OoO

Une tempête épicée

OoO

Résumé : Obi-Wan adore les plats un peu trop épicés. Ses amis en souffrent…petite OS très courte et amusante sur Obi-Wan et son amour des plats épicés mandalorians. Humour.

OoO

A l'âge honorable de 16 ans, Obi-Wan fit une découverte qui changea sa vie et ses papilles : il goûta aux épices mandaloriannes. Ce n'était pas une petite épice qui rafraichissait la langue ou qui donnait du goût à un plat cuisiné par un chef étoilé. Non. C'était une épice venant d'un piment endémique du système de Mandalore. Un seul petit grain faisait fondre le palais des non-habitués, qui finissaient toujours par prendre une douche bien glaciale pour faire disparaitre le feu qui se trouvait dans la bouche. Une rumeur courait que ce piment avait réussi l'exploit d'aveugler un pauvre chasseur de prime qui ne voulait que goûter le plat national de son ami Mandalorian. Le pauvre avait mis fin à sa carrière pour rejoindre un ordre religieux monastique, paumé entre deux petites lunes (apparemment, les Mandalorians avaient la fâcheuse habitude de troller leurs amis ou ennemis à manger leurs épices).

Mais Obi-Wan n'avait pas été effrayé par les rumeurs. Au contraire. Il était un Padawan curieux qui adorait se cultiver, notamment lorsque cela concernait une culture qu'il commençait à adorer (il avait réussi à apprendre leur langue en seulement quelques mois !). Ce n'était donc pas surprenant lorsque qu'il commanda du Tiingilar pour la première fois de sa vie dans une cantina, avec Satine. Contre toute attente, la réaction du rouquin fut à l'opposé de ce que pouvait attendre Satine.

La scène se déroula ainsi :

Obi-Wan et Satine, toujours en cavale, entrèrent discrètement dans une cantina. Ils avaient faim, soif et ils étaient épuisés. Un peu de repos leur ferait le plus grand bien. La salle, à moitié remplie par des Mandalorians en armure, au plus grand déplaisir de Satine, était chaleureuse et de bonne ambiance. Tout le monde semblait plus ou moins se connaître et parlaient entre eux, indifférents des nouveaux venus. Les deux adolescents s'installèrent à une table vide et patientèrent. Satine était excitée d'enfin pouvoir manger autre chose que des bestioles venant de la chasse. Mais Obi-Wan hésitait : il ne connaissait rien à la cuisine mandalorianne mais il voulait essayer leur spécialité.

« Ah ! Enfin un peu de légumes ! » Sourit Satine, heureuse. « Une simple ratatouille sera parfaite pour moi. »

Notons que la « simple » ratatouille contenait trois fois le nombre normal d'épice recommandée. Si Satine se voulait pacifique, la nourriture était sacrée, on n'y touche pas.

« Tu as choisi ? » Elle se tourna vers Obi-Wan qui regardait toujours le menu, les sourcils froncés.

« Mmh. Malheureusement, je ne connais aucune spécialité, je suis bien curieux d'en goûter… »

Leur voisin de table entendit leur conversation. Le Mandalorian, un humanoïde, se tourna d'un bond, attirant l'attention de ses amis sur lui.

« T'es un étranger, petit ? » L'homme sourit malicieusement et les deux adolescents se tendirent (non, Obi-Wan n'était pas petit, bouda-t-il intérieurement). « Tiens, essaie ça, tu dois absolument goûter une fois dans ta vie ! »

« Tiingilar ? » Murmura Obi-Wan, soudainement détendu en comprenant que l'homme ne cherchait qu'à le conseiller et ne les avait pas reconnus.

« Oh. » Fit Satine, soudainement amusée mais elle ne dit rien de plus.

La Force lui indiqua de se méfier. Mais Obi-Wan était bien trop curieux.

« Oui, oui. » Fit une femme, à côté du premier homme. « Le Tiingilar est merveilleux ! Le plat typique de notre système ! Obligatoire de le goûter au moins une fois dans sa vie ! »

La Force renforça son avertissement. Mais ce n'était pas un avertissement le prévenant d'une potentielle attaque ou d'un danger. Cela ressemblait plus un avertissement le prévenant tout juste d'une blague. Obi-Wan sentit sa curiosité augmenter : que pouvait bien avoir ce plat pour être aussi amusant ? Même Satine tremblait d'excitation.

« Je vais suivre vos conseils, alors. » Obi-Wan leur adressa un grand sourire (les Mandalorians les plus proches se penchèrent en avant, attendant qu'il soit servi).

Finalement, après une vingtaine de minutes, le serveur arriva avec les plats commandés. Le serveur déposa le Tiingilar devant Obi-Wan et alla s'asseoir un peu plus loin, cherchant à profiter du spectacle. Après tout, un étranger goûtant pour la première fois du Tiingilar, le plat le plus épicé jamais conçu dans toute la galaxie, était toujours un spectacle : leur réaction était une incroyable source d'amusement.

Obi-Wan observa le plat suspicieusement un peu trop rouge pour que cela soit normal. Un sourcil haussé, l'adolescent lança un regard inquisiteur vers Satine puis vers les Mandalorians qui l'observaient avec anticipation. Tous lui pointèrent leur menton vers le plat. Il devait manger. Mais le rouquin savait que ce n'était pas empoisonné : ce plat gardait quelque chose d'étrange. Il prit sa fourchette et la plongea dans le plat. La tension autour de lui monta et les observateurs se penchèrent un peu plus en avant. La fourchette, bien fournie, se leva et entra dans sa bouche. La tension amusée frôla une hausse cataclysmique. Et enfin, Obi-Wan ressentit le goût.

Et quel goût.

Si épicé que cela détruisit son palais. Si épicé qu'il découvrit le septième ciel. Si épicé qu'il reçu une vision de l'avenir, de lui-même en train de sautiller sur une planète de lave en train de se battre contre un autre homme. Si épicé qu'il comprit qu'il venait de découvrir son plat préféré. Si épicé qu'il pensa tout de suite à un moyen de troller ses amis. Si épicé qu'il comprit pourquoi les Mandalorians adoraient troller les étrangers.

Si épicé et pourtant si bon.

Dommage pour les Mandalorians, Obi-Wan avait des goûts spéciaux.

