Bonjour à tous !
Voici le chapitre 6, assez léger, assez drôle (de mon point de vue, il parait que mon humour est étrange).
Bonne lecture !
Chapitre 6
30 octobre 2001
Harry se fit réveiller par un bruit assourdissant dans les étages inférieurs de la maison. Il grogna et regarda l'heure : 8 h 45. Bien trop tôt pour se lever. Il se tourna sur le ventre et mit l'oreiller sur sa tête, maudissant son elfe de maison qui adorait faire du bruit le matin pour… Juste faire du bruit et l'emmerder.
Il repensa au rêve qu'il était en train de faire et replongea lentement dans le sommeil quand il se rappela qu'on était lundi.
Lundi… Il devait se lever aujourd'hui. Beaucoup plus tôt que d'habitude. Il avait quelque chose à faire dans la matinée mais quoi ? Son garde-manger était plein et Kreattur refusait qu'il s'occupe de la nourriture donc ce n'était pas ça. Il n'y avait pas d'anniversaires de prévu, donc pas besoin d'aller chercher de cadeau sur le Chemin de Traverse ou ailleurs. Son rendez-vous chez le thérapeute était le 2 novembre, donc…
Il se redressa soudain dans son lit. Le Chemin de Traverse ! Malefoy !
Il courut sous la douche et faillit se rompre le cou dans les escaliers en se prenant les pieds dans son jean de la veille. Il le ramassa et continua sa route. Il lui restait dix minutes pour se rafraîchir et connaissant Malefoy, – Drago, se serina Harry – il serait là pile à l'heure.
Il sortit de la salle de bai 59, avec pour seul vêtement le jean de la veille et une serviette sur la tête. Il se dirigea vers sa chambre pour attraper un maillot de corps et des chaussettes en secouant énergiquement la serviette.
Au rez-de-chaussée, la pendule de la bibliothèque sonna 9 h et le heurtoir cogna contre la porte. Le portrait de l'ancienne propriétaire se mit à hurler, les têtes d'elfes à sa suite.
Harry jura dans sa barbe. Il avait oublié de préciser à Malefoy ce détail : ne jamais utiliser le heurtoir. Il se précipita dans les escaliers, chaussettes aux pieds et maillot à la main. Arrivé au portrait de cette très chère Walburga Black, il leva la main pour ouvrir la porte d'entrée et allumer les lumières du couloir.
Sale traitre à ton sang, sors de ma maison, ignoble petit parasite !
Harry vit du coin de l'œil Malefoy entrer et poser sa veste sur le porte-manteau de l'entrée le plus naturellement du monde. D'un second geste discret de la main, le brun fit taire les portraits d'elfes et se positionna mains sur les hanches devant le portrait de la mère de Sirius.
- Ferme-la, langue de vipère ! Tu ne vas pas te mettre à hurler à chaque fois que j'ai de la visite !
- Dans ma propre demeure ! hurla le portrait plus fort encore. Des sang-de-bourbes, des trainées, des traitres ! Tu oses mettre tes sales pates sur des biens inestim… Ohhhhhhhhh ! se tut soudain la femme.
Harry sentit l'odeur de sciure de bois avant que Malefoy – Drago - n'arrive à son niveau.
- Un Malefoy dans ma demeure, c'est un honneur. Ai-je Lucius devant moi ? minauda le portrait, la bave coulant sur son menton.
Harry soupira et secoua la tête. Il aurait dû se douter que l'entrée de Malefoy contenterait cette fanatique des sang-pur.
- Walburga, je vous présente Drago Malefoy, fils de Lucius Malefoy et Narcissa Black.
- Madame, salua poliment Malefoy.
Les joues du portrait rosirent de plaisir.
- Comment va ta chère mère, mon Drago ? Narcissa était une enfant prodigieuse, belle et talentueuse. Une Black de tout ce qu' de plus pur.
Harry vit le blond grimacer à la fin de la phrase de son aïeule.
- Elle se porte bien, merci pour elle.
- Et ton père, Lucius ? Une grande famille, beaucoup de pouvoir et d'argent, nous leur devons beaucoup, jeune homme, sais-tu ?
- Oui je le sais, répondit sèchement Malefoy. Veuillez m'excuser, j'ai à faire ici aujourd'hui.
- Oui, bien entendu, je vous laisse vaquer à vos occupations, Monsieur Malefoy.
