Aloha tout le monde !
Oui, je me sens d'humeur hawaïenne aujourd'hui, y a quoi ?
Bon, je vous l'annonce tout de suite :
- Ce fucking "arc" Viviesque est bien plus looooong que prévu, malgré tous mes efforts pour l'écourter le plus possible. Rendez-vous compte : on en est déjà à la PART 3 et je pensais pouvoir finir dessus MAIS NON, il y aura A MINIMA une PART 4 !
- J'ai craqué mon slip, lâché les chevaux et fondu un boulon sur ce chapitre... Non mais vraiment, hein. Ca a déjà pu m'arriver sur d'autres fanfictions, mais JAMAIS à ce point-là.
- DU CUL DU CUL DU CUL ! ENFIN ! (De toute façon, vous étiez venues là pour ça, avouez ! :p) Ca non plus, ce n'était pas prévu. Du moins, pas de cette manière là !
Donc, abstinents, âmes romantiques et innocents de tous bords, passez votre chemin, vous voici prévenus !
Ces précisions étant précisées, je tenais à remercier la team habituelle Ju, Endlessly, Eikyuu et Namera ! Je suis d'ailleurs ravie Ju que tu aimes mon Kise, parce que je suis totalement d'accord avec Fujimaki sur ce coup : j'en ai MARRE de ne voir Kise être dépeint que comme le pleurnichard de service ! Ok, jouer de ses larmes de crocodiles peut être un parti pris valable parfois, mais il faut être conscient que Kise est beaucoup plus fort qu'il ne le laisse paraître et j'espère contribuer, à mon niveau, à lui redonner ses lettres de noblesse avec cette histoire.
Sur ce, ENJOY !
Un sentiment de malaise.
De l'inquiétude.
Voici ce que lui inspirait cette femme si mystérieuse.
Trop courtoise pour être honnête…
Pfff… et voilà qu'il devenait aussi parano qu'Haizaki… Avant de renouer avec le brun, Kise n'aurait vu en Vivianne qu'une gentille grand-mère. Bon ok, pas du genre « mamie gâteau » non plus, faudrait peut-être voir à ne pas exagérer, mais disons… une femme d'expérience au look très chic, sans doute un peu cougar sur les bords et même aux entournures. Le genre de mémé qui a connu la révolution sexuelle et milité pour l'émancipation de la femme et qui profite à présent des millions laissés par son défunt mari, pour passer du bon temps en compagnie de jeunes hommes aussi agréables à l'œil, que peu farouches.
Ahhh si Kise avait su à quel point ce portrait improvisé était proche de la vérité, cela l'aurait sans doute beaucoup moins amusé du coup…
Cependant – et bien que Miss Robinson se soit toujours montrée aimable et avenante envers lui, rien qu'à voir la crainte qu'elle semblait susciter chez Haizaki, Kise en avait conclu qu'il ferait bien de s'en méfier également. Oh bien-sûr, Haizaki s'était gardé de formuler tout commentaire désobligeant concernant Miss Robinson, mais… Kise avait décelé une pointe d'effroi au fond des yeux de son comparse.
Il allait par conséquent falloir se montrer extrêmement prudent face à elle.
« Et bien, qu'attendez-vous pour monter dans la voiture ? Ce n'est pas très poli de faire attendre une femme du monde. »
Kise fronça légèrement les sourcils, mais malgré sa méfiance, il obtempéra, faisant le tour de la voiture avant d'ouvrir la portière opposée, côté passager. Il se pencha alors et grimpa ensuite dans le véhicule sans décrocher un mot. Une fois assis, le blond s'empressa de boucler docilement sa ceinture, puis il se tourna vers Vivianne, affichant un air qui se voulait le plus neutre possible. Il ne voulait surtout pas risquer que cette femme énigmatique le perce à jour…
« Où est Shuzo ? » Demanda t-il immédiatement, la transperçant du regard.
Il avait volontairement bien fait attention à bien utiliser son prénom d'emprunt cette fois.
Sa priorité restait de savoir s'il était arrivé quelque chose à Haizaki… Peut-être que c'était la raison de la présence inattendue de Miss Robinson et qu'elle avait donc fait le déplacement jusqu'ici pour le prévenir, mais Kise espérait de tout cœur qu'il ne s'agissait pas de cela.
L'ex-joueur de Kaijo décida d'observer son interlocutrice un peu plus en détail, comme pour tenter de la percer à jour. Toujours impeccablement tirée à quatre épingles, elle portait un élégant tailleur de créateur, bordeaux à boutons dorés croisés. Avec sac à main et escarpins assortis. A son maquillage également. Or, quand on a une mauvaise nouvelle à annoncer à quelqu'un et à plus forte raison si celle-ci flirte avec un niveau de gravité extrême, on ne prend pas le temps de se pomponner, ni même de s'apprêter avec un tel perfectionnisme.
« Il devrait être rentré à l'heure qu'il est. A votre appartement. Je l'ai libéré un peu plus tôt, parce qu'il tenait absolument être présent à votre retour de shooting. Et comme il m'a donné entière satisfaction dans son travail, je n'ai vu aucune raison de lui refuser cette simple faveur. »
Devant la mine toujours aussi fermée de Kise, elle ajouta :
« Vous n'avez qu'à l'appeler si vous ne me croyez pas… »
S'agissait-il d'un piège pour voir comment il allait réagir ? Kise savoir qu'il n'avait pas intérêt mordre à l'hameçon tendu vers lui… Car dès lors, ce serait un peu comme si le Kitsune remettait la parole de Vivianne en doute, non ?
« Non ça ira, je… vous fais confiance. Après tout, vous n'avez aucune raison de me mentir. »
« Tout à fait, heureuse de vous l'entendre dire. »
Elle sourit, mais une tension concrète bien qu'intangible, continuait à subsister entre eux.
Comme si chacun des deux adversaires se trouvait encore en train de jauger l'autre.
« C'est Shuzo qui vous a indiqué que le studio se situait ici ? »
« Et l'heure exacte à laquelle se terminait ma séance aussi… » Ajouta t-il mentalement.
« Bien entendu, qui d'autre ? » Elle laissa échapper un léger ricanement. « Seriez-vous en train d'insinuer que je vous espionne, par le plus grand des hasards ? »
« Oh croyez-moi Madame, ce serait tout sauf un hasard, si d'aventure j'en venais à insinuer une telle chose… » Pensa Kise.
« Le shooting s'est-il bien passé ? » Enchaîna t-elle sans même attendre de réponse à sa précédente question rhétorique.
Sans doute essayait-elle à sa façon de détendre l'atmosphère ? Ou alors, était-elle réellement intéressée par les performances du mannequin ?
« L'équipe publicitaire avait l'air contente du résultat, alors je suppose que oui. »
Et bien… plus expéditif comme réponse, tu meurs ! Pas besoin d'air climatisé, malgré la forte température extérieure ! L'habitacle était déjà glacial !
Brusquement la poche du jean de Kise se mit à vibrer, le faisant sursauter sur son siège.
Mais tout compte fait, cette distraction semblait bienvenue, lui octroyant quelques instants de libération salvatrice, face à l'ambiance étouffante qui régnait.
« Excusez-moi… »
Il sortit son téléphone et sur l'écran s'afficha un message :
De : Haizaki
A : 17h16
« Oi Ryota, c'est quoi tout ce bordel dans la salle de bain !? T'as joué à 'Super Mario' avec les tuyaux ? »
Oh… alors Miss Robinson disait vrai tout à l'heure… Elle avait donc lâché Haizaki plus tôt… Mais était-ce réellement à la demande du brun ? Kise se sentit rougir à cette idée… Qu'Haizaki puisse être en train de l'attendre volontairement à la maison, telle une gentille petite épouse soumise et…
Mais bon sang, à quoi était-il en train de penser ? Ce n'était pas du tout le genre d'Haizaki de faire ça, même si cela aurait été une plaisante inversion des rôles. D'habitude, c'était plutôt le renard qui patientait pour que son loup daigne rentrer à la tanière.
« C'était Shuzo ? »
« Oui. » Acquiesça évasivement Kise.
« Vous voyez que je ne vous avais pas menti. »
« Mais je n'en doutais pas. » Se défendit-il, en essayant de taire l'agressivité dans sa voix.
Voilà qu'il se mettait à mentir maintenant… merci Haizaki… Décidément, le tatoué commençait à étendre sa mauvaise influence sur lui.
« Et puisque vous avez eu l'amabilité de le libérer de ses obligations plus tôt… »
« … Vous auriez préféré que ce soit lui qui vienne vous chercher et non pas moi, c'est bien cela ? » Compléta la vieille rombière.
Perspicace. Kise hocha de la tête, inutile de le nier, elle avait vu juste. Alors autant que cette chère Vivi comprenne qu'elle n'était pas celle qu'il espérait voir…
« Quel jour de la semaine sommes-nous ? » Dema,da t-elle soudainement.
« Heu… jeudi, pourquoi ? »
« Oh je vois. Dans ce cas, c'est normal. »
« Comment ça ? Qu'est-ce qui est 'normal' ? »
Car non, désolé, mais rien n'était 'normal' ces derniers temps et à aucun niveau… D'ailleurs, depuis qu'il avait croisé la route du tumultueux joueur de poker amateur, Kise avait pour ainsi dire banni ce mot de son vocabulaire.
« Je ne m'étais tout simplement pas rendue compte de quel jour que nous étions. Il n'a donc pas insisté pour partir plus tôt dans le but de venir vous chercher, contrairement à ce que j'avais initialement supposé… Mais parce que tous les jeudis, c'est la même rengaine : si je ne le laisse pas filer avant seize heures tapantes, il se comporte de façon extrêmement déplaisante, un peu à la manière d'un petit garçon en plein caprice ! Heureusement aujourd'hui, cela tombait bien, car j'en avais justement fini avec lui plus tôt que prévu. »
Hmm ? C'était bien la première fois que Kise entendait cette information pourtant cruciale et sans qu'il ne parvienne à se l'expliquer, elle attisa particulièrement sa curiosité.
« C'est presque comme si… il avait un rendez-vous tous les jeudis à la même heure et qu'il ne peut se permettre de le rater sous aucun prétexte. » Poursuivit Vivianne. « Etrange, non ? Et je semble vous l'apprendre. Vous n'étiez vraiment pas au courant ? »
…
« Non, je l'ignorai jusqu'à ce que vous m'en parliez… Mais en même temps, ma cohabitation avec Shuzo est toute récente, c'est sans doute la raison pour laquelle je n'avais encore rien remarqué. »
Ben voyons, qui espérait-il tromper avec une excuse aussi lamentable ?
Ce rendez-vous… de quoi s'agissait-il ? Ça pouvait être n'importe quoi. Mais pas une seule fois le brun ne l'avait mentionné et sans doute pas par omission.
Ou alors… uniquement du genre volontaire, l'omission…
Haizaki lui cachait des choses…
Encore.
Et ce n'était pas un hasard si Miss Robinson avait paru sortir cette information de nulle part, presque gratuitement. Elle savait pertinemment qu'Haizaki ne pourrait pas venir aujourd'hui et c'était d'ailleurs la raison pour laquelle elle était venue à sa place. Or, elle le savait depuis le début cette vieille sorcière… Mais encore une fois… pourquoi ? Quelle était la raison derrière ses agissements ? Hmm… mais peut-être que… grâce à elle, Kise pourrait en apprendre davantage.
Haizaki…
Haizaki se montrait toujours si réticent à se confier. Il fallait constamment lui tirer les vers du nez. Vivianne semblait être la seule à savoir quelque chose et pour le moment, elle constituait donc la seule piste que le renard limier pouvait suivre.
« Mais je suis certain qu'il comptait m'en parler. » Reprit Kise plus fermement pour gagner en crédibilité. « Il a dû tout simplement oublier ou peut-être n'a t-il juste pas trouvé l'occasion de le faire… »
Encore une fois, ses excuses improvisées étaient tout bonnement pitoyables et à vrai dire, même lui n'y croyait pas. Et allez essayer d'être convaincant sans croire à vos propres paroles, vous ! Pourtant, Kise devait faire bonne figure en affichant une solidarité de façade, pour faire face justement, à cette matrone qui semblait bien décidée à semer la zizanie entre eux. Pas question de la laisser saborder la fragile confiance qui commençait tout juste à naître entre lui et Haizaki.
« Est-ce que vous savez où il se rend ? » Enchaîna le renard d'or. « Il vous l'a dit ? »
C'était plus fort que lui. Il avait BESOIN de savoir. Ne dit-on pas que la curiosité est un vilain défaut ? Il s'agissait probablement d'une sage vérité pleine de bon sens. Parce qu'à force de chercher des réponses, on finit inévitablement par en trouver… Et parfois… la vérité peut se montrer cruelle et laide, là où les mensonges que l'on construit de toutes pièces sont toujours beaux et réconfortants. Cependant, Kise avait choisi la voie de la vérité et l'espiègle Kitsune comptait bien s'y astreindre jusqu'au bout. Question d'honneur et de convictions.
Mais il s'agissait également d'une question piège, visant à évaluer le niveau de proximité entre cette femme et Haizaki. Car Kise avait le sentiment tenace que la sexagénaire n'était pas qu'une simple patronne faussement attentionnée.
« Non... »
Et merde. C'eut été trop facile, déplora Kise.
« … En revanche… je l'ai déjà croisé de manière tout à fait fortuite, alors que j'étais moi-même de sortie… »
Oh putain. Kise n'aimait PAS DU TOUT le son de cette phrase… Tout portait en effet à croire que cette chère Miss Robinson surveillait son employé…
« Où ça ? » Interrogea Kise, sans parvenir à dissimuler la fébrilité dans sa voix.
Pourquoi ça l'intéressait autant de le savoir ? Lui-même ne pouvait se l'expliquer…
En tout cas, sa trop grande réactivité arracha un sourire moqueur à Viviane. Cette dernière dégaina une cigarette, de la même marque que celles qu'Haizaki fumaient aussi, mais plus fine et féminine. Kise n'eut aucun mal à reconnaître le paquet et l'odeur caractéristique de ce tabac en particulier. Simple coïncidence ?
« Une école maternelle de Downtown Los Angeles, près du quartier de Little Tokyo. Il semblait y attendre quelqu'un. »
Hmm… le quartier japonais de la ville. Mais… une école maternelle… ? Sérieusement ? Que pouvait bien y faire Haizaki ? Même si son niveau scolaire n'avait jamais été des plus brillants, le brun avait cependant largement passé l'âge d'y aller et…
Oh bordel.
Kise ne voyait qu'une seule explication plausible à la présence d'Haizaki dans un endroit aussi insolite.
Evidemment, le renardeau exclut immédiatement l'hypothèse selon laquelle son colocataire pourrait faire la sortie des écoles au volant d'une camionnette de marchand de glaces, dans le but de faire grimper des gosses naïfs à l'arrière… Brrr… il frissonna à cette pensée sordide et la chassa immédiatement de son esprit.
Ne restait donc plus qu'une possibilité.
