Chapitre 8 : Comprendre, accepter, se rebeller…

Harry/Drago

Drago ferma les yeux pour essayer d'effacer ces mots qui semblaient s'être inscrits d'eux-mêmes sur sa rétine. Il ne savait pas grand-chose sur le sort de rencontre, juste que cela réunissait deux personnes. Mais ce foutu bouquin venait de l'éclairer bien plus qu'il ne l'aurait voulu.

Il se retint de se frapper le front avec ce maudit livre. Encore, s'il avait été lié à Potter à cause de ce directeur de mes deux, ça aurait pu aller. Mais que ce Gryffondor à la noix soit son âme sœur, ça, il ne pouvait le tolérer ! C'était tout bonnement impossible, improbable, infaisable, irréel et complètement irréalisable !

Ce sort de rencontre devait être bigleux, aussi myope que Potter avec ses verres de bouteilles ! Bordel, ils se détestaient, était-ce si compliqué que ça à comprendre ?! Le monde courrait vraiment à sa perte.

Et ce gâteux de directeur, non mais, pour qui se prenait-il ? On ne lui avait jamais appris qu'il ne fallait jamais jouer avec la nourriture ? Eh bah avec la vie des gens, c'est pareil ! Heureusement qu'il n'avait plus sa baguette, sinon il en aurait fait de la chaire à saucisse de ce vieux lunatique bonboncitronophile !

Le Serpentard se leva d'un bond, exaspéré. Il fallait absolument qu'il passe sa colère sur quelque chose ou sur quelqu'un !

Son visage s'étira tout à coup dans un sourire machiavélique : il n'y avait que Potter à sa portée et comme quoi, il y avait du bon à être enfermé avec son souffre douleur attitré.

Ravi à la perspective de se lancer dans une énième joute avec son ennemi personnel, le Serpentard se mit à chercher des yeux le Gryffondor. Il ne devait pas être bien loin, il ne pouvait pas sortir d'ici de toute manière !

Son regard se posa sur le fauteuil que le brun occupait tout à l'heure, mais celui-ci était vide. Agacé, Drago se rendit compte qu'il était seul. Oh non, Potter n'avait pas pu s'échapper et l'abandonner ici comme un vieux Dragée de Bertie Crochue ! Il avait des ressources magiques et une chance inouïe mais tout de même !

Le Serpentard aperçut alors une voûte de pierre qu'il ne se rappelait pas avoir invoquée. Il s'approcha suspicieusement, craignant un peu que Dumby ait eu une autre magnifique nouvelle idée qui l'aurait transporté dans une dimension parallèle l'enfermant dans un placard à balais avec Potter. Heureusement, la voûte semblait inoffensive, si ce n'est qu'elle se prolongeait en un long passage qui lui rappelait vaguement un couloir d'un des étages de Poudlard. Sans parvenir à mettre le doigt dessus, il s'avança, suivant les flambeaux vacillant légèrement à son passage.

C'est lorsqu'il passa devant un tableau représentant un fond marin qu'il se rappela : il était dans la réplique exacte d'un couloir du sixième étage, couloir ayant pour caractéristique de posséder plusieurs fenêtres donnant sur le lac et des recoins pour s'installer et admirer la vue, et accessoirement très pratiques pour s'encanailler et y faire plein de choses pas très catholiques…

Intrigué, il poursuivit son chemin en se demandant pourquoi le Gryffondor avait voulu se retrouver dans cet endroit en particulier. Il marcha pendant un petit moment sans rien trouver, assez étonné de voir que la salle sur demande pouvait s'étendre ainsi sur plusieurs dizaines de mètres. Cela devait sans doute venir des « fabuleuses et génialissimes » améliorations apportées par le directeur gâteux.

Enfin, cet interminable passage fit un crochet et Drago sentit confusément, sans trop savoir comment, que Potter se trouvait là, de l'autre côté. Il ralentit le pas et se félicita mentalement de sa capacité légendaire à marcher sans faire trop de bruit. Voyons, un Malfoy, ça ne traînait pas les pieds !

Le Serpentard s'arrêta à l'angle et se colla à la paroi. Il ne savait pas exactement pourquoi il faisait cela mais en tous cas, ça l'amusait beaucoup !

Il retint sa respiration et jeta un rapide coup d'œil de l'autre côté du mur. Il eut le temps de voir Potter assis sur le rebord de pierre, entourant ses genoux de ses bras, regardant au dehors à travers une fenêtre aux vitraux colorés.