À la grande surprise de Harry, le portrait se retira de lui-même au fond de sa peinture et le rideau le recouvrant se remit en place. Il devait trouver un moyen de décrocher ce foutu tableau !
- Donc, le tableau et les têtes n'étaient pas une blague, Potter.
Harry se tourna vers le blond qui tournait sur lui-même, observant les lieux. Il secoua la tête.
- Malheureusement, non.
Drago lui tendit un sachet qu'il n'avait pas encore remarqué.
- Petit-déjeuner comme promis, précisa le blond à la question muette.
Harry acquiesça, prit le paquet et lui fit signe de le suivre aux cuisines. Kreattur était présent et astiquait sans trop d'énergie un coin de la longue table – sûrement le même depuis plusieurs jours. Lorsqu'il aperçut Drago derrière le brun, il sursauta, tira sur le torchon sale qui le recouvrait et alla écraser son nez par terre.
- Kreattur est honoré de vous revoir Monsieur Malefoy.
Harry pinça les lèvres et alla chercher assiettes et couverts pour manger ce qu'avait apporté Drago. Il détestait repenser à la guerre et à tout ce qui s'en approchait. Le fait que Kreattur ait vendu Sirius à Cissi et Bella faisait partie de ce qu'il voulait oublier. Et il se doutait que la dernière fois que Kreattur avait vu Malefoy, c'était à ce moment.
Harry entendit Drago discuter un peu avec son elfe mais n'écouta pas la conversation. Il sortit la nourriture du sac qui s'avéra être un petit déjeuner typiquement anglais à emporter : haricots, bacon, œufs, tartines, tomates, pommes de terre, tout y était. Il sortit les couverts adéquats et ajouta sur la table jus d'orange, café et thé.
Puis il reporta son attention sur Drago, figé devant la porte de la cuisine, les yeux rivés sur lui. Les yeux gris étaient brillants et Harry vit une dent se planter dans les lèvres du blond. Salamèche se réveilla et Harry se rendit compte qu'il avait oublié de mettre un boxer. Oups ?
- J'ai un truc collé sur mon maillot Malefoy ? dit Harry pour tenter de reprendre contenance.
Ce regard allait le brûler. Des picotements apparurent au creux de son dos et son estomac fit un bond lorsque Malefoy releva la tête, la dent toujours plantée dans sa fichue lèvre. Harry sentit une goutte d'eau tomber de ses cheveux humides, glisser le long de sa tempe et se perdre dans son cou. Malefoy la suivit du regard.
- Tu n'as pas de T-shirt, Potter.
Harry baissa brusquement les yeux sur son torse et rougit de honte. Pourquoi avait-il fallu que ça lui arrive le jour où Malefoy venait ? Tellement concentré à faire taire les portraits, il en avait oublié de finir de s'habiller.
Il courut hors de la pièce sous les rires de Malefoy et attrapa le morceau de tissu qu'il avait abandonné devant la mère de Sirius pour l'enfiler à la hâte. Il fit venir à lui un caleçon propre et l'enfila, sans vraiment penser au fait que Malefoy pouvait surgir d'un instant à l'autre. Il trouva également la serviette qui avait essuyé ses cheveux et qui était tombée avant que Malefoy n'arrive, fort heureusement.
Il hésita à repartir vers la cuisine. Il entendait encore le rire sucré de Malefoy. Malefoy qui avait eu l'air d'apprécier le spectacle malgré ses côtes encore trop visibles. Il espérait que le blond n'ait pas trop remarqué sa maigreur ou les cicatrices que la guerre avait laissées sur son corps.
Il se secoua et entra dans la cuisine dans une tenue plus décente cette fois.
Malefoy avait pris ses aises et s'était installé à table. Il tenait une tasse de café et s'était déjà servi. Une tasse de thé fumante attendait Harry en face du blond et son assiette avait été remplie de tout ce qu'il préférait : haricots, tartines avec œuf au plat et bacon. Un verre de jus d'orange était également prêt à côté de son thé.
Harry haussa les sourcils en s'installant. Il repensa à ce que Malefoy lui avait dit dans son magasin : il avait eu le temps d'en apprendre beaucoup sur les habitudes de Harry en sept ans d'école. Il n'avait pas menti.
En y réfléchissant, Harry connaissait également certaines habitudes du blond. Il prenait son café avec du lait mais sans sucre, détestait la confiture en général et fondait littéralement devant du gâteau au chocolat ou devant un petit déjeuner traditionnel – sauf les tomates, il détestait les tomates.
