L'antidote 14

J'emmenais le professeur Slughorn jusqu'au passage secret dans lequel j'avais fabriqué la potion. Je lui avais dit que la potion avait explosée au moment où toute la poudre de mandragore s'était renversée dedans.

-Réaliser une potion aussi compliquée dans un espace aussi exigu. Mais qu'est-ce qui vous est passé par la tête Black. Et en plus vous avez entraîné votre camarade avec vous.

Il se pencha sur un des murs et préleva une grosse quantité de potion. Elle avait perdu sa couleur rose avec le temps et il s'en dégageait une odeur nauséabonde.

-Bien avec ceci et les informations que vous m'avez donnés j'ai de quoi faire un antidote.

-Il sera près dans combien de temps ?

-Une semaine, peut-être plus. Estimez-vous déjà heureux que la situation ne soit pas irréversible !

Je m'imaginais coincé a tout jamais dans le corps de Connors. Horreur !

-Je te rassure pour moi aussi ce serait un cauchemar. J'ai tellement hâte de pouvoir t'en coller une !

-Tu n'oserais pas ! Après tout on est ami maintenant.

-Oui et c'est amicalement que ma main va rencontrer ta joue, parce que tu m'as vue nue.

-Mais j'étais obligé !

-Tu aurais pu fermer les yeux ! Au lieu de ça tu as tout regardé !

-Il fallait bien que je trouve un avantage à la situation !

-Bien alors quand tu seras de retour dans ton corps tu devras me rendre la pareil.

-Avec plaisir.

J'avais du mal à l'imaginer aller au bout de son idée mais j'étais toujours partant.

-Vous pouvez y aller monsieur Black. Le directeur vous attend à l'infirmerie.

Je pris la direction de l'infirmerie. J'allais revoir mon corps, et si j'avais changé ?

-A ton avis que nous veut Dumbledore ?

-Me punir, il a peut-être trouvé quel châtiment il allait m'infliger.

Je fis une entrée plutôt remarquée dans l'infirmerie. Les Potter y étaient aussi.

-James Potter, pourquoi tu ne nous a rien dit ! Dire qu'il était chez nous et que nous ne le savions même pas !

-Mais maman…

-Pas de mais jeune homme. Tu savais que Sirius allait bien et tu ne nous as rien dit, alors que ton père et moi nous étions mort d'angoisse.

Toutes les personnes présentes dans la pièce se tournèrent vers moi. La mère de James se jeta sur moi et me prit dans ses bras.

-Sirius ! Nous étions tellement inquiet ! Mais heureusement tu es là et tu n'as rien.

-Doucement chérie tu vas l'étouffer. Déclara monsieur Potter en posant une main sur l'épaule de sa femme. Content de te voir mon grand. Me dit-il.

-C'est moi qui ai demandé à James de ne rien vous dire. Je ne voulais pas vous inquiéter.

-Oh mais, c'est en ne nous disant rien qu'on s'est inquiété. Nous avions peur que tu sois mort.

-Monsieur Black, désolé d'interrompre ses retrouvailles mais vous êtes conscient qu'une fois que vous aurez regagné votre corps vous aurez le droit à une sévère punition. Vous allez être en retenu pendant tout le reste de l'année. Vous êtes aussi privé de sortie et vous allez devoir rédiger une masse conséquente de devoir relatant des différentes potions dangereuses et sur l'éthique.

-Et qu'allez-vous faire pour Connors ? Elle ne veut pas qu'on prévienne ses parents.

-Etant donné que cette situation va bientôt prendre fin, je suis disposé à ne rien dire au Connors. Naturellement miss Connors vous n'aurez aucune sanction. Vous n'êtes pas responsable de la situation.

-Dit lui que je souhaite partager la moitié de la responsabilité.

-Quoi ? C'est impossible, comment tu pourrais avoir une part de responsabilité ?

-Dit a Dumbledore que j'ai aussi ma part de responsabilité en ne l'ayant pas informé le jour même que je t'avais rencontré couvert de potion. Si j'avais réagi, la situation n'aurait peut-être pas dégénéré à ce point.

