Bonjour à toutes et à tous ^^

mimibou: En effet, Rusard n'était pas lui-même lorsqu'il s'en est pris aux Serdaigle. Il y aura quelques petits incidents dans les chapitres à venir ce qui va amener Minerva et Severus à prendre une décision ^^ C'est ça, Harry sait que c'est à cause de Pettigrow qu'il a eu une enfance malheureuse alors savoir qu'il est mort seulement trois ans après son emprisonnement, cela lui fait mal. Oui, Sirius a été un peu trop dans l'excès mais c'est ce qui fait son charme.

Je suis désolée pour l'heure tardive mais j'ai complètement zappé que je publiais aujourd'hui XD Donc avant de faire les derniers préparatifs pour le réveillon, je vous donne ce chapitre :)

Je vous laisse avec le nouveau chapitre ;)

Bonne lecture ;)


Chapitre 36 : Un comportement inattendu

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1er mars

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Harry, Hermione, Susan et Ginny avaient organisé une fête ce vendredi soir dans la salle commune de Gryffondor pour l'anniversaire de Ron qui fêtait ses dix-sept ans. Ils avaient évidemment prévenu Remus. Comme tous les vendredis soirs, Remus devait passer la soirée avec ses élèves mais exceptionnellement, il ne viendrait que le lendemain, ne voulant pas gêner l'ambiance de la fête. Remus n'était pas dupe, Ron fêtait sa majorité, il savait qu'il y aurait forcément de l'alcool. Il espérait juste que personne n'en abuserait.

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Ayant eu connaissance de la fête dans la salle commune de Gryffondor, les professeurs avaient décidé de faire des rondes nocturnes. Severus s'était proposé pour celle de minuit. Malgré que ses nuits étaient courtes, il ne voulait pas déroger à ses responsabilités. Il était un professeur comme les autres, il se devait de participer aux rondes régulièrement. Ce soir-là, les professeurs devaient surtout rappeler aux élèves qu'ils devaient au plus vite revenir dans leur salle commune et de ne pas traîner dans les couloirs. De plus, ils pouvaient voir si l'élève se sentait bien ou pas, l'emmenant si nécessaire à l'infirmerie.

Alors que Severus atteignait le cinquième étage, il vit au loin la silhouette d'un élève qui chancelait. Il se dirigea vers lui et l'appela mais l'élève ne l'entendit pas. Plus il se rapprochait, plus Severus avait un sentiment de crainte. Jamais cela ne lui était arrivé durant ses années d'enseignement et ce n'était pas la première nuit où il faisait une ronde. Au détour d'un couloir, éclairé par une torche qui était allumée, Severus vit de quel élève il s'agissait. Il ne voulait pas y croire.

_ Harry ?

Le jeune homme se retourna et vit Severus en se figeant. Severus, lui, était aussi stupéfait que son élève. Pourquoi Harry était-il dans les couloirs alors que la fête avait lieu dans sa propre salle commune ? Pourquoi le retrouvait-il deux étages plus bas ? C'était incompréhensible.

_ Que fais-tu dans ce couloir à cette heure ?

_ Rien.

_ Il me semble qu'il y avait une fête dans ta salle commune. Nous sommes plutôt loin de la tour Gryffondor. Alors, réponds-moi, Harry. Que fais-tu ici ?

_ Je me promenais.

_ Tu te fous de moi ?

Severus avança d'un pas tandis que Harry recula de trois. Severus fronça les sourcils. Il n'y avait aucun doute : Harry n'était plus du tout sobre.

_ Je vois. Nous allons avoir une petite discussion, crois-moi. Mais d'abord, nous allons chez moi. Je veux avoir un œil sur toi cette nuit.

_ Je vais parfaitement bien, répliqua Harry. Je veux juste aller me coucher.

_ Nefli.

L'elfe de Remus et Severus apparut.

_ Maître Severus m'a appelé ?

_ Ramène-nous dans mes appartements.

_ Je ne te suivrais pas. Je suis à deux pas de la salle commune !

_ Tu n'as pas un bon sens de l'orientation, nous sommes au cinquième étage. Enfin, cela ne doit pas m'étonner vu que tu n'es pas dans ton état normal. Nefli, allons-y.

L'elfe attrapa un pan de la robe de sorciers des deux hommes et les fit transplaner jusqu'aux appartements du couple. Harry tituba un peu en essayant de se raccrocher à l'évier. Il fit tomber un verre.

_ Pardon, dit Harry en s'abaissant pour le ramasser. Ouille !

En prenant un morceau, Harry s'était coupé au doigt. Severus soupira et vint vers lui.

_ Tends-moi ton doigt, je vais le soigner, dit-il d'une voix douce.

La blessure n'était pas très profonde mais le sang commençait à goutter par terre. Severus fit arrêter le saignement.

_ Passe-toi les mains sous l'eau pour enlever le sang qu'il y a. Tu saignes facilement à ce que je vois.

_ J'y suis habitué, marmonna Harry.

_ Nefli, tu vas l'accompagner dans la chambre d'ami et tu veilleras sur lui. Je ne veux pas qu'il sorte. D'ailleurs, Harry, donne-moi ta baguette.

_ Certainement pas.

_ Harry, tu fais ce que je te dis et c'est tout, ordonna fermement Severus en tendant la main.

Résigné, le jeune Gryffondor lui tendit sa baguette de houx.

_ Va te coucher maintenant.