Harry ouvrit la bouche pour demander à Malefoy ce qu'il savait d'autre de lui mais il la referma et commença à manger. Il s'était déjà assez ridiculisé comme ça, il ne voulait pas savoir comment Malefoy allait se servir de sa question pour l'enfoncer un peu plus.
Le petit déjeuner se passa dans un silence détendu, à la grande surprise de Harry. Il s'arrêta à la moitié de son assiette avec l'impression que son estomac allait exploser. Il n'avait pas mangé autant depuis longtemps et l'envie d'aller se recoucher le tirailla. Malefoy finissait son café et regardait l'assiette de son hôte, les sourcils froncés mais ne fit pas de remarque.
Ils restèrent encore quelques minutes l'un en face de l'autre. Harry profita du moment autant qu'il le put. Le silence était apaisant, la nourriture le rendait somnolent et sa tête était vide. La présence de Malefoy était… ressourçante. Et le brun n'avait pas envie d'analyser le pourquoi du comment. Pas maintenant.
La vaisselle s'anima soudain et Harry sortit de son état de paix. Malefoy s'était levé et agitait sa baguette pour que la vaisselle aille se faire toute seule.
- J'ai un elfe, tu sais ? lui fit remarquer Harry.
- Ton elfe n'a pas l'air très dégourdi, rétorqua le blond. Et pas très respectueux également.
Harry haussa les épaules mais ne nia pas. Son elfe était dégourdi quand il le voulait, il avait juste un énorme poil dans la main.
- Tu me montres ce que tu veux que je restaure ? enchaina Malefoy.
- Oui, bien sûr, répondit Harry en se levant. Ne fais pas de bruit dans l'entrée pour éviter de réveiller les portraits.
Harry sortit de la cuisine, Malefoy sur ses talons. Il était sûr d'avoir entendu un ricanement. La situation était cocasse, c'est vrai. Harry était condamné à ne pas faire de bruit dans sa propre maison sous peine de réveiller des têtes coupées collées par son elfe de maison pour que personne ne les enlève.
Ils traversèrent le couloir sur la pointe des pieds et Harry fit entrer le blond dans la salle à manger. L'odeur de cire s'était légèrement atténuée mais la pièce n'avait pas bougé depuis son dernier coup d'œil.
Malefoy s'approcha de la table et commença à l'examiner. Harry referma la porte et l'observa faire.
Le blond tourna autour de la table un long moment, effleurant de-ci de-là certaines éraflures. Il grimaça face à l'une d'elles particulièrement profonde. Il sortit sa baguette et murmura quelques sorts que Harry n'entendit pas. À sa grande surprise, Malefoy sortit d'une de ses poches une paire de lunettes rectangulaires à monture noire et les enfila. Il s'approcha du blason des Black, très effacé et abîmé par le temps et l'examina de longues minutes, à coups de baguette et de marmonnements inaudibles.
Harry finit par s'asseoir sur une des chaises. Malefoy se désintéressa de la table et examina les chandeliers et les chaises.
- Où sont celles qui sont cassées ?
Harry pointa du doigt le fond de la pièce et Malefoy s'y dirigea. Il examina aussi minutieusement les assises que la table et Harry le vit hocher la tête et ses épaules se lever en un soupir. Il se lécha les lèvres. La chemise bleue de Malefoy était parfaite. Juste parfaite. Avait-il déjà précisé qu'il avait un faible pour les hommes en chemise ?
- Ton elfe avait raison, il manque des pièces pour ces chaises. Je peux en fabriquer de nouvelles, elles paraitront comme neuves. Pour la table, c'est bien pire que ce que tu avais laissé sous-entendre. Les mites ont été voraces, plus de la moitié du bois est fragilisé. Je vais devoir remplir leurs galeries avec de la résine. Les éraflures sont aussi importantes mais quelques sorts et de la patience suffiront pour les lisser. Veux-tu que je retravaille le blason, aussi ?
- Oui, répondit Harry. C'est une magnifique pièce et mon héritage, je veux en prendre soin.
Drago acquiesça avec un petit sourire.
- Tant mieux, j'aurais été déçu de devoir te menacer si tu avais dit non.
Harry se mit à rire.
- Tu n'as jamais été gagnant à Poudlard, je pensais que tu avais retenu la leçon.
- J'aime vivre dangereusement, répondit Drago avec un clin d'œil. Qu'est-ce que c'est ?
