Chapitre 7 : L'Écossais à Paris

Résumé : Jarod retrouve son ami l'Écossais. Il invite ce dernier à passer quelques jours en leur compagnie. Toutefois, les choses ne se passent pas aussi bien que le caméléon pouvait espérer.

Appartement quartier résidentiel Paris, France

Depuis les terribles révélations qui leur avaient littéralement explosé au visage, Jarod et Mlle Parker étaient dans un mauvais état d'esprit. Toujours sur le qui-vive, ils remettaient sans cesse en question toutes les décisions qu'ils avaient prises jusqu'à maintenant. Les mots des Andersen faisaient encore écho dans leur tête, semant le doute quant à leur confiance envers les personnes qui les entouraient. Le silence de Michael et Sarah ne faisait qu'ajouter à leur inquiétude, une angoisse étouffante, d'autant plus qu'ils ne pouvaient plus entrer en contact avec eux. Leur absence prolongée et le manque de nouvelles laissaient un vide si énorme que ça les terrifiait. Le Centre, quant à lui, étendait ses tentacules dans de nombreux domaines, devenant plus puissant et plus dangereux que jamais. Jarod et Mlle Parker savaient que les expériences et les nombreux projets en cours de cette organisation sinistre pouvaient causer des ravages dans la vie d'innocentes personnes, se rendant compte à quel point l'ampleur de cette menace était encore plus grande qu'ils ne l'avaient imaginé. Sur la terrasse de leur appartement, le caméléon derrière la jeune femme lui frotta tendrement les épaules. Il lui proposa de faire une balade en amoureux. Elle accepta.

Les Champs-Élysées, Paris, France

Bras dessus bras dessous, ils se rendirent aux Champs-Élysées, une des avenues les plus divertissantes et les plus célèbres de Paris. Une fois arrivés sur place, les tourtereaux furent immédiatement frappés par l'énergie vivante qu'elle dégageait. Celle-ci était bondée de monde, avec des touristes et des Parisiens qui se promenaient, faisant du shopping. Les boutiques de luxe s'étendaient de chaque côté de l'avenue, proposant une variété de produits allant des vêtements de créateurs aux bijoux scintillants. Les passants erraient devant les vitrines, s'arrêtant parfois pour admirer les articles exposés. Les cafés et les restaurants longeant les trottoirs étaient remplis de clients en train de savourer des plats délicieux et de siroter des boissons rafraîchissantes. L'odeur alléchante de la cuisine française flottait dans l'air, attirant les gourmets en quête d'une expérience culinaire. Les musiciens de rue ajoutaient une touche artistique en jouant des morceaux classiques ou en interprétant des chansons populaires. Leurs sons rythmés, joyeux et entraînants tambourinaient dans leurs oreilles. Au fur et à mesure que Jarod et Mlle Parker flânaient le long de l'allée, ils décidèrent de s'éloigner un peu des Champs-Élysées afin d'explorer les alentours, où on y trouvait des magasins plus modestes, des bistrots pittoresques ou encore d'autres lieux plus discrets. Ils se laissèrent aller à une certaine évasion et à la conversation. Toutefois, ils ne pouvaient s'empêcher d'entamer une discussion sur les Andersen et de la menace pesante du Centre. Alors qu'ils traversaient une petite place, le caméléon reconnut une silhouette familière accompagnée d'un petit chien énergique. C'était Argyle, celui que l'on surnommait l'Écossais, son ami qu'il avait rencontré quatre ans plus tôt. C'était un homme au teint terne et fatigué, portant une barbe de quelque temps et une casquette usée. Il était vêtu d'un vieux manteau élimé qui avait déjà connu des jours meilleurs. À ses côtés, son chien qui n'avait que pour nom celui de Chien, agitait la queue avec enthousiasme, reniflant l'odeur du jeune homme. Les traits de caractère de l'Écossais étaient tout aussi distinctifs que sa tenue. Il était connu pour être cupide, prêt à saisir toutes les opportunités pour gagner de l'argent, même si cela impliquait des activités peu recommandables. Son intelligence laissait parfois à désirer, mais il possédait un charme naturel et un sens de l'humour pince-sans-rire. Jarod s'approcha de lui avec le sourire.

« L'Écossais, mon ami ! Quelle surprise !

- Eh bien, si ça, ce n'est pas le génie en personne ! Qu'est-ce qui t'amène à Paris ? Eh, tu as vu le Chien ? C'est Jarod ! Qui est cette déesse à côté de toi ?