Que Kise ne voulait pas envisager…
Haizaki venait donc rendre visite à un enfant.
Et au vu de ce qu'un tel acte impliquait, il s'agissait sûrement du sien… Ce qui était loin d'être déconnant, puisque le brun allait sur ses vingt-sept ans, tout comme Kise. Il pouvait donc très bien avoir un rejeton de cet âge-là, puisque les gamins de maternelle toisent les quatre ou cinq ans en général.
Et à cette perspective, le cœur de Kise se comprima subitement.
Qu'Haizaki puisse être père d'une petite crevette de l'âge de sa petite nièce restée au Japon… C'était comme de recevoir un coup de canif en pleine poitrine. Et surtout, quand est-ce que le brun comptait lui en parler ? Toute cette situation était… quand même loin d'être anodine… mais si Kise prenait le risque de confronter directement Haizaki à ce sujet le brun allait sans doute mal réagir, le connaissant. Il devait donc trouver un autre moyen d'obtenir des réponses plus précises, sans avoir à passer par le principal intéressé.
Vivianne tendit une cigarette en direction de Kise et celui-ci la refusa poliment. Bon, elle ne s'était pas gênée pour s'en allumer une petite sans lui demander si ça l'incommoderait mais après tout, ils se trouvaient actuellement dans sa voiture, alors la dame s'estimait sûrement libre d'y faire tout ce qui lui plaisait.
Le téléphone de Kise choisit ce moment pour s'exciter dans sa poche et ses puissantes vibrations se propagèrent le long de la banquette arrière. Quelqu'un essayait de le joindre. Et Kise avait une idée très précise de la personne dont il s'agissait. Mais décrocher devant Miss Robinson serait très grossier et puis, à la lumière de ce qu'il venait d'apprendre, Kise n'était pas certain d'avoir envie de parler à Haizaki. Ou plutôt, de s'engueuler avec lui. Parce que c'était précisément ce qui lui pendait au nez.
Malheureusement pour le jaune, l'ancien loup gris était du genre tenace. Il insista donc, forçant Kise à se contorsionner d'inconfort.
« N'allez-vous pas répondre ? » S'enquit alors la femme à la cigarette, une pointe d'agacement dans la voix.
Devant son regard inquisiteur, Kise abdiqua. Il attrapa son téléphone et vociféra.
« Qu'est-ce que tu veux ? C'est pas l'moment-là ! »
« Putain, j'ai cru qu'tu n'décrocherais jamais ! Et comment ça, c'est pas le moment ? C'est TOUJOURS le moment pour moi ! » Avant d'ajouter chaudement : « … Et tu l'saurais si on avait déjà baisé ensemble... »
« Sho, j'peux VRAIMENT pas te parler là, je t'assure… » Chuchota Kise, les joues légèrement pourpres suite à ses paroles provocatrices.
Quel con… comme si le moment était bien choisi pour faire des plaisanteries graveleuses !
Instinctivement, Kise avait posé une main près de sa bouche pour se conférer autant d'intimité que possible. Il n'avait vraiment pas envie que Tatie Vivianne entende et qu'elle s'immisce encore davantage dans leur vie privée. Ne réalisant même pas que ce serait impossible, puisqu'il parlait en japonais.
« J'arrive bientôt à l'appart' de toute façon. Encore un peu de patience, on pourra discuter quand je serai rentré et… »
« Il s'est bien passé ton shooting ? » L'interrompit Haizaki.
Kise se sentit surpris par cette soudaine sollicitude. Comme si le brun en avait quelque chose à foutre de son métier ! Il hésita quelques secondes avant de se décider à répondre.
« Heu… oui, mais tu m'écoutes à la fin ? Je t'ai dit que je ne pouvais pas te… »
« Me parler, je sais. Et bien, ne me parle pas alors, par contre MOI, rien ne m'empêche de le faire ! Alors je vais te parler. C'est quoi ce cirque dans la salle de bain putain ? T'es au courant que c'est pas ici l'adresse de la piscine municipale ? Alors t'as intérêt à ramener ton cul ici à la vitesse de la lumière et à m'aider à tout nettoyer ! »
Bizarre... Pourtant, Kise s'était bien assuré d'avoir ramassé toute la flotte avant de sortir, avec l'aide de Kagami.
« Attends, qu'est-ce que tu racontes, j'ai coupé l'eau avant de quitter l'appartement ! »
« Ouais bah apparemment, ça n'a pas suffi à empêcher les chiottes de déborder ! C'est la marée noire, tout le mazout est r'monté, si tu vois c'que veux dire ! Je t'avais prévenu qu'on aurait pas dû abuser du chili con carne en début de semaine… »
QUOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ?
OMG.
NON.
NON !
PAS LE CACA ON AVAIT DIT !
Rien que d'imaginer de mignons petits étrons flottant à la surface, Kise en pâlit d'angoisse, au bord de la syncope.
C'était au-dessus de ses forces de s'occuper de ça !
L'horreur totale.
« Ryotaaaa ! Oi Ryota ! » S'égosilla un Haizaki désespéré à l'autre bout du fil sans fil, dans le but d'obtenir une réaction. « T'es toujours là ? Allôôôôô ! »
« … Désolé, j'passe sous un tunnel là. »
Ahhh la fameuse excuse vieille comme le réseau télécom ! Toujours aussi efficace pour écourter les conversations embarrassantes !
Et paf, il raccrocha d'une main tremblante.
Ok, tout compte fait, Kise n'avait plus du tout envie de rentrer à présent… Après tout, c'était l'appartement d'Haizaki, il n'avait donc qu'à se DEMERDER au sens propre comme au figuré, tout seul, sans lui ! Chacun sa merde comme on dit et cette expression semblait fort à propos ! Rien que d'y penser… brrrr… Kise se sentait sur le point de défaillir ! Il ne pouvait juste pas toucher des excréments, c'était au dessus de ses forces ! La seule fois où il avait dû changer sa nièce quand elle était bébé, Kise avait frôlé l'arrêt cardiaque en passant par toutes les teintes de vert de la palette de couleurs. Et le simple fait d'imaginer que son vomi aurait pu se mélanger avec le contenu de la couche à ce moment-là, lui redonna les mêmes hauts le cœur qu'à l'époque !
Frénétiquement, Kise se mit à tâter la poche de son jean brut. Ok… il sentit le froissement à la fois familier et rassurant de billets de banque sous ses doigts et se rappela avoir amené une trentaine de dollars avec lui, au cas où il aurait du prendre un taxi pour rentrer. Ce qu'il comptait d'ailleurs faire jusqu'à ce que la délicieuse Miss Robinson ne se propose de le reconduire… Et puisqu'elle lui permettait de faire l'économie de cette somme, autant la réinvestir intelligemment dans une… chambre d'hôtel pour la nuit ! Comme ça, le malicieux Kitsune se tiendrait loin des matières fécales qui polluaient actuellement l'appartement partagé avec Haizaki.
« Pouvez-vous me déposer à l'hôtel bon marché le plus proche d'ici, SVP Miss Robinson ? »
« Heu oui… bien-sûr, je peux faire ça. » Confirma t-elle, non sans se montrer étonnée par une telle requête.
De son côté, évidemment, Haizaki n'entendait pas lâcher l'affaire. Il continuait à bombarder Kise de messages. Celui où il suppliait Kise de ne pas, je cite « le laisser dans la merde » était particulièrement savoureux, faisant même pouffer le blond d'un rire sadique.
En tout cas, la pression était considérablement retombée dans l'habitacle de la luxueuse berline suite à l'appel d'Haizaki. Hélas, la brune n'en avait, semble t-il, pas terminé avec son jeune hôte…
« C'était Shuzo, n'est-ce pas ? Que voulait-il ? »
Baaaaah Kise ne voyait aucune raison de ne lui mentir et puis il se sentait plus détendu à présent.
« Oh… On a eu un petit problème d'ordre disons… ménager et il voulait savoir quand j'arriverai pour l'aider. »
« C'est-à-dire ? »
« Un dégât des eaux. »
« Important ? » Insista t-elle, ce qui ne plut pas tellement à Kise.
« Ouais, plutôt. Une sacrée fuite dans la salle de bain. »
« La même que dans ta couche, la vieille ! » N'aurait sûrement pas manqué d'ajouter Haizaki et Kise gloussa à nouveau rien que d'y penser.
Heureusement, cette chère Vivi ne remarqua rien.
« Réparable ? »
« Sans doute, mais ça va prendre du temps. Et nécessiter pas mal d'argent. Sans compter que pendant la durée des travaux, on ne pourra pas du tout utiliser notre douche pour se laver. On va sûrement devoir faire des toilettes de chat dans l'évier de la cuisine ou si c'est possible, dans le lavabo de la salle de bain, qui est légèrement plus grand. »
Kise frissonna rien qu'en s'y projetant. D'imaginer devoir se laver les cheveux dans le lavabo s'apparentait à un véritable cauchemar éveillé à ses yeux. Et comme tout bon japonais qui se respecte, Kise était très porté sur l'hygiène corporelle, alors la perspective de se débarrasser de sa crasse petits bouts par petits bouts dans une vulgaire bassine ne l'enchantait guère. Déjà, pendant leur camping sauvage dans les bois, ça avait été une vraie galère et qu'il avait espéré naïvement qu'une telle tragédie ne se reproduirait jamais…
Sans même avoir abordé le problème des toilettes qui refoulaient également à présent… et dont Kise ignorait si elles demeuraient praticables en l'état…
« Mais c'est terrible ! Comment allez-vous faire ? » S'épouvanta Miss Robinson.
A part squatter les douches d'une salle de sport (en prennant par exemple un abonnement à la fameuse piscine municipale précédemment citée par Haizaki LOUL...) ou celle des amis, Kise ne voyait pas très bien non plus comment agir à vrai dire… Les possibilités semblaient somme toute assez limitées.
« Hmm… à moins que… Oui… ça pourrait être une option convenable… » Fit-elle, en réfléchissant à voix haute à la question. « Ecoutez, il se trouve que possède justement un appartement dans le quartier de Downtown. A la base, je l'avais acquis le temps que mon fils devienne indépendant financièrement, mais il l'a quitté il y a déjà bien longtemps, ce qui fait qu'il est donc actuellement inoccupé… »
Kise cligna des yeux. Vivi avait donc un gosse ? Enfin, peut-être même plusieurs ? Alors elle était potentiellement bien grand-mère… mais bref, ça ne le concernait pas. C'est juste que Kise avait du mal à imaginer la vie « d'avant » de la belle sexagénaire et il n'y avait là pas le moindre jugement de la part du blond. Si ça se trouvait, même Shogo n'était pas au courant.
« Ah bon, vous avez un fils ? Quel âge a t-il ? » Fit semblant de s'intéresser l'asiatique.
« Quarante-quatre ans. » Sourit-elle. « Et avant que vous ne me le demandiez, non, je n'ai pas d'autre enfant. »
Ah ok, un fils unique donc. Et wow quarante-quatre ans… ce qui voulait donc dire que cette bonne vieille Vivi et bien… était plus vieille qu'elle ne le laissait paraître, justement. Parce que si elle venait tout juste d'atteindre l'âge honorable de soixante ans, cela signifierait qu'elle aurait eu son fils à seize ans. Ce qui était possible, vous noterez. Mais bizarrement, Kise ne croyait pas à cette hypothèse. En tout cas, elle ne faisait vraiment pas son âge, la momie !
« Enfin bref, tout cela pour vous dire que vous pourriez vous y installer temporairement avec Shuzo, qu'en dites-vous ? »
OLA, PARDON, QUOI, PLAIT-IL ?
Kise manqua de s'étouffer avec sa propre salive.
Pourtant, il aurait dû sentir cette invitation pointer le bout de son nez, parce que Miss Robinson n'avait fait preuve d'aucune subtilité pour dissimuler ses intentions, mais… Se redressant nerveusement sur la banquette, il s'empressa donc de protester.
« Madame, avec tout le respect que je vous dois, je me vois dans l'obligation de décliner votre offre, aussi généreuse soit-elle. Au nom de Shuzo, également. »
Ouf ! Il avait dû faire montre de toute la diplomatie dont il était capable, mais le résultat était d'une irréprochable politesse.
Qui bien entendu, ne fut pas du goût de Miss Robinson…
« Ecoutez, il est hors de question que je vous laisse dans pareil pétrin alors que j'ai le pouvoir d'agir pour améliorer votre confort. Je vous conjure donc d'accepter ma proposition. »
Ah la salo…pette.
Elle avait répliqué avec les mêmes armes que lui, en faisant appel à la même courtoisie excessive et hypocrite. Pris à son propre piège et sachant pertinemment qu'il ne parviendrait pas à prendre le dessus sur elle, Kise fut malgré tout tenté de refuser à nouveau. Mais elle risquait de vraiment mal le prendre cette fois et l'attitude du blond ne ferait qu'éveiller ses soupçons. Et attirerait potentiellement son courroux sur Haizaki…
« Madame… » Soupira Kise, sur la défensive.
Le blond avait la désagréable impression de se retrouver dans la peau d'un taureau meurtri face à un matador cruel.
« Appelez-moi Vivianne. » Lança t-elle en le fixant d'un regard qui ne souffrait d'aucun refus.
Cette femme dégageait réellement une aura dangereuse et le Japonais s'enfonça instinctivement dans le cuir de son siège comme pour y disparaître.
« Vraiment, je vous assure, c'est un service que vous me rendriez en acceptant d'habiter dans ce modeste appartement si désespérément vide. Je ne vous demanderai aucun loyer en contrepartie, juste que vous y montiez la garde et que vous conserviez les lieux propres aussi longtemps que durera votre séjour. »
Le sentant alors acculé, Vivianne en profita pour l'achever d'un sourire triomphant, histoire d'asseoir un peu plus son emprise déjà prégnante. Un sourire qui faisait froid dans le dos, toutes crocs dehors. Kise ne remarqua qu'à cet instant la taille anormale des dents de cette femme autoritaire…
C'était sans doute cela, « avoir les dents longues » …
Shogo n'allait pas être content d'apprendre cette invitation forcée, c'était sûr.
Mais Kise préférait encore avoir à l'affronter lui, qu'elle.
« Alors c'est réglé, si vous n'avez plus d'objection ! » Oh que si, il en avait encore une pelletée mais… mieux valait les taire, de toute évidence… « Allons chercher Shuzo pour lui annoncer la bonne nouvelle ! » Se réjouit-elle comme une enfant gâtée.
« On devrait peut-être… le prévenir de la situation avant… » Proposa Kise, pas certain qu'Haizaki apprécie d'être cueilli de manière inattendue, après avoir pataugé dans les déjections humaines…
« Non, faisons-lui plutôt la surprise ! » Sourit-elle à nouveau.
Aïe, aïe, aïe…
Ca sentait vraiment MAUVAIS cette histoire…
Et pas qu'à cause des colombins qui frétillaient dans la cuvette…
Grosso modo, voici comment la suite des événements se déroula : L'adorable Tatie Vivi passa un coup de fil à Haizaki – elle possédait en effet un téléphone INTEGRE à l'habitacle de sa voiture – le priant de descendre en toute hâte, car tadaaaaa dans son immense mansuétude, elle acceptait de leur prêter un logement A TITRE GRÂCIEUX, le temps des travaux ! Alors, elle est pas belle la vie ? On dit merci qui ?
