Chapitre 8 : Le mystérieux inconnu
Résumé : Quelques jours après le départ d'Argyle, Mlle Parker et Jarod font la connaissance d'un inconnu qui paraît être un homme tout à fait charmant à tel point que la jeune Miss et le caméléon se lient d'amitié avec lui. Mais qu'en est-il réellement ?
Appartement quartier résidentiel Paris, France
Un matin radieux se leva sur la Ville Lumière. Jarod et Mlle Parker, endormis dans leur lit, étaient blottis l'un contre l'autre. Tout était tranquille, tout était redevenu à la normale, et ce, depuis le départ de L'Écossais et malgré cela, l'absence qu'il avait laissé derrière lui se faisait ressentir. Même les aboiements du chien, leur manquaient. Progressivement, la jeune femme ouvra ses paupières, se réveilla, s'éloigna du caméléon, se mettant à bâiller, s'étirant avant d'aller prendre sa douche. Pour une fois, qu'elle pouvait tirer avantage du sommeil profond de son amant et utiliser l'eau chaude à sa convenance, elle n'allait certainement pas se priver ! Une demi-heure plus tard, elle enroula une serviette autour de son corps, se dirigea vers la chambre, un lieu où son goût, prononcé pour les belles choses se reflétait à travers chaque détail. Le parquet en bois grinçait doucement sous ses pas. Dans son dressing soigneusement bien organisé, les vêtements étaient alignés avec rigueur, attendant d'être choisis scrupuleusement pour la journée à venir. Les étagères regorgeaient de robes élégantes, de tailleurs impeccables et de chemisiers délicats. Cependant, aujourd'hui, elle se sentait d'humeur à mélanger le chic au glamour en passant par le décontracté. Elle parcourait ses options, laissant ses doigts effleurer les tissus luxueux. Son regard se posa sur une minijupe de coupe droite, en cuir noir, associé à un chemisier en dentelle décolleté, transparente au niveau des longues manches et d'un blanc immaculé. Elle compléta le tout avec une paire de bottes noires allongeant davantage ses superbes jambes. Elle opta pour cet ensemble, sachant qu'il incarnait parfaitement son style audacieux et sa personnalité affirmée. Elle enfila la jupe, celle-ci flottait légèrement autour de ses cuisses. Elle appréciait cette sensation fluide, transparaître à travers sa féminité. Puis la chemise, la texture si finement douce et lisse, frôlant sa peau. Une fois prête, elle se tourna vers le miroir de sa coiffeuse. Ses yeux bleus étincelants rencontraient sa propre image, révélant son caractère et l'assurance qui brillaient en elle. Elle ajusta quelques mèches de ses cheveux foncés, leur donnant une allure délibérément décoiffée. Le maquillage qu'elle appliqua ensuite, était subtil mais sophistiqué, mettant en valeur ses traits d'une finesse comparable à celle d'une déesse. Un soupçon de mascara soulignait ses cils longs et sombres, tandis qu'une couche de rouge à lèvres rouge vif accentuait son sourire éclatant. Satisfaite de son apparence, Mlle Parker fouilla dans l'une de ses boîtes à bijoux, à la recherche d'accessoires assortis. Elle avait choisi une paire de boucles d'oreilles discrètes et un bracelet en argent joliment ciselé, ajoutant une touche d'élégance supplémentaire à sa tenue. Une fois prête, elle quitta la pièce, sûre d'elle, retrouvant Jarod attablé à leur cuisine griffonnant sur un carnet de dessin.
« Bonjour, mon cœur, derrière lui, elle le surpris par de doux petit baisers dans le cou.
- Salut, toi. Tu es magnifique aujourd'hui. Enfin, tu es toujours magnifique, il l'attira à lui, elle s'était assise sur les genoux du caméléon. Très jolie jupe ! il glissa sa main sous celle-ci.
- Merci ! Je l'ai acheté, hier. Qu'est-ce que tu fais ? Tu dessines quoi ?
- Non, non, Parker, ce n'est rien. C'est pour les enfants, il referma aussitôt le carnet.
- Ah ! Montre-moi, je pourrais peut-être te donner mon avis.
- Non, je ne préfère pas. On verra plus tard, quand ce sera terminé.
- Jarod, depuis qu'Argyle est parti, tu es très bizarre.
- Oh non, tu n'y es pas. Ça n'a rien à voir avec Argyle. Écoute, on en reparlera le moment venu. Ça te dit de prendre le petit-déjeuner à l'extérieur. Je veux dire au café d'en face.
