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Trahissons la tempête

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Résumé : Les clones découvrent les puces et fuient laissant les Jedi seuls. Anakin trahit Obi-Wan. Bashing Anakin. Possessif Anakin. Cody/Obi-Wan. Pas vraiment Jedi Bashing mais un peu quand même.

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Les clones n'étaient pas des êtres vivants.

Du moins, pas aux yeux de la République.

Les clones étaient bien plus que cela. Ils étaient des soldats, des commandants, des stratèges, des médecins, des techniciens…mais surtout, ils étaient des frères. Ils étaient une famille. Des êtres doués de raison et d'intelligence, qui évoluaient et s'adaptaient toujours. Lorsqu'un nat-born les battait et les insultait, les narguant de sa supériorité, les clones baissaient la tête et se faisaient oublier. Lorsqu'une bataille se passait mal, ils utilisaient une autre stratégie pour sauver le plus de frères. Lorsqu'un officier ou un sénateur les rabaissait, ils se faisaient passer pour des droïdes sans âme et sans esprit. Mais au fonds, ils apprenaient. Ils découvraient le monde et son fonctionnement. Et plus ils apprenaient, plus ils comprenaient et moins ils avaient l'espoir d'être un jour libres.

Les clones avaient été créés pour la guerre. Et pour protéger la République. Et pour les Jedi.

Mais une fois la guerre finie ? Qu'allaient-t-ils devenir ? Allaient-ils être tués car devenus inutiles ? Pourraient-ils vivre confortablement et être libres ? Continueraient-ils à servir la République comme des esclaves sans âme ? Seraient-ils reconnus ?

Les clones connaissaient déjà la réponse. Ils savaient. Ils avaient appris. Les Jedi ne pouvaient rien pour eux malgré leurs efforts. Les rares sénateurs et êtres pensants, comme le Sénateur Organa, plaidant leur cause, ne pouvaient rien pour eux. La République ne leur accorderait jamais la liberté. Ils finiraient tués ou esclaves. Alors les clones décidèrent de se sauver eux-mêmes, de partir. La République n'avait pas besoin d'eux et ne les méritait pas. Après tout, s'ils disparaissaient et prenaient leur indépendance, qui affronterait les droïdes des Séparatistes ? La guerre serait rapidement finie si l'armée d'un des camps disparaissait.

Et les Jedi ? Ils avaient été créés pour eux. Certains Jedi, comme Maîtres Koon, Kenobi, Ti ou Secura, faisaient leur possible pour leur accorder des droits, les traitaient comme des êtres vivants, des amis (voire une famille) et les clones les aimaient et les protégeaient. Mais une majorité de Jedi, aussi paradoxal cela pouvait paraitre, les traitaient comme des droïdes ou des êtres sans âmes, comme Maître Krell, Mundi et Skywalker (ce dernier était un hypocrite : il traitait les clones comme des esclaves, alors qu'il en avait été un, et se faisait passer pour un ange dès que son ancien Maître était avec lui). Ces Jedi, les clones les détestaient. Et malheureusement, ils étaient beaucoup plus nombreux que l'on pourrait croire.

Les clones avaient perdu foi en les Jedi et en la République (sauf les rares personnes les aidant réellement).

Ce n'était donc qu'une question de temps avant qu'ils ne découvrent les puces dans leur cerveau. L'outrage des clones augmenta et l'animosité se répandit dans les rangs, silencieusement. Les clones maitrisaient l'art de garder un masque impassible sur leur visage et ils avaient des boucliers mentaux sophistiqués contre les Jedi. Ils ne voulaient pas que les Jedi apprennent l'existence des puces. Après tout, un Jedi avait ordonné leur création. Ils ne pouvaient pas leur faire pleinement confiance (mais des doutes touchèrent les clones qui avaient de bons Jedi en tant que Général : savaient-il pour les puces ? Les Jedi n'avaient pas l'air de connaitre leur existence).

Pendant un temps, ils continuèrent à accompagner leurs « Maîtres » dans des missions les plus périlleuses. Les clones étaient sacrifiés pour le bon déroulement de la mission et les frères voyaient leurs frères mourir et souffrir. Mais ils restèrent impassibles. Les Jedi ne connaissaient rien à l'art de la guerre et la majorité n'hésitaient pas à les tuer pour sauver leur peau (sauf exception). Les clones priaient toujours de tomber sur un bon Général, un bon Jedi, qui étaient de plus en plus rares. Pour une étrange raison, les Jedi possédant un grand cœur, une grande compassion et tentant d'aider les clones, perdaient rapidement la vie, assassinés ou tués pendant une bataille, envoyés dans les plus terribles missions, comme si la République et l'Ordre Jedi voulaient se débarrasser d'eux, brisant encore plus les clones et la confiance qu'ils avaient en l'Ordre et en la République.

Les clones continuèrent à suivre des ordres insensés, à mourir et à souffrir.

Dans l'ombre, ils retiraient leurs puces.

Ils seraient bientôt libres mais ils ignoraient quand s'enfuir. Ils ne pouvaient pas rester entre les mains de personnes malveillantes qui ne voulaient que les utiliser. Ils voulaient être libres et connaitre la liberté, loin des Jedi et de la République. Ils voulaient découvrir un monde en paix.

La bataille d'Umbara les décida.

Les clones ne pouvaient pas supporter plus de pertes. Krell et Skywalker s'étaient amusés à tuer leur bataillon comme des pièces d'échec. Ils avaient envoyé leur bataillon s'entretuer ! Pire encore, Kenobi avait précisé que la bataille d'Umbara ne devait pas commencer tant qu'il n'aurait pas reçu suffisamment d'informations et de renseignements sur leurs ennemis. Il avait décidé de vérifier par lui-même le terrain, laissant Skywalker et Krell à la tête de son bataillon. Il faisait confiance à Skywalker et les clones ne pouvaient pas lui dire que Skywalker était cruel et terrible, se cachant derrière une façade dès que son Maître adoré était présent. Si Kenobi adorait les clones et les traitaient comme des êtres vivants (une raison pour laquelle il recevait toujours des missions impossibles), Skywalker était l'enfant qu'il avait élevé, son frère et ami. Les clones n'étaient rien à côté de cet amour. Du moins, c'était ce qu'ils pensaient et croyaient. S'ils partaient, Kenobi leur pardonnerait, il pourrait vivre sans eux, en sécurité une fois la guerre terminée. Kenobi partit et les deux Maîtres désobéirent à ses ordres.

La bataille fut dévastatrice. Et Kenobi disparut. Les clones n'avaient plus rien à perdre. Ils n'en pouvaient plus. Le Commandant Cody ordonna le départ de tous les clones.

Ils partirent.

Et ils commirent une erreur.

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Accroupi dans les fourrées humides d'Umbara, Obi-Wan ne pouvait qu'observer stupéfait les clones disparaitre avec les vaisseaux dans l'atmosphère. Il ne comprenait pas. Pourquoi partaient-ils ? Oh, Obi-Wan était loin d'être stupide. Il savait que les clones partiraient un jour, libres des demandes incessantes de la République. Il savait que les clones ne pourraient rester éternellement des esclaves. Il savait qu'ils étaient maltraités par beaucoup d'êtres vivants. Ils méritaient de partir et jamais il ne les empêcherait. Mais il pensait…

Obi-Wan pensait partir avec eux.

Le rouquin aimait les Jedi, ils étaient sa famille, ils l'avaient éduqué et sauvé mais…ils avaient perdu leur voie. Ils n'étaient plus que des pantins du Sénat et de cette terrible guerre. Le rôle d'un Jedi était de sauver les innocents, pas de les tuer ! Leur rôle était de protéger la paix, pas de faire la guerre ! Et les pauvres clones…beaucoup de Jedi les négligeaient. Beaucoup trop. Qu'était devenue la philosophie Jedi ? Les clones faisaient partie des êtres vivants à protéger ! Pourquoi ne pas les aider ? Obi-Wan voyait très bien que les Jedi n'avaient pas beaucoup d'affection pour les clones (sauf certains comme Plo ou Aayla, et Anakin ?). Mais au moins, les Jedi respectaient les clones même s'ils ne les aimaient pas, contrairement au reste de la République qui les traitait comme des droïdes.

Mais malheureusement, ce respect n'était pas suffisant pour qu'Obi-Wan puisse défendre les clones. Le Maître Jedi avait fait son possible, depuis qu'il avait découvert les clones, pour leur accorder des droits, les protéger, les aimer comme des êtres vivants. Mais c'était insuffisant. Même Maître Yoda préférait utiliser les clones pour la guerre, qu'importent les sacrifices. Et Obi-Wan pleurait avec ses amis (les clones n'étaient pas ses soldats, mais ses amis) la perte de chaque clone. Mais que pouvait-il faire, seul ? La seule chose qu'il pouvait faire était de s'assurer que les clones sous sa direction vivent le mieux possible. Et ils étaient devenus amis. Peut-être même une famille. Obi-Wan passait plus de temps avec eux, dans le Négociateur, qu'avec d'autres Jedi et au Temple. Après la guerre, il avait décidé de quitter l'Ordre pour rester avec les clones. Il ne voulait plus être un Jedi, beaucoup trop corrompus, il voulait vivre sa vie.

Et il pensait que les clones savaient également qu'il les choisirait plutôt que l'Ordre.

Une larme coula le long de sa joue alors que les vaisseaux disparurent de son champ de vision. Son cœur se serra dans sa poitrine et une main agrippa ses vêtements. C'était douloureux. Il se laissa tomber sur le sol et il posa son dos contre un arbre. Pourquoi étaient-ils partis maintenant ? Avaient-ils attendu qu'il soit en mission de reconnaissance pour partir ? Ne voulaient-ils pas de lui ? Que s'était-il passé ?

Obi-Wan pressa sa tête contre ses genoux, refusant de pleurer. Il était un adulte, un Maître Jedi (même s'il ne voulait plus être un Jedi), il ne pouvait pas pleurer comme un enfant perdu et abandonné par ses parents. Mais il l'était. Abandonné. Toute sa vie, il avait été abandonné par ceux qu'il aimait. Qui-Gon, Satine, ses amis, le Conseil, même Anakin qui refusait de lui avouer qu'il était marié à Padmé (il avait des yeux, il savait qu'ils étaient mariés !)…et maintenant les clones. Peut-être était-il maudit, condamné à être seul. Mais il pensait vraiment que les clones le comprenaient. Il pensait vraiment…il croyait enfin avoir trouvé sa place. Et cet abandon…il avait mal. Mais Obi-Wan ne dirait rien. Les clones avaient décidé de partir sans lui. Il respecterait leur choix et ne leur en voulait pas. Ils ne voulaient pas de lui. C'était ainsi.

Plusieurs heures passèrent pendant lesquelles il fit son deuil de ce nouvel abandon qui le rongeait de l'intérieur. Il médita longuement pour ranger ses sentiments au fond de lui. Puis il se leva. Il devait rejoindre Anakin et Maître Krell (il ne les avait pas sentis quitter Umbara : ils étaient toujours au camp) et retourner au Temple. Sûrement, les autres Jedi et la République devaient déjà être au courant que leurs bataillons avaient fui (il espérait qu'ils soient libres de toutes charges et pas accusés de trahison !).

Ses pas le menèrent au camp alors qu'il était perdu dans ses pensées (il cherchait des idées pour pouvoir protéger les clones qui avaient fui). Ses yeux fixèrent les parois du canyon qu'il devait traverser pour arriver au campement. Il y était presque. Mais il se figea et ses yeux s'écarquillèrent d'effroi et d'horreur. Des corps ensanglantés de clones jonchaient le sol. Comment… ? Que ? Il avait bien dit qu'il irait faire une mission de reconnaissance ! Obi-Wan avait ordonné Anakin et Krell de ne pas engager les hostilités et d'attendre son retour. Cody et Rex avaient même hoché la tête ! Comment étaient-ils morts si proches du campement ? Alors qu'il s'était assuré que les alentours soient en sécurité ! Etaient-ils tombés dans une embuscade ? Si c'était le cas, pourquoi personne ne l'avait prévenu ? Pourquoi Anakin n'avait rien envoyé dans leur lien ? Que s'était-il passé ?

Obi-Wan avança doucement entre les cadavres, élargissant la Force pour trouver des survivants. Aucun. Ils étaient tous morts. Tremblant, il approcha un corps, un clone de son propre bataillon. Il reconnut Waxer, l'image de la petite Numa se trouvait toujours sur son casque. Le rouquin sentit des larmes couler le long de ses joues. Oh, Waxer. Un clone qu'il connaissait depuis le début de la guerre, un très bon ami. Il allait beaucoup lui manquer. Boil devait être dévasté s'il était toujours en vie. Il murmura quelques prières et observa ensuite le corps.

Obi-Wan cligna des yeux et tomba sur le sol, choqué. Le corps de Waxer avait été percé par un blaster. Mais pas par un blaster des droïdes séparatistes mais par un blaster appartenant à la République, aux clones. Obi-Wan pouvait reconnaitre la différence entre les différents blasters et leurs conséquences. Quelqu'un avait tué Waxer avec une arme de leur propre camp ! Un traitre ? Paniqué, Obi-Wan observa autour de lui. Tous les corps présentaient les mêmes blessures mortelles. Et leur position. Le 501e bataillon faisait face au 212e bataillon, comme s'ils s'étaient entretués…oh. Obi-Wan comprit. Ils s'étaient tirés dessus. Ils s'étaient entretués. Comment ? Pourquoi ? Que s'était-il passé ? Jamais les clones ne s'entretueraient ! Ils étaient loyaux, aimants et adoraient leurs frères plus que tout ! Quelque chose de terrible avait dû se passer.

Cependant, Obi-Wan ne pouvait recevoir aucune réponse pour le moment. Il pouvait enquêter, certes, mais il ne pouvait pas abandonner les corps de ses amis. Il devait les honorer. Ensuite, il irait voir Anakin. Il devait savoir.

Délicatement, il utilisa la Force pour porter le corps de Waxer au centre de la clairière. Il répéta l'action à de nombreuses reprises, retenant ses larmes et murmurant des excuses et des prières. Une fois les hommes bien alignés, il appela des roches à lui et les recouvrit. Les corps furent ensevelis. Puis, il cueillit des fleurs pour les déposer sur les roches, en hommage. Il s'inclina, à la manière des Jedi, et les remercia de leurs services et amitiés. Ils allaient lui manquer.

« Obi-Wan ? » Une voix familière appela.

Surpris, il se retourna d'un bond pour apercevoir Anakin apparaitre devant lui. Beaucoup trop préoccupé et attristé par les funérailles, il n'avait pas senti la présence puissante de son ancien Padawan.

« Anakin. » Sourit tristement Obi-Wan. « J'allais te rejoindre… »

« Vraiment ? » Interrompit un peu durement Anakin, surprenant Obi-Wan.

