Non vous ne rêvez, un chapitre, et après plus d'un an d'attente ! Oui oui je sais... Mais que dire, euh, j'ai du boulot ? ^^ Un mémoire, et un master à passer, ça prend du temps. Plus le manque d'inspiration, eh bien ça donne tout ce temps d'inactivité. Enfin, j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira. Vous allez voir, les choses commencent lentement à bouger pour nos héros. =)

Bonne lecture à tous et merci de votre patience,

Angedescieux

Chapitre 16 : Chacun chez soi

Il avait quitté cette pièce, parce que c'était dangereux. Pour une fois, il avait le droit de se défiler. Pas de courageux Gryffondor pour affronter le regard hilare de Malfoy.

Pourquoi, par Merlin, avait-il choisi ce souvenir ? Il était vraiment stupide. Malfoy n'avait précisé à aucun moment si ce souvenir créé devait être heureux ou douloureux. Peut-être que cela n'avait pas d'importance. Quoi qu'il en soit, il était certain que ce n'était pas censé donner à l'adversaire des indications sur lui ! Et là il venait d'offrir à Malfoy, comme le sombre imbécile qu'il était, une des facettes de son enfance qu'il avait toujours soigneusement occultée à ceux qui ne le connaissaient pas. Les regards peinés de ses amis étaient déjà bien suffisants ! Il n'avait pas besoin de la pitié condescendante de son ennemi juré en plus.

Juché sur son lit, Harry se répéta encore un moment combien il était stupide. Aussi n'entendit-il pas la silhouette silencieuse de Malfoy, aussi agile qu'un chat, se glisser dans sa chambre.

Le dos voûté du Gryffondor se découpait dans la lumière de cette fin de journée. Potter ne semblait pas particulièrement abattu. Enfin, il ne savait pas. Il avait juste l'air crispé.

- C'était quoi ça, Potter ? demanda t-il d'une voix dure.

Le brun sursauta et tourna la tête vers lui. Le Serpentard était à quelques mètres, debout près du lit mais pas trop proche, insensible au fait de n'avoir aucun appui, aucun meuble sur lequel s'appuyer pour ne pas avoir l'air gauche.

Mais comme d'habitude, Malfoy emplissait la pièce à lui seul. Il n'avait pas besoin d'un nom ou d'une vie abracadabrante pour attirer l'attention. Un simple regard posé sur lui suffisait à faire comprendre qu'on était en présence d'un être qui vous serait toujours infiniment supérieur pour une raison qui vous échappait.

- Rien qui te regarde, Malfoy, répondit-il d'une voix sèche qui sonnait comme un avertissement.

Mais bien sûr, celui-ci n'était pas du genre à se soumettre à une menace voilée.

- Qu'est-ce que c'était que cette pièce ?

Harry lâcha un petit soupir fatigué :

- Un placard sous l'escalier. Ce n'était pas difficile à comprendre.

- Je sais ça, Potter. Ce que je veux savoir, c'est ce que cette pièce était pour toi, exigea t-il d'une voix impatiente.

Harry leva les yeux vers lui. Il ne voulait pas inspirer de la pitié au Serpentard. Il était une des seules personnes qui n'avait jamais eu ce regard condescendant à son égard. Et il ne voulait pas que ça commence aujourd'hui.

Il pouvait supporter tout : sa haine, sa colère, son dégoût, mais pas cette pitié rabaissante.

- Ma chambre, finit-il par dire d'une voix neutre, le défiant du regard de faire un commentaire déplaisant.

Malfoy eut une expression bizarre, le dévisagea quelques instants, avant d'éclater de rire :

- Ahaha, très drôle Potter ! J'ai failli tomber dans le chaudron !

Harry écarquilla les yeux, pas parce que le Serpentard ne le croyait pas, mais parce qu'il ne l'avait jamais rire avant. Enfin, pas de manière aussi spontanée et naturelle. Malfoy se tenait les côtes et essuyait les larmes de rire au coin de ses yeux.

- Ouhouhou, t'as failli m'avoir, Potty ! Un peu plus et je serais jaloux de ton talent de comédien !

Le Gryffondor faillit répliquer qu'il se trompait mais il n'avait pas envie de tout expliquer au Serpentard. Si Malfoy n'avait pas compris, ce n'était pas on problème. Il haussa les épaules et attendit que le blond se calme. Il ne put détourner son regard de ce sourire nouveau, qui donnait un tout autre visage au Serpentard.

- Bon, maintenant, à mon tour, j'attends mon cours de Patronus, déclara finalement celui-ci lorsqu'il retrouva tout son sérieux.

