Bonjour à tous ! Non je n'ai pas abandonné cette fic !^^ En fait, je suis très absorbée par ma nouvelle passion (la couture), du coup les fanfics passent un peu à la trappe j'avoue. J'écris encore de temps en temps tout de même !
Je viens de finir ce chapitre donc j'en profite pour le publier !
Bonne lecture à tous et pardon pour cette attente plus que longue.
Merci de me lire,
Angedescieux
Chapitre 13 : La fumée mauve
Harry était perdu dans ses pensées, encore souriant du baiser que Sirius avait volé à Remus, à la plus grande gêne et surprise de celui-ci d'ailleurs, quand il sentit une pression sur son épaule. Il tourna la tête et vit Hermione qui lui fit comprendre à travers une mimique qu'elle avait trouvé ce qu'ils cherchaient.
Le brun fit un effort pour ne pas se lever trop rapidement, histoire de ne pas éveiller de soupçons. Les deux Gryffondors quittèrent discrètement le salon pour trouver un endroit isolé. L'appartement imaginé par Sirius et Remus n'était pas très grand, aussi ne restait-il que la chambre comme pièce inoccupée puisque l'elfe devait s'affairer dans la cuisine.
Harry referma soigneusement la lourde porte pendant qu'Hermione s'installait déjà sur le lit, un gros bouquin poussiéreux sur les genoux.
- Alors, tu l'as ? demanda anxieusement le Gryffondor.
- Oui. Il va falloir qu'on le fasse à deux pour être sûrs que ça marche. Vu qu'on n'a pas la baguette de Dumbledore pour détecter le sortilège, j'ai dû ruser ? En fait, je vais essayer de trouver quel sort a créé cet endroit.
- Ah, comme dans ce bouquin qui disait qu'on pouvait combiner le Sort de Rencontre à un Sort d'Isolement.
- Exactement, confirma la brune en ouvrant le livre à la bonne page. Tiens, lis et après on essaye. J'espère que personne ne va venir voir ce qu'on fait, ajouta Hermione en regardant nerveusement vers la porte.
- On ne fait rien de mal, Mione. On essaye juste de savoir ce que Dumbledore a fait, marmonna Harry en parcourant la page des yeux. Dis-donc, elle est compliquée leur incantation.
- Ne t'inquiète pas, je suis sûre qu'on peut y arriver. Au bout de quelques essais ça devrait être bon.
- D'accord… Revelate Sortilegium locatem. J'aime pas le latin, grogna le brun.
Hermione sourit :
- Peut-être mais il est présent dans la plupart des sortilèges et incantations. C'est bon ? On essaye ?
Harry hocha la tête. Ils mirent cinq bonnes minutes pour apprendre les mouvements accompagnant la formule. Le plus difficile était d'être synchronisé mais Hermione était trop impatiente pour chercher la perfection à cet instant :
- Tu es prêt ? A trois… Un, deux, trois ! Revelate Sortilegium Locatem !
Alors qu'ils enchainaient les mouvements nécessaires, une lumière mauve se matérialisait peu à peu face à eux, se transformant lentement en volutes de fumée qui fusionnaient dans une masse compacte où le sort utilisé était sensé s'inscrire en toutes lettres.
Tout à coup, les deux Gryffondors entendirent un cliquetis sur leur droite et tournèrent simultanément la tête pour voir apparaître un Drago Malfoy plus pâle que la normale. Leurs yeux étonnés le contemplèrent un instant mais Drago ne les regardait pas, il regardait la fumée violette flottant derrière eux.
Lorsqu'ils tournèrent à leur tour la tête pour voir ce qu'il y avait d'inscrit, ils ne découvrirent aucune inscription. Pourquoi avait-elle disparue ?
- Qu'est-ce qu'il y avait d'écrit ? demanda Harry d'une voix tendue.
Drago fronça les sourcils mais ne dit rien. Il regardait le brun en se répétant mentalement qu'il devait y avoir une erreur et qu'il ne pouvait pas être lié à lui. Il le refusait vraiment.
Le blond ne fit pas attention à l'attente palpable contenue dans les yeux des Gryffondors. Il ne comprenait pas ce qu'ils voulaient et il s'en fichait éperdument. Tout ce qui comptait, c'est qu'il avait besoin de sortir de cette chambre pour être seul et réfléchir.
