Erine 15

-Non elle n'est pas là. Je ne sens pas sa présence dans ma tête. Lui répondit Sirius.

-Mais pourtant je suis là, à coté de vous ! Vous ne me voyez pas !

J'essayais de les toucher mais à chaque fois ma main passait à travers eux. Quand Sirius avait pris la potion, j'avais été attiré par quelque chose hors de mon corps. Au début j'avais cru que mon âme avait suivi celle de Sirius mais non. Pendant un moment j'étais spectatrice dans mon propre corps et l'instant d'après je me tenais debout pendant que mon corps s'écroulait. Je les avais regardé m'installer dans un lit et essayer de me réveiller.

Je vivais mon pire cauchemar, être là sans que personne ne me voie. Comme quand j'étais petite. C'était horrible, surtout après avoir vu la réaction de Sirius. Il avait l'air tellement désespéré.

Madame Pomfresh revint de son bureau et quelque minute après Dumbledore suivit par McGonagall arrivait en courant.

-Que s'est-il passé ? demanda le directeur.

-J'ai administré l'antidote à monsieur Black mais pendant qu'il retrouvait son corps, miss Connors s'est évanoui et maintenant on ne peut plus la réveiller. Lui répondit Slughorn.

-Pompom ?

-Il semblerait que miss Connors soit dans le même état que monsieur Black.

-Est-elle avec vous ?

-Non professeur.

Il se mit à faire les cent pas. Je me plaçais devant lui.

-Professeur est ce que vous m'entendez ? J'ai besoin de votre aide ! Professeur ! Est-ce que quelqu'un m'entend !

-Il faut qu'on la retrouve. Nous allons devoir interroger les élèves pour savoir si son esprit n'a pas trouvé refuge dans l'un d'eux.

-Et pour les parents Albus, qu'allez-vous faire ? Lui demanda McGonagall

-Je n'ai pas le choix malheureusement je vais devoir les avertir.

-Les avertir, professeur, Erine…elle ne voulait pas qu'on avertisse ses parents, elle ne voulait pas les inquiéter.

-Nous n'avons pas le choix monsieur Black ! La situation a changé, je ne peux pas me permettre de taire cette histoire à monsieur et madame Connors.

-Mais vous aviez accepté…

-Oui mais en pensant que la situation serait redevenu normale. La situation vous parait-elle normale ? Je crois que vous devriez tous regagnez votre dortoir, vous en avez déjà bien assez fait.

Sirius sortit la tête basse et les poings serrés. James, Remus et Peter le suivaient de près avec une mine anxieuse.

Je m'approchais de mon corps. J'essayais de plonger à l'intérieur mais je passais à travers le lit.

-Albus, vous ne pensez pas que vous avez été un peu dur ? C'est vrai que tout ceci est la faute de Black mais je ne pense pas qu'il voulait que tout cela arrive.

-Je sais Minerva mais il fallait qu'il prenne conscience que ses actes avaient des conséquences.

-De vous à moi Albus, vous n'aviez pas une petite idée de ce qui se passait ?

-Non mais il en naîtra peut-être quelque chose de bien.

-Alors vous aussi vous avez remarqué l'inquiétude qui rongeait Black ?

-Et encore si vous l'aviez vu à son réveil. Il s'est précipité à son chevais alors qu'il avait passé trois semaines sur un lit. Déclara l'infirmière avec un air réprobateur.

-Bien allons annoncer aux élèves la nouvelle. Déclara Dumbledore en sortant.

Je me dirigeais vers la sortie, je n'avais plus rien à faire ici. J'essayais d'ouvrir la porte de l'infirmerie mais ma main passa au travers de la poignée. Ce qui me donna une idée, j'avançais prudemment ma main vers la porte. Elle la traversa elle aussi. Mon corps suivit le mouvement et je me retrouvais dans le couloir. Il était désert, rien d'étonnant puisqu'il devait être midi.

Je suivais mes deux professeurs jusqu'à la grande salle. Il y régnait un brouhaha d'enfer. Toute la maison Gryffondor était réunie autour de Sirius, et beaucoup d'élèves des autres maisons étaient là aussi. Ils voulaient tous lui parler, savoir ce qui c'était passé, comment il allait, le toucher.

-Silence !

Tous les élèves se tournèrent vers le directeur.

-Bien, comme vous l'avez tous remarqué monsieur Black est de nouveau parmi nous. Nous lui souhaitons tous un bon rétablissement. J'aimerais profiter de cette occasion pour demander à chaque élève de venir me voir si jamais il entre en contact avec miss Connors. Si quelqu'un semble avoir un comportement étrange, merci de nous en informer immédiatement. Bon appétit a tous.

Les discutions reprirent de plus belle. Beaucoup d'élèves se demandaient ce que voulait dire le directeur. Au moins les maraudeurs n'étaient plus le centre de l'attention.

Je me dirigeais vers Lily et Alice mais elles aussi elles ne m'entendaient pas. A la fin du repas, je dû me résigner à accepter la vérité. Personne ne pouvait me voir ou m'entendre.