MERCI JACQUIE ET MICH… HEU TATIE VIVI !
Et pas merci Kise, par contre…
De toute façon, ça ne rimait pas…
Haizaki rappliqua donc à vitesse grand V comme ordonné par la grande dame et il posa son cul sur la banquette, obligeant Kise à se décaler au milieu. Il portait une magnifique (ironie totale) chemise rose pâle du plus bel effet, au dos de laquelle on pouvait lire « BADMAN ». (Un cheesecake maison fait par Kagami pour celles qui ont la ref !) Un gros sac de sport à moitié fermé était également posé sur ses genoux.
« Re Viv' ! » Lança t-il, tout sourire, en bouclant sa ceinture.
Shogo semblait étonnamment bien accueillir la nouvelle… En réalité, il savait surtout donner le change.
Et le renard n'en menait pas large. Il savait que le ton chantant d'Haizaki ne signifiait rien de bon et il en eut la confirmation, lorsque ce dernier se pencha vers lui pour lui chuchoter en Japonais, le plus discrètement possible :
« Ryoootaaa ! Tu le vois celui-là ? » Fit-il en brandissant le poing gauche. « … Et ben j'hésite entre te l'écraser dans la tronche ou te fister avec… » (dédicace à Eikyuu XD)
Son nez se frotta quelques secondes dans le cou du blond, qui se trouvait toujours mortifié sur la banquette.
« … Tu préfères quoi ? Vu que j'suis sympa, j'te laisse choisir… »
Kise se tendit davantage. Il se sentait déjà suffisamment mal sans qu'Haizaki n'ait besoin de rajouter une couche supplémentaire de culpabilisation. Cependant… cette insolite… heuu… « proposition » lui donna d'étranges frissons dont il se serait bien passé… Et il ne s'agissait pas de frissons de crainte… Une douce chaleur familière s'empara du bas de ses reins et le fit se trémousser légèrement sur son siège. Bizarrement, la perspective incongrue de recevoir cette pratique qu'il n'avait encore jamais expérimentée (et qui ne le tentait pas spécialement non plus, soit dit en passant…), l'excitait un peu beaucoup trop.
Mais déceler le trouble qu'il avait instillé en lui ferait sans doute trop plaisir à Haizaki, aussi Kise préféra t-il dissimuler son visage derrière sa main gauche, prétextant une soudaine fatigue due à son intense shooting. Oh le renard n'était pas dupe, il savait bien qu'il ne faisait que repousser un problème qui devenait de plus en plus présent et tenace, aka son attirance hors de contrôle pour le brun. Or, Kise était parfaitement conscient qu'il devrait s'y confronter tôt ou tard, mais pour le moment, il ne se sentait pas encore prêt à faire face à ses sentiments retors envers Haizaki...
Le chauffeur slash secrétaire particulier de Vivianne les déposa donc au cœur de Downtown, qui était plutôt le quartier d'affaire de la ville. Rien à voir avec le quartier résidentiel privilégié de Bel Air – où se trouvait la villa qui avait reçu leur visite nocturne - ou encore avec Beverly Hills. Vivianne descendit la première et désigna l'une des plus hautes tours de verre qui s'étendait vers les cieux avec insolence, semblant défier les lois de la nature et de la gravité.
« C'est ici ! »
Heu ici… ? Où ça ? Kise devait bien s'avouer circonspect. Ca ne ressemblait pas vraiment à un immeuble d'habitation selon les standards de Los Angeles et à vrai dire, l'endroit lui rappelait davantage New York ou sa Tokyo natale. Miss Robinson les précéda et les guida à l'intérieur du gratte-ciel. L'intérieur était des plus luxueux, avec une grande fresque murale représentant une carte du monde et un sol en marbre italien. Il y avait également quatre ascenseurs, deux de chaque côté, se faisant face. La grande dame monta dans l'un d'eux et appuya sur le soixante dix-septième et dernier étage. De quoi vous donner instantanément le vertige et si ce n'était déjà fait, Kise aurait pu l'avoir, car la cabine en verre transparent de l'ascenseur donnait sur l'extérieur. Haizaki semblait tout aussi nerveux que lui… adossé dans un coin, en jouant avec son briquet pour éviter d'avoir à regarder en bas. Le Kitsune essaya à plusieurs reprises de capter les yeux de son Okami, mais sans succès…
Ouais… Haizaki lui en voulait clairement d'avoir cédé à l'offre trop généreuse pour être totalement honnête de tante Viv'. Mais Kise était bien décidé à se faire pardonner lorsqu'ils se retrouveraient rien que tous les deux.
Malgré le nombre d'étages à gravir – étages que Kise n'aimerait surtout pas avoir à grimper à pattes - (ce qui doit à peu près ressembler à ce qui arrive quand on choisit d'aller sauver Aeris dans Final Fantasy 7, en passant par l'escalier de secours de la Tour Shinra…) l'ascenseur atteignit bien vite le sommet.
Première surprise lorsque les portes d'acier s'ouvrirent et non des moindres : il n'y avait qu'un seul palier, signifiant donc que l'appartement de Vivianne occupait donc l'intégralité de l'étage. Mais la véritable surprise restait encore à venir et elle se révéla à eux lorsque la propriétaire déverrouilla la porte d'entrée à l'aide d'une carte magnétique.
« Bienvenus chez vous ! » Sourit la riche héritière.
Honnêtement, jamais Kise n'avait été témoin d'une telle débauche de luxe et pourtant, il avait beaucoup voyagé grâce à sa carrière autrefois prolifique de mannequin. De Paris à Milan en passant par New York et Dubai, le jaune avait logé dans les hôtels les plus chers du monde. Mais c'était sans commune mesure avec l'écrin de beauté dans lequel il se trouvait à présent.
La décoration ressemblait à celle de la villa, avec un esprit très années 50 et boudoir, cependant, c'était surtout la taille de l'appartement qui contrastait avec le reste.
La taille de l'appartement (en duplex) ET la taille de la terrasse.
Parce qu'il s'agissait ni plus ni moins d'un penthouse extrêmement lumineux et moderne pourvu de baies vitrées qui offraient une vue imprenable sur la ville en contrebas. Et sur la terrasse aussi, donc. Et sa piscine. Et son jacuzzi. Et son jardin paysager. On n'avait même pas l'impression de se trouver en hauteur, enfin si mais, le terrain s'entendait comme une jungle. Kise en avait le souffle coupé. Cet îlot de verdure flottant dans les nuages était tout bonnement incroyable, du genre qu'on ne voit que dans les films…
Ah bah elle était plutôt sympa Miss Robinson d'avoir fait l'acquisition d'un tel bijou pour son fiston ! Et lui il avait bien de la chance ! Tandis que certains parents vous achètent une paire de tongs en plastique, d'autres vous font carrément cadeau de la boutique de chaussures d'une célèbre marque de cuir…
Entière.
« Il y a quatre chambres, choisissez celles qui vous plairont et oh ! Il y en avait également une cinquième, mais j'ai préféré la faire transformer en dressing. »
Dressing. LE mot magique pour Kise. Celui qui suffisait à l'envoyer au septième ciel d'ordinaire. (Ou plutôt au soixante dix-septième dans le cas présent !)
Mais pas cette fois.
« Madame… » Appuya bien Kise sur ce terme qu'elle exécrait tant. « … C'est beaucoup trop ! »
« Je demanderai à ce qu'on fasse apporter toutes vos affaires ici dès demain. En attendant, vous pouvez emprunter les vêtements que mon fils a laissé avant de partir. Je crois que vous faites à peu près la même stature que lui. »
C'est qu'elle l'ignorait sciemment cette vieille bique ! Rien à faire, elle ne voulait pas l'écouter. Mais peut-être qu'Haizaki aurait plus de chance de se faire entendre.
« Dis quelque chose toi bon sang ! » Somma Kise à son camarade, resté silencieux jusqu'ici.
« Et qu'est-ce que tu veux que je lui dise au juste ? Quand elle a une idée en tête, impossible de la faire changer d'avis. »
« Alors ne viens pas me reprocher de ne pas avoir réussi non plus avant que tu n'arrives ! »
Kise fronça les sourcils à nouveau, ce qui risquait à terme de lui donner de fort disgracieuses rides d'expression de manière prématurée. Mais c'était bien le cadet de ses soucis actuellement.
« Que dit-il ? » S'inquiéta quelque peu Vivianne.
Elle se sentait un peu larguée, ne maîtrisant pas les rudiments du Japonais et cet avantage linguistique permettait à Kise et Haizaki de pouvoir communiquer en toute quiétude.
« Qu'il est RAVI de pouvoir rester ici. » Mentit le garçon aux cheveux d'ébène.
« Ahaha… J'ai beau ne rien comprendre à votre si beau langage exotique, je sens bien au ton qu'il emploie que ça ne l'enchante guère. »
« C'est parce que tu ne sais juste pas employer les bons arguments pour le convaincre. »
Et si le coup du dressing géant rempli à ras bord de fringues de luxe ne suffisait pas…
« Observe. » Il siffla le blond. « Oi Kise ! »
« Quoi encore ? » S'impatienta ce dernier.
Malgré toute sa bonne volonté, il ne se sentait pas à sa place ici…
« Y a une douche à l'Italienne ici et une baignoire également. Chacune assez grande pour qu'on puisse y tenir à deux sans forcer… »
REGARD CHARGE DE SOUS-ENTENDUS.
« Moi et Viv' on ne compte pas te forcer à rester ici contre ton gré. Donc c'est simple… soit tu pars, soit tu restes ici. Avec moi. Rien que tous les deux. »
Ces yeux… Kise se sentait déshabillé par eux. Consummé vivant. Ce regard intense et pénétrant qui le faisait se liquéfier sur place…
« Alors qu'est-ce que tu en dis ? »
Haizaki se lécha le pouce de façon suggestive, ce qu'il avait l'habitude de faire lorsqu'il se sentait émoustillé au collège et au lycée. L'espace d'un battement d'aile de papillon, Kise s'imagina qu'il s'agissait d'autre chose de moralement répréhensible sous sa langue…
Sa voix était caressante comme du velours et Kise maugréa, le maudissant intérieurement.
« Tu fais chier ! »
Merde… Kise avait cédé trop vite une fois encore. Mais plus le temps passait, plus sa frustration grimpait en flèche, ce qui la rendait difficilement gérable.
FLAWLESS VICTORY.
FATALITY.
HAIZAKI WINS !
« Tu vois ? Tout est réglé. » Exulta Haizaki, en s'adressant à leur hôte.
Bon, cette chère et tendre Viviane n'avait strictement rien bité à ce qui s'était raconté entre eux et quelque part, cela valait mieux. Parce que si elle était parvenue à comprendre que deux garçons venaient de planifier un coït, juste sous sa barbe (ou plutôt, son duvet de moustache décoloré…) dans sa ou ses salles de bain, la gente dame aurait sans doute trouvé à y redire.
A juste titre.
« Et toi ? Tu n'as encore rien dit. J'espère que ma générosité te convient. »
Et là.
Là.
Miss Robinson eut un geste anodin en apparence, mais sur lequel Kise ne put s'empêcher de tiquer.
Sa main se posa possessivement sur le bras d'Haizaki et elle se mit à le caresser son biceps avec tendresse. Et pas une tendresse du genre maternelle…
Kise se figea instantanément. Un sentiment de mal-être s'empara de tout son être, soudain, irrépressible.
« Elle me convient toujours. Au point que j'ai parfois tendance à en abuser. Mais tu me connais, j'ai du mal à me réfréner. »
Le sourire complice qu'ils échangèrent suffit à faire trembler l'estomac de Kise. Une nausée sévère pris possession de lui sans crier gare et il avait maintenant une furieuse envie de vomir. Leur relation s'avérait finalement très différente de ce qu'ils avaient montré hier à l'appartement. Sans doute pour attirer Kise sur une fausse piste mais aujourd'hui, en tout cas, ils n'avaient définitivement plus l'air d'être un simple employé et sa patronne.
Mais un couple, ou plutôt des amants.
Ce sentiment…
C'était de la jalousie. Exactement comme lorsqu'il avait vu Amber pendue au bras d'Haizaki.
Ça lui rongeait les entrailles, s'insinuant comme un mal silencieux en lui.
« Parfait. Je vais vous laisser faire tranquillement le tour du propriétaire et prendre vos marques dans ce cas. Vous n'avez pas besoin de moi pour cela et je suppose que vous avez besoin de vous remettre de vos émotions et de vous retrouver, également pour discuter de la situation. Quoi qu'il en soit, faites comme chez vous, je veux que votre séjour sous mon toit soit aussi mémorable qu'agréable. »
Elle confia alors la carte magnétique noire et dorée qui leur avait permis d'entrer, à Haizaki.
« En cas de besoin, tu sais où et comment me joindre. N'hésite surtout pas. » Minauda t-elle.
Terminant sur un clin d'œil entendu en direction d'Haizaki, ce dernier la remercia d'un léger baise-main, puis Miss Robinson se dirigea jusqu'à la sortie, non sans avoir salué une dernière fois Kise d'un hochement de tête amical. La porte claqua derrière elle, résonnant sèchement dans cet immense appartement, beaucoup trop grand, aseptisé et vide de vie...
Mais apparemment, Kise était le seul à ressentir cette ambiance lugubre, parce qu'Haizaki combla la distance qui subsistait encore entre eux, lui attrapant le poignet avec fermeté.
« Viens, on va visiter ce château de princesse ! »
Sauf que Kise ne comptait pas laisser passer toute cette affaire aussi facilement.
« T'as qu'à y aller tout seul, moi je rentre. »
Il s'arracha à la poigne d'Haizaki et tourna des talons, prêt à partir, avant de lancer, narquois :
« De toute façon, tu n'as pas besoin de visiter cet endroit, toi, puisque de toute évidence ce n'est pas la première fois que tu viens d'ici. »
« Et j'peux savoir comment tu en es arrivé à cette conclusion Ryota ? » Riposta Haizaki, bras croisé sur son torse en signe de scepticisme.
« Tu savais qu'il y avait une douche ET une baignoire ici ! »
« Simple supposition de ma part. »
« Sauf que Miss Robinson n'a pas nié. »
« Et alors ? Me dis pas qu'tu vas m'faire la gueule for one lucky guess ? C'était juste de la logique et du bon sens ! C'est tellement grand et luxueux ici que j'étais persuadé qu'il y aurait au moins une douche à l'Italienne ou une baignoire. Voire même les deux, ce qui semble être le cas puisque Viv' ne m'a pas repris. Mais je t'assure que je te dis la vérité ! Plus de mensonge, c'est bien ce que tu voulais non ? »
Le silence pour seule réponse. Kise soutenait son regard, ses yeux étaient comme des dagues affûtées, affichant qu'il ne s'en laisserait pas conter cette fois.
