DISCLAMER : Cet univers et ses personnages ne m'appartiennent pas, malheureusement :(
NOTE : Continuez de lire et de commenter et vous aurez bientôt la naissance du bébé de Missy et du Docteur ;)
Bonne Lecture ! ^^
– Chapitre 16 – Un tambour de cœur
– Cette petite aventure était assez sympathique, sourit Missy. Vous avez changé. Vous supportez les nouvelles règles dues à votre condition féminine ?
Elle était maintenant assise dans la salle de contrôle, attendant les nouveaux résultats des examens que le Docteur lui avait fait passer. Les trois compagnons étaient partis dans leur chambre d'appoint se reposer. Ils le méritaient, ils ne s'étaient pas vraiment posés ces deux derniers jours.
Mais son amie restait obstinément muette. Elle lisait, continuait de scanner nerveusement avec son tournevis sonique et d'écouter les quatre cœurs battre. Et Missy, qui d'ordinaire, n'avait pas de problèmes pour rester calme sans rien faire, avait'hui la plus grande difficulté du monde à garder son calme parce qu'elle sentait sa propre inquiétude en plus de celle du Docteur. Elle avait besoin de parler se changer les idées, ne serait-ce qu'un peu.
– D'accord, dîtes-le tout de suite si je vous ennuie… s'agaça-t-elle.
– Désolée. Oui, vous avez raison, Rosa Parks est une personne formidable. Et c'est très désagréable d'être une femme. Je ne sais déjà plus comment viser aux toilettes, alors avec du sang en plus…
– Docteur, arrêtez d'écouter mes cœurs, ceux du bébé, et de me scanner, sinon je vous jure que je vous fais manger votre tournevis pour finir par vous étrangler avec le stéthoscope, menaça-t-elle. Attendez… Vous êtes toujours debout aux toilettes ?
Missy ne put empêcher un rire d'éclater hors de sa gorge.
– Vous trouvez ça drôle ? se vexa le Docteur.
– C'est… Vous devez vous asseoir, maintenant, répondu Missy, moqueuse. Oh !
Elle se plia légèrement et posa ses mains sur son ventre. Une petite douleur, comme un point de côté ou bien… un coup de pied ? C'était difficile à dire.
– Ça va ? s'inquiète la blonde.
– Oui. C'est… je crois que c'était un coup de pied. Très fort. Je ne crois pas qu'il y ait de soucis à se faire. Nous l'aurions vite su, il y aurait eu des indices marquants s'il y avait le moindre problème.
– Ça ne veut pas dire qu'il n'y a rien. Pour autant qu'on le sache, ça peut tout aussi bien vouloir dire que ce qui affecte votre grossesse est vicieux.
– Ne dîtes pas ça !
Cette fois, Missy n'avait pu empêcher le son de sa voix d'augmenter.
– Vous-même, vous êtes inquiète à cause de la rapidité de la grossesse, alors pourquoi vous réagissez comme ça ?
– Je réagis comme ça parce que vous, vous ne voulez pas vous calmer !
« DING ! »
– Pourquoi je me calmerais quand vous pourriez risquer votre vie en mettant au monde notre fille ?!
– Nous n'en sommes pas encore là !
– Vraiment ? Parce que j'ai l'impression que vos cœurs battent plus vite qu'à la normale.
– Oui, je suis en colère !
« DING ! »
– Non, même avant ! Dans la chambre d'hôtel ! Et il y a quelques instants dans le TARDIS !
La colonne du TARDIS se mit à gémir et à clignoter, leur rappelant les résultats d'analyses.
– Tu vois pas qu'on est en train de se disputer ?! lança le Docteur avant de réaliser qu'elle avait maintenant les résultats disponibles.
Elle s'approcha de l'écran et hésita quelques instants avant de les ouvrir.
– Qu'est-ce que vous attendez ? soupira Missy.
– Rien…
La blonde les ouvrit et se retrouva devant toute une myriade de chiffres et de comptes-rendus qui s'étalèrent sur tous les écrans.
L'ancienne maîtresse du chaos s'est rapprochée d'un écran.
– Bon, je vais bien, apparemment.
– Le TARDIS a détecté une hypertension légère et c'est tout ? Rien pour notre fille ? Rien qui peut expliquer la vitesse apparente de la grossesse ? On voit juste le bébé se développer plus vite et une légère hypertension ? Tu te moques de moi ?!