- Pourquoi pas ! »
Petit café de quartier, Paris, France
Alors que Mlle Parker et Jarod délaissaient provisoirement les murs familiers de leur nid douillet, ils étaient accueillis par un soleil rayonnant. Les premières lueurs du matin embrassaient les façades des bâtiments historiques. L'air était frais et vivifiant. Les bourgeons se déployaient timidement sur les arbres, accompagnés d'un surplus de vert tendre au paysage urbain. Les parcs et les jardins se paraient de couleurs saisissantes, avec des tulipes, des jonquilles et des narcisses qui avaient éclos dans une symphonie florale. Les bruits de la ville se faisaient entendre. Les pas légers des passants se mélangeaient aux multiples discussions enthousiasmées. Les vélos filaient le long des boulevards, tandis que les voitures se faufilaient avec disgrâce dans les ruelles étroites. L'atmosphère était teintée d'une effervescence joyeuse, typique de la saison où la nature renaissait. Mlle Parker et Jarod rejoignaient un café dont la terrasse s'étendait sur le trottoir. Des tables en fer forgé étaient disposées de manière diligente, ornées de nappes blanches et de petits bouquets de fleurs fraîches. Les chaises étaient assez confortables, invitant les clients à s'installer pour jouir d'un moment de détente. Une légère brise caressa doucement les cheveux de la jeune femme, fit virevolter les pages des journaux sur les tables ou encore les branches des arbres tandis que les rayons du soleil réchauffaient agréablement leur peau. Les deux amoureux prenaient place à une table à l'extérieur. Ils s'installaient aisément, se tenant tendrement la main. Les serveurs, vêtus de tabliers, s'affairaient avec précision, apportant des tasses fumantes emplies de toutes sortes de liquides et des petits paniers truffés de viennoiseries encore chaudes. Alors que l'un d'eux s'approchait du jeune couple, ils commandèrent leur café accompagné de croissants. Les conversations plutôt joviales des autres clients résonnaient autour d'eux. Les éclats de rire et les murmures s'associaient au doux gazouillis des oiseaux.
Alors qu'ils consommaient leur petit-déjeuner tranquillement, absorbés par leur étreinte amoureuse, Mlle Parker aperçue, du coin de l'œil, un homme, seul à la table voisine, lisant un livre. Il avait les cheveux bruns et une barbe de quelques jours et était très bien habillé. Son regard persistant suscita son envie de le rencontrer. Qu'est-ce qui pouvait bien attirer ainsi l'attention de cet inconnu à leur égard ? Sa posture calme et ses yeux scrutateurs laissaient présager un intérêt qui dépassait la simple coïncidence. L'esprit analytique et critique de Mlle Parker s'éveilla, sa nature d'enquêtrice impénitente prenait le dessus. Elle laissa furtivement ses iris dériver vers l'individu, cherchant à déceler le moindre indice, la moindre information qui pourrait l'éclairer sur sa présence étrange. Était-ce de l'indiscrétion ou y avait-il un dessein plus sombre derrière cette observation minutieuse ? Là, telle était la question.
« Jarod, tu vois cet homme assis juste en face de nous ? Il n'arrête pas de nous fixer.
- Je sais, je l'ai remarqué. Si tu veux savoir ça me met mal à l'aise. En revanche, toi, tu as l'air plutôt intéressé. Je me trompe ? il fit un mouvement de tète en direction de l'individu.
- Ce n'est pas ce que tu crois. Comment dire ? Il dégage ce, je ne sais quoi. Il y a comme une aura tout autour de lui.
- Une aura, hein ? Eh bien, qu'attends-tu pour aller lui parler ?
- Tu n'es pas jaloux ?
- Non. J'ai confiance en toi. Ce qui s'est passé la dernière fois m'a servi de leçon, il émit un petit rire moqueur.
- Je vois, elle soupira, insatisfaite de la réponse.
- Et puis, tu l'as vu ? Certes, il est beau garçon, mais il n'a aucun talent. Ça se voit tout de suite.
- Oh. En fait, je te suis indifférente. Tu t'es lassé de moi. J'espérais que tu te montrerais encore jaloux, juste un peu, de quoi me prouver ton amour.
