Hello les goooos et les gooosettes ! (comprenne qui pourra...)
Wow j'arrive pas à y croire : déjà 9 chapitres en ligne !? Et pas des petits, en plus ! Je dois dire que je suis assez fière de moi, malgré tout !
J'ai même commencé à traduire cette histoire en anglais et à la poster sur AO3.
Bon, pas de blabla aujourd'hui, je vous balance juste ce chapitre encore tout chaud sorti de son four cérébral !
Enjoy, j'en dis pas pluuuuuuuuus !
Echo Park se trouvait beaucoup plus proche de Downtown Los Angeles où Kise créchait actuellement, que de Compton où se situait l'appartement d'Haizaki. Une aubaine ! Bien que le blond n'était pas très porté sur les routines sportives, du moins, pas de manière aussi assidue que pouvaient l'être Midorima ou Kagami, il appréciait néanmoins l'idée de pouvoir se remettre à pratiquer le jogging petit à petit. Lorsque le mannequin arriva sur les lieux du rendez-vous, il ne fut pas surpris de constater que Kagami l'y attendait déjà. Car contrairement à sa feignasse patentée de panthère, le tigre mettait un point d'honneur à se montrer ponctuel.
Kagami fit de grands signes de la main en direction de Kise et ce dernier le rejoignit en trottinant. Le rouge lui tendit alors un sac de sport contenant de quoi se changer comme le Kitsune le lui avait demandé et il alla donc enfiler des vêtements plus adaptés dans les toilettes situées à l'entrée du parc. Bon, il flottait un peu dans ces fringues et les baskets prêtées par Kagami avaient une voire même deux bonnes tailles de trop, mais Kise serra bien le tout au maximum et roule ma poule !
Tout d'abord, ils débutèrent par l'échauffement. Ce serait con de se faire un claquage avant même d'avoir commencé à courir et une bonne préparation restait essentielle aux yeux de Kagami. Impossible d'y échapper ! Kise, lui, avait plutôt tendance à négliger cet aspect, se montrant plus prompt à brûler les étapes… dans tous les domaines. On le voyait très bien d'ailleurs avec un certain loup…
Par contre, s'il y avait bien une chose que Kise ne brûlait pas dernièrement c'était… les calories.
Kagami lui en fit part avec toute la diplomatie qui le caractérisait, tandis qu'ils s'étiraient et que le T-shirt du blond était remonté, dévoilant ses hanches saillantes.
« T'as grossi Kise. »
OUCH ! VAS-Y PRENDS-TOI CA DANS LES DENTS, C'EST GRATUIT !
« Gnaaaa Kagamicchi, comment c'est trop pas gentil de dire ça ! » Cessant de brailler, il s'éclaircit la gorge en rougissant, un peu gêné. « Mais heu… en effet, mon agent m'a fait la même réflexion la semaine dernière… Sauf que j'y peux rien moi ! J'essaie de manger équilibré, mais depuis que j'habite avec Haizaki, c'est devenu très difficile ! Ce type ne jure que par la bouffe Italienne riche et grasse ! Je t'assure, je vais finir par croire qu'il a de la sauce bolognaise qui lui coule dans les veines à la place du sang ! »
Kagami s'apprêtait à rire de bon cœur suite aux élucubrations enjouées du renard, mais il s'interrompit en constatant des traces de griffures assez profondes dans le bas du dos de Kise.
« Et ça aussi, c'est de la sauce bolognaise…? » Fit-il en effleurant du bout de l'index les marques rouges présentes sur le corps de l'ancien as.
Frissonnant au contact du tigre, le renard se renfrogna bien vite cependant à la vue desdites 'blessures'. Ou plutôt égratignures. Sûrement des reliques de son petit corps-à-corps de la veille avec Haizaki… Le loup s'était effectivement montré brutal à plusieurs reprises, mais sans jamais perdre le contrôle et Kise avait même trouvé cela plutôt excitant. Mais essayez d'expliquer ça à quelqu'un d'aussi protecteur que Kagami, vous…
« Bon, j'crois qu'on s'est assez échauffés ! On y va ? » Demanda Kise, qui avait préféré éluder la question.
« Kise… tu es sûr que tout va bien ? » Continua pourtant de s'inquiéter Kagami.
« Je t'en prie, ne deviens pas comme Daikicchi toi aussi… J'ai déjà bien assez d'une mère et de deux grandes sœurs, je n'ai pas en plus besoin de deux frères possessifs ! Alors arrête de t'en faire, je sais très bien me défendre tout seul si nécessaire ! »
Il avait répondu un peu plus fermement qu'il ne l'aurait voulu, mais l'ex de Seirin ne pipa mot et il se contenta d'hocher de la tête. Tiens donc, Kagami serait-il plus respectueux de l'intimité d'autrui qu'Aomine ? Le basané avait la fâcheuse manie de monter dans les tours au moindre signe suspect et cette attitude, bien que partant d'une bonne intention, pouvait rapidement s'avérer étouffante. Combien de fois ce grand dadais avait-il fait peur et même, dans le pire des cas, fuir les conquêtes de son ami ?
Car contrairement à Kagami, le côté protecteur d'Aomine avait tôt fait de basculer dans la possessivité outrancière… On conviendra aisément qu'accueillir chaque prétendant de Kise en faisant semblant de nettoyer minutieusement son arme de servic, le tout en fournissant un maximum de commentaires graphiques sur les dégâts corporels que peut occasionner une balle de revolver bien placée, aurait de quoi refroidir même les plus téméraires. Surtout quand la partie de l'anatomie citée pour l'exemple n'était autre qu'une paire de testicules… (ou les ovaires, dans le cas plus rare d'une fille.)
En tout cas, Kise fut soulagé de constater que Kagami eut la décence de ne pas insister, lui.
Les deux partenaires d'entraînement attaquèrent directement par les exercices les plus physiques. On sentait que le corps de Kagami était habitué à suivre une discipline drastique de par son métier de pompier, extrêmement exigeant. Kise avait donc un peu de mal à tenir le choc, il se sentait partiellement rouillé et décida donc d'y aller plus progressivement. Il parviendrait sûrement à égaler les performances du rouge d'ici quelques semaines, si toutefois il se montrait suffisamment investi en pratiquant régulièrement. Comme pour le basket. Oh, il doutait de revenir un jour à son niveau d'antan mais… Kise était persuadé de pouvoir tenir tête aux deux fauves en un rien de temps. Après tout, eux aussi avaient perdu de leur fougue ! (Ahaha ! T'as de l'espoir Kise, c'est bien !) Et puis, Kagami lui avait proposé un deux contre deux à l'ancienne avec Haizaki, bien que le mannequin ignorait le niveau actuel du voleur de techniques…
Haizaki…
Encore.
A croire que tout son petit monde tournait à présent autour du brun, tant Kise y revenait constamment… Enfin, tant qu'il ne se limitait pas juste au brun…
Les deux ex-basketteurs terminèrent leur routine par un tour du parc en trottant à bonne allure quand même. Kise n'était pas mécontent du changement de rythme bienvenu, parce que suite aux derniers assouplissement effectués, ses jambes le tiraient. Sa petite séance improvisée de naked yoga n'y était certainement pas étrangère non plus… Enfin bon, il commençait à fatiguer quoi. Kagami ne l'avait vraiment pas épargné ! Le parcours sportif quotidien d'un pompier n'avait décidément rien à voir avec celui d'un citoyen lambda, ex-athlète ou pas. Kise profita donc de l'accalmie pour tenir le tigre au courant des derniers événements, à savoir l'emménagement chez cette chère Tatie Vivi.
En passant devant le lac sur lequel flottaient des pédalos bien kitchs en forme de CYGNE, Kagami ralentit pour désigner l'un d'eux.
« On est justement allé en faire ce week-end avec Aomine ! »
Quoi ? Noooooooon ? Ahaha ! C'était bien le genre d'Aomine de proposer ce genre d'activités… en amoureux. Parce que FORCEMENT, une telle idée ne pouvait venir que de lui ! Il devait penser que faire du pédalo avec son chéri, au milieu des canards qui barbotent et des gamins surexcités, s'apparentait au SUMMUM du romantisme ! Oui, finalement, tout bien réfléchi, ça n'étonnait pas Kise et un léger rire lui échappa, rien que d'imaginer deux grands gaillards comme eux obligés de se contorsionner dans tous les sens, en repliant leurs immenses guiboles pour pouvoir tenir dans la minuscule embarcation sans la faire chavirer. Après tout, les mots « romantique » et « ridicule » commençaient par la même lettre, à défaut de bien s'accorder. Sûr que les fauves n'avaient pas franchement dû passer inaperçus parmi les familles qui venaient tranquillement naviguer sur le lac…
« Vous avez l'air de faire des trucs de couple plutôt sympas toi et Dai en tout cas. »
« Oh mais je suis sûr que toi et Haizaki aussi ! » Se défendit Kagami en rougissant.
Grand mal lui en prit…
« Heu ouais si tu l'dis… » Rétorqua Kise, en affichant une moue d'abord sceptique. « Quoique, la feuille de rose qu'il m'a fait ce matin était plutôt pas mal, c'est vrai… »
« 'Feuille de rose' ? » Répéta Kagami, sans comprendre de quoi il s'agissait. « J'aurai jamais cru qu'Haizaki s'intéressait à la botanique… »
Ça ne matchait pas vraiment avec l'image de bad boy que s'en faisait le tigre. Mais bon, Kagami ne l'avait pas revu depuis un bail et ses centres d'intérêt avaient très bien pu évoluer avec le temps. Et puis, ne dit-on pas qu'il ne faut pas juger un livre à sa couverture ?
« Non, c'était juste la manière élégante et tout public de dire qu'il m'a fait un anulingus. » Précisa Kise, mais uniquement après qu'une mère de famille et sa poussette se soit éloignée d'eux.
« ! »
Et puisqu'ils avaient fait l'erreur de ne pas s'arrêter de courir pendant qu'ils discutaient, Kagami se mangea un lampadaire en pleine poire, sous le choc de cette révélation. Kise avait en effet lâché cette info avec un tel aplomb en le prenant de court, que Kagami avait manqué de s'assommer sur le coup. Oh il allait sûrement arborer une belle bosse demain au boulot, ce qui lui vaudrait bien sûr quelques moqueries de la part de ses collègues les plus taquins ! Mais le plus inquiétant fut sans conteste que sa tête sonna creux lorsqu'elle heurta le poteau en acier…
« Kagamicchi O_O ! »
Kise se précipita immédiatement à son chevet. Merde, il se sentait coupable la collision entre son camarade et ce vilain lampadaire… Pauvre Kagami, il se montrait si facilement impressionnable et d'une naïveté confondante, à chaque fois que le renard avait le malheur de se confier sa vie sexuelle. Quel prude, n'empêche ! Puis, Kise repensa à Kuroko et ses cochoncetés et instantanément, il fut pris d'une soudaine compassion envers le fauve roux. Bizarre d'ailleurs qu'avec un tel meilleur ami, Kagami n'ait pas développé une forme d'immunité avec le temps… A croire que Kuroko préservait l'innocence de sa lumière en omettant volontairement d'évoquer ses exploits débridés. Malheureusement, le fantôme n'agissait de façon aussi privilégiée avec tout le monde…
Passant une main dans son dos, Kise l'aida à se redresser puisque Kagami s'était retrouvé les quatre fers en l'air suite à sa révélation.
« Hey ça va ? D-désolé d'avoir dû parler aussi crûment, mais c'était le seul moyen pour que tu comprennes… »
Le renard semblait sincèrement concerné par l'état de son ami, mais chassez le naturel, il revient en Airbus… et il se vexa tout à coup. Ça faisait la seconde fois en deux jours que Kagami s'offusquait de ses confessions ! Pourquoi serait-ce à lui de se sentir honteux ? C'était la nature après tout ! Rien n'est sale ni tabou entre adultes consentants ! Il ne faisait donc rien de mal ! Parce que comme on dit, « il n'y a pas de mal à se faire du bien ! »
« Oh et puis merde quoi, pas la peine de jouer les effarouchés non plus hein ! Je suis sûr que toi aussi tu fais ce genre de trucs avec Daikicchi ! » S'emporta le copy cat.
Non, parce que connaissant l'animal et l'ayant même déjà pratiqué, Kise savait parfaitement que son ancien colocataire était loin d'être un enfant de chœur dès lors que le sujet du sexe était abordé. En effet, dire que pour le ganguro le sexe constituait l'essentiel d'une relation serait un bel euphémisme… En tout cas, ne supportant plus de passer pour le dépravé de service, Kise se remit en marche sans même avoir laissé le temps à Kagami de se remettre sur pattes.
…
Grand mal lui en prit … (et oui, à lui aussi.)
« … Aomine… il ne me touche pas… » Murmura Kagami tête basse, mais suffisamment fort et intelligiblement pour que Kise l'entende. « Jamais… »
« ! »
Sa sincérité était si désarmante, que cette fois, ce fut Kise qui ne vit pas la méchante poubelle dressée sur sa route et qu'il vint donc naturellement percuter de plein fouet, en se prenant les jambes dedans. Et parce que je suis une gentille autrice qui se soucie du bien-être de ses jouets… heu… personnages, je vais éviter d'écrire que notre beau renard tellement séduisant et attaché à son hygiène, se retrouva la tête coincé dans ladite poubelle par exemple et que des capotes usagées vinrent se déverser dans sa magnifique crinière dorée !
Mais non, je ne suis pas cruelle à ce point (dixit celle qui leur a déjà fait subir bien pire…), même moi j'ai mes limites !
Cette fois, ce fut Kagami qui vint à la rescousse de Kise pour l'aider à se remettre sur pieds. Le blond en était encore tout sidéré : comment se faisait-il que quelqu'un d'aussi porté sur la bête à deux dos qu'Aomine, ait pu basculer dans l'abstinence du jour au lendemain ? Enfin, si on y réfléchissait… il subsistait une bonne dose de suspicion quant à laquelle le basané souhaitait simplement préserver la chasteté de son amoureux, à moins que l'amateur de grosses poitrines ne se soit dégoté une nouvelle vocation : prêtre ! Mais BIZARREMENT, Kise trouvait cette seconde hypothèse nettement moins plausible et réaliste.
Quoi qu'il en soit, deux choses étaient certaines à ce stade :
La première, c'est qu'Aomine n'avait eu aucun mal à la lever avec lui pour parler de manière imagée. Alors, il était fort peu probable que… le problème soit physique.
Et la seconde étant que Kagami lui avait avoué cela avec de la tristesse dans la voix. Il souffrait donc vraisemblablement de cette situation, qu'il savait ne pas être normale. Surtout avec ce que Kise lui avait raconté ces derniers choses. Lui, n'était même pas en(core ?) couple avec Haizaki que déjà, il avait déjà reçu davantage d'attentions sexuelles que Kagami.