Ce serait trop simple. Or, le comportement d'Haizaki n'avait jamais cessé de lui paraître suspect…
« Tu n'me crois pas c'est ça ? » Comprit le brun, tout seul, comme un grand. « J'vois pas pourquoi j'devrai m'donner tout c'mal si au final, tu ne me fais pas confiance. »
Oh apparemment, Kise l'avait vexé. Mais ça aussi, c'était trop facile comme pirouette pour s'en tirer !
« Ne rejette pas tes propres fautes sur moi ! » Le mit en garde Kise. « Si quelqu'un a quelque chose à prouver à l'autre ici, c'est bien toi. Alors n'inverse pas les rôles… »
Haizaki soupira. Ses efforts étaient pourtant sincères, mais ils ne servaient à rien si Kise doutait de leur véracité et de ses intentions.
« Et puis je déteste cet endroit… je veux rentrer à la maison. Chez nous… » Ajouta le mannequin d'une voix tremblante. « Cet appartement est si froid… On n'a rien envie de toucher de peur de le casser ou de l'abimer… »
Pourtant, il avait l'habitude du luxe, ayant beaucoup voyagé et dans les hôtels les plus onéreux du monde mais là, le niveau était tout autre.
« … Dit celui qui habite dans un taudis qui vient de subir une invasion de cacas tueurs… »
Le blond haussa des épaules. Quand bien même, tout bien considéré, il préférait largement leur petit nid à eux.
« Et puis Zébu me manque… Sans compter que je suis sûr que cette sale bonne femme ne voudra jamais de lui ici… »
« Zébu, tu dis ? Hmm... Viv' risque en effet de le prendre pour un gros rat exactement comme toi au début. Elle n'est pas très branchée animaux de compagnie, en plus c'est vrai. Mais… ça reste pas très sympa de la traiter de « sale bonne femme », alors qu'on profite gratuitement de son hospitalité… »
Pour Kise, ce qualificatif semblait pourtant totalement justifié, aussi, n'éprouva t-il pas le moindre remord à l'avoir employé. Il se sentait comme pris au piège d'une cage dorée, sous couvert de générosité. Or, il était presque certain que cette femme avait tout mis en œuvre afin que ses deux hôtes se sentent redevables dans le seul but d'étendre un peu plus son emprise sur eux… Et malgré tout, Haizaki s'évertuait à prendre sa défense, encore.
« Cela étant, je crois pouvoir remédier à l'absence de notre cher clébard puant, si ça peut t'aider à te détendre durant ce séjour imposé… »
« Et comment comptes-tu t'y prendre au juste ? » Il se dérida un peu. « Tu te portes volontaire pour te déguiser en tanuki ? »
« Ça peut se faire, si tu promets de venir me grattouiller le bas ventre… »
« Là tu vois, je passe mon tour. On n'sait jamais, tu pourrais me refiler des puces ou pire encore… »
« Comme ton élevage de morpions, par exemple, vu la légèreté de tes mœurs ! » Pensa Kise en secret.
« Dommage j'aurai essayé. Mais rassure-toi, j'ai mieux à te proposer… Regarde attentivement, je vais te montrer un tour de magie que j'ai appris à Vegas auprès des cadors du milieu : Siegfried et Roy. »
Qui ne se produisaient sur scène plus depuis 2010, m'enfin...
Et pour celles qui ignoreraient de qui il s'agit, un peu de culture G : Siegfried et Roy furent le plus célèbre duo d'illusionnistes-dompteurs de Las Vegas, impliquant tigres et lions dans leurs tours de magie. Lorsqu'ils étaient encore en activité, ils gagnaient près de cent millions de dollars par ans, ce qui leur valut de décrocher leur propre étoile sur le Hollywood Walk of Fame, à la manière des plus grandes stars.
« Parce qu'il n'y a pas qu'au poker que je me suis entraîné avec des cartes… »
Devant l'air interloqué de Kise, Haizaki posa au sol son sac de sport et il tira lentement sur la fermeture éclair, faisant mine de se concentrer. Il s'éclaircit la voix avant de se mettre à faire de grands mouvements de mains, tout en récitant une mystérieuse incantation.
« Abracadabra, tournicoti, tournicoton ! Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons ! »
Et tadaaaam ! En sortit, le seul, l'unique, le gros boudiiiiiiin poilu :
Houdini !
… Heu naaaaan BELZEBUTH !
C'était donc lui qu'Haizaki avait embarqué avant de partir pour le transporter jusqu'ici !
Et bien, le tanuki était resté extrêmement sage au fond de son sac et il n'avait pas bougé de tout le trajet. Un vrai ninja qui faisait honneur à son pays d'origine. Et voici qu'à présent, libéré, délivré, il galopait comme un bienheureux vers Kise. Le blond s'accroupit, sourire aux lèvres et bras tendus.
« Ma grosse crottouille ! » Se réjouit-il.
Ah ben sympa le surnom ! Mais c'est vrai qu'avec sa couleur brunâtre et marronnée couplée à son odeur musquée, le chien viverrin au corps longiligne pouvait facilement être confondu avec une déjection géante… Cela dit, Kise n'avait cure de son apparence disgracieuse. Parce qu'il s'y était attaché, à son petit quadrupède !
« Dis donc… je croyais que Siegfried et Roy travaillaient essentiellement avec des fauves ? »
« J'en avais pas sous le coude, désolé, alors j'ai du faire avec les moyens du bord. Mais bon, Belzé a des rayures, je suppose que de très loin, dans l'obscurité la plus totale et par une nuit de brouillard, un myope sans lunettes pourrait facilement le confondre avec un bébé tigre. En tout cas, je vais finir par être jaloux de votre love story si ça continue… Dire que j'ai failli finir en taule pour sauver sa peau, mais non, c'est quand même toi qu'il préfère ! »
Le top model releva la tête à ces paroles et son regard espiègle croisa celui d'Haizaki.
« Tu peux pas lutter. Il est tombé éperdument amoureux de moi depuis qu'il m'a vu faire du naked yoga ce matin... »
Et si Kise était un renard, Haizaki quant à lui risquait fort de se changer en loup de Tex Avery après avoir entendu un aveu aussi osé.
« J'en fais tous les matins normalement. C'est que… malgré ces années de sport intensif, mon corps a conservé toute sa souplesse… » Précisa sensuellement Kise, histoire d'enfoncer encore un peu plus le clou dans le cercueil de la libido du tatoué. « Dernièrement, je n'étais juste pas d'humeur et j'avais du mal à ouvrir mes chakras… Mais, j'ai le sentiment qu'ici, j'ai toutes les chances d'y parvenir à nouveau. »
Haizaki en avait l'eau à la bouche rien que d'imaginer le merveilleux spectacle que devait constituer un Kise en tenue d'Adam, ses muscles appétissants baignés dans le soleil matinal.
« J'espère bien que c'est pas la seule chose que tu vas réussir à ouvrir… »
Genre tes cuisses, par exemple.
Le sous-entendu était suffisamment évident à ce stade, pour qu'il n'ait pas besoin de le formuler verbalement.
« Qui sait ? »
Cette fois, les pupilles de Kise pétillaient de promesses salaces…
Après avoir savouré les retrouvailles avec leur fils adoptif et convenu de cacher sa présence à Viviane, les deux tourtereaux en devenir décidèrent d'un commun accord de procéder à une visite de la propriété. Bon Kise eut tout de même le réflexe de s'inquiéter pour ses « filles » aussi, c'est-à-dire la bande d'arachnides dardés qui habitaient également dans une prison de verre, mais beaucoup moins vaste et classe que la leur… Heureusement, Haizaki trouva les mots pour le rassurer : ces braves demoiselles pouvaient survivre deux semaines sans se nourrir, afin de conserver la taille mannequin qui allait de paire avec leurs prénoms. Et puis de toute manière, le brun avait prévu de passer à l'appartement le lendemain pour récupérer quelques affaires, dont sa précieuse Hayabusa. Il en profiterait donc pour les alimenter au passage.
L'endroit où ils avaient atterri se révéla encore plus éblouissant que Kise ne l'avait supposé et comportait non pas une mais DEUX salles de bain, chacune équipée d'une douche et d'une baignoire svp ! Bon, les réservoirs n'étaient pas immenses, mais pas besoin qu'ils fasse la taille d'une piscine olympique non plus pour pouvoir s'y prélasser.
Les chambres quant à elles étaient vastes et lumineuses, dotées de lits king size. Parfait pour y organiser une orgie heuuu y dormir évidemment ! L'un d'eux présentait même des baldaquins de princesse et naturellement, ce fut sur ce seul élément pas du tout décisif que Kise se basa dans le choix de sa chambre, bien qu'il aurait très bien pu n'en partager qu'une seule avec Haizaki. Il y avait assez de place en effet dans chaque lit pour s'y allonger à deux sans jamais réussir à se toucher. Mais le blond tenait à préserver son intimité ou tout du moins, il tenait à faire semblant d'y accorder de l'importance, ainsi que la bienséance l'y invitait. Et ce, afin de conserver la face et sauver les apparences, alors qu'au fond de lui, Kise ne rêvait que de céder…
« Cette baraque est époustouflante… Et même si elle prétend ne pas l'utiliser, ça m'étonne que Miss Robinson ait instinctivement proposé à deux idiots comme nous d'y loger pour une durée indéterminée… »
Son regard se fit insistant, pour se donner plus de poids.
« Elle doit vraiment beaucoup t'apprécier et te vouer une confiance aveugle. D'ordinaire, on ne fait pas preuve à la légère d'une telle générosité envers un simple employé de maison… »
Pour Kise, ça cachait forcément quelque chose de pas net, mais sa subtile tentative pour en apprendre davantage se heurta à un mur de dédain de la part d'Haizaki…
« Attends, c'est pas fini il reste encore une pièce à voir ! »
… Qui préféra noyer le poisson en faisant diversion. Manipulateur, il attrapa à nouveau la main de Kise et le conduisit dans LA pièce maîtresse de l'appartement, pour éviter d'avoir à répondre à la question gênante la plus cruciale que le jaune s'apprêtait à poser. Parce que Kise avait beau être malin comme son animal totem, ce n'était pas au vieux loup que l'on apprenait à faire la limace…
Et sans surprise, ce qu'il y découvrit acheva définitivement de convaincre Kise du bienfondé de leur séjour en ces lieux, si tant est qu'il eut besoin d'une justification supplémentaire. Je parle bien entendu du DRESSING puisque c'était la dernière pièce par élimination, qu'Haizaki avait (par chance) gardé pour la fin. Et qui débordait de fringues de luxe, comme l'avait promis la fée Vivianne ! Il y avait un peu de tout niveau style, pas mal de vintage et de collections éphémères, mais que des pièces de grands créateurs français ou italiens, en majorité.
Kise se sentait comme un kleptomane enfermé par inadvertance dans la caverne d'Ali Baba. Ou comme Hansel et Gretel après avoir été oubliés au rayon confiserie d'un grand magasin. Enfin, vous saisissez l'idée quoi. Bon ok, il n'était pas censé repartir avec tous ces vêtements plus incroyables les uns que les autres sous le bras, mais puisque Vivi lui avait laissé l'autorisation de les porter à sa guise, Kise ne comptait pas s'en priver ! Peut-être pas pour sortir avec dans la rue avec mais… raaaah une irrépressible envie de sentir les différentes textures de tissu sur sa peau, venait de germer en lui !
« Non mais tu te rends coooooompte, cette tenue a été créée par Jean Paul Gaultier pour la mythique collection printemps-été 1987, intitulée « Souvenirs de vacances ! » Pleurnicha Kise, en décrochant un ensemble complet de son portant.
« Wow c'est passionnant en effet… » se moqua un peu Haizaki, parce que la perche tendue était décidément trop tentante. « Nan, j'déconne, c'est juste chiant la mode en fait… »
« Pfff ! Espèce d'hérétique, tu ne sais pas c'que tu dis ! Ne l'écoute pas jolie veste, ses paroles d'impie pourraient te blesser ! » Fit le Kitsune en caressant l'étoffe, comme pour la consoler.
« … Par contre, je crois que j'connais le moyen idéal de rendre ça vachement plus intéressant... »
Le tatoué se tourna vers son acolyte à poils.
« Tu penses à c'que j'pense Zébu ? »
- QUOI DONC CORTEX ?
- LA MEME CHOSE QUE CHAQUE SOIR, TENTER DE CONQUERIR LE MOOOOONDE !
Ahem pardon, je m'égare...
« Je peux savoir ce que vous complotez tous les deux ? » Se méfia Kise.
« T'as d'jà fait des défilés ? »
« Oui, bien-sûr ! Plusieurs fois même et la dernière remonter à la fashion week de Paris il y a six ans ! J'en garde un super souvenir, d'ailleurs ! »
« Ça fait un moment quand même. Tu es sûr de toujours savoir comment faire ? » Le provoqua sciemment Haizaki.
« Evidemment, pour qui tu me prends ? Un espèce de mannequin au rabais tout juste bon à poser dans un catalogue de prêt à porter ? » Riposta le renard en appuyant avec mépris sur le dernier terme.
« Dans ce cas, je crois que ça nous plairait bien à moi et à mon pote tanuki ici présent de te regarder nous faire un petit défilé privé… »
Oh ça… il ne s'attendait pas à pareil souhait.
Kise sentit à nouveau son visage prendre feu. Défiler, il en avait l'habitude face à une foule d'afficionados de la mode comme lui, mais… juste devant une personne (et un spectateur canin en prime), c'était quelque chose de totalement inédit pour lui. Et honnêtement, Kise appréhendait un peu… Haizaki n'était pas une audience des plus réceptive mais d'un autre côté, il s'agissait aussi d'une opportunité de partager son amour du métier de mannequin avec l'autre garçon. En essayant de le lui transmettre également, même si cette entreprise était sans doute vouée à un échec cuisant. Pourtant, cela valait le coup d'essayer, surtout si…
Kise ferma les yeux.
Il venait d'avoir une idée. Oui, ça pouvait marcher avec un peu de chance…
Il était temps de reprendre les rênes, Haizaki avait assez mené la danse.
« C'est d'accord ! »
« Woooh sérieux ? »
« Oui, je crois que ça peut se faire ! Il y a justement un grand tapis qui fait toute la longueur du salon dont je pourrai me servir pour défiler dessus. Allez vous installer toi et Zébu, le temps que je passe une tenue plus appropriée et je vous rejoins. Vite, avant que je ne change d'avis ! ;) »
Haizaki écarquilla les yeux, étonné d'avoir pu convaincre Kise aussi rapidement mais surtout, aisément. Et encore… « convaincre » était un abus de langage dans le cas présent, puisqu'il n'avait strictement rien eu besoin de faire pour que Kise accepte. Mais bon ce serait complètement con de refuser sur cette seule base, même si Haizaki trouvait le comportement de son Kitsune hautement suspect…
Le brun fila donc s'installer sur le sofa en compagnie de son ami canidé et il tamisa un peu les lumières pour rendre l'ambiance la plus cosy possible. Bizarrement, Shogo Haizaki n'en menait pas large… il se sentait même nerveux tout à coup pour une raison qu'il ne parvenait pas complètement à s'expliquer. En réalité… le tatoué avait du mal à l'admettre, mais… il avait toujours compté parmi les fans les plus fervents du beau blond, comme en attestait le vieux magazine de mode qu'il conservait jalousement dans sa table de chevet. Mais pour lui, c'était presque quelque chose de honteux à avouer… Par moments même, il se sentait comme un stalker vis-à-vis de Kise… Oh mais pas un de ces affreux types obèses et creepy qui suit partout l'objet de leur affection débordante, ça non !