Il gémit et les Mandalorians (et Satine) attendirent sa réaction finale, attendirent de le voir sautiller dans tous les sens, demander de l'eau, du lait, du pain, de prendre une douche (toutes les cantinas étaient munies d'une douche spéciale post- Tiingilar pour les étrangers). Ils attendirent pour rire mais à la place, à leur plus grand choc, ils eurent le droit à :

« Oh putain de bordel de merde, c'est tellement bon ! J'ai jamais mangé quelques choses de si bon de ma vie ! »

Et Obi-Wan engloutit le Tiingilar et en redemanda encore sans savoir qu'il venait de déclencher une guerre intergalactique du Tiingilar.

La République n'allait jamais sans remettre.

Les Mandalorians n'ont plus.

OoO

De retour au Temple Jedi, Obi-Wan trouva la nourriture fade, sans saveur. Déçu, il décida de rendre visite au Petit Keldabe de Coruscant pour acheter quelques épices bien savoureuses. Malicieux, il pensa à tout un plan pour en faire goûter à son Maître et à ses amis (peut-être même à Windu !). Son jour de congé arrivé, il quitta le Temple habillé comme un civil et fila vers le quartier Mandalorian.

Il revient au Temple un peu plus tard, un sac rempli d'épices, fier de lui, après avoir arnaqué un Mandalorian en lui faisant une bouille enfantine (il ne savait pas que cette épice coûtait aussi cher en dehors de Mandalore ! Il devait improviser pour faire baisser le prix et les Mandalorians avaient un faible pour les enfants et les jeunes). Il décida de cuisiner la recette du Tiingilar pour Qui-Gon (il avait gentiment piqué la recette à Satine désabusée).

Pour cette simple et bonne raison, Qui-Gon se retrouva devant un étrange bol.

« Euh…Obi-Wan ? » Demanda Qui-Gon, stupéfait. « Tu sais cuisiner ? »

« Ton manque de foi me consterne. » Répliqua Obi-Wan, le ton plat. « Je sais lire et suivre une recette. »

« Je ne doute pas tes talents de lecture en revanche tes talents de cuisine m'inquiète quelque peu… » Qui-Gon n'avait pas quitté le plat des yeux.

« Maître, entre toi et moi, je crois que je suis le mieux placé pour cuisiner. » Soupira Obi-Wan en s'asseyant face à son Maître, avec son propre bol entre les doigts. « Rappelle-toi que ce n'est pas moi qui aie raté les pâtes. »

« Je ne savais qu'il fallait mettre de l'eau dans la casserole avant ! » Protesta Qui-Gon, les joues rouges.

Obi-Wan lui envoya un regard si blasé que Qui-Gon se sentit jugé par son manque de talent de cuisinier. Ce n'était pas de sa faute s'il ne savait pas cuisiner ! Dooku avait été le Padawan de Yoda ! Tout le monde savait que Yoda ne mangeait pas la même chose qu'un humain ! Pour survivre, Dooku s'était habitué à manger des choses étranges. Malheureusement, cet inconvénient c'était répercuté sur toute leur lignée (même Xanatos avait une fois adoré manger des épluchures de bananes). Seul Obi-Wan avait un peu de goût et un minimum de talent en cuisine. Grave erreur de la part de Qui-Gon de penser cela.

« Mange. » Lâcha Obi-Wan, fatigué, alors qu'il commença à dévorer son propre plat.

« C'est que…c'est bien rouge quand même. » Protesta Qui-Gon, qui poussa un morceau de viande avec le bout de sa fourchette.

« Oui. »

« Le rouge est presque fluo. »

« Il est vrai. »

« Depuis quand un plat a la couleur de la couleur d'un sabre laser Sith ? » Se demanda Qui-Gon, comme s'il voulait découvrir les secrets de l'univers avec un simple morceau de viande.

« Maître, on ne joue pas avec la nourriture. » Rouspéta Obi-Wan.

« Allons bon, je ne joue pas avec la nourriture, j'analyse une bien étrange composition chimique. » Qui-Gon piqua un morceau de viande pour l'approcher de ses yeux. « Quels colorants industriels as-tu mis pour avoir cette splendide couleur qui, ma foi, me semble particulièrement suspicieuse ? »

« Il n'y a aucun colorant industriel, juste une épice que j'ai trouvé qui, apparemment, donne une couleur très rouge une fois cuisinée. »

« Je réitère mon avis : cette couleur n'est pas normale. Il y a un truc. » Qui-Gon plissa les yeux vers son Padawan, cherchant la cachoterie.

« Maître, tu as littéralement du lait bleu dans ton frigo et tu oses douter d'un plat à la couleur rouge ! »

« De ce point de vue… » Marmonna Qui-Gon. « Tu sais que je suis un adepte des oiseaux et j'aime me considérer comme étant un ornithologue. »

« Quel est le rapport entre le rouge et être un ornithologue ? » Obi-Wan demanda, un sourcil haussé.

« Les oiseaux ont tendance à rester loin de tous les insectes ayant une couleur rouge. Cela les prévient d'un danger imminent ! »

Obi-Wan jugea un nouveau son Maître avec un tel regard que Qui-Gon, âgé d'une cinquantaine d'années et faisant plus de 1m90, se sentit intimidé par un adolescent de 16 ans ne dépassant pas encore le mètre 70.

« Tu n'es pas un oiseau mais tu es certainement aussi difficile à nourrir qu'un oiseau. »

« Obi-Wan ! » Ronchonna Qui-Gon, outré que son Padawan se moque de son appétit.

Finalement, Qui-Gon se décida de prendre son courage à deux mains et goûta le plat. Et il sentit le danger arriver un peu tardivement. La Force le prévint d'une menace soudaine et il sentit l'amusement et l'anticipation d'Obi-Wan. Mais c'était trop tard : sa langue venait de toucher le morceau de viande.

« Kyaaa ! » Le cri strident de Qui-Gon résonna dans toute la pièce.

Le visage de Qui-Gon vira du beige au rouge en une seconde, sa bouche s'enflamma, il se leva avec fracas, faisant tomber sa chaise, sa main vola à son coup, il se précipita pour prendre de l'eau, son corps continua de brûler, il se sentait fondre. Puis il fila vers la douche et s'enferma. Il devait se rafraichir.

Dans la cuisine, toujours en train de savourer son Tiingilar, Obi-Wan arborait un grand sourire amusé et sadique.

OoO

« Félicitation ! »

« Bravo Quinlan pour enfin devenir un Chevalier Jedi ! J'y croyais plus ! »

« Hey ! »

« Faut dire, il lui manque une case. »

« Nan mais oh, les gars, on est là pour fêter mon passage ! Pas pour insulter mon manque de neurones ! »

« Ah ! Même toi tu approuves ton manque de neurones ! »

« Garen ! Un peu de pitié pour moi ! » S'écria Quinlan, l'air ronchon.