- Mlle Parker, je te présente Argyle, un ami. Argyle, voici Mlle Parker, ma compagne.

- Enchanté, Mlle Parker. Jarod m'a beaucoup parlé de vous. Vous savez, je me demandais si vous existiez vraiment ou si vous étiez le fruit de son imagination. Ça me fait plaisir de vous rencontrer enfin, Argyle esquissa un sourire charmeur et serra la main de Mlle Parker, essayant de paraître courtois malgré sa nature quelque peu rustre.

- Malheureusement, je ne peux pas en dire autant. Jarod ne m'a jamais rien dit sur vous. Je dois avouer que votre réputation me rend un peu sceptique. Vous vous souvenez de Brigitte ?

- Ah Brigitte, c'était dans une autre vie ! Vous savez, je ne peux pas nier que j'ai eu un passé tumultueux, mais tout ça, c'est derrière moi.

- Vous avez quand même tenté de vendre Jarod au Centre pour 10 000 $. Est-ce là le prix de l'amitié, M. l'Écossais ?

- Parker, je t'en prie, tu le mets mal à l'aise.

- Vous avez de la chance d'être l'ami de Jarod parce qu'en ce qui me concerne, je ne vous fais pas confiance.

- Vous savez j'ai changé.

- Un homme de votre espèce ne change jamais totalement. Où habitez-vous ? Dans les environs ?

- Hum… J'habite ici et là, je vais là où le vent me mène. »

Jarod, sentant sa détresse compris vite que ce dernier n'avait pas de toit au-dessus de sa tête, il décida de lui tendre la main. Il invita celui-ci à passer du temps chez eux. Bien qu'il était conscient du comportement facilement critiquable d'Argyle, Jarod ne pouvait s'empêcher de lui porter secours. Cependant, Mlle Parker exprima immédiatement son opposition à cette idée. Elle se méfiait de ses intentions connaissant sa tendance à s'attirer les ennuis et à tirer avantage des autres. Elle craignait également que la présence d'Argyle ne venait perturber leur tranquillité et n'ajoute des complications à leur propre situation déjà complexe. Jarod, d'un ton calme et persuasif, expliqua à Mlle Parker les raisons de son geste, soulignant que malgré ses défauts, Argyle avait aussi ses qualités et qu'il ne fallait pas abandonner un ami dans le besoin.

« Parker, regarde-le ! On ne va pas le laisser dormir dehors.

- Je vais être généreuse avec ton ami. Je lui offre l'hôtel pendant toute une semaine. Je ne le veux pas chez nous !

- Donne-lui une chance. J'aimerais que tu apprennes à le connaître. Mon petit amour.

- Arrête de me faire ses yeux- là, Jarod. Je suis perplexe. Bon. Il peut venir à la maison, à la seule condition qu'il se comporte correctement et respecte les règles de notre foyer. Et soyons clair : s'il trahit notre confiance, il en subira les conséquences.

- Je me ferais tout petit. Vous ne me verrez même pas.

- Si on pouvait également ne plus vous entendre, ce serait parfait !

- Je sais que tu émets quelques réserves à ce sujet, Parker. Mais je crois qu'en lui offrant l'hospitalité, ce serait une façon pour nous deux, de se racheter de nos erreurs passées et peut-être même que tu pourrais développer une forme d'amitié avec lui.

- Nous verrons, Jarod. Mais ne te fais pas d'illusions.

- Merci, les amis ! Je ferai de mon mieux pour me comporter convenablement. Vous ne le regretterez pas, je vous le promets !

- Adieu la tranquillité, bonjour les galères ! »

