Hello comment ça va bien les copines en ce début de fortes chaleurs ?

Puréééééééeeeee j'ai vraiment cru ne pas arriver à pondre ce chapire... Pas qu'il soit forcément long, enfin pas plus que d'habitude quoi, mais c'était d'un LABORIEUX ! Accoucher de chapitres devient de plus en plus difficile pour moi. Oh pas que je m'ennuie soudainement avec cette histoire, ce serait même tout le contraire ! Mais l'investissement demandé est vraiment très important et le retour sur investissement, justement, pas extraordinaire. Pour autant, je n'ai pas l'impression de perdre mon temps. Je passe d'excellents moments avec Zaki et Kise, mais ils me fatiguuuuuuent aussi parfois ARGH. Par moment, j'ai juste envie de les ligoter ensemble et de le dire "AIMEZ VOUS L'UN L'AUTRE BORDEL DE MERDE !"

Enfin bref, place au chapitre du jour qui en est l'illustration parfaite selon moi !

Au programme : un film, des analogies douteuses et des collisions.

ENJOY !


Kise avait peu de certitudes en ce monde (... en dehors du fait qu'Haizaki Shogo était né pour le faire suer lui, tout spécialement...), mais se trouver dans l'obligation la plus formelle de ne pas se louper dans le cas présent, y figurait en bonne place. Face à la situation qui menaçait d'escalader, il allait devoir faire preuve de tout le sang froid requis.

Par opposition, Haizaki avait quant à lui le sang chaud et il ne rechignait jamais à laisser parler le langage des poings en lieu et place d'une réponse verbale. Autant dire que la provocation des deux gus n'était pas passée inaperçue... Au contraire, elle constituait plutôt l'occasion parfaite pour Haizaki de verser à nouveau dans ses anciens travers. L'occasion ? Que dis-je, l'excuse, même ! Or, Kise n'était pas spécialement connu pour ses qualités de médiateur non plus...

Ni pour sa diplomatie.

Houston, nous avons un problème je crois...

Un GROS problème, ouais ! D'autant que son issue reposait sur les seules épaules du facétieux et imprévisible renard.

Dès lors, on pouvait légitimement s'attendre au pire.

Mais semblant conscient qu'il devait à tout prix éviter l'escalade physique, Kise se tourna avec détermination vers ces messieurs qu'il toisait littéralement de par sa grande taille. Même s'il possédait un gabarit autrement plus fin que celui d'Haizaki, Kise n'en demeurait pas moins impressionnant. Que ce soit par sa hauteur ou par sa silhouette ciselée de muscles nerveux, dus à la pratique intensive du sport qui avait forgé son corps. Et la façon dont les visages des deux homophobes de service se crispèrent lorsqu'il les regarda (prit) de haut, en fut une excellente indication.

Une réplique.

Une seule phrase.

C'était tout ce dont il disposait pour les calmer.

Tout ce à quoi il aurait droit.

Or, il devait absolument les sécher sur place, sans leur offrir la moindre opportunité de riposter.

La parole, la violence verbale, comme seule arme pour contrer la violence pugilistique.

Alors le blond n'avait pas intérêt à se louper.

Point de seconde chance possible, car Haizaki attendait juste en embuscade qu'il se foire pour pouvoir débarquer dans l'arène à son tour et en découdre salement.

Prenant une profonde inspiration pour ne pas se laisser dominer par la pression qui pesait sur lui, Kise bomba le torse et annonça presque avec arrogance :

« Le jour où vous aussi, vous arriverez à vous prendre une bite de vingt centimètres dans le cul sans chialer vos mères, vous pourrez vous permettre d'ouvrir vos vilaines bouches pour donner des leçons. Mais dans l'attente que vous réalisiez cet exploit, de vous ou de nous, les femmelettes bah... c'est et ça restera vous deux, espèces de tocards. » Asséna Kise avec une fermeté inhabituelle.

Et son plus bel accent Japonais, dégainé spécialement pour l'occasion.

Le tout déblatéré d'une seule traite, sur un ton monocorde renforcé par un regard froid et zébré d'étincelles dorées, qui conférait à Kise un air fantasmagorique.

Semblable à celui d'un psychopathe en cavale qu'Akashi en personne n'aurait pas renié.

Rien que ça.

Histoire de pallier à l'éventualité où le message en lui-même ne soit pas avéré suffisament clair dans son contenu...

Puis de reprendre en une demi-seconde son air caractéristique de la créature magique (digne d'une licooooooooorne) la plus charmante que la Terre ait jamais portée, comme si de rien n'était.

Voilà qui devrait néanmoins s'avérer suffisamment explicite pour rabattre le caquet de leurs deux « agresseurs » ! (Mais qui allaient sans doute se convertir « victimes » dans quelques instants, suite à la soufflante de Kise...)

Et en effet, le second duo masculin en resta coi. Ou « koï » comme la carpe du même nom.

Voire carrément « cons », pour éviter tout euphémisme inutile.

Yeux ronds comme des paniers de basket et bouches en cul de poule façon une influenceuse beauté, à l'appui.

Si leur mâchoire avait pu se décrocher en cet instant, elle se serait sans doute déjà écroulée par terre, se serait ramassée toute seule pour ensuite mieux se désolidariser de leur corps et prendre la fuite !

Parce qu'à en juger l'air ahuri que les deux guignols arboraient, ils ne s'attendaient clairement pas à des mots aussi crus et surtout pas prononcés par un être aussi gracieux que Kise Ryota, dont l'apparence solaire et proprette à la fois prêtait décidément à confusion, lui conférant plutôt des airs d'ange venu du ciel à qui l'on aurait donné le Bon Dieu sans confession.

Mais c'était bien mal connaître le légendaire esprit retors et farceur du Kitsune...

« Allez viens Sam, on va faire la queue pour un autre film, sinon, on risque encore de se retrouver accusés d'avoir commis un crime de haine par un de ces connards de wokes... » Pesta celui avec la casquette, une fois le choc passé.

Ben voyons. Comme s'ils auraient fait le poids contre deux anciens basketteurs... Sans même parler du fait que se la jouer homophobie ordinaire au beau milieu d'un trottoir, en plein pride month, (et oui, nous sommes déjà en juin dans cette fic aussi.) n'était pas franchement le plan le plus judicieux.

Cela démangea fortement Kise d'en rajouter une couche dès qu'il entendit le mot « queue », mais il s'en abstint de justesse heureusement, puisque son but premier avait été atteint : faire déguerpir les deux consanguins sans avoir à faire usage de la force (physique).

Mission accomplie !

Malgré tout, il tremblait encore un peu de rage, de constater qu'en 202X il existait encore des énergumènes aussi frontalement intolérants. Pas que ce soit quelque chose de fondamentalement nouveau pour lui, ni même surprenant hélas, ayant déjà essuyé les plâtres en la matière, fait d'armes dont il se serait bien passé... Notamment lors de son passage et coming out controversé dans l'émission « Danse avec les Stars », mais c'était au Japon et il avait naïvement cru que les Américains se montreraient davantage ouverts d'esprit et respectueux quant à la question des préférences sexuelles.

A tort, apparemment.

Mais la colère n'était pas seule responsable de ses tremblements, puisqu'une bonne dose d'adrénaline coulait également dans ses veines. Il se sentait résolument excité aussi. Parce que finalement, se laisser aller ainsi à la vulgarité crasse avait quelque chose jouissif, on ne va pas se mentir. Bien plus qu'il ne l'aurait cru de prime abord. Oh... Pas que Kise soit d'un naturel prude ou même foncièrement opposé à toutes formes de grossièreté, en particulier lorsque la situation le justifiait comme cela avait été le cas ici, mais avec un métier publique tel que le sien il évitait d'y recourir autant que faire se pouvait.

Mieux valait éviter de faire des vagues pour ne pas salir son image durement forgée et entretenue. Mais après tout, ici, il n'était personne contrairement au pays du soleil levant, où il jouissait d'une popularité l'amenant à être scruté en permanence. Et le renard avait presque oublié à quel point cela faisait du bien de pouvoir tout lâcher, sans calculer, sans se réfréner, d'appeler un chat un chat et un chibre un chibre, que diantre ! Sans s'embarrasser de détour aucun et sans crainte de représailles.

Sans remord superflu et surtout, sans prendre le risque de se faire démolir par la presse spécialisée dès le lendemain.

Dans ces circonstances, Kise se sentait un peu plus proche de son ancien rival, ayant l'impression de mieux le comprendre. Il n'était guère étonnant que le brun lâche du lest de temps en temps. Enfin, un peu plus souvent que ça, quand même...

Et puisque l'on parle du loup...

Haizaki se rappela à son bon souvenir par un éclat de rire franc et sonore.

Non pas qu'il soit en train de se moquer de la performance de son colocataire – Seigneur, JAMAIS il n'oserait voyooons ! – mais il était rare pour lui de voir Kise sortir de ses gonds de la sorte. Et d'assister à cet événement aux premières loges, qui plus est. Ces deux gars avaient dû sacrément lui taper sur les nerfs, bien plus qu'Haizaki ne l'aurait deviné au premier abord, pour que le blond habituellement si lisse s'autorise à sortir de son personnage et en arrive à de tels extrêmes.

Et ouais, le brun ne le réalisait que maintenant, tant son ancien camarade maîtrisait l'art de la Poker face. Même mieux que lui, ce qui n'était pas rien, puisqu'il s'agissait tout même du principal hobby d'Haizaki et qu'il rêvait d'en faire son vrai métier pour pouvoir en vivre un jour.

En tout cas, force était de reconnaître que la méthode de Kise s'était montrée diablement simple ET efficace, contraignant les deux fauteurs de trouble à déguerpir sur le champ. Plus par lâcheté que par un soudain et providentiel changement de convictions cependant, mais le résultat restait pourtant des plus probants.

Une véritable prouesse.

Les pauvres, ils ne s'étaient certainement pas attendus à une telle véhémence et à un verbe à la dragée haute aussi crue de la part de ce beau blond à l'allure princière ! Il faut dire que le contraste entre son apparence et les mots employés avait été pour le moins... brutal.

Abrupte.

Même pour quelqu'un comme Haizaki, qui fréquentait pourtant Kise depuis des années. Entrecoupées de... coupures justement, certes, mais tout de même. Celui qui avait porté des braids dans son adolescence avait été pris au dépourvu, au même titre que leurs deux bien misérables détracteurs et pour cause : si Haizaki avait toujours soupçonné et même parfois entrevu ce côté roublard chez son ancien coéquipier, peu de fois il avait eu la chance (ou le malheur lorsqu'il en faisait les frais...) de pouvoir l'observer d'aussi près. Et aussi intensément en action. Car Kise n'avait rien d'un fragile être inoffensif en réalité.

Ok, pour des types naïfs comme Aomine ou encore Kagami, l'illusion était sans aucun doute parfaite, d'autant que Kise en surjouait avec plaisir pour s'attirer la sympathie des gens. Sauf qu'Haizaki n'était pas aussi dupe que les autres simps sans cervelledu coin, ceux qui gravitaient habituellement autour du mannequin. Le rusé renard savait en effet très bien se défendre tout seul et plusieurs fois, Haizaki avait pu le constater par lui-même, que ce soit sur le parquet ou en dehors. Car sous ses airs doux et même un peu « concons », se cachait en réalité un authentique démon qu'il convenait de ne pas sous-estimer, sous peine de méchamment s'en mordre les doigts.

Haizaki le savait mieux que personne en ce bas monde et mieux que personne également, il connaissait cette facette, celle du véritable Kise, celle que le blondinet s'évertuait à étouffer sous des sourires aussi dégoulinants qu'hypocrites. Cette facette qu'il cherchait à dominer au quotidien pour mieux piéger son monde, sans crainte de se faire pincer...

Oui, seul le loup voyait son acolyte renard tel qu'il était réellement sous sa jolie peau de mouton faussement vulnérable.

Posant d'abord une main sur l'épaule de Kise, tout en se tenant les côtes avec son bras libre tant il riait, Haizaki s'appuya sur lui le temps de reprendre ses esprits. Puis, soudainement, il l'enlaça par la taille, avant de venir glisser chaudement à son oreille :

« ... Je m'en veux de devoir contester l'exactitude de propos aussi enflammés Bébé, mais je me vois contraint et forcé de préciser que chez moi, elle mesure vingt-trois centimètres. Et non vingt, contrairement à ce que tu as précédemment avancé avec un peu trop d'aplomb. Or, pour ta gouverne, sache que j'y tiens particulièrement à ces trois petits centimètres de différence... qui font toute la différence, justement. »

Haizaki se retint in extremis de conclure par : « De toute façon, c'est pas la taille qui compte, c'est l'goût ! » Ouep, il aimait décidément bien la placer, celle-ci, dès qu'il en avait l'occasion en fait, mais ça aurait vraiment été se tirer une balle dans le pied avec un boulet de canon dans le cas présent...

Mais il fut néanmoins ravi de constater que sa petite « mise au point » eut au moins l'effet escompté puisqu'aussitôt, Kise se tendit.

De partout.

La proximité, le contact physique et le parfum épicé d'Haizaki avaient toujours eu le don de l'émoustiller, hélas pour lui... Et aujourd'hui ne faisait pas exception. Après tout ce temps passé en compagnie du brun, Kise pensait à tort avoir développé une forme d'immunité à l'encontre de ses sournoises tentatives de séduction, ou tout le moins, de ses approches physiques aussi répétitives que répétées.

Mais que nenni...

C'était presque... navrant et frustrant à la fois de se voiler ainsi la face...

Kami-sama, que ce maudit ex (ce suffixe lui semblait même de trop...) délinquant lui faisait toujours aussi facilement tourner la tête... ! Et ce, inexorablement, malgré le poids des années et autres joyeuses perfidies associées au décoloré de service.

Le garçon aux cheveux dorés ferma les yeux pour rassembler ses esprits, se concentrer et plus que tout, pour éviter de le regarder. Ce qui équivaudrait à craquer sur le champ. Il se mordit la lèvre inférieure, se raccrochant à la douleur ressentie. Il ne devait pas céder. En aucun cas. Pourquoi fallait-il qu'il perde tous ses moyens lorsqu'Haizaki s'approchait d'un peu trop près ? Il n'avait même pas à le toucher pour accomplir son forfait. Bon sang, Kise réalisait à quel point il ressemblait à ses propres fans enamourées, (avec tout le respect qu'il leur devait, hein...) lorsque le Grand Méchant Loup rôdait d'un peu trop près à la lisière du bois.

Pathétique...

Et tout simplement inadmissible !

Mais pourtant si révélateur...

Du besoin impérieux de se faire copieusement DEFOURAILLER.Un besoin primaire, au même titre que manger et dormir, qui se faisait chaque jour un peu plus pressant. URGEMMENT pressant. Kise se sentait ridicule de l'envisager de manière aussi anodine, presque ordinaire, puisque l'acte même de penser revenait à admettre. Mais à admettre quoi au juste, me demanderez-vous ? Et bien, rien de moins que sa dangereuse OBSESSION du moment. Telle était bien la triste et indéfectible vérité, peu importe qu'elle lui plaise ou non. Cependant, la bonne nouvelle, (car il fallait bien qu'il y ait une dans tout ce merdier !) le dernier espoir auquel il se raccrochait, c'était qu'à la minute, non, à la seconde même, où il aurait tâté de ces fameux vingt-trois centimètres (autoproclamés !) de chair chaude et caverneuse, aussitôt et comme par magie, son tourment cesserait.

ENFIN.

Mais puisqu'il avait pleinement conscience, pourquoi continuait-il à lutter avec une telle insistance ? A nier devant Haizaki au lieu de se soumettre, délayant d'autant l'instant fatidique qui conduirait à sa salvation ?

Et bien, pour plusieurs raisons...

En tête de liste ? Sa fierté, évidemment... Avouer au principal concerné avoir l'envie irrépressible d'aller jouer du tape-cul sur sa queue s'avérait tout bonnement honteux de son point de vue. A cause de leur passif extrêmement chargé, mais pas que. Kise n'avait effectivement pas pour habitude de réclamer et encore moins d'engager quelques velléités sexuelles que ce soit. Non, décidément, ramper aux pieds d'un mec, ce n'était pas son truc...

Ni aux pieds de quiconque, d'ailleurs, quel que soit son genre, son origine ethnique, son âge et son degré de « baisabilité », sans distinction. Et même sans aller jusque là, en fait. Car s'il aimait séduire en usant de ses charmes et parfois même se laisser séduire quand le cœur (ou le cul, ne chipotons pas...) lui en disait, jamais le Gémeau ne s'abaissait à montrer que cela découlait d'un besoin pourtant naturel - en l'occurrence, de sa libido devenue dévorante (ouuuh le vilain mot !) - préférant véhiculer une image d'intouchable, insensible aux basses pulsions de la populace.

Squattant ensuite la seconde place du podium, se trouvait évidemment leur passé commun... Le fait est qu'Haizaki et lui étaient restés en froid pendant longtemps, à cause des crasses que Kise avait subies de la part de l'autre prédateur. Ouep, il allait sans dire que ce genre de passif ne jouait pas en faveur du loup. Sans compter que Shogo jouissait encore d'une grande faculté à mentir aujourd'hui et ce, même s'il avait promis de ne plus y avoir recours. (Peut-être encore l'un de ses mensonges, justement... ?) Dès lors, comment s'assurer qu'il tiendrait bel et bien parole ? Et surtout, comment le croire après toutes ses trahisons passées ? Force était de constater que malgré des efforts certains pour montrer patte blanche, l'ancien natté n'était pas encore totalement digne de confiance, même aujourd'hui...

Et puis, plus que toute autre chose, Kise craignait d'être manipulé. Ou ne serait-ce que manipulable. De se faire tromper. Encore. Qu'Haizaki ne cherche à tirer profit de son avantage sur lui, à un moment donné. L'amour, le sexe... sont à la fois les ingrédients et les enjeux d'une guerre psychologique de tous les instants. Une guerre des nerfs qu'il ne fallait perdre sous aucun prétexte, même si Kise l'avait déjà probablement perdue la veille en montrant ses failles (et pas que... le brun ayant eu droit à un véritable spectacle privé, son et lumière inclus...) à Haizaki dans la salle de bain du penthouse, à l'occasion de l'épisode désastreux du threesome raté...

Sans compter que, pour finir, lui et le brun se trouvaient en pleine convalescence actuellement. Et ouiii ! Il ne fallait pas l'oublier, ni même le négliger ! Pas de bête à deux dos dans ce sens-ci pendant encore au moins quelques jours, quelques jours fichtrement longs à tenir, de l'avis du mannequin international ! Les plus longs de sa vie en vérité, pour être totalement franc ! Sans exagération aucune ! Parce que là... ça commençait VRAIMENT à le chatouiller, non, à le GRATTER sévère, même !

Ah ça... Ryota n'aurait sans doute pas demandé mieux que se faire FOUDROYER par Haizaki, là, maintenant, tout de suite même, s'il en avait eu la possibilité. Ainsi, ce serait fait et on n'en parlerait (jamais) plus (même sous la torture), basta ! D'ailleurs, si ça ne tenait qu'à lui, ce serait même déjà de l'histoire ancienne à ce stade ! Heureusement d'un côté qu'il s'envolait en direction des Maldives après demain... Sans Shogo auprès de lui, ni même dans son champ de vision, bien qu'il continuerait sûrement à occuper la majorité de ses pensées. Et ce voyage avait beau constituer une masse de travail assez conséquente – car non, malgré le cadre paradisiaque, il ne s'agissait pas de vacances... - Kise y voyait plutôt un répit bienvenu, loin de son tourmenteur et du tourment qu'il lui inspirait justement.

Un temps de récupération amplement mérité, de l'avis du principal concerné !

Mais c'était partir pour mieux revenir... se faire casser les reins ensuite et Kise comptait bien sur son éternel rival pour lui déboîter le bassin comme jaja. En effet, le blond – à l'instar d'Haizaki - serait totalement remis sur pied d'ici là. Prêts à s'emboîter tels deux Legos taillés à la perfection l'un pour l'autre, au sein d'un jeu de construction pour adultes consentants !

Et vraisemblablement parce que Kise ne le repoussa pas tout de suite, pas de manière assez instantanée, Haizaki se crut autorisé, ou plutôt s'octroya de son propre chef l'autorisation de passer une main sous le débardeur du super model. Méthodiquement, il commença d'abord par caresser ce ventre parfaitement plat qui abritait une nuée de papillons, puis ses doigts remontèrent tels les pattes fines d'une grosse araignée (en moins velus, mais pour néanmoins rester dans la métaphore animale...), venant agacer un mamelon sensible, qui, il fallait s'en douter, se vit durcir sous l'attention.

Bien que la stimulation fut des plus agréables, très agréable même, Kise réprima un couinement avant de se mettre à donner de la voix pour le mettre en garde. Pudeur et bienséance venaient de refaire surface, mais pour combien de temps encore ?

« Shogo ! On est en public, bon sang ! Tu tiens sincèrement que d'autres types encore plus cons et virulents prennent la place encore chaude laissée vacante par les deux abrutis, dont je viens à peine de nous débarrasser !? »

Sauf que le loup ne l'entendit pas ou du moins, ne l'écouta guère. Sciemment ou pas, car après tout, un loup, c'est rien qu'un clébard dans le fond. Et il n'y a pas plus insistant et têtu qu'un roquet en rut qui utilise votre mollet pour se soulager. Pour marquer son désir, Haizaki se pencha vers son compagnon et il glissa sa langue humide dans l'oreille de Kise, avant de se mettre à en téter amoureusement le lobe.

« Shogoooo... » Répéta plus durement Kise, sur un ton quasi lugubre qui n'augurait rien de bon. « Tu te souviens que j'ai participé à « Danse avec les Stars », n'est-ce pas ? »

« Ouais... » Marmonna machinalement ce dernier, toujours dédié à sa tâche.

Comment l'oublier en même temps ? Kise, semaine après semaine, tour à tour dans un petit corset échancré qui ne laissait pas grand-chose à l'imagination ou alors engoncé dans un costume à paillettes si près du corps, qu'on aurait pu croire qu'il s'agissait d'une seconde peau... ? Même effet (bœuf) occasionné que l'apparat précédent donc, (Haizaki refusant catégoriquement d'utiliser le terme de « vêtements » pour désigner des tenues aussi peu couvrantes.) le brun se trouvant bien incapable d'affirmer sa préférence de manière tranchée pour l'un ou l'autre.

« Et bien figure-toi qu'en ce temps-là, ma popularité ayant atteint un tel pic, les producteurs de l'émission avaient carrément décidé de m'assigner un garde du corps à plein temps pour assurer ma protection. Or, je te laisse deviner le premier truc qu'il m'a appris pour me défaire des fans un peu trop collants dans ton genre... Et au cas où il serait trop difficile pour toi de réfléchir dans ton état actuel pour le deviner, spoiler : cela signifie que tes testicules risquent de remonter tout droit dans la partie de ton corps dont elles sont descendues ! »

Ah ben comme ça, tout le sang qui avait lâchement abandonné l'irrigation de son cerveau pour migrer vers le sud, remonterait le cours de ses veines en sens inverse par la même occasion.

« Ça m'dérangerait pas, j'crois. » Lâcha donc Haizaki, débonnaire.

« ... Pardon !? »

« Je regrette, mais il va falloir trouver une autre menace plus crédible si tu veux que j'te lâche. Parce qu'au pire, quoi... ? Si tu mets ta menace à exécution, ça voudra juste dire que j'pourrai juste plus m'reproduire et pour tout te dire, ça m'arrange totalement puisque j'ai jamais prévu d'enfanter qui ou quoi que ce soit. »

Manquerait plus qu'ça, tiens ! Qu'il engendre une descendance ! Et puis quoi encore ? Autant se couper les couilles direct pour éviter que cela n'arrive ! Surtout dans sa situation financière actuelle, ce ne serait franchement pas raisonnable... Ça coûte cher d'élever un marmot et puis d'abord, ça bouffe quoi les bébés ? Il faut les sortir combien de fois par jour pour faire leurs besoins ces machins-là ?

Nan, clairement, à la lumière de toutes ces interrogations et autres incertitudes, Haizaki n'était pas prêt à devenir (mauvais) père (indigne) !

« Sauf qu'il n'y a pas que de transmettre tes gènes dont tu seras privé, crétin ! De tout le reste aussi, à commencer par le fait de pouvoir exécuter ledit acte concerné, tu sais, celui par lequel les êtres vivants perpétuent généralement leur espèce... ? »

« Naaaan, c'est trop tard pour ça. Fallait l'faire avant. Un eunuque peut tout à fait continuer à avoir des érections, si l'ablation de ses burnes intervient après l'adolescence. » Indiqua Haizaki, qui le maintenait toujours aussi fermement.

« Hein ? »

Qu'est-ce que c'était encore que ces conneries ?

Intrigué, Kise tenta de se retourner pour capter le regard d'Haizaki et vérifier s'il racontait des cracks. Mais premièrement, il se rappela que tenter d'intercepter les émotions du brun n'était pas son fort et deuxièmement, tout ce qu'il aperçut par-dessus son épaule fut...

... Le garçon aux cheveux d'ébène en train de consulter ton téléphone portable à l'aide de sa main libre, tandis qu'il le ceinturait toujours, lui, avec un seul bras.

Non mais il était sérieux là ?

En train de parcourir Wikipedia, tout en continuant à le peloter OKLM... ? (et toujours en pleine rue et en pleine journée...)

...

Bon, au moins, ça l'avait obligé à virer sa grosse paluche de sous son débardeur.

Toujours ça de grapillé, mais tout de même...

Ah il ne manquait pas d'air le Grand Méchant Loup ! Pas étonnant qu'il ait réussi à dégommer la maison de paille des Trois Petits Cochons dans l'histoire du même nom, avec un souffle pareil...

« D'après ce site, un tel type de castration aiderait même à conserver des érections plus durables. Alors vas-y, fais-toi plaisir et tape de toutes tes forces ! Te gêne pas surtout, donne tout c'que t'as dans l'ventre chaton ! »

Inutile de préciser que la question de la douleur n'effleura même pas l'esprit d'Haizaki...

Ou plutôt si. Mais pas de manière... disons, négative...

Il le voyait même comme un bonus, au contraire. Si tant était qu'il soit en mesure de pouvoir ressentir la douleur infligée, bien entendu...

« Graaah imbécile... Pourquoi faut-il toujours que tout se règle par la violence avec toi... ? » Soupira Kise en s'écrasant une main sur le visage.

... Kise qui était pourtant prêt à organiser un meeting, que dis-je, une collision, entre son genou et les glaouis d'Haizaki, à peine deux minutes auparavant...

Et puis, notre BLONDE en cheffe sembla soudainement réaliser qu'il était en capacité de se dégager de l'étreinte imposée par Haizaki.

Depuis le début, en fait.

Dire qu'il n'avait même pas essayé... A aucun moment, cette possibilité ne lui avait traversé l'hémisphère gauche du cerveau... (ou bien est-ce le droit... ?)

Signe qu'il faiblissait encore et toujours, au fil des heures...

Ses résistances s'amenuisaient et Haizaki sentait que le moment de la mise à mort approchait, en bon prédateur qu'il était. Alors il en profitait. Allègrement.

« Tu m'fatigues... Tu l'sais, ça ? »

L'Eurasien fit alors le choix salutaire de réinstaurer une certaine distance entre eux. Le temps de pouvoir regagner tranquillement en consistance.

« Et toi tu savais qu'en France justement, au Moyen-Âge, on castrait les homosexuels ? Dingue, cet article ! »

... Ah ouais, super info tiens. Tout à fait dans le thème du mois en cours, mais rappelant que pas mal de chemin avait été parcouru quand même en matière de droits LGBTQ+, même s'il en restait probablement tout autant à parcourir.

« Mais range-moi ça à la fin... Tu m'files mal à la tête ! » Se plaignit le jaune.

Et pour donner plus de poids à ses mots, Kise entreprit de se masser les tempes, yeux fermés.

En vérité, il ne goûtait surtout que trop peu le fait qu'Haizaki soit en train de traîner sur Internet en même temps qu'il le tripotait... Après tout, quelqu'un de son pédigrée, mérite que l'on s'y consacre EXCLUSIVEMENT, pas que l'on partage son attention entre lui et autre chose de beaucoup moins intéressant de toute évidence ! A plus forte raison lorsqu'il s'agit d'un objet INANIME.

Et puis pour être complètement honnête, Kise préférerait largement discuter d'un sujet n'ayant rien à voir, même de très loin, avec le sexe vu son état de MANQUE actuel...

Par chance, il n'y avait pas foule dans la file d'attente et ils n'eurent pas à patienter longtemps. Haizaki se tut donc et adopta une attitude normale, face à la caissière. Disciplinée. Plus adaptée à la vie en société. Et Kise soupira de soulagement, croyant faussement qu'il s'était calmé pour de bon...

Pareil, une fois à l'intérieur du modeste cinéma de quartier datant des années soixante-dix (et dont les sièges devaient encore être d'époque, vu leur état...), ça ne se bousculait pas non plus pour trouver des places. Leur salle de projection était pour ainsi dire déserte. En même temps, qui ça pouvait bien intéresser le « King Kong » originel, quand Hollywood remet régulièrement ses classiques au goût du jour, à grands renforts d'effets spéciaux !? Pour autant, les vieux films en noir et blanc possédaient ce petit charme désuet si typique, que Kise appréciait particulièrement et ce, bien qu'il ne soit pas un grand cinéphile dans l'âme.

Apparemment, Haizaki non plus.

Car chassez le naturel et il revient en trottinette ou en autostop !

Aussitôt que la pub fut passée, les mauvaises habitudes firent leur retour tonitruant.

Bras possessif carrément passé autour de son cou pour les rapprocher, panards (chaussés de groles hors d'âge et aux semelles crados) allongés sur le dossier des sièges (vide, heureusement) de devant... Les yeux de Kise roulèrent SI FORT dans sa boîte crânienne, qu'il en gagna une migraine carabinée. Le renard se félicita au moins d'avoir eu la riche idée de ne PAS prendre de pop corns, tant il était EVIDENT et PREVISIBLE qu'Haizaki les aurait becquetés avec la discrétion d'un morfal hypoglycémique sans se soucier d'incommoder les autres (rares) spectateurs présents...

Non mais sincèrement, son mec ne savait pas se tenir.

...

Attendez une seconde là, SON mec !?

Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Depuis quand ?

Dans quelle dimension parallèle et sur quelle planète ?

En voilà un fâcheux lapsus, qui Dieu merci, n'avait pas franchi la barrière de ses lèvres.

Juste été pensé.

Ce qui était déjà beaucoup trop, de son propre point de vue !

Et à peine le film eut-il commencé qu'Haizaki commença à s'agiter sur son siège, se tortillant à la recherche d'une position confortable... Ah parce qu'en plus, il avait des vers au cul maintenant... Génial, pire qu'un chien galeux qui n'aurait pas eu son rappel de vermifuge ! Décidément, cette séance promettait de ne pas être de tout repos...

Alors que Kise en avait pourtant cruellement besoin.

De repos pour son corps, son esprit et sa santé mentale, en particulier.

Rien qui ne puisse lui faire penser au « S word »...

RIIIIIIIEN.

Mais v'la t-y pas que tout à coup, Haizaki se leva, occultant une bonne partie de l'écran ce faisant.

« Qu'est-ce que tu fabriques encore bon sang !? » S'indigna Kise.

« Ben j'vais chercher à bouffer. Ça m'soule de rester assis là sans bouger et j'arrive pas à me mettre dans un film si je grignote pas un truc en même temps ! »

Quelle excuse bidon...

« Note pour moi-même : ne plus JAMAIS aller au ciné avec Haizaki, grave erreur ! »

« Tu veux quelque chose ? » Proposa t-il « poliment » néanmoins.

« Non, alors rassieds-toi ! Il est hors de question que tu manges quelque chose, tu vas me déconcentrer avec tes bruits de mastication ! »

« Mais... » Tenta vainement de protester celui au man-bun.

« Y a pas de mais ! T'as quel âge, huit ans !? Tu n'as qu'à trouver autre chose pour t'occuper la bouche, voilà ! »

Oh merde.

Le temps que ça monte aux neurones... AUSSITOT DIT, AUSSITOT REGRETTE !

D'autant plus quand ladite bouche s'étira en un rictus carnassier, ne pouvant laisser pareille occasion de riposter.

« Ne m'tente pas Kitsune... Tu sais très bien qu'j'en suis capable. »

Oh que oui.

Ça, pour le savoir, Kise le savait.

Parfaitement.

Et sans doute mieux que personne...

Ce qu'il y avait de bien – enfin, dans une certaine mesure - avec Haizaki, c'est qu'il n'était pas du genre à faire des menaces en l'air. Non, en général, il les exécutait aussi. C'est pourquoi Kise était conscient qu'il DEVAIT le prendre au sérieux. Et trouver une solution. Rapidement, de préférence.

« ... Repose tes fesses sur ce satané fauteuil. TOUT DE SUITE ! » Grogna t-il à voix basse mais non sans autorité, tandis qu'il lui attrapait le poignet.

« Avant que je ne perde définitivement patience à ton sujet... » Ajouta mentalement le blond.

« D'accord. Mais seulement si j'obtiens quelque chose en échange. »

Ah ça...

Kise craignait cette réponse, mais par MIRACLE, il était parvenu à l'anticiper cette fois, au moins... Aussi, prit-il l'initiative risquée d'être force de proposition. Car de sa propre opinion, mieux valait agir que subir, tout comme il vaut mieux prévenir que guérir. Enfin, il paraît.

« Si te tiens sage pendant toute la durée du film... et ben disons que je... jetesuceraiàlafindelaséance... » Marmonna Kise, lèvres pincées, mâchoire serrée, joues rosies et à toute vitesse, tout en évitant soigneusement de croiser le regard de l'intenable Haizaki.

Sur le coup, son interlocuteur crut à une simple blague. Puis, que ses yeux allaient sortir de leurs orbites, façon loup de Tex Avery (pour rester dans le thème), en admettant la possible véracité d'une proposition aussi indécente.

Il avait rêvé, là non ? Halluciné plutôt, puisqu'il était bel et bien réveillé.

Doté cependant d'un naturel particulièrement CONCILIANT, Haizaki accepta le deal malgré quelques doutes bien ancrés et autres réticences somme toute légitimes.

Oh mais pas dans son propre intérêt, bien-sûr ! Noooooooon, uniquement pour Kise, puisque cela semblait lui tenir tant à cœur ! Si bien le brun n'avait pas le cœur, lui, à refuser cette modeste requête.

Quel incroyable sens du sacrifice, n'empêche !

« Ok, tope-la ! » Acquiesça Haizaki en retournant sagement se caler dans son siège.

Tant d'abnégation, c'est bôôôô ! Admirable, même !

Kise, quant à lui, s'en mordait déjà les doigts, craignant d'avance le moment de passer à la caisse. A tel point qu'il parvint à peine à profiter sereinement du film et de la docilité d'Haizaki. Non mais qu'est-ce qui lui avait pris de proposer un truc aussi osé !? Une bien belle idée de chiotte !

Tout ça, c'était encore et toujours le fruit de sa maudite frustration sexuelle !

Foutues hormones !

Hormones qui pouvaient librement continuer à danser la salsa, elles, contrairement à lui ce soir à cause de ce fichu dîner de charité...

Or, cela ne lui ressemblait pas. Lui qui savait si bien rester maître de lui-même d'ordinaire, sans jamais se départir de son masque de gendre idéal ou de ravissant écervelé. (Selon celui qu'il choisissait d'arborer, en fonction des situations.) Mais ce serait un peu vite oublier que lui et Haizaki se chauffaient depuis des jours entiers maintenant, se tournant autour tels deux chiens en chaleur, qui chercheraient à se renifler mutuellement le croupion ! (Image certifiée à haute teneur romantique !)

« ... Hey tu veux entendre une anecdote rigolote ? » Fit soudainement Haizaki, au bout de trente minutes de film. Et de silence.

Dire que suite à son mutisme impeccable, le blond avait fini par espérer que le démoniaque instable capillaire s'était endormi... Mais apparemment non et voici qu'il se mettait à vouloir taper la discute pile au moment où le film devenait vaguement intéressant.

Tout pour faire plaisir à Kise, donc.

« Non merci, sans façon. » Répondit du tac-au-tac Kise, sans la moindre hésitation.

« ... Tu savais qu'une étude avait été récemment menée sur un large panel représentatif de femmes au sein d'un cinéma, sur les sièges duquel on avait au préalable aspergé de la sueur masculine ? Enfin, pas tous, les sièges hein. Seulement quelques-uns. Et ben figure-toi que les nanas ont en majorité choisi de s'asseoir dans ceux qui sentaient le mâle en rut ! » Enchaîna t-il malgré les réticences de son interlocuteur.

« ... Si tu penses que c'est une raison valable pour te justifier d'être en train de me transpirer dessus avec ton gros bras super lourd passé autour de mes épaules, alors laisse-moi te dire que tu te fourres le doigt dans l'œil jusqu'au moignon... » Grogna Kise. Fichue salle non climatisée. Et fichu Haizaki qui avait décidé de se montrer trop tactile comparé à la chaleur qui y régnait ! « Faudrait p't'être songer à arrêter la branlette ou à changer de main, d'ailleurs, vu la taille des biceps de ton bras gauche... »

« Les muscles de mon bras droit font exactement la même taille hein, mais merci j'le prends comme un compliment Sunshine ! » Rebondit Haizaki d'un air amusé. « Blague à part, ma transpi n'est pas le seul fluide corporel que j'espère pouvoir laisser sur toi... mais bien quelque chose d'encore plus viril... »

...

Tout juste quand Kise se croyait enfin sorti d'affaire, semblant parvenu au prix d'efforts surhumains à ne plus penser au sexe...

...

Enervé qu'Haizaki lui ait rappelé ce qu'il cherchait désespérément à fuir, le blond le repoussa sèchement.

« Mais dégage, j'suis pas un accoudoir ! » Se plaignit le mannequin qui, décidément, pouvait se montrer bien caractériel. « Tu suintes et t'es tout collant en plus, beurk ! »

« Réjouis-toi alors car bientôt, tu l'seras toi aussi ! » Sourit le carnivore.

Kise lui jeta pour toute réponse un de ses regards qui se passait de tout commentaire et que n'aurait sûrement pas renié Akashi.

Ce qui sembla tranquilliser le dragueur du dimanche sur le champ. Du moins, en apparence... Et l'espace d'un court instant. C'est surtout qu'Haizaki savait pertinemment qu'il n'obtiendrait rien en se montrant désagréable. Ni par la force. Et certes, Kise avait peut-être promis et il n'avait beau posséder qu'une seule parole... si par malheur le goupil choisissait de s'adonner à ce type de pratique sans que le cœur y soit, les dégâts risquaient d'être colossaux.

Monstrueux.

Irréparables, même.

Il n'échappa d'ailleurs pas à Haizaki qu'il y avait déjà laissé quelques plumes dans le passé et il ne tenait donc pas à se faire complètement dépouiller cette fois.

Alors pour ce qu'il restait à voir du film, il respecta son engagement et se tint à carreaux. Irréprochable, de sorte à ce que Kise ne puisse pas revenir en arrière sur sa parole. Mais ce calme inhabituel avait quelque chose d'effrayant lorsque l'on y réfléchissait bien. Il n'était que le reflet du fait qu'Haizaki ne fonctionnait vraiment que par intérêt. SON intérêt, en prime. Mais bizarrement, Kise ne se sentait ni coincé, ni contraint et forcé par ce qu'il avait lui-même suggéré. Il fallait que ça sorte, ça devait sortir de toute façon à un moment donné. Et c'était tombé là. Pas lors du dîner au country club, par exemple et heureusement. Il convenait donc de relativiser.

Et puis, autant jouer cartes sur table : Kise en avait envie. Très envie même, dans le fond. Qu'on vienne lui taper dans le fond... du palais pour commencer. Oh, il était conscient que cela n'apaiserait en rien sa FAIM de loup, ou plutôt « du » loup lui-même, mais si cela pouvait au moins épancher sa soif, ce ne serait déjà pas si mal.

Le film touchait à présent presque à sa fin, plus profond dans son propos que ne le laissait paraître dans sa forme simpliste.

L'Homme face à la Bête.

Qui persécute et détruit ce qu'il n'est pas en capacité de comprendre, à l'instar des deux glandus de tout à l'heure, quand bien même l'être humain est – attention, SCOOP ! - également un animal. Mais un animal intolérant, toujours prompt à émettre des jugements à l'emporte-pièce et à user de la violence pour imposer son point de vue. Exactement comme Aomine qui détestait instinctivement et viscéralement Haizaki.

Et au milieu des deux mâles en mal (lol) de dominance, la Femme, qu'ils se disputent âprement.

Kise se sentait comme elle dernièrement, pris entre deux feux contraires. D'un côté, Haizaki l'animal traqué, sauvage et impropre à vivre au d'une société civilisée dont il ne maîtrisait pas les codes. Ostracisé, déraciné, harcelé. Seul. Et de l'autre, Aomine, Akashi... en bref, tous ceux qui cherchaient à le mater et à le soumettre parce qu'ils ne voyaient en lui qu'un dangereux monstre de plus, dénué de toute once d'humanité.

Mais si justement le plus humain d'entre tous, c'était lui au final... ?

Après tout, comme King Kong, Haizaki l'avait enlevé en quelque sorte. Et tout comme cette femme, (dont il partageait la blondeur, un signe sans doute révélateur...) Kise éprouvait de la pitié pour son kidnappeur. (Volontaire.) Il n'avait pas peur d'Haizaki et ne se sentait pas non plus en danger avec lui. Auparavant, cela aurait pu être le cas, quoiqu'à bien y réfléchir... non, même pas. La vérité, c'est que tout chien enragé qu'il fut, jamais Haizaki n'était parvenu à l'impressionner. Pas même au collège ou au lycée. Ça, il avait pourtant montré les crocs maintes fois et on ne pouvait nier qu'il possédait une grande gueule toujours prête à mordre.

Cependant...

Ok, admettons.

Admettons que, chose que Kise n'avait appris que des années plus tard, Aomine ne se serait intervenu pour empêcher Haizaki, venu l'attendre à la sortie des vestiaires lors de leur premier match au lycée, de le cueillir. Que se serait-il passé ? Le garçon à la tignasse noire n'était pourtant pas complètement stupide. Il devait bien se douter que Kise en émergerait, accompagné de tous ses coéquipiers.

Pas franchement la meilleure configuration pour lui refaire le portrait, donc déjà de base. Mais encore une fois, admettons que Kise aurait MALENCONTREUSEMENT oublié quelque chose et ait été obligé de retourner SEUL et sans escorte (Chose inconcevable pour lui qui se faisait toujours suivre à la trace et dans ses moindres mouvements ou déplacements par un troupeau de fangirls assidues à l'époque.) dans les vestiaires, bon, pour commencer, s'il avait trop traîné Kasamatsu aurait trouvé cela SUSPECT et serait revenu le chercher fissa par la peau des fesses.

Enfin... admettons que non et jouons le jeu jusqu'au bout. A partir de là, quoi ? Haizaki aurait fait une entrée tonitruante pour venir le tabasser ? Dans les vestiaires d'un gymnase encore PLEIN A CRAQUER de supporters ? D'autres équipes ?) Connaissant Haizaki, qui avait beau ne pas être totalement stupide, admettons que sur un coup de sang, un tel comportement de sa part aurait été possible et pour la crédibilité de cette théorie, admettons, encore et toujours.

Il n'y aurait plus eu personne à ce moment-là. Bon sauf que... pour rester précis, Haizaki l'attendait DEHORS en ce début de soirée. Ok, disons qu'il serait entré, donc. Et tombé sur un Kise épuisé par leur match, vulnérable et complètement seul dans un rayon d'un kilomètre. (Parce qu'il fallait au moins cette distance pour que les cordes vocales puissantes de l'as de Kaijo ne se trouvent pas à portée de tympan humain...)

A sa merci, en somme.

Aurait-il pour autant osé mettre son poing dans la figure de Kise, voire même pire... ?

Du style... autre chose, autre part... ?

Naaan, Kise n'y croyait pas un seul instant. Pas qu'Haizaki soit du genre à se dégonfler, ni même pacifiste mais de toute façon, le renard ne se serait pas laissé faire. Haizaki aurait fini par comprendre que se défouler de la sorte ne le mènerait nulle part et ne l'aiderait en rien à assouvir sa vengeance. Et quand bien même cela aurait été le cas, une fois sa vengeance accomplie, que lui serait-il resté ?

Un cycle de haine sans fin.

Parce que Kise défait, il devrait ensuite s'attaquer aux autres membres de la GOM. En effet, son grief était un peu plus personnel contre le blondin étant que donné que ce dernier lui avait piqué « sa place », mais la haine qui aveuglait Haizaki à l'époque était dirigée vers TOUS les ex-joueurs de Teiko, tous ceux qui l'avaient rejeté et non pas uniquement Kise. Kise n'était que l'arbre cachant la forêt.

En bref, il s'agissait d'une entreprise sans fin mais pour la dernière fois, admettons qu'Haizaki soit venu à bout de tous les Skittles, ce serait-il pour autant senti soulagé ? Plus heureux, peut-être ? Qu'est-ce que cela aurait changé concrètement à sa vie ? A part l'envoyer en taule prématurément ? Il n'y avait rien à y gagner et surtout, Haizaki n'aurait dès lors plus eu aucun but à poursuivre. Non, ce n'était pas la solution. Au fond de lui, Haizaki souhaitait être reconnu comme celui qui avait dompté la Génération des Miracles plus ou moins à la loyale au basket et non pas comme le type qui les avait tous envoyés à l'hosto par lâcheté, tout ça parce qu'il était incapable procéder autrement. Comme... en les terrassant légitimement sur un terrain.

Alors ouais, sur le coup, ça lui aurait peut-être fait du bien. Mais à long terme, rien n'était moins sûr... D'autant que Kise ne se serait pas dégonflé, lui. Nope, il ne se serait pas soudainement mis à avoir peur du brun. Et pour preuve, lorsqu'Haizaki s'en était pris sauvagement à Alex, Himuro et Kagami, Kise n'avait pas hésiter à courageusement s'interposer, avec la ferme intention d'en découdre si nécessaire et bien qu'il ne possède aucunement l'esprit bagarreur. Oui, il était prêt à le faire, même si ses chances étaient quasi nulles. Mais s'il fallait en passer par là pour qu'Haizaki comprenne le message, Kise était bien déterminé à lui laisser quelques belles traces sanguinolentes dont le brun se souviendrait pendant longtemps avec nostalgie...

Car après tout, c'est bien ainsi que cela se passe dans tout bon shonen qui se respecte, non ?

Deux rivaux que tout oppose et qui ne peuvent pas s'encadrer ils se foutent copieusement sur la tronche, le gentil gagne tandis que le vilain méchant perd et à la fin, il baisent ga(y)iement ensemble à couilles rabattues et tout le monde il est content !

...

... HEU OUAIS, NON, PARDON, ça c'était uniquement dans les yaoi à l'eau de rose dont raffolait tant Momoi ! Quoique... ça pouvait s'appliquer d'une certaine manière, si l'on y réfléchissait bien.

Le début, du moins !

Après, la pertinence de la suite était laissée à l'appréciation de chacun...

D'instinct, la main de Kise se posa sur la cuisse de son ex heuuu... ex quoi, d'ailleurs ? A force il ne savait même plus comment le qualifier et commençait à se trouver à court d'adjectifs aussi... Aussitôt, Haizaki tourna la tête vers lui, intrigué par ce geste. Mais bien vite, sourire suffisant prit place sur son visage.

« Alors Ryotaaaaa, c'est quoi çaaa ? Ne m'dis pas qu't'es incapable de t'contenir jusqu'à la fin du film quand même ? »

Mesdames et Mesdemoiselles, je vous présente Haizaki Shogo ! Incapable de (CON)tenir sa langue, lui...

Mais puisqu'une petite guéguerre (de bonne guerre !) s'était instaurée entre eux, autant profiter de ce que l'adversaire a déposé les armes pour continuer à attaquer. Drapeau blanc, reddition ? Connais pô...

Sauf qu'en s'entêtant à jouer les gros bras, Haizaki risquait surtout de tout gâcher et de se retrouver le bec dans l'eau au final...

Pourtant, bizarrement, Kise ne sembla pas prendre la mouche...

Etrange, il était plutôt aisé de le faire partir au quart de tour d'habitude.

Haizaki en fut presque déçu.

Le jeune homme ne le resta pas bien longtemps, cependant.

Car semblant ignorer cette provocation assez identifiable tout de même, Kise préféra occuper ses doigts... (et son attention, donc...)

... à faire descendre la glissière du jean d'Haizaki.

Awi, donc on entrait directement dans le vif du sujet et sans transition, en fait !

Ah mais il fallait prévenir d'un changement de plan aussi inopiné ! Car de surprise, la proie du renard, une fois n'est pas coutume, attrapa les accoudoirs de son siège pour s'y cramponner. Bon, au moins, elle ne tenta pas de l'arrêter dans son entreprise, c'était déjà ça, je suppose... ? Pour autant... que mijotait Kise ? Nan, enfin je veux dire, ce point-là semblait extrêmement clair, mais... qu'est-ce que cette soudaine « générosité » cachait ? L'écran n'affichait pas encore le mot « FIN ». Ni même le générique le précédant ! Alors pourquoi maintenant, et surtout pourquoi aussi précipitamment ? Il n'y avait pas le feu au lac, pourtant !

Haizaki plaisantait tout à l'heure avec sa réplique, mais tout portait à croire qu'il avait tapé dans le mille sans le savoir... Du moins, jusqu'à ce qu'il croise le regard de Kise. Un regard fauve, celui d'une bête sauvage uniquement guidée par une instinct primal. Avec le manque de luminosité de la pièce, les pupilles du renard s'étaient dilatées, ce qui semblait somme toute normal. Exactement comme à l'époque, lorsque le mannequin était défoncé à l'ecsta... Mais il y avait tout même une légère différence. Quelque chose en plus. Un petit supplément pupilles fendues également cette fois. Plus que jamais, Kise qui avait les yeux très étirés en amande, possédait un regard semblable à celui d'un félin. En l'occurrence, un félin prêt à lui dévorer la verge comme s'il s'agissait d'une vulgaire souris sans défense.

Et là, tout devint parfaitement limpide, comme par enchantement.

Or, selon toute logique et ayant déjà pu... personnellement apprécier, disons, le « niveau » (abyssal) de Kise en matière de fornication, Haizaki aurait dû avoir la présence d'esprit de s'enfuir en courant ou à minima, être EN TRAIN DE GRAVE FLIPPER SA MERE en cet instant. Mais non, rien, ou tout juste un minuscule frisson de rien du tout. Même pas la chair de poule. Ni un petit signe de croix, ou une dernière prière. A croire qu'il était franchement maso... (Naaaan, pas possible, tu ne le découvres que maintenant chère narratrice ?) Au contraire même, il se lécha le pouce en ce signe si caractéristique d'anticipation.

Et fait exceptionnel, il n'émit aucun commentaire désobligeant, restant muet comme un rossignol. Nan, c'est pas la bonne expression... mais bref, vous avez compris quoi. Incertain qu'il se reproduise dans le futur, le lupin voulait savourer l'instant. Cet instant de communion où l'on se retrouve seul au monde avec celui qui le partage et engendre notre extase. Kise, quant à lui, se montrait tout aussi silencieux et fait exceptionnel également le concernant, il avait arrêté de réfléchir, bannissant toute pensée parasite. En fait, il avait envie de goûter Haizaki depuis un bon moment déjà. L'occasion et l'excuse parfaites s'étaient enfin présentées, elles l'auraient sans doute été si le top model des Miracles avait résisté jusqu'au bout et pas bêtement cédé avant l'échéance, comme dans le cas présent...

Fréquenter assidument Haizaki ces derniers temps avait fini par convaincre Kise qu'il ne servait à rien de retarder l'inévitable, l'assurant du bienfondé de combattre le feu par le feu. De sa nécessité, même. Certes, son geste pouvait paraître aussi soudain que révélateur, mais il n'en était rien en vérité. Il s'agissait simplement d'une pulsion comme une autre qui demandait juste à être assouvie. Rien de plus, rien de moins. Ça ne prouvait absolument rien sur de potentiels sentiments, alors pas besoin d'un faire tout un mont Fuji ! Tout au plus que Kise était humain, waooouh quel scoop ! Et que, comme n'importe lequel de ses congénères, il avait aussi ses limites. Qu'Haizaki se faisait une JOIE de piétiner quotidiennement !

C'est pourquoi, Kise avait jugé qu'il était grand temps de lui rendre la monnaie de sa pièce...

Parce que le copycat commençait à en avoir plus que marre de le voir se pavaner constamment et ouvrir sa grande gueule pour un oui ou pour un non. Comme s'il se trouvait hors d'atteinte et tirait les ficelles, dominant la situation. Il s'agissait de la véritable raison pour laquelle Kise avait donc décidé de se le sortir de la tête à le plus rapidement possible pour enfin pouvoir passer à (quelqu'un d') autre chose. A grands renforts de coups de langue et de poignet, puisqu'il fallait en passer par là !

Avec détermination, il entreprit enfin de baisser pantalon et sous-vêtements devenus trop encombrants, pour dévoiler le plat de résistance qui s'y terrait depuis trop longtemps. Et mes aïeux, quelle proie ! Ni trop longue, ni trop fine ou épaisse, ce fut une belle bête qu'il libéra, pour rester dans le thème. Bien que les gorilles aient de tous petits zizis eux. Haizaki ferait donc un très mauvais King Kong. Mais ce n'était pas le sujet et bref, on s'égare là ! Parce qu'il subsistait tout de même un microscopique détail qui dérangeait encore Kise.

Un détail d'importance.

La tour de chair n'était pas aussi parfaitement érigée et tendue vers le ciel qu'elle aurait dû l'être. Un peu branlante, quoi. Et non, pas CE « branlante » là, évidemment ! Hmm... « brinquebalante », alors ? Dans le fond(ement) Haizaki se sentait peut-être... intimidé par la situation. Ils se trouvaient dans un lieu public après tout et en public justement, qu'il se sente un peu impressionné n'avait donc rien d'anormal. Et oui, même une grande gueule sans peur et sans reproche tel que lui pouvait se trouver sujet à la pudeur ! Mais alors de quelle façon remédier à ce désagréable contretemps, qui retardait sa dégustation ? Le blond avait bien sa petite idée et il se pencha au-dessus de l'objet de sa convoitise pour commencer à lui souffler dessus.

En réponse, Haizaki se tendit instantanément dans son fauteuil. Lui, pas de sa queue hélas, au grand damne de Kise. Et cela n'alla pas en s'arrangeant... Ce fut donc l'air un peu crispé lorsque Kise l'empoigna à la manière un micro de karaoké, qu'il demanda :

« Doucement avec ça, d'accord ? C-c'est pas un Mister Freeze ! »

Même si ça pouvait vaguement y ressembler de loin et dans la pénombre, ce n'en était clairement pas un et celui-là ne risquait pas de lui fondre entre les doigts.

Quoique.

Mais c'était surtout une nuée de mauvais souvenirs qui venaient sournoisement de remonter à la surface sans prévenir et l'expérience malheureuse (ET douloureuse également, mais pas de la façon dont Haizaki aimait...) en découlant, qui parlaient ici. Kise l'avait littéralement pris pour un hochet lors du voyage à Okinawa... Un hochet tombé entre les mains d'un bébé maladroit, brutal et hyperactif par-dessus le marché !

Un M-A-S-S-A-C-R-E dont le brun avait peiné à se remettre !

A ce moment-là, il avait frôlé la castration au premier degré. Et pas celle qui permet encore de s'envoyer en l'air après, avec la longévité d'un lapin Duracell...

« Je suis au courant, merci ! Et pour ta bonne information, je sais très bien aussi comment se mange un Mister Freeze ! » Tiqua Kise.

Oui, parce que c'est bien connu, il n'existe qu'UNE seule méthode homologuée ET universelle de s'y prendre.

« Arrête. J'parie qu't'es du genre à croquer dedans comme un affamé ! Et c'est pas du tout comme ça qu'on fait ! »

!

ALORS LA.

N'IMPORTE QUOI.

KISE ETAIT OUTRE.

CHOQUE.

OUTRAGE.

EN MODE PARIS (HILTON) SOUS LES BOMBES !

De quel droit Haizaki OSAIT-il tenir de tels propos à son égard... ?

... Ouais, bon d'accord, comment le brun était-il au courant de cette vilaine manie, surtout... ?

C'est que... pour sa défense, Kise n'avait pas la patience d'attendre que le bâton gelé se décide à fondre tout seul entre ses lèvres. Alors qu'y avait-il de mal à l'aider un chouia ?

« Rassure-moi, tu connais la définition du mot 'SUCER', quand même... ? Tu sais, S-U-C-E-R, le truc qui se fait uniquement avec la bouche et pas avec les dents... Attends, je vais te montrer avec une vidéo, ce sera plus explic-... ! »

AH NON HEIN !

Kise captura immédiatement son poignet, pour lui interdire de fouiller dans sa poche et d'en sortir son maudit téléphone.

Le coup de l'article de Wikipédia, il y avait déjà eu droit un peu plus tôt dans la journée, merci bien. Une fois, mais pas deux. Le blond à la boucle d'oreille ne le permettrait pas à nouveau. Il faudrait lui passer sur le corps pour ça et – encore - pas de la façon dont Haizaki l'entendait.

« Ose encore me lire un putain d'article soit disant « scientifique » sur ton smartphone pendant que je m'apprête à te faire la meilleure fellation de ta vie et sois sûr que je saurai parfaitement utiliser mes dents pour te transformer en eunuque ! »

GLOUPS.

Voilà qui était pour le moins clair ! Craignant que son ancien ennemi ne passe à l'acte, Haizaki s'enfonça dans son siège sans demander son reste, préférant se mordre la langue plutôt que de risquer de contrarier davantage Kise. Enfin, façon de parler, car ce fut plus son piercing lingual qu'il mordilla que l'appendice en lui-même.

Sage décision malgré tout...

Car Kise, tout mannequin INTERNATIONAL qu'il était et EXPERT autoproclamé de la pipe, détestait qu'on remette ses techniques élaborées ou ses capacités en question ! A plus forte raison avant d'y avoir gouté. Et d'avoir été goûté en retour !

