Hello boys and giiiiiirls ! *Voix de Youtubeuse beauté* (ça existe toujours en 2022, d'ailleurs ?)

Presque un mois jour pour jour après le chapitre précédent, voici la suite !

Oui, j'ai pris du retard et je voudrai commencer par m'en excuser ! J'étais bien partie et lancée pourtant, mais j'ai connement buté sur un passage en particulier, la partie avec Kise et Kagami pour tout vous avouer, que je ne trouvais jamais assez bien écrite. Tant pis, je crois que je ne ferai pas mieux malheureusement... donc j'espère qu'elle ne vous paraîtra pas trop bâclée. J'ai du faire des concessions et même si je n'en suis pas entièrement satisfaite, j'espère être bien parvenue à un bon compromis et à faire passer le sentiment que je voulais à travers leurs scènes.

En fait, c'est précisément LA que je réalise que j'ai "réussi mon coup", de mon strict point de vue d'autrice/auteure/auteuresse : les passages avec Kise et Haizaki coulent vraiment de source pour moi et je prends énormément de plaisir à les écrire, grâce à la dynamique qui existe entre eux. Ce qui fait que je galère un peu plus, comme c'est le cas dans ce chapitre, lorsqu'il n'y a pas beaucoup d'interactions entre eux. Ca perd forcément en fluidité et en intérêt.

Sur ce, je vais vous laisser avec le chapitre du jour mais je tenais avant à remercier la TRIADE MAGIQUE : Ju, Endlessly et Eikyuu. Vous êtes de vraies perles les filles et l'une d'entre vous (je ne dis pas laquelle !) est tombée juste avec une des théories qu'elle a émis ! (Je ne dis pas laquelle non plus !)

Sachez juste que si tout va comme je le souhaite dans cette fic, vous n'êtes pas au bout de vos surprises, je prévois plein de trucs dingues, dont notamment une storyline/un arc avec un serial killer, des histoires de yakuzas et j'en passe...

ENJOY et merci encore pour votre indéfectible soutien qui me touche ENORMEMENT !

On se retrouve comme d'hab en fin de chapitre !


Lorsque Kise se réveilla le lendemain matin vers huit heures, Haizaki avait déjà quitté l'appartement. Avait-il enchaîné une troisième nuit blanche la veille ? Impossible à dire. Kise espérait cependant que le brun était parvenu à dormir, même un tout petit peu. De son côté, le blond était tombé comme une masse dans les bras de Morphée, juste après avoir laissé Haizaki. La chaleur l'avait littéralement assommé. A moins que la responsabilité soit à aller chercher du côté des règles obscures du Poker…

Toujours était-il que puisque le tatoué ne se trouvait pas dans les parages, Kise allait pouvoir en profiter pleinement pour s'adonner à son activité matinale favorite. Il sortit une couverture propre de l'armoire située dans la chambre d'Haizaki, puis il l'installa sur le vieux parquet du salon, qui grinça sous son poids lorsque le mannequin se positionna dessus.

Entièrement nu.

Kise pratiquait le yoga et effectuait donc assidument ses exercices matinaux de redynamisation musculaire. Il était même assez fier de l'élasticité et de la souplesse de son corps svelte. Cependant, il ne s'y adonnait en tenue d'Adam que depuis très récemment. Apparemment, il y avait même un groupe d'adeptes qui faisait de même du côté de la plage nudiste située non loin de Santa Monica et Kise pensait de plus en plus à les rejoindre le temps d'une séance ou plus, si affinité.

Ce devait vraiment être une expérience enrichissante pour l'esprit. Une sensation de liberté incomparable. Le corps, enfin débarrassé des conventions sociales et collectives qui l'entravent au quotidien, entrant en communion avec la nature. Pouvoir savourer la délicate caresse humide du vent et des embruns de la mer qui viennent lécher votre peau nue. Le sable chaud sous vos cuisses. La lumière du soleil qui baigne chaque courbe de votre être avec réconfort et bienveillance.

Ne faire qu'un avec l'environnement et la planète.

Le retour à la vie sauvage.

Comme au temps des premiers Hommes.

Qui aurait cru que le blond se muerait un jour en amateur de spiritualité ?

Enfin… c'était plus une question d'équilibre mental en réalité. Le corps humain est un temple qu'il convient d'entretenir. Et cela vaut pour l'extérieur, comme pour l'intérieur. Or, le yoga permettait d'allier et de concilier les deux aspects. Un esprit sain dans un corps sain, en somme.

C'était d'ailleurs le moment de la journée que Kise préférait. Son petit rituel matinal, lui permettant de se recentrer sur lui-même, dans le but de purifier son âme de tous les doutes qui la parasitaient assez fréquemment ces derniers temps.

Sa bulle imperméable, son bouclier externe.

Il alluma donc la télévision et zappa jusqu'à trouver une chaîne diffusant de la musique calme et des images de paysages zens également. Il n'eut pas vraiment de mal à trouver ce qu'il cherchait, après tout, le yoga était particulièrement à la mode depuis quelques années.

Mais ce matin, le cœur n'y était pas…

Les questions qu'il avait réussi à éluder pendant quelques jours, revenaient en force inonder son cerveau. Elles se bousculaient de façon désordonnée et l'empêchaient de se concentrer, de faire le vide autour de lui et surtout en lui.

Haizaki…

Aomine…

Ces deux noms l'assaillaient sans relâche, troublant sa quête de sérénité.

Du jour où Kise avait posé les yeux sur Aomine, le renard en était tout de suite tombé éperdument amoureux, le harcelant constamment pour être en sa compagnie. Or, à l'époque, le basané se montrait bien plus réceptif et amical qu'aujourd'hui. Aomine n'était que pureté en ce temps-là même. Energique, souriant, espiègle… un véritable boute en train ! Mais complètement aveugle aux avances plus ou moins subtiles de Kise.

Et complètement obsédé par les filles… et leurs poitrines, bien qu'il n'osait jamais sauter lorsque venait le moment fatidique de les aborder. Malheureusement, à cause de son désamour soudain envers le basketball, lorsqu'il réalise qu'aucun adversaire à sa mesure ne se présenterait à lui maintenant qu'il avait atteint le sommet, l'éclat de l'as s'était terni.

La période qui avait suivi s'était révélée incroyablement sombre, impactant au passage tous les titulaires de l'équipe de Teiko à différents degrés. Et la suite, vous la connaissez. Leur cohésion avait explosé en mille morceaux, comme si leur amitié n'avait jamais été qu'une fragile illusion au final. Leurs chemins s'étaient séparés. La dépression, ce grand mot que tous s'étaient pourtant refusés à employer, avait durement frappé Aomine, sans que Kise ne puisse rien y faire, plus que jamais impuissant. Il avait fallu l'intervention de leur ange gardien à tous, Kagami, pour les remettre dans le droit chemin… Et avec le recul… Kise comprenait un peu mieux l'animosité passée d'Haizaki à leur égard…

Après tout, l'ex-argenté s'était fait virer de l'équipe comme un malpropre, mais avant cela il avait surtout été contraint de supporter leurs caprices d'enfants pourris gâtés. Leurs caprices de surdoués égoïstes. Et même s'il n'en était pas fier, Kise détenait une part de responsabilité dans sa déchéance, puisqu'il avait pris la place du loup sans hésiter dans l'équipe, participant par là même à son évincement. Sans se soucier de ce dont il allait priver l'autre garçon…

Mais peut-être que cette fois… le blond pourrait faire la différence et l'aider…

Peut-être… qu'il n'était pas encore trop tard pour présenter des excuses ou du moins, pour faire amende honorable auprès d'Haizaki.

Pourquoi pensait-il à cela tout à coup… ? Quelle tragédie, Kise ne parvenait vraiment pas à rester concentré ni à empêcher ses pensées de vagabonder selon leur propre volonté… Dire qu'à la base, il s'était lancé dans cette activité matinale pour se détendre et éviter justement que son cœur et son cerveau ne se mêlent de sa vie sentimentale. Mais « Pince Me » et « Pince Moi », n'avaient pas l'air d'accord avec ce simple souhait, à toujours tout ramener à Aomine OU Haizaki ! Bon sang, qu'est-ce que c'était frustrant ! Ce n'était tout de même pas comme si toute sa vie tournait autour de ces deux énergumènes !

Et merde…

Si.

Sa vie professionnelle était désespérément calme et sa vie amicale également. Quant à ses loisirs… il n'arrivait à s'intéresser à rien dernièrement. Enfin… c'est un schéma typique tout à fait normal, parait-il : la passion disparaît au moment d'une rupture. Et Kise avait l'impression d'en avoir vécu une, même si elle était à sens unique... Forcément, il lui fallait un peu de temps pour encaisser et se remettre d'aplomb, même s'il progressait sur la bonne voie. En partie grâce à Haizaki, d'ailleurs.

Bon ok, BEAUCOUP grâce à Haizaki même…

C'était un fait et le nier ne le mènerait nulle part.

Alors autant agir de façon mature et l'accepter.

Cesser de combattre l'évidence.

Kise soupira et il se releva. Non, décidément, il n'arriverait à rien ce matin. Pas la peine d'insister. Pourtant, il allait bien falloir que le jeune homme s'occupe. Son shooting n'avait lieu que dans l'après-midi alors ça lui faisait pas mal de temps à tuer et maintenant que son ouverture de chakra était définitivement comprise, Kise allait devoir trouver autre chose à quoi se consacrer. Malheureusement pour lui, les options lui paraissaient plutôt limitées.

Soit il sortait, mais pour aller où… ? Soit il choisissait de rester ici. Et de se planter devant l'abrutissante télévision. Ou alors… il trouvait une occupation plus constructive à laquelle se consacrer. Comme par exemple hmm… déjà, le jaune pouvait commencer par répondre aux messages laissés par ses amis. Oui voilà, très bien ! Il allait faire ça !

La veille, au vu du déroulement de la journée, il ne s'était pas senti prêt à repenser à la soirée avec Stacy et Amber, mais à présent… le moment était venu. Cependant, Kise savait très bien que seul, il n'arriverait à rien. Il avait besoin de se confier à quelqu'un qui le comprendrait. En temps normal, ce quelqu'un s'appelait Momoi Satsuki. Enfin, Himuro Satsuki depuis peu, ça lui faisait toujours aussi bizarre de réaliser qu'elle était une honnête femme mariée à présent ahah ! Mais… Kise ressentait quelques scrupules à la consulter maintenant qu'elle était enceinte… Il n'était pas non plus question de parler à Aomine de sa folle virée nocturne FOR OBVIOUS REASONS.

Ne restaient donc plus que ses amis assignés à résidence au Japon, puisqu'il avait éliminé tous ceux vivants aux USA.

Akashi ? OULAAAAAA JAMAIS DE LA VIE ! Hors de question ! Non seulement l'Empereur était un homme d'affaires (quelles affaires exactement ? Mystère !) extrêmement occupé, mais en plus, Kise doutait fortement que le rouge puisse le comprendre.

Murasakibara alors ? Mouais. Difficile d'obtenir et surtout, de conserver son attention de manière prolongée dès qu'il était question d'autre chose que de nourriture.

Peut-être… Midorima ? Hmm… le moins pire des choix énoncés jusqu'ici. Mais ça n'en faisait pas une option viable pour autant. En effet, Midorima devait bien être la seule personne sur Terre à ne pas s'être rendu compte du crush monstrueux de Momoi sur Kuroko au collège… Les choses de l'amour constituaient donc un mystère impénétrable pour l'esprit sans doute trop cartésien du vert et puis, Kise ne tenait pas à recevoir une leçon de morale en prime…

Il n'avait vraiment pas besoin de ça en ce moment…

Ne restait donc que Kuroko ! Mais ouiiiiiii évidemment ! Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Son Kurokocchi qui n'était que pureté et compassion pour autrui ! ([Spoiler] : Oh que nooon Kise, tu fais tellement fausse route !) Oui, Kuroko le comprendrait, lui ! Et ne le jugerait pas ! Et lui donnerait sûrement de bons conseils en prime ! De plus – et il s'agissait d'un atout non négligeable – le petit fantôme était l'un des rares pour ne pas dire le seul de leur ancienne équipe à encore tolérer Haizaki.

A l'apprécier, même. Il y avait notamment eu cet épisode fort malheureux au collège, où Haizaki s'était délesté de ses baskets de sport dans la première poubelle venue. Mais Kuroko les lui avait ramenées en mode « Lassie, chien fidèle » et avait dégainé son plus beau discours estampillé héros de Shonen pour convaincre le rebelle de l'équipe de ne pas abandonner sa passion !

Kise attrapa donc son téléphone avant de réaliser dans l'intervalle qu'il était plus de minuit au Japon… En effet, le décalage horaire entre Los Angeles et Tokyo était de seize heures. Kuroko devait sans doute dormir car de par son métier d'instituteur en école maternelle, le cyan était amené à se lever très tôt le matin. Kise préférait donc éviter de troubler le sommeil de son ami. Il se contenta de lui laisser un assez long message par écrit, lui demandant de le rappeler urgemment dès que possible, rien de grave tout ça, mais bon, il avait grand besoin de lui parler et le plus tôt serait le mieux.

C'est que… toute cette situation commençait à lui peser sérieusement. Kise ressentait le besoin de relâcher la pression en discutant avec une personne qui prendrait le temps de l'écouter et de le comprendre, sans jugement de valeur. Mine de rien, il s'était passé énormément de choses en l'espace de quelques jours seulement et ça faisait pas mal à encaisser. Et ce, même si Kise ne s'en plaignait pas et qu'il gardait tout pour lui. Mais le Kitsune était un être sensible. Or, plus jamais, l'envie de se changer les idées se faisait pressante.

Bon ! Il n'allait quand même pas rester planté à poil dans le salon toute la journée ! Il replia sa couverture et il alla la ranger à sa place habituelle. Ensuite, le jeune homme enfila sa robe de chambre en satin bleu roi et il commença à étaler ses vêtements sur le canapé. Tous ses vêtements. Ok ! Autant se montrer productif ! Kise décida que le moment était venu de disposer sa garde-robe à l'intérieur du débarras. Après tout, Haizaki avait fait de la place exprès pour lui dans ce but, alors autant faire en sorte que ses efforts n'aient pas été vains.

Cependant, d'un côté…

Si Kise y rangeait toutes ses affaires, est-ce que cela voudrait dire que… qu'il comptait rester ici ? Pour de bon ? En devenant officiellement le colocataire d'Haizaki ? Mais peut-être… qu'il s'agissait encore d'une ruse de la part du brun… Peut-être que lui faire de la place dans son placard à balais pour lui faire croire qu'il en avait fait de même dans son cœur et dans sa vie, visait à piéger Kise à nouveau.

« Come on Ryota… Quel pourrait bien être son intérêt dans tout ça ? Pourquoi se donner autant de mal pour que tu restes avec lui, s'il ne t'appréciait pas réellement dans le fond ? »

Et puis, on ne va pas se mentir hein pas de ça entre nous - malgré le titre du chapitre - mais Kise avait l'impression d'avoir accompli des progrès dans sa relation autrefois orageuse avec son ex-Némésis. Il sentait MÊME qu'il comprenait MIEUX Haizaki. Waouuh, carrément. Le renard n'y allait vraiment pas avec le dos de la cuillère en argent de la main morte ! Bien entendu… Haizaki restait encore un mystère, comme un casse-tête à résoudre.

