Hello tout le monde !

Et non, je n'ai pas oublié cette histoire dont il ne reste malheureusement plus que deux chapitres avant le point final (un seul après celui ci) !

c'était un plaisir de s'y replonger même si ça date un peu, on va essayer d'être un peu plus rapide pour le dernier chapitre hein :)

et j'avais oublié à quel point les chapitres plus courts étaient si agréables à corriger haha

bonne lecture !


Il était dans la cour de récréation de Midtown, feuilletant un manuel de chimie sur un banc isolé, lorsque son téléphone vibra.

Peter l'arracha difficilement de sa poche et le porta à son visage, piqué par la curiosité. Numéro inconnu. On n'avait pas cherché à l'appeler, mais on lui avait laissé un SMS. Songeant qu'il s'agissait probablement d'une publicité ou d'un rappel de rendez-vous oublié, il l'ouvrit sans réfléchir et le parcourut distraitement.

Puis il le relut une deuxième fois, troublé.

"Comment peux-tu encore te regarder dans un miroir, après tout ça ? N'as-tu pas honte de toi ? De ce que tu as osé dire ?

Tu n'est qu'un sale petit menteur, Peter Parker. Un menteur et une mauviette."

Une sensation de malaise s'éveilla au fond de son estomac. Il leva les yeux, s'attendant presque à rencontrer le regard de celui qui venait de lui écrire, mais aucun de ses camarades ne lui prêtait la moindre attention. De l'autre côté de la cour, Flash terminait un devoir d'espagnol sous les soupirs de MJ qui avait accepté de lui donner un coup de main. Elle ne cessait de rouler des yeux désespérés ; à côté d'elle, Ned semblait lutter pour ne pas rire, un bras maladroitement noué autour des épaules de Betty Brant.

Le téléphone de Peter fut agité d'un nouveau soubresaut.

"Anthony Stark ne sera pas toujours là pour gober tes petites histoires et te protéger. N'oublie jamais que sans lui, tu n'es rien, Peter."

Sa première pensée fut que quelqu'un avait découvert son identité secrète — l'un de ses anciens ennemis, probablement Toomes ou cet homme déguisé en rhinocéros qui avait ravagé une partie de New-York, quelques années plus tôt. Mais comment auraient-ils pu dénicher son numéro de portable ? Il n'avait que six contacts, en comptant le numéro de sa pizzeria préférée.

Ses yeux se tournèrent à nouveau vers son téléphone. Un nouveau message semblait le narguer.

"Tu as ruiné ma vie."

Okay, les choses commençaient à devenir sinistres. Peter hésita, mais la curiosité était trop forte et ses doigts parcourent nerveusement le clavier.

"Qui êtes-vous ? Comment avez-vous eu mon numéro ?"

La réponse fusa quasi instantanément :

"Tu sais très bien qui je suis, Peter. A moins que tu n'aies récemment mis d'autres hommes innocents derrière les barreaux…"

"Quant à ton numéro… c'est toi qui me l'avais donné. Tu ne te souviens pas ?"

Le malaise s'intensifia, une onde glacée se répandit dans ses veines. Il voulut avaler sa salive, mais sa gorge refusait de coopérer.

Un seul nom battait désormais dans son esprit, faisant naître dans son corps une panique qu'il avait crue pouvoir oublier — mais c'était comme si tout à coup, on venait d'arracher les pansements que le temps et la thérapie avaient tenté d'apposer sur les blessures qui creusaient son cœur et ses pensées.

Il avait du mal à respirer. L'angoisse remuait sous sa peau, douloureusement familière, plantant ses griffes glacées au creux de son estomac.

James.

James m'a retrouvé.

Une nouvelle vibration se propagea contre ses doigts.

"Si tu préviens qui que ce soit que je t'ai contacté, tu le regretteras. Ou plutôt : May le regrettera. Mais c'est du pareil au même, n'est-ce pas ? Tu ne voudrais pas qu'il arrive un malheur à ta tante adorée..."

Ses mains tremblaient si fort qu'il dut s'y prendre à trois fois avant de répondre :

"Laisse May tranquille, elle ne t'a rien fait et elle n'a rien à voir avec tout ça !"

"Elle a préféré croire Stark que moi. Je lui aurais tout donné, j'aurais tout fait pour elle, pour la protéger, l'aimer, prendre soin d'elle, et elle m'a repoussé pour lui. Elle a fait son choix."