Non mais !

« Je te rappelle que c'est une FLEUR que je suis en train de te faire là, pour te récompenser de ton bon comportement ! Alors tiens-toi tranquille et ne gâche pas tout ! »

Ah ben oui EVIDEMMENT ! Quel ALTRUISME remarquable de la part de Kise ! Ce n'était PAS DU TOUT un prétexte pour cacher qu'il avait envie, LUI, que le brun vienne lui chatouiller les amygdales à l'aide de son braquemart ! Allons bon, mais qu'allez-vous vous imaginer, bande de perverses !? Nonobstant le fait que le blond vienne de comparer Haizaki à un jeune chien fou qu'on doit dresser, par-dessus le marché...

Et en parlant de dresser, justement...

Il était plus que temps de le dresser, ce satané piquet de la tente !

Oui, vous avez bien lu : hissez la grand-voile, le navire se trouvait prêt à quitter le port !

Kise avait assez attendu, BORDEL !

Il reprit donc son petit manège, sa torture physique millimétrée, son souffle chaud contrastant avec celui de la climatisation glaciale poussée à fond. Tiens... ? Elle n'était plus en panne, comme depuis leur arrivée ? Ce qui n'avait rien d'étonnant, tant ce cinéma semblait vétuste, totalement hors d'âge. D'après ce que Kise avait pu lire sur la brochure que l'ouvreuse leur avait distribuée à l'entrée, il s'agissait d'un ancien cinéma de quartier PORNO, ayant bâti sa popularité en comptant parmi les tous premiers à avoir diffusé l'œuvre controversée « Deepthroat ».

A un moment donné, le copieur des Miracles avait d'ailleurs craint que la version de « King Kong » qui allait être projetée ne soit en réalité une itération au caractère plutôt olé olé dudit classique... Alors autant dire que si, comme Kise le soupçonnait, les sièges ROUGE PETARD étaient autant d'époque qu'ils le laissaient malheureusement supposer, ce n'était pas une pipounette improvisée de rien du tout qui risquait de les souiller davantage. (Croisant malgré tout les doigts pour qu'ils aient quand même été NETTOYES à sec au moins une fois depuis cette glorieuse et sulfureuse ère...)

... Par contre, en parlant de « souiller »...

Ils n'étaient pas seuls, ce que Kise paraissait avoir complètement éludé. D'autres spectateurs se trouvaient également présents au sein du même espace (restreint). Dont un trio de jeunes filles sur la gauche, dans la rangée située à côté de la leur. (Que fichaient-elles ici ? S'étaient-elles perdues ? Hmm... Non, à en juger par leur look extravagant – et Kise était très fort pour percevoir ce genre de détails, fashion addict oblige – il s'agissait selon toutes probabilités d'étudiantes en art, sans doute en cinéma, venues donc voir ce classique dans le cadre de leur cursus.) Derrière eux, trônait également un couple de vieux – tout aussi hors d'âge que les sièges - sûrement des habitués. Ils devaient donc avoir déjà assisté à pire, peut-être même bien à l'époque du fameux « Deepthroat », justement...

« Bordel Ryota... t'es vraiment certain d'vouloir faire ça ici et maint'nant ? » Chuchota Haizaki, un peu tendu (mais toujours pas de là où ce serait le plus intéressant...), main posée sur son front pour dissimuler son visage.

Craindrait-il qu'on le reconnaisse ? C'est vrai qu'ils ne se situaient actuellement pas très loin de Compton, fief de l'ex-caïd. Et d'une bonne partie de la scène de Rap U.S.

« Quoi, tu t'dégonfles ? J'croyais qu'tu avais déjà fait ça auparavant... » Le tança Kise.

Un peu plus et le jaune CROIRAIT qu'il faisait HONTE à son ancien rival !

Un comble !

D'autant que c'était Haizaki himself qui avait précédemment fait cette suggestion ! Enfin, pas tout à fait, mais reconnaissons qu'il se trouvait en partie responsable d'avoir permis à cette idée de germer dans la tête de Kise, lorsqu'il avait commis l'erreur de se VANTER dans la file d'attente d'avoir déjà reçu une gâterie similaire ! Et maintenant, il allait lui reprocher ? ET PUIS QUOI ENCORE !? Qu'il OSE seulement ! Et pourquoi ne pas carrément le traiter de dépravé, tant qu'on y était ?!

« Moi ? Me dégonfler !? Attends, tu sais à qui tu parles là !? »

Lui par contre, il la prit, la mouche. Et en plein vol. Il la goba, même.

« Oui, je le sais même parfaitement : à Haizkai Shogo, le gars à la SOIT DISANT... » Appuie bien sur ce terme. « ... vie sexuelle la plus florissante que je connaisse ! »

« Oh elle n'a rien de fantasmé crois-moi, elle est bien réelle ! »

« Alors prouve-le ! »

« Et comment j'suis censé faire ça hein, espèce d'âne bâté !? »

« En me laissant te sucer ! »

« MAIS ENFIN, QUEL PUTAIN DE RAPPORT ? » (Bucco-génital.) S'indigna l'ancien natté.

...

Oula, c'est moi ou les rôles s'étaient imperceptiblement inversés là, non ?

Et Haizaki – on ne pouvait lui en vouloir de penser ainsi... – paraissait convaincu que le soudain changement induit dans le comportement de Kise, s'avérait suspect. Lui qui d'ordinaire était le premier à lever les yeux au ciel et à jouer les ASCETES, quand il était question de cul ! Ça cachait forcément quelque chose de pas très très net... Haizaki préférait donc se montrer prudent, méfiant... Et si le blond prévoyait REELLEMENT de le castrer sournoisement en fin de compte ? Il en serait bien capable, le bougre ! Car Haizaki n'était pas dupe. Encore une fois, il se sentait même être le seul à voir Kise tel qu'il était vraiment, sous sa jolie couche de vernis toute lisse.

UN MONSTRE.

Assoiffé de luxure.

Sa libido agissait comme une bombe à retardement dont le compte à rebours venait d'atteindre le zéro critique. Haizaki savait que ça allait arriver bientôt, depuis quelques jours il sentait Kise au bord de la rupture. A la limite de l'implosion. Il n'avait juste pas prévu que ce serait pour aujourd'hui. Etait-ce parce que leur plan à quatre n'avait pas pu aboutir la veille ? Ah mais, il n'y était pour rien, lui ! Haizaki avait en effet donné tout ce qui était en son pouvoir pour que l'issue soit en faveur de Kise ! c

Cependant...

Cela n'avait pas fonctionné.

Malgré ses efforts.

Brusquement, le canidé retint sa respiration lorsque son comparse – qui ne l'avait jamais lâché – amorça un mouvement de pompe sur sa virilité. Haizaki serra davantage ce pauvre accoudoir qui n'avait pourtant rien demandé, enfonçant même ses ongles dans le tissu couleur écarlate. Il craignait le pire. Il l'anticipait, à vrai dire. Avec Kise, ça ne se passait jamais bien au pieu. Sauf qu'ils ne se trouvaient pas dans un plumard actuellement... Oh et puis exception faite de la fois qui avait eu lieu dans la cabine d'essayages aussi... et puis ensuite de celle dans la ruelle, derrière le resto Italien... Du moment intime qu'ils avaient partagé dans l'immense baignoire de Vivi, quand il avait soufflé dans le tuba du blond également... Bon, d'accord... ça ne s'était pas TOUJOURS mal déroulé sur le plan des galipettes avec Kise. Mais à chaque fois que cela avait été le cas, Haizaki était dans une position de contrôle.

PAS COMME ICI, DONC !

Or, quand il laissait Kise faire mumuse avec son joujou le plus personnel et bien cela donnait... le fiasco Okinawa !

« Allez Shogo, serre les dents... En espérant que lui n'en fasse pas de même, par contre... C'est juste un mauvais moment à passer... » Se répéta t-il comme un mantra pour se donner du courage.

HEU OUAIS, on parlait toujours bien d'un mec qui s'apprêtait à recevoir une gratification orale HEIN, au cas où ce ne serait pas clair. Non parce qu'on pourrait facilement l'oublier, avec un discours pareil !

En fait, si le Scorpion avait dit oui au départ, c'était uniquement par esprit de défi et pour embarrasser Kise, persuadé que le small forward se désisterait au moment de passer à l'acte. Qu'il s'agissait de paroles en l'air. Mais quelque part, c'était se voiler la face...

Bizarrement, du moins contrairement à ce qu'Haizaki s'était imaginé, le renard se montra plutôt doux. Au départ, en tout cas. Suffisamment pour que son mât s'élève fièrement, prêt larguer les amarres pour braver la tempête. Hmm... intriguant et assez surprenant cette petite entrée en matière ! Mais il ferait surtout mieux de ne pas trop s'emballer et de plutôt songer à sauver son oiseau de la gueule du renard, car Haizaki ne pouvait s'empêcher d'avoir un mauvais pressentiment, malgré la délicatesse dont Kise faisait usage jusqu'ici.

Et le blond de lui en fournir l'occasion rêvée, semblant justement lire dans ses pensées.

« Capote ? » Susurra t-il presque timidement, comme s'il s'agissait d'un mot hautement tabou.

Un sourire suffisant qui n'aurait jamais dû quitter son visage reprit sa place chez Haizaki.

« Je te tiens... »

« Ah désolé, mais j'en ai pas sur moi cette fois. J'pouvais pas d'viner qu'on en aurait besoin. »

Ce qui n'était même pas en mensonge, en plus !

Presque instantanément, comme s'il venait de se prendre un électrochoc, Kise se redressa et fronça des sourcils. Sauf que ça lui conférait un côté plus mignon que véritablement menaçant.

« Excuse-moi ? Toi qui es du genre à ne jamais sortir sans précaution ? »

« J'vois pas du tout c'qui t'fait dire ça. En plus de me faire passer pour... »

Ils répondirent en même temps, en se sondant du regard.

« ... Juste un type prévoyant... ? »

« ... Un gros queutard. »

...

Ok, techniquement, les deux n'étaient pas incompatibles.

Un point partout donc et balle au centre !

« Mouais, c'est pas faux. » Reconnut Haizaki.

Parce que quand Kise se décidait ENFIN à formuler un compliment à son égard, autant l'attraper à la volée sans broncher. C'était tellement rare, un événement à part entière, dont il convenait de profiter à sa juste valeur...

« Quel dommage, n'empêche ! C'est ballot, mais il semblerait que l'on doive remettre ça à plus tard. » S'empressa pourtant de trancher le brun, en commençant à remballer sa marchandise dans le même temps.

« Pas si vite, mec. »

Une main ferme bloqua la sienne, faisant montre d'une poigne tout aussi insoupçonnée qu'insoupçonnable, et Kise planta son regard aux reflets d'or dans celui du brun. Quand il entamait quelque chose, quelle qu'en soit la nature, il faisait en sorte de toujours aller jusqu'au bout. Quel qu'en soit le prix. Par fierté plus que par conviction ou par réelle envie peut-être, mais la finalité restait la même et c'était ce qui conférait à Kise son tempérament compétitif. Avec assurance, il « confisqua » son poignet à Haizaki - enfin si tant est que l'on puisse exprimer ce geste ainsi - lui interdisant formellement de poursuivre son entreprise de rhabillage.

A l'écran, King Kong déchaînait une rage sonore et impitoyable contre les avions militaires déployés pour l'abattre.

Or, d'après ce qu'Haizaki pouvait comprendre la situation qui était la sienne actuellement, le gorille géant n'était pas le seul qui avait envie de se suspendre à une structure phallique érigée vers le ciel en cet instant. Et pour cause : Kise arborait à présent le même regard quand dans la file un peu plus tôt. Celui grâce lequel il avait (terrorisé) « impressionné » les deux rednecks. Celui-là même contre lequel on ne peut se rebeller sans en subir les graves conséquences.

Un frémissement d'effroi mêlé à de l'excitation parcourut son échine et un ricanement nerveux se déroba à ses lèvres.

« Tant pis, on s'en passera ! » Décréta celui des deux qui venait de prendre le pouvoir.

Tout à coup, ce fut le blackout total.

Kise plongea sur sa proie, implacable, l'ingurgitant d'une seule traite sans lui laisser la moindre chance de s'échapper. Une décharge d'adrénaline électrisa Haizaki sur son siège et par réflexe, il s'arrima aux cheveux couleur des blés de son agresseur. Pour mieux le stopper ou pouvoir contrôler, discipliner son appétit féroce ? C'est que ce pauvre Shogo tenait fortement à ses bijoux de famille et il y avait toutes les (mal)chances pour que Kise soit également mauvais dans le domaine du polissage buccal de joyaux.

Et vous savez quoi ?

Ce fut bel et bien le cas.

Haizaki ne s'était pas trompé et en un sens, il demeurait rassurant de voir que sa capacité de jugement ne se trouvait pas altérée par les charmes de son... bienfaiteur...

Tout d'abord, Kise le serrait TROP. Il l'ECRASAIT pour être précis. Le compressait. Sans doute pour le maintenir en place et empêcher sa sucette de lui glisser entre les doigts. Ou alors ce projet avait pour but non avoué de lui couper tout afflux sanguin. A moins qu'il ne s'agisse justement de l'inverse : peut-être cherchait-il plutôt à faire remonter le sang pour le concentrer uniquement à cette extrémité, tel le pis vache que l'on cherche à soulager de son lait.

... Soit ça, soit il s'était lancé en plein dans un bras de fer avec sa bite...

Ce qui n'était pas beaucoup plus rassurant, remarquez...

Ensuite, il y avait la cavité d'accueil en elle-même.

Et bordel, Haizaki n'aurait jamais cru cela possible...

Mais Dieu que c'était SEC !

Comme un coup de trique !

A croire que Kise ne disposait pas de glandes salivaires fonctionnelles.

Pour rester dans le domaine de la mécanique qu'il maîtrisait bien, Haizaki avait l'impression d'avoir inséré un piston grippé dans un orifice sans l'asperger d'huile au préalable pour l'aider à coulisser..

Mais si encore il n'y avait que ça...

Non parce qu'en plus, même le mouvement de succion était INCORRECT !

Si, si, c'était possible !

A moins que la bouche de Kise ne se soit soudainement reconvertie en aspirateur sans crier gare et que l'objectif soit de lui faire la poussière... Ou de DEBOUCHER une canalisation, façon plombier Polonais bourrin ! Une vraie ventouse !

« Putain de bordel de merde... j'aurai tellement dû l'écrire ce fichu testament lorsque j'en avais l'occasion... Je l'regrette maint'nant... » Maugréa Haizaki, pas sûr de pouvoir survivre jusqu'au bout cette fois.

A ces mots sur lesquels il était pourtant ardu de se méprendre, Kise le relâcha de son emprise buccale, un radieux sourire aux lèvres.

« Tu veux dire que c'est tellement agréable que t'es en train de sentir ton âme quitter ton corps... ? »

Alooooors oui en effet, Kise ne s'était pas trompé sur les conséquences.

La cause, en revanche...

Parce qu'aux yeux du renard, il ne faisait aucun doute qu'il se révélait extrêmement DOUE ! Au moins assez pour faire MOURIR quelqu'un de plaisir. Et vous savez ce qu'avait pour habitude de répéter mon prof de Français en CE2, en guise de moyen mémo-technique pour savoir écrire ce verbe sans faute d'orthographe ? « Mourir ne prend qu'un seul 'R', car on réussit très bien du premier coup. » Voilà, c'était la petite anecdote amusante qui n'a rien à foutre là, mais j'avais quand même envie de l'y citer puisque j'en avais l'opportunité ! Dédicace à lui, donc ! Salut à vous, Monsieur Macoin, si jamais vous passez par-là ! J'espère que vous profitez bien de votre retraite de l'éducation nationale tellement méritée !

Et puis au pire, si vous avez peur de ne plus vous en souvenir, amies lectrices, préférez miser sur son synonyme « CREVER » dans ce cas. (... Foutrement joyeux ce conseil...) Beaucoup plus facile à orthographier.

Donc ouais, pour la faire courte : Kise était passablement mauvais, mais qui ça surprenait encore à ce stade ? A part Haizaki, je veux dire hein. Non parce que je crois qu'on l'avait toutes compris, non ! Et même si notre chère racaille avait effectivement flairé le coup fourré à des kilomètres à la ronde, une partie de lui espérait faire fausse route et désirait encore y croire. Malgré les signes. Malgré les probabilités. Malgré l'évidence.

Et le légendaire sadisme de l'autrice !

L'infortuné cobaye s'enfonça donc dans son fauteuil en silence comme pour mieux réussir à encaisser le choc, mais paradoxalement, il appuya sur la tête de Kise pour l'inviter à reprendre et même poursuivre son activité. Un peu autoritairement, sans doute et probablement sans le réaliser. Mais Haizaki n'y pouvait rien, c'était plus fort que lui : à chaque fois, il se faisait avoir et toujours de la même façon ! Il était faible face aux œillades humides de Kise... Cependant, il avait beau savoir, jamais l'ampleur ni l'intensité des lacunes de son partenaire dans un domaine pourtant aussi inné que le cul, ne cessaient de l'étonner. Et ce n'était pas près de s'arrêter. Pas de si tôt en tout cas. Car quand on y réfléchissait bien, une telle absence de talent se révélait presque inquiétante. Anormale. Triste. Comment quelqu'un d'aussi beau et motoCULtable que Kise, qui serait soit dit en passant littéralement en capacité d'attirer n'importe qui dans son lit, pouvait être aussi NUL au moment de passer à l'action !?

C'était donc ça, « vendre du rêve »... ?

Proprement terrifiant...

Et diabolique !

Le pire, c'est que même en prenant la peine de réfléchir à la cause réelle et sérieuse du problème (comme pour un licenciement), à ce qui faisait coincer le schmilblick, Haizaki ne parvenait pas à une analyse assez satisfaisante et exhaustive. Il lui manquait trop d'éléments, ou plutôt, il avait trop matière à décortiquer et ne savait donc pas par quel bout attaquer le nœud du mystère pour le démêler. En fait, le plus simple serait sans doute de carrément tout reprendre à zéro. Ben quoi, c'est vrai, y a rien qui allait ! Tout détruire pour mieux reconstruire semblait la plus sage des solutions dans ce cas de figure précis et puis, ça arrangeait également Haizaki en tant que fervent adepte de la politique dite de « la terre brûlée » et ce, quelles qu'en soient les circonstances !

D'autant plus quand ici, elles semblaient parfaitement adaptées !

Un léger rictus lui échappa alors, impossible à réprimer plus longtemps.

Et comme il fallait bien entendu s'y attendre, Kise se vautra misérablement dans l'interprétation qu'il en fit, là où en réalité, Haizaki se sentait simplement content d'avoir eu raison, une fois de plus. Il ne s'agissait donc aucunement d'un signe, indicateur d'une quelconque prise de plaisir.

« Aaaah... Continue comme ça chaton, ouais... c'est P-A-R-F-A-I-T. » L'encouragea le masochiste notoire.

Et le « pro » (fantasmé...) de la turlute se sentir rougir jusqu'aux oreilles de fierté.

Jusqu'à ce que sa victi... heu son bénéficiaire ne vende la mèche...

« ... Ouais, parfaitement NUL A CHIER... »

Le tout, annoncé avec le SMILE.

La chute fut RUDE.

Les mots qui fâchent avaient été l(f)âchés sans la moindre déférence et Kise manqua de s'étouffer en... avalant de travers. Sa propre salive, hein, parce qu'il était encore trop tôt pour qu'un autre type de liquide ne vienne asperger son palais. Quoi qu'il en soit, pas de doute ces mots lui restèrent vraiment en travers de la gorge, à défaut d'autre chose de plus consistant, et il lança son plus beau et appliqué regard meurtrier à Haizaki.

