pas la seule à avoir vécu des aventures. J'ai mon propre passif.

– Un passif rempli de meurtres et d'atrocités, corrigea le Docteur avec raideur.

Missy croise les bras. Comment avait-elle pu dire une chose pareille ? Jamais son amie ne lui avait reproché ses actes passés. Pas une seule fois et encore moins avec la période qu'elle était en train de traverser. Alors que se passait-il ?

– Yasmine ? Vous venez ? Je crois que c'est notre arrêt, se contenta-t-elle de répondre en se levant.

L'agent de police hésita. Elle regarde le Docteur, puis Missy qui l'attendait. Si elles devaient travailler ensemble, c'était la rousse qu'elle devait suivre. À contrecœur, elle préfère suivre la femme enceinte. Et pourtant ce n'était clairement pas ce qui la rassurait vu les dernières paroles du Docteur. Du coin de l'œil, elle vit cette dernière esquisser un mouvement, puis sembler se ravir et baisser la tête.

– Ça va, Doc ? demanda Graham.

– Toujours, assure-t-elle avec un sérieux un peu trop appuyé pour que ses propositions soient sincères.

– Avant d'aller voir ce type… vous devriez… vous changer, conseilla le vieil homme en désignant le manteau qu'elle serrait étroitement depuis plusieurs heures, déjà.


Yaz lançait régulièrement de petits regards à Missy depuis qu'elles s'étaient installées en silence à une table à présente recouverte de livres. Elle devait avouer ne pas trop savoir quoi penser de la jeune femme devant elle. Le Docteur semblait être quelqu'un de bien. Et selon elle, Missy avait un sombre passé. Qu'avait-elle pu faire ? Pourquoi avait-elle changé ? Avait-elle vraiment changé ? Peut être. Après tout le Docteur semblait lui faire confiance et lui avait même fait un enfant. Mais depuis quand la parole du Docteur était-elle une preuve suffisante ? Elle la connaissait à peine malgré ses bonnes intentions. Elle devait arrêter de réfléchir à tout ça.

– Si vous avez quelque chose à me demander, faîtes-le et arrêtez de me fixer comme un poisson qui sort de l'eau, s'agaça Missy.

– Oh, désolée. Je… J'avais pas réalisé que…

La rousse leva les yeux vers elle et posa son stylo avec délicatesse.

– Oui ?

– Non, rien. C'est… C'est pas important.

– Est-ce que je vous fais peur ?

– Je sais pas. Vous devriez ?

– Je fais peur à beaucoup de monde, mais j'avais espéré ne pas avoir répété le processus avec les nouveaux compagnons du Docteur. Bon, d'habitude, j'essaye de les tuer. Je ne vous ai rien fait à vous, pourtant.

– Compagnons ?

– Oui, le Docteur a toujours eu l'habitude d'adopter des Humains égarés et de voyager avec eux.

– J'suis pas égarée.

– Vous avez vu votre sourire ces derniers jours ? Je vous parie dix livres sterling que vous ne voudrez plus quitter le TARDIS quand elle aura réussi à vous ramener. Bien sûr, les deux autres, c'est un peu plus complexe, mais ils ne comptent qu'en tant que bonus parce que le Docteur a toujours eu tendance à aimer jouer avec les jeunes et jolies terriennes en particulier. Vous avez le type de profil. Vous avez entre saisir et trente ans. Vous êtes courageuse, intelligente, curieuse et d'après ce que j'ai pu comprendre que vous avez des problèmes avec votre famille et dans votre boulot. C'est exactement ce genre de personne que le Docteur prend toujours avec elle.

– Mais… Vous voulez dire… que… c'est tout ? Je correspond au profil habituel, alors pas besoin d'aller chercher ailleurs ? Je suis quoi au juste ? Et combien de compagnons at-elle eus ?

– Combien ? Vous voulez un chiffre exact ? Désolée, je n'en ai pas. J'en ai rencontré beaucoup, j'en ai tué et j'ai essayé d'en tuer la plupart, mais sinon, je ne crois pas pouvoir donner un nombre précis. Le Docteur a commencé à faire ça il y a presque deux mille ans et les Humains sont si fragiles.

– Ouais, elle a dû en cumuler pas mal… soupira Yaz, un peu déçue. Au moins quarante si on se dit qu'elle en prend un tous les cinquante ans.

Ce n'était pas qu'elle s'était réellement projetée dans une perspective de rester vivre à bord du TARDIS avec le Docteur et Missy. Et pourtant, elle était déçue. Elle avait une mauvaise sensation qui lui étreignait le cœur. Peut-être était-ce simplement la perspective que ce Docteur serait toujours un moment inoubliable de sa vie, alors que pour elle ce ne serait visiblement pas le cas. D'ici quelques siècles, elle aurait probablement oublié son nom. Elle rit légèrement. Quelques siècles ? C'était énorme.

– Oui, c'est à peu près ça… Si on ne vous compte pas, et si on compte les compagnons « occasionnels », a répondu Missy en mimant les guillemets. Et si on compte le robot canin… Non, je ne me fiche pas de vous, ajouta-t-elle en voyant la brune hausser les sourcils avec scepticisme. Mais le Docteur n'est pas aussi régulier que vous le pensez. De plus, certains compagnons veulent passer le reste de leur vie avec lui – ou elle, à présent –, tandis que d'autres ne restent que quelques mois ou années. Soit parce qu'ils meurent, soit parce qu'ils décident tout simplement de reprendre le cours de leur vie sur Terre… Enfin, en ce qui concerne les compagnons depuis le Neuvième Docteur… Depuis la fin de la Guerre du Temps, en fait, ils viennent tous de la Terre et il les prend de manière chronologique… Rose, par exemple,

– De 2018, complétant Yaz.

– Le Docteur revient toujours sur Terre à l'époque à laquelle se trouve – ou devrait se trouver – ses derniers compagnons. Donc depuis onze siècles, le Docteur n'a pour compagnons que des Humains issus de la Terre… Le Neuvième Docteur avait 903 ans et avait déjà vécu un siècle lorsqu'il a rencontré Rose en 2005. Ils ont vécu tous les deux dans le TARDIS durant presque un an avant qu'il ne se régénère pour l'avoir sauvée… juste après qu'elle l'ait sauvé…

L'agent de police allait poser une question, mais son interlocuteur la devança :

– C'est une histoire compliquée. Le Dixième Docteur a également vécu un an avec Rose. Il est très rare qu'une compagnie reste après une régénération, surtout une Terrienne. Les Terriens sont des habitués à être seuls dans l'Univers, et la plupart des compagnons habitués à côtoyer un Docteur ne supportent pas le changement et le Docteur suivant. La capacité de Rose à comprendre que le Neuvième Docteur et le Dixième Docteur étaient bien la même personne en faisant une compagnie à part – en dehors de leurs sentiments réciproques l'un pour l'autre… Rose serait restée avec le Docteur jusqu'à la fin de vie.

– Alors pourquoi… ? Est-elle… ? Yaz s'inquiéta.

– Non, elle vit encore, mais elle est coincée dans un monde parallèle. Le TARDIS ne peut voyager entre les mondes sans que les Seigneurs du Temps ne veillent au grain… Et encore faudrait-il qu'ils présentent qu'ils ont survécu, eux et Gallifrey, à la Guerre du Temps… Ce qui n'est pas une option.

– Dans ce cas, commente Rose a pu rester coincée… ?

– Parfois, ce sont des accidents, comme la première fois où ils y ont atterri. Ils ont réussi à repartir et pensaient que la brèche se refermerait derrière eux, c'est le cas d'ordinaire. Mais des gens, que l'une de mes incarnations précédentes a aidés, ont utilisé cette brèche et ont fragilisé la fine membrane qui séparent les Univers entre eux… Rose avait choisi de rester auprès du Docteur et de laisser sa mère et son meilleur ami vivre dans ce monde parallèle où ils avaient retrouvé des personnes qu'ils avaient perdues… Mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Au moment où les Cybermen et les Daleks étaient aspirés de cet Univers dans le Vide… Le Vide se trouve entre chaque Univers, voyez-vous, et si vous y pénétrez sans protection comme peut l'être le TARDIS, vous y restez coincé. Ou, lorsque vous voyagez dans le temps avec le Docteur, certaines de vos particules en restent marquées… Et elles vous tiennent dans le Vide. Rose a été aspirée par le Vide, mais elle portait un dispositif de téléportation mis au point par l'Univers parallèle. Son père l'a activé et l'a téléportée dans ce monde parallèle pour lui sauver la vie. Et la brèche s'est refermée. Le Docteur a brûlé un soleil pour avoir juste assez d'énergie pour voir une dernière fois et lui faire ses adieux. est refermée. Le Docteur a brûlé un soleil pour avoir juste assez d'énergie pour voir une dernière fois et lui faire ses adieux. est refermée. Le Docteur a brûlé un soleil pour avoir juste assez d'énergie pour voir une dernière fois et lui faire ses adieux.

– Un soleil entier ?

L'ancienne maîtresse du chaos acquiesça d'un signe de tête.

– Pour seulement produire un hologramme de lui-même et de mauvaise qualité, la supernova ne dégageant pas assez d'énergie… Elle ne pouvait que le voir et l'entendre et lui aussi. C'est tout ce qui a réussi à passer entre les deux univers, et uniquement parce que les barrières n'étaient pas encore totalement refermées… Leurs adieux ont été interrompus à cause de cela, d'ailleurs.

Yaz déglutit. Rose était en sécurité, avec sa famille, mais séparée du Docteur contre son gré… Séparée… de l'homme qu'elle aimait ? Yaz n'avait jamais vraiment été amoureuse. Mais elle a vu avec Graham et Missy la douleur que pouvait représenter une telle déchirure…

– Oui, le Docteur était un homme jusqu'à peu avant notre rencontre dans ce train, confirma Missy en saisissant quelques-unes de ses pensées. Dottie est sa seule incarnation féminine aujourd'hui et est connue par notre espèce sous le nom de « Treizième Docteur ». Lorsqu'elle se régénérera, il – ou elle – deviendra le Quatorzième Docteur, sauf si il ou elle décide après coup que ce nom n'est plus mérité. La version du Docteur qui a servi comme général dans la Guerre du Temps ne porte pas le nom de « Docteur » par exemple. Il se situe entre le Huitième Docteur et le Neuvième Docteur. Le Onzième Docteur lui refusait catégoriquement ce titre. Jusqu'à ce qu'ils deviennent, avec l'aide du Dixième Docteur, à sauver Gallifrey, tous les trois. Cette incarnation s'est alors appelée le Docteur Guerrier,

– Pourquoi ?

Le cerveau de la « Pakistanaise mexicaine » était empli de ces nouvelles informations mais aussi de tous les questionnements qui allaient avec. Elle voulait malgré tout en savoir davantage.

– Parce que le Docteur intervient souvent pendant les conflits… Pour les bouchons. Pour sauver des vies. Le Douzième Docteur a dit quelque chose de très poétique avant de se régénérer en Dottie…

– Qu'est-ce que c'était ?

– Que l'Univers ne parvenait généralement pas à être un conte de fées… Mais que c'était là qu'il intervenait. Que tous les Docteurs intervenaient.

Les yeux sombres de Yaz se mirent à briller. La Dame du Temps, elle, a coupé un sourire nostalgique. À ce moment-là, le Docteur avait enfin compris son rôle dans l'Univers… Et elle craignait que Dottie l'oublie… ou qu'elle se prenne trop au jeu en pensant être capable de protéger la jeune femme devant elle ainsi que Graham et Ryan de tout et pour toujours…

– Pourquoi le Docteur aime autant la Terre ?

– Sa mère était humaine. Une Athénienne du Ve siècle avant votre ère.

– Le Docteur est-il à demi-humain ?

– Nous n'employons pas ce terme parce que les gènes supérieurs des Seigneur du Temps sont dominants et s'expriment développés. Biologiquement, c'est comme s'il était né de deux Seigneurs du Temps, comme notre enfant et moi. Qu'il ait une mère humaine ne fait aucune différence, sauf pour certains arriérés qui ajoutent cela comme une mésalliance et une atteinte à notre espèce… Beaucoup de haut-placés ont désigné ce qu'ils appellent « l'originalité » du Docteur à la nature humaine de sa mère. C'est en partie vrai. Mais cela ne diminue en rien notre espèce.

Yaz hocha la tête pour le signifiant sa compréhension. Puis elle repensa au début de leur conversation. Les Compagnons du Docteur. Le fait que Missy souhaite qu'elle souhaite rester dans le TARDIS. Comme Rose avant elle.

– Pourquoi je pense cela ? devina à nouveau la rousse. Parce que vous avez le même âge que Rose à l'époque et que vous nous avez fait comprendre que votre entourage vous agaçait même si vous les aimez. Rose était aussi comme ça. Mais je doute que vous deveniez une seconde Rose, si cela peut vous rassurer. Vous serez quelqu'un d'autre, mais jamais le Docteur ne vous verra comme il voit Rose.

– Est-ce que le Docteur l'aime toujours ?

– Oui. Mais elle n'en parlera pas. Cette version du Docteur, que j'appelle Dottie, ressemble au Onzième Docteur… Elle n'aime pas parler du passé… Et je crains qu'elle en oublie les leçons qu'elle en avait tirées… Il n'est pas habituel, c 'est même inédit, que le Docteur ne s'étale pas sur les dangers qu'encourent les personnes qui voyagent avec lui… Même si ces personnes ne restent pas ensuite. Pour l'instant, vous avez eu de la chance. Mais cela pourrait ne pas durer. Et son comportement est dangereux.

– Vous vous souciez vraiment de ce qui peut nous arriver ? demande la brune. Sincèrement ?

Missy réfléchit à sa réponse quelques secondes.

– Je m'en préoccupe. Je dois vous avouer que je ne rêve pas d'avoir fait des efforts pour rien, la dernière compagnie du Docteur que j'ai croisée… Elle a connu une sorte pire que la mort. Puis elle est morte, mais il y aurait un débat quant à sa survie, malgré tout. Nous sommes certaines qu'elle a été tuée, mais il se peut que sa petite-amie, devenue un extraterrestre rare si ce n'est unique, soit parvenue à inverser ce fait. Et non, je ne vous en dirai pas davantage sur cette question.

Elle a pu voir l'interrogation la plus importante de Yaz dans ses yeux : un « comment c'est possible ? » auquel elle ne pouvait pas répondre, du moins pas de manière certaine. Et encore moins sans parler avec le Docteur au préalable.

– Je me préoccupe de votre survie, pour le Docteur, mais aussi parce que j'ignore le commentaire que je réagis s'il vous arrive quelque chose. Car cela voudrait dire que je n'ai pas été capable de vous protéger… Et dans ce cas, comment protéger mon enfant à naître ?

Yaz a coupé un pincement au cœur. La métaphore des parents et des enfants avait en réalité un sens bien plus profond que ce qu'elle avait pensé. Mais il était vrai que par rapport au Docteur et à Missy, elle comme Graham étaient des enfants car ils avaient si peu vécu en comparaison… Le Docteur avait cent fois son âge et bien trente fois l'âge de Graham. Missy… Elle l'ignorait, mais elle ne devait pas être bien éloignée de l'âge du Docteur si elles étaient des amies d'enfance.

– Je comprends.

– Je me préoccupe de vous également parce que vous n'êtes pas des étrangers pour moi. Mais vous n'êtes pas… Je ne tiens pas encore à vous – si je tiens à vous un jour. Je veux que vous surviviez à toutes vos aventures avec nous parce que vos familles n'ont pas à subir votre perte à cause d'un accident stupide.

– Vous apprenez à fonctionner de cette manière avec nous ?

– En quelque sorte, je pense que l'on peut le formuler ainsi.

– C'est déjà ça, je suppose. Merci, sourit l'agent de police.

Missy fit un bref signe de tête montrant qu'elle acceptait le remerciement. Quant à la jeune femme en face d'elle, elle prit un moment pour absorber toutes les informations qu'elle reçut de recevoir. Elles continuèrent de lire dans le silence quand Yaz reprit :

– Vous avez dit que le Docteur assurait pour les compagnons des Terriens depuis onze siècles… Mais avant ?

– C'était plus varié et les Terriens n'étaient pas forcément nos contemporains… Je crois qu'il a voyagé avec un Écossais du XVIIIe siècle, un joueur de cornemuse, son nom était James McCrimmon… Le Docteur s'en sert parfois de pseudonyme lorsqu'il atterrit en Écosse… Il emmenait aussi des personnes d'autres espèces et qu'il dénichait sur toutes sortes de planète… Le Neuvième Docteur avait pris un Humain de votre âge issu de 2012, et donc du futur de Rose, mais il n'a pas été à la hauteur… Le Docteur l'a exclu du TARDIS et ramené chez lui après lui avoir sauvé la vie, mais il a conservé la bêtise qu'il avait faite : une puce permettant de stocker de nombreuses informations…

– Ça paraît génial, s'extasia Yaz.

– La puce permet une ouverture dans le front sur le cerveau à chaque claquement de doigts. Un peu encombrant en 2012, ne croyez-vous pas ? réplique la rousse avec un sourire moqueur.

Les yeux noirs s'écarquillèrent et Missy dut retenir un rire.

– Ne vous inquiétez pas, vous n'êtes pas du genre à faire la même erreur que lui, vous ne serez pas interdit de TARDIS à vie. Mais cela vous montre avec quel soin le Docteur choisit ses compagnons. Si elle décide de vous proposer de rester, ce sera parce que vous aurez fait vos preuves.