Harry suivit docilement l'elfe sans un mot. Severus ramassa les débris de verre et les jeta à la poubelle. Il aurait pu le faire à l'aide de sa baguette mais les quelques gouttes de sang de Harry qui étaient tombées sur le sol allaient lui servir pour connaître le taux d'alcoolémie du filleul de son mari. Il récupéra à l'aide de sa baguette deux gouttes qu'il mit dans une fiole qui contenait un liquide transparent. Quand les gouttes tombèrent dans le récipient, une fumée s'en dégagea. Severus referma la fiole et la posa sur l'évier en attendant que la solution fasse effet. Ce fut à ce moment précis où Remus vint le voir.

_ Déjà rentré?

_ Oui, c'était plutôt calme sauf quand je suis arrivé au cinquième étage.

_ Comment ça ?

_ J'ai croisé un de tes élèves qui traînait dans les couloirs, visiblement ivre ou bien alcoolisé.

_ Tu plaisantes ? répliqua Remus, abasourdi. Que ferait un Gryffondor dans les couloirs ? Il aurait très bien pu monter dans son dortoir.

_ Vu l'état où il se trouvait, il ne devait plus trop savoir où il était.

Severus sortit la baguette de houx de sa poche.

_ Severus, c'est de très mauvais goût. Harry ne ferait jamais ça.

_ Va voir par toi-même dans la chambre d'ami. J'ai demandé à Nefli de le surveiller toute la nuit.

Remus le regarda un instant avant de prendre une chaise et de s'y asseoir.

_ C'est incompréhensible ! Pourquoi s'est-il mis dans des états pareils ? Il va devoir assumer ses actes demain matin, crois-moi !

_ Ne sois pas si sévère, il a dû avoir une bonne raison.

_ Bien sûr, tu le défends. Ça ne devrait pas m'étonner. Tu serais mal placé pour lui faire une leçon de morale.

_ Nous n'allons pas nous engueuler maintenant quand-même ? répliqua Severus. J'ai commis une erreur, certes, mais je l'ai grandement payée, crois-moi. Entre toi qui veut faire chambre à part, Minerva qui m'a à l'œil et maintenant Harry, tu ne peux pas m'en vouloir pour tout. Imagine qu'il soit tombé sur un collègue ou Minerva, il n'aurait pas eu le droit à la même clémence que moi. Certes, je passe ce soir car il est tard mais je ne serai pas aussi indulgent demain matin.

_ Je le sais, excuse-moi. Je vais aller dormir sinon la journée risque d'être compliqué.

_ Vas-y, je vais me coucher aussi. Et je me lèverai pour Matthéo cette nuit.

Remus hocha la tête et alla se recoucher. Severus soupira. Il alla lui-même se coucher, en gardant l'oreille attentive pour son fils.

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Le lendemain matin, quand Harry se réveilla, il sursauta. Il ne se trouvait pas dans sa chambre mais dans la chambre d'ami chez Remus et Severus. Il essaya de se rappeler comment il avait atterri là mais c'était le trou noir. Il se leva et se rendit dans la cuisine où Remus était seul.

_ Bonjour, dit Harry.

_ Je te prépare ton petit-déjeuner, dit sèchement Remus.

Harry fut surpris. Que s'était-il passé pour qu'il lui parle sur ce ton ? Alors qu'il venait de s'asseoir, l'odeur du café chaud lui donna des nausées. Il se rappela enfin ce qu'il avait fait et baissa la tête. Harry comprenait pourquoi Remus était aussi sec. Il avait envie de se cacher au fin fond de son lit tellement il se sentait honteux.

_ Remus, je…

_ Nous en parlerons après le petit-déjeuner et une bonne douche.

_ Je n'ai pas très faim.

_ Tu dois absolument manger quelque chose. Bois au moins ton bol, tu te sentiras mieux.

Harry but le bol de café et fut étonné qu'il passe aussi bien. Même si Remus, et sans doute Severus, devaient être furieux après lui, ils prenaient encore soin de lui en lui donnant une potion limitant les nausées. Conscient qu'il ne pourrait rien avaler de plus, Harry alla prendre sa douche. Des affaires avaient été amenées dans sa chambre. Harry suspectait Nefli d'avoir été dans son dortoir pour lui ramener des affaires.

Une fois lavé et habillé, Harry revint à la cuisine.

_ Allons dans le bureau de Severus.

Harry ne répondit rien et suivit son directeur de maison. Ils passèrent la porte verte qui se situait dans le salon et arrivèrent immédiatement dans le bureau voisin. Severus leur fit signe de s'asseoir.

_ Je suppose que tu sais pourquoi tu es ici.

_ Oui, répondit d'une petite voix Harry en baissant la tête.

Severus sortit une fiole et la posa sur le bureau. Le liquide qui s'y trouvait était d'un vert sapin.

_ Cette potion permet de savoir grâce à quelques gouttes de salive ou de sang le taux d'alcoolémie. Tu t'es blessé cette nuit et j'ai récolté quelques gouttes pour faire le test. Je savais déjà à l'avance le résultat. Ce que nous voudrions savoir est pourquoi tu as bu autant.

_ Je n'ai pas pris conscience que j'avais bu tant que ça. À un moment, j'ai commencé à avoir chaud alors je suis sorti prendre l'air.

_ Si tu as bu autant, c'est que tu as des problèmes. Tu pouvais nous en parler. Pourquoi ne pas l'avoir fait ? dit Remus.

_ À votre avis ? lança Harry. Vous n'avez pas songé une minute que j'étais tourmenté par la même chose que Severus et papa, non ? Vous croyez que je serai venu vous voir alors que j'ai bien vu hier soir au dîner que vous vous adressiez à peine la parole ? Que Severus n'est pas allé te chercher quand il m'a ramené chez vous ?

Le couple se regarda, gêné.

_ Même si nous avons des différends actuellement, nous serons toujours là pour t'écouter, Harry, déclara Severus. Maintenant que nous savons pourquoi tu t'es mis dans cet état, nous ne pouvons pas laisser passer ce comportement, tu t'en doutes bien ?