Je finis par retourner à l'infirmerie, pour attendre que mes parents arrivent. Vers 4h, la cheminé se mit à cracher des flammes verte et mes parents en sortirent.

Dumbledore s'avança vers eux.

-Monsieur et madame Connors, merci d'être venu.

-Professeur ou est ma fille !

-Ici, nous cherchons encore à savoir ou son esprit se trouve et une fois que nous l'aurons localisé nous ferons tout notre possible pour la ramener.

-Je n'en doute pas mais j'aimerais que vous nous expliquiez comment ma fille a pu se retrouver dans cette situation ? Vous ne vous êtes pas montré très clair la dessus !

-A cause d'un accident de potion. Votre fille a été exposée à des projections de potion qui aurait mal tourné.

-Mon pauvre bébé, regardez la, elle a l'air si pale. Leur dit ma mère en me caressant les cheveux.

Je me penchais pour poser ma main sur son épaule.

-Je suis la maman. Je suis là.

Mais elle non plus ne me voyait pas. Ils passèrent un long moment à s'entretenir avec Dumbledore. Ils s'énervèrent contre lui, contre l'école et contre le fait qu'on leur cachait quelque chose. Dumbledore finit par soupirer. Il alla vers un tableau.

-Pouvez-vous demander à Black de me rejoindre à l'infirmerie ?

Il se tourna vers mes parents.

-Nous allons attendre que Sirius Black arrive. Il vous racontera tout dans les moindres détails.

Sirius arriva peu de temps après. Il était essoufflé et ses cheveux étaient en batail.

-Professeur, il y a du nouveau ?!

-Non. Black je ne vous présente pas les parents de miss Connors. Ils voudraient savoir ce qui s'est passé.

Sirius parut mal à l'aise pendant un instant. Il se passa machinalement la main dans les cheveux.

-Monsieur et madame Connors, en fait c'est moi que vous avez rencontré pendant les vacances. J'ai essayé de réaliser une potion qui a mal tourné et Erine et moi nous en avons été aspergé. Enfin j'en ai été aspergé et j'ai percuté Erine sans le vouloir. Le lendemain je me suis réveillé dans son corps, le mien était plongé dans une sorte de coma, comme elle en ce moment. Nous avons essayé de régler le problème tout seul, mais finalement nous avons dû demandé de l'aide à nos professeurs. Ce matin ils m'ont donnés un antidote qui m'a permis de regagner mon corps. L'esprit d'Erine a quitté le sien au même moment et on ne sait pas où elle est. Je tiens à m'excuser pour le mal que j'ai fait, et pour le comportement étrange qu'Erine a eu, tout est entièrement ma faute.

Mes parents regardèrent Sirius avec des yeux ronds puis ma mère fondit en sanglot. Mon père fit de son mieux pour la consoler.

Je préférais partir de l'infirmerie plutôt que de rester là à regarder mes parents souffrir sans rien pouvoir faire.

Finalement James, Remus et Peter vinrent attendre Sirius devant l'infirmerie. Celui-ci finit par en sortir peu de temps après.

-Alors ?

-Alors je me suis retrouver en train de m'expliquer devant les parents d'Erine.

-Aïe !

-Ça a été ?

-Bof, au début c'était horrible. Sa mère c'est mise à pleurer et son père s'est énervé et après ils se sont calmés et on a pu discuter.

-Ils ne t'en veulent pas trop ?

-Si, et je les comprend, à leur place je me serais déjà tuer.

-Sirius, je suis désolé. Tout ça c'est ma faute. C'est moi qui t'ai demandé de faire cette fichu potion. Si seulement j'avais fermé ma gueule, rien ne serait arrivé.

-Merci vieux mais c'est moi qui ait accepté de faire cette potion.

-Et maintenant on fait quoi ? Demanda Peter.

-Je vais aller parler à Lily et Alice. Je dois bien ça à Erine.

-Tu veux qu'on t'accompagne ?

-Ouais, si vous pouviez me protéger ça m'arrangerais.

Je les suivais. Ils retrouvèrent Lily et Alice dans le dortoir.

-Lily, Alice je peux vous parler un moment ? Leur demanda-t-il.

Elles levèrent sur lui un regard étonné mais elles le suivirent quand même. Ils s'arrêtèrent dans un couloir désert.

-Voilà je tenais à clarifier plusieurs choses avec vous. Vous vous souvenez de la nuit ou Erine est rentrée après que je l'ai bousculé dans un couloir ?

-Oui.

-Le lendemain je suis tombé…malade.

-Oui mais où tu veux en venir ?

-A partir de ce moment-là, c'est moi qui étais dans son corps. C'est pour ça que son comportement vous paraissait bizarre.

-Je ne te crois pas. Lui dit Lily.

-Tu peux, nous aussi on a eu du mal à y croire quand Erine est arriver en prétendant être Sirius mais c'était le cas. Répliqua James.

-Je sais que ça parait incroyable mais c'est vrai. C'est moi qui ai regardé tes seins Alice, et c'est moi qui employais des expressions différentes.

-Comment tu sais que… ?