Puis, quelques secondes plus tard :

"Je me suis toujours douté qu'elle en pinçait pour Stark. Et j'ai bien vu la façon dont il la regardait… Je suppose que c'est pour ça qu'il a été aussi prompt à te défendre. Passer par toi pour la mettre dans son lit… malin, non ? Dis-moi, a-t-elle fait seulement semblant de lui résister, ou s'est-elle jetée dans ses bras dès que je suis parti ?"

Son portable lui échappa et fit un bruit mat en tombant sur l'asphalte de la cour. En le ramassant, Peter vit que l'écran s'était fêlé, mais le nouveau message que lui avait adressé James était clairement lisible.

"Tu vas bientôt être convoqué pour témoigner contre moi. Je compte sur toi pour ne pas pleurnicher comme une putain de gonzesse. Pour une fois dans ta misérable vie, Peter Parker, sois un homme. N'oublie pas, j'ai ta précieuse tante à l'œil.

Peut-être même que je m'en occuperais un peu, très bientôt… que tu saches que je ne fais pas de menaces en l'air :)

Rien ne dira que Stark voudra encore d'elle, après ça."

Il n'arrivait pas à se concentrer sur son cours de mathématiques. Assis au dernier rang, il ne cessait de regarder les pixels écrabouillés de son écran de téléphone, essayant tant bien que mal de maîtriser sa respiration et les battements effrénés de son cœur.

Il ne savait pas quoi faire. Il ne savait pas où était James, ni ce qu'il faisait. Ses menaces tourbillonnaient dans son esprit, insufflant des pics d'angoisse au fond de sa poitrine, lui donnant l'impression qu'une main invisible maintenait sa tête sous un jet d'eau glacé.

May devait être au travail, à l'heure qu'il était. Là-bas, elle était en sécurité. Il y avait des caméras de sécurité partout, des collègues qui ne la lâchaient pas du regard.

Mais ensuite ? Elle rentrerait en métro, comme tous les jours. Elle serait seule, sans défense. Prête à s'arrêter si quelqu'un l'abordait pour lui parler, lui réclamer du feu ou seulement lui demander l'heure. Elle serait une proie facile pour James et ses idées de revanche complètement tordues. Qui savait ce qui pouvait lui arriver ?

Il fallait qu'il soit là pour l'escorter. La protéger.

Non, pas lui… Spider-Man. Spider-Man saurait quoi faire.

Prétendant avoir besoin d'aller aux toilettes, il quitta précipitamment le cours sous les regards intrigués de Ned et de MJ.

— Tu as besoin de ton sac à dos pour aller aux WC ? murmura son amie en le suivant des yeux.

— Euh, oui. C'est une nouvelle… technique de diversion ! baragouina Peter, en n'ayant absolument aucune idée de ce que la jeune fille allait s'imaginer.

Elle esquissa une moue sceptique, mais s'abstint de tout sarcasme.

— Quoi que tu mijotes… bon courage, murmura-t-elle du bout des lèvres, juste avant qu'il referme la porte derrière lui.

Il se réfugia sur le toit d'un gratte-ciel et enfila son costume à la va-vite. Toutefois, après avoir plaqué son masque sur son visage, il fut saisi d'une nouvelle vague d'angoisse qui le laissa étourdi, le cœur battant si fort qu'il craignait de se mettre à vomir sur ses propres pieds. Sa tête s'était mise à tourner, la sueur s'accumulait sur son front malgré le froid qui rongeait son épiderme.

Qu'était-il en train de faire ? Comptait-il vraiment se planter devant l'hôpital où travaillait sa tante jusqu'à ce qu'elle ait fini sa journée ? Et ensuite ? Comment justifierait-il de l'escorter jusqu'à leur appartement ?

"C'est à moi de veiller sur toi, mon cœur. Pas l'inverse" rétorquerait-elle en plantant ses mains contre ses hanches et ses yeux noirs dans les siens.

Et rien ne lui disait que James mettrait ses menaces à exécution le soir-même. Peut-être attendrait-il le lendemain. Ou le surlendemain. Ou…

Ses oreilles se mirent à bourdonner et il dut s'asseoir pour reprendre son souffle. Il venait de réaliser qu'il ne serait peut-être plus jamais tranquille. Que le danger pouvait désormais se loger à chaque coin de rue, prêt à refermer ses griffes sur la personne qu'il aimait le plus au monde…

A cause de lui, à cause de la vérité qu'avait découvert Tony, May était en danger…

"Peter ?"

