Chapitre X

L'hiver commençait à approcher, il faisait un froid glacial dans les couloirs du château et c'était encore pire dans la salle commune des Serpentard qui se trouvait sous le lac. Comme à son habitude, le jeune Nott avait le nez plongé dans un livre et sursauta quand son ami l'appela :

-Théodore ?

Surpris que son ami l'appelle par son prénom, celui-ci releva brusquement la tête.

-Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi tu fais cette tête ?

-Rien…C'est simplement que tu ne m'appelles jamais par mon prénom d'habitude…marmonna-t-il en guise de réponse.

Blaise haussa les épaules et répondit :

-Je trouve ça stupide de s'appeler les uns les autres par nos noms de familles. Les prénoms servent à ça…Ca te dérange que je t'appelle par le tien ?

Théodore eu un petit sourire, ce qui était assez peu fréquent chez lui et répondit :

-Tu as raison…mais qu'est-ce que tu me voulais ?

-Je voulais simplement te proposer une partie d'échec.

Posant son livre, le jeune garçon accepta avec joie. Il était imbattable aux échecs et son ami allait s'en mordre les doigts…

Une épidémie de grippe avait contaminé le château et Blaise fut dans les premiers à être touché. Depuis quelques jours, Théodore avait remarqué que son ami toussait souvent et semblait sans arrêt transi de froid, ce qui lui avait valu quelques jours à l'infirmerie. Malheureusement pour lui, le jeune Nott fut également touché, mais refusant de manquer des cours, il laissa son état s'empirer…

Un matin très tôt, il se réveilla avec des maux de tête, la gorge en feu et tremblait de tous ses membres. S'enfouissant le plus profondément possible sous ses couvertures pour tenter de se réchauffer, il finit par se rendormir.

Il fut, cependant, réveillé par Blaise, qui s'inquiétait de ne pas le voir debout à une heure aussi tardive :

-Il est déjà 11h, tu sais…tu n'as pas l'air en très grande forme…

Théodore répondit par un grognement, quand soudain il fut pris d'une quinte de toux.

-Tu devrais aller à l'infirmerie…

-J'avais deviné ça tout seul ! l'envoya-t-il balader, de mauvaise humeur.

Préférant éviter les conflits, le jeune Zabini, le laissa s'habiller en ronchonnant. Le jeune Nott ne prit même pas la peine de se coiffer et de se laver et prit la direction de l'infirmerie en traînant des pieds. Le jeune garçon détestait se trouver dans un tel état, mais ce qui le rendait encore plus malade, c'était le fait de prendre du retard dans ses cours et ses devoirs.

Théodore hésita un moment avant de frapper à la porte de l'infirmerie. C'était la toute première fois qu'il s'y rendait et ne savait pas vraiment à quoi s'attendre. Frappant enfin à la porte, celle-ci s'ouvrit presque immédiatement et laissa apparaitre l'infirmière. Madame Pomfresh le fit entrer à l'intérieur et déclara en le voyant.

-Monsieur Nott…vous n'avez pas bonne mine. Je pensais que l'épidémie s'était calmée…

Théodore fut un peu surpris de constater qu'elle connaissait son nom mais ne fit aucun commentaire. Toujours silencieux, il s'assit sur le lit que Madame Pomfresh lui avait désigné et se laissa sagement faire quand celle-ci posa une main sur son front pour évaluer sa température.

-Vous êtes brûlant de fièvre !

Le jeune garçon voulut répondre mais fut pris d'une violente quinte de toux qui le plia en deux.

-Combien de temps vous avez laissé trainer ceci ? Le questionna l'infirmière

-Trois ou quatre jours…marmonna Théodore.

-Vous auriez dû venir plus tôt ! Le réprimanda-t-elle.

Un peu honteux, il laissa l'infirmière lui prendre sa tension puis examiner sa gorge douloureuse.

-Vous allez rester quelques jours ici pour vous reposer…Fini par déclarer l'infirmière en lui tendant un des pyjamas de l'école.

-Mais et les cours ? Demanda le jeune garçon paniqué à l'idée de manquer de nombreuses heures de classe.

-Vous rattraperez sur vos camarades…

Après s'être déshabillé de mauvaise grâce et après avoir revêtit le pyjama que l'infirmière lui avait prêté il s'allongea dans le lit. Madame Pomfresh était parti chercher il ne savait quoi dans la partie de l'infirmerie qui lui était réservé et revint quelques minutes plus tard avec un linge humide qu'elle lui appliqua sur le front pour faire baisser sa température. Ce geste rappela au jeune garçon ceux de sa mère, lorsqu'il était souffrant et ce souvenir accompagné de sa fatigue et de sa frustration de devoir rester à l'infirmerie le firent craquer et Théodore ne pu réprimer quelques larmes…

-Ce n'est pas la peine de vous mettre dans un tel état, Monsieur Nott…lui dit l'infirmière en se radoucissant.

Le jeune garçon mit un petit moment avant de reprendre contenance. Il s'en voulait énormément de ne pas savoir se maîtriser et de laisser transparaitre ses émotions à la moindre contrariété…

Théodore avait passé une grande partie de la matinée et de l'après-midi à dormir. Lorsqu'il se réveilla aux alentours de 17h, il grimaça lorsque l'infirmière lui tendit un thermomètre, voulant vérifier sa température.

