Retour à Poudlard 13

Je regardais le paysage défiler. Nous étions dans le Poudlard exprès. L'ambiance était assez lourde entre les garçons. Nous savions tous que ce soir, soit madame Pince avait quelque chose pour nous soit nous allions voir Dumbledore pour lui expliquer la situation.

Même entre moi et Black il y avait une tension. Au début, je voulais qu'il aille parler au professeur mais maintenant je n'étais plus très sûre de le vouloir. Il risquait une exclusion définitive pour avoir tenté de réaliser unversum corpus. Je l'avais détesté pendant plusieurs années et même maintenant il me tapait parfois sur le système. Mais j'avais appris à le connaître.

Au-delà de ses airs de mauvais garçon qui faisait conneries sur conneries et qui s'amusait avec les filles, s'était quelqu'un de bien. Il prenait tous les risques pour aider ses amis, il était drôle. Intelligent parfois, nous avions eu des discutions passionnante sur la culture moldu. La mécanique le passionnait et il travaillait en ce moment sur une vieille moto qu'il avait récupéré.

-Fait gaffe Connors ou je vais finir par croire que tu es tombé sous mon charme ravageur.

-Dans tes rêves, et puis avec des répliques pareilles tu pourrais tuer les hypothétiques sentiments que j'aurais pour toi.

-Tu sais ce que j'aime chez toi Connors ?

-Non mais je sens que tu vas me le dire.

-Ta répartis. Toute les autres filles rougissent et gloussent dès que je leur fait un compliment mais toi tu m'envoie sur les roses.

-Masochiste Black ?

-Seulement pour toi Connors.

-Sirius pourquoi tu souris ? Demanda Peter.

-Il est encore en train de flirter mentalement avec Erine. S'exclama James en rigolant.

Black le frappa à l'arrière du crâne. James lui lança un regard outré puis il se mit à rire. J'aimais bien James finalement. Ce n'était pas le connard arrogant et immature que j'avais imaginé. Pendant le temps passé chez lui j'avais commencé à lui faire des cours de Lily's attitude. Ça n'avait pas été très simple de lui faire comprendre que son attitude de « m'as-tu vu » l'énervait.

Il n'arrivait pas à imaginer comment la séduire sans venir lui parler. Je lui avais conseillé de ne pas chercher à venir lui parler et de rester naturel. J'étais persuadée qu'au plus profond d'elle Lily l'aimait bien. Elle ne s'énerverait pas autant contre lui si ce n'était pas le cas. Je l'avais vu ignorer complètement des gens qu'elle n'aimait pas. En plus elle ne supportait pas qu'une fille s'intéresse trop à James.

Bien sûr je ne lui avais pas fait part de cette information. Le connaissant un peu, il aurait été capable de se jeter sur la première fille pour essayer de la rendre jalouse.

-Tu as raison !

-Quoi ? Demandèrent les trois autres en se tournant vers nous.

-Oh rien, je me disait juste que Connors t'avais plutôt bien cerné. Dit-il en regardant James.

-Euh, tu m'expliques ?

-Elle pense que tu ferais n'importe quoi en essayant de séduire Lily. Ce qui est vrai.

-Mais.

-Mais elle a raison, James, tu as faillis tuer Lily avec tes chocolats. Intervint Remus.

-Oui mais ça ne compte pas ! Comment est-ce que je pouvais savoir qu'elle était allergique aux amandes ?

-En nous posant la question à Alice et moi avant de lui offrir quoique ce soit.

Le silence revint après ça. Black ferma les yeux pour somnoler un peu. C'était frustrant, je ne pouvais plus voir ce qui m'entourait.

-Et ce qui me frustre, c'est tes pensées qui m'empêchent de dormir.

-Tu n'as qu'à pas écouter mes pensées.

-Je fais comment, elles sont dans ma tête.

-Techniquement c'est ma tête.

-Tu m'as comprise. Maintenant tais-toi que je puisse me reposer !

Je tentais de ne plus pensée à rien. Au bout d'un moment je commençais à voir apparaître des images. Black c'était finalement endormie et je me retrouvais dans son rêve. Je revis la salle dans laquelle sa mère le torturait quand il faisait une bêtise. Puis la grande salle de Poudlard. Je me revis moi dans les bras d'Edward quand nous avions commencés à sortir ensemble. Black se dirigea vers nous et frappa Edward à la mâchoire.

Je sursautais violement, mon autre moi se tourna vers lui en souriant. J'avais conscience d'être dans une sorte de fantasme, Black n'avait jamais frappé Edward en découvrant que nous sortions ensemble.