Il sursauta. C'était la voix de Karen. Douce, comme à son habitude. Presque… préoccupée.

"Peter, ton rythme cardiaque devient inquiétant. Je pense que tu as besoin d'appeler un adulte. Souhaites-tu que je te mette en contact avec M. Stark ? Happy ? May ?"

Son premier réflexe fut de refuser, mais le non vindicatif qu'il brûlait de prononcer s'évanouit sur sa langue.

Affronter James seul ne lui avait jamais rien apporté, hormis une collection d'hématomes sur le visage, les côtes et les bras. Il en conservait des cicatrices, peut-être pas visibles — ses capacités curatives avaient fait leur œuvre —, mais encore à vif, leur souvenir palpitant douloureusement jusqu'au fond de son âme. Il se réveillait encore parfois au beau milieu de la nuit, immobilisé par la terreur, persuadé de voir la silhouette menaçante de James penchée au-dessus de lui, prêt à le punir pour avoir eu le malheur d'ébrécher un verre ou de laisser une chaussure traîner dans l'entrée, lui susurrant qu'il n'était qu'un nuisible dont May rêvait de se débarrasser…

Il devait se boucher les oreilles pour ne plus l'entendre — et même ainsi, il était persuadé de sentir son souffle répugnant sur son visage et le contact de ses doigts contre sa peau, s'enfonçant dans sa chair pour y imprimer leur horrible marque.

Peter savait, au fond de lui-même, qu'il avait besoin d'aide. Il savait que s'il restait seul, s'il décidait d'affronter James par lui-même, la peur l'ensevelirait et l'entraînerait loin, loin dans des profondeurs dont personne ne viendrait l'arracher…

Alors il se mordit l'intérieur des joues, hésita longuement. Karen ne le pressa pas, mais il était persuadé qu'elle n'attendait qu'un mot de sa part — et finalement, il souffla, si bas qu'il ne fut pas certain d'être audible :

— Appelle Tony, s'il te plaît.

"Très bien, Peter" répondit l'IA avec, semblait-il, quelque chose de victorieux dans la voix.

Tony répondit à la première sonnerie.

— Hey, Pete. Quoi de neuf ? Tu n'es pas censé être à l'école ? Non pas que je compte te dénoncer à ton proviseur, mais je ne suis pas certain que May voit d'un bon œil que tu fasses l'école buissonnière, Spider-Man ou pas.

L'adolescent ferma les yeux, laissa le timbre familier de la voix apaiser les battements de son cœur.

— Les chats égarés attendront probablement la fin de ton cours de… Peter ? Tu es là ?

Peter ouvrit la bouche mais s'aperçut que ses cordes vocales refusaient de lui obéir. Les mots vacillaient, sur le point d'être balayés par les sanglots qui gonflaient dans sa gorge.

— Okay. Okay, petit, dit aussitôt Tony d'un ton précipité qui dissimulait mal son inquiétude. Est-ce que tu es en danger immédiat ? Si oui, euh… remue ton orteil gauche, okay ?

Peter resta immobile.

— Okay, très bien. Très bien, Pete. Ne bouge pas, je vais demander à Karen de te localiser. Je viens te chercher, d'accord ? Laisse-moi seulement cinq minutes. Est-ce que tu vois quelque chose qui pourrait m'aider à te retrouver plus vite ?

Peter regarda autour de lui, ne vit que le vide que déchiraient les toits des immeubles environnants. Un nouveau vertige le força à fermer les yeux.

— Hey, non, bambino, il faut que tu respires. Pense aux exercices qu'on a appris ensemble. Tu y arrives mieux que moi, d'habitude.

— P-p-parce que tu essaies toujours de respirer avec la bouche, parvint à hoqueter Peter. I-il faut i-inspirer par le nez.

S'était-il mis à rire ou à pleurer ? Il n'en savait rien. Probablement un mélange des deux.

Tony, lui, émit un rire bref qui trahissait une certaine nervosité.

— Je n'y peux rien si mes poumons ne sont plus ce qu'ils étaient. N'as-tu pas un peu de compassion pour ton oncle gênant préféré ?