« Alors ça, ça m'étonnerait ! Personne n'a jamais dit une telle chose ! » Le libéra t-il afin de pouvoir répliquer.

Manquerait plus qu'il se laisse accuser d'un fait aussi GRAVE et DEGRADANT sans se défendre en retour, tiens !

Mais Haizaki semblait avoir déjà préparé sa réponse. Et avoir réponse à tout, pour ne rien gâcher.

« Comme j'ai déjà dû te l'expliquer auparavant, aucun mec normalement constitué ne tiendrait un tel discours pendant que son chibre fourré dans une bouche pleine de dents pointues. Un malheureux accident est si vite arrivé... et tu sais aussi bien que moi comment certains gars sont attachés à leur bite. Au point de leur donner de p'tits surnoms affectueux même parfois... »

« N'importe quoi ! Si j'étais vraiment aussi nul que tu le prétends, rien ne les aurait empêchés de m'en faire part après, par la suite ! » Nia le persistant renard bafoué dans son honneur et blessé dans sa chair de « mauvais coup » estampillé.

« Des lâches et des hypocrites, si tu veux mon avis. Et puis, ça n'se dit pas trop ces choses-là. En général, on les passe sous silence par peur de vexer l'autre. Ou peut-être que t'as eu d'la chance et qu'ils souhaitaient sincèrement éviter de te blesser. »

« Hmpf ! Je n'te crois pas ! La preuve, tu bandes ! » Asséna Kise en resserrant sa prise manuelle sur ledit joujou encore bien gorgé de sang.

« Ouais mais... moi, c'est pas pareil. Enfin j'veux dire, j'suis un cas unique... »

« Ma soit disant nullité n'a pourtant pas l'air de te gêner... » Constata Kise, qui se remit à donner des coups de poignet pour garder sa proie en forme.

Pas si vexé que ça, apparemment le Kitsune... Disons qu'il n'en perdait pas de vue ses priorités pour autant...

« Sauf que moi j'suis maso KESKETUCOMPRENDSPASAUJUSTELADEDANS ? » Avait envie de lui hurler à la face Haizaki.

Mais il s'en abstint.

Par je ne sais quel Miracle. (LOL. Mais j'ai bien ma petite idée sur son identité...)

Et là où le bât blessait justement en l'occurrence... le plus décevant dans tout ceci, était que ça ne faisait pas mal. C'était simplement désagréable au possible, mais aucune douleur à déplo... heu célébrer. Il n'y avait donc rien à en retirer pour lui au final.

Niet, nada, wallou.

Foutrement décevant...

« Hey ho ! Je te parle ! » Insista Kise, en lui enfonçant le bout du pouce dans l'urètre sans crier gare.

Et il n'en fallut pas plus pour réussir à capter, puis à s'accaparer ensuite durablement l'attention d'Haizaki.

La piqûre de douleur le fit même se cambrer de plaisir.

Aaaah ! Là ça lui plaisait, là on pouvait reprendre les négociations !

« Ce serait trop long à expliquer Ryota, y aurait tellement à dire, alors lâche l'affaire... »

Ah non hein ! Pas question ! Pas tant que le blond n'aurait pas le fin mot de cette histoire ! D'autant qu'il ne s'agissait pas de la première fois que l'ancien délinquant faisait de tels sous-entendus au sujet de ses performances charnelles. Cependant, Haizaki n'était pas totalement... « fermé » à lui fournir quelques explications. Simplement pas celles que Kise attendait.

Seulement par pur esprit de contradiction... ?

« ... En revanche, je veux bien te raconter le pourquoi du comment de la fois où je me suis fait pomper le dard au cinoche ! »

Ce fut au tour de Kise d'être pris d'une furieuse envie de crier « QUEL RAPPORT ?! » mais il abdiqua lorsque la main d'Haizaki se posa la sienne pour l'aider à maintenir l'activité sanguine de sa verge.

« C'était peu après notre voyage à Okinawa, celui où je t'avais revu. Bon, maintenant que tu te rappelles ce qui s'y était passé ou plutôt, ce qui avait bien failli s'y passer pour être plus précis, je suis certain que tu comprendras aisément qu'à partir de ce moment-là, je m'étais mis à faire une fixette sur toi... »

« Ah bon ? Parce que tu vas sérieusement essayer de me faire croire que ce n'était pas déjà le cas avant ? » Le taquina Kise.

Inutile de le nier. Le crush d'Haizaki ne datait pas d'hier. Lui qui était maso justement, avait sans doute adoré se faire botter le cul par Kise lors de leur match pour le moins houleux de la Winter Cup. Mais son orgueil l'obligeait à récuser de telles affirmations.

« Chut, tais-toi et arrête de m'interrompre, sinon je raconte plus rien ! » Le rabroua son infantile interlocuteur. « C'est MON histoire, c'est moi qui sais ! »

Kise soupira et ralentit ses mouvements manuels. Il ne faudrait pas qu'Haizaki vienne trop vite, avant qu'il n'ait eu le temps de finir entre ses lèvres... Tsss... n'empêche « fixette », le mot était sacrément minimisant ! Minimisateur... ? Un doux euphémisme inapproprié, quoi... « Obsession » serait bien plus adéquat ! Mais bon, Haizaki ou l'art de faire usage de la modestie dès que ça l'arrangeait...

« Et donc, je sortais avec cette fille... Enfin 'sortais'... Disons que je me tapais occasionnellement. C'était la copine d'un de mes senpai de l'équipe de basket d'ailleurs, si tu veux tout savoir... »

Alors NON, Kise n'y tenait pas particulièrement, mais enfin... il aurait fallu être STUPIDE pour ne pas s'en douter un minimum. Haizaki avait en effet toujours adoré fourrer son nez (qui a dit « et son zgeg aussi » !?) dans les affaires (et plus si affinités...) des autres. Déjà au collège, combien de fois Kise l'avait-il pris sur le fait, en flagrant délit de larcin culinaire dans l'assiette de Kuroko (Sa « victime » favorite), lorsqu'il était question de nourriture ? Et auprès des petites-amies de tout un chacun, dès lors qu'il s'agissait de se pavaner comme un coq ? (Et dans ce cas, l'ex-argenté changeait donc de victime préférée, au gré de ses caprices.)

« Héhéhé... C'est assez marrant d'ailleurs quand j'y pense parce que figure-toi que j'l'avais repérée comme ça au début, lors d'un entraînement pendant lequel elle était venue voir ce gars. Mais en vrai, la première fois où je lui ai réellement adressé la parole, c'est quand je l'ai croisée par hasard, en rentrant chez moi un soir. J'avais pas mal traîné dehors, il était tard alors il faisait nuit noire. Et puis v'là pas que je tombe sur elle dans mon quartier, à genre deux pâtés de maisons de mon immeuble ! J'veux dire j'savais même pas qu'on était voisins jusqu'ici putain ! Nan mais tu l'crois ça ? Comment j'avais pu être bigleux à c'point ! Un 95 double D pourtant, ça s'remarque facilement dans la rue ! J'ignore comment une telle négligence avait pu se produire, mais enfin bref... quelle plaisante surprise ! Pauvrette, elle attendait dehors à moitié à poil que ses parents rentrent. J'ai pas tout compris, apparemment, elle serait sortie avec son téléphone pour capter du réseau et se serait retrouvée enfermée par inadvertance avec ses clés à l'intérieur. Et moi tu m'connais, chevaleresque comme je suis... »

« Chevalresque... ? » MAIS BIEN-SÛR ET LA MARMOTTE ELLE MET LE CHOCOLAT DANS LE PAPIER D'ALU ! (Ceux qui ont cette ref sont VIEUX... Comme moi !)

Depuis quand Haizaki Shogo s'était-il reconverti en chevalier blanc pour damoiselles en détresse ? Parce qu'il ne l'était certainement pas à cette époque ! Kise en aurait mis sa main à couper par un chirurgien plastique ! Il n'y avait qu'à se remémorer la première rencontre de la racaille de Fukuda avec Alex pour s'en assurer. « Rencontre », que dis-je, altercation OUI ! Haizaki possédait une fâcheuse propension à traiter comme du bétail toute femelle qui avait le culot de rester insensible à ses charmes nocifs... Certes, elles n'étaient pas nombreuses les oies blanches à pouvoir s'en targuer, mais lorsque cela se produisait comme avec Alexandra Garcia, dire qu'Haizaki ne leur faisait pas de cadeau demeurait très en deçà de la vérité...

« J'ai rapidement décrété que j'pouvais pas la laisser plantée là en petite tenue, au beau milieu du trottoir. Surtout qu'un autre type risquait d'passer par-là et d'la ramasser avant moi si je n'me bougeais pas le cul rapidement ! Alors, baaaah n'écoutant que mon courage (... et pas autre chose, bien évidemment...), j'ai fait ce que n'importe quel mec galant et un tant soit peu bien élevé aurait fait à ma place ! »

OULAAAAA.

Kise retint sa respiration, redoutant le pire, là...

Et à juste titre, puisque son intuition nauséabonde se confirma.

« C'est-à-dire péter une vitre de la fenêtre de son salon. Par chance, j'ai réussi à déverrouiller sa porte pour qu'elle puisse rentrer chez elle à nouveau. Et papapaaah... mon gars, elle était tellement soulagée que pour me remercier, elle m'a invité DIRECT à monter dans sa chambre ! Et à lui monter dessus, par la même occasion ! L'hallu totale, comme dans une de ces comédies romantiques (heuuu pornographiques, plutôt !) à l'eau de rose, j'te raconte pas ! »

« ... Non, merci épargne-moi les détails, en effet... »

« ... On a vraiment baisé comme des chiens de la casse ce soir-là ! C'était génial, quelle putain de chouette récompense pour ma bonne action ! »

« Grmbl... »

Cette fois, ce furent les testicules d'Haizaki qui essuyèrent une TENDRE griffure, pleine d'affection, en guise de réprimande.

« Gnhh... ! » Gémit le conteur, avant de se reprendre. « Bon voilà et après ça, on a commencé à s'fréquenter en cachette. Ce qui était assez excitant d'ailleurs ahaha... Au nez et à la barbe de mon crétin de senpai, qui n'en a jamais rien su ! Non mais j'te jure, quel attardé... »

Charmant... Mais pas étonnant de la part d'Haizaki.

« Pauvre de lui... »

Kise ne pouvait que compatir, ayant lui-même plusieurs fois fait les frais des... « emprunts » d'Haizaki.

« Et donc le jour en question, on avait décidé d'aller voir un film... Bien que « voir » ne soit pas vraiment le terme le plus fidèle à la situation... Disons plutôt qu'on comptait passer le temps autrement, une fois les lumières de la salle éteintes... Parce que tu comprends, étant donné que j'avais pété sa fenêtre et trafiqué sa serrure pour la laisser rentrer et même si ça partait d'une bonne intention à la base, ses parents ne se sont pas franchement montrés reconnaissants envers moi contrairement à leur fille et j'avais interdiction de séjour chez eux. Quant à ma piaule... Ouais, nan, c'était tout simplement hors de question... ma mère n'a jamais été très tolérante envers ça et j'ai toujours eu interdiction formelle de ramener des gonzesses à la maison. Ce qui ne veut pas dire que je ne l'ai jamais fait, mais les circonstances ne s'y prêtaient pas toujours. Forcément donc, quand on n'avait pas l'choix, ça limitait les options et les hôtels, ça coûte méga cher ! Surtout pour des mineurs comme nous qui étions obligés de gruger pour louer une chambre... »

« J'imagine... » Ponctua Kise, pas du tout impliqué dans le récit.

« On avait pris des places pour le dernier film de Stallion pour des raisons pratiques, du coup. C'est-à-dire pas trop difficile à suivre, pas besoin de rester concentré pour comprendre ce qui se passe et puis on s'était surtout dit que les bruits de massacre couvriraient efficacement ceux qu'on risquait de faire, dans un tout autre registre... Si tu vois c'que j'veux dire... »

« Ah ben oui, évidemment... Un choix judicieux, guidé par la logique, sans toutefois négliger l'aspect incontestablement romantique inhérent à ce type de visionnage... » Ironisa Kise, toujours aussi pince sans rire.

Parce que c'était bien connu : rien de tel qu'une bonne vieille tuerie bien sanguinolente et effrayante pour gagner le cœur de quelqu'un et lui donner envie de faire de s'envoyer en l'air !

« Sauf que ce que je n'avais pas prévu, c'est que j'me ferai embarquer à c'point par le scénar ! » Pour une fois que ce n'était pas par des flics... « Quand bien même le script tenait sur une feuille de PQ... Mais j'en avais conscience et puis j'soupçonne que c'est parce que le héros m'faisait un peu penser à toi... de loin. »

« Tu m'en diras tant... »

« Bah c'était à l'époque où Stallion n'avait pas encore commencé à se bourrer de stéroïdes. Il se dégageait de lui une certaine... candeur assez désarmante. » WOW ! Rare exemple d'un adjectif de deux syllabes parfaitement bien employé dans le contexte... ! Ça laissait présager de l'effet que ce brave Stahl King faisait à Haizaki durant son adolescence... « Et avec ses beaux cheveux blonds et son air fragile, chépa, ça m'donnait à la fois super envie d'le protéger ou d'lui casser sa jolie petite gueule d'ange. Drôle de mélange je sais bien, mais j'arrivais pas à m'décider... »

« ... »

« Mais pour la faire courte (CTB ?), là où je voulais en venir, c'est que j'étais inexplicablement à fond dedans ! Et je pestais et tout, je vivais vraiment le truc comme si je faisais partie du film, tellement j'avais l'impression de te voir, toi, à l'écran, en train de batailler entièrement couvert d'entrailles et de sang, avec tes vêtements qui partaient en lambeaux et en révélaient de plus en plus au fil des assauts de zombies. J'sais pas. Pour une raison étrange que je ne m'explique pas, ça avait le don de me filer une trique d'enfer, beaucoup plus que ça ne l'aurait dû quoi et je n'suis pas certain que c'était le but recherché... Ou peut-être que si, va savoir ce que ces producteurs tordus peuvent bien inventer pour nous pousser à aller voir leurs films et ainsi faire des entrées... »

?

... Heuuuuuuuuuuu... ? Okééééééééé ! Kise ne se souvenait pas vraiment de ça, lui. Il fallait dire qu'il n'avait jamais fait attention à ce détail non plus... Disons que ça ne l'avait pas marqué, quoi. Mais ces films destinés à un public d'ados en mal de gore étaient-ils réellement aussi... « racoleurs » et emprunts de nudité qu'Haizaki le clamait ou... était-ce plutôt son esprit pervers qui lui jouait-il des tours à cette époque-là ?

Le doute semblait de mise.

« Tout ça pour te dire que... de manière assez inévitable, je négligeais complètement ma copine au final. Et ça non plus, c'était pas le but recherché. D'autant que ça lui plaisait moyen. Elle a donc tout mis en œuvre pour que je m'occupe d'elle, mais j'me sentais absolument pas dans le mood. Parce que c'était toi que je voulais, pas elle, pas le lot de consolation de seconde main un peu cheap. »

Ah oui, de plus en plus adorable envers cette malheureuse fille... De son côté, Kise ne savait pas vraiment s'il devait s'estimer FLATTE ou plutôt APPEURE par de tels propos, mais admettons qu'un tel mélange des genres soit possible et qu'il puisse ressentir ces deux émotions contradictoires en même temps.

« Au bout d'un moment, je te rassure (NON), elle est quand même arrivée à ses fins. » AH BEN OUI TRES RASSURANT, EN EFFET ! « Oh, pas qu'elle ait un quelconque mérite ceci dit, vu l'temps qu'elle a passé, la main dans mon froc à essayer de réveiller la bête. Quasiment toute la séance. Mais ses lèvres ont rapidement pris le relais... Et tu sais quoi ? C'était putain de bon ! Délicieux même, cette nana était super douée et on voyait clairement qu'elle aimait ça en plus, la cochonne ! »

...

Ok...

Bon, ça restait mieux que « la saloooooope », cependant Kise ressentait quand même une envie pressante de gerber, malgré les précautions de langage employées.

Beuuuarggh...

Pour autant, Kise aurait été bien incapable de déterminer si c'était la façon de raconter d'Haizaki qui était directement en cause, ou simplement le fait de s'imaginer la scène. Qu'est-ce qui le dégoûtait le plus au final ?

Hmm... Difficile et périlleuse question (purement rhétorique) à laquelle il n'était pas nécessaire de trouver une réponse !

En tout cas, force était de constater qu'Haizaki savait toujours se montrer aussi... comment dire... ? Ah bah tiens, « chevaleresque » et « galant » (qualificatifs précédemment employés par le loup en personne pour se décrire.) envers la gent féminine ! Non, parce qu'insister sur le côté « chienne » et « cochonne » pour désigner d'une jeune fille, même un bénévole de la SPA n'aurait pas tenté une analogie aussi... bancale et alambiquée... A ce niveau-là, il était presque... « rassurant » de voir qu'Haizaki restait fidèle à lui-même, n'ayant pas changé d'un iota.

Enfin, cela dépendait pour qui, bien-sûr.

« Epargne-moi les détails superflus, je t'en supplie... »

« ... Si toi aussi tu tiens un tant soit peu à ta queue... Que je tiens moi-même toujours dans le creux de ma paume. » Se retint de compléter à voix haute le Gémeau.

« Bref, tout c'passait bien, très bien même et... bah j'te fais pas un dessin quoi, t'as compris l'topo. Mais malgré ses efforts, j'arrivais pas à atteindre le degré de satisfaction ultime. Pourtant, elle n'était pas du genre à se ménager, ça je peux te l'garantir ! »

Super... Il allait bientôt avoir le droit à une explication détaillée des troubles de la jouissance d'Haizaki, si ça continuait... Kise leva les yeux au ciel, appelant secrètement à l'aide son ange gardien. Où voulait en venir le loup avec cette anecdote sordide, à la fin !? Le goupil commençait franchement à perdre patience, parce qu'à part pour se faire mousser, il ne comprenait pas tellement le but d'un tel récit de la part de l'autre Japonais...

« ... Et donc... ? Abrège bon sang ! »

« Ah désolé, j'suis visiblement pas aussi doué qu'toi pour raconter des histoires... J'ai tendance à m'éparpiller et de toute évidence, j'y mets pas assez les formes, l'intonation... les jeux de sourcils et les gestes avec les mains, tout ce qui pourrait rendre le récit plus vivant en somme... contrairement à toi qui semblais si passionné lorsque tu m'as décrit comment tu t'étais fait TRINGLER par Daiki ! » Sourit cruellement Haizaki.

« Pardon ? M-mais j't'ai jamais raconté ça, espèce de demeuré ! » S'offusqua Kise.

NON MAIS QUEL MENTEUR CELUI-LA ALORS ! Pire qu'un arracheur de dents ! Ou bien il avait de sacrés problèmes d'interprétation. Et d'ouïe aussi, tiens. Ah ben... Sûrement les conséquences délayées de certaines activités manuelles, répétées de manière intensive dans sa jeunesse...

« Aaaah nan j'confonds t'as raison, tu t'es seulement cantonné à la façon dont tu en étais arrivé à te faire tringler par lui ! Grosse nuance en effet, my bad ! » Se moqua t-il. « Hmm... ce qui revient donc exactement à ce que je suis en train de faire moi aussi, n'est-ce pas ? »

...