- Tu veux que je sois jaloux ? Que je te prouve mon amour ? Attends-moi là, Parker ! Je reviens. »
Jarod posa sa tasse de café sur la table, il savait que par moments, elle était assaillie par ses doutes, et qu'elle avait besoin d'être rassurée. Alors il endossa le rôle de l'amant jaloux afin de lui prouver son amour. Il se leva brusquement de sa chaise, et sans dire un mot, il avança d'un pas rapide vers l'inconnu, le visage fermé. Les clients du café tournaient tous la tête, atterrés par cette scène soudaine. D'un geste vif, Jarod releva son poing et frappa l'homme en plein visage. Un silence assourdissant planait dans l'air alors que celui-ci tomba au sol, sonné par le coup. « Vous, ne regardez plus ma femme ! » Mlle Parker, interloquée par l'action de Jarod, resta figée sur place, les yeux grands ouverts. Sous le choc, elle lui demanda : « Jarod, qu'est-ce que tu as fait ? » Ce dernier répondit aussitôt : « Je te prouve mon amour ! » La jeune femme valsa entre la consternation et l'admiration réalisant que Jarod était prêt à tout pour elle, même à agir de manière impulsive pour lui montrer ses sentiments. Elle le rejoignit, s'approchant de lui, prenant son visage entre ses mains, l'embrassant sous le regard ébahi de l'inconnu. Après le départ de Jarod, Mlle Parker alla à l'encontre de l'étranger, de façon audacieuse, lui demandant s'il ne serait pas contre l'idée d'avoir un peu de compagnie. Elle avait besoin de savoir et de comprendre qui il était. Ses yeux se posèrent sur la jeune Miss, attendant quelques minutes, hocha la tête lentement avant de l'inviter à prendre place.
« Est-ce que ça va ? Il n'aurait pas dû faire ça. Cependant, vous devez avouer que vous l'avez bien mérité, avait-elle déclaré, s'asseyant tout en se penchant en avant.
- Si ceux sont des excuses, je les accepte avec plaisir.
- Non. Ce ne sont pas des excuses !
- Il a une sacrée droite. Cela dit, il aurait pu me casser le nez, il posa son livre.
- Il aurait pu, en effet, mais il ne l'a pas fait.
- Vous n'avez pas d'alliance à votre annuaire, j'en conclus donc que vous n'êtes pas mariée. Un petit ami, peut-être ? il fit signe à un serveur.
- Il est très jaloux, il ne supporte pas qu'un autre homme fasse autant attention à moi.
- J'aurais sans doute agi comme lui.
- J'ai remarqué que vous m'observiez depuis un moment. Suis-je si attrayante ? elle souriait.
- Vous êtes une femme intrigante, et il est rare de trouver une telle aura autour de quelqu'un.
- C'est exactement ce que je me disais de vous. Je n'ai pas saisi votre nom.
- Je ne vous l'ai pas donné. Et je ne me souviens pas avoir entendu le vôtre.
- Mais je ne vous l'ai pas encore dit. Alors nous ne serons que deux étrangers dans ce café.
- C'est une manière intéressante de voir les choses. Effectivement, c'est ce que nous sommes ou peut-être sommes-nous que des illusions.
- Illusion ou désillusion. Vous prétendez ne pas être celui que vous êtes ? elle sourcilla.
- Je dis seulement que la réalité n'est pas toujours ce qu'elle semble être.
- Puisque nous jouons à ce petit jeu, je suppose qu'il est inutile de se présenter. Les noms sont souvent trompeurs.
- Vous avez raison, les noms ne sont que des étiquettes qui tentent de définir qui nous sommes, mais la véritable essence de chaque personne reste cachée.
- Vous parlez avec une sagesse inhabituelle.
- La vie est faite de mystères, et c'est dans l'obscurité que se trouvent les vérités les plus extrêmes. Je préfère embrasser cette part de mystère plutôt que de révéler tous les aspects de ma vie.
- Alors, dites-moi, que cherchez-vous dans cette conversation énigmatique ? Qu'espérez-vous découvrir en m'observant et en m'invitant à vous rejoindre ?
- Je cherche simplement à comprendre ce qui se cache derrière ce regard, derrière cette femme à la fois vulnérable et forte. Je suis curieux de savoir qui vous êtes vraiment. De percer à jour tous vos petits secrets, sans vous divulguer les miens pour autant, bien sûr !
- Vous pourriez être déçu si vous cherchez des réponses claires. Je suis une énigme à part entière, façonnée par des expériences que vous ne pouvez même pas imaginer, sa voix devenait triste.
- Les expériences forgent notre être, mais elles ne nous caractérisent pas entièrement. Je suis prêt à plonger dans l'inconnu avec vous, à découvrir les facettes de votre personnalité si vous choisissez de les partager avec moi.
- Je ne suis pas libre, ne l'oubliez pas !
- Eh bien, c'est dommage.
- Vous n'insistez pas ? elle jouait avec une mèche de ses cheveux.
- Ne soyez pas déçu. Vous n'êtes pour moi qu'un joli rêve. À mes yeux, vous ne resterez qu'une chimère. Avez-vous déjà ressenti ce genre de choses ? Avoir la fausse perception de toucher le réel.
