Bonjour chers amis miraculers.
Comme promis, me voici de retour pour le chapitre de cette semaine. J'espère qu'il vous plaira également. Bonne lecture et à la semaine prochaine. Bisous miraculeux
Note de l'auteure: Les réponses à vos adorables commentaires sont désormais à la fin.
CHAPITRE 3: UN SAUT DANS LE PASSÉ
ADRIEN
Les neurones d'Adrien s'agitaient à toute allure dans sa tête, à la recherche d'une solution pour le sortir de ce piège, tout en maintenant comme il le pouvait une distance de sécurité avec son père. Bien sûr, il savait déjà ce qu'il devait faire -utiliser le Miraculous du Cheval- mais il devait au préalable trouver un moyen de détourner l'attention de son père, pour s'ouvrir un laps de temps pour agir. Il ne fallait pas lui laisser l'opportunité de sauter dans le portail à sa suite, ni qu'il découvre la destination qu'il allait prendre: cela aurait été contre-productif.
Adrien fit un nouveau pas en arrière et le sourire triomphant de son père s'agrandit: il sut alors que son temps de réflexion arrivait à son terme et qu'il approchait du mur. Il devait agir. Maintenant. Sachant que ça ne servait à rien de tenter de gagner du temps en évoquant sa mère mais aussi qu'il n'avait pas eu d'éclair de génie pour se sortir de cette situation, il décida finalement d'utiliser le seul moyen de gagner du temps: en utilisant le Miraculous du Lapin.
Le jeune homme jeta un rapide regard derrière lui pour estimer la distance qui le séparait encore du mur mais il en était à présent trop près pour courir dans cette direction et pouvoir utiliser le miraculous du temps sans que son père ne puisse intervenir. Il ne lui restait donc plus qu'une seule solution: il devait se jeter dans le vide qui se trouvait sous la passerelle. Il n'avait pas d'autres choix.
Adrien prit donc une profonde inspiration puis se précipita vers celle-ci, ouvrant au passage la miracle box pour saisir la montre à gousset qui s'y trouvait. Gabriel ne vit pas son mouvement car il ricana froidement à son intention.
- Cela ne sert à rien de fuir, Ad…
Mais Adrien n'entendit pas la suite de sa phrase car il avait déjà sauté. Il serra plus fort contre lui la Miracle Box pour qu'elle ne lui échappe pas puis activa le Miraculous du Lapin, faisant ainsi apparaître Fluff. Il ne lui laissa pas le temps de prononcer le moindre mot car il appela immédiatement sa transformation: il n'avait pas de temps à perdre, chaque seconde perdue pouvant conduire à la catastrophe.
La magie miraculeuse fit alors disparaître jean et tee-shirt, les recouvrant de spandex blanc et bleu à la manière de Bunnyx. Des oreilles de lapin blanc jaillirent dans ses cheveux qui blanchirent, ne laissant comme seule trace de couleur que du bleu ciel sur les pointes.
Lorsque la lumière de la transformation se dissipa -Adrien cédant ainsi alors la place à Lepus- le parapluie bleu et blanc permettant l'utilisation du pouvoir du temps apparut dans sa main libre. Lepus ne perdit pas de temps pour faire apparaître, avec son aide, le portail hors du temps -le Terrier- sous ses pieds. Il entendit le hurlement de rage de Gabriel quand le vortex se referma derrière lui, le mettant enfin en sécurité.
Lepus s'allongea sur la surface dure et blanche qui composait le sol du Terrier et osa enfin poser la Miracle Box à côté de lui. Il ferma les yeux et soupira de soulagement, savourant la liberté, la sécurité et le silence que les lieux lui apportaient. Il savait qu'il devait aller chercher Plagg mais il avait besoin de se poser un peu où l'enchaînement d'événements catastrophiques aurait raison de sa santé mentale.
Il avait à peine réussi à rassembler ses pensées, et s'apprêtait à se redresser sur son séant, quand une pensée traversa son esprit éclairci: c'était donc pour l'aider que Bunnyx était venu, quelques jours plus tôt à peine, pour leur remettre une version passé ou futur de son miraculous. Marinette et lui avaient tenté de lui tirer les vers du nez, pour comprendre la raison de son geste, mais l'héroïne s'était contentée de répondre qu'ils comprendraient en temps voulu… Les voies du temps étaient vraiment complexes et il devait admettre que, malgré sa fascination pour ce miraculous, Lepus était heureux que ce ne soit pas celui qui lui était destiné…
Le jeune héros en costume de lapin soupira de nouveau puis ouvrit les yeux, regardant sans les voir les milliers de petits écrans qui montraient le passé, le présent et le futur. Las et manquant de la présence de son Kwami, le seul être le connaissant qui lui restait à présent, Lepus se releva puis s'approcha avec précaution du mur de vidéos de leurs vies, qui se trouvaient devant lui.