Le top modèle international aurait dû s'en réjouir, sans doute. Jubiler intérieurement, (à défaut de l'afficher à l'extérieur) que celui qui avait brisé son cœur et profité de son corps sans l'assumer, ait une baisse de libido à peu près égale au déclin du taux de natalité de leur patrie d'origine. Pour autant, connaissant Aomine, cette absence totale d'action à l'horizontale était forcément PREMEDITEE. Même si Kise ne comprenait pas pourquoi, n'étant pas au courant de tous les tenants et aboutissants. Kagami lui-même semblait paumé, or se réjouir sans vergogne de la misère sexuelle qui régnait au sein du couple fraîchement formé par les fauves n'aurait pas été juste envers le tigre…
Pour autant… est-ce que cela voulait dire que Kise avait le devoir moral d'aider Kagami ? De l'interroger pour essayer de trouver une solution à son problème … ?
Non…
C'était trop difficile.
Trop tôt…
Et le sujet était encore terriblement sensible…
La seule chose dont se sentait capable Kise était simplement de l'écouter se confier sur le poids qu'il avait sur le cœur…
Merde… Il se sentait coupable au fond de lui. De ne pas pouvoir être un aussi bon ami pour Kagami que ce dernier ne l'était pour lui… D'avoir encore des sentiments pour Aomine… sentiments qu'il pensait pourtant définitivement enfouis… morts et enterrés… Le Kitsune n'en demanda donc pas plus et Kagami eut la décence de ne pas insister. De ne pas poursuivre sur le sujet. Peut-être avait-il compris ? Le tigre avait montré la veille qu'il pouvait se révéler étonnamment perspicace et Kise en avait été le premier surpris.
« De toute façon, Haizaki est ton amoureux maintenant, nous n'aurons donc pas d'autre choix que de l'accepter… »
Les paroles de Kagami résonnèrent dans sa tête.
Ok, peut-être pas si perspicace que ça Tigrou !
« Et si on rentrait ? J-je… Ça m'a fait du bien de me défouler, merci de m'avoir invité. » Sourit Kise.
Son plus éclatant sourire hypocrite et forcé. Mais ça, Kagami l'ignorait. Pourtant, Kise ne mentait pas, il était sincère. Mais… il avait tellement l'habitude de cacher ses émotions derrière un faux sourire, c'était presque un réflexe pour lui lorsqu'il n'avait pas envie de parler, pas envie de s'expliquer ou de se justifier. Juste un sourire, pour faire croire que tout va bien et ne pas éveiller les soupçons. Et tout le monde tombait dans le panneau, jusqu'à sa propre famille… Quand vous êtes naturellement beau comme c'était son cas, cela peut rapidement devenir une malédiction. Les gens se fichent de vos états d'âme ou de vos opinions. Ils veulent juste que vous soyez constamment heureux et souriant car ils attendent de vous que vous mainteniez constamment cette image.
Vous êtes comme une poupée à l'expression figée éternellement dans un bonheur artificiel…
« D'ordinaire, je fais trois fois ce que nous avons fait aujourd'hui mais… ça t'as raison, je crois que ça suffira pour le moment ! »
« T-TROIS FOIS !? » Hurla si fort Kise qu'il fit s'envoler tous les canards du lac.
Mais ce type était une MACHINE, ce n'était pas possible autrement ! Déjà que lui au bout d'un tour de piste il se sentait au bout de sa vie ! Enfin, encore une fois, le métier de pompier exercé par Kagami n'y était certainement pas pour rien… Son corps avait l'habitude d'être fortement sollicité et les années l'avaient forgé physiquement.
« Tu verras, toi aussi tu y arriveras dans quelques temps ! »
« Sans vouloir te vexer Kagamicchi, je ne suis pas sûr de le vouloir… » Marmonna Kise.
« Oh c'est dommage… Avant que je ne quitte le Japon, Midorima m'accompagnait tous les samedi matins. C'était le seul à tenir la cadence ! »
Cette confidence n'étonna qu'à moitié Kise : Midorima était un malade mental lui aussi… heu un sportif accompli, bien-sûr ! Un fanatique de l'entraînement comme Kagami et puis, sa rivalité bien connue avec le tigre, autrement plus intense que celle qui unissait Kagami et Aomine (se limitant uniquement au basket pour les deux félins), devait être pour beaucoup dans son endurance hors du commun.
« J'ignorai que toi et Midorimacchi vous étiez si proches avant. »
« Proches ? Je ne sais pas si on peut dire ça, mais on se voyait très souvent en tout cas ! » Il sourit à nouveau, ayant répondu avec une franchise décomplexée, sans réfléchir à la façon dont pourraient être interprétées ses paroles.
Et son petit doigt disait à Kise qu'Aomine ne serait pas franchement ravi d'apprendre que le binoclard et son boyfriend s'étaient fréquentés de manière aussi assidue à une période durant laquelle la panthère était déjà FOLLE de son fauve roux.
« Par contre, on ne se parlait presque pas pendant qu'on courait. C'était très différent d'avec toi, mais j'aime bien ce changement, c'est agréable aussi ! Parce que même si l'exercice physique est une activité sérieuse, discuter fait passer le temps beaucoup plus vite ! »
Nouveau sourire solaire.
« C'est vrai, mais c'est tellement diiiiiiiiiiifficile de blablater en même temps ! On est rapidement à bout de souffle ! » Se plaignit Kise.
« On pourra ralentir le rythme la prochaine fois, si tu veux ! » Avant de se ressaisir et de rougir. « C-Car il y aura bien une prochaine fois, hein ? »
« Si tu y tiens tant que ça, pourquoi pas ? Un petit programme de remise en forme ne peut pas me faire de mal de toute façon. Sans compter que quelqu'un a eu LA DELICATESSE de mentionner que j'avais pris du poids récemment ! » Répondit Kise, sarcastique, bras croisés sur son poitrail et regard assassin de rigueur.
« Ahahaha… ça alors, mais quel goujat… ahaha… je n'en reviens pas qu'un gars ait osé te balancer ça comme ça… » Se força à rire nerveusement le tigre, main passée derrière le crâne.
« Toi par contre… tu n'prends pas un gramme et pourtant tu manges comme un mammouth ! Nan, nan, même un mammouth, tu le mangerais ! » Kagami devait être un tigre à dents de sabre en fait… Oui, ça faisait du sens. « Je t'envie ! Parfois, j'ai l'impression que même juste en buvant de l'eau plate, je prends du poids ! »
« Mais non, tu exagères… »
« Quand j'étais enfant… j'étais un peu… potelé, tu vois ? J'ai dû suivre un régime drastique à la fin de l'école primaire, je voulais être mince en arrivant au collège, parce que j'avais peur d'essuyer des moqueries sur mon poids… » Avoua Kise, penaud.
« Vraiment ? On ne dirait pas… Je pensais que tu étais naturellement fluet. »
Le blond secoua la tête.
« Mes sœurs, oui… et même mes parents. On a une bonne génétique dans la famille. Tous, hormis moi. Je ne sais pas de quel obscur ancêtre je tiens cette tendance, mais c'est pour cela que je dois faire attention. Plus attention que n'importe qui d'autre… »
Les deux garçons se posèrent sur la pelouse quelques instants, près des familles qui pique-niquaient dans un calme relatif et Kagami dégaina deux bouteilles d'eau fraîches. D'où les sortait-il ? Ah mais oui, c'était de Kagami qu'on parlait après tout… Il pensait toujours à tout. Prévoyant et attentionné.
« Je crois que… c'est à cette époque que j'ai commencé à développer mon talent pour la copie, inconsciemment. Parce que… je voulais ressembler à ma sœur aînée… Mes parents l'adoraient… elle était si parfaite, elle remportait tous les concours de beauté auxquels elle participait. Mon autre sœur aussi, celle du milieu, se démarquait mais par sa grande intelligence. A peine entrée au collège, elle raflait déjà tous les prix de science… Tandis que moi… j'étais le vilain petit canard de la fratrie et j'avais peur… que mes parents finissent par se lasser et par ne plus m'aimer si je ne me montrais pas à la hauteur… La pression était d'autant plus grande que j'étais le fils unique de la famille, le seul garçon… C'est ridicule, je sais… haha… mais pourquoi est-ce que je te raconte ça maintenant ? »
« Ça ne me dérange pas de t'écouter Kise, c'est à ça que servent les amis. »
« Amis ? Mais toi et moi nous ne sommes que des camarades, tout au plus… » Se retint de commenter le renard.
Formuler cette pensée à voix haute serait cruel et gratuit envers Kagami qui, depuis le départ, ne faisait que tendre la main vers lui. Une main secourable, la même qui avait déjà aidé tous les autres Miracles à refaire surface dans le passé.
« Enfin, ne t'inquiète pas hein ! Mes parents ne m'ont jamais maltraité ! C'était juste moi qui… me montais la tête tout seul… et qui mettais la barre trop haut. Je voulais tellement qu'ils soient fiers de moi aussi… Et au final, qu'est-ce que j'ai réussi à accomplir ? J'étais bon en sport. Tous les sports, sans exception. Mais au final, je n'ai jamais réussi à être le meilleur dans mon domaine, contrairement à mes sœurs… »
« J… je n'ai ni frère ni sœur moi, alors j'ignore ce que ça fait de grandir au sein d'une fratrie, mais j'imagine qu'y trouver sa place peut être compliqué. Je crois que c'est normal à un moment donné qu'une forme de rivalité s'installe, surtout quand les parents l'encouragent et qu'on est le petit dernier… »
Enfin, Kagami avait bien compris que ce n'était pas le cas des parents du blond, mais… Cependant, Kise avait pris le contrepied inverse, là où il aurait dû tenter de se démarquer…
« En vérité, je ne faisais que copier, me calquer sur les autres pour me conformer à ce que l'on attendait de moi. Par conséquent… » Il secoua la tête. « Je n'avais pas de personnalité propre, parce que ça, on ne peut pas le copier tu vois… » Il ramena ses genoux contre lui. « Et… à force de copier tout le monde, il devient complexe d'en avoir une bien à soi. De savoir qui l'on est vraiment… »
Et au final… c'était peut-être pour cela que ses relations de couple ne duraient jamais dans le temps… Personne ne prenait jamais la peine de le connaître et pour cause : il n'y avait RIEN à connaître… Il était tel une coquille vide. Beau à l'extérieur, mais proche du néant à l'intérieur. Un trou noir qui aspirait toutes les émotions et toutes les personnes qui faisaient l'erreur de s'intéressait à lui… quand ça arrivait… Ce qui se faisait de plus en plus rare. En général, les gens se laissaient attirer par son physique et une fois qu'ils avaient obtenu de lui ce qu'ils désiraient, ils disparaissaient sans se retourner…
Comme Aomine…
Et Haizaki ferait pareil, dès qu'ils auraient couché ensemble.
Et quelque part… Kise avait toujours secrètement admiré Haizaki. Une part de lui en tout cas, part qu'il ne voulait surtout pas reconnaître… Parce que l'autre garçon avait un talent similaire au sien, ce qui de base, en faisait des ennemis naturels, des rivaux héréditaires, comme une mangouste et une vipère. Sauf qu'en réalité, Haizaki possédait une personnalité propre. Contrairement à lui, le voleur ne se contentait pas juste de copier les autres, non, il s'appropriait leurs techniques et les retournait contre eux en les adaptant à sa sauce. En d'autres termes, l'ex-délinquant dépouillait ses adversaires de leur personnalité, de leurs spécificités.
Il les volait, les pillait.
Les vidait de toute leur substance…
Kise, lui, n'était capable que d'imiter. De reproduire les mouvements des autres, en s'inventant une personnalité pour aller avec.
Alors au fond de lui, il ressentait une pointe d'admiration mêlée à de la jalousie.
Haizaki était si libre… si indomptable. Il ne faisait que ce qu'il désirait réellement et ne laissait jamais personne lui dicter sa conduite. Il n'éprouvait pas non plus le besoin de répondre à des standards ou d'agir de la façon que la société avait décidé pour lui.
« Mais ça n'arrivera pas avec moi, il ne pourra rien me voler, parce que je suis déjà vide. Et puis, c'est juste mon corps qu'il veut. »
« … Kise ? »
« Hmm ? Excuse-moi, j'étais perdu dans mes pensées. »
« C'est pas grave, ça m'arrive souvent aussi ! Je te demandais si tu voulais venir prendre une douche chez moi avant de rentrer… p-puisque… tu n'as pas l'air d'avoir envie de voir Haizaki tout de suite… »
« Pas envie de le voir ? » Répéta Kise, d'un air absent.
« Ben oui, c'est toi-même qui me l'as dit. Il t'a énervé ce matin et du coup, je pensais que... bah… c'était la raison pour laquelle tu avais accepté de venir courir avec moi… »
Oh… merde… Kagami s'était donc aperçu de ça… ? Kise avait pourtant essayé de le dissimuler au mieux… Hmm… bon tant pis.
« D'accord, je veux bien… aller prendre une douche chez toi. Je crois que j'en ai rudement besoin après avoir autant couru et sué comme un bœuf ahaha ! Mais ça m'a fait du bien, au moins je me suis défoulé. »
« A défaut d'y voir plus clair, une fois de plus. Je me demande s'il a senti que j'avais encore besoin d'évacuer ou s'il m'a proposé de l'accompagner sans aucune arrière-pensée ? C'est fou n'empêche comme Kagamicchi peut être naïf au point de croire que le sport est la solution à tout… Mais… peut-être qu'au final, c'était lui de nous deux qui avait le plus besoin de se vider la tête… à cause de sa situation avec Daikicchi. Oui… peut-être que… lui aussi avait besoin de fuir pour ne pas le voir… Et d'ailleurs… »
Merde…
Si Kise suivait le tigre chez lui, il y avait de grandes chances pour qu'il y croise la panthère… Connaissant leur tendance mutuelle à s'emballer, ces deux toxicos du basketball devaient déjà sûrement habiter ensemble, sous le même toit, à l'heure qu'il était. Et Kise pouvait totalement imaginer qu'il s'agissait d'Aomine, qui avait déjà fait ses valises pour venir s'installer chez Kagami, étant donné que ce dernier possédait non seulement le plus grand appartement, mais le mieux entretenu également, qui plus est.
Hmm…
Son visage s'assombrit à la simple idée de pouvoir tomber sur Aomine. Quand bien même on restait dans le domaine de l'hypothèse. Car Kise ne se sentait pas encore prêt à lui faire face.
Et une fois de plus, Kagami parut lire dans ses pensées.
« Ah, ne t'en fais pas. Aomine est sorti faire du shopping avec Mo-Satsuki… Il y a peu de chances pour que tu le croises. » S'empressa de rectifier Kagami, qui avait décidément bien du mal à ne plus l'appeler par son nom de jeune fille. « Et de plus… on ne vit même pas ensemble. »
« Vraiment ? » S'étonna Kise. « Comment ça se fait ? »
Bizarre… Ces deux-là s'étaient tourné autour pendant tellement d'années que Kise aurait cru qu'ils ne perdaient pas une seule seconde pour emménager ensemble et ainsi rattraper tout le temps perdu inutilement, passé loin l'un de l'autre.