Appartement quartier résidentiel Paris, France

Les premiers jours de cohabitation entre Argyle, Jarod et Mlle Parker s'avéraient plus difficiles que prévu. Les différences de personnalité et de mode de vie entre les trois individus créaient des problèmes au sein du jeune couple. Dès le premier jour, l'invité laissa traîner ses affaires partout, tout était en désordre ce qui exaspéra la Miss, habituée à l'ordre et à la propreté. Les remarques acerbes fusaient de part et d'autre. Jarod, quant à lui, tenta de relativiser les choses en jouant le rôle de médiateur, mais il se retrouvait bien souvent pris entre les disputes incessantes de son ami et de sa compagne. Les habitudes de l'Écossais ne correspondaient pas du tout à celles du caméléon et de la demoiselle. Il se couchait et se levait tard, il aimait regarder la télé à un volume sonore très élevé, il jacassait sans cesse, il observait, sans discrétion, Mlle Parker prendre sa douche, ce qui rendait fou de rage le caméléon. Et pire encore, il ramenait régulièrement des filles plus que douteuses à l'appartement, ce qui perturbait la quiétude des lieux. Il était sans gêne, insupportable et beaucoup plus préoccupé par ses propres intérêts que par ceux de ses hôtes. Cette attitude égoïste et individualiste irrita Mlle Parker au plus haut point. Elle supportait de moins en moins ces comportements chaotiques et aléatoires. Les malentendus s'accumulaient et l'entente devenait de plus en plus hostile. Jarod, déchiré entre son amitié pour Argyle et son amour pour la jeune femme, essaya de trouver des solutions pour apaiser les tensions. Il proposa des règles de vie commune, demandant à ce dernier de faire des efforts et de s'investir davantage dans les tâches quotidiennes. Quant à Mlle Parker, elle devait faire preuve de patience. Beaucoup de patience. Un jour, alors qu'elle rentrait du travail, elle trouva l'Écossais allongé sur le canapé du salon. On aurait cru qu'un ouragan était passé par là.

« Argyle, qu'est-ce que c'est que tout ça ? Qu'est-ce que tu fais affaler sur mon canapé ?

- Oh, salut Mlle Parker ! Rien de spécial, juste en train de regarder la télé. Quoi de neuf ?

- Ce qui est de neuf, c'est le désordre que je vois ici ! Le linge éparpillé sur le sol, les canettes de bière sur la table... Tu te crois où, chez toi ?

- Eh bien, techniquement, c'est un peu chez moi maintenant, non ? Jarod m'a gentiment invité à rester ici pendant un certain temps.

- Oui, je suis au courant de cette invitation, je te rappelle. Mais cela ne signifie pas que tu peux transformer notre appartement en un champ de bataille et en un bar désordonné !

- Désolé, Mlle Parker. Je suppose que j'ai un peu trop pris mes aises. Mais tu vois, c'est tellement différent de ma vie habituelle. J'essaie juste de me détendre un peu.

- Écoute, Argyle, je peux comprendre que tu aies besoin de te détendre, mais cela ne signifie pas que tu peux laisser la maison dans cet état. Je t'accorde une seule et unique chance, cette fois-ci, soit tu respecter les règles soit tu t'en vas !

- J'ai compris. Je promets de m'améliorer. Je ne veux pas causer de problèmes. Merci de me donner cette chance.

- Maintenant, range-moi tout ça ! »

Un soir, dans leur chambre, Jarod et Mlle Parker s'immergèrent dans un moment romantique d'une forte intensité. La pièce était imprégnée d'une douce lueur tamisée par des bougies parfumées disposées un peu partout. Une mélodie langoureuse et envoûtante s'échappait des enceintes, enveloppant les amants d'une musique éveillant leurs sens. Jarod, tout à son envie de combler Mlle Parker, était entièrement dévoué à elle. Agenouillé près du lit, ses doigts attentifs parcouraient amoureusement chaque centimètre du corps sans vêtements de la Miss. Ses mains, telle une symphonie d'harmonie, se faufilèrent avec tendresse sur les épaules, le dos et les jambes en un massage divin faisant naître des frissons de plaisir sur la peau de la jeune femme. Les gestes du caméléon étaient d'une infinie finesse, traduisant son désir de choyer sa bien-aimée. Sous les caresses expertes de Jarod, Mlle Parker se laissa aller à un état de béatitude. Ce massage sensuel n'était qu'un avant-goût de la passion qui les attendait cette nuit-là. Alors que les deux jeunes amoureux s'abandonnaient à leurs sensations, une série de coups répétés résonna à la porte. Les interruptions incessantes d'Argyle firent surgir la frustration chez Mlle Parker qui rouspéta, exigeant que Jarod fasse taire leur hôte indésirable avant qu'elle ne le jette hors de l'appartement. « Jarod, je t'en prie, fais-le taire ! Je ne peux pas croire qu'il choisisse ce moment pour nous déranger ! Si tu ne fais rien, c'est moi qui m'en occuperais. » s'exclama-t-elle, agacée. Jarod qui s'aperçut de l'exaspération de sa compagne, s'éloigna d'elle, prenant soin de la couvrir d'un drap léger. Il se dirigea vers la porte et l'ouvrit, se retrouvant nez à nez avec un Argyle, qui semblait à la fois confus et gêné, il l'emmena vers le salon.