-Tu dis n'importe quoi !

-Dit lui !

Je fis part à Dumbledore de la réflexion de Connors. Il eut un sourire amusé.

-Bien, il est vrai que je n'avais pas envisagé la situation sous cet angle. Votre punition sera légèrement alléger. Vous serez en retenu tous les soirs et privé de sortie tous les deux.

-Bien professeur.

Je hochais la tête d'assentiment.

-Tu te rends compte qu'on va être en retenu tous les deux ?

-Et ça me laissera le temps de me venger.

-Tu es vraiment machiavélique. Mais tu peux avouer qu'en fait tu ne peux plus te passer de moi.

-Tu prends tes rêves pour des réalités Black.

-Crois-moi si mes rêves devenaient des réalités tu serais la première au courant.

-Qu'est ce qui lui arrive ? Demanda madame Potter.

-Oh, ne t'en fait pas maman, quand il fait cette tête là c'est qu'il parle avec Erine. Ça lui arrive assez souvent.

Je me concentrais sur le moment présent. J'avançais doucement jusqu'au lit dans lequel mon corps était allongé. Je n'avais pas changé d'un pouce, j'avais toujours l'air de dormir profondément. Un peu plus maigre peut-être.

-Mon corps n'a aucun problème ? Demandais-je d'une petite voix.

-Non monsieur Black. Pour un peu on pourrait croire que vous avez été pétrifié, mais votre corps n'a aucun souci. Bien, jeune gens vous devriez regagner vos dortoirs. Vous reprenez les cours demain et vous devez être en forme.

On fit nos adieux au Potter. Ils me serrèrent dans leur bras, pour un peu j'en aurais eu les larmes aux yeux.

-Bon hé bien je dirais que ça c'est plutôt bien passé non ? Déclara James.

-Ouais à part que Sirius est puni pour un bon moment.

-C'est pas grave je préfère être en retenu plutôt qu'exclu définitivement.

-Dumbledore nous a dit que Slughorn allait faire un antidote.

-Oui, il devrait en avoir pour une semaine ou deux.

Nous étions arrivé dans notre dortoir, plusieurs élèves étaient paresseusement affalés dans les canapés. Certains nous regardèrent bizarrement. Après tout, voir Connors traîner avec mes trois meilleurs amis avait quelque chose de comique quand on savait qu'avant on se détestait.

Je souhaitais une bonne nuit à tout le monde et je montais dans le dortoir des filles. Avec un peu de chance dans deux semaines je pourrais le monter en tant qu'homme pour me glisser dans le lit d'une fille.

-Pervers ! Me hurla Connors en me frappant mentalement.

-Quoi ? Ça fait presque un mois d'abstinence, c'est un record pour moi.

-Et c'est une raison pour sauter sur toutes les filles qui bougent ?

-Rooh arrête de faire ta sainte nitouche ! Tu ne vas pas me faire croire que tu ne courras pas retrouver ton cher Edward.

-Si j'attends que ça depuis presque un mois !

J'ouvris la porte, d'une humeur massacrante, pour me retrouver nez à nez avec Lily et Alice. Lily me dévisagea d'un air buté et Alice semblait un peu triste. Je leur adressais un petit signe de tête et m'installais sur mon lit. Je refermais les rideaux. Je n'avais pas envie de leur parler.

On s'endormit fâché l'un contre l'autre avec Connors.

La semaine fut éprouvante. La situation restait assez tendue entre Connors et moi. Nous évitions de parler de ce que l'on ferait quand nous serions de nouveau dans nos corps. Je dormais mal, mes rêves étaient peuplés d'image de Connors se réconciliant avec Edward, ce qui me rendait d'une humeur massacrante. La situation entre Lily, Alice et moi ne s'arrangeait pas non plus. J'aurais voulu aller leur parler mais je me souvenais de leur réaction. J'avais même parfois l'impression que Lily était en colère parce que j'étais proche de James.