Le groupe d'amis était réuni autour d'une table dans le nouvel appartement de Quinlan. Maîtres Tholme, Qui-Gon et Thal les observaient se chamailler avec des sourires indulgents, se rappelant probablement leur propre passage.

« J'ai une surprise pour toi, Quin ! » Interrompit Obi-Wan en agrippant son sac pour le déposer sur la table. « En fait, cette surprise pourra bénéficier à tout le monde ! »

Obi-Wan fit signe aux trois Maîtres de les rejoindre. Curieux, tout le monde s'installa et Quinlan bouillonnait d'énergie, excité par sa surprise. Doucement, le rouquin sortit des couverts, des verres et un gros bol de lait.

« Du lait ? » S'étonna Bant, en clignant des yeux. « Pourquoi du lait ? »

« Non, le lait sert d'accompagnateur. » Expliqua Obi-Wan. « Logiquement, le lait se boit après le plat que je viens de cuisiner. »

« Cuisiner… ? » Garen cligna des yeux. « Tu sais cuisiner ? »

« Je prends des cours de cuisine, je suis plutôt bon. » Obi-Wan sourit, fièrement.

Ses amis le crurent : Obi-Wan était un perfectionniste. Il ne faisait aucun doute que ses repas devaient atteindre la perfection avant d'être partagés. Bien excités, personne ne remarqua le visage pâle de Qui-Gon.

« Oh ! Quel plaisir de te voir cuisiner pour mon Padawan. » Rit Tholme. « Je serais ravi de goûter ton plat ! »

« Je suis sûre que ça va être réussi. » Ajouta gentiment Thal.

« Pour être réussi, c'est réussi… » Grommela Qui-Gon dans sa barbe.

« Maître, un problème ? » Obi-Wan battit innocemment des paupières.

Qui-Gon, malgré lui, se sentit fondre devant la bouille de son Padawan avant de se rappeler que son dit Padawan était une terrible menace. Il était un excellent cuisiner, certes, mais il avait la fâcheuse habitude de pimenter tous ses plats. Qui-Gon était désormais terrifié de boire son propre thé lorsqu'il s'était rendu compte, à ses dépens, qu'Obi-Wan mettait BEAUCOUP d'épices dans son thé. Une menace qui se faisait passer pour un ange. Et tout le monde tombait toujours dans le piège.

(Comme cette fois où Obi-Wan avait mis du colorant rose bonbon dans la lessive du Temple, changeant la couleur des vêtements Jedi en rose pour une bonne semaine. Les habitants de Coruscant avaient halluciné lorsque les Sentinelles avaient gentiment pris leur poste devant les portes du Temple, vêtus de rose fushia, gardant un masque impassible, comme si tout était normal. Pendant toute cette semaine, des théories du complot avaient vu le jour. Cela avait tellement pris de l'ampleur que le Chancelier lui-même était passé voir les Conseillers Jedi, habillés de rose, pour leur poser des questions.

« Une nouvelle mode, on tente de lancer. » Avait simplement répondu Yoda avant de siroter son thé, lui aussi rose, assis tranquillement dans son fauteuil rose, dans la salle du Conseil peint en rose.

Troublé, le Chancelier avait changé l'ensemble de sa garde-robe en des vêtements roses. Le phénomène de mode fut suivi par les Sénateurs. Pendant plusieurs jours, le Sénat respirait une atmosphère rose. Le dernier jour, Maître Yoda, de nouveau dans des vêtements Jedi normaux, avait rendu visite au Chancelier, dans ses nouveaux bureaux tout rose, avant de cligner des yeux.

« Une nouvelle mode, vous avez lancé ? » Avait-il demandé.

Mortifié, le Chancelier remplaça à nouveau ses vêtements. Et tout rentra dans l'ordre. Evidemment, les rumeurs couraient toujours sur cette étrange folie qui s'était emparée des Jedi puis du Sénat.

Au Temple, les Jedi avaient cherché le coupable. A cause des caméras, Obi-Wan avait été repéré et il fut convoqué. Avec un air bien innocent et adorable, l'adolescent de 14 ans avait gentiment sourit.

« Je pense que l'angle de la caméra n'a pas bien filmé. » Avait expliqué Obi-Wan devant le Conseil. « Là, voyez, on ne voit pas le visage du coupable. » Evidemment, tout le monde pouvait voir qu'il s'agissait bien d'Obi-Wan. « Cette malheureuse erreur est impardonnable. »

« J'ai la vague impression que tu nous mens, Padawan Kenobi. » Avait soupiré Yan Dooku.

« Moi ? Mais…Grandmaster ? Je…je ne toucherai jamais à vos vêtements…snif. » Des fausses larmes commencèrent à couler le long des joues du petit rouquin.

Paniqués de voir un jeune pleurer devant eux, les membres du Conseil lui offrirent même une peluche pour qu'il se calme et Dooku s'excusa bien bas, lui affirmant qu'il ne voulait pas accuser une personne innocente sans preuve. Qui-Gon avait observé, stupéfait, son ancien Maître visiter leur appartement pour offrir du thé de luxe à son petit Padawan.

« Le coupable, j'ai trouvé. » Avait affirmé Yoda.

Et Quinlan fut pointé du doigt, alors qu'il n'avait pas posé les pieds dans le Temple depuis près de six mois.

« Tu as une mauvaise influence sur Obi-Wan. » Avait soupiré Tholme sous le regard médusé de Quinlan, qui n'avait rien compris.

Evidemment, Quinlan n'avait jamais été punis puisque tout le monde savait qu'il était innocent. Obi-Wan, savoura son thé, sans jamais être inquiété de punition : tout le monde s'était juste incliné devant son adorable bouille malgré sa culpabilité.

Qui-Gon n'avait jamais été aussi fier.)

Obi-Wan sortit enfin une casserole de son sac pour le placer au centre de la table. Tout le monde se pencha pour découvrir un plat rouge flachi.

« Euh ? C'est…rouge ? » S'inquiéta Quinlan. « Très rouge. »

« J'aime bien le rouge. » Contredit Bant, lançant un regard réprobateur vers Quinlan. « Merci Obi-Wan. »

Tholme se pencha discrètement vers Qui-Gon pour lui chuchoter à l'oreille.

« Rassure-moi, il n'a tué personne et n'a pas décidé, sur un coup de tête, de faire une sauce avec le sang du cadavre ? »

Qui-Gon lui lança un regard comme si son ami avait deux têtes.

« S'il avait tué quelqu'un, je l'aurais aidé ! Comment oses-tu prétendre qu'il accomplisse un meurtre sans moi ! »

« Qui-Gon, rassure-moi, tu n'as tué personne pour donner le cadavre à ton Padawan pour qu'il le cuisine ? »

« Tholme. » Thal interrompit. « Nous sommes des Jedi, on ne tue pas pour cuisiner des gens. Ce n'est pas très poli. »

« Poli… » Murmura doucement Tholme.

« Et n'accuse pas Obi-Wan d'un tel crime, tu vas le faire pleurer… » Continua Thal avec un air attristé. « Je n'aimerai pas expliquer au Conseil pourquoi Obi-Wan a pleuré… »

« Vous êtes tous biaisé par Obi-Wan. » Répondit platement Tholme.

« Et j'en suis fier. »

« Absolument. »

Thal et Qui-Gon répondirent avec le même sourire. Tholme soupira et décida d'abandonner. Après tout, ses deux amis n'avaient pas tort, Obi-Wan avait l'Ordre Jedi entouré autour de son petit doigt (il avait même entendu des criminels, des pirates et des chasseurs de prime se lamenter de ne pas avoir plus de nouvelles d'Obi-Wan).

« C'est du Tiingilar. » Expliqua Obi-Wan avec un grand sourire innocent. « J'ai pris la matinée pour le faire, allez-y ! »

Chacun se servit copieusement (sauf Tholme, qui se méfiait un peu). Qui-Gon sourit faiblement en regardant son assiette mais il n'osa pas toucher à sa fourchette. A l'inverse, il préféra observer le groupe d'amis avec beaucoup d'intérêt. Il avait exactement le même regard perçant qu'Obi-Wan.

« Maître Qui-Gon ? » Demanda Reeft, la tête inclinée sur le côté. « Tout va bien ? »

« Oh, oui, évidemment, tout va bien. Pourquoi ça n'irait pas ? Je suis en pleine forme, tout va bien, ah ah ah. » Rit nerveusement Qui-Gon, évitant de croiser le regard de Tholme.

« Vraiment ? » Tholme plissa des yeux.

« J'ai…euh…une infection urinaire. Oui, voilà. Une infection. » Qui-Gon sourit de toutes ses dents. « Maître Che m'a interdit de manger trop de viandes pendant quelques jours. C'est bien dommage… »

Qui-Gon se dépêcha de tourner la tête pour regarder son Padawan qui avait un sourcil haussé bien haut alors que ses amis se foutaient un peu de la gueule de Qui-Gon.

« Eh puis…Obi-Wan m'a déjà fait goûter son plat il y a quelques mois, un véritable délice ! » Enchaina Qui-Gon avec un grand sourire faux. « Ne vous privez pas pour moi, allez-y, goûtez. »

Tout le monde se désintéressa du cas de Qui-Gon sans vraiment relever son excuse bidon, à son plus grand bonheur. Il ferait tout pour couvrir son Padawan même si celui-ci œuvrait pour détruire les sens de ses congénères. De son côté, il vit Obi-Wan lever le pouce vers le haut comme pour saluer sa performance d'acteur. Qui-Gon grogna. Il était l'un des meilleurs ambassadeurs de l'Ordre, capable de mentir, mais il paniquait un peu trop vite dès qu'Obi-Wan performait ses blagues.

Si Qui-Gon ne goûta pas au plat, connaissant ses effets dévastateurs, il n'hésita pas à coller son dos contre le fond de sa chaise pour observer les réactions de ses amis, tout comme Obi-Wan.

Et il pensa à prendre un holocam pour filmer toute la scène.

Pour la postérité, bien sûr.

Pas pour mettre la vidéo sur la chaîne WeTube des Jedi.

La seconde où la fourchette remplie de viande et d'épice entra dans leur bouche, leur visage pris une couleur bien spécifique, entre le rouge clair et une sorte d'orange proche de la couleur du feu. Qui-Gon aperçut même de la fumée sortir des oreilles de Thal alors qu'elle se levait en vitesse pour engloutir tout le bro d'eau. Plus loin, Tholme s'évanouit littéralement, incapable de supporter la force des épices. Uh. Qui-Gon s'en était mieux sortit que lui (il avait seulement passé la journée dans une douche froide).

De l'autre côté de la table, Quinlan avait un teint livide, figé, comme si son corps avait dû mal à réagir. Puis le nouveau Chevalier se leva, faisant tomber sa chaise, et disparut dans la salle de bain. Reeft le suivit tout de suite, se prenant la porte en plein sur son visage (il ne voyait plus rien tellement il pleurait). Bant, de son côté, se liquéfiait, appréciant le lait qui avait été déposé sur la table un peu plus tôt. Elle ne laissa pas une seule goute de lait, avant de se précipiter sur le frigo pour voler une autre brique de lait. Enfin, Garen toussait à en cracher ses poumons, agrippant la table comme s'il était un homme mourant dignement sur un champ de bataille. Il ne parvint même pas à attraper un morceau de pain pour calmer sa toux. Il se retrouva à terre, agonisant, rejoignant Tholme.

Au centre de ce remue-ménage, Obi-Wan mangeait son Tiingilar, tranquillement, comme pour les narguer.

« Je comprends pourquoi c'est aussi drôle d'observer leur réaction. » S'amusa Qui-Gon, un sourire brillant aux lèvres. « Je devrais peut-être investir un peu dans les épices et en offrir à Maître Yan ? »

Autant dire que la vidéo fit le buzz parmi les Jedi et Obi-Wan acquit une nouvelle réputation : le Maître des épices. Beaucoup tentèrent de relever le défi et de supporter les épices, même des Maîtres Jedi à la retraite, aucun n'y arriva et ils finirent tous au sol ou à l'infirmerie, au plus grand désespoir des médecins.

OoO

Bien des années plus tard, Obi-Wan découvrit enfin un adversaire à sa taille. Anakin Skywalker, son nouveau Padawan.

Obi-Wan, comme à son habitude, préparait toujours deux plats : pour son Maître, qui ne supportait pas les épices, et pour lui (il était devenu un très bon cuisinier). Et il avait gardé cette habitude avec Anakin. Cependant, Anakin avait grandi sur une planète désertique où les plats, même des esclaves, étaient très épicés afin que les ingrédients puissent être préservés des fortes différences de températures entre la nuit et le jour. Or, pour Anakin, la nourriture des Jedi, bien que riches en nutriments, lui semblait fade et sans intérêt.

