Les vacances

-Tu peux nous expliquer ce qui t'arrive en ce moment Erine ? M'agressa Lily.

Nous marchions pour nous rendre à notre prochain cours quand Lily et Alice s'étaient tournées vers moi.

-Rien pourquoi vous me posez cette question ?

-Tu nous mens sur tes déplacements et tu traînes toujours dieu seul sait ou ! En plus tu agis de manière étrange depuis trois jours. Alors dit nous ! S'énerva Lily.

-Non je t'assure, il n'y a rien.

-Arrête de nous prendre pour des débiles ! Renchérit Alice. On voit bien qu'il se passe quelque chose. Tu réagis de manière bizarre. Rien qu'hier je t'ai encore surprise en train de me regarder pendant que je changeais de haut. Et Lily n'a pas tort tu passes tout ton temps libre ailleurs. On a l'impression de ne plus exister pour toi. Que tu n'es plus la même.

Elles avaient raison. Depuis plusieurs jours je passais le plus clair de mon temps à la bibliothèque pour chercher un moyen de regagner mon corps. On sautaient parfois quelques repas quand on pensaient tenir une piste prometteuse. Mais je ne pouvais pas leur dire.

-Qu'est-ce que je fais ?

-Rien. Moins il y a de monde au courant et mieux ce sera. Essaie de limiter la casse.

-Je ne te regardais pas. J'étais perdue dans mes pensées. Dis-je en reprenant mon chemin.

-C'est tout ! Tu vas nous laisser comme ça sans nous donner d'explication ? S'écria Lily.

-Il n'y a rien à expliquer. Répliquais-je en me retournant. On va être en retard.

Lily et Alice ne s'installèrent pas à côté de moi en cours. Ni même pendant le repas.

-Ne t'en fait pas le plus important c'est de trouver un moyen pour que tu sortes de mon corps. Je réparerais les pots cassés après.

-Mais à ce rythme là il n'y aura peut-être plus rien à réparer.

-Peu importe.

Je me dirigeais vers la bibliothèque à la fin du dîner. Comme nous en avions pris l'habitude quand je sentis quelque chose descendre entre mes jambes. Je me figeais. C'était une sensation que je ne connaissais pas. J'eus une violente crampe au niveau du bas ventre.

-Bon sang mais qu'est ce qui se passe encore ?

-Va au dortoir vite !

-Quoi mais pourquoi ?

-Parce que je connais cette sensation. C'est les règles.

-Les règles ? Oh non ! Non ! Tout mais pas ça par merlin !

-On n'a pas le choix c'est la nature. Remonte au dortoir j'ai des serviettes dans ma malle.

-Des serviettes ? Pourquoi tu te trimballes avec des serviettes ? Il y en a assez à table.

-Idiot ! Je parle de serviette hygiénique.

Je me dépêchais de regagner le dortoir. Alice et Lily firent semblant de ne pas me voir quand j'entrais. Je ressentis un petit pincement au cœur. Et aussi une profonde tristesse qui ne venait pas de moi. Je trouvais les fameuses serviettes hygiéniques et je m'enfermais avec dans la salle de bain.

-Comment on met se truc ? Paniquais-je.

-Tu l'ouvres et tu décolles la serviette. Tu dois après la recoller dans la culotte et rabattre les bords.

_Ok.

Je me sentis mal quand je vis tout le sang qui avait coulé entre nos jambes. Je dus même m'asseoir sur les toilette parce que je me sentais un peu faible d'un coup.

-Allez Black t'a presque fini. Tu ne vas pas me dire qu'un peu de sang et une serviette hygiénique te font peur.

-La ferme Connors. Je n'ai pas l'habitude de ce genre de truc moi. Être une fille c'est vraiment dégueu !

-Et encore là c'est juste le début.

-Et il n'existe pas de sort ? Hasardais-je.

-Euh si je crois.

-Donne-le moi !

-Et si je ne veux pas. Après tout c'est mon corps. Déclara-t-elle avec…humour.

Je me précipitais à la rencontre de son esprit pour lui arracher le sort.

-Black ce n'est pas du jeu !

-M'en fou, tu n'avais qu'à me la donner tout de suite. Dis-je en me lançant le sort.

-Chochotte va ! Par contre tu auras quand même le droit au crampe et tout.

-Du moment que je ne revois plus jamais ça de ma vie, je veux bien souffrir le martyre.

-Qu'est-ce qu'on va faire demain ?

-Aucune idée. J'avais espéré qu'on aurait retrouvé nos corps avant demain.

-Mais ce n'est pas le cas. On ne pourra pas rester chez moi. Si tu n'as pas réussi à tromper Lily et Alice, tu n'y arrivera pas avec mes parents.