- Méfiez-vous, la chute peut faire très mal.
- Vous êtes une femme incroyablement troublante, il avala une gorgée de son café.
- Et vous, vous êtes un homme ambigu. Je ne sais pas encore si je peux vous faire confiance, mais vous avez piqué ma curiosité. Pour l'instant, nous resterons les inconnus du café, explorant les mystères de la vie.
- Les mystères sont souvent les parties les plus fascinantes de nos vies. Acceptons donc ce jeu d'ombres et de lumières, et voyons jusqu'où il nous mènera. »
Elle était forcée de reconnaître qu'il était assez bien cultivé, avec un certain charme. Elle ne savait pas encore ce qu'elle appréciait chez lui, si c'était ses flatteries, sa façon d'être ou d'agir ou même de penser. Au fur et à mesure qu'ils parlaient, elle se sentait de plus en plus à l'aise avec lui, attirée par lui, sans pouvoir expliquer pourquoi. Bien sûr, cela n'avait rien avoir avec Jarod. Non, c'était autre chose. Cela dit, elle était heureuse de pouvoir parler avec d'autres personnes que le caméléon pour une fois, et leur conversation coulait de source. Malgré cela, elle avait une drôle d'impression à son sujet. Cette rencontre allait changer la vie de Mlle Parker à jamais, bien qu'elle ne le savait pas encore. Le temps défilait, tout à coup, elle se leva. « Je suis navrée, mais je dois partir. J'espère que l'on se reverra. » Il lui serra fermement la main. Elle lui tourna le dos et s'en alla sans se retourner. « À très vite Chère inconnue. »
Appartement quartier résidentiel Paris, France
En fin de journée, Mlle Parker accueillit Jarod avec un plateau d'apéritif. Installés tous les deux sur le canapé de leur salon. Ils commencèrent par parler de leur travail respectif aussi fatigant, était-il. La jeune femme constata que son compagnon était embarrassé. Celui-ci en profita également pour s'excuser de son comportement au petit-déjeuner. Il n'aurait jamais dû frapper cet homme. Elle éclata de rire, justement, elle lui coupa la parole, s'apprêtant à faire part de sa rencontre avec l'inconnu.
« Jarod, après ton départ, ce matin, je suis allée voir l'homme du café.
- Tu veux dire, celui à qui j'ai mis mon poing dans la figure ? Raconte-moi tout. Qui est-il ?
- Je ne sais pas grand-chose sur lui. Nous avons discuté, sans jamais nous dire nos noms. C'était très agréable. Il est intéressant, instruit, et bien élevé. Il a cette manière d'exprimer les choses qui captive. Il semble avoir une immense compréhension de la nature humaine, elle dégusta une autre bouchée de petits fours.
- Tu as l'air intriguée. Est-ce que tu penses qu'il cache quelque chose ?
- C'est possible. Il a mentionné qu'il cherchait à percer le mystère masqué derrière les apparences.
- Fais attention, Parker. Les gens qui s'intéressent d'un peu trop près à la nature humaine peuvent souvent cacher des intentions malveillantes, il lui servit un verre de vin.
- Je sais, cependant, il ne m'a pas donné de raisons de me méfier pour le moment. Il est resté évasif, même s'il semblait honnête dans ses propos. J'ai l'intuition que c'est quelqu'un de bien. Je le sens, Jarod.
- J'aimerais que tu sois vigilante. Tu sais que le Centre est toujours à nos trousses, et il pourrait y avoir des agents infiltrés partout. Ils nous connaissent. Et il est facile pour eux de se faire passer pour les gentils.
- Je suis consciente des risques, Jarod. Mais il y a quelque chose chez lui qui m'attire. Une connexion étrange. Je ne peux pas l'expliquer.
- Promets-moi que tu seras sur tes gardes, peu importe l'attrait qu'il peut exercer sur toi. Nous ne pouvons pas nous permettre de baisser la garde, conseilla-t-il en haussant les épaules.
- Je te le promets, Jarod. Je ne laisserai pas mes émotions prendre le dessus sur la prudence. Nous avons trop à perdre.
- Comme je suppose que tu vas sûrement le revoir, je te propose de l'inviter à dîner à la maison, demain. Comme ça, je te dirai ce que j'en pense. » suggéra-t-il alors qu'elle se jetait sur lui pour l'embrasser.
Petit café de quartier, Paris, France
Le lendemain matin, Mlle Parker s'était rendue au même café, espérant retrouver l'étranger rencontré la veille, et ce, malgré les avertissements du caméléon. Elle le repéra immédiatement, il était assis à la table habituelle, cette fois-ci, un journal entre les mains. Un sourire éclaira son visage. Le corps bien droit, la tête haute, elle se décida à se joindre à lui.