« Et bien… je l'ai immédiatement proposé à Aomine, comme tu dois sûrement t'en douter mais… » Il se frotta à nouveau l'arrière de la nuque, gêné. « … Il a refusé. »
Son souffle se coinça dans sa gorge et Kise redirigea ses prunelles dorées vers son vis-à-vis.
Serait-ce parce que…
« Et est-ce qu'il t'a dit pourquoi ? »
Ça n'avait pas de sens… Aomine était fou de Kagami pourtant… Il n'avait donc aucune raison de décliner son offre, d'autant que le bleu devait mourir d'envie de se réveiller tous les matins auprès de l'amour de sa vie.
« Il a peur que tu aies envie de revenir… »
« ! »
« Enfin non ! J-j'ai mal formulé ! » Kagami secoua énergiquement les bras. « C-ce n'est pas que tu veuilles revenir qui lui fait peur hein, au contraire ! Ce que je voulais dire en fait, c'est qu'il souhaite conserver votre appartement dans le cas où… ça n'irait pas pour toi. Avec Haizaki. Aomine… a espoir que tu reviennes auprès de lui et c'est pour cela qu'il refuse de rendre les clés. Il veut être sûr que tu aies un endroit où aller quand… tu en auras assez de cohabiter avec Haizaki… »
« Oh… »
Wow. Kise se sentait tout con, là !
Alors comme ça, d'après Kagami, Aomine continuerait à se préoccuper de son bien-être… ?
Tandis que lui… il lui en voulait encore tellement, au point de l'éviter purement et simplement, l'ayant pour ainsi dire rayé de sa vie… Vraiment, le renard avait mal jugé son ancien ami… et il se sentait coupable d'avoir eu des pensées négatives à son égard.
« C'est pourquoi… il a gardé ta chambre exactement dans l'état où elle se trouvait avant que tu partes, il n'a rien touché pour que tu puisses tout retrouver à sa place lorsque tu reviendras. »
Kise ne s'y attendait vraiment pas. C'était l'une des choses les plus gentilles qu'on ait jamais fait pour lui… Il rougit et son pouls s'accéléra. Aomine patientait pour lui, à la maison… chez eux. Et pourtant… les paroles de Kagami lui laissaient un goût amer dans la bouche…
Aomine semblait donc à ce point persuadé que sa relation avec Haizaki était vouée à l'échec ?
Connard…
Il n'avait pas changé, finalement !
Aomine se fichait pas mal de lui en réalité, tout ce qui lui importait au fond, c'était d'avoir raison ! De pouvoir prouver sa petite théorie selon laquelle, forcément, Kise avait fait une erreur en se sauvant et qu'il allait le regretter ! Ainsi, le blond pourrait lui retomber bien gentiment dans les bras et servir de roue de secours lorsque le basané aura planté sa relation avec Kagami !
Ce sale égoïste…
Tellement imbu de lui-même et sûr de ses jugements de valeurs faits à l'emporte-pièce…
« C'est ridicule, tout va très bien avec Haizaki ! Je n'ai donc aucune raison de revenir et je peux te dire que je n'y compte absolument pas. Ça ne m'a même jamais effleuré l'esprit ! » S'efforça de sourire Kise encore plus que d'habitude.
Un sourire qui se voulait rassurant, mais pas seulement. Il devait également être le reflet de son soit disant « bonheur » avec Haizaki. Ou tout du moins, Kise espérait que le rouge le percevrait et l'interpréterait ainsi, pour pouvoir ensuite le rapporter en ces termes à Aomine. Et causer sa déception pour avoir manqué de foi en Kise et ses choix !
« Je vois… » Répondit simplement Kagami.
Ce sourire de façade… dont le jaune savait très bien qu'il s'agissait d'un mensonge.
Une illusion.
Pour faire bonne figure et sauver les apparences…
Enfin… tout n'allait pas si mal non plus, il ne fallait quand même pas exagérer… Haizaki le traitait bien. Se souciait de ce qu'il pensait, de ce qu'il désirait et même du fait qu'il mange correctement à sa faim. (d'où quelques kilos nouvellement acquis…)
A l'image de ce matin, par exemple…
Dire que Kise l'avait envoyé chier sans la moindre considération…
Et merde…
« Alors, quand tu le verras, dis-lui bien que ce n'est pas la peine qu'il attende mon retour, ok ? »
« Parce qu'il risque d'attendre pour rien cet idiot ! » S'auto-persuada Kise.
« D'accord, je le ferai. » Acquiesça gentiment Kagami, sans chercher à tergiverser davantage.
Ah… l'ancienne lumière de Kuroko ne comprenait sans doute pas ce qu'impliquait réellement toute cette situation ubuesque et encore moins le fait que Kise rejette l'apparente générosité d'Aomine. Mais cela ne faisait rien.
« Bon, on va la prendre chez toi cette douche ? » Sourit à nouveau Kise, comme si de rien n'était, avant de se remettre à rougir à la manière d'une pucelle en réalisant le sous-entendu graveleux à peine voilé contenu dans ses mots. « E-enfin, chacun de notre côté évidemment, l'un après l'autre hein ! »
« Ahaha ok ! J'vois qu't'es pressé d'te décrasser ! Allez, viens ! »
Et d'attraper Kise par l'épaule un peu trop énergiquement…
Ow… il sentait déjà de terribles courbatures poindre le bout de leur nez pour les prochains jours à venir !
La douche de Kagami était assez grande pour pouvoir y tenir facilement à deux, même d'anciens basketteurs comme eux. Kise en profita pour bien s'y étirer et délasser ses muscles encore endoloris. Pour une fois qu'aucun de ses membres ne touchait le plafond ou le mur… Certes, elle n'était pas aussi spacieuse que celle du rooftop de Miss Robinson, mais c'était amplement suffisant. Et puis, ça lui faisait un peu bizarre aussi. Il avait pris l'habitude du minuscule receveur d'Haizaki, à son ancien appartement. Tellement étroit qu'il faut prendre sa douche de profil et qu'on a presque la tête dans le carrelage mural ! Et pas de porte non plus… juste… un immonde rideau à l'effigie d'une fille nue absolument classe et dont on peut facilement deviner l'utilité… (en dehors de simplement faire barrage aux gouttes d'eau qui tenteraient de se faire la malle sur le sol.)
Hmm…
Il était déjà presque midi…
Mais Kise n'avait toujours pas faim, bien qu'il n'ait rien avalé de solide ce matin… (quoiqu'il y avait des grumeaux dans son jus d'orange… est-ce que c'était de l'orange d'ailleurs… ? En tout cas, ça n'en avait même pas le goût !) Il aurait peut-être dû prendre les céréales proposées par Haizaki… ergh non ! Il devait y avoir plus de sucre et de colorants dedans que de véritable aliment !
Le blond se tourna d'ailleurs légèrement sur le côté pour observer ses hanches. Hmm… elles lui semblaient un peu plus charnues en effet… heureusement, il ne semblait avoir pris de gras nulle part ailleurs. Ouf ! Sa manager l'aurait ASSASSINE sinon ! Après tout, le mannequin était lié à son agence par un contrat, lequel stipulait que Kise s'engageait à maintenir son poids au moment de la signature, par tous les moyens. Au Japon, il avait davantage de latitude à ce sujet. Le monde du show business était vraiment différent d'un bout à l'autre du globe… et Kise regrettait parfois sa popularité au Pays du Soleil Levant. Là-bas, il n'avait pas besoin de trop en faire pour être acclamé et adulé par la foule. C'était presque… naturel. Acquis. Tandis qu'ici… tout restait à construire. Sa notoriété et sa gloire, appartenaient au passé. A une autre culture.
Si loin…
Il soupira et chassa ces pensées négatives de son esprit. Après s'être timidement savonné avec un gel lavant 8 EN 1 (!) (Dédicace à qui de droit hihi...), qui apparemment faisait « corps-cheveux-shampoing pour chien et pour moquette », (et d'autres trucs parce que ça ne fait pas huit en tout, ça…) ne lui inspirant aucune confiance, Kise se rinça allègrement. Non mais SERIEUSEMENT et ceci est une vraie question hein : quel genre de types pouvaient bien OSER se laver avec un tel produit ? A part des êtres immoraux, sans foi ni loi, ne respectant rien ni personne ? (et ne donnant visiblement pas cher de leur peau dans tous les sens du terme…)
Monstres !
Horrifié, dégoûté, Kise espérait ne regretter son déraisonnable élan de témérité… parce qu'il y avait toutes les chances pour que sa peau sensible fasse une rougeoyante réaction allergique, enfin si elle ne se mettait pas carrément à peler, bien entendu. Brrr… n'empêche, il faisait tâche ce gros bidon jaune fluo informe (« format familial »… heu… pour une famille d'éléphants alors sûrement, puisqu'il y avait dix litres de produit, soit la plus grande contenance que Kise avait jamais vue ! Il ne savait même pas qu'une telle quantité se vendait en magasin… De quoi se laver pendant toute une vie et ce, plusieurs par jour !) dans la si belle douche luxueuse de Kagami…
Kise se dépêcha d'en sortir et après s'être séché en vitesse, il passa autour de sa taille la serviette – heureusement, longue – que Kagami avait laissé sur le rebord du lavabo. Puis, il se décida à sortir de la salle de bain une fois peigné convenablement. Dommage, le rouge ne possédait pas de sèche-cheveux mais heureusement, les tifs du blond ne restaient jamais mouillés très longtemps. Mais c'était un mal pour un bien puisque laisser sa crinière sécher à l'air libre offrait l'avantage de ne pas l'abimer.
« Kagamicchi, c'est bon j'ai terminé de me laver, tu peux y aller à ton tour ! Dis, ça ne te dérange pas si je t'emprunte ta chambre pour m'hab- ! »
La portée d'entrée s'ouvrit soudainement sur Momoi et… Aomine. Ils tenaient des sacs à l'effigie d'une grande enseigne de vêtements de luxe. Du prêt à porter certes, mais… la gamme au-dessus quoi.
« Yo Kagami, on est de retou- ! »
« ! »
Le malaise.
TOTAL !
Kise s'arrêta net dans le couloir. Son cœur menaça d'exploser sur le coup et ses oreilles se mirent à bourdonner violemment.
Bon sang… c'était pire que tout là !
La situation qu'il s'était tant évertué à esquiver jusqu'ici ! Il avait naïvement espéré être parti avant qu'Aomine ne débarque ! Et puis d'ailleurs, le brun n'était même pas censé repasser par ici ! Pfff… mais BIEN-SÛR que si, il devait obligatoirement repasser par l'appartement de son chéri pour lui voler un petit bisou, histoire de bien commencer la journée ! Putain, c'était courant d'avance pourtant, le Kitsune aurait dû s'en douter ! Et là, Kise n'avait qu'une seule envie : se jeter par la fenêtre pour s'échapper ! Oui, oui, carrément ! Au moins, ça lui éviterait de devoir s'approcher d'Aomine pour atteindre la seule et unique porte par laquelle (s'enfuir) sortir.
…
Aomine qui restait planté devant l'entrée sans bouger, bouche bée et yeux grands ouverts.
Choqué.
Le temps semblait s'être arrêté…
Il ne s'attendait en effet sans doute pas à voir Kise déambuler à moitié à poil dans l'appartement de son homme…
Merde… Kise sentait qu'il était bon pour essuyer une crise de jalousie dont Aomine seul avait le secret !
Bordel ! Le sort s'acharnait contre lui !
Mais pour quelle raison ?
Il n'était pourtant pas né un vendredi 13 ! N'avait jamais insulté le moindre gitan ! Ni marché dans une crotte de chien (ou de tanuki…) du pied droit ce matin…
Et… pourquoi Aomine était-il toujours aussi beau ? Non, même encore plus que d'habitude… Il portait un ensemble en jean dépareillé, composé d'une belle chemise bleu clair qui faisait ressortir son teint encore plus hâlé que lorsqu'il vivait au Japon. Son pantalon était délavé aux cuisses, mais d'un ton plus profond pour casser avec la couleur de sa chemise et créer une claire démarcation entre les deux vêtements. Et bien entendu, le fait que le tissu épouse sensuellement son torse sans trop en dévoiler était une véritable torture visuelle pour Kise.
Ils avaient acheté cette tenue tous les deux d'ailleurs, Aomine lui ayant même demandé conseils pour la choisir…
« Salut… Kise… » Marmonna Aomine.
Témoin de la scène, la nouvelle Madame Himuro se dépêcha de pousser Kagami vers la cuisine pour laisser un peu d'intimité à ces deux-là ! Pour une fois qu'ils allaient pouvoir se parler, Momoi ne voudrait surtout pas laisser le moindre élément extérieur gâcher leur unique opportunité de réconciliation !
Le brun dut se faire violence de son côté pour ne pas courir prendre son ami dans ses bras. Mais dès qu'il fit un pas en direction Kise, ce dernier eut un mouvement de recul…
Le cœur du bleu se serra.
« Aomine. » Répondit simplement Kise.
Le boyfriend de Kagami crut même déceler une certaine froideur dans cette voix, autrefois si enjouée et emplie d'admiration pour lui.
Pas de « cchi » caractéristique, ni d'utilisation de son prénom…
Pas de doute, Kise lui en voulait toujours, comme il le craignait…
« Putain Kise, je me suis conduit comme une merde, mais je t'en prie reviens à la maison ! Chez nous ! Tu me manques ! » Avait envie de crier Aomine.
Cependant, aucun son ne sortit. Il n'en avait pas la force.
« J-je dois y aller… Haizaki m'attend. » Lâcha Kise comme une bombe.
Haizaki… ?
Alors non seulement le blondinet n'avait pas envie de discuter, mais en plus, il était pressé d'aller retrouver son nouveau mec ! Sauf qu'Aomine avait des choses à lui dire, lui. Et Kise allait les écouter ! Aussi, lorsque le Kitsune passa devant la panthère pour se diriger vers la chambre de Kagami où l'attendaient des vêtements chauds et propres, cette dernière lui attrapa fermement le poignet pour l'immobiliser sur place.
Et le forcer à l'entendre.
« Attends ! »
Kise avait foncé tête baissé, pour ne pas avoir à regarder Aomine dans les yeux. Sinon… il sentait que toute ses belles résolutions allaient s'évaporer. Croiser son regard profond comme une nuit d'été risquait de mettre instantanément à mal sa détermination et Kise ne le savait que trop bien. Malheureusement Aomine ne paraissait pas disposé à le laisser fuir aussi facilement. L'affrontement était donc inévitable.