Le Serpentard fit la moue : Potter avait décidé de se la jouer mélancolique ou quoi ?! Même pas fun ! Il allait se faire un plaisir de le sortir de sa léthargie gnangnan…

Drago sortit alors de sa cachette avec un sourire moqueur, mais avant qu'il ait pu dire quoi que ce soit, la voix sombre du Gryffondor le coupa dans son élan :

- Ca t'éclates d'espionner les gens Malfoy ?

Agacé qu'il lui ait gâché son entrée théâtrale, il répliqua avec un air narquois :

- Mais je n'espionne pas, vois-tu, je me baladais tout simplement !

- Oh oui, je n'en doute pas une seconde…

- Eh bien, oui je n'ai que ça à faire, vu qu'un vieux timbré n'a rien trouvé de mieux à faire que de m'enfermer ici avec toi !

- Justement, tu devrais être à l'autre bout de cette maudite salle, à essayer de trouver une solution pour ce sort absurde.- fit calmement Harry, toujours sans accorder un regard au Serpentard, qui commençait à s'énerver de cette indifférence.

- Il semblerait qu'il n'y ait pas de solution.- répliqua Drago avec colère, serrant les poings.

- Et face à cette découverte, tu t'es dis, quoi de mieux que d'aller faire chier ce Gryffondor à la con pour passer mes nerfs !

Drago fit la moue, surpris que Potter ait aussi bien compris ses intentions. Harry tourna alors la tête vers lui et le regarda sans animosité aucune, juste ces yeux verts qui pour une fois ne disaient rien :

- Je te connais Malfoy. Va te défouler ailleurs et sur autre chose.

Et il se détourna à nouveau de lui, comme s'il n'était rien, qu'une chose insignifiante indigne d'attention.

Drago sentit son sang s'échauffer et avait bien l'intention d'aller dire sa manière de penser à ce Gryffondor de malheur. Il s'avança rageusement mais se heurta de nouveau à une paroi invisible, avec tout de même moins de force que lorsqu'il s'était élancé vers son parrain, un peu plus tôt.

Plus qu'énervé à présent, il se massa le front, où il avait déjà une première putain de bosse.

- Qu'est-ce que t'as foutu Potter ?- cracha t-il.

Le Gryffondor ne réagit pas, comme s'il ne l'entendait pas. Drago toucha des doigts le mur invisible. Il voulait jouer à ça ? Très bien !

Une seconde plus tard, le mur avait disparu sous l'effet de sa volonté salle sur demande oblige et il s'empara rageusement du col du Gryffondor à peine surpris.

- A quoi tu joues Potter ?- siffla t-il, ses pupilles vacillant de colère, tout près du visage sans expression du brun.

- Lâche-moi Malfoy. Puisqu'on va être là pour un long moment, j'aimerais éviter le plus possible de me retrouver en face de toi.

Drago resserra encore un peu plus sa poigne et fusilla du regard le Gryffondor.

Mais :

« Plop ! »

- Messieurs Potter et Malfoy, le dîner est servi.- fit une voix fluette derrière eux.

Exaspéré (ne pouvait-on donc pas le laisser casser tranquillement la gueule à ce petit con à la fin ?!), Drago relâcha le col d'Harry et se tourna vers l'elfe pour le faire déguerpir du regard. Mais celui-ci ne bougea pas. Harry rajusta sa cape et se redressa.

- Il y a autre chose ?- demanda t-il aimablement.

- Oui, Mr Potter, le professeur Dumbledore vous fait savoir que demain, vous pourrez communiquer avec les autres couples.

- Nous ne sommes pas des couples, nabot décérébré !- cracha Drago.

L'elfe se mit à trembler mais le regard d'Harry le tranquillisa.

- Une réunion aura lieu demain à midi chez Messieurs Lupin et Black.- poursuivit-il.- A présent, si vous voulez bien me suivre, je vous conduis à la table.

Harry hocha la tête avec un sourire (son estomac était content !) et se tourna vers le Serpentard pour le dissuader de dire quelque chose de désobligeant. Celui-ci avait croisé les bras sur son torse et affichait un air obstiné.

- Qu'est-ce qu'il y a encore Malfoy ?

- Je mangerais plus tard. Tout seul.

- Le professeur Dumbledore a exigé que chaque couple mange ensemble.- intervint l'elfe.

- Il peut courir le vieux ! Il ne croit pas avoir assez foutu la merde comme ça ?- bougonna Drago, toujours autant sur les nerfs.

- Malfoy, putain mais t'es vraiment chiant ! Tu vas ramener tes fesses, tu fais ce que tu veux à table, la grève de la faim si ça te chante, mais on mange à la même table, j'ai la dalle ! Alors tu bouges ton cul et arrête de faire ton chieur !

- Tu crois vraiment que je vais t'obéir Potter ? Dans tes rêves oui !