D'un pas d'automate, il sortit en ignorant totalement les deux autres. Il avait besoin d'air, il étouffait. Il s'approcha de son parrain :
- Severus…
Rogue se tourna vers lui et ses yeux se firent inquiets en voyant la pâleur de son filleul :
- Drago, ça va ? demanda t-il d'une voix plus anxieuse qu'il ne l'aurait voulu.
- Est-ce qu'on peut accéder au parc d'ici ? fit la voix hachée du blond.
Rogue secoua la tête :
- Non, mais tu peux demander ton propre espace. Tu seras toujours dans une dépendance de la Salle sur Demande.
Le Serpentard hocha la tête et repartit en direction de la cuisine. Rogue le suivit du regard, inquiet. Le silence était tombé dans le salon et le maître des Potions sentait le regard des deux Maraudeurs posé sur lui.
- Un problème Severus ? demanda Remus en ignorant la grimace de son compagnon.
- Aucun, Lupin, répondit hautainement l'ex Serpentard en tournant délibérément la tête ailleurs.
Le lycanthrope lâcha un petit soupir désabusé face à l'attitude bornée de Rogue mais ne tenta plus rien. Sirius quant à lui roula des yeux devant les efforts incompréhensibles que Remus persistait à vouloir faire envers Servilus. Ça le dépassait complètement et ça l'agaçait parce que ce comportement éveillait sa jalousie : le loup garou devait avoir une raison pour être aussi gentil avec l'ex Serpentard. Et si… ?
L'animagus tourna brusquement la tête vers Remus et plissa les yeux pour détecter l'horrible vérité. Malheureusement, celui-ci jeta un regard et un petit sourire navré en direction du nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal au même moment. Outré et révolté, le brun bondit du canapé, à la stupeur de Remus, et partit hautainement du salon pour aller dignement cuver sa jalousie dans sa chambre.
Chambre qui se trouvait occupée par deux Gryffondors s'énervant devant un nuage violet sorti d'on ne sait où. Sirius leva un sourcil perplexe :
- Qu'est-ce que vous faites ?
Harry et Hermione sursautèrent et se tournèrent vers l'ex Gryffondor avec cette expression de gamins pris en faute :
- Euh…
Sirius avisa le livre grand ouvert sur le lit, s'approcha lestement et s'en empara avant qu'aucun des deux autres n'ait le temps de faire un seul mouvement.
Les yeux de l'animagus parcoururent rapidement les lignes puis releva la tête :
- Qu'est-ce que vous espérez trouver ?
- C'est que…Harry a pensé que… déclara une Hermione gênée qui ne termina pas sa phrase sous le regard courroucé de son ami.
- Que ?
Le brun lâcha un soupir puis avoua d'une voix agacée :
- Je voulais savoir si Dumbledore avait réellement jeté le Sort de Rencontre.
Sirius fronça les sourcils et son filleul finit par lui faire part de ses soupçons.
- Et donc ? demanda t-il avec un rien de peur, craignant que tout son rêve avec Remus ne s'effondre.
- Rien. Ce stupide nuage mauve ne marque rien, s'agaça Harry.
- Il l'a peut-être fait, Malfoy a dû le voir.
- Pourquoi est-ce qu'il refuse de le remarquer alors ?
- Je n'en sais rien. C'est une incantation, et comme nous n'avons pas nos baguettes, peut-être que c'est moins performant.
Les trois Gryffondors prirent une mine refrognée mais Sirius finit par faire appel à la voix de la raison :
- Ecoutez, je ne pense pas que Dumbledore serait diabolique à ce point, dit-il en s'asseyant sur le lit. Je pense qu'il a vraiment lancé le Sort de Rencontre.
- Tu dis ça parce que ça t'arrange, ne put s'empêche de remarquer Harry. Vous vous convenez parfaitement bien avec Remus ! On ne peut pas dire la même chose pour nous.
L'animagus prit un air sévère :
- Déjà, ne pense pas que tout soit rose avec Remus, ce n'est pas vrai. Et cela ne sert à rien de reporter ta colère sur moi. Je ne suis pas à l'origine de cette situation.
- Je sais, grommela Harry. Excuse-moi.
- Ne t'inquiète pas, vous êtes très intelligents tous les deux et je suis certain que vous résoudrez le problème du nuage.
Les deux Gryffondors hochèrent la tête.
- Bon, maintenant, profitons du temps que nous pouvons passer tous ensemble !
- Tu as raison, acquiesça Hermione. Allons-y.