A ces mots, plus aucun doute ne fut permis : Haizaki jouait bel et bien avec ses nerfs. De masochiste, il était passé à sadique en un battement de cils, renversement de situation que Kise n'était pas certain d'apprécier entre nous soit dit... Or, il s'agissait d'un jeu dangereux pour le loup, car le renard pourrait bien choisir de réduire sa saucisse... à l'état de chair à saucisse justement, au moindre débordement de sa part.

« Bon d'accord, je vois que tu ne goûtes guère mon humour... T'es vraiment pas bon public, tu l'sais ça ? Enfin c'est d'bonne guerre je suppose... et pour la peine, je reprends là où j'en étais resté et plus d'détour cette fois, c'est promis ! Je disais donc... il manquait un truc. Hélas, je ne parvenais pas à mettre le doigt dessus, ni même dedans, des fois que... Et ça m'plaisait pas des masses. Imagine si ça m'avait soudainement amené à réaliser qu'un truc déconnait chez moi, ou pire, était carrément cassé ! D'autant que dans les semaines qui avaient suivi mon retour d'Okinawa, je m'étais senti comme... différent. Autant te dire que ça commençait à m'faire méchamment flipper, de ne plus avoir autant d'appétit sexuel qu'avant. Non, non, pas tout à fait, enfin... avec les filles quoi. Et avec les garçons aussi, tout bien réfléchi. En fait, avec tous types de partenaires, tous sexes confondus. Naaan, moi, le seul moment où j'arrivais vraiment à prendre encore mon pied, c'était lorsque je me retrouvais seul, livré à moi-même, en train de m'astiquer frénétiquement le poireau, assis sur mon futon ou sur les chiottes en pensant à toi. A tel point qu'à un moment, j'ai eu peur de finir par m'user la queue à force de m'en servir autant. »

...

OK LA BONNE NOUVELLE, C'EST QU'ON VENAIT OFFICIELLEMENT DE TOUCHER LE FOND LA ET QU'A PARTIR DE MAINTENANT, ON NE POUVAIT FAIRE QUE REMONTER !

Pas sûr que cela suffise à consoler Kise néanmoins...

Car il y a des choses que l'on se passerait allègrement de savoir...

Tant et si bien qu'il s'écrasa une main – celle qui était encore libre – sur le visage. Non mais Haizaki le faisait exprès pour le pousser à bout, ce n'était pas possible autrement !

« Je regrette presque le moment où tu t'apprêtais à me raconter dans les moindres détails la fellation que tu avais reçue de la part de cette fille... »

« Hé ! Faudrait savoir c'que tu veux à la fin ! »

« J'ai dit 'PRESQUE' hein ! Alors t'emballe pas ! »

« N'empêche, toute cette merde, c'était ENTIEREMENT de ta faute ! Ce qui entre nous, n'a fait qu'attiser ma rancune envers toi, mon rival, mon mortel ennemi, mon adversaire, ma Némésis ! »

Tout ça à la fois, wow.

« ... Et ça y est, c'est r'parti... »

En vrai, Kise n'y pouvait rien s'il était pourvu d'un si HAUT potentiel de désirabilité, au point d'en éclipser tous les autres êtres humains non pas simplement aux alentours, mais peuplant carrément la planète ! Et le système solaire aussi tiens, dans le doute, des fois que d'autres mannequins vivraient dans l'espace, genre sur Mars, par exemple.

On n'sait jamais hein.

Pas la peine de s'embarrasser de fausse humilité, lorsqu'on ne fait qu'énoncer la stricte vérité !

Haizaki ne se formalisa cependant pas de la remarque du renard railleurs et continua son cheminement :

« Puis d'un coup, d'un seul, ça a fait 'tilt' dans ma tête, comme un bouchon de champagne qui saute ! »

« Ah... ? C'est ce bruit là qu'on entend ? J'ai toujours cru que c'était celui d'un mécanisme qui s'enclenche... Ou d'une diode lumineuse qui s'allume... Tu sais, du style petite ampoule sur laquelle on appuie... »

« J'ai fini par comprendre ! » L'ignora t-il tout d'abord, avant de se tourner vers lui, les yeux injectés de sang. Il l'empoigna par les épaules, ce qui eut pour résultat de faire se tendre le blond comme un string logé entre les fesses potelées de l'hippopotame de « Fantasia »... « Et je lui ai alors ordonné 'Suce-moi MAL Bébé' ! Et elle a répondu 'Hein ? Comment ça, mal ' ? Et j'ai répété avec conviction et d'une voix claire pour bien me faire comprendre : 'Suce-moi de la pire façon qui soit, mets-y les dents, salive trop et pas assez à la fois, aspire aussi fort que tu l'peux, comme si tu voulais l'arracher, mords-moi, émascule-moi, broie-moi la teub, fais-moi subir tout ce que tu veux, mais il faut que ce soit tout en même temps !' »

...

Ok, ce type était définitivement un irrécupérable MANIAQUE ! Kise en avait à présent la démonstration !

Et aussitôt, l'âme de Kise menaça de quitter son corps, loin, très loin, le plus loin possible d'Haizaki, pour utiliser l'image déjà évoquée un peu tôt.

Il venait de buguer.

Comme si son cerveau venait de déclencher le redémarrage d'urgence avec réinitialisation du système.

Surchauffe cérébrale détectée !

Les femmes, les enfants et les top models d'abord !

Le pauvre Kise s'attendait à tout sauf à une telle... déclaration, si tant est que l'on puisse la considérer ainsi...

Quoiqu'il n'aurait même pas dû se laisser surprendre, au fond... Il commençait à bien connaître la bête mine de rien et en tout état de cause, le jaune avait déjà ses propres doutes sur le sujet depuis un moment, mais avait fallu qu'Aomine ait la diligence de les lui confirmer un peu plus tôt dans la matinée. D'ailleurs, même Haizaki y était allé de sa petite confession et tous les points de vue convergeaient donc en ce sens : son cher coloc' était atteint par une grave forme de MASOCHISME ! Pas étonnant dans ce contexte, qu'il en soit venu à formuler une telle requête à sa petite-amie/plan cul de l'époque. C'était même la suite logique, la conséquence ultime de son incapacité à jouir de façon conventionnelle.

Semblant réaliser la portée de ses paroles, cette fois le délinquant attrapa fermement les mains de Kise dans les siennes et il le fixa droit dans les yeux comme pour le ramener auprès de lui, ici, sur Terre. Non parce que l'esprit de Kise venait d'exploser en mille morceaux, éjectés dans la stratosphère...

« C'est parce que je voulais qu'elle s'y prenne aussi mal que tu l'aurais fait toi ! Pour pouvoir t'imaginer le plus fidèlement possible à sa place ! »

... AAAAAAAARGGHHH !

NUL BESOIN DE REPRECISER CE QUE TOUT LE MONDE AVAIT DEJA TRES BIEN COMPRIIIIS !

Ablalal!ala%*pp%§zpdhshiqoq%...

SYNTHAX ERROR.

ERROR 404 : BRAIN NOT FOUND.

PLEASE, TRY AGAIN LATER.

« Et tu sais quoi ? » Poursuivit Haizaki sur sa lancée, sans toutefois pouvoir déterminer si Kise l'écoutait toujours. (et surtout, s'il était toujours en capacité de pouvoir le faire...) « Elle l'a fait ! Elle s'est vachement appliquée, je dois bien l'reconnaître, même si ma demande a dû lui sembler hyper bizarre. Mais je crois que ça l'a bien excitée elle aussi au final, d'autant que je lui avais conseillé de prendre ça comme du role play. Quant à moi, j'ai juste eu à garder les yeux rivés sur l'écran où jouait ton presque sosie, en me laissant porter... Nan, c'était cool, j'regrette pas l'expérience. Sauf juste à la fin, au moment où j'ai prononcé ton nom par erreur... Un malheureux réflexe... Ça a un peu cassé l'ambiance et inutile de t'préciser qu'ça n'lui a pas plus du tout, ça non... Elle m'a demandé un peu agressivement 'Qui c'est cette grognasse' ? Et tu m'connais, vu que je déteste mentir... » ... HEU PREMIERE NOUVELLE ! « ... Honnête comme je suis, j'lui ai répondu : 'C'est un mec et puis ça n'te r'garde pas' ! Après ça, tout ce dont je me souviens c'est qu'elle m'a collé une baffe bien cinglante, qu'elle s'est tirée et que j'l'ai plus jamais r'vue par la suite. »

WAOUH MAIS QUELLE ETONNANTE ISSUE, DITES DONC !

Quant à lui, Kise avait l'impression de s'être pris non pas une baffe, mais une Ignite Pass Kai de Kuroko puissance MAXIMALE dans la poire à ce stade de l'histoire. Doublée d'un Kameha ET d'un Hadoken. Et peut-être le Shinkansen lancé à vive allure et de plein fouet, aussi.

Mais à sa décharge, il s'agissait de la première fois qu'on lui faisait une déclaration aussi... directe, profonde et enflammée, à l'image d'Haizaki... ET insultante à la fois. (Ce point aussi indéniablement à l'image de son ex-adversaire) Sans concession, sans édulcorant. Par conséquent, il ne savait définitivement plus où se situer, ni même ce qu'il ressentait et encore moins comment il était censé le prendre. (Non, la bonne réponse n'est toujours pas « par derrière » ! Quoique, dans ce cas précis...)

Super donc, pour résumer nous avions un psychopathe à tendance bipolaire (Gémeau oblige, les sautes d'humeur inattendus n'étaient pas seulement l'apanage d'Akashi ou des femmes enceintes...) et un maniaque masochiste, ensemble. Quelle équipe, pour ne pas dire quel couple, ils formaient ! Ah tout de suite, ça vendait du rêve ! Heureusement encore qu'ils ne pouvaient pas se reproduire entre eux... (Ç'eut été la fin du monde sinon... L'Apocalypse selon Saint Jean ou Saint Mathieu, au choix.) Mais connaissant Kise, il avait environ quatre-vingt dix-neuf virgule neuf pour cent de chance de lui sortir qu'il « nécessitait du temps » pour prendre sa décision ou quelque chose dans ce goût-là... Parce que le courage et la témérité n'étaient pas des concepts (ni des qualités...) qui étouffaient notre vaillant mannequin...

Cependant, parfois dans la vie, il faut agir et non parler. Certains actes valeureux se passent de mots.

Et aujourd'hui en faisait peut-être partie.

Haizaki n'attendait pas spécialement de réponse ferme et définitive de la part de Kise. Il fallait juste que ça sorte de son côté, c'était tout et maintenant que l'ouverture des vannes avait eu lieu de son côté, le jeune homme aux cheveux longs se sentait comme... soulagé... ? Libéré d'un poids, du moins. Et ça lui suffisait. Ok, il était sans doute passé pour un fan hardcore, atteint d'un trouble obsessionnel de la personnalité, mais bon heiiin pas d'quoi en chier une pendule non plus, Kise devait avoir l'habitude de par son boulot ! (... Ce dont il n'y a pas de quoi se réjouir, je préfère quand même te le signaler Haizaki...)

En vérité, beaucoup de gens, non, la grande majorité même, se serait enfuis en courant face à une telle déclaration. Mais Kise se trouvait toujours là, lui. (Ouais enfin, il existe des personnes que la peur paralyse aussi, alors ne te réjouis pas trop vite encore une fois !) Et toujours accroché à sa banane... En plus, il n'y avait rien de totalement nouveau dans son discours, rien que Kise n'ait déjà entendu avant, du moins. Techniquement, si dans la forme, mais le fond restait connu et inchangé. En effet, Kise était déjà au courant des sentiments des sentiments qu'Haizaki EUT éprouvé à son égard et entretenait encore un peu aujourd'hui. Car il convenait de ne pas se leurrer : avec le temps, son obsession s'était amoindrie et avait évolué en autre chose, adoptant une nouvelle présentation plus rationnelle. Plus contenue. Et convenue. Moins chaotique et teintée d'anarchie.

Bien qu'on aurait légitimement pu le croire, le but n'était pas d'effrayer ni même de traumatiser Kise, promis juré !

Juste... de faire preuve d'honnêteté.

Mais face au manque de réaction INQUIETANT de l'élu de son c..., (Vous compléterez par le mot que vous jugerez être le plus adapté...) Haizaki décida de prendre les devants. Car s'il y avait bien UN TRUC sans faille pour pousser Kise à sortir de sa coquille – et qui avait déjà fait ses preuves par le passé - c'était bien...

« Oi Ryota, regarde-moi ! »

Il fit claquer ses doigts sous le nez du léthargique blond pour se signaler à lui.

« Ecoute-moi bien et concentre-toi : 'Quel est le point commun entre une fellation et la climatisation ?' »

Non parce que... Si l'une de ses habituelles blagues vaseuses ne suffisait pas à susciter au moins une EMOTION – n'importe laquelle, à ce stade, il n'était plus regardant - chez Kise, alors... c'est qu'on l'aurait définitivement perdu. Et puis, c'était une astuce de secouriste vieille comme le monde ça, de poser une question à la victime pour s'assurer de sa (bonne) conscience.

D'autant que dans le cas présent – avantage non négligeable – on restait dans le thème de la gâterie entamée un peu plus tôt.

Il s'agissait donc là du dernier espoir d'Haizaki visant à ramener Kise parmi eux, non pas physiquement, mais son esprit !

Hélas, face à l'absence de réponse de Kise et malgré le délai de réflexion accordé, le brun s'apprêtait à lui donner la solution, lorsque, tout à coup, les lèvres du top model se mirent à bouger doucement. Faiblement. Et un mince filet de voix en sortit.

« ... Dans les deux cas, quand tu la pousses à fond, ça fait mal à la gorge... »

OoO !

MAIS OUI, LE PIRE C'EST QUE C'ETAIT VRAIMENT LA BONNE REPONSE !

Incroyable !

Comment Kise la connaissait-il !?

Submergé par le soulagement, une fois la surprise passée naturellement, Haizaki l'attrapa dans ses bras et le serra FORT contre lui. (Oui, toujours la kikoute à l'air, tout va bien, chacun son sens des priorités...) Non seulement, il se sentait fier (heuuu...) que Kise ait su bien répondre à cette DIFFICILE question EXISTENCIELLE, mais également parce que cela le rassurait quelque peu sur l'état mental du blondin. On n'était pas passés très loin du drame, là...

« ... Rassure-moi (Pour la énième fois depuis le début de ce chapitre, tellement j'ai perdu le compte : « heuuuuuu... »), c'est une lame de couteau que j'sens contre ma jambe ? Ou alors c'fameux flingue que tu te vantes de posséder, bien que je n'en ai jamais vu la couleur... ? » Interrogea Kise d'une toujours aussi petite voix, signe que son esprit mettait plus de temps que planifié à regagner son corps.

« Nan c'est juste ta réponse qui vient d'me faire bander à nouveau, pas d'quoi s'inquiéter c'est tout à fait normal... » Fit-il en lui tapotant dans le dos comme un bébé à qui on veut faire faire son rototo.

« Ah. »

OUUUUFFF QUEL SOULAGEMENT ! TELLEMENT PLUS RASSURANT DE SE FAIRE BRAQUER PAR UNE ERECTION QUE PAR UNE ARME, EN EFFET !

Incomparable, même !

De toute façon, à ce stade, plus rien ne pouvait réellement surprendre ou choquer Kise de toute façon. Alors ça de plus ou de moins, au final... Sauf qu'encore une fois, n'importe quel être humain en pleine possession de ses moyens cognitifs en aurait profité pour prendre ses jambes à son cou.

Tout le monde, hormis Kise Ryota...

Derrière eux, ou plutôt devant, le générique de fin avait entamé son défilé.

Il ne leur restait donc plus que quelques minutes – cinq à tout casser – avant que les lumières de la salle ne se rallument.

Ou alors ils pouvaient juste se contenter de sortir, comme les autres spectateurs. Il ne s'agissait pas d'un film Marvel, aucune scène post-crédits ne les attendait pour annoncer une potentielle suite... Donc là, en principe, ils auraient dû se lever, bien se rhabiller et regagner la sortie.

Sauf que leurs prunelles (celles de Kise semblant miraculeusement revenues à la vie...) s'accrochèrent, se happant à nouveau. Puis ce fut au tour de leurs lèvres, qui s'écrasèrent avec empressement et avidité contre leurs jumelles.

Mais qu'est-ce que... ?

!

Leur baiser – si tant est que l'on puisse qualifier un ainsi leur affrontement buccal – fut de courte durée. Ils avaient faim l'un de l'autre, mais de toute évidence, l'un d'eux semblait plus affamé que son compatriote. Et puisqu'on l'avait interrompu dans sa dégustation tout à l'heure, il se préparait à la reprendre là où il l'avait laissée, tandis que les doigts d'Haizaki se perdirent à nouveau dans sa crinière, se faisant plus encourageants cette fois.

...

Et boooooordel, c'était toujours aussi PITTOYABLE qu'avant, rien n'avait changé, pour le plus grand bonheur d'Haizaki ! Kise n'essayait même pas de se corriger, non, il donnait au loup exactement ce qu'il désirait, ce qu'il espérait, sans aucune tromperie sur la piètre qualité de la marchandise. Or, le fait que certaines choses restent invariablement les mêmes malgré le temps qui passe, avait un côté profondément réconfortant.

Après tout, il aurait été injuste qu'en plus de posséder la beauté, la jeunesse et la fame (à défaut de la money...) Kise soit également UN BON COUP au lit ! L'équilibre de l'Univers s'en serait dès lors trouvé modifié, pour ne pas dire compromis. Mais s'il existait bien une chose que l'on ne pouvait pas reprocher au top model le plus célèbre du Japon en son temps, c'était bien de ne pas mettre du cœur à l'ouvrage. On percevait assez nettement qu'il cherchait à bien faire, mais c'était peine perdue tant il se révélait gauche, maladroit et un peu brutal sur les bords aussi.

Aucun sens du rythme, aucune coordination, un désastre de tous les instants et un cataclysme ambulant à tous les niveaux également !

Être aussi mauvais et à ce point dans non pas un seul domaine, mais absolument TOUS, cocher ainsi l'intégralité des cases du manuel intitulé « LES 1000 CHOSES A NE JAMAIS FAIRE EN MATIERE DE ZIZI-PANPAN », s'avérait tout bonnement prodigieux ! On frôlait l'exploit, l'inscription dans le Guinness Book, (bien que ce soit pour des raisons peu reluisantes...) à chaque coup de langue, chaque mouvement de tête. Inlassablement mal placé. Or, ces lamentables accomplissements se révélaient d'autant plus insolites que Kise avait toujours été et était même encore aujourd'hui un sportif accompli, doté d'une parfaite maîtrise de son corps.

Et ce, dans l'ensemble des sports, qu'ils soient collectifs ou non. Aucun ne lui résistait. A croire qu'exercer ce type d'activité physique DENUDEE ne comptait pas en tant que sport... Car dès qu'il était question de passer à l'horizontale, l'Eurasien devenait aussi efficace qu'une pucelle paumée dans son premier gang bang. Trop de paramètres à gérer ou à prendre en considération, partout et tout le temps, sans le moindre répit. Et tout de suite, présenté ainsi, il ne paraissait plus aussi étonnant que Kise s'emmêle les pinceaux !

Ce serait même tout l'inverse.

Hmm... N'empêche... c'était bizarre.

Peut-être qu'Haizaki en rajoutait un peu, non ? Ou qu'il constituait un juge particulièrement intransigeant. Parce que... encore une fois, Kise le répétait et il y tenait : jamais personne ne s'était plaint de ses précédentes performances en tenue d'Adam. Peut-être alors n'était-il tout simplement pas compatible avec Haizaki ? Et si c'était le brun le problème ? Ouais, nan... peu de chance que ce soit le cas.