Alors ce ne fut pas très surprenant qu'Anakin eut des pépites dans les yeux lorsqu'il posa les yeux sur le plat d'Obi-Wan pour la première fois. Le plat était rouge : le rouge de la couleur des épices qu'il appréciait tant avec sa mère !

« J'veux goûter ! » S'écria Anakin, bondissant de sa chaise, la bave aux lèvres. « S'il-te-plait ! » Crut-il bon d'ajouter.

« T'es sûr ? » Demanda Obi-Wan, sceptique. « C'est…fort ? »

Anakin avait fait ses recherches sur son Maître pendant ses classes. Le jeune garçon avait entendu beaucoup de choses positives : son Maître était adoré par le Temple, aidait les Padawan et les initiés, faisait tourner tout le monde en bourrique avec ses blagues pour ensuite sans sortir avec un visage innocent, était le premier tueur de Sith depuis 1000 ans…et parmi les nombreuses rumeurs, Anakin avait entendu qu'Obi-Wan portait le nom de « Maitre des épices ». Personne n'avait réussi à supporter ses épices. Son Maître était redoutable. Mais Anakin pensait avoir une chance. Il était prêt.

« Je peux le faire ! » Affirma le petit blond. « J'ai grandi sur Tatooine ! »

Obi-Wan hocha la tête, sortit tout de même un verre de lait pour lui, et servit son nouveau Padawan de son plat, seulement un petit peu pour goûter.

Anakin se précipita dessus, comme un glouton. Lorsqu'il prit connaissance du goût pour la première fois, il se rendit compte que l'épice était bien plus fort que chez lui. Ses joues rougirent et quelques larmes coulèrent. Mais il n'abandonna pas : il allait s'habituer. Anakin termina sa portion, la bouche en feu (il ne pensait pas qu'il pourrait en manger tous les jours mais il pouvait supporter quelques fois par mois). Puis, il leva la tête pour observer Obi-Wan qui avait un visage impassible. Le blondinet paniqua un instant : avait-il offensé Obi-Wan sans le savoir ?

« Enfin ! » S'écria soudainement Obi-Wan avec un grand rire. « Enfin quelqu'un qui apprécie la bonne cuisine ! »

Obi-Wan se leva pour câliner Anakin, à sa plus grande surprise.

« Je suis fière que tu sois mon Padawan ! » Continua Obi-Wan, ému aux larmes. « Ma vie peut enfin se terminer, je n'aurais aucun regret…snif. »

« Euh…Maître ? » Anakin cligna des yeux, heureux d'être accepté par Obi-Wan. « Tu n'en fais pas un peu trop ? »

« Snif…moi ? Bouhouhou…Je n'en fait jamais trop…snif… » Pleurnicha Obi-Wan, s'essuyant les joues avec un vieux torchon de cuisine troué et tâché. « Snif. »

Et c'est ainsi qu'Anakin devint officiellement le Padawan d'Obi-Wan. Ce qui n'arrangea pas la réputation d'Obi-Wan en tant que terreur des épices puisqu'il incitait à présent Anakin à faire la même blague à ses amis (Aayla en fit les frais…).

OoO

La guerre était terrible. Mais parmi les pertes, la douleur et la lassitude, quelques moments de paix pouvaient être ressentis. C'était actuellement le cas. Les clones étaient entassés dans le grand hall : c'était l'heure de manger et pour la première fois depuis des mois, ils pouvaient manger autre chose que des barres nutritives. Le Général Kenobi leur avait acheté quelques spécialités de la dernière planète sur laquelle ils avaient fait campagne. Ils étaient pressés de goûter.

Tout était donc calme – aussi calme que pouvait être un hall rempli de clones. De la musique, des jeux, des rires et des potins résonnaient. Un peu de paix au sein de tout le chaos. Obi-Wan entra dans le hall. Personne ne le remarqua vraiment : ils avaient l'habitude de le voir manger ou juste partager des moments avec eux. Obi-Wan disparut ensuite dans la cuisine, ce qui était beaucoup plus rare.

Une vingtaine de minutes plus tard, Obi-Wan réapparut, un plat entre ses mains, avec un sourire satisfait. Il avança doucement entre les clones qui s'amusaient et s'assit à côté de ses officiers, qui étaient en pleine partie de cartes (sabacc probablement).

Le rouquin s'installa donc entre Cody (qui lisait un rapport de mission) et Wooley (qui jouait avec Boil, Waxer, Longshot et bien d'autres). Il déposa ensuite son assiette devant lui et commença tranquillement à savourer son Tiingilar. C'était une étrange surprise de croiser son épice favorite sur cette planète. Il en profitait : cela faisait tellement longtemps qu'il n'en avait pas mangé ! Il n'avait même pas pu partager son plat avec Ahsoka (il devrait organiser un repas de famille dès que les trois seraient réunis au Temple). Il rêvait de voir le visage décomposé d'Ahsoka face aux épices. Il ricana tel un méchant de série B préparant un plan de domination mondiale.

« Euh… » » La voix de Cody interrompit ses pensées. « Vous allez bien, Général ? »

Obi-Wan cligna innocemment des paupières et observa son Commandant qui semblait inquiet. Il avait même abandonné son rapport. D'autres clones le regardaient également, d'un drôle d'air.

« Pourquoi ça n'irait pas ? » Obi-Wan fronça des sourcils, surpris.

« Vous semblez perturber. » Devant le regard inquisiteur de son Général, Cody poursuivit. « Vous étiez en train de ricaner. »

« Ah. » Obi-Wan réalisa qu'il avait ricaner à voix haute. « Oups ? »

« Quelque chose ne va pas ? » Demanda Boil. « Doit-on appeler Bones ? »

« Non, non, tout va bien. » Obi-Wan rassura n'ayant aucune envie de voir le médecin. « Je pensais juste à quelque chose, rien de bien important. »

« Général. » Waxer intervint, les sourcils froncés. « Vous étiez en train de ricaner. Vous ne ricanez jamais. Même devant Dooku ou Ventress. »

« Ah. »

Obi-Wan se gratta sa barbe se demandant comment pouvait-il expliquer qu'il voulait voir Ahsoka souffrir avec ses épices sans paraître bizarre. Mmh, mieux valait ne rien dire.