— L-Le Dr Cho dit que tu y mets de la mauvaise volonté.

— Le Dr Cho a une dent contre moi. Je pense qu'elle adorerait m'attacher à un lit d'hôpital et m'enfoncer plein de seringues dans la cuisse. Il paraît que je suis son pire patient, moi qui suis pourtant doux et docile comme un agneau — demande à Pep, elle n'hésitera pas à le confirmer : son époux est un ange.

Peter émit une nouvelle exclamation étouffée à mi-chemin entre rire et sanglots. Il crut entendre un bruit de réacteur de l'autre côté du fil, mais Tony ne raccrocha pas :

— D'ailleurs, le Dr Cho m'a parlé de toi, pas plus tard qu'hier. Elle voulait savoir comment tu allais, si notre remède fonctionnait bien, quand est-ce que tu reviendrais nous rendre visite, etc. Je crois que tu es son nouveau chouchou. Il faudra que tu me dises ton secret.

— Ne pas r-remettre chacun de ses diagnostics en question… je suppose, sourit Peter à travers les larmes qui humidifiaient le tissu de son masque. Tu devrais e-essayer.

— Serait-ce de l'impertinence, que je perçois dans ta voix ? Tsss, la jeunesse de nos jours est de plus en plus insolente…

— J-je t'entraîne pour p-plus tard. Quand M-Morgan aura seize ans.

— Ne me parle pas de malheurs, geignit Tony. Dire qu'un jour, cet adorable bébé nous jettera hors de sa chambre en nous criant qu'on est collants et ringards, et qu'elle aurait préféré avoir des parents plus cools que nous… Pepper et moi sommes encore dans le déni.

— Je… je t'aiderais à veiller sur elle, quand elle sera plus grande. Spider-Man s-sera son garde du corps attitré. Aucun risque qu'elle ne le trouve pas trop cool.

— Marché conclu. Oh ! Je crois que je te vois, petit…

L'instant d'après, l'armure d'Iron Man se posa en douceur à ses côtés et Tony en émergea, une expression étrange sur le visage : ses traits étaient crispés par l'inquiétude, mais exprimaient également un profond soulagement.

Il s'agenouilla devant lui et, d'un geste habile, débarrassa Peter de son masque.

— Hey, murmura l'adolescent lorsque le regard de son mentor rencontra le sien.

— Hey, répondit Tony en inspectant scrupuleusement ses yeux, puis ses pommettes, comme s'il cherchait la trace d'un hématome. Tu n'es pas blessé ?

— N-non.

— Est-ce que je peux te toucher ?

Peter hocha lentement la tête. La main de Tony effleura son visage, cueillant du bout des doigts les larmes qui s'étaient échouées près de ses cils.

— Tu es glacé, Pete... Karen, sois un ange et augmente la température de son costume, s'il te plaît, avant que notre petite araignée préférée n'entre en hibernation.

Une délicieuse chaleur se répandit sur l'épiderme de Peter et un soupir de soulagement lui échappa.

— Je te ramène à la Tour ? Tu as l'air d'avoir terriblement besoin d'un chocolat chaud.

— A-avec de la crème Chantilly ?

— Et une montagne de guimauves. Morgan est dans sa période marhsmallows grillés, on en a plein les placards.

— O-okay, répondit Peter, mais dès qu'il se fut relevé, l'image de May revint s'imposer dans son esprit et il se sentit pâlir, les genoux soudainement tremblotants.

Quelle heure était-il ? Etait-elle déjà sortie du travail ? James la guettait-il aux portes de l'hôpital, prêt à se jeter sur elle comme une mante religieuse sur sa proie ?

La peur se remit à battre dans ses veines, plus cinglante que jamais.

— Peter ?

Tony l'observait, visiblement désarçonné. Peter prit une profonde inspiration, chercha ses mots, mais ceux-ci lui échappaient sournoisement, glissant entre ses doigts comme de minuscules grains de sable.

Parle. Parle. Tu dois en parler, tu ne peux pas affronter ça tout seul, murmura dans son esprit une voix qui ressemblait curieusement à celle, douce et monotone, du psychiatre que Tony l'avait incité à consulter.