Le décor changea, nous étions dans un couloir. Il était désert mis à part moi et Black. Il me faisait face cette fois. Je remarquais que des livres se trouvaient étalés à mes pieds. Je n'eus aucun mal à comprendre que nous nous disputions. Soudain, il me plaqua contre le mur, pressant son corps contre le mien. Ses lèvres se posèrent sur les miennes, elles me blessaient presque tellement son baiser était sauvage, impérieux.

J'étais littéralement paralysée. Sa main, remonta le long de ma taille et vint se placer à l'arrière de mon crâne. Sirius approfondit son baiser et je me sentis fondre dans ses bras. Je me coulais instinctivement contre lui et levait légèrement la tête pour lui donner un meilleur accès à ma bouche.

Je sentis quelqu'un me secouer et le décor autour de nous sembla se dissoudre. Black ouvrit les yeux et je retrouvais le wagon dans lequel nous étions. J'avais le cœur qui battait à la chamade et le visage rougi.

-Sirius mon vieux faut que tu te changes on est presque arrivé. Déclara James.

-Ah ok. Dit-il d'une voix incertaine.

Il se leva et enfila ma robe de sorcière.

-Tu…tu as vu ? Me demanda-t-il avec hésitation.

-Vu quoi ?

-Mon rêve.

-Non je ne dormais pas, j'étais plongée dans le noir et j'écoutais les autres.

-Ok.

-Pourquoi tu as rêvé de quoi ?

-Oh de rien mais comme je ne t'ai pas vu ça m'a intrigué.

-D'accord.

Je tentais de m'absorber dans la contemplation du paysage. Je ne voulais pas que Black sache à quoi je pensais. J'avais découvert que je pouvais lui cacher certaine de mes pensées sans qu'il ne s'en rende compte.

Le train s'arrêta et nous sortîmes tous du wagon. Nous étions en pleine après-midi. Nous avons directement pris la direction de la bibliothèque. Madame Pince regarda les garçons d'un mauvais œil. Il est vrai qu'à chaque fois qu'ils y avaient mis les pieds, c'était pour semer la pagaille.

-Bonjour Madame Pince, je venais pour savoir si vous aviez trouvé quelque chose.

Elle dirigea son regard perçant sur moi, son expression s'adoucit un peu.

-Oh miss Erine, je ne vous avais pas vu, ainsi accompagné. Dit-elle en regardant de travers les autres. J'ai fait quelque recherche, il y a bien un livre qui parle des expériences malheureuses de ceux qui ont tenté de réaliser des potions trop compliquées. Mais entre nous je ne crois pas que cela vous aide. On parle surtout de felix felicis et très peu d'unversum corpus, sauf pour signifier que la plupart sont mort en tentant de réaliser cette potion.

-Oh très bien, merci quand même madame Pince. Déclara-t-il avec déception.

Je le comprenais, moi aussi j'étais déçu. J'avais imaginé qu'elle nous donnerait un livre et qu'avec lui tout rentrerais dans l'ordre. Notre dernier espoir de régler la situation par nous-même venait de s'envoler.

On sortit de la bibliothèque.

-Tu sais on n'est pas obliger d'aller parler à Dumbledore. Si on mettait mes parents au courant, ils pourraient peut-être nous aider.

-Merci mais je ne pense pas que tes parents puissent nous aider James. Il ne me reste plus qu'à aller voir Dumbledore. A tout à l'heure.

-Tu ne veux pas qu'on t'accompagne ?

-Non mais aller voir mon corps, pour vous assurer qu'il n'a rien.

-D'accord, à tout a l'heure.

Je sentais leurs regards dans mon dos pendant que nous nous éloignions. Une partie de moi avait hâte que toute cette histoire ce finisse mais d'un autre coté je ne voulais pas qu'il lui arrive quoi que ce soit.

-T'inquiète pas, rien ne peux être pire que de me réveiller dans ton corps et avoir à te supporter non-stop.

-Je te retourne le compliment.

On arriva rapidement devant le bureau de Dumbledore.

-Je voudrais voir le professeur Dumbledore. Déclara Black à un tableau juste à la droite du griffon.

Le tableau hocha la tête et il disparut. Je n'étais jamais venu dans le bureau de Dumbledore mais je supposais que le tableau faisait office d'annonceur.

-Le directeur vous attend miss. Dit-il en revenant.

La statut du griffon se mit à pivoter sur elle-même en montant, dévoilant ainsi un escalier. Black l'emprunta et on se retrouva bientôt dans une grande pièce qui faisait office d'antichambre. On avança jusqu'à se retrouver au pied d'un immense bureau. Dumbledore se tenait un peu en hauteur sur une mezzanine.