Yaz s'était remis à sourire. Pourquoi souriait-elle ? Son objectif était de rentrer chez elle… N'est-ce pas ?

– Elle peut paraître inconstante, reprit Missy. Même aux yeux de certaines personnes sur Gallifrey, mais avec toutes les personnes qu'elle rencontre, il n'y a vraiment qu'une poignée ridicule à qui elle s'attache vraiment. Il suffit de remplacer ça dans le contexte.

– Pourquoi même aux yeux d'autres personnes de votre espèce ? Vous semblez tous avoir une espérance de vie cent fois plus longue que la mienne…

– Oui, mais seul le Docteur va faire ami-ami avec les autres espèces. Notre peuple est assez répondu sur lui-même.

– Oh… C'est pour ça qu'il est inhabituel d'avoir une mère d'une autre espèce chez vous ?

La Dame du Temps acquiesça d'un signe de tête.

– Et pour votre vie… Vous avez parlé du Treizième Docteur qui deviendrait le Quatorzième Docteur en se régénérant… Et je… je me demandais… quand on vous a rencontrées, vous avez aussi parlé de régénération, de cycle… Et vous avez utilisé une sorte d'énergie régénératrice pour sauver Grace… Mais qu'est-ce qui se passe exactement quand vous faîtes ça ? Je veux dire… Vous avez un stock d'énergie infini ? Est-ce que les Seigneurs du Temps sont immortels et invulnérables ?

– Non, certaines choses – comme des poisons spécifiques ou certains tirs de Daleks – peuvent empêcher la régénération de nos cellules, donc en théorie nous ne sommes pas invulnérables. Et nous ne sommes pas non plus immortels. On vit bien plus longtemps que vous, on vieillit au ralenti, mais nous avons une limite de douze régénérations. Treize corps et c'est tout. Enfin, sauf quand on nous octroie un second cycle. Mais les cycles des secondes sont assez rares. Seul le Docteur et moi, à ma connaissance, en bénédictions, actuellement. Enfin, il doit y avoir d'autres Seigneurs du Temps, mais je ne les connais pas personnellement.

– Ça a l'air trop génial.

– Oui, ça l'est, dans une certaine mesure.

– Pourquoi seulement dans une certaine mesure ?

Missy secoua la tête. Ce n'était pas le moment de penser à cela.

– Aucune importance.

– De toute manière, c'est pas mes affaires. J'ai toujours envie de rentrer chez moi.

– J'espère que vous n'oublierez pas mon billet en repassant faire un petit coucou à votre famille.

– Si je voyage avec le Docteur, vous essayez de me tuer ?

– J'essaye de contrôler mes actes en ce moment, mais ce n'est pas choisi facile. Et comme je vous l'ai dit, je souhaite que vous surviviez à nos voyages.

– Mais pourquoi vous en êtes prix à la dernière compagnie de voyage de votre amie, alors ?

– J'ai rencontré l'une de mes anciennes incarnations. Et on retombe facilement dans ses vieux travers, dans mon cas… Aujourd'hui, j'essaie de réduire le nombre de morts qui pèsent sur ma conscience.

– Mais qu'est-ce qui vous a poussé à… réduire ce nombre ?

– J'ai vécu longtemps. J'en ai assez de faire du mal. J'ai envie de changer. Et je voulais retrouver mon ami qui a toujours eu comme objectif de me faire arrêter les massacres.

– Et vous avez toujours eu ce genre de disputes ?

– Non, c'est plus fréquent depuis que nous nous sommes régénérés. On doit encore s'ajuster.

– S'ajuste à qui ?

– S'ajuster à nous-mêmes, à l'autre… Il y a encore plein de choses que j'ignore sur mon nouveau moi, comme : est-ce que j'aime encore les kiwis ? Je sais, ça paraît futile dit comme ça, mais si je ne connais pas les choses les plus futiles de moi-même, alors comment je pourrais être sûr d'autre chose ? Des choses les plus importantes ? Est-ce que je suis vraiment faite pour faire le bien ? Est-ce que je serai une bonne mère ? Est-ce que le Docteur et moi nous entendrons toujours ? D'accord, je pense que je vais arrêter de parler parce que je me suis vraiment trop adressée.

– C'est pas grave, vous savez ?

– Oh, je suis bavarde, maintenant ? C'est obligatoirement de la faute du Docteur. Oui, c'est sûrement contagieux.

– Contagieux ? Non, vous l'avez dit vous-même, vous changez.

– Oui, mais je n'aime pas ça.

– Vous pouvez vous confier, vous savez ? J'suis une tombe.

– Oui, mais je n'aime pas me confier autant. C'est gênant.

– Qu'est-ce qui est embarrassant ? Que quelqu'un pourra vous comprendre et vous connaître ?

– Oui.

– Pourtant, vous venez de me confier un tas de choses sur le Docteur… Alors pourquoi ?

– Il est important que vous sachiez un certain nombre de choses sur elle. Parce qu'elle ne vous les dira pas. Vous devez pouvoir comprendre au besoin. Et parce que je suis inquiet pour elle.

– Mais pourquoi ne rien nous dire sur vous ? insista Yaz.

– Aucune importance.

– Pourquoi vous dîtes toujours ça ?

Pendant un instant, Missy songea à enfermer la brune dans le placard de la chambre pour obtenir un bref moment de solitude. Mais non. Elle ne devait pas penser de cette manière.

– Écoutez, continuez de travailler moi, je vais faire un tour dehors, répondu-elle en se levant.

Elle avait l'impression d'étouffer ici. Elle en avait trop dit. Elle ouvrit la porte et l'air frais de la nuit lui fouetta le visage.

– Quoi ? Attendez, je ne suis pas sûr que le Docteur…

Mais la fin de la phrase se perd de l'autre côté de la porte désormais close.


Qu'est-ce qui lui avait pris de se confier ainsi ? Et à une inconnue, en plus… Elle avait passé des siècles entiers sans jamais se confier à qui que ce soit. Elle ne s'était d'ailleurs jamais totalement attribuée au Docteur non plus, ni à sa seconde épouse. Alors pourquoi ressentait-elle ce besoin viscéral en ce moment ? Parce qu'elle avait changé ? Parce qu'elle était devenue quelqu'un de bien ? Non : était-elle quelqu'un de bien ? Elle s'efforçait de l'être. Mais s'y efforcer n'était pas la même chose que parce que cela signifiait simplement qu'elle ne l'était pas et qu'il s'agissait encore d'un but à atteindre.

Alors pourquoi ce besoin ? Parce qu'elle était enceinte ? Parce qu'elle était plus émotive ? Parce qu'elle ressentait la solitude de manière encore plus écrasante, maintenant ? Parce qu'elle avait été seule pendant soixante ans ?

« Ah… Docteur… »

Alors c'était ça ? Elle avait juste besoin d'évacuer ?

– Hé, ma jolie ! C'est combien pour une heure dans votre compagnie ? l'interpella une voix derrière elle.

La colère s'empara immédiatement d'elle. Elle se retourne et plaqua violemment l'homme contre le mur. C'est alors qu'elle remarque qu'il s'agissait du criminel qui souhaitait changer l'Histoire. Elle appuya son bras contre sa trachée.

– Donnez-moi une seule bonne raison de ne pas vous tuer tout de suite ?

– Votre amie blonde n'apprécierait certainement pas, se moqua l'homme.

– Elle n'est pas forcée de savoir.

– Et comment aurais-je disparu du jour au lendemain ?

– Comme vous voulez, du moment que vous vous écartez de mon chemin et de l'histoire de cette planète.

– Vous savez, je voulais juste vous parler…

– Je vous interdis de m'appeler « ma jolie ».

– Bon, d'accord, mais c'est pas totalement ma faute. Votre robe est si courte pour cette époque.

– Continuez comme ça et je vous jure que je commence à arracher chacun de vos organes un par un par, menaça-t-elle avec un sourire cruel.

– Si vous vouliez me tuer, pourquoi ne pas l'avoir fait tout de suite ? Bon, je vous laisse une dernière chance. Et si vous m'arrachiez le cœur ou les poumons dans la minute ? proposition-t-il.

– Vous semblez bien sûr que je ne le ferai pas.

– Non, vous ne le ferez pas si vous voulez préserver votre amitié.

– Vous avez raison.

Missy le lâcha alors avec rudesse. Il se masse la gorge.

– Et c'est tout ? demanda-t-il étonné.

– Non, répondu la rousse avec un grand sourire.

Elle se rapprocha et donna un coup de genoux dans son entre-jambe. Il se plia en deux avec un cri. Elle en profita pour le traîner rapidement vers un réverbère et lui cogna la tête sans difficulté contre le métal. Il tombe à terre.

– Pas très résistant à ce que je vois.

Elle se baissa et observe sa tête. Pas de sang. Puis elle vérifie son pouls et sa respiration.