Harry fit la moue. Il avait tout sauf envie de retourner dans cette pièce à cet instant précis. Il voulait juste se reposer.

« Et tu ressasseras ce moment jusqu'au lendemain où tu auras le même raisonnement… »

- Es-tu en train de te défiler, Potter ? demanda Drago en haussant un sourcil moqueur.

- Absolument pas, fit Harry en se levant.

Il passa devant le blond et sortit de la pièce. Un sourire amusé jouait encore sur les lèvres du Serpentard, en souvenir de ce fou rire inattendu.

Hermione/Rogue

Hermione jeta un énième coup d'œil étrange en direction de la cuisine. Depuis qu'ils étaient revenus, Rogue était d'une humeur massacrante. Cela aurait pu être quelque chose de parfaitement habituel et pourtant, la Gryffondore ne l'avait jamais vu autant sur les nerfs. On aurait dit qu'il boudait. Et rien que cette idée était absurde.

Le directeur de Serpentard avait disparu dans la cuisine dès qu'ils étaient rentrés, et depuis, elle entendait périodiquement des bruits mats, comme un placard qu'on referme, et des tintements de verre. Que pouvait-il bien fabriquer ? Peut-être qu'il était tellement en manque de potions qu'il avait investi les lieux pour en faire son nouveau laboratoire…

Hermione aurait bien aimé lui faire un reproche à ce sujet, seulement pour lui faire sentir qu'elle n'avait vraiment pas les propos qu'il avait tenus plus tôt. Mais après tout, elle n'avait pas vraiment besoin d'accéder à la cuisine puisque les elfes se chargeaient des repas, à la demande expresse de Dumbledore. Il devait sans doute craindre qu'ils ne tentent de s'empoisonner.

La jeune fille s'ébroua pour s'extirper de ces étranges réflexions et replongea dans son ouvrage, à la recherche d'informations supplémentaires sur le Sort de Rencontre et surtout à propos de ce « rapprochement physique » que Rogue avait évoqué plus tôt dans la journée. Rien que d'y penser, elle en frissonnait de dégoût !

Sans se douter le moins du monde que c'était précisément leur discussion à propos de ce rapprochement qui avait mis Rogue d'aussi mauvais poil, elle fit abstraction du bruit et se tenta de se concentrer sur son grimoire.

De son côté, le maître des potions ne cessait de marmonner :

- Affreux, affreux, non mais oh, elle se prend pour qui cette gamine ! Si elle savait à qui elle a affaire, elle viendrait supplier à genoux à ma porte pour que je le fasse au plus vite, ce rapprochement physique !

Furibond, il fixa le bocal qu'il venait de poser au centre de la table. Il avait dû farfouiller dans plusieurs placards avant que la salle sur demande sur mesure daigne enfin lui donner ce qu'il voulait.

Rogue se laissa tomber sur la chaise en face du bocal et interpela l'innocent récipient :

- Albus, je sais très bien que vous pouvez m'entendre. Tordu comme vous êtes, je ne doute pas une seconde que vous vous délectez du spectacle, avec du pop-corn au caramel en prime. Vous avez intérêt à vous manifester avant que je ne m'énerve davantage.

Un mince brouillard se forma alors dans le bocal et un buste s'y dessina peu à peu. Rogue fit la grimace en reconnaissant Minerva McGonagall.

- Eh bien, Albus est plus trouillard que je ne le pensais.

- Bonsoir Severus. Albus n'est pas là pour le moment, l'informa la sorcière avec ce qui ressemblait grandement à un brin de nervosité.

- Vraiment ? Il est parti acheter ses bonbons, c'est ça ? fit sarcastiquement le professeur Rogue. Albus, je sais pertinemment que vous êtes là. Vous feriez mieux de sortir de votre trou, sinon je suis certain que Minerva prendra un intérêt tout particulier à écouter certaines choses dont je pourrais avoir envie de parler…

La Minerva du bocal fronça les sourcils et tourna la tête avec un air interrogateur, en direction d'un interlocuteur invisible. Brusquement, son buste se dissipa pour laisser place à celui du vénérable directeur de Poudlard.

- Mon cher Severus, vous avez de la chance, je viens tout juste de rentrer ! s'exclama joyeusement le vieil homme.

Il tourna à son tour la tête de côté :

- Non voyons Minerva, Severus plaisantait, il aime bien me taquiner. Non, non, je vous assure, il n'y a rien du tout. C'est juste une petite blague entre nous…

Rogue ricana :

- Je suis surtout ravi de vous mettre dans le pétrin. Ca vous apprendra à raconter n'importe quoi.