Il ne lâchait pas facilement des informations, il fallait donc pour ainsi dire lui tirer les ramen du nez, mais… petit à petit, à force de douceur et patience, Kise commençait à obtenir toutes les pièces du puzzle. Restait juste à les assembler dans le bon ordre. Plus facile à dire qu'à faire, très clairement… Mais Kise se sentait à la hauteur du défi !

Et pour le coup, CA, ça l'intéressait !

Le mannequin ouvrit donc la porte du débarras. En effet, Haizaki n'avait pas menti : (une fois n'est pas coutume…) il avait vraiment fait de la place ! Et… c'était plutôt grand ! De quoi faire un dressing plus que correct une fois bien aménagé, même ! C'est que… la première et dernière fois que le jaune l'avait vue, la petite pièce était quasiment plongée dans le noir. Et encombrée. Très encombrée, en réalité. Or, maintenant qu'elle était vide, Kise devait avouer qu'il était agréablement surpris par ses dimensions et son aspect général. Elle disposait même une petite lampe au plafond qu'on pouvait allumer en tirant sur un cordon !

Ses yeux s'illuminèrent lorsque la lumière fut (logique !) tels ceux d'Aomine devant une paire de seins excédant le bonnet D. C'était… magique ! Les possibilités étaient tellement énormes ! Une belle hauteur sous plafond, quelques étagères, une profondeur et une surface intéressantes… un vrai bijou dissimulé dont Haizaki n'exploitait pas le plein potentiel ! Quel gâchis ! … Ce qui fit remarquer à Kise que quand la petite pièce était bien ordonnée, on se rendait compte à quel point Haizaki possédait très peu d'affaires en réalité… A un point presque alarmant, en vérité. Kise ressentit aussitôt un pincement dans la poitrine.

Est-ce que… les finances d'Haizaki allaient vraiment si mal que ça ? Ou était-ce juste son style de vie ? Plutôt spartiate quand même. Ou peut-être… que le brun n'avait pas prévu de rester longtemps en Amérique et que la majorité de ses biens personnels étaient donc restés au Japon ? Le blond soupira. Ça ne le regardait pas et puis… c'était bien lui, ça, de sauter sur de telles conclusions, en se faisant des films sur de petits détails ! Voyons le bon côté des choses : ça faisait plus de place pour lui et ses affaires !

« Tu me donnes un coup de patte Zébu ? » Demanda Kise en remarquant qu'il avait un spectateur.

Hmm… est-ce qu'Haizaki avait bien pensé à lui servir sa pâtée avant de partir bosser ? Kise préféra s'en assurer avant de commencer à se retrousser les manches. Non, tout était en ordre. Apparemment, le tanuki était simplement en quête de compagnie, alors Kise laissa la porte du placard ouverte pour lui faire la conversation et pouvoir écouter la télévision en même temps, restée allumée sur une chaîne musicale. Travailler en musique, il n'y a que ça de vrai surtout pour se motiver instantanément ! En moins d'une matinée, ce serait plié à ce rythme !

« Like aaaa Virgiiiin ! Touched for the very first tiiiiiime ! »

Oui bon, ok, il s'était de toute évidence perdu sur une chaîné spéciale « Pop des années 80 » …

Et il chantait faux, aussi.

Accessoirement.

Mais… surtout, il ne pouvait s'empêcher de se dandiner au son de la musique pendant qu'il rangeait soigneusement ses vêtements sur des cintres pour éviter qu'ils ne se froissent et ensuite, Kise les accrochait à la tringle tendue entre les deux murs, prévue à cet effet. Zébu, qui décidément n'était pas intéressé par le contenu de son gamelle, observait fasciné les fesses de Kise se secouer énergiquement comme deux pommes bien rondes et juteuses, juste sous son museau. Ça donnerait presque envie de croquer dedans…

Après tout, les vaches regardent bien passer les trains à longueur de journées… alors pourquoi les chiens viverrins domestiques n'auraient-ils pas droit également à un passe-temps visuel, rien que pour eux ? Et puis, il fallait bien reconnaître qu'elles étaient drôlement appétissantes ! « Tel maître, tel chien » à ce niveau-là… Le fessier ferme et parfaitement rond de Kise était une bénédiction des dieux, astucieusement offerte au commun des mortels, afin de s'assurer leur allégeance sans faille.

Hélas, en voulant ranger sur la dernière étagère la plus haute une boîte contenant des chaussures dont il ne se servait rarement, Kise fit maladroitement tomber une boîte qui s'y trouvait déjà. Tiens, il ne l'avait pas remarquée… et elle s'écrasa lourdement au sol ! Mince, pourvu qu'elle ne renferme rien de fragile ! Paniqué, le blond descendit du petit escabeau qui se trouvait fort pratiquement disposé dans la pièce et il se baissa pour ramasser le résultat de son méfait et vérifier qu'il n'y avait aucune casse à déplorer. Il fallait tout remettre en place, avant qu'Haizaki ne s'en aperçoive ou le brun risquait de croire que Kise avait volontairement fouillé dans son passé…

Mais jamais Kise n'aurait deviné ce qu'il allait y trouver…

Tout d'abord, il y avait un maillot plié encore logé au fond de la boîte. Celui de Teiko… comme quoi, malgré ses dénégations, Haizaki restait profondément attaché à cette période de sa vie et au basketball. Pour le reste du contenu déversé, il s'agissait essentiellement de vieilles photos que Kise regarda avec un sourire nostalgique collé au visage. Des photos datant du collège, encore. Avant que leurs relations ne dégénèrent. Ils avaient tous l'air si proches et heureux ! Cela rappelait à Kise des tonnes de souvenirs heureux qu'il chérissait encore aujourd'hui.

Amusant et mignon de constater à quel point le jaune était constamment greffé à Aomine ou à Kuroko sur ces images ! L'objectif avait immortalisé son attachement envers ses deux anciens coéquipiers, témoignant de ses préférences et affinités, mais surtout, du lien indéfectible qui les unissait. Malgré les disputes, malgré l'éloignement géographique… Pour Kise, retomber par hasard sur ces photos était comme un signe qui le ramenait aux bases de sa passion pour le basketball. Une époque bénie. Aomine était encore si souriant et candide... Son visage de poupon, encore un peu rond. Aucune froideur ou agressivité à déplorer dans son regard, qui ne s'était pas encore assombri…

Kuroko quant à lui était toujours aussi inexpressif… Ah non, tiens, sur certaines il souriait timidement, du moins, il essayait, surtout lorsqu'Aomine était positionné près de lui. Cependant, Kise nota avec stupeur que le joueur fantôme ne se trouvait pas sur toutes les photos. Alors même qu'il faisait partie de l'équipe des titulaires et qu'il était présent à chaque fois qu'elles avaient été prises. A croire que même les appareils les fiables et puissants éprouvaient quelques difficultés à « capturer » sa silhouette sur pellicule ! Quelle ironie, décidément !

Mais ce qui frappa le plus Kise fut de constater que… Haizaki et Nijimura étaient souvent l'un à côté de l'autre sur les photos. Non, tout le temps même. Et sur la majorité d'entre elles, on voyait leur ancien capitaine hyper souriant, en train de taquiner Haizaki ou de le tenir par le cou.

Etaient-ils si proches que semblaient le montrer ces photographies, au moment du collège ? Hmm… Kise ne se rappelait pas vraiment. Disons que si tel était le cas, il n'en avait jamais rien remarqué. En fait, Nijimura et Haizaki interagissaient rarement ensemble face à eux. Et pas franchement de manière amicale. A chaque fois que le brun et l'ex-argenté s'adressaient la parole, c'était pour se bouffer le nez et il y avait des étincelles dans l'air !

Haizaki paraissait prendre un malin plaisir à provoquer son aîné, mais malheureusement pour lui le Rainbow Captain était réputé pour avoir la main leste et le pied agile. Haizaki en avait plusieurs fois fait les frais, mais cela ne suffisait pas à l'arrêter de manière ferme et définitive... A croire que ces deux là ne pouvaient vraiment pas se sentir… Pourtant… ces photos tendaient à prouver le contraire…

… Et Kise en eut la confirmation indéniable sur les images suivantes. Nettement plus… « privées », disons…

Pour être franc, cela lui fit un choc.

Kise ne s'attendait absolument pas à une telle découverte et si jusqu'ici, il n'avait pas l'impression de violer l'intimité du tatoué, cette fois… c'était différent.

Sur trois photos, on les voyait s'embrasser. Mais pas comme deux potes non heuuu plutôt de manière EXTRÊMEMENT équivoque ! Sur la bouche et avec la langue, quoi ! Les deux premières avaient été prises sous le format selfie et Kise ne reconnaissait donc pas l'endroit où les deux adolescents se trouvaient. Cependant, il en était tout autrement de la dernière… Il s'agissait d'Haizaki, à demi nu… dormant dans ce que Kise devina être le futon de Nijimura, dans la chambre de Nijimura. Enfin, une couverture était remontée sur son torse alors impossible de voir s'il portait quoi que ce soit sous la ceinture…

Wow… sacrée surprise…

Donc… ces deux-là avaient été ensemble, à un moment donné. Comme un couple… Et bien… ils avaient drôlement bien caché leur jeu ! Tout le monde n'y avait vu que du feu ! Enfin, peut-être pas tout le monde mais lui en tout cas, était tombé dans le panneau ! Cependant, à présent que la lumière avait été faite sur la nature réelle de leur relation, certains détails révélateurs sautaient aux yeux de Kise. Par exemple, le fait qu'Haizaki restait souvent seul avec Nijimura pour ranger et nettoyer le gymnase après l'entraînement. Oh bien-sûr, le capitaine prétextait alors qu'il s'agissait d'une punition pour mieux tromper les esprits…

De même, lors de leur stage d'entraînement au camp d'été, les deux s'étaient retrouvés dans la même tente. Drôle de coïncidence pour deux garçons qui ne pouvaient soit disant pas se supporter plus de deux minutes, sans se sauter à la gorge ! Kise repensa également à la colère que Nijimura avait piquée et qui lui avait semblé démesurée, lorsque l'autre adolescent l'avait retrouvé en train de pioncer à poil, OKLM dans le sac de couchage de son mec…

Et honnêtement…

Cela pesait de façon étrange sur le cœur de Kise de devoir l'admettre, mais ils avaient l'air tellement heureux ensemble. Même Haizaki souriait dans son sommeil. Et à bien y repenser, Haizaki ne souriait jamais d'habitude. En tout cas, pas de manière aussi douce et sincère. Car ce n'était pas un rictus qu'il affichait là, mais bel et bien un pur sourire de bonheur. Quelque chose qui vient du cœur et ne peut être feint…

De toute évidence, ils s'aimaient vraiment…

C'était ce que Kise ressentait en regardant ces photos, en tout cas…

Et bizarrement, passée la surprise de cette découverte, ça… le gênait… ? Nan, le terme était un peu disproportionné. Bien-sûr que ça ne le dérangeait pas, cette histoire sentimentale passée ne le concernait pas après tout mais…

Oh… merde…

Kise se mordit la lèvre inférieure. Ses mains tremblaient légèrement. Il reposa les photos, les rangeant soigneusement dans la boîte aux secrets. C'est alors qu'il déplaça subrepticement le maillot de basket qui y était disposé au fond. Et en dessous se trouvait une dernière photographie que Kise n'avait pas remarquée jusqu'alors… Le blond l'attrapa délicatement par pur réflexe pour la regarder.

Ses yeux s'agrandirent ronds comme des soucoupes.

C'était une photo de lui avec Haizaki !

Quand ils étaient sortis rien que tous les deux.

La fête foraine.

Sur l'image, Kise faisait un « V » de victoire de la main gauche, tandis que son bras droit était passé autour du cou d'Haizaki pour le rapprocher de lui. Il souriait. Et pas un sourire de mannequin sur commande non, mais un véritable sourire spontané. Kise se souvenait avec nostalgie de cette sortie. Il s'était tellement amusé ! Au départ, il avait un peu appréhendé de se retrouver en tête-à-tête avec l'ex-argenté et hésité à annuler jusqu'à la dernière minute. Sauf qu'au final, le jaune avait passé un excellent moment.

Haizaki de son côté tirait une gueule de six pieds de long, comme d'habitude. Enfin, sauf avec Nijimura de toute évidence. Kise se demanda d'ailleurs si le loup aurait daigné décrocher un sourire si l'autre brun s'était trouvé à ses côtés, à sa place. Cependant, c'était la chose qu'Haizaki tenait dans ses bras qui attira l'attention de Kise. Une imposante peluche dorée représentant un mignon renard au regard espiègle. Ohhh mais oui ! Kise s'en rappelait à présent ! Haizaki l'avait gagné pour lui (après moults supplications de sa part...) à un stand de tir à l'arc avec des flèches à ventouses ! Et à ce propos, Kise possédait toujours ladite peluche. Mais pour des raisons logistiques (et volumineuses) évidentes, elle était restée au Japon dans sa chambre d'ado, chez ses parents.

Mais… Lui aussi se souvenait avoir gagné quelque chose à Haizaki… hmm… C'était quoi déjà ?

Aaaah une MONTRE bien-sûr ! Evidemment, elle n'apparaissait pas sur cette photo, parce que Kise l'avait remportée après qu'elle ait été prise…

Et de quelle façon !


« C'est à mon tour de te gagner quelque chose maintenant ! » Fit-il en câlinant amoureusement sa peluche.

« Puisque je te dis que tu ne me dois rien. »

Kise se mit alors à bouder adorablement, tel un Pikachu vexé.

« Mais tu m'as gagné quelque chose toi, il est donc normal que j'en fasse autant ! »

Haizaki leva les yeux au ciel, implorant des dieux dont il ne connaissait même pas le nom. Que l'un d'eux, n'importe lequel lui vienne en aide ! Kise était du genre collant. Aussi collant qu'un mouchoir usagé d'Aomine après s'être soulagé devant un magazine de sa chère Mai-chan. Et que ce soit clair : il ne s'agissait pas un compliment (je crois que tout le monde l'avait bien compris Zaki, rassure-toi…) !

Bon, Kise avait quand même l'avantage de sentir bon, lui. Contrairement au jus de queue d'Aomine ! Mais c'était bien la seule différence notable qui existait entre les deux ! Et puis, certes Haizaki avait bien gagné cette satanée peluche renard pour Kise, mais c'était UNIQUEMENT pour que le blondin accepte de lui foutre la paix ! Il aurait braillé toute l'après-midi, sinon ! Oui ok, ça revenait à dire que le brun avait acheté son silence, mais sa santé mentale en dépendait !

Et à cause sa grandeur d'âme, Haizaki se retrouvait à présent piégé ! Il devait vite improviser une solution avec les moyens du bord. C'est alors que la réponse lui parvint sous la forme d'une…

Oui… ça pouvait marcher.