Harry hocha la tête.

_ En accord avec Remus, nous enlevons cinquante points à Gryffondor et nous te mettons une semaine de retenue.

_ De plus comme tu es Préfet, nous te mettons un avertissement. Si tu te montres une nouvelle fois indigne de porter ce badge, nous n'aurons pas le choix que de te l'enlever, avertit Remus. Nous ne faisons pas cela de gaieté de coeur, crois-moi, mais nous appliquons seulement le règlement.

_ Je sais, Remus. Je suis sincèrement désolé, je regrette mon comportement, déclara Harry, les yeux baissés.

_ C'est la moindre des choses.

_ Je sais. Est-ce que vous allez prévenir mes parents ?

_ Nous n'avons pas le choix, répondit Severus. Bonne journée, Harry.

_ Bonne journée à vous deux.

Harry sortit du bureau et s'adossa au mur près de la porte. Il savait qu'il n'avait pas eu un comportement exemplaire mais c'était plus fort que lui, il avait juste voulu oublier le temps d'une soirée la difficile journée qu'il avait eue. Il avait alors enchaîné les verres sans s'en rendre vraiment compte et il le payait aujourd'hui. Il avait déçu les quatre personnes à qui il tenait le plus. Harry soupira et se dirigea vers le Hall pour aller à sa salle commune. Alors qu'il venait de monter quelques marches, il vit Ron et Hermione descendre.

_ Harry ! Mais où étais-tu ? Tu as disparu de la fête sans dire un mot ! s'exclama Hermione.

_ Je n'ai pas envie d'en parler, Hermione, marmonna Harry. Mais je vais bien, c'est le principal.

_ Tu n'en as pas vraiment l'air pourtant, remarqua Ron alors qu'Hermione ouvrait la bouche. Nous allons déjeuner, je suppose que tu as déjà pris le tien ?

_ Oui. Je vais chercher mes affaires et j'irai à la bibliothèque, je dois finir le devoir de Défense Contre les Forces du Mal. À tout à l'heure.

Il manquerait plus que je ne le finisse pas et j'aurai encore Remus sur le dos, songea-t-il. Il monta jusqu'à sa salle commune puis à son dortoir et rangea ses affaires dans son sac.

Quand il sortit de la Tour Gryffondor, il vit que Draco l'attendait. Harry évita de l'embrasser, ayant peur que son haleine le trahisse.

_ Qu'est-ce qu'il s'est passé hier ? D'après Ron et Hermione, tu as disparu de la fête vers deux heures du matin.

_ Pas tout à fait mais oui, avoua Harry. Viens.

Ils allèrent jusqu'à la Salle sur Demande où Harry savait qu'il ne serait pas entendu. Ils s'installèrent sur des coussins rouge et verts en face d'une cheminée.

_ Je n'ai pas osé le dire à Ron et Hermione, ils m'auraient sans doute jugé et au fond, je l'aurai mérité. Et si tu vas chez Remus et Severus et que l'un en parle en pensant que tu es au courant, ça risque de faire des histoires entre nous et c'est tout ce que je veux éviter en ce moment.

_ Tu m'inquiètes.

_ Hier, tu as dû sans doute voir que j'allais de moins en moins bien, que je prenais souvent la mouche dès qu'un élève parlait de Pettigrow ou qu'on me regardait ?

_ Je m'en suis aperçu, oui. Je sais aussi que c'est un sujet sensible. Si j'ai essayé de limiter tes ardeurs, je n'ai pas voulu en parler ouvertement avec toi. Mais si tu m'en parles, c'est que j'aurai peut-être dû le faire, songea Draco, inquiet.

Harry détourna le regard.

_ J'avais le moral à zéro et je ne voulais pas gâcher la fête de Ron. Alors au bout d'un moment, je me suis rapproché du bar et j'ai commencé à boire.

_ Mais pourquoi ? demanda le Serpentard, surpris.

_ Je voulais juste oublier ce qu'il s'était passé durant la journée. Je ne sais pas exactement l'heure exacte mais j'ai commencé à avoir chaud donc je suis sorti. Je sais, même Préfet, je n'avais pas à déambuler dans les couloirs mais je n'étais plus très lucide à ce moment là. Je ne me souvenais même plus que les professeurs devaient faire une ronde régulièrement. Bref, je suis tombé sur l'un d'eux. Et même si je ne suis pas tombé sur le pire des profs, j'aurais mieux aimé ne pas tomber sur Severus.

_ Ouille, je n'ose pas imaginer le savon qu'il a dû te passer.

_ Figure-toi que non. Je pense qu'il ne se sentait pas légitime après ce qu'il lui était arrivé la veille. Il m'a juste donné une potion et Nefli m'a accompagné dans ma chambre. Ce matin, j'ai vu Remus qui m'a préparé mon petit-déjeuner mais je n'ai pu boire qu'un bol de café. Ensuite, Remus m'a emmené dans le bureau de Severus. Ils ne m'ont pas vraiment fait la leçon de morale mais j'ai bien senti qu'ils étaient furieux et déçus par mon comportement. D'ailleurs, la sanction s'en est vite ressentie.

_ Ils n'ont pas été trop sévères quand même ? demanda Draco.

_ Disons que c'est à la hauteur de ma stupidité. Cinquante points en moins et une semaine de retenue sans compter l'avertissement sur mon rôle de Préfet. Je crois que je peux dire adieu à la sortie à Pré-au-Lard la semaine suivante.

_ Ils t'ont dit quelque chose ?