Dans celle qui lui faisait face, il vit Marinette qui embrassait Chat Noir. Son coeur se serra légèrement dans sa poitrine, alors qu'il se languissait de cette scène du passé, quand il constata que ce n'était pas Chat Noir qu'elle embrassait. Non, c'était Pattes de Velours. Le cœur du lapin s'emballa dans sa poitrine alors qu'il comprenait soudainement qu'il observait son avenir. Il dut utiliser toute sa force mentale et toute son abnégation pour s'arracher à cette vidéo, malgré son profond désir de tendre la main et de la faire défiler, afin d'apprendre ce qui allait se passer. Il savait que personne ne devait connaître son futur avant l'heure et ce fut la peur que ce futur disparaisse s'il restait là à l'observer qui acheva de l'arracher à sa vision.
Tremblant de tous ses membres, Lepus avait dirigé son regard vers le sol, immaculé et inoffensif. Comment Bunnyx faisait-elle pour ne pas devenir folle alors qu'elle se retrouvait sans cesse dans ce lieu où elle pouvait voir sa vie défiler sous ses yeux ? Le jeune héros attendit que sa respiration redevienne normale et que son cœur se soit calmé avant de lever de nouveau les yeux. Il évita soigneusement l'écran qu'il venait de regarder et s'approcha d'un autre, à deux pas de ce dernier.
Lepus se figea devant la nouvelle image qui s'offrit à lui et son cœur se brisa: il pouvait voir le visage de Marinette, ravagée par les larmes, qui regardait Su-Han prendre la Miracle Box. La colère le prit et, sans vraiment se rendre vraiment compte de ce qu'il faisait, il toucha du bout des doigts la scène pour la ramener à l'apparition de Su-Han dans la chambre de Marinette. Cela avait également activé le son et Lepus put entendre tout ce qui s'était dit quand sa moitié l'avait désigné gardien.
Quand Marinette s'effondra finalement sur le sol, inconsciente, le lapin retira sa main de la vidéo de sa vie et une larme roula le long de sa joue,a avant de tomber sur le sol, provoquant un bruit assourdissant dans le silence qui était retombé dans ce lieu hors du temps. Elle avait pensé à lui... Elle avait lutté pour lui… Et il l'avait perdue…
Les sanglots le secouèrent tout entier alors qu'il tombait à genoux sur le sol et qu'il se mettait en position fœtale, mis complètement K.O par la douleur qui le brisait impitoyablement. Tout ce qu'il aimait lui avait été arraché, pourquoi devrait-il continuer le combat ? Pourquoi devrait-il se relever encore ? Pourquoi ne resterait-il pas ici, à tout jamais ? Après tout, la Miracle Box resterait à l'abri, ici…
Lepus resta un temps infini ainsi, jusqu'à ce qu'il sente la chaleur et la douceur d'une main se poser sur son épaule. Il releva son visage détruit pour découvrir l'identité de celui ou celle qui osait le déranger et croisa le regard compatissant de Bunnyx.
- Ce n'est pas une solution de rester ici, Adrien, déclara-t-elle d'une voix douce, comme si elle savait ce qui se cachait derrière ses pensées.
Il haussa faiblement les épaules, sur laquelle la main de la lapine était toujours posée.
- Qu'est-ce que ça peut bien faire ? murmura-t-il. Ici, au moins, la Miracle Box est sans danger et je ne perdrais plus personne que j'aime puisque je ne pourrais plus m'attacher à personne…
Bunnyx s'accroupit devant lui et planta son regard dans le sien.
- Ce n'est pas le moment d'abandonner, Adrien ! le boosta-t-elle. Les choses semblent souvent se détériorer avant de s'améliorer. N'abandonne pas maintenant: Marinette a plus que jamais besoin de toi !
Un rire sans joie franchit les lèvres de Lepus.