Il s'alluma donc une clope.

Ce qui ne manqua évidemment pas de faire criser Kise au quart de tour !

« Héééé arrête ça ! Tu vas te détruire les poumons à force de fumer ces saletés et ça va amoindrir tes performances sportives ! »

Purée, il n'allait pas s'y mettre lui aussi ? Les remontrances musclées de Nijimura lui suffisaient déjà amplement à ce niveau-là ! Et puis, sans compter que la mère du gris ne lui pardonnerait jamais si par malheur elle l'apprenait…

« Qu'est-ce que j'en ai à fou-… »

« … Et ça occasionne des troubles de l'érection, en plus ! » o

« QUOI !? » Haizaki en lâcha presque sa cigarette d'horreur.

« Mais ouiii ! T'as qu'à lire, c'est écrit en gros au dos du paquet ! »

Oh bordel mais c'était vrai en plus ! Bon, face à un cancer, ça pouvait sembler bien dérisoire maiiiiiis pas quand on a quatorze ans et toutes ses dents ! Quel dommage… son paquet était encore plein aux trois quart. Il s'en sépara malgré tout à regret en le lançant à Kise.

« Cadeau, ça fait maigrir il paraît. Comme ça, t'auras plus besoin de te faire vomir entre deux repas pour perdre du poids ! »

« Mouuuh ! T'es méchant ! Je fais pas ça, c'est pas vrai et puis, je fume même pas en plus ! »

Sans déconner ? Haizaki ne l'aurait JAMAIS deviné dites donc ! Oh mais tiens, ça lui faisait penser à quelque chose du coup… Et l'argenté mettait TOUJOURS un point d'honneur à ne pas laisser passer la moindre occasion de se moquer de Kise…

« Est-ce que t'as déjà essayé au moins ? »

« N-non… pour quoi faire ? »

Pfff… il en était sûr. Trop facile. Kise était l'archétype du bon fils de famille à écouter sa maman et à rester fourré dans les jupes de ses sœurs aînées… Le loup gris s'approcha donc du renardeau d'un pas décidé et il lui tendit sa clope à moitié consumée.

« Vas-y alors, tire une taffe. Juste pour voir le goût que ça a. »

Devant l'hésitation de Kise, il se sentit obligé d'enfoncer le clou.

« A moins que tu n'aies trop peur pour oser faire ça. »

La provocation, toujours une valeur sûre !

« C-c'est pas l'cas ! »

« Rassure-toi, il faut plus qu'une petite bouffée de nicotine de rien du tout pour choper un cancer… ça risque nada. Fais-moi confiance. »

« Je sais ! Qu'est-ce que tu crois !? »

« Alors fais-le ! » Asséna plus autoritairement Haizaki.

Kise soupira d'agacement et il ferma les yeux en signe de reddition, avant de se résoudre à prendre la cigarette ou plutôt ce qu'il en restait, offerte par son coéquipier. Lentement, il guida l'extrémité entre ses lèvres et il inspira un peu trop profondément. Sauf que le blondinet oublia ensuite d'expirer la fumée nocive. Ah l'inexpérience ! Kise regretta aussitôt son geste ou plutôt, son élan de témérité, saupoudré d'une trop grande confiance en ses capacités respiratoires. Une sensation de brûlure lui molesta les poumons et il fut pris d'une violente quinte de toux. Face à ce petit spectacle comique, Haizaki ne put contenir ses rires moqueurs. Mais quel abruti à vouloir jouer les bonhommes ! Tellement naïf et manipulable…

« Oi ça va mec ? » Demanda quand même Haizaki, histoire de.

Tout en venant lui tapoter dans le dos, une fois la crise de rire passée.

Mais n'allez surtout pas croire qu'il s'inquiétait ou quoi hein…

Le pauvre Kise, de son côté, en avait le teint vert ! On aurait sans mal pu le confondre avec Shrek en cet instant…

« Je survivrai… je crois. »

« Tu sais la fumée… t'es supposé la recracher après, pas la séquestrer dans tes poumons jusqu'à ce qu'elle soit victime d'un Syndrome de Stockholm… »

« Ahaha sacrée métaphore ! T'as dit ça parce que je suis à moitié-Suédois, avoue ! » FAUX. Haizaki l'ignorait. « Brrr… N'empêche, je comprends même pas comment tu fais pour fumer ça ! Non seulement c'est infect, mais en plus ça brûle ! »

« Question d'entraînement. » Sourire en coin.

« Beurk ! A mon avis, tu t'es cramé les pastilles gustatives à force de fumer comme un pompier et c'est pour ça que tu sens plus à quel point ça a mauvais goût ! »

Il allait d'ailleurs lui rendre l'objet du crime, mais finalement pour ce qu'il en restait, le blond préféra l'écraser sous son talon avant d'aller la jeter dans une poubelle prévue à cet effet. Non à la pollution ! Haizaki ne put d'ailleurs s'empêcher de noter à quel point Kise souriait comme un benêt lorsqu'il revint en trottinant jusqu'à lui. Et ses joues affichaient un léger hâle rose des plus suspects...

« Qu'est-ce qu'il y a encore ? »

« Quoi ? Mais rien ! » Se défendit Kise, qui mentait décidément trèèèèès mal.

« Alors arrête de sourire comme un abruti ! Parce que ça me fout les j'tons ! »

« Oh c'est bon ! J'étais juste en train de penser que… c'était la première fois que j'embrassais un autre garçon… »

HEIIIIIIIIIIIIIIIIN… ?

Oulaaaa, pause ! Haizaki n'avait pas tout suivi là… Qu'est-ce qu'il racontait encore ce foutu panneau publicitaire ambulant ?

« Ben ouiiiii réfléchis ! » Le harangua Kise, prêt à se lancer dans une explication des plus… alambiquées. « Cette cigarette, elle se trouvait bien entre tes lèvres avant que tu ne me la passes ! Il y avait donc un peu de ta salive dessus ! Par conséquent, ça équivaut à un baiser indirect ! CQFD ! »

Ah oui ok d'accord… On en était là quoi.

« … J'croyais que ça ne fonctionnait qu'avec les bouteilles d'eau dans les shojo manga ? »

« Oui, mais c'est la vraie vie ici ! Pas un manga pour filles ! » Insista Kise, comme si ses mots constituaient des arguments imparables.

Haizaki sentit aussitôt son nez se retrousser en signe de dégoût. En revanche, ce qui était carrément anormal, c'était que Kise, qui aurait dû se sentir le plus souillé des deux, ne semblait pas plus troublé que cela. Apparemment, il vivait bien le fait d'avoir embrassé, même indirectement, son premier membre de sexe masculin…

Ce qui rappela à Haizaki la raison pour laquelle il s'était arrêté devant ce stand en particulier, juste avant que l'épisode de la clope ne vienne délayer son plan machiavélique…

Ils avaient perdu assez de temps !

« Bon, c'est pas tout ça mais cette cigarette a gravement mise à mal ta virilité. Alors si tu veux te rattraper, prouve-moi que t'es pas une gonzesse en allant me gagner un truc là-bas ! »

Il passa donc son bras autour du cou de Kise, comme ce dernier un peu plus tôt lors de la photo, puis il désigna le stand en question.

Mais il ne s'agissait pas de n'importe lequel.

C'était un stand de force. Celui où il faut abattre un maillet le plus lourdement possible sur une cible pour faire monter un poids très haut.

Kise eut un mouvement de recul. Ca c'était de la triche ! Il aurait plutôt dû passer l'épreuve d'adresse tout à l'heure à la place d'Haizaki et confier celle impliquant de la force au gris ! Mais non bien-sûr, il fallait que ce soit l'inverse…

« Heu… t'es sûr ? Je pourrai plutôt essayer de te gagner quelque chose au stand du grappin ! » Proposa le Kitsune, mal à l'aise.

« Non, non, non, te défile pas ! Regarde, c'est CA que je veux ! »

Il s'approcha en tenant toujours Kise par la nuque et le traîna avec lui vers le stand des prix. Puis, il tapota son index sur la vitre de protection. Le premier était une belle montre en acier d'apparence plutôt masculine.

« Tu avais bien parlé de me filer une montre à la base, non ? Bah alors vas-y, fais-toi plaisir. »

« Mais d'autres stands aussi doivent en proposer des montres, viens on va v-… »

« NON ! » Le coupa fermement Haizaki tout en tapotant son index sur la vitrine. « C'est CELLE-CI que je veux et pas une autre ! »

Ahaha le visage de Kise se décomposa comme s'il venait fumer la seconde clope de sa vie. Bien fait ! Il allait forcément se débiner ! Et si jamais il acceptait quand même par excès de zèle, le blond se ridiculiserait aussitôt avec sa force de mouche !

« Bon, d'accord mais… j'ai le droit à un coup d'essai avant ? » Supplia t-il, les mains jointes en signe de prière.

« Ouais s'tu veux, mais juste un seul hein. Pas plus. »

« Merci ! »

Et de lui sauter au cou, une fois de plus. Raaaah mais ça commençait vraiment à devenir une sale habitude ! Haizaki le repoussa dans le but de calmer ses ardeurs. Rien à faire, il ne supportait pas ce Kitsune OVER affectueux qui profitait de la moindre occasion pour lui bondir dessus… Mais le pire, c'est que ça ne semblait pas dissuader Kise de venir lui faire des câlins… Le blond adorait décidément se frotter à lui, sans jamais se rendre compte de l'aversion qu'il inspirait au délinquant. Heureusement, Bébé Koala daigna tout de même se décrocher de sa mère de substitution au bout de quelques secondes de torture physique et il se dirigea d'un pas assuré vers la machine.

« Tiens-moi ma peluche stp ! » Demanda Kise en lui confiant le renard remporté un peu plus tôt par Haizaki pour lui.

Il se plaça bien devant la cible et il retroussa les manches de sa chemise en jean pour dévoiler ses bras musclés, avant de se saisir du maillet oooooooof beaucoup trop lourd pour lui ! Kise eut du mal à le soulever mais il y parvint quand même, adressant alors un sourire triomphant à Haizaki en mode « no problem bro, je gère ! »

Haizaki lui retourna son sourire, nettement plus méprisant cependant et il croisa les bras sur son torse.

« Vas-y pète-toi bien le dos devant tout le monde surtout, qu'on se marre un peu. » Pensa t-il, narquois.

« Tu me regardes hein ? »

« Ohhh oui, je ne voudrai surtout pas en louper une seule miette ! »

Kise s'échauffa donc théâtralement en jaugeant la cible et en faisant mine d'abattre le marteau dessus. Haizaki quant à lui, savourait déjà l'humiliation qui s'annonçait…

« 1… 2… 3 ! BANZAAAAI ! »

Kise frappa de toutes ses forces, mais étant donné qu'il rata à moitié la cible, le poids ne dépassa même pas le cran nommé « Fillette » sur la jauge. Haizaki éclata de rire, des larmes au coin des yeux. Il en était SÛR ! C'était juste couru d'avance… Et pourtant, il n'en attendait pas tant !

« Fillette » quoi.

LA HONTE.

ULTIME.

Même leurs copines auraient fait mieux, si elles avaient été présentes ! Et sans forcer !

Enfin bon maintenant qu'il estimait avoir assez décontracté ses zygomatiques, Haizaki commença à faire demi-tour, mais le masochisme évident de Kise à stade ne l'entendait pas de cette oreille. Le blond attrapa à nouveau son camarade par le bras et le ramena fermement vers la borne.

« Hé ! On avait dit que j'avais droit à un essai ! » Insista le copycat.

« Ouais, sauf que j'suis pas sûr que ce soit une bonne idée de t'obstiner au vu du précédent résultat… Rêve pas, tu ne feras pas mieux au second coup. »

« Mais j'veux quand même essayer heuuuuuuuuuu ! C'est mon droit ! » è_é

Haizaki soupira. Décidément pas du genre à abandonner ce crétin blond comme les blés... Dire que l'argenté était prêt à faire preuve de pitié envers lui pour éviter que Kise ne se ridiculise davantage… Et bien tant pis pour lui… Puisque Kise tenait tant que ça à continuer à se taper la honte en public, qu'il en soit ainsi. Honnêtement, Haizaki avait croisé bien des nanas taillées comme des crevettes possédant davantage de force que ce satané renard. Ca en était pathétique... et pathologique, même.

« Tu n'sais jamais quand c'est le moment d'abandonner, toi hein… »

« Abandonner, c'est bon pour les perdants ! »

Kise confia soudainement le manche du maillet à Haizaki.

« Alors… montre-moi plutôt comment faire stp ! T'as l'air d'avoir l'habitude de ce genre de jeux et je suis persuadé qu'il existe une astuce que je ne connais pas encore pour m'aider booster mon score ! »

« Une astuce ? » Répéta Haizaki, dubitatif.

« Mais ouais ! Un genre de… technique ancestrale oubliée ! Un truc de ninja quoi ! »

Etrangement, Haizaki n'y vit que du feu et sans même s'en rendre compte, voici qu'il se lançait dans une démonstration pour les beaux yeux en amande de son collant heu... boyfriend… ?

HELL NO !

Boulet, oui voilà, boulet ! Ca commençait par un « B » aussi, en plus !

« Désolé de te décevoir, mais y a pas d'astuce particulière… tu prends juste bien ton maillet par le bout du manche pour lui donner plus de poids. Jambes un peu écartées pour un meilleur appui. Ensuite, tu le soulèves comme ça, en prenant ton élan et surtout, le plus important, c'est de bien viser pour frapper le centre de la cible. Tu vois, le cercle rouge au milieu ? Sinon, l'impact perd en puissance et c'est de cette manière que tu te retrouves à faire un score à chier. »

« Ohhh d'accord, d'accord ! Jusque là, ça ne me semble pas très compliqué. Et après ? »

« Bah ensuite, tu mets toute ta patate dedans ! Comme ça, BAM ! »

Plutôt efficace en effet, puisque le poids s'envola littéralement sous le regard attentif de Kise. La cible trembla sous le choc.

Haizaki y avait mis toute sa force, mais même ainsi, le poids ne toucha pas le sommet de la jauge, ne montant péniblement que jusqu'aux trois quarts. Le pallier nommé « Vrai bonhomme » !

Pas mal !

Aha impossible que Kise parvienne à faire mieux que lui de toute façon… Le mâle alpha avait tout donné. Mais certainement pas dans le but inavouable et inavoué d'impressionner le mannequin à l'aide de sa force siiiii virile, non, non, non point du tout, qu'allez-vous chercher là ?!

« Aaaah alors c'est ça le SECRET ! Ok, j'ai compris cette fois, pousse-toi de là ! »

Wow c'est qu'il prenait grave la confiance le frêle Kitsune ! Haizaki se fit éjecter sans ménagement d'un coup de hanche bien placé de la part de Kise et se dernier se positionna mieux cette fois, solide sur ses appuis. Tirant la langue en signe intense de concentration, il se saisit à nouveau du marteau géant. Kise peinait toujours autant à le soulever mais… la flamme de la détermination brûlait au fond de ses pupilles. Et ça faisait toute la différence. Haizaki s'écarta donc, bras croisés sur son torse en signe de dédain absolu. Comme si Kise allait faire mieux cette fois… Tiens, ça lui donnait une idée d'ailleurs ! Il dégaina discrètement son portable afin d'enregistrer l'exploit de Kise. Et de pouvoir ensuite faire tourner la vidéo sur les réseaux sociaux, histoire que le blond se traîne une solide réputation de fragile auprès de tout le collège…

Kise parviendrait-il ne serait-ce qu'à atteindre le cran suivant cette fois, sobrement intitulé « Même ma grand-mère aurait pu faire mieux et pourtant elle est grabataire » ?