Harry se leva et vit que le blond pointait le tas de cochonneries que Kreattur et lui avaient enlevé du buffet.
- Des choses dont je dois me débarrasser. C'était dans le buffet à côté de toi. Tas de droite, magie noire avérée et extrêmement dangereuse, tas de gauche, ce que Kreattur veut garder et que je veux balancer.
Drago ricana et s'approcha des deux tas. Il examina de loin le tas décrété « dangereux ».
- Tu pourrais te faire une petite fortune sur le marché noir avec tout ça, Potter.
- Je suis déjà riche, rétorqua nonchalamment le brun. Ces trucs ont dû être créés pour torturer, tuer, faire souffrir ou que sais-je encore. Ça doit être détruit, pas vendu.
Le blond ne fit pas de commentaires et s'intéressa au second tas. Harry sentit la porte de la pièce s'ouvrir et se refermer dans son dos. Kreattur se faufila discrètement auprès de Malefoy pour le surveiller. Cet elfe devait avoir un radar intégré. Dès que l'on touchait aux précieux biens de sa maitresse, il accourait.
Drago ressortit du fouillis un long morceau de bois, puis un étau et enfin une lame encastrée dans du bois qui lui fit beaucoup penser à la guillotine vue en image dans ses cours d'histoire de primaire.
- Tu as un établi miniature de découpe de matière magique du 17e siècle dans tes ordures, Potter, est-ce que tu te rends compte de la valeur que ça a ? Non bien sûr que non ! C'est un petit bijou. Il peut couper, hacher n'importe quel matériau magique sans en altérer ses propriétés, c'est… c'est juste… Totalement rare et inestimable !
Harry sourit, d'un vrai sourire. Malefoy avait à la fois la tête d'un enfant de cinq ans le jour de Noël et celle d'un adulte mécontent devant l'idiotie de son gamin.
- Prends-le si tu veux, ça va partir à la poubelle. Prends ce que tu veux, et rénoves-les même pour les revendre dans ta boutique, peut m'importe. Ce n'est pas moi que tu vas devoir convaincre.
Malefoy hocha la tête, les yeux dans le vague, ne relevant pas le sous-entendu. Il repartit tête la première dans ce que Harry considérait toujours comme un tas de déchets. Il était adorable, pensa-t-il.
Ce n'est que vingt minutes plus tard que Drago émergea du tas d'objets. Il avait mis de côté beaucoup de choses que Harry n'avait pas pu identifier et dont il se fichait complètement.
Drago rassembla le tout et invoqua un grand sac dans lequel il mit toutes ses trouvailles. Harry vit Kreattur se positionner devant le blond, bras croisés et tapant du pied. Harry rit sans se retenir. Cet elfe était un démon, vraiment. Si Malefoy voulait vraiment tout emmener, il allait devoir avoir des arguments béton.
- Kreattur est navré, Monsieur Malefoy, mais Monsieur ne peut pas emmener ça avec lui, grinça l'elfe qui n'avait pas du tout l'air navré.
- Et pourquoi donc, petit être ? interrogea Malefoy en levant un sourcil.
- Ces biens appartiennent à la maison des Black ! s'écria Kreattur en secouant ses oreilles. Et sa maitresse ne veut pas que ses bien soient vendus, vandalisés ou volés !
- Ce n'est pas mon intention Kreattur.
L'elfe hocha la tête mais ne changea pas de posture.
- C'est ce qu'ils disent tous, et ils ont tous menti au pauvre Kreattur ! Kreattur ne fait plus confiance aux humains, quel que soit leur pureté de sang, ajouta-t-il en s'inclinant devant Malefoy.
- Un elfe de maison n'a pas à contredire un humain, elfe, alors écarte-toi de mon chemin.
La voix de Malefoy se fit menaçante et Harry vit Kreattur relever la tête et pointer Malefoy du doigt.
- Kreattur est un être vivant avec des sentiments et des envies, Monsieur, vous lui devez le respect autant qu'aux humains !
Sentant la pression monter, Harry se décida à intervenir. Rappeler sa condition d'elfe n'était pas une bonne idée. Kreattur avait écouté Hermione sur son projet de libération des elfes, Harry lui avait proposé un vêtement pour qu'il soit libéré – ce que l'elfe avait refusé en bloc – et il avait subi trop de choses de la part des humains pour les respecter un tant soit peu. Et Harry, il l'avouait, le laissait très libre de ses mouvements. Il n'était pas un tyran et respectait toute forme de vie quelle qu'elle soit. Même si son elfe avait plus de défauts que de qualités.
- Dans le temps de l'Ordre, Molly a tenté de rendre la maison habitable et beaucoup de choses ont fini jetées ou volées par la suite, expliqua Harry. Kreattur a tout fait pour sauvegarder le souvenir de ses anciens maîtres, ce qui était leur dernier souhait, mais personne ne l'a écouté. Kreattur, dit Harry à l'adresse de son serviteur, Malefoy ne vole pas ces objets puisque je suis d'accord. Et il ne va pas les brûler, il va les restaurer et va même en utiliser certains pour son magasin.
- Est-ce vrai ? demanda Kreattur qui n'avait pas quitté le blond des yeux.
Malefoy, les joues rouges, acquiesça, les yeux lançant des éclairs. Harry pouvait comprendre sa colère, il n'avait sûrement jamais vu d'elfe de maison tenir tête à l'un de ses maitres ou même à aucun humain. Il se rappela de Dobby et son cœur se serra.
Harry vit la méfiance de Kreattur s'atténuer.
- Passons un marché, Monsieur.
- Je ne négocierai pas avec un elfe de maison ! cracha Malefoy.
- Alors Monsieur ne ramènera rien chez lui, rétorqua l'elfe.
- Tu n'as aucun droit, elfe. Ni envers moi, ni envers ce qui appartient à cette maison.
- Les portraits, Malefoy, rappela Harry.
Le brun vit l'aristocrate réfléchir puis abdiquer. Il s'assit sur une chaise pour être à son niveau.
- Les closes du marché, elfe, je t'écoute.
Harry se rassit et n'écouta pas un traitre mot des négociations. Il repensa au petit-déjeuner et au calme qui l'avait gagné en la présence de Malefoy. Il n'avait pas ressenti le besoin de faire la conversation, il avait juste été lui-même, Harry, et tout s'était bien passé. Il n'aimait pas les rencontres en public parce qu'il devait parler. Il n'était pas bavard de nature, sauf lorsqu'il était nerveux, comme l'avait si bien remarqué Malefoy. Il préférait observer.
Alors passer quelques minutes avec quelqu'un qui ne ressentait pas non plus ce besoin de combler les silences avait été un vrai bonheur. Pour l'instant, tout se passait à merveille. Harry avait décidé de laisser une chance à ce qui semblait être le début d'une relation et tout se passait sans accroc. Exception faite du passage à moitié nu.
L'odeur de sciure de bois le ramena à la réalité. Malefoy se tenait près de lui, un fin sourire sur les lèvres et l'observait. Voyant que Harry ne réagissait pas, il se racla la gorge.
- J'ai terminé ici. Je t'enverrai un devis, le temps passé estimé et mes disponibilités.
- Pas besoin de devis, répondit Harry en se levant. Je t'ai dit que je suis riche, peu m'importe le prix que ça me coûtera.
- C'est la procédure, rétorqua Malefoy. Tu pourras revenir vers moi pour les jours où je pourrai venir.
Harry ne répondit pas. Il n'avait pas réalisé que Malefoy était vraiment prêt de lui. En se levant, il se retrouva à seulement quelques centimètres du blond. Il leva les yeux et put voir en détail le regard acier cerclé de bleu de Malefoy. Son cœur s'accéléra.
Il sentit un mouvement et vit le bras de Malefoy bouger avant de sentir une main se poser sur sa joue un peu rugueuse. Le regard du blond se posa sur ses lèvres et son pouce vint en redessiner les traits. Le geste était doux, tendre et Harry faillit fermer les yeux sous la caresse.
Le contact s'arrêta brusquement et l'odeur de sciure s'effaça pendant que Malefoy reculait. Un frisson le prit et il ne put le retenir. Son corps en voulait encore.
Il entendit Malefoy se racler la gorge.
- Je vais y aller. J'attendrai ton hibou pour les déplacements.
Les yeux encore dans le vague, Harry hocha la tête.
Lorsqu'il reprit conscience, la porte d'entrée se refermait doucement. Un sourire béat fendit son visage : Malefoy l'avait touché, et que ça avait été bon.
- Monsieur Malefoy reviendra-t-il ?
Harry baissa les yeux et vit Kreattur contempler la porte avec un immense sourire. Le torchon de son elfe était miraculeusement redevenu blanc.