« Bonjour, Cher inconnu. Puis-je m'asseoir avec vous ?
- Bien sûr, c'est un plaisir de vous revoir. Comment allez-vous aujourd'hui ?
- Très bien, merci. J'ai pensé que nous pourrions prendre un café ensemble et peut-être que vous pourriez m'en dire un peu plus sur vous.
- C'est une excellente idée, il commanda deux cafés.
- Alors parlez-moi de vous. D'où venez-vous ? Qu'est-ce qui vous passionne dans la vie ?
- Je viens de divers horizons, un voyageur avide d'apprendre de nouvelles cultures et de rencontrer des personnes aussi incroyables que vous. Quant à mes passions, j'ai toujours été attiré par l'art et l'exploration de l'esprit quel qu'il soit. J'aime la musique, la littérature et la philosophie. Ce sont des domaines qui nourrissent mon âme.
- Qu'est-ce qui vous amène ici, dans ce café, à ce moment précis, elle le dévisagea du regard.
- La vie est faite de synchronicités. Je suis un fervent, croyant que chaque rencontre a un sens, une raison d'être. Peut-être que nous étions destinés à nous croiser. Vous dégagez une force intérieure et une détermination sans faille. J'ai le sentiment que vous êtes capable de surmonter n'importe quel obstacle.
- Non, vous ne me connaissez pas. Il y a des zones d'ombres en moi, des secrets et des douleurs que je ne peux pas confier. J'espère que vous comprenez, elle baissa la tête.
- Chacun de nous porte son lot de malheur et de cicatrices. Je ne vous demande pas de dévoiler vos pensées les plus intimes. L'amitié, telle que je la perçois, est basée sur le respect mutuel et la confiance qui se construit avec le temps. Nous sommes tous des êtres complexes, mais néanmoins, il est important de trouver des personnes qui nous acceptent et nous comprennent.
- Et j'ai trouvé cette personne. Jarod.
- Votre petit ami ?
- Non. L'amour de ma vie.
- Parlez-moi de lui, il était absorbé par ce qu'elle disait.
- C'est un homme extraordinaire, plein de compassion et de courage. Il a traversé des épreuves insurmontables dans sa vie, tout comme moi, mais cela ne l'a jamais empêché de garder son humanité. Ce qui me touche le plus, c'est sa capacité à voir le meilleur en chaque être humain, même dans les moments les plus noirs de notre existence.
- Parlez-moi de sa personnalité. Comment le décririez-vous ?
- Jarod est à la fois gentil, doux, intrépide, généreux et amoureux. Il est incroyablement intelligent, toujours insatiable d'apprendre et de découvrir de nouvelles choses. Sa curiosité est sans limites, ses iris souriaient en parlant de Jarod. Ce qui le rend véritablement unique, à mes yeux, c'est sa faculté à se mettre à la place des autres, à ressentir leurs émotions, leurs douleurs. Il est empathique d'une manière que je n'ai jamais vue chez quelqu'un d'autre. Il est prêt à tout pour protéger ceux qu'il aime, même si cela signifie risquer sa propre vie.
- Il semble être un homme extraordinaire, en effet. L'être parfait. Votre amour pour lui est évident dans vos paroles et votre regard. Je suis heureux de voir que vous avez trouvé la perle rare.
- Finalement, je crois qu'il est temps de se dire nos vrais noms. Je suis Mlle Parker.
- Enchanté, Chère Mlle Parker. Je suis John. » il lui tendit la main qu'elle serra fortement afin de sceller leur nouvelle amitié.
Le fait d'avoir avoué leurs vrais noms marquait un tournant significatif dans leur relation naissante. C'était le début d'une confiance mutuelle qui commençait à s'établir, et les barrières de l'inconnu s'estompaient peu à peu. Mlle Parker et John continuaient de converser, se rapprochant davantage. Ils partageaient des anecdotes, dévoilant des fragments de leur passé. À l'inverse de son nouvel ami, elle devait choisir avec soin ses mots, faisant attention de ne pas mentionner son ancienne vie au Centre. Chaque échange était ponctué de rires, renforçant leur complicité. Leur conversation était d'une chaleur amicale. Tout paraissait facile et spontané, s'était comme si elle l'avait toujours connu. C'était un sentiment qu'elle n'avait ressenti que très rarement et qu'avec très peu de personnes. Avec Jarod, Thomas et maintenant John. Les sujets abordés étaient variés, allant des rêves et des aspirations aux voyages et aux passions communes. C'était un moment de légèreté, où ils s'évadaient ensemble dans des discussions passionnantes. Pourtant, malgré la proximité qui se développait entre eux, John demeurait fidèle à son rôle d'homme ordinaire. Il ne laissait entrevoir aucun de ses but. C'était comme s'il se fondait dans la normalité, faisant preuve d'une discrétion exemplaire pour dissimuler son identité et ses intentions. Mlle Parker, plongée dans cette amitié en devenir, ne se doutait toujours pas de la véritable nature de John. Et d'ailleurs quelle était-elle. Elle percevait en lui un homme sincère, doté d'une grande bienveillance, si bien qu'elle en oubliait les menaces qui pesaient sur elle et son amant.
« Écoutez, John, je souhaiterais vous inviter à dîner chez moi ce soir. J'aimerais vous présenter Jarod. Je pense qu'il serait ravi de vous rencontrer.
- J'accepte votre invitation. J'aimerais beaucoup faire sa connaissance.
- Eh bien, nous disons ce soir à 19 heures ? Voici mon adresse, elle sortit une carte de visite qu'elle faisait glisser avec ses doigts sur la table en fer. Au revoir. »
Appartement quartier résidentiel Paris, France
L'appartement était décoré avec beaucoup de goût, des bougies diffusaient une faible lueur, des tableaux en 3D étaient accrochés aux murs, de même que chacune des pièces étaient remplies de photos du jeune couple ainsi que des bibelots disposés un peu partout. Jarod, lui, était vêtu d'un élégant costume foncé, faisant ressortir sa prestance et sa beauté. Mlle Parker, elle, portait une robe noire ajustée, qui mettait en valeur sa silhouette élancée. Sa coiffure était soignée, laissant ses cheveux tombaient en de douces ondulations autour de son visage. Lorsque John arriva, habillé d'un costume bien taillé, avec une chemise blanche impeccable et une cravate assortie, son allure confiante et son sourire avaient conquis les amants. Ils étaient tous les trois autour de la table joliment dressée, où une bouteille de vin rouge, apportée par l'invité, reposait au centre. Les verres pleins, John leva le sien pour porter un toast. « À cette merveilleuse soirée en votre compagnie. Que cette amitié continue de s'épanouir. » Mlle Parker et Jarod, touchés par ses paroles trinquèrent, savourant le début de cette soirée qui s'annonçait prometteuse. Le repas se composa de mets préparés par Jarod. Les conversations se mêlaient aux rires, donnant l'impression de camaraderie. Ses histoires et son sens de l'humour les enchantaient. Ils se laissaient emporter par l'instant. Toutefois, John resta vague lorsqu'il s'agissait de sujets bien trop personnels, prétextant que ça lui était trop pénible. Il posa des questions habiles pour détourner l'attention. Les deux tourtereaux respectaient sa volonté de garder certaines choses pour lui. Lorsque la soirée se termina John remercia Mlle Parker et Jarod pour leur hospitalité, avant de prendre congé avec un petit sourire. Une fois, dehors, ce dernier sortit de sa veste son téléphone portable, composa un numéro, et sur un ton sérieux, mais rassurant avait déclaré : « Ne vous inquiétez pas. Tout est sous contrôle. Je les tiens à l'œil ! »
Les jours s'écoulaient et John se rapprochait de plus en plus de Jarod et de Mlle Parker. Le lien entre eux se consolidait au fil du temps, alors qu'ils profitaient de moments agréables ensemble, ils se retrouvaient souvent pour des dîners conviviaux chez eux ou dans des restaurants de la ville. Ils se racontaient des potins en tout genre, des rires et des chamailleries. John montra un intérêt particulier pour leurs vies, écoutant attentivement leurs récits sur la rencontre du jeune couple, quoique un peu déformé de la réalité, ou encore, le premier Noël qu'ils avaient passé ensemble. C'était semblait-il quelqu'un de très ouvert et avec qui les amoureux pouvaient être eux-mêmes, authentiques. Il était devenu un confident et un ami sur lequel ils pouvaient compter en toute circonstance. Il était la bouffée d'air frais dans leur nouvelle vie bien trop calme. L'ami qu'ils recherchaient tous les deux depuis si longtemps. Et pourtant. Un jour, John arriva à l'improviste chez eux. Jarod, qui était attablé à la terrasse, lui cria d'entrer, ce qu'avait fait ce dernier. Il trouva le caméléon avec un bloc de feuilles ouvert devant lui. Celui-ci fredonna une drôle de musique. Celle que l'on entendait dans les églises. Il était perdu dans ses innombrables pensées, dessinant des bijoux, des tenues, des fleurs, des noms, avec une expression d'exaltation, il avait l'impression de vibrer de l'intérieur. « Salut, Jarod. Qu'est-ce qui te rends aussi joyeux. Qu'est-ce qui te passionne autant ? » Le jeune homme sursauta légèrement en entendant la voix de son ami, puis referma rapidement son carnet de dessin.