Relevant le menton lorsqu'il sentit les grandes mains d'Aomine dériver sur ses épaules et que des flashs de leur nuit passée ensemble éclataient dans son cerveau, Kise se tétanisa sur place. Qu'était en train de faire Aomine ? Pourquoi le touchait-il comme ça ? Lepalpitant de Kise allait finir par le lâcher, tant il se sentait oppressé par l'aura écrasante du grand bleu.
Aussitôt, les grandes mains basanées se mirent en action, dérivant doucement sur ses bras, ses omoplates, puis son dos, tandis que le regard perçant d'Aomine cascadait le long du corps de Kise. Au fur et à mesure de sa palpation, les pupilles du félin semblaient se radoucir, presque comme s'il était rassuré par son étude visuelle et tactile.
« ! »
Mais brusquement… ses yeux se posèrent sur les marques de griffures que la serviette lâche de Kise peinait à dissimuler…
Un incendie de fureur s'embrasa aussitôt dans les prunelles bleu nuit.
« Ce salop, c'est lui qui t'a fait ça, n'est-ce pas ? Je vais lui éclater sa sale gueule ! »
« Q-quoi ? » Sursauta Kise, qui s'était tranquillisé sous le toucher d'Aomine. « Non ! En-enfin… c'est pas ce que tu crois ! J'étais… »
Il se stoppa au beau milieu de sa phrase, incertain. Que devait-il dire ? Comment le formuler sans ambigüité ?
Et surtout… comment… assumer ?
« J'étais quoi ? 'Consentant' ? Non, je ne peux pas lui dire ça sans qu'il ne se mette à penser que je suis la pire des trainées… »
…
Putain… Il ne valait pas mieux qu'Aomine finalement…
… Mais attends une seconde… Se pourrait-il que… ?
Il était temps d'en avoir le cœur net.
« C'était un accident, Shogocchi n'y est pour rien ! »
Shogocchi… Dire que malgré les demandes insistantes d'Haizaki, Kise ne parvenait jamais à l'appeler ainsi en sa présence.
« Ohhh parce que c'est 'Shogocchi' maintenant… ? » Cracha Aomine, possessif.
En plein dans le mille !
Aomine était tombé dans le panneau comme un débutant.
« Non… ce n'est pas possible… Daikicchi serait jaloux ? »
Son cœur loupa un battement.
Aomine tenait encore à lui… Il le savait. Il le sentait au fond de lui. Aomine l'avait étreint avec une telle tendresse cette nuit-là… Son corps s'en souvenait et c'était la raison pour laquelle il réagissait encore ainsi en sa présence, incapable d'oublier son toucher…
« Cesse de me prendre pour un con Kise ! J'ai l'habitude de voir des femmes battues, je connais ce genre de blessures ! Alors arrête de le protéger ! »
« Tu te plantes sur toute la ligne ! »
« Pourquoi tu continues à nier ? Serait-ce parce que… » Pause, puis le choc. « … Tu l'aimes ? »
MAIS BORDEL QU'EST-CE QU'ILS AVAIENT TOUUUUUUUUUUS AVEC CETTE QUESTION A LA MORDS-MOI-LE-NŒUD !? D'abord Kagami, même Kuroko avait failli la poser et maintenant Aomine s'y mettait aussi !?
« Bien-sûr que non ! » Répondit instinctivement Kise, sans la moindre hésitation. « Ecoute, même si c'était Haizaki le responsable… Tu m'as fait bien plus de mal que lui, mais ça, tu sembles l'oublier ! Tsss… et toi, tu n'as même pas eu besoin d'utiliser tes mains pour ça ! » Asséna le vindicatif renard.
La douleur physique était bien peu de chose face à la violence psychologique. D'ici quelques jours, les traces laissées par Haizaki sur sa peau auraient disparu. Mais les blessures gravées dans son cœur, elles, risquaient de mettre des années à s'estomper. Et Aomine en était le seul responsable.
Aomine justement, sentit la terre s'ouvrir sous ses pieds.
Il ne s'attendait pas à une telle réponse de la part de Kise. Or, aucun doute n'était pas permis quant à la source de cette soudaine outrecuidance : Haizaki déteignait sur son doux et si jovial ami aux cheveux d'or. Oui, c'était la seule explication… L'ex-délinquant avait étendu sa mauvaise influence jusqu'à Kise. Avant, jamais son ancien coéquipier n'aurait osé lui parler sur ce ton et le fixer avec une telle véhémence. Aomine avait l'impression que le regard de Kise le transperçait de part en part, comme deux lames furieuses et impitoyables. Même sa voix était devenue tranchante. Ça ne ressemblait pas au facétieux Gémeaux de se comporter ainsi…
« Kise… ! » Protesta l'ex-as du basket.
« Laisse-moi passer maintenant… s'il te plaît… Je n'ai plus envie de parler. De TE parler… On s'est déjà tout dit, je crois… »
« … Ou alors dis-moi que tu regrettes. Demande-moi de revenir et reconnais simplement que tu m'aimes toi aussi ! »
Mais les trois petits mots magiques ne franchirent jamais la barrière des lèvres d'Aomine et Kise coupa donc court à cette discussion stérile, qui n'en était déjà plus une depuis bien longtemps. Le renard fila donc se réfugier dans la tanière du tigre pour se rhabiller. Il devait quitter cet endroit inhospitalier au plus vite. A travers la porte, il entendait la voix de Momoi s'élever. Incapable d'entendre précisément les mots qu'elle prononçait, mais pouvant en deviner la teneur, Kise termina de remettre ses vêtements à la hâte. Elle enguirlandait copieusement Aomine, impossible de se tromper sur ce point. Parce qu'il s'était mal conduit envers le blond, une fois de plus et merde… Kise sentit quelque chose d'humide rouler sur sa joue. Non… pas encore… ça n'allait pas recommencer ! Il lui fallait partir sur le champ, de toute urgence !
« Kichan ? » Interrogea la rose, en le voyant foncer tel un boulet de canon vers la porte d'entrée… ou plutôt de sortie…
Mais il l'ignora, baragouinant un rapide « merci, à plus tard ! » à l'attention des trois autres occupants de l'appartement.
La porte claqua brutalement derrière lui et Kise dévala les escaliers quatre à quatre.
Quel abruti !
L'espace d'un instant, le jeune homme avait ressenti de l'espoir. Il avait vraiment cru que… que si Aomine se refusait à avoir des rapports intimes avec Kagami, c'était parce qu'il commençait enfin à reconnaître les sentiments qu'il éprouvait envers LUI !
Mais… justement… et le tigre, dans tout ça ?
Kise s'en voulu immédiatement d'avoir pu envisager un telle chose. Quel mauvais ami il faisait pour Kagami, lui qui était si loyal pourtant… Cela aurait été tellement plus facile si seulement le rouge avait vendu la mèche et raconté à Aomine tout ce que Kise lui avait confié ces deux derniers jours. Le brun se serait sûrement montré écœuré par les errements sexuels du renard, mais ce faisant, ce dernier n'aurait plus eu le moindre remord à briser leur couple pour essayer de récupérer Aomine…
Lui qui pensait pourtant être passé à autre chose et avoir surmonté le plus difficile… il avait suffi de revoir Aomine pour que tous ses durs efforts se retrouvent réduits à l'état de poussière…
Présentement, il n'avait plus envie que d'une seule chose : s'enfermer dans le noir et se recroqueviller sur lui-même, en position fœtale. Revoir Aomine lui avait fait perdre tous ses moyens. Retour à la case départ… Il n'y avait vraiment que lorsque Kise se trouvait auprès d'Haizaki que la situation se montrait plus supportable et que les choses semblaient aller mieux, du moins, temporairement et…
…
Mais oui, Haizaki ! C'était lui la solution !
Pas que Kise compte sur l'autre brun pour lui remonter le moral, hmmm pas exactement non, mais… Haizaki s'avérait toujours si imprévisible, si libre… et passionnant, en quelque sorte… Le fréquenter faisait tout oublier à Kise. A la manière d'un médicament magique. Il avait envie… non, il avait besoin même, de voir Haizaki.
Maintenant.
Un besoin viscéral et impérieux.
Sauf qu'ils s'étaient quittés fâchés tout à l'heure et que, par conséquent, le tatoué lui faisait probablement toujours la tronche… Mais c'était le risque à prendre. De toute manière, Kise n'avait nulle part d'autre où aller… Et puis, au pire quoi ? Ils allaient encore se disputer et s'envoyer chier mutuellement un bon coup, mais au moins, cela aurait le mérite de lui changer les idées. Et au mieux… ils allaient aussi se disputer et s'envoyer… en l'air un bon coup cette fois, ce qui aurait également le mérite de lui changer les idées ET de lui faire du bien, en prime. Sans compter que dans ce cas de figure-ci, tout le monde serait content ! Pragmatisme, quand tu nous tiens… (par les cheveux, en levrette de préférence… heuuuu breeeeeffff…)
Mais avant de regagner ses pénates, Kise s'autorisa un petit détour par le glacier du coin. Il faisait en effet déjà chaud, alors que midi arrivait à peine. Même les matinées pouvaient s'avérer étouffantes dans la capitale des Anges… Oui, rien de s'occuper la bouche avec une friandise à la forme indéniablement phallique permit à Kise de se tranquilliser d'un cran, sur le chemin du retour au Penthouse. Bien qu'en toute honnêteté, il aurait préféré avoir un autre type de sucrerie entre les lèvres en cet instant. C'est que sa petite incartade sexuelle avait Haizaki l'avait quand même bien chauffé et faire un plongeon dans la piscine de Miss Robinson couplé tour de parc avec Kagami, n'avait pas suffi à calmer son appétit férocement stimulé par la frustration. Kise se dépêcha donc de rentrer, se moquant bien que sa glace fonde entre temps, parce qu'il savait qu'un bâtonnet de remplacement l'attendait déjà à la maison.
Ou pas.
L'appartement semblait vide.
Tout juste croisa t-il ce bon vieux Zébu qui se dégourdissait les papattes sur la terrasse en tek bordée par le jardin tropical à ciel ouvert. Kise s'accroupit près de lui. Pauvre bête. Pour avoir passé une (trop) grande partie de sa jeune vie en captivité, il ne devait jamais avoir vu d'herbe de ses propres yeux à part via écran télévision interposé, ni en avoir senti les brins chatouilleurs sous ses coussinets moelleux. Et même si Haizaki l'avait libéré de sa condition de future descente de lit de luxe, le brun ne permettait pas à son compagnon canin de sortir se balader à sa guise dans les rues, même au bout d'une laisse. Rues où il pourrait aisément se faire repérer et embarquer par la fourrière locale. Aussi, pour le protéger, Haizaki lui interdisait-il de quitter leur appartement. Mais alors quid des petits popos et autres gros pipis, me demanderez-vous ? Et bien, la solution qu'Haizaki avait trouvée était la suivante…
« Mon pauvre Zébu… tu dois être le seul canidé sur Terre qu'on oblige à chier dans de la litière pour chat… » Soupira le mannequin, tout en caressant la tête du chien viverrin.
Parce que l'animal avait beau avoir tout un jardin à sa disposition à présent, pas question pour autant d'aller se soulager sur les précieux palmiers de Tatie Vivi ! Car dès le début de leur insolite cohabitation, Haizaki avait entrepris d'enseigner à son ami canin les règles basiques de la bienséance. Ce qui en l'essence, consistait à faire ses besoins dans une caisse et à défaut, sur du papier journal ou du carton. Si bien qu'il ne vint même pas à l'idée du docile Belzébuth de se transformer en usine à engrais naturel pour ce jardin luxuriant. Il n'osait même pas s'aventurer dans l'herbe fraichement tondue. « Curiosity killed the cat », comme on disait ici-bas. Mais pas le chien, en tout cas !
« Dis donc, il est passé où ton maître hmmm ? Il est sorti ? » Nouveau soupir de la part du renard d'or. « J'ai déconné avec lui tout à l'heure, tu sais… Mais à chaque fois que j'ai l'impression de me rapprocher de lui, on dirait presque que… l'un de nous deux fait exprès de tout faire foirer… et c'est vachement frustrant, je peux te l'assurer ! Enfin, j'imagine que tu ne dois pas comprendre grand-chose à ce que je suis en train de te raconter… C'est compliqué les relations humaines… Parfois, j'aimerai bien être un chien moi aussi. Je vous envie. Vous, vous n'avez qu'à vous renifler le cul pour savoir tout ce que vous avez à connaître sur l'autre, sans qu'il ne puisse rien vous cacher ! Et en cas de conflit, suffit de grogner un bon coup et ça passe… »
Il lui sourit gentiment avant de le reconduire à l'intérieur. Mais… puisque la baie vitrée donnant sur la terrasse était ouverte à l'arrivée de Kise, cela signifiait sans doute qu'Haizaki se trouvait encore dans les parages, non ? De toute façon, QUELQU'UN avait bien été obligé de lui ouvrir à distance tout à l'heure et puisque Haizaki possédait le seul pass magnétique permettant d'accéder au loft, nul besoin d'être un génie de la science comme Midorima pour deviner que 1 + 1 = 2. 2, étant ici Haizaki. Le premier 1 s'apparentant à la porte, étant donné que le second se trouvait être Kise.
« Bon et si tu me montrais plutôt où est parti se planquer ton bienfaiteur ? »
« Et le mien également… » Se retint-il d'ajouter.
Belzé le regarda de ses grands yeux ahuris, tête tournée sur le côté, comme s'il essayait de décoder les paroles du blond. Blond dont la patience fondait aussi vite que sa glace.
« Oh allez ! Je suis persuadé que tu sais où je peux le trouver ! Tu dois pouvoir le sentir avec ton flair, non ? »
Les canidés étaient réputés pour la précision de leur odorat. Kise avait déjà pu observer Tora en train de pister des fuyards, mais Belzébuth n'avait pas franchement l'allure d'un chien renifleur, lui…
« Cherche Zébu, cherche ! » Lui intima alors Kise, sûr de ses talents de dresseur canin.
Le petit boudin poilu sembla comprendre, puisqu'il rentra à l'intérieur de l'appartement et traversa le salon comme une flèche… enfin disons… une flèche tirée par un ancien combattant de quatre-vingt ans avec de l'arthrite et Parkinson en sus mais bon… flèche quand même ! Au moins, ça ne le rendait pas trop difficile à suivre… La saucisse à pattes fila donc jusqu'à une pièce que Kise n'avait pas remarquée hier lorsqu'il avait fait le tour du propriétaire avec Haizaki…
Bizarre…
S'agissait-il d'une mystérieuse pièce secrète ? Le genre qu'il ne faut ouvrir sous aucun prétexte, comme dans Cinquante Nuances de Grey et sa fameuse Chambre Rouge, contenant tous les joujoux sadiques du maître des lieux ? (et toujours pas de X-Box ou de Playstation. Ni de pizza au caviar...) Mais Kise avait du mal à se représenter Miss Robinson en dominatrix fan de cuir et d'instruments de torture… quoique… ils squattaient actuellement chez son fils et Kise ignorait tout du caractère de cet homme… Peut-être dissimulait-il une pièce interdite façon la Barbe Bleue, une chambre sordide dans laquelle pourriraient les cadavres entassés de toutes ses anciennes épouses trop curieuses…?