Harry se pinça l'arrête du nez pour maîtriser son agacement, et puis il eut une idée. Il se rapprocha très près du Serpentard et murmura dans son oreille :

- Ecoutes Malfoy, t'as intérêt à coopérer sinon je te jure sur mon honneur de Gryffondor que je fais mon possible pour que le sort de rencontre se réalise.

Il avait apparemment vu juste car Drago pâlit et le regarda furieusement :

- Tu n'oserais pas…

- Juste pour l'immense plaisir de te faire chier, Malfoy. Et puis n'oublie pas que je suis sensé être ton âme sœur, alors je dois avoir des pouvoirs insoupçonnés sur toi…

- Tu me dégoûtes.- éructa Drago avec une moue méprisante.

- Tant mieux, c'est réciproque.- répondit Harry avec un air mauvais.

Drago s'éloigna avec un air supérieur, le toisa un instant puis partit dans le couloir, devançant l'elfe qui avait assisté au chantage sans en entendre un seul mot. Harry regarda le petit être et lui fit un pauvre sourire :

- Nous pouvons y aller à présent. Je te suis.

L'elfe fit une petite courbette et se mit en chemin, sans se soucier de Malfoy avançant d'un pas énergique à plusieurs mètres d'eux.

- Mr Dumbledore sera content de savoir que vous avez réussi à le convaincre.- lâcha t-il gaiement.

Harry soupira en regardant la créature si naïve. Elle ne connaissait définitivement pas Malfoy.

« S'il savait quel argument j'ai utilisé pour le faire flancher, je suis certain qu'il ne serait pas si content que ça… »

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Hermione/Rogue

Hermione tournait en rond comme un lion en cage. Cet…cet abruti ! « Ne croyez pas que vous pouvez vous permettre de me juger ! » et gna gna gna ! Et il faut que je fasse quoi, que je me prosterne et lui lèche les bottes pendant qu'il m'insulte ?!

Vraiment n'importe quoi ! Qu'est-ce qui a pris à Dumbledore de jeter ce sort à la con ? Ca devrait être interdit une telle chose ! Je n'arrive pas à y croire… Rogue merde, c'est Rogue quoi ! Je pourrais jamais, ce mec est répugnant, autant physiquement que mentalement, et encore plus mentalement !

C'est pas juste… Je suis sûre que Remus et Sirius n'auront aucun problème, ils font un si joli couple… Bon Harry va morfler aussi, putain Malfoy quoi ! Mais au moins il est séduisant, même si c'est un con fini !

Mais Rogue… On a vingt ans de différence et c'est mon prof ! A quoi a pensé Dumbledore à la fin ?

La Gryffondore finit par se laisser échouer dans un profond fauteuil, découragée et infiniment agacée. En plus, elle avait faim. Depuis combien de temps étaient-ils enfermés maintenant ? Et est-ce que Harry allait bien ou avait-il déjà échangé quelques civilités douloureuses avec le Serpentard ? Elle ne se faisait pas de soucis pour les deux Maraudeurs mais pour les deux ennemis jurés, c'était une autre paire de manches. Ils allaient forcément en venir aux mains à un moment ou à un autre.

Au moins ça les défoulerait. Elle, elle n'avait même pas cette option. Ça n'était même pas envisageable. D'une, elle n'était pas adepte de la violence, et franchement, de deux, elle ne ferait pas le poids contre Rogue, même si elle se savait douée. Rogue avait vingt ans de ruse et de combats à son actif. Non, vraiment, elle n'était pas de taille.

La seule manière de passer sa colère restait de s'engueuler avec lui. Et ça elle savait le faire, même si ça lui laissait toujours un arrière goût amer dans la bouche.

Son estomac se mit à grogner et Hermione regretta de ne pas avoir l'heure. Se rappelant alors qu'elle était dans la salle sur demande, elle pensa à une horloge qui indiquerait l'heure réelle de Poudlard. Un beau meuble en bois d'acajou apparut immédiatement à sa droite et elle put voir qu'il était huit heures passées. Elle espérait que Dumbledore avait mis au point un système d'heures des repas parce là son ventre commençait à s'impatienter sérieusement.

La Gryffondore finit par se lever pour observer comment Rogue avait aménagé les lieux, puisqu'elle n'y avait pas du tout pensé. Elle se trouvait dans un salon assez simple mais confortable, avec une grande bibliothèque et quelques fauteuils disposés au hasard dans la pièce, mais avec un certain sens de l'esthétique, elle devait bien l'admettre. Rogue adepte de la décoration, et puis quoi encore ? Pourquoi pas fan de feng-shui pendant qu'on y était ?