Les paris étaient ouverts !

Et en ce qui le concernait, Haizaki était certain que le blond allait se planter en beauté !

Ca ne faisait même pas un pli.

Alors… quand Kise imita à la perfection le mouvement exécuté un peu plus tôt par Haizaki, l'argenté se figea instantanément. D'effroi. La frappe envoya littéralement le poids en orbite, si fort et si vite qu'il cogna le sommet de la jauge et toutes les lumières de la machine s'allumèrent d'un seul coup ! Une pluie de confettis tomba même sur Kise pour le féliciter de sa performance, tandis que la machine affichait fièrement le mot « MUSCULOR », soit le plus haut niveau de force.

« Yeaaaah ! T'as vu çaaaa ? J'ai gagné youuuhouuu ! »

Raaah nooooon pas encooooooooore ! Kise lui sauta à nouveau dessus et il manqua presque de lâcher le maillet sur le pied de sa malheureuse victime favorite !

« J'suis trop content et c'est grâce à toi ! Merci de m'avoir montré la bonne méthode à adopter ! »

HEU PAS DE QUOI MEC.

Mais du coup, l'expression « s'y prendre comme un manche » venait de gagner un tout nouveau sens, beaucoup plus littéral…

Mais cette petite démonstration improvisée permit à Haizaki de réaliser l'évidence… Kise était vraiment un « copycat » de génie… Non, mieux que cela même, car non seulement il se montrait capable de reproduire à la perfection les gestes d'autrui après une UNIQUE démonstration mais en plus, il AMELIORAIT encore la technique précédemment employée ! Et pour preuve, le renardeau avait en effet obtenu un meilleur résultat qu'Haizaki, puisqu'il avait même atteint le score maximal, lui…

Flippant… et très compromettant pour l'avenir dans l'équipe de l'argenté, puisqu'ils étaient à présent deux à posséder un talent similaire, mais que celui de Kise se révélait être beaucoup plus avancé et performant que le sien au final…

Bientôt, Haizaki n'aurait plus sa place parmi les titulaires de Teiko…

Perdu dans ses pensées, le loup n'avait pas remarqué que Kise l'avait enfin lâché et qu'il était allé récupérer son prix.

Aka la belle montre !

Et que déjà, il était en train de l'attacher autour du poignet de l'autre adolescent toujours immobile, ajustant soigneusement son bracelet pour qu'il soit à la bonne taille.

« C'est dommage, elle n'a pas de dauphins sur le cadran mais… elle est quand même jolie celle-là aussi ! Elle fait juste plus… adulte quoi. »

Kise semblait un peu déçu, vu la moue qui déformait quelque peu son beau visage de poupée. Mais bon, si c'était le modèle qui plaisait à Haizaki… qui était-il pour juger de ses (mauvais) goûts… ?

« J'suppose que c'est le moment où je suis censé te remercier non ? » Cracha presque le louveteau.

« Oh ! Mais moi par contre je ne t'ai pas remercié quand tu m'as offert cette peluche ! »

« Sisisisisi tu l'as fait ! » Se tendit Haizaki par réflexe.

« Verbalement oui, maiiiiiiis j't'ai pas fait un bisou ! »

Le regard malicieux du renard en disait long sur ses viles intentions et Haizaki n'eut pas le temps de s'écarter que déjà, les lèvres de Kise venaient papillonner sur sa joue.

ARGH !

« Mais merde t'étais pas obligé de faire ça ! Et devant tout le monde en plus, la honte ! On va passer pour quoi !? » Eructa Haizaki en s'essuyant frénétiquement la joue.

Cependant, sa réaction manquait clairement de… conviction… ?

« Hihi… tu peux m'en faire un aussi hein ! Te gêne pas ! Enfin, ça peut attendre, si tu te sens plus à l'aise en privé.… »

Clin d'œil appuyé.

HAUTEMENT SUGGESTIF.

Haizaki serra les dents.

Mais quel imbécile heureux ce fichu top model au rabais… beurk ! Pourquoi le gris aurait-il envie de faire une chose pareille, franchement ? Faudrait être complètement maso ! Bon ok, Haizaki devait bien admettre qu'il appréciait de se prendre un petit taquet de temps en temps de la part de Nijimura (surtout quand ça se finissait au sol par une prise de soumission parfaitement exécutée par le judoka…) mais uniquement de sa part à lui ! Or, Kise n'était pas Nijimura, en plus de l'horripiler au plus haut point !

« Et puis quoi encore ! Et je t'interdis d'aller raconter qui a gagné cette peluche cette peluche pour toi ! Et aussi que tu t'es senti obligé de me faire un bisou en guise de remerciement ! Ou encore que t'as plus de force que moi ! J'te préviens, si ces trucs viennent à se savoir, je te ferai bouffer un ballon de basket ! Et je ne plaisante pas ! »

Haizaki allait d'ailleurs très vite s'empresser d'effacer la petite vidéo qu'il avait prise de Kise en train de frapper sur le poids.

Quoi que non tout compte fait, il allait peut-être la conserver encore un peu. Il… lui trouverait bien une utilité, tard le soir, allongé seul dans son futon par exemple et heu… MAIS NON IL N'Y AVAIT RIEN DE SALACE LA-DEDANS ! C'était juste pour mieux l'observer et lui voler sa technique !

Pas à des fins purement MASTURBATOIRES !

« Mais oui, mais oui, ne t'en fais pas, ton image de mâââle dominant est en sécurité avec moi. Je sais quand même tenir ma langue quand il le faut hein j'te ferai dire ! »

Haizaki n'y croyait que moyennement. Kise était effectivement réputé pour être une véritable commère quand il s'y mettait ! Les gossips de Teiko n'avaient aucun secret pour lui et pour cause, ses centaines de groupies agissaient comme autant d'espionnes pour lui rapporter tous les ragots qui circulaient dans l'enceinte du collège. Plus rapide et fiable qu'Internet !

« Et en parlant de langue… »

« … Ca te dirait pas de mettre la tienne dans ma bouche ? » Compléta mentalement Haizaki.

« … T'as pas envie de manger un truc ? Une pomme d'amour ou une barbe à papa ? Ce ne serait pas une vraie fête foraine si on partait sans grignoter de sucrerie emblématique ! »

Avant même qu'Haizaki n'ait eu le loisir de protester (parce que soyons honnêtes, il allait le faire – au moins pour la forme - on le sait toutes !), Kise s'accrocha à son bras et l'entraîna vers le stand des confiseries…

« Allezzzzz c'est moi qui offre pour la peine ! » Sourit Kise, de son sourire si solaire.

Haizaki pouvait presque se sentir bronzer sur place rien qu'en y étant exposé, c'était dire la puissance du rayonnement du Roi Soleil de Tokyo…

Et tiens au fait, est-ce que le cul du blond comptait comme une sucrerie… ? Non parce qu'à force de voir ses deux pommes d'amour extra-moulées gigoter outrageusement sous son nez, le délinquant avait très envie d'y planter ses crocs tout à coup…


Alalala l'insouciance de la jeunesse !

Kise ne put s'empêcher de sourire légèrement.

Dire qu'Haizaki avait fait en sorte qu'ils ne se retrouvent rien que tous les deux, sans leurs petites copines de l'époque, lors de cette fête foraine itinérante.

… Car c'était bien comme ça que ça s'était passé, non ?

Dans l'esprit du blond, il s'agissait d'un stratagème du brun, mais sa mémoire lui jouait des tours et il n'allait pas tarder à l'apprendre…

En tout cas, si Kise avait conservé son renard en peluche, apparemment, le brun s'était débarrassé de la montre, lui… En effet, le blond ne l'avait pas vue à son poignet ou encore au fond de cette boîte. Ni même sur sa table de chevet. Dommage… Kise se sentait un peu déçu à vrai dire…

Venant d'Haizaki, rien d'anormal cependant… Après tout, durant la période du collège et même par la suite au lycée, le voleur de techniques le détestait ouvertement. Pas étonnant donc que Kise ait reçu sa soudaine gentillesse avec beaucoup de méfiance, lorsqu'ils s'étaient recroisés il y a seulement quelques jours. Et même si maintenant le Copycat faisait confiance à son alter ego, une partie de lui restait encore un peu sceptique. Mais plus de mensonge, plus de secret, c'est ce dont ils avaient convenu ensemble hier. Aussi, Kise espérait vraiment qu'Haizaki tiendrait parole…

Le mannequin se dépêcha donc de tout bien ranger en s'assurant de ne rien avoir laissé trainé afin qu'Haizaki n'apprenne rien de sa petite intrusion dans sa vie privée, puis le renard reposa la boîte à sa place. De toute façon, il avait quasiment terminé de son côté alors nul besoin de s'éterniser davantage dans le débarras. Finalement, Kise devait admettre que ça lui avait fait du bien de mettre un peu d'ordre dans ses vêtements et d'enfin les sortir de leurs luxueuses valises d'une célèbre marque française… Le tissu a en effet besoin de respirer ! De s'exprimer même ! Et puis, il serait ainsi plus pratique et simple de retrouver ceux avec lesquels il prévoyait de s'habiller, puisqu'ils étaient à présent bien en vue sur le portant prévu à cet effet.

Bon ! Kise avait bien travaillé et il méritait donc de souffler en s'octroyant un peu de repos, à plus forte raison après avoir classé et trié ses vêtements par couleurs ET par saisons. Le débarras était bien rempli à présent et le blond en ferma la porte, satisfait. Il s'était un peu changé les idées et il avait même pu repenser à des souvenirs joyeux. Et faire quelques découvertes intéressantes… dont il ne savait toujours pas quoi faire à l'actuelle, mais ces informations l'aideraient sans doute à mieux comprendre Haizaki le moment venu, Kise en était intimement persuadé. Zébu avait supervisé tout son travail en restant sagement assis derrière lui, ce qui avait obligé Kise à laisser la porte du débarras ouvert. Agréablement surpris par sa docilité, le blond le récompensa donc d'une caresse sur sa petite tête toute dodue.

« J'ai bien mérité une bonne douche chaude, tu ne crois pas Zébu ? Ah je savais que tu serais d'accord ! »

Oui, Kise parlait le Tanuki couramment maintenant. Et oui, c'était nouveau !

Après tout, entre créatures fantastiques du folklore japonais, on se comprenait.

Le blond se rendit donc dans la salle de bain, afin de s'accorder un moment de répit. Mine de rien, ça fatigue de ranger, surtout quand on n'a pas l'habitude et qu'on possède autant de… « bazar » que lui, même si Kise n'aimait pas ce mot pour désigner sa collection d'étoffes haute couture. Lentement, sa robe de chambre en satin glissa sur sa peau douce et il s'en libéra en défaisant son nœud à la ceinture.

L'eau coulait déjà et Kise décida de la laisser chauffer un peu avant de se faufiler nu sous l'étroite douche aux parois carrelées. Ahhh s'il y avait bien un truc qu'il regrettait vis-à-vis de son ancien appart', c'était la baignoire qu'il compotait. Petite, certes, mais ô combien pratique ! La douche d'Haizaki était MINUSCULE elle et Kise était par conséquent obligé de se coller au mur en se mettant de profil pour réussir à tenir dedans. Comme quoi, le brun n'avait pas menti hier lorsqu'il avait affirmé que l'endroit n'était pas du tout approprié pour recevoir une gâterie buccale… Quoiqu'en se blottissant bien l'un contre l'autre ou plutôt l'un DANS l'autre en mode TETRIS… il y aurait peut-être moyen de moyenner et…

Mais bref !

Kise ne tenait pas à ajouter un mensonge supplémentaire à la liste d'Haizaki, qui était déjà longue comme le bras d'un champion du monde de fist fucking, si tant est que cette discipline soit officiellement reconnue. (et Kise restait convaincu que c'était forcément le cas dans certains milieux.) La vache n'empêche… il devait vraiment être en manque pour avoir osé formuler une proposition aussi dévergondée la veille… A Haizaki entre tous, en plus ! Encore, s'il avait s'agit d'Aomine, ça aurait pu se comprendre mais Haizaki POUAAAAH !

Pas que le brun ne l'attire pas physiquement encore une fois, non, non, là ne résidait pas le problème. Mais disons que… normalement, ce genre de faveur ne figure pas dans la liste des services qu'on rend ponctuellement ou même habituellement à un simple colocataire… A son mec ou à son plan cul du moment, à la rigueur pourquoi pas mais… Bon, on allait donc prétexter que Kise avait dit ça sur le coup, sans vraiment avoir pris le temps nécessaire de réfléchir avant de parler. Sans doute était-ce sa frustration sexuelle qui s'était exprimée à travers ces mots… Et au final, peut-être que prendre une bonne douche froide comme Haizaki hier pour calmer ses ardeurs, était fortement recommandé dans la situation de Kise…

Mais nan, là ce n'était même pas négociable : seule une douche brûlante pour délasser ses muscles tendus par l'effort trouverait grâce à ses yeux. « Après l'effort, le réconfort » comme on dit ! Il ferma les yeux et s'installa bien face au jet, savourant la sensation de cette pluie chaude sur son visage délicat. Vraiment, il n'y avait rien de tel pour se relaxer. La vapeur dégagée par l'eau embuait la cabine et se répandait déjà sur le miroir. Le mannequin profita du calme quelques instants avant de se mettre à se savonner.

Brusquement, il eut cependant l'impression qu'une paire de bras vigoureux lui ceinturaient la taille pour le retenir prisonnier. Ses pensées vagabondèrent, à la dérive… et il cessa de se frotter.

« Alors comme ça, tu comptes me faire des infidélités ? »

Cette voix profonde et fondante comme du chocolat ne pouvait appartenir qu'à Aomine. Le grand bronzé occupait toujours son esprit, même si ces derniers jours avaient été tellement riches en événements, que Kise était parvenu à le reléguer au second plan pour éviter de trop le laisser monopoliser ses pensées. Mais de toute évidence, cela ne plaisait pas tellement au bleuté de ne plus être le centre du monde aux yeux du blond…

« Hmm… tu vas sentir la même odeur que ce sale type si tu continues à te laver avec son gel douche. »

« Shogo n'est pas un sale type. » Démentit calmement Kise.

« Ah bon, c'est nouveau ça. Tu en es bien sûr ? »

Le renard inspira profondément comme il sentait les lèvres de la panthère en train de se promener dans son cou. Des flashs de sa nuit passée dans les bras d'Aomine lui revinrent furtivement. La façon dont le regard d'Aomine le baignait de tendresse. Et malgré la faveur buccale dont l'avait (mal) gratifié Stacy hier, Haizaki avait raison : le manque de sexe commençait à se faire douloureux pour Kise. Une vie d'ascète ne lui convenait pas. Cette vie d'ascète qu'il avait choisie à force d'attendre quelqu'un qui ne le regarderait jamais avec les yeux de l'amour. Sa main droite effleura son mamelon rose et la chair se tendit immédiatement, réactive comme jamais. Un gémissement aigu lui échappa.