- Mais voyons Severus, demandez à Fumseck, je vous assure, je viens à peine de poser les pieds dans le château.

- Albus, je vous déconseille de me prendre pour un abruti. Ma patience a des limites et elles ne sont pas loin d'être franchies ! En plus, ce phénix ferait n'importe quoi pour un paquet de biscuits, je ne doute pas que vous puissiez lui faire acquiescer à n'importe quoi.

- Allons allons, Severus, un peu de calme voyons ! Fumseck est tout ce qu'il y a de plus intègre.

- Me calmer ? Albus, je pense que vous savez pertinemment quel est présentement mon état d'esprit alors ne jouez pas avec mes nerfs !

- Vous êtes si nerveux Severus, j'ai vraiment bien fait de vous offrir ces « petites vacances » !

Rogue faillit s'étouffer avec sa propre salive :

- Des vacances ? Vous m'avez contraint à l'enfermement indéfini et pas avec un sort inoffensif, oh ça non, ça aurait été trop simple, non, il fallait que vous choisissiez ce putain de Sort de Rencontre ! fulmina le sorcier.

Le vieil homme du bocal eut un sourire indulgent pour son protégé et reprit d'une voix douce :

- Ecoutez Severus, je comprends que vous puissiez être déstabilisé par cette initiative. La situation ne pouvait plus durer, Poudlard n'est pas un champ de bataille pour des disputes entre frustrés !

- Frustrés ? Albus je vous prie de vous mêler de ce qui vous regarde ! M'avoir sauvé la vie ne vous donne pas un droit de regard sur elle !

Il y eut un petit silence qui exaspéra encore plus le professeur de potions. Il allait reprendre ses récriminations quand la voix sans appel du vieil homme le coupa dans son élan :

- Quoi que vous puissiez dire, les faits sont là. Vous savez de quelle manière le Sort de Rencontre agit et vous ne pouvez pas nier ce qui se passe autour de vous.

- Mais enfin Albus, comment pouvez-vous cautionner ça ! Bon sang, c'est mon élève, j'ai vingt ans de plus qu'elle ! Au-delà de mes appréciations personnelles, qui réprouvent totalement ce choix soit dit en passant, c'est interdit !

Rogue avait espéré que cet argument amènerait le vieil homme à reconsidérer la situation mais il fut à nouveau pris au dépourvu :

- Eh bien, j'ai consulté les lois sorcières à ce sujet et elles stipulent que dans le cas de deux personnes réunies par un sortilège de magie pure, les unions bénéficient d'une plus grande liberté, notamment pour les questions d'âge et de lien professeur/élève.

Rogue eut l'impression qu'on lui ôtait son dernier espoir. Même les lois séculaires étaient contre lui ! Il gratifia son mentor d'un regard noir et jeta son ultime carte :

- Cela ne se fera pas.

- Et pourquoi cela, cher ami ? demanda poliment Dumbledore.

- Parce que je la répugne, qu'elle refuse l'idée de toute son âme.

Le vieil homme lui lança ce regard si caractéristique qui donnait l'impression qu'il fouillait l'âme de son interlocuteur.

- Vous savez tout comme moi qu'il n'est pas possible de contourner le Sort de Rencontre, pour la simple et bonne raison qu'il lit en vous. Plus vous résisterez et plus la tension grandira entre vous. Nul ne peut échapper à ce qui est si évident.

- Vous avez dû vous tromper, c'est impossible.

- Si j'avais gagné un bonbon à chaque fois qu'on me l'avait dite celle-là… Severus, vous savez qu'il n'y a rien de plus vrai. Le Sort de Rencontre vous a réunis, il ne vous reste plus qu'à accepter ce coup de pouce du destin et de construire votre bonheur.

- Ça ne marchera pas Albus, répéta Rogue d'un air sombre.

- Mais si, vous allez voir ! Et pour commencer, vous allez me changer ces robes, suffit le noir, confisqué tout ça ! Il faut être jeune et dynamique mon cher Severus ! Vous verrez, je suis certain que Miss Granger appréciera le changement ! ajouta t-il avec un clin d'œil.

Et avant que Rogue ait pu dire quoi que ce soit, le buste ainsi que le mince brouillard s'étaient volatilisés. Muet de colère, le sorcier fixa le bocal vide avant de se rendre compte que Dumbledore venait de transformer ses magnifiques capes noires en une tenue moldue des plus grotesques !

- ALBUS !