- Nous avons mis des années avant de révéler nos identités et de nous apprivoiser…révéla-t-il amèrement. Mais, aujourd'hui, elle m'a oublié…
- Alors recommence ! s'écria Bunnyx. Tu l'aimes alors reconquiers-là ! Qui sait ce que l'avenir vous réserve encore…
Elle lui fit un petit clin d'œil et le lapin se souvint alors de ce qu'il avait vu quelques minutes plus tôt: Marinette et Pattes de Velours qui s'embrassaient. Peut-être -il disait bien peut-être- que Bunnyx n'avait pas tort… Qu'est qu'il perdrait à essayer de tout manière… ? Il n'était pas certain de pouvoir tomber encore plus bas… Il fallait donc maintenant qu'il rebondisse.
Il se releva alors, sous le regard satisfait de son interlocutrice.
- Ça c'est le Chat Noir que je connais, s'exclama-t-elle. Celui qui se bat même quand l'espoir semble perdu !
Lepus lui fit un faible sourire: bien sûr, elle savait…
- Prends cette sortie, indiqua Bunnyx en lui désignant l'un des écrans. Tu arriveras auprès de Plagg quelques secondes à peine après que tu sois entré dans le Terrier.
Le jeune héros en costume de lapin hocha gravement la tête et s'approcha silencieusement de la scène qu'indiquait son interlocutrice. Il la toucha, lui ouvrant ainsi le portail pour y entrer et, à la dernière seconde, il se tourna vers la lapine, qui le regardait en souriant doucement.
- Merci, Alix, souffla-t-il.
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Lepus émergea du Terrier dans sa chambre, comme le lui avait indiqué Bunnyx, et Plagg le regarda étrangement. Tandis qu'il laissait tomber sa transformation, n'ayant plus besoin du pouvoir de Fluff, le petit chat s'était rapproché de lui et l'examinait consciemment.
- Que s'est-il passé ? l'interrogea son Kwami d'une voix grave, tout en fronçant les sourcils lorsqu'il remarqua son visage ravagé par les larmes qu'il avait versées.
Adrien se dirigea sans perdre de temps vers son placard et en sortit tous les bagages qu'il possédait: son sac d'escrime, un sac à dos, une banane qu'on lui avait un jour offert ainsi qu'une valise.
- Nous devons fuir, Plagg, répondit-il à son petit compagnon félin en commençant à ranger ses affaires en vitesse. Mon père est de retour: il a été libéré.
Il entendit Plagg feuler et il s'autorisa un faible sourire.
- Je vais le cataclysmer ! gronda le petit félin. Ça réglera le problème. J'aurais dû le faire il y a longtemps, ça nous aurait épargné bien des ennuis !
Adrien s'interrompit dans sa tâche quelques secondes pour regarder son petit compagnon furieux: il était profondément touché par son comportement et remercia encore le Destin de le lui avoir envoyé.
- Non, Plagg, protesta-t-il enfin: si tu fais ça, tu ne vaudras pas mieux que lui.
Le petit chat se renfrogna et croisa ses pattes sur sa poitrine.
- Tu es trop bon pour ce monde, Gamin, commenta-il gravement.
Le blondinet ne commenta pas et se contenta de lancer à son kwami son sac à dos.
- Mets le maximum de ton fromage à l'intérieur, lui indiqua-t-il: plus il y en aura, moins rapidement nous devrons en racheter.
Le petit félin bougonna qu'il espérait que tout aller rentrer à l'intérieur, car il était incapable de choisir parmi tous ses merveilleux fromages, puis il disparut dans sa cachette. Adrien reprit alors ses propres préparatifs, tout en gardant tous ses sens en alerte pour quand son père débarquerait dans sa chambre, ce qui ne manquerait pas d'arriver.
Adrien avait retiré toutes ses affaires d'escrime de son sac en bandoulière et les avait ensuite posées sur son lit, afin de libérer un maximum de place. Il avait ensuite glissé dans celui-ci la Miracle Box et tout ce qui lui était le plus précieux à l'intérieur: les cadeaux de ses amis et, surtout, tout ce qui avait lien avec Marinette. Il savait que ce seraient les premières choses que son père utiliserait pour lui faire du mal alors c'étaient les premières choses qu'il devait emporter avec lui.
Après avoir rassemblé ce qui lui était le plus cher, il récupéra ce qui lui était le plus nécessaire dans sa fuite: sa carte bancaire, ses économies, ses papiers d'identités… et les glissa dans sa banane, qu'il accrocha immédiatement à sa taille. Il prit également son téléphone et son chargeur mais il retira sa carte sim: il avait vu trop de films, dans lesquels la personne en fuite était pistée sur son téléphone, pour courir le risque d'allumer le sien.
Un cri de colère résonna dans le manoir quand Gabriel fut de retour dans son bureau, provoquant le retour de Plagg dans la pièce. Adrien et lui échