Hey !
Voici la suite du double chapitre, avec du retard, enfin bon, vous commencez à me connaître !
J'avais zéro inspi pour le titre ahaha ne me demandez donc pas le pourquoi du comment. (on s'en fout, en plus.)
Sur ce, je vous laisse sans teasing avec la suite et la fin de ce chapitre.
ENJOY !
Haizaki se redressa pour enlever son T-shirt, le balançant nonchalamment sur le côté. Tant qu'à faire, autant permettre à Kise de tâter un peu la marchandise, ce serait tout de même plus agréable pour lui de pouvoir toucher à sa guise. Ses yeux en amande brillaient, énamourés. Etrange… la seule personne qui l'avait regardé ainsi se nommait… Ah non, pas encore ! Haizaki préféra plonger sur sa proie pour chasser l'autre de sa tête et il embrassa tendrement Kise. Ce moment-là, il en avait fantasme depuis une bonne partie de sa vie. Alors, une dernière fois, juste pour la forme, il devait s'en assurer :
« Ryota… t'es sûr que c'est ce que tu veux ? Putain… ça fait des années que j'en rêve, moi… » Confessa t-il, humblement.
Cela aurait été tellement plus facile pour Haizaki de lancer une énième pique du style : « Je vais être ton premier, quelle chance ! Parce qu'après cette nuit passée ensemble, plus personne d'autre que moi ne sera capable de te satisfaire… »
Pourtant il s'en abstint et la réponse tant espérée fut sans équivoque, puisque Kise attrapait à nouveau sa main pour en téter assidument les doigts. Putain… il le rendait fou à faire des trucs comme ça… Simples, mais efficaces. Hautement significatifs. Comme s'il était question de toute autre chose. Alors Haizaki vint cueillir ses lèvres en guise de récompense et il les fit rouler ensemble, positionnant Kise sur le côté, face à lui, sans détacher sa bouche de la sienne.
Leurs deux langues allaient finir par faire un nœud, à force de s'entortiller l'une autour de l'autre avec une telle avidité. Mais c'était comme si chacun découvrait à peine le goût de l'autre et qu'il ne parvenait pas à en avoir assez, à arriver à satiété. La main d'Haizaki serpenta sur les omoplates de Kise, descendant, descendant, glissant entre les creux, les os, les aspérités, se frayant un chemin toujours plus bas, lorsque soudain, elle eut un réflexe pour le moins malheureux… cherchant à déclipser quelque chose sous ses doigts habiles.
Kise se tendit de surprise, se redressant légèrement, essayant de comprendre ce qui se passait.
Merde, le con ! Haizaki, par la force de l'habitude, avait exécuté le geste familier consistant à dégrafer le soutien-gorge imaginaire que le blond ne portait pas. C'était ça d'avoir couché avec autant de meufs. On intègre certains automatismes que l'on reproduit sans s'en rendre compte. Toujours les mêmes, comme une seconde nature, qui font partie du rituel d'accouplement. Kise avait l'air d'avoir un peu tiqué, mais par chance, l'Eurasien n'avait pas réalisé ce que sous-entendait cette erreur grossière. Tant mieux, cela aurait pu le refroidir pour la suite des réjouissances.
Bien décidé à se rattraper et à faire oublier ce regrettable incident, Haizaki entreprit de relever le débardeur blanc de Kise et il laissa sa langue présenter ses excuses au torse du blond. Est-ce que le jaune aimait cela ? Etait-il sensible à cet endroit ? Beaucoup de filles aimaient qu'on joue avec leur poitrine et leurs tétons en particulier… sauf… qu'encore une fois… Kise n'en était pas une. Mais à la décharge de l'as de Fukuda, il était difficile de désapprendre en une soirée ce que l'on pratiquait instinctivement – et avec succès ! - depuis des années !
Heureusement cependant, et pour son plus grand soulagement, Ryota semblait apprécier ses caresses linguales, comme il se cambra contre lui, réclamant davantage de contact en gémissant. Ouais, la drogue n'y était certainement pas étrangère, exacerbant ses sensations. Le besoin de toucher et d'être touché. Le besoin de sentir, de ressentir. Les crocs du loup se refermèrent sur une perle de chair d'un beau rose pâle délicat et Kise couina aussitôt.
Malmenant l'aréole en la rendant humide et glissante de salive, Haizaki n'en délaissa par pour autant sa jumelle, à qui il fit subir une punition beaucoup moins enviable et douce à l'aide de ses doigts, la tordant et la pinçant pour l'obliger à rougir. Là encore, Kise ne manqua pas de se montrer particulièrement réceptif, agrippant la tignasse de son tortionnaire pour s'y arrimer. S'arrimer, s'amarrer à la réalité et éviter de sombrer dans les abysses, comme cela avait été le cas tout à l'heure, lors de son précédent orgasme par exemple... Et ni vu, ni connu, ma main libre vient se glisser dans ton short… Si Haizaki avait décidé de le rendre fou, force était de constater qu'il s'y prenait extrêmement bien. Kise haletait à présent, les joues roses d'un afflux sanguin qui n'allait pas tarder à migrer au sud. Bien-sûr, le but était de stimuler le corps alangui contre le sien, mais Haizaki savait que dans son état, Kise était comme un bâton de nitroglycérine. A manier avec précautions ! Et par conséquent, le secouer un peu trop… risquait de le faire exploser. Or, ce n'était pas le but. Enfin si, mais pas tout de suite.
Pour le moment, il devait surtout s'assurer de le tenir éveillé et prêt à le recevoir, mais pas trop non plus. Parce que si par malheur, Kise atteignait la ligne d'arrivée de la course avant même qu'Haizaki n'ait eu le temps d'ENFILER ses baskets pour se mettre à courir, alors à quoi bon ? Il faudrait alors tout reprendre à zéro et ce serait d'autant plus difficile. Un peu comme au surf : il convient d'attendre la fameuse vague, celle qui n'apparaît qu'une seule fois et de ne surtout pas la laisser passer.
La prendre au bon moment se révélait donc crucial. Kise lui tirait tellement sur la tignasse pour afficher son contentement – ou son appréhension – que la queue de cheval du brun finit par se défaire totalement. Ses cheveux vinrent librement couler en une cascade indisciplinée sur ses épaules et Kise en profita pour y planter quelques baisers. Les mèches soyeuses parfumées à la brise marine chatouillaient ses narines. Cette odeur le rassurait.
Un crabe curieux passa en se déplaçant de profil à l'Egyptienne, pour mieux pouvoir observer cette étrange créature aux membres emmêlés qui haletait près du feu.
N'y tenant soudain plus, Haizaki mordit la zone située autour du mamelon, y imprimant la forme de ses dents et Kise poussa un nouveau cri. C'était plus fort que lui, le brun éprouvait le besoin de marquer sa propriété. Son autre main massait avec insistance l'excroissance toujours sagement cachée dans le short de sa proie. Mais doucement. Lentement. Alternant cadence et pression, pour ne jamais le laisser s'habituer et mieux frustrer le blond, lui montrant ainsi QUI commandait ici.
Oh oui, il sentait Kise à sa merci totale. Quelle sensation grisante, ce sentiment de toute puissance ! Kise se trouvait soumis à sa volonté. Et Haizaki ne le laisserait venir que lorsqu'il l'aurait désiré. Comme pour le lui montrer et à la fois le lui interdire pour le moment, sa paume se resserra possessivement sur son prépuce, arrachant une plainte au renard. Sur le terrain, il n'avait peut-être pas le dessus et toutes ses tricheries n'y pouvaient rien. Mais ici… et maintenant… le délinquant dominait sans équivoque le jeu de son adversaire.
Normalement, quand tu dis à ton rival que tu vas bien le niquer la prochaine fois qu'il croisera ta route, ce n'est vraiment à ça que tu penses ! Pas aussi littéralement, en tout cas !
Haizaki était venu sans le réaliser blottir son bassin délaissé mais pas en reste contre celui de Kise, à la recherche de sa chaleur et merde… à présent, sa propre main le gênait, agissant comme une barrière protectrice le séparant de l'objet de sa convoitise. Mais d'un côté, cela valait peut-être mieux. Se retrouver directement en contact avec la queue de son futur amant, quand bien même elle se trouvait encore enfermée dans sa prison de textile, aurait quoi lui faire instantanément perdre la boule. Et quel gâchis ce serait, à ce stade, que toute la cavalerie lui échappe en sonnant inopinément la charge finale !
Non, il était encore trop tôt.
Pourtant, il sentait déjà Kise s'impatienter sous ses doigts. Hmm… Ils ne lui suffisaient déjà plus, le top model en voulait davantage, il voulait ce pour quoi il se trouvait là, dans ses bras. Entre ses griffes. Mais le vaillant blond n'était pas encore prêt à le recevoir et Haizaki devait fournir tous les efforts du monde pour continuer à se contenir. D'ordinaire, il avait du mal à se réfréner, c'était sans doute en partie pour cela qu'en général, son choix se portait sur les filles les plus délurées et les plus… expérimentées. Avec elles, pas besoin d'attendre, à peine leur touchait-il un peu les seins, que déjà, elles étaient plus humides que les chutes du Niagara. Mais avec les mecs, le processus était quelque peu différent et nécessitait plus de temps. A supposer qu'ils en aient encore à leur disposition… Enfin ça, c'était si on voulait faire les choses bien. Et s'il ne souhaitait pas dégoûter Kise à vie, Haizaki avait tout intérêt à faire les choses bien, justement.
Pour qu'il en redemande.
Toujours plus.
Sauf qu'une fois encore, Haizaki avait mésestimé à quel point lui et Kise se ressemblaient également à ce sujet.
La patience n'était définitivement pas le fort du blond, surtout dans son état actuel de MANQUE.
Erreur fatale.
Il ne fallut qu'un seul moment d'inattention pour que, brusquement, Haizaki perde le fil des événements et qu'en un éclair, il perde l'avantage également, se retrouvant bloqué sous un Kise assis à califourchon sur lui. Les lèvres enflées, le poitrail se soulevant a rythme erratique de sa respiration désordonnée. Bras en croix étalés de chaque côté, Haizaki le fixait, totalement vulnérable, sans réussir à deviner ce qui l'attendait. Le renard restait un prédateur et Haizaki ne savait pas à quelle sauce il allait être dévoré. Sans un mot, d'une simple main appuyée fermement sur le torse d'Haizaki, le nouveau dominant lui fit signe de cesser tout mouvement. De là, il se tourna soudain pour lui présenter sa croupe et Haizaki ne vit pas vraiment ce qu'il faisait, tout concentré qu'il était à lui reluquer l'arrière-train. Sacrée diversion, on reconnaissait bien là la malice du mythique Kitsune !
Un bruit de glissière, comme celui d'une braguette qui descend fendit l'air et l'air frais de la mer, justement, Haizaki le sentit sur la partie la plus sensible de son anatomie, relâchée à l'air… libre ! Attention à ce que la grosse anguille ne s'échappe pas quand même… Tendant la main vers l'arrière, Kise piocha un petit sachet d'argent, qu'il déchira avec dextérité entre ses dents. Puis… il se pencha vers l'avant cette fois et…
Haizaki ne put que se redresser sur ses coudes pour ne pas perdre une miette du spectacle, quand bien même il ne voyait pas grand-chose. Mains posées sur les hanches de Kise, il se mordit la lèvre inférieure en sentant que ce dernier était en train de dérouler le préservatif sur son érection, à l'aide de sa seule bouche ! Et après, on allait lui faire croire que Kise était un novice !? Non, impossible, il se révélait beaucoup trop habile à ce petit jeu !
Mayday, mayday, navire en perdition dans le Triangle des Bermudes ! Récifs en vue !
Haizaki se cacha le visage derrière les mains. Il avait honte. C'était un coup à le faire gicler direct, ça !
Enfoiré de Kise, sous ses dehors de bonne sœur ! Putain… dommage que Daiki ne soit pas là pour voir cela ! Ça lui ferait les pieds, ça c'était sûr ! Le blond était une vraie salope en fait et Haizaki pensait cela avec tout le respect et les égards qui lui étaient dus, évidemment ! Ben quoi ? Son type de filles sont les « chaudasses » et ce n'est pas moi qui le dis, c'est le Wikia officiel en plus ! Et donc, constater que Kise appartenait à cette catégorie constituait une agréable surprise ! En tout cas, cette fois, il était plus qu'apparent que l'autre garçon le faisait exprès !
Et n'appréciant pas tellement que l'on défie son autorité, Haizaki eut tôt fait de reprendre les rênes de leur petit corps-à-corps.
D'un coup sec du bassin, il désarçonna Kise, le faisant basculer sur le côté puis, il se serra dans son dos.
La fameuse position de la petite cuillère, il n'y avait que ça de vrai.
« Ne bouge plus, si tu ne tiens pas à ce que ce soit fini avant même d'avoir commencé… » Le prévint Haizaki, sur un ton dangereux.
Non, cette fois, il ne plaisantait pas. Il avait trop laissé Kise faire ce qu'il voulait depuis le début de la soirée. N'en faire qu'à sa tête. Sa jolie petite tête de linotte. D'un coup sec, il baissa conjointement le short ET le sous-vêtement de Kise, dévoilant deux rondeur lunaires sur lesquelles la lune se refléta justement. Lisses, satinées, appelant les caresses les plus débridées. Magnifiques, parfaites, donnant envie de s'y plonger.
Kise étouffa un léger couinement dans la main d'Haizaki. Main qui le tenait fermement pour le bâillonner. Pas qu'il n'aime pas entendre Kise exprimer son plaisir, au contraire, mais tant qu'il ne serait pas entré en lui, Haizaki ne prendrait pas le risque cette fois de se laisser à nouveau déconcentrer. Cette main était donc censée le tranquilliser et le maintenir en place. L'autre, il la garda pour l'humidifier, se suçant les doigts en préparation du bouquet final.
Ce serait vraiment débile de blesser Kise maintenant, par empressement. Le but était que ce moment partagé soit aussi bon pour l'un que pour l'autre. D'habitude, Haizaki ne s'en préoccupait pas plus que cela avec ses partenaires féminines. Si elles kiffaient aussi, tant mieux, mais c'était juste un joli bonus. Rien de plus et en aucun cas un prérequis. Seul son plaisir à lui comptait, absolu et totalitaire.
Avec une délicatesse dont jamais il ne se serait cru capable, Haizaki commença par essayer de cercler l'orifice situé à l'épicentre des deux monts. Hmm… Ce n'était pas franchement pratique sans son autre main, toujours occupée à faire taire Kise. Mais… de façon inattendue, il reçut une aide inespérée de la part de Kise en personne, dont l'une des mains entreprit d'écarter pour lui les Sésame jumeaux, tandis que ses ongles se plantaient dans les dos de la main d'Haizaki.
Le jaune ferma les yeux et il s'ouvrit au noir dans le même temps. Titillant l'entrée sans la franchir pour l'instant, Haizaki la sentait se contracter pour fuir ses doigts curieux. Merde… ça semblait hyper minuscule et serré… Kise ne s'était jamais… touché ici ? Haizaki avait peine à le croire. Et pourtant… la manière dont il le sentait expirer dans sa main, la respiration saccadée, tendait en ce sens.
Hmm… Ça allait être plus compliqué que prévu…
Nan mais c'était quoi cette drogue qui te dilate les pupilles, mais pas l'olive !?
Victime d'une soudaine insertion digitale, le corps de Kise réagit à l'assaut du corps étranger en se contractant. Putain ! Haizaki serra les dents. Il allait lui broyer la bite comme ça ! Raaah le brun devait absolument trouver un moyen de le détendre. La salive ne suffisait pas à le rendre assez glissant, tout juste « praticable ». Encore une fois, il n'avait pas anticipé ça. Aucun d'eux, à vrai dire. La prise d'ecsta avait rendu Kise avide de touchers et de caresses. Normalement, ça aurait dû rentrer comme dans du beurre ! Mais ce n'était pas le cas…
Et Kise avait l'air de souffrir. Pas besoin de voir son visage pour le deviner. Il n'y avait qu'à écouter ses couinements désespérés, tels ceux d'un chiot agonisant. Pourtant, Kise n'était pas une chochotte. Peut-être qu'Haizaki avait voulu aller trop vite ? Deux doigts d'un coup, c'était sûrement aussi présomptueux que prématuré. Merde, il n'avait pas assuré là. Et si Kise continuait à se fermer de la sorte, il serait impossible d'y mettre quelque chose de plus consistant dans quelques minutes…
Alors Haizaki soupira et il desserra son étreinte manuelle. Insister ne ferait que conduire à davantage de dégâts. Il devait rassurer Kise, s'il ne voulait pas le braquer définitivement. Ses lèvres s'emparèrent donc encore des siennes, forçant Kise à se tordre le cou pour répondre au baiser. A présent libérée, sa main voyagea vers le sud et elle trouva refuge entre les cuisses de Kise. Autant essayer de le soulager un peu, en détournant son attention… Haizaki entreprit donc de le masturber à nouveau. Mais pas trop fort, encore une fois.
Le but était qu'ils jouissent ensemble.
Pas que l'un d'eux reste sur le carreau !
Pauvre Kise… il haletait d'inconfort et de douleur dans sa bouche.
Certes, la branlette l'aida à se détendre légèrement, ainsi qu'escompté. Mais pas assez. Et alors quand Haizaki ajouta un troisième doigt pour limer le corridor intime de son blond, le corps de ce dernier devint à peu près aussi accueillant que les douches d'une prison pour hommes de Caracas… Oh bordel. Il se resserrait tellement, qu'Haizaki allait finir par croire que Kise cherchait à le BAGUER. Remarque, se faire imprimer la forme et la circonférence de son anneau musculaire sur la queue n'était pas entièrement dénué de charme, il fallait bien le reconnaître, mais encore fallait-il pouvoir l'y mettre, sa queue, justement ! Non parce que là… même une aiguille à tricoter ne rentrerait pas !
« Il faut absolument que tu te détendes Bébé… Si tu veux vraiment que je puisse te la mettre sans te déchirer en deux… » Souffla Haizaki contre ses lèvres.
Aussi gentiment que possible. Enfin, dit comme ça, ça pouvait faire un peu peur quand même…
Mais simplement se détendre s'avérait plus facile à dire qu'à faire, tiens !
Et puis, ce genre de réflexion faisait peser tout le poids de la réussite de leur entreprise sur les seules épaules de Kise ! C'était injuste ! Comme s'il contrôlait son corps ! Haizaki n'avait qu'à mieux s'y prendre, aussi ! Ne connaissait-il pas des trucs et astuces pour cela, Monsieur le soit disant « Expert » du sexe autoproclamé ? Mais c'est qu'en toute honnêteté, généralement, Haizaki ne rencontrait pas ce genre de problèmes avec les filles. Oh ouais, des coincées du cul, ça existait pourtant, seulement, celles-ci, il les évitait comme la peste, il ne couchait pas avec !
Mais bon, il aurait dû s'en douter aussi. Ça ne ressemblait pas aux astres de se montrer aussi bienveillants envers lui ! Il y avait fatalement un prix à payer pour la réalisation de son fantasme et c'était donc que celui-ci ne se déroule pas bien… Bah nan, ça aurait été trop beau forcément ! Il fallait évidemment que Kise soit aussi imprenable que le coffre-fort de Piscou ! Ou que la banque du Japon, tiens. La banque du SPERME, hein, histoire d'ajouter encore de la difficulté et tant qu'à rester dans le thème ! Bon sang, si seulement il avait un truc pour aider mieux que ça, genre du lubrifiant ou… quelque chose de liquide, autre que de la salive et…
…
Hé attends voir, mais il avait ça à portée de main justement !
Mais pour que cela fonctionne, il allait avoir besoin de quelques précieuses minutes supplémentaires. Ne cherchant pas à aller plus loin, il préféra rebrousser chemin dans l'intimité du jaune, ôtant ses doigts. Ce geste sembla étonner Kise, dont le dos se raidit encore davantage contre son torse.
« J'ai une idée, ne t'en fais pas. »
Et quelle idée de génie, en plus !
Hmmm… Mais peut-être que le blond avait besoin d'encouragements aussi ? De savoir qu'il s'en sortait bien ? Généralement, ça pouvait aider. Susurrer des mots doux… faire des compliments… les gens adoraient ça. Surtout dans un tel contexte. Tiens, cet abruti d'Arc-en-Ciel-Senpai avait même tendance à raconter des blagues débiles, dans les situations les plus tendues et…
… !
MAIS OUI PUTAIN C'ETAIT CA LA SOLUTION !
Attrapant sa canette de bière à peine entamée, Haizaki en fit couler généreusement sur ses doigts. Pas de gel anal ? Tant pis ! Il ferait avec les moyens du bord ! Un gars de son bahut lui avait raconté qu'il y avait eu une mode comme celle-ci en Angleterre, il y a quelques années. Apparemment, la grande mode, c'était de tremper un Tampax dans du vin ou un alcool fort et de se le coller dans le fondement pour se sentir bourré plus vite. Paraît qu'on absorbe mieux par-là, car l'alcool va directement se loger dans le sang, sans être au préalable digéré. En vrai et sans aller jusque-là bien entendu, un peu d'alcool appliqué à cet endroit pourrait sans doute détendre les muscles légèrement. Juste assez pour que ce soit suffisant.
« Ryota… tu n'serais pas un tableau de conjugaison par hasard ? »
« Hmm… ? Non, pourquoi ? »
Ah il devait se demander de quoi il parlait ce mongolo et pourquoi il avait retiré ses doigts. Est-ce qu'il abandonnait ? Bien-sûr que non ! C'était juste reculer pour mieux sauter. Mais quel rapport avec la grammaire, heu, la conjugaison… ?
« Parce que tu es Plus-que-parfait ! »
OH PUREE.
Mais quelle indignité !
QUI ose encore sortir des trucs comme ça en 2023 !?
Elle était NUUUUUUUULLE cette blague ! Haizaki cligna des yeux en le réalisant. Il aurait peut-être du attendre que l'alcool fasse effet avant de la raconter. Parce que là, encore dans son jus… il se sentait un peu ridicule quand même.
Ses doigts s'étaient à nouveau frayés un chemin entre les cuisses de son amant et la magie parut même opérer cette fois. Tiens ? Kise semblait moins serré tout à coup…
… Et aussi, il rigola. Sincèrement.
Le jeu de mots était tellement POURRI en même temps. Normal qu'il se foute de sa gueule ! Mais par chance, le stratagème fonctionna.
« Hahaha ! Elles sont vraiment lamentables, tes blagues ! Han, d'ailleurs moi aussi… J'en connais une… ! » Répondit Kise entre deux gloussements spontanés. « T-tu veux bien… que je te la dise ? »
La requête était présentée avec l'entrain d'un enfant innocent qui souhaite montrer à ses parents le magnifique coloriage qu'il vient de terminer. Sans déborder. Soit disant.
Impossible de résister. Il faudrait vraiment être un monstre au cœur de pierre pour refuser.
« Evidemment, Angel. »
S'installant bien en chien de fusil, il posa une main sur le poignet d'Haizaki, celui qui poursuivait son massage, afin de le guider, et il passa un bras autour de la nuque de son chéri, vers l'arrière. Il sentait mieux que jamais les callosités du brun sur la peau fine et sensible de son gland, ces doigts qui l'éraflaient et accrochaient légèrement la chair, lui envoyant des frissons incontrôlables dans tout le corps.
« Un pénis peut-il dire qu'il est dépressif, lorsqu'il est au fond du trou ? »
Ahahaha pas mal ! Il la ressortirait, celle-ci. Bon, peut-être pas exactement dans le même contexte, quoique c'était tentant…
« On va très bientôt le savoir… » Ronronna Haizaki, en léchant son oreille.
Parce qu'il comptait bien donner de sa personne pour le vérifier. Et y mettre le sien, de pénis, au fond du trou. Quitte à se taper un GAME OVER.
Mais dans tous les cas, cette fois, ça y était.
Enfin.
Là.
Voilàààà.
Maintenant.
Ils venaient de se relancer, repositionnés sur de bons rails. Connectés à nouveau sur la même longueur d'ondes. Kise s'ouvrait à lui, au sens propre comme au figuré. Rien ne rapprochait plus qu'un bon fou rire partagé et Kise en avait d'ailleurs encore des larmes au coin des yeux. Mais il ne s'agissait pas de larmes de douleur cette fois et cela faisait toute la différence.
« Gnhh ça picote ton truc… »
Bah tu m'étonnes… la lubrification à la bière encore pétillante ET glacée, il fallait oser. C'était tout un concept quoi… oui mais, élevé au rang d'art ! L'audace, à l'état PUR. Pas sûr que ce soit particulièrement agréable, cependant. Par contre, utilisée comme anesthésiant… On tenait quelque chose d'exploitable là, à n'en point douter !
« Mais tu n'as plus mal, contrairement à tout à l'heure au moins. »
« Ç-ça se sentait tant que ça ? »
Que tu douillais ta grand-mère l'unijambiste ? Bah oui, un peu quand même…
« Bah disons que… même si t'as pas poussé des cris d'agonie en sautant au plafond, il y a certains signes qui ne trompent pas… Genre, quand t'es plus serré qu'une ceinture de chasteté, par exemple… et que ton cul essaie de me briser les doigts dans le même temps… pas besoin d'être proctologue pour comprendre que non, tu n'kiffes pas des masses… »
« Hmpff ! Tu exagères… ! Ça ne pouvait quand même pas être SI terrible ! » Se vexa le susceptible ange blond.
« Tu rigoles ? Si par malheur j'y avais glissé ma queue, j'en serai ressorti avec une crêpe à la place d'une saucisse ! Et c'est pas c'que j'avais commandé, j'te signale ! »
« Tu veux dire… Un peu comme quand tu demandes un Hot Dog et qu'à la place, on te sert un Panini tout plat… ? » Rit doucement Kise.
« Mais ouais, voilà ! Exactement ! »
« Dans ce cas, j'imagine aisément la déception que l'on peut ressentir, oui. »
Un couinement étouffé arriva aux oreilles d'Haizaki. Il ralentit donc la pression de ses percées et leur périodicité également pour permettre à Kise de s'ajuster.
« Merde, est-ce que ça va ? »
Il ne mesurait pas sa force. Ni celle de Kise. Oh, Haizaki n'irait sans doute pas jusqu'à dire qu'il ne savait pas ce qu'il faisait. Cependant, d'une personne à l'autre, même si la théorie était semblable, la pratique, elle, pouvait très largement varier… Et il lui restait encore à trouver la bonne « fréquence » avec Kise.
« Ça irait mieux… si tu m'embrassais encore, comme tout à l'heure… J'aime bien tes bisous. Tu crois... qu'tu peux faire ça ? »
« Si je le crois ? Hmm… ça tombe bien, il paraît que je suis un mec très croyant, figure-toi… »
Et pour commencer, il croyait en sa chance. Mine de rien, lui en avait fallu une bonne dose pour oser faire du rentre-dedans à Kise ce soir… dans tous les sens du terme. Et ensuite, il croyait surtout en lui. Parce que la véritable chance, elle se provoque. Elle va se chercher. C'est pourquoi il faut croire en soi. Pour que les autres puissent croire en vous, à leur tour.
Tendrement, ses lèvres épousèrent celles de Kise et sa langue se lança sans attendre à l'assaut de la sienne. Le goût du blond… un peu sucré, voire même fruité, mêlé à celui de la bière… blonde, elle aussi, constituait un mariage détonnant. Addictif. Il ferait bien de le graver à tout jamais dans sa mémoire, parce qu'il s'agissait d'un mets rare et raffiné. Du genre qu'on ne goûte qu'une fois dans sa vie, surtout lorsque l'on est qu'un sale corniaud des rues comme lui… qui a davantage coutume de se nourrir dans des poubelles.
Et non, vous ne rêvez pas, il était bien question de critiquer ses ex-conquêtes, d'une façon détournée. Mais en même temps, contre Kise aka « la crème de la crème », difficile de faire le poids. Heureusement qu'elles étaient passées avant lui du coup. D'ailleurs, en y réfléchissant bien… ça allait être duraille de retourner charbonner de la grognasse mal fagotée, maintenant qu'il avait goûté au caviar à la truffe !
Brusquement… Kise se contracta plus que les autres fois, tressaillant même.
Tiens, tiens, mais qu'avons-nous là ?
Serait-ce… el famoso « Point P » ?
Mais oui !
ENFIN !
Haizaki l'avait trouvé ! Le point « Plaisir » ou « Prostate » !
AH BAH PUTAIN !
Un peu plus et il aurait gueulé avoir découvert l'emplacement du Saint Graal, tant il se sentait fier et ému à la foi !
Il en avait fallu du temps ! C'est que l'as de Fukuda commençait à croire que le mannequin n'était pas équipé à l'image du commun des mortels, à force ! Et non, il ne s'était absolument pas remis en question sur ses propres talents, faut pas rêver non plus… Le P comme « problème », venait obligatoirement de son partenaire et pas de lui, non mais ! Mais encore une fois, avec les filles, c'était différent. Pas besoin d'un radar pour trouver leur clitoris à elles !
Il ne comprenait d'ailleurs pas comment les autres gars s'y prenaient pour ne pas réussir à le localiser… Soupirant de soulagement, il recommença à poignarder digitalement la boule de nerfs extatiques. Pour toute réponse, Kise trembla davantage. Plus fort. De manière plus diffuse. Mais une main ferme se posa alors sur celle d'Haizaki, pour l'empêcher de continuer à percer (voire même persécuter… ?) ses défenses.
« A-attends… temps mort… j-j'voudrai qu'on change de position… stp… »
« Hein ? Mais pourquoi juste maintenant !? »
Pile quand il venait de trouver le bouton magique ! C'est vrai quoi, pour quelle raison s'arrêter en si bon chemin ?
Mais Kise lui dégaina l'un de ses regards suppliants dont lui seul avait le secret. A faire pâlir le Chat Potté en personne…
« Parce que… j'ai envie de m'occuper de toi, moi aussi… »
Le tout, scandé avec pure innocence et innocente pureté.
Haizaki bugua quelques secondes, avant de comprendre où Kise voulait en venir.
Oh…
OOOOOOOOOOHHHH !
Ça !
Hmm ouais… on ne pouvait nier que « ça » en avait bien besoin. Parce qu'à part pendre à demi-flasque contre la hanche de Kise, immobile, attendant sagement son tour de manège, Shogo Junior ne profitait pas de la fête foraine, lui. C'était d'ailleurs un miracle qu'il n'ait pas perdu son harnais de sécurité, dans lequel il commençait inévitablement à flotter à force d'inactivité…
Mais puisque le mannequin se portait volontaire pour le balader un peu, pourquoi pas ?
Oui, nan, on ne parlait pas d'un clébard là.
Quoique…
Bordel, ça devait faire bizarre de se faire branler par son ancien rival ET top model par-dessus le marché… Pour être tout à fait transparent, Haizaki n'était pas certain que cela lui plaise. Cependant, d'un autre côté… Il y avait quelque chose de grisant à l'idée que ce soir Kise qui VEUILLE le toucher, spontanément. Comme quoi, malgré son inexpérience, il désirait quand même mettre la main à la pâte. Et à la bite, plus précisément. Pas si égoïste que ça, Princesse Sisi ! Enfin, Haizaki ferait peut-être mieux de ne pas trop s'emballer et de plutôt revoir ses attentes à la baisse… Si ça se trouvait, Kise ne savait pas comment faire.
Mouais. Difficilement plausible. Il s'était forcément déjà paluché dans le passé. Ben tiens, rien que durant leurs petites séances de « visionnage » post-victoire. Kise n'était pas en reste lorsqu'il s'agissait de se tirer sur le nœud et ce, au même titre que ses autres petits camarades présents… D'ailleurs, Haizaki croyait se rappeler que Kise figurait parmi les plus assidus, ne ratant que rarement leurs sessions de détente. Ok, le recordman absolu dans cette discipline se trouvait être Aomine, mais cela n'avait rien de surprenant quand on savait qu'il en était l'inventeur en chef…
« A-alors, est-ce qu'on peut changer d-de position, du coup ? Je commence à avoir un torticolis… » Rougit Kise.
« Ah bah elle est plutôt là, la véritable explication ! Je trouvais ça bizarre aussi que tu proposes de me faire du bien sans raison, seulement comme ça, par pure bonté de cœur ! » Se moqua t-il un peu.
Ouais, CA, c'était le Kise qu'il connaissait ! Egoïste et opportuniste, ne pensant qu'à son petit confort personnel avant toute chose ! Et vous savez quoi ? Il n'y avait aucun mal à cela. Non mais vraiment hein. De l'avis d'Haizaki, penser à soi-même et faire de son propre bien-être sa priorité était quelque chose de tout à fait normal. Parce que si toi tu ne penses pas à toi, ce ne sont pas les autres qui le feront. C'est ça la vie : ne compter sur personne.
Que sur soi.
Le loup solitaire vit en marge de la meute…
Cette même meute de têtes colorées, avec son Alpha à la toison carmin, qui l'avait viré à coups de pompes dans le derche…
« Mais non idiot, justement, tu comprends rien… ! J'veux… pouv… aaah… p-pouvoir voir ton visage… en même temps… »
QUOI ?
Cette fois, ce fut à son tour de piquer un fard. Arf… C'était bien une requête de gonzesse, ça… Ses copines aussi aimaient bien ça… Mais lui, pas tellement. Elles n'étaient que des coups d'un soir ou tout au plus, d'une semaine. Alors pourquoi s'emmerder à retenir leurs visages ? A admirer leurs expressions faciales lors de la jouissance ? Franchement, s'il avait pu les baiser avec la tête dans un sac en papier, il l'aurait fait sans hésiter… Et pour une raison très simple : il ne voulait retenir qu'UN seul visage prenant du plaisir… Et ne jamais risquer de l'effacer par mégarde de sa mémoire…
« Aaaahh Shogo… espèce de troufion ! Arrête de me pilonner comme ça, tu vas finir par me transpercer le bide, sale brute ! »
La voix de son senpai résonna dans son cerveau et il ne réalisa pas immédiatement que Kise s'était retourné pour lui faire face. L'observant d'abord silencieusement. Puis, front contre front, main posée derrière sa nuque pour le rapprocher de lui. Et sa bouche satinée contre la sienne. Kise soutint son regard un moment, avant qu'Haizaki ne s'empare à nouveau de son sexe. Affreusement stimulé, tiraillé presque même, Kise passa sa cuisse sur la hanche d'Haizaki. Oui, c'était tellement mieux ainsi. De nouveau, les doigts inquisiteurs tracèrent leur chemin jusqu'à ses entrailles. Facilement, comme aimantés.
Le renard ondula du bassin pour l'aider à mieux glisser en lui et se frotter davantage à la paume accueillante et chaude du brun. Les chairs de Kise s'écartaient sous son passage, semblant lui faire une haie d'honneur. Il serait bientôt prêt à être cueilli. Mais justement, le blondin ne resta pas… et bien en reste. Chose promise, chose due. Timidement, ses doigts effleurèrent le membre qui pointait dans sa direction, tentant de l'apprivoiser. Le visage d'Haizaki se crispa. Il était hyper sensible, tu m'étonnes avec une gaule de cheval qui durait depuis dix bonnes minutes, au moins…
Et comme d'habitude, ce putain de Kise qui était trop lent et qui prenait trop son temps, pour mieux le torturer ! Pourquoi avait-il fallu qu'il demande à changer de position ? Ils étaient très bien comme ça ! Or, maintenant que Blondie s'était soudainement décidé à le toucher, l'adolescent aux cheveux d'ébène avait peur. Peur de ne plus répondre de rien. Peur de ne plus parvenir à se contrôler. Le peu de patience - salutaire, vu que Kise était supposément encore vierge, rappelons-le - dont il disposait encore était en train de fondre comme neige dans un four à cent quatre-vingt degrés. (Oui, c'est précis !)
Thermostat quatre ou un truc comme ça…
Et son beau soufflé de chair et de sang regagna immédiatement en volume, plus vaillant qu'il y a encore quelques secondes. Tel un brave toutou qui remue la queue sous le toucher de son maître.
Ksss… ridicule ! Pourquoi fallait-il qu'il réagisse ainsi ?
Maudit phallus Kise-sexuel !
Sale traître !
…
Bon, il attendait quoi le mannequin de mes deux pour le prendre entièrement et complètement en main ? Ça devrait déjà être fait, non ? Alors pourquoi il hésitait ? Il attendait la Saint-Glinglin et les cloches de Pâques !? (Oui, le brun se montrait encore moins patient durant le sexe. Surtout lorsque c'était le SIEN qui se trouvait concerné !)
« Shogocchi… » Murmura Kise.
« Quoi, encore ? » Tenta t-il cependant de ne pas trop le gronder.
« J-j'ai jamais fait ça… »
« Tu veux dire, touché une bite… ? »
Heu… même pas la sienne ? (Question purement rhétorique, hein.)
« Celle de quelqu'un d'autre… » Acquiesça son camarade. « C'est ma première fois… »
Ah.
Ben oui, évidemment. Et donc ? Etait-il bien nécessaire d'en faire tout un foie gras ?
Non mais, il fallait vraiment tout lui apprendre à ce top model au rabais !
« … Décidément, je me demande bien à quel moment ce ne sera pas la première fois qu'tu fais un truc… »
Première fois qu'il faisait le mur.
Première fois qu'il se faisait draguer par un étranger.
Première fois qu'il avait failli finir dans un gang bang
Première fois qu'il se droguait.
Première fois qu'il buvait de la bière alcoolisée aussi, sûrement.
Première fois qu'il se retrouvait plié au fond du coffre d'une bagnole, comme une valise.
Première fois qu'il se prenait des doigts dans le fion.
Première fois qu'on lui caressait la queue et qu'il en touchait une également.
Wow, ça faisait beaucoup en une seule soirée.
« … Et étrangement, je me surprends à réaliser à quel point je suis impatient que ce fameux moment arrive. »
Abruti de Kise à la vie bien trop rangée…
Nan en fait… le seul truc vraiment inquiétant dans tout ce bordel, était qu'Haizaki ait déjà vécu la majorité de ces événements de son côté…
Putain, il n'était pourtant même pas encore majeur ! Finalement, c'était peut-être lui qui avait un problème et non pas Kise.
« Enfin bon, c'est pas grave… » Reprit-il. « T'as qu'à t'y prendre de la même manière qu'avec la tienne d'habitude… tout simplement. »
C'était déjà ça de moins à expliquer. Raaah il détestait vraiment avoir à faire ça avec ses nanas… quand il s'agissait de la première fois qu'elles se retrouvaient avec un manche entre les doigts… ça tournait souvent au carnage total. De vraies godiches ! Au moins, avec Kise, il n'aurait pas ce souci. L'avantage de se retrouver entre bonhommes.
Kise hocha de la tête, semblant avoir intégré les instructions données.
Haizaki s'en lécha les babines, dans ce geste si caractéristique pour lui.
Kise Ryota, l'égérie des collégiennes et des mères de famille, le mec le plus bandant (et de loin) de tout le Japon, allait le branler, lui, le chien galeux de Fukuda.
Sacré privilège.
Cessant de le doigter frénétiquement (mais gardant tout de même ses doigts dans la prise) et de le masturber, Haizaki ferma simplement les yeux pour mieux en profiter. Mieux savourer.
Ça allait être INCROYABLE 3 !
Les doigts fins et féminins se refermèrent avec assurance à la base de l'autre verge et entamèrent leurs premiers vas et viens dessus. Les premiers coups de poignet. Secs. Désordonnés. Bordéliques. Approximatifs.
…
… Nuls à chier… !?
ATTENDS STOP LA.
OULA. MAIS IL Y AVAIT EU TROMPERIE SUR LA MARCHANDISE PUTAIN !
Pourquoi il se retrouvait ENCORE avec un Panini à la con !? Et d'ailleurs, si Kise continuait à L'ECRASER comme ça, sa saucisse allait finir dans le même état ! Il serrait si fort aussi, que les vannes d'afflux sanguin seraient bientôt totalement coupées !
Quelle tristesse, être aussi beau, mais aussi maladroit…
« AAAAaaah ! Fuck ! » S'étrangla à moitié la pauvre victime, pourtant consentante au départ.
Car il n'y avait pas qu'en terme de pougnette que Kise était à CHIER !
Pour interpréter les paroles et les traits faciaux, également.
« C'est bon comme ça ? »
…
Mais il était sérieux de lui poser la question, avec une telle naïveté confondante ?
Il ne pouvait quand même pas être à ce point persuadé de bien faire ? Ou alors… il se foutait encore une fois de son matricule ? Comment était-il possible de se convaincre qu'Haizaki prenait son pied, alors qu'une GROSSE veine proéminente que même un malvoyant n'aurait pas pu louper à deux centimètres de son nez, battait sur les tempes de la racaille !?
Alors hmm… Comment annoncer cela avec diplomatie… ?
« Ouais, aussi bon que de se faire fister par Wolverine… » Confirma donc Haizaki, pince sans rire.
Bel euphémisme.
En espérant que Kise comprenne de cette vanne du premier coup, parce qu'Haizaki ne se sentait pas capable de lui dérouler un cours magistral sur le concept d'ironie. Jouer les profs n'était franchement pas aussi cool qu'il l'aurait imaginé de prime abord. Certes, au départ, il y avait eu la tentation de formater et surtout, de former Kise selon ses propres goûts, tel un disque VIERGE sur lequel tout reste à graver. Mais bon, v'la l'élève aussi… Au lieu du surdoué de la classe, Haizaki avait hérité du cancre… Comment pouvait-on être aussi BEAU, une vraie BOMBE SEXUELLE et dans le même temps être aussi NUL, MAUVAIS, POURRI et LAMENTABLE… !?
Quel terrible gâchis !
Mais peut-être qu'au final, c'était l'idée même d'insérer son zgeg dans Kise qui s'avérait être une terrible, plutôt…
Imaginez si le goupil avait un PIEGE A LOUP à l'intérieur de ses miches ? Comme dans ce film, là, avec la fille qui a des dents à la place du vagin ! (20/20 Would totally recommend.)
Mieux valait donc abréger ce carnage qui ne rimait plus à rien, au plus vite.
« Bref, nan, ça n'va pas du tout pauvre crétin ! Même un PIED, un vulgaire panard, se montrerait plus compétent que toi pour pratiquer une branlette digne de cette appellation ! »
Ouep et même en utilisant le sien de pied, Kise ne pourrait pas être plus NAZE qu'avec sa main !
C'était diiiiire l'ampleur du désaaaaastre cosmique !
« N'importe quoi ! Ma technique est très au point, j'te ferai dire ! » Se défendit Kise, susceptible.