Dieu merci, il n'en était pas encore rendu maboule à ce point, cependant… Haizaki ne pouvait nier qu'il éprouvait une certaine forme d'obsession pour Kise. Par exemple, tout à l'heure, il avait fait semblant de ne pas savoir que le jaune avait déjà eu l'occasion de défiler dans sa carrière. Et pour cause : Haizaki les avait déjà vus ces fameux défilés ! Et oui, chacun d'eux… Mais bon, à sa décharge, il n'était tout de même pas allé jusqu'à les enregistrer non plus hein ! (… sans doute parce qu'Internet s'en était chargé à sa place et que ces vidéos seraient extrêmement faciles à retrouver AHEM !) Enfin bref, pour la faire courte : Haizaki était gravement atteint. Heureusement que Kise n'en savait rien, parce que ça le ferait sans douter flipper, même si le brun supposait que le blond avait sans doute déjà du dealer avec des pervers bien plus invasifs que lui, dans le passé…
Confortablement avachi dans son fauteuil en cuir, Haizaki s'était allumé une petite clope pour essayer de se détendre, mais sans succès. Son ventre gargouillait, non pas à cause de la faim malgré le fait qu'il n'avait encore rien avalé ce soir… mais plutôt à cause de l'angoisse qui lui nouait l'œsophage. Il appréhendait démesurément de voir Kise défiler rien que pour lui… parce qu'il avait peur de ne pas arriver à se contrôler… Rien ne garantissait en effet qu'il n'allait pas se jeter sur le blond au beau milieu de son défilé… Sa frustration était donc à son paroxysme, parce que ça faisait des jours qu'ils se tournaient autour et tout à l'heure, il avait même eu l'impression que Kise l'allumait…
Erf… il s'écrasa une main sur les yeux et le front. Nan, il se faisait forcément des idées.
« Tu prends tes rêves pour des réalités mon pauvre Shogo. C'est pas toi le brun sur lequel il fantasme, t'as aucune chance avec cette putain de blondasse... » Murmura t-il tout bas pour lui-même.
La force de l'auto-persuasion, il n'y a que ça de vrai.
Mais brusquement, une voix résonna dans le couloir, le tirant de ses pensées.
Celle de Kise.
Le mannequin avait terminé sa préparation.
Enfin.
« Tu peux mettre de la musique stp ? Ca m'aide garder le rythme pendant que marche. »
Heu… oui. Il pouvait faire ça. Le brun attrapa donc son téléphone et il choisit donc pour la première musique sans paroles un peu punchy qu'il trouva. Oh, il était à peu près certain que l'appart' possédait un système d'enceintes connectées et tout le bordel, comme c'était le cas avec la lumière et les stores qui se relevaient automatiquement lorsqu'on tapait dans les mains, mais flemme. Flemme de chercher. Flemme de bouger. Flemme de…
OH PUTAIN.
Kise déboula enfin des « coulisses », signe que sa préparation était terminée. Mais puisqu'Haizaki était un néophyte en matière de mode vestimentaire, il avait opté pour une tenue « sobre ». Entendez par là, pas un arc-en-ciel cacophonique de couleurs éclatantes. Par contre… son choix était plus extravagant qu'il n'y paraissait. En effet, le blondin avait revêtu un pantalon en cuir noir qui moulait avantageusement ses deux lunes arrières, rondes et pleines (enfin ça, Haizaki ne le voyait pas encore.), réhaussé d'un gros ceinturon clouté, dont la boucle dorée à l'effigie d'une célèbre marque italienne commençant par la lettre « G », attirait le regard. Ses chaussures étaient des belles derbies noires vernies assorties.
Ok, jusqu'ici, tout va bien.
Pareil pour le haut, une simple chemise noire près du corps, négligemment ouverte jusqu'à la naissance de son torse ciselé avec finesse, comme si les dieux de la beauté toutes mythologies confondues s'étaient penchés sur le berceau de Kise à sa naissance, pour tailler sa silhouette dans le plus pur des diamants.
Là aussi, c'était… encore supportable…
Mais ce qui donnait tout son potentiel à cette tenue d'apparence simple, c'était le gilet sans manche qui allait avec. Près du corps, il semblait tissé dans de la soie blanche et brodé de dorures sur les côtés. Forcément, il ressortait bien avec le noir qui composait intégralement le reste des vêtements.
Sauf que.
Et oui, car il y avait un second effet Kiss Cool, ou plutôt « Kise Cool »… qu'Haizaki ne remarqua que lorsque Kise arriva à son niveau pendant qu'il marchait. Lorsque le blond se retourna, non seulement Haizaki put voir à quel point son fessier parfait était tout aussi parfaitement mis en valeur, mais également que ce gilet se révéla être en réalité… un corset ! Effectivement, à l'arrière se trouvaient des lacets entrecroisés qui partaient du bas de son dos jusqu'à la base de son cou. Et ce gilet magique avait pour effet de resserrer la taille de Kise, montrant à quel point elle était marquée et gracieuse. Mains sur les hanches, remontant jusqu'au creux de sa taille justement pour marquer la différence d'étroitesse entre elles, Kise adressa un sourire coquin à Haizaki, sûr de ses charmes.
Et à raison, parce que c'était de loin la chose la plus sexy qu'Haizaki ait jamais vue portée par un homme. A vrai dire, il ne savait pas qu'un tel habit (de lumière) existait et il était très heureux de le découvrir par l'intermédiaire de son fashionista préféré. Comme quoi, même la mode pouvait se révéler digne d'intérêt parfois !
Mais la manière de se mouvoir de Kise n'était pas en reste et se révélait même être pour beaucoup dans l'attrait de ces fringues. Le blond semblait glisser comme une plume sur le sol et il se dégageait de lui à la fois élégance et sensualité. Il refit donc un tour d'honneur, tournant sur lui-même pour permettre à Haizaki de l'admirer et de l'apprécier sous toutes les coutures, dans tous les sens du terme.
Heyyy c'est qu'il n'y avait pas que des vieilleries et autres chiffons importables dans la garde-robe du fils Robinson !
Et si Haizaki était parvenu à rester impassible lors du premier passage de Kise, il en fut tout autrement lorsque le garçon aux yeux de renard revint à sa hauteur une seconde fois, s'attardant davantage et… surtout quand il entreprit de se rapprocher physiquement de lui. Les larges mains du brun agrippèrent instinctivement l'accoudoir du canapé, se crispant dessus, tandis que ses doigts s'enfonçaient dans le cuir, comme pour s'ancrer à quelque chose de solide. Par réflexe, Haizaki croisa les jambes dans le but de comprimer l'érection qui venait de se réveiller entre ses cuisses. Il en avait besoin pour ne pas craquer, le temps que Kise se décide à faire un nouvel aller-retour.
Mais il ne bougeait pas.
« Pourquoi est-ce qu'il reste planté là ce con ? Il attend quoi au juste ? Il veut ma photo peut-être ? » S'impatienta en silence Haizaki. (Oui, les pensées d'Haizaki sont nettement plus « beauf' » que celles du renard.)
Son regard s'injecta de sang, tel celui d'une bête sauvage lorsqu'il croisa celui de Kise, qui semblait le défier en toute impunité.
La situation commençait à devenir dangereuse…
Time for a change.
Jusqu'ici, Haizaki n'en avait toujours fait qu'à se tête, ne se privant pas pour manipuler Kise dès qu'il le pouvait. Mais l'autre Japonais n'était pas aussi dupe que sa blondeur capillaire semblait l'indiquer. Les renards aussi sont des prédateurs. Certes, ils ne peuvent pas autant compter sur leur puissance que les loups, pourtant il convenait de ne pas les sous-estimer non plus. Et il existait justement une proie que le renard rêvait de « muloter » (cette technique de chasse propre aux goupils consistant à PLONGER en un éclair sur des rongeurs) en secret… Pour le moment, elle était encore hors d'atteinte, habilement dissimulée dans son terrier de tissu, mais Kise pouvait la deviner non loin de lui. Or, le garçon aux cheveux d'or se languissait de la sentir enfin palpiter sous ses doigts fins.
Tout à coup, il obligea Haizaki à décroiser les jambes et il s'écrasa sans cérémonie sur ses genoux, sans prévenir l'occupant du fauteuil. Ce geste brusque eut pour effet de faire déguerpir le chien viverrin qui ne tenait pas à assister au rituel d'accouplement (ou de chasse…) des deux autres canidés bien plus grands que lui. D'un mouvement rapide et assuré, Kise arracha sa clope nauséabonde à Haizaki, l'envoyant valser dans le cendrier qui se trouvait à portée de main. Haizaki n'eut même pas le temps de recracher la fumée tirée lors de sa dernière taffe, que déjà les lèvres de Kise étaient sur les siennes, sa langue souple dans sa bouche et… ce qui devait arriver, arriva : Kise goba la fumée grise et il fut celui qui relâcha le nuage de nicotine par ses narines, à la manière d'un dragon furieux.
Brusquement, les rôles s'étaient inversés et Haizaki se sentait à présent pris au piège d'un prédateur plus féroce encore et surtout bien plus perfide que lui.
Où était passé le gentil Kise un peu gauche et innocent qu'il avait ramassé sur un trottoir, un soir de pluie ? Celui qui au collège avait frôlé l'asphyxie à cause d'un peu de tabac ?
Pas étonnant que même Daiki ait complètement vrillé à son contact…
« Dis donc… j'ignorai que les défilés privés se terminaient par un lap dance d'habitude. »
« J'en sais rien, c'est le premier que je fais… »
Son regard jusqu'alors innocent, venait de se mettre à briller de l'éclat de la luxure.
Le brun ressentit comme une piqûre, droit dans le cerveau.
Un électrochoc.
Haizaki comprit qu'il devait fuir.
Genre... maintenant.
Avant que la situation ne dégénère jusqu'au point de non-retour et qu'il ne soit plus capable de se contrôler. (Ce que semblait d'ailleurs viser Kise.)
Mais le renard ne l'entendait pas de cette oreille. Oh que non. Lui, était prêt à aller jusqu'au bout. Il enroula ses bras fermement autour de la nuque d'Haizaki et son bassin se pressa avec avidité pour le garder prisonnier.
« Oh non, cette fois, tu n'iras nulle part. » Prévint Kise.
Tous les voyants au rouge, Haizaki tenta en vain de se dégager, victime impuissante d'une nouvelle sous-espèce de lupin : le renard-sangsue. Il avait réussi à le clouer sous lui, faisant montre d'une force insoupçonnable.
« Tu ne m'échapperas plus à présent, tu as eu ta chance mais maintenant, c'est fini pour toi… » Murmura une voix chaude à son oreille.
Les mots filèrent droit jusqu'à son entrejambe enflé, le rendant encore plus dur. (oui, parce qu'on dit bien « un » entrejambe les coupinettes, c'est un nom masculin !) La langue de Kise délaissa la sienne et vint fureter dans son cou, le goûtant patiemment tandis que ses mains cascadèrent sur les épaules robustes d'Haizaki une fois que le blond le sentit tranquillisé. Enfin, tranquillisé, c'était un bien grand mot, mais disons plutôt alors… quand il sentit que le grand brun s'était résigné à son sort et qu'il n'essaierait plus de lutter. Ses doigts agiles s'activèrent donc sur les boutons de l'immonde chemise rose bonbon d'Haizaki, qui agressait ses rétines en toute impunité depuis trop longtemps et dont il allait ENFIN pouvoir l'extraire…
Une fois ce torse divin mis à découvert et à livré son entière jouissance personnelle, Kise laissa sa langue venir flatter soigneusement les contours de chaque muscle qui le jalonnait. Haizaki bascula la tête en arrière, l'appuyant davantage contre le dossier du fauteuil. Bon sang, des spasmes agitaient à présent ce qui se trouvait encore lâchement planqué dans son pantalon. Plus pour très longtemps, il l'espérait car il commençait à s'y sentir plus qu'à l'étroit le pauvre… Malheureusement pour lui, c'était Kise qui avait pris les commandes cette fois et il semblait décidé à imposer à un rythme exagérément lent, y prenant même un plaisir évident. Mais ce ne fut qu'au moment où Kise attrapa son mamelon piercé entre ses dents, tirant sur l'anneau, qu'Haizaki poussa un premier gémissement guttural.
Le tatoué avait toujours été très sensible de cette zone et par conséquent, sans pouvoir s'en empêcher, il donna un coup de bassin vers Kise, comme pour lui incomber de poursuivre ses faveurs buccales. Et il était vorace l'animal… ce qui était loin d'être déplaisant. Finalement, la perspective de se faire dévorer tout cru par un autre prédateur excitait même Haizaki plus qu'il ne l'aurait cru au départ. Il espérait juste qu'il ne s'agissait que d'une simple mise en bouche (dans tous les sens du terme) et priait pour que Kise ne s'arrête pas en si bon chemin. Cette bouche… qu'Haizaki avait toujours ardemment désirée… Si bien dessinée, si rose, si douce et si gourmande… Une main toujours cramponnée à l'accoudoir pour ne pas perdre pied, l'autre vint se poser sur celle de Kise, pour la guider jusqu'à l'épicentre de toutes ses tensions accumulées.
Il n'en fallut pas plus à Kise pour comprendre le message désespéré de son loup et il décala légèrement le bassin pour permettre à sa main de se glisser entre leurs deux corps. Ses doigts vinrent flatter avec délicatesse la bosse qui déformait de manière si inspirante le jean serré d'Haizaki. Quelque part, le blondin avait pitié de lui, mais… ce n'était pas encore le moment du coup de grâce. Remontant à sa hauteur, Kise se mit à gigoter sur les genoux du brun, pour se frotter un peu plus à lui et il chuchota à nouveau.
« Je sais ce que tu désires et je peux te le donner… Mais c'est toi-même qui m'as appris que jamais rien n'était gratuit en ce bas monde… »
Ola… Haizaki n'aimait pas du tout le changement de ton de Kise… Il se recula pour pouvoir le fixer et essayer de décrypter son expression faciale sans consession.
« Et qu'est-ce que tu veux en échange ? »
« Que tu arrêtes de me mentir une bonne fois pour toutes. »
Ah c'était donc réellement trop beau pour être honnête, dommage…
Il y avait bien un loup quelque part... (et ce n'était pas lui, cette fois)
« C'est déjà ce que je fais. » Se défendit Haizaki.