– Laissez-la tranquille !
– Je relance, persista-t-elle.
Mais son amie d'enfance la prend par les épaules et l'éloigna des commandes.
– Et vous espérez trouver quoi, au juste ?
– La raison qui fait que notre fille se développe aussi vite. La raison qui fait que vous avez de l'hypertension.
– Ce n'est pas avec de nouvelles analyses et plus de technologies que vous allez mieux comprendre, Docteur.
– Mais commentez…
– Vous le savez déjà, je crois.
Dottie baissa la tête. Oui, elle désignait déjà savoir où se situait le problème. Elle savait d'où venait cette hypertension. Une hypertension comme celle-là ne pouvait être engendrée que par le stress. Et dans ce cas, c'était de sa faute. Elle n'avait pas réellement pris Missy en compte depuis sa régénération et elle s'en voulait atrocement pour ça. Maintenant, elle ne pouvait qu'essayer de mettre la mère de son enfant en sécurité. Elle ne pouvait qu'essayer de mener une vie paisible jusqu'à ce que Missy accouche.
Mais quand accoucherait-elle ? Le bébé se développait plus vite. Elle donne déjà des coups de pied. Quand serait-elle suffisamment bien formée pour sortir ? Elle devait produire un algorithme pour appréhender la situation. Mais pourquoi une telle situation ? C'était peut-être une question stupide étant donné que Missy avait été au cœur d'une explosion, électrocutée par des Cybermen et avait donc dû se régénérer. Oui, pourquoi n'avait-elle pas pensé à tout ça pour le développement de la grossesse ? Pourquoi ne décape-elle à rien, ces derniers temps ? Elle grimaça. Elle était en colère. Elle se sentait si stupide !
– Calmez-vous, murmura Missy d'une voix étonnamment douce. Tout ça, ce n'est pas uniquement votre faute. C'est aussi la mienne. C'était mon armée et j'ai décidé de me battre à vos côtés malgré toutes vos protestations. J'aurais dû penser qu'il y aurait plus de conséquences que ce que j'avais proposé. J'aurais dû penser, ce jour-là, à notre enfant.
– Non, j'aurais dû vous assumer et vous envoyer avec Nardole…
– M'assommer ? Je vous rappelle que niveau combat, votre incarnation précédente contre mon incarnation précédente, ce n'était pas un très bon calcul pour vous. J'étais bien plus vive et souple que vous à ce moment-là.
– Oui, mais avec tous mes sermons, vous avez pris des risques.
– Docteur, le bébé va bien. Certes, elle se développe plus rapidement que d'habitude, mais ni nos deux TARDIS, ni nos soniques ne détectent le moindre problème en elle. Elle se porte bien. Vous lui avez même parlé, je vous rappelle. Comment se porte-t-elle ?
Dottie coupait un faible sourire malgré l'angoisse qui lui éteignait la gorge. Elle se mit à genoux et enroula ses bras autour de la taille de Missy pour laisser reposer sa tête contre son ventre bien arrondi.
– Oh… D'accord, c'est un peu étrange, mais d'accord, si ça peut vous rassurer.
Le sourire de la blonde s'agrandit alors que les pensées de leur fille réduisaient son chemin dans son esprit et que les battements de ses cœurs résonnaient avec plus de force. Bien qu'apaisante, cette sensation ne fut qu'éphémère.
Car quelque chose d'autre la dérangeait, l'angoissait, la paniquait. Sa fille adoptive, Miranda était morte en couches à cause d'une hypertension. Et si l'hypertension était due au stress, alors elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même. Non seulement elle avait affaibli Missy, mais en plus, elle avait fait n'importe quoi en la baladant partout et à travers tous les dangers.
Elle ne se le pardonnerait jamais si… Elle ne parvenait même pas à chanter à ce qui risquait d'arriver à Missy. Non, pas ça. Non, ne la forcez pas à songer ou même à envisager une telle option. Non, pitié. Elle ne pouvait pas perdre Missy. Elle ne pouvait pas risquer de perdre leur enfant. Et elle ne pouvait certainement pas perdre tout ça juste à cause de son idiotie.