Au moment de passer la porte, Harry se pencha vers sa meilleure amie et lui murmura que lui n'avait pas autant confiance en Dumbledore et qu'il comptait bien faire avouer au Serpentard ce qu'il avait vu.
La brune sourit : elle savait bien qu'Harry était têtu au possible et que quelques mots ne suffiraient pas à l'apaiser. Avec lui, il fallait toujours qu'il voit la vérité de ses propres yeux pour la croire. Au moins, elle était certaine de voir une suite à leur expérience !
HDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHD
La porte de la cuisine débouchait maintenant sur une vaste étendue d'herbe baignée par les rayons d'un soleil éblouissant.
Drago protégea ses yeux de son bras. Il n'aimait pas vraiment le soleil, il ne le détestait pas non plus. Mais il préférait une légère brise pour caresser son visage sous cette lumière éclatante.
Immédiatement, un vent frais se leva et Drago sourit, heureux à cet instant que cette salle magique accède au moindre de ses désirs. Il suffisait qu'une envie se forme dans son esprit pour que celle-ci se matérialise sous ses yeux.
Ainsi, un bosquet d'arbres apparut un peu plus loin, couvrant l'herbe d'une ombre bienfaitrice. Oui, c'était exactement ce dont il avait besoin à cet instant précis : un endroit frais et calme pour apaiser son esprit agité.
Le temps qu'il mit pour rejoindre la poignée de chênes, ses pensées vagabondèrent sur le paysage, rebondissant sur tel arbuste ou tapis de fleurs. Mais lorsqu'il fut à couvert des arbres, ses idées s'éveillèrent à nouveau.
Il ne voulait pas le croire mais si Severus lui avait dit, cela devait être vrai.
Pas de remède, pas de solution. Juste le Sort de Rencontre se déroulant inexorablement et le liant à Potter. A Potter… Merlin, pourquoi à lui, ça n'avait aucun sens, ça allait contre tout bon sens même, c'était l'inverse de la logique !
Il n'avait rien en commun avec lui. Il était aussi posé et réfléchi que Potter était impulsif et irraisonné. Un Serpentard et un Gryffondor, ennemis jurés de surcroît. Vraiment, c'était complètement fou.
Il entendit à nouveau dans sa tête la voix de Potter révélant à Black qu'il ne le détestait plus vraiment. Une habitude. Bordel, une routine, c'était comme ça que ce décérébré voyait leur relation ?! C'était insultant ! Révoltant !
Lui ne voyait pas cela ainsi. Au contraire, c'était exaltant, le sang bouillonnant dans les veines, la cervelle fonctionnant à cent à l'heure pour trouver la réplique la plus cinglante et douloureuse possible, l'adrénaline et la délivrance de leurs corps s'entrechoquant sous les coups !
Tout cela, Potter voulait aussi lui enlever, son dernier repère. Il n'avait pas le droit ! Leur haine était immuable et rien ne pouvait la ternir ! Surtout pas la lassitude ou le temps.
Ses épaules se voûtèrent sous l'abattement. Même Potter le lâchait.
- Malfoy !
Drago sursauta en entendant son nom et vit Potter se diriger d'un pas vif vers lui, ses cheveux chatoyant au soleil. Le blond se redressa immédiatement, prêt au combat, sentant déjà le sang pulser plus vite dans son corps, prêt à se défendre, prêt à montrer au Gryffondor qu'il s'agissait de tout sauf d'une question de routine.
Le brun parvint à sa hauteur mais s'arrêta au lieu de se jeter sur lui. Drago serra les poings d'attente et de déception. Il savait qu'il n'y avait aucune raison pour qu'ils se battent maintenant mais il s'en fichait. Lui, il n'avait pas besoin de raison pour faire mordre la poussière à Potter.
- Dis-le-moi, ordonna le Gryffondor d'une voix posée.
Drago fronça les sourcils d'incompréhension :
- Te dire quoi, Potter ? répliqua t'il d'une voix légèrement ironique et agressive.
- Tu sais très bien de quoi je parle !
- Non, mes pensées ne suivent pas le même parcours tortueux que ton esprit maladif !
Drago vit Potter faire un effort visible pour se calmer et à cet instant précis, il savait exactement au bout de combien d'insultes le Gryffondor en viendrait aux mains. C'était fou à quel point il était facile de le faire passer du calme à l'énervement en quelques secondes !