« Qu'est-ce que tu veux ? demanda Jarod d'un ton las.

- J'ai l'impression d'avoir encore énervé ta femme.

- Elle ne le sera jamais si tu continues à t'immiscer de cette façon entre elle et moi.

- Tu veux l'épouser ?

- Eh bien, je l'aime. J'y pense beaucoup ces temps-ci. Vous n'envisagez pas le mariage avec Mona ?

- Ah. Avec Mona, c'est terminé. Elle m'a quitté pour un autre homme.

- Je l'ignorais. Avec Parker, c'est différent. Et c'est vrai que lorsque je vois mon avenir, c'est elle que je vois.

- Non, non, crois-moi Jarod, oublies cette idée. Elle va te rendre la vie impossible. Elle va faire de toi une véritable loque humaine.

- Eh, je t'interdis de parler d'elle comme ça ! Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Jarod, j'ai besoin de ton aide ! J'ai trouvé une occasion en or, une affaire juteuse et qui pourrait nous rapporter gros, mais j'ai besoin de ton génie pour la mettre en œuvre ! répondit-il avec une pointe d'excitation dans la voix.

- Non, écoute l'Écossais, je ne veux rien savoir et puis tu as donné ta parole à Mlle Parker de te tenir tranquille.

- Oui, mais tu n'es pas obligé de le lui dire.

- Tu veux que je lui mente ?

- Tu n'es pas obligé de tout lui raconter.

En peignoir de bain, elle débarqua dans le salon, furieuse, le regard noir de colère. Elle décida de lui dire ses quatre vérités. Faisant face à l'intrus, les sourcils froncés et les bras croisés, elle était prête à exprimer son mécontentement.

- Pousse-toi, le Chien ! Argyle. Ça suffit ! J'en ai plus qu'assez de toi. Tu m'exaspères ! Tu viens d'interrompre un moment plein de tendresse entre Jarod et moi, et ça, tu vois, je ne l'admets pas ! cracha-t-elle d'un ton agressif. Je ne peux plus supporter ton attitude égoïste et ton comportement irresponsable ! On a eu la gentillesse de t'accueillir ici, chez nous et toi, tu n'as aucun égard pour notre vie privée. As-tu seulement une once de considération pour les autres ?

- Parker, je suis sûr qu'il ne le savait pas. N'est-ce pas, l'Écossais ?

- Jarod a raison. Si j'avais su, je ne me serais pas permis de frapper à la porte.

- Jarod arrête de prendre sa défense et d'excuser tout ce qu'il fait. Tu ne lui rends pas service. Ne me regarde pas comme ça. C'est vrai, il agit comme si le monde tournait tout autour de lui. C'en est trop !

Argyle baissa la tête et garda le silence, réalisant qu'il avait blessé Mlle Parker par son attitude insouciante. Il chercha à se défendre, sentant la nécessité de s'excuser, mais cette dernière ne lui laissa pas l'occasion de s'exprimer. Elle l'arrêta, mettant sa main juste devant lui.

- Non, ne dis rien ! J'ai entendu suffisamment de tes excuses sans consistance. Tu es toujours là à te plaindre de tes malheurs, à chercher à profiter des autres sans jamais rien donner en retour. Et maintenant, tu te permets de venir nous déranger dans notre intimité, comme si ta satisfaction personnelle était plus importante que notre bonheur !

- Parker, je crois qu'il a compris.

- Je n'ai pas fini ! Argyle, est-ce que tu peux comprendre une seule fois que Jarod et moi voulons passer une agréable soirée, seul, sans toi ? Peux-tu imaginer ce que c'est quand deux personnes s'apprêtent à faire l'amour et n'ont, en aucune manière, l'envie d'être interrompues dans un tel moment ? C'est inapproprié de venir nous importuner de cette façon !

- Désolé, j'ignorais que vous étiez occupés. Je vais vous laisser tranquilles.