-Ah bon ?

-Oui. Merlin mais qu'est-ce qu'on va faire. Si mes parents apprennent la vérité, ils vont s'angoisser et nous emmener à sainte Mangouste dans la seconde.

-Hé pas la peine de stresser. On va voir comment ça se passe demain d'accord ?

-Oui t'as raison. Peut-être qu'ils seront un peu malades et qu'ils ne remarqueront rien.

Je me retrouvais seul dans un wagon le lendemain. Lily et Alice m'en voulaient toujours et elles étaient déjà parties quand je m'étais levé.

-Tous les wagon sont pris c'est vraiment chiant ! S'exclama une voix au combien connu.

James ouvrit la porte du compartiment.

-Tiens celui-là est vide…Connors. Dit-il en faisant mine de refermer la porte. Remus l'en empêcha.

-James ne fait pas ton gamin. Tous les autres sont pleins et Erine ne t'a jamais rien fait de mal.

Remus m'adressa un sourire rassurant et il s'installa près de moi. James maugréa quelque chose mais au final il s'installa. En face de moi. Génial ! Il me lançait des regards noirs. Peter se mit à coté de James. Il s'empressa de déballer un paquet de bonbon.

-Vous en voulez ? Demanda-t-il pour détendre l'atmosphère.

-Non merci. Déclara James sombrement en me lançant toujours des coups d'œil mauvais.

-Merci. Lui dit Remus en se servant.

J'entendis soudain mon ventre gargouiller.

-Est ce que ce sont des bonbons fourrés au caramel ? Demanda Connors avec espoir.

-Oui je crois. Pourquoi tu aimes ?

-J'adore !

Je me la représentais avec une tête envieuse face à un paquet de bonbon au caramel. Hilarant.

-Est ce que je peux en avoir aussi ?

-Non.

-James c'est mes bonbons ! Bien sûr que tu peux en prendre un Erine.

-Merci. Dis-je en lui adressant un grand sourire.

James maugréa quelque chose à propos de fraterniser avec l'ennemie. Je me retins de rigoler. A la base James n'avait rien du tout contre Connors, il avait juste pris mon parti par amitié. Mais il semblait l'avoir oublié.

-Il faut dire que vous m'avez tellement pourri la vie qu'à la fin lui aussi a eu le droit à certain de mes sorts.

Je ne répondis rien. Mais c'est vrai que quand elle répondait à nos provocations, on avait finit pas mal de fois à l'infirmerie.

-Comment va Black ? Demandais-je avec une toute petite voix.

Remus me regarda avec effroi.

-En quoi est-ce que ça te regarde ! Tonna James.

-Ça va le prend pas mal ! Pas la peine de t'énerver !

Je me tournais pour regarder le paysage.

-Il se sent coupable.

-Quoi !

-James, je pense que s'il réagit comme ça c'est parce qu'il se sent coupable. Parce qu'il t'a demander de faire la potion.

-Mais comment ?

-Il n'est pas débile. Il a bien dû faire le lien entre la potion et le coma dans lequel tu es. Mais il ne peut rien dire parce qu'il sait que tu auras des problèmes quand tu te réveilleras.

-Ouais mais c'est pas une raison pour passer ses nerfs sur nous.

-Il les passe sur moi. Il ne sait pas que quand il me parle, en fait c'est à toi, son meilleur ami qu'il parle. A ses yeux je suis juste la fille que vous détestez et qui vient lui pourrir la vie.

Je ne dis rien pendant plusieurs heures. Je crois même que je me suis endormis.

-Parle-moi de tes parents. Que je sois un peu préparé.

-Par où commencer ? Mon père s'appelle Anton, il est brun avec des yeux bleus comme les miens. Il doit faire dans les 1m80. C'est un papa poule mais il aime bien taquiner les gens de temps en temps. Ma mère s'appelle Elena et elle a les mêmes cheveux que moi mais coupés au carré. Ses yeux sont verts et je la dépasse d'une bonne tête. On peut lui dire tout ce qu'on a sur le cœur, elle nous écoute toujours.

-A t'écouter on dirait que tes parents sont parfais.

-Pas du tout ! Ma mère peut-être très strict quand elle veut et mon père est un maniaque du rangement sauf qu'il préfère que ce soit les autres qui range. D'ailleurs c'est un moldu. Donc ne t'étonne pas si tu vois des objets inconnus à la maison.

-D'accord. Quand tu les retrouves à la gare tu leurs sautes dans les bras où tu fais autre chose ?

-En général mes parents ne sont pas là quand le train arrive. Ils travaillent tous les deux. Du coup je prends le magico bus.

-D'accord.