Kise n'avait effectivement rien eu à redire à ce sujet lorsqu'il s'était lui-même retrouvé de l'autre côté du bâton, sans mauvais jeu de mots bien entendu. Au contraire. Il avait apprécié chaque seconde et même profité des largesses offertes par l'impeccable service de son ancien ennemi. On sentait une certaine expérience... du genre plutôt conséquente... qui s'exprimait à travers des caresses précises et calculées, comme si Haizaki savait exactement OU appuyer et QUAND, ainsi que quelle pression exercer pour obtenir telle réaction plus qu'une autre.

Et c'était RAGEANT !

Pourquoi LUI s'avérait-il si doué ? Qu'avait-il de plus que Kise ?

Encore une fois : de l'expérience...

Certes.

Mais ce serait oublier un peu vite que Kise en avait aussi à revendre !

Sans être un chaud lapin, bien entendu, on pouvait aisément avancer que l'Eurasien avait eu son lot de conquêtes. Son côté espiègle, charmant et charmeur, additionnés à un physique irréprochable, avaient fait et faisaient toujours merveille, d'ailleurs. Bon, après, comme je l'ai déjà mentionné dans un chapitre précédent, les coups d'un soir... très peu pour Kise. Oui, ça lui était arrivé, comme à n'importe qui d'autre. Mais ce n'était pas son quotidien, disons que ce genre de rencontres sans lendemain restait l'exception. Pourtant, ce n'était pas parce que Kise ne trempait pas son biscuit dans tous les pots de miel disponibles à la ronde, qu'il avait à rougir de son tableau de chasse.

Alors de quoi s'agissait-il réellement ? Existait-il quelque chose d'aussi spécifique et subjectif qu'un « don » pour la danse du bassin ?

Mais lorsqu'enfin Haizaki daigna rompre leur baiser moite de sa propre initiative, il garda le visage de Kise en coupe entre ses mains pour pouvoir l'observer un moment. Le sonder, plus exactement. Avant de prendre le risque calculé de pointer son entrejambe du doigt, décrétant qu'il n'y avait plus de danger immédiat. Cuisses écartées, il murmura, sourire en coin :

« It ain't gonna suck itself, Kitsune... »

Les pupilles dudit esprit Japonais se dilatèrent aussitôt.

Quoi ? Comment ça... ? Il... il lui semblait avoir bien entendu pourtant...

Haizaki était-il vraiment en train de lui suggérer (voire même un peu plus...) de reprendre le... heu... carnage... ? Mais plus étonnant encore et nettement plus choquant aussi, il se trouvait que c'était justement ce qu'inconsciemment, Kise comptait faire.

Refaire.

Retenter.

Avec peu, voire quasiment pas d'espoir de s'améliorer en un si court laps de temps.

Mais puisqu'après tout cela ne dérangeait pas Haizaki qu'il s'y prenne, de l'unique avis du brun, comme un manche... avec son manche... Baaaah pourquoi ne pas poursuivre l'expérience pour en engranger davantage justement ? Car ne dit-on pas que l'appétit vient en mangeant et que c'est en forgeant que l'on devient forgeron ? (Heuuu certes Kise... mais ces deux expressions ne signifient absolument pas la même chose...)

Et c'était dans ce genre de cas que Kise se disait qu'il était profondément atteint !

Non mais rendez-vous compte : Haizaki l'avait ouvertement critiqué. Bon, déjà, rien que ça, ça fait mal à l'ego. Ego que l'on sait à présent fort développé chez notre mannequin INTERNATIONAL. (Très important le « international » ! C'est comme la particule dans un nom de famille !) Mais ensuite, l'ex petite frappe de Teiko s'était pour ainsi dire ravisée, en confessant ses heu... goûts pour le moins particuliers de façon extrêmement... frontale. Ce qui aurait pu et même dû faire fuir Kise à l'autre bout du globe, au bas mot. Mais non. Il en redemandait. ILS en redemandaient, plus précisément.

D'ailleurs, Kise réalisa qu'il n'avait pas lâché l'oiseau de Paradis du brun de tout leur baiser. Sans doute par réflexe, de peur qu'il ne s'envole. Il ne lui restait donc plus qu'à reprendre là où ils en étaient. Sans se presser. Savourer. Se régaler.

Haizaki avait un goût puissant. Plus que ses autres amants. Pas qu'il soit moins porté sur l'hygiène qu'eux, non, c'était juste son goût à lui. Celui de sa peau. Caractéristique. Légèrement musqué et facilement reconnaissable. Un goût qui demeure sur la langue et s'accroche aux papilles. Pas désagréable... Musqué et salé. Viril, même si cela faisait sans doute cliché à dire comme ça... Un goût que Kise ne pouvait décrire autrement... « qu'Haizaki ». Sa peau était douce comme de la soie et il prit le temps de frotter un peu sa joue contre le membre qui trésaille pour marquer son approbation. Cette fois, il ne veut pas se précipiter, mais prendre le temps de laisser monter la sauce. Haha cette expression ne lui avait jamais paru aussi littérale.

Découvrir et explorer un corps encore inconnu a quelque chose de fascinant. Tout ce processus d'hésitation, de tâtonnement où l'on prend ses marques pour trouver ce qui plaît à l'autre. Cette quête initiatique de l'autre. De ce que l'on aimerait lui faire et de ce qu'il aime, lui, en espérant que les deux coïncident. Mais bon, d'après ce que Kise en avait compris, Haizaki était à peu près sûr d'apprécier n'importe quoi venant de lui. Parce que ça venait de lui, justement. Et ce, qu'il s'y prenne comme un dieu de l'amour ou de l'abstinence.

Cela restait malgré tout un sentiment particulier, contradictoire et paradoxal. D'un côté, Kise se sentait heureux d'avoir le droit à l'erreur. C'était tellement rare de nos jours, d'avoir un partenaire compréhensif qui ne vous en veut pas de ne pas directement être une pornstar, mais vous offre le temps de le devenir. Peut-être. Dans un futur plus ou moins proche et plus ou moins réaliste. De l'autre, par contre... c'était à se demander si Haizaki n'insinuait pas sa nullité pour se venger ou le mettre en rogne. Parce que malgré les explications très convaincantes du brun, Kise avait du mal à croire qu'il ait pu demeurer presque vingt-sept ans moins quelques jours, dans l'ignorance de cette tare. Qu'une personne ou deux aient pu passer sous silence ce... « défaut » qui était le sien, passait encore. Mais TOUTES !? Ce qui voulait dire... même Daiki !?

Mouais.

Kise demandait à voir. Et à vérifier ultérieurement. Il allait finir par inciter ses amants à lui laisser une note à la fin de chaque ébat, si cela pouvait l'aider à progresser ! Dès qu'il en aurait fini avec son obsession du moment nommée Haizaki, naturellement... Ah pour ça, ils se trouvaient sur un beau pied d'égalité nos deux zigotos ! Le cerveau et le cœur encombrés, saturés l'un de l'autre... incapables de faire abstraction. Kise préférait néanmoins largement user du terme « fixette » pour décrire son état. Ça sonnait mieux sur la langue et surtout, moins « pathologique » qu'obsession...

Annonçant son arrivée par une pluie de baisers déposés avec précautions sur ses cuisses exposées, son aine et le contour de cet appétissant sexe gorgé de désir, la langue de Kise s'enroula enfin sur toute sa longueur. Haizaki quant à lui, avait pris ses aises, bras étalés sur les dossiers des sièges, mais pieds bien posés au sol pour trouver la position la plus confortable pour lui. Autant se mettre dans les meilleures dispositions possibles pour recevoir et pleinement partager ce moment de communion des sens.

En tout cas, maintenant qu'il l'avait pile sous le nez et complètement déployée, Kise constatait qu'Haizaki ne lui avait pas menti sur ses mensurations. Oh... pas que l'appendice lingual du blond constitue un outil de mesure précis, il s'en servit néanmoins comme d'une règle pour mieux déterminer sa taille. L'apprécier, surtout. Et la langue de Kise oooh boy, c'était quelque chose ! Haizaki avait l'impression de se faire baver dessus par une grosse limace visqueuse. Parce que non, elle n'était pas seulement humidement, mais aussi collante, poisseuse. Wow, juste wow ! S'il s'était attendu à cela ! Enfin, un peu quand même... étant donné qu'il l'avait eue dans sa bouche quelques minutes plus tôt... Téméraire, elle s'aventura également sur ses joyaux, en délaissant le sceptre et avec ça, comment voulez-vous qu'il n'ait pas les bonbons qui collent au papier... ? C'était gross, un peu écœurant et ça lui plaisait ainsi !

Gardant les yeux bien ouverts pour ne rien rater du spectacle et bien que le film soit à présent terminé, Haizaki remarqua qu'ils avaient encore des... spectatrices, eux aussi. Les Totally Spies (une blonde, une rousse et une brune...) de tout à l'heure, les hypothétiques étudiantes en cinéma d'après Kise mais sûrement plutôt en « arts » de manière plus généraliste, les mataient... discrètement. Enfin... « discrètement »... ahaha la blague ! Quoi que peut-être pas pour le garçon aux yeux de chat, tout concentré qu'il était sur sa tâche. Mais pour un voyeur opportuniste comme lui, c'était du gâteau de reconnaître des congénères. Haizaki s'autorisa donc à les saluer d'un geste de la main, provoquant gloussements et rougissements en cascade. Ah les petites coquines, elles avaient dégainé blocs notes et crayons. L'une d'elle était d'ailleurs clairement en train de griffonner un dessin, Haizaki pouvait le deviner sans mal à ses mouvements de poignets frénétiques.

Alors... toujours prêt à aider des jeunes filles en mal de CULTURE (il faut bien que quelqu'un se charger de faire leur éducation...), Haizaki passa ses bras derrière sa tête et il s'avachit davantage dans son fauteuil, histoire leur offrir une meilleure vue. Plus... plongeante, disons, sur la démo technique de Kise. Pas sûr que le mannequin kiffe des masses le côté exhib' de son... heu... « partenaire », (Je rappelle qu'à ce stade, Kise n'a toujours pas défini leur relation de manière tranchée.) alors autant éviter au maximum de se faire pincer. Ça pourrait casser l'ambiance... Tiens, c'est marrant d'ailleurs l'ambiguïté de ce mot, « partenaire » : sexuel, amoureux, de jeu, d'entreprise, de braquage... ? You name it ! Et une fois bien assuré de l'attention des demoiselles, le joli cœur de service leur fit signe de rester silencieuses en posant son index sur ses lèvres.

Attention... Prêtes pour le clou du spectacle ? La meilleure partie allait enfin pouvoir commencer...

Enfin, ça dépendait sans doute pour qui...

Car brusquement, ce fut un Haizaki galvanisé par le fait d'avoir un auditoire, qui ENFONCA le visage de Kise sur son sexe, comme pour l'empaler avec. Sans le prévenir, bien évidemment sinon c'est pas drôle.

De surprise, l'as de Kaijo toussa, manquant de s'étouffer avec sa propre salive et le diamètre de l'engin qui força le passage. Il se débattit même légèrement pour contrecarrer l'insertion sauvage. Sa gorge se resserra involontairement autour de l'intrus par automatisme et Haizaki – complètement sourd et aveugle à la détresse de son « partenaire », donc - rejeta la tête en arrière, l'air béat, soupirant d'extase. A ce stade, Kise aurait tout aussi bien pu lui vomir dessus, qu'il s'en serait copieusement tamponné le coquillard avec une pelle à tarte... Niveau compassion, respect et courtoisie, ça se posait là... Allô le Consentement... ? C'est la Brigade des mœurs à l'appareil ! On voudrait parler au type qui vient de se torcher allègrement les pieds sur toi, avec ses gros sabots. Et en ayant au préalable un peu trop marché sur un trottoir fréquenté par tous les clébards errants du quartier, si vous saisissez l'allusion...

Mais plus c'est gros et plus ça passe (dans tous les sens du terme), n'est-ce pas ?

Par conséquent, Kise ne chercha même pas à se rebeller et Haizaki fut malgré tout un peu déçu de son manque de combattivité, mais il préféra néanmoins se concentrer sur le côté positif de cette inattendue soumission.

De toute façon, avec Kise, il fallait rester en permanence aux aguets et ne pas simplement se fier aux apparences. Ce n'était en effet pas parce qu'il ne réagissait pas tout de suite que le décoloré/recoloré se trouvait tiré d'affaire pour autant. Kise était capable de délayer sa vengeance et de la lui faire bouffer non plus froide, mais CONGELEE, au moment où Haizaki l'aurait oubliée ou s'y attendrait le moins... Payée au centuple, avec les intérêts. Méfiance, donc. Il y avait d'ailleurs fort à parier qu'en ce moment même, Kise lui jetait un regard qui voulait dire en substance « CONNARD », mais vu que le brun avait fermé les yeux, (encore une fois, littéralement comme abstraitement...) il ne put en avoir le cœur net. Et nom d'un chien, ce que le fourreau de Kise était... ARIDE. Comme le désert de Gobi. Enfin, celui-là ou un autre quoi... Le contraste avec sa langue baveuse était d'autant plus saisissant.

La gorge et le palais du top modèle formaient conjointement une surface râpeuse, presque comme du papier de verre et il ne fallait donc pas avoir peur de se faire rayer la carrosserie quand on choisissait de venir y garer sa déCAPOTable... Mais que voulez-vous, même si on essaie de donner le change, on ne se refait pas. Du moins, pas complètement. Certains... réflexes... reviennent instinctivement et quand on a été un mauvais garçon pendant toute son adolescence, parfois, les débordements sont inévitables. Saloperie un jour, saloperie toujours ! Kise en avait les larmes aux yeux, mais Haizaki ne relâcha pas la pression. Tout juste le gratifia t-il de quelques mots doux et de tapes sur la tête. Non, même pas des caresses, ni de gratouilles sur le menton. Le tyrannique Haizaki le prenait VRAIMENT pour le gentil toutou à son pépère, qu'on félicite de ne pas avoir chié sur le trottoir, justement, mais d'avoir bien su viser le caniveau.

Haizaki pensait donc pouvoir continuer à prendre son pied tranquillou Billou, pour rester dans la métaphore pédestre. Sauf que le Destin (ou autre chose...) en décida différemment, car tout à coup... il sentit la brûlure caractéristique de quelque chose de d'insidieux essayant de pénétrer en lui. De LE pénétrer, en se frayant un chemin entre ses entrailles réfractaires. De s'y insinuer avec la subtilité d'un engin de chantier. De démolition le chantier, hein. Etonné, il rouvrit les yeux pour comprendre à quoi il avait à faire et son regard croisa celui de Kise. Malicieux et larmoyant, certes, mais malicieux quand même ! Bon bah la revanche du Kitsune volume 2910 était venue plus vite que prévu, mais ce n'était pas pour déplaire à Haizaki.

Au départ, il avait pensé à une erreur, à un geste maladroit (ouais, non, ça, ça l'était clairement par contre ahah...), involontaire. Que le Force Jaune des Miracles allait lui sortir un truc du style « J'ai glissé, chef ! » La famosa excuse entendue mille fois par les radiologues, chirurgiens et proctologues du monde entier, si bien qu'elle a fini par devenir leur devise officielle ! Mais non, rien de tout cela. Kise semblait même plutôt fier de sa petite vengeance. Qu'à cela ne tienne, Haizaki lui emprisonna brusquement le poignet et se pencha, se courbant au maximum au-dessus de lui pour marquer sa dominance et accessoirement, glisser à son oreille :

« Trois doigts, à sec et sans ma permission, sérieusement ? C'est tout c'que tu peux faire Chaton ? Un conseil : tente directement le fisting anal la prochaine fois que tu veux marquer ton mécontentement... »

« C'était soit ça, soit je te mordais carrément la queue. Mais je me suis ravisé en me disant que tu aimerais sans doute beaucoup trop cette solution là... » Répondit Kise en délaissant ce qu'il avait en bouche l'espace d'un instant. « Et moi pas du tout. Et c'était pas l'but recherché. »

« Ahahah, ça c'est bien vrai ! Hey, mais c'est qu'tu commencerais presque à m'connaître, mine de rien ! »

Et de reprendre en ondulant du bassin pour l'aider à mieux s'ancrer en lui :

« Allez maintenant, applique-toi Ryota... on a du public... Et je n'voudrai pas le décevoir. »

Il fit un signe du menton en direction des Spice Girls (ère post-départs de Geri et Mel C) pour enfoncer un peu plus le clou rouillé de la honte dans le joli cercueil de Kise.

...

... Bon, PETIT APPARTE, je tiens tout de même à rappeler que nous étions censées assister au fameux dîner de charité que je tease depuis au moins trois chapitres, mais vu qu'on en est déjà à 21500 mots et des brouettes, (Thaïlandaises...) ce n'est pas encore aujourd'hui qu'on y aura droit ! La faute à vouloir décrire une PIPE de façon trop détaillée, enfin, pas tant que ça d'un point de vue strictement physique vous l'aurez bien compris, mais plutôt sur l'aspect de ce qu'elle représente et implique réellement pour nos deux zozos.

ET J'AI MÊME PAS ENCORE FINI LA ! ARRRGH !

Haizaki n'avait vraiment pas tenu longtemps avant de vendre la mèche du bâton de dynamite. Voulait-il humilier Kise ? Le forcer à renoncer ? Le punir pour son outrecuidance ? Et puis d'abord, pourquoi fallait-il qu'invariablement, le sexe soit un tel objet de discorde entre eux ? Même lorsque tout pourrait bien se passer, NORMALEMENT, à la manière des gens banaux, (un cheval, des chevaux...) noooon, trop facile, voyons ! Et facile égale chiant. Il y avait donc obligation que ça merde quelque part, à un moment.

C'est qu'ils en CREVERAIENT sûrement d'ennui sinon les pauvres loulous... et au lieu de régler leurs différends, je sais pas moi... sur un terrain de basket par exemple (je suggère ça TOTALEMENT au hasard...), aux cartes ou au Beyblade, peu importe, encore un fois, il fallait que le cul soit le théâtre et l'enjeu de leurs affrontements. Aucun des deux ne voulait lâcher l'affaire, lâcher le pouvoir à l'autre et alors ooook, c'est pareil avec l'AoKaga, me direz-vous et ça en est même le principe conducteur mais eux au moins, ils ont la DECENCE de ne pas mêler le fion à tout ça. N'y d'en faire l'objet de leur discorde !

Alors, je vous (en supplie à genou) le demande, EST-CE QUE QUELQU'UN POURRAIT LEUR EXPLIQUER QUE CE N'EST NI LE MOMENT, NI L'ENDROIT POUR SE LIVRER LEUR PETITE GUEGUERRE PUERILE ET TOTALE ? Qu'ils se prennent un peu plus les fesses et un peu moins la tête, les Light Yagami et L du « Zgegnote » ! Crénom, c'est vrai ça : cette fanfiction est en train de se muer peu à peu en « Kaguya sama », version adulte(s) (tordus) ! Et c'était pas du tout l'effet voulu !

Raison de plus pour laquelle Kise devait mettre un terme à sa frustration dès que possible et ne plus retarder ce moment davantage.

Bien loin de se stopper en se sachant épié par quatre paires d'yeux avides, il se ré-attela à sa traite. Non sans avoir demandé à Haizaki de le prévenir de sa montée de lait. Le moment précis où il déborderait de la casserole quoi. Tout en sachant très bien que le brun ne le fera certainement pas...