- Tes excuses ne suffisent pas, l'Écossais. Tu dois changer ton comportement, faire preuve de maturité et de respect envers nous et si tu ne le peux pas alors peut-être devrais-tu prendre tes distances et t'en aller d'ici. Ah, j'oubliais. Inutile d'entraîner mon homme dans tes sales magouilles ! Viens, Jarod, retournons à l'intérieur. Et toi, le Chien, du vent ! »

Il quitta le domicile sans une parole. Les mots de la jeune femme avaient été d'une froideur et d'une fermeté qui ne laissaient aucune place à l'ambiguïté. Elle ne tolérerait plus les intrusions ou les perturbations répétées d'Argyle. Mlle Parker attrapa Jarod par la main et le ramena avec elle jusqu'à la chambre, défaisant le nœud de son peignoir. Le tissu glissa le long de ses épaules dénudées, révélant sa peau si soyeuse, ses courbes si généreuses. Jarod l'embrassa fougueusement avant de l'allonger délicatement sur le lit, leur passion mutuelle brûlait dans leurs regards.

« Quel tempérament, mon amour ! Tu es sexy quand tu es en colère.

- Non, je n'étais pas en colère, mais frustré !

- Tu as été dur avec lui, murmura Jarod, effleurant les contours délicats de son sein.

- Jarod, je n'ai plus envie de parler de lui. Si on reprenait là où on s'était arrêté ?

- Ah. Et où s'était-on arrêté ?

- Laisse-moi te montrer. »

Elle s'approcha de lui, posant ses mains sur son torse, sentant les battements de son cœur s'accélérer. Leur peau nue se cherchait avec urgence. Les caresses se faisaient plus audacieuses, plus intimes, réveillant leur désir qui sommeillait en eux, se donnant l'un à l'autre sans retenue. Les murmures de plaisir remplissaient la pièce, tandis que leurs mouvements s'accordaient dans une parfaite entente de satisfaction. Lorsque l'extase ultime s'empara d'eux, leurs corps se détendirent en une fusion de bonheur et de plénitude. Ils restèrent enlacés, reprenant lentement leur souffle. Ils s'endormirent dans les bras l'un de l'autre.

Quelque part, dans les rues de Paris, France

L'Écossais marchait d'un pas nonchalant, son animal à ses côtés, à la recherche d'une aventure qui pourrait lui rapporter quelques billets. Sa nature avide d'argent et son penchant pour les ennuis l'avaient toujours poussé à s'aventurer dangereusement. Tout à coup, il entendit des cris. Avec un courage malavisé, il s'engagea dans la ruelle étroite et sombre d'où provenait la voix sans se douter qu'il courait droit dans un piège. Des ombres surgissaient de l'obscurité, l'encerclant. Des mains le saisissaient, l'immobilisant brutalement tandis que d'autres enlevaient violemment son chien, celui-ci aboya jusqu'à la mort. « Eh ! Qu'est-ce que vous me voulez ? Eh ! Lâchez-moi ! » cria-t-il, paniqué. Mais ses ravisseurs ne lui accordèrent pas une réponse. Ils le bâillonnèrent et l'enfermèrent de force dans le coffre d'une voiture. Le pauvre malheureux s'agita, appelant à l'aide, essayant de sortir du véhicule. Il commençait à suffoquer, le visage rouge, il perdit aussitôt connaissance. Le destin d'Argyle prenait une tournure inquiétante, tandis qu'il était emmené dans un entrepôt, loin des regards indiscrets. Dans le noir et sans bruit, ses pensées bouillonnaient dans son esprit. Il ne savait pas qui étaient ses ravisseurs ni ce qu'ils attendaient de lui. Pendant ce temps, Mlle Parker et Jarod endormis et inconscients des événements qui se déroulaient à quelques rues de là étaient loin de se douter de la situation désespérée dans laquelle leur ami s'était retrouvé.

Appartement quartier résidentiel Paris, France

72 heures plus tard. Jarod et Mlle Parker, assis à la table de leur cuisine, une tasse de café à la main, étaient plongés dans leur réflexion. Le caméléon, l'ordinateur devant lui, étudia tous les renseignements dont ils disposaient sur les kidnappeurs, rassemblant les indices et établissant une liste de contacts potentiels qui pourraient les aider à retrouver la trace de leur ami. La jeune femme restait réticente à s'impliquer davantage. Elle suggéra de laisser la police gérer cette histoire d'enlèvement. Jarod tenta de la convaincre de la nécessité d'intervenir.

« Parker, je comprends ton hésitation et ton envie de laisser la police gérer cette affaire. Je sais que tu ne l'apprécies pas, mais on ne peut pas l'abandonner. Il est notre ami, et nous ne savons pas dans quel genre de situation, il se trouve ni dans l'état où il est. Nous devons agir maintenant.