A ce rythme-là, on allait bientôt pouvoir lire en gros titre dans la rubrique « faits divers » des journaux « Curiosity killed the Copy Cat… » Cependant, Kise n'était pas homme à se dégonfler, à l'image des poitrines majoritairement siliconées des filles de Californie. Le chien s'arrêta justement devant ladite porte et il commença à la gratter pour signifier qu'il voulait qu'on le laisse entrer. Mais comme personne ne répondait à sa supplique, Kise le prit en pitié et il actionna lui-même la poignée, découvrant avec stupeur ce qui se cachait derrière le panneau de bois…
Une salle de sport.
Avec divers appareils dédiés à la musculation.
Un rameur, un tapis de course, plusieurs tapis de sol d'ailleurs aussi, (qui auraient été bien utiles pour lui éviter de se bousiller les genoux lors de sa séance de yoga un peu plus tôt.) un vélo elliptique, un appareil de musculation, mais surtouuuuuuut un banc de musculation un peu à l'ancienne, sur lequel étaient posées d'énormes haltères de toutes tailles et de tous poids.
Mais ce ne fut pas ce qui attira le plus son attention…
En réalité, ce qui la retint se situait au beau milieu de la pièce, installé sur un tapis en mousse.
Haizaki.
En train de faire des pompes.
Ok, ok. Le brun avait sacrément pris en masse musculaire depuis le lycée, rien d'étonnant donc de le voir s'adonner à une activité sport. Mais ce qui l'était davantage en revanche, fut de constater qu'il n'avait pas le moindre vêtement sur le dos. Seule la sueur perlant délicatement sur sa peau de lait telle la rosée du matin, semblait l'habiller. Kise fut pris d'une subite et intense soif tout à coup. Quand bien même il tenait toujours sa glace à moitié entamée dans sa main gauche… D'ailleurs, serait-ce un filet de salive qu'il sentait pendre à la commissure de ses lèvres là ? En tout cas, ses yeux étaient tellement exorbités qu'ils menaçaient de tomber par terre… Ne restait plus qu'à espérer que son nerf optique parvienne à les retenir.
Parce que si Kise avait pu se sentir frustré jusqu'ici, ce qu'il ressentait à présent était d'un tout autre niveau. Sans équivalent, sans commune mesure avec aucun mot figurant dans le dictionnaire. Il allait falloir en inventer un tout nouveau pour décrire son état d'excitation actuel. Et il aurait certainement saigné abondamment du nez, si tout son flux sanguin n'avait pas décidé de migrer vers la région sud de son corps… Il n'y avait d'ailleurs pas que sa glace que Kise dévorait en cet instant. Ses yeux étaient également mis à contribution, bouffant l'instable capillaire du regard. Kise ne perdait pas une miette du spectacle auquel il avait le privilège d'assister aux premières loges. Miette ? Non, plutôt une goutte. De sueur. Comme celle qui roulait sur le dos d'Haizaki, dévalant insolemment vers son fessier bombé et provocateur tellement… appétissant en cet instant.
Une vraie bête…
Pourtant, ce n'était pas la première fois que notre renard pouvait observer le torse découvert de son loup. Mais sa nudité était jusqu'ici toujours partielle, jamais totale, comme c'était présentement le cas.
Et ça changeait tout.
Chaleur, quand tu nous tiens…
Kise s'éventa d'une main, l'air absent.
Quelle drôle d'idée de faire des pompes totalement à pwal n'empêche... c'était à ce demander si ce n'était pas fait exprès. Nan, même pas besoin de se le demander en fait : C'ETAIT FAIT EXPRES. COMPLETEMENT ET INDUBITABLEMENT EXPRES. En guise de vengeance contre le Naked Yoga de ce matin...
Haizaki ne semblait pas encore l'avoir remarqué. A moins qu'il ne l'ignore délibérément suite à leur petite altercation de ce matin… Connaissant le bonhomme, c'était plus que probable. Haizaki était en effet réputé pour être vindicatif et rancunier. (Et encore, Kise ne savait pas à quel point…) Pourtant, le mannequin restait persuadé que lui et son colocataire pouvaient trouver un terrain d'entente aussi agréable pour l'un que pour l'autre… Il n'était pas trop tard, cependant, il allait falloir négocier serré !
Nouvel objectif, donc : séduire Haizaki ! (Ouais, nan... Kise non plus n'aurait jamais cru vouloir ça un jour, en étant parfaitement sain d'esprit et hors contrainte, donc…) Même s'il ne devait pas y avoir de suite, même si ce n'était juste qu'une fois…
Notre goupil s'avança donc aussi nonchalamment que possible vers sa proie.
Première règle : ne montrer qu'un apparent dédain.
Maître Renard sur son arbre perché ahem… non, mauvaise fable, mais bref Maître Renard donc, son cornet vint lécher.
Le loup, par l'odeur alléché, tourna la tête pour localiser
Ce doux fumet
Au parfum de fraise
Hélas ! Sitôt qu'il eut aperçu l'autre canidé, il nia tout intérêt,
Mais pour le convaincre de céder, Maître Renard devait d'abord le mettre à l'aise.
Ah ! Il comptait bien lui montrer à ce benêt !
Que par tous les moyens, il fallait qu'il ba*se !
« Hey… » Le salua t-il presque timidement.
Juste histoire de prendre la température, dans un premier temps. Autant montrer patte blanche pour tenter d'amadouer le féroce Grand Méchant Loup…
« Fécho, tu ne trouves pas ? »
Bon ok, tout le Penthouse était climatisé et il faisait bien plus chaud à l'extérieur maiiiiiiiiiiiis… si Kise savait se montrer assez persuasif, peut-être qu'Haizaki se convaincrait que l'appartement était une fournaise.
« Ça te dirait pas qu'on sorte ? Je suis tombé par hasard sur ce glacier, juste en bas de la rue. Il propose plein de parfums différents ! Du plus classique au plus insolite, il y en a pour tous les goûts ! Je suis certain qu'on en trouvera bien un pour te plaire ! Hmm… en tout cas, la fraise est vraiment délicieuse... »
Et de plonger son doigt dans l'onctueuse crème glacée, puis de le sucer suggestivement, avec une gourmandise non dissimulée. Haizaki allait forcément mordre à l'hameçon. Sa petite conversation téléphonique avec Kuroko avait rappelé fort à propos à Kise que le parfum favori de l'Okami était la fraise, en terme de gloss. Cela devait bien valoir également pour la nourriture, non ?
Raté…
Tout juste Haizaki répondit-il à cette invitation en lui lançant un regard de côté. Et pas franchement du genre avenant, le regard...
Ok, mauvaise tactique !
Kise décida donc de changer d'approche.
Tout en continuant à se rapprocher prudemment de son loup mal (pleine ?) luné…
« Tu sais, faire des pompes avec du poids sur le dos, c'est bien plus efficace pour développer les muscles ! » Pfff… évidemment qu'Haizaki savait un truc aussi basique… Mais justement, cela offrait l'opportunité parfaite à Kise d'établir le contact physique tant désiré avec le caméléon capillaire… « Je pourrai venir m'assoir sur toi… »
« Please, say yes… » Kise se mordit la lèvre inférieure.
Incapable de réprimer plus longtemps sa convoitise, il tendit sa main libre comme par réflexe, rêvant de sentir les muscles volumineux d'Haizaki se tendre sous ses doigts…
Surtout un, en particulier.
Mais Haizaki le repoussa d'un geste de la main, l'envoyant bouler sans cérémonie. Hmm… ça allait être plus compliqué que prévu… Sauf que Kise n'était pas homme à se laisser abattre lorsque sa libido était en jeu. Après tout, il était parvenu à faire céder Aomine l'amoureux transi, alors à côté, Haizaki était – pardonnez l'expression – du pipi de chat ! Non, de chaton même ! Et s'il y avait bien une chose en laquelle Kise croyait plus que tout au monde, c'était bien son pouvoir de séduction !
Loin de se formaliser du rejet de l'ex-délinquant, Kise poursuivit donc :
« Hmpff… Je parie que tu es incapable de me soulever à l'aide d'un seul bras ! »
Bon, ce n'était pas exactement comme ça que Kise avait envie de se faire SOULEVER mais ce serait déjà un honorable début, une chose en entraînant une autre !
Le provoquer.
D'habitude, Kise obtenait des résultats probants en faisant usage de la provocation sur Haizaki. Mais pas cette fois, comme le joueur de poker resta… de glace. Et pas celle qui commençait déjà à fondre sous la langue de Kise, hélas. Grrr… ça devenait rageant et en plus, le jaune commençait à être à court d'idées ! Il tenta donc le tout pour le tout.
« Tu devrais vraiment t'accorder une petite pause. Viens, plutôt goûter ma glace, qu'on descende en chercher une ensemble pour toi aussi après ! »
Parce qu'après l'effort, le réconfort !
C'était bien comme cela que ça fonctionnait, non ?
A nouveau, Kise tendit la main vers l'objet de sa libido. Mais pas celle qui était vide cette fois, non, celle qui contenait de la nourriture. Dans le but de l'appâter. Kise avait vu cela dans maints reportages animaliers : les soigneurs utilisaient souvent cette astuce pour s'attacher les faveurs d'un animal sauvage récalcitrant. Oui, Kise était bel et bien en train de comparer Haizaki à une bête sauvage qu'il fallait apprivoiser, pourquoi ?
Quel était le problème ?
Mais cette fois, Haizaki se leva carrément pour s'éloigner, exhalant un bruyant soupir d'agacement au passage. Sans un regard pour Kise, il alla s'éponger avec une serviette et il se rhabilla. Cachant son corps magnifique à son stalker, L'ex de Fukuda enfila un short de sport noir à bandes blanches sur le côté et un débardeur blanc aussi échancré que moulant. Cette matière… c'était sans doute en spandex. Raaah il était encore plus sexy comme ça… (si c'était possible.) Kise secoua la tête, il devait absolument arrêter de saliver aussi grossièrement face au loup !
Mais à sa décharge, revoir Aomine lui avait mis un sacré coup… et il avait plus que jamais besoin de se changer les idées. Or, Haizaki constituait une parfaite distraction… Sa simple présence équivalait à venir secouer un biscuit chocolaté devant un gosse de deux ans en manque de sucre, tout en lui interdisant formellement de croquer dedans ! Mais ça n'allait pas se passer comme ça, oh que non ! Kise était en effet réputé pour son entêtement et il n'avait pas l'habitude qu'on lui refuse quoi que ce soit !
Or, il voulait Haizaki et il l'aurait, foi de renard !
Ignorant toujours son admirateur pas du tout secret, le loup alla s'allonger sur le banc de musculation et il attaqua directement par les poids les plus lourds.
« Il est encore en colère pour ce matin… » Sembla ENFIN réaliser Kise. (Mieux vaut tard que jamais…) La musculation devait aider Haizaki à évacuer ses émotions négatives, (et au vu de la masse musculaire qu'il avait gagnée, il s'était sans doute beaucoup énervé ces dernières années !) mais le top model avait une toute autre idée du sport que le voleur de techniques devrait plutôt pratiquer pour se calmer !
Il revint donc à la charge, se plaçant cette fois derrière Haizaki, qui galérait à soulever son haltère chargé à bloc. Ahaha bah alors Okami-san, on a eu les yeux plus gros que le ventre en surestimant sa propre force ? Mais Haizaki venait surtout de lui fournir l'occasion rêvée pour le mettre à mort… celle que Kise attendait depuis le départ et qu'il ne comptait donc pas laisser filer. A son tour, il posa ses mains de chaque côté de la barre, près de celles de sa proie.
« Putain, mais qu'est-ce que tu fous !? » L'en remercia fort gentiment Haizaki, saluant son initiative avec beaucoup de gratitude apparemment.
« Ça n'se voit pas ? Je t'aide à soulever ce poids, gros bêta ! »
« Ouais bah j'ai pas b'soin d'ton aide et puis j'me souviens pas t'avoir demandé quoi que ce soit, alors dégage ! »
Quel si charmant mytho…
Mais Kise ne l'écouta pas. Il avait déjà sa petite idée en tête, ayant repéré que la barre de musculation sur laquelle on devait reposer l'haltère comportait plusieurs crans, placés à différentes hauteurs. Or, grâce à son sens aigu de l'observation, Kise nota que le plus bas de ces crans se trouvait astucieusement localisé juste au-dessus du cou exposé et fragile d'Haizaki… Il garda donc fermement les mains sur la barre et dans un premier temps, aida Haizaki à soulever ce poids récalcitrant.
« Tu n'y arriveras pas tout seul… là… regarde, tu as besoin de moi… »
Bordel, qu'est-ce que ça pesait lourd ! (Non, sans déconner Kise ?) Pas étonnant qu'Haizaki ne parvienne pas à soulever cette haltère en solo. Néanmoins, à deux ils y arrivèrent, malgré les protestations du loup, qui finirent de toute façon par se taire progressivement. Sauf que l'aide prodiguée par Kise n'avait rien de désintéressée. Elle faisait partie intégrante de son plan, visant à détourner l'attention de l'autre Japonais. Pauvre Haizaki, sans s'en rendre compte, il venait de sceller tout seul sa propre déroute, par délit d'orgueil... Parce qu'une fois sa cible bien mise en confiance, Kise cessa brusquement de participer, faisant en sorte de reposer la barre de musculation sur les derniers crans.
Ceux situés tout en bas du portant.
« Hey ! Tu branles quoi là !? » Broncha Haizaki, dont la concentration et le calme n'avaient duré que quelques minutes.
C'est que le brun n'en menait plus très large à présent et pour cause, il se retrouvait à présent coincé sous la barre de musculation, incapable de se dégager seul. Et pour cause, l'haltère était posé à seulement quelques centimètres de sa gorge, menaçant de l'écraser et formant comme une prison, un piège à loup dont il était impossible de s'extirper sans le concours du renard. Jamais Haizaki n'aurait la force de relever ce poids à la seule force de ses bras pour s'en libérer.
Or, allongé sur le dos, bloqué au niveau du cou et totalement à sa merci, c'était ainsi que le renard doré préférait son Okami, comme le prouvait d'ailleurs son sourire resplendissant en cet instant.
« Si tu n'y vois pas d'inconvénient, je crois que je vais commencer par moi en premier… »
« Quoi !? Qu'est-ce que tu racontes encore !? »
« Tu viens de me demander ce que je branlais, non ? Ce à quoi je t'ai répondu que je comptais d'abord commencer par me branler, moi… » Enonça t-il d'une voix ferme et rauque, ses pupilles dilatées trahissant son excitation.