Cette idée li fit esquisser un sourire amusé et elle continua son périple de découverte. Il n'y avait pas de porte séparant le salon de la salle à manger, où trônait une table sobre mais assez longue pour accueillir plusieurs convives. Beaucoup plus qu'ils n'étaient puisqu'ils étaient seulement deux, remarqua t-elle amèrement.

Un petit couloir l'emmena vers trois portes. Elle ouvrit celle qui lui faisait face et trouva une salle de bain de marbre blanc où une lumière très agréable et pure se déversait paisiblement.

« Eh bien, moi qui pensait que Rogue vivait terré dans ses sombres cachots… »

Elle remarqua alors l'immense baignoire encastrée dans le sol, et derrière, un mur tapissé de galets. Manifestement, Rogue ne se refusait rien, et surtout pas un certain luxe. Pas que ce soit déplaisant… D'ailleurs elle devait bien admettre que ce mélange d'espace et de sobriété lui plaisait. Et les galets évoquaient agréablement le milieu aquatique.

Son regard dévia vers le grand miroir surplombant deux lavabos et elle se trouva un visage défait et fatigué. Elle aurait bien besoin d'un bain dans cette grande baignoire en fait…

La jeune fille jeta un dernier coup d'œil à la pièce, cherchant quelque chose qu'elle pourrait modifier rien que pour emmerder Rogue. Mais elle plissa les lèvres de dépit, un peu déçue de ne rien trouver à redire à l'atmosphère si calme de cette salle de bain.

Elle sortit en fermant derrière elle et regarda les deux portes restantes. A gauche, une porte sombre portant l'emblème de Serpentard, et à droite, une autre en bois plus clair avec le blason de Gryffondor, aux couleurs un peu pâlichonnes. Au moins le message était clair, et tant mieux.

Se désintéressant complètement de la porte de gauche, elle se décida à redonner un peu d'éclat au lion, qui s'anima aussitôt dans un rouge te or revigoré et étincelant. Le lion lui fit un clin d'œil et s'enquit de son mot de passe ? La Gryffondore réfléchit un petit moment et finit par lui murmurer très bas à l'oreille au cas où ce vicieux de professeur Serpentard ait la magnifique idée d'écouter aux portes : « courage ».

La porte s'ouvrit, dans un rugissement qui amusa Hermione, sur une pièce totalement vide. La Gryffondore resta étonnée quelques secondes, avant d'éprouver quelque chose qu'elle n'aurait jamais pensé ressentir à l'égard de Rogue : de la reconnaissance.

Il lui laissait implicitement le choix de décider de son espace et elle apprécia cette petite attention.

« Quoi ? Je n'apprécie rien du tout ! Il n'avait juste pas envie de se faire chier à faire cette chambre en plus, c'est tout ! Comment pourrait-il imaginer une seule seconde ce que je ressens ?! »

La Gryffondore soupira en fermant la porte derrière elle puis ferma les yeux en se demandant quel genre d'endroit elle avait besoin. Définitivement pas d'un endroit qu'elle connaissait déjà, ni sa chambre chez elle ni celle de Poudlard.

Elle allait certainement en baver donc il fallait un endroit calme où elle pourrait se ressourcer et oublier un peu la situation dans laquelle elle se trouvait. Une sorte de cocon confortable et douillet.

Elle ouvrit les yeux et sourit. Une cheminée accueillait déjà un feu joyeux à sa gauche, un canapé épais et un tapis moelleux où elle aimerait bien se vautrer pour lire un livre. De l'autre côté, un grand lit à baldaquin avec des rideaux en coton couleur crème et une grosse couette de plumes. Le sol était recouvert d'un quadrillage de bambou souple et conservant la chaleur, agréable à fouler pieds nus. De grandes plantes tropicales buvaient la lumière à travers une grande fenêtre, répandant une touche de vert éclatant de vie. Bien sûr, il y avait aussi un grand bureau, une armoire et une bibliothèque.

Si elle n'était pas présentement vouée à passer sa vie avec Rogue, cette chambre aurait pu être parfaite. La Gryffondore fit la moue et se laissa tomber sur son lit. Il était moelleux à souhait, mais ça n'allait pas. Le contexte n'allait pas.

Elle soupira. Pourquoi Rogue devait-il être ce que le sort de rencontre disait ce qu'il était ? Le mot ne pouvait se former dans son esprit tellement cela lui semblait invraisemblable. Impossible. Ils n'avaient absolument rien en commun.

« A part votre incroyable entêtement, votre amour de la connaissance et votre certain isolement. »

« Eh, je ne suis pas isolée ! J'ai des amis ! »

« Peut-être mais ils ne te comprennent pas à certains moments, et ça t'agace.