Oui, elle préférait parler d'idiotie. C'était juste ça. Et maintenant qu'elle avait compris ses principaux défauts, elle allait tout faire pour protéger Missy, pour la forcer à se reposer et pour la garder loin des dangers de l'Univers. Oui et ce serait amplement suffisant. N'est-ce pas ? Missy allait se reposer et tout irait bien.
« Dîtes que tout ira bien », pria-t-elle sans réellement songer que son amie avait entendu et senti chacune de ses angoisses.
Pour l'instant, il ne lui importait que de prier et de se convaincre. Oui, elle devait se convaincre parce que sinon elle ne pourrait jamais se le pardonner. Et jamais elle ne pourrait continuer si elle avait la certitude qu'elle avait tué sa chère amie. Oui, elle devait se convaincre. Parce que jamais elle ne pourrait accepter que son amie lui soit à nouveau arrachée.
Elle sentit les mains de Missy caresser ses cheveux.
– Je ferai attention, murmura-t-elle. Nous essaierons de ne pas trop nous disputer jusqu'à ce que le bébé vienne au monde. Nous allons essayer de rester dans des endroits calmes.
– Je ne décide pas toujours où j'atterris…
– Je vais parler avec votre TARDIS pour lui expliquer la situation, sourit la rousse.
– Et moi, je vais créer un algorithme à partir de l'évolution de votre grossesse en l'état actuel des choses.
À contrecœur, Dottie se détache de la mère de son enfant, se relève et se précipite sur les commandes, empêche de croiser le regard vert.
– Docteur ?
– Oui ?
– Nous avions d'autres choses à parler en dehors de la grossesse, lui rappela l'ancienne maîtresse du chaos.
– Oui. Gallifrey. Vous voulez que notre fille vienne au monde sur Gallifrey. On pourrait aller au cœur de la Citadelle, non, c'est pas une bonne idée, on n'est pas très appréciées des dirigeants. Ou la grange de mon enfance ? Ou votre domaine ? Mais il est plus proche de la Citadelle que le mien. Mais aussi plus grandiose. Il s'étend au-delà du Mont de la Perdition. Où voulez-vous aller ?
– Je ne mettrai pas notre enfant au monde dans une grange ! Et je veux un médecin. Un qui, de préférence, connaît ma biologie.
– Ne suis-je pas Docteur ?
– Vous avez pratiqué des accouchements, récemment ?
– Plus depuis la Grande Guerre du Temps, lorsque j'étais infirmier.
– Oui, c'est vrai, vous n'étiez qu'infirmier. Je ne me sens pas beaucoup plus rassurée, vous savez ? marmonna Missy en s'asseyant à nouveau sur l'un des sièges transparents.
Le Docteur tapait avec une grande vitesse sur ce qui ressemblait à des touches lumineuses sur le tableau de commande. C'était du Gallifreyen circulaire. C'est alors que Missy réalisa que le nouvel affichage du TARDIS était complètement retranscrit en Gallifreyen, contrairement aux précédents.
– Donc je veux être sur mes terres, dans mon domaine, avec les serviteurs que je connais et un médecin fiable qui ne cherche pas à alerter le Haut-Conseil de notre présence. Et quand je dis « notre », je pense surtout à la mienne étant donné que la dernière fois que j'y suis allée, j'ai failli être condamnée à mort. Je n'en ai pas réchappé de justesse que parce que j'ai enfermé Rassilon. Et d'après ce que j'ai entendu dire, ils ont à nouveau libéré Rassilon pour sortir de l'univers de poche dans lequel vous les avez enfermés.
La blonde sentit tous ses muscles se tendre à l'extrême. Rassilon… Oui, ils avaient à nouveau commis l'erreur de le ramener pour les sauver. Les Seigneurs du Temps n'apprendraient donc jamais de leurs erreurs. Enfin, pas les Seigneurs du Temps haut représentés. Mais le reste de la population, elle, s'était rebellée contre Rassilon et avait pris son parti.
– Vous n'avez pas à vous en faire pour Rassilon. La dernière fois que j'y suis allée, j'ai veillé à ce qu'il ne puisse plus reprendre le pouvoir, répondu-elle avec plus de froideur qu'elle ne l'avait voulu.
– Qu'entendez-vous par-là ? s'enquit Missy avec curiosité et une pointe d'excitation.
– Je veux dire que j'ai banni Rassilon de Gallifrey avec condamnation à mort si lui et les membres du Haut-Conseil revenaient.