« Si ton but est de castrer quelqu'un, alors oui, ça ne fait aucun pli ! »
« Hmmff ! »
Pikachu bouda légèrement, les sourcils froncés et les joues gonflées, tel un gosse capricieux. Sa moue était tellement mignonne qu'Haizaki sentit toute colère potentielle et toute déception s'évaporer. Il soupira encore une fois, cédant.
« C'est pas comme ça qu'on fait… »
« Et c'est comment alors !? » S'agaça le renard.
« Ça m'étonne que ta queue ne soit pas déjà tombée, si tu te tires sur l'élastique de cette façon-là… Ecoute, c'est… merde, comment j'pourrai t'expliquer hmm… ? J'ai rien contre me faire un peu malmener, mais... »
Il ne ressentait aucune douleur ce soir, mais ce n'était pas pour autant que la petite démo de Kise se révélait agréable… Gênant et inconfortable, voilà le niveau général du truc !
« Pas comme ça, en tout cas. Toi, tu t'y prends juste mal, y a rien à en tirer… Aucun plaisir, aucune satisfaction… »
Pas sûr que Kise soit très fan de la critique. Cependant…
« Aide-moi à m'améliorer alors ! Apprends-moi tout ce que tu sais à propos des bistouquettes ! » Exigea t-il humblement, prenant encore une fois Haizaki de court.
« Ok, d'accord… Voyons voir… » Le plus expérimenté des deux devait trouver les mots justes, comme s'il expliquait à un gamin… A bien y réfléchir, il avait souvent vu faire Niji, avec ses petits frères et sœurs à l'époque… Mais en était-il seulement capable, lui ? « Essaie de hmm… ah oui, je sais ! Fais comme si tu voulais obliger du Ketchup à sortir d'une bouteille quasiment vide ! »
« … Du… Ketchup… ? » Répéta Kise, largué.
« Ben ouais ! Ou de la mayo, peu importe, ça marche aussi ! Le secret, c'est juste… d'imaginer que toute la substance un peu épaisse qu'il reste est collée au fond de la bouteille et que toi, tu fais tout possible pour la rendre suffisamment liquide afin qu'elle puisse gicler, tu vois ? » Expliqua le sensei fraîchement nommé dans ses fonctions.
« Heu oui, c'est compris… ! »
« Way to go Shogo ! » Se félicita mentalement le brun, qui venait subitement de se découvrir une appétence pour la pédagogie. « Quel talent, t'as trouvé la métaphore adéquate, on dirait ! »
Avec des explications aussi claires et simples, impossible que ça se passe mal…
Pas vrai ?
Même un enfant de quatre ans aurait compris l'idée générale ! Donc, aucun risque que…
…
Mais c'était bien mal connaître Kise et son potentiel… chaotique.
Car ainsi que l'avait écrit Charles Dickens : « le meilleur instant, c'était le pire des instants. » Quoi ? Comment ça vous ne voyez pas le rapport avec le sujet qui nous intéresse ? Mais si, mais si, il y en a bien un ! Je vous l'assure ! Attendez, je… je vais le trouver tout de suite ! Et puis d'abord, c'est mon histoire, alors barrez-vous de mes pensées vilains lecteurs intrusifs ! Ah… mais je vous jure, il faut vraiment tout vous expliquer à vous aussi, vous êtes pareils que Kise à ce niveau-là !
Donc, vous disais-je, il s'agit présentement du meilleur moment du séjour pour Haizaki, son point culminant, celui où il s'apprête à avoir (Si Dieu le veut, c'est-à-dire ici, l'autrice, moi-même, votre humble servante !) ENFIN des relations sexuelles avec l'objet de tous ses fantasmes les plus cochons et inavouables. Mais dans le même temps, vu ce qui va suivre, cet instant qui aurait dû être celui de l'ultime félicité, risque bien de se transformer en pire de tous.
Alors ? Vous voyez bien que mon explication, de même que l'emploi de cette citation, tiennent PARFAITEMENT la route ! Et puis, ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion d'insérer du Dick(ens) dans une fanfiction, vous en conviendrez aisément ! En tout cas, moi, je reste convaincue que ce bon vieux Charles a eu l'idée de ce proverbe à cause d'un coup d'un soir qui s'est mal terminé ! A l'époque de Chat Roulette et tout ça ! (ça existe encore d'ailleurs cette infamie démoniaque ?) Et oui, c'est MA version des faits et je ne reviendrai pas dessus, non mais !
Ces précisions étant précisées, revenons-en à nos moutons noirs…
Fort d'une toute nouvelle confiance regagnée en lui, Kise décida de reprendre le « problème » en main. Et par problème, j'entends bien-sûr… bref, vous avez pigé ! Pas besoin de vous faire un dess(e )in ! Et là, ce fut le drame ! L'inattendu, l'improbable, le fatal ! Prouvant encore une fois que chaque parole, chaque explication, est toujours sujette à interprétation. Parce que Kise se mit à TAPER sauvagement du plat de sa main sur l'extrémité du hochet qu'il serrait fermement de peur qu'il ne s'échappe.
ET BORDEL, qu'est-ce que c'était douloureux… ? Ah ben tiens, son système nerveux venait de se réveiller. A moins qu'il ne s'agisse de l'appréhension de voir son pénis se faire fracturer par l'énergique tapotage du renard ! C'est que c'est fragile ces petites bêtes-là ! La fierté d'un homme ! Sa virilité ! Poussant un cri étranglé, Haizaki se redressa tel un ressort et il attrapa Kise par les épaules pour le forcer à s'interrompre. Au tour du Kitsune de redresser la tête vers lui cette fois, le regard chargé de doutes, mais plein de bonne volonté également. Il voulait bien faire, c'était cramé que depuis le départ, il cherchait uniquement à bien faire…
Mais vraiment, non, ce n'était juste pas entendable, cet authentique fantasme sur pattes, celui de toute une génération d'adolescents Japonais de tous sexes et de toutes orientations confondus se révélait tout simplement être une calamité, un cataclysme et le PIRE amant qu'Haizaki ait jamais eu, dans sa jeune mais déjà prometteuse carrière de… heu… « homme à femmes »… ? « Gigolo » ? « Dom Juan » ? « Queutard » ? Ah oui, voilà queutard, nickel chrome !
Il n'empêchait que là, on en était arrivé à un point… dramatique. Kise était tout bonnement IRRECUPERABLE. Trop de lacunes. Aucun bon sens. Heureusement qu'il n'avait pas fait usage de sa bouche à cet endroit, parce que sinon, Haizaki ne serait certainement plus de ce monde pour pouvoir en parler. Incompréhensible. Pourtant, Kise avait fait preuve d'une grande adresse pour lui faire revêtir son petit imperméable… Alors comment pouvait-on être aussi beau ET aussi maladroit, dans le même temps… ? Encore un mystère au moins aussi grand que celui des Pyramides d'Egypte…
Si ce n'était même davantage…
Dans tous les cas, Haizaki décida d'arrêter les frais et il fusilla allègrement Kise du regard, mâchoire serrée de colère, mais prête à se desserrer aussitôt sous le flot d'insultes qui menaçait de déborder à tout instant. Salement. Méchamment. Mais là encore, Kise eut une réaction impossible à anticiper. Haizaki aurait cru que ce dernier courberait l'échine et lui présenterait des excuses, tout penaud. Or, c'était présumer de la capacité à se remettre en question du jaune, inexistante chez lui, semblait-il. Car Kise lui répondit par le même regard accusateur, sourcils fins froncés sur son visage de poupée.
« Ah non hein ! Je commence à en avoir marre, j'ai pourtant fait comme tu m'avais dit ! Suivi tes instructions à la lettre ! Alors si tu ne sais pas expliquer, moi je n'y peux rien ! Et puisque c'est comme ça, je me casse, j'en ai ma claque ! »
QUOI ? Juste pour ça !?
Oh que nooooooooooooooon ! Pas question que le brun reste sur la béquille !
Non mais quel caractère de merde ! Et en plus, Môssieur Kise ne supporte aucune critique !?
Fuck it all !
Soudain, il eut un coup de sang incontrôlable, indomptable.
Haizaki le chopa par le cou, littéralement, et l'obligea à se rasseoir, puisqu'il avait déjà commencé à se lever dans l'espoir de se barrer.
Merde… pas maintenant, pas comme ça…
Haizaki sentait tous ses mauvais penchants et son goût pour la violence physique se réveiller… Putain… ça ne pouvait pas finir ainsi… Il n'allait quand même pas… forcer Kise à… terminer !? Indéniablement, le loup était un enfoiré de première. Cette réputation lui collait à la fourrure et à raison. Cependant… jamais, ô grand jamais, il ne s'était abaissé à… imposer un rapport sexuel non consenti. Bon… jamais il n'en avait eu besoin, non plus… c'était peut-être pour cela…
En attendant, adieu feu de camp romantique sur la plage…
L'ambiance venait de s'assombrir drastiquement…
Un peu plus et… par un réflexe malheureux, Haizaki aurait été capable de laisser parler la poudre… De laisser sa main venir gifler Kise… Pas très fort, mais quand même… Elle avait failli partir tout seule… Putain, non… il ne pouvait pas se permettre un acte aussi avilissant !
C'est alors que Kise se débattit avec fougue, avant de crier à plein poumons :
« CHEZ MOI C'EST COMME CA QU'ON FAIT POUR DEBOUCHER LES BOUTEILLES DE KETCHUP RECALCITRANTES ! ON LEUR TAPE DESSUS JUSQU'A CE QUE CA SORTE ! »
…
Il avait hurlé si fort, yeux fermés et paupières crispées, qu'il en était devenu tout rouge.
Et merde…
Le con…
En réalisant la portée de son erreur, Haizaki desserra immédiatement sa prise… C'était lui qui avait l'impression de l'avoir pris, la claque, à présent… Et bien méritée.
Bien joué, vraiment, il avait dû faire très peur au blond avec son attitude de loubard… pour ne pas dire… d'agresseur sexuel… Non parce que même s'il ne comptait faire aucun mal à Kise, tout le laissait penser dans son comportement. Pas étonnant que son partenaire soit en train de trembler comme une feuille. De peur ou même de rage. N'osant pas le regarder…
La connerie monumentale…
Haizaki s'écrasa une main sur le visage et il soupira, avant de se reprendre. Caressant le bas de la nuque de Kise, il répondit d'une voix douce :
« Ok, ouais, t'as raison. C'est parfaitement logique comme façon de procéder… et c'est moi qui aurais dû me montrer plus explicite sur ce que j'attendais de toi. T'as rien fait d'mal Chaton. Et j'aurais… pas dû crier non plus. Je regrette, tu veux bien m'excuser ? »
« Hmm… Je ne sais pas… »
Ah bah v'la aut'chose maint'nant !
Mais c'était de bonne guerre. Ce n'est pas parce qu'on présente ses excuses que l'autre se voit contraint de les accepter.
« D'accord, d'accord, dans ce cas, dis-moi ce que je peux faire pour que tu me pardonnes ? »
« Je t'aurai bien envoyé boire la tasse dans l'océan, mais… Ce ne serait pas très productif… »
« Non, clairement pas… et j'apprécie donc que tu t'en abstiennes… »
« Doooooooooonc ! J'ai décidé qu'à la place, tu allais juste reprendre là où tu en étais avant que la moutarde ne te monte au nez… au plutôt, le Ketchup ! »
« Oh. Parce que ça… ça te plaisait ? »
No shit, Sherlock ! Sa queue avait littéralement doublé de volume et commencé à chialer de plaisir (et lui avec) avant cette fâcheuse interruption, se montrant extrêmement avide de caresses et réactive ! Alors pourquoi Diable Haizaki se mettait-il subitement à hésiter et à douter quant à sa capacité à le faire grimper aux cocotiers ?
Aucun sens…
« Ouais… A-alors… j'aimerai beaucoup que tu recommences, stp… » Rougit Kise. « Même si c'est pas la seule raison de ma demande… »
Pas la seule raison, hein ? Mais quelle pouvait bien être l'autre ?
« Très bien. » Acquiesça celui qui ne s'attendait pas à se voir exiger une faveur sexuelle en guise de paiement. Sans chercher à en savoir davantage.
Kise se montrait décidément bien indulgent. Mais certainement pas désintéressé…
Avec précaution, Haizaki reprit donc le blond en main. Ce dernier se rallongea sur la serviette, bien en face de lui et il caressa son visage, doucement. La tension semblait redescendue aussi vite que la marée, par chance. Cela ne ressemblait pas au loup de se calmer dans ses emportements. Mais parfois, il faut savoir faire preuve d'humilier lorsque l'on se trompe. Et faire des concessions, également. Gueuler sur Kise était la solution de facilité, mais elle n'aurait rien arrangé en réalité. C'eut été aussi efficace que de mettre un pansement sur une jambe de bois… Alors Haizaki se sentait ridicule d'avoir beuglé de la sorte, d'autant que Kise n'avait pas fait exprès et qu'à la base, cela partait même plutôt d'un bon sentiment.
Les coups de poignet du brun étaient plus tendres que tout à l'heure. Il voulait vraiment se faire pardonner, cela se sentait. La démarchait semblait sincère. De la même façon, ses doigts avaient retrouvé leur place bien au chaud. Et pourtant… un peu plus tôt, c'était lui qui avait blessé Kise. Cependant, le blond s'était bien gardé de lui coller un high kick dans la mâchoire en hurlant, lui. Hmm… à bien y repenser, Kise avait paru bien aimer tout à l'heure lorsqu'Haizaki lui avait léché le torse. Le brun entreprit donc de dessiner à nouveau des virgules humides, avec la pointe de sa langue aérienne comme celle d'un stylo plume. Aussitôt, un concert de gémissements le récompensa et une main timide se reposa entre les cuisses d'Haizaki.
Ne pouvant se réfréner, le lupin se tendit néanmoins d'appréhension. Pourquoi est-ce que Kise tenait absolument à le toucher ici ? Les lèvres d'Haizaki aspirèrent un mamelon dressé, le happant pour le suçoter à la manière d'un petit animal tétant sa mère. Les aréoles de Kise s'élevaient vers la voûte étoilée, tandis qu'une chevelure noire de jais chatouillait sa peau et qu'une respiration chaude soufflait un vent ardent sur son torse sensible. Un sirocco, tout droit venu du désert, soulevant avec lui quelques grains de sable.
Se cambrant en sentant son point P à nouveau mis à contribution par son amant, Kise entama ses premiers mouvements manuels. Mais il y avait une différence cruciale cette fois et Haizaki le comprit immédiatement. Instinctivement. Il n'était peut-être pas un si mauvais prof que cela au final, puisque Kise avait décidé de calquer ses gestes sur les siens, suivant son rythme à la perfection. Les soupirs du brun se firent éloquents, récompensant les efforts de son élève appliqué.
« Ouais… comme ça… c'est mieux là… » Confirma un Haizaki aux anges.
« J'ai toujours su… que mon talent pour la copie se révélerait utile pour le sexe également… » Confessa Kise, visiblement fier de ses progrès fulgurants en la matière.
« J'aurai quand même préféré… que tu le réalises AVANT… de me ruiner la queue… »
« Tu sais ce qu'on dit… 'On ne fait pas d'omelette, sans casser des œufs.' »
« Hmmpf ! En parlant d'omelette… J'étais sérieux tout à l'heure, je m'en taperai vraiment bien une de tortue pour essayer… » N'en démordait pas Haizaki, pas du genre à lâcher l'affaire. « Histoire de reprendre des forces après le sexe… pour pouvoir mieux recommencer… »
« Et moi je t'ai déjà dit que non… touche à un seul de ces œufs… et je touche aux tiens en retour ! Je te castrerai pour de bon cette fois, tu peux me croire… Et on ne peut pas vraiment dire que tu sois… en position de négocier en ce moment même, je te le rappelle… »
Pour appuyer ses dires, il appuya justement sur le gland rosé de son adversaire, y enfonçant l'ongle aiguisé de son pouce.
Pile au niveau de l'urètre.
Ah bordel le salaud ! Ça faisait vraiment un mal de chien cette fois ! MAIS c'était un BON mal, contrairement à avant… Du masochisme à l'état brut, décuplé par les sensations procurées.
Mais finalement, en y réfléchissant bien, Kise était un peu une tortue lui-même. Pas étonnant, donc, qu'il se sente pour mission de protéger la progéniture à venir de celle qu'ils avaient croisée un peu plus tôt. En effet, le jaune avait été le dernier Miracle à rejoindre l'équipe et le dernier également à faire usage de ses capacités spéciales. Le dernier à les maîtriser. Et dans le futur, il serait aussi le dernier en date à entrer dans la Zone… Une adorable petite tortue toute lente, donc. Mais tenace, persévérante. Là où Haizaki était plutôt Lièvre. Celui qui part comme une fusée, avec une sacrée longueur d'avance et frime trop en cours de route. C'est déjà ce qui l'avait perdu à l'époque.
« Putain… c'est EXACTEMENT ça que j'entendais tout à l'heure par « vider la bouteille de Ketchup » ! La secouer… de haut en bas… de bas en haut… comme ce qu'on est en train de faire maintenant… »
« Gnnhh… ça t'apprendra à être plus explicite aussi ! Je ne lis pas encore dans les pensées et encore moins dans celles d'un pervers masochiste comme toi ! » Se dédouana Kise, dont la cambrure se faisait plus arquée, plus tendue, proche du point de rupture.
Il n'allait pas tarder à… atteindre l'orgasme, des mains de son pire ennemi.
Le comprenant, Haizaki l'attira subitement dans ses bras et il engloba leurs deux sexes dans sa main, les frottant l'un contre l'autre. Les deux lances joutaient, jutaient, se caressant, coulissant ensemble, douces et dures à la fois. Trop bon. Délicieusement débauché. Grognant contre l'épaule de Kise, Haizaki mordit dans la rondeur de celle-ci. Ondulant du bassin pour mieux sentir et ressentir les estocades, Kise poussa un cri muet. Ses yeux se révulsèrent soudainement, tandis que son bas ventre se contractait férocement, comme s'écroulant sur lui-même. Paniqué, Kise se blottit davantage contre Haizaki et il posa la main sur son poignet, le serrant pour s'y raccrocher comme à une bouée de sauvetage. Il semblait effrayé par ce qui était en train de se produire, de monter en lui, telle une déferlante qui menaçait de le submerger.
« Aaaah S-Shogocchi, je sens que ç-ça vient ! » S'écria le renard.
Et de tout effacer, soudain, en l'emportant sur son passage, au fond de l'abysse… dans les profondeurs de l'extase, dont on met plusieurs minutes à refaire surface… Sa main se crispa et les tremblements devinrent insoutenables. Il ne faisait pas chaud dehors, même près du feu de camp, pourtant, leurs deux corps suaient abondamment, s'épousant parfaitement. Un peu de sang coula de la plaie qu'avaient percée les canines d'Haizaki dans la peau fine et fragile. Et à cet instant précis justement, Kise sentit sa prostate se faire transpercer de plaisir et il se noya…
Ses poumons le brulèrent, il n'arrivait plus à respirer.
Ni son cerveau à réfléchir.
Un flash blanc autour des yeux.
Puis le noir…
Les ténèbres éternels…
Et sa conscience sombra en même temps que son corps, malgré les appels, lointains, d'Haizaki.
Une sensation humide sur son visage…
Le bruit apaisant des rouleaux…
Et le froid. Frigorifiant, plus que vivifiant.
Brrr… ça caillait même sévère là, non ?
Et pouah la sensation MOUILLEE sur son visage, qui s'intensifia. Chatouilleuse et chaude… Un souffle… eww aux embruns… douteux ! Une véritable haleine de chacal, oui !
Encore à moitié endormi et visiblement contrarié par cette odeur nauséabonde de poubelle pas fraîche, Kise fronça des sourcils, tentant de repousser son agresseur.
« Gnaaah Shogocchi, dégage de lààà, tu puuuuues ! » Marmonna t-il par réflexe.
Hein… ?
« Shogocchi » ?
C'était quoi ce délire, encore !?
Kise se réveilla en sursaut, tremblant de froid. Près de lui, se tenait un chien errant. Occupé à lui lécher la tronche. Super… Mais à part ce visiteur impromptu, il se trouvait seul. Désespérément seul. Abandonné. A son sort. Encore un peu dans le coaltar, il se frotta les yeux, caressant machinalement le chien ensuite. Qui ne resta pas, le salaud ! Détalant comme un lapin de trois semaines ! C'était bien un mec, tiens, à se barrer en douce ! Et un de plus qui le délaissait, allez ! Hmm… tout décoiffé, Kise regarda autour de lui.
Personne. Son bout de sable paradisiaque était désert. Or, bordel, il faisait sacrément frisquet au Paradis ! Le blond grelottait. Il constata qu'il se trouvait cependant emmitouflé dans un blouson de sport… hmm… aux couleurs d'une célèbre équipe de baseball Américaine. Mais même ainsi, il crevait de froid ! Près de lui, il y avait un feu, enfin, ce qu'il en restait, apparemment éteint depuis longtemps. Un peu de fumée s'échappait encore des cendres noircies par le temps.
Purée, mais où est-ce qu'il était ? Les événements de la veille lui paraissaient… confus. Il se rappelait avoir fait le mur avec Haizaki et retrouvé Ryan au bar. Ce dernier l'avait alors conduit à une méga teuf et administré de la drogue à un moment. Puis… le trou noir. Quelques éclairs troubles passaient sporadiquement dans son cerveau, des bouts de souvenirs incohérents fusant de toutes parts, contradictoires et déformés.