- Le nuage mauve. Qu'y avait-il tracé dessus ? demanda à nouveau le brun d'une voix qu'il s'efforçait de maîtriser.
Ainsi c'était encore cette question de nuage. Qu'était-il sensé révéler pour que cela ait l'air aussi important pour lui et Granger ? Drago sentit qu'il détenait une information capitale mais il ne savait pas à quoi elle servait. Pour y remédier, il n'y avait rien de plus simple : s'il poussait Potter à bout, celui-ci allait forcément révéler ce qu'il ignorait encore.
- Je ne vois pas de quoi tu veux parler, déclara le Serpentard avec un sourire qui disait le contraire.
- Malfoy…prévint Harry d'une voix sourde.
Mais Drago répliqua par un air insolent et un air de défi. Il vit le Gryffondor serrer les points pour se retenir de le frapper. Encore une provocation et il ne pourrait plus se retenir. Mais avant, le Serpentard voulait savoir, aussi laissa t-il le brun mariner et relancer l'échange.
- Ça te plait de garder pour toi cette information alors qu'elle nous concerne tous ?! cracha Harry.
Ça les concernait tous ?
- Je ne me sens pas concerné, fit Drago avec nonchalance.
Devant l'air d'incompréhension et la surprise du brun, il crut qu'il avait fait un faux pas. Mais la fureur revint subitement sur le visage bronzé et les mots de colère jaillirent :
- Tu n'es qu'un sale égoïste ! Nous avons tous le droit de savoir. Nous sommes tous à égalité avec le Sort de Rencontre, s'il a bien été lancé.
Drago garda son air impassible mais il réfléchissait à toute vitesse : pourquoi le Sort de Rencontre n'aurait-il pas été jeté ? Y avait-il un espoir ? Et quel était le rapport avec le nuage mauve ?
- Pourquoi ne refais-tu pas l'incantation au lieu de m'emmerder, Potty ? demanda t-il avec désinvolture.
- Parce qu'elle ne fonctionne plus ! Elle ne marque plus rien ! Et toi tu as vu la première fois, alors dis-moi par Merlin !
Drago fronça les sourcils un millième de secondes, hésitant à dire la vérité à Potter mais il sentait en lui le besoin et l'urgence de se battre avec son ennemi juré, de sentir la peau chaude sous ses poings durs et crispés.
Il détailla le Gryffondor du regard et ne put que confirmer les dires de son parrain : Potter s'était étoffé et il perdrait sûrement s'ils se battaient. Mais il s'en fichait. Il avait besoin de retrouver quelque chose de concret et stable : la violence de leurs échanges.
Terriblement besoin.
- Pour la dernière fois Malfoy, dis-moi ce qu'il y avait d'inscrit sur ce maudis nuage, siffla le brun avec une lueur de menace dans le regard.
Drago sentit l'adrénaline monter d'un cran, des fourmillements au bout de ses doigts qui mourraient d'envie d'aller s'écraser sur Potter. Il lui fit son sourire le plus insolent et compta les secondes qui le séparaient de leur duel :
- Non.
L'instant d'après, il était cloué à un arbre par la poigner ferme du Gryffondor sur le col de sa chemise. Il sentait l'écorce rugueuse contre la peau délicate de son dos et il se sentit enfin dans son élément.
- Tu fais chier Malfoy ! ragea Harry, ses yeux verts lançant des éclairs de colère.
- Comme si tu ne savais pas que mon plus grand plaisir dans la vie est de t'emmerder Potty ! cingla Drago avec une note de sarcasme.
La poigne se resserra autour de son cou. Potter rapprocha son visage du sien, les yeux plissés, scrutant les siens. La sensation bizarre qu'il avait au creux de l'estomac, c'était sûrement la haine bouillonnant en lui, prête à jaillir, à s'exprimer pour repousser Potter de manière douloureuse et fulgurante.
- A quoi ça t'avance de garder cette information pour toi ?
- A rien. C'est juste pour faire enrager ta tête de binoclard, répondit très sincèrement le Serpentard avec un air narquois.
Le poing du Gryffondor fendit l'air et vint douloureusement s'écraser sur sa mâchoire. Drago réagit au quart de tour et envoya un coup de genou dans l'estomac du brun qui recula sous la douleur pendant une seconde. Ils se défièrent du regard puis enchaînèrent de nouveaux coups avant d'être tirés l'un loin de l'autre par des bras extérieurs.