Ce dernier, progressais un peu avec Lily, elle était intriguée par le fait qu'il ne cherche plus à la draguer.

En cours je restais avec James, Remus et Peter. Tous les élèves de notre classe en étaient surpris. Seul les professeurs ne s'en étonnaient pas, Dumbledore les avaient tous mis au courant. Certaine fille manifestait de l'hostilité envers moi.

Le pire fut quand en plein milieu de la semaine, Edward vint me voir pour parler. Il voulait s'excuser pour sa jalousie et qu'on recommence à zéro. J'eu du mal à ne pas lui casser la gueule. Je temporisais, cette décision ne me revenais pas et Connors restait silencieuse.

Enfin on me convoqua à l'infirmerie. J'y allais accompagner par mes meilleurs amis.

-Monsieur Black, miss Connors. Le professeur Slughorn a fini l'antidote qui vous permettra de regagnez vos corps.

-Tenez, vous devez tout boire d'un coup. Ce n'est pas très bon au niveau du goût. Ça pourrait mettre un peu de temps à agir.

-Très bien professeur. Dis-je en prenant la fiole qu'il me tendait.

-J'ai peur.

-Moi aussi mais si tu ne la bois pas tu ne retrouveras jamais ton corps.

-Et si ça ne fonctionnait pas ?

-On ne le sera pas avant d'avoir essayé. Allez courage !

Je pris une grande inspiration. J'avalais la potion cul sec.

-Argh, c'est immonde ce truc ! Dis-je en réprimant un haut le cœur.

-Ça vous apprendra à jouer les potionnistes.

-Tu sens quelque chose Sirius ? Me demanda James avec inquiétude.

-Non, à part le goût horrible.

-Ça n'a peut-être pas marcher.

-Peut-être.

Je fis quelque pas, je commençais à me sentir bizarre. J'avais l'impression que quelque chose me tirais, comme quand on voyage par porteauloin. Je trébuchais, on se précipita pour m'aider.

-Ça va ?

-Oui.

D'un coup tout devint noir, je me sentis glisser. La dernière chose que j'entendis fut des cris.

Je m'éveillais brusquement, j'avais faim et je me sentais faible. Je portais mes mains à mon visage. Elles étaient grandes et un peu rugueuse comme elles devaient l'être. Je palpais mon visage. Pas de doute j'étais de retour dans mon propre corps.

Je me soulevais.

-Hé, ça a marché ! Dis-je d'une voix enrouée.

Je sentis mon sang se glacer dans mes veines. Devant moi Remus, James et Slughorn étaient en train d'étendre Connors sur un lit. Je me précipitais vers eux, je trébuchais légèrement car mon corps n'était plus habitué à bouger.

-Erine ! James qu'est ce qui ce passe ? Demandais-je paniqué.

- Je ne sais pas, on vous a vu tituber après avoir bu la potion et d'un coup Erine c'est effondré.

Je me penchais pour la secouer.

-Erine allez réveille-toi ! T'as pas oublié que tu devais te venger quand même, c'est pas le moment de faire une sieste.

Elle était blanche comme un linge et elle semblait dormir profondément. J'avais beau l'appeler, la secouer elle ne réagissait pas. Madame Pomfresh, lui lança plusieurs sorts pour la réveiller ou pour savoir ce qui n'allait pas. Elle finit par se tourner vers nous.

-Il semblerait que miss Connors soit victime du même maléfice que vous. Sur le plan médicale, elle n'a rien mais il est impossible de la réveiller. Je suis désolée, je vais immédiatement en informer le professeur Dumbledore.

-C'est pas possible, c'est un cauchemar.

-Sirius, est ce qu'elle est en toi ? Me demanda Remus.

Je repris un peu espoir. Peut-être qu'elle m'avait suivi quand j'avais regagné mon corps. Je fermais les yeux et me concentrais. Au fil des semaines j'avais développé la capacité à sentir son esprit. Mais là je ne rencontrais rien, il n'y avait que moi et le silence dans ma tête.