« On est différents, c'est normal ! »

« Oui mais ça t'énerve qu'ils te comparent à une maniaque des études. »

« Hum. »

« Je suis sûre que Rogue comprendrait… »

« Rogue ne comprend rien à rien. Il ne sait que rabaisser les gens, les ignorer, les mépriser. C'est sans doute la personne la moins empathique que je connaisse ! »

« Tu vois il a raison. »

« Quoi ? »

« Tu n'essayes même pas de te demander pourquoi il est comme ça. »

« Et pour quelle absurde raison j'essaierai de comprendre une supposée psychologie roguienne ? »

« A cause du sort de rencontre ? »

« Pffff… il commence à me sortir par les trous de nez ce sort à la noix. J'ai rien demandé moi ! »

« T'aurais préféré que rien ne se passe alors ? »

« Bah évidemment ! »

« Qu'il continue à nier tes donc ? »

« … »

« Qu'il continue à te mépriser, à te regarder avec ce regard si froid, si haineux ? »

« … »

« Qu'il… »

« Non. »

« Ne pourrais-tu pas essayer un peu ? Te retenir au moins de lui renvoyer à la figure cette amertume ? »

« J'en ai un stock de six ans, c'est difficile de ne pas être tentée de lui dire enfin ce que je pense. »

« Et passer outre, ce n'est pas envisageable ? »

« Ce n'est pas à moi de changer ! S'il reste aussi imbuvable, comment veux-tu que je me retienne ? »

« C'est Rogue, Hermione, il ne va pas se métamorphoser en prince charmant ! »

« Ca j'avais compris ! Mais s'il ne change pas d'attitude, on est dans une impasse. »

La Gryffondore soupira à nouveau. Elle n'arrivait même pas à imaginer un Rogue moins sombre et moins méprisant. C'était comme une antithèse. Que pensait-il de ce sort de rencontre ? Elle se rappela qu'il lui avait demandé si cela la répugnait. C'était ce qu'il représentait qui la répugnait, qu'elle ne supportait pas, sa manière de terroriser les élèves au lieu de les intéresser…

Plop !

Hermione se redressa brusquement et vit un elfe à l'air très respectable, contrairement à ses semblables.

- Miss Granger, le dîner est servi.

Le ventre de la Gryffondore sourit de satisfaction.

- Merci.

- Le Directeur m'a chargé de vous informer que le repas de demain midi se passera chez Messieurs Lupin et Black, avec les autres couples.

Hermione tiqua à l'appellation mais ne put que ressentir une grande joie à l'annonce : elle allait pouvoir parler, partager cette horreur ! Vraiment, vivement le lendemain !

- Pour ce soir, Mr le Directeur a exigé que chaque couple mange à la même table.

« Bordel, il croit pas qu'il en a déjà assez fait là ? »

- Très bien.- soupira t-elle, blasée.

L'elfe s'inclina et disparut dans un nouveau « plop ». Hermione se leva, pas du tout motivée mais l'estomac parlant avant tout. Elle sortit de sa nouvelle chambre, saluée par un rugissement d'encouragement qui lui tira un petit sourire. Le trajet ne fut pas bien long et elle aperçut bientôt de dos la silhouette de son professeur, assis bien droit, dans une attitude qui avait quelque chose d'exaspérant.

Elle remarqua un seul couvert, à côté de celui-ci, et il lui fallut tout son courage de Gryffondore pour ne pas s'exiler au bout de la table, le plus loin possible de lui. De toute façon, elle imaginait bien Dumbledore avoir jeté un sort pour les forcer à manger l'un à côté de l'autre.

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Harry/Drago

Une belle table avait été dressée, dans une pièce ni trop sobre ni trop chaleureuse, comme un juste milieu entre leurs goûts aux opposés qu'eux-mêmes l'étaient. Harry s'assit sans rechigner en bout de table, impatient de voir ce qu'on leur avait concocté pour le dîner. Dumbledore avait intention à se faire pardonner et c'était une bonne manière de commencer.

Drago regarda avec dégoût le Gryffondor soulever les cloches qui enfermaient les plats et humer les fumets qui s'en échappaient. Ce mec n'avait vraiment pas de savoir-vivre ! Bon, au moins n'avait-il pas hérité de Weasley mâle dernier du nom, légendairement connu à Poudlard pour son appétit vorace et pour manger comme un malpropre, cette dernière qualification provenant en grande partie de la maison Serpentard.

Même s'il ne le dirait jamais à voix haute, il semblait qu'il ait eu un peu de chance dans son malheur. Devoir vivre vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec Weasley lui aurait définitivement coupé l'appétit ! Il n'y avait rien de pire qu'un mec qui ne savait pas se tenir à table ! Bon, c'était un peu exagéré mais tout de même !