Les yeux d'Haizaki s'écarquillèrent quant à eux de terreur et il commença à s'agiter sous sa barre. Qu'est-ce que le blond comptait lui faire ? C'est que… techniquement, plus rien n'empêchait Kise de profiter de lui en toute quiétude, vu la position dans laquelle ils se trouvaient actuellement. Le rapport de force s'était clairement inversé, tournant pour la première fois en faveur du mannequin qui avait à présent l'ascendant sur son ancienne Némésis. Kise fit donc tranquillement le tour du banc, sans se presser, semblant se délecter de la situation. En savourer chaque seconde.
« Si seulement tu avais bien sagement accepté mon invitation dès le début au lieu de me repousser bêtement, j'aurai pu te soulager toi aussi… Tu vois, je ne suis même pas rancunier vis-à-vis de ce matin… Moi, tout ce que je voulais en venant ici pour te parler, c'était faire la paix… C'est pourquoi, j'espère que tu prendras conscience que ce sont ton sale caractère et ta susceptibilité qui t'ont mis dans ce bourbier. Tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même pour ce qui va suivre Sho-kun. » Le blond marqua une pause avant d'asséner : « Tu es le seul responsable. »
Doucement, Kise fit remonter le débardeur d'Haizaki pour découvrir son abdomen saillant, contracté par l'effort et sûrement par la rage également, à présent. Le renard loucha dessus avec avidité, avant de se saisir à nouveau de sa glace à moitié fondue, qu'il avait abandonnée non loin de là le temps d'aider Haizaki à soulever son haltère. Et ses deux mains libres n'avaient pas été de trop au vu de la charge !
« Ce matin… » Reprit Kise d'une voix ensorcelante. « Lorsque tu m'as demandé ce que je voulais manger pour le petit-déjeuner, j'avais une idée bien précise en tête tu sais. Malheureusement, la seule chose qui me faisait véritablement envie n'était pas au menu. Mais de te voir allongé ainsi, sans défense et vulnérable, complètement exposé et soumis à tous mes caprices, ça m'a de nouveau ouvert l'appétit. Et à défaut de pouvoir te badigeonner de crème chantilly que je n'ai pas, je crois que je vais plutôt enduire tes abdominaux de crème… glacée dans un premier temps. Ouep, ça fera parfaitement l'affaire ! »
Or, malgré les diverses protestations d'Haizaki – consistant pour la plupart à le traiter de tous les noms d'oiseaux que le brun connaissait jusqu'à épuisement total du lexique – Kise écrasa son sorbet sans la moindre pitié sur la peau satinée de son captif. Ce dernier lâcha un nouveau flot d'injures, se plaignant notamment du froid et du contraste désagréable généré par opposition avec la chaleur de son corps. Son ventre se durcit – de même que les deux jolies perles rosées présentes sur son torse, mais encore à demi dissimulées sous son débardeur blanc rendu à moitié transparent par la sueur – et ses abdominaux aux reliefs ciselés ainsi couverts d'une substance rose et sucrée, ressemblaient à une belle gaufre bien dorée qu'on aurait crue garnie de confiture, ne demandant qu'à être dévorée.
Le renard ne se fit donc pas prier pour venir goûter sa friandise, appliquant avec soin le plat de sa langue sur l'estomac d'Haizaki pour couvrir le plus de surface possible, chatouillant ses muscles en suivant avec souplesse, chaque sillon, chaque vallée. En un rien de temps, il eut tôt fait de nettoyer complètement la chair encore collante d'un mélange de sucre et de sa salive. Un peu de fraise fondue avait pourtant réussi à échapper à sa vigilance et avait formé un petit lac dans le creux du nombril de l'haltérophile amateur. Kise s'empressa donc d'en tarir la source, aspirant bruyamment le liquide fondu entre ses lèvres et faisant au passage frémir Haizaki sous ses attentions débridées.
« Aussi délicieux que je le pensais ! » Se félicita un Kise triomphant, décidément en position de force. « Quel dommage que tu ne puisses pas y goûter… Ta transpiration apporte une petite touche salée qui se marie très bien avec la fraise… »
Haizaki haletait, semblant s'être calmé sans doute temporairement pour mieux se remettre à insulter son geôlier. Cette attitude docile ne fit pourtant qu'aiguiser l'appétit de Kise. Pour une fois que le blond avait le dessus et pouvait profiter en toute impunité du loup sans craindre un coup de croc de la part de ce dernier… Une telle domination avec inversion de leurs rôles habituels avait quelque chose de particulièrement jouissif.
« Oh mais… puisque tu sembles enfin avoir décidé de te montrer sage à présent, je pourrai peut-être te faire goûter ? »
Il sourit à nouveau et ce rictus carnassier n'inspirait rien qui vaille au pauvre Haizaki, totalement frappé d'impuissance. Sans crier gare, Kise vint s'asseoir directement à califourchon sur le bassin d'Haizaki, une jambe pendant de chaque côté de son destrier toujours cloué à son banc. Le tortionnaire au visage angélique s'offrit même le luxe d'observer l'autre droit dans les yeux. Ses prunelles luisaient d'un éclat mauvais, mêlé à de la pure luxure.
Et lorsqu'il se pencha enfin sur lui, Kise passa les deux mains sous le débardeur d'Haizaki, apprivoisant ce torse bombé si désirable sous ses paumes. Ses doigts purent apprécier la douceur et le volume des muscles sur lesquels ils se promenèrent à leur guise, semblant explorer un nouveau terrain de jeu qui restait encore à découvrir. Et à s'approprier. Avec une lenteur toute calculée encore une fois, il prit soin de faire remonter le tissu pour mieux mettre à nu ce corps qui alimentait tant ses pensées salaces dernièrement.
Cet authentique appel au viol permanent.
Cette tentation de tous les instants.
Il pouvait sentir Haizaki tressaillir et se tortiller sous son toucher qui se voulait pourtant - en partie - apaisant. Mais c'était pour mieux le tromper et lui faire baisser sa garde. La sensation se révélait étrangement grisante et Kise comptait bien explorer cette surface encore inconnue jusqu'à plus soif. Car en dessous de lui, sa proie semblait avoir définitivement accepté son sort. Tant mieux, cela ne rendrait ce petit jeu que plus agréable pour tous les deux.
« Shhh…. That's it… don't fight and simply enjoy what I'm willing to give you. » Murmura Kise, comme pour achever de le rassurer.
Haizaki ne devait pas avoir l'habitude de se retrouver dans la peau du passif (encore qu'au sens littéral du terme… peut-être), mais Kise entendait bien tirer profit de son incapacité physique totale pour réaliser quelques fantasmes personnels. Hmm… à bien y réfléchir, il ne l'avait encore jamais fait dans une salle de sport. Ni dans les vestiaires du gymnase ou dans le gymnase lui-même ! Et… quelque part, ça lui avait toujours manqué, figurant même parmi ses rares regrets de jeunesse. Il aurait voulu connaître l'adrénaline et la peur de l'interdit, cette sensation de devoir constamment être sur le qui-vive car n'importe qui pourrait entrer et le surprendre avec son amant dans une position compromettante.
Cette exaltation procurée par la perspective d'un petit coup tiré à la va vite… Haizaki, par contre lui, ne s'en était pas privé et pour cause, Kise le savait de source sûre parce qu'il l'avait déjà surpris une fois en pleine action, témoin involontaire des exploits charnels de l'autre carnivore. Et en l'occurrence, je ne parle pas de son cours de natation avec Amber dans la piscine de Miss Robinson… Mais d'une autre fois où Haizaki s'était sexuellement exhibé sous les yeux de son spectateur renardesque préféré. Ce souvenir fera sans doute l'objet d'un flashback ultérieur, alors patience, bande de curieuses !
Le corps de Kise épousa parfaitement celui alangui sous le sien et il se pencha malicieusement vers le visage d'Haizaki. Son cou se pressa contre la barre de métal qui les séparait et Haizaki fit de même pour combler la distance entre eux. Ils allaient avoir une belle marque rouge au niveau de la nuque, mais peu importait, car enfin, leurs deux bouches se trouvèrent et du bout de la langue d'abord, le caméléon capillaire vint goûter directement sur les lèvres de Kise les résidus de crème glacée goût Haizaki-Fraise.
Ils échangèrent un baiser humide, tout en langue. Moite, sucré-salé et collant. Les mains d'Haizaki remontèrent le long des flancs de Kise, relevant un peu son T-shirt « Vogue » au passage. Lui aussi il voulait pouvoir toucher, ce n'était pas juste que Kise soit le seul à en profiter et le brun commençait à en avoir marre de seulement contempler ! Le baiser ne fut d'ailleurs rompu que par Haizaki, tandis qu'il se tendait au maximum vers Kise pour réussir à atteindre son oreille. Oreille dans laquelle le brun glissa l'un de ses trois souhaits, comme s'il s'agissait de la lampe magique contenant le Génie.
« Ma sueur n'est pas le seul de mes fluides corporels que j'aimerai pouvoir goûter sur tes lèvres, Kitsune… »
Pour toute réponse, Kise roula des yeux et il se redressa immédiatement pour lui échapper.
Mains posées avec fermeté sur les pectoraux d'Haizaki, Kise avait fait remonter son débardeur jusque sous ses bras, ne laissant encore couverte que la jointure entre son cou et son torse.
« Je vois que tu n'as toujours rien compris de ce qui allait se passer Shogo… Alors laisse-moi t'expliquer… Celui qui commande ici… » Souffla t-il en dessinant un cœur avec ses mains sur son appui. « … C'est moi. Ce serait donc plutôt à TOI de me satisfaire et non l'inverse. »
Jugeant qu'il avait suffisamment tâté le terrain juste avec ses doigts, le renard interrompit brusquement ses caresses. Incompréhension totale du côté d'Haizaki, qui commençait à bien se sentir saucé par les flatteries de Kise : quoi, c'était tout ? Evidemment que non. Kise avait simplement décidé de passer à l'étape supérieure. Son bassin se souleva et il défit lentement son pantalon, le baissant en même temps que son boxer d'une célèbre marque américaine aux initiales C.K.
Qu'est-ce qu'il comptait faire maintenant ce crétin des Alpes !? Haizaki détestait ne pas savoir à quelle sauce il allait être mangé. (Et non « sauce à la crème glacée saveur fraise » n'était pas une réponse recevable.) Comme pour protester, l'ancien délinquant leva donc la main vers Kise, mais ce dernier la repoussa d'un coup sec, de la même façon qu'Haizaki tout à l'heure.
« Pas touche, tu me laisses faire ! »
« Et puis quoi encore !? On s'était mis d'accord sur l'absence de pénétration phallique, ok, mais on n'a jamais dit que je ne pouvais pas utiliser les mains ! » Protesta énergiquement Haizaki, qui ne souhaitait pas se voir privé de cet ultime droit.
Et pour faire entendre sa voix, il recommença à s'agiter et à se débattre énergiquement sous Kise.
« Je savais bien que j'allais regretter de ne pas t'avoir attaché les poignets… Dommage que je n'ai pas pensé à prendre la paire de menottes qui doit encore traîner dans ta table de chevet à l'appart'... » Soupira l'Eurasien, avant de se raviser aussitôt. Il suffisait qu'Haizaki dégaine le regard de chiot battu pour que Kise n'ait plus le cœur à lui refuser une simple requête. « … Bon, c'est d'accord, tu as le droit d'utiliser tes mains… » Enfin, pas question de céder totalement à ses caprices non plus ! « Mais pas sur moi. »
« Hein ? Mais pourquoi ça !? »
« Parce que crois-moi, tu vas très bientôt avoir besoin de tes deux mains. Pour t'occuper de toi. »
Plus énigmatique tu meurs !
Cependant, Haizaki décida de jouer le jeu et de déper temporairement les armes. En attendant de voir. C'est que… ce Kise dominateur commençait sérieusement à l'intriguer ! Le blond semblait avoir une idée précise derrière la tête et Haizaki souhaitait la voir se réaliser. Et puis bon, si jamais le plan de Kise ne lui plaisait pas, il serait encore temps de désobéir à ses ordres et de reprendre l'ascendant en cours de partie.
Avec une délicatesse insoupçonnée, Kise entama d'abord de caresser toute la surface du torse d'Haizaki comme pour mieux le mettre en condition et le détendre, un peu à la manière d'un vétérinaire novice qui cherche à mettre en confiance l'animal qu'il doit piquer. Et l'intuition d'Haizaki se révéla juste, lorsque Kise donna soudainement une pichenette sur son mamelon piercé. Le brun grogna d'inconfort et la pointe rougie se mit aussitôt au garde à vous.
CSB…
Comme sa b… oîte crânienne ?
« Oi Ryotaaa… tu m'avais caché que tu versais dans le SM maint-… ! »
Mais ledit Ryotaaa (avec trois « a », oui, parfaitement…) le réduisit au silence d'un index fermement pressé contre ses lèvres.
Vraiment, il allait falloir que ce maudit loup apprenne à fermer sa grande gueule.
Kise l'y aurait bien obligé avec une certaine méthode de son cru, autrement plus salace, mais malheureusement leur position actuelle ne lui permettait pas de la mettre à exécution.
« Je dois t'avouer un truc : personne ne m'a encore jamais sucé avec un piercing à la langue. » Avoua Kise sans prévenir.
Awi donc en fait non, Kise ne semblait pas avoir tout à fait renoncé à son moyen personnel de le faire taire…
Sauf qu'avec la barre de musculation qui se dressait entre lui et l'objet de sa convoitise, même avec la meilleure volonté du monde, Kise allait devoir attendre que cet obstacle ait disparu, avant de connaître les bienfaits d'une fellation piercée.
A moins que…
L'index toujours appuyé contre la bouche trop bavarde d'Haizaki pour le réduire au silence, Kise empoigna son propre sexe de l'autre main et il avança doucement le bassin, de façon à raffermir son assise sur l'abdomen d'Haizaki. Puis, avec une forme de timidité et pudeur, il commença à se masturber sous le regard ébahi d'Haizaki. L'Eurasien avait pourtant l'habitude de se donner en spectacle et de s'offrir au regard envieux d'autrui... Mais c'était totalement différent sur un podium et dans un lit... qui n'en était même pas un en l'occurence ! Quand à Haizaki, le spectateur de service serrait les dents et pour cause… cette maudite barre cachait l'essentiel de cette exhibition à faire saliver même un bédouin paumé en plein désert du Sahara !
Yeux fermés, tête rejetée en arrière, le mannequin ne se montrait pas avare en gémissements suggestifs pour faire étalage de son plaisir. Une bien maigre consolation dont se contenta tout de même l'ancien adepte des tresses. Et comme pour le prouver, les mains d'Haizaki se mirent d'abord à trembler de frustration, puis elles se crispèrent. Mais puisqu'il n'avait pas le droit de toucher, il enfonça ses doigts dans le cuir du fauteuil de musculation dans l'espoir de se contenir.
« Aaaah… Shogo… »
Le sale petit enfoiré.