Hermione sursauta et jeta un regard surpris en direction de la cuisine. Voilà que Rogue s'énervait tout seul contre leur directeur. Elle fit une moue désapprobatrice et puis la porte s'ouvrit à la volée pour dévoiler un homme furieux.

Si Malfoy avait été là, il aurait sûrement critiqué le trop grand étonnement transparaissant sur le visage de la Gryffondore. Car la classe ultime était de faire étalage de ce sentiment d'une manière élégante et pleine de modération. Et là, ce n'était vraiment pas le cas.

Les yeux grands ouverts, Hermione eut tout juste le temps de détailler la silhouette avant que Rogue s'éloigne d'un pas furieux en direction de sa chambre.

La Gryffondore se demanda un instant si elle n'avait pas été victime d'une hallucination. Le Rogue qu'elle venait de voir portait un pantalon vert kaki en velours côtelé. Or, Rogue ne portait pas de kaki. Et encore moins du velours côtelé. Cela faisait partie des choses immanquablement vraies, aussi immuables que « le ciel est bleu » et « les dragons crachent du feu ». Dire qu'un scrout à pétard était une créature peu attachante et que Rogue portait toujours, invariablement et uniquement du noir faisait partie de ces affirmations qui ne changeaient pas, même avec le temps.

Donc il était hautement improbable qu'elle ait vu ce qu'elle croyait avoir vu. Conclusion, elle devait s'être endormie sur son grimoire et elle faisait un rêve vraiment étrange et invraisemblable. D'autant plus que Rogue ne portait pas non plus de petit pull moulant avec un col en v. En tout cas le Rogue de la réalité, à la différence de celui-là. Et puis d'ailleurs, comment pouvait-elle imaginer que Rogue ait quelque chose à mettre en valeur sous ledit pull ? Elle avait dû trop manger pour être amenée à faire de telles supputations oniriques.

Rassérénée, bien qu'un peu perturbée, Hermione se recala dans le siège, se demandant ce que ce rêve lui réservait encore.

Mais un nouveau cri de colère tourné vers Dumbledore la convainquit qu'elle n'était peut-être pas endormie. Enfin, surtout la douleur lancinante au niveau de son coude, entré en collision avec l'armoire en chêne massif, sous le coup de la surprise.

Puis une porte claqua et elle vit à nouveau le Rogue étrangement vêtu se rendre d'un pas furibond dans la cuisine. A travers la porte entrouverte, la Gryffondore le vit se pencher au dessus de ce qui ressemblait hautement à un bocal à poissons rouges vide, et s'égosiller :

- Albus, je vous ordonne de me rendre mes vêtements ! Il est hors de question que je me balade dans ce grotesque accoutrement !

Il ne se passa rien. Il y avait juste Rogue qui fulminait au dessus d'un bocal vide.

Un peu inquiète, la jeune fille se demanda si le professeur de potions n'avait pas pété une durite. Elle abandonna le grimoire sur le fauteuil et s'approcha, la mine conciliante :

- Professeur Rogue ? Vous vous sentez bien ?

L'homme plus si en noir que ça tourna lentement la tête vers l'intrus qui avait osé pénétrer dans la cuisine pendant son pétage de plombs :

- Y a t-il un problème, Miss Granger ? demanda t'il d'une voix beaucoup trop calme.

Bizarrement, Hermione ne fit même pas attention à l'usage de son nom de famille.

- Hum, qu'est-il arrivé à vos vêtements ? fit-elle d'une voix étrange.

Rogue inspira profondément pour se maîtriser :

- Il se trouve que l'abruti qui sert de directeur à cette école n'a rien trouvé de mieux que de modifier ma garde robe dans son intégralité. Et qu'en plus du fait de m'avoir ôté ma baguette, il a interdit à cette salle d'obtempérer à un ordre concernant un retour à la normale de mes vêtements.

- Ah, fit la jeune fille, un peu hébétée. Mais pourquoi cela ?

Rogue prit une autre inspiration profonde :

- Il serait temps que je change de style, il semblerait, expliqua t-il d'une voix à couper au couteau.

- Oh. Euh, très bien.

Le professeur de potions jeta un regard suspicieux à la Gryffondore, s'attendant sans doute à une attitude plus réactive de sa part. Mais ledit regard eut pour étrange effet de provoquer une pigmentation carmin sur les joues de son élève qui, gênée, s'éloigna et partit se réfugier dans sa chambre.

Rogue haussa un sourcil perplexe en se demandant ce qui venait de se passer à l'instant, quand il fut interrompu dans ses réflexions par une voix qui provoqua un tic nerveux au niveau de sa paupière gauche.