« Haizaki va te détruire le cœur, comme moi je l'ai fait. Tu veux encore subir ça ? » Demanda Aomine, sans le lâcher.

« Va t-en Daikicchi… J'ai besoin de me faire du bien… Ne penser qu'à moi, même juste cinq petites minutes… »

Ses doigts trouvèrent l'aréole durcie et ils jouèrent avec la griffant, puis l'attrapant pour la pincer. Hmm… Haizaki avait un anneau percé ici… Est-ce que ça rendait plus sensible… ? Des frissons d'extase remontèrent par la colonne vertébrale de son bas ventre jusqu'à la base de son cou. C'était bon. Cela faisait si longtemps que Kise n'avait pas osé s'occuper de lui, se persuadant naïvement que la frustration finirait par s'atténuer d'elle-même s'il continuait à l'ignorer.

Et son petit stratagème avait presque fonctionné. Jusqu'à ce qu'il emménage avec Haizaki… C'est là que les choses avaient commencé à dégénérer. Kise n'arrivait plus à contrôler sa libido non plus rampante, mais carrément galopante ! Plus que jamais, il comprenait l'expression « lâcher les chevaux ». Il avait l'impression que son envie de sexe était représentée par un étalon fougueux, impossible à dompter et qu'Haizaki ne faisait qu'en attiser le besoin de liberté. Peut-être à cause du style de vie assez décousu que le brun semblait vivre au jour le jour, jalonné de conquêtes d'un soir et d'interdits à braver.

« Dai a raison. Je vais détruire ton cœur, mais d'abord, je vais te détruire le cul R~yo~taaa… » Chantonna une voix connue droit dans son oreille.

A pas de loup, le loup justement, s'était frayé un chemin dans sa tête et Kise fut pris d'un frisson plus violent que les précédents…

« Tu ne vas pas… t'y mettre toi aussi… »

« C'est toi qui as commencé. T'es en train de te branler en pensant à moi je te signale… » Souffla le grand méchant loup.

Quoi… ?

Kise n'avait même pas réalisé que sa main avait délaissé son téton rougi à force d'être malmené, pour aller s'occuper d'un problème bien plus urgent et imposant.

« Dai ne te suffit plus. Je te fais bander davantage que lui maintenant. »

« C-c'est faux… aaah… »

« Pourquoi tu ne me demandes pas de m'en aller alors, comme tu l'as fait avec lui ? »

L'illusion de son ancien colocataire avait effectivement disparu, se volatilisant dans la brume chaude. Kise haletait à présent, sa main s'était saisie entièrement du… problème qui le parasitait. Haizaki l'avait remplacé, se glissant possessivement derrière Kise pour lui glisser des mots obscènes au creux des tympans.

« Plus vite bébé… c'est bien… comme ça… ne t'arrête surtout pas… »

Ses mouvements s'accélérèrent. Ses doigts caressaient la chair gorgée de sang avec frénésie. Il ne pouvait pas s'arrêter. Des gouttelettes roulaient lentement sur la paroi occultante de la douche, pendant que Kise se laissait enfin aller à ses pulsions. D'amples vas et viens un peu hésitants, il passa à un astiquage en règle. Le renard en avait presque honte de se laisser aller à ses bas instincts ainsi. Ses jambes tremblaient, menaçant de lâcher sous son poids et sa main libre glissa sur la paroi humide de la douche, imprimant une belle trace dessus.

Mais il avait besoin de se tenir, de se raccrocher à quelque chose symboliquement et littéralement parlant. Son cœur pompait furieusement privant ses jambes de leur sang en l'envoyant vers son membre nécessiteux. Ses doigts étaient poisseux de gel douche, utilisé comme lubrifiant de fortune afin de faciliter la glisse. Kise ne pouvait plus s'arrêter. Il se sentait faible. Mais faire ça… en présence d'Haizaki… jamais de la vie. Il se retenait depuis trop longtemps, alors autant profiter de son absence pour s'adonner à l'art avilissant de l'onanisme.

Sans témoin.

« Vas-y, jouis pour moi Kitsune, exactement comme tu l'as fait avant-hier… »

Ce fut la goutte d'eau qui mit le feu aux poudres.

Ou plutôt la goutte de sperme qui fit déborder Mia Khalifa. (Oui bon baaah chacun ses références, c'est pas la plus classe, j'en conviens, mais je vous laisse quand même avec, alors fais-en ce que vous voulez !)

Les chutes du Viagra heu… Niagara !

Sa queue explosa sous la pression !

Malheureusement, elle ne fut pas la seule…

… Puisque le mitigeur de la douche décida d'avoir un orgasme dévastateur lui aussi et il fut littéralement éjecté du mur par un jet d'eau puissant, manquant d'écraser les pieds du renard dans sa chute. Ça, ou alors il avait décidé de se suicider suite au spectacle de dépravation auquel il venait d'assister… (genre Haizaki ne se branlait jamais sous sa douche lui pfff… !)

Merde, Kise avait-il pris trop de plaisir au point d'en casser la douche !? Ou était-ce l'œuvre du dieu de la chasteté (il y en existait forcément un !) qui le punissait pour avoir cédé à l'appel de la chair ?

En tout cas, ce n'était plus une pataugeoire dans le receveur, mais carrément la piscine municipale ! La fuite commençait d'ailleurs à s'étendre sur le sol carrelé de la salle de bain. Kise lâcha un cri de surprise face à l'ampleur de l'inondation, mais sans robinet, impossible de l'arrêter ! Il s'extirpa en panique de la cabine, pas encore tout à fait bien rincé et il se mit en quête de quelque chose pour bloquer l'écoulement. En vain. Il parvint cependant à l'amoindrir en coinçant des serviettes dans le trou béant qui donnait à présent sur la tuyauterie autant mise à nue que lui et paraissant le narguer depuis l'intérieur du mur.

Le tissu en éponge absorba une bonne quantité de dégâts, mais pas suffisamment pour endiguer complètement le sinistre. Kise savait qu'il devait couper l'eau, logiquement il y avait bien un mécanisme prévu à cet effet, mais oùùùù ? D'habitude, c'était Aomine qui s'occupait de toute la partie travaux manuels chez eux avant et par conséquent, le renardeau se sentait perdu face à l'ampleur du désastre ! Malgré tout, le basané était loin d'être un expert en la matière et pour des raisons évidentes, il était hors de question de lui demander de l'aide.

Et pas question d'appeler Haizaki non plus ! Le brun était occupé de son côté, or Kise voulait prouver qu'il était capable de faire face seul. Mais surtout, il se voyait mal expliquer qu'il était en train de tirer sur la nouille et que la plomberie avait eu la bonne idée d'éjaculer pile au même moment que lui… Ce n'était tout de même pas de sa faute ! Enfin bon… il fallait se rendre à l'évidence : Kise n'arriverait jamais à s'en tirer sans le concours d'une tierce personne aux intentions désintéressées.

Or, dans son entourage direct, une seule de ses connaissances répondait à ce critère. Et il s'agissait de…

L'ange gardien des Miracles.

L'ancienne lumière de Kuroko.

L'ex Tigre de Seirin.

(Tant de synonymes, c'est beau…)

Kagami !

Eurêka !

Oui, Kagami était l'homme de la situation ! Responsable, doué de ses mains à plus d'un titre (ahem…) et toujours prêt à porter secours aux âmes égarées, surtout celles aux cheveux arc en ciel. Le jaune se hâta donc de courir chercher son portable pour téléphoner à Kagami, en priant secrètement pour que le rouge soit disponible aujourd'hui...

Par chance, il ne fallut pas plus de trois sonneries à Kagami pour décrocher.

« Allô, Kise ? »

« Kagamicchi c'est horriiiiiible ! Il faut absolument que tu viennes m'aiderrrrrr ! C'est la cataaaaastophe ! » T_T

« Essaie de te calmer Kise et explique-moi plutôt ce qui se passe. »

« J'ai rien compris… il y a… il y a eu une fuite dans la douche tout à coup et maintenant, c'est les grandes eaux ! On se croirait sur le tournage de « Sauvez Willy », mais sans la baleine ! »

« Ok, ok heu... et tu ne sais pas comment couper l'arrivée d'eau ? Il faut commencer par ça. »

« Mais je ne sais même pas où elle se trouuuuve dans cet appartement ! » Se lamenta le jaune. « Je t'en suppliiiiiiiie ! HELP ME ! »

« Pas de panique. J'arrive errmm… envoie-moi l'adresse exacte par SMS stp. T'es où là ? »

« Je squatte chez Haizaki… il habite à Compton. »

« Compton ? Ok c'est pas trop loin heureusement, je serai là d'ici une vingtaine de minutes le temps de prendre mes outils. Fais ce que tu peux de ton côté pour colmater la fuite. »

« Merci Kagamicchi, tu me sauves la viiiiiiiie ! » Geignit à nouveau Kise avant de raccrocher.

Raaah mais pourquoi c'était toujours à lui qu'arrivait ce genre de cataclysmes ? A croire qu'il les attirait ! Malheureusement, l'eau n'allait pas s'arrêter de couler d'elle-même et lorsque Kagami arriva vingt-sept minutes plus tard précisément, le tigre trouva le renard assis, adossé à la poste de la salle de bain, encore à demi-nu et tout trempé. Il avait quand même réussi à empêcher l'eau de se répandre dans les autres pièces, en positionnant l'intégralité des serviettes restantes sous l'espace situé en bas de la porte de la salle de bain.

Le pauvre blondin semblait au bout du rouleau (de PQ…) et Kagami le prit instantanément en pitié. Le tigre se dirigea donc vers la kitchenette et il se glissa sous l'évier pour vérifier si on pouvait couper l'arrivée d'eau ici. Sinon, ce serait dans sûrement au niveau des parties communes mais l'emplacement se révélerait déjà plus compliqué à trouver… Par chance, Kagami put mettre un terme à la marée montante sans avoir besoin de fouiller à droite et à gauche.

« C'est bon, j'ai pu couper l'eau. » Prévint-il donc Kise.

Ce dernier se releva péniblement et saura au cou de Kagami de soulagement en sanglotant.

Par réflexe, Kagami lui tapota d'un geste amical dans le dos. Le tigre ne savait pas vraiment comment s'y prendre face au renard déprimé. Bien-sûr, il avait déjà vu Kise pleurnicher à maintes reprises, mais en même temps, le blond était passé maître dans l'art de verser des larmes de crocodile. A croire que c'était un truc de mannequin de pouvoir pleurer sur commande aussi…

« Là, là… Ça va aller, shhh… Ne t'en fais pas, tout va rentrer dans l'ordre. »

Pas de réponse et toujours la grosse crise de larmes… accompagnée des sempiternels reniflements pas très glamours. Kise avait les yeux d'un beau rouge éclaté façon lapin qui a chopé la myxomatose à force de chouiner d'ailleurs. Pris d'un élan de pitié, Kagami fouilla dans la poche de son survêtement, en sortant un mouchoir en tissu qu'il tendit au blond toujours PENDU (ou plutôt « suspendu ») à son cou.

Après s'être mouché de façon si sonore qu'on aurait pu croire qu'il avait un clairon à la place du pif, Kise voulut poliment lui rendre son mouchoir fraichement souillé.

« Heu nan mais tu peux l'garder hein ! T-t'as l'air d'en avoir encore besoin… »

Il éloigna doucement, mais fermement le renard de lui.

« N'empêche, t'as eu du bol. Parce que si de l'eau s'était infiltrée dans le parquet, le bois aurait gonflé et pourri… »

Pas plus de réaction de la part du mannequin.

Mais bon, Kagami ne pouvait pas savoir qu'Haizaki lui avait dit à peu près la même chose, à quelques jours d'intervalle.

« Hmm… Kise ? Tu veux que j'aille jeter un coup d'œil dans la salle de bain pour voir si c'est réparable et évaluer l'ampleur des dégâts, par la même occasion ? »

Kagami prit le silence de Kise pour un oui. Mais alors qu'il se dirigeait vers la source du massacre, le renard s'accrocha à son sweat et le suivit. Bon. Pourquoi pas hein. Kise avait vraiment l'air traumatisé, le pauvre. C'est sûr, ça devait surprendre de se manger un tel bukkake d'eau chaude, surtout s'il était en train de prendre sa douche au moment où c'était arrivé mais…

Ah oui, en effet, l'eau souhaita la bienvenue à Kagami à la seconde même où il ouvrit la porte et il dut faire très attention pour ne pas que la flotte se répande partout.

« Kise… et si tu allais me chercher de quoi éponger ? Une serpillère et un seau, par exemple. »

Le blondinet se contenta d'acquiescer mollement et il quitta donc Kagami, le laissant seul face au désastre. Effectivement… sacré trou… et impossible à reboucher comme ça. En examinant de plus près l'état de la tuyauterie, Kagami constata que le cuivre était rongé. Pas étonnant, l'immeuble avait l'air assez vétuste et la plomberie était d'origine. Pas étonnant donc que l'eau ait fini par percer le métal avec le temps…

« Alors… ? » Demanda d'une toute petite voix Kise qui était revenu.

« A mon avis, c'est toute la tuyauterie qui est morte… Il va falloir tout refaire sur le long terme, mais déjà rien qu'à changer la partie qui dessert salle de bain, ça va chercher dans les trois mille dollars minimums. »

« On n'a pas cette somme… » Déplora le blond. « Haizaki s'y connaît un peu en travaux manuels mais… »

« Ouais enfin même s'il se charge de la partie main d'œuvre, il va vous falloir du matos de qualité et c'est pas donné. »

Fait chier… il ne manquait plus que ça ! Juste quand Kise commençait à se sentir enfin chez lui… Haizaki allait hurler en rentrant, c'était sûr… Kagami commença à passer la serpillère et Kise se mit à genoux aussi pour l'aider avec de quoi éponger également. Heureusement que le siphon de la douche avait fait disparaître son délit… il se serait mal vu expliquer à Kagami ce qu'il était en train de faire quand le tuyau avait décidé de rendre l'âme…

« … T'as eu de la chance quand même. Si c'était la canalisation évacuant les eaux usées qui avait explosé à la place… je te raconte pas le massacre… »

Effectivement, Kise ne sentait pas plus attiré que ça par la perspective d'une douche aux excréments. Va savoir, c'est peut-être excellent pour la peau, mais il y a certaines choses qu'il vaut mieux ignorer en ce bas monde…

« Enfin, rassure-toi, les sinistres de ce type sont pris en charge par le proprio et l'assurance en général. »

Mouais.