Ryan… pourquoi n'était-il pas à ses côtés, auprès de lui ?
Et quel était cet étrange picotement qu'il ressentait dans le bas de ses reins ? Et ces courbatures de fatigue ? A… l'intérieur aussi… dans son ventre…
Une sensation… de dilution… bizarre… comme si ses entrailles avaient fondu et qu'on avait réarrangé l'emplacement de ses intestins…
!
Oh bordel…
Ne me dites pas que… !
Il se tint légèrement le flanc droit, ressentant un léger point de côté.
Jusqu'où était-il réellement allé la veille ? Hmm… avec Ryan ?
Pas jusqu'au bout quand même… ?
Mais les douleurs et l'impression éthérée qu'il ressentait semblaient indiquer l'inverse.
Et soudain, un sourire orgueilleux se dessina sur son visage.
PUTAIN, MAIS OUIIIIIIII ! Il l'avait FAIT !
Il s'était fait casser la mouillasse en huit !
YEAAAAAAH VICTOIRE ! ENFIN !
Avant tous ses potes !
Avant tous les autres Miracles !
Ahahaha ! Même avant ses sœurs !
Quel accomplissement extraordinaire !
Ça se fêtait ahaha, pour une fois qu'il était le « premier » dans un domaine ! Il avait finalement perdu son pucelage, après dix-huit longues années de chasteté bien ordonnée !
Ahahaha…
Haha.
…
Erm…
... Et à présent, il se retrouvait assis, là, le cul sur une serviette de bain maculée d'une substance poisseuse et humide.
Seul.
Sans personne avec qui célébrer ça…
Parce qu'une fois que le gars avait fait son affaire, il s'était courageusement tiré oui ! Comme tous les hommes ! C'était CA la douloureuse réalité ! Hmm… non peut-être pas entièrement, Kise s'était effectivement réveillé bien couvert. Au moins, Ryan avait pensé à le border pour ne pas qu'il ait trop froid en son absence… et puis… il sentait encore une chaleur indéniablement HUMAINE dans tout son dos. Ils avaient donc dû, à minima, passer la nuit ensemble, l'autre blond dormant contre lui pour le réchauffer.
Aaaaaah ! Tellement TENDRE !
A la belle étoile, comme deux amoureux, au coin du feu !
Et avec Ryan, le joueur vedette, le BG ultime en plus, quel rêve !
Kise rougit et se tint le visage, comme la midinette qu'il était au fond de lui. Rien que de penser à toutes les choses COCHONNES et EROTIQUES qu'ils avaient fait ensemble toute la nuit Rrrrr… ! Ça avait dû être GENIAL ! INCROYABLE ! ORGASMIQUE ! Bon ok, là, tout de suite, comme ça, il ne s'en souvenait peut-être pas, mais nul doute que ça allait bien lui revenir à un moment donné et puis, son corps semblait s'en remémorer pour lui ! Et de manière positive, pour ne rien gâcher !
Il allait donc pour se relever et consulter son portable, histoire de savoir quelle heure il était QUAND MÊME, lorsque tout à coup, il sentit quelque chose SOUS lui. SOUS la serviette.
Et ça bougeait !
Encore un clébard… ? (Dire qu'il avait confondu d'instinct Haizaki avec un chien errant ahaha…)
Hmm… Il la souleva avec quelques appréhensions. Et s'il s'agissait d'un gros ver de terre dégoûtant ? Un-un ver des sables !? Ça existait, ça ? Bah sûrement… Il y en avait jusque dans la mer de ces saloperies, après tout ! Un jour, ils auraient même des ailes, si ça se trouvait… Brrr… Kise réprima un frisson et ne regarda que d'un œil ce qui se tramait là-dessous et quelle ne fut pas sa SURPRISE d'y découvrir une ADORABLE petite tortuuuuue de mer fraîchement éclose !
Comment le savait-il ? Ben elle avait encore des débris de coquille sur la tête hihi ! Dont Kise la débarrassa avec précaution. La petite demoiselle battait des nageoires entre ses doigts. Tellement mignonne ! On aurait dit un porte-clés miniature ! Comment avait-il fait pour s'empêtrer là-dessous ? Mais avant de la relâcher dans l'eau, Kise prit une photo, un selfie, en compagnie de sa nouvelle amie…
… et ce moment féérique passé, il vit l'heure affichée par son écran.
Et ses yeux manquèrent de sortir de sa tête !
Il se dépêcha donc de rassembler ses affaires à lui et de se rhabiller convenablement, laissant tout le reste derrière lui. Par chance, d'après son appli GPS, il ne se trouvait pas très loin de leur auberge ! En courant en petites foulées comme c'était le cas maintenant, il y serait en moins d'un quart d'heure. Ouf ! D'autant que d'après ses calculs, ils quittaient les lieux d'ici une heure… Retour à Tokyo ! Et dire qu'il n'avait même pas encore eu le temps de faire sa valise ARGH ! Ça allait lui prendre des plombes, ça encore… raaah quel ENFER d'être fan de mode !
Raaah mince, il n'avait même pas de quoi laisser un petit mot à Ryan pour le prévenir de son départ précipité ! Non parce que l'autre blond se trouvait sûrement encore dans les parages. Il ne l'aurait quand même pas largué ici… seul, après avoir tiré sa crampe, pas vrai ? Ahahaha… Naaaan, pas avec lui, pas avec Kise Ryota, le futur mannequin international, qui était forcément un bon coup et dont la compagnie était toujours agréable !
Pfff… non mais regardez-le à cavaler comme un jeune étalon fougueux, juste après s'être fait écarter la croupe ! On ne le devinerait jamais à le voir ainsi courir comme si de rien n'était… malgré ses douleurs rhumatiques dans le bas du corps.
Une fois parvenu à l'auberge de jeunesse, il rejoignit Ken et Yosuke et… tiens, ils avaient l'air… différents… ? Alors ce n'était pas une légende urbaine ? Kyyyyyyyya ! Il se demandait bien à quoi il ressemblait, lui ? Sa mère allait-elle le remarquer dès qu'il rentrerait ? Que quelque chose en lui avait changé ? Est-ce qu'il faisait plus mûr, plus adulte à présent ? En tout cas, ces deux-là affichaient le même faciès béat et… profondément NIAIS. Un sourire hautement débile accroché au visage. Aucun doute sur le fait que leur nuit avait été aussi bonne que la sienne…
Et après que les deux garçons lui aient confirmé son intuition dans les détails, – évidemment – sa classe ne tarda pas à quitter l'établissement. Séparément du lycée de Fukada, qui débarrassait le plancher un peu plus tard qu'eux. Kise grimpa dans le car soulagé. Il n'avait pas recroisé Haizaki avant de partir, ouf ! C'était sa plus grosse crainte à vrai dire… Mais par chance, le blond n'avait pas trouvé le loup en train de rôder devant sa chambre, contrairement à ses (mauvaises) habitudes. Profitant de ce répit bienvenu, Kise ne se demanda même pas si le brun était bien rentré de son côté hier. Pourquoiiiii en aurait-il quelque chose à foutre, après tout ? Ce déséquilibré n'avait fait que le HARCELER durant tout le séjour !
Oh ça, le tressé ne lui manquerait absolument pas !
Bon débarras !
Et pourvu que cet emplâtré d'Haizaki ne croise plus jamais son chemin à l'avenir !
…
…
…
Plus jamais, non, plus jamais Kise ne voulait voir ce maudit brun…
A l'époque, il n'avait pas compris.
Mais ce soir, en voyant les cheveux mi-longs de son colocataire reprendre leur liberté, comme en ce soir fatidique, une bribe de souvenir lui était revenue en mémoire, avec la force d'un boomerang en pleine poire.
C'était lui !
Bon sang, depuis le début, c'était HAIZAKI !
Ça n'avait jamais été Ryan cette nuit-là… mais Haizaki !
Il se rappelait de tout à présent, c'était limpide dans son esprit auparavant embrouillé. Sa mémoire avait sûrement dû faire un rejet des faits, n'assumant pas que le brun soit celui qui ait pris sa virginité… Et de même… la drogue n'avait pas aidé l'affaire…
Oh bordel…
Oh la tuile…
La situation n'aurait pas pu être pire… ou plus désespérée…
Et maintenant, non content de l'avoir dépucelé lui, Haizaki s'apprêtait à faire de même avec Kagami, qui se crispait à présent autour des doigts plongés en lui.
Non…
Stop.
No more.
Ce cauchemar devait prendre fin.
Immédiatement.
Kise se figea comme une statue d'argile. Il avait l'impression que sa raison et que son âme étaient en train de se fissurer. Incapable de détourner le regard, mais à la fois incapable de support ce qu'il voyait. Il arrivait à saturation, menaçant de perdre la tête d'un instant à l'autre.
Pourquoi ? Pourquoi maintenant ?
Il… n'en avait rien à foutre d'Haizaki, pas vrai ?
Du moins, il devrait. Ce serait la suite logique de ses perpétuelles provocations. De tous ses coups de Trafalgar, passés comme futurs. Et puis, Aomine était là, lui aussi. Au-dessus de lui, en train d'embrasser son cou. Mais sans passion. Mécaniquement. Pourtant, sur le papier, Kise avait enfin obtenu ce qu'il désirait depuis toutes ces années à tourner autour de la panthère, sans que celle-ci ne daigne le voir. Or, Haizaki avait promis que l'esprit d'Aomine allait se briser en mille morceaux, dès que la virginité de Kagami ne serait plus et qu'ainsi, le basané serait plus aisé à « récupérer ».
Kagami…
Une saine culpabilité vint soudainement percuter les (in)certitudes de Kise.
Kagami, personne ne lui avait demandé son avis. Il n'avait même aucune idée des forces en présence, ni de ce qui se jouait tout près de lui. A travers lui. Réduit au rang d'objet et pire même, de dégât collatéral, dont on se console en prétextant qu'ils sont inévitables en temps de guerre. Un simple civil prit entre les tirs des deux camps. Kise secoua la tête inconsciemment. Non… le tigre avait été un si bon ami pour lui depuis le début de cette mascarade ! Il l'avait toujours soutenu, consolé, épaulé, conseillé du mieux qu'il ne pouvait, sans jamais le juger et même s'il ne comprenait pas grand-chose à la situation.
Kagami Taiga ne méritait pas cela.
Il devait pouvoir choisir. Ne pas être instrumentalisé pour une guerre ouverte qui ne le concernait même pas directement. Aomine l'avait préféré à Kise, sans user de la moindre ruse, et… Kise devait apprendre à l'accepter.
Le blond ne le réalisait que maintenant, certes, mais mieux valait tard que jamais.
D'autant qu'il n'était pas encore trop tard, justement.
Le renard pouvait tout arrêter.
Il en avait le pouvoir !
…
… Mais en avait-il encore la force ? Son esprit semblait comme paralysé, victime d'un puissant venin anesthésiant. Son corps également.
Kagami poussait ses premiers gémissements. Le visage rougi de plaisir, la respiration lourde.
Est-ce qu'il avait ressemblé à cette entité nécessiteuse, lui aussi, quand Haizaki s'était occupé de son désir ?
…
Espoir.
Désespoir.
Un voile sombre venait de tomber sur son cœur.
Son cœur de pierre. Muselé, bâillonné depuis des années.
Son rejet constant d'Haizaki.
Cette façon abjecte de se croire tout le temps supérieur au brun et de le repousser sans jamais essayer de le comprendre…
Ce dédain.
Ce mépris.
L'impression de valoir mieux que lui.
Et de le revendiquer.
De ne pas vouloir se compromettre avec ce corniaud des rues.
La honte.
Le déshonneur.
Pour Kise, comme pour Dickens, le meilleur moment était également le pire. Celui de la réalisation, qui vous fait tout gagner, puis tout perdre instantanément. Celui d'avoir atteint une félicité, un bonheur, absolus. Puis d'en être aussitôt retombé et de savoir qu'il ne pourrait plus jamais vivre un tel instant de complétude dans sa vie. Jamais rien ne matcherait les sensations ressenties ce soir-là. Celles que l'on éprouve pour la première fois. L'innocence du moment.
Sa fugacité.
Sa fragilité.
…
Non, il devait faire quelque chose !
Sinon, c'était son esprit à lui qui allait voler en éclat !
Pour une fois, il ne devait pas se contenter d'être passif et d'accepter simplement son destin ! Ce destin qui lui tendait les bras, mais qui ne lui plaisait pas !
Son regard capta furtivement celui d'Aomine.
Un éclair passa entre eux. De l'électricité à l'état brut.
Ils se comprirent sans avoir besoin de mots. Dans les prunelles d'Aomine, la même terreur que dans les siennes. Et son reflet, terrifié. Impuissant. Faible.
Et si… ils étaient en train de laisser commettre une connerie monumentale et irréparable par leur inactivité ?
Il vaut mieux avoir des remords d'avoir agi que des regrets de ne pas l'avoir fait à temps. D'avoir essayé de changer les choses, plutôt que de les avoir laissées pourrir d'elles-mêmes, sans jamais intervenir.
« Noooooon ! »
Un cri du cœur conjoint transperça, non déchire même, le silence.
Une pulsion primaire et animale.
Sans avoir eu besoin de se consulter au préalable et sans même savoir ce que l'autre allait réellement faire, les deux anciens amants se lâchèrent, se jetant brusquement d'un seul tenant, comme un seul et même homme au milieu de la pièce.
Au milieu de l'arène.
Mutiques, Aomine et Kise s'étaient néanmoins compris.
Ils avaient compris la même chose.
Chacun arracha sa moitié des bras de l'autre.
Comme pour la garder EXCLUSIVEMENT pour lui.
Avec l'énergie du désespoir.
Le réflexe de survie, salvateur, qui provient des tréfonds de l'âme humaine.
Haizaki et Kagami furent contraints de se séparer, chacun fermement prisonnier de l'étreinte de « son » homme attitré.
Aomine et Kise haletaient quant à eux, se fixant avec méfiance, farouchement protecteurs et accusateurs à la fois.
« Comment as-tu pu laisser cela se produire !? » Semblaient-ils se hurler à travers leur regard, se renvoyant la faute à tour de rôle.
Clignant des yeux, Haizaki quant à lui, mit quelques secondes à comprendre ce qui était en train d'arriver. Et ça ne lui plaisait pas le moins du monde.
« Ah putain Kise ! Mais lâche-moi, tu m'étouffes à serrer comme çaaaa ! » Beugla le Grand Méchant Loup, prisonnier de Maître Renard, alors qu'il était sur le point de croquer le Petit Chaperon Rou(x)ge !
Mais Kise ne l'écoutait pas. Comme si… il ne pouvait pas l'entendre, son esprit hors de l'espace et du temps.
Son regard restait rivé sur Aomine, tels deux prédateurs se jaugeant dans le but de préserver leur progéniture.
Qu'est-ce qui était en train de se passer ? Et pourquoi y avait-il une telle TENSION dans l'air ? C'était à n'y rien comprendre ! Ils étaient tous en train de s'amuser, de passer une soirée « chillax » pourtant ! Alors que signifiait ce revirement complet de situation !?
A moins que…
Oh…
Kagami, qui planait encore à moitié, passa une main sur la joue de son chéri, la caressant tendrement pour l'apaiser. Lui non plus ne comprenait pas ce qui se passait, ce qui se jouait silencieusement, mais il était cependant certain d'une chose. La seule qui comptait pour lui, à vrai dire.
Son amoureux souffrait.
Et il semblait énervé également.
Contre qui ? Pourquoi ?
Kagami l'ignorait, mais il ne ressentait aucun besoin de le savoir.
Tout ce qui comptait pour lui, c'était de calmer le feu qu'il sentait bouillir sous la peau de l'amour de sa vie.
Effacer sa peine.
« Pardonne-moi Taiga… » Furent les seules paroles qu'Aomine submergé par l'émotion, prononça.
Avant de serrer à nouveau son ange contre lui, détournant complètement le regard de l'autre couple.
Ce fut le déclic pour Kise. Celui dont il avait besoin sans en avoir conscience. Il se releva soudain, fort d'une nouvelle résolution et entraîna Haizaki à l'écart, s'enfermant avec lui dans la première pièce qu'il trouva sur son chemin. Il ressentait la nécessité de faire le point, dans l'intimité.
« Mais tu vas m'expliquer ce qui se passe à la fin oui ou merde !? » S'époumona Haizaki, après que la porte eut claqué derrière eux pour les isoler.
Encore sous le choc, Kise haletait, en sueur. Il avait envie de hurler, de frapper, de laisser ses sentiments et la vérité éclater au grand jour ! Marre de se contenir, marre de d'étouffer continuellement son ressenti ! De se planquer derrière un sourire hypocrite. De faire semblant que tout allait bien, alors que non, justement, tout allait mal ! Il ne trompait que lui de toute manière, Haizaki lui avait déjà fait la réflexion…
« On était bien partis pourtant ! Grâce à mes efforts, tes rêves allaient enfin devenir réalité ! »
…
Mais de quoi il parlait encore, ce con… ?
« Mes… rêves ? » Répéta un Kise halluciné, avant de se mettre à crier comme un hystérique. « MAIS QU'EST-CE QUE TU EN CONNAIS REELLEMENT DE MES RÊVES ? De mes espoirs !? De mes envies ! Foutu Haizaki ! La vérité, c'est que tu ne sais rien du tout ! »
« Comment ça !? Tu veux dire que… tu ne désires plus être avec Aomine finalement !? Ksss… arrête ton char, on sait très bien tous les deux qu'c'est faux. Ou alors viens m'le dire en face ! Regarde-moi droit dans les yeux et ose m'affirmer que… »
Aussitôt, deux mains plus robustes qu'elles n'y paraissaient saisirent son cou, le poussant jusqu'au… plan de travail de la salle de bain. Ah, c'était donc l'endroit où ils avaient trouvé refuge… Aussitôt, le dos d'Haizaki buta sèchement contre le lavabo.
« Ryota ! Je n'te comprends pas ! C'est pourtant bien toi… toi qui voulais que… gnnh… »
Le blond serra davantage, les yeux emplis de larmes et de rage.
« Je l'ai fait p-pour toi… ! » Balbutia Haizaki, déjà à court d'oxygène.
« Vilain Shogo… qui m'énerve à ne jamais rien comprendre… ! »
Ses doigts, enfoncés dans le cou d'Haizaki, tremblaient violemment... Il était en train de craquer. Dès que ses nerfs le lâchèrent, les larmes coulèrent toutes seules.
« Je n'ai jamais… en aucun cas… voulu cela… je me fiche d'Aomine… C'est… toi que je veux. Toi… que j'ai toujours voulu… Mais je n'arrivais pas à le dire et encore moins à l'accepter… Pourquoi ne l'as-tu pas vu !? »
Le cœur d'Haizaki se contracta soudainement dans sa cage thoracique. Les mots de Kise étaient chargés d'émotion et tellement inattendus… Ou plutôt si, Haizaki les avait attendus, ces foutus mots. Depuis des lustres. Et il pensait les attendre encore longtemps avant de finalement pouvoir les entendre un jour…
« Ryota… »
« Moi, je vais te dire pourquoi : c'est parce que tu es trop stupide ! Et… et moi j'ai peur ! Et je ne veux pas que tu me laisses ! P-puisque toi aussi, tu vas t'en aller, comme tout le monde, comme tous les autres… snif toi aussi, tu n'as qu'une envie et c'est de m'abandonner, de te débarrasser de moi… C'est toujours c-comme ça… snif… personne ne reste jamais avec moi… »
…
Une main se glissa dans la tignasse dorée. Etait-ce une façon de dire qu'il comprenait ? Haizaki semblait compatir en tout cas. Il caressait cette crinière soyeuse avec tendresse. Probablement pour calmer Kise avant que ce dernier n'ait définitivement réussi à l'étrangler pour de bon…
« … Tout ça… c'est d'ta faute… »
Encore ? Allons bon ! Ça l'aurait étonné aussi, tiens !
« I-il fallait pas me dire ça la dernière fois… snif… avec les filles ! »
Quoi, les filles ? Celles du bar ? Qu'avait alors dit Haizaki à ce moment-là, exactement ? Il ne s'en souvenait plus en détails...
« … Tu m'as dit que si quelque chose me déplaisait… snif et que je ressentais de la jalousie, alors je devais te le dire la prochaine fois sans hésiter ! » Articula t-il, entre deux sanglots.
Le renard avait appuyé son front contre le torse de son loup… pour éviter d'avoir à le regarder dans le blanc de l'œil. Cela risquerait de lui faire perdre tous moyens et il éprouvait un besoin VITAL de pouvoir exprimer le fond de sa pensée cette fois.
« Alors je te le dis, là, maintenant, voilà ! Avant qu'il ne soit trop tard… J'aime p-pas du tout… snif ce qui était en train de se passer entre toi et Kagamicchi ! »
Ah d'accord… et donc, c'était une raison suffisante pour le faire suffoquer à mort… ?
« Je t'avais… pourtant donné l'opportunité de dire non… avant que ça ne commence… Pourquoi avoir attendu à ce point, alors que tu avais l'occasion de le faire à ce moment-là… ? »
« Parce qu'il a fallu… que je te vois le toucher… l'embrasser… lui murmurer des mots doux… pour me rappeler… qu'à moi aussi… »
Il marqua une pause et Haizaki posa ses deux mains sur les poignets de Kise, afin de le contraindre à desserrer sa prise.