« Oh, salut John. Rien de spécial. Je... Je gribouillais juste quelques trucs.
- Des bagues et des robes de mariée, hein ? il s'était approché remarquant les croquis faits à la hâte étalés ici et là, il prit une chaise, près de lui et tapota son épaule. Tu as l'air d'avoir quelque chose en tête. En tout cas, laisse-moi te dire que c'est vraiment magnifique. Quel talent !
- En fait, depuis quelque temps… Ce que je vais te dire doit rester entre nous. Voilà, j'ai l'intention de demander Parker en mariage. Je l'aime et je ne veux pas passer une minute de plus de ma vie sans qu'elle ne soit ma femme. Ça fait très longtemps que j'y pense. Par moments, je nous imagine avoir la vie de nos rêves. Une belle maison, des animaux, des enfants. Seulement, je ne sais pas comment m'y prendre, il baissa les yeux, légèrement gêné, puis regarda John avec un sourire timide.
- La demande en mariage est un moment important, une étape cruciale dans la vie d'un couple. Tu veux que ça soit mémorable pour elle. As-tu réfléchi à ce qui rendrait ce moment si particulier pour vous deux ?
- Oui, je veux que ce soit un moment intime. Je veux quelque chose qui reflète notre relation, notre amour, unique comme elle. Peut-être un lieu qui a une signification pour nous. Je ne sais pas.
- C'est une excellente approche. Trouve un endroit spécial, comme le lieu de votre première rencontre où vous pourriez être seuls, quelque part qui évoque vos souvenirs ensemble. Et n'oublie pas d'inclure des éléments qui lui sont chers, qui montrent que tu la connais vraiment.
- Tu as raison, ça ne devrait pas être trop difficile. Mais il n'y a pas que ça, j'ai aussi peur de me mettre trop de pression, de ne pas trouver les bons mots. Qu'est-ce qu'on doit dire dans ces cas-là ? "Épouse-moi ?" Cela paraît si petit et si insignifiant.
- Petit mais pas insignifiant. Ce sont deux mots qui ont leur importance. Je ne suis pas un expert dans ce domaine, mais il me semble que les déclarations d'amour suivi de la demande font en général leur effet. Non, écoute Jarod. Ne te mets pas trop de pression. Sois toi-même Les mots les plus simples peuvent avoir le plus d'impact lorsqu'ils viennent du cœur. Elle appréciera l'authenticité de tes sentiments.
- Et si elle refusait ? Et si elle me disait non ? Nous en avons déjà discuté tous les deux, elle ne semblait pas être très emballée.
- Je refuse de croire que Parker n'éprouve pas le besoin de se marier. Toutes les femmes vivent avec ce rêve.
- Parker n'est pas comme toutes les autres femmes, il avait le cœur qui battait si fort rien qu'en prononçant son nom.
- Si, crois-moi, elle est comme toutes les autres femmes. Et, au cas où elle refuserait, laisse passer un peu de temps et ensuite, tu retentes ta chance. Parfois, il faut se battre pour avoir ce que l'on veut. Ne l'oublie jamais.
- Merci, pour tes conseils. Je veux que tout soit parfait pour elle. Vraiment parfait.
- Ça le sera, j'en suis sûr ! »
Un soir, dans leur appartement après le dîner, Mlle Parker et Jarod débarrassaient la table tout en discutant de leur journée. John, qui avait passé la soirée avec eux, s'était éloigné pour répondre à un appel téléphonique assez urgent selon lui. Il s'était mis à l'écart dans la cuisine pour s'assurer de la confidentialité de ses propos. Malheureusement, le ton élevé qu'il avait employé n'avait pas suffi à le rendre plus discret. On entendait sa conversation téléphonique suspecte et ses paroles plus que douteuses : « Non, je vais attendre encore un peu. Je reviendrai au Centre, d'ici quelques semaines. Oui, je vous les ramènerai. Non, ils ne sont au courant de rien. » Jarod et Mlle Parker en étaient estomaqués. Abasourdi, elle vacilla, le caméléon la rattrapa. Sa main posée sur le bras de Jarod, celui-ci sentait les ongles de la Miss s'enfoncer dans sa chair. Ils venaient de surprendre leur ami en plein délit de tromperie et de mensonges. Elle avait été dupée encore une fois !
« Jarod, as-tu entendu la même chose que moi ? John. Il travaille pour le Centre. Il nous a menti !