Toujours autant exaspéré, il se laissa choir de mauvaise grâce sur la seule chaise en face de laquelle le couvert était mis, c'est-à-dire à gauche et à côté de Potter. Dumbledore était en train de creuser sa propre tombe : les éléments s'accumulaient depuis leur arrivée et la note allait être salée quand ils sortiraient d'ici !

Non, non, non, ne surtout pas penser à ce qui allait se passer pour qu'ils sortent de cet endroit !

Il lui restait un dernier espoir : Severus Rogue. Il devait sûrement savoir comment s'en tirer sans que ce maudit sort ne s'accomplisse. D'ailleurs, Dumby commettait une grave erreur en leur permettant de se réunir : Rogue allait lui dire comment annuler tout ça, même s'il devait employer la torture !

C'est donc avec une lueur machiavélique qu'il daigna enfin soulever une des cloches pour se servir de gratin de pommes de terre. Il vit du coin de l'œil que Potter lisait un parchemin qu'il devait avoir trouvé le repas. Pour une fois, son visage ne laissa transparaître et il finit par lui tendre ledit parchemin.

- Tiens, petit message de Dumbledore.

Avec un soupir agacé, Drago s'empara de la « chose » avec une profonde répugnance, se demandant comment le vieux fou allait encore faire para le mettre encore plus en pétard qu'il ne l'était déjà.

« Messieurs Potter et Malfoy, je vous informe que les repas seront servis aux horaires habituels de Poudlard. Dans ma magnanimité, j'ai décidé de vous accorder une réunion avec les autres couples, dans l'espoir que cela vous aidera à accepter ce magnifique don du ciel de moi surtout qu'est le sort de rencontre !

Cette réunion aura lieu chez Messieurs Lupin et Black demain à midi trente. J'espère que vous mettrez cet après-midi à profit !

Pour ce qui est du reste, je suppose que vous avez compris que vous pouviez aménager votre salle sur demande à votre guise (encore une preuve de mes idées talentueusement géniales !)

Je vous donnerais bientôt des nouvelles, au retour de mon petit voyage de ravitaillement de bonbons !

Ne faites pas trop de bêtises les jeunes !

Albus Perceval etc…Dumbledore »

Quand Drago eut finit sa lecture, il ne put s'empêcher de lâcher :

C- e type est fou, complètement mégalo.

Harry leva le nez de son poulet rôti mais ne dit rien. Ce qui ne manqua pas d'agacer l'héritier Malfoy :

- Eh bien Potter, tu ne défends pas à tue-tête ton directeur chéri ?- demanda t-il de sa voix traînante et narquoise.

Le Gryffondor le jaugea d'un regard, semblant se demander s'il valait la peine de répliquer, et finit par hausser les épaules.

« Même pas fun… Ce type est d'un ennui ! Au moins c'est marrant quand il se met en colère ! »

- T'es malade Potter, ou bien t'as déchanté ?- poursuivit-il pour le faire sortir de ses gonds.

Harry respira profondément et prit tout son temps pour avaler sa bouchée.

- Malfoy, si t'as envie de faire chier quelqu'un, va falloir que tu trouves un autre moyen de te défouler. Fais ce que tu veux, du sport ou je ne sais quoi d'autre, mais va mettre ton mordant ailleurs, moi j'en ai ras-le-bol.- déclara très sérieusement le brun en pointant sa fourchette vers lui.

- Bas-le-rol ? C'est quoi encore cette expression ! C'est moldu je suppose ! Profondément débile, comme d'habitude.- s'exclama dédaigneusement Drago.

Le Gryffondor parut faire un immense effort sur lui-même pour ne pas lui rétorquer vertement, au plus grand dépit du Serpentard :

- Ras-le-bol, Malfoy, ras-le-bol. Ça veut dire que j'en ai marre, t'as compris ?

Drago fit une moue sceptique qui fit à Harry lever les yeux au ciel, ayant clairement l'air de penser qu'il était un cas désespéré.

Ils n'échangèrent plus un mot de tout le repas, que Drago trouva profondément ennuyeux. Et en même temps, voir son ennemi de toujours aussi peu réactif l'intriguait. Il n'était pas habitué à cette indifférence et à cet air lointain. C'était comme s'il n'existait pas aux yeux de Potter, et ça le mettait inexplicablement mal à l'aise.

Le Gryffondor se leva dès que son estomac sembla rempli et l'abandonna là comme un moins que rien. Le Potter commençait à lui taper sur les nerfs ! Quand on est poli on attend que l'autre ait fini de manger, espèce d'inculte !