Nous étions tous les deux stressés en arrivant en gare. Je descendis du train avec ma valise. Mes yeux parcoururent les quais.

-Là !

-C'est eux ?

-Oui !

Je fixais les parents de Connors qui se rapprochaient avec de grands sourires.

-Avance vers eux en souriant sinon tu auras l'air louche.

-Ma chérie ! S'écria son père en me prenant dans ses bras.

Je lui rendis son étreinte avec un peu de retard. Les effusions sentimentales, c'était nouveau pour moi.

-Tu nous as manqué. Renchérie Madame Connors.

-Vous m'avez manqué aussi. Dis-je en répétant ce que Connors me disait.

-Ça va tu as fait un bon voyage ? Mais au faite ou son Lily et Alice ? M'interrogea-t-elle.

Je jetais un coup d'œil derrière moi.

-J'ai dû les perdre dans toute cette foule. Mais elles vous disent bonjours.

-Bien. Allez on rentre à la maison ? Demanda Monsieur Connors.

-Oui !

Il prit ma valise et nous sommes sorti de la gare. Nous sommes monté dans une voiture.

-Arrête de regarder partout, Ça fait louche !

-Je sais mais c'est plus fort que moi. Ça me fascine les engins moldu !

-Si tu veux je te montrerais mais pas maintenant.

-Tu le promets ?

-Mais oui.

Je me détachais à contre cœur de mon inspection. Après trente minutes de voiture nous étions arrivé devant une petite maison à la périphérie de Londres.

-Ou sont les toilettes ?

Je ne précisais pas que j'avais envie de faire pipi. Connors sentais les mêmes choses que moi.

-Troisième porte sur la droite.

-Je vais au toilette.

-D'accord mais dépêche-toi. On va bientôt passer à table.

Quand je les rejoignis à table, je pus m'apercevoir que Connors ne m'avait pas menti. La maison aurait pu apparaître dans un magazine sur la propreté. Je m'installais entre les deux parents de Connors. Le dîner se passa plutôt bien vu le niveau de stress qu'on avait accumulé Connors et moi.

Je leur souhaitais une bonne nuit et je montais les escaliers sous le regard perçant de sa mère.

-Ta chambre ? Demandais-je anxieusement.

-La chambre du fond à droite.

J'observais la chambre de Connors. Elle était très lumineuse et agréable. J'avais eu un peu peur de me retrouver dans une chambre rose ou quelque chose de très féminin. Il y avait un grand lit en face de la fenêtre. Il y avait du papier peint marron et beige qui donnait un aspect chaleureux à la pièce. Je me dirigeais vers la malle qui était au pied du lit.

-Erine je peux entrer ? Demanda madame Connors en entrouvrant la porte.

-Oui ! Vas-y.

-Ma chérie qu'est ce qui ne va pas ? Demanda-t-elle avec inquiétude.

-Rien…Répondis-je nerveusement.

Elle vint s'asseoir sur le lit et me fit signe de la rejoindre.

-Écoute je te connais. J'ai bien remarqué qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Tu as l'air préoccupée. Comme si tu étais ailleurs.

-Merde, elle a déjà remarqué que je n'étais pas moi-même ! Je t'avais dit qu'on ne pourrait pas berner mes parents.

-Calme toi.

Elle me caressa les cheveux.

-Tu sais que tu peux nous en parler si jamais tu as le moindre problème.

-Oui je sais. Dis-je d'une toute petite voix.

-C'est encore ce garçon qui t'embête ? Sirius ?

-Alors comme ça tu as parlé de moi à tes parents ? Demandais-je en réprimant un sourire narquois.

-Ne te réjouis pas trop Black. Mes parents savent que tu es un emmerdeur vaniteux qui me pourrit la vie depuis des années. Il n'y a pas de quoi se vanter.

-Qu'est-ce qu'il a encore fait ?

-Il…

-Merde je lui dis quoi maintenant ?!

-J'en sais rien c'est toi l'expert ! Trouve une blague de mauvais goût.

-Il s'est amusé à me voler mes notes et il a enchanté mon assiette pour qu'elle me saute au visage.

-Tu as répliqué ?

-Non j'ai essayé de rester le plus calme possible.

-C'est bien je suis fière de toi. Je vais te laisser dormir. Ne te couche pas trop tard. Dit-elle en se relevant et en m'embrassant sur le front.

-D'accord bonne nuit maman.

Ça me faisait vraiment bizarre de dire maman. Ma mère avait une vision très stricte sur la façon dont on devait parler.

-Ta mère est vraiment très gentille.

-Oui. Je déteste devoir lui mentir mais on n'a pas le choix. Elle va se faire un sang d'encre si elle s'aperçoit que quelque chose cloche. On ne peut pas rester ici pour les vacances.