- Non, c'est ton ami, Jarod, pas le mien ! Je sais que tu es inquiet pour lui, mais nous devons aussi penser à notre propre sécurité. Comment pouvons-nous être sûrs que cette demande de rançon n'est pas une ruse pour nous attirer dans un piège ?

- Je prends le risque. Il est en danger, et nous ne pouvons pas simplement rester là, les bras croisés. J'ai fait une petite recherche sur les individus susceptibles d'être impliqués dans cette affaire. Et je peux t'assurer qu'ils ne sont pas liés au Centre. Nous devons trouver un moyen de les rencontrer et de négocier avec eux.

- D'accord, Jarod. On va faire comme tu dis. Mais je ne suis pas convaincue qu'il faille utiliser notre argent personnel pour libérer ton ami et son chien.

- Qu'est-ce que tu proposes ?

- Utilise tes dons pour piocher dans la réserve du Centre à moins que ça ne te pose un problème de cas de conscience ?

- Je croyais que l'on s'était mis d'accord sur le fait de ne plus avoir recours à eux de quelque manière que ce soit.

- Vois ça comme un emprunt ou une petite compensation bien mérité après de longues années de loyaux et bons services ! »

Déterminés, Jarod et Mlle Parker préparaient leur plan pour répondre à la demande de rançon. Ils rassemblèrent les fonds nécessaires et préparèrent un moyen de communication avec les ravisseurs, veillant à garder leur identité secrète. En quelques heures, tout était en place. Ils avaient fixé un lieu de rendez-vous dans un parc désert en périphérie de la ville. Jarod était nerveux, mais son sens aigu de l'observation et son intuition lui disaient que tout se déroulerait bien. Il était prêt à tout pour sauver son ami, même si cela signifiait risquer sa propre vie. Alors que le soleil se couchait lentement, Jarod et Mlle Parker se dirigèrent vers l'endroit convenu. Le parc était calme et silencieux, à l'exception du bruissement des feuilles dans la brise légère. Soudain, une voix grave et menaçante jaillissait derrière eux. « Vous avez fait le bon choix en venant. Remettez-nous l'argent, maintenant, si vous voulez revoir votre ami vivant ! » Les tourtereaux se retournèrent pour faire face à un homme masqué, tenant une laisse reliée à laquelle se trouvait le chien d'Argyle. Ils pouvaient sentir l'adrénaline monter en eux, pourtant, ils restaient tout de même concentrés sur leur objectif : récupérer l'Écossais sain et sauf. L'un des acolytes amena Argyle, qui était épuisé. Tous étaient prêts à procéder à l'échange. Le cerveau de l'opération s'avança, tandis que ses complices se tenaient en arrière-plan, prêts à intervenir. Mlle Parker, elle, gardait un œil attentif sur la scène. Lorsque l'homme masqué reçut l'enveloppe contenant la rançon, il l'ouvrit vérifiant le contenu, un sourire satisfait s'afficha sur son visage. « Tout y est ! » Cependant, au lieu de relâcher Argyle, il fit un geste rapide et inattendu, attrapant le bras de Jarod pour le retenir. Les complices, eux, s'approchèrent rapidement, encerclant le groupe. La tension atteignit son paroxysme. Mlle Parker sut que le moment était venu d'agir. D'un mouvement fluide, elle décocha un puissant coup de pied à l'homme masqué, le déséquilibrant, libérant ainsi le caméléon de son emprise. Dans le même temps, Argyle se précipita vers l'un des ravisseurs et lui asséna un coup bien placé, le mettant hors de combat. Le chien, fidèle à son maître, se lança courageusement sur un autre ravisseur, le mordant au mollet l'empêchant de s'approcher davantage. La jeune femme, animée par une fureur sortit son Smith Wesson de son étui dissimulé. Elle visa l'homme masqué qui tentait de s'échapper. « Tu n'iras nulle part. En ce moment, je suis très très en pétard. Je pourrais décider, là, toute suite, de te faire un joli petit trou à l'arrière de ton crâne, juste là... Entre les deux yeux ! » cria a-t-elle d'une voix glaciale. Il se figea en entendant ces mots menaçants. Tremblant, il se retourna lentement pour faire face à Mlle Parker, sachant qu'elle était prête à tirer si nécessaire, son doigt effleurait la détente de son arme. Pris au piège, il leva les mains en signe de reddition, comprenant qu'il n'avait plus aucun moyen de s'échapper. Sans baisser sa garde, Mlle Parker s'avança vers lui, récupérant l'enveloppe contenant la rançon et la lança à Jarod. « Tiens, mon amour, c'est pour nos prochaines vacances ! » Puis attrapa fermement le cross de son arme et frappa violemment l'homme au visage, le faisant tomber, il fut étonné par la force de la jeune femme. « Ça, c'est pour mon homme ! Et ça c'est pour moi ! » Elle allait appuyer sur la détente quand Jarod la tira à lui.