Agacé, Drago enfourna rageusement sa part de tarte à la myrtille. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, l'inévitable se produisit : une malicieuse myrtille eut la bonne idée de se détacher du délicieux dessert et tomba en chute libre pour atterrir gracieusement sur la chemise toute propre et si blanche de l'héritier Malfoy.

Drago inspira profondément pour se maîtriser : mais non ce n'était pas grave, une infime, toute petite tache VIOLETTE sur sa chemise SUPRA chère !

« Merlin donne-moi la force… »

Un elfe, bien sûr, un elfe allait lui laver ça en un clin d'œil ! Le Serpentard quitta des yeux l'odieuse vilaine et sacrément vicieuse petite tache pour appeler un elfe.

Au bout d'une seconde de réflexion, il fronça les sourcils : comment devait-il s'y prendre ? A Poudlard, il avait son elfe attitré mais il se doutait que Dumbledore avait dû faire en sorte d'empêcher l'accès aux elfes fidèles à leur maître qui n'auraient pas hésité face à un ordre de les sortir d'ici.

Exaspéré, le blondinet lâcha un profond soupir.

- Eh oh ! L'elfe de tout à l'heure, reviens ici tout de suite !

Rien ne se passa.

- Un elfe, n'importe lequel !

Nada.

« Grrr bordel de salle sur demande ! Elle te donne ce qu'elle veut, oui mon œil ! »

Olala Dumbledore allait vraiment en baver ! L'obliger, lui, un Malfoy, à se débrouiller sans sa baguette, sans elfe, avec pour seule compagnie un Potter dans la lune !

D'un pas furieux, il partit dans un couloir qu'il n'avait jamais vu auparavant mais qui devait être là pour une bonne raison. Effectivement, il vit bientôt une porte où était délicatement indiqué « Salle de bain ».

Sans plus réfléchir, il ouvrit violemment la porte et fut assailli par une épaisse vapeur blanche.

- Qu'est-ce que… ?

Il tourna la tête, et là, derrière la paroi de douche à peine floutée, il y avait, négligemment appuyé, le corps nu de son pire ennemi, sur lequel dégoulinait une eau apparemment brûlante pour produire une pareille vapeur.

« Euh…il fait quoi là ? »

« Une douche Drago, ce qu'il fait ça s'appelle prendre une douche ! »

« La ferme toi ! »

- Malfoy ?! Bordel, qu'est-ce que tu fous là ?!- rugit tout à coup la voix d'un certain harry Potter.

Au moins, le ton eut le mérite de le tirer de son hébétude :

- Comment appelle-t-on un elfe dans cet endroit ?- demanda Drago d'un ton impérieux, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.

- Que quoi ?!

Harry s'extirpa de sous la douche, éteignant le jet d'eau brûlant et se couvrant d'une serviette.

- Qu'est-ce que tu racontes encore pourquoi t'as besoin d'un elfe ?

Sans se démonter le moins du monde, Drago pointa du doigt l'infâme petit point violet sur sa chemise :

- J'ai une tache de myrtille.

Harry le regarda comme s'il venait de lui dire qu'il allait épouser un troll :

- Et t'as besoin d'un ELFE pour cette raison stupide ?- demanda t-il en ayant l'air de ne pas en croire ses oreilles.

- Bah évidemment, faut qu'il me lave cette chemise, je ne peux pas rester comme ça, voyons !- s'exclama vigoureusement le blond.

Le brun le dévisagea, la bouche légèrement ouverte, puis se passa la main sur le visage pour vérifier qu'il ne rêvait pas.

Non, après tout, Drago Malfoy qui débarque en plein milieu de sa douche parce qu'il a une ridicule petite tache sur sa chemise, ça peut arriver à n'importe qui !

- T'es vraiment plus con que je ne le pensais Malfoy. T'es dans la salle sur demande ! Demande que ta tache disparaisse !

Les yeux de Drago se plissèrent puis il renifla avec dédain avant de quitter la salle de bain sans un mot.

Hébété, Harry regarda la porte se refermer avec un haussement de sourcil digne de Malfoy senior lui-même. Il secoua la tête avec perplexité et se dit qu'après tout, il avait peut-être été victime d'une hallucination. La buée, tout ça… Oui, ça devait être ça. Rien de bien grave qui puisse l'empêcher de reprendre calmement cette douche dont il avait grand besoin.

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J'avais prévu d'arrêter ici le chapitre, mais après coup je me suis rendue compte que y avait pas Remus et Sirius, donc une petite avance sur le chapitre 9, parce que merde, c'est les vacances après tout !