- Il nous a manipulés depuis le début, Parker.
- Et c'est moi qui l'ai amené dans nos vies ! Tu m'avais demandé d'être plus vigilante et je ne t'ai pas écouté.
- Non. Ce n'est pas de ta faute. Moi aussi, je me suis fait avoir. Il a très bien joué son rôle. Attends ! Où vas-tu ?
- Il ne va pas s'en sortir comme ça ! » s'écria-t-elle, le feu aux joues.
Mlle Parker, sentant l'urgence de la situation, décida de prendre les devants, oscillant entre incrédulité, douleur et rage. Elle n'avait qu'un désir, celui de se venger ! Elle se retourna, se dirigea vers sa chambre, ouvra le tiroir prenant son Smith Wesson, puis revint avec celui-ci à la main. Alors que John quitta la cuisine mettant fin à sa communication. Il se retrouva nez à nez avec le canon de son arme. Hébété, la bouche grande ouverte, les yeux exorbités, il recula de quelques pas. Ce dernier, stupéfait par la réaction brusque de la jeune femme, tenta de garder son calme, bien que son attitude trahissait une légère inquiétude quoique très justifié.
« Qui êtes-vous ? avait-elle demandé agressivement, le regard intense et glacial.
- Parker, je ne vois pas de…
- C'est Mlle Parker ! Mlle Parker !
- Je suis votre ami alors baissez votre arme.
- Non ! Vous vous êtes servi de moi, vous m'avez manipulé. Tout ça pourquoi ? Pour vous rapprocher de nous ? De Jarod ? Pour nous ramener au Centre ?
- Non, vous vous trompez tous les deux. Vous faites erreur, un froid le frappa au cœur.
- On vous a fait confiance, on s'est confié à vous, on vous à inviter chez nous, on vous prenez pour notre ami. Et vous, vous nous avez trahis ! les muscles de son avant-bras se contractaient.
- Non. Tous les deux, vous vous méprenez.
- La confiance ? Le respect ? L'amitié ? Notre rencontre n'était pas due au destin où encore au hasard. Vous avez tout manigancé. Si ça se trouve ça fait des semaines, voire des mois que vous nous surveillez et nous, on n'a rien vu venir, sa main tremblait. Mais ça n'a plus d'importance, parce que ce soir, vous allez mourir, elle versa une larme.
Jarod, voyant que la situation dérapait, était intervenu pour apaiser les tensions. Il tendit la main à la Miss et d'un ton calme implora :
- Parker, donne-moi ton arme.
- Non, Jarod, pas avant d'en avoir fini avec ce sale traître.
- Parker, donne-moi ton arme. Donne-moi ton arme, répéta-t-i. Crois-moi, il ne va pas s'en sortir.
Mlle Parker hésita un instant, apercevant la confiance dans les yeux de son amant, elle lui remit son arme. Jarod la récupéra et la dirigea vers John. Ce dernier ne l'avait pas vu venir !
- John, si tu caches quelque chose, je te préviens, je serai prêt à tout pour le découvrir. J'ai déjà tué un homme et je n'hésiterai pas un seul instant à recommencer. Je ne reculerai devant rien pour la protéger. Maintenant, parle. Dis-nous la vérité. Dans tous les cas, tu es un homme mort.
- Je comprends ta position, Jarod. Il y a des choses que je ne peux pas révéler pour l'instant. Fais-moi confiance.
- Je suis désolé, mais je ne prendrai pas ce risque. Je ne lui ferais pas courir ce risque ! »
La tension entre les trois avait atteint son summum. John était ébranlé par les déclarations de Jarod, mais il était catégorique. Il était réticent à leur dévoiler ses réelles motivations. Ce pourquoi, il était là. Jarod fixa avec insistance l'inconnu en face de lui, déterminé à obtenir des réponses. Alors que le suspense planait dans l'air, John se préparait à répondre à la question du caméléon, il ouvrit la bouche pour dire quelques mots, puis se ravisa. Jarod serra les dents, ressentant la frustration monté en lui. Il refusait d'accepter les demi-vérités. Il décida de persévérer pour protéger la femme qu'il aimait. On entendait plus que le bruit de leur respiration dans la pièce et le tic-tac de la pendule, tandis que les regards des deux hommes se figeaient dans une confrontation silencieuse. Mlle Parker, encore troublée, observa avec attention la scène se dérouler sous ses yeux. « Alors, John, je te pose la question une dernière fois. Qui es-tu réellement ? » Le caméléon, le doigt légèrement pressé sur la détente, prêt à le supprimer s'il la situation l'exigeait…