– Vous ne pouvez avoir imposé cette volonté que si vous avez tenté à nouveau Seigneur Président.
– J'ai repris le pouvoir à Rassilon, annoncé Dottie en se retournant.
– Je croyais que le pouvoir ne vous intéressait pas ?
– Le pouvoir ne m'intéresse pas. Je voulais juste le mettre hors d'état de nuisible. Il avait déjà commis suffisamment de crimes, ainsi que les membres du Haut-Conseil. Il était grand temps qu'ils laissent place à un nouveau gouvernement. Je n'ai gardé que Magnus. Il doit me représenter, d'ailleurs…
– Donc vous dirigez Gallifrey, en ce moment ?
– Aux dernières nouvelles, oui. Je n'ai reçu aucun message m'informant qu'il y avait eu un coup d'état ou de nouvelles élections. Je crois que techniquement, je suis encore Seigneur Président.
L'ancienne maîtresse du chaos fronça les sourcils. Quelque chose a choisi de clochait. Pourquoi tout d'un coup, le Docteur a-t-il décidé de faire un coup d'État ? Pourquoi en parlait-elle avec autant de froideur et de… Oui, quelque chose clochait et cela devait nécessairement avoir un lien avec ce qu'elle lui cachait.
– Que vous avez-ils fait ?
– C'était il ya plus de cent ans, maintenant…
– Très bien, pour l'instant, nous allons nous contenter de dire que le bébé pourra venir au monde sur Gallifrey, étant donné que la seule personne au gouvernement en ce moment, c'est vous. Nous allons donc mettre cette information de côté pour nous concentrer sur la colère qui bouillonne en vous, d'accord ?
– Je ne veux pas avoir à faire ça… soupira la blonde.
– Mais le fait est que vous avez à le faire. Vous m'aviez promis de m'expliquer ce qui n'allait pas.
Le Docteur inspiré profondément. C'était peut-être le moment. Elle avait toujours été honnête envers le Maître, même lorsqu'ils étaient ennemis.
– C'était à l'époque où je voyageais avec Clara. Enfin, plutôt vers la fin. C'était le jour où Clara est morte, commença-t-elle, la voix rauque. Les Seigneurs du Temps avaient demandé à Ashildr de me piéger. Et c'est ce qui a tué Clara.
– Je croyais que Clara avait été tuée par le Corbeau.
– Oui, mais ce sont les Seigneurs du Temps qui ont donné le Corbeau à Ashildr !
– Bon, ne revenons pas sur le sujet. Que s'est-il passé après ? Où vous avez-ils envoyé ?
– Dans mon cadran de confession. La prison parfaite pour moi.
Le Docteur baissa la tête. Elle se sentait toujours aussi furieuse. Toutes ces années… tous ces siècles… tous ces millénaires… ces quatre milliards d'années à détruire poings par poings le verre pour pouvoir s'échapper. Le nombre de crâne d'elle-même qu'elle avait trouvé. Le nombre de fois où elle était morte. La créature… Elle frissonna en repensant à la forme sombre et à moitié décomposée enveloppée de mouches.
– Mais c'est un acte de profanation suprême ! s'emporta Missy en se levant d'un lien.
Le cadran de confession établit les droits les plus sacrés des morts. C'était une technologie sacrée et inviolable. Jamais personne dans toute l'Histoire de leur planète ne s'était permis de bafouer à ce point le souvenir des morts. Mais personne ne s'était jamais permis non plus de rendre fou un enfant en implantant dans sa tête un signal télépathique.
– Je suppose que c'est encore une idée de Rassilon et du Haut-Conseil, cassa-t-elle.
– J'aurais dû tuer Rassilon lorsque j'en ai eu l'occasion, le jour où j'ai brisé l'étoile et vous ai sauvé des tambours. J'étais juste en face de lui. J'avais une arme. J'aurais pu tirer. J'aurais pu trouver un moyen de l'empêcher de se régénérer. J'aurais pu éviter tellement de choses.
L'ancienne maîtresse du chaos relève vivement la tête, surprise. Depuis quand le Docteur s'en voulait-elle de ne pas avoir tué quelqu'un ? Certes, il s'agissait de Rassilon. Rassilon qui leur avait fait vivre un enfer depuis qu'il avait été ressuscité. Non, elle devait rester calme. Il fallait qu'au moins l'une d'elles puisse garder son sang-froid. Mais cela risquait d'être difficile parce que le Docteur lui avait démontré qu'elle serait furieuse en apprenant la vérité. Là, elle était déjà bien en colère, mais elle savait qu'il y avait encore quelque chose dont le Docteur ne lui avait pas parlé.