– Vous voyez ? Comme je l'avais dit. Vous êtes encore en vie.


– Vous avez noté où ?!

– Partie faire une balade au clair de lune en amoureux.

– Vous n'êtes pas drôle ! J'ai eu peur pour vous. En plus, vous n'avez rien dit à Yaz qui pourrait me rassurer.

– Je vous l'ai dit, je suis partie me balader.

– Attendez. Comment ça « en amoureux » ? Vous avez enregistré avec qui ?

– Je ne sais pas, moi. Comment vous l'avez appelé, déjà ? Krasco ?

– Quoi ?!

– Oui, il est venu me faire un petit coucou.

– Vous lui avez fait quoi ?

– Vous ne vous inquiétez même pas de ce qu'il aurait pu me faire ? se vexa faussement Missy.

– C'est un Humain, vous êtes une Dame du Temps, et contrairement à vous, il a un dispositif dans sa tête qui l'empêche de faire du mal.

– Ne vous inquiétez pas, il est en vie, tout va bien. Bon, il est inconscient, mais j'ai vérifié, il ne devrait pas mourir de mon petit coup sur la tête.

– Mademoiselle !

– Je ne l'ai pas tué !

– Vous avez besoin d'être aussi violente ?

– Oui, il m'avait attaquée.

– Il ne peut attaquer personne, j'ai vérifié.

– Je n'ai pas dit qu'il m'avait attaquée physiquement.

– Qu'est-ce qui vous a pris de sortir comme ça, prendre un tel risque, puis de le frapper ? Dottie s'exaspéra.

– Peut-être que j'en ai assez que vous ne me parliez pas. Peut-être que j'en ai assez de rester assis à ne rien faire en vous regardant tout gérer seule.

– On se parle tout le temps ! Et j'essaye de vous préserver avec la grossesse !

– Non, vous parlez pour ne rien dire ! Même quand nous sommes disputées, vous ne laissez rien filtrer d'autre que de la froideur et vous ne voulez pas me parler de ce qui compte vraiment. Et mon Dieu, Docteur, je ne suis pas en sucre, nous allons bien avec le bébé. Je me suis activé en le frappant et nous allons bien. Vous savez faire un juste milieu entre oublier complètement ma grossesse et me couvrir comme si j'étais un château de cartes qui pourrait s'envoler au moindre coup de vent ? s'énerva l'ancienne maîtresse du chaos.

– J'essaye encore de me faire à cette nouvelle apparence, à cette nouvelle personnalité. J'ai l'impression que quelque chose ne va pas comme ça. Et j'aimerais bien savoir ce que vous voulez pour la grossesse.

– Docteur, je sens quelque chose de latent, de plus profond que le simple changement. Vous ne pouvez pas le nier. Vous vous souvenez de l'époque où vous vous confiiez et acceptez mon aide ? Parce que c'était il n'y a pas si longtemps, à peine du mois dernier ! Et pour la grossesse, je veux que tu sois capable de la prendre en compte sans pour autant me couvrir.

– Je vous ai déjà tout dit à l'époque. Rien n'a changé.

- Ah bon ? Alors pourquoi vous ne vouliez pas de mon aide pour les ramener chez eux ? lança Missy en jetant un bras vers les trois Humains assis sur les lits, regardant simplement la dispute. Pourquoi eux aussi vous les couvez plus que vos autres compagnons ?

– Ce ne sont pas mes compagnons. S'ils veulent rentrer chez eux, toutes mes histoires ne sont que des déconvenues pour eux, donc ça n'a aucune importance.

– Vous avez toujours eu à cœur de leur faire réaliser la complexité de l'Univers, pourquoi plus maintenant ?

– Parce que je veux les protéger, eux. Je n'arrête pas de perdre les gens que j'aime. C'est une preuve que ma méthode ne fonctionne pas si bien, non ?

– C'est totalement différent. J'ai tué Bill, ce n'était pas votre faute.

– Mais il n'y a pas que Bill.

– Clara et River devaient mourir. C'était un point fixe et vous le savez. Vous n'auriez rien pu faire pour l'empêcher. Si l'un d'eux doit mourir, alors il mourra.

Les trois Humains échangèrent un regard inquiet. Bon, ils ne comprenaient pas tout, ça c'était certain, mais ils avaient bien saisi les derniers mots.

– C'est totalement hors sujet, protesta Dottie.

– Dans ce cas, revenons sur un autre sujet. Pourquoi vous refusez de parler de Gallifrey, de notre espèce ou de la Guerre du Temps ?

– Comme si ça ne vous dérangeait pas de vous replonger dans ces souvenirs…

– Je n'aime pas devoir me souvenir de ça, mais je ne refuse pas d'en parler. Et vous n'avez jamais refusé d'en parler. Ou si, il y a onze siècles, quand vous avez rencontré Rose. Et elle vous a appris à en parler. Depuis, vous parlez librement de Gallifrey et des Seigneurs du Temps. Mais depuis un siècle, ça a changé. Cela at-il un rapport avec ce que vous me cachez ?

– Je sais pas. Et vous ? Qu'est-ce que vous me cachez ?

– Oh, je vous en prie, Docteur ! Peu importe ce que vous me cachez, je suis sûre que nos secrets sont totalement différents.

– Comment pouvez-vous en être si sûr ?

– Je le sais, c'est tout. Maintenant, est-ce que vous comptez m'en parler ou non ? Parce que si votre problème est dû à Gallifrey, je vais devoir vous dire quelque chose : je veux que notre enfant vienne au monde sur notre planète natale.

– Pourquoi ?

– C'est notre maison. Je veux qu'elle sache d'où elle vient.

– Bien, comme vous voulez.

Le Docteur croise les bras et se tut.

– Et vous vous replongez dans le silence. Vous pensez vraiment que c'est la meilleure technique pour régler les choses ?

– Je vous ai dit « comme vous voulez » ! Qu'est-ce que vous voulez de plus ?

– Je veux vous entendre me parler réellement. Je veux entendre les vraies raisons qui vous poussent à agir comme vous les faîtes, trancha froidement Missy.

La blonde baisse la tête. Les vraies raisons ? Les connaissaient-elle, elle-même ? Elle n'en était pas sûre. Elle avait réussi à faire quelques liens, mais elle n'avait pas encore compris exactement tous les pans de sa nouvelle personnalité.

– Docteur ?

– J'ai peur que vous m'abandonniez. J'ai peur qu'il vous arrive quelque chose en voyageant avec moi pendant la grossesse. J'ai peur que vous ne trouviez pas votre place à mes côtés et que vous décidiez de partir. J'ai peur de vous parler de ce qui s'est passé sur Gallifrey parce que c'est un mauvais souvenir, que je suis en colère et inquiet. Inquiète parce que je ne sais pas comment vous pourriez réagir. Enfin si, je sais que vous serez furieuse, ou même pire, en apprenant ce qu'ils… ! Peu importe. Et j'ai peur parce qu'il y a encore des choses que vous me cachez. J'ai peur de perdre. J'ai trop perdu.

Missy soupira. Elle délivrait mieux maintenant, mais cela ne voulait pas dire que son amie avait la bonne méthode. Elle retint cependant la partie où le Docteur lui avait dit être certain qu'elle serait en colère en lui parlant de Gallifrey.

– Docteur, je ne vais pas vous abandonner. Et je crains aussi de ne pas trouver ma place dans tout ça, mais je ne compte pas m'en aller. Pour nos secrets respectifs, je pense que nous pouvions en parler avant la naissance de notre fille, déclara-t-elle en prenant la main du Docteur pour la poser sur son ventre rond. Mais je ne vous cache pas des choses, Docteur. Je n'ai qu'un secret. J'en ressens bien plus en vous.

– Je ne veux pas avoir à parler de tout ça.

– C'est pourtant ce que nous ferons. Et nous parlerons de tout ce qui vous pose problème et de tout ce qui me pose problème.

– Pourquoi ?

– Pour clarifier les choses et améliorer notre relation. Nous ne pouvons pas continuer à nous disputer autant…

– D'accord. Nous parlerons de Gallifrey et de la possibilité que le bébé vienne au monde là-bas.

– Vous voyez ? sourit Missy en se trouvant à caresser la joue de la blonde. Quant à ces trois-là, vous devriez commencer à leur apprendre ce qu'ils doivent savoir, comme vous l'avez toujours fait. Les paris sont lancés.


– Donc vous en noté où avant que je ne rentre ? interrogea l'ancienne maîtresse du chaos en regardant le mur recouvert d'écritures, de plans, de punaises et de fils.

– Votre nouvel amoureux est en train d'interférer, lui apprend Graham. Il a fait remplacer Blake par un autre chauffeur qui s'appelle… Elias Griffin Jr.

– D'où vous sortez que c'est mon amoureux ?

– C'est vous qui avez dit que vous faisiez une balade en amoureux, non ?