« Croyez-moi, parfois, il vaut mieux ne pas savoir. » Décida de dire Obi-Wan, reprenant une bouchée de son Tiingilar.

« Sir…vous n'aurez pas pris de la drogue ? » Cody le regarda durement, sceptique.

Surpris, Obi-Wan avala de travers et se mit à tousser violemment, suffisamment pour inquiéter ses clones qui lui tapotèrent le dos.

« Pardon ? » Le Jedi était perturbé par une telle question. « Pourquoi prendrais-je de la drogue alors qu'il existe des choses bien plus addictives et agréables pour planer ? »

Seul le silence lui répondit et Obi-Wan se rendit compte de ce qu'il venait de dire. Il avait été un peu trop franc. Sa main vola vers sa bouche et il rougit. Oups.

« Vous pouvez oublier ce que je viens de dire ? » Demanda Obi-Wan, prenant un air innocent.

« Général. » Cody ne semblait pas très content. « A quoi êtes-vous addicte ? Je suis persuadé que Bones sera ravi d'apprendre que vous ne lui avez rien dit. Encore. »

« Le Général se drogue ? » S'étonna Longshot, les yeux ronds.

« On peut considérer le thé comme de la drogue ? Ou le travail ? » Crys crut bon de demander.

« On va encore devoir surveiller le Général… » Soupira Hardcase.

« Je peux en avoir ? » Boil sourit, excité, avant de se prendre une baffe de la part de Waxer. « Roh, allez, quoi… »

« Je crois que vous vous méprenez un peu… » Obi-Wan secoua la tête. « Je ne me drogue pas, je peux vous en assurer. »

« Alors pourquoi voulez-vous qu'on oublie ce que vous venez de dire ? » Siffla Cody, pas du tout satisfait de sa réponse.

« Parce que sinon le Conseil va encore me voler mes épices ! » Protesta Obi-Wan, boudeur.

Il se rappelait encore de cette horrible journée. Obi-Wan, au début de la guerre, avait décidé d'encourager ses nouveaux collègues (il venait tout juste de devenir Conseiller). Il avait cuisiné pour eux. Et il avait oublié de retirer ses épices de ses plats. Résultat : le Conseil avait dû prendre congé pendant deux jours, souffrant d'une belle diarrhée. Obi-Wan avait dirigé le Conseil et la guerre seul. Le Conseil, bien remonté, avait ensuite fait une réunion d'urgence pour interdire toutes les épices pendant toute la durée de la guerre. Obi-Wan n'avait plus le droit d'en toucher (ils lui avaient piqué toutes ses réserves à son plus grand malheur). C'était la première fois depuis 6 mois qu'il pouvait enfin manger ses épices. Le Conseil ne devait surtout pas apprendre qu'il avait réussi à remettre la main dessus !

« Général, vous aggravez votre cas. » Gronda Cody.

« Je n'aggrave pas mon cas ! Je n'ai rien dit de spécial, j'ai seulement dit que…oh. » Obi-Wan écarquilla des yeux. « Bah mince alors… »

Obi-Wan avait totalement zappé que les épices pouvaient être associées à la célèbre drogue « épice ». Effectivement, de ce point de vue, il n'améliorait pas son cas. Oups ?

« Oui, mince alors, comme vous dites. »

« Croyez-moi, Cody, je ne parle pas de ces épices, je parle d'épices mandaloriannes. » Obi-Wan pointa son plat de son doigt. « Rien de bien dangereux, c'est juste mon plat favori, une vraie addiction pour moi. C'est tout. Rien de plus. Pas de drogue. »

« Comment vous croire, Général ? Vous avez tendance à omettre les informations importantes. » Affirma Cody, de plus en plus suspicieux.

« C'est faux. Je suis une personne de confiance. »

« Oui, mais vous oubliez certaines informations concernant votre santé. »

« Ça, par contre, c'est vrai. » Répondit fièrement Obi-Wan, ravi d'être une menace pour le reste de la galaxie.

Les clones lui lancèrent un regard blasé. Puis, Boil se pencha en avant pour observer le plat d'Obi-Wan.

« Donc ça, c'est votre plat préféré ? Je ne savais pas que Needle savait faire ça. »

« Je sais cuisiner. » Rit Obi-Wan sous le choc de ses clones. « Allons, je ne suis pas incapable, je sais m'occuper de moi, malgré ce que disent les rumeurs, pas besoin de faire cette tête. »

« Et vous avez besoin de vos épices pour cuisiner votre truc ? » Continua Boil.

« Exact. »

« Et pourquoi le Conseil vous a confisqué vos épices ? » S'étonna à nouveau le clone.

« Il se trouve qu'ils n'ont pas la capacité de supporter quelques pauvres épices. Ils n'ont pas apprécié le fait d'être bloqué au lit pendant deux jours. Et ils m'ont piqué mes épices. » Obi-Wan annonça, le visage impassible. « Cette bande de faiblards. »

« Euh…Général ? » Crys rit faiblement. « Est-ce vraiment une bonne idée d'insulter le Conseil ? »

« Un Conseil incapable de supporter des épices n'est pas digne d'être mes supérieurs. Incapables, lâches, indignes, voleurs, voilà ce qu'ils sont ! » S'écria Obi-Wan.

« Général, dois-je vous rappelez que vous faites partie du Conseil… » Soupira Cody alors que ses frères ne savaient pas vraiment quoi dire.

« Je refuse de faire partie d'un Conseil qui ne supporte pas mes épices ! »

Obi-Wan se leva d'un bond, colérique, ce qui était une première : Obi-Wan n'était jamais en colère, seulement déçu. Puis il marcha rapidement vers la sortie du hall, abandonnant son plat sur la table.

« Général, où allez-vous ? » Demanda un clone.

« Je suis en guerre contre l'adversité ! » Proclama férocement Obi-Wan faisant trembler ses hommes. « En guerre ! Le cessez-le-feu a duré bien trop longtemps ! »

« Pour des épices ? » Murmura doucement un clone, étonné, derrière Cody et heureusement, Obi-Wan n'entendit rien.

« Qu'avez-vous prévu comme plan de bataille ? » Soupira simplement Cody, secouant la tête, sachant qu'il ne pourrait raisonner avec son Général.

Obi-Wan se retourna doucement vers Cody, vers les clones, un rictus maléfique aux lèvres, l'ombre assombrissait la moitié de son visage. Il ressemblait à un esprit malveillant retrouvé dans les films d'horreur. Cody frissonna. Il était loin d'être le seul.