Anakin possédait un caractère colérique, têtu, parfois arrogant, mais compréhensif et gentil, prêt à aider ceux dans le besoin. Obi-Wan ne se formalisa donc pas du ton dur de son ancien Padawan et ami. Après tout, Anakin venait lui-même de perdre ses hommes, ses amis et les clones survivants avaient fui. Obi-Wan pouvait comprendre qu'Anakin avait besoin d'un peu de temps. Mais il ne comprenait pas la question d'Anakin.

« Anakin ? » Soupira doucement Obi-Wan en tournant sa tête vers la tombe. « Tu sais très bien que je ne te laisserai jamais. »

Certes, Obi-Wan ne voulait plus être un Jedi et voulait suivre les clones mais cela ne l'empêchait pas de rester en contact avec Anakin, qu'il considérait comme son fils, frère et ami. Peut-être qu'Anakin viendrait vivre avec eux et Padmé (peut-être Ashoka aussi) ?

« Vraiment ? » Répéta simplement Anakin, d'un ton un peu plus dur mais Obi-Wan ne se retourna pas.

« Que s'est-il passé ? » Demanda doucement Obi-Wan, les yeux fixés sur la tombe, émotif. « Comment une tragédie comme celle-là a pu arriver ? » Il secoua la tête. « Pas étonnant qu'ils soient partis… »

Avant qu'il ne puisse ajouter quelque chose, la Force l'alarma d'un danger imminent. Mais il n'eut pas le temps de réagir lorsqu'il fut agrippé violement par le poignet et poussé au sol par une large main. Les yeux écarquillés, Obi-Wan se tourna pour voir Anakin, les traits du visage déformés par la colère. Quoi ?

« A-Anakin ? » Bredouilla Obi-Wan, bien trop choqué pour utiliser la Force.

« On s'en fiche de ce qu'il s'est passé ! » S'écria seulement Anakin, en colère. « Les clones sont juste partis ! Ils nous ont abandonnés ! »

« Anakin, il doit bien y avoir une raison… » Tenta de calmer Obi-Wan et plaça sa main libre contre le torse de son ancien Padawan pour le repousser.

Les clones ne partiraient pas sans une raison précise. Et Obi-Wan était persuadé que cette raison avait un lien avec ce massacre. Mais pour pouvoir défendre ses amis, le rouquin devait comprendre ce qu'il s'était passé. Et Anakin ne lui rendait pas la tâche facile.

« Raison ? » Cracha violemment Anakin, si violemment qu'Obi-Wan sursauta, peu habitué à un tel éclat de colère et de rage venant son ancien Padawan. « Une raison ? Pour partir ? Ils n'ont pas besoin de raison ! Ce sont des traitres ! »

Le rouquin se figea de stupeur, arrêtant de se débattre pour repousser son ancien Padawan. Il souffla, tremblant. Avait-il bien entendu ? Traitres ? Anakin les accusait de traitrise ? Pour souhaiter prendre leur indépendance et leur liberté ? Le ton utilisé par son ami était sombre, rageur, irrespectueux. Obi-Wan n'avait jamais entendu Anakin utiliser ce ton terrifiant, ce qui le prit au dépourvu.

« Ils méritent de vivre une vie loin de la guerre, Anakin. » Tenta de calmer Obi-Wan, plaçant une main sur l'avant-bras du blond. « Depuis leur naissance, ils obéissent des ordres. Ils sont des esclaves, sûrement… »

« Des esclaves ? » Cracha Anakin, coupant à nouveau Obi-Wan, plaquant à nouveau le rouquin contre le sol, le faisant grimacer. « Ils ne sont pas des esclaves. Ils sont des clones. Des clones ! Pour être des esclaves, il faut être né naturellement ! »

Obi-Wan sentit son corps échapper à son contrôle. Son esprit refusait de comprendre ce venait de dire Anakin. Son cœur s'agita violemment dans sa poitrine alors que ses yeux écarquillés observaient le visage terrifiant et haineux du blond qui crachait des insultes contre les clones. Le rouquin ne comprenait pas. Non. Il refusait de comprendre. Mais comment pouvait-il comprendre ? Son adorable petit Padawan, prêt à tout pour aider les innocents, même les clones, les haïssait ? A cause de leur abandon ? Ou avait-il caché sa haine pendant si longtemps ? Une douleur sourde s'empara de sa poitrine et Obi-Wan ravala ses larmes. Il avait échoué à élever Anakin. N'est-ce pas ? Cela devait être de sa faute. Peut-être pourrait-il le calmer ?

« Anakin… » Souffla Obi-Wan, attristé, attirant son attention. « Comment peux-tu dire ça ? Ecoute la Force, elle ne se trompe jamais ! Les clones sont vivants, ils ne méritent pas… »

« Tais-toi ! Tais-toi ! » Hurla Anakin, le coupant violemment en utilisant la Force pour l'étrangler et Obi-Wan paniqua, ne pouvant plus respirer. « Les clones ne sont rien ! Rien du tout ! Ils voulaient juste te voler ! CC-2224 voulait t'enlever à moi ! » Obi-Wan tenta d'user de la Force pour se libérer, tremblant face aux terribles paroles d'Anakin. « Tu es à moi ! Mon Maître ! Je t'interdis de m'abandonner pour des êtres inférieurs ! »

Soudainement, Anakin le lâcha et se releva. Obi-Wan roula sur son côté droit et cracha sa salive, reprenant rapidement sa respiration, une main posée contre sa nuque. Anakin…Anakin venait vraiment…il venait de l'étrangler avec la Force ? Et de déclarer qu'il lui appartenait ? Obi-Wan n'arrivait pas à y croire ! Comment avait-il fait pour manquer la possessivité de son ancien Padawan ? Comment avait-il fait pour manquer son agressivité et sa haine contre les clones ? Alors que le rouquin était toujours au sol, une terrible pensée l'envahit. Si Anakin haïssait les clones…les avait-il blessés ? Maltraités ? Humiliés ? Oh non. Oh non !

Les regards…les regards de Rex, de Jesse, d'Echo, de Fives ! Et même de ses propres hommes ! Leurs yeux…ils étaient parfois vides, soumis. Mais Obi-Wan pensait que c'était à cause de la guerre. Mais en y repensant bien, leurs yeux n'étaient vides et leur visage impassible que lorsqu'ils étaient avec Anakin et quelques autres Jedi et des officiers naturellement nés ! Avec lui, ils étaient joyeux et normaux ! Obi-Wan ferma les yeux. Les clones du bataillon d'Anakin étaient abusés par son ancien Padawan. Et Anakin lui avait caché et menti…pas étonnant que les clones soient partis sans lui. Ils devaient penser qu'Obi-Wan prendrait toujours la défense d'Anakin…ce qui était faux. Il était horrifié, choqué et terrifié par les actions du blond.

« J'ai fait tout mon possible pour que les clone s'écartent de toi. J'ai chassé tout le monde qui voulait profiter de ta naïveté ! » Poursuivit Anakin, frappant le sol de son pied, comme un enfant en plein caprice. « Qu'ils étaient indignes de toi ! Mais, ils n'ont pas compris mon message ! Ils nous ont juste abandonné dans cette guerre ! Le Chancelier sera furieux ! »

Obi-Wan frissonna devant le ton possessif et terrible, ayant toujours du mal à y croire. La raison pour laquelle ses amis, Quin, Bant, Reeft ne lui parlaient que très rarement était à cause d'Anakin ? Il les avait chassés ? Il l'avait isolé ? Pour le garder auprès de lui ? Le petit garçon blond de neuf ans avait-il toujours été aussi manipulateur, possessif et horrible ? Il avait abusé les clones pour les éloigner de lui…voilà pourquoi Cody devenait plus distant au fil du temps. C'était douloureux. Il avait l'impression d'être trahi.

Une main agrippa son menton et Obi-Wan se retrouva à fixer les yeux haineux et possessifs d'Anakin.

« Je sais que tu voulais partir avec eux. » Gronda-t-il, serrant ses doigts contre sa peau faisant grimacer Obi-Wan. « Je le sens dans notre lien, tu ne peux rien me cacher. Tu aimes Cody, n'est-ce pas ? Dommage qu'il soit parti. » Continua-t-il, méchamment et satisfait. « Mais tu n'as pas le droit de me quitter. Non, non, non. Tu m'appartiens, tu comprends. Tu m'appartiens ! »

« Non. » Répliqua Obi-Wan, le cœur battant, terrifié mais déterminé.

Il n'était à personne. Il était un être vivant, libre de ses choix. Comment Anakin pouvait-il le traiter de la sorte ? Il aimait Cody, oui, mais il respectait ses choix. S'il voulait partir, il le laisserait. Et Anakin…

« Tu es à moi. » Ragea Anakin.

Le blond serra tellement fort son menton que ses ongles dans sa peau. Obi-Wan ne put s'empêcher de gémir doucement.

« Compris ? »

Défiant, Obi-Wan ne dit pas un mot. Quoiqu'il dise, cela se retournerai contre lui. Les ongles plantés dans sa peau le faisait souffrir mais la douleur lui permettait de garder la tête froide et de ne pas pleurer devant Anakin. Vulnérable. Voilà comme il se sentait. La main d'Anakin le lâcha soudainement et le corps d'Obi-Wan tomba vers l'avant, la gravité reprenant son droit. Il se rattrapa au dernier moment, avant que son visage n'atterrisse sur le sol boueux.

« Non. » Coupa la voix glaciale d'Anakin. « Tu ne comprends. Je vais te faire comprendre que tu m'appartiens. »

Le blond se tourna vers la tombe géante qu'Obi-Wan venait de terminer. Il leva les mains et sous le regard horrifié du rouquin, il commença à détruire les pierres, les fleurs, disperser les cadavres comme de vulgaires poupées de chiffons.

« Non ! » S'écria Obi-Wan, en se relevant difficilement pour accourir vers Anakin et lui agripper son bras. « Anakin, arrête ! S'il te plait ! Ils méritent d'être en paix ! Tu ne peux pas… »

« Je peux et je le fais ! » Cracha le blond frappant le visage d'Obi-Wan pour le repousser avec sa main de métal. « Ce sont des clones ! Ils ne méritent pas ta compassion ! »

Obi-Wan posa sa main contre sa joue désormais rouge et enflée, du sang perlait le long de son menton. Le rouquin ne pouvait pas réconcilier l'image de l'enfant qu'il avait élevé avec la réalité qui se présentait devant lui. Il se sentait trahi. Trahi. Oh. Obi-Wan réalisa avec horreur qu'Anakin n'allait pas s'arrêter là. Non. Pour son ancien Padawan, il était une possession qu'il devait garder prêt de lui, isolé du monde. Anakin n'hésiterait pas à le frapper, à utiliser la Force contre lui pour arriver à ses fins. Il devait fuir. Fuir avant de perdre plus qu'il n'avait déjà perdu. Peut-être parviendrait-il à retrouver les clones et Cody, son cher Cody. Cody. Lui serait quoi faire, comment réagir face à cette trahison. Il avait besoin de lui, à cet instant pour le réconforter.

Obi-Wan recula doucement d'un pas, puis d'un autre et encore un. A aucun moment il ne quitta le dos d'Anakin du regard. Le blond était bien trop préoccupé à profaner la tombe de ses chers clones pour réaliser qu'il tentait de fuir. S'il restait, il souffrirait, il perdrait tout. Il ne pouvait pas rester. Une fois assez loin, Obi-Wan fit volte-face et utilisa la Force pour courir et mettre une distance suffisante entre les deux. Ses yeux se remplirent de larmes, maintenant qu'il était assez loin, les cheveux au vent. Si l'abandon des clones était douloureuse, la trahison d'Anakin le détruisait. Il passa sous un immense arbre reposant sur le sol et sauta par-dessus des pierres. Sa respiration était saccadée et son cœur battait dans poitrine.

Obi-Wan devait trouver un vaisseau et fuir.

Obi-Wan n'eut jamais le temps de trouver un vaisseau.

La Force le prévint d'une présence menaçante. Le rouquin comprit tout de suite de qui il s'agissait. Paniqué, il allongea la cadence. Il devait être plus rapide, ne pas regarder derrière lui. Mais Anakin était l'Elu. Plus puissant, plus fort. Obi-Wan ne faisait pas le poids. Malgré tous ses efforts, il ne parvint pas à le semer, il était toujours poursuivi par une Force qui s'obscurcissait de plus en plus vite. Non. Non. Anakin se laissait bercer par le côté obscur ! Des larmes glissèrent le long de ses joues, il n'arrivait plus à les retenir. Pourquoi ? Anakin…était son enfant…il l'avait élevé, aimé (l'aimait-il encore ?) et le voilà en train de respirer le côté obscur par pure possessivité. Comment en était-il arrivé là ? Il ne comprenait pas. Qu'avait-il manqué d'autre ? Il avait tout raté. Pourquoi ? Cela terrifiait Obi-Wan qui savait qu'il n'avait aucune chance de vaincre le blond. Surtout lorsqu'il était aussi mentalement épuisé et blessé.

Soudain, la Force d'Anakin l'empoigna fermement et Obi-Wan poussa un cri lorsqu'il sentit son corps être propulsé violemment vers l'arrière. Il tenta de contrer l'attaque en utilisant la Force mais il n'y parvint pas. Son dos cogna un tronc et il sentit son souffle se couper. Il ferma les yeux alors qu'une de ses mains vola contre ses côtes, probablement brisées. D'autres larmes coulèrent. Puis son corps tomba sur le sol, comme une marionnette à qui on venait de couper les fils. Le choc lui fit perdre à nouveau le souffle et il hoqueta, du sang coula le long de ses lèvres. Sa tête tourna et il eut du mal à se maintenir éveillé.

« Non ! » Cria Anakin qui apparut juste devant lui. « Tu n'as pas le droit ! Comment oses-tu partir ? Comment oses-tu ? »

Anakin attrapa ses mèches rousses pour tirer sa tête vers lui. Sonné, Obi-Wan gémit et ferma les yeux. Il lui était presque impossible de rester conscient. Mais les mouvements brusques d'Anakin l'empêchait de s'évanouir.

« Tu veux tellement retrouver tes clones ? » Cracha le blond, tirant ses cheveux. « Je ne compte plus pour toi ? »

Anakin n'attendit aucune réponse et il attrapa Obi-Wan pour le forcer à se lever. Le rouquin manqua de tomber et le blond finit par le mettre sur son épaule, comme un vulgaire sac. Il était bien trop épuisé et blessé pour protester et se débattre. Seul un gémissement lui échappa.

« Il va vraiment falloir que tu apprennes à retrouver ta place. » Dit Anakin alors qu'il commençait sa marche à travers la forêt. « Elle est auprès de moi, pas de ces clones. »

Ses paupières se fermèrent et, malgré lui, il se laissa bercer par les pas réguliers d'Anakin. Il n'entendait plus vraiment ses paroles mais il savait qu'il décrivait la façon dont il tuerait ses ennemis, ses opposants qui voulaient les séparer. Mais son esprit ne parvenait pas à formuler des réponses, à protester. Il n'arriver même plus à penser. Il voulait juste dormir et prier que tout ceci ne soit qu'un cauchemar, qu'il se réveille dans les bras de Cody et que son adorable Anakin l'accueille avec un grand sourire amusé. Il ignora combien de temps il passa pendu sur l'épaule de son ancien Padawan.

« Tu l'as finalement retrouvé. »

Une nouvelle voix le ramena un peu à la réalité mais Obi-Wan n'avait pas la Force d'ouvrir les yeux. Il devina seulement qu'ils venaient de retourner dans l'ancien campement, auprès de Krell.

« Oui. » Anakin s'approcha du nouveau venu. « Il voulait suivre les clones. » Son ton était dégoûté.

« Bah. » Les pas de Krell crissèrent lourdement sur le sol. « Qui voudrait suivre des droïdes de chair ? Ton Maître est soit stupide, soit manipulé. »

« Fais attention à ce que tu dis. » Gronda Anakin. « C'est de mon Maître que tu parles. »

Il déposa Obi-Wan sur un lit de camp paradoxalement confortable pour mieux confronter Krell. Le rouquin ne pouvait qu'écouter, contrôlant sa respiration pour ne pas empirer les douleurs de ses côtes.

« Calme toi, Skywalker, je n'insulte pas ton Maître adoré. » S'amusa Krell. « Je voulais juste dire qu'il était impossible d'aimer les clones, ces traitres. Ils ont dû lui faire quelque chose pour avoir sa loyauté, c'est tout… »

« Mmh. »

Les clones avaient gagné sa loyauté, voulut protester Obi-Wan. Ils ne lui avaient rien fait ! Ils ne l'avaient pas manipulé ! Les clones méritaient mieux que la guerre. Pourquoi ne pouvaient-ils pas le voir ? Pourquoi ? Ne pouvaient-ils pas voir à quel point Cody était merveilleux ? Protecteur ? Intelligent ? Stratège ? Intentionné ? Un excellent frère ?

« Je suis quand même déçu de ne pas avoir emporté plus de clones dans la mort. » Soupira Krell. « Peut-être en tuant le Commandant, ils n'auraient pas abandonné leur poste et on aurait pu se débarrasser de davantage de ces déchets. »

« Toujours un plaisir de les voir gémir et pleurer. » Approuva Anakin. « J'adore faire ça mais maintenant qu'ils ne sont plus là… »

Le cœur d'Obi-Wan se serra dans sa poitrine. Que venait de dire Krell ? Et Anakin ? Il n'impliquait tout de même pas…ce n'était pas possible, n'est-ce pas ? Et pourtant, son esprit vagabonda sur ce champ de bataille où les clones, ses amis, s'étaient entretués. Son esprit se rappela des différents rapports qu'il recevait de beaucoup de bataillons, qui annonçaient une perte astronomique de clones, comme dans celui d'Anakin ou de Krell (quelques rares bataillons comptaient peu de pertes, comme le sien, celui de Plo ou encore d'Aayla). Des larmes coulèrent à nouveau le long de ses joues. Ses pauvres clones…abandonnés par leur propre Général qui les menait à la mort par pur plaisir…il aurait dû faire plus attention. Il était un mauvais Jedi et un mauvais Général pour ne rien avoir remarqué. Pas étonnant que les clones étaient partis sans lui…il ne le méritait pas. Encore une nouvelle trahison…

« Tu vas faire quoi de Kenobi ? » Demanda finalement Krell.

« Il est à moi, je peux faire ce que je veux de lui. » Non, il n'était pas un objet, il était libre ! « Mais avant, il va falloir purger un peu les Jedi et garder seulement ceux qui le méritent. On ne va pas pouvoir garder ceux qui soutiennent les clones. »

« Un petit ménage, donc. » Rit Krell. « Je suis en contact avec des Jedi qui sont prêts à se débarrasser des défendeurs des clones. On va pouvoir faire un nouvel Ordre Jedi à notre image ! »

Non…pitié, pas ça…pria Obi-Wan tandis que d'autres larmes coulaient. Non, qu'ils ne détruisent pas encore davantage sa famille déjà bien brisée…ils ne pouvaient pas tuer les Jedi qui défendaient les clones ! Non…ils ne pouvaient pas…Anakin, son frère, son fils, son élève ne pourrait pas faire ça, il ne pouvait pas, pas lui…mais Obi-Wan connaissait la réponse. Il savait désormais ce que pouvait faire Anakin. Et il était impuissant. Il ne pouvait pas prévenir ses amis, ceux qui défendaient ouvertement les Jedi. Une véritable purge allait se produire et il ne pouvait rien faire. Une main se posa sur son crâne, caressant ses cheveux. Obi-Wan frémit.

« Et pour Obi-Wan…il restera avec moi… »

OoO

Plo Koon tenait son bras droit contre son torse, pressé contre un mur d'une ruelle d'une planète dont il ne connaissait même pas le nom. Un bruit le fit sursauter et il se dépêcha de se cacher derrière des détritus. Accroupi, modulant sa respiration pour passer inaperçu, il observa un groupe suspect courir sans le remarquer. C'étaient ses poursuivants. Ceux qui avait détruit son vaisseau, le forçant à atterrir en catastrophe proche de cette ville.

Blessé mais toujours vif, Plo n'hésita pas à les semer. Il ne devait pas se faire attraper si proche du but. Une fois ses poursuivants passés, il se releva et utilisa la Force pour s'assurer de ne pas être suivi. Il s'élança dans les ruelles, évitant les passants, gardant sa main non blessée contre son capuchon pour éviter qu'il ne retombe sur ses épaules.

Une fois encore, il se déroba derrière des barils pour éviter un autre groupe de poursuivants. Plo était épuisé. Il avait très peu dormi depuis la catastrophe qui avait touché les Jedi. Il ne vivait, ou survivait, que grâce à l'adrénaline, et probablement la Force. Il était affamé, blessé, assoiffé, il avait mal aux muscles et il était presque sûr que son masque s'était fissuré (heureusement qu'il avait un dispositif de secours pour éviter de respirer l'oxygène !). Mais, malgré tous ces malheurs, une lueur d'espoir le maintenait éveillé. Il était proche du but. Il le sentait. La Force le poussait dans cette direction. Finalement, le Jedi (ou l'ancien Jedi ?) ne pouvait que remercier ses poursuivants pour avoir détruit son vaisseau sur cette planète précise. Cela devait être la volonté de la Force.

Il souffla bruyamment lorsque son pied butta contre une planche de métal abandonné sur le sol. Plo détestait réellement l'impuissance qu'il ressentait. Comment en avait-il pu en arriver là ? Comment ? Comment ? Pourquoi ? Mais les questions ne servaient à rien. Il ne pouvait pas ruminer le passé, seulement avancer.

Il lui fallut une bonne quinzaine de minutes pour sortir de la ville, faisant profil bas, se cachant parmi les ombres, derrière les êtres vivants, dans les ruelles sombres. Il suivait toujours la Force. La Force le guidait toujours, le revigorant, l'aimant. Elle ne l'avait pas abandonné comme les autres membres de sa famille. Un sentiment de détresse et de trahison l'envahit mais il les refoula. Il ne pouvait pas se morfondre et se rouler en boule dans un placard comme il l'avait fait les premiers jours de sa fuite, il ne pouvait pas pleurer. Plo avait une mission. Une dernière mission.

L'ancien Jedi (pourquoi les Jedi étaient-ils devenus comme cela ?) arriva devant une étrange forêt dense. Il prit sa respiration et jeta un coup d'œil derrière lui. Personne. Il n'avait pas été repéré. La Force le poussa gentiment vers la forêt, dans une direction en particulier. Il obéit. C'était la seule chose qui lui restait.

Pendant sa marche, il percuta plusieurs fois des roches, des racines, des arbres. Plo devait parfois prendre des pauses pour reprendre son souffle et calmer sa douleur. Puis il continuait. Encore et encore, répétant les mêmes actions, guidé par cet espoir de trouver enfin ce qu'il cherchait. Titubant, il manqua de tomber lorsque la Force chantonna soudainement à son oreille. Il y était ! Ses yeux glissèrent vers une sorte de clairière, bien cachée entre deux versants verdoyants. A première vue, il n'aurait jamais pu la remarquer si la Force ne l'avait pas poussé dans cette direction. Et enfin, Plo sentit des présences familières. Ils étaient là ! Il avait réussi !

Ses pas s'allongèrent et il se surpris à courir vers les lueurs rassurantes et protectrices qu'il avait appris à connaître et à aimer. Enfin, enfin, le voilà devant la clairière. Plo prit soin de faire suffisamment de bruit pour prévenir son arrivée et éviter de les surprendre. Sans grande surprise, lorsqu'il entra dans la clairière, une dizaine de blasters étaient pointés sur lui, prêts à tirer et il était certain qu'il était actuellement cerné. Mais qu'importe, Plo leur faisait confiance. Jamais ils ne lui feraient du mal, contrairement à eux. Mais pour être sûr, il leva les mains en l'air pour montrer qu'il était désarmé et qu'il venait en paix.

« Je ne vous veux aucun mal. » Parvint-il à dire entre deux respirations douloureuses.

« Gé…Général Koon ! » S'exclamèrent plusieurs clones, choqués de son arrivée et probablement de son apparence.

Loin était le calme et bien habillé le Conseiller Jedi Plo Koon. Devant eux se trouvait un être blessé, désespéré, son dos plié vers l'avant, comme pour se faire plus petit, sale, vêtu de vêtements délavés, déchirés mais passe-partout. Il ressemblait à un vagabond. Pas étonnant. Plusieurs mois de fuite transformaient les personnes les plus fortes en personnes épuisées. Plo ne se formalisa pas des regards choqués alors que les clones baissaient leurs armes, reconnaissant l'un des seuls Jedi qui les appréciait vraiment. Il se sentit enfin en sécurité. Toute la pression s'envola de ses épaules et il se laissa tomber sur le sol boueux comme vidé de toute énergie.

L'un des clones, Blitz, se précipita vers lui, inquiet. Il était un ancien membre de son bataillon et Plo était très heureux de le voir sain et sauf, bien plus heureux que pendant la guerre. Oui, se dit Plo, les clones avaient bien fait de fuir lorsqu'ils le pouvaient encore. Ils avaient eu raison. Et maintenant, c'était lui qui fuyait ceux qu'il pensait être sa famille.

« Général ! Que…que faites-vous ici ? » Blitz s'accroupit à côté de lui, cherchant des blessures. « Comment… ? »

« B…Blitz… » Murmura seulement Plo, épuisé, sentant ses paupières se fermer automatiquement. « Les…Jedi…je dois parler au Commandant Cody, c'est urgent…vraiment… »

Plo ne se sentait pas dramatique. Il existait des Jedi plus dramatiques que lui, comme Obi-Wan (et par extension, toute cette maudite lignée désastreuse). Mais Plo reconnut qu'il s'évanouit de façon absolument dramatique, juste après avoir prononcé quelques mots bien mystérieux. Wolffe allait tellement se moquer de lui s'ils se recroisaient un jour. Blitz, que la Force soit avec lui, le rattrapa avant que son corps ne se fracasse contre le sol. Oui, avec les clones, tout irait bien, il en était certain.

Avec eux, il pourrait les sauver.

OoO

A l'origine, Cody passait une bonne journée.

Le soleil l'avait gentiment réveillé, la température n'était pas excessivement chaude ou humide, juste parfaite, il avait bien dormi et les constructions de leur cité fortifiée avançait rapidement. Encore quelques mois et tout serait fini : ils habiteraient dans la ville la plus protégée de la galaxie, sur une planète inconnue, là où personne ne pourrait les suivre pour leur donner des ordres. Ils seraient à l'abri des Siths, des êtres vivants leur voulant du mal, des mauvais Jedi…juste parfait. Ils étaient libres de prendre leur choix, de suivre leur propre voie, de découvrir la galaxie en paix, loin des demandes incessantes, de la mort et de la déception. Ils pouvaient respirer calmement et tout simplement vivre leur vie comme ils l'entendaient. Et cela n'avait pas de prix aux yeux de Cody. Il était prêt à tout pour ses frères, pour assurer leur liberté. Même si cela signifiait trahir la galaxie et déserter en plein milieu d'une guerre perdue d'avance.

(Un regret le frappa à nouveau, ce même regret qu'il avait depuis plusieurs mois. Le regret d'avoir laissé Obi-Wan seul sur Umbara, sans protection, en plein territoire ennemi. Depuis le début de la guerre, il avait développé des sentiments pour le rouquin qui les protégeait, les respectait, les traitait comme une famille et des amis. Mais il ne pouvait rien dire. Obi-Wan était leur supérieur, un Jedi et lui n'était qu'un clone. Il ne pouvait pas lui imposer ses sentiments. Il s'en voulait de l'avoir laissé derrière mais Obi-Wan aimait Anakin comme son fils même si ce blond était une terrible personne manipulatrice. Sûrement Obi-Wan prendrait le parti de l'enfant qu'il avait élevé, non ? Ils n'étaient que des clones. C'était ce qu'avait fait Jango pour Boba, après tout.)

Le reste de la matinée fut excellente. Il put se relaxer avec un bon café dans le réfectoire commun, un livre à la main, bientôt rejoint par plusieurs de ses frères, qui n'étaient pas vraiment du matin. Il ricana lorsqu'il aperçut Rex s'avachir contre Jesse qui le percuta de son poing pour le redresser. Grognant, Rex posa finalement sa tête contre l'épaule de Gree, beaucoup plus calme que ses autres frères. Fox et Wolffe s'assirent en face de lui, déjà bien réveillés, tous les deux s'étaient entrainés pendant une partie de la matinée avant de surveiller l'avancée des travaux. Plus loin, Alpha-17 et Fordo étaient poursuivis par des petits clones excités de suivre des cours de combat. C'était adorable. Chacun avait trouvé sa place dans cette cité, ses millions de frères savaient quoi faire et ceux qui hésitaient encore, tentaient plusieurs activités. Ils se soignaient doucement des ravages de la guerre, autant physiquement que mentalement. Ces quelques mois de liberté leur faisaient un bien fou !

C'était une bonne matinée.

Et elle ne dura pas bien longtemps.

Soudain, son holocom bipa. Cody grogna. Ce n'était pas une chose alarmante. Son com bipait souvent le matin. Les clones faisaient souvent un rapport, que ce soit sur les travaux ou sur les patrouilles de sécurité à l'intérieur ou à l'extérieur de la planète. Si les clones vivaient désormais isolés et cachés, ils ne voulaient pas se couper de la galaxie. Des patrouilles voyageaient souvent pour découvrir la galaxie et en chercher des nouvelles. Cody pressa le bouton. Un clone apparut, Blitz, un ancien membre du bataillon de Wolffe. Sa patrouille devait visiter une planète en dehors de la République pour y chercher des ressources utiles, voire pour établir un lien économique et commercial.

« Blitz. » Salua tranquillement Cody.

« Commandant ! » La voix de Blitz était paniquée, inquiète et mal assurée.

Cela attira tout de suite son attention. Cody analysa le visage de son frère. Il semblait décomposé, attristé et vraiment inquiet. Quelque chose s'était passé !