– Petites actions. La technique de Krasko. Il est malin. Je lui accorde ça, il assure. Il projette pas de tuer quelqu'un. Ou de détruire quelque chose. Ou de bouleverser l'Histoire. Il projette seulement de l'orienter juste ce qu'il faut pour que ça ne se produise pas. Il met des bâtons dans les jambes du vélo pour le faire dérailler. Et voilà que je m'emmêle les pinceaux avec des métaphores, s'agaça le Docteur en passant une main sur son visage. Il n'a pas prévu qu'on allait l'empêcher de nuire.

– Oui et on s'y prend comment ?

– À présent, on sait… ce que l'on doit faire. Nous devons faire en sorte que l'Histoire ne change pas. Aucun changement. On doit protéger l'ordre des choses en se battant contre celui qui veut le bouleverser. Demain, nous devons faire en sorte que Rosa Parks monte dans le bus conduit par James Blake. Il faut que le bus soit plein à craquer, que Rosa Parks s'assoit et qu'un passager blanc lui demande de céder sa place.

– Je suis presque sûre que Yasmin demandait le processus détaillé et pas un discours motivant du genre « on va y arriver », soupira Missy en réalisant que la nouvelle manière de fonctionner de son amie était persistante malgré leur dispute de tout à l'heure.

– Yasmine ? interrogea cette dernière sans comprendre.

– J'apprécie beaucoup votre nom entier. Il sonne plus doux à mes oreilles que votre surnom.

– Euh… ok… se contenta de répondre à la jeune femme.

Elle n'était pas très habituée à se faire appeler par son nom complet, elle avait toujours eu ce surnom.

– Ryan, faîtes pas joujou avec ça ! le prévint alors Dottie en s'approchant de lui.

Il applique en main l'expulseur temporel, l'observateur minimement.

– Faîtes attention où vous le dirigez, lança la rousse en se plaçant dans le dos du jeune homme.

Oui, si elle était dans son dos, il ne pourrait pas lui tirer dessus, n'est-ce pas ?

– Je sais même pas comment ça marche, se défendit-il.

– Raison de plus, s'agaça Missy.

– Sur charge là. Ce cadran de réglage définit la destination temporelle, expliqua la blonde. C'est plutôt simple, mais ça peut être mortel. Bien, on peut se concentrer, maintenant ?! ajouta-t-elle en lui arrachant des mains pour le jeter sur l'un des lits.

– Pourquoi vous lui expliquez ça ?

– Vous m'aviez pas reproché de ne rien expliquer ?

– Mais c'est une arme…

– Je croyais que vous ne le considériez pas comme une arme ?

– Moi non, mais vous oui, et c'est bien pour ça que je suis si étonnée.

L'ancienne maîtresse du chaos se rassit sur le lit. Si elle avait eu à expliquer le fonctionnement de l'expulseur temporel, cela n'aurait pas été devant Ryan. Yasmine, oui. Mais pas Ryan – empli de colère et impulsif – qui avait déjà utilisé d'une arme avec le plus grand enthousiasme.

C'est alors qu'elle sentit quelque chose choisir de bouger vivement à l'intérieur. C'était différent des petits sauts. Cette fois, c'était comme un coup… Le bébé lui avait-elle donné un coup de pied ? Elle sentit immédiatement deux mains se poser sur son ventre. Son regard remonte à l'origine des mains et croise le sourire illuminé de son amie d'enfance et premier amour. Néanmoins, cela l'inquiétait. Sa grossesse n'était normalement pas assez avancée pour qu'elle puisse ressentir de tels coups de l'enfant…

– Docteur ? appela-t-elle plus préoccupante.

– Oui, je sais ce que vous allez dire, murmura Dottie, la mine plus sombre. Combien de temps déjà ?

Même si elle était ravie à l'idée de pouvoir sentir leur fille gigoter et donner des coups de pied, elle savait qu'il n'était pas normal que cela arrive si tôt.

– Huit mois. C'est un peu tôt.

– On fera des tests poussés dès qu'on sera dans le TARDIS. S'il y a quelque chose qui ne va pas, on trouvera nécessairement la cause, assura la blonde.

Elle avait beau essayer de se montrer ferme et rassurante, elle se sentait toujours terrifiée au fond d'elle-même. Et si Missy avait le même problème que sa fille adoptive ? Non, ce n'était pas la même chose. Miranda n'avait eu aucun signe de grossesse accélérée. Juste de l'hypertension. juste ? Cela avait pourtant suffi à la tuer. Non, Missy n'était pas dans le même cas que Miranda. Enfin, elle essayait de s'en persuader.

– Ce serait peut-être mieux si vous reveniez au TARDIS maintenant et que vous vous reposiez, proposa-t-elle.

– Je n'ai aucun problème en dehors des coups de pied, Docteur. Je vais bien.

– Comment pouvez-vous en être sûr ?

– Je me sens bien.

– Ce n'est pas parce que vous vous présentez bien que c'est donc le cas. Force est de constater qu'il y a réellement un problème avec le bébé.

– L'Histoire de la Terre est en danger, donc possiblement, l'Histoire de l'Univers. Vous aurez besoin de toute l'aide disponible.

– Oui, mais…

– Nous allons bien avec le bébé. Vous l'entendez, vous le verriez, vous le sentez, s'il y avait un problème, n'est-ce pas ?

Missy posa ses mains sur celles du Docteur, toujours sur son ventre.

– Je…

– Vous entendez ? sourit l'ancienne maîtresse du chaos.

Des battements de cœurs réguliers. Le Docteur sentit ses yeux la piquer. Elle aimait tellement entendre ces battements. C'était si apaisant. Mais il y avait quelque chose d'étrange. Missy avait-elle entendu seule les battements des deux cœurs de leur enfant ?

– Vous l'avez entendue seule ?

– Non… Je n'y arrive qu'à travers vous, pour l'instant…

Oh oui, Missy allait tuer Rassilon, un jour. Si elle n'arrivait pas à s'affranchir de ces maudits tambours, elle tuerait Rassilon de la pire manière qui soit. Elle pourrait bien le convertir en Cyberman ? C'était atrocement douloureux, n'était-ce pas ce qu'il méritait ? Mais un Cyberman capable de se régénérer ? Cela ne serait-il pas un peu trop dangereux ? Un Cyberman avec les connaissances des Seigneurs du Temps ? Non, elle trouverait autre chose. Quelque chose de tout aussi cruel, mais moins dangereux pour le reste de l'Univers.

Elle sentit alors la peur s'infiltrer insidieusement en elle. Mais cette peur ne lui appartenait pas. C'était la peur du Docteur. Pourquoi était-elle si inquiète ? Ce n'était pourtant pas la première fois qu'elle songeait à le tuer d'une manière horrible et son amie ne s'y était pas vraiment opposée. Alors pourquoi s'inquiétait-elle maintenant ? Était-ce à cause de ce secret concernant Gallifrey ? Ou bien était-ce à cause de sa grossesse ?

– On devrait… Vous avez raison, la modification de l'Histoire est très dangereuse et j'aurai probablement besoin de vous, approuvée Dottie en se levant.

– Vous continuez à vous répondre sur vous-même, Docteur, la prévint Missy.

– Non, je… Nous reparlerons de Rassilon une fois au TARDIS, je vous le promets.

– Vous savez, s'il y a un problème avec le bébé, on peut se débrouiller sans vous, Missy, tenta Yaz en s'interrogeant déjà sur « Rassilon ».

– Oui, vous pouvez retourner au TARDIS, appuya Graham.

– Je vais bien, assura la rousse à la fois exaspérée d'être obligée de se répéter et touchée par l'inquiétude, d'au moins, deux des trois nouveaux amis du Docteur. On peut reprendre, maintenant ou je vais être obligée de tous vous tuer ?

– On va reprendre, sourit le Docteur en se plaçant au centre de la pièce.

– Commentaire sur va éviter que l'Histoire change si James Blake va pêcher à Blye Creek et est remplacé par un autre chauffeur de bus ? s'inquiéta justement l'ancien conducteur de bus.

– J'ai une idée ! s'écrièrent les deux jeunes d'une même voix.

– La même idée ? se réjouit le Docteur.

– La tombola ! / Aller pêcher ! répondirent aussitôt Yaz et Ryan en chœur.


– Bien ! Yaz et le Docteur vont s'occuper du chauffeur remplaçant. Et Graham et Ryan vont s'occuper de nous ramener James Blake. Moi, je veillerai sur Rosa Parks au cas où Krasko le mettrait plus d'embûches sur son chemin.

– Vous allez faire quoi ? interrogea Yaz.

Missy sourit tristement et regarde le Docteur.

– Déshabillez-vous, ordonna-t-elle.

– Je vous demande pardon ?!

– Bon, d'accord, juste le manteau.