« Quoi de mieux que de leur envoyer mes adorables petites épices emballées dans de jolies petits papiers cadeaux rose fluo entouré d'un petit ruban vert flashi pour me venger ? Ils vont absolument adorer ! » Obi-Wan sortit du hall, son rire résonna dans le couloir. « Mouahahaha, que je suis fourbe et sournois ! »

Un silence contemplatif tomba sur le hall. Boil se tourna vers Waxer.

« Tu crois qu'on devrait prévenir le Conseil que le Général perd la boule et qu'il est sur la voie de devenir un futur Sith ? »

« Abruti. » Waxer répondit, complétement méprisant.

« Mais…elles ont quoi de spéciales, ces épices ? » Se demanda Longshot, se rapprochant de l'assiette à moitié pleine.

Doucement, il s'empara de sa propre fourchette et goûta. Pendant un bref instant, il ne se passa rien. Puis Longshot poussa un hurlement de douleur. Il sauta en arrière, se prit le banc entre ses jambes, dégringola, se releva et courut un peu partout, exigeant qu'on lui serve de l'eau.

« Je brûle ! Raaaahhhhhhh ! » Cria le pauvre clone. « Kyaaaa ! Je fonds ! Je suis une flaque d'eau qui m'évapore ! A l'aideeeeeeeeeeeeee ! »

Alors qu'une partie des clones paniquaient, une autre courait derrière Longshot avec un verre d'eau entre les doigts, une dernière, courageuse, décida de goûter aux épices. Evidemment, Longshot fut rejoint par d'autres clones « en feu », courant, gémissant…c'était pathétique à voir. Au centre de ce chaos, Cody observait, désespéré.

« Comment va-t-on faire pour gagner la guerre avec cette bande d'attardés ? » Cody frappa son front avec sa main.

« Bah, envoie juste des épices aux commandants ennemis, qui sait, ils vont peut-être se rendre ? » Bones proposa tranquillement, absolument blasé par le spectacle s'offrant à ses yeux. « Où peut-être que les droïdes vont fondre face à la force des épices ? »

« Bones…tu n'aides pas… » Souffla Cody.

« Non, on pourrait vraiment gagner la guerre avec ces épices. » Affirma Bones. « Moi je dis, il y a du potentiel. »

Cody avait vraiment envie de dormir. Pendant plusieurs jours. Minimum. Il voulait être loin de tous ces abrutis.

« N'empêche, comment le Général arrive à supporter ces épices ? » S'étonna Crys. « On devrait peut-être vraiment les confisquer, comme le Conseil ? »

« T'es malade, Crys ! » S'écria Gearshift. « Tu veux subir le même destin que le Conseil ? Le Général a réveillé sa personnalité fourbe et sournoise ! Je n'ai aucune envie d'être la victime de sa vengeance ! »

Et c'était de cette manière que les clones furent introduits aux épices mandaloriannes. Malheureusement, ils ne pouvaient les supporter…

Le Conseil regretta d'avoir confisquer les épices d'Obi-Wan. Mais personne ne sut qu'elle fut la vengeance du rouquin. Et surtout, personne ne demanda.

OoO

Obi-Wan chantonnait dans les longs et hauts couloirs du Sénat, un grand sourire aux lèvres, un sac pendant le long de son épaule. C'était sa semaine de congé, il en profitait pour visiter l'un de ses meilleurs amis, Bail Organa. Les deux adoraient, depuis des années, se retrouver autour d'une tasse de thé pour critiquer l'ensemble du Sénat et se moquer du choix vestimentaire critiquable du Chancelier. Parfois, Breha les rejoignait dans leurs séances de petits potins et de complotistes. Et surtout, Obi-Wan était étrangement surpris d'apprendre que Bail adorait également ses épices adorées !

(C'était d'ailleurs comme cela qu'ils étaient devenus amis. Qui-Gon et lui avaient rendu visite au sénateur d'Alderaan et son apprenti, Bail. Obi-Wan avait cuisiné avec enthousiasme des bonbons aux épices pour l'occuper pendant la séance très ennuyante à venir. Bail, intrigué, avait demandé de goûter. Le jeune homme avait avalé le bonbon d'un coup, sans écouter les recommandations de Qui-Gon, bien pâle. A la grande surprise des deux Jedi, Bail avait adoré. Le sénateur avait également goûté, écourtant la séance de politique. Le pauvre n'avait pas apprécié les épices. Depuis, les deux jeunes gens étaient devenus amis).

Autant dire qu'Obi-Wan était ravi de revoir son ami (certains gardes clones et sénateurs observèrent Obi-Wan chantonner comme s'il était devenu fou avec la guerre). Mais quel ne fut pas sa tristesse, en poussant la porte du bureau de Bail, de se rendre-compte que le Chancelier rendait visite à son ami. Même pendant ses congés, cet énergumène venait le faire suer.

« Ah, Maître Kenobi ! » Salua le Chancelier d'un air faussement enjoué. « J'ignorais que vous rendez visite au sénateur Organa. »

Bullshit. Tout le monde savait qu'Obi-Wan venait rendre visite à Bail dès qu'il en avait la possibilité. Ce n'était pas un secret. Le vieil homme devenait sénile.

« Chancelier Palpatine, quel plaisir de vous voir ici en ce jour ensoleillé. » Obi-Wan offrit son sourire le plus faux (notons qu'il pleuvait). « Quel bon vent vous amène ? »

« Oh, rien de bien intéressant, juste quelques petites modifications prévues pour la prochaine séance du Sénat. » Répondit le Chancelier avec un sourire aussi faux que celui d'Obi-Wan.

« Oui. » Approuva Bail, également avec une fausse expression enjouée inscrite sur son visage. « Nous discutions de la meilleure façon d'introduire la nouvelle loi pour changer la couleur du bureau du Chancelier de ce rouge vif à un rose fluo, plus accessible et moins coûteux à entretenir. »

« Exactement…attendez ? Vraiment ? » Demanda le Chancelier, surpris. « J'aime bien le rose, ça me rappelle mon enfance que…hmm, hmm…non, le rose fluo est une couleur inacceptable pour représenter la République en tant de guerre. »

« On pourra en rediscuter après la guerre. » Remarqua malicieusement Bail, satisfait d'avoir surpris le Chancelier alors qu'Obi-Wan se retenait de rire. « Nous avons terminé, Obi-Wan. Le Chancelier allait partir. »

Obi-Wan sourit et entra dans le bureau, déposant son sac sur une pile de documents bien longs et inintéressants. Délicatement, il sortit son tristement célèbre Tiingilar (sa réputation s'était étendue aux clones). Bail et lui allaient beaucoup s'amuser aujourd'hui. Seulement…

« Oh ? Rien de bien dangereux, j'espère ? » Demanda le Chancelier, les sourcils froncés, qui les soupçonnait de faire une réunion secrète pour trahir la République.