« Alors dis-moi ce qu'il y a réellement entre toi et Miss Robinson ! »
« … »
« Shogo ! Tu avais promis, alors arrête de me prendre pour un con ! » Le somma Kise.
Mais il n'y avait aucune menace dans sa voix. Juste… une forme de sérieux. Et peut-être une pincée de déception, aussi.
« Si je ne dis rien, ce n'est pas considéré comme un mensonge. » Lâcha t-il dans un sourire carnassier.
Et pour appuyer ses dires, il planta son regard dans celui de Kise, pour lui montrer qu'il ne l'impressionnait guère.
« Ah d'accord, tu veux jouer à ça ? Très bien. » Fut la réponse énigmatique de son presque amant.
Sur le coup, Haizaki regretta ses paroles, craignant d'avoir vexé Kise au point que le renard ne veuille plus jouer avec lui. Mais de sentir les doigts de Kise s'affairer sur sa braguette rassura immédiatement le loup. Bien. Kise semblait avoir compris lequel des deux était le prédateur ultime. De toute façon, il n'y avait eu qu'à voir la réaction frustrée du blond lorsqu'Haizaki l'avait abandonné au profit d'Amber, pour comprendre qu'en réalité Kise désirait cela au moins autant que lui, si ce n'était même plus encore et que c'était la raison pour laquelle il cédait le premier aujourd'hui. Et dans un regain de confiance, Haizaki entreprit à son tour de défaire le corset de Kise. Il le rapprocha également d'une main nichée au creux de ses reins.
« Shogo… »
« Toi aussi t'es excité chaton… Je peux le sentir. »
En réponse, le bout de des doigts de Kise vint effleurer l'élastique du boxer d'Haizaki.
« C'est vrai… » Reconnut-il en haletant contre son cou. « Et il serait si facile pour toi de me prendre, ici et maintenant, vu que je ne porte rien sous ce foutu pantalon de cuir qui commence sérieusement à me démanger ! »
Nan… ? Il disait ça juste pour le rendre fou, pas vrai ?
Ca y est, il n'en fallait pas plus pour que le loup voit rouge. Sa queue le brûlait et il se cambra légèrement pour venir en presser l'extrémité toujours couverte contre la lune blonde. Une main glissa le long de ses fesses et parvint à se faufiler à l'intérieur du pantalon que portait Kise, par l'arrière. Malgré la ceinture qui le tenait et se trouvait sans doute là plus pour décorer qu'autre chose, ce fameux pantalon n'était (volontairement ?) pas très serré et effectivement, Haizaki ne put que constater l'heureuse absence de sous-vêtement.
« Ryota… j'espère que t'es conscient que tu mises gros là. Et au poker, je t'ai déjà expliqué qu'il ne faut faire « tapis » que lorsqu'on est sûr de sa main… » Le mis en garde Haizaki.
« T'en fais pas pour moi… ma main est très sûre… et je sais également très bien m'en servir… »
Et comme rien ne valait jamais une bonne démonstration, cette fameuse main droite empoigna le sexe vigoureux d'Haizaki, l'extrayant sans mal de sa cage de tissu. Le gland déjà humide du loup roula sous la paume chaude du renard et les geignements d'Haizaki devinrent plus sonores.
« Oh putain oui bébé, touche-moi ! »
« Hmm… Shogooooo… j'ai l'impression d'avoir le feu au cul… »
Tu m'Elton John ! Ohhh mais ce n'était pas qu'une impression d'ailleurs, tant le cuir a tendance à coller à la peau et celle de Kise devait être brûlante avec toute cette stimulation ! Mais c'était entièrement de sa faute, il avait commencé à chauffer Haizaki d'abord !
Bien fait !
Parce que « qui s'y frotte, s'y pique ». Mais surtout, « qui s'y frotte, choppe une grosse trique », aussi.
Les premiers mouvements de poignet de Kise se firent hésitants. Ou peut-être était-ce volontaire, mais Haizaki s'en moquait à ce stade. Sa bouche venait de retourner à l'attaque de celle de Kise, avalant une plainte étouffée du blond.
Bordel… depuis combien de temps attendait-il cela ?
Attendaient-ILS, même ?
Pour Haizaki en tout cas, cela faisait de longues, trop longues années. Une éternité presque.
« Au Diable Asami et ses ordres. Si je dois crever, autant que ce soit les couilles vides et la queue profondément enterrée dans le cul parfait de Kise Ryota… »
Quelle belle et glorieuse mort, en effet.
Le rythme manuel impulsé par Kise s'accéléra subitement, tandis qu'Haizaki continuait à gémir sans pudeur contre ses lèvres, lèvres qu'il ne parvenait plus à lâcher tel un pittbull pendu à la gorge de sa proie. Dire qu'il ne s'agissait que d'une simple branlette et Dieu savait que le tatoué en avait déjà reçu des tonnes et des tonnes de la part d'autrui. Mais jamais des comme ça. La pougnette élevée au rang d'ART ! C'était comme si… Kise savait parfaitement où et comment le toucher, alternant cadence et pression idéales. Or, Haizaki avait conscience qu'il n'allait pas tenir très longtemps face à un toucher aussi expert et à tant d'années de frustration profonde.
« J'ai envie de te baiser maintenant… Please… » Pleurnicha t-il quasiment.
Incapable de résister face à une telle envolée lyrique , ce fut donc tout naturellement que Kise répondit, au paroxysme du romantisme...
« Non… Pas de pénétration phallique… »
Ola non, attendez, ce n'était pas du tout la réponse qu'Haizaki se languissait d'entendre ! Mais peut-être que le blond avait mal compris ? Ca valait le coup de réessayer, dans le doute. Alors l'entêté de service retenta sa chance.
« Ryota… Allez steuplé, viens danser sur ma bite. »
Mais il se heurta à un second refus, malgré sa nouvelle formulation.
« C'est toujours non… »
« Comment ça, putain de merde !? » Répondit Haizaki, au comble de la poésie.
Ahhhh mais il allait finir par dire oui ce petit con, parole d'ancien basketteur ! Un cri de surprise échappa au jaune lorsqu'Haizaki le souleva brutalement avant de le rassoir aussi sec sur ses genoux, pour le contraindre à se retourner. D'un mouvement pressé, il baissa le maudit froc de Kise, dévoilant les deux globes ronds (et effectivement nus) qui le narguaient encore avec beaucoup trop d'assurance à son goût.
Ok, ils s'étaient bien chauffés mutuellement et tout et tout mais là, il allait peut-être falloir penser à passer à la casserole aussi, au bout d'un moment ! Sa main gauche était passée autour du cou de Kise, appuyant sur sa colonne vertébrale pour le faire plier vers l'avant, tandis que l'autre griffait le bas de ses reins… pour le faire plier également, mais dans un tout autre sens. Décidément, Haizaki détestait le mot « non » et sa patience prouvait une fois de plus qu'elle était à peu près aussi développée que la présence de Kuroko sur un terrain de basket !
Se penchant en avant à son tour pour couvrir le dos de son ange - qu'il maintenait toujours de force sur ses genoux - Haizaki parvint à guider sa virilité entre les monts insolents qui retenaient toute son attention depuis trop longtemps à son goût. Il la fit coulisser amoureusement contre les deux coussins de chair rebondis et Kise couina en réponse, se mordant la langue pour lutter contre le désir embrasant peu à peu tout son corps.
« Laisse-toi faire bébé… Je vais bien m'occuper de toi, c'est promis. Et tu en redemanderas, même. »
Oh ça, ça ne faisait aucun doute dans son esprit et Kise n'était pas assez stupide pour clamer le contraire. Ça faisait un moment (de trop) qu'il avait envie de tâter de la queue de loup. Dont les proportions inspirantes n'avaient rien à envier à celles d'une certaine panthère. Et puis même dans le cas où la taille ne fait pas tout, Amber n'avait pas semblé s'en plaindre la dernière fois qu'elle l'avait eue en elle…
Bien au contraire, même, puisqu'elle avait espéré pouvoir remettre le couvert, en laissant son numéro de téléphone au grand méchant loup dans cette optique.
« Je sais que t'as très envie que je te prenne sur le fauteuil de cette vieille peau… Imagine la tête qu'elle ferait si elle savait qu'on a baisé sous son toit… et que tu lui as laissé un petit souvenir incrusté dans le tissu de son siège à huit mille dollars… »
C'était la pure vérité, Haizaki avait vu juste. Mais même cet argument imparable ne suffirait à faire rompre la volonté du fennec doré.
Changement de plan.
La main qui se trouvait dans son dos passa donc à l'avant et agrippa possessivement l'érection de Kise, pour commencer à la masser presque douloureusement. Les mouvements d'Haizaki n'avaient rien de gentils ou de tendres, non, il s'agissait plutôt d'assauts militaires répétés, destinés à ébrécher la résistance des lignes ennemies. Kise gémit mélodieusement sous cette stimulation manuelle des plus rudes. Sa tête tournait. La proposition de l'ex-délinquant était terriblement alléchante et Kise avait en effet de plus en plus envie de ruiner ce sofa hors de prix, en éjaculant dessus…
Mais non, il ne pouvait pas se laisser aller.
Il devait tenir bon et se raccrocher à ses principes, même si le soldat-gland au casque de métal qu'il sentait rouler contre l'entrée de son intimité ne l'aidait certainement pas à se concentrer… Bon sang… le mannequin était si proche de le savourer enfin en lui, ce piercing qui l'intriguait tant mais… N'y tenant plus, Kise remplaça sa langue meurtrie par son poing, mordant dedans pour mieux réussir à se taire. Tout son corps tremblait comme une feuille par anticipation. Un incendie le dévorait de l'intérieur, grondant, dévastateur, impossible à éteindre ou ne serait-ce qu'à canaliser…
Qu'est-ce qu'il désirait Haizaki…
Il y avait toujours eu une attirance magnétique entre eux, bien-sûr, ce n'était pas un fait nouveau. Mais tels deux aimants, ils passaient leur temps à s'attirer et à se repousser également… incapables de s'emboîter correctement. Et aujourd'hui n'y faisait pas exception, malheureusement. Or "d'aimants" à "amants" il n'y avait qu'une lettre de différence. Il suffisait de mettre les points sur les "i". Les barres sur les"T" et les queues dans les "Q".
Cependant, Kise était persuadé en son for intérieur que non, même si ses méthodes étaient discutables, Haizaki n'irait jamais jusqu'à le forcer. Il tentait juste de le convaincre très très fort, à l'aide de tous les moyens à sa disposition. Mais c'était réglo. En quelque sorte. Il ne voulait pas se servir lui-même, non, l'ex-argenté voulait que ce soit sa proie CONSENTANTE qui se jette toute seule entre ses crocs acerrés.
La main tremblante de Kise se posa alors sur celle d'Haizaki qui continuait à le torturer inlassablement, pour tenter de l'arrêter dans sa course folle à la jouissance. Bien-sûr que Kise ne rêvait que de délivrance, mais pas comme ça. Pas à ce prix. Il voulait rester le seul décisionnaire et l'obstination d'Haizaki allait contre ses principes. Pourtant, le brun savait très précisément ce qu'il devait faire pour que Kise accepte de s'offrir à lui. Le blond s'était montré plus que clair quant à ses conditions dès le départ.
Maintenant, restait à déterminer lequel des deux en avait le plus envie.
Sauter or not be sauté, telle était la question légitime.
De son côté, Kise semblait avoir fait son choix, car la pression de sa main s'intensifia sur celle d'Haizaki. Ses ongles courts s'enfoncèrent dans la chair tendre, drainant du sang.
« Stop… si tu veux me la mettre, tu connais déjà le tarif fixé. »
Le métis suédois tourna la tête vers Haizaki et son regard dur affronta le sien pour lui faire comprendre qu'il ne reviendrait pas sur le montant de sa reddition. Et contre tout attente, la détermination qu'il pouvait lire dans les prunelles de son comparse, fit ployer le loup. C'est que les grands canidés de son espèce sont majoritairement des charognards et sa proie du jour possédait encore trop de vivacité à son goût… Mieux valait donc la laisser fuir pour aujourd'hui, quitte à devoir la travailler au corps un peu plus tard afin de l'affaiblir davantage, avant de pouvoir ENFIN la croquer.
« Et on ne peut vraiment pas négocier ? »
Rien que cette question fit réaliser à Kise l'ampleur de ce qu'Haizaki essayait de lui cacher et par conséquent, sa détermination redoubla d'intensité. C'était comme si, dans la quasi pénombre, Haizaki pouvait voir une aura dorée se dégager de son quasi-amant.
La Zone…
Extrêmement dissuasif.
« Ok, j'ai compris. Mais j'espère que tu mesures ce à quoi tu viens de dire non. »
Il desserra sa prise, relâchant un Kise aux joues délicieusement rougies par l'excitation. Son propre petit manège avait bien failli se retourner contre le mannequin. Mais heureusement, s'il était à présent établi que Kise ressentait une forte envie de se faire trousser par un certain lupin, le jeune homme était cependant parvenu à sauver les meubles de justesse. Il se releva et se rhabilla aussi dignement qu'il le put, le souffle rendu court par cette petite séance musclée de… lutte ? Séduction ? Un authentique soupir de soulagement lui échappa. Il s'en était fallu de peu pour que le Prince Albert plonge dans sa mer Méditerranée, depuis le rocher de Monaco !
« T'as peut-être gagné cette manche, mais laisse-moi te préciser que la partie ne fait que commencer, alors ne t'enflamme pas aussi vite que ton cul. Parce qu'au final… »
L'excentrique capillaire se pencha au-dessus de lui et il murmura chaudement dans son conduit auditif.
« … C'est quand même toi qui me supplieras de te laisser t'empaler sur ma queue… »
Reculant ensuite satisfait d'avoir envoyé des frissons le long de l'échine de Kise, il recula.
« Que le meilleur gagne et crois-moi, je suis prêt à user de stratagèmes que tu ne soupçonnes même pas pour te faire craquer… Et j'y arriverai, tu peux me faire confiance… » Menaça Haizaki, pas très fair play.
Ah oui vraiment ? Et bien à ce petit jeu-là, Kise n'était pas mauvais non plus et il l'avait d'ailleurs prouvé aujourd'hui. La vantardise dont faisait étalage Haizaki lui donnait plus que jamais une furieuse envie de lui rabattre le caquet.
Dans les prochains jours, une guerre féroce allait se livrer entre eux.
Tous les moyens seront bons pour abattre l'autre et tous les coups seront permis.
Car il ne pourrait y avoir qu'un seul vainqueur.
Chacun alla se coucher de son côté cette nuit-là après avoir commandé de quoi dîner à peu près correctement. En effet, Haizaki ne tenait pas à tenter le Diable en prenant le risque d'utiliser (et donc d'abimer) la cuisine high tech de Vivianne.
Les deux adversaires ne s'adressèrent pas un mot de tout le repas, se contentant d'épier les moindres faits et gestes suspects de l'autre. La tension sexuelle était palpable. Certes, il s'agissait d'une tension différente, mais tension quand même. Et il n'y avait pas que le taux d'hormones qui crevait le plafond ce soir. La fierté et l'amour propre aussi. Aucun des deux ne voulait céder.