Pas de doute, ça le faisait kiffer de jouer avec ses nerfs sans la moindre considération à son égard. Mais patience, la vengeance est un plat qui se mange surgelé et même si Haizaki avait plutôt chaud en cet instant, ça ne l'empêcherait pas de savourer à une glace à son tour, très prochainement…
Tout vient à point à qui sait attendre.
Tout vient… tout court.
Kise, en tout cas, semblait déjà sur le point de venir, lui.
A moins qu'il ne s'agisse d'une ruse. Certes, le blondinet avait affirmé lui-même un peu plus tôt qu'il comptait se branlouiller, pas de surprise de ce côté-là donc, mais le joueur de Poker avait du mal à croire que cela puisse être aussi simple… Kise l'avait habitué à mieux. Plus alambiqué. Plus pervers. Plus élaboré.
Et aux yeux d'Haizaki, Kise ne décevait jamais…
C'était l'une des seules certitudes immuables que l'ex-argenté avait en ce monde et à laquelle il savait pouvoir se raccrocher…
Tout à coup, comme pour lui donner raison, le Kitsune guida son gland rosé vers l'auréole parée de métal. Avec des gestes précis, il se frotta sans vergogne contre l'anneau froid et dur, qui lui envoya frissons et autres décharges de plaisir. Kise les sentit remonter de la base de sa queue jusqu'à la pointe de ses cheveux (ça rime !) et se diffuser dans tout son corps. Très excité par cette démonstration aussi insolite que sensuelle, Haizaki se mordit la lèvre inférieure. Personne n'avait jamais utilisé son piercing mamellaire de la sorte.
Mais surtout, personne ne l'avait jamais utilisé, lui, de la sorte.
Il avait le sentiment d'être devenu un sextoy complètement dépouillé de son humanité et dont l'unique fonction se résumait à donner du plaisir à Kise. Kise, qui faisait usage de son corps comme d'un vulgaire objet, sans lui demander son avis, ne cherchant que sa propre jouissance. Une chose était certaine en tout cas : le roi des podiums prenait son pied. Un pied monstre, même. Pour preuve, son visage arborait d'adorables et très révélatrices rougeurs. Quant à sa voix émettait des gémissements qui ressemblaient de plus en plus à des pleurnichements, à mesure que les secondes s'égrenaient.
Les plaintes et les halètements de l'égérie de la mode remplissaient à présent la grande pièce où aucun autre son étranger n'était émis.
Oui, il était proche… Si proche d'arriver au Paradis…
« Vas-y bébé… c'est ça ouais… Jouis pour moi. »
Et au cas où cela ne suffirait pas à faire craquer Kise, Haizaki se fit un devoir d'ajouter à haute voix :
« You can come all over my face… »
A ces mots dénués de la moindre pudeur, Kise hoqueta de surprise, paraissant brusquement reprendre conscience. Ses yeux dorés s'ouvrirent d'un seul coup, les iris fendues par l'extase. Pas besoin de réitérer l'invitation deux fois. Sauf que de là où il se trouvait, la distance était un peu lointaine pour exaucer le vœu du brun, en atteignant sa cible. A moins qu'il ne puisse se rapprocher encore un peu, juste un tout petit peu… Bien-sûr, le risque d'éclabousser la barre au passage était grand, puisqu'elle faisait toujours office d'obstacle entre lui et le visage volontaire de son amant, mais ce dommage collatéral ne serait qu'un bien maigre sacrifice à accorder au(x) dieu(x) de la luxure…
Le blondin délaissa donc à regret ce téton perlé si douloureusement dressé à force de stimulation, mais qui lui avait déjà offert tant de plaisir. Mais déjà, une nouvelle idée saugrenue venait de germer dans son cerveau encore torturé par l'abstinence. Avec la même application que précédemment, Kise glissa sa virilité entre les deux pectoraux si proéminents d'Haizaki, fruits d'heures, d'années même, d'entraînement intensif. Deux belles pêches à la peau veloutée et à la chair blanche. Les mains fines de Kise se posèrent chacune d'un côté de son torse de façon à faire se rapprocher les deux pectoraux.
Bien-sûr, le résultat obtenu ne fut sans doute pas aussi probant qu'avec une poitrine féminine plus généreuse, mais Kise en était tout de même amplement satisfait. Si bien que sa virilité se nicha parfaitement entre les deux coussins improvisés, que le blond tenait bien serrés et rapprochés au maximum. Il entama alors ses premiers mouvements de bassin pour tester le confort de ce nouveau fourreau.
Branlette Espagnole, hola qué taaal !? Sinon, les plus vieux appellent également cette pratique "cravate de notaire", mais Kise était à deux doigts (ou à deux gémissements près...) de la renommer "cravate Yves Saint Laurent de mannequin." Nan parce qu'un notaire poussiéreux de province, c'est tout sauf une image sexy pour alimenter la machine à fantasmes.
Epuisé de rester passif, Haizaki eut soudainement la riche idée de soulever son débardeur pour aider l'extrémité sensible de la queue de son renard à coulisser sous le tissu encore moite et tiède de sa sueur. Bien enveloppé dans ce nouvel emballage qui laissait deviner une délicieuse forme longiligne, son joli cadeau vint légèrement buter contre l'acier froid de la barre, créant ainsi un contraste de température. Contraste qui arracha immédiatement un nouveau cri de bien-être à Kise.
Jamais Haizaki ne lui avait vu une telle expression sur le visage.
C'était juste magnifique.
Kise était magnifique.
Et bandant, sacrément bandant même !
D'ailleurs, ce putain de short de sport n'avait jamais paru aussi serré à Haizaki qu'en cet instant ! Et bordel, que cette saloperie lui collait désagréablement à la queue ! A moins que ce ne soit l'inverse, mais dans tous les cas, le loup ressentait le besoin urgent de laisser prendre l'air à son petit oiseau. Ou plutôt, son GROS oiseau de proie, ne soyons pas avare en taille ! Celui-ci n'en pouvait plus de rester comprimé par sa cage de textile !
Heureusement pour lui, le moment tant attendu de la libération n'allait plus tarder.
L'agréable friction engendrée à la fois par les muscles moelleux d'Haizaki, ainsi que par le tissu humide et serré (qui visait à imiter un certain type d'écrin plus… organique, disons…) de son débardeur, eut pour effet d'amplifier la danse hypnotique de Kise. Lui aussi semblait pressé de pouvoir se relâcher…
Mais pas avant de s'être assuré de quelque chose…
« Shogo… I want you to touch yourself too… so we can come together… » Murmura Kise de sa voix rauque, mais parfois entrecoupée de couinements plus aigus, signe qu'il approchait de la fin de son voyage charnel.
Oh… c'était donc pour cette mystérieuse raison que Kise lui avait interdit de faire usage de ses mains sur lui tout à l'heure…?
…
MAIS QUELLE BONNE IDEE !
TOUT SESSPLIK !
Kise continuait à onduler furieusement des hanches pour mieux venir se frotter à lui et Haizaki n'y tint plus : il sortit de son short sa propre verge douloureusement gainée de veines, à l'extrémité de laquelle trônait également un piercing. (Lequel piercing intriguait encore plus Kise que celui présent sur la langue de l'ex-naté.) Englobant entièrement la tête du membre dans sa grande paume, Haizaki la massa d'abord délicatement pour se mettre en condition et recueillir un peu de liquide séminal, qu'il étala ensuite avec générosité sur toute la longueur de la hampe.
Puis, il commença enfin à s'astiquer frénétiquement. Mais il manquait toujours quelque chose… Bien que le plaisir soit là, celui-ci n'était pas aussi intense qu'il devrait l'être… Pourtant, toute cette situation excitait le prédateur apprivoisé au plus haut point. Heureusement, bien vite Haizaki compris de quelle manière combler son extase déjà quasi parfaite : il glissa sa main gauche, celle qui n'était pas occupée à le branler, à l'intérieur du boxer de Kise et il se saisit de l'une des deux lunes pleines qu'il malaxa assidument, comme s'il tâtait un fruit pour décider s'il allait l'acheter.
Et une chose était certaine aux yeux du loup : sa proie était prête à être cueillie prochainement… Rien qu'aux gémissements que Kise poussait sans discontinuer, Haizaki pouvait le deviner. Ses tympans débordaient des glapissements sensuels du renard et ses doigts s'aventurèrent donc tout naturellement à la lisière entre les deux globes. Kise se cambra alors et il releva son T-shirt, dévoilant son ventre plat et musclé. Il avait besoin de mordre dans le bas du tissu, tant leur petite chevauchée improbable était bonne. Leurs voix se mêlèrent en une cacophonie de sons étouffés et soudain, ç'en fut trop.
Leur limite fut atteinte en même temps.
« Un jour… je l'aurai ce cul… j'en fais le serment… » Murmura Haizaki, avant de se répandre dans son poing serré.
« Aaaah… Un jour peut-être, mais pas aujourd'hui en tout cas… ! » Lui répondit Kise, qui avait cessé de mâchonner son T-shirt dans l'espoir vain de réussir à se museler.
Haizaki sentit un jet brûlant atterrir sur son visage, mais il ne s'en plaignit pas. Quelques spasmes agitèrent encore un peu Kise, avant que ce dernier ne finisse par se tranquilliser, toujours assis à califourchon sur son ancien rival. La tête lui tournait agréablement, le copycat avait la sensation grisante de flotter telle une plume. Il avait l'impression d'être épuisé, vidé… quoique pour le dernier adjectif, c'était plus qu'une simple impression et plutôt la réalité.
Les deux hommes restèrent ainsi quelques instants sans se parler, parfaitement immobiles et à bout de souffle, chacun cherchant à reprendre ses esprits suite à cet orgasme aussi vif que vibrant. Jamais Kise n'avait ressenti une telle intensité, pas même avec Aomine. A son grand désarroi, il y avait vraiment quelque chose qui matchait entre lui et son ancienne Némésis… Comme une connexion invisible et puissante. Une étincelle innée et animale.
Impossible à réprimer, à contenir, à dompter ou à ignorer et encore moins à rationnaliser.
C'était presque comme s'il n'y avait qu'en présence d'Haizaki que Kise pouvait enfin s'autoriser à être lui-même… Et cette réalisation lui fit l'effet d'un électrochoc.
« Quoi !? Comment ça 'Pas aujourd'hui, mais un jour peut-être, je l'autoriserai à avoir mon cul ?' Oh que non ! Ni aujourd'hui, ni demain, ni après-demain, ni même dans un mois ! J-A-M-A-I-S ! Ok, ce qui vient de se passer était agréable, mais faudrait voir à ne pas pousser mémé et sa trottinette sous un bus, surtout si elle porte pas de casque ! Sauf que… d'un autre côté… plus vite je céderai et plus vite il se désintéressera de moi… Et inversement. C'est peut-être la seule solution pour qu'on arrive enfin à passer tous les deux à autre chose… » Se dit le blond.
Il se remonta son boxer à la hâte et il s'empressa de descendre de son vaillant destrier. Le contact et la proximité d'Haizaki lui brûlaient brusquement la peau, devenant intoxiquant et insupportable.
Kise avait encore commis une erreur, il le savait et il s'en auto-flagella mentalement.
Rien de bon ne pouvait ressortir de tout cela.
Merde, merde, merde !
Il regrettait de s'être laissé emporter par sa frustration ! D'avoir vu Aomine, ça avait complètement chamboulé ses pensées et ses entrailles ! Il y avait eu la soirée avec les filles à la villa aussi… et de voir Haizaki faire de la musculation en exhibant son magnifique corps de rêve n'avait pas arrangé les choses non plus. Mais la situation était déjà assez compliquée comme ça… Même Kuroko – sans doute l'être le plus prompt au monde à pardonner et capable de comprendre ce par quoi Haizaki était passé lorsqu'il avait été viré comme un malpropre de l'équipe - lui avait conseillé de se méfier !
Ca y est, une fois le contrecoup de ce truculent orgasme passé, Kise se sentait retomber... Retomber dans sa prison, dans son quotidien morne, juste après avoir tutoyé les cieux. Il s'en voulait terriblement d'avoir agi sur un coup de tête. Mais ça faisait des jours que lui et Haizaki se chauffaient ! Que le brun le travaillait au corps ! (Littéralement en plus !) Bien-sûr que ça ne pouvait que mal se finir ! N'importe qui l'aurait deviné ! Et le sexe avait tendance à tout compliquer et à obscurcir tout jugement… Pas étonnant qu'Aomine cherche à s'en prémunir dans sa relation avec Kagami, pour éviter de la corrompre…
Kise devait fuir.
C'était l'unique solution. Il avait besoin de s'éloigner physiquement de sa Némésis, de mettre de la distance entre eux.
Tout de suite.
Il suffoquait et Haizaki lui faisait perdre toute raison...
Dans le fond, il ne valait pas mieux qu'Aomine… Lui non plus n'assumait pas de s'être laissé aller avec Haizaki…
Mais en fait non, ça n'avait rien à voir !
Dans son cas, il était parfaitement normal d'éprouver des remords ! Haizaki était… bah… c'était Haizaki quoi ! Pas quelqu'un de fréquentable ! Le genre de type avec qui tu couches juste pour assouvir un besoin primal et dont tu fuis l'appartement au petit matin, tout penaud et en boitillant, bien planqué derrière tes lunettes de soleil afin que personne ne puisse te reconnaître dans la rue… Enfin… ça, c'est s'il a eu la délicatesse de te laisser passer la nuit dans son lit, après t'avoir copieusement défoncé le cul et qu'il ne t'a pas jeté dehors avant bien entendu…
« Ryota, ohé Ryotaaaa ! Oi ! Te barre pas comme ça, viens m'libérer avant ! »
Et zut… il ne pouvait en effet pas se barrer tel le roi des voleurs en le laissant piégé de la sorte sous son haltère…
Réticent, le jaune rebroussa tout de même chemin et tandis qu'il s'apprêtait à relever la barre avec le concours du brun, ce dernier s'en libéra tout seul à sa plus grande (horreur) surprise ! Le malheureux renard n'eut pas le temps de prendre ses pattes à son cou que déjà, le loup lui avait attrapé le poignet pour le tirer vers lui. Kise lui tombe donc assez violemment dessus, paniqué, le cœur battant la chamade.
Haizaki n'avait jamais été bloqué en fait !
Depuis le début, il se jouait de lui pour pouvoir mieux l'attirer entre ses crocs !
Et à présent, Kise allait se faire dévorer sans sommation…
Non… pas question !
Le Kitsune se débattit avec effroi pour tenter d'échapper à la prise ferme de son bourreau. Mais Haizaki le tenait bien, enfonçant ses doigts dans sa peau, ce qui en fit blanchir les jointures.
« Tu vois, c'est exactement à cause de ce genre de comportements que jamais je n'arriverai à te faire confiance ! » Cracha le mannequin, affolé.
« Embrasse-moi ! » Ordonna le brun, qui n'avait visiblement rien écouté ou tout du moins, s'en foutait allègrement.