_ Eux non, mais ils vont avertir mes parents. Si je n'ai jamais vu mon père furieux, j'ai peur de me retrouver face à lui même par Miroir, avoua Harry. Cela ne fait même pas un an qu'ils m'ont adopté que je les déçois déjà. Mais je ne retournerai pas chez les Dursley. J'irai au Chaudron Baveur jusqu'à ma majorité et après le Ministère ne pourra rien me dire.

_ Mais de quoi parles-tu ? s'exclama Draco. Harry ! Ce n'est pas parce que tu as fait une bêtise qu'ils vont te mettre dehors ! D'accord, tu vas sûrement passer un mauvais quart d'heure ce soir quand Sirius t'appellera mais jamais ils ne te mettront dehors. Je sais que tu as eu une enfance difficile mais Sirius et Amélia t'aiment, ils seront furieux, tu les décevras sans doute, vous vous prendrez la tête mais jamais ils iront jusqu'à te renier. Sirius tient trop à toi et il sait ce que c'est d'être exclu de sa famille.

Désemparé, Harry ne put retenir les larmes qui coulaient sur ses joues. Draco le prit dans ses bras et les deux adolescents se détachèrent l'un de l'autre au bout de quelques minutes.

_ Merci, merci de me rassurer, tu dois me trouver idiot.

_ Pas du tout, dit Draco en venant embrasser son petit-ami qui répondit au baiser avant de le rompre. D'ailleurs, ce soir, je te kidnappe.

_ Je n'ai pas envie d'avoir des ennuis avec Remus. Il doit venir ce soir vu qu'il y avait la fête hier soir et si je ne viens pas remplir mes obligations, il risque de mal le prendre. Je ne préfère pas, je suis désolé.

_ Pas grave, le professeur Slughorn est passé hier soir donc c'est moi qui viendrait chez les Gryffondor. Je ne pense pas que Remus va s'y opposer.

Harry esquissa un sourire. Ils se levèrent, sortirent de la salle et se rendirent à la bibliothèque. Lors du déjeuner, Harry reçut un morceau de parchemin où Remus l'informait que ses retenues commenceraient le lundi suivant à dix-sept heures trente jusqu'à dix-neuf heures jusqu'au vendredi et que celle du lundi se passeraitt dans son bureau.

Alors qu'il allait chercher ses cours après le déjeuner, il entendit le Miroir l'appeler. Le coeur serré, il répondit. La discussion fut un peu houleuse au début jusqu'à ce qu'Amélia s'y mêle et apaise les tensions. Comme l'avait dit Draco, Sirius et Amélia ne le rejetèrent pas et une fois la leçon de morale faite, ils le rassurèrent sur l'amour qu'ils lui portèrent. Ils savaient que Harry avait besoin d'entendre ces mots. Harry les remercia et promit de ne pas recommencer. Après avoir raccroché, Harry alla rejoindre ses amis à la bibliothèque.

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Pendant ce temps, Alice Chase semblait nerveuse. Depuis l'incident qui s'était produit un mois plus tôt dans la Grande Salle, elle avait réitéré l'expérience une semaine plus tard. Cette fois-ci, mis à part des regards, personne n'était venue l'importuner. Certains élèves d'autres maisons et d'autres années étaient venus lui apporter son soutien. Forte de cette réussite, Alice était revenue tous les trois jours dans la Grande Salle mais toujours aux dîners, préférant éviter la tentation ce qui pourrait lui être préjudiciable durant les cours. Plus elle se rendait dans la Grande Salle, plus elle s'y habituait. Ce jour-là, après les cours, elle avait eu rendez-vous avec les professeurs Rogue et Chourave. Ils lui avaient demandé si elle acceptait de passer la soirée dans la salle commune de Poufsouffle. D'abord surprise et angoissée, Alice avait fini par accepter. C'était une nouvelle étape pour qu'elle retrouve sa vie normale.

Alice se trouvait actuellement avec Colin et Ginny. Il était prévu avec leurs professeurs, que Ginny accompagnerait Alice ce soir-même. Colin avait accusé le coup et Alice s'en était voulue. Tous deux savaient que chacun avait des sentiments pour l'autre mais ni l'un ni l'autre n'osait franchir le pas. Alors qu'ils discutaient, la porte des appartements de la jeune fille s'ouvrit, laissant apparaître le professeur Chourave.

_ Bonsoir, Mr Crivey, Miss Weasley, Miss Chase. Comment allez-vous depuis tout à l'heure ?

_ Un peu angoissée mais ça ira. Après tout, si j'ai réussi à me contenir dans la Grande Salle, je ne vois pas pourquoi je n'y arriverai pas dans ma salle commune. Ça me fait tellement bizarre de dire cela. Même si je fais toujours partie de la maison Poufsouffle, je me sens presque étrangère.

_ Vous oublierez vite ce désagrément. Êtes-vous prêtes ?

_ Oui, professeur, répondirent les deux amies.

_ Est-ce que Colin peut venir avec nous ? demanda Alice. Je me sentirais davantage à l'aise avec deux de mes amis.

_ Si Mr Crivey n'y voit pas d'inconvénients, je suis d'accord. Je vous ferai un mot pour expliquer votre présence dans les couloirs si vous croisez des professeurs ou les Préfets-en-Chef, déclara le professeur Chourave. Allons-y.

Les quatre sorciers sortirent, Colin étant ravi d'accompagner ses amies. Ginny esquissait un sourire moqueur qu'Alice avait évidemment vu.

_ Ce n'est pas ce que tu crois, siffla Alice.

_ Bien sûr. Comme si tu allais être en danger dans ta propre salle commune, rétorqua Ginny en levant les yeux au ciel. Toute la classe te soutient, la plupart des Poufsouffle viennent te demander quand tu reviens parmi eux et non, tu préfères avoir deux amis pour que tu sois rassurée.