« … Qu'à toi aussi, quoi ? » Insista le garçon aux cheveux longs.
« Tu m'avais fait la même chose ! Pendant le voyage scolaire à Okinawa ! »
Une étincelle de surprise s'alluma furtivement dans les yeux d'Haizaki. Choc ? Bonheur ? Peur ?
« T-tu t'en es souvenu alors… !? Après toutes ces années de déni total, wow ! Incroyable ! »
Avant de se calmer aussi sec.
« … Mais comment ? Et surtout, pourquoi ? Pourquoi maintenant ? »
« On s'en fiche ! Tout ce qui compte, c'est que… je ne veux plus que tu fasses ça avec qui que ce soit d'autre ! Jamais ! Sous aucun prétexte ! »
Heu ouais… ? Un peu radical, là, non ? Kise n'avait aucun droit sur Haizaki, après tout. Qu'étaient-ils l'un pour l'autre à ce stade ? Rien. Pas encore réellement des amants, ni même des amis. Juste… d'anciennes « connaissances » rivales, devenues colocataires improvisés, par la force des choses...
« D'accord, s-si ça peut te faire plaisir… » Céda pourtant Haizaki, essoufflé. « Bon… tu veux bien me lâcher maintenant ? J'arrive moyen… à respirer là et puis, c'est pas des plus pratiques pour taper la discussion… »
Dans ces moments-là qu'Haizaki était content qu'il s'agisse de Kise, à la place de… disons… Akashi, par exemple ? Non mais, imaginez plutôt la même scène avec le chef des Gremlins dans le rôle principal ! Celui de l'amoureux transi et possessif, qui le découvre après des années d'ignorance ! Ben là, Haizaki ne serait probablement plus en un seul morceau pour pouvoir en parler. Genre, Akashi ne l'aurait pas vaguement étranglé lui, non, il aurait ouvert l'un des tiroirs, sorti la première paire de ciseaux qui passait par là et BAM l'aurait plantée dans la main d'Haizaki, la clouant au plan de travail !
Bon… Nijimura aurait sans doute fait à peine mieux en lui cassant la gueule, lui…
C'était à se demander pour quelle raison la bande des têtes arc-en-ciel se montrait toujours VIOLENTE physiquement envers lui… Or, Kise n'échappait hélas pas à la règle… Haizaki savait donc qu'il devait calmer le jeu de toute urgence et rester prudent.
Surtout, ne pas dire de connerie.
Même si ça le démangeait.
Il s'agissait de son côté rebelle, de son esprit de contradiction et Haizaki avait toujours eu bien du mal à le dompter ! Mais le moment était mal choisi pour en faire une nouvelle fois étalage.
En temps normal, il aurait sans doute lancer quelque chose dans ce goût-là : « Quoi, tu me demandes de devenir ton sexfriend Ryotaaaa ? J'ai toujours su qu'au fond de toi, tu étais une vraie cochonne qui ne demandait qu'à s'encanailler un peu… »
Ouais, nan.
Mieux valait s'en abstenir.
Ça briserait l'instant émotion et puis… Kise ne venait-il pas de mettre son cœur sur la table et pour la première fois, en plus ?
Cependant, Haizaki préféra faire semblant de ne pas comprendre TOUTES les implications… que cela impliquait justement…
Alalala… cela aurait été tellement plus facile avec Nijimura !
D'abord, il aurait commencé par lui coller un pain, puis Haizaki aurait répondu par la provocation en mode « Lâche-moi, connard de Senpai ! » tout en espérant secrètement énerver suffisamment Nijimura pour que ce dernier l'attrape sauvagement contre le plan de travail de cette même salle de bain.
Mais ça ne risquait pas de se produire avec Kise…
Hélas…
Kise était une fleur DELICATE, lui.
Prévisible… Prétentieux… Fragile… Egocentrique… Superficiel…
Reniflant et hoquetant de chagrin, trempant sa chemise avec ses larmes et un paquet de morve au nez. Paie ton glamour légendaire de mannequin international !
Tout ce qu'Haizaki détestait, en somme.
…
Ah, cela ne faisait rien. C'était peut-être même mieux ainsi, après tout. Au moins, il ne serait pas tenté.
Car s'il s'attachait trop à Kise, sa mission n'en serait que plus difficile à mener. Cela pourrait la compromettre, dans le pire des cas.
« Whatever you do… just make sure you don't touch the package… »
Ces paroles résonnaient encore en lui, comme un rappel macabre de ce qui l'attendait, s'il franchissait le pas.
Le pas de la porte des Enfers.
« Relax… j'vais pas m'envoler… »
Mais il ne répondit cependant pas à la requête de Kise, l'ignorant sciemment. Il n'avait pas envie de s'engager sur cette pente glissante. Pas la peine d'en faire tout un flan aux œufs non plus… Kise abusait, comme d'habitude, avec ses larmes de crocodile…
« Tu veux dire, exactement comme tu l'as fait lors de notre séjour scolaire, mais non sans t'être vidé les burnes au préalable, quand même… ? » Attaqua le canidé au pelage clair.
« Oi ! » Gronda l'autre. « Pour ta gouverne, sache que je ne me suis rien vidé du tout ce soir-là ! Et ce, pour une raison très simple : tu as osé t'endormir pendant que je te doigtais ! »
« Pardon !? »
« Quoi, tu ne te souviens pas de ça ? C'était pourtant juuuuuste après avoir joui sur mon T-shirt, abruti ! Mon T-shirt NOIR en plus, putain ! T'as idée d'à quel point ça a été galère à nettoyer !? J'ai été obligé de le faire à la main ! Dans l'eau de mer glacée, avant que ça n'ait eu le temps de sécher et de s'incruster pour de bon ! » Eruta Haizaki, qui n'avait toujours pas digéré cet affront.
« … Il était ROUGE ton T-shirt, crétin… ! »
« Ouais, bah ça revient au même ! »
« Et tu vas me soutenir mordicus que ça revient au même aussi, que je me sois EVANOUI de plaisir OU que je me sois endormi, peut-être ? Parce que ça ne change rien au résultat final ? Si tu ne perçois aucune différence fondamentale entre ces deux options, alors de toi ou de moi l'abruti, je crois que… non j'en suis même sûr : c'est TOI ! »
Haizaki resta interdit…
« Qu'est-ce que… qu'est-ce que tu viens de dire là… ? »
« Que tu ne savais pas faire la différence entre s'endormir et s'évanouir, gros bêta ! Je n'y peux donc rien si tu t'es vexé tout seul, blessé et rabaissé que tu t'es senti dans ta fierté de mâle ! »
Kise avait relevé la tête. Sourcils froncés en une moue adorable. Toujours la goutte au nez, par contre et toujours aussi peu sexy. Quoique… la colère qui marquait son visage de poupée si lisse d'habitude l'était plutôt, elle, sexy…
Brusquement, Kise eut un mouvement de recul, surpris.
« Je rêve ou… t-t'es en train de… bander là !? »
A UN MOMENT PAREIL, SERIEUX !? Etait-ce bien sage ET normal ?
Avec Kagami et Aomine juste à côté. Et leur état corporel déplorable à tous les deux d'après le Docteur Ranjan… Kise tenta bien de mettre une distance raisonnable entre eux, mais Haizaki l'en empêcha, tenant toujours fermement ses poignets.
« Et alors, ça non plus j'ai pas le droit… ? » Sourit-il, carnassier.
« Hmpfff ! Moi, je me livre, je t'ouvre mon cœur, je joue la carte de la sincérité pour une fois dans ma vie, en déballant tout ce que je cachais tout au fond de mon esprit depuis des années, sans jamais l'avoir dit à personne et toi, tu ne trouves rien de mieux à faire qu'avoir la trique à un moment pareil !? Dis-moi qu'il s'agit encore de l'une de tes blagues de mauvais goût, je t'en supplie… ! »
« Désolé, mais je ne plaisante jamais avec un sujet aussi sérieux et grave que le cul… »
« Tu me manques donc de respect à ce point-là !? »
« Oh oui, énerve-toi encore Bébé… tu sais que j'adore ça… »
A ces mots, ce fut la langue collante d'Haizaki qui sillonna dans son cou, telle un gros poisson-chat remuant et baveux ! Kise essaya bien de fuir, mais Haizaki venait d'inverser leurs places, le retournant contre le plan de travail. Il huma son parfum, prenant son temps, avant de dire :
« N'empêche… tu as tort de penser que je t'ai abandonné là-bas… Parce que ce n'était pas le cas. Du moins, pas directement dans mes intentions… Je t'ai tenu dans mes bras toute la nuit pour te réchauffer et j'ai régulièrement remis du bois au feu pour ne pas que tu attrapes froid. Je suis resté jusqu'au bout Ryota… jusqu'au petit matin… Aux premières lueurs du soleil… l'alarme de ton téléphone s'est soudainement mis à sonner et j'ai pris peur. Je me suis dit que si tu me voyais là, allongé contre toi, tu allais crier au loup et pas d'la façon dont je l'espérai… Alors ouais, je me suis enfui comme un lâche avant que tu ne me découvres. Parce que j'étais persuadé que tu m'accuserais d'avoir profité de toi. Tout laissait à penser à que tu n'étais pas prêt à assumer. Et avais-je seulement tort… ? »
Il le croqua exactement au même endroit qu'à l'époque, lui arrachant une plainte lascive.
Mais Haizaki savait qu'il avait raison. Sa question était purement rhétorique. Et puis après, quoi ? Même à supposer que Kise n'ait exprimé aucun regret, qu'est-ce qu'ils auraient fait ensuite ? Poursuivi une relation à distance, en se jurant amour et fidélité éternels ?
Please… !
« Ah oui et aussi… les rares moments où j'ai miraculeusement réussi à pioncer, c'était sur la béquille et crois-moi, c'était putain d'inconfortable ! A tel point, que j'étais à deux doigts de creuser un trou dans l'sable pour l'enfoncer dedans ! Evidemment, ton Ricain aurait sans doute profité de toi dans ton sommeil, ça je n'en doute pas… Mais moi, comme je te l'ai déjà dit, je ne verse pas dans la nécrophilie… »
« Pourquoi… t'as pas essayé de me réveiller pour terminer c'que t'avais initié, dans ce cas ? » Souffla le jaune.
« Je vais te le répéter, puisque ça n'a pas l'air de vouloir rentrer dans ta jolie petite tête de pioche : j'avais peur que tu flippes grave en réalisant que c'était moi à la place de l'autre tarlouze blonde. Et puis… j'étais inquiet… Que tu sois au bord du bad trip. J'ai donc préféré te laisser récupérer tranquillement. »
« How nice of you… » Grinça Kise entre ses dents.
« J'ai comme l'impression que tu n'me crois pas… »
« J'vois pas pourquoi je devrai ! Et c'est pas qu'une impression ! En même temps, tu ne fais que me mentir constamment depuis qu'on s'est retrouvés par hasard… On dirait que c'est plus fort que toi, tiens, la preuve : même encore ce soir, tu n'as pas pu t'en empêcher ! Quand j'ai raconté que j'avais perdu ma virginité avec un bel Américain que tu n'as même pas nié… Alors que t'étais parfaitement au courant… T'adores ça en fait, me laisser me ridiculiser devant tout le monde… »
« Ça n'a rien à voir ! » Se défendit le brun avec véhémence. « Je savais simplement que tu ne m'aurais pas cru et ce, quand bien même si je l'aurai juré la tête de ton père… »
« J'apprécierai que tu jures plutôt sur la tête du tien, tant qu'à faire, au lieu de mêler le mien à ça… »
« Ouais, t'as raison. Je sais même pas qui est mon géniteur, de toute façon. Mais y a cent pour cent de chances que ce soit un connard de compét'… »
Car ne disait-on pas très justement « tel père, tel fils »… ?
…
Moment de silence un peu gênant. Mais Haizaki n'était pas du genre à tuer la peau de l'ours avant de l'avoir vendue. Il eut donc un ricanement hautain.
« Alors, d'après toi… tu te serais évanoui de plaisir, rien que ça… ? Héhé, si c'est vrai, c'est extrêmement flatteur, je dois bien l'admettre… »
Vite, le remettre à sa place, avant qu'il ne se prenne un peu trop pour une bête de sexe !
« Oui, bon, hein ! Pas la peine de te la raconter non plus, ce sont des choses qui arrivent à des tas de gens ! Des tas de gens très biens, même j'te ferai remarquer ! Les meilleurs de tous ! »
« Ben voyons… Pas à moi en tout cas. Ni à personne de mon entourage. Ou à aucune de mes copines, ni avant, ni depuis. Jamais. Non, vraiment, t'es l'seul à m'avoir fait le coup de tomber dans les pommes après l'orgasme ! J'savais même pas que c'était possible jusqu'ici… »
Quoique… vu la moyenne d'âge des nanas qu'il se tapait en dernièrement, si d'aventure elles se sentaient partir pendant l'acte, on serait bien au-delà de la simple perte de connaissance… Alors heureusement que ça ne lui arrivait pas tous les quatre matins…
« Mais… juste pour être sûr : ça signifie que j'ai été bon ce soir-là ? »
A moins que Kise n'ait fait semblant pour ne pas avoir à aller jusqu'au bout… ? Nan… ça lui avait semblé plutôt réel quand c'était arrivé… il avait même craint que le blond n'ait finalement succombé à une attaque cardiaque, due à une overdose…
« … ll faut te le dire en quelle langue au juste, pour que tu comprennes enfin !? »
« Ben commence déjà simplement par me le dire concrètement, en face, ce que tu évites pertinemment de faire depuis le départ. Et ce sera bien. »
« Non ! T'es bien trop narcissique pour que je prenne le risque de rajouter une couche de vernis ! Tu vas me souler avec tous les jours après ! J'te connais hein ! »
Non mais regardez qui parlait… Monsieur Narcisse en personne ! C'était d'ailleurs un miracle que Kise ne soit pas déjà noyé à force de contempler amoureusement son propre reflet dans l'eau de la fontaine de Jouvence !
« T'as peur que j'ai les chevilles qui enflent, c'est ça ? »
« Tant que c'est pas ta bite… »
Nouveau grand sourire pervers de la part du principal concerné.
« … Comme c'est le cas actuellement, tu veux dire ? »
Merde, le renard avait presque oublié…
Et vas-y que je me frotte bien à ton bassin !
Kise couina.
Il en avait plus qu'assez.
Pourquoi ne sortaient-ils pas de cette minuscule salle de bain maintenant que son gros chagrin était passé ? Rien ne les obligeait à rester en compagnie l'un de l'autre dans un espace aussi exigu. Mais dans le même temps… Raaah putain, pour quelle obscure raison (autre que la volonté de l'auteure…) fallait-il qu'Haizaki lui fasse cet effet-là !?
Sans prévenir, le brun le souleva soudainement et il le fit asseoir sur le rebord du plan de travail.
« Et si tu me montrais plutôt les progrès que t'as accomplis en près d'une décennie de branlette ? »
Haizaki Shogo, inspecteur des travaux finis !
Il se lécha malicieusement le pouce, le fixant d'un air de défi. Purée, jamais Kise n'aurait dû lâcher le pot-aux-roses aussi facilement ! Car maintenant - et comme c'était à craindre de sa part - Haizaki ne se sentait plus pisser !
Brasier de moucheux et maudit bourbeux !
« Même pas en rêve ! J'ai plutôt envie de te coller un bon coup de pied, là, tout de suite ! » Menaça Kise, la voix étouffée.
« Mais tu ne le feras pas. Je le sais et tu le sais tout aussi bien que moi, d'ailleurs. »
Il retroussa ses manches et releva le menton de Kise du bout de son index. Puis, avec sa main libre, il chercha à tâtons de quoi nettoyer son magnifique visage tout morveux. Des lingettes pour bébé, dans le tiroir. Ahaha parfait ! Kise n'était-il justement pas un gros bébé cadum ? Méthodiquement, Haizaki débarbouilla Kise, faisant disparaître toutes traces de son gros chagrin précédent. Ça faisait bizarre… de voir Kise se montrer aussi possessif.
Surtout envers lui.
Le blondin, qui d'habitude, se foutait de lui comme de l'an quarante… ou du moins, si le blondinet ressentait une quelconque jalousie, il n'en laissait jamais rien filtrer. Parce que cette faiblesse conférerait dès lors un avantage décisif pour Haizaki, au sein de leur petit jeu de dupes. Alors ouais, ça avait surpris l'ex-gangster. Que Kise révèle enfin son véritable visage. Que son masque habituel se craquèle en surface.
Est-ce que cela signifiait… que Kise tenait à lui… ? Même un tout petit minusculement peu… ?
Ou alors était-ce encore l'une de ses comédies, une de celles dont il avait le secret, destinée à détourner l'attention ? A se faire plaindre en attirant la pitié d'autrui ? Oui, Kise était ainsi. Constamment en train de pleurnicher et de s'apitoyer sur son sort, alors que la chance lui souriait. Alors même qu'il avait tout ce qu'il désirait dans la vie, depuis toujours. Une famille et des amis aimants. Pas de problème d'argent. Un métier de rêve. Une santé de fer. Un talent pour la copie qui pouvait potentiellement faire de lui un prodige dans n'importe quel domaine pour peu qu'il s'y intéresse, même anecdotiquement. Un physique incroyablement parfait. Sans compter que tous les hommes et toutes les femmes les plus désirables de la Terre se traînaient à ses pieds, juste dans l'espoir de recevoir un peu d'attention.
… Heu ouaiiiiiis, là, tu t'emballes mon p'tit Shogo ! Nous, on n'a rien vu de tel jusqu'ici. Enfin, concernant ta dernière allégation, en tout cas !
Il paraît que les anges n'ont pas de sexe. Alors Kise ne devait pas en être un, finalement. Pourtant, Haizaki l'avait cru à un moment. Et quelqu'un d'autre y croyait toujours dur comme fer. Celui-là même qui l'avait missionné pour rapatrier le jaune, quel qu'en soit le prix.
Ecartant les cuisses pour accueillir Haizaki entre elles, toujours assis sur son perchoir, Kise tendit une jambe fine et longue, venant effleurer la volumineuse protubérance qu'il devinait sous le tissu du pantalon d'Haizaki. Etait-ce Kagami qui lui avait fait cet effet ? Ou le fait de s'exhiber en public avec un mec qui n'était pas le sien ? Doucement, le garçon aux yeux de chat brossa le plat de son pied contre cette bosse inspirante, sourire narquois aux lèvres.
« Dommage Popol, pas de promenade pour toi durant les six prochains jours… Ordre du Docteur Ranjan ! » Le taquina Kise.
Or, le mannequin n'était pas du genre à transiger avec les recommandations médicales de leur habitant de Bollywood favori et d'un côté tant mieux : cela ferait les pieds à Haizaki ! Dans tous les sens du terme, hahah…
« Alors votre petite démo privée de masturbation compulsive, vous allez devoir vous en passer... Monsieur le pervers… »
Le brun ferma les yeux, tapotant son index nerveusement contre sa joue, comme s'il était en train de réfléchir. Kise poursuivit donc sa séance de torture, sa petite vengeance personnelle, puisqu'il se savait à l'abri de toute riposte malvenue de la part de son coloc'. Et pour cause : Haizaki n'allait rien faire. Il ne le pouvait pas physiquement et puis, il n'en avait pas le droit non plus. Kise se trouvait donc en sécurité et libre de continuer à le frustrer. Un frisson parcouru d'ailleurs sa proie et un spasme la secoua, preuve que son manège fonctionnait à merveille.
« Hmm… t'es plus doué avec tes panards qu'avec tes doigts, force est de le constater… Mais j'avais déjà pu m'en rendre compte la dernière fois au resto, sous la table… »
« Tu parles du moment où j'ai réussi à ouvrir ta braguette avec mes seuls doigts de pied… ? »
« Entre autres, ouais… »
Kise se sentait à la fois flatté et insulté, qu'Haizaki remette en doute ses talents… manuels. L'expression « s'y prendre comme un pied », adoptait un tout autre sens… Mais le renard savait comment inverser la vapeur et retourner la situation à son avantage.
« C'est fâcheux tout de même… car je peux t'assurer que je me suis pas mal entraîné, depuis notre séjour à Okinawa… et grâce à mes efforts assidus, je suis à présent au moins aussi habile avec mes mains qu'avec mes petits petons à présent… J'aurai adooooooooré te montrer l'étendue de mes progrès, malheureusement, dans ton état, tu ne pourrais pas en profiter, quelle regrettable occasion manquée… ! »
Hahah bien fait ! Dire que… cet enfoiré était prêt à mougousser du Kagami sauvage sous ses yeux, i peine encore quelques minutes, quitte à risquer une rupture du frein ! Son avidité n'avait-elle aucune limite ? Ou alors… prenait-il à ce point du plaisir à tourmenter Kise ? Non mais sérieusement, le rouge avait failli tâter de la queue de loup avant lui quoi !
Mais encore une fois, Haizaki n'avait pas dit son dernier mot. Il passa fermement la main autour de la cheville de Kise pour la détourner de sa cible et celle-ci le lança immédiatement. Il s'agissait de son pied anciennement blessé et même une décennie plus tard, il réagissait toujours en présence de son ex-tortionnaire. La cheville de Kise était si fine et étroite que le brun n'eut aucun mal à en faire le tour avec ses longs doigts. D'un coup sec il tira et Kise glissa légèrement vers lui, couinant d'inconfort. Le jaune était si souple qu'il parvint sans difficulté à poser le pied sur l'épaule d'Haizaki. Cuisses toujours écartées, la vue était imprenable d'ici…
Et une belle excroissance pointait aussi chez le renard, tiens, tiens… comme c'était surprenant.
Ou pas.
Lui aussi se sentait excité par la situation.
Il serait donc triste de ne pas en profiter…
Léchant tendrement ce mollet à la peau satinée, Haizaki frotta son nez contre les muscles si bien dessinés.
« Mais au contraire Kitsune. Je suis parfaitement bien placé pour en profiter, là, tel que je me tiens devant toi présentement. On pourrait même arguer que je suis même installé aux premières loges, à vrai dire… »
« Qu'est-ce que tu racontes encore ? » Se méfia Kise.
« Show me. Let me see how you touch yourself, I want to watch. » Murmura le prédateur sombre sur un ton érotique.
Haizaki avait vraiment le don de le désarçonner. Encore une fois, Kise ne s'attendait pas à une telle demande de la part de son rival. Il dépassait les bornes, comme à son habitude. Prenant, dérobant, plus que son contingent et ce qui lui revenait de droit.
Kise…
Kise n'était pourtant pas pour lui.
Un autre homme – qui lui était destiné celui-là - attendait déjà Haizaki dans la Cité des Anges.
Mais impossible de s'en empêcher : lorsque quelque chose ne lui appartenait pas, il fallait à tous prix qu'Haizaki le possède ! Et c'était probablement ce qui rendait Kise tellement attirant en cet instant : ce goût irrésistible d'interdit.
Kise piqua un fard. Lui, contrairement au loup, possédait encore quelques notions de pudeur…
« Aominecchi et Kagamicchi sont juste à côté… ils pourraient nous entendre… »
« Et depuis quand c'est censé constituer une excuse valable ? Je te rappelle quand même, qu'à la base, on était supposé faire une partouze tous les quatre hein… » Lâcha fort subtilement le carnassier aux canines longues. « Alors même s'ils nous entendaient… je ne suis pas certain que cela suffirait à les choquer… Et puis… si ça t'inquiète à ce point-là ce qu'ils pourraient penser de nous ou plus précisément de toi, tu n'auras qu'à tenir ta langue et ça devrait aller… ils n'y verront que du feu, je peux te l'assurer… »
D'autant qu'ils devaient déjà être bien occupés de leur côté, les deux fauves… Mais Haizaki s'abstint de mentionner ce fait, Kise serait capable de déguerpir pour aller les interrompre et semer la zizanie dans leurs retrouvailles !
« T'en fais pas… » Fit Haizaki en tendant un bras vers l'arrière pour appuyer sur la poignée. « Regarde, la porte est bien fermée. Personne ne viendra nous interrompre. Donc, si tu arrives à rester silencieux, tout se passera bien. » Promit-il.
Un serpent.
Voici ce qu'était Haizaki.
Cette réalisation frappa soudainement Kise.
Celui de la Bible, rien de moins, et Kise avait l'impression d'être Eve, incitée à croquer dans la pomme par le rampant tentateur…
Encore une fois, il faisait reposer toute responsabilité sur les épaules de Kise. C'était à lui de se taire. A lui de ne pas se faire repérer. Mais surtout à lui qu'il revenait d'exécuter les fantasmes et autres lubies du brun sans broncher ! Le pauvre Eurasien soupira et se mordit la lèvre inférieure, préférant fermer les yeux. Il faisait face à un véritable cas de conscience. Bien-sûr, il détestait qu'Haizaki cherche à le manipuler sans vergogne et puisse obtenir de lui ce qu'il désirait ardemment.
Cependant, d'un autre côté… cette situation… l'excitait plus que de raison. Faire ça au nez et à la barbe de leurs invités… coincés dans les chiottes de la sorte… dans un espace exigu facilitant les contacts… avec des miroirs partout… Il y avait un petit aspect avilissant non négligeable… qui aurait dû le rebuter, mais qui au contraire, ne faisait qu'aiguiser tous ses sens. Même les yeux clos, il sentait le regard brûlant et avide d'Haizaki sur lui. Ce regard qui le consumait tout entier et aussi… le mettait à nu quotidiennement, comme si le brun avait gravé dans sa mémoire chacune des aspérités de son corps, ce soir-là, sur l'une des plages de sable blanc d'Okinawa…
« Défais ton pantalon et sors-la pour moi Bébé. Elle a très envie de me voir elle aussi et crois-moi, c'est réciproque. »
Pourquoi fallait-il toujours qu'il prononce des paroles aussi obscènes ?
A croire que ça non plus, il ne pouvait pas s'en empêcher…
Tout comme Kise ne put s'empêcher d'accéder à sa requête. Ses mains trouvèrent facilement le chemin de la fermeture éclair de son jean slim et il libéra la bête sans tergiverser. Pourquoi continuer à tourner autour du pot vainement ? Il ne faisait que retarder l'inévitable. Autant donner tout de suite à Haizaki ce qu'il réclamait et lui donner l'occasion de se rincer l'œil, en lui en mettant plein la vue.
« Pose tes doigts à sa base, pour que je puisse bien la voir sur toute la longueur. »
Encore une fois, Kise obéit, recroquevillant la main le plus possible pour laisser apercevoir un maximum de chair. Se frottant le menton, Haizaki sourit.
« Beautiful… C'est marrant… je n'avais jamaispris la peine de vraiment la regarder jusqu'à maintenant… »
Il pencha la tête vers l'avant et sur ce le côté pour mieux pouvoir l'observer et la détailler sous toutes les coutures. Kise avait l'impression d'être une pièce de boucherie s'apprêtant à être dévorée et ce n'était pas aussi déplaisant qu'il l'aurait cru…
« J'en étais sûr. Toutes mes félicitations : de tous les mecs que j'ai baisés, je t'octroie le titre de celui qui a la plus belle queue. Elle est tout simplement parfaite, je dois bien le reconnaître. Ni trop longue, ni trop épaisse… d'un délicate couleur rose pâle, comme un pétale de fleur de cerisier. Et toute aussi douce au toucher… »
Mesdames et Messieurs : je vous présente Haizaki Shogo, juge professionnel et auto-proclamé pour kikoutes !
Et puisque Kise venait d'obtenir la très bonne note artistique de 9/10 avec les félicitations du Jury pour, voyons comment il s'en sortait à présent concernant la partie technique… Bon par contre, si Haizaki s'attendait à ce que son membre lui fasse un triple axel, il risquait d'être un tantinet déçu…
« Ne t'emballe pas trop vite quand même Shogocchi. Parce qu'aux dernières nouvelles, tu ne m'as pas encore 'baisé", moi. »
Mais contre toute attente, le renard se sentait flatté. Ce n'était pas tous les jours qu'il recevait des compliments sur ses attributs masculins. (et heureusement car d'un côté, cela impliquerait qu'il les laisse à l'air libre un peu trop souvent…) En général, ses amants ne s'attardaient pas sur cette partie de son corps de manière aussi détaillée et appréciatrice. Mais Haizaki, lui, aimait tellement ce qu'il voyait, qu'il semblait sur le point de le dévorer.
Et cette sensation était étrangement plaisante… Grisante, même. Celle d'être contemplé comme un trésor national qu'il fallait préserver et honorer à tous prix. Enfin, Kise était heureux d'apprendre que cette zone de son anatomie était aussi parfaite que le reste, même s'il n'en avait jamais réellement douté à vrai dire… Narcissisme quand tu nous tiens… Quoique non, ça n'en était même pas. Juste… Kise savait ce qu'il valait, alors qu'y avait-il de mal à cela ? Son physique irréprochable - et outil de travail - représentait son principal investissement. Un investissement non négligeable même, qui avait un coût.
Crèmes révolutionnaires et produits de beauté en tous genres étaient venus envahir l'appartement du fils Robinson depuis l'emménagement du mannequin. Une fois, Haizaki avait osé mettre le nez dans (l'une de ses…) sa trousse de toilette et il n'avait pas été déçu du voyage, tombant sur moults prescriptions dont il ignorait jusqu'à l'usage ET la finalité. Bon, à sa décharge, la plupart de ces articles provenaient de l'étranger et déchiffrer leur notice relevait quasiment de la divination ! Sans compter que la forme de certaines denrées prêtait LARGEMENT à confusion : on ne savait pas tellement s'ils s'ingéraient plutôt par voie orale ou par voie rectale… Mais dans le doute…
« Montre-moi de quelle façon tu t'occupes de toi maintenant. Imagine… que tu rentres chez toi, tard le soir. Tu reviens d'un shooting éreintant qui a duré toute la journée, où il a fallu garder la même pose des heures durant. Tes muscles sont tendus et douloureux. Ankylosés et courbaturés. Mais enfin, tu trouves le temps de t'allonger dans ton lit. Le silence absolu règne autour de toi, tu te glisses dans ton cocon protecteur et tu n'as d'ailleurs allumé que la veilleuse tamisée pour t'octroyer un moment d'intimité bien méritée avec toi-même. Lentement, tes pensées dérivent vers la personne qui fait battre ton cœur. Comment voudrais-tu qu'elle te caresse, qu'elle te donne du plaisir ? »
Kise ferma les yeux pour mieux pouvoir visualiser la scène et se concentrer sur ses sensations.
Les plaisirs en solitaire, ça, il connaissait. Mais ne dit-on pas très justement que « l'on n'est jamais mieux servi que par soi-même ? » Sans atteindre un tel degré de narcissisme lui-même, Kise savait que dans la profession, certains top models refusaient de coucher avec d'autres personnes, pas même leurs pairs, estimant qu'on pourrait les SOUILLER. Dénaturer leur beauté souveraine. Oui, c'était hautement bizarre comme lubie. Mais à vrai dire, il était déjà tombé sur une énergumène de ce genre. C'était lors de sa troisième Fashion Week à Paris, entre deux passages de défilé, il s'était réfugié derrière un portant à vêtements de luxe, s'isolant avec cette célèbre mannequin métisse de renommée internationale.
Aucun ne bitait un mot de ce que l'autre disait, mais ça ne les avait pas empêchés de se comprendre sur l'essentiel : ils avaient tous les deux très envie de TIRER en vitesse et dans l'urgence ! Du moins, c'était ce que Kise croyait. Car dès qu'il avait essayé d'aller plus loin que de simples bisous et le basique pelotage de circonstance, la fille l'avait repoussé sans sommation ! Plus tard, il avait appris que cette nana n'était qu'une aguicheuse (d'après certains de ses collègues masculins, à qui elle aurait déjà fait le coup…) qui s'aimait beaucoup trop pour aimer autrui et surtout, permettre qu'on l'aime en retour.
Bref, heureusement, Kise n'en était pas là. Au contraire. Il adorait que l'on vénère son corps et sa beauté comme des divinités. Or, à son crédit, Haizaki avait déjà prouvé plusieurs fois qu'il savait très bien le faire. Et ce soir encore, on frisait le sans faute à ce niveau… La main de Kise s'activa automatiquement sous les instructions du brun. Ce dernier continuait à masser sa cheville dont la douleur fantôme se réveilla subitement. Ah cette satanée blessure d'antan… Kise commençait à comprendre ce qu'elle représentait intrinsèquement pour Haizaki.
Pour le blond, il ne s'agissait que d'une vieille foulure de guerre, qu'il avait trainée comme un boulet pendant plusieurs matchs, l'empêchant de se donner à fond. Mais pour Haizaki c'était SON trophée. Une manière comme une autre de rester avec Kise. De se rappeler à son bon souvenir en ayant partagé quelque chose avec lui. Quand bien même l'acte en question avait été malveillant, le loup l'avait marqué et Kise ne manquait pas de penser à lui à chaque fois que la douleur se réveillait, assimilant pour toujours cette sensation à Haizaki Shogo.
Le rendant impossible à oublier, indélébile.
A jamais avec lui.
Ses coups de poignet se firent frénétiques. Il haletait, les joues rosies par le manque d'oxygène. Pas question de s'accorder le moindre répit, il voulait marquer l'esprit du brun autant que lui l'avait fait. Et de quelle meilleure façon qu'en lui fournissant assez de matière pour se masturber jusqu'à la fin de ses jours ? Même les paupières closes, Kise pouvait sentir le regard affamé du loup des contes de fées sur lui. Alors il ne s'épargnait rien et ne lui épargnait rien non plus par la même occasion. Le plaisir grimpa rapidement et à un moment, le blond fut obligé d'attraper le bas de son T-shirt VOGUE, dévoilant sa ceinture abdominale contractée par l'effort, afin de mordre dans le tissu.
Après tout, Haizaki lui avait conseillé de rester silencieux, pas vrai ? Et puis… Kise ne voulait pas lui donner cette joie supplémentaire. Le spectacle son et lumière, dans la tribune présidentielle, mais SANS le son ! Histoire de le frustrer un peu… Oui, Kise était un rebelle dans l'âme, surtout lorsqu'il s'agissait d'alimenter sa rivalité toujours aussi vivace, malgré les années, avec Haizaki.
Ne lui offrir qu'une partie de ce qu'il désirait et uniquement quand le blond l'avait décidé.
C'était le maître mot, la voie que Kise s'évertuait à suivre religieusement.
« … Non, je regrette, mais ça ne va pas. »
Hein !?
Quoi !?
Kise sursauta, profondément étonné par ces paroles.
Ses yeux se rouvrirent instantanément. Comment ça, ça n'allait pas !? Qu'est-ce qui n'allait pas, au juste ? (Oui, il était toujours aussi sensible à la critique, surtout celle provenant de son rival.) Interrogeant Haizaki de son regard enfiévré, Kise resta néanmoins silencieux.
« Ce n'est pas comme ça qu'on fait. »
Ah, parce qu'il y avait plusieurs techniques ? On parlait de BRANLETTE là, pas d'arts martiaux ! Haizaki comptait lui apprendre à balancer un Kameha avec sa teub !? Bullshit ! Le visage de Kise se crispa immédiatement, affichant sans équivoque son degré de vexation avancé. Comment osait-il lui dire comment il devait SE tripoter !? Le renard connaissait mieux son corps que cet empafé !
« … »
« Pas la peine de me regarder comme ça. C'est pas moi qu'il faut blâmer et accuser pour ton manque déplorable de technique… »
Bon… Kise allait véritablement finir par lui foutre, ce coup de pied bien mérité !
« Et qu'est-ce qui ne va pas dans ma manière de procéder, Monsieur-le-Branleur-Professionnel !? Que dis-je… ? L'inventeur même, le savant créateur de cette discipline, celui qui l'a élevée au rang olympique ! » Railla le jaune, en lâchant le bout de son T-shirt.
« Tu vas trop vite, voilà ce qu'il y a. Tu n'es même pas encore entré dans le vif du sujet, que déjà, on sent que tu voudrais avoir terminé. »
Pardon ? Mais c'était ridicule ! Kise serra les dents, susceptible.
…
Hmm… Peut-être qu'au final, Haizaki n'avait pas tort…
Kise avait tellement l'habitude de manquer de temps pour s'occuper de lui de cette façon-là, qu'il allait souvent à l'essentiel, davantage pour l'hygiène que par réel plaisir.
En effet, l'onanisme n'était pas le sport favori du renard, contrairement à la panthère, qui le pratiquait quotidiennement et même plusieurs fois par jour. Bon, dans le cas très particulier d'Aomine, cela pouvait se comprendre, encore. Puisqu'il ne disposait et ne voulait de toute façon disposer d'un quelconque partenaire sexuel, en dehors de Kagami. Qui lui-même, ne semblait pas très porté sur la chose.
C'était cependant bien la première fois qu'on disait à Kise qu'il s'y prenait comme un manche à balai ! Enfin… non, pour être tout à fait honnête, il s'agissait de la seconde, puisqu'Haizaki lui avait déjà fait la remarque à Okinawa… Bon sang, mais il y avait prescription, c'était il y a près de dix ans ces conneries ! Kise avait largement eu le temps de parfaire sa technique depuis ! Apparemment pas assez au goût du loup...
« Tu cherches à finir trop vite et par conséquent, tu ne prends pas assez le temps de savourer, de profiter de chaque sensation, chaque inspiration, chaque picotement… Il faut laisser le désir monter lentement, c'est encore meilleur. Y aller doucement, avec application, et ne te consacrer à rien d'autre qu'à ta tâche, c'est ça le secret d'une masturbation réussie. »
Pfff… quelle différence cela faisait qu'il jouisse en cinq ou en dix minutes ? Le résultat final était le même…
Ou pas.
Comme lorsque Kise s'était évanoui de volupté et qu'Haizaki avait pris cela pour un bon gros dodo bien méprisant…
Hmm… Vu sous cet angle, cela méritait réflexion, en effet…
« Je devrai y aller plus lentement, tu dis ? » Reformula docilement Kise.
« Ouais. Déjà pour toi et puis même, t'es pas tout seul, j'te rappelle. J'suis là moi aussi au cas où tu l'aurais oublié. Tu as un spectateur, alors tu dois lui donner quelque chose de plaisant à regarder aussi. »
Oui enfin… si Kise possédait bien un côté exhibitionniste, comme tout bon mannequin qui se respecte, il était très loin de faire figure d'autorité en la matière, contrairement à… Aomine, encore une fois. Tiens, une fois, ils s'étaient rendus ensemble dans un bar à strip… (ne me demandez pas pourquoi, c'était pour un anniversaire, sûrement celui d'un collègue d'Aomine ou un truc du genre…) et bien, croyez-le ou non, mais le basané était tellement ivre, qu'il avait fini par monter sur l'estrade, attrapé une barre de Pole Dance et… s'était donné en spectacle sans vergogne.
Et sa petite prestation avait tellement plu que non seulement, il avait amassé un paquet de biftons dans son slip ce soir-là (reçus de la part de MECS et dont il avait généreusement fait don à son collègue en guise de cadeau…), mais en plus, il avait reçu une proposition d'embauche de la part du patron de l'établissement en personne ! Cependant, Kise, lui, était bien loin d'égaler les frasques de son comparse…
Déjà, accepter de se caresser devant témoin n'était pas quelque chose qu'il faisait très souvent… Les mauvaises langues comme Haizaki diraient qu'il s'agissait cependant de ce en quoi consistait son métier, à la base : se toucher devant un objectif et si Kise reconnaissait bien volontiers que certains shootings un peu chauds avaient déjà dérapés en ce sens (mais en parvenant à rester CLASSES), ce n'était absolument pas l'écrasante majorité ! Ni même quelque chose d'habituel ou de commun !
Alors… ce qu'Haizaki lui demandait… lui semblait hautement difficile.
Pas qu'il ait honte mais…
Kise soupira. Non, Haizaki avait raison. Le blond devait juste voir ce petit jeu sexuel comme… la requête d'un photographe envers son modèle. Après tout, ce n'était pas très différent du mannequinat : on lui donnait des instructions à suivre, des positions à exécuter, des expressions à adopter… Ouais, il fallait définitivement appréhender la situation comme une séance photo ! Se prenant au défi, Kise donna le meilleur de lui-même, s'appliquant exactement de la façon dont lui avait indiqué Haizaki.
Il remonta plus doucement sa main sur la hampe, prenant bien la peine de la caresser et de la sentir sur toute sa longueur, remarquant même des aspérités passées inaperçues jusqu'ici. Quitte à s'occuper de lui, autant le faire bien. Sa paume s'attarda sur son gland à la belle couleur rose pétale qu'il engloba et massa tendrement. Aussitôt une substance translucide et un peu collante vint se déposer sur sa peau.
« C'est mieux. » Approuva Haizaki. « Regarde-moi maintenant et écoute-moi bien. »
Une fois de plus, Kise fit montre d'une surprenante obéissance.
« Etale le liquide séminal sur toute la longueur et va plus vite à présent. »
Hmmm ? Ok. Kise s'exécuta donc… et bizarrement, c'était nettement plus agréable ainsi. La main glissait mieux, si bien que Kise fit obligé de raffermir sa prise. Coulissant à présent avec aisance sur le corps caverneux chaud et pulsant, il sentait d'autant mieux son sang en pleine ébullition. Oui, le ressenti était totalement différent. Il y avait des détails… de toutes petites choses auxquels Kise ne prêtait que peu d'attention d'ordinaire… mais qui changeaient grandement la donne.
« Look only at me Ryota. »
Etrange.
Il avait presque l'impression de prendre soin de lui et de se faire l'amour à lui-même surtout.
Mais… une part de lui n'était pas satisfaite malgré le concert de gémissements à moitié étouffés qui emplissaient la petite pièce étriquée…
Il manquait quelque chose…
Parce que bien souvent, la masturbation seule ne lui suffisait pas…
Il avait besoin de plus.
De ses doigts ou de préférence de l'un de ses nombreux sex toys.
D'ailleurs, cela n'échappa pas à l'œil averti et avisé d'Haizaki, puisque Kise avait subrepticement ouvert davantage les cuisses. Comme pour avoir un meilleur accès à une certaine zone délaissée…
« Nope. Don't even think about it. » Le somma son plus grand fan. « You're not allowed to do that either. Dois-je te rappeler que toi aussi, tu es convalescent ? Besides… Interdiction formelle de mettre quoi que ce soit ici, tant que je n'y aurai pas d'abord goûté, c'est bien compris… ? »
Quoi ? Allons bon, c'était nouveau encore ça, tiens !
Fichu Haizaki, avec ses maudites exigences ! Comme si cet endroit-là lui appartenait !
Et puis quoi encore, il ne voulait pas non plus cent dollars en petites coupures et un Mars !?
« Hey, pas de raison que tu sois le seul à avoir le droit de t'amuser ! » Sourit Haizaki, moqueur.
Qui était le plus frustré des deux à présent, hein ?
Haizaki, qui était contraint de le regarder se donner du plaisir sans pouvoir le toucher, ni-même se toucher lui ou Kise, qui se retrouvait privé de « récréation » ?
« Now… you're going to come without fingering yourself, understood ? » Ordonna t-il d'un ton plus solennel.
Kise acquiesça. Quel autre choix avait-il de toute façon ? Et pour achever de le convaincre, Haizaki massa sa cheville, toujours posée sur son épaule. Son poulain méritait bien quelques encouragements non ? Et puis, si en plus Haizaki lui donnait l'autorisation de se lâcher dans la dernière ligne droite…
N'y tenant plus, ne supportant décidément plus toute cette délicieuse langueur qui ressemblait davantage à de la torture à présent, Kise accéléra ses mouvements désarticulés. Il ne cherchait plus à offrir un beau spectacle agréable à l'œil, mais juste à se soulager au plus vite et ça, il savait faire. Quand on est mannequin et qu'on mène une vie à cent à l'heure, toujours coincé entre deux avions et deux fuseaux horaires, on apprend rapidement à rentabiliser chaque minute, chaque seconde de temps libre. Alors, Kise était passé pro dans l'art de se faire jouir rapidement. Bon par contre… sans ses précieux doigts insérés au sud, il risquait d'avoir plus de mal à atteindre l'extase… Tant pis. Il devait voir cela comme un défi et surtout, comme une occasion supplémentaire de rabattre son caquet à cet idiot d'Haizaki.
Sans le quitter des yeux, le blond poursuivait sa quête intime, sa main allant et venant vivement sur sa hampe tendue vers le luminaire du plafond.
« Aaaah Shogo… » Pleurnicha Kise, à bout.
Il se sentait à sa limite, mais ça ne venait pas.
Pour une raison inconnue.
Son regard se fit suppliant, empli de doutes et d'incertitudes. C'était bien la première fois que cela lui arrivait ! Pourquoi est-ce que le bouchon de la bouteille de champagne refusait de sauter !? Haizaki roula des yeux, avant de se mettre à soupirer. Néanmoins, il approcha sa paume de sa bouche et sans plus de cérémonie, il cracha dedans.
« T'es toujours aussi largué sans mon intervention, à ce que je vois… »
D'un geste brusque, il se rapprocha de Kise et lui colla sa main couverte de salive sur l'extrémité du muscle… pour lui donner un « coup de main » justement. Ce fut comme un électrochoc. Cette main, si chaude et humide, dont il sentait les durillons accrocher sa peau fine et particulièrement nervurée à cet endroit… Cette main, non, cette serre de rapace, eut raison de lui.
Et paf, quasiment aussitôt qu'elle eut commencé à le masser pour déboucher sa bouteille récalcitrante, cette fois, le bouchon s'éjecta tout seul dans la stratosphère. Et un liquide mousseux et laiteux en jaillit…
… Droit sur la chemise d'Haizaki.
Encore l'une de ses immondes chemises bariolées qui le faisaient ressembler à un clown daltonien !
Celle-ci avait… des fruits jaunes dessinés dessus…
Après les ananas, des bananes, donc. Remarquez, ça restait dans le thème de leur soirée, vu ce qui aurait normalement dû s'y produire selon toute logique…
« Fuck… ça commence franchement à devenir inquiétant cette sale habitude que tu as pris de me juter dessus ! Heureusement que je n'avais pas un T-shirt noir sur moi cette fois hahaha ! »
« Pour l'amour du ciiiiel et pour la dernière fois ! Il n'était pas NOIR, mais ROUGE le maudit T-shirt que tu portais à Okinawa ! » Le blond se redressa tant bien que mal sur ses coudes, encore tout tremblant de son orgasme. Et sinon, oui, décidément, il y tenait particulièrement à la couleur de ce fameux T-shirt ! « Et puis, tu devrais plutôt me remercier ! Ton immonde chemise semble un plus supportable à l'oeil maintenant, grâce à ma petite contribution personnelle ! »
Après tout, ne venait-elle pas de recevoir en offrande, un authentique shot de concentré de beauté !?
Mais Haizaki ne releva pas ce tacle à peine déguisé, trop occupé qu'il était à… récolter la semence de son homme pour la heu… nettoyer avec… sa langue… ?
Cette vision érotique manqua de faire péter un nouveau câble à Kise et il se releva, remballant la marchandise avant qu'elle ne se remette à durcir sans prévenir. En temps normal, il aurait procédé à une toilette assez sommaire, mais toilette tout de même. Mais en cet instant… avec Haizaki juste à côté… et la tentation de céder à nouveau, il s'en abstint.
Il devait sortir d'ici au plus vite.
Il se sentait étouffer tout à coup.
Ils étaient trop serrés dans cette satanée salle de bain ! Oui, c'était ça la véritable raison de son craquage ! Haizaki et lui s'étaient retrouvés tellement proches… Trop, beaucoup trop !
Et non, il ne se cherchait absolument pas d'excuse en gage de mauvaise foi…
Car à présent, il avait envie de vomir… Il n'osait plus regarder Haizaki et il tenta de fuir son regard, mais une fois remit sur ses pieds, Kise eut la surprise de constater qu'une paire de bras forts s'était passée autour de sa taille et… que deux lèvres charnues venaient de se poser sur les siennes pour les unir en un baiser.
Wow bizarrement, cela eut pour effet de le calmer tout de suite.
Sans pour autant être prude, c'était bien la première fois que Kise se laissait autant aller avec autrui et il devait bien admettre que son ex-Némésis savait y faire côté « dirty talk ».
« O-on devrait peut-être retourner auprès de Kagamicchi et Aominecchi. Ils vont finir par s'inquiéter et d'ailleurs, je ne les entends même plus… » Tenta t-il maladroitement de changer de sujet.
« Tu sais ce qu'on dit : « la branlette rend sourd » Chaton… et vu celle à laquelle tu viens de t'adonner, tu vas bientôt avoir besoin d'un sonotone. »
« Haha… très drôle… Non mais, plus sérieusement, tu ne trouves pas ce silence étrange, toi ? J'espère qu'ils n'ont pas profité de notre absence pour s'entretuer… »
« S'entretuer, carrément ? Hmm… Si l'arme du crime est une bonne grosse érection de cheval, alors c'est possible, je suppose… On peut aisément empaler ou étouffer quelqu'un à mort avec un truc pareil ! »
Kise lui lança un regard qui signifiait à peu près ceci : « Really, dude ? »
Ça alors, sacré Haizaki, jamais à court d'imagination dès qu'il s'agissait de balancer des conneries…
« Gnaaa arrête de te moquer ! Je suis très sérieux, allons vérifier que tout va bien pour eux. »
Le brun haussa des épaules, à peu près aussi convaincu que si on demandait à un militant de Donald Trump de voter communiste. A supposer qu'un tel parti se mette soudainement à exister aux Etats-Unis, bien évidemment…
S'extrayant enfin de la salle de bain, les joues toujours en feu suite à ce qui s'y était produit, Kise menait vaillamment l'expédition.
Et de deux choses l'une : au vu de la quantité de vêtements qu'ils trouvèrent éparpillés au sol un peu partout dans le salon, soit la climatisation venait de tomber en panne, soit les deux fauves s'étaient lancés dans un remake improbable du « Petit Poucet » !
« Et voilà ! » S'indigna Kise, l'intégralité du visage à présent aussi rose qu'un litchi. « J'en était sûûûûr ! On s'absente deux minutes (non, vingt plutôt Kise…) pour régler nos comptes et ils en profitent pour se sauter dessus comme deux animaux en rut ! Erk… »
« Les traces et les indices laissés semblent mener droit dehors, dans le jardin ou sur la terrasse… »
« Quelle bande de pourceaux… »
« Qu'est-ce qu'il y a Bébé, tu es jaloux ? Si ma mémoire est bonne, à toi aussi le grand air fait beaucoup d'effet… » Il se baissa pour ramasser une chemise froissée qui appartenait à l'un des deux. « Quoique, non… ils ont probablement dû opter pour la piscine, tous comptes faits. »
« Mais bon sang ! Dire qu'on ne l'avait même pas encore baptisée nous beuuuurk ! Plus jamais je n'oserai plonger dedans après ça, quelle horreur ! » Il frissonna d'effroi. « Et i-ils en ont pour longtemps à ton avis ? »
« Ça dépend. S'ils trouvent la réserve de capotes et de lubrifiant que j'ai planquée sous la latte de bois qui se trouve derrière le poteau de Basket, alors je dirai qu'ils peuvent tenir encore toute la nuit comme ça… »
C'était bien un réflexe typiquement lupin ça tiens, d'enterrer des trucs dans le jardin !
« Quoi !? Une cachette !? Et derrière poteau de basket, en plus !? Non mais tu sais de qui on parle là !? De deux junkies, drogués au Basketball ! EVIDEMMENT qu'ils ont déjà dû ou vont la trouver ! Ils ont un sixième sens pour ça ! Pfff… mais qu'as-tu fait malheureux… »
« Bof, laisse-les s'amuser… Ils sont adultes et amoureux. Et puis, c'était pas ça, le but de cette soirée justement ? Les rapprocher ? Ou alors j'ai encore tout compris de travers ? »
« Non mais… je trouve ça tellement injuste qu'ils aient le droit de s'éclater, eux, et pas nous snif… »
« Bah quoi, c'était sympa dans la salle de bain juste à l'instant… Et ne m'dis pas qu't'as pas aimé parce que je ne te croirai pas. Un vrai geyser ! Je t'assure, j'avais jamais vu un mec autant éjac-… ! »
Kise s'empressa de le bâillonner d'une main ferme, ne tenant franchement pas à ce qu'Haizaki termine sa phrase et il le traîna ainsi jusqu'à l'une des chambres. La sienne ou celle du brun, ou encore une de celles prévues pour les invités. On s'en foutait de toute façon, il y en avait au moins SEPT (comme les sept nains de Blanche-Neige) dans ce luxueux Penthouse, alors même si ce n'était pas la leur attitrée, cela ne faisait aucune différence !
Et ce fut ainsi, après cette soirée chargée en émotion et en révélations, que le renard et le loup s'endormirent du sommeil des justes, museau comme museau, épuisés.
Vidés. (surtout l'un d'eux LOUL)
Mais heureux, ou du moins, satisfaits.
Le lendemain matin, le premier à émerger de toute la maisonnée, ne fut assurément pas celui sur lequel on aurait parié le plus de Pesos…
Puisqu'il s'agissait d'Aomine.
Aka « la grosse larve » ou « la feignasse patentée ».
Pas le meilleur concurrent au titre de « lève-tôt », donc.
Ni à celui de « cordon-bleu », accessoirement.
Et pourtant.
Mais bon hein. Ne dit-on pas qu'il ne faut pas juger un cuistot à son tablier… ? Ou plutôt un livre à sa couverture, mais c'est pareil dans le fond. En tout cas, Haizaki lui avait assuré hier qu'il était libre de faire comme chez lui, ici. Wow, ça l'avait même surpris à vrai dire. Comme quoi, l'autre brun n'était peut-être pas une pourriture trois-cent soixante-cinq jours par an… Quoiqu'il en soit, Aomine avait décidé de se lancer dans la préparation de pancakes – seule recette basique qu'il maîtrisait relativement bien – pour SON homme et uniquement pour lui ! Kise et Haizaki pouvaient donc bien aller copieusement se faire foutre. (en toute amitié !)
De toute façon, Kagami mangeait comme un ogre. Ce qui équivalait à une famille de huit personnes. Huit adultes, hein, pas d'enfants ! Alors, même si dans son immense mansuétude, il avait décidé de cuisiner pour ses deux hôtes, il y avait de fortes chances pour que ces derniers n'en voient même pas la couleur ! Sans compter que lui et Kagami avaient très peu dormi la nuit dernière… et s'étaient hmm… bien dépensés… Par conséquent, le tigre risquait d'avoir ENCORE PLUS faim à son réveil ! Tiens, pour vous dire, combien de fois Aomine avait-il cauchemardé que Kagami le confondait avec un gros steak et le BOUFFAIT par inadvertance ? (comme si c'était possible…) Oui, on en était là. Parfaitement.
Et voici donc notre fier et sifflotant basané, prêt à aller croiser le fer avec une SPATULE, non mais rendez-vous compte…
Cul nu.
C'est qu'il n'avait pas prévu de rencontrer quelqu'un sur sa route, de si bon matin. Les trois autres occupants de la baraque dormaient d'ailleurs encore à poings fermés.
Sauf que… le Destin peut s'avérer bien farceur, surtout lorsque c'est moi qui l'incarne…
« Tralalalala… » Chantonnait l'innocente panthère.
« Bonjour. » Le salua soudain une voix, au moment où il passa devant le sofa.
Une voix de femme, pour être exact et inconnue au bataillon.
Qui le fit sursauter et monter dans les aigus comme une fillette !
Et puisque nous parlons d'Aomine, bien évidemment, se retrouver en pleine nudité FRONTRALE face à une dame du monde, ne lui posait pas le moindre problème… Enfin, heureusement, il était encore de dos, donc elle ne voyait que son arrière-train, remarquable également, soit dit en passant… Il se gratta juste la joue, le cœur encore en pleine crise de tachycardie.
« Heu… salut. J'parie qu'vous z'êtes la bonniche ! » Heu… oui bien-sûr Aho, vous en connaissez beaucoup, vous, des femmes de ménage, qui portent des tailleurs Chanel !? Mais bon, vu la taille de la baraque, ce ne serait pas étonnant en tout cas, qu'il y ait quelqu'un qui vienne se charger de l'entretien… « Ça tombe bien, on a plein de draps dégueus de la veille pour vous, si vous voyez c'que j'veux dire ! Au fait, vous savez cuisiner des pancakes ? Parce que va falloir en préparer une sacrée tripotée ! »
La femme se leva et toussota discrètement dans sa main. Comment ce manant osait-il la prendre pour une vulgaire employée de maison ? Néanmoins, Vivivane était femme à éprouver des colères froides. Internalisées. Sans les exprimer.
« Il y a méprise, je le crains… Je m'appelle Viviane Robinson et ceci est l'appartement de mon fils. »
Oh. MERDE.
SH*T !
Aomine se tendit comme un string et immédiatement, il attrapa de quoi se cacher la biroute, aka un des coussins BLANCS du canapé à quatre chiffres, pour se couvrir avec, tandis qu'il se retournait vers elle. Femme de ménage ou pas, elle n'avait pas à subir la nudité imposée d'Aomine, de toute manière… Question d'éducation et de respect. Mais la pudeur restait un concept à géométrie variable pour la panthère… qui ne voyait donc pas le mal qu'il pouvait y avoir à déambuler à poil dans un espace privé. Même devant témoin. Ce n'était pas comme si Aomine avait quelque chose à cacher. Quelque chose dont il ne pourrait pas être fier. Il possédait un corps magnifique, après tout, alors pourquoi le planquer ?
Et puis, toutes les personnes ici présentes l'avaient déjà vue, sa queue.
Kagami, Kise et même cet enfoiré d'Haizaki, alors à quoi bon verser dans la fausse pudibonderie ?
En revanche, cette femme…
Maintenant qu'elle se tenait debout, la boîte qu'elle tenait précédemment sur ses genoux, entre ses mains… Aomine put ressentir l'aura écrasante qu'elle dégageait. Toute en élégance, mais puissante. De par son métier, le Japonais était très doué pour détecter ce genre de choses… l'énergie invisible des gens. Leur aura, le charisme, leur présence, appelez cela comme vous voulez… Et celle de Miss Robinson était… OVER 9000 ! Elle crevait le plafond, pour être honnête. Il y avait quelque chose de silencieusement menaçant à propose d'elle. Aomine comprit immédiatement qu'il devait se méfier d'elle, à commencer par lui présenter ses plus plates excuses, s'il ne voulait pas le regretter. Car il n'y avait qu'à observer cette femme impeccable et propre sur elle pour deviner qu'elle avait le bras très long…
« Oh… heu désolé ! J-je vous ai pris pour… enfin… j'croyais être tout seul dans ce salon alors… Hmm… ça signifie donc que vous êtes la proprio de Kise et Haizaki, en quelque sorte ? »
« En effet. »
« Ahaha pas étonnant alors que vous ayez réussi à entrer sans que personne ne vienne vous ouvrir ahem… vous possédez bien évidemment les clés, ceci explique cela… » Continua le brun, pour faire la conversation malgré le malaise ambiant.
« … Je regrette, mais je n'ai pas bien saisi votre nom… »
Wow… quelle délicate façon de lui signaler qu'il ne s'était pas encore présenté convenablement.
« Ah pardon, je m'appelle Aomine. Aomine Daiki. Daiki, c'est mon prénom. »
La dame le détailla du regard de la tête aux pieds. Intéressant… un beau morceau et sacrément bien bâti également… Pour toute réponse, elle se contenta de lui tendre la main et … là ce fut le drame.
Aomine, dans un réflexe de politesse pour s'en saisir afin de lui faire un baisemain (ou de la lui serrer au pire), se servit de la main qui tenait son « cache-misère » de fortune, le lâchant donc par la même occasion et… Dis bonjour à Madame Robinson, Daiki Junior !
Par chance et avant que le malaise ne s'intensifie, deux nouveaux arrivants firent… leur arrivée donc, dans le salon et Aomine en profita pour filer à la Japonaise !
« Tiens, Viv' ! Je ne m'attendais pas à te voir de si bon matin ! Tu restes petit-déjeuner avec nous ? J'allais préparer des œufs brouillés avec du bacon, t'en veux ? » Invita poliment Haizaki, un bras passé autour du cou de Kise.
« Non merci Shuzo, on m'a déjà proposé de la saucisse, mais je n'ai pas faim… »
« Hein ? »
C'était quoi encore cette histoire ?
Kise échappa à l'étreinte d'Haizaki. Certes, ils avaient « passé la nuit ensemble », mais pas dans ce sens-là hélas, puisqu'ils n'avaient fait que dormir dans le même lit. Saluant rapidement Miss Robinson d'un petit geste de la tête, il ne s'attarda pas. Elle venait voir Haizaki de toute évidence, comme d'habitude, en fait… Bon ok, il possédait un téléphone, mais elle semblait adorer débarquer à l'improviste pour le voir en présentiel…
Mouais…
En vérité, ça le faisait grave chier.
Il n'aimait pas que cette bonne femme mystérieuse s'invite chez eux, sauf qu'actuellement « chez eux » et baaaaah c'était chez elle pour commencer, alors il n'avait pas son mot à dire…
Et puis, Aomine lui faisait de grands gestes derrière l'îlot central de la cuisine ouverte sur le séjour. Hmm… il était déjà levé ce gros flemmard ? Serait-il tombé du lit par accident ? Kise soupira et il resserra sa robe de chambre en satin beige, avant de se décider à aller le rejoindre.
« … Je peux savoir c'que tu fabriques à poil derrière la plaque de cuisson… ? »
« C'est cette vioc ! Elle m'a pris au dépourvu ! »
« Et elle t'a confisqué tes fringues aussi au passage ? »
« Raaah mais non ! Ecoute ! J'voulais vous faire une surprise en vous préparant à manger… » Non, uniquement pour Kagami à la base, rappelons-le quand même… « Et soudain, elle est comme apparue d'un coup dans le salon ! Qui sait depuis combien de temps elle attendait assise dans ce sofa hors de prix ? J'te jure, j'ai eu la peur de ma vie, j'ai cru qu'il s'agissait d'une momie au départ, tellement elle bougeait pas ! »
Ahaha ! Une momie, rien que ça ! Remarque, ce serait chouette si tel était le cas... Ainsi, Kise pourrait la renvoyer dans son sarcophage sans broncher…
« C'est peut-être bien le cas. Ça expliquerait pourquoi les traits de son visage sont complètement figés… »
Non parce que PERSONNE ne pouvait avoir la peau du visage aussi LISSE à son âge !
Du moins, pas naturellement ! Elle ressemblait à Cher !
Décidément, Kise ne la portait vraiment pas dans son coeur, cette chère Viviane...
De là où ils se situaient, les deux anciens Miracles réussissaient percevoir des bribes de conversation…
Une sombre histoire de tuyauterie bouchée et d'Haizaki qui devait venir vérifier… Ne pouvait-elle pas appeler un VRAI plombier comme le commun des mortels et à plus forte raison, vu tout le fric qui alimentait son compte (Quoiqu'elle en avait sûrement plusieurs…) en banque ?
Kise n'aimait pas cela. En réalité, il n'avait aucune raison valable de se méfier de cette femme, qui faisait preuve d'une grande générosité envers eux. Oui mais voilà, à se montrer démesurément généreuse, on finit inévitablement par attirer et attiser les soupçons, justement. Jamais rien n'est gratuit en ce bas monde et Kise doutait que son attitude puisse être totalement désintéressée. Sans compter qu'on était somme toute assez loin de l'image de la gentille mamie-gâteaux…
En effet, elle se déplaçait toujours en personne, dès qu'elle le pouvait, juste pour voir Haizaki, sous n'importe quel prétexte et quand bien même ses demandes étaient pour le moins… triviales ou pouvaient être formulées à distance. Et cette façon possessive qu'elle avait de constamment le tripoter, avec son air de ne pas y toucher… de laisser ses mains ridées traîner sur lui… que ce soit sur son épaule ou son bras… l'air de rien…
Que se passait-il vraiment entre eux ?
Quelle était la nature réelle de leur relation ?
Ils n'étaient pas juste une patronne et son employé…
Mais Kise évitait de se poser trop de questions, car il craignait déjà la réponse…
Cependant, fidèle à sa réputation de fouineur, Aomine le fit à sa place. Et sans prendre aucune pincette, comme à son habitude.
« Il la saute, c'est sûr. » Affirma le nudiste, accoudé à l'îlot, le regard rivé sur les deux tourtereaux potentiels.
Kise, qui avait préféré leur tourner le dos n'avait même pas besoin de regarder pour deviner ce qui était en train de se passer. A tous les coups, elle devait encore être pendue à son bras, caressant ses biceps en toute impunité. Comme si c'était quelque chose d'entièrement normal. Comme si elle était en train de tâter la belle pièce de boucherie qu'elle comptait consommer ce soir. Il préféré donc s'allumer une clope, quand bien même Aomine détestait cela. Et il n'était pas le seul d'ailleurs. Pas un seul cendrier dans la maison. Apparemment, Tatie Vivi n'était pas des plus fan de l'odeur du tabac froid, qui avait tendance à s'incruster dans les tissus. Tant pis pour elle. Ne leur avait-elle pas dit de faire comme chez eux, le temps de leur séjour ? Or, si Kise voulait fumer, – ce qui ne lui arrivait que très rarement et d'ailleurs, à sa décharge, il ne s'agissait même pas de son propre paquet… - il faisait ce qu'il voulait.
Point.
Oh et aussi, il EMMERDAIT cette vieille morue !
Accessoirement, hein.
« Qu'est-ce que tu comptes faire ? »
« Comment ça 'qu'est-ce que je compte faire' ? »
« Bah tu vas les laisser continuer ? »
« J'ai aucune preuve. Et aucun droit non plus sur lui, de toute façon. »
« Aucun droit ? Mais c'est ton mec, non ? »
« Pas du tout. »
« Aaaaah !? Vous êtes quoi, alors ? »
« Je… j'en sais rien. Pas grand-chose pour le moment, en tout cas. Et certainement pas quelque chose de bien défini non plus. »
« Waaah bah ça craint ! J'te conseille de vite tirer les choses au clair… ou sinon, c'est lui qui va s'tirer avec Mémé Cougar ! Déjà qu'il doit la tirer… »
« T'as fini de faire des jeux de mots pourris avec le mot 'tirer'… ? »
« Quoi, t'espérais pouvoir t'en « tirer » comme ça ? »
Kise lui colla un coup de coude gentiment, avant de se remettre à sourire légèrement, clope au bec.
« Et toi alors ? En parlant de 'tirer'… comment ça s'est passé avec Kagamicchi cette nuit ? »
« Très bien. Je crois même… que notre couple est 'tiré d'affaire' ! »
« Tant mieux pour vous. J'espère quand même que tu ne t'en es pas 'tiré à son bon compte'… »
« Oh que si ! Hahaha et sans me faire 'tirer les oreilles' ! On peut vraiment dire que j'ai su 'tirer mon épingle du jeu ! »
Ils semblaient toujours partager la même complicité qu'avant. Du moins, sur certains sujets.
« Mouais, arrêtons. Ça d'vient vraiment chiant là… »
« Ouais, t'as raison… Tu m'fais un café ? »
« Fais-le toi-même, grosse feignasse ! La machine est juste sous ton nez ! »
« Hmpff… ça coûtait rien de d'mander… Au fait… C'est moi où cette vieille rombière l'a appelé « Shuzo » tout à l'heure ? »
« En effet… »
« Mais pourquoi ? »
« Qu'est-ce que j'en sais… ? »
« Tu sais que dalle, j'ai l'impression… Enfin, ça n'a pas l'air d'être qu'une impression mais… plus important : Shuzo, c'était pas le prénom de Nijimura-senpai… ? »
Et là.
Ce fut comme de se prendre un Boeing 747 en pleine trogne.
Kise réalisa qu'Aomine avait raison.
Dire que ça ne l'avait même effleuré jusqu'ici, putain ! Il s'en voulait ! Cela expliquait tant de choses pourtant ! Comment n'y avait-il pas pensé avant ? Comme quoi, de par son métier, où il voyait passer plein de gens, plein d'identités différentes, Aomine se révélait bon physionomiste et perspicace.
Et il ne pouvait pas se tromper sur un sujet aussi sensible…
Tout faisait sens maintenant…
Et lorsque Viviane quitta l'appartement, au moment même où Kagami venait prendre son déjeuner, (et le préparer finalement ahaha puisque personne n'avait eu le temps, ni réellement la motivation de s'y atteler) Kise s'éclipsa pour laisser un peu d'intimité à son couple d'amis. Mais pas seulement. Il attrapa le poignet d'Haizaki au passage et le guida…
… A nouveau jusqu'à la petite salle de bain qui avait abrité leurs ébats de la veille.
« Putain, c'est quoi c'réflexe de v'nir ici dès qu't'as un truc à m'déballer !? On va finir par rebaptiser cette pièce la 'salle des conseils de guerre' ! »
« Qu'est-ce qu'elle te voulait Miss Robinson ? »
Il s'était retenu d'ajouter « encore »…
« Tu pouvais pas d'mander ça à table, autour de délicieux pancakes et œufs brouillés ? »
« Non. Pas devant Kagamicchi et Aominecchi. »
« On a failli faire bien pire devant eux hier, alors tu sais… et puis, à titre personnel, j'ai rien à leur cacher. »
« Peut-être, mais ça ne les concerne pas. »
« Mais toi en revanche, oui. C'est ça ? »
« Réponds juste à ma question et cesse de vouloir m'embrouiller sans arrêt... »
« Ok. Je réponds à ta question, mais à une seule condition… Et oui, tu commences à me connaître, j'exige toujours compensation pour mes actions. »
Le blond soupira, ne remarquant même pas à quel point ses doigts s'étaient crispés sur le T-shirt que portait le brun. De ça aussi, il aurait dû s'en douter. Haizaki demandait toujours quelque chose en échange de tout et n'importe quoi. Ce gars ne marchait qu'à la carotte et pas au bâton.
« Bon, tu veux quoi ? » S'agaça légèrement le renard.
« Je vais commencer par te répondre et ensuite seulement, je te dirai pour Viv'. » Il prit l'une des mains de Kise, qu'il baisa doucement. « So… what are we from now on ? »
« J'te demande pardon ? »
Kise cligna des yeux, perplexe.
« J'aimerai savoir où on en est, où on se situe l'un par rapport à l'autre, toi et moi. »
Ah purée, lui aussi il s'y mettait !? Argh ! Après Aomine, décidément… et pourtant, ces deux-là ne s'étaient même pas concertés ! Et le souci, c'est que Kise ne savait absolument pas quoi répondre. Qu'est-ce qu'Haizaki avait envie d'entendre et quelle était LA bonne réponse, celle qui les satisferait tous les deux ? Kise avait peur d'y réfléchir… et de lâcher ce qu'il avait réellement sur le cœur.
Parce que, ce qu'il voulait vraiment c'était…
« Bon sang de merde Ryota ! C'est pourtant pas compliqué ! » Gronda le loup. « Qu'est-ce que tu attends de moi précisément ? Tu me veux comme ami, comme amant ou davantage ? »
« Et qu'est-ce que c'est pour toi 'davantage', au juste ? »
« Qu'on entame une relation suivie, disons. Je crois que c'est ça le terme adéquat. »
« Ecoute Shogo… » Il soupira, reprenant sa main. « Toute cette histoire avec Aominecchi, c'est encore… trop récent. Tu m'avais déjà plus ou moins posé la question lors de notre date et je t'avais alors dit que je ne me sentais pas prêt… à entamer quelque chose de sérieux. Ni avec toi, ni avec personne d'autre d'ailleurs. »
Il frissonna. Il savait qu'il allait sûrement regretter ses prochaines paroles…
Mais…
« Je… je suis émotionnellement indisponible, je regrette. »
Ouais, formulé comme ça… c'était déjà plus acceptable et respectueux. Haizaki ne risquait pas de se sentir froissé du coup.
« Et bah on n'a qu'à l'être ensemble, alors ! »
…
Oi, mais ça ne voulait strictement rien dire, ça !
Bon, bah on n'était pas plus avancé…
« Et qu'est-ce que ça implique, exactement ? » Se méfia Kise.
« Being sex friends… friends with benefits. Fuck buddies… Or whatever you call it… »
Cette fois, les termes avaient été clairement posés.
Ceux dont Kise ne voulait surtout pas entendre parler.
Il ne versait pas là-dedans, non, très peu pour lui…
Pourtant… jamais une telle proposition ne lui avait semblé aussi alléchante. C'était comme de pouvoir jouer et même se brûler avec le feu à loisir, sans jamais risquer de démarrer un incendie d'origine criminelle. Garder les flammes de la passion sous contrôle.
« Je… »
« Ecoute, je n'suis pas en train d'essayer de te mettre la pression, (non, à peine !) mais il faut VRAIMENT que tu m'dises c'que tu veux, Kitsune… Parce qu'après la crise que tu m'as fait hier, ça n'peut plus durer entre nous ce petit jeu du chat et de la souris. Ou du chat et de l'autre chat. Parce que l'un d'entre nous pourrait finir par y laisser des plumes, et pas qu'un peu, dans un futur très proche… »
Et ce quelqu'un, ce serait très probablement lui. Il ne lui restait en effet plus beaucoup de temps pour livrer son foutu « colis » à Asami… !
De son côté, le moment que Kise redoutait plus que tout venait d'arriver. Précocement. Il savait pourtant qu'il allait devoir trancher, à un moment. Et c'était de sa faute, par-dessus le marché. Haizaki lui avait dit qu'il lui laisserait du temps, mais l'interruption de leur plan à quatre la veille – interruption de son propre fait, d'ailleurs - avait précipité la donne. Or, à présent, Haizaki exigeait une réponse. Immédiate. A tel point que cela sonnait presque comme une menace... Qu'étaient-ils ? Que représentait le loup pour lui ? Toutes ces questions que Kise évitait soigneusement de se poser par peur de ce que pourrait lui révéler leurs réponses… Bon sang, il devait absolument trouver comment faire diversion. Par chance, il avait embarqué son téléphone fraîchement récupéré dans sa poche de robe de chambre.
Discrètement, il parvint à glisser une main dedans et il tapota sur l'appareil avec nervosité. Haizaki n'y vit que du feu, trop occupé qu'il était à jouer les mâles dominants en pleine parade, torse bombé, muscles gainés et… il le poussa soudain contre la porte ! Kise se retrouva coincé entre deux bras forts, un de chaque côté de sa tête. Impossible de s'échapper sans avoir donné une réponse. Il n'avait plus le choix ! Bordel, ce n'était pas bon du tout ça… Haizaki semblait plus déterminé que jamais à lui tirer les vers du nez pour de bon ! Cette fois, il n'abandonnerait pas avant d'avoir obtenu une réponse claire et… en conséquence, Kise pianota encore plus frénétiquement sur son téléphone, complètement paniqué.
« Ryota, please, look at me. »
Sa voix était caressante comme du velours et son regard également. Kise savait que s'il se mettait à le fixer en retour comme demandé, il allait perdre ses dernières onces de résolution et craquer. Et Haizaki le savait aussi, bien entendu.
Mais brusquement, la délivrance.
On frappa à la porte.
Sa bouteille lancée à la mer, son appel au secours avait bien été reçu !
« Kise… ? T'es là ? Vous feriez mieux de vous magner de sortir si vous voulez pouvoir grailler un truc, parce que Taiga est en train d'engloutir tout ce qu'il y a sur la table, j'vous préviiiiens ! » Lança Aomine, derrière le panneau de bois.
Haizaki recula, vexé. Mais cela suffit à faire soupirer Kise de soulagement. Il l'avait vraiment échappé belle cette fois, plus que jamais…
« Tsss… on n'en a pas fini toi et moi Kitsune ! » Pesta Haizaki, son visage se tordant d'agressivité. « Et pour ta gouverne… sache que nous sommes tous les deux attendus au Country Club en fin d'après-midi. Viv' compte sur nous. »
Hein, quoi ? Qu'est-ce que c'était que cette histoire encore !?
Mais là, tout de suite, Kise n'avait pas la force de protester, ni de solliciter des détails.
Une fois Haizaki sorti en trombes de la petite pièce, il se laissa glisser au sol, le cœur battant la chamade. La crise de panique n'était pas passée loin... Cela devenait de plus en plus difficile de repousser Haizaki. Et de le faire patienter. Hier, Kise avait commis une erreur en se montrant aussi spontané. Or, Haizaki cherchait à profiter de sa faiblesse. Il n'était pas idiot, il sentait bien qu'il avait pris le renard dans ses filets... et maintenant, il voulait l'obliger à se déclarer pour de bon.
A déposer les armes.
A se rendre…
Le blond tremblait… Il se sentait pris au piège, sans possibilité de s'en sortir…
En l'absence de réponse de la part de son ami, Aomine passa la tête dans l'interstice de la porte à moitié ouverte.
« Oi, ça va ? J'suis arrivé pile au bon moment, on dirait… J'ai eu ton 'signal'… »
Ah oui le fameux signal « spécial relous » mis en place par Kise avec Aomine…
Le basané était la première personne présente dans son annuaire et grâce à un raccourci astucieusement bien placé, Kise pouvait faire biper le téléphone portable de son ami en toute discrétion. Aussitôt, Aomine accourait à son secours ou alors, s'il ne se trouvait pas dans les parages au moment T, il l'appelait pour créer une diversion et lui demander de rentrer immédiatement sous n'importe quel prétexte fallacieux. (Genre leur chienne imaginaire qui décide soudainement de mettre bas sur le canapé COMME PAR HASARD à ce moment-là, c'est ballot quand même...) Ils avaient inventé ce système ingénieux pour débarrasser Kise des dates ou des fans un peu trop collants et aujourd'hui encore, cet ultime recours avait sauvé le blond.
« Ouais… T'en fais pas… » Mentit Kise, en se passant une main sur le front.
Il ramena ses genoux contre son torse et baissa la tête.
Ce n'était vraiment pas passé loin cette fois… et il voyait bien que le brun perdait patience… ce qui n'était jamais bon signe avec Haizaki…
« Au fait… il y a quelque chose dont il faut que j'te parle et j'aimerai autant profiter qu'on soit seuls toi et moi pour te le dire… »
Ça avait l'ait grave…
Le bleu tendit la main à son ami, à travers la mince ouverture et Kise s'en saisit. Aomine le hissa alors sur pied.
« Ça concerne Haizaki… »
Merde… qu'est-ce qu'il avait encore fait ?
Et surtout, quand est-ce qu'Aomine comptait lui lâcher la grappe ?
Kise espérait naïvement que leur confrontation ajoutée à leur journée d'hier, avait fait reconsidérer son jugement à Aomine.
Mais apparemment pas.
« Tu sais avant-hier, quand je l'ai tabassé… bah il s'est passé quelque chose de bizarre… »
« Bizarre comment ? »
« Bizarre comme d'avoir la trique pendant qu'un mec te défonce la gueule. »
!
Kise se tendit.
Pardon ?
« T-t'es sûr de ça ? »
« Affirmatif. Vu ce que j'ai senti contre ma jambe, y a aucun doute à avoir. Il est sacrément psychotique ton petit-ami ! »
« C'est pas mon… bon, bref. Peu importe ce qu'il est pour moi. Et quels sont ses penchants également. Je… je m'occuperai de ça en temps voulu, mais merci de m'avoir prévenu Aominecchi. »
« Wow… tu le prends étonnamment bien je trouve…! »
Kise se contenta d'hausser des épaules.
Il n'était plus à ça près avec l'instable Haizaki. A vrai dire même, cela ne le surprenait qu'à moitié… Après tout, au collège, il semblait constamment en train de titiller Nijimura dans le but à peine voilé de se faire taper dessus… Et puis, Kise se sentait assez mal placé pour parler.
Car des deux, le plus masochistes, c'était sûrement lui…
Et il n'allait d'ailleurs pas tarder à le prouver…
Fioooou, ce fut long, mais bon j'espère !
Nous nous retrouvons comme prévu avec les notes de fin de chapitre(s) et purée, je commence à me dire que je devrai les noter en même temps que j'écris mes chapitres pour ne rien oublier en cours de route...
- Le coup du coffre de bagnole provient à la fois d'une expérience personnelle (ne vous inquiétez pas, je ne me suis jamais fait enfermer dans un coffre ahaha !) et d'un film que j'ai revu récemment. Qui n'a jamais connu un pote qui a voyagé ainsi, faute de place ? Moi, c'est mon cas ! On se rendait en boite de nuit et on avait mis le plus petit d'entre nous dedans. Maintenant que j'y pense, je suis contente que ce ne soit pas tombé sur moi, ça devait être une expérience assez traumatisante, surtout si l'on est claustro. Sans compter que potentiellement, ça peut être hyper dangereux... NE FAITES DONC PAS CELA CHEZ VOUS ! Mais sinon, l'idée m'est principalement venue du film Belge "Dikkenek". Le héros découvre une jolie fille dans le coffre de la voiture qu'il vient de voler. Et ainsi commence une (belle) histoire d'amour ! J'aime bien ce genre de situations un peu incongrues, voire flippantes, qui sont souvent les plus romantiques quand on les aborde avec le ton qui va bien !
- Thelma et Louise, évidemment. Tu ne peux juste pas écrire un road trip entre deux personnes du même sexe sans évoquer ce monument culte du cinéma ! Et franchement, je verrai totalement Kise et Haizaki dans un remake de cette histoire ahaha, les deux personnages féminins principaux collent totalement niveau caractère ! Bon et puis désolée pour celles à qui j'aurai spoilé la fin, mais ce n'est pas la destination finale qui est importante, c'est le voyage !
- Haizaki et Kise sont forcément des Pokémons. Dans mon cerveau malade, en tout cas. J'ai bien aimé Pokémon Ecarlate d'ailleurs, malgré toutes ses tares techniques. Il a remis la série sur de bons rails, vous ne trouvez pas ? Son open world et le fait de pouvoir s'y balader librement était cool, même si les niveaux étaient mal "scale". Mais bon, pour ceux qui veulent de la difficulté, SMT est là pour ça déjà.
- Kise était donc amoureux de Zaki au collège, CONFIRMED. J'ai encore prévu quelques flashbacks sur eux durant cette période, d'ailleurs...
- Zaki qui se crame à l'allume cigare OKLM en mode même pas mal ? J'ai déjà disséminé pas mal d'indices en ce sens dans mes précédents chapitres. L'analgésie, ça parle à quelqu'un ? En tout cas, ce sera un trait récurrent du personnage d'Haizaki, donc... stay tuned !
- Durant toute la scène de cassage de tuture, j'ai eu la chanson "Don't stop me now" de Queen en tête. A cause de "Shawn of the Dead", vous savez, la scène où ils cassent du zonzon dans le pub à coups de canne de billard...
- Evidemment, le fait que Ryan soit joueur de baseball était une sorte de foreshadowing pour cette scène de destruction...
- Kise a fait de la danse classique avec sa sistaaa. J'aime bien cette idée que Kise ait pu s'adonner à une activité typiquement réservée aux filles. Et que ça l'ait aidé à développer sa souplesse. On a appris d'ailleurs que Ryoko avait eu des soucis avec un photographe, tiens, tiens... et Zaki l'aurait aidée ? J'en parlerai évidemment plus en détails dans un futur chapitre !
- Kise qui jouit en froissant de la tôle ? C'est une référence à "High School of the Dead". Saeko mouille littéralement sa culotte en butant des zombies à un moment, j'ai toujours trouvé cette scène aussi glauque que géniale... Que voulez-vous, il y a littéralement des gens que la violence excite...
- L'idée que Kise puisse être nul à ch*er en sexe m'éclate, personnellement. Le mec est juste trop beau, trop parfait physiquement, on se dit qu'il va FORCEMENT être un amant exceptionnel et... non. Déception. Juste tellement drôle de mon propre point de vue !
- Le coup du Ketchup m'a fait penser à une phrase de Cristiano Ronaldo, qui disait que marquer des buts, c'était comme de décoincer le ketchup d'une bouteille : y a tout qui vient d'un coup, quand tu commences à en mettre un. Je crois qu'il y a une scène à peu près similaire d'ailleurs dans une série ou un film, mais je ne me rappelle plus vraiment... Si quelqu'un sait...
- Le plan à quatre est une ref au même genre de séquence (qui se termine de la même façon d'ailleurs) dans "Haru wo Daiteita". Oui ça date. C'est l'un des premiers manga BL/yaoi à avoir vu le jour au début des années 2000. Il s'y passe la même chose et c'est ce qui permet aux persos de comprendre qu'ils s'aiment. Je vous le recommande chaudement d'ailleurs. Ca parle de deux acteurs porno hétéros à la base forcés à bosser ensemble.
Je crois que c'est à peu près tout niveau références, bien que j'ai sûrement dû en zapper une ou deux...
Et sinon : 28000 mots et des brouettes...
Merci d'avoir lu !