- Vous voyez Severus, je vous l'avais bien dit ! fit joyeusement le buste de Dumbledore ayant réapparu dans le bocal.

- Albus, rendez-moi mes robes ou je ne réponds plus de rien ! ordonna l'homme plus si en noir que ça.

- Hors de question ! Pas après un départ si prometteur, une telle réussite !

- Quelle réussite ? Celle de me rendre ridicule ? Ça en effet, c'est un succès indéniable.

- Porter ce velours côtelé ne fait pas de vous quelqu'un de ridicule, Severus. Cela fait juste de vous un homme.

- Qu'insinuez-vous à propos de mes robes ? Qu'elles font de moi un troll des montagnes ? répliqua Rogue avec colère.

- Non, elles font de vous un professeur, répondit très sérieusement Dumbledore.

Rogue ne cacha pas son étonnement :

- Et alors ? C'est ce que je suis, du moins ce que j'étais, avant que vous ne vous mêliez de tout ça.

Dumbledore émit un vague soupir condescendant et prit sa voix la plus patiente, comme pour expliquer quelque chose d'important à un enfant.

- N'avez-vous pas perçu le regard de Miss Granger ?

- Il m'a paru particulièrement amorphe, pourquoi ?

Dumbledore soupira à nouveau, d'agacement cette fois.

- Enfin Severus, faites un effort bon sang ! Sinon nous ne parviendrons jamais à rien ! N'avez-vous pas vu que votre tenue l'a déstabilisée ?

- Euh, non, admit Rogue.

- Essayez de vous mettre à sa place une seconde nom d'un chaudron mal rincé ! C'est votre élève ! Pour elle, la quintessence même de votre statut de professeur réside dans votre attitude mais aussi dans votre mise ! Vous êtes toujours vêtu de ces robes noires ! Des robes qui cachent l'homme que vous êtes pour laisser place au statut de professeur, qui par essence défend toute approche d'un élève. Comprenez-vous ?

- Il me semble oui.

- Bien. Donc si vous voulez que votre relation avec Miss Granger évolue, il faut surmonter cette barrière infranchissable, bannir le professeur pour révéler l'homme ! Donc fini les robes noires et désormais, vous ne porterez que des vêtements qui vous mettrons plus en valeur !

- Mais c'est stupide Albus ! Vous savez pertinemment que ce n'est pas ce que le Sort de Rencontre veut. Ca ne servirait à rien. Même si par un étrange et invraisemblable coup du destin Miss Granger se mettait à me trouver séduisant, cela ne résoudrait en rien le problème.

- Voilà ce qui cloche Severus, vous envisagez cette situation comme problématique. Or, il n'y a aucun problème ! Le Sort de Rencontre vous a réunis donc vous êtes des âmes sœurs, qu'y a t-il de compliqué à cela ?

- Je me demande parfois si vous réfléchissez comme le commun des mortels, Albus…ironisa Rogue.

- Et moi je trouve que cette conversation tourne en rond. En fait, vous ne faites tous que tourner en rond sans jamais avancer. Il est temps d'aller de l'avant Severus. Sans vouloir vous vexer, vous êtes le couple qui accuse le plus de retard.

- Du retard ? Albus, j'espère pour vous que vous ne faites pas des comparaisons, des statistiques ou je ne sais quoi ! s'énerva le maître des potions. Et puis, comment pourrions-nous être moins avancés que Drago et Potter ?

- Enfin vous commencez à penser avec un « nous », bien, bien, très bien ! s'exclama joyeusement Dumbledore qui se mit à prendre des notes sur un carnet. Et pour répondre à votre question, figurez-vous que ces petits jeunes font des efforts et commencent, malgré eux certes, à se révéler l'un à l'autre. En tant qu'aîné, vous pourriez tout de même faire preuve d'une meilleure volonté…le gourmanda le directeur.

Rogue se pinça l'arrête du nez :

- Je vais faire comme si je n'avais rien entendu…

- Bien, je reviendrai poursuivre cette aimable discussion d'ici deux jours, histoire de vous laisser le temps de vous améliorer. Travail d'équipe Severus, du travail d'équipe !

Et Dumbledore disparut après lui avoir adressé un autre des ses sourires malicieux.

Voilà pour ce nouveau chapitre, j'espère qu'il ne vous a pas déçus ! Pour la suite, je ne peux rien promettre hélas... Jusqu'à février, je vais être archi débordée, donc je doute d'avoir du temps pour écrire. Enfin, faut jamais perdre espoir ! =)

A bientot j'espère,

Angedescieux