_ Tu sais très bien que rien ne peut se produire entre Colin et moi, murmura la jeune fille en rougissant. Ce serait trop dangereux.

_ Professeur, qu'avez-vous pensé quand vous avez appris la relation entre le professeur Lupin et le professeur Rogue ? demanda Ginny.

_ Cela est une question un peu trop personnelle, Miss Weasley.

_ Je veux dire, est-ce que vous avez pensé que le professeur Lupin pouvait être dangereux pour le professeur Rogue à cause de sa lycanthropie ?

_ D'après ce que je sache, le professeur Lupin avait longuement repoussé les avances du professeur Rogue. Disons que le professeur Lupin savait se montrer prudent quand il le fallait. Si vous voulez mon avis propre, chacun devrait avoir le droit au bonheur, qu'ils soient adolescents, adultes, humains ou qu'ils soient touchés par un certain handicap, cela n'en reste pas moins des êtres capables d'aimer.

Ginny regarda Alice avec un regard triomphant. Cette dernière la fusilla du regard mais n'osa pas regarder son camarade de Gryffondor qui se tenait derrière elles. Ils arrivèrent rapidement devant la porte dissimulant la salle commune de Poufsouffle. La porte s'ouvrit et ils entrèrent. Les élèves tournèrent la tête et virent leurs invités.

_ Alice ! s'écrièrent trois filles qui se trouvaient dans la même année que Ginny, Alice et Colin.

_ Tu es enfin de retour parmi nous ?

_ Pas encore. Je teste petit à petit les endroits qui me sont familiers.

_ Allez, viens avec nous, on va te raconter les derniers potins chez les blaireaux.

Alice fut embarquée par ses camarades, suivie par Ginny et Colin. Pomona, elle, semblait ravie que la visite d'Alice se passe bien. Elle garda malgré tout un œil sur elle tandis qu'elle parlait à des élèves.

Pendant ce temps, les élèves de Poufsouffle venaient voir Alice pour lui poser des questions. Alors que Ginny et Colin discutaient avec d'autres élèves, une conversation parvint aux oreilles d'Alice.

_ À sa place, je rentrerai chez moi.

_ Elle n'a rien à faire ici.

_ Tu connais plein de vampires qui utilisent la magie ? Moi non.

_ Et si elle se trouve quelqu'un ? Le mec ne va pas survivre longtemps, pouffa l'un d'eux.

Alice se leva et se dirigea vers eux. Le fait qu'elle était agacée par ces commentaires la fit se déplacer plus rapidement ce qui stupéfièrent quelques élèves.

_ Avez-vous un problème avec moi ? siffla-t-elle.

Les trois garçons qui discutaient poussèrent un cri en la voyant. Les conversations se turent petit à petit.

_ Mais pas du tout, répondit l'un d'eux, surpris.

_ À vous entendre, il me semblait le contraire.

_ Genre, tu nous as entendus alors que tu étais à l'autre bout.

_ C'est l'un des avantages d'être un vampire. Je peux entendre des choses qui se trouvent dans un rayon d'un kilomètre voire plus autour de moi. Je peux vous dire que Miss Teigne se promène par ici, elle a dû sentir ma présence dans les environs. Par contre elle ne s'approche pas de moi. Bon, en même temps, les chats ne sont pas mes meilleurs amis, je suis allergique à leurs poils, expliqua Alice. Mais maintenant que je suis là, posez vos questions, je ne vais pas vous manger, je l'ai déjà fait.

Ginny, Colin et les élèves de cinquième année éclatèrent de rire devant les visages gênés des trois élèves.

_ Mais si vous l'ignorez, j'essaie d'avoir une vie la plus normale possible. Certes les vampires sont des êtres magiques, mais au fil du temps, ils sont exclus de la société magique et refoulent leur magie. J'ai la chance de continuer à étudier. Ma magie n'en est pas moins puissante.

_ Si tu le dis, je te crois. Mais avoue que ce n'est pas facile pour toi d'être proche de nous alors aller jusqu'à embrasser quelqu'un, lança un deuxième Poufsouffle.

_ Je n'en ai jamais fait l'expérience encore mais je suppose qu'il y a un début à tout, déclara Alice en se retournant.

Elle marcha vers son groupe d'amis, en rougissant légèrement. Elle regarda Colin qui hocha timidement la tête. Il lui prit les mains et l'embrassa furtivement. Loin de s'éloigner aussitôt, Alice déposa un plus long baiser tendre sur les lèvres du jeune Gryffondor qui était devenu rouge. Ginny souriait de joie. Elle repensait encore à ce qu'Alice lui disait sur le chemin menant à la salle commune et pensa qu'il lui fallait juste un déclencheur. Elle regarda les trois Poufsouffle qui paraissaient gênés ainsi que quelques élèves mais la plupart étaient ravis pour eux et ne tardèrent pas à aller les féliciter.

_ C'est la meilleure idée que tu aies eue jusqu'à maintenant, souffla Ginny. Je suis contente pour vous.

_ Merci, dit Colin.

_ Mais je te préviens : hors de question que tu fasses du mal à Alice, elle ne le supporterait pas.

_ C'est bizarre, je pensais que ce serait à Alice que tu ferais cette recommandation, pouffa son ami.

_ Alice n'a pas changé malgré sa transformation. Elle ne ferait de mal à personne. Allez, souhaite une bonne soirée à ta dulcinée et nous allons rentrer, il se fait tard.

_ Tu as raison, dit Colin.

Après avoir salué leurs amis de Poufsouffle et avoir pris le mot que le professeur Chourave leur donna, les deux Gryffondor regagnèrent leur propre salle commune.

