Ce texte avait été écrit pour les 24h du FoF de cet été. Je n'avais jamais pris le temps de le corriger, mais c'est chose faite, à présent :)
Un immense merci à Moira-chan ! Comme toujours, ta bêta est juste parfaite :)
Je vous souhaite une bonne lecture...
Thème : Tôt le matin
Réveil matinal
Shizuo ouvrit lentement les yeux. Tiré de ses doux songes, il fronça les sourcils. Il se sentait encore si fatigué. Un coup d'oeil au réveil lui apprit qu'il n'était que cinq heures du matin. Non, ce n'était clairement pas une heure décente pour se lever. Il se retourna alors, bien décidé à replonger dans un sommeil mérité. Mais, à ce moment-là, il remarqua qu'il était seul. Il tiqua. Il tendit une main pour toucher le matelas. Il était déjà froid. Shizuo soupira. Bien sûr, il savait qu'Izaya se levait tôt, mais il n'avait jamais réalisé que c'était à ce point-là. À moins qu'aujourd'hui ne soit une exception...
L'envie de se rendormir finit par le quitter. Le besoin de savoir où se trouvait Izaya était plus fort que le reste. D'un geste paresseux, il repoussa alors la couverture et quitta le lit. Shizuo avait pourtant l'habitude de se réveiller seul le matin, mais, même après tout ce temps, il n'aimait toujours pas ça. Il rêvait tant de pouvoir paresser sous les draps avec Izaya avant de devoir commencer sa journée. Seulement la puce ne lui en avait jamais laissé l'occasion. De manière générale, Izaya n'était pas très... affectueux. Shizuo sentait bien qu'il avait besoin de temps. Même si ce n'était pas toujours simple, il faisait donc de son mieux pour respecter son rythme. Mais ça ne l'empêchait pas d'être inquiet pour lui. Il était, après tout, bien conscient de l'état dans lequel la puce se trouvait...
Ça faisait presqu'un an, à présent, qu'Izaya était revenu à Ikebukuro. Blessé, mais bien vivant. Le soulagement avait envahi Shizuo et, petit à petit, ils avaient tous les deux tenté de reconstruire leur relation. Après ce combat horrible, après avoir manqué de le tuer, Shizuo n'aurait jamais cru qu'ils puissent devenir aussi proches. Et pourtant... Shizuo ne s'était jamais senti autant en phase avec quelqu'un. Au point de penser qu'Izaya était tout ce dont il avait toujours eu besoin. Ils se complétaient. Cependant, malgré toute la puissance de ses sentiments, Shizuo n'était pas aveugle. Il voyait bien que leur relation était encore fragile. Et qu'Izaya lui-même... était différent. Bien sûr, l'informateur n'en parlait pas, mais Shizuo voyait bien qu'il se tendait parfois, que ses yeux s'attardaient un peu trop longtemps sur ses mains lorsque la tension montait entre eux. Shizuo ne pouvait pas lui en vouloir, même si, à chaque fois, ça lui faisait mal. C'était de sa faute et il devait l'assumer.
Shizuo ne s'était plus jamais mis en colère comme autrefois. Le fait d'avoir été si loin avait été comme un électrochoc pour lui. Aujourd'hui, il voulait juste prendre soin d'Izaya. Il avait tellement peur de le briser, à nouveau. Pourtant, il ne doutait pas qu'Izaya était aussi fort qu'avant. Mais le temps qu'Izaya lui-même s'en rende compte, il comptait faire doublement attention à lui.
Et ce fut cette pensée qui le guida lorsqu'il se mit à parcourir l'appartement du brun. Au bout d'un moment, il l'aperçut sur le balcon, le regard perdu sur la ville. Shizuo sourit avec douceur. Il aimait tant voir Izaya comme ça. Contemplatif. Il était si beau. Shizuo s'approcha alors de lui. Mais quand il le rejoignit sur la terrasse, il put voir le corps d'Izaya se crisper sous l'effet de la surprise. Il s'arrêta aussitôt. Son cœur se serra. Après tout ce temps... ça lui faisait encore si mal. Il voulait tant qu'un jour Izaya n'ait plus peur de lui. Mais il savait que c'était un souhait égoïste. Quelque part, il n'avait que ce qu'il méritait.