Kise y croyait moyen. Surtout connaissant Haizaki… Il n'était probablement pas assuré. Quant à son mystérieux propriétaire… le brun avait sans doute dû passer par des chemins de traverse pour dénicher cet appartement. Oui, Kise le sentait bien ainsi et qui plus est sans vouloir être mauvaise langue, parce qu'il était prêt à accorder le bénéfice du doute à son logeur. Mais quoi qu'il en soit réellement, de telles réparations allaient prendre un temps fou et ne pas pouvoir se laver convenablement pendant leur durée avait de quoi le déprimer d'avance…

Et toute cette eau partout… cela lui rappela sans le vouloir la soirée chez Vivianne… L'accouplement aquatique d'Haizaki et Amber dans le bassin… Et dire qu'à peine quelques minutes avant que le tigre ne débarque à sa rescousse, Kise était justement en train de se masturber en pensant au brun…

Et voilà…

Il avait encore envie de pleurer.

Décidément, l'état de sa vie sentimentale ressemblait de plus en plus à cette vieille plomberie rouillée sur le point de céder.

« Hmm Kise ? »

Kagami sembla deviner que quelque chose de plus profond le perturbait et Kise se sentait au bord des larmes. Il avait beau éponger l'eau, rien à faire, il y en avait encore partout sur le carrelage, c'était sans fin. Kagami se retrouvait déjà en train de vider un premier seau plein dans les toilettes et ce n'était que le début.

Tout prenait l'eau et pas seulement l'appartement…

Un naufrage…

Depuis qu'il avait quitté Tokyo, Kise avait tout mis en œuvre pour se maintenir à flot, malgré les déconvenues professionnelles et amoureuses. Sauf que depuis quelques semaines, c'était l'avis de tempête prêt à le faire chavirer. Il n'avait plus vraiment l'envie d'affronter les caprices climatiques qui s'abattaient sur sa fragile embarcation, ni la force de continuer à la mener sur l'océan houleux de la vie. Dernièrement, les vagues lui semblaient trop hautes et le courant trop puissant pour être affrontés… Et cette maudite fuite d'eau était l'iceberg faisant couler le soit disant insubmersible Titanic.

« Oh Kagamicchi, c'est terrible, si tu savais… ! » S'écria t-il avant de plonger dans les bras vigoureux du tigre, se raccrochant à lui comme à une bouée ou un canot de sauvetage.

Le rouge ne le repoussa pas.

Décidément, Kise se montrait très tactile aujourd'hui…

« Mais non voyons, on aura tout nettoyé avant le retour d'Haizaki, t'en fais pas. »

« J'parlais pas de ça… »

Ah.

Existait-il encore un bidule cassé dont Kise aurait omis de lui parler ?

« Ah bon, il y a autre chose ? »

Kise se mordit la lèvre inférieure, mais bon sang, il fallait absolument que ça sorte et puisque Kagami était réputé pour être lent à l'allumage (du ciboulot), le blond décida d'aller droit au but, afin d'éviter toute ambiguïté superflue.

« J'AI EU UN ORGASME EN REGARDANT HAIZAKI SE FAIRE SUCER PAR UNE FILLE AVANT-HIER ! » Hurla littéralement Kise, sa voix faisant écho dans la salle de bain.

De bite en blanc... heu BUT EN BLANC, pardon !

O_O ! = A peu près la tête de Kagami à cet instant.

Finalement, Kise se dit qu'il avait bien fait de lui épargner mention de sa petite séance d'astiquage sous la douche…

Ça aurait été le coup de grâce…

Il ne fallut cependant qu'une poignée de secondes au fan des Chicago Bulls afin de regagner une composition satisfaisante, c'est-à-dire ne plus arborer des joues aussi rouges que sa tignasse caractéristique.

« Heu oui heu… peut-être que c'est parce que t-tu t'es imaginé à sa place à ce moment-là ? C-comme une sorte de… hmm… projection ? »

Wow Kagami s'était particulièrement appliqué dans le choix de ses mots. Il faisait de son mieux, c'était évident. Le pire étant que son hypothèse s'avérait loin d'être stupide… Sans compter que tel un TRUE BRO il s'était bien gardé de demander à Kise des détails sur les circonstances entourant cet insolite et embarrassant aveu. A tout hasard : Comment Kise en était arrivé à regarder le brun recevoir une gâterie.

Impressionnant de sang-froid et de lucidité. De psychologie, également.

Ou presque.

Hélas pour le bienveillant félin, les glandes lacrymales de Kise n'étaient pas aussi faciles à fermer que des vannes d'eau courante…

« Non justement, parce qu'une fille était en train de me faire une fellation à moi aussi dans le même temps… » Confessa Kise, un peu penaud.

Et de manière moins hystérique.

Kagami le gratifia d'un regard à nouveau étonné qui signifiait certainement : « ah bon, mais depuis quand ça se fait en groupe ce genre de trucs ? C'est pas supposé être intime ? » Pourtant, encore une fois, il se garda bien de formuler le moindre jugement à l'emporte-pièce et surtout à l'encontre de Kise.

« D'accord heu… dans ce cas… ça doit vouloir dire que la perspective de voir un autre mec prendre son pied t'excite. Et a-alors ? C'est pas grave, tant que c'est consenti, certains préfèrent simplement être p-passifs. »

Ah il faisait vraiment des efforts l'amical Tigrou, mais on sentait bien dans le fond que cette révélation spontanée dont il se serait doute bien passé, le troublait. Il ne paraissait pas choqué, mais la frontière entre ces deux sensations demeurait malgré tout assez mince. Pourtant, Kagami tentait réellement d'aider Kise.

Entre deux reniflements, Kise qui n'avait pas quitté les bras de Kagami, redressa la tête :

« … T'es en train de me traiter de voyeur, c'est ça ? »

Ok.

Ce serait pire que tout là !

Quelle déchéance !

Ça lui rappelait ces pervers affreux qui ne semblaient pouvoir prendre du plaisir qu'en matant d'autres couples, la bite à la main ! En général, ce genre d'énergumènes sévissaient dans les clubs échangistes… enfin, c'était l'idée plutôt clichée et simpliste que Kise s'en faisait à son niveau…

Et il ne voulait en aucun cas leur ressembler !

ALORS ATTENTION A TA PROCHAINE REPONSE KAGAMI !

CHOISIS SOIGNEUSEMENT TES MOTS SURTOUT !

« Non ! C'est pas du tout ce que j'étais en train d'insinuer ! » Se défendit le rouge, dans l'espoir de rectifier le tir. « J'essaie juste de comprendre et de te donner des pistes là, ok ? Donc, du coup… si c'est pas ça, je ne vois plus qu'une seule explication plausible dans ce cas : Haizaki te plaît. »

« No shit, what a scoop Tiger ! » Pensa Kise, plus acerbe qu'à l'accoutumée.

Le blond était en effet déjà au courant et il l'avait même accepté, pas vrai… ?

Non, ce n'était clairement pas aussi simple…

Quel dommage d'ailleurs, il aurait pu se contenter de cette simple raison...

A présent complètement dépité, Kise secoua donc la tête.

« Oui, c'est vrai, je suis attiré par lui. » Avoua Kise à voix haute pour la première fois.

Et à Kagami, entre tous… Dont il n'était pas particulièrement proche, rappelons-le…

« Mais quand bien même, ça ne suffit pas à justifier une réaction aussi… viscérale. »

Il fallait donc commencer à raisonner avec lucidité et sous le prisme de la logique pure. Hmm… et si par exemple, il avait été question d'Aomine à la place d'Haizaki, comment le renard aurait-il réagi ? Cette interrogation possédait une importance certaine mine de rien et s'avérait plus que légitime dans le contexte actuel. Kise ressentait en effet un besoin urgent de démêler cette situation tristement alambiquée. Depuis quelques jours, le cerveau du Kitsune tournait en boucle sur lui-même, incapable de compiler les informations et le blond avait plus que jamais besoin de défaire ce blocage intempestif.

Voyons…

Tout avait commencé lorsqu'Haizaki était venu danser avec lui…

Bon ok, non, ce n'était pas tout à fait la vérité. Ce sentiment non identifié qu'il éprouvait envers le brun avait commencé avant. Peu après qu'il l'ait revu, au moment où les deux compatriotes étaient entrés dans ce pub Irlandais, pour être exact. Cependant, pour les besoins de l'expérience, Kise allait prétendre que ces indésirables émotions n'avaient débuté qu'à l'instant où Haizaki avait commencé à se frotter à lui sur la piste de danse du club gay.

Au départ, Kise avait mis l'émoi ressenti sur le compte de sa frustration sexuelle galopante. Mais au fil de leur tango endiablé, il était devenu clair à l'instar d'un plan de conquête du monde fomenté par Akashi, que ce trouble était plus profond et surtout, loin d'être passager. Lorsqu'Haizaki l'avait lâchement planté, lui préférant deux créatures aux formes rondes, c'était comme si le loup avait brisé une promesse tacite entre eux. La perspective d'un rapprochement physique et sexuel, plus tard, dans la nuit. Ce qui, bien-sûr, n'avait fait qu'ajouter au taux de frustration déjà dangereusement élevé de Kise.

Mais pourquoi Haizaki, entre tous ? Des beaux mecs, il en côtoyait presque quotidiennement avec son métier de mannequin et pour autant, le Copycat n'avait jamais expérimenté un tel émoi à leur contact. De même, c'était encore une fois très différent de ce qu'Aomine lui inspirait. Avec Haizaki, ses tripes grondaient d'une voix animale, se tordant d'envie, tandis qu'avec le tanné, c'était son cœur qui menait le ballet, se serrant en sa présence. Ses entrailles restaient silencieuses aussi par opposition à leur comportement en présence d'Haizaki et ne se trouvaient uniquement agitées que par de petits papillons pétillants.

Alors comment expliquer une telle différence ?

« Kise… ? Kise, tu es toujours avec moi ? »

La voix rauque du tigre le ramena à la surface.

« Oh… excuse-moi… j'étais perdu dans mes pensées… »

« Pfff… Ben voyons, comme si tu avais un cerveau ! » Aurait sans doute rétorqué le sarcastique Haizaki s'il avait été présent.

Mais Kise, qui n'avait toujours pas quitté son refuge, releva le regard vers Kagami. S'en dégageait une vulnérabilité à laquelle personne n'avait jamais su ni pu résister et l'ancien as de Seirin ne dérogeait pas à la règle.

« C'est rien. Ecoute… je serai en train de mentir si je te disais que je comprends ce que tu ressens… J'ai jamais été très doué pour décrypter les émotions des autres… »

Ah ben ça, pas la peine de le préciser, on l'avait bien vu avec Aomine… dont Kagami parvenait à ignorer les avances (certes timides, cryptiques et maladroite…) depuis près d'une décennie. Et il était bien le seul ! Même un enfant de quatre ans aurait compris le manège de la panthère depuis belle lurette…

« Entre nous… c'est plutôt Kuroko qui assure ce volet… Mais comme il n'est pas physiquement présent ici, il m'a chargé de le faire avant notre départ aux USA… »

« Hmmm ? »

« En fait… ce que j'essaie de te dire, c'est que Kuroko m'a confié la mission de veiller sur vous et de le représenter, en son absence. »

« Sur nous, tu veux dire, sur moi et Daikicchi ? »

« Oui c'est ça, t'as tout compris ! » Il hocha fermement de la tête. « Alors… même si je ne suis pas vraiment doué pour cela… j-j'aimerai que tu continues malgré tout à venir te confier à moi. Parce que j'ai une fonction à assumer et que je compte bien m'y atteler du mieux que je le pourrai ! »

Wow…

C'était plutôt inattendu, ça. Kise cligna des yeux quelques secondes, le temps de se remettre de la surprise de cette révélation. Il était en effet étonnant de constater que le rôle du confident avait été dévolu à Kagami et par Kuroko lui-même. Pour être franc, Kise se sentit un peu vexé que le fantôme n'ait pas pensé à lui plutôt. Mais d'un autre côté, Kagami était son ancienne lumière et le tigre était réputé pour sa stabilité et son instinct protecteur. Lui et Aomine, en revanche… ils possédaient tous les deux cette fâcheuse tendance à se laisser emporter par leurs états d'âme…

Et puis psychologiquement, ils étaient plus fragiles aussi. Plus prompts à ployer et à rompre sous la pression et les difficultés. Oh il ne s'agissait pas d'une insulte, ni même d'un reproche, Kise en avait parfaitement conscience et il acceptait sans broncher la véracité de cette constatation. En même temps, pourquoi nier ? Nombre d'événements du passé avaient donné raison à Kuroko sur ce point, en validant son raisonnement.

Et aujourd'hui était encore l'un de ces cas de figure typique…

« C'est p-pourquoi il ne faut pas te sentir gêné en ma présence. Tu es libre de me confier tout ce que tu souhaites, exactement comme tu le ferais avec Kuroko. Il m'a chargé de le représenter, après tout ! Alors tu n'auras qu'à prétendre que je suis lui ! »

Ohh trop mignon.

Et plus facile à dire qu'à faire aussi accessoirement.

Kise se redressa, s'extirpant à regrets des bras de Kagami. Son peignoir glissait sur sa peau, dévoilant négligemment sa chair par endroits.

« C'est très gentil de ta part de proposer cela Kagamicchi et crois-moi, ta sollicitude me touche au plus haut point. Mais ce n'est pas le fait que tu ne sois pas Kurokocchi qui me pose problème là… »

« … Bon, en vérité, un peu quand même… Lui, il saurait sûrement quoi faire. » Ajouta mentalement le renard pour lui-même.

Mais en attendant que le fantôme veuille bien daigner le rappeler, Kagami ferait l'affaire.

« … Ce qui me perturbe en réalité, c'est que moi-même je n'arrive pas à… comprendre ce qui est en train de se passer… ici… » Il toucha son torse, à l'endroit où se trouvait son cœur. « …Et… ici… » Cette fois, il désigna son bas ventre. « Et ça a le don de me rendre fou ! »

Kagami l'écouta sagement, semblant analyser la situation. Il était bon de voir qu'au moins une personne le prenait au sérieux, même s'il s'agissait de l'idiot du village ! Enfin non, c'était méchant et gratuit d'oser ne serait-ce qu'envisager le tigre ainsi… Et faux également.

« Hmm… je vois ce que tu veux dire. Tu n'as pas les idées claires… alors tu n'arrives pas à réfléchir normalement et à prendre du recul sur la situation. »

« Heu… oui ! C'est tout à fait ça ! » S'étonna Kise, surpris par la perspicacité de son ami.

Comme quoi… il avait failli être mauvaise langue ! Kagami ne s'en sortait pas si mal finalement dans le rôle du conseiller sentimental. Du moins, savait-il faire preuve de bon sens et c'était peut-être ce dont avait le plus besoin Kise actuellement. Quelqu'un qui ne le juge pas. Quelqu'un qui essaie sincèrement de lui apporter son soutien et son aide. Et en effet, à prendre du recul.

« Yosh ! Ça tombe bien, parce que je sais exactement quoi faire dans ces cas-là ! » Fit Kagami en tapant du poing dans sa paume.

« Nan, c'est vrai ? » Se réjouit légèrement quant à lui Kise.