- Vous n'avez pas fini tous les deux ? s'exclama Sirius qui ceinturait le Gryffondor. Arrête de te débattre Harry où je serais obligé de t'immobiliser autrement, menaça t-il d'une voix dure.
Le concerné lui lança un regard farouche avant de reporter toute son attention sur son ennemi lui aussi ceinturé, mais par Remus.
- Ne pose pas tes pates sur moi, sale lycanthrope ! cracha Drago, ivre de rage de voir leur combat si tôt avorté.
A peine avait-il prononcé ces mots qu'il se retrouva à nouveau plaqué contre ce pauvre arbre, mais les yeux face à lui n'étaient pas de ce vert étincelant qu'il connaissait si bien mais d'un gris sombre plein de fureur :
- Je t'interdis de traiter Remus de cette manière, sale morveux !
- Black, lâche Drago immédiatement ! ordonna Rogue qui venait à son tour de sortir de la cuisine.
- Mêle-toi de ton cul, Snivellus ! cria Sirius sans quitter Drago des yeux. Et toi je te déconseille de manquer une nouvelle fois de respect à Remus ainsi. C'est compris ?
Les yeux de l'animagus brillaient d'une telle colère et d'une telle promesse de souffrance que Drago sut aussitôt qu'il ne se risquerait pas de si tôt à insulter son ancien professeur.
- C'est compris ? insista Sirius en le pressant davantage contre le tronc de l'arbre.
Les yeux du blond eurent un éclair de panique qui n'échappa pas à Sirius. Une main apaisante se posa sur l'avant-bras du brun et celui-ci consentit enfin à tourner la tête.
- Laisse tomber Sirius. Ce n'est pas de sa faute. Lucius lui a sûrement appris à mépriser les créatures comme moi. Il ne fait que répéter ce qu'on lui a appris.
Drago frissonna tout à coup. Le professeur Lupin avait parlé avec un accent douloureux qui transmettait clairement sa peine et sa résignation. La prise qui le maintenait contre l'arbre disparut subitement et Drago tomba au sol avec un gémissement de douleur.
- Tu n'es pas une créature ! s'écria Sirius en prenant son compagnon par les épaules, semblant oublier qu'ils n'étaient pas seuls.
Il y eut un bref silence. Tous les regards étaient braqués sur eux mais c'était le cadet des soucis de l'animagus. Tout ce qui importait à cet instant, c'était l'insoutenable expression de douleur et de certitude qu'il y avait dans les yeux de Remus.
- Bien sûr que si, Sirius, souffla t'il en baissant les yeux.
Harry déglutit : à cet instant précis, il voyait à quel point sa condition non désirée de loup garou pesait à l'ex Gryffondor. Il portait cela comme un fardeau et le brun se rappela combien de fois il avait vu cette expression d'immense fatigue dans les yeux cernés de Remus.
Il bougea sans vraiment réfléchir et alla doucement vers le couple qui se regardait maintenant avec tristesse. Il posa doucement sa main sur le bras du lycanthrope et déclara calmement, ancrant son regard dans les prunelles ambrées :
- Remus, tu n'es rien de cela. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi gentil et doux que toi.
Rogue fit la grimace mais eut le bon goût de ne faire aucun commentaire, laissant les Gryffondors à leurs écœurantes manifestations de sentiments. Il s'approcha de son filleul pour voir s'il n'était pas blessé mais celui-ci lui accorda à peine un regard pour le rassurer, trop absorbé par cette étrange scène.
Les lèvres du loup garou tremblaient. Les yeux verts de Lily avaient toujours été débordants de sincérité et ceux d'Harry avaient hérité de cette qualité. Remus sentit une autre main se poser dans son dos. Hermione lui sourit doucement :
- Harry a raison. La lycanthropie n'est qu'une infime partie de vous. Elle ne vous définit pas entièrement. Vous êtes Remus Lupin, un des meilleurs professeurs que nous ayons eu. Et accessoirement, quelqu'un d'incroyablement compréhensif et empathique.
L'ex Gryffondor eut un sourire tremblant, vacillant sous les compliments.
- Et je suis certaine que Malfoy ne voulait pas être aussi hargneux, ajoutant la Gryffondor en lançant un regard d'avertissement au blond qui se relevait en époussetant ses vêtements.
Drago ne dit rien et regarda ailleurs. Il était hors de question qu'il avoue la raison de sa colère !
- Vous savez, il réagit comme ça à chaque fois qu'on ose l'arracher à Harry, ajouta t-elle avec une pointe de sadisme.