Suspicieusement, Dottie enleva son manteau gris et le tendit à Missy qui se fit une joie de le déchirer à partir du bas où il y avait déjà une fente. Mais la déchirure fut bien plus grande que prévue.

- Il ! Hurla la blonde. Je me doutais que vous vouliez le déchirer, mais je pensais que ce serait bien plu petit que ça !

– Qu'à cela ne tienne. Donnez-moi votre tee-shirt et votre pantacourt. Au troisième essai, ce sera donc parfait.

– C'est ça, oui ! Vous voulez mes vêtements uniquement parce que vous les détestez !

– Je vous assure que non, j'essaie simplement d'aider Rosa Parks. En plus, le manteau était le moins pire… J'aurais dû penser au t-shirt avant… Cet arc-en-ciel, franchement…

La blonde leva les yeux au ciel.

– Vous aidez Rosa Parks en détruisant chacun de mes vêtements ?!

– Ne soyez pas ridicule, voyez ! Ce n'est pas parce que je détruis vos vêtements – et par extension, réalise l'un de mes nouveaux, mais plus chers, rêves – que je ne cherche pas à aider Rosa Parks. C'est vrai, mon intention première est de l'aider elle, mais si je peux en retirer une éventuelle petite satisfaction, alors c'est un heureux bonus.

– Comme si j'allais croire ça… soupira le Docteur.

– Vous m'auriez beaucoup déçue si vous m'aviez crue. Enfin, vous pouvez considérer qu'au moins une partie est vraie.

- Ah oui ? Et laquelle ?

– Je veux aider Rosa Parks.

– Vous avez intérêt à réparer mon manteau d'ici demain soir, lui ordonna sévèrement la blonde.

– Vous êtes sûre de ne pas vouloir brûler ce manteau et le reste de vos affaires ?

– Jamais !


– Bonjour, Mme Parks, la salua Missy en se postant devant elle.

– Bonjour, Mademoiselle… ?

- Marron. Wendy Ginger Brown. Ne vous embarrassez pas de tous ces prénoms, ils sont juste là pour embêter une amie, assura la rousse.

– Bien, Mademoiselle Brown, comment puis-je vous aider ? demanda Rosa avec un sourire amusé.

– Oui, mon amie – vous savez la blonde – un manteau légèrement déchiré. Vous pourriez m'aider ?

Missy lui tendit le manteau gris et elle l'observa étonnée.

– Mmmh… C'est une très mauvaise déchirure.

– Voilà le problème, le… Joan Smith, mon amie, a vraiment besoin de son manteau ce soir. Un cadeau de sa mère et elles se voient ce soir. Elles se voient si rarement. Vous pourriez vous en occuper, s'il vous plaît ?

– La déchirure est vraiment importante.

– Vous serez payée double tarif pour les heures supplémentaires, bien sûr.

Rosa regarde un cahier sur son bureau.

– Bon, je n'ai rien à terminer avant demain après-midi. Je crois que je vais pouvoir m'occuper de vous.

– Merveilleux !

– Il faudra me voir juste avant la fermeture.

– Je resterai avec vous. Je suis enceinte, alors je préfère limiter mes déplacements et par hasard, je n'ai pas grand-chose à faire aujourd'hui.

– Comme vous voudrez. Je vais aller vous chercher une chaise. S'il y a le moindre problème, je serais là.

– Merci, vraiment.

– Je ferais mieux de me mettre au travail, au vu de ce qui m'attend.

Missy jeta un regard à la pendule qui indiquait 14h30. Elle devait faire sortir Rosa Parks à 17h40 maximum. Elle avait encore largement du temps à tuer. Et elle sentait que si elle restait ici sans rien faire de constructif, elle allait vraiment finir par tuer quelqu'un. Ce n'était pas parce qu'elle n'était pas aussi dispersée que le Docteur, qu'elle arrivait si bien à supporter l'inactivité. Heureusement, pour tous les êtres humains présents ici, elle avait eu de l'entraînement dans le Coffre pendant plus de 60 ans.


– Bien, maintenant on va voir Graham et Ryan, annoncé Dottie en s'éloignant de la maison du chauffeur de bus.

– Docteur ? appela Yaz.

– Oui ?

– Je sais que ça me regarde pas, mais je me demande… Pourquoi vous ne voulez pas parler de votre planète natale ? Missy en parle plus facilement que vous et pourtant vous sembliez être plus… Enfin moins… Plus ouverte qu'elle. Je veux dire que vous voulez bien nous ramener, vous essayez d'aider tout le monde et vous nous expliquez ce qui se passe quand on poursuivait cette chose à Sheffield…

– Oh… Je… Je sais pas trop, en fait. Mon incarnation précédente n'avait pas trop de problèmes avec ça.

– L'Écossais grisonnant ?

– Oui, je me souviens quand j'en parlais avec Bill, je sentais ce malaise, mais… j'y arrivais, soupira le Docteur en donnant un coup dans un des cailloux qui jonchaient le sol.

Elle se sentait frustrée. Cette incapacité à parler de son peuple n'était pas normale. S'il y avait bien eu une seule chose dont elle n'avait jamais eu de problèmes à parler, c'était bien Gallifrey. Elle avait toujours eu du mal à parler de son passé, de sa famille. C'était comme si tout s'était inversé, maintenant. Pourquoi avait-elle réussi à parler de sa famille et pas de Gallifrey, de la Guerre du Temps, de son peuple ?

– Bill voyageait avec vous ?

– Oui, je l'ai perdu il y a quelques semaines. En fait, c'est le Maître qui l'a tuée…

La blonde sentit ses yeux la piquer. Cette histoire était très difficile pour elle. Non seulement parce que deux des personnes qu'elle aimait le plus s'étaient fait du mal, mais aussi parce qu'elle ne savait pas exactement ce qui était arrivé à Bill. Enfin, elle savait qu'elle avait été convertie en Cyberman. Oui, tuée n'était peut-être pas le meilleur mot à employeur. C'était bien plus abominable que la mort. Mais la fin de Bill… Quand elle avait rencontré les avatars de verre, Bill avait mentionné Heather. Que s'était-il passé exactement avec Heather ? Elle devait trouver des réponses. Elle devait retrouver Heather pour comprendre.

– Je suis vraiment désolée, fit Yaz. Mais le Maître… c'est Missy, non ?

– Oui, une incarnation passée de Missy qui nous a rencontrés dans notre présent, mais comme il s'est rencontré lui-même dans le futur, il ya eu un paradoxe et Missy ne se souvenait pas d'avoir tué Bill. Mais je sais qu'elle regrette. C'est vraiment rare les moments où elle regrette d'avoir fait du mal à mes compagnons, mais là, je suis sûre qu'elle s'en veut beaucoup.

– Elle est vraiment dangereuse ? Yaz s'inquiéta.

Elle en avait entendu parler, mais elle comprenait que cela ne concordait pas avec son comportement actuel. Il y avait comme un décalage entre les inquiétudes émises par le Docteur et les actes de Missy. Elle semblait plus être en reconstruction, perdue, que réellement démoniaque.

– Pour l'instant, elle ne semble pas l'être. Je crois qu'elle commence vraiment à comprendre la nécessité de ne pas faire du mal aux autres. Mais elle est encore fragile. Je ne pense pas qu'elle vous fera du mal, mais je pense qu'elle pourrait être dangereuse envers ceux qui nous feraient du mal. C'est pour ça que je m'inquiétais quand j'ai su qu'elle avait rencontré Krasko. Et j'avais raison, elle l'a frappé…

– Il n'est pas mort et je suppose qu'il le mérite vu ce qu'il veut faire.

– Je ne crois pas que la violence puisse être justifiable.

– Je suis agent de police et j'ai appris à me battre. Et parfois, je sais qu'il est nécessaire d'intervenir par la force. Même si c'est pas très compliqué dans mon cas, on me donne pas vraiment d'affaires qui le nécessitent, soupira la jeune femme.

Si seulement un jour, elle pouvait raisonnablement dans son travail et avoir des affaires intéressantes. Un peu comme ses aventures avec le Docteur. Ces aventures étaient si stimulantes. Elle avait rencontré Rosa Parks et était allée sur d'autres planètes. Même si cela s'était accompagné de dangers mortels, elle ne s'était jamais autant amusée de sa vie. Missy avait peut-être raison, elle n'aurait probablement pas envie de quitter le Docteur et le TARDIS.

– Je vous crois. Vous avez attribué l'accès aux armes sur la planète Désolation et vous n'avez même pas songé à vous en servir, sourit la blonde.

– Vous savez ? Missy et moi avons fait un pari.

– Vraiment ? Qu'est-ce que vous faisiez ?

– On parlait de vos anciens compagnons et elle a dit que… que je correspondais au profil habituel et que je voudrais plus vous laisser une fois de retour chez moi.

– C'est vrai ? Vous voudriez rester ? s'enquit le Docteur, partagé entre inquiétude et allégresse.