Et puis bon, avouons que c'est assez bizarre aussi... une expérience insolite à part entière... d'entendre un autre gars prononcer à littéralement deux secondes d'intervalle les mots « atroce » et « encore », dans la même phrase, pour l'encourager à... poursuivre... ? Cela lui demanda un petit temps d'ajustement et d'adaptation dans son cerveau, sans compter la désagréable piqûre d'orgueil qu'il ressentit... Mais parfois, Haizaki venait lui caresser les lèvres du bout du pouce et d'autres fois encore, ce furent ses cheveux ou sa joue. Tendrement. Avec la douceur d'une plume. Et ça, c'était... plutôt agréable par contre... ? Alors il ferma docilement les yeux et prolongea son activité, mettant tout son cœur, toute son âme, à MAL le satisfaire, puisque c'est précisément ce qui était attendu de lui. Il alterna entre coups de langue légers et succions plus franches, calquant alors son rythme sur celui des doigts qu'il gardait chaudement en Haizaki, comme pour mieux pouvoir capter et guider ses réactions.

Et s'il y avait une chose qu'on ne pouvait pas enlever à Haizaki Shogo, c'était bien d'être particulièrement expressif en toutes circonstances et danser le TANGO DU DIABLE n'y faisait pas exception. Que ce soit par ses gémissements ou ses mots lorsqu'il utilisait sa bouche, ou encore par la façon qu'il avait de se contracter autour de Kise... il demeurait facile de toujours savoir où on en était avec lui. La douleur et le plaisir se rencontraient et flirtaient en brouillant les pistes, si bien que Kise, s'il savait effectivement où il en était, ne savait plus trop COMMENT, par opposition. Mais Haizaki se montrait beaucoup moins assertif et dominant, signe que tout à l'heure, il n'avait pas cherché à le forcer mais simplement à le titiller. A prendre le dessus. Ou à faire semblant de l'avoir. Parce que celui qui contrôlait et manipulait vraiment les désirs de l'autre en cet instant, c'était bien Kise.

Et galvanisé par cet ascendant. C'est sûrement ce qui explique pourquoi le mannequin ne recula pas tout de suite quand Haizaki le prévint. Une fois. Deux fois. Des spasmes agitaient dangereusement sa chair. Tout son corps paraissait sur le point de lâcher. Lâcher prise, lâcher son offrande. Or, Si Haizaki avait tenu sa part du contrat, Kise lui... s'entêta. Jamais ces deux-là ne parvenaient à s'accorder et c'était ce décalage perpétuel qui compromettait leur harmonie. Alors ce qui devait arriver, arriva. Haizaki fut obligé de recourir à la force, ce que Kise avait justement cherché à éviter toute cette journée. Il tira sur la tignasse de Kise pour le contraindre à s'éloigner. Une façon de tirer la sonnette l'alarme également, qu'il espérait suffisamment parlante.

Malheureusement...

S'il enregistra bien le message, Kise fut un peu LONGUET à la détente et il libéra sa friandise au pire moment.

« AAAAAAAAAAAAAH ! »

Et non, au cas où vous vous poseriez la question, ceci n'est pas un cri d'orgasme. De douleur, oui, mais pas la douleur par laquelle on peut éprouver du plaisir.

Et il ne provient pas non plus d'Haizaki.

Kise se tint l'œil gauche et aussitôt, Haizaki comprit son « méfait ».

Fuck, le pauvre ! Dans le feu de l'action en voulant instaurer une distance entre lui et Haizaki comme convenu avant le bouquet final, le coup était parti trop vite et SPLASH, en plein dans les mirettes ! Le brun lui prit les mains pour essayer d'entrevoir les dégâts et l'empêcher d'en produire davantage en se frottant la partie meurtrie, mais...

« Merde, merde, merde ! J'suis désolé Ryota ! Dis-moi pas que j'viens d'te crever l'œil !? »

« ... S'il est crevé, c'est MOI qui te crève ensuite ! Alors PRIE pour que ce ne soit pas le cas... » Rugit Kise, avant de se laisser terrasser par son agonie. « Aïe... aïe... bon sang... ça piiiiiique ! On dirait de l'aciiiiide ! »

« Raaah mais laisse-moi voir ! Essaie de garder l'œil ouvert et cesse de gigoter comme ça ! » Le somma le fautif.

Manquait plus qu'il devienne BORGNE... avec un œil en moins, sa carrière déjà mourante serait définitivement foutuuuuuue ! Et si ça s'infectait et que ça se transformait en cancer du cerveau, en remontant via le nerf optique !? Oui, Kise Ryota, toujours à fond dans le drama... Au pire, il devrait songer à se reconvertir dans l'acting...

Haizaki maintint donc le globe oculaire du blond bien ouvert et il regarda dedans du mieux possible. Mais bon... dans la pénombre ordinaire du cinéma, on ne pouvait pas vraiment dire que cette entreprise fut couronnée de succès. Aussi, dégaina t-il son téléphone portable, réglé sur position « LAMPE DE POCHE » avant de l'orienter sans la moindre délicatesse, droit sur le visage de Kise...

... qui HURLA à nouveau, ébloui par la lumière puissante de l'appareil. (Pas prévu pour des auscultations médicales...) C'est vrai qu'il manquait « se faire cramer la rétine » sur la fameuse liste de ses traumas personnels liés à Haizaki...

Borgne ET aveugle donc maintenant, allons-bon...

« Putain, mais POURQUOI je te fais encore confiance ? Je devrai pourtant le savoir, depuis l'temps ! A chaque fois, c'est pareil : je baisse ma garde, me laissant naïvement tenter par tes beaux discours... »

« ... Heu j'ai rien eu à dire pour te convaincre, là... » Le coupa Haizaki.

Être précis, c'est important ! Et à ce niveau-ci, Haizaki n'était pas responsable. Pour une fois...

« ... Et après, j'en suis le premier puni ! Et toujours le seul à payer les pots cassés ! » Déplora Kise sans interrompre sa tirade.

« Hé ho, ça va hein ! C'est toi qui avais proposé de me sucer, j'te rappelle ! Moi j't'ai forcé à rien ! » Se défendit le jeune homme à la mauvaise foi légendaire. « Alors arrête de chouiner quand j'essaie juste de t'apporter mon aide ! »

« Ton aide ? Sucer ? Tu appelles le fait de m'ENUCLEER par éjaculation, « aider » ? Et explique-moi en quoi ça fait partie du processus de « sucer »... !? »

Mesdames et (rares) Messieurs qui lisez cette histoire, je n'aurai jamais cru écrire cela un jour mais... c'était en affichant ce genre de comportement, qu'Haizaki et Kise faisaient passer Aomine et Kagami pour des GENIES ! Des Prix Nobel de PHYSIQUE QUANTIQUE !

« Excusez-moi... » Fit une petite voix timide.

Trop occupés à se chamailler comme deux gros chats de gouttière, aucun d'eux ne remarqua qu'on venait de s'en approcher. Il fallut que le nouvel intervenant tapote sur l'épaule d'Haizaki pour qu'il daigne lui prêter l'oreiller. Enfin LA nouvelle intervenante...

« Ouais, c'est pour quoi ? Parce que c'est pas franchement le moment, là... »

C'était la rousse, « Alex », la cheffe des Totally Spies !

« Tenez... »

Elle lui tendit innocemment un mouchoir à Haizaki.

« Dis donc fillette, tu crois pas qu'j'ai mieux à faire, là tout de suite, que de m'essuyer la bite... !? » Lui lança t-il sans comprendre.

Ladite « bite », toujours en train de prendre gaiement l'air, au passage.

Mais la fille lui fit signe que c'était pour Kise et elle montra également une bouteille d'eau minérale dans son autre main.

Ah...

LA BOULETTE.

Mais Haizaki n'était pas du genre à s'embarrasser de gêne. (d'embarras... ? LOL) Nan, ça, il le laissait à Kise d'habitude. Tout comme il lui laissa le mouchoir imbibé d'eau de la rouquine, (enfin, ce n'était pas son EAU à elle, hein...) pour se rafraîchir un peu... que dis-je, nettoyer la cornée.

« Et il... il y a heu... des toilettes au bout du couloir, première porte à gauche. » Ajouta t-elle EN LE FIXANT DROIT DANS LES YEUX POUR EVITER DE LOUCHER AILLEURS.

« Ah heu... merci Machine. T'es pas très belle, mais au moins tu es serviable ! Continue comme ça et j'suis sûr que tu arriveras à te trouver un copain avec qui tu feras pareil que nous, un jour ! » Lança t-il, gratuitement.

Soit, en substance : « Merci la gueuse, tu es un laideron, mais tu es bien bonne ! »

Heu ouais... sauf qu'elle n'avait rien demandé, pauvrette...

Mais bref, ne nous attardons pas davantage sur le manque d'éducation d'Haizaki. Je veux dire, à cette étape de l'histoire, it's a given après tout. Il se dépêcha plutôt de remballer le matos, puis d'emmener Kise se rincer l'œil.

De manière littérale je précise, hein. Pas comme les trois nanas, quoi. Parce qu'elles se l'étaient bien rincé, elles, l'œil, et même les deux yeux à la fois, grâce à leur petite démo si gracieusement offerte.

Haizaki tenait son compagnon par la main pour mieux l'escorter. Ahhh nostalgie quand tu nous tiens (toi aussi) ! Ça lui rappelait quand il avait accompagné Kise pisser dans les bois, lors du camp d'entraînement d'été, situé à la montagne ! Non, vraiment, quel gentilhomme courtois il faisait... Toujours prêt à voler au secours de ses congénères en détresse ! Ce fut donc sans encombre qu'ils atteignirent leur oasis en plein désert. Parce qu'il était tout bonnement hors de considération que Kise se rende ENCORE à l'hôpital ou même plus simplement, chez le médecin !

Il l'avait plus vu en un mois de cohabitation avec Haizaki à peine, qu'en presque vingt-sept ans d'existence ! Non cette fois, il allait se débrouiller tout seul en se soignant avec les moyens du bord. Une fois isolés dans les toilettes du cinéma – qui abritait un distributeur de capotes, drôle de choix de lieu quand même, mais bien pratique... aaaah si seulement ils l'avaient su avant ! – Kise se passa de l'eau claire dans l'œil, tandis qu'Haizaki attendait, adossé à la porte pour empêcher quiconque d'entrer.

Son téléphone à la main.

Encore...

« Waaah tu savais que la vitesse moyenne du sperme au moment de l'éjaculation est de 49,8 km par heure ? Soit plus rapide qu'un jaguar lancé en pleine course ! Un éjaculat humain parcourt en moyenne la distance de 18 à 25 centimètres, mais le record mondial est de 5,4 mètres... Et ben mon cochon, on peut dire que t'es pas passé très loin du drame en fait ! »

« Et je suis RAVI de l'apprendre... » Fit Kise en regardant dans le miroir.

Sacrebleu... pas étonnant donc, d'après WikiZaki, qu'il ait l'œil aussi ECLATE alors... Car des vaisseaux sanguins semblaient y avoir explosé, suite à leur violent impact avec un corps étranger qui n'avait rien à faire là... Comme une comète prise dans un gang bang... heu un big bang !

« Non mais regarde-moi cette boucherie... j'parie que j'ai l'air d'un ado qui aurait passé son week-end à fumer de la Marijuana avec ses potes, au lieu de réviser ses exams... »

« C'est vrai qu't'es vachement rouge... Hmm... p't'être que t'es allergique ? »

Lui, allergique au sperme, maintenant ? Quelle situation hautement improbable ! Pas que Kise se fasse des masques de beauté avec d'habitude, mais il avait déjà été victime d'accidents assez similaires par le passé et fort heureusement, jamais sa peau n'avait fait de réaction. Cependant... allez savoir... c'était d'Haizaki dont on parlait là... Son éternel rival, doublé du type qui mangeait le plus mal qu'il connaissait. Et qui avait laissé traîner son service trois pièces... chez bien des traînés à l'hygiène peu recommandable. Oh, simple précision : je n'ai volontairement pas mis de « e » à « traînés », car Kise estimait que tous les sexes se trouvaient concernés.

Beurk... Kise fit une moue dégoutée.

« Si jamais tu m'as transmis une IST... »

« Mais naaan relax, ça s'refile pas par les yeux ! »

« Qu'est-ce que tu en sais !? »

« Tu veux que j'demande à Doctissimo ? »

OULA NON MERCI SANS FACON ! Ce serait encore pire que Wikipedia et le coup précédent du cancer cérébral inventé de toutes pièces par Kise, risquerait bien d'y être réellement répertorié...

« Non ! » Réagit un peu vite Kise, en élevant le ton avant de se raviser. « Je... je veux juste que tu arrêtes de me tourmenter... »

Ouch, il en avait trop dit là, c'était aussi parlant qu'un aveu de faiblesse ! Et pourquoi pas lui filer le code secret de sa carte de crédit tant qu'il y était aussi, n'est-ce pas ? (Heu... non, ça n'a aucun rapport Kise, du calme !)

« Hein ? »

« Rien... erm... je voulais dire... je ne pense pas pouvoir aller à la petite sauterie de Miss Robinson dans cet état... »

« Quoi ? Comment ça !? Bien-sûr que si, tu vas m'accompagner ! Hors de question que j'aille me casser l'cul tout seul, sale lâcheur ! Hey j'te signale que j'ai respecté ma part du contrat, moi ! Je t'ai vraiment prévenu, c'est juste toi qui as rechigné à lâcher ta sucette à temps ! Et puis merde quoi, t'as quasiment rien, alors arrête ta petite comédie à deux balles ! Ça aurait pu être bien pire ! »

« Pire ? J'vois difficilement de quelle manière ! »

« Bah heu... j'sais pas moi... t'aurais pu avaler, genre. »

Nouveau « AAAAAAAAAAAAAHHH ! » de la part de Kise, mais la version muette cette fois. Ce furent uniquement ses yeux qui crièrent en silence.

« De travers, avaler d'travers, c'est seulement à ça que j'pensais ! » Essaya de se rattraper Haizaki.

Comme s'il y avait encore quelque chose à rattraper dans tout ce foutoir, pfff...

« Mais j'peux pas y aller comme ça quand même ! Je n'suis absolument pas présentable ! »

Ouais enfin... ce n'était pas comme si quelqu'un pouvait deviner qu'il venait d'être victime d'un malencontreux bukkake oculaire...

« Hmm... Nan, t'as parfaitement raison sur ce point... Ca fait mauvais genre... » Un peu trop vite convaincu pour être honnête, mais aussitôt Haizaki se lécha le pouce. Toujours un mauvais signe et signe surtout, qu'il avait une SALE idée derrière la tête... Et en parlant d'idée... « Mais rassure-toi parce que j'viens d'avoir une super une idée... »

BEN TIENS QU'EST-CE QUE JE VOUS DISAIS JUSTEMENT !?

Mais ça, Kise demandait à voir.

Et pas d'un très bon œil...

Quand Kise se pointa face à Miss Robinson cet après-midi là, Dame Vivi haussa un sourcil dubitatif dont le tracé parfait de l'arc rappelait un accent circonflexe.

« ... Un cache-œil, vraiment ? »

Un bandeau de pirate, en fait. Sans doute déniché à la va vite dans une boutique de farces et attrape...

« Heu ouais... tu vois Viv', c'était un regrettable accident... Moi et Ryota on entretenait un peu le jardin du le Penthouse, quand je lui ai mis par inadvertance mon GROS tuyau d'arrosage dans l'œil. Il m'a bêtement échappé des mains, tu sais c'que c'est, ce sont des trucs qui arrivent... »

Ah, si le ridicule pouvait tuer, Kise serait déjà mort et enterré !

Ou non, plutôt Haizaki quitte à choisir ! Parce que s'il y avait bien quelqu'un qui devait passer l'arme à gauche ici et se sentir RIDICULE, c'était l'incorrigible brun et ses combines débiles !


« Hmm... »

La vieille heuuu... pardon, la momie... non, pas ça non plus... la « femme d'expérience », ouais c'est mieux ça, sembla croire à ce vilain mensonge malgré son niveau de crédibilité proche de la probabilité de dégoter une pucelle dans une maison close... Elle s'éloigna donc, laissant ses deux invités la suivre à leur rythme et Kise soupira, avant de s'adresser à Haizaki en Japonais, pour que cette conversation reste entre eux :

« Shogocchi-choupiiiiiinou ? » Appela donc le beau mannequin d'une voix suave. « Ça te dirait d'être le soleil qui illumine ma vie ? »

Sourire radieux à l'appui.

Et Haizaki ne marcha pas, non, il COURUT façon Usain Bolt qui serait victime d'un dérangement intestinal...

« Ah ouais, carrément qu'çe m'ferait envie ! »

Le blond lui était sans doute reconnaissant de l'avoir si bien épaulé toute la journée. Quoi de plus normal, après tout ? Rien d'étonnant donc d'après Haizaki de recevoir une telle proposition, laissant présager de bien plus encore...

« Alors reste bien à 149597870,7 km de moi ! » (Essayez de dire ce chiffre à voix haute, c'est encore plus marrant !) Eructa Kise, poing serrés.

Et de s'éloigner également, mais en pestant comme la diva qu'il était.

Bon... remarquez qu'Haizaki ne s'en plaignit pas. C'était de bonne guerre entre eux, la punchline était totalement valide et en plus, cela lui permit de reluquer le fiak du renard lorsque ce dernier passa devant lui.

Que demander de plus, franchement... ?


26000 mots. Pas mal, mais peut mieux faire.

Alors ouiiii je sais, le fameux dîner de charité tellement teasé était censé avoir lieu dans ce chapitre, mais... vous commencez à connaître la chanson, que dis-je, la sempiternelle excuse : JE ME SUIS LAISSER EMPORTERRRRRRRR !

Donc au final, on a presque 46 pages Word (en tout), dont une bonne moitié passée sur une... pipe.

Voilà, voilà, je vous laisse y réfléchir très fort et en tirer les conclusions que vous voudrez !

En ce qui concerne les notes de fin de chapitre cette fois :

- Vous commencez à le savoir : je suis une lectrice (raisonnable et occasionnelle) de manwha BL. Donc le coup de Zaki qui demande à sa copine de le pépon très mal, c'est une référence à "Under the Greenlight" que je vous recommande chaudement ! Dedans, notre cher protagoniste Jin, mafieu de son état, s'éprend d'un étudiant en arts... bien pourvu, dirons-nous pour rester correctes. Mais inexpérimenté. Et gauche. Désireux de plaire à son amant cependant, ce dernier décide de se prendre en main (dans tous les sens du terme) et de s'exercer. Sauf que le Jinou, bah il réalise que ça ne le gêne pas du tout, en fait ! Au contraire, ça l'exciterait même un peu finalement ! C'est pourquoi, il demande à l'une de ses conquêtes d'un soir de se montrer aussi maladroit que Matty son étudiant chéri. J'aime beaucoup le message que cela sous-entend = I love you just the way you are. To me you are perfect, so don't change ! Tellement positif dans ce monde de la performance à tout prix !

- Ouais, je continue sur ma lancée avec Kise = nul au lit. J'aime bien. Ca contraste tellement avec son physique parfait et irréprochable...

- Boooooon avant de ne devoir essuyer une shit storm polémique qui n'a pas lieu d'être : NON Haizaki n'a pas forcé Kise ! C'était plus par jeu qu'autre chose et pour le surprendre, mais Kise était bien consentant puisque c'est lui-même qui a initié l'action. Sauf qu'il faut bien que je rappelle à votre bon souvenir (et à celui de Kise...) qu'Haizaki est une sale race de temps en temps... Je vous rassure, il ne lui a pas fait mal et ne l'a pas traumatisé non plus. C'était plus comme un prank on va dire.

J'espère malgré tout que cela vous aura plu.

Et à la prochaine pour le dîner de charité pour de vrai cette fois !

As always : reviews are les bienvenues et merci d'avoir lu !