-Je sais que vous êtes fiévreux, mais il me faut un résultat précis pour voir si la fièvre descend ou non…lui expliqua-t-elle en le voyant grimacer.

Comme la plupart des enfants, il avait toujours détesté ça mais en entendant les explications de l'infirmière, n'avait pas eu d'autre choix que de s'y plier.

-38,3° … Elle devrait vite redescendre ? Questionna Théodore qui commençait déjà à en avoir assez d'être couché.

-Tout dépendra de vous et de votre organisme, je ne peux pas vous le dire en avance. Je suis infirmière pas voyante !

Le jeune homme poussa un soupir et se mit à somnoler en attendant l'heure du dîner. Alors qu'il s'était profondément endormi, l'infirmière le réveilla doucement, une assiette de nourriture à la main.

-Vous avez faim, Monsieur Nott ?

-Pas vraiment…murmura Théodore d'une voix rauque en se frottant les yeux.

-J'imagine, mais j'aimerais que vous mangiez un peu tout de même…

Docile, il s'empara de l'assiette qu'elle lui tendait et entreprit d'avaler quelques petites bouchées de nourritures. La déglutition était douloureuse et il ne parvient pas à finir son assiette.

La nuit fut pénible malgré les potions que Madame Pomfresh lui avait fait ingurgitées. Cependant, celles-ci avaient été efficace et trois jours plus tard, l'héritier Nott était de nouveau sur pied. Une fois sorti de l'infirmerie, il se dirigea vers la salle commune de Serpentard, avec la ferme intention de rattraper tous les cours qu'il avait manqué.

Quand il pénétra dans la pièce, il se rendit vite compte que la salle commune était pleine et qu'il lui serait difficile de repérer son ami. Il finit par l'apercevoir à une grande table avec les autres élèves de seconde année. Théodore poussa un long soupir d'agacement. Il n'avait aucune envie d'aller se mêler aux autres pour récupérer les cours de Blaise. Traînant des pieds, il se força tout de même à s'approcher de la table de ses camarades. Ceux-ci étaient occupés à jouer à la bataille explosive. Alors que le jeune garçon s'arrêtait tout près de la table, en se tortillant nerveusement, n'ayant aucune idée de comment aborder le groupe, son ami leva les yeux de ses cartes et lui dit en le taquinant un peu méchamment :

-Alors Nott, guéri ? On peut enfin te parler normalement sans que tu nous sautes à la gorge ?

Malefoy émit un ricanement, ce qui lui valut un regard noir de la part de Théodore. Le jeune garçon était peut-être très réservé et évitait à tout prix les conflits, mais il détestait se faire marcher sur les pieds et n'hésitait pas à remettre quiconque s'en prenait à lui, à sa place…

-Oui je vais mieux…Est-ce que tu pourrais me prêter tes cours ? murmura-t-il.

Son ami le dévisagea quelques secondes puis se leva de sa chaise et lui fit signe de le suivre vers le dortoir. Tandis que Blaise fouillait dans ses affaires pour retrouver ses parchemins, Théodore était en proie à un grand dilemme. Il savait parfaitement que son comportement avait blessé son seul ami et qu'il lui devait des excuses, mais sa fierté et son orgueil en serait fortement atteint, ce que le jeune Nott redoutait par-dessus tout…

-Tiens, ce sont mes notes d'Histoire de la Magie, de Sortilège et de Métamorphose…Lui dit soudain Blaise en lui tendant une liasse de parchemin.

Théodore les parcourut rapidement des yeux, et ne pu s'empêcher de lui faire remarquer :

-C'est tout ce que tu as noté en Histoire de la Magie ? D'habitude, je prends au moins quatre parchemin recto-verso de notes…

Le jeune Zabini leva les yeux aux ciels et répliqua :

-Si les miennes ne te vont pas, tu n'as qu'à prendre celles de Malefoy…

Le jeune Nott s'enfonçait encore plus et répondit précipitamment en bredouillant :

-Non…merci c'est très bien, je suis vraiment désolé…

Ce fut plus fort que lui et il se mit à rougir en baissant les yeux au sol. Au bout de quelques secondes son ami répondit en le taquinant plus gentiment cette fois :

-Ce n'est rien…mais saches que tu peux vraiment être agaçant quand tu t'y mets !

Théodore se mit à rire nerveusement et quand Blaise fut redescendu pour rejoindre les autres, il s'assit au bord de son lit en poussant un long soupir. Si le jeune garçon se révélait être extrêmement doué en ce qui concernait les études, il avait encore beaucoup de progrès à faire en ce qui concernait les relations sociales.

Après s'être perdu quelques minutes dans ses pensées, concernant la remarque de Blaise à propos de son attitude agaçante, le jeune homme se mit enfin au travail en recopiant les notes de son ami. En fin d'après-midi comme son cours d'Histoire de la Magie ne lui convenait toujours pas, il se rendit à la bibliothèque pour faire quelques recherches supplémentaires sur la révolte des gobelins.