Elle se rapprocha et glissa sa main gauche sous son menton pour lui faire relever la tête. Elle voit la douleur et la colère filtrer par son regard noisette.
– Docteur, ce n'est pas vous, ça. Vous ne dîtes pas ce genre de choses, tenta la rousse.
– Pourtant je viens de le dire.
– Justement, c'est pour cette raison que je m'inquiète.
– Je ne vois que ça pour me débarrasser de lui. Bien sûr, je dois détruire tous les anciens rites de résurrection et les effacer des esprits des Seigneurs du Temps. Mais la mort serait trop douce pour lui. Il a détruit votre vie. Sa sanction finale m'a poussé à détruire Gallifrey. Il m'a enfermé dans mon cadran de confession et l'a transformé en salle de torture sur mesure pour moi. Il mériterait pire que la mort et c'est pour ça que je ne l'ai pas tué. Je l'ai banni sans la moindre ressource dans un Univers qui le hait autant qu'il peut haïr les Daleks. Il est seul et j'espère bien qu'il souffre.
– Il vous a torturé… dans votre cadran de confession ?
Missy avait l'impression que l'information restait bloquée à l'entrée de son cerveau. Personne n'avait le droit de torturer son amie. Personne n'en avait jamais eu le droit. Elle s'était toujours considérée comme la seule à avoir ce privilège. Même diabolique, elle n'avait jamais supporté que quelqu'un d'autre lui fasse autant de mal. Et Rassilon avait osé le faire. Celui qui avait déjà détruit sa vie s'était permis de faire du mal à son amie pendant… Pendant combien de temps ?
– Combien de temps êtes-vous resté dans le cadran de confession ?
– Aucune importance, répondu la blonde en haussant les épaules.
Son regard cherchait à nouveau à éviter celui de la mère de son enfant.
– Combien de temps ? répéta Missy avec un étrange calme.
Ce calme n'était définitivement pas normal et certainement pas rassurant pour le Docteur.
– C'est pas ça le plus important.
– Alors pourquoi vous évitez le sujet ? docteur !
– Mademoiselle, je…
– Docteur ! Ne me mets pas en colère. Je vous rappelle que je ne dois pas me mettre en colère, alors essayez de coopérer.
– Justement, j'essaye de ne pas trop vous plonger dans cette histoire, protesta Dottie en se dégageant de la prise de son premier amour.
– Soit, vous coopérez et parlez en toute honnêteté, soit, je vais voir par moi-même.
– Et comment vous iriez voir par vous-même ?
– À vous de voir. Soit, je vais interroger Rassilon avec tout, sauf de la délicatesse soit, je force l'entrée de votre esprit.
– Je veux ni l'un ni l'autre !
– Alors dîtes-le-moi parce que je vais finir par le savoir. essayez de faire en sorte que je ne sois pas seule et démunie à ce moment-là.
– Vous savez… parfois vous me faîtes vraiment peur, avoua le Docteur.
– Vous savez… vous aussi, rétorqua la rousse sur le même modèle. Et c'est bien pour ça que je vous pose cet ultimatum.
La blonde se balance d'un pied à l'autre. Elle n'aimait pas la tournure que participait cette discussion. Vraiment pas. Mais elle savait que Missy était sérieuse.
– Quatliards d'nées, marmonna-t-elle avec la réelle intention d'être incompréhensible.
– Plus fort et plus intelligible, ordonna Missy.
– Quatre milliards d'années, répéta-t-elle toujours faiblement.
Mais elle savait que ce serait suffisant. Elle savait que Missy avait largement pu entendre et comprendre. Et elle sentait cette colère froide envahir la pièce et brûler l'air autour d'elle.
– Mais ce n'est pas si grave. Ça passe vite. Je ne voyais même pas le temps passer réellement puisque je revivais la même journée encore et encore. Dès que je mourais, je revenais pour revivre la journée, se précipita-t-elle, réalisant seulement après coup qu'elle s'était révélée morte un nombre incalculable de fois. Enfin, je suis pas morte autant de fois que vous pourriez le croire.
– Chut, je réfléchis, se contenta de répondre Missy.
– Oh, c'est vrai ? Génial, je pensais que vous auriez plutôt… Mais vous pensez à quoi, au juste ?
– À la plus époustouflante technique de torture que je connaisse.
– Bon, ça, c'est moins génial…
– Il me semblait pourtant que vous regrettiez d'avoir laissé vivre Rassilon et que vous pensiez que la mort était trop douce pour lui.
– Je me fiche de ce qui peut arriver à Rassilon. Je m'inquiète pour vous.
– Vous pensez qu'il pourrait me faire du mal ?
– Non, je sais que vous pourriez bien vous en sortir dans l'état actuel des choses. Je veux protéger ton âme, Missy.
– Laissez mon âme en dehors de cette histoire.
– Non, vous m'aviez promis d'apprendre à faire le bien. Et une telle vengeance briserait cette promesse. Et…
– Et briserait mon âme ? Docteur, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, mon âme est déjà brisée depuis longtemps et peut-être que rien jamais ne pourra rappeler les morceaux. Alors laissez-moi m'occuper de Rassilon.
- Non ! Je suis là pour vous aider à réparer les choses.
– Eh bien peut-être qu'on ne peut pas tout réparer.
– Rassilon ne mérite pas que vous sacrifiiez votre bon côté.
– L'avenir de Rassilon ne pèsera pas lourd sur ma conscience et ne changera rien à ce que je fais avec vous.
– Si vous le tuez…
– Vous voulez le tuer aussi !
– Oui, mais je ne suis pas sûr que je pourrais réellement franchiser le pas, un jour. Vous, je sais que vous le fériez.
– Raison de plus pour que je le fasse à votre place.
– Je ne vous ai jamais demandé ça !
– Non, vous vous rendez malade dès que vous songez à faire du mal à quelqu'un !
– Oui, c'est si étrange de ne pas aimer faire du mal à des gens bien !
– Non, c'est étrange de haïr à ce point quelqu'un et de vouloir le protéger juste après !
– Ce n'est pas lui que je veux protéger, bon sang ! C'est vous !
Alors que Missy allait répliquer, elle sentit une douleur dans son ventre. Elle se plia en deux, réussit à éviter un gémissement.
– Mademoiselle ?!
– Je vais bien ! Ne changez… pas… de sujet… AAAH ! Bon, d'accord, j'ai un peu mal.
Le Docteur se précipita vers elle, paniquée. Elle la prit dans ses bras et la força à s'asseoir par terre.
– Mademoiselle, respirez. Vous devez vous calmer, d'accord ? parvint-elle à articuler, malgré ses cœurs qui s'accéléraient aussi.
L'ancienne maîtresse du chaos se laissa reposer dans les bras de son amie et tente de reprendre une respiration normale. Elle était trop sifflante. Elle ferma les yeux pour essayer de plus se concentrer, mais elle avait vraiment du mal à se calmer. Qu'arrivait-il à son bébé ? Et si leur litige avait provoqué un problème ? Non, elle ne pouvait pas se calmer avec toutes ses angoisses dans la tête.
Elle sentit deux mains se poser sur ses tempes. Elle sentit toutes ses questions, toutes ses angoisses, toute sa colère la quitter brusquement. Alors qu'elle avait eu l'impression d'être enserrée dans un étau, elle eut soudain une sensation de paix. C'était un peu étrange et assurément artificiel. Elle le sentait. Mais ça lui faisait du bien.
Elle se sentit se glisser encore plus dans les bras de la mère de son enfant, alors que ses forces commençaient à l'abandonner. Non, elle devait rester éveillée. Pourquoi n'y arrive-t-elle pas ? La douleur, elle devait se raccrocher à la douleur. Mais elle n'y arrive pas. C'était comme si un voile avait été posé dessus. Elle la sentait toujours, mais elle avait du mal à y faire attention. C'était peut-être ça, l'effet d'un filtre à perception.
« Calmez-vous, tout va bien », lui assure une voix douce dans sa tête.
« Docteur, arrêtez, je peux très bien… »
Argh !
Elle s'était endormie. Le Docteur était parvenue à l'endormir. Comment y était-elle parvenue aussi facilement ? Elle se retourne dans son lit, les yeux toujours fermés. Dans son lit ? Oui, elle sentait les couvertures et reconnaissait son matelas. Le Docteur l'avait mis au lit. Que s'était-il passé pour qu'elle en vienne à de telles brièvetés ?
Elle décidera alors de formuler ces questionnements à voix haute. Mais elle n'a reçu aucune réponse. Ce ne fut qu'à cet instant qu'elle réalisa que le Docteur n'était pas avec elle dans la pièce. Elle se força à ouvrir les yeux et constata à nouveau que sa chambre était vide.
– Docteur ?
Toujours rien.
Elle posa alors ses mains sur son ventre toujours rond. Le bébé était étonnamment calme.
« Docteur ?! » appela-t-elle plus paniquée, songeant que le message télépathique serait plus efficace.
Elle entend alors son cri résonner un peu partout autour d'elle. La résonnance télépathique du TARDIS… Agaçant pour sa tête, mais drôlement utile pour rappeler le Docteur qui, elle le sentait déjà, courait jusqu'à elle.
Elle se redressa difficilement, mais fut saisie rapidement par les épaules pour être rallongée.
– Je ne vous ai pas appelé pour me remettre au lit, soupira-t-elle.
– Vous devez rester allongée encore un peu, assurant que le Docteur en s'asseyant en tailleur face à elle.
– Que s'est-il passé ?
– J'ai dû vous endormir pour vous calmer.
– Merci, ça, j'avais compris. Mais ma question portait plutôt sur la raison des douleurs. Et peut-être un peu sur la façon dont vous êtes parvenue à prendre le dessus sur moi.
– Vous étiez faible, angoissée et souvent mal, ce n'était pas bien compliqué.
– Bon, et maintenant : pourquoi ai-je eu mal ?
– Vous avez eu des contractions de Talphao. Vous savez, ça arrive parfois avant l'accouchement, à cause du stress. Vous devez juste vous reposer.
– Je suppose que je risque d'en avoir à nouveau…
– Seulement si vous ne vous reposez pas et que vous vous mettez en situation de stress.
– D'accord, nous avons déjà une cause perdue sur deux.
– Missy, ce n'est pas drôle.
– Je sais… Et le bébé ? Je la trouve très calme.
Dottie pose une main sur le ventre et sourit.
– Elle est juste fatiguée à cause de… de l'apocalypse ? Tu es sûre de ce que tu avances ?
– Hé ho ! Arrêtez de faire ce genre de chose.
– Ce n'est pas de ma faute ! Elle a eu peur avec les contractions. Bon, elle exagère un peu, mais pour elle, votre ventre est le seul monde qu'elle connaît, alors ça doit obligatoirement l'inquiéter si… Oh, je crois qu'elle va vraiment paniquer à l'accouchement. Elle risque de penser qu'elle est en train de mourir.
– Quand je vous demande d'arrêter, vous comprenez que vous devez enchaîner sur mon accouchement slash apocalypse ?
– Oh, oui, désolée. Donc, j'ai refait des examens pendant que vous dormiez et tout est normal. L'hypertension et la dispute ont provoqué les contractions de Talphao. Mais ce n'est pas dangereux pour le bébé tant que ça ne se reproduit pas trop souvent, dans l'idéal, tant que ça ne se reproduit pas du tout, mais bon… Vous vivez avec moi, alors la vie sera nécessairement agitée…
– Pourquoi dîtes-vous ça ?
– Vous l'avez dit vous-même. Et je… je n'aurais pas dû vous parler de Rassilon, après qu'on a appris les résultats.
– Non, c'était ma faute. Vous avez raison. Je n'aurais pas dû m'emporter de cette façon. Enfin, il mérite bien plus qu'une simple colère, mais ce sera pour plus tard. Pour l'instant, nous devons nous concentrer sur le bébé.
– Ça veut dire que vous voulez toujours vous en prendre à Rassilon ?
– Oui, un jour. Pas tout de suite, mais un jour oui, je le ferai souffrir.
Le Docteur baissa la tête et vint s'allonger près de Missy en la prenant dans ses bras.
– J'espère que quand ce jour sera venu, vous n'en aurez pas la force. J'espère vraiment que ce jour-là, vous aurez compris, murmura-t-elle.
Missy se cala un peu plus confortablement dans ses bras et roula sur le côté pour lui faire face. Elle aimerait tant pouvoir lui dire la même chose. Mais elle savait également ce ne serait probablement jamais le cas. Et pour une fois, elle en était contente. Parce que pour une fois, cela pouvait lui donner un avantage certain que d'être le Champion de la Mort. Pour une fois, elle avait la chance de détruire chaque élément qui constituait la vie de Rassilon. Oui, un jour, elle le détruirait.
Elle fit un léger sourire pour tenter de camoufler cette certitude, mais elle sentait que le Docteur savait déjà.
– Vous avez une idée pour le prénom ? demanda cette dernière pour détourner la conversation. Je crois qu'on hésitait entre un prénom dénommé gallifreyen et terrien.
– Qu'est-ce que vous préférez, vous ?
– J'aimais beaucoup Calandra que vous avez mentionné sur Désolation. Khatereh, Sora et Omeed.
– Ce ne sont que des prénoms terriens, ça.
– J'aime aussi beaucoup Nivaquitrodrel.
– Ah, oui ! Niva, c'est joli, sourit Missy.
– Et les autres ?
– J'aime beaucoup Omeed qui signifie « espoir ». Et finalement Khatereh.
– Donc on a déjà réussi à réduire à trois ? Je suppose qu'on a encore le temps de se mettre d'accord.
– Oui, mais ce sera un prénom gallifreyen, de toute façon, assure la rousse avec un sourire mutin.
– Donc je n'ai pas mon mot à dire ?
– C'est exact ! C'est moi qui vais faire tout le travail, à la fin, je mérite d'avoir le dernier mot.
– Je pense quand-même que vous devriez laisser une chance aux prénoms extra-gallifreyens.
– Et vous, laissez une chance aux prénoms extraterrestres.
– Je vous rappelle que ma mère est humaine et vient de cette planète. J'aimerais que notre fille ait conscience de ses origines.
– Ses origines sont aussi gallifreyennes. Mais je comprends ce que vous voulez dire. C'est vrai que les prénoms terriens peuvent avoir un certain charme.
– Mais vous savez que Niva est aussi un prénom terrien ?
– Parfait, je l'appellerais Nivaquitrodrel et vous, juste Niva.
– Ça me paraît étrangement acceptable.
– Étrangement ?
– Oui, je m'attendais à ce qu'on se bat plus pour imposer nos prénoms.
– On pourrait l'appeler Nivaquitrodrel Calandra Omeed ? Un prénom gallifreyen et deux prénoms terriens, proposition Missy. Un grec et un persan.
– Vous réalisez que personne ne prononcea jamais tout ça ? Pas même sur Gallifrey.
– Elle pourra toujours être votre petit oiseau chantant, se moqua la rousse. D'ailleurs, quand elle chantera la nuit, je compte sur vous pour vous en occuper.
– Est-ce que vous essayez réellement de faire passer pour un chant les futurs pleurs de notre fille ?
– Non, où allez-vous cherchez ça ?
– Bon, qu'est-ce que tu en dis, toi ? Tu veux porter quel prénom ? Nivaquitrodrel ? Calandre ? Ou Omeed ?
Missy sentit immédiatement un nouveau coup de pied.
– Elle préfère les prénoms terriens, assure le Docteur.
- Ah oui ? Vraiment ? Et je dois me fier à ta parole ?
– C'est pas moi, c'est Calandra.
Missy plissa les yeux et caressa son ventre.
– Dis-moi tout, mon ange, est-ce que ta deuxième maman essaie de m'escroquer ?
Elle sentit un nouveau coup de pied et ne put se retenir d'éclater de rire.
– Ça veut pas dire qu'elle répond positivement, se vexa le Docteur.
Missy sourit, attendrie. Elle caresse son ventre de ses deux mains. Oui, pour l'instant, elle se sentait apaisée. Pour l'instant, elle savait qu'elle pouvait gérer leur fille. Pour l'instant, elle se sentait juste bien.
C'est alors qu'elle les entendit… brièvement, faiblement, mais bien là… Les tambours. Non. Pas les tambours. Les battements de cœurs. Ceux de sa fille. Et elle sentait que le Docteur n'avait rien à voir là-dedans. Non, elle entendait les battements de cœurs, seule.
J'espère que ça vous aura plu !
Laissez-moi une review !
Et je vous aimerai toujours !
Donc bonsoir et pas bonjour !
Nous nous revoyons dans deux semaines pour l'épisode 4 de la saison 11 ^^