« Mais oui, fais-moi confiance ! Je connais LA solution adéquate ! »

Encore un peu dubitatif, Kise décida tout de même d'accorder le bénéfice du doute au rouquin, sans justement se douter qu'il se sentirait encore plus dubitatif quant à la réponse apportée par Kagami…


Le Kitsune avait beau faire appel à toute son ouverture d'esprit, il ne comprenait toujours pas comment il s'était retrouvé sur ce terrain de basket avec Kagami…

Car après avoir terminé d'éponger la marée dans la salle de bain, le tigre avait insisté pour que le renard s'habille et le suive. Ce qui les avait inévitablement conduits à sortir. Pour aller où ? Faire quoi ? Mystère, Kagami n'en avait pipé mot. Mais face à son insistance, Kise n'avait eu d'autre choix que de lui emboîter le pas.

Et bon sang, qu'il aurait dû le voir venir pourtant !

A quoi pouvait-il s'attendre d'autre de la part de l'anglophone ?

Et pour cause : Kagami mangeait basket, dormait basket, respirait basket, vivait basket quoi. Même encore maintenant.

Oh oui, Kise aurait dû comprendre que, d'après l'amerloque, le remède miracle aux problèmes de cœur se situerait… non pas dans une boule de cristal, mais dans un ballon orange. Peut-être que Kagami lui avait caché qu'il savait lire dans les coutures et autres lignes noires présentes sur l'objet rond ? Un bien improbable talent de divination, s'il en était ! Mais connaissant le tigre et son amour démesuré pour le basketball, cette possibilité ne pouvait être écartée.

En effet, durant leur adolescence, Aomine avait pour habitude de dire que la sexualité de Kagami se résumait à un trou percé à l'arrière d'un ballon de basket… et d'ailleurs, Kise était persuadé qu'Aomine croyait toujours dur comme fer à cette légende urbaine qu'il avait lui-même lancée. Enfin… connaissant Kagami, il y avait peut-être une part de vérité dans cette rumeur…

« Du basket ? Really ? Ton sac de sport ne contenait pas que ta caisse à outils alors… »

Mais en quoi le basket était-il censé aider Kise à y voir plus clair sur sa situation ?

« J'embarque toujours un ballon avec moi. On ne sait jamais quand on pourrait en avoir besoin ! » Sourit Kagami.

Ah bah non bien-sûr, c'est vrai qu'on ne sait jamais quand on peut tomber nez-à-nez avec un terrain de basket sauvage… Ca peut arriver à tout moment, au détour de n'importe quelle rue et même à la sortie de la douche hein ! Et puis, ce n'était pas non plus comme si ce genre de ballon ne se révélait pas volumineux et peu pratique/discret à trimballer par-dessus le marché… Mais dans l'immédiat, Kise ne se sentait pas en état de débattre de la logique défaillante du roux.

« Ahaha… tu m'en diras tant… Hmm… mais sans vouloir te vexer ou te manquer de respect Kagamicchi, je ne vois pas très bien en quoi jouer au basket va m'aider à résoudre mon dilemme… »

Sans compter que Kagami n'allait certainement pas le ménager et que Kise serait donc à nouveau bon pour la douche…

… Douche qui n'était plus fonctionnelle pour le moment.

Mais le rouge insista.

« Joue sérieusement contre moi, donne tout ce que tu as ! Ca va te défouler et te faire du bien ! »

Ola.

La dernière fois que Kise s'était « défoulé » et « fait du bien », une inconnue avait confondu son gland avec une sucette… ce qui peut sembler agréable sur le papier, sauf quand la nana en question a pour habitude de manger ses sucettes en CROQUANT dedans !

Mais le blond préféra se résigner face à l'entêtement de son compatriote et il donc le ballon qu'on lui lança.

« Je te laisse faire l'engagement. »

« Ok mais vas-y mollo quand même et ne t'attends pas à ce que je fasse des étincelles… Je n'ai plus l'occasion de jouer aussi souvent que toi, alors mon niveau n'est probablement plus ce qu'il était. J'ai bien peur d'être un peu rouillé. »

« Ca alors, on n'a même pas commencé que déjà, tu te cherches des excuses ! Le Kise que j'ai rencontré au lycée était un vrai battant, lui ! Que lui est-il arrivé ? »

« Rien, il a simplement grandi… » Pensa le beau mannequin, une pointe de nostalgie dans le regard.

Et c'était décevant, non seulement pour Kagami, mais pour lui aussi, le principal concerné. Avant, le blond savait faire montre de ténacité, pas du genre à abandonner et il prenait le basket au sérieux, dans l'espoir de surpasser un jour son idole, Aomine. Mais plus maintenant. L'entrée dans l'âge adulte l'avait rendu amer et la joie simple, quasi innocente, que lui procurait la pratique de ce sport à l'époque avait presque totalement disparu. Oh, il allait encore de temps en temps jouer avec les deux drogués du basket, mais son amour pour le ballon orange s'était largement amoindri…

« Allez, je suis certain que ça va vite te revenir, c'est comme le vélo : ça ne s'oublie pas ! Alors montre-moi ce que tu as dans le ventre ! » L'encouragea encore une fois Kagami pour le motiver.

Cependant, Kise soupira de blasement. (Oui, ce mot existe bien, vous pouvez vérifier, merci Robert le Petit !) Kagami n'allait plus le lâcher maintenant qu'ils étaient là et le Kitsune effectua l'engagement comme convenu, mais sans grande conviction dans l'espoir d'en finir au plus vite…


Sauf que finir trois heures plus tard sur les rotules, ce n'est vraiment ce qu'on pourrait qualifier de « vite ».

Kise gisait au sol, les bras en croix, en nage. Sa poitrine se soulevait rapidement en signe d'essoufflement. Kagami l'avait achevé, rincé, essoré, vidé et bien plus encore, mais Kise était présentement à cours de synonymes. (tout comme votre dévouée servante !)

Enfin, en guise de consolation et bien qu'il se soit fait écraser comme une punaise, Kise pouvait au moins admirer quelques stigmates de souffrance sur le visage de son alter ego.

« Pas mal pour une reprise ! Tu te défends toujours, malgré le manque évident de pratique ! » Le félicita d'ailleurs son bourreau félin.

« Merci… » Articula ardument Kise de son côté.

« Et comment tu te sens ? »

Kagami lui tendit la main et Kise l'attrapa, se laissant remettre debout par le tigre.

« J'ai mal partout... même à des muscles dont j'ignorai l'existence jusqu'ici. »

« Ahaha c'est parfait alors, c'est de la bonne fatigue ! Allez viens, je t'invite au Maji Burger pour la peine, tu as bien besoin de te remplumer ! »

« A-attends… je n'suis pas sûr de réussir à mettre un pied devant l'autre là… j'arrive déjà à peine à tenir sur mes deux jambes sans tomber. »

« Tu veux que j'te porte ? » Proposa spontanément le responsable de son état.

Kise tiqua, s'apprêtant à protester jusqu'à ce qu'un flash lui revienne en mémoire.

Lui et Haizaki… remontant une côte à pied. Enfin, uniquement le brun à vrai dire, puisqu'il portait le copycat sur son dos… C'était où ça déjà ? Et… quand ? A quelle occasion ? Il ne se rappelait plus vraiment et d'ailleurs, il avait enfoui ce souvenir jusqu'à présent.

« Non ça ira merci… Je devrai pouvoir y arriver seul mais steupléééé dis-moi que le resto n'est pas loiiin ! »

« Hmm d'après mon appli GPS, il y en a un au coin de la rue, à deux cent mètres d'ici. Tu penses pouvoir marcher jusque là sans t'écrouler ? »

Kise acquiesça. Il prit quelques secondes supplémentaires afin de reprendre son souffle et après avoir vidé un demi-litre d'eau, il suivit Kagami. Etrangement, ses jambes ne lui avait jamais paru peser aussi lourd, mais son esprit était plus léger.

« Waouh… je crois que tu avais raison Kagamicchi… »

« A propos de quoi ? » Interrogea t-il en s'essuyant le visage avec une serviette.

« Ton remède. Il a fonctionné on dirait. J'ai le corps tellement en compote actuellement, que je ne parviens plus à penser à rien d'autre. D'une certaine façon, on peut considérer que ça m'a aidé à me vider la tête... »

« C'était pas exactement ce que j'avais à l'esprit en t'invitant à jouer contre moi, but whatever works for you is good ! »

Bien sûr, « peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse. » Ou plutôt ici : « peu importe la fatigue, pourvu qu'elle soit liée au basket… » ? C'était ce que semblait préconiser Kagami en tout cas. Et Kise avait beau être au courant, il ne cessait de s'étonner de l'importance que Kagami accordait à ce sport. Le rouge trouvait toujours le moyen de tout ramener au basketball. Et aussi farfelue soit-elle, cette philosophie de vie semblait fonctionner pour lui. Quel GENIE INCOMPRIS ce Kagami ! Ah ça, on avait beau se moquer, n'empêche que sa technique avait fait ses preuves !

Et à bien y repenser, Aomine était un peu comme cela aussi au collège. Bon, d'accord, pas qu'un peu même ! Mais il avait changé et même si Kagami était parvenu à le sortir de sa dépression, le grand tanné n'avait jamais complètement recouvré cette innocente indolence.

« Tu vois, je savais que ça allait marcher, je suis bien content d'avoir insisté ! »

« Permets-moi quand même de me montrer un peu plus mesuré que toi quant au choix de cette méthode pas très conventionnelle… » Sourit le blond solaire. « Pas sûr que je l'homologuerai ! »

« Roooh c'est vrai qu'elle est loin d'être orthodoxe, je te l'accorde, mais elle est efficace au moins ! Et puis c'est le résultat qui compte, parait-il ! »

Un léger rire joyeux échappa à Kise il emboîta docilement le pas à Kagami une fois de plus, mais de façon plus volontaire qu'auparavant.

C'est que… le renard et le tigre n'avaient jamais été très… « proches ». Certes, ils s'appréciaient mutuellement, mais ils se fréquentaient assez peu finalement. Surtout seul à seul et de manière aussi spontanée. En général, ils se croisaient et étaient amenés à discuter surtout grâce à leurs amis communs, mais leur relation restait essentiellement en surface.

Elle stagnait, même. Pourtant, Kise se surprenait à apprécier sa compagnie et même s'il s'était mangé une belle tannée au basket, il n'en tenait pas rigueur au rouge et le jaune ne pouvait pas dire qu'il avait passé un mauvais moment. Cependant, le mannequin n'était pas certain qu'ils trouvent beaucoup de choses à se dire et par conséquent, il appréhendait un peu. Surtout vu ce qu'il avait confié au grand anglophone un peu plus tôt… des détails assez privés et intimes concernant sa vie sexuelle… Or, maintenant que sa spontanéité était un peu retombée, Kise en venait presque à regretter d'avoir balancé de telles informations sans crier gare. Même envers Kagami et bien qu'il ait proposé son aide, ce n'était pas respectueux…

Le tigre entra le premier dans le restaurant qui faisait l'angle de la rue et il laissa donc à Kise le soin de leur choisir une table, tandis qu'il s'occupait de leur commande. Le blond choisit donc une table de deux, isolée au fond de l'enseigne et collée à une fenêtre. Après y avoir pris place, les pensées du beau blond le submergèrent à tel point qu'il ne remarqua même pas à quel moment précis Kagami revint s'installer face à lui avec un plateau repas chargé de victuailles. Wow. Kagami avait-il prévu de nourrir l'intégralité d'une équipe de basket ?

« Heu… »

« Tiens, ton menu ! T'es sûr que ça suffira ? Je sais pas comment tu fais pour manger de telles quantités sans t'évanouir… »

« Et moi donc ! Je ne sais pas non plus comment tu fais pour manger de telles quantités sans éclater… »

« Merci… » Fit Kise en récupérant timidement sa part, qui faisait bien pâle figure comparée à celle de l'ogre rouge !

« C'est parce que tu dois suivre un régime spécial, c'est ça ? Rapport au fait que tu sois mannequin… »

« Oh non… Je veux dire, oui, techniquement, c'est vrai, je devrai suivre une diète adaptée. Mais j'ai la chance de pouvoir manger tout ce que je veux sans prendre de poids. »

« Ah c'est plutôt un atout pour ton métier alors ! » Le complimenta Kagami, avant de mordre dans un burger. « Et tu t'entretiens comment au niveau de ton corps ? Tu fais de la muscu ou… ? »

« Avant, le basketball suffisait à assurer ma forme physique, mais vu que j'en fais moins dernièrement… Il faudrait que je me remette à faire du sport pour ne pas perdre toute ma masse musculaire, c'est certain. »

« S-si tu veux… je vais courir à Echo Park tous les mercredis matin… tu pourrais m'accompagner, si ça te dit. Il y a tout un petit parcours dédié à la remise en forme avec des appareils de musculation en libre-service… »

« Oh je ne savais pas, c'est intéressant. Dire que j'ai habité plusieurs années dans ce quartier sans jamais le savoir… » Son visage se ternit légèrement, alors qu'il enchaînait : « Et est-ce que… Daikicchi t'accompagne parfois ? »

Le blond ne tenait en effet pas particulièrement à croiser celui qui lui avait brisé le cœur, si jamais il venait à accepter l'offre de Kagami.

« Dai ? Nan, c'est jamais arrivé. Pas une seule fois, même ! Tu le connais, se lever aux aurores pour aller courir, c'est vraiment pas son délire. Il est plutôt du genre à traîner au lit pour faire des grasses matinées et à ne se lever qu'en début d'après-midi, alors je n'ose imaginer la torture que ce serait pour lui ! » Rit de bon cœur le tigre, qui au moins, était lucide sur les capacités de sa panthère.

Mais bien vite, il se ravisa et son visage s'empourpra de gêne, ce qui ne manqua pas d'attiser la curiosité de Kise…

« A ce propos… Moi et Dai on… » Il avait tellement de mal à déglutir, la gorge soudainement sèche, qu'il en vida presque son gobelet XXL de soda d'une seule traite ! « … est ensemble. »

!

Alors CA pour une surprise, c'était une sacrée surprise même ! Kise ne l'avait pas vue venir non plus, celle-ci !

Cela faisait plus de dix ans que ces deux-là se tournaient autour et se regardaient en chien de faïence sans oser franchir le pas décisif ! Et voici qu'une semaine à peine après le déménagement éclair de Kise, ces deux là s'étaient tout à coup déclarés leurs sentiments et filaient à présent le parfait amour ! Et bien… ils n'avaient pas perdu de temps et cela conforta Kise dans son intime conviction selon laquelle c'était surtout lui qui empêchait les deux fauves de concrétiser leur attirance mutuelle…

Mais étrangement, il encaissa plutôt bien cette nouvelle. En vérité, il était même heureux pour ses deux amis et ce, malgré l'affection qu'il nourrissait toujours envers Aomine…

« Tant mieux pour vous. » Pas une once de jalousie dans sa voix. Finalement, c'était la suite logique des événements… « C'est…tout récent alors. Et ça s'est fait comment ? »

Oui, Kise devait bien admettre qu'il était curieux à ce sujet ! Ils étaient tellement con-cons tous les deux ! Et il le pensait en toute amitié, bien évidemment ! Alors… le pourquoi du comment devait sûrement valoir le détour, les connaissant…

« Oh à vrai dire, on s'est mis en couple de façon plutôt classique, juste en s'avouant nos sentiments respectifs… Rien de très original, mais notre déclaration était sincère. Cependant, comme tu dois t'en douter, Dai réfléchit déjà à une version plus romancée à présenter, pour quand on devra l'annoncer officiellement à tout le monde. Une histoire à base de sept boules de cristal à retrouver et de déesse Athéna à sauver ou chépatrokwa… D'après lui, ce sera plus stylé comme ça. »

Ah ben oui forcément, dans la tête d'Aomine, sa mise en couple avec Kagami devait forcément avoir des allures de shonen pour ado.