« Absolument pas, Chancelier. » Contredit Bail en secouant la tête. « Obi-Wan a seulement fait la cuisine et est venu me partager sa recette. » Il pointa du doigt la boite que venait de sortir le rouquin de son sac.

« Vous cuisinez, Maître Jedi ? » S'étonna le Chancelier.

« Pourquoi tout le monde est surpris quand je dis que je sais cuisiner ? » Soupira Obi-Wan. « C'est si surprenant de me voir cuisiner ? »

« C'est-à-dire que vous avez acquis une certaine réputation qui ne laisse en rien suggérer que vous sachiez faire la cuisine… » S'excusa Palpatine .

« Vous pouvez le dire, vous savez… » Ricana Bail. « Obi-Wan adore flirter. »

Obi-Wan lui lança un regard noir mais il ne nia pas : c'était vrai. Il flirtait avec tout le monde pour les déboussoler et avoir un certain ascendant sur eux. Cela marchait pratiquement toujours (sauf avec Ventress avec qui il adorait flirter). Palpatine s'approcha de la table pour avoir un aperçu de la cuisine d'Obi-Wan. Soudain, le rouquin eut une idée. Il jeta un regard entendu avec son ami qui hocha la tête, malicieux.

« Voulez-vous goûter, Chancelier ? » Demanda le Jedi d'une voix doucereuse.

« Volontiers. » Le Chancelier tomba dans le piège.

Obi-Wan se détourna du Chancelier pour qu'il ne voit pas son expression satisfaite. Enfin il pourrait se venger de lui piquer l'attention de son cher Padawan. Oui, il était jaloux mais personne n'était parfait. Il servit donc le Chancelier et il lui tendit l'assiette. Palpatine étudia le plat, un sourcil haussé (Bail attendait la réaction avec beaucoup d'impatience, un verre de lait dans la main et une caméra de l'autre, de quoi blackmailler le Chancelier).

« C'est très…rouge ? » S'étonna Palpatine.

« Je pensais pourtant que le rouge était votre couleur favorite ? » Riposta Obi-Wan, agacé qu'on pointe du doigt la couleur à chaque fois.

« Comment avez-vous deviné ? » Palpatine était de nouveau soupçonneux. « Vous m'espionnez ? »

« Votre bureau est littéralement rouge ! »

« Ah…j'avais oublié ce détail… »

« Comment peut-on oublier la couleur de son bureau ? » Marmonna Bail pour lui-même. « Il est daltonien ? Cela pourrait expliquer le choix de ses vêtements… »

Finalement, le Chancelier goûta à son tour le Tiingilar. Et la réaction fut aussi attendue que surprenante pour les deux spectateurs (plus la caméra). Palpatine lâcha son assiette, porta la main à son cou et cria de douleur. Obi-Wan pouvait presque apercevoir de la fumée sortir de sa gorge.

« Vous avez tenté de m'empoisonner ? Moi ? » Hurla Palpatine, dramatique et parano.

Les deux amis se regardèrent un peu perdu.

« Bah non… » Obi-Wan nia, inclinant la tête sur le côté. « Il s'agit seulement de Tiingilar, un plat fait d'épices mandalorianne. »

« Raahhhh ! »

Cette fois de la fumée sortie belle et bien de la gorge de Palpatine.

« Tiens, c'est la première fois que je vois cette réaction. » S'amusa Bail.

« Cela rentre dans mon top 3 des réactions les plus étranges. » Ajouta Obi-Wan, sur le même ton alors que Palpatine se déhanchait pour se rafraichir le gosier.

« Assassins ! Assassins ! » Puis Palpatine se calma un instant, comme prit d'une soudaine réflexion. « Mais attendez une minute, je suis le Seigneur Sith, je peux très bien assassiner ces deux-là. »

Les deux amis observèrent, sans bouger, hypnotisés, Palpatine agripper un sabre laser bien rouge et se précipiter sur eux, le visage rouge, la bave aux lèvres, les yeux révulsés. Mais avant qu'il ne puisse toucher les deux amis stupéfaits, le Chancelier (ou le Sith) fut pris de révulsion à cause de la force des épices, se prit les pieds dans sa longue robe, se fracassa sur le sol, son crane percuta le bord pointu du bureau et creva sur le coup.

Le Jedi et le sénateur (toujours avec sa caméra allumée qui allait servir de preuve) restèrent figés sur place, ne sachant quoi dire. Ils n'avaient absolument rien comprit à ce qu'il venait de se passer. C'était à cet instant que le Commandant Fox déboula dans le bureau, avec ses frères. Ils se figèrent à leur tour en voyant le cadavre du Chancelier étalé au sol, un Jedi et un Sénateur debout, éberlués, avec un plat sur le bureau.

« Que s'est-il passé ici ? » Demanda Fox.

« Euh… » Obi-Wan cligna des yeux. « Il faut croire que le Chancelier ne supporte pas du tout les épices ? »

Plus tard, la vidéo prise par Bail fit le tour de la galaxie. Une enquête fut exigée, découvrant tout le plan de Palpatine. La guerre fut terminée le lendemain et Bail fut nommé Chancelier en remerciement pour son rôle dans le plan épicé pour mettre fin à la guerre. Obi-Wan fut remercié pour ses épices qui eurent beaucoup de succès (devenant un véritable challenge). De leur côté, les Jedi et les clones faisaient une fête bien méritée.

« Je te l'avais dit que les épices avaient du potentiel pour mettre fin à la guerre. » Chantonna Bones aux oreilles de Cody.

OoO

Et voilà ! Une petite fic plutôt rapide à écrire, sans vraiment d'intérêt, juste de l'amusement. Ce n'est pas aussi bien écrit que les autres mais je l'ai écrite en plein milieu de mes exams donc bon…on me pardonnera bien.

Cette histoire est totalement inspirée de l'amour de Wei Wuxian pour les épices. Obi-Wan est devenu Wei Wuxian, un fan des épices en mettant un peu partout, que personne ne peut supporter sauf Anakin et Bail.

A bientôt.