-Je te l'ai dit Alice, c'était moi que vous aviez en face de vous. Erine essayait de me dire comment agir pour ne pas éveiller vos soupçons mais ça n'a pas marché.

-Je veux bien te croire mais pourquoi ne pas nous en avoir parler ? Demanda Lily.

-On ne voulait mettre personne au courant. On pensait qu'on aurait trouvé une solution mais on n'a pas réussi et j'ai prévenu les autres en désespoir de cause. Et aussi parce qu'on ne pouvait pas rester chez elle.

-Et ce qu'elle nous a dit au chemin de traverse c'était toi aussi ? Demanda Alice.

-Là non je répétais juste ses mots. Mais, elle n'y est pour rien et ça lui faisait mal de ne rien pouvoir vous dire et de voir que vous lui en vouliez.

-Je veux bien mais pourquoi c'est toi qui vient nous voir et pas elle. Si tout ce que tu dis est vrai, c'est elle qui aurait dû venir s'expliquer.

-Je pense qu'elle l'aurait fait mais quand j'ai retrouvé mon corps. Son esprit a quitté le sien pour aller merlin seul sait où. Elle est à l'infirmerie en ce moment.

-Dumbledore…c'était pour ça son annonce. Déclara Lily en palissant.

-Oui.

-Merci de nous l'avoir dit. Alice, on y va ?

-Oui.

Elles leurs adressèrent un petit signe de tête et s'en allèrent.

-Je pense qu'elles vont à l'infirmerie. Déclara James.

-Moi aussi. Sirius je crois que t'as fait quelque chose de bien là.

-Je lui dois bien ça.

Je suivis mes deux meilleures amies. Il faudrait que je remercie Sirius à mon réveil, il venait de m'ôter une sacrée épine du pied. Je restais avec Lily et Alice à l'infirmerie pendant un moment. Elles me parlaient, au début c'était pour s'excuser puis elles me racontèrent leur vacance.

Alice et Franck s'étaient fiancés. Lily avait dû assister au mariage de sa sœur avec un petit gros au visage porcin du nom de Vernon. Je rigolais un peu quand elles se moquèrent de son prénom. Je savais que ça n'avait pas dû être facile pour Lily d'y aller. Pétunia avait toujours été une peste capricieuse.

Elles s'en allèrent au moment du dîner et je les suivis aussi. Je m'arrêtais en entendant un bruit de baiser mouillé dans un coin sombre. J'allais repartir quand des gémissements se firent entendre. En temps normal je n'y aurais pas prêté attention mais l'une des voix me disait quelque chose.

Je m'engageais dans le couloir, juste derrière une des statuts il y avait un petit renfoncement. Deux personnes s'y tenaient enlacé. La fille avait la tête rejeté en arrièrent, dos au mur. Je n'arrivais pas bien a distingué le garçons, il avait la tête enfoui dans le cou de sa partenaire. Ils finirent soudain par s'immobiliser après avoir lâché un soupir de contentement.

-Toi ! Hurlais-je en découvrant un Edward débraillé et les cheveux en bataille.

-Attend tu es tout décoiffé, il ne faudrait pas que ta copine se rende compte de quelque chose. Lui dit la fille.

Maintenant je la reconnaissais, c'était Meg, sa meilleure amie. Il lui fit un sourire narquois.

-Erine, tu sais bien que je m'en fou complètement, je la garde juste pour que mes parents nous laisse tranquille.

Je les regardais s'en aller et pénétré dans la grande salle comme si de rien n'était. D'un coup je repensais à tous ses moments où ils étaient seuls tous les deux. A tous ses « désolé chérie mais je dois réviser avec Meg ce soir ». A cette fois-là ou il m'avait à peine regardé alors que j'étais à moitié nue devant lui.

Je pénétrais à mon tour dans la grande salle. J'étais furieuse, j'avais envie de le tuer, de massacrer son visage.

-Hé regarder le plafond !

-Vous avez vu tous ses nuages et ses éclairs.

-C'est dingue juste avant il y avait un beau ciel bleu et la paf, on dirait qu'il y a une tempête.

Je prêtais vaguement attention à ce qui m'entourait. La seule chose qui m'intéressait, c'était mon futur défunt ex petit ami et sa garce.

-Toi ! Tu n'es qu'un salop, un menteur ! Quand je pense que j'étais amoureuse de toi mais comment j'ai pu être débile. Tu me dégoûtes ! Attend un peu que je me réveille et je que te coupe les couilles, je les réduirais en bouillit et je les donnerais à manger à ta pétasse !

Edward regardait le plafond. Ça m'énervait encore plus. Il ne pouvait pas me voir mais ça me donnait encore plus l'impression d'être transparente, invisible. Je me jetais sur les plats pour les projeter sur lui.

Je passais à travers ceux qui étaient devant moi. D'un coup tous les autres plats bondir pour déverser leur contenu sur eux.

Edward et Meg se levèrent, couvert de nourriture. Je sentis quelque chose en moi se mettre à résonner avec ma colère. Je me mis à hurler. Les fenêtres de la grande salle explosèrent.