« Qu'y a-t-il ? »

Il prit sa voix de commandant, que tout le monde écoutait. Evidemment, ce changement soudain de comportement attira également l'attention de ses frères, curieux de savoir ce qui venait de se passer. Wolffe esquissa un bref sourire en reconnaissant Blitz.

« Je vais être direct : on a récupéré Général Koon. » Lâcha rapidement Blitz et Wolffe se tendit immédiatement. « Il est dans un sale état, blessé et épuisé. Il a passé quelques heures dans un tank de bacta. Il va mieux. Mais… »

Les autres clones étaient silencieux, également tendus. Plo Koon était l'un des Jedi les plus appréciés voire aimés par ses frères. Il était l'une des rares bonnes personnes existantes en cette galaxie. Et savoir qu'il venait d'être trouvé blessé n'était pas une bonne nouvelle. Mais que faisait-il sur la même planète que les clones ? Cody s'en inquiéta tout de suite. Koon devrait être en sécurité avec les autres Jedi. Il devait enfin vivre loin de la guerre, comme convenu, et revenir à leur mission de maintien de la paix (comme le rêvait Obi-Wan). Alors…venait-il de faire une mission qui s'était mal déroulée ?

« Qui est le con qui a blessé mon Général ? » Siffla Wolffe, colérique, sa main volant vers son blaster. « Je le tuerai moi-même ! »

Cody était persuadé que pas mal de clones suivraient Wolffe dans sa vendetta. Mais Cody ne pouvait pas lui en vouloir. Surtout lorsqu'il savait qu'il ferait la même chose pour Obi-Wan.

« Justement… » Blitz se massa les mains, nerveux. « Il est arrivé soudainement dans notre campement. Cody, il nous cherchait. Il veut te parler. J'ignore ce qu'il s'est passé mais il semble vraiment désespéré. »

Cody fronça les sourcils. Depuis leur désertion, presque six mois plus tôt, ils avaient été suivis par la République ou les Séparatistes. Ce n'était pas rare qu'ils veuillent les récupérer pour leur guerre. Mais personne n'avait encore réussi à les trouver. Jusqu'à présent. Cela devait être grave. Cody s'inquiéta pour tous les Jedi qu'il appréciait, pour les bons Jedi. Allaient-ils bien ? Oui, ils devaient aller bien, il le fallait.

« Sais-tu ce qu'il veut ? » Demanda Cody.

« Non. » Blitz secoua la tête. « Mais il peut te parler maintenant, il est à côté de moi, réveillé. Même s'il devrait dormir encore un peu. » Marmonna-t-il.

Ah. Les Jedi qui ne prenaient jamais soin d'eux-mêmes…Cody avait eu beaucoup de disputes avec Obi-Wan pour que le rouquin dorme ne serait-ce quelques heures ! Ils avaient même dû le droguer ! Wolffe se pressa contre lui pour avoir une plus claire image de l'holocom. Derrière Cody, d'autres clones s'empilèrent. C'était la première fois qu'ils recevaient directement des nouvelles du Temple et des Jedi depuis la fin forcée de la guerre. Cody hocha la tête, donnant l'autorisation de passer le com à Koon. L'hologramme présenta rapidement le Jedi. Il était mal en point, semblait épuisé, toujours allongé dans un lit. Mais il semblait sûr de lui. Cody remarqua du coin de l'œil des clones se tendre à nouveau en voyant leur ancien Général dans un tel état.

« Général Koon. » Salua Cody, avec respect (Koon méritait vraiment tout son respect : il était un vrai père pour beaucoup de clones).

« Je ne suis plus Général, Commandant Cody. » Le Jedi secoua la tête. « Pas plus que vous n'êtes à mes ordres. Je suis heureux que vous avez pu vous offrir la vie que vous rêviez. On aurait dû en faire plus pour vous. » Koon remarqua Wolffe et certains de ses anciens soldats. « Bonjour, Wolffe, ravi de vous revoir ! »

« Général Buir ! » S'écria Wolffe, rassuré de le voir vivant et plutôt en forme malgré sa fatigue. « Même si vous n'êtes plus Général, vous avez toujours notre respect et notre admiration. »

« Je ne suis pas sûr de le mériter mais cela me va droit au cœur. » Koon posa sa main contre son torse. « Merci, Wolffe. »

Cody était heureux que certains Jedi ne leur en voulaient pas pour les avoir abandonnés sur le champ de bataille. Au contraire, Koon semblait ravi de les voir enfin libres. Cela le rassura. Wolffe, lui-même, se sentait plus léger, comme si un poids était tombé de ses épaules. Cody pouvait comprendre son sentiment de culpabilité. Il avait le soutien de Koon. Cody espérait également recevoir un jour le soutien d'Obi-Wan (il savait que le rouquin ne leur en voudrait pas, après tout, son Général avait lutté tellement longtemps devant le Sénat et le Conseil Jedi pour leur donner des droits et une vie).

« Général Koon, vous voulez me parler ? » Demanda finalement Cody, coupant court aux retrouvailles.

Son intervention tendit Koon qui baissa la tête, un bref instant. Wolffe grogna en voyant le geste de soumission de son ancien Jedi. Ce n'était pas normal. Koon ne s'était jamais comporté de cette façon. Que s'était-il passé ?

« Dites-moi, Commandant, savez-vous ce qui s'est passé une fois que vous êtes partis ? » Finit par questionner le Jedi.

Le fait qu'il utilisait le verbe « partir » et non « fuir », « abandonner » ou « déserter » montrait que Koon les soutenait vraiment. Cela réchauffa le cœur de Cody mais celui-ci se reprit rapidement face au sérieux de la question. Ses frères l'imitèrent rapidement.

« Nous sommes partis après avoir découvert quelque chose. » Annonça Cody sans relever l'existence des puces dans leur tête. « Nous n'avions pas le choix de partir. Nous nous sommes isolés le temps de construire notre nouvelle vie, nous avons eu très peu de contacts avec l'extérieur jusqu'à très récemment. On voulait passer inaperçus le temps d'être prêts. »

« En d'autres mots, on ne sait pas. » Ajouta Fox en haussant des épaules.

Koon hocha tout simplement la tête comme s'il s'y attendait, ce qui devait être le cas. Si Koon les avait cherchés, il avait dû se rendre rapidement compte que les clones s'étaient volatilisés. Pendant ces six derniers mois, ils avaient juste construit leur nouvelle vie de liberté. Après un moment de silence, Koon soupira.

« Votre départ, vous pouvez vous en douter, a très mal été pris, autant par la République que par les Jedi. » Koon fit une pause avant de murmurer, attristé. « J'ignorais qu'autant de Jedi vous détestaient et vous méprisaient…au point de vouloir vous tuer…je m'excuse de ne jamais avoir remarqué… »

« On ne vous en veut pas, Général Buir ! » Protesta un clone du bataillon de Koon. « Vous êtes l'un des meilleurs Jedi et Général qu'on pouvait demander ! On en veut seulement à ceux qui nous envoient à la mort, pas à vous ! »

« Oui, Général Buir. » Approuva Wolffe, avec un sourire bestial. « On hait seulement ceux qui nous ont causé tant de tort. Vous, vous faites partie des rares bons Jedi. Ne vous en voulez pas pour les choix et comportements des autres. »

« Ce n'est pas de votre faute si les Jedi ne sont pas des êtres neutres, pacifiques, recherchant à sauver tout le monde. » Ajouta Ponds en posant son dos contre sa chaise. « Si la majorité des Jedi sont de mauvais Jedi – c'est comme ça. »

Koon avait l'air pétrifié par leurs paroles et il observa Blitz pendant un instant, comme pour être sûr de ce qu'il venait d'entendre. Cody sentit son cœur se briser. Koon semblait vraiment peu sûr de lui, comme s'il s'attendait que les clones lui en veuillent pour le choix de ceux qui devaient être sa famille. Cody devrait s'assurer de ramener Koon dans leur base : il devait recevoir le plus de câlins et de réconforts possibles ! Peut-être devrait-il retrouver Obi-Wan ? Surtout s'il se sentait comme Koon !

« Merci de votre confiance… » Koon inclina la tête, respectueux mais moins tendu.

« Que s'est-il passé ? » Pressa gentiment Cody, pour ne pas brusquer le Jedi.

« Palpatine s'est dévoilé être le Maître Sith. » Commença finalement Koon. « Il a pris le pouvoir. »

Le réfectoire se figea d'effroi et de rage, comprenant que les clones et la guerre n'étaient qu'une vaste mascarade pour le plaisir d'un Sith. Des cris outrés retentirent, des insultes furent lancées, des grognements sauvages résonnèrent…Cela expliquait également l'existence des puces. C'était pour les contrôler, pour qu'ils deviennent une armée à la botte des Siths, du Chancelier. Cela expliquait l'état déplorable de Fox et de la Garde. Mais si le Sith s'était dévoilé, qu'il était au pouvoir, qu'étaient devenus les Jedi ? Qu'était devenu Obi-Wan ? La raison de la présence de Koon sur cette planète et son état…fuyait-il ? Cody se promit que Palpatine allait mourir dans d'atroces souffrances. Cody leva la main pour ordonner le silence et permettre à Koon de continuer.

« Les Jedi ? » Demanda juste Rex, d'une voix tremblante (il devait penser à Ahsoka).

« Les Jedi… » Koon souffla lourdement, de nouveau tendu. « Une grande majorité des Jedi ont rejoint et accepté Palpatine. »

« Non… » Souffla un clone.

« C'est impossible ! »

« Les Siths sont leurs ennemis ! Comment ? »

Cody s'était figé sous le choc. Les Jedi ont rejoint un Sith. Le Sith contre lequel ils se battaient depuis tant d'années ? A quel point les Jedi étaient tombés aussi bas ? Oh. Maintenant, il avait une nouvelle raison pour détester Palpatine et les Jedi.

« Pourquoi ont-ils suivi Palpatine ? » Demanda Alpha-17, la voix grave et dure. « Et pour ceux qui n'ont pas suivi les Siths ? Que sont-ils devenus ? »

« Votre départ…disons que les Jedi ne vous aimaient pas et votre départ a amplifié ce sentiment. Ils vous ont traités de traitres. Quand Palpatine s'est dévoilé, ils l'ont suivi sans discuter. Vous êtes devenus l'ennemi n°1. » Expliqua doucement Koon.

Les clones grognèrent, agités et en colère d'être à nouveau traités comme des objets, des êtres sans âme. Des traitres ! Ils étaient des traitres ? Vraiment ? Les Jedi étaient des hypocrites ! Dooku avait eu raison lorsqu'il disait que les Jedi avaient perdu leur voie, que l'Ordre devrait être réformé.

« Mais certains Jedi n'ont pas adhéré à la nouvelle philosophie. Des Jedi qui vous soutenaient et protégeaient. » Koon poursuivit, le ton plus bas. « Il y a eu une purge parmi nous. »

« Une purge ? » Souffla Cody qui avait peur de comprendre où Koon voulait en venir.

« Oui. » Fit faiblement Koon. « Tous les Jedi soutenant les clones ont été tués, enfermés ou sont en fuite et poursuivis…comme moi. »

Un silence brutal prit possession des clones. Le silence avant la tempête. Cody avait du mal à bien comprendre ce qu'il venait d'entendre. Etait-ce réel ? Devant les regards horrifiés, scandalisés et haineux de ses frères, il n'avait pas imaginé ces paroles. Une blague. C'était une vaste blague. Les Jedi massacraient leurs propres frères et sœurs pour une opinion dissidente ? Parce qu'ils s'étaient dressés pour les protéger, eux, des clones ? Les Jedi, des êtres censés protéger et apporter la paix, tuaient leur famille ? Cody sentit une vague de rage s'emparer de lui. Comment osaient-ils ? Comment ? La guerre était terminée ! Ils étaient partis pensant que les Jedi qu'ils aimaient seraient enfin en paix avec leur famille. Mais non ! Non ! Cody devait sauver les Jedi qui leur étaient loyaux (Obi-Wan allait-il bien ? Il les avait toujours soutenus ! Il priait qu'il ait fui). Ses yeux glissèrent vers l'hologramme où Plo était câliné par des clones présents sur place. Cody voulait les rejoindre. Une fois encore, il ordonna le calme en frappant sur la table. Tous les clones étaient en colère et voulaient se venger ou retrouver leur Jedi.

« Qui a survécu ? » Demanda finalement Cody. « Qui a besoin d'aide ? Je promets, Général Koon, qu'on va sauver ceux qui sont en danger. »

Le Jedi (l'ancien Jedi) leva la tête, plein d'espoir. C'était douloureux de voir cet être appeler à l'aide alors qu'il était si fort. C'était douloureux de le voir demander de l'aide contre sa propre famille qui l'avait trahi, chassé…

« J'ai pu sauver Ahsoka. » Murmura Koon (Rex et d'autres clones se détendirent lorsqu'ils apprirent que la jeune Padawan était en vie et les soutenait, mais toujours en danger). « On s'est enfuis ensemble. Mais on a été séparés il y a deux mois environ quand on a été attaqués. Elle est toujours en vie, je le sens. »

« On la retrouvera. » Promit Rex.

Koon hocha doucement la tête, en remerciement.

« Aayla…Aayla a été tuée au début de la purge. » Poursuivit doucement le Général. « Quinlan, son Maître, n'a pas supporté sa mort. Il a tenté de la sauver mais il s'est fait tuer. »

« Non ! » S'écria Bly, se laissant tomber au sol, désemparé. « Non, non, non ! »

« Je suis désolé, Commandant Bly… » Murmura l'ancien Jedi.

Bly se roula en boule, en sanglot, alors qu'il pleurait la perte de la personne qu'il aimait le plus au monde. Plusieurs clones s'accrochèrent à lui, pour le réconforter. Et Bly pleurait. Mais plus le temps avançait, plus ses pleurs se transformaient en cris de rage et de vengeance. Plusieurs clones reprirent ses cris. Cody n'eut pas le courage de les faire taire. Si Obi-Wan…si Obi-Wan était mort, il réagirait de la même façon.

Koon continua doucement son rapport, listant les Jedi morts et ceux qui étaient en fuite (les Jedi pro-clones enfermés ne vivaient pas longtemps). Le réfectoire était rempli de clones qui pleuraient et criaient vengeance. Tous se voulaient de ne pas avoir amené leur Jedi, ceux qui les respectaient. Ils auraient dû le faire…Ils en payaient les conséquences.

« Le Conseil n'a rien dit ? » Siffla finalement Fox, qui devait se rappeler que le Conseil Jedi était toujours très strict. « Général Yoda et Général Windu semblaient vraiment se soucier des apparences. Ils n'ont rien fait pour vous protéger ? »

« Que croyez-vous ? Pourquoi suis-je ici ? Les membres du Conseil ont suivi Palpatine, même Depa et Kit…je n'arrive toujours pas à y croire…pour Yoda…il a juste disparu. » Koon répondit en secouant la tête, toujours entouré de clones. « Apparemment, Dooku lui-même est parti chercher son Maître et tous les deux ont fui, abandonnant les enfants, leur famille… »

« Dooku ? » Siffla un clone. « Et Yoda est juste parti…comme ça ? »

Cody pouvait le comprendre. Comment se faisait-il que Dooku ait sauvé son ancien Maître ? Avait-il trahi Palpatine ? Probablement. Il fallait croire que l'homme avait encore une âme malgré ses crimes (Cependant, Grey n'arrivait pas à croire que son ancien Général puisse trahir la philosophie Jedi et suivre un Sith ! Qu'était devenu Caleb ?).

« Yoda…a perdu espoir lorsqu'il a vu les Jedi s'entredéchirer. Même si Yoda n'aimait pas les clones, il ne voulait pas votre mort. C'est ce qu'il m'a dit avant son départ. » Répondit Koon dans un soupir. « Il a rejoint Dooku et les deux ne veulent plus aucun contact avec le reste de la galaxie. On ne les reverra pas et ils ne nous aideront pas. »

Cody accepta l'excuse de Yoda et même de Dooku. Les deux êtres étaient anciens, vieux, ayant perdu la foi dans leur famille qui se massacrait. S'ils voulaient se retirer dans une planète secrète, comme les clones, il ne leur en voulait pas. Mais il leur reprochait de ne pas avoir apporté leur aide aux Jedi qui supportaient les clones et qui se faisaient tuer par leurs confrères sous les ordres d'un Sith.

« Pour Mace…il est parti confronter Palpatine… » Koon reprit sa respiration. « Il a…été trahi, il est mort. Je suis désolé, Ponds. »

« Ce n'est rien… » Fit Ponds, la voix tremblante, alors qu'il imaginait son ancien Général se battre contre un Sith et perdre (Mace n'était pas l'homme le plus ouvert mais il était un bon Jedi). « Trahi ? Comment s'est-il fait trahir ? »

Koon resta silencieux pendant quelques secondes, hésitant. Cody sentit que la suite n'allait pas lui plaire. Pas du tout. Mais il se força à rester calme et maître de lui-même. Quoiqu'il arrive, les clones allaient agir, récupérer les bons Jedi et prendre soin de venger ceux qui étaient morts (et de se venger ! Palpatine méritait de mourir pour sa trahison ! Les mauvais Jedi méritaient de mourir pour l'avoir suivi !).

« Anakin l'a tué. » Finit par dire Koon, d'une voix basse, presque détruite. « Anakin est devenu le bras droit de Palpatine, Darth Vader. Il a pris la tête des Jedi. C'est lui qui élimine les « traitres ». Le côté obscur l'a rendu excessivement puissant, on ne peut rien faire contre lui…il…il…il est allé jusqu'à tuer des enfants qui soutenaient les clones… »

« Skywalker a tué…des enfants ? » Chuchota Rex, les yeux ronds.

Cody pressa ses lèvres et fronça des sourcils. Il n'était pas plus choqué que ça d'apprendre que Skywalker était tombé vers le côté obscur. Il savait que cet homme allait devenir un Sith. C'était comme s'il y était destiné. Il était cruel, terrible, prenait plaisir à voir les clones et ses ennemis mourir dans d'atroces souffrances, aimait les piéger, leur faire du mal, aimait manipuler les autres pour faire croire qu'il était un ange…ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne tombe réellement dans le côté obscur et soutienne avec vigueur le Maître Sith et l'aide à prendre le pouvoir. Ce n'était pas non plus surprenant qu'il se mette à poursuivre les Jedi qui s'opposaient à lui et qu'il les tue. Mais apprendre que Skywalker avait volontairement tué des enfants, des êtres innocents qui entraient à peine dans la vie, ça, c'était choquant.

Cody détestait Skywalker. Cet homme se faisait passer pour un agneau à chaque fois qu'il se trouvait à côté d'Obi-Wan et faisait son possible pour écarter les clones de son Maître. Plusieurs fois, il avait menacé les clones de leur arracher la tête s'ils devenaient trop familiers avec Obi-Wan (et il avait effectivement tué plusieurs clones en faisant passer ça pour un accident, ce qui attrista beaucoup le rouquin). C'était la raison pour laquelle Cody avait dû s'écarter d'Obi-Wan pendant le dernier mois ensemble, juste après la découverte des puces, de peur que Skywalker ne découvre tout leur plan (il avait vu que cette prise de distance faisait mal à Obi-Wan mais il n'avait pas le choix, il s'excuserait ensuite). Skywalker était un véritable hypocrite, puissant et particulièrement possessif des rares personnes qu'il aimait. Il le haïssait.

« Cet enfoiré a tué des enfants ? » Grogna Echo, furieux. « Pourquoi ça ne m'étonne pas ? »

« Il veut toujours plus. » Ajouta Fives. « Il ne comprend jamais le mot « non ». Toujours à geindre et haineux. »

« Je déteste le fait qu'il ait tué mon Général et bien d'autres Jedi… » dit Ponds, profondément calme, cachant sa rage. « Mais il a touché à des enfants pour le pouvoir. Je vais le tuer. »

« Il est pour nous, tu feras la queue. » Siffla Echo, pointant des membres du 501e bataillon du doigt. « Il nous a fait beaucoup plus souffrir que toi. »

Cody écouta les différentes réactions de ses frères qui ne rêvaient que d'une seule chose, détruire Skywalker, Palpatine et tous les Jedi indignes. A ce rythme-là, il devrait organiser une réunion pour planifier leur futur coup. Ses yeux glissèrent sur Koon qui n'allait mentalement pas bien du tout. Il devrait, avant, récupérer les bons Jedi survivants et s'assurer qu'ils étaient pris en charge. Ces bons Jedi les avaient protégés et sauvés pendant la guerre : à présent, c'était à eux de le faire.

« Je vous remercie de votre aide. » Koon inclina la tête vers les clones. « Cela me touche beaucoup… »

« C'est normal, Général Buir. » Wolffe frappa ses mains. « Vous méritez d'être en paix, vous aussi. Les autres Jedi sont des traitres, ils ont tort. Ils auront ce qu'ils méritent. Laissez-nous faire, on gère. On va sauver les autres Jedi ! »

Les clones hochèrent la tête et Cody se promit de réconforter l'ancien Jedi et de l'envoyer voir un psychologue pour soigner ses traumas des derniers mois qu'il avait passé à fuir. Il allait avoir du boulot à tout planifier. Il n'hésiterait pas à s'appuyer sur ses Commandants pour ne rien laisser au hasard. Une fois les travaux de leur cité finis et opérationnels, ils pourraient enfin attaquer directement la République pour se venger. Après tout, la République (ou maintenant l'Empire) n'avait plus d'armée (peut-être les droïdes des Séparatistes) et les clones connaissaient le mode opératoire des Jedi. Mais avant, Cody prévoyait d'envoyer des dizaines de patrouilles pour sauver les Jedi vagabonds et commencer une guérilla pour affaiblir l'Empire (peut-être pourraient-ils créer un nouvel Ordre Jedi).

« Commandant Cody… » Koon l'appela doucement une fois le réfectoire relativement calme. « Je…pour Obi-Wan… » Il semblait hésiter.

Cody se dressa de toute sa hauteur, les autres clones qui connaissaient Obi-Wan suivirent son geste, particulièrement intéressés. Ils savaient tous qu'Obi-Wan faisait partie des Jedi qui voulaient les aider et qui les aidaient. Pour le moment, ils ne savaient s'il avait survécu ou s'il était en fuite. Cody espérait sincèrement la seconde option. Sinon, il rejoindrait Bly dans sa folie meurtrière.

« Général Kenobi est en vie ? » Demanda doucement Boil, toujours un timide depuis la mort de Waxer.

« Oui… »

Cody se relaxa un instant en entendant Koon confirmer la survie de celui qu'il aimait. Mais il savait, au ton de la voix de Koon, que ce n'était pas tout.

« Mais Anakin a décidé de le garder avec lui, enfermé quelque part sur Coruscant, je ne sais pas où. » Poursuivit Koon. « J'ignore ce qu'il s'est passé sur Umbara mais Obi-Wan semblait mal au point, presque mort. Et Anakin refuse quiconque de s'approcher de lui. Je ne l'ai pas revu depuis. »

Le poing de Cody se serra si fort que ses ongles pénétrèrent la peau de paume. Sa vision se troubla de rage pendant un bref instant. Il ne rêvait que d'une seule chose, à présent, enfoncer un couteau dans la gorge de Skywalker, de l'étrangler, de l'éviscérer. Il méritait de mourir dans les plus profondes souffrances pour tous ses crimes. Obi-Wan méritait mieux que cet homme comme Padawan. Ils auraient dû le laisser mourir pendant la guerre, ils auraient dû amener Obi-Wan avec eux lorsqu'ils avaient fui Umabara. Et maintenant, Obi-Wan payait le prix de leur décision (la culpabilité que ressentait Cody augmenta). Enfermé, peut-être torturé (Cody ne pensait pas qu'Obi-Wan puisse être torturé, Anakin était bien trop possessif pour ça, il devait seulement le garder précieusement près de lui, comme un trésor), Obi-Wan avait besoin d'aide. Cela revigora la volonté du Commandant. Oui, il aiderait les Jedi survivants de cette purge, il détruirait Palpatine et Skywalker s'il le fallait mais il retrouverait Obi-Wan. Quoiqu'il en coûte.

« Général Kenobi est quoi ? » Siffla Crys, un membre du 212e bataillon, brûlant de colère. « Oh non, ça ne va pas le faire. Les gars ! Vous savez quoi faire ! »

« On libère le Général ! » Longshot approuva, un sourire bestial aux lèvres, bien vite approuvé par d'autres clones.

« Une minute. » Cody voulait prendre le premier vaisseau pour sauver son Général mais il fallait qu'il reste réaliste. « Ne nous précipitons pas. »

« Mais… » Protesta Boil, les yeux larmoyants alors que ses frères se calmèrent.

« Si nous précipitons les choses, on risque de tout aggraver. » Répliqua Cody, secouant la tête. « Notre base doit être terminée dans les plus brefs délais. Blitz, Général Koon devra être ici le plus rapidement possible. Fordo, contacte toutes les patrouilles pour qu'ils pistent nos Jedi et qu'ils commencent une guérilla contre l'Empire ! Discrètement ! Ils ne doivent pas savoir qu'on est derrière tout cela ! Si des clones veulent sauver leurs Jedi, allez directement voir Fordo. »

« Le 501e bataillon s'occupe de retrouver Padawan Tano ! » Se proposa Rex et Cody hocha tout simplement la tête alors que Blitz et Fordo prenaient note de leurs ordres (Koon, épuisé, finit par se rendormir sans entendre la fin).

« Je veux une troupe d'élite pour infiltrer le cœur de l'Empire et exfiltrer Obi-Wan. » Ajouta Cody, d'une voix tremblante. « Cette mission risque d'être la plus difficile et on n'aura droit qu'à un seul essai. On ne pourra pas lancer une attaque frontale sans faire des millions de victimes innocentes. Pour Palpatine, Skywalker et les autres Jedi qui ont trahi, on s'occupera d'eux lorsqu'on aura toutes les cartes entre nos mains. On les tuera douloureusement plus tard. »

« Oya ! » Crièrent les clones, un sourire bestial aux lèvres.

Ils étaient prêts à accomplir leur nouveau plan, à se venger. Cette fois, ils partaient librement en bataille. C'était leur choix qui prévalait. Cody ferma les yeux et souffla. Il dirigerait lui-même la mission de sauvetage. Il ne laisserait pas Obi-Wan sur Coruscant plus longtemps.

Cody tremblait de rage.

OoO

Obi-Wan était misérable. C'était le seul mot qui pouvait décrire sa situation. Misérable. Son désir de sentir le vent sur son visage, le soleil et la pluie augmentait de jour en jour. Il était prêt à tout pour mettre le bout du nez dehors, même si ce n'était que pour visiter une déchèterie. Il avait besoin de sortir, de partir, de vivre, de liberté. Six mois…c'était long et douloureux. Surtout lorsqu'il se confrontait à ses pensées dépressives…(voire suicidaires). Obi-Wan voulait pleurer, parler, crier, rager, appeler à l'aide (Cody viendrait, pas vrai ? Pas vrai ?), demander des explications…

Mais Anakin refusait le moindre de ses désirs.

Obi-Wan soupira et posa sa tête contre ses genoux, pressés contre lui, sur le fauteuil de cet appartement qui lui servait de prison. Si l'appartement, un vulgaire studio, était confortable pour un Jedi, il ne faisait aucun doute qu'il ne pouvait pas sortir. Pas de fenêtres, une porte fermée à double tour depuis l'extérieure (porte gardée par des soldats et des Jedi…son ancienne famille), des menottes anti-Force autour de ses poignets et de ses chevilles, des horaires précis à respecter…oui, il n'était qu'un prisonnier. Un prisonnier qui passait ses journées dans son lit ou dans son fauteuil à tenter de comprendre pourquoi sa famille l'avait trahi. Pourquoi l'avait-on abandonné encore une fois ?

Recroquevillé sur lui-même, il ne bougea pas lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir puis se refermer. Il savait qui c'était. Une seule personne avait le droit de le visiter, de lui parler, de le voir, de le toucher (même un droïde lui apportait le repas et lui faisait ses procédures médicales). Obi-Wan se sentait comme un objet précieux qu'on cachait aux yeux du monde. Un secret pervers.

« Obi-Wan. »

La voie faussement compréhensive et gentille se répercuta sur les murs de l'appartement, le faisant frissonner. Mais le rouquin refusa de lever la tête. Il ne voulait pas le voir, ni lui parler. Oui, il souffrait d'un manque d'affection et de solitude mais il refusait catégoriquement de parler à l'homme qui l'avait trahi. De tout ce qu'il avait vécu jusqu'à présent, cette trahison était la plus douloureuse. Plus douloureuse que toutes ses blessures (plus que son bref passage en tant qu'esclave et qu'enfant soldat). Beaucoup plus douloureux du comportement belliqueux et mauvais du nouvel Ordre Jedi réformé et de l'abandon de sa famille, des clones.

« Obi-Wan, regarde-moi. » Ordonna Anakin.

Une fois encore, le rouquin l'ignora, trouvant ses genoux beaucoup plus intéressants. Pourquoi obéirait-il à celui qui l'avait réduit à un tel état ? Un ancien esclave ne pouvait-il pas comprendre sa réticence ? Comment Anakin avait-il pu devenir un tel monstre ? Certes…Obi-Wan n'avait aucun contact avec l'extérieur depuis des mois mais il avait des oreilles. Il entendait les gardes, les rumeurs…il frissonnait de terreur et d'horreur rien que d'y penser (une purge ? Les Jedi avaient organisé une purge contre leurs frères et sœurs qui protégeaient les clones ? Comment ? Palpatine était un Sith ? Le nouvel empereur ? Et les Jedi le suivaient ? Anakin était devenu son bras droit ? Obi-Wan voulait juste mourir de tristesse).

« J'ai dit : regarde-moi ! »

Obi-Wan sursauta lorsque la main mécanique de son ancien Padawan (c'était douloureux rien que d'y penser) agrippa son bras gauche pour attirer son attention. Son autre main attrapa son menton pour le forcer à le regarder dans les yeux.

Il se força, malgré lui, à fixer les yeux possessifs, jaunes et haineux d'Anakin. Obi-Wan frissonna comme à chaque fois qu'il croisait ce regard qui n'était pas celui de son petit et adorable Anakin (son petit Anakin avait-il vraiment existé ?). Il n'arrivait pas à se faire à l'idée de la folie terrifiante destructrice et possessive du blond. Plusieurs fois, il avait tenté de lutter. Il n'avait récolté que des bleus et des égratignures. Anakin refusait de lui faire trop de mal. Pour le blond, Obi-Wan était sa seule figure paternelle ou fraternelle qui lui restait (surtout depuis la mort brutale de sa mère). Physiquement du moins. Mentalement, par contre…

Il était brisé.

(La seule pensée des clones et de Cody permettait à Obi-Wan de rester sain d'esprit. Sans les souvenirs bienheureux, malgré la guerre, le rouquin aurait mis fin à ses jours depuis longtemps. Mais il espérait pouvoir un jour retrouver Cody, ses amis. Cet espoir le poussait à avancer et parfois il se maudissait de vouloir continuer).

« Bien. »

Anakin fit un rictus et tapota ses cheveux comme s'il parlait à un petit animal domestique adorable et bien éduqué ce qui dégouta Obi-Wan. Mais il resta impassible. Il ne devait pas montrer son dégoût. Anakin prendrait mal que son « grand frère » ne le voit plus de la même façon maintenant qu'il avait retiré son masque pour montrer son vrai visage de sadique.

Anakin s'assit contre lui, sans jamais le quitter des yeux. A nouveau, Obi-Wan se sentit mal à l'aise avec cette proximité. Et cela le brisa encore plus. Quelques mois auparavant, le rouquin était toujours prêt pour réconforter son ancien Padawan, lui faire des câlins…mais maintenant…il remettait en cause toutes ses actions (Anakin se rapprochait de lui toujours pour s'assurer d'être l'unique personne à pouvoir le toucher et forcer les autres à ne pas s'approcher). Il voulait pleurer de cette période perdue mais il se retint. Que pouvait-il faire d'autres hormis subir ?

« L'Empire avance bien. » Annonça finalement Anakin, avec un sourire satisfait. « On a presque terminé le nettoyage, bientôt tout sera parfait pour ma famille. »

Obi-Wan sera les dents pour ne laisser aucune émotion transparaitre sur ses traits. Anakin avait pris l'habitude de lui raconter ses journées tous les soirs pour lui tenir compagnie. C'était la seule fois de la journée où Obi-Wan était en contact direct avec une personne. Mais il refusait toujours de lui parler (pour ne pas devenir fou, Obi-Wan se parlait à lui-même dans sous le poids réconfortant de sa couverture). Le rouquin ne faisait qu'écouter les paroles illuminées d'Anakin. Et cela le dégoutait. Encore et encore. Il ne voulait pas d'Empire, il ne voulait pas faire partie d'une famille dirigée par un homme possessif. Il voulait vivre. Et non survivre (penser au nettoyage, à la purge lui donnait juste envie de se recroqueviller dans un coin de la pièce et prier la Force pour ses congénères).

« Palpatine a enfin lancé une opération contre les traitres. » Anakin cracha le dernier mot avec haine avant de se radoucir pour caresser gentiment la joue d'Obi-Wan qui se força à ne pas reculer. « Bientôt tu seras libéré de leur emprise et tu redeviendras à nouveau totalement à moi. »

Non. Les clones ne le possédaient pas. Ils le considéraient comme un être vivant. Obi-Wan les considérait comme des êtres vivants. Anakin ne comprenait rien. Absolument rien. Jamais il ne lui appartiendrait et s'il lui annonçait un jour la mort de ses très chers clones, il se donnerait la mort dans la minute. Comment vivre si son dernier espoir n'était plus ? Comment vivre avec l'idée qu'Anakin avait tout abandonné pour se plier à la volonté d'un Maître Sith ? Comment vivre avec la pensée qu'il n'était qu'un précieux objet pour son ancien Padawan ? Etait-ce de sa faute si Anakin était devenu comme cela ? Ou Palpatine l'avait-il poussé vers la folie ? (Pourquoi n'avait-il pas remarqué que Palpatine était le Sith ? Pourquoi avait-il laissé un petit Anakin avec cet homme ? Pourquoi…si Obi-Wan n'était pas autant accroché aux principes Jedi, il aurait tellement voulu l'embrocher…).

« Je te promets, Obi-Wan. Tout ira bien, maintenant. » Anakin se pencha vers lui pour embrasser doucement son front avant de se lever. « Tu es à moi maintenant. Tout ira bien si tu m'écoutes. Personne ne pourra t'enlever de moi. »

Le blond avança vers la porte pour l'ouvrir avant de jeter un dernier regard satisfait vers Obi-Wan, qui était toujours figé.

« Gentil Obi-Wan. »

Il n'était pas un animal, pensa fiévreusement le rouquin. Anakin disparut dans le couloir, la porte se referma derrière lui, le laissant seul avec son esprit malade.

Obi-Wan vomit tout son repas dans les toilettes quelques secondes plus tard.

OoO

« Cody ? »

Crys s'assit à côté de lui mais le Commandant Suprême des Clones garda ses yeux rivés sur le poste de contrôle de leur vaisseau, vérifiant qu'ils gardaient bien la bonne trajectoire, de peur d'être déviés et retardés de leur but. Du but le plus important de sa vie (il mentait, son but premier avait toujours été de libérer ses frères…mais…Obi-Wan était aussi important, non ?).

« Tu vas bien ? » Murmura Crys, posant sa main contre son épaule.

Une fois, encore, Cody ne se sentait pas d'humeur de répondre. Comment le pouvait-il ? Il s'en voulait. Beaucoup. Comme jamais il ne s'en était voulu auparavant. Pourquoi avait-il décidé de laisser Obi-Wan avec Anakin et Krell ? Pourquoi ? Il savait pourtant qu'Obi-Wan adorait les clones, qu'il l'aimait (Cody avait vu son regard posé sur lui, lui réchauffant le cœur), il savait pertinemment qu'Anakin et Krell étaient des mauvaises personnes. Mais…mais il avait espéré que l'amour (malsain) qu'Anakin portait à son Maître adoré le préserverait de toute sa folie meurtrière. Cody avait eu tort. En quittant Umbara sans Obi-Wan, il l'avait condamné à rester en compagnie d'un psychopathe. Et il s'en voulait.

Il maintenait sa rage, sa colère et sa haine bien gardée derrière des boucliers mentaux que lui avaient appris Obi-Wan. Il ne pouvait pas perdre son sans-froids en manquant à ses fonctions à cause de sa rage. Il pouvait s'en vouloir autant qu'il voulait tant que Cody gardait l'esprit clair. Il avait évacué violemment sa rage pendant quelques heures en tabassant et détruisant des droïdes d'entrainement (et il pourrait se défouler sur les gardes qu'ils croiseront, et peut-être sur les traitres de Jedi).

« Cody… » Soupira doucement Crys.

« Non…juste…stop. » Interrompit Cody sans lâcher l'écran des yeux. « Je ne veux pas entendre d'excuses. Je n'ai pas d'excuses pour l'avoir laissé avec ce taré. »

Crys ne répondit pas. Cody savait que son frère s'en voulait également (comme tous ses frères de leur bataillon). Obi-Wan était leur Général, l'un des rares être vivants à les traiter comme des êtres intelligents, à devenir ami avec eux, une famille (un amour ?). Et ils l'avaient tous abandonnés pensant qu'il serait en sécurité.

« On va le retrouver, tu sais. » Promit finalement Crys, plein d'espoir. « On a les plans. »

« Oui, on a les plans… » Approuva doucement Wooley qui relisait une énième fois le rapport de leur mission. « On va pouvoir s'infiltrer sans mal dans le palais impérial jusqu'à Obi-Wan ! »

Cody tiqua et ses yeux glissèrent vers l'hologramme décrivant les nombreux passages secrets du nouveau palais impérial. Leur chemin était tout tracé grâce aux talents de Plo Koon. Le Jedi, malgré l'urgence de sa situation, sa tristesse, son désespoir et sa fuite, avait réussi à pirater les plans du nouvel Empire sans se faire remarquer. Les clones étaient restés stupéfaits lorsque Plo leur passa les documents à son arrivée dans leur ville cachée. Et Plo s'était excusé de ne pas en avoir fait plus. Il s'était excusé d'avoir trouvé les plans d'une certaine Etoile de la Mort ! Il s'était excusé pour avoir trouvé les plans des différents complexes militaires de l'Empire disséminés dans la Galaxie ! Il s'était excusé pour avoir les plans du palais impérial ! Les bons Jedi ne connaissaient vraiment pas leur valeur, ronchonna intérieurement Cody.

« Tout est prêt ? » Demanda finalement Cody, remarquant qu'ils arrivaient bientôt sur Coruscant. « On n'aura plus aucun contact avec nos frères pendant la mission pour éviter tout risque d'être pris en filature. Nos frères viendront à notre recherche si on ne leur envoie pas de messages d'ici une semaine. Je veux que tout soit parfait. »

Les clones étaient loin d'être vêtus de leur armure. Ils avaient troqué leur armure par des vêtements simples, camouflant leur visage identique derrière différents objets (il était fréquent de se cacher dans cette Galaxie). Personne ne les remarquerait.

« Rex dirige son bataillon pour chercher Ashoka. » Informa Boil, beaucoup plus calme et silencieux depuis la mort de Waxer. « Il suit les indications de Plo pour pister sa trace. Et Gree a bien pris la direction des groupes qui traquent nos Jedi qui ont fui. »

Cody hocha la tête, écoutant le rapport des missions qu'il avait donné à ses frères avant de quitter leur planète. La première et principale mission était de sécuriser les bons Jedi qui avaient survécu à la Purge de leur rang (ils étaient peu nombreux, avait dit Plo). Plo voulait absolument les suivre mais Wolffe et sa meute l'avaient plus ou moins enfermé dans sa chambre d'hôpital pour qu'il puisse se reposer tranquillement. Ils veillaient désormais sur lui, tandis qu'Alpha-17 était devenu le leader de leur petit peuple, sur leur planète, attendant le retour de Cody, en compagnie de Bly, qui était toujours en deuil depuis qu'il avait appris la mort de la femme qu'il aimait.

« Ponds va bientôt commencer notre guérilla contre les complexes militaires. » Continua Boil, sans lâcher son écran des yeux. « Certains groupes vont infiltrer les bases militaires. Ces abrutis de Sith ont gardé la même forme de nos armures, ils passeront inaperçus. » Se moqua-t-il avant de reprendre, plus sérieux. « D'autres bases vont être détruites. Leur but est de confisquer les cristaux Kyber nécessaires à la construction de l'Etoile de la Mort, pour éviter, justement, sa construction. Leurs attaques permettront également d'attirer l'attention de l'Empire loin de Coruscant, ce qui nous facilitera la tâche pour sauver Obi-Wan sans se faire remarquer. » Conclut-il, satisfait.

Cody hocha doucement la tête, approuvant l'ordre de mission de ses frères. Il était trop tôt pour eux pour commencer une guerre totale contre l'Empire qui possédait déjà une armée opérationnelle (moins nombreuse que les clones) et une grande majorité des Jedi (devenus plus ou moins des Sith). Les clones, eux, devaient établir un nouveau système, protéger leur planète et terminer la construction de leur cité fortifiée. Pour le moment, ils ne pouvaient se livrer qu'à une guérilla, l'infiltration et le sauvetage. Et c'est ce qu'ils allaient faire pour affaiblir et déstabiliser l'Empire en visant les matières premières, les ressources et leurs bases stratégiques tout en évitant de créer un conflit direct. C'était un plan qu'Obi-Wan leur avait appris (Cody avait failli tuer quelqu'un lorsqu'il apprit que la stratégie d'Obi-Wan venait de son enfance et de son passage sur Melida/Daan, abandonné par son propre Maître).

« On entre dans l'atmosphère de Coruscant. » Informa soudainement l'un des pilotes.

Cody serra les poings lorsqu'il aperçut, par la vitre, la magnifique et grande planète fourmilière. Là, Obi-Wan l'attendait, désespéré, prisonnier de celui qu'il pensait être son petit frère. Il allait le sauver. Il ferait tout pour y arriver.

Cody était prêt.

OoO

Une nouvelle journée morne à ajouter dans son calendrier, pensa Obi-Wan, ses yeux fixés sur un livre sans intérêt. Il ne se rappelait même plus de quoi il parlait, il l'avait juste attrapé pour occuper ses doigts nerveux, anxieux. Il ne pouvait pas sentir la Force. Mais cela n'empêchait pas son instinct de lui crier que cette journée serait spéciale. Aussi spéciale soit-elle, le rouquin était toujours bloqué dans ces appartements : il n'allait probablement pas profiter des festivités promises par son instinct. Une journée morne.

Obi-Wan préférait ne pas penser, ne pas espérer et voir ses espoirs réduits à néant. C'était douloureux. Très. Il pensa furtivement à cette fois où il faillit s'échapper avec l'aide de son amie Bant, une des rares Jedi à protéger les clones (de ce qu'il avait compris, Bant était parvenue, le jour de la Purge, à sauver des Gardes clones, du bataillon de Fox, et les envoyer hors de Coruscant mais elle était restée pour sauver les bons Jedi). Bant passait souvent inaperçue : petite, mince, une guérisseuse et non une combattante (donc peu connue du public). Elle s'était faufilée discrètement entre les gardes jusqu'à Obi-Wan, avait réussi à droguer les deux Jedi (étaient-ils des Jedi ?) gardant sa porte et les deux amis avaient fui.

Obi-Wan s'était senti revivre pour la première fois depuis deux mois, heureux de revoir sa meilleure amie et quitter sa prison. Mais il n'eut jamais le temps de respirer l'air libre. Anakin, accompagné de ce maudit Krell, les attendaient à l'entrée, un rictus amusé et cruel sur les lèvres. Les espoirs d'Obi-Wan avaient été réduits à néant en quelques secondes.

Seulement quelques secondes.

Il fallait croire qu'il n'était qu'un piège. Un piège en plus d'être une sorte d'obsession malsaine pour son ancien Padawan. Obi-Wan était une personne très aimée du public et des Jedi. Ceux qui voulaient le sauver étaient des traitres aux yeux de l'Empire. Il était un piège pour attraper les Jedi, les clones et les personnes loyales à la République. Bant n'était pas la seule personne à avoir accouru pour l'aider. Elle était juste celle qui était allée le plus loin, à la plus grande rage d'Anakin qui détestait voir Obi-Wan loin de lui, de ses appartements (et Obi-Wan pria pour toutes les victimes qu'il avait involontairement causées). Krell finit par tuer Bant sous ses yeux, impuissant, immobilisé par Anakin, qui se délecta de son désespoir (« reste bien sage, Obi-Wan. » Avait murmuré Anakin dans son oreille. « Tu es à moi, ta place est à mes côtés, tous ceux qui voudront t'enlever mourront dans d'horribles souffrances. »).

Endeuillé, choqué par la mort de sa meilleure amie, Obi-Wan n'avait pas protesté lorsqu'Anakin l'avait réenfermé dans sa prison dorée. Le rouquin n'avait pas bougé dans sa chambre pendant les jours suivants, son ancien Padawan l'avait même forcé à manger pour qu'il ne dépérisse pas (pourquoi Bant ? Pourquoi l'avoir tuée ? Pourquoi ? Qu'elle repose en paix dans la Force…). Depuis, le rouquin passait ses journées mornes, sans aucun espoir de sortir un jour. Il ne voulait pas être la cause de d'autres morts. Cela le brisait bien plus encore (oh, il voulait sortir, vivre, voir Cody mais il était un piège. Cody mourrait s'il venait. Cody ne pouvait pas venir, Anakin l'interdisait, il le tuerait et Cody n'avait pas le droit de mourir).

Le livre tomba sur le sol mais Obi-Wan ne le ramassa pas. Pourquoi le ferait-il ? Ce livre n'avait toujours aucun intérêt. Ses doigts agrippèrent ses genoux et il se roula en boule sur le fauteuil, se faisant le plus petit possible, souhaitant disparaitre. Sûrement, s'il mourait, il pourrait revoir ses amis, Bant ? Mais il ne pouvait pas mourir. Non. Il devait vivre pour Cody, pour les Jedi encore en vie, pour ceux croyant en lui. Même s'il n'avait plus aucun espoir de sortir, il refusait d'abandonner. Anakin ne pouvait détruire son esprit. Il avait déjà brisé sa confiance, son amour et son cœur. Obi-Wan ne voulait pas être plus brisé qu'il ne l'était déjà (et s'il faisait une tentative de suicide…comment réagirait Anakin ? Il frissonna juste en y pensant).

La porte s'ouvrit. Obi-Wan ferma les yeux et cacha sa tête entre ses bras. Il ne voulait pas voir Anakin. Il ne le voulait pas. Pas maintenant. Pas quand il venait juste de penser à Bant (son visage terrifié lorsque Krell l'avait torturée et le rire sadique d'Anakin le hantaient). Il ne voulait pas pleurer devant Anakin.

« Quelle belle journée, n'est-ce pas Maître Kenobi. » Une voix doucereuse, agréable rompit le silence.

Cette fois, le corps d'Obi-Wan se figea de terreur (et peut-être de colère). Il reconnaissait cette voix. Une voix qui avait susurré des promesses à l'oreille de son ancien Padawan depuis son enfance, une voix venant d'un homme au visage de grand-père bienveillants, une voix appartenant à l'homme qui avait détruit sa vie, la République et qui avait fait d'Anakin un monstre (mais Anakin lui avait dit qu'il avait toujours été un monstre : pour survivre en tant qu'esclave, il fallait être un monstre, Palpatine n'avait rien à voir avec ça, il s'était juste caché pour manipuler les Jedi et garder Obi-Wan à ses côtés).

Obi-Wan se mordilla les lèvres et se pressa bien plus contre le fond de son fauteuil. C'était pitoyable, il le savait. Mais pourquoi faire semblant de ne pas être terrifié, de garder la tête haute ? Il n'avait pas besoin de mettre un masque sur son visage : Palpatine savait très bien ce qu'il pensait et ressentait. Et l'Empereur venait « jouer » avec lui. Mais il préférait faire face à Palpatine : il ne l'avait jamais aimé et toujours trouvé suspicieux. Anakin…Anakin l'avait trahi. C'était plus difficile de parler avec une personne qu'il avait aimé de tout son cœur que d'être en compagnie d'un homme comme Palpatine (même si Palpatine parlait toujours avec un ton de grand-père bienveillant et qu'il était un Sith bien sadique).

« Cela fait bien six mois qu'on ne s'est pas vu, Maître Kenobi. » Obi-Wan écouta Palpatine avancer dans le salon sans oser relever la tête de sa « cachette ». « Depuis Umbara, si mes souvenirs sont bons ? »

L'Empereur s'assit, probablement, face à lui, dans le canapé. Le rouquin entendit le vieil homme lâcher un petit rire amusé, comme s'il se rappelait du bon vieux temps. Obi-Wan garda les yeux ferma et souffla doucement. Umbara. Cette terrible mission. Palpatine était celui qui lui avait expressément demandé qu'il dirige cette opération maudite où sa vie avait basculé. Il n'avait pas revu cet homme jusqu'à aujourd'hui (Anakin lui avait juste rapporté les rumeurs et les nouvelles).

« Il serait temps de reconnecter un petit peu, vous ne pensez pas ? »

Non, Obi-Wan n'avait aucune envie de « reconnecter » avec l'Empereur. Survivre à Anakin lui était bien suffisant.

« Un peu de thé ? » Le rouquin ne répondit pas, toujours recroquevillé sur lui-même. « Dommage. Ce thé est très bon. Mandalorian, si j'en crois mes sources. »

Le Sith le tentait avec son thé préféré, avec la culture qu'il aimait tant. Il le tentait avec ce ton d'homme innocemment déçu. Étrangement, une simple question le terrifiait. Obi-Wan voulait juste se cacher dans sa chambre, sous ses couvertures et boucher ses oreilles pour ne plus entendre cette voix.

« Vous savez, Maître Kenobi, je n'ai jamais vu Vader aussi heureux de toute sa vie. » Après un bref temps de silence où Palpatine se servit du thé, il reprit. « Peut-être que vous préférez utiliser son nom de naissance ? Anakin. Mmh. Mais je suis une personne de principe, vous savez. Anakin préfère utiliser son nouveau nom. Je respecte son choix. »

Autant dire que Palpatine lui disait qu'Anakin était désormais son Apprenti Sith et non un Jedi. Il lui disait qu'Anakin avait abandonné son passé. Il n'était plus Anakin mais Vader. Même si Anakin (ou Vader) l'avait trahi, lui avait caché son vrai visage depuis des années, Obi-Wan ne put s'empêcher de sentir son cœur se serrer en pensant au rejet de son propre nom pour un autre nom.

« Très bon thé. Vous avez vraiment bon goût, Maître Kenobi. » Indiqua Palpatine, déposant sa tasse sur la table avec un petit bruit de cristal. « Vous êtes sûr de ne pas en vouloir ? » Silence. « Vous n'êtes pas bien bavard. » Soupira l'Empereur. « Vous savez, vous brisez le cœur de notre petit Vader… »

Obi-Wan se retint de tiquer. Lui ? Briser le cœur d'Anakin ? Juste parce qu'il refusait de lui parler depuis plusieurs mois ? Hypocrite.

« Mais je peux comprendre ce que vous ressentez… » Continua Palpatine, faussement empathique. « J'ai dit à mon cher Apprenti d'être patient, de vous laisser le temps de faire votre deuil. Vous savez à quel point il est impatient et impulsif. » Il rit, amusé.

Soudain, Obi-Wan l'entendit se lever et se rapprocher de lui. Le Jedi sentit son souffle s'accélérer et sa terreur pulsa. Une main forte, qui se voulait rassurante, se posa sur son épaule. Le rouquin fit de son mieux pour ne pas sursauter et fuir le contact déplaisant. Palpatine était proche de lui. Bien trop proche.

« Je suis venu vous voir parce que je m'inquiétais pour vous, Maître Jedi. » Murmura doucement le Sith. « Soyez indulgent avec les demandes d'un vieil homme tel que moi. »

Il tapota doucement sa tête. Obi-Wan serra ses doigts tremblant contre son torse, espérant ne pas pleurer. Oui. Il était pathétique, loin du Général et Maître Jedi qu'il était. Mais il ne pouvait rien faire contre eux, contre Palpatine, contre Krell, contre Anakin. Il était seul, terrifié, trahi, après avoir été enfermé pendant six mois avec pour seule compagnie, un droïde lui apportant ses repas, et Anakin (et Bant qui fut tuée sous ses yeux une demi-heure seulement après s'être retrouvés). Comment ne pouvait-il pas se sentir aussi faible qu'un nouveau-né ?

« Votre silence blesse mon Apprenti mais je vous comprends. » Répéta l'Empereur comme si cela allait tout changer. « Prenez votre temps à vous adapter à votre nouvelle vie. » Le Sith se baissa pour chuchoter dans son oreille, le faisant frémir. « Après tout, j'ai promis à Vader qu'il ne vous arrivera rien, vous êtes à lui et il est à moi. Si je vous tiens entre mes mains, en sécurité, loin des menaces de cette galaxie, il me suivra comme un adorable animal de compagnie bien loyal. Après tout, vous êtes son Maître adoré… »

Un piège. Un otage. Un trésor. Il n'était rien d'autre aux yeux des Sith. Juste un objet précieux qui n'a sa place que dans une magnifique prison dorée, sécurisée. Un objet d'obsession pour eux, d'intrigue pour les autres. Obi-Wan n'était pas un humain.

« Pour cette raison, je dois prendre soin de vous. » Ajouta Palpatine, toujours avec un ton amusé. « Vous verrez, un jour, on formera une véritable petite famille bien soudée, n'est-ce pas fantastique ? »

Cette fois, cette unique fois, Obi-Wan ne parvint pas à retenir un pitoyable gémissement désespéré. Une…famille ? Avec eux ? Non…il ne pourrait pas…juste y penser…non…le rouquin n'avait même pas besoin de la Force ou de voir le visage de Palpatine pour deviner que sa réaction lui était plaisante. Ce vieil homme était terrifiant, terrible, manipulateur. Il savait comment mener une conversation, déstabiliser son adversaire en le mettant en confiance pour ensuite le soumettre sans jamais hausser sa voix, toujours en gardant un ton sympathique. Et l'esprit déjà bien vulnérable et fragile d'Obi-Wan se laissa facilement influencer par la peur que Palpatine inspirait par ses simples propositions.

« Votre Majesté ? » Une voix métallique, d'un droïde, appela depuis la porte. « Nous avons une urgence. »

La main sur son épaule se serra involontairement, faisant grimacer Obi-Wan. Pour un vieil homme, il était rudement costaud. L'Empereur semblait peu ravi de l'interruption. Mais il savait parfaitement qu'une urgence ne pouvait être ignorée, notamment avec les clones et quelques Jedi encore en liberté.

« Bien, bien. » Il lâcha l'épaule d'Obi-Wan. « Le devoir m'appelle, pardonnez mon départ. Mais avant… »

Une main s'empara de son menton et força la tête d'Obi-Wan à se lever pour fixer les yeux dorés du Sith. Le rouquin écarquilla les yeux, surpris par une telle action. Il ouvrit la bouche avant de la fermer. Que pouvait-il dire ?

« Mmh. » Palpatine regarda son visage avec attention. « Je comprends l'inquiétude de mon cher Apprenti. Vous semblez épuisé, il faut que vous preniez un peu de repos ! Sincèrement…vous devez prendre soin de vous… »

Ce n'était pas vraiment de sa faute s'il ne pouvait pas dormir plus de quelques heures par nuit ! Obi-Wan se mordit les lèvres. Ses rêves, ou cauchemars, étaient visités par des morts, par Umbara, par Anakin, par Bant…même Qui-Gon ! Et Cerasi !

« Dormez, Maître Kenobi, vous en avez besoin… »

Et Palpatine posa sa main sur son front. Ses boucliers mentaux fragiles, Obi-Wan se laissa influencer par la Force du Sith. Il obéit à son ordre et se laissa porter par le sommeil. Il dormit sans aucun rêve.

OoO

« Bientôt. » Murmura Crys dans son oreillette. « Dex va commencer sa diversion dans quelques minutes. Si notre prévision est correcte, tous les hauts placés vont être bien trop occupés pour s'intéresser au Général. »

« J'espère bien, c'est le but… » Gronda Boil. « Par contre, si jamais je croise Krell ou Skywalker, j'les butte. »

Cody ne dit pas un mot face au ton résolu de Boil. Son frère voulait absolument venger Waxer et Cody le comprenait. Lui-même voulait venger la mort de son petit frère mais ce n'était pas sa mission. Non. Krell devait mourir de la main de Boil. Skywalker, par contre…Cody l'empalerait lui-même une fois que cet enfoiré aura connu le désespoir.

« Je suis courbaturé… » Grogna Wooley. « On va rester immobiles pour combien de temps encore ? »

« Quand Dex commencera son opération. » Soupira Crys. « C'est-à-dire dans cinq minutes max. »

Cody hocha la tête. Dex, un ancien boss d'un réseau mafieux, très ami avec Obi-Wan, avait décidé de les aider. Le Besalisk était absolument furieux de l'emprisonnement de son jeune ami et de la trahison de Skywalker. Dex, très respecté par la mafia, avait contacté ses proches pour demander une diversion. Leur but : attaquer, détruire le grand bâtiment de l'ancien QG de la GAR. En ce moment, ces bâtiments étaient devenus le QG des opérations militaires de l'Empire, protégeant des documents précieux. Pendant ce grabuge, les clones en profiteront pour s'infiltrer dans le nouveau Palais Impérial pour retrouver Obi-Wan. Grâce aux plans fournis par Plo, ils savaient exactement par quels passages secrets passer sans attirer l'attention.

Parce que, dans la grande arrogance des Siths, qui se pensaient invincibles maintenant qu'ils étaient au pouvoir, ils avaient installé le Palais Impérial sur les ruines du Temple Jedi (ils avaient rénové les bâtiments à leur goût). Mais c'était une erreur. En effet, Plo connaissait l'existence de passages secrets, qui n'étaient même pas connus par les Jedi. C'était de cette façon qu'il avait pu fuir le Temple avec Ashoka sans se faire tuer (même le Conseil Jedi, des traitres eux-mêmes, ragea Cody, ignorait leur existence).

Plo, contrairement à la croyance populaire, était joueur et adorait faire des blagues. Dans sa jeunesse, pendant qu'il était un Padawan, il avait découvert ce réseau de passages après avoir été poussé par la Force. Il avait voulu en parler à son Maître mais la Force l'en avait empêché. Ces passages devaient rester secrets. Même des autres Jedi. Plo avait obéi même s'il ne comprenait pas. Et maintenant, il savait pourquoi.

A présent, les clones connaissaient également ces passages. Et ils allaient bien s'en servir pour sauver Obi-Wan. Peut-être, plus tard pourraient-ils s'en servir pour tuer l'Empereur et les traitres ? Mais plus tard. Une fois qu'ils seront prêts et Obi-Wan en sécurité.

« C'est bon ! » S'écria soudainement Crys. « Dex vient de commencer son opération ! »

« Attendons quelques minutes pour que tous soient occupés par la destruction. » Indiqua Cody en levant la main.

Le petit groupe, d'une dizaine de clones, se tendit, patients. Ils étaient à cran mais prêts à sauver leur Général. Cody tendit l'oreille. Des bruits sourds d'explosions, de cris, de tirs s'élevèrent plus loin. Mais le Commandant ne pouvait rien voir depuis leur cachette, habillés sobrement et sombrement, pour passer inaperçus (leur armure était restée dans leur vaisseau, gardant seulement le strict nécessaire pour se protéger).

« Je pense qu'on peut y aller. » Approuva Cody.

L'opération sauvetage pouvait commencer.

OoO

Pour la première fois depuis des années, l'opération se passa sans aucun problème. Aucun. Toutes les préoccupations étaient tournées vers la diversion de Dex. Sans oublier que les passages secrets étaient sûrs (mais poussiéreux). Ils traversèrent les couloirs en silence, montèrent des escaliers, passèrent quelques portes et trappes secrètes, menant vers l'extérieur. Et finalement…

« C'est là… » Murmura Longshot, vérifiant le plan. « Si on passe par cette porte, on arrive directement dans le couloir où est retenu le Général. Il faut juste que Gearshift utilise un mini-drone pour savoir s'il y a des gardes… »

« T'embête pas, on sait qu'il y a des gardes… » Souffla Crys. « Il n'y a aucune chance qu'ils laissent le Général sans garde. »

« Mieux vaut être prudents. » Répliqua Longshot, faisant signe à Gearshift d'équiper son drone.

Cody observa son frère s'activer rapidement, sans le moindre faux mouvement. Le Commandant sentait son corps vibrer d'excitation et d'appréhension. Il était presque arrivé. Presque. Obi-Wan était derrière la porte, dans ce couloir. Cody n'en pouvait plus d'attendre. Il voulait sauter, courir, tuer les gardes, sauver Obi-Wan. Il devait le voir, s'excuser de l'avoir laissé sur Umbara. Oh. Obi-Wan devait se sentir abandonné ! Et Cody savait qu'Obi-Wan avait peur de se sentir abandonné à cause de son ancien Maître. Quelle terrible personne, il était…il s'en voudrait toute sa vie…Cody devait se repentir.

« C'est bon. » Gearshift prit les commandes de son drone.

Boil et Trapper se dépêchèrent d'ouvrir délicatement la petite porte menant au couloir. Doucement, le drone voleta pour analyser la structure du couloir. Le drone était relié à une petite caméra, ce qui permettait au groupe d'observer la situation. Cody se pencha un peu en avant. Mmh. Un long couloir, espacé, un tapis rouge sur le sol, des dorures et des œuvres d'art de valeur sur les murs, bien loin de la sobriété des Jedi. Il y avait exactement deux gardes, entourant une porte. Plissant des yeux, Cody n'en reconnut qu'un seul.

« Krell… » Siffla Boil, vibrant de rage. « Il est pour moi… »

« On sait, on te le laisse. » Répondit simplement Trapper. « Juste, il faut vite l'immobiliser avant qu'il ne fasse des dégâts et qu'il ne détruise notre plan. C'est un enfoiré mais il a du talent. »

« J'ai remarqué. » Gronda Boil, se rappelant Umbara.

« Je m'occupe de l'autre. » Indiqua Wooley. « Tuons-les en même temps et rapidement. Comme à l'entrainement : il ne faut pas que la Force les avertisse. »

« Et je vais chercher Obi-Wan. » Ajouta Cody et personne n'osa le contredire, tous connaissaient ses sentiments pour son ancien Général. « Gearshift, localise toutes les caméras de surveillance et autres pièges. Skywalker ne laisserait jamais son précieux Maître avec deux gardes seulement. »

« Je vais aussi scanner les appartements du Général. » Gearshift hocha la tête. « Ils ont dû mettre des caméras à l'intérieur. » Les clones approuvèrent. « Il me faut quelques minutes pour tout localiser et un peu de temps pour tout désactiver sans se faire remarquer. »

« Rapidement, on ne doit pas se faire repérer et je ne sais pas combien de temps Dex va pouvoir tenir le désordre. » Ordonna Cody. « On doit être partis avant. »

Gearshift se mit au travail. Effectivement, il existait tout un réseau de surveillance entourant la chambre, passant des simples caméras de surveillance à des capteurs de mouvements et géothermiques.

« Heureusement que les Sith sont arrogants… » Murmura-t-il. « Leur système de surveillance est au top mais facilement manipulable depuis l'intérieur. »

« Dis plutôt, heureusement que Général Koon a réussi à piquer les plans et les codes sans se faire remarquer. » Railla Crys.

« J'ai besoin de faire un stage avec lui pour apprendre à faire la même chose. » Ricana Gearshift. « Mais c'est bon, je suis dans le système. Là ! C'est bon ! Tout est déconnecté. »

Cody offrit un sourire bestial. Enfin. Enfin il était temps d'agir. Pour les Sith, cette mission d'infiltration et de sauvetage serait un coup fatal, ridicule, prouvant à tous qu'ils n'étaient pas surpuissants.

« C'est parti ! »

Cody se plaça à l'arrière du groupe. Son rôle était de libérer Obi-Wan, ses frères auront toute l'action (et Gearshift continuait à monter la garde tandis que Crys devait s'occuper d'ouvrir la porte de la prison). Les autres tueraient les gardes, les deux Jedi (ou étaient-ils des Siths ? Dans tous les cas, ils étaient des traitres). Il pouvait voir Boil crisser des dents, les yeux rivés sur Krell. Et il n'était pas le seul. Tous se rappelait d'Umbara. A présent, la vengeance frémissait sous leur peau. Et ils allaient l'obtenir.

Le premier à agir fut Wooley, qui voulait absolument se débarrasser du garde inconnu. Il s'arma d'un blaster silencieux et discret. D'un mouvement de doigts, il demanda à Longshot de se préparer à tirer s'il manquait. Son frère s'arma également, prêt. De son côté, Boil et Trapper se préparèrent à affronter Krell. Cody vit Boil s'armer d'armes en beskar, résistant aux sabres lasers. Trapper allait distraire Krell pendant que Boil le découperait en morceau (il devait être précis et détruire rapidement les bras de Krell).

Wooley jeta un coup d'œil vers Cody qui hocha la tête. Il était temps. Wooley prit un air sérieux, se concentra et visa. Au moment où il tira, Boil frappa l'entrée et déboula dans le couloir, Longshot et Trapper à ses trousses.

Si Krell, expérimenté, remarqua l'attaque et put esquiver le tir de Trapper, son camarade ne fut pas aussi chanceux. Le tir de Wooley frappa le garde directement entre ses deux yeux. Le garde s'écroula sans un bruit, les yeux ouverts et écarquillés, confus. Cody ne put qu'esquisser un sourire satisfait.

Krell activa deux de ses quatre sabres, parant l'attaque de Boil qui ne se découragea pas (les autres clones entourèrent Krell pour qu'il ne s'échappe pas et pour veiller à ce qu'il ne tue pas Boil : ils ne faisaient qu'assister Boil dans sa vengeance). Cody resta en arrière suivant Crys de prêt. Il gardait un œil avisé sur le combat, protégeant Crys qui crochetait la serrure de la prison d'Obi-Wan. Boil ressemblait à un animal sauvage, terrifiant, les crocs dévoilés, prêt à bondir sur sa proie. Son épée en beskar fondait l'air, parant les attaques vives de Krell.

« Mais qui voilà ! » Cracha Krell, qui se remit de son choc. « Des parasites ! Enfin je vais pouvoir me débarrasser de vous ! Je vais vous faire payer de votre désertion, sales traitres ! »

« Tu vas payer pour la mort de mon frère, connard ! » Siffla Boil, se baissant d'un coup pour éviter un coup.

« Un clone ? Tuer un être supérieur ? » Se moqua Krell qui utilisa la Force pour jeter Longshot contre le mur.

Cody se tendit, prêt à sauver son frère mais il se releva d'un bond, déjà prêt à distraire l'ancien Jedi. Le Commandant lança un regard vers Crys, concentré sur la porte. Il avançait.

« Tout est possible avec la Force. » Contredit Boil, répétant une des phrases fétiches des Jedi.

Boil bondit soudainement et abattit son épée sur le bras gauche inférieur au moment même où un tir venant de Wooley distrayait Krell. Surpris, Krell poussa un léger gémissement lorsque Boil trancha ce bras. Plus que trois. Rageur, le Jedi appela son troisième sabre et la Force pour repousser les clones. Aucun ne se laissa démonter et surprendre. Ils connaissaient les attaques des Jedi et des Sith, ils avaient étudié, appris, évolué. Ils furent repoussés mais aucun ne tombèrent. Et Boil para à nouveau une attaque.

« Tout ça pour un Jedi raté ? » Poursuivit Krell, pointant la porte de son menton. « Pour le petit animal de compagnie de Vader ? »

« Connard ! » Ragea Boil, approuvé par ses frères.

Cody voulait se joindre à eux pour lui faire payer de l'insulte. Personne ne traitait Obi-Wan comme un vulgaire animal. Personne. Et certainement pas une personne comme Krell. Mais il ne pouvait pas quitter son poste. Ses frères géraient : il avait confiance en eux. Et ils redoublèrent leurs attaques, encore et encore.

« Cody ! » Appela enfin Crys. « C'est ouvert ! Je garde la porte, à toi de jouer. »

Le cœur battant, Cody passa l'entrée, ses doigts, tremblants, glissèrent le long de la porte. Il y était presque. Ses yeux observèrent l'appartement dans lequel il venait de rentrer. Magnifique, luxueux, confortable mais triste. Il n'avait aucune personnalité. Ce n'était pas une maison mais une prison dorée. Et Obi-Wan était dedans. Obi-Wan qui voulait juste vivre simplement. Cody tiqua face à ce mauvais goût mais il n'avait pas le temps de se poser plus de question. A la place, il fouilla rapidement les pièces : rien dans la cuisine ou le salon. Il devait dormir. Mais dormir ? Avec le bruit de l'attaque dans le couloir ? Si Obi-Wan n'était pas venu à sa rencontre, soit il était blessé, soit il était incapable de bouger pour une raison spécifique.

Espérant à nouveau qu'Obi-Wan soit sain et sauf, Cody se dépêcha de se diriger vers ce qui lui semblait être la chambre. Et il y trouva effectivement Obi-Wan, roulé en boule sous une épaisse couverture, endormi. Le souffle court et les yeux écarquillés, Cody allongea le pas. Il devait vérifier que le rouquin soit en forme.

« Obi-Wan… » Murmura-t-il avec émotion. « Comme promis, je suis là. » Il posa son front contre celui du rouquin et ferma les yeux un bref instant, savourant ce moment.

Tremblotant, il passa délicatement ses doigts sur la joue d'Obi-Wan et il soupira, soulagé. Il allait bien. Juste endormi. Drogué, sûrement. Mais il semblait juste épuisé, des cernes sous les yeux, des joues pâles et creuses. Il avait perdu du poids. Encore. Cody insulta à nouveau Anakin. Ce gars était possessif et obsessif de son ancien Maître et il était incapable de prendre soin de lui. Heureusement qu'il était là.

Mais maintenant, ils devaient partir avant que l'alerte ne soit sonnée et qu'on ne remarque leur présence. Ils devaient quitter Coruscant. Avec douceur, il prit Obi-Wan dans ses bras, toujours enveloppé dans les couvertures. Sans plus attendre, il fit demi-tour et se dépêcha vers l'entrée. Bones s'occuperait de vérifier si leur Général allait bien une fois en sécurité. Lorsque Crys les aperçut, il se redressa d'un bond, les yeux brillants de bonheur et d'inquiétude en voyant Obi-Wan dans ses bras.

« Il va bien ? » Demanda Crys, analysant la forme du Jedi.

« Drogué, épuisé et mal-nourri mais il devrait allait bien avec du repos. » Répondit Cody. « Pour le moment, allons-y. Et pour Krell ? »

Crys ricana, les épaules enfin détendues. Son frère pointa le couloir. Au sol, le corps de Krell reposait, les bras séparés de son torse, Boil assis sur ses épaules, occupés à poignarder encore et encore le visage de l'ancien Jedi. Les autres clones montaient la garde et encourageaient leur frère. Boil semblait enfin en paix avec lui-même. La vengeance pouvait parfois aider à faire son deuil.

« On y va. Maintenant. » Ordonna Cody, attirant l'attention sur lui et surtout, sur Obi-Wan.

Leur visage s'éclaircit en un mélange de joie et d'inquiétude (comme Crys) en voyant l'état de leur Général. Mais, professionnel, ils entourèrent Cody, dans un geste protecteur, et ils se dirigèrent vers la porte du passage secret, protégé par Gearshift.

Cody posa ses yeux vers Obi-Wan, alors que ses bras se serrèrent, comme pour s'assurer que le rouquin était bien en sécurité, dans ses bras. Et il sourit. Il avait réussi. Ils étaient réunis ! Sain et sauf. Plus jamais il ne laisserait Anakin, ou personne d'autre, le traiter comme un objet. Plus jamais il ne l'abandonnerait sur une planète. Plus jamais il ne le laisserait seul. Il allait pouponner Obi-Wan. Il se l'était promis.

Puis le Commandant leva les yeux vers le passage secret, sombre, alors qu'ils marchaient tranquillement. Ses yeux s'assombrirent, bestial, et un rictus se forma sur ses lèvres.

Il était temps de passer à la deuxième étape de leur plan.

OoO

Fini ! C'était long ! Très long !

Après ça, Cody ramène Obi-Wan et ils finissent réunis avec Ashoka et quelques Jedi survivants. Cody et Obi-Wan se marient et les deux partent à la conquête...pardon…partent à la libération de la galaxie. Évidemment, Anakin n'a pas compris qu'il n'était pas voulu et poursuit Obi-Wan partout. Cody finit par le tuer à un moment et l'Empire finit par s'écrouler sous les dettes à cause de la guérilla des clones sur leurs ressources. Et la République est rétablie avec un peu plus d'encadrement.

Pour Padmé…eh bien, on ne sait pas trop ce qu'elle fait mais elle est tout autant enfermée dans ses appartements qu'Obi-Wan. Par chance, Bail et Sabé ont trouvé un moyen de la sortir et de la cachée, alors qu'elle est enceinte, pendant qu'Anakin cherche Obi-Wan. Pauvre Padmé, elle a souffert émotionnellement, comme Obi-Wan (les deux vont se retrouver un jour et devenir les meilleurs amis du monde en parlant de leur trauma commun). PS : Padmé divorce et vit heureuse avec ses deux enfants dans la cité des clones.

Cela fait longtemps que je voulais faire un Bashing Anakin. Je trouve qu'il y en a beaucoup trop peu. J'aime bien Anakin mais le gars a vraiment une aura creepy. Pire père de l'année, pire mari de l'année, pire frère de l'année, pire meilleur ami de l'année. Bref, le gars j'le croise dans la rue, je préviens la police. En gros, je préfère qu'Anakin reste dans la fiction. J'ai beaucoup aimé écrire le passage avec Palpatine.

Question pour les gens : si un jour j'écris un crossover avec Star Wars, avec quel univers je l'associe ? Je n'ai aucune idée.

A bientôt !