« Tu ne dors pas ? murmura-t-il après quelques secondes.
—Comme tu peux le voir, Shizu-chan », se moqua Izaya.
Sa voix était un peu basse. Shizuo se demanda s'il était arrivé à un mauvais moment. Izaya avait l'air un peu tendu.
« Qu'est-ce qui se passe ? lui demanda-t-il alors.
—Rien. »
C'était un mensonge. Un de plus. Izaya n'était jamais honnête envers lui quand il allait mal. Shizuo souhaitait tant qu'il parvienne à lui faire confiance. Mais il savait qu'il devait se montrer patient. Et puis, même si Izaya ne lui disait rien, Shizuo arrivait à le comprendre de mieux en mieux. Il en était persuadé, à présent. Izaya pensait à leur dernier combat avant qu'il n'arrive. Shizuo hésita. Peut-être qu'il devrait retourner dans la chambre. Il ne voulait pas s'imposer. Si Izaya voulait de l'espace, il lui en donnerait. Oui. Ça le frustrait, mais si c'était ce dont Izaya avait besoin, il s'effacerait. Seulement, lorsqu'il fit un pas vers le salon pour le laisser seul, Izaya reprit la parole :
« Tu peux rester. »
Shizuo l'observa un moment, mais Izaya ne se tourna pas vers lui. Son regard restait rivé sur les rues en contrebas. Il semblait si vulnérable en cet instant. Sans hésiter, Shizuo se rapprocha alors de lui. Il ne supportait pas de le voir comme ça. L'une de ses mains se leva ensuite. Ses doigts tremblaient un peu lorsqu'ils se posèrent en douceur sur son dos. Ils lui avaient causé tant de dégâts. Mais Izaya ne sursauta pas. Il ne le repoussa pas non plus. Encouragé par sa réaction, Shizuo posa sa deuxième main et lentement, il les glissa toutes les deux jusqu'à son ventre, l'enserrant de ses bras. Il sentit, avec soulagement, Izaya se relâcher dans son étreinte. Shizuo pencha un peu la tête et mit sa joue sur le haut de ses cheveux. Il respira son odeur.
« Je t'aime. »
Izaya frissonna contre lui. Même si Shizuo lui avait déjà dit ces mots un nombre incalculable de fois, ça lui faisait toujours le même effet. Il finit par redresser la tête, levant les yeux vers lui. Son regard était rempli d'une douceur qui désarçonna Shizuo.
« Moi aussi », souffla-t-il du bout des lèvres.
Shizuo lui sourit. Il embrassa ensuite tendrement son front, avant de resserrer un peu son étreinte. Izaya se blottit tout contre lui. Leurs corps se fondaient presque l'un dans l'autre. Le silence les entourait, mais il était plaisant, réconfortant.
À l'horizon, le soleil se levait, mais Shizuo ne le regardait même pas. Ses yeux étaient rivés sur Izaya. Il prenait son temps pour le toucher, pour l'embrasser, pour l'étreindre. Il voulait tant lui montrer tout son amour. Izaya était désormais totalement détendu contre lui. Le soleil se reflétait dans son regard. Il était tout simplement magnifique.
Shizuo savait qu'ils avaient encore un long chemin à parcourir. Cependant, tant qu'Izaya le laisserait l'atteindre, rien ne lui semblait impossible. Ils devaient juste laisser le temps faire son œuvre. Ce serait peut-être long, mais... mais Shizuo était prêt à l'attendre toute sa vie.
Tout en se perdant contre lui, Shizuo se mit alors à espérer de toutes ses forces qu'il y aurait encore tant d'autres matins comme celui-ci...