-Miss Connors, puis-je savoir ce qui amène l'une de mes meilleures élèves ici ? Dit-il en descendant. Installez-vous.

Black s'assit sur la chaise en face du bureau. Je me sentais terriblement intimidé. J'avais l'impression que Dumbledore m'écrasait de par sa présence. Ses yeux bleus malicieux me fixaient et j'avais l'impression qu'il savait que deux âmes lui faisaient face à travers moi.

-Professeur, je viens vous voir à propos de Sirius Black.

Dumbledore releva un sourcil.

-Je vous écoute miss Connors. Qu'avez-vous à m'apprendre sur monsieur Black ?

-Comment sait-il qu'on va lui apprendre quelque chose sur toi ?

-C'est Dumbledore ne l'oublie pas.

-En faite, c'est moi Sirius, j'ai essayé de fabriquer de l'unversum corpus et j'ai échoué. J'ai été asperger par la potion et en rentrant j'ai bousculé Connors. Le lendemain matin je me suis réveillé dans son corps.

-J'avoue que c'est une histoire très créative miss Connors mais vous ne m'en voudrez pas si j'ai du mal à vous croire.

-Pourtant c'est la vérité professeur. Vous vous doutez bien que je ne plaisanterais pas sur un tel sujet. Ma vie est peut-être en danger après tout.

-A supposer que je vous crois, ce qui n'est pas forcément le cas, pourquoi monsieur Black aurait réalisé une potion aussi dangereuse ?

-Pour mon propre usage, monsieur. Je voulais m'introduire dans le dortoir des filles pour tenter de séduire certaines d'entre elles.

-Pourquoi tu lui mens ? Ça va t'attirer encore plus d'ennuis !

-Parce que c'est plus simple comme ça. Je n'ai pas envie de mêler James à mes problèmes et puis Dumbledore n'aura pas de mal à croire en ma version.

-Et ou serait miss Connors si vous occupez son corps comme vous dite ?

-Elle est là aussi. C'est assez compliqué mais elle se retrouve prisonnière de son propre corps pendant que j'en ai le contrôle. Je vous en prie professeur vous devez me croire. J'ai d'abord refusé de venir vous voir malgré l'insistance de Connors. Je voulais trouver un moyen de regagner mon corps moi-même. Nous avons fait des recherches avec mes amis pendant les vacances mais nous n'avons rien trouvé. C'est pour ça que je suis là, je pense que vous seul pouvez m'aider.

-Quel est le motif de la première visite de monsieur Black dans mon bureau ?

-Pourquoi il pose cette question ?

-Parce qu'il n'y a que lui et moi qui savons pourquoi je suis venu le voir. Il me teste, comme James, Remus et Peter.

-Je suis venu vous voir pour demander de changer de maison. J'avais peur de la réaction de mes parents et j'ai voulu que vous m'envoyiez à Serpentard. Mais vous avez refusé parce que le choipeau ne se trompe jamais.

Dumbledore nous sourit puis il se leva pour s'approcher d'un tableau. Il représentait un vieux monsieur avec une moustache boucler.

-Hector mon cher, voulez-vous dire au professeur Slughorn que j'ai besoin qu'il me rejoigne immédiatement. Précisez que c'est en rapport avec l'état de monsieur Black.

-Bien sur Albus.

Le tableau disparut et le Directeur se tourna vers nous.

-Bien maintenant résumé moi tout ce qu'il s'est passé.

Nous étions en train de lui dire comment il avait convaincu James qu'il était bien Sirius quand le professeur Slughorn arriva, tout essoufflé.

-Albus, vous m'avez demandé. Qu'est ce qui se passe ? C'est à propos de Black ?

-Oui, Horace, nous avons trouvé monsieur Black. Dit-il en me désignant. Il a tenté de réaliser la potion d'unversum corpus et cela c'est retourné contre lui. Il se retrouve piégé dans le corps de miss Connors avec elle-même.

-Vous avez quoi ?! Êtes-vous complètement fou ! Unversum corpus est une potion d'une extrême complexité. Tenter de la réaliser est une forme de suicide !

-Vous aurez tous le temps de le réprimander quand il aura regagné son corps, Horace. Vous pouvez lui faire réintégré son corps ?

-Oui, mais pour ça j'aurais besoin de savoir exactement ce que vous avez fait pendant la réalisation de la potion. La couleur, la consistance, l'odeur de la potion. Si vous avez un échantillon ce serait encore mieux. A partir d'un échantillon je n'aurais aucun mal à réaliser un antidote.