Pendant ce temps, Severus était encore dans son bureau quand il entendit la porte menant à ses appartements s'ouvrir sur son mari.

_ Tu ne penses pas avoir assez travaillé ?

_ Je suis désolé mais Minerva m'a averti en milieu d'après-midi qu'elle devait s'absenter deux semaines, du coup je dois me charger de toutes les affaires de l'école. Je m'en serai bien passé mais je n'ai pas le choix. Tu vas sans doute passer la soirée seul, je suis désolé, déclara Severus. Non mais je te jure, les élèves de Poufsouffle s'en sont donnés à coeur joie ou quoi ?

_ Pourquoi ?

_ Car j'ai… trente-cinq billets qui m'indiquent que des Poufsouffle ont transgressé le règlement.

_ On parle des Poufsouffle ! Je veux bien que certains sont rappelés à l'ordre mais là, la moitié de la maison en vingt-quatre heures ? C'est une blague ? s'exclama Remus.

À ce moment-là, quelqu'un frappa à la porte du bureau de Severus. Remus alla ouvrir et tomba sur les professeurs Flitwick et Slughorn.

_ Que venez-vous faire ici ?

_ Nous venons voir Severus.

_ Entrez.

Remus les laissa entrer et vint se poster près d'eux.

_ Je ne sais pas si c'est le fait que nous soyons dimanche mais les élèves semblent bien mouvementés aujourd'hui, expliqua Filius. Je n'ai jamais reçu autant de mots en une journée.

_ Combien ? demanda Severus.

_ Vingt-six, répondit son collègue.

_ Trente chez moi, ajouta Horace.

_ Et vingt-huit pour moi, ajouta Remus.

_ Mais pourquoi ne m'en as-tu pas parlé ? s'exclama Severus.

_ Parce que je ne pensais pas que l'école était devenu un champ de foire durant la journée ! Je voulais te le dire mais tu m'as parlé des Poufsouffle alors je n'ai pas voulu en rajouter, se défendit son mari.

_ Attendez, il y a un problème. Comment autant d'élèves ont été remarqués dans une journée ? demanda Horace. Car même avec mon ancienneté, ce n'est jamais arrivé !

_ Qui vous a donné ces billets ?

_ Rusard, répondirent de concert les trois professeurs.

_ Moi aussi, répondit Severus. Il y a quelque chose qui cloche chez lui. Il y a quelques jours, il scrutait avec attention la statue de la tour Serdaigle en croyant qu'il y avait un secret qu'il devait découvrir. Il était confus donc une légère potion a suffi. Là il a repris la moitié des élèves de l'école. Ce n'est plus de la confusion à ce stade.

_ Donc quoi ? Que pouvons-nous faire ? demanda Filius.

_ Allez dans vos salles communes et demandez aux élèves nommés ce qu'ils ont fait. Je ne doute pas que la majorité n'auront rien fait de précis, songea le Directeur-adjoint. Si c'est le cas, il faudra prendre des responsabilités mais je ne peux rien faire tant que Minerva n'est pas revenue. Vous pouvez y aller.

Filius et Horace s'en allèrent tandis que Remus indiqua qu'il allait préparer le repas.

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3 mars

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Après le cours de Potions, Harry se précipita pour sortir. Remus l'attendait dans une demi-heure et il préférait ne pas être en retard. Alors qu'il montait les marches, il fut retenu par Ron.

_ Je suis désolé, Ron, mais je suis pressé, dit Harry.

_ Tu ne te rappelles pas ?

_ Me rappeler de quoi ?

_ Ginny a placé trois soirées cette semaine pour s'entraîner.

_ Elle te l'a dit quand ?

_ Hier mais tu étais avec Draco et j'ai oublié de te le dire hier soir.

_ Dis-lui que je m'excuse mais je ne pourrais pas. Dis-lui que je lui expliquerai, s'excusa Harry. Je dois vraiment y aller.

_ Mais dis-moi au moins ce que tu as à faire d'aussi urgent !

_ Je vous expliquerai ce soir, c'est promis, lança le Préfet en se précipitant vers les escaliers.

Harry venait d'arriver au troisième étage quand il vit la Capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor. Il essaya de passer inaperçu dans la foule mais la jeune Weasley le vit.

_ Harry ?

_ Je suis désolé, je suis pressé, dit Harry en continuant son chemin.

_ Non mais attends, s'écria Ginny en le suivant. Ce n'est pas dans ce couloir que tu devrais être mais vers le terrain de Quiddtich. Ron t'a-t-il dit que nous avions un entraînement ?

_ Juste à l'instant mais je te promets que je ne peux pas faire autrement.

_ Mais Harry, tu ne peux pas me faire ça ! Comment je fais sans l'Attrapeur titulaire ?

_ Ginny, je t'expliquerai tout ça lors du dîner mais je dois vraiment y aller, la supplia Harry sachant que Remus n'accepterait pas qu'il soit en retard.

_ Tu m'expliques maintenant ! Sinon je devrais informer le professeur Lupin que tu ne remplis pas tes obligations !

_ Désolé, Ginny, mais je dois vraiment y aller. De toute façon, je suis déjà surveillé par Remus alors un peu plus… Mais viens avec moi, je vais le voir, tu pourras te plaindre directement, proposa Harry en reprenant son chemin.

Hésitante, Ginny le suivit, les dents serrées. Harry frappa et entra quand il entendit la voix de son directeur de maison.

_ Je suis désolé de mon retard, professeur, j'ai eu un contretemps, s'excusa Harry.

_ Je passe pour cette fois mais… Que venez-vous faire ici, Ginny ?

Ginny observait son professeur et son ami, surprise.

_ Maintenant que je ne risque plus d'être en retard, je vais t'expliquer. Vendredi soir, j'ai un peu trop bu et je me suis fait attraper par le professeur Rogue. Pour me punir, le professeur Lupin m'a donné une semaine de retenue. Si Ron m'avait dit plus tôt pour les entraînements, je t'aurais prévenue mais je l'ai été en sortant de Potions, expliqua Harry.

_ Je comprends mieux. Excusez-moi, professeur, si Harry est arrivé en retard, c'est ma faute. C'est moi qui l'ait retenu. Il n'arrêtait pas de me dire qu'il était pressé mais je ne voulais pas le lâcher.

_ Je vous excuse. Par contre, je pense qu'il serait mal venu que votre équipe déserte l'entraînement parce que vous êtes en retard.

_ Attends, dit Harry en sortant sa baguette.

Il choisit un souvenir heureux, pensa au message qu'il voulait faire transmettre et à sa destination et jeta le sortilège en informulé. Un cerf argenté sortit de sa baguette et s'envola à travers la fenêtre.

_ Je ne sais pas s'il va être en entier mais j'ai prévenu que tu arrivais.

_ Merci, dit Ginny. J'y vais. Bonne fin de journée à tous les deux.

Puis elle sortit en fermant la porte. Harry soupira, rangea sa baguette et s'assit à une table près du bureau de Remus. Ce dernier se leva en tenant quelques feuilles dans ses mains.

_ À partir de demain, tu iras à l'infirmerie, Mrs Pomfresh t'attendra dès demain à 15h30 jusqu'à 18h, mercredi de 15h à 17h30, et de 17h30 jusqu'à 19h le jeudi et le vendredi.

_ Est-ce que je ne pourrais pas terminer à 17h ? Cela me permettrait de participer aux entraînements, proposa Harry.

_ Je suis désolé, Harry, mais le Quidditch passe après tes responsabilités, répondit fermement Remus. Et Ginny ne te renverra pas pour autant, elle sait que ce n'est que provisoire. Bien, pour ce soir, tu vas me faire un devoir sur les dangers de l'alcool sur la santé.

Harry ouvrit la bouche mais ne prononça aucun mot. Il savait que cela n'aurait aucun effet de contester Remus à part peut-être de lui donner encore plus de travail. Remus lui donna les papiers qu'il avait à la main et Harry commença à les lire. Même si cela ne l'enchantait pas, il apprit cependant de nombreuses choses.

Quand il le rendit, Remus le retint encore quelques instants.

_ Severus m'a rappelé ce matin que tu devais aller voir l'infirmière cette semaine pour faire un test de grossesse suite à votre oubli le mois passé, dit-il.

_ Il ne m'a pas dit que c'était au bout d'un mois ? Cela ne fait même pas dix jours ! Même Mrs Pomfresh me l'a dit !

_ Pour les femmes, cela demande plus de temps pour que ce soit détecté. Mais avec la magie et les potions, nous pouvons le savoir après une dizaine de jours. Le corps masculin est assez imprévisible dans ce domaine-là. Passe voir Mrs Pomfresh dans la semaine et nous serons fixés.

_ Imagine que ce soit positif, papa et maman risqueraient de faire une crise cardiaque ! Après ma bêtise de la semaine dernière et ça… De toute façon, si c'était positif, je ne le garderai pas. Je suis encore trop jeune et Draco est d'accord avec moi. Comme ça, je n'aurais pas besoin de le dire à mes parents…

_ Deux minutes, Harry, il faudra quand-même le leur dire, rétorqua Remus. C'est très bien d'avoir réfléchi à cela mais tu ne sais pas comment cela se passe. Tu devras aller à Sainte-Mangouste et tu devras te reposer une semaine après. Donc autant passer ta convalescence au Rêve d'été.

_ Je vois. Bien, je vais aller dîner sinon je n'aurais pas le temps. Et ce n'est pas vraiment le moment de me prendre une retenue supplémentaire. Au fait, comment je fais mercredi pour la ronde ? Si je termine à 18h, je ne serai pas disponible pour le début de la ronde, songea Harry, perplexe.

_ Tu te feras remplacé par un de tes collègues et tu le remplaceras la semaine prochaine. C'est déjà prévu. Et si je ne dis pas de bêtises, tu remplaceras Draco.

_ Quoi ? Mais ce n'est pas possible, il ferait deux gardes d'affilée ?

_ Dis-toi que tu en feras deux aussi la semaine prochaine.

_ A tout hasard, Ernie n'était pas disponible ?

_ Il a déjà fait un remplacement ce mois-là avec Anthony justement, chacun votre tour.

_ Très bien, soupira Harry. Bon, je vais aller dîner et faire mes devoirs. Bonne soirée. Passe le bonjour à Severus et embrasse le petit Matthéo.

_ Promis. File.

Harry sortit et se hâta de descendre jusqu'à la Grande Salle. Il y trouva Hermione, Ron et Susan qui dînait avec Ron.

_ Quelle surprise. Tu n'es pas à ta table ?

_ Pas quand mon frère se conduit comme un idiot et n'en informe même pas ses amis, répliqua Susan.

_ Papa et maman te l'ont dit ? supposa Harry, gêné.

_ Ils ne me l'ont pas dit aussi clairement. Comme Ron n'était pas au courant, j'ai été interrogé Draco.

_ Trahi par ceux qu'on aime…

_ Mais qu'est-ce qui t'a pris de… de faire ça ? interrogea Hermione, inquiète.

_ Apprendre la mort de Pettigrow m'a retourné. J'ai été plus qu'heureux de savoir qu'il allait croupir à Azkaban mais de là à ce qu'il y passe que trois ans après tout ce qu'il a fait… Non, clairement pas. Et j'ai disjoncté. Le seul truc que je me reproche est d'avoir été pris par Severus.