Le reste de la nuit fut donc frustrant à souhait. L'immense penthouse avait beau s'étendre sur deux étages et compter deux salles de bains, malheureusement, il n'y avait qu'un seul et unique W.C., dans lequel Haizaki avait décidé de camper jusqu'au petit matin, dans l'espoir de s'y soulager. Mais même en se branlant huit fois d'affilée, son barreau ne le quitta pas. A la neuvième, il risquait fort d'éjaculer du sang, alors il en resta sagement là. C'était à se demander s'il ne faisait pas une petite crise de priapisme aigue. Il paraît que quand on consomme trop de Viagra et que le phallus reste déraisonnablement longtemps au garde à vous sans pouvoir se mettre au repos, il peut finir par devenir tout bleu et tomber ! Du moins, c'était ce qu'Haizaki avait entendu dire une fois, il ne savait plus où exactement ni à quelle occasion, mais qu'importe, parce qu'il y avait quoi se faire une bonne petite suée d'angoisse…
Quant à Kise, sa situation était à peine plus enviable, car lui non plus n'avait pas réussi à fermer l'œil de la nuit et puisque les seules chiottes disponibles étaient squattées en permanence, il avait fini par se résigner à aller se masturber frénétiquement dans la douche. Froide, gelée même, la douche. Et même comme ça… seul un orgasme prostatique administré digitalement avait eu (un peu) raison de son érection intempestive, manquant au passage de le faire se casser la binette dans la douche glissante.
Fichue savonnette ! Quelle idée de se trouver juste sous son pied gauche au moment crucial, aussi !
Frigorifié et à bout de force aussi bien mentalement que physiquement, Kise n'avait pas réussi à trouver le sommeil, ni même à regagner son lit… D'ailleurs, il s'était enfermé dans la salle de bain, non pas pour se protéger d'Haizaki et l'empêcher d'entrer, mais plutôt l'inverse, oui ! Kise s'était interdit de sortir, sous peine d'aller violer le brun sans autre forme de procès ! (qui n'aurait sûrement pas dit non…)
Et merde. Haizaki avait raison. Kise était VRAIMENT en manque, bien plus qu'il ne l'avait imaginé jusqu'ici. Ou alors, c'était le brun qui l'avait fait naître, ce manque… Putain, même Aomine ne l'avait jamais plongé dans un tel état de fébrilité. Il se sentait comme un junkie en manque de sa dose… Lui qui était si maître de ses émotions d'habitude… Il avait suffi qu'Haizaki ramène sa sale (belle) gueule dans les parages et voici que ses résignations s'écroulaient comme un château de cartes (de poker) !
Foutu loup !
Mais quelle idée de génie aussi de se lancer dans une COMPETITION DE SEXE (ou plutôt « d'abstinence pénétrative ») A DUREE INDETERMINEE ?!
Autant dire qu'ils ne se sentaient pas vaillants le lendemain matin au petit déjeuner les deux abrutis...
Assis chacun à un bout de la (longue) table, coi comme des carpes koïs (LOLILOL), la tête grosse comme une pastèque à cause du manque de dodo, les deux concurrents avaient adopté la même stratégie tirée du poker encore une fois pour pouvoir se faire face sans perdre… la face justement : planquer leurs cernes derrière des lunettes de soleil. Ils petit-déjeunèrent donc (enfin pour Kise cela se résuma à boire un peu de jus d'orange sans doute périmé...) dans le silence le plus complet et aucun commentaire ne fut fait sur la nuit (en Enfer) précédente.
Haizaki rompit finalement le silence en premier, après avoir avalé son bol de céréales. Céréales qui se trouvaient dans cet appart depuis Dieu seul savait quand, d'ailleurs, vu leur goût discutable de carton…
« J'sors courir un peu ! » Décréta t-il soudainement.
Aka(shi) : « J'ai besoin de me défouler avant que ma kikoute ne se décroche, à force de trop me tirer sur l'élastique ! »
Kise haussa un sourcil derrière ses verres fumés. Depuis quand cet imbécile pratiquait-il la course à pied ? La seule réponse valide était bien entendu : « JAMAIS », sauf que dans son état actuel, Haizaki avait ENCORE besoin d'évacuer. Se sentir trop crevé physiquement pour pouvoir bander, c'était sa dernière échappatoire ! Evidemment cette tentative désespérée pour dompter son appétit sexuel ne passa pas inaperçue aux yeux de Kise et le blond comprit qu'il lui fallait riposter dans les meilleurs délais ! Son honneur de fantasme ambulant pour des millions d'adolescents (et autres adulescents) à travers le monde en dépendait ! Il se leva donc après avoir entendu Haizaki fuir heu… sortir et il se mit immédiatement en quête de sa prochaine arme.
Lors de sa fouille minutieuse des placards de cette chère bonne Vivi, il tomba par hasard sur une vieille stéréo portable encore en état de marche. Hmm… voilà qui lui donnait une idée… de quoi joindre l'utile à l'agréable…
Haizaki allait avoir une sacrée surprise en rentrant…
Oh oui.
Le genre de surprise qui promet assurément une victoire écrasante.
Haizaki avait voulu jouer ?
Et bien il allait être servi !
Lorsqu'Haizaki rentra une heure et quatre tours du pâté d'immeubles plus tard, il fut surpris de constater à quel point l'appartement était CALME.
« Ryota ? »
Bizarre. Le blond ne répondait pas. Peut-être était-il sorti se dégourdir les pattes lui aussi ? Même s'il était de notoriété publique que Kise n'acceptait de transpirer QUE pour le basketball.
Et le sexe aussi.
Enfin, peu de gens avaient connaissance de cette information beaucoup plus privée, fort heureusement.
Bon bah puisqu'il faisait beau et chaud déjà, alors qu'il était à peine neuf heures du matin, Haizaki décida d'en profiter pour aller squatter la terrasse qui donnait sur le bord de la piscine. De là, on pouvait admirer tout Los Angeles et même plus encore. L'océan, les vertes collines d'Hollywood… la vue était imprenable, mais Haizaki n'avait pas vraiment le cœur à la savourer. En vérité, il éprouvait surtout un besoin pressant de récupérer de sa trop courte nuit de la veille et il alla donc tout naturellement s'écrouler dans l'une des chaises longues disposées là. Trop la flemme d'aller se doucher pour se rafraichir, malgré le fait qu'il ait préalablement sué comme un bœuf durant son footing. Et définitivement, courir en jean et chemise (puisqu'il avait réenfilé ses vêtements d'hier…) n'est pas des plus recommandé niveau performance sportive. Baignant dans sa crasse, Haizaki ne tarda cependant pas à trouver les bras de Morphée. Ou plutôt, ce furent les bras de Morphée en personne qui le trouvèrent.
Puisqu'il roupillait comme un bienheureux depuis environs…. Dix insignifiantes minutes, il n'entendit pas la porte vitrée coulisser pour laisser Kise le rejoindre sur le balcon. Ce qu'il entendit par contre, fut la petite sono apportée par Kise, se mettre en marche. Ok, donc le gars avait décidé de débarquer comme ça, à l'improviste, pour faire sa petite gymnastique matinale OKLM et accessoirement faire chier sa pauvre victime, qui essayait simplement de pioncer du sommeil du juste ! Haizaki riposta en grognant et il tenta d'enfouir sa tête sous ses bras mais rien n'y fit, la musique continuait à jouer et bien décidé à passer un savon dont il allait longtemps se souvenir à son irrespectueux colocataire, le tatoué fraîchement réveillé se redressa sur son transat, prêt à en découdre.
Sauf qu'il n'avait pas prévu que son regard allait tomber OEIL A CUL avec le corps entièrement nu de Kise, offert à sa seule appréciation visuelle. Le mannequin ne semblait pas avoir remarqué qu'il avait un spectateur, comme, les yeux fermés, il se concentrait sur ses heu… étirements ? Kise avait en effet pris place sur une serviette de plage à défaut de s'être dégoté un tapis en mousse plus adapté. Et pour cause, quel meilleur endroit pour s'adonner à la pratique du NAKED YOGA que le toit ensoleillé d'un immeuble, avec vue dégagée sur tous les environs ? L'ex-racaille dut d'ailleurs se frotter les paupières plusieurs fois pour s'assurer qu'il n'était pas en train de rêver. Mais il réalisa assez rapidement qu'il n'était pas le seul à être réveillé, s'il en croyait l'érection qui tendait déjà son pantalon.
En premier lieu, Kise commença par des positions classiques qui n'en montraient pas trop. D'abord, celle dite de « l'enfant », consistant à se mettre sur les genoux, le corps replié, en étendant les bras devant soit le plus possible, mains posées au sol. Comme le yogi était de profil, le brun n'apercevait pas grand-chose de compromettant sous cet angle, d'autant que le sexe du blond était caché sous son abdomen avec cette pose. Rien de bien croustillant à se mettre sous la dent, en somme. La seconde position sur laquelle le perfide renard enchaîna ensuite n'était guère plus stimulante : La "pince". Il s'était redressé et avait étendu ses jambes comme pour s'asseoir, attrapant ses orteils à pleines mains.
Mouais. L'essentiel était toujours savamment dissimulé. Peut mieux faire. Est-ce que la troisième pose allait rehausser le niveau ? Et bien non, toujours pas. Le « pigeon » - on ne parle pas d'Haizaki là, mais bien du nom de cette position – exigeait de replier une jambe devant soi et de tendre la seconde vers l'arrière autant que possible, comme pour faire un semi grand écart. Légèrement plus intéressant quand même, puisque cette fois, Haizaki pouvait enfin apercevoir le fessier tonique de son blondin.
Mais le plus révélateur était encore à venir.
Kise passa en effet à quatre pattes. Aaaaah voilà, là, c'était tout de suite mieux !
La position du « chat » portait sans doute ce nom parce qu'elle impliquait de faire le dos rond en se courbant vers le ciel. Pas mal, pas mal. Encore un peu timide cependant. Mais Haizaki misait de GRANDS ESPOIRS sur la suivante. D'ailleurs, inconsciemment, il s'était mis debout comme pour mieux pouvoir observer la leçon. Kise tint un certain temps dans cette position, sans doute pour frustrer le plus possible son spectateur, avant de se décider de passer à celle de la « vache ».
ET LA VACHE, elle méritait vraiment bien son titre, celle-là !
Déjà avec des vêtements sur le dos elle se révélait agréable à l'œil, mais alors sans… c'était carrément de l'ART !
Et pour cause, Kise s'était redressé, toujours à quatre pattes, la nuque droite, fixant l'horizon et les fesses bombées vers l'arrière, prêtes à recevoir une bonne petite levrette claquée… En tout cas, la jolie petite vache avait attiré le loup dans son pâturage, puisqu'Haizaki s'avançait à présent de Kise, mains dans les poches pour se la jouer bad boy dédaigneux. Mais il ne trompait que lui avec cette attitude. Kise fit mine d'ignorer sa présence, ce n'était pas le moment de se trahir en se mettant à bander comme un âne lui aussi… (et non "bander comme un âne" n'est pas une position de yoga répertoriée.) mais rien que de sentir le regard plus brûlant que le soleil d'Haizaki sur lui, ça l'émoustillait énormément.
C'était donc cela se faire « bouffer du regard ». Kise n'avait jamais ressenti cela, pas même de la part de photographes libidineux. Jamais à ce point-là en tout cas et en bon exhibitionniste qu'il était, le renard trouvait la situation très plaisante et flatteuse. Haizaki ne voyait que lui et Kise désirait justement être l'unique centre de son attention…
Alors autant lui en mettre plein la vue avec la dernière position, sorte de bouquet final au feu d'artifice visuel.
Le fameux « chien la tête en bas. » Elle devait sûrement son nom à l'expression « être en chien », car quiconque le devenait en y assistant.
Oh oui, cette position s'avérait FATALE pour tout personne normalement constituée.
Si avec ça le brun ne perdait pas complètement les pédales, Kise se fit la promesse de rentrer dans les ordres, pour apprendre le yoga à des bonnes sœurs !
Il se décala subitement et se redressa sur les jambes et les bras, de façon à former un triangle isocèle (allez, on révise sa géométrie !) avec son corps. Croupe en l'air, il tourna sa lune vers le soleil, qui se trouvait… derrière Haizaki. Ah ben là, niveau vue plongeante, on peut difficilement mieux faire ! Bon maintenant, restait juste à compter…
Au bout de combien de SECONDES Haizaki allait-il déposer les armes.
Une…
Deux… Deux pas en avant vers lui…
Trois…
Quatre… Haizaki venait de se poster juste derrière lui, projetant son ombre sur son échine.
Cinq… Kise ondula des hanches avec souplesse.
Six… Il les balança de droite à gauche comme un métronome, se lançant dans une danse hypnotique pour attirer un peu plus sa proie.
Sept… Haizaki colla son bassin contre son divin postérieur luisant d'huile de monoï pour le bronzage. Huile qui le rendait particulièrement glissant et… praticable… Et dont une partie avait pu couler et tapir par inadvertance ou non ses entrailles pour les apprêter à recevoir le loup.
Huit, à la Saint-Marguerite, montre-moi ta b*te. (Parce que ça rime)
Neuf, Haizaki empoigna fermement sa taille.
NEW WORLD RECORD !
Le tatoué n'avait même pas tenu dix secondes…
Un peu pathétique, tout de même de posséder aussi peu de volonté.
« On peut savoir ce que tu crois être en train de faire là, au juste…? »
Avoir l'air agacé surtout, très important pour la crédibilité, alors qu'en réalité, Kise jubilait intérieurement.
Son petit plan avait fonctionné à merveille ! Ah ! C'était lui le plus malin !
Et comme prévu, Haizaki ne recula pas, venant même se frotter sans vergogne aux deux coussins moelleux de l'adepte du yoga en tenue d'Adam.
« Je dis bonjour à ton cul, ce chef d'œuvre d'art moderne. »
Haha le con… Ahem… Rester sérieux, surtout.
« Ouais, bah t'as une drôle de façon de faire. Qui ne me plaît pas du tout, soit dit en passant. Alors lâche-moi maintenant ! »
« Oh allez quoi… laisse-moi au moins te jouir dessus, sois sympa… Pas dedans, j'ai compris, ça, j'ai pas le droit ! »
« Et puis quoi encore ? Ni dedans, ni dessus, ni à travers, ni dessous ! » On aurait pu penser qu'il parlait d'une nouvelle discipline olympique là… « Si tu le veux tant que ça, tu sais très bien c'que t'as à faire Shogo : parle avec ta bouche d'abord et seulement ensuite, tu pourras laisser parler ta queue. C'est simple pourtant. »
Wow… c'était plutôt cru comme façon de s'exprimer et Kise n'en avait pas l'habitude. Mais… c'était loin d'être désagréable en fait. Il y avait un petit côté… libérateur et finalement, Kise se surprenait à prendre goût au petit jeu de pouvoir qui s'était établi entre eux. Bien plus qu'il ne l'aurait cru au départ, même. Cela lui rappelait leurs duels endiablés à l'époque du basket.