« Parker, viens, partons d'ici, s'exclama Jarod en l'embrassant, admiratif. J'ignorais que tu avais gardé ton arme.

- Je savais qu'un jour, j'en aurai encore besoin.

- Nous avons réussi à récupérer Argyle et l'argent. Nous avons montré à ces imbéciles que nous ne sommes pas intimidés.

- Tu es si sexy Jarod, quand tu te bagarre.

- Tu n'es pas mal toi non plus. Et dire que l'on aspirait à une vie plus tranquille.

- L'adrénaline, l'odeur du sang, le danger, le sentiment de lutter contre l'injustice, ça m'excite, tu ne peux pas t'imaginer à quel point ! »

Elle rangea son arme. Ils quittèrent tous les deux le parc, emmenant avec eux leur ami et son chien, laissant les ravisseurs blessés derrière eux.

Aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle

Quelques jours plus tard, après avoir résolu l'affaire de l'enlèvement, Argyle se préparait à repartir aux États-Unis avec son chien fidèle à ses côtés. Jarod et Mlle Parker se rendirent à l'aéroport pour lui dire au revoir.

« Mlle Parker, je voulais m'excuser pour mon mauvais comportement, déclara Argyle d'un ton sincère, tout en tripotant nerveusement sa casquette. Je sais que nous n'avons pas toujours été en bons termes, et je le regrette.

- C'est oublié. N'en parlons plus. Je m'excuse aussi pour ma réaction très exagérée. Alors amis ?

- Amis ! Eh bien, qui aurait pensé qu'on en arriverait là ? Mais vous deux, vous êtes incroyables ensemble. Je ne serais pas surpris si Jarod finissait par te passer la bague au doigt, un de ces jours. Enfin, ce que je veux dire, c'est que je comprends qu'il veuille te demander en mariage.

- Me demander en mariage ?

- Non ! Non ! Non. ! Ne l'écoute pas, Parker, il ne sait pas ce qu'il dit. Tu n'aurais pas dû dire ça, toi ! s'exclama le caméléon, mal à l'aise.

- Oh, vraiment ? Et pourquoi donc, Jarod ? elle leva un sourcil, un sourire taquin aux lèvres.

- Tu veux ? Tu veux bien qu'on en reparle ?

- Non. Tu connais mon opinion sur le sujet. Cependant, il est toujours agréable de savoir que toi, tu y penses.

- Oh, il fait plus qu'y penser ! Je suis sûr qu'il a même acheté une bague !

- Une bague ?

- Non, non, mon amour, il n'y a pas de bague.

- Une bague ? répéta-t-elle incrédule.

- Rassure-toi Parker. Pour l'instant, il n'est pas question de mariage ni de bague. Le moment venu, tu le sauras. On le saura tous les deux.

- Pour l'instant ? Le moment venu ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Jarod ? il avait déjà tourné la tête faisant semblant de ne pas l'entendre.

- Ah, j'ai vu juste alors ! Vous deux, vous êtes vraiment faits l'un pour l'autre ! À très bientôt mes amis.»

Mlle Parker et Jarod échangèrent un regard complice, sachant qu'il y avait sans doute une part de vérité dans les paroles de l'Écossais. Alors que ce dernier s'apprêtait à monter à bord de l'avion, ils lui souhaitèrent un bon voyage, laissant derrière eux les rancœurs passées et ouvrant la voie à de nouvelles aventures. Et qui sait ? Peut-être qu'un jour, Jarod oserait franchir le pas et faire une demande en mariage dont Argyle avait maladroitement fait allusion. Mais pour l'instant, ils profiteraient du présent, prêts à affronter chaque jour avec amour, passion, ardeur, et bien sûr, un soupçon d'humour !