Elle stoppa sa marche forçante la brune à faire de même.

– Je sais pas. C'est vrai que je ne suis jamais autant amusée de ma vie, mais j'ai ma famille et vous… si vous venez de perdre quelqu'un, vous devez pas avoir envie de trouver une remplaçante dans la seconde.

Yaz baissa la tête. Elle n'avait pas envie d'être une simple remplaçante.

– Je ne remplace pas les gens comme ça, comme si je changeais simplement de vêtements, se vexa Dottie. Chacun de mes amis était unique et me manque toujours autant. Et ce n'est pas parce que je rencontre d'autres personnes que je ne pense plus à eux. Au contraire. J'ai beau oublier plein de choses sur moi, il n'y a qu'un seul moyen pour moi d'oublier mes amis, c'est qu'on m'efface la mémoire.

– Missy a dit quelque chose de similaire. C'est vrai qu'avec votre durée de vie, vous ne pourriez pas vous contenter de deux personnes, votre vie serait bien trop triste.

– Vous voudriez rester avec Missy et moi ?

– C'est une invitation ?

– Seulement si vous le voulez, assure la blonde.

Yaz sentit ses lèvres s'étirer en un large sourire. C'était peut-être ce qu'elle voulait, après tout.


– Vous n'avez jamais voulu faire autre chose ?

Rosa Parks ne se laissa pas déconcentrer par la question de Missy. Elle continuait de recoudre le manteau gris.

– Je rêvais d'être professeur, mais… ma grand-mère est tombée malade, et puis ma mère, et là, ce fut la fin de l'école.

Missy sentit ses cœurs se serrer. Elle ignorait que Rosa Parks avait voulu devenir professeur. C'était étrange, troublant. C'était pourtant un métier exercé souvent par les femmes, mais… ça lui rappelait qu'elle avait aussi été professeur à l'Académie de Gallifrey.

– Vous n'avez jamais pensé à reprendre des études pour enseigner ?

– Je ne sais pas. Je pense que je suis fait une raison. J'ai passé la plupart de ma vie comme couturière, alors me mettre à enseigner maintenant… Mais ce n'est pas grave, je me suis éduquée toute seule. Ça a été plus longtemps que prévu, c'est tout.

– Vous êtes très persévérante.

– Comme toujours. Vous savez, l'éducation ça vous rend invincible.

Missy sourit. L'éducation. Oh, ce qu'elle aimait l'éducation. Ses années à l'Académie restaient indubitablement les plus belles de sa vie, enfin avec le souvenir de sa famille. Elle passe une main sur son ventre. Pourvu que sa seconde fille s'en sorte. Elle ne semblait pas vraiment en détresse, mais elle était sûre que quelque chose n'allait pas. Elle le sentait au fond d'elle avec la façon dont elle se développait plus rapidement que d'ordinaire. Peut-être à cause de la régénération ?

– Comment vous faîtes ? Je veux dire, malgré toutes les épreuves, comment faîtes-vous pour vous persuader que ça vaut le coup ?

– L'espoir d'un meilleur lendemain. Quand rien ne va aujourd'hui, demain c'est tout ce qui vous reste.

– Je vous admire beaucoup, vous savez.

- Ah oui ? rit Parcs.

– Oui, vous arrivez à vous raccrocher au lendemain. Je n'y suis jamais arrivée, moi. Au contraire, la perspective d'une nouvelle journée à vivre me rendait encore plus malade.

– Pourquoi donc ?

– Oh… J'ai perdu ma… fille aînée et son… père.

– Je suis désolée.

– Pendant longtemps j'ai pensé que vivre le lendemain ne mènerait à rien, avoua difficilement la rousse.

– Et maintenant ? demanda Rosa en lançant un bref regard au ventre rond qu'elle devinait se dessiner sous la robe ample.

– Je suppose que la perspective d'un lendemain ne devrait plus me paraître aussi douloureuse…

– Mais ce n'est pas le cas ?

– C'est un peu compliqué. J'ai toujours eu une relation un peu… compliquée avec le père de mon enfant à naître et il y a encore des secrets entre nous. Et je ne suis pas sûre d'être prête pour cet enfant. Est-ce que je saurai m'en occuper correctement ? Ces derniers temps, ma vie partait en lambeau. Serai-je assez forte pour mon bébé ? Désolée, je… je crois que j'ai tellement besoin de parler en ce moment que…

– Vos doutes sont naturels. Tout bon parent a ce genre de doutes.

Missy a envie de sourire. Ces mots semblaient si réconfortants et pourtant cela ne lui faisait qu'un effet limité. Parce que Rosa Parks ne la connaissait pas. Rosa Parks ne savait pas quelles horreurs elle avait commis, ni à quel point elle pouvait être dangereuse. Est-ce qu'un jour quelqu'un pourrait parvenir à la rassurer ? Bien sûr, le Docteur y parvenait, la plupart du temps, mais elle était la seule et Missy craignait qu'il ne s'agisse plus d'une peur de la perdre à nouveau. Et bien sûr, il y avait Grace, Yaz et Rosa Parks, mais elle ne leur avait jamais fait de mal. Comment réagiraient-elles si elle décidait de les tortionnaires, un jour ? Lui pardonneraient-elles aussi facilement que le Docteur ? Probablement pas.

– Donc vous êtes remariée ? interrogea Rosa.

– Oui, mais elle… il est aussi mort.

– Je suis vraiment désolée.

– Ce n'est rien, c'était il ya un petit moment déjà.

– Alors ce n'est pas lui le père ?

– Non, c'est un ami d'enfance.

– Donc vous vous êtes mariée trois fois ?

– Non, je n'ai pas épousé mon ami. Nous y avions songé lorsque nous étions plus jeunes, mais maintenant… Je ne crois pas que le mariage convienne à notre relation.

Rosa lui lança un regard étrange.

– Hum… dit-elle un peu gênée. Avez-vous un travail ?

Non, pas actuellement. Elle avait été professeur à l'Académie, sur Gallifrey. Elle avait été engagée en politique. Elle avait fait ses classes, était devenue Capitaine, puis rapidement Général dans la Guerre du Temps. Mais tout cela lui semblait si lointain. Et pour finir, elle était devenue Ministre de la défense et Premier Ministre du Royaume-Uni. Oh ! Et Premier Ministre de la planète Mondas. Et sinon pour son peuple, elle contient, maintenant, le rang de criminel, de génie, de héros de guerre et d'exploratrice. Un peu hétéroclite, tout ça… Mais elle n'était pas vraiment qualifiée pour aller explorer des planètes, alors elle ne pouvait pas réellement le considérer comme un métier.

– Pas vraiment. Je… suis engagé en politique, mais ce n'est pas très important. Je ne dirige pas un pays, non plus. Ça me convient. Le pouvoir… Je crois que ce n'est plus pour moi. Ça ne m'a jamais rien apporté, finalement. Alors pourquoi insister ? Il y a des choses plus importantes, maintenant. Et voilà que je me remets à trop parler. Pourtant, on ne peut pas dire que j'étais très bavarde avant… jamais, en fait…

– Vous semblez avoir beaucoup sur le cœur, Mademoiselle.

– Vous n'imaginez même pas à quel point, soupira la rousse.

Puis elle se raidit. Lentement, elle tourne la tête vers la pendule. Elle en avait presque oublié la menace de Krasko. Il était 17h30. Elles devaient bientôt partir. À 17h40, au plus tard.

– Vous avez bientôt terminé ?

– Quand on fait un travail, il doit être fait correctement.

– Si vous saviez à quel point j'apprécie votre côté méticuleux, mais je ne voudrais pas vous faire manquer votre bus.

– Je pourrais toujours rentrer après.

– Voyons, vous n'avez pas besoin de faire ça pour ce manteau. En fait, je risque même de le brûler tant que les goûts vestimentaires de mon amie sont médiocres.

- Pardon ?

– Oh, pas tout de suite, mais bientôt. Je brûlerai sa garde-robe, bientôt.

Rosa coupa alors le fils et posa ses ciseaux et son aiguille.

– Je pense qu'il faudrait peut-être… a commencé-t-elle en retirant le manteau du mannequin.

Mais Missy lui prit le manteau des mains et la coupa précipitamment :

– Parfait ! C'est parfait ! Sa mère se laissera berner sans le moindre souci. Et vraiment, ne vous cassez pas la tête, je finirais par trouver un moyen de tout brûler un jour et de lui faire porter une robe sans qu'elle n'émette la moindre objection. Enfin, il me faut un petit lavage de cerveau, mais passons. Je vous ai déjà réglé en début d'après-midi, non ?

– Oui, mais…

– Allez ! Venez, nous prenons le même bus, sourit Missy en attrapant le sac et le manteau de Rosa Parks qui devait sans nul doute la prendre pour une folle, maintenant.


– Mademoiselle ! Je commençais à avoir peur de ne plus vous revoir, sourit le Docteur alors que la rousse montait dans le train.