« Eww non ! Tu es tout… » 'COUVERT DE MON SPERME' Compléta mentalement son cerveau. « … poisseux ! Tu as besoin d'une bonne douche ! »
« Oh je vois… Monsieur le mannequin glamour me trouve dégoûtant maintenant qu'il s'est copieusement soulagé sur moi ! »
« Hmmpff ! Lâche-moi ! »
« Non, pas avant que j'ai eu mon bisou ! »
Oh Seigneur mais quel… RELOU !
Finalement, ce n'était pas Haizaki qui allait avoir le PRIVILEGE de se goûter sur les lèvres de Kise en premier, mais bel et bien l'inverse. Ce dont le renardeau devait s'avouer pas franchement fan… Ah ça, pour jouir sur la tronche de son ex-rival, il y avait du monde pour se porter volontaire, mais quand il s'agissait d'en payer le prix, plus personne ne répondait présent, bizarrement !
« Dépêche-toi, parce que si c'est moi qui initie ce baiser, je peux t'assurer que ce sera bien pire… » Menaça alors Haizaki. « Je vais prendre un malin plaisir à t'en étaler PARTOUT sur le visage ! »
Yeurk… tout mais PAS ça ! Quoi que certains représentants – ou plutôt hurluberlus patentés – de son milieu professionnel vous soutiendraient Martel en tête que la semence masculine possède de puissantes vertus antirides… Et après avoir brièvement pesé le pour et le contre, Kise opta pour le choix le moins pire, se dépêchant de déposer un baiser sur les lèvres d'Haizaki. Malheureusement – et c'était couru d'avance – ce geste exécuté sans conviction ne suffit pas s'attacher les faveurs du loup. Ce dernier pressa donc davantage ses lèvres contre celles de son partenaire, écrasant sa bouche avec la sienne et langue se fraya un chemin jusqu'à sa comparse, avec laquelle elle entama une joute enflammée.
Brrr… quelle horreur ! Pas que Kise se considère comme particulièrement prude ou sensible, mais pouvoir sentir son propre goût à même la peau de son partenaire ne faisait pas partie de ses kinks. Hélas pour lui, Haizaki avait repris le dessus et imposait sa manière de voir les choses. La langue rose de Kise tenta tant bien que mal – et surtout mal, en fait – de repousser son assaillante en la chassant hors de sa bouche, mais cet enfoiré d'Haizaki, lui, semblait bien décidé à visiter le moindre recoin de sa cavité buccale…
Et lorsqu'en fin il se décida à rendre sa liberté à Kise, le garçon aux cheveux d'or n'eut même pas le temps de souffler que déjà, Haizaki le soulevait dans ses bras.
« Raaaaaaah bon sang mais qu'est-ce que tu fabriques encore !? »
« Je nous emmène prendre un bon bain bien mérité ! On a en a bien besoin. Surtout moi. »
« Et par 'Nous', tu veux dire toi et moi, ensemble ?! Mais hors de question ! Et puis repose-moi par terre, je peux encore marcher tout seul ! » Se plaignit Kise en gigotant avec énergie.
Haizaki goûta très peu l'outrecuidance de sa proie, contrairement à son bukkake précédent. Il jeta donc Kise sur son épaule avec autant de considération qu'un encombrant sac à patates et malgré les diverses menaces proférées par le mannequin et les tapes dans le dos, il prit la direction de l'unique salle de bain dont disposait le penthouse…
Le brun aurait pu se contenter de larguer son fardeau dans la baignoire une fois parvenus à bon port, mais il n'en fut rien. L'ex-basketteur déposa délicatement Kise au sol et esquiva de justesse un coup de poing ou bien une gifle, Haizaki n'en était pas bien sûr… Il fallait dire que c'était allé tellement vite… mais il avait senti ses oreilles siffler lorsque la main de Kise était passé un peu trop près d'elles.
« Ahh c'qu'on est bien quand on est dans son baiiiiiiiiin… On fait des bulleuuuuhhh… on joue au sous-mariiiiiiin… » Fredonna Haizaki en se savonnant avec l'énergie (du désespoir LOL) d'un papy à qui on aurait greffé une nouvelle hanche bionique. « J'adooooooore chanter quand j'ai la chance de pouvoir me laver dans une baignoire ! »
« Ouais, bah tu devrais le faire uniquement quand t'as la tête sous l'eau ! » Pesta Kise.
Par chance, il n'avait pas été obligé de partager la baignoire avec Haizaki. Sitôt que ses deux pieds s'étaient posés par terre, Kise avait pris d'assaut la cabine de douche. Techniquement, ils pouvaient tenir à deux et même à plusieurs dedans, alors il avait craint l'espace d'un instant qu'Haizaki ne l'y rejoigne, mais fort heureux pour son intimité et surtout sa santé mentale, l'homme à tout faire avait plutôt pris la décision d'aller squatter l'immense bain sur pieds.
Pieds dorés qui se terminaient par des têtes de lions.
Le bon gros truc de riche bien tape à l'œil quoi.
On se serait cru à Versailles. (Bien que Kise n'y soit jamais allé, c'était ainsi qu'il imaginait le luxe royal à la française cependant...)
Quelle tragédie n'empêche qu'un appartement si grand et paradisiaque ne dispose que d'UNE SEULE ET UNIQUE salle de bain pour deux !
Parce que Kise se serait bien passé de devoir la partager avec Haizaki…
« Ahaha chanter sous l'eau ? Mais quelle idée, c'est vachement dangereux ton truc, de la flotte va rentrer dans mes poumons et ce sera la noyade assurée ! » Il frotta doucement son visage avec ses mains pour faire en partir les derniers résidus laissés par Kise. « Par contre… il y a quelque chose que je sais extrêmement BIEN faire sous l'eau et pour laquelle j'ai aucun mal à rester en apnée… Même que si tu acceptais de venir dans le bain avec moi, je pourrai envisager de te montrer de quoi il s'agit… »
…
Nul besoin d'afficher un Q.I. à trois chiffres pour comprendre à quelle pratique Haizaki faisait allusion. Cependant la stratégie qui consistait à proposer du sexe seulement quelques minutes APRES en s'y être adonné, laissait Kise plus que sceptique. Certes, il avait très envie de tâter du piercing lingual de son colocataire mais peut-être pas dans l'immédiat.
« Nope, désolé pour toi Haizaki, mais il va falloir trouver mieux que ça à me proposer. »
« … Et si j'offrai de te laver les cheveux… ? Est-ce que ça suffirait à te convaincre de me rejoindre ? »
Kise soupira.
La transaction était financièrement bancale…
« … Paraît que je fais les meilleurs massages du cuir chevelu de toute la côte Ouest… » Fit Haizaki, en abattant la dernière carte à sa disposition.
On venait quand même de passer d'une proposition de rapport bucco génital à un simple shampooinage. Pas sûr que Kise y gagne au change…
« Et d'après qui ? » Sourit cependant légèrement le blond.
« Heu… moi… ? »
« Hmmm… mais comme on a déjà établi que tu n'étais pas digne de confiance et qu'il ne fallait pas prendre pour argent comptant tout ce que tu disais, je ne suis pas certain que ton auto-critique soit vraiment fiable et objective… »
« Quoi, tu veux des preuves ? Bah viens, j'vais t'en donner moi de la belle preuve élevée au grain et en plein air, 100 % naturelle ! »
« Not gonna happen. » Le rabroua Kise, en secouant la tête.
« Dans ce cas… je pourrai peut-être essayer de… tiens… te raconter une blague ? Et si tu ris, non je t'en demande trop là… Disons plutôt… si tu souris alors, ouais c'est mieux ça, si tu souris ne serait-ce même qu'un tout petit peu, tu seras obligé d'accepter mon invitation d'accord ? »
Argh.
Le grand retour des blagues douteuses, la grande spécialité d'Haizaki !
Son arme de séduction (non !) massive !
Ca aussi, Kise s'en serait bien passé… Malgré tout, il acquiesça par pur dépit…
« Ok, vas-y je t'écoute. Raconte-moi ta meilleure blague alors… et inutile de préciser que t'as pas intérêt à te louper cette fois-ci ! »
« C'est vrai, j'ai le droit ? Ouch j'te dis pas comment j'ai la pression ! »
Le comique en herbe ferma les yeux et prit quelques secondes pour réfléchir. Ok, il ne devait pas se rater et lui sortir sa plus BELLE blague ! La plus drôle ! La plus irrésistible !
« Alors... Quel est le point commun entre une Ferrari et une gamine de six ans ? »
« Heu... j'en sais rien du tout... mais je crains d'ores et déjà le pire te connaissant... »
« Quand tu rentres dedans, ça déchire ahahah ! Elle est bonne, tu ne trouves pas ? La blague, hein, pas la gosse... »
!
Kise manqua de glisser dans la douche et il se rattrapa de justesse à la porte coulissante.
MAIS WHAT THE ACTUAL F*CK !?
« … T'as sacré un problème avec l'humour underage, tu le sais ça ? Non mais à QUEL moment c'est supposé me séduire exactement ? C'est juste horrible et sordide ! »
« N'importe quoi ! Elle était hilarante ! Avoue plutôt que tu ne l'as pas compris ! » Il se redressa dans le grand tube, prêt à expliciter son trait d'humour. « En fait, c'est drôle parce que…- ! »
Mais Kise le coupa court à toute tentative de rattrapage…
« … On ne t'a jamais dit qu'un magicien ne révélait jamais le secret de ses tours ? Et bien là, c'est pareil ! Expliquer une blague, c'est comme disséquer une grenouille : maintenant, tu sais peut-être comment ça marche, mais elle est MORTE ! »
« Ouais ben c'est de ta faute ! Je t'avais proposé de trouver une autre utilité à ma bouche, mais c'est toi qui as absolument tenu à ce que je m'en serve pour parler ! »
« Ce dont tu devrais définitivement t'abstenir. Non mais vraiment, je dis ça pour toi hein, parce qu'un jour ça pourrait mal se finir ! Quelqu'un va mal prendre ton humour de merde et te casser la figure à cause de ça ! Je t'assure… quand tu sors des trucs pareils, même moi je pourrai devenir physiquement agressif et pourtant je suis un pacifiste convaincu, c'est dire... ! »
Le blond sortit cependant de la douche et il vint s'accroupir de lui-même près du rebord de la baignoire, laissant une mince traînée d'eau dans son sillage.
« J'arrive pas à m'empêcher de parler, c'est plus fort que moi ! » Se défendit Haizaki. « Déjà au collège, j'me faisais tout le temps aligner par les profs pour bavardage intempestif pendant les cours… j'y peux rien, j'ai toujours eu une grande gueule et ça m'a valu bien des ennuis, c'est vrai. Mais fondamentalement, y a très peu de choses qui peuvent me la faire fermer. » Tenta t-il se de se justifier non sans maladresse.
« Oh… pauvre Sho-kun… » Kise tendit la main pour venir replacer une longue mèche ébène derrière l'oreille d'Haizaki, faisant montre d'une soudaine sollicitude. « … Il souffre d'incontinence verbale suite à une sodomie buccale un peu trop violente… »
Les yeux d'Haizaki s'écarquillèrent en entendant les paroles osées de Kise. Mais bien loin de s'en effrayer ou même de simplement s'en formaliser, cela produisit sur lui l'effet opposé et il s'en lécha le pouce, signe caractéristique d'excitation chez lui. Tout à coup, il se pencha pour souffler à l'oreiller de son goupil :
« Et si tu essayais de me faire taire à ton tour ? Ca fait un bon moment que j'ai pas eu de bel os à moelle entre les crocs… et au moins, je suis sûr de pouvoir me la fermer le temps de le ronger… » Puis d'ajouter : « Qui sait ? Peut-être même que ça pourrait inverser ce satané processus de diarrhée verbale, si tu t'y prends bien Ryotaaaa~… »
Et de donner un petit coup de langue taquin sur le lobe d'oreille qui avait recueilli ses mots.
Avant de pouvoir faire la même chose, peut-être, avec une autre partie du corps de son blond...
Or, il n'en fallut pas plus pour donner envie à Kise de transformer sa queue en instrument médical et s'improviser docteur en laryngologie…
Fiiiiouuuu 19500 mots. Pas encore mon record, mais pas loin tout de même. C'est la taille d'un OS chez certains, ça !
Ayé, je vous annonce donc que nous sommes officiellements lancées Mesdemoiselles et Mesdames.
Ca aura mis du temps, mais LE CUL EST ENFIN LA !
On a side note... Je crois que je l'ai déjà dit, mais j'adore écrire avec Haizaki. Et encore, comparé à la plupart des histoires que j'ai lues avec lui, le mien est loin d'être aussi agressif et sexuellement... actif. Mais c'est bien comme ça aussi, je me dis. Et puis, ça va peut-être venir. C'est normal qu'il cache encore son jeu en bon joueur de Poker qu'il est : il ne veut pas faire fuir Kise !
Kise, j'ai plus de mal à l'écrire. Mais je sais où je vais et c'est le principal. L'erreur serait de trop me précipiter avec lui. La vision que j'ai de lui est plus fidèle au sein des flashbacks d'ailleurs.
Enfin bref, j'espère que ça vous a plu ! Comme d'habitude, n'hésitez pas à me faire savoir ce que vous en avez pensé et si vous avez des souhaits pour la suite !
En tout cas, vous avez vu ? J'avais promis qu'Aomine ferait une apparition dans ce chapitre et j'ai tenu parole ! (même si c'était court !)
- Pour ce qui est des notes de fin de chapitre concernant les références, je n'en vois qu'une seule : EL FAMOSO GEL LAVANT 8 EN 1 DE KAGAMI ! Il s'agit d'une référence à la SUPERBE fanfiction "Rip Tide", que je conseille à TOUS les anglophones/philes. Je considère que c'est la quintessence de l'AoKaga. Si vous aimez retrouver les comportements "canons" et fidèles au manga de base, vous serez servis ! A lire sur AO3 !
- Les chapitres avec Haizaki sont vraiment mes préférés, y a pas à dire... J'aime beaucoup écrire ses interactions avec Kise ! Ca ressemble à de l'AoKaga, mais c'est à la fois très différents. Haizaki a une façon piquante de répondre, qui est plus subtile qu'Aomine. Aomine est juste beauf LOL. Quant à Kise, il a davantage tendance à "suivre" Haizaki dans ses joutes verbales et même à les initier, là où Kaga est davantage dans la consternation et dans un répondant moins élaboré.
- Décrire des scènes de zizi panpan en se montrant créative et sans tomber dans la vulgarité est un vrai défi ! J'ai galéré à décrire les actions de nos deux canidés... j'espère y être parvenue tout en conservant un bon rythme... Les passages descriptifs ne sont vraiment pas mon fort, je trouve ça trop mou en général... c'est peut-être pour cela que je mets moins de fesse dans mes histoires que la plupart des auteurs. Ca peut vite devenir brouillon à la lecture comme à l'écriture...