« Et si je lui raconte une blague, tu crois qu'il voudra bien de moi ? »
Kise roula des yeux. Qu'est-ce qu'il allait encore bien pouvoir pêcher ce narval… (pas le cétacé avec la corne) …o ?
« Tu peux toujours essayer… » L'encouragea t-il cependant.
Mais si sa blague était du même niveau que celle qu'il lui avait faite au bar, autant dire que la virilité nécessiteuse du brun risquait de trouver portes closes… Mais Kise ne pouvait pas refuser la perspective qu'Haizaki puisse se ridiculiser à nouveau.
« Bon alors c'est l'histoire d'un mec, il a cinq bites et du coup, son slip lui va comme un gant. »
OH BORDEL.
« … »
Les lèvres de Kise se tordirent en un rictus grimaçant.
Quel sens de l'humour tout bonnement effroyable !
« Je pense que t'aurais sans doute eu plus de succès en te contentant d'un bon vieux 'Sésame, ouvre-toi' des familles… »
« Non, à mon avis, c'est juste que j'ai pas dû m'adresser à lui avec la bonne langue… » Supposa Haizaki.
Kise haussa un sourcil parfaitement épilé. Où voulait-il en venir celui-là encore ? Son bassin se désolidarisa du blond et Haizaki se laissa alors tomber à genou. Agrippant à pleines mains les deux rondeurs inspirantes du mannequin, il les écarta autoritairement.
« Heu… Sho… ? Qu'est-ce que tu-… »
« Shhh… Tais-toi et profite. »
« Pfff… de nous deux, ce serait plutôt à toi de te taire, espèce de tue-l'amour à l'humour pitoyable et à langue trop bien pendue ! » Pensa le renard.
Oh mais c'était tout à fait ce qu'il comptait faire… Et accessoirement, lui montrer que cette langue si bien pendue pouvait avoir d'autres usages que la parole…
Haizaki se lécha le pouce, ce geste si caractéristique chez lui, qui le faisait ressembler à un prédateur prêt à savourer sa proie. Et franchement, jamais ce tic n'avait été aussi approprié qu'à cet instant… En particulier lorsque son doigt humide vint frotter la porte du Paradis située entre les deux nuages moelleux de Kise…
… Kise qui se tendit subitement, se mettant à frémir comme une feuille morte ballotée par le vent d'automne. Cette zone était en effet réputée pour sa sensibilité et l'état d'excitation continu dans lequel il était plongé depuis la veille ne faisait que rajouter à sa frustration. Finalement, le résultat escompté était bien présent, mais pas dans le sens que Kise avait planifié, puisque son piège menaçait actuellement de se retourner contre lui. L'ongle à la fois court mais aiguisé d'Haizaki cercla le contour du timide orifice, qui essayait de se rétracter instinctivement sous la surprise, telle une mignonne petite huître dans sa coquille. (Oui bon, désolée, pas l'animal le plus glamour de la Terre – ou de la mer dans le cas présent - j'en conviens, mais je voudrai bien vous y voir vous côté métaphores !)
« Aaaah… Shogo… » Se mit à haleter Kise par pure anticipation.
« On a bien dit « pas de pénétration phallique », c'est bien ça ? Mais on est ok pour tout le reste alors ? » Vérifia Haizaki.
… Attends une minute, comment ça « tout le reste » ? Quel reste ?
« AAAH ! » S'étrangla à moitié le Kitsune.
Bon bah… le piercing humide – appartenant à la langue du brun - qu'il sentait à présent lécher la peau fine de son anneau musculaire, lui donna une réponse sans équivoque. Naaan… Haizaki n'allait quand même pas OSER faire ça ? Rares étaient les amants du blond qui avaient eu l'audace d'utiliser leur langue en guise de scaphandre pour descendre dans les profondeurs de son abysse anal. A plus forte raison quand aucune exploration pénienne n'était à l'ordre du jour… Baignade interdite pour le petit Popol, qui était prié de rester bien sagement sur la terre ferme !
A nouveau, la réponse d'Haizaki ne se fit pas désirer bien longtemps, comme sa langue se mettait à titiller le discret insert pour l'inciter à s'ouvrir à elle. Kise en eut le souffle coupé lorsqu'il sentit l'appendice dardé au maximum s'insinuer en lui progressivement. Humidement. La petite bille de métal qui ornait son extrémité était froide, lui envoyant des décharges électriques dans tout le corps. C'était comme si des ramifications de plaisir avaient soudainement pris racine dans ses entrailles et s'étendait progressivement à l'intérieur de son être. Pour son plus grand bien-être justement.
Et oooooooh bon sang, qu'est-ce qu'Haizaki avait la langue bien pendue. Ce qui, tout bien considéré, était plutôt une qualité dans le cas présent. Une qualité très utile, même. Un couinement d'extase échappa à celui qui recevait cette gâterie chatouilleuse. Pour pouvoir visiter au mieux la crevasse dans laquelle il s'était engagé, Haizaki avait collé sa tête le plus loin possible entre les deux coussinets à la fois dodus et musclés, dont la forme parfaitement ronde et régulière ne cessait de l'émerveiller…
… Et s'il y avait bien quelqu'un d'autre qui se sentait émerveillé en cet instant, c'était Kise. La langue souple d'Haizaki tourbillonnait en lui comme une petite hélice, provoquant de doux frémissements dans le creux de ses reins. Reins qui arboraient deux adorables petites fossettes de chaque côté, dont Haizaki n'avait pas manqué de prendre note mentalement. Tout chez Kise, chaque petit détail, semblait contribuer à le rendre plus sexy encore (si c'était encore possible…) au fur et à mesure qu'on les découvrait. Exactement comme ce choupinet grain de beauté savamment placé sur sa fesse gauche. Oui, le blond de Kaijo était un appel constant à la luxure. Pas étonnant qu'il soit parvenu à faire tourner la tête d'Aomine ou encore d'Asami… Et de millions d'autres anonymes également. Prenant son temps, Haizaki s'appliquait à le goûter et à le savourer à sa juste valeur, à la manière d'un bon millésime.
N'en pouvant plus, submergé par la vague de stupre qui se déversait en lui, Kise vascilla sur son matelas de fortune improvisé. (Mais les miches toujours en l'air et à l'air.) Ses hanches ondulaient machinalement pour aider Haizaki à mieux se placer et coulisser en lui. Le blond frottait son bassin de façon compulsive contre le tissu rêche de la serviette, dans l'espoir de calmer un peu sa douloureuse érection. Yeux fermés, les paupières crispées par le plaisir, Kise mordit dans la matière en éponge pour taire ses gémissements de moins en moins… discrets et étouffés.
Mais subitement, un claquement sec résonna dans l'air et une vive douleur réveilla son fessier engourdi par les précédentes attentions d'Haizaki. Le bruit correspondait à celui d'une fessée. (Déculottée) Kise ouvrit des yeux ronds comme des ballons de basket, ne comprenant pas ce qui venait de se passer.
La langue satinée du brun le quitta aussitôt.
Naaaan pourquoiiii ? Reviens ici petit ange parti trop tôt !
« Hé toi ! » Le héla (oui, c'est le verbe approprié, puisqu'il signifie littéralement "dire hé" !) le fauteur de trouble. « Pourquoi est-ce que je ne t'entends plus couiner ? T'as intérêt à donner de la voix, pour que je sache à quel point je te fais du bien, sinon j'arrête tout c'est bien compris ? »
Wow sacrée menace. Et Kise se sentait dans un tel état de fébrilité, qu'il se sentait incapable de refuser la requête de son cher bienfaiteur. Même si… d'un certain point de vue, on pouvait considérer cela comme une défaite. Frottant doucement sa fesse aussi rouge qu'endolorie sur laquelle se trouvait à présent imprimée la marque de la dame à cinq doigts d'Haizaki, Kise se positionna en « chien de fusil » (non, il ne s'agit pas d'une énième pose de yoga…), le regard embrumé par le désir et un peu par la douleur aussi parce que merde, Langue de Velours n'y était pas allé de main morte.
« Ok… je ne m'empêcherai plus de gémir c'est promis, mais je t'en prie, continue… »
A ce stade, Kise - dont les yeux étaient aussi humides que ses entrailles tapissées de salive – aurait sans doute été incapable de repousser Haizaki, si ce dernier avait demandé à remplacer sa langue par un certain appendice nettement plus volumineux.
Merde.
Il se sentait faible.
A la merci d'un prédateur plus fourbe et fort que lui.
Mais il avait BESOIN que son adversaire termine ce qu'il avait commencé. Kise avait l'impression d'être sur le point d'exploser et d'imploser en même temps, drôle de sensation s'il en était… Frissonnant, haletant, soumis, offert…
« S'il te plaît… Tu peux pas m'laisser dans cet état… »
Mais Haizaki secoua la tête.
« J'vais m'gêner tiens ! T'as vraiment l'air pathétique comme ça Ryota, avec ta queue aussi gonflée que la poitrine d'une californienne qui vient tout juste de passer sous le bistouri de son chirurgien… »
N'appréciant guère la remarque, Kise fronça des sourcils et il rabattit l'une de ses cuisses sur la partie incriminée, afin qu'Haizaki ne puisse plus la voir. Se redressant sur un bras, Kise était prêt à se lever pour partir la queue entre les jambes (c'est le cas de le dire) et sa dignité en bandoulière, lorsque tout à coup, Haizaki le rejoignit sur sa serviette. Tournant la tête pour éviter de croiser son regard de connard triomphant, Kise fixa le sol, mais le loup l'obligea à lui faire face en passant deux doigts sous son menton.
« Pourquoi il faut toujours que tu gâches tout en ouvrant ta grande gueule… ? » Vociféra le mannequin.
« Mais c'est pour mieux te manger mon enfant… » Répondit Haizaki sur un ton dangereux, en full mode « Grand Méchant Loup. »
Sa main libre se posa sur la cuisse de Kise, la caressant doucement comme pour le convaincre du bienfondé de ses mots et montrer patte blanche. Le tatoué était si proche… si proche que Kise pouvait sentir l'odeur âcre de sa transpiration venir lui chatouiller les naseaux. Si proche… qu'il serait facile de plaquer sa main sur son torse et de le forcer à s'allonger sur le dos. Puis, de l'enfourcher et s'asseoir sur son visage arrogant pour l'étouffer entre ses deux ballons de basket bien lisses jusqu'à ce qu'il lui donne enfin l'orgasme tant teasé…
Oui, ce serait tellement facile.
Mais Kise n'était sans doute pas encore assez énervé. Il croyait en la méthode douce. Amener Haizaki à faire ce que LUI voulait, subtilement. Mais le loup n'est pas animal à se laisser dompter aisément. On ne dresse pas un loup comme on dresse un chien. On ne peut pas gagner sa confiance et son affectation à l'aide de quelques caresses et de croquettes industrielles.
Aussi… lorsqu'Haizaki le souleva brusquement à la manière d'une mariée, Kise sentit tous ses muscles (sauf le principal…) se détendre dans les bras robustes de son compagnon. Sûrement le brun voulait-il continuer leur petite affaire en un lieu plus confortable. La preuve, il se dirigeait vers la porte-fenêtre.
Enfin, il allait s'occuper de lui.
Ah mais quelle belle illusion !
Parce qu'au lieu de ça…
« Tiens, je crois que t'as besoin de te refroidir… »
Au moment même où il contourna la piscine, l'ancien garçon au cheveux d'argent en profita pour se délester de son encombrant paquet. Au fond de ladite piscine, bien entendu. Kise, qui ne s'y attendait décidément pas, (et on ne peut pas lui en vouloir de n'avoir rien vu venir au regard des circonstances…) eut tout juste le temps de fermer la bouche pour éviter de boire la tasse. Furieux, il battit rapidement des jambes pour remonter à la surface, uniquement pour constater qu'Haizaki s'était accroupi au bord du bassin, mort de rire.
« Ahaha ! Ça t'apprendra à me réveiller après m'avoir empêché de dormir toute la nuit ! Je me suis tellement branlé par ta faute que j'ai perdu au moins deux centimètres de peau ! Et je voudrai pas prendre le risque d'user prématurément ma jolie queue pour tes beaux yeux. »
Et de disparaître à l'intérieur sur ces sages paroles.
Trempé, mais à présent bien réveillé à son tour Kise bouillonnait de rage.
Quel culot !
Dire qu'il espérait encore pouvoir aboutir à une résolution pacifique du conflit. Mais là, ce qu'Haizaki venait de faire, équivalait à une déclaration de guerre TOTALE. Aucune reddition possible. Ne restait plus que l'ANNIHILATION comme solution envisageable.
Impardonnable !
Oh oui, Kise allait l'écharper son cher louloup d'amour ! Et se tailler un manteau de fourrure avec sa carcasse ! Un comble pour un militant des droits des animaux tel que lui, mais son ex-future-actuelle Némésis l'avait bien cherché !
Tandis qu'il regagnait le bord en nageant le crawl, Kise perçut une sonnerie caractéristique dans l'air.
La sienne. Celle de son téléphone portable.
Qui pouvait bien l'appeler à cette heure ? Sûrement son agent…
Il se hâta donc de regagner la terrasse pour aller répondre, mais fut surpris de lire le nom qui s'afficha sur l'écran. Tiens, il ne l'attendait plus ce coup de fil, bien que Kise avait laissé un message à cette personne un peu plus tôt en lui demandant expressément de le recontacter. Et la voix qui s'adressa au renard lorsqu'il décrocha confirma l'identité de son mystérieux appelant…
« Allô, Kise-kun ? »
Et voilà c'est fini FIOUUUU presque 20000 mots les girlz ! (Ils sont de plus en plus longs mes chapitres, nan ? ._.)
Wow, j'ai vraiment écrit ça...? Pour celles qui se plaignaient de "devoir attendre" et que c'était "trop sage" ahaha j'espère que vous êtes servies !
Voilà, voilà, mais j'assume tout hein bien entendu...
...
... Bon et sinon, à qui appartient la voix à la fin du chapitre ?
Qui va voir Haizaki à la sortie de l'école maternelle ? (Indice : Non, ce n'est pas Pédobear.)
Quelle est la véritable nature de la relation entre Haizaki et cette chère Vivi à la générosité décidément bien... généreuse...?
*Wink wink* ... "Asami"...? Kiçéça ? Keskilveu ?
Mais surtout, qui craquera le premier entre le renard et le loup ? Les paris sont ouverts, n'hésitez pas à me faire part de vos théories à ce sujet, comme d'habitude, j'adore liiiiire vos commentaires d'autant que vous êtes de vraies Sherlock en herbe !
A bientôt pour la suite ! (A priori, on devrait revoir Kagami dans le prochain chapitre et sans doute aussi... AOMIMI, le grand retour ! J'ai également bien noté que vous vouliez voir un peu comment ça se passait du côté des deux fauves et j'espère donc pouvoir leur consacrer un chapitre prochainement !)