Remus/Sirius

- Il va falloir que je remercie Albus alors.- dit-il en attirant contre lui le corps tant attendu.

Leurs lèvres s'effleurèrent doucement d'abord, découvrant sa semblable avec patience et curiosité. Des baisers doux qui ne firent qu'enflammer les deux Maraudeurs : bientôt, leurs langues se mêlèrent, se caressant avec une lenteur et une sensualité qui les transportait dans un état à la fois si agréable et si insupportable.

Lorsque Sirius décida de glisser ses mains sous l'encombrant pull de son vis-à-vis, Remus eut la certitude que son corps allait entrer en fusion, que sa peau était de la braise incandescente et que ces mains divines étaient le souffle chaud quine faisait que le rendre plus fiévreux encore, encore plus brûlant.

- Hum, ta bouche a encore le goût de chocolat.- souffla le brun contre ses lèvres.- Un Moony au chocolat, mon plat préféré…

Le loup garou ne put empêcher un sourire complètement stupide de venir étirer ses lèvres. Même dans ses fantasmes les plus délirants, Sirius n'aurait pas dit cela. La réalité était tellement plus incroyable que le meilleur des rêves. Dans son sommeil, Sirius ne prenait pas non plus ce temps infini pour embrasser chaque courbe de son visage. Remus avait l'impression que sa bouche et sa main étaient partout à la fois et il ne pouvait que se laisser faire. Et caresser le corps vibrant de l'animagus, à travers ses vêtements d'abord, et puis, s'enhardissant, sous cette barrière de tissu définitivement de trop.

Il repoussa sur le canapé un Sirius aux anges, et se pencha sur le flanc offert, maintenant qu'il avait soulevé les pans de la chemise.

- Voyons voir quel goût a la peau de Sirius Black…- annonça t-il d'un ton pompeux.

Et sans attendre, il se mit à embrasser la chair délicate.

- Hum…sucrée.- souffla t-il en effleurant la peau du bout des doigts.

Il reprit son exploration pendant quelques minutes :

- Epicée aussi…- ajouta t-il avec un mordillement qui fit frémir son interlocuteur.

Remus ne se fit pas prier et entreprit de mordiller toute la peau à sa portée, ce qui provoqua moult grognements et gémissements de la part de la victime.

- Et délicieusement sensible à ce que je vois…

Un énième grognement lui répondit et Sirius l'attira à lui pour un baiser fougueux.

- A moi maintenant.- déclara Sirius avec un sourire carnassier, lorsqu'il eut cessé de faire subir de longs tourments à cette bouche si tentante.

Il sentit Relus tressaillir contre lui mais il s'y attendait. Il ne desserra pas son étreinte et ne fit aucun mouvement qui aurait certainement brusqué Remus. Même si des années séparaient leur passage à Poudlard, Sirius avait toujours en mémoire la timidité et la pudeur du lycanthrope, et la honte de ce corps marqué par ces nuits de pleine lune. Apparemment, les années n'avaient pas effacé ce malaise.

Remus tenta de ne pas se crisper mais c'était plus fort que lui. L'angoisse avait disparu sous le bonheur du moment mais là, elle revenait au galop : comment Sirius, si beau, pouvait-il vouloir de quelqu'un comme lui, marqué, décharné ?

Il ne comprenait vraiment pas. Le plus séduisant des Maraudeurs pouvait avoir une foule d'admirateurs et admiratrices aux pieds. Et bien mieux que lui.

Alors qu'il s'abîmait dans ce genre de réflexion dévalorisante, la bouche du beau brun vint butiner la sienne. Remus leva les yeux et rencontra le regard acier, brûlant et doux à la fois.

Tout doucement, cette bouche incroyable vint à la rencontre de la sienne, presque dans une demande muette, comme si Sirius demandait une nouvelle fois la permission de continuer cette chose incroyable qu'il faisait avec ses lèvres, mordillant et léchant à la fois.

Les yeux du lycanthrope papillonnèrent, et dans le peu de lucidité qu'il lui restait, il se dit qu'il aurait pu arrêter un Sirius fougueux et entreprenant, celui de ses fantasmes les plus délurés. Mais contre ce Sirius-là, il ne pouvait rien. Il se sentait fragile et minuscule face à tant de tendresse et de douceur. Il ne pouvait que supplier intérieurement que cela continue encore et encore…

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Et voilà pour le 8eme chapitre ! J'espère que ça vous a plu ! Je pars au brésil jeudi prochain donc pas de chapitre avant le mois d'aout minimum ! Merci à tous pour vos reviews, ça me fait très plaisir, surtout que vous ayez aimé le chapitre dernier avec Remus et Sirius ! )

A bientôt,

Angedescieux