« Ahaha ça ne m'étonne pas de lui ! Il faut toujours qu'il donne un souffle épique à tout ce qu'il raconte ! » Typique d'Aomine, en effet. La version édulcorée d'un récit ? Très peu pour la panthère ! Quitte à devoir mentir un peu et enjoliver la réalité… « … Et de quelle façon en êtes-vous vraiment arrivés là ? Parce que… je ne crois pas me tromper en affirmant que vous éprouviez ces sentiments l'un envers l'autre depuis déjà longtemps. Alors quel a été l'élément déclencheur ? » Demanda Kise, en jouant avec sa paille recyclable.

« Tu vas sûrement trouver cela étrange et peut-être douter de mes paroles mais… Celui qui nous a donné le déclic, c'est Haizaki… »

« Quoi ? »

Quelle révélation inattendue ! Le brun n'était pas franchement réputé pour jouer les entremetteurs pourtant, contrairement à Momoi dont il s'agissait pourtant du métier. Et malgré ses multiples tentatives, allant de la plus simple à la plus élaborée, elle n'était pourtant jamais parvenue à contraindre les deux idiots du basketball à se confesser.

« Disons que… pour faire simple… Suite à ce qu'il a dit en venant chercher tes affaires, ça nous a forcés à discuter Aomine et moi… »

« Ah oui, tiens donc… Et je peux savoir de quoi il était question au juste ? » Se méfia instantanément Kise, dont la main se crispa autour de son verre en carton.

Parce que connaissait Haizaki… Il n'avait pas dû faire dans la dentelle. Et surtout, le brun avait « omis » de lui parler d'une telle intervention… Et ça ne lui ressemblait pas de faire dans l'altruisme désintéressé même si… c'était pourtant exactement de cette manière dont il avait agi avec Kise. Mais certaines croyances ont la peau dure. Et surtout, dans le cas des deux fauves, Haizaki n'avait aucune raison valable d'intervenir. En particulier pour rendre service à Aomine, qu'il ne pouvait pas blairer depuis un bail.

« Après tout, tu t'es bien confié à moi alors je peux bien en faire autant. » Sourit encore une fois le tigre. « Haizaki a… hmm… balancé que tu avais couché avec Dai… »

OH.

MON.

DIEU.

« … Et t-tu étais vraiment là quand il l'a dit !? »

« Oui, j'ai tout entendu. »

Putain ! Ce salopard avait osé ! Non seulement ça avait dû être extrêmement blessant pour Daiki, mais encore plus pour Kagami ! C'était presque à se demander comment le loup avait fait pour s'en sortir indemne, après avoir largué une telle bombe ! Kise se sentit brusquement extrêmement mal à l'aise.

« Je suis désolé Kagamicchi ! Je ne voulais surtout pas que tu l'apprennes de cette façon-là… Ca a du être horrible pour toi... » Il se cacha le visage derrière les mains, mortifié de honte.

Il avait été faible ce soir-là et Aomine aussi. A présent, il regrettait. Certes, à l'époque Aomine et Kagami ne constituaient peut-être pas encore un couple, mais cela n'empêchait qu'ils s'aimaient déjà. Et Kise le savait pertinemment. Bon sang… il se demandait encore ce qui lui était passé par la tête cette nuit-là pour avoir cédé…

« Si ça peut te rassurer... ce n'est arrivé qu'une seule fois et plus jamais ça ne se reproduira, promis ! »

« Calm down Kise, I already know… Daiki me l'a expliqué. Alors au final… je ne t'en veux pas. Pas plus qu'à lui d'ailleurs. Et à Haizaki non plus. »

Kise se demanda l'espace d'un moment ce que la panthère avait bien pu trouver à dire au tigre en guise de justifications. Mais ce qui l'étonna le plus, fut la facilité avec laquelle Kagami passait l'éponge et parvenait à ne pas faire preuve de ressentiment envers Haizaki.

« Et bien, je ne sais vraiment pas comment tu fais… Parce qu'Haizaki a clairement lâché cette info dans l'unique but de semer la zizanie entre toi et Aominecchi… et non pour vous aider ! »

« C'est ce qu'on pourrait croire, ouais. Et j'veux dire, c'était sûrement son intention, si on y réfléchit bien. Mais… la vérité, c'est que sans lui, on n'aurait jamais osé franchir le pas avec Dai. Cette révélation… même si elle était désagréable au départ… elle nous a vraiment incités à parler… Avec notre coeur. Avec nos tripes. Ce qu'on n'avait jamais osé faire auparavant. Pas comme ça, du moins. Suite à ça, on a été obligé de jouer cartes sur table, de réaliser et de prendre en considération nos sentiments respectifs. Ce ne serait sans doute jamais arrivé sinon et on serait probablement toujours en train d'attendre que l'un de nous se décide à prendre l'initiative. Alors je crois... qu'on avait vraiment… besoin de cette aide extérieure… de ce coup de pouce qui nous manquait pour nous forcer à bouger… »

Encore une fois, (Kise commençait même à en perdre le compte…) Kagami ne manquait pas de le surprendre de manière positive. Il se montrait étonnamment mature et philosophe, faisant preuve du recul nécessaire quant à la situation. Si seulement le renard pouvait faire comme lui…

« Là, tu me scies je dois dire… Je ne m'attendais pas du tout à ce que tu le prennes aussi bien… Cela fait donc officiellement de toi la seule personne sur Terre à ne pas voir Haizaki comme le connard de service, félicitations ! »

C'était même à se demander s'il y avait quelqu'un que Kagami était capable de ne pas aimer ou du moins, pardonner ! L'ange gardien des Miracles avait encore frappé…

« Tu sais ce que je dis toujours ? 'Quelqu'un qui aime le basket ne peut pas être foncièrement mauvais.' Et Haizaki aime le basket. Pour moi, c'est aussi simple que ça. »

« Si seulement ça pouvait l'être… » Déplora Kise, en fixant son paquet de frites à moitié ramollies d'un air dubitatif.

« Mais ça l'est, crois-moi. De toute façon, c'est ton amoureux maintenant alors… moi et Dai, on n'aura pas le choix que de l'accepter à un moment ou à un autre, si on veut continuer à te fréquenter. Bon ok, ça risque de prendre un peu plus de temps pour Aomine au vu de leur passif commun, mais je reste persuadé qu'il n'y a rien qui ne puisse être surmonté entre eux… »

« PARDON !? » S'étouffa à moitié Kise, qui venait de tiquer sur ce qu'avait dit Kagami.

Lui, amoureux d'Haizaki !? Ses yeux manquèrent de lui sortir de la tête.

« C'est PAS DU TOUT mon amoureux ! Qu'est-ce que tu vas chercher là !? » Eructa un Kise rouge comme la tomate présente dans son burger.

« Comment il a pu croire ça ? Et pourquoi j'serai amoureux d'un type pareil ? » Se questionna l'ancien de Kaijo.

« Ah bon ? Mais avec tout ce que tu m'as raconté à propos de lui, je pensais que… » Répondit Kagami, à deux doigts de se lever pour aller taper dans le dos de son interlocuteur.

« Oui bah tu as mal pensé idiot ! » Protesta Kise en tapant du poing sur la table.

… Et voilà qu'il engueulait Kagami maintenant… Pathétique, vraiment. Devant l'air penaud du tigre, Kise se ravisa donc aussi vite qu'il s'était emporté. Il avait carrément sur-réagi là…

« Excuse-moi… je comprends ce qui a pu t'amener à une telle conclusion… C'est juste que… parfois, ce qui peut sembler évident aux autres ne l'est pas forcément pour nous et inversement… »

« Oh je vois, un peu comme Dai et moi, c'est ça ? »

« Non ! » Nia Kise avec plus de véhémence que nécessaire. Mais il se ravisa aussitôt. « Ecoute… j'en sais rien, c'est ça le problème. J'arrive pas à savoir justement et je me fais des nœuds au cerveau à force d'essayer… »

« Tu veux qu'on retourne faire un basket… ? »

« Non, c'est gentil mais… c'est pas ça qui m'aidera à y voir plus clair. En revanche, notre petite séance de tout à l'heure m'a bien aidé à me calmer et à me défouler. Grâce à ça, je vais sûrement pouvoir recommencer à y réfléchir à nouveau, à tête reposée. Mais pas tout de suite, plus tard. »

« Dans ce cas… j'espère que tu trouveras rapidement les réponses que tu cherches. Et que quand ce sera fait, vous viendrez jouer au basket contre nous, toi et Haizaki ! Un petit two on two des familles, comme à l'époque ! »

« Ahaha tu es tellement optimiste ! Pas sûr qu'on arrive à convaincre ces deux-là d'enterrer la hache de guerre, même le temps d'une partie, mais ça vaut le coup d'essayer en tout cas. » Approuva finalement Kise.

Même si lui et Haizaki risquaient clairement de se faire tailler en pièces par les deux félins… Ils ne faisaient pas le poids face aux deux anciens as.

Les deux anciens basketteurs s'attardèrent encore un peu au Maji, discutant principalement du métier de Kagami. Pas étonnant que son altruisme l'ait poussé à choisir la vocation de pompier. Kise l'admirait pour cela, le rouge s'évertuait à redonner de l'espoir aux gens, depuis l'adolescence déjà. Quant à lui, le mannequin ne pouvait clairement pas se targuer de susciter une telle inspiration chez autrui. A moins qu'exhiber son cul dans des campagnes publicitaires plus ou moins sordides – ce qu'il s'apprêtait à faire d'ici quelques heures d'ailleurs – ne soit considéré comme une source de réconfort pour certains… Enfin, à part pour les pervers de tous bords, les chances étaient quand même bien minces…

Le renard passa un bon moment avec le roux, qui avait toujours une façon très animée de raconter ses anecdotes de travail, puis il se rendit ensuite à son rendez-vous professionnel le cœur plus léger. Une fois arrivé au studio, il se débarrassa de sa sueur dans l'une des douches des loges et passa au maquillage. Le produit présenté n'avait rien de très glamour ou passionnant, mais il fallait bien manger et Kise préférait croire que d'autres projets plus intéressants verraient le jour dans un futur plus ou moins proche.

Sa situation n'était que temporaire, il se le répétait constamment. Et il avait beau enchainer les périodes de disette, le blond était certain que l'embellie ne se trouvait pas loin ! Ce fut donc avec cette perspective réjouissante en tête que Kise donna le meilleur de lui-même, même pour un produit d'entretien aussi insignifiant, comme il le faisait toujours d'habitude d'ailleurs. Il s'agissait presque de sa marque de fabrique, se montrer professionnel et convaincant, quelle que soit la marque à représenter ou à incarner. Car être convaincant, c'était précisément ce qui faisait vendre.

Après cette séance assez éprouvante, parce qu'essayez d'être sexy en vantant les mérites d'un détergeant et d'une gamme de serpillères vous, (tiens donc, une serpillère, décidément, Kise avait eu son compte en une seule journée !) le jaune sortit du studio. Il s'apprêtait à appeler un taxi lorsqu'une magnifique berline noire aux vitres teintées s'arrêta à sa hauteur. L'une d'elle se baissa à l'arrière côté passager, dévoilant…

… Miss Robinson.

Kise se tendit subrepticement, se demandant ce que cette riche héritière d'âge mûr pouvait bien faire ici et surtout comment elle était au courant que sa séance s'était déroulée à cet endroit précis. Car leur rencontre 'fortuite' n'était pas le fruit du hasard. Est-ce qu'Haizaki le lui avait dit ? Sans doute, le loup était le seul à connaître l'adresse du studio, en dehors de son agence de mannequins, mais pou quelle raison avait-elle fait le déplacement ? Que lui voulait-elle ?

L'ancien joueur de Kaijo n'aimait pas cela… Cette femme…. Il y avait indéniablement quelque chose d'étrange et de dérangeant à son sujet, même si Kise ne parvenait pas à mettre le doigt dessus.

Après tout, c'était normal, il ne l'avait vue qu'une seule fois et ne la connaissait donc pas encore. Mais sa présence écrasante qui semblait planer au-dessus de lui et d'Haizaki, ne lui plaisait définitivement pas. Oui, en apparence, elle semblait charmante, mais Kise ne pouvait pas s'enlever de la tête l'idée qu'elle cachait sans nul doute sa véritable nature. Il en ressentait même des frissons de méfiance dans le dos.

Et n'était-elle d'ailleurs pas censée être occupée toute la journée avec Haizaki ?

Cela ne lui disait rien qui vaille…

« Bonjour Ryota. »

Kise sut immédiatement qu'il n'allait pas tarder à découvrir les intentions cachées de Madame Robinson, mais à vrai dire, il n'était pas certain de le vouloir…

Ni même d'apprécier ce qu'il allait apprendre...


Oh le bordel ! 20300 mots ! Il était temps que ça se termine !

A la base, je n'avais pas prévu d'arrêter le chapitre ici et je pensais d'ailleurs naïvement que deux parties suffiraient à constituer ce chapitre "Lie to Me". MAIS QUE NENNI ! On sera donc bonnes pour une partie 3...

Comme trop souvent, je me suis laissée emporter et comme je vous le disais, je ne suis pas satisfaite du chapitre. Non seulement en ce qui concerne les passages entre Kise et Kagami, mais surtout en ce qui concerne le rythme... En plus Haizaki est totalement absent de ce chapitre (hormis sous forme de flashbacks), bon ok, vous allez me dire, on s'en doutait vu ce qui se tramait dans le chapitre précédent, mais quand même hein je trouve qu'il laisse un grand vide notre louloup intrépide !

D'ailleurs, que pensez-vous de son couple avec Nijimura ? (annoncé dans le résumé, mais quand même ;p)

Et que peut bien vouloir cette bonne vieille (sans mauvais jeu de mots) Vivi à notre beau renard ?

Kise est-il réellement AMOUREUX de Zaki, comme le SUPPUTE (oui, j'adore ce mot, il me fait marrer !) notre Kagamour ? (j'espère d'ailleurs que sa mise en couple avec Aomine vous réjouit ! Ne vous inquiétez pas, on aura l'occasion de les revoir davantage et de suivre leur évolution aussi, même si ce sera en arrière plan.)

As always, j'ai hâte de lire vos théories sur la tournure que vont prendre les événements.

J'espère que ça vous a plu en tout cas (malgré les coquilles qui doivent subsister, parce que je me suis grouillée de poster) !

Des bisouilles et à la prochaine !