Le blond se figea pendant qu'Harry clignait stupidement des yeux, ayant du mal à saisir la portée des paroles de son amie :
- Qu'est-ce que tu as dit Granger ? siffla Drago en plissant dangereusement les yeux.
- La stricte vérité, répliqua Hermione avec un grand sourire tout à fait apte à faire enrager le Serpentard par son lot de sous-entendus.
Ce qui ne tarda pas à se produire étant donné l'état d'énervement du blond.
- Granger, retire ça tout de suite ! ordonna t-il en s'approchant d'un pas menaçant.
Sirius s'interposa à nouveau :
- Tu vas te battre contre une fille maintenant Malfoy ?
- Bien sûr que non, il se rappelle trop bien de la raclée qu'il a prise en troisième année, railla la brune.
- Toi, ça suffit aussi, dit calmement Remus.
Hermione perdit son sourire mais n'osa pas dépasser l'interdit du loup garou.
- Bien, reprit celui-ci. Je ne sais pas pourquoi tout cela a commencé mais il nous reste encore quelques heures à passer ensemble et je trouve stupide de les perdre de cette manière. Je propose une balade en forêt pour vous calmer tous les trois.
Rogue haussa un sourcil sarcastique :
- Une balade ? Tu nous prends pour qui Lupin ? Tu ne veux pas qu'on fasse des colliers de pâquerettes pendant qu'on y est !
- Oh vous, arrêtez vos sarcasmes. Vous êtes toujours là à critiquer mais sans jamais rien proposer, intervint Hermione avec mauvaise humeur. Vous avez une meilleure idée peut-être ?
- Je vous interdis de me dire ce que je dois faire ou non ! s'exclama le maître des Potions qui commençait lui aussi à s'échauffer.
- Ah tiens, j'ai déjà entendu ça quelque part ! railla la jeune fille.
Autour d'eux, Drago, Harry, Remus et Sirius assistaient à la dispute avec une certaine gêne et perplexité. Personne jusqu'ici n'avait réalisé à quel point Hermione et Rogue formeraient un couple bizarre. Encore une fois, Harry se demanda ce que le Sort de Rencontre avait pu déceler chez son haïssable professeur pour le lier à Hermione.
- Bon, on les laisse s'engueuler ? demanda Sirius au bout d'une longue minute de cris. Je ne pense pas qu'ils en viendront aux mains. Et ils n'ont pas de baguettes.
- On ne peut pas abandonner Hermione comme ça ! s'exclama Harry.
- T'as envie de t'immiscer dans leur dispute de couple toi ? fit Sirius.
Le brun regarda les deux qui s'engueulaient copieusement et grimaça.
- Bon d'accord, capitula t-il.
Les trois amis se mirent en marche en direction de la forêt qui s'était matérialisée quelques instants plus tôt. Drago se tenait toujours à côté de l'arbre qui avait souffert les deux agressions avec lui et hésitait. Aller volontairement quelque part avec des Gryffondors n'était pas dans ses habitudes mais il suffisait qu'il entende la voix d'Hermione monter dans les aigus pour qu'il ait une furieuse envie de se boucher les oreilles et de se carapater loin de cette hystérique.
Finalement, une nouvelle série de cris le persuada d'abandonner son parrain à son sort. Après tout, il était bien assez grand pour se défendre tout seul. Il suivit les trois autres à distance raisonnable et laissa les deux excités du verbe se critiquer à leur aise.
HDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHDHD
Voilà ! Bon finalement j'ai décidé de couper ce chapitre en deux parce que c'était vraiment trop long… Donc j'espère que ce chapitre vous a plu, depuis le temps, j'espère que l'attente en valait la chandelle !
N'hésitez donc pas à me laisser un petit mot pour me dire ce que vous en avez pensé, ça me fait toujours énormément plaisir !
Par contre j'ai un petit problème avec ffnet et je ne reçois plus d'emails quand vous m'envoyez des reviews ! Ne vous inquiétez pas, je réponds quand même, sauf les anonymes, j'essayerai de le faire au début du prochain chapitre !
D'ailleurs il s'appellera : Promenons nous dans les bois… ^^
Merci encore à vous de me lire malgré ma lenteur invétérée et merci d'avance à ceux qui prendront le temps de me laisser un petit mot, c'est le meilleur moyen de me motiver !
A bientôt,
Angedescieux