Alors il se pencha vers son sac à dos et le fouilla, jusqu'à ce que ses ongles raclent contre la coque de son téléphone portable. Tony ne dit rien mais haussa un sourcil lorsque Peter lui mit le petit appareil sous le nez en balbutiant :

— Je… euh…

— Tu veux que je regarde quelque chose ?

— Les derniers messages, murmura Peter. S'il te plaît.

Tony prit le téléphone et commença à lire. Peter ne put s'empêcher de le regarder, de scruter les moindres modifications de sa physionomie, le cœur battant la chamade, terrifié qu'il ne prenne pas les menaces de James au sérieux — ou, pire, éclate de rire en croyant à un canular.

Mais Tony ne rit pas.

Peter le vit plisser les yeux, crisper la mâchoire. Son teint s'empourpra, ses prunelles se réduisirent à deux têtes d'épingle furieuses. Ses phalanges étaient crispées sur le téléphone, une veine dont Peter ignorait l'existence paraissait palpiter sur son front.

Lorsqu'il redressa le visage, Peter fut frappé par l'expression de haine qui congestionnait ses traits.

— Quand est-ce que tu as reçu ça ?

— T-tout à l'heure, répondit Peter d'une petite voix. Pendant la récréation.

Et il s'empressa d'ajouter, espérant que Tony comprendrait l'urgence de la situation :

— May…

— Il n'arrivera rien à May, je t'en fais la promesse. Toi, aboya-t-il sèchement en se tournant vers l'armure qui reposait près d'eux, étincelante sous le soleil de l'après-midi. Va rejoindre May Parker et assure-toi de la ramener saine et sauve jusqu'à la Tour. Si un homme s'approche de vous — blond, yeux verts, environ 1m85 — tu l'assommes et tu me le ramènes aussi à la Tour. Pas grave si tu lui casses un ou deux membres par accident.

L'armure hocha la tête et s'envola dans une gerbe de flammes.

— Mais Tony… comment va-t-on…

— Happy va venir te chercher. Il t'emmènera aussi à la Tour. Ne m'attendez pas, May et toi. Préparez-vous ce que vous voulez avec ce qu'il y a dans les placards. Pendant ce temps, je me charge de… euh… du reste.

Les yeux de Tony flamboyaient, une expression impitoyable s'était logée sur ses traits, effaçant l'homme soucieux, bienveillant et protecteur que Peter connaissait. Malgré le soulagement qui le submergeait, l'adolescent fut saisi d'un terrible doute :

— Tu ne vas quand même pas le… le tuer ?

Tony cligna des yeux.

— Le tuer ? Non… non, je ne vais pas le tuer, répondit-il, mais sa voix était étrangement inexpressive.

— Je ne veux pas que tu ailles en prison à cause de lui, insista Peter.

— Ce ne sera pas le cas, lui assura Tony.

— Tu ne dois pas non plus le blesser, sinon, tu te feras arrêter ! Et tu ne peux pas te faire arrêter. Morgan et Pepper ont besoin de toi. Et, euh… m-moi aussi, j'ai besoin de toi.

Le visage de Tony s'adoucit légèrement.

— Ne t'en fais pas, Pete. Je te promets que je ne ferai rien qui pourrait me conduire derrière les barreaux. Je suis très en colère à l'idée qu'il s'en soit de nouveau pris à toi et à May, mais je saurais me maîtriser.

— D'accord.

— Je te raccompagne en bas. Happy devrait déjà être là.

Tony passa un bras autour des épaules de Peter, et ce simple geste contribua grandement à chasser l'angoisse qui persistait à s'accrocher à son estomac.

Tout en le guidant vers l'escalier qui les ramènerait au pied de l'immeuble et en l'aidant à remettre son masque, Tony eut soudainement un étrange sourire.

— Au fait, Pete…

— Euh... oui ?

— Je suis très fier que tu m'aies montré ces messages. C'était très courageux de ta part.

— Oh… ce n'était pas plus courageux que de sauver le monde, comme l'ont fait les Avengers, répliqua Peter en rosissant légèrement.

— Au contraire. Ça nécessitait une autre forme de courage, un courage qui peut être infiniment plus difficile à rassembler. Certaines personnes mettent des années avant de réussir, et qui pourrait les en blâmer ?

Sa main libre pressa gentiment son épaule.

— Tu as trouvé le courage de demander de l'aide. Et pour ça, je suis fier de toi, bambino.