– Oui, moi aussi, je commençais à craindre ça. Votre manteau, répondu-elle en lui tendant le manteau gris.

Le Docteur l'examen sous toutes les coutures.

– Oh, merci Mme Parks ! Très beau travail, je vous en suis très reconnaissante, la remercia-t-elle.

Rosa regarda autour d'elle pour vérifier les lieux encore libres.

– Je vous prie, Madame.

– Fermez pas la porte ! cria une voix hors du bus. Ne démarrez pas ! Attendez-moi !

Ryan entra, tout essoufflé, dans le bus.

– Vous voilà. J'nous ai débarrassés de Krasko.

– Et commenter ? chuchota la blonde.

– J'vous ai emprunté ça, répondu-il en agitant l'expulseur temporel. J'crois que je l'ai réglé au max dans le passé. C'est fini.

« Je l'aurais parié », songea Missy.

– Monte par la porte réservée aux gens de couleur, ordonna James Blake. La loi c'est la loi.

Ryan mit une pièce dans la machine et descendit à nouveau du bus pour y rentrer de l'autre côté, l'air de se retenir le plus possible pour ne pas frapper le chauffeur.

Dottie se leva brièvement pour remettre son manteau. Elle réalisa seulement maintenant à quel point il lui avait manqué toute la journée.

– Génial, je ne pourrais pas le brûler, vous êtes déjà accro… soupira la rousse.

– Arrêtez de vouloir brûler mes affaires !

Mais Missy se contenta de se diriger vers Graham qui se leva aussitôt pour lui laisser la place. Il partit alors en chasse d'une nouvelle place pour lui. Il s'est trouvé d'ailleurs une juste derrière les deux Dames du Temps.

– Si Ryan a pu envoyer Krasko dans le passé, ça signifie que les lois du temps ont dû se rebeller contre l'idée d'envoyer Rosa Parks dans une autre temporalité, donc il s'agit d'un point fixe et on aura quelques problèmes si les choses ne se déroulent pas comme prévu, murmura l'ancienne maîtresse du chaos.

– D'accord, donc j'avais raison de m'inquiéter pour le nombre de lieux.

Le Docteur se retourne pour mieux appréhender les choses. Ça devait marcher. Il n'y avait plus aucune raison pour qu'il y ait un problème, n'est-ce pas ? Ils avaient tout fait dans les règles. Et s'il s'agissait bien d'un point fixe comme elle le pressait depuis quelques heures, alors tout devait bien se passer, maintenant. En tous cas, c'était la seule chose dont elle ne pouvait se persuader…

– Tout va bien se passer, assura la rousse.

– Vous pensez vraiment ou vous essayez juste de me réconforter ?

– On va s'en tenir à « tout va bien », si vous le voulez bien.

– Hé, Doc, appela Graham. Rosa est à bord du bus, James Blake au volant, tout va bien, non ?

– C'est quoi le souci ? Yaz s'inquiéta. Qu'est-ce que vous faites ?

– Je compte les sièges vides.

– Ça a marché. Sur un fait ce qui fallait.

– J'en suis pas sûre, maugréa la blonde en restant paralysée par une connexion que son esprit essayait de faire, mais pas sa conscience.

– On descend au prochain arrêt, c'est bien ça ?

– À Empire Seather, oui.

– Ok, allons-y, fit Graham en se levant. On peut y aller, notre boulot est fini. L'Histoire ne craint plus rien.

Une femme qui venait d'entrer prit alors la place qu'il avait laissée vacante.

– Bon, alors, vous venez ?

– Docteur ?

– Ne descendez pas, Graham. Si on descend du bus, y aura assez de sièges vides pour les passagers blancs, on ne demandera pas à Rosa de se lever. On doit absolument rester.

– On était là ? On fait partie de l'Histoire. L'Histoire avec un grand « H », réalisant Yaz, les yeux brillants, à la fois d'excitation et de tristesse.

– Non, non, non. Je veux pas faire ça, protesta Graham.

– Vous n'avez pas le choix. Vous vous rendez compte que si vous descendez l'Histoire ne se fera pas et les conséquences pour le monde tel que vous le connaîtrez seront désastreuses. Et pour l'Univers.

– Je veux pas, répéta-t-il.

– Pensez à Grace. Que pensez-vous-elle ? persista Missy à voix basse.

– Elle me taperait sur la tête et me disputerait, sourit-il. D'accord, je reste…

– J'vais avoir besoin de ces lieux, là-bas ! lance James Blake. Vous feriez mieux d'arrêter de vous compliquer la vie et de libérer des sièges.

Deux femmes noires se levèrent et partirent vers le fond du bus. Puis, un homme assis à côté de Rosa Parks se leva. Cette dernière dut se lever à son tour pour le laisser passer. Il partit à la suite des deux femmes à l'arrière. Rosa échangea un regard empli d'antipathie avec le chauffeur de bus. Puis elle se rassit, déclenchant la colère de ce dernier. Il se leva et se précipita vers elle, prenant un carton indiqué « blancs » pour le mettre sur la place où elle était assise.

– Maintenant levez-vous.

– Je ne vois pas pourquoi je devrais me lever.

– J'vous ai dit de vous lever, alors debout !

- Non.

– Si vous refusez de vous lever, je vous ferai arrêter.

– Faîtes ce que vous avez à faire.

Il se précipita alors vers le haut du bus pour sortir et appeler la police avec la cabine de police juste à côté.

Après quelques minutes d'attente, une voiture est apparue à l'extérieur du bus. Deux agents en sortirent et sous les indications de James Blake, se dirigèrent vers Rosa Parks qui les suivit dehors sans discuter.

Graham s'est rapproché d'une vitre pour mieux observer la scène.

– Je ne suis pas sûr d'avoir bien fait, murmura-t-il en voyant Missy s'approcher de lui.

– Vous avez fait exactement ce qu'il fallait, le rassura-t-elle.

Mais il se contentait de regarder fixement Rosa montant dans la voiture de police. Puis un mouvement attire son attention dans un coin. Une forme familière se dessinait. Un visage dans l'ombre. Un visage qu'il était sûr d'avoir déjà vu quelque part sans pour autant pouvoir bien le discerner. Il lui rappelait celui de Grace. Puis elle se retire vite. Il glisse sur le côté cherchant plus précisément. Il devait être sûr. Mais elle avait disparu comme un mirage.

– Graham ? Ça va ? Missy s'inquiète.

– J'ai cru… voir quelqu'un dehors. J'ai cru… Elle ressemblait à Grace… Non, c'est stupide, elle ne peut pas être là. Ça devait être le reflet de la vitre et l'obscurité de la nuit.

La rousse fixe l'obscurité. Elle ne décelait rien. Le cerveau de Graham avait-il associé cette silhouette à sa femme parce que la situation lui faisait penser à elle ? Ou bien y avait-il plus derrière ce jeu de lumière ?


– Le boycott a commencé le lundi. Dans tout Montgomery, les habitants ont refusé de prendre les bus pour protester contre l'arrestation de Rosa. Et un peu plus d'un an après, le 21 décembre 1956, on a mis un terme à la ségrégation dans les bus de Montgomery, expliqua le Docteur avec un grand sourire, alors qu'elle regardait avec tout le monde des images filmées de Rosa Parks dans la salle de contrôle du TARDIS.

– Donc tout s'est bien fini pour elle ? demanda Ryan alors qu'ils regardaient tous une vidéo de Rosa Parks âgée avec le Président Clinton.

– Non, la vie a toujours été dure pour Rosa. Elle a perdu son travail, son mari aussi. C'était une lutte de tous les jours. Mais ils ont continué à se battre. Et en juin 1999, Rosa a reçu des mains du Président Clinton la médaille du congrès. La plus haute distinction du pays honorant un civil. Ce qui a fait d'elle une icône vivante de la liberté.

– Ça en a mis du temps. Toute une vie, murmura Ryan, pensif.

– Oui, c'est exact. Mais elle a changé le monde. En fait… elle a changé l'Univers. Venez voir.

Le Docteur se dirige vers les portes du TARDIS et Missy les ouvrit en claquant des doigts, entrevoir une étoile lumineuse au loin. Des roches de diverses tailles gravitaient autour. Et un astéroïde.

– Astéroïde 2-8-4-9-9-6, aussi connu sous le nom de Rosa Parks, sourit-elle.

Les trois humains restèrent de nombreuses minutes à observer les formes brillantes voler dans l'espace avec un certain apaisement.

Le Docteur tourne la tête sur le côté et gratifia Missy d'un sourire rayonnant qu'elle ne lui rend que très difficilement.


J'espère que vous aurez apprécié la fin de ce troisième épisode ^^

Je posterai le chapitre inter-épisode ce week-end, en attendant portez-vous bien et n'hésitez pas à me laisser une review si ça vous a plu ou non ^^