_ C'est sûr que tu n'as pas dû passer un quart d'heure tranquille.

_ Le matin oui, sur le moment non. Bref, je m'en suis sorti avec cinquante points en moins et une semaine de retenue. Ce soir, j'étais avec Remus et à partir de demain, à l'infirmerie.

_ Tu as eu de la chance, remarqua Ron. Severus et Remus auraient pu être beaucoup plus stricts.

_ Je sais.

Harry repoussa son assiette, son estomac le travaillant.

_ Je trouve que tu ne manges pas beaucoup, dit Ginny. Tu es malade ?

_ Non, juste l'estomac un peu en vrac. Je demanderai à l'infirmière de m'ausculter après ma retenue. Quitte à être sur place, autant en profiter.

_ Hermione et Ernie sont déjà informés mais… est-ce que tu serais d'accord pour que Susan vienne dans notre dortoir samedi soir ? demanda Ron en rougissant.

Harry les regarda un à un.

_ Si vous le souhaitez, oui. Après je n'ai pas mon mot à dire. Juste me prévenir est primordial. Et pour éviter d'être gênés samedi soir et dimanche matin, j'irai squatter chez Draco.

_ Pourquoi ne viendrait-il pas, lui ? proposa Susan. Si tu te réfugies toujours chez Draco à chaque fois que je viens, je vais penser que tu as un problème avec mon couple.

_ Bien sûr que non, voyons ! Je le proposerai à Draco demain, comme ça il pourra t'en parler demain soir.

Susan hocha la tête et ils continuèrent de parler de divers sujets.

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4 mars

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Quand le professeur Flitwick libéra les élèves de sixième année à quinze heures ce mardi après-midi, il retint Harry. Draco, Ron, Hermione et Susan restèrent avec lui. Harry savait pourquoi il le retenait. Il n'avait pas été très attentif durant le cours, ayant eu mal à l'estomac depuis le déjeuner. Il voulait absolument assister au cours avant d'aller à l'infirmerie.

_ J'ai vu que vous n'étiez pas très attentif aujourd'hui. Avez-vous un problème ?

_ Non, professeur, répondit Harry d'une petite voix.

_ Vous avez l'air pâle, vous devriez aller à l'infirmerie. Miss Black, Mr Malefoy, voulez-vous emmener Mr Black à l'infirmerie ?

_ Oui, professeur, dirent les deux élèves.

_ Ça va aller, répliqua Harry. Je comptais y aller de toute manière.

_ On t'accompagne quand-même et ne discute pas, répliqua Draco. Allons-y.

Susan prit le sac de Harry et Draco prit la main du Gryffondor. Ils descendirent avec Ron et Hermione jusqu'à l'infirmerie située au premier étage et entrèrent dans la pièce. Mrs Pomfresh vint vers eux.

_ Bonjour Mr Black. Mais qu'avez-vous ?

_ Il ne se sent pas bien depuis quelques jours, répondit Draco.

_ Il ne mange pas grand-chose non plus aux repas, s'il ne les saute pas, ajouta Ron.

_ Venez avec moi, Mr Black.

Mrs Pomfresh emmena Harry dans son bureau et l'ausculta. Elle lui posa quelques questions et lui donna une potion.

_ C'est une potion de soins, elle devrait vous faire du bien.

Harry prit la potion et la but d'une traite. Au bout de quelques minutes, il se sentait effectivement mieux.

_ Merci, ça va beaucoup mieux.

_ Je sais que vous devez passer votre retenue ici, je vous demanderai juste de me dire si vos douleurs reviennent. N'abusez pas de vos forces et ce soir, je veux que vous mangiez. C'est essentiel pour être en forme.

_ Je vais essayer. Que dois-je faire ?

_ J'ai tout un tas de fioles qui attendent d'être nettoyées, indiqua l'infirmière. Une fois que ce sera fait, vous apporterez une caisse au professeur Rogue et une autre au professeur Slughorn. Et bien sûr, interdiction d'utiliser la magie.

_ Je le fais de suite.

Harry se leva et s'arrêta un petit moment, ayant eu un vertige. Il ne laissa rien paraître et se dirigea vers la partie cuisine du bureau où les fioles l'attendaient. Il fit couler de l'eau dans l'évier, prit le savon ménager et commença à laver les fioles. Quand les fioles de la caisse destinée à Severus furent nettoyées et séchées, Harry sortit du bureau et informa Mrs Pomfresh qu'il allait les donner à son destinataire. Il descendit au rez-de-chaussée et alla frapper à la porte du bureau de Severus. Mais personne ne répondit. Il se dirigea alors vers les cachots et trouva effectivement le Maître des Potions dans son laboratoire.

_ Harry, que viens-tu faire ici ?

_ Mrs Pomfresh m'a demandé de t'apporter cette caisse. Je me suis dit que ce serait utile que je te les apporte dès que j'avais fini de les nettoyer car tu aurais pu en avoir besoin urgemment.

_ Ce ne l'était pas mais merci quand-même.

_ Je vais te laisser, je dois nettoyer les caisses pour le professeur Slughorn.

Harry posa la caisse sur une table vide. Il voulut se retourner mais la tête lui tourna. Il essaya de se rattraper à ce qu'il pouvait attraper et avant de s'évanouir, il entendit Severus l'appeler et un bruit de verre brisé.

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Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ?

Je vous donne rendez-vous le samedi 14 janvier avec un nouveau chapitre intitulé "Conséquences"

Je vous souhaite un bon week-end, un très bon réveillon, prenez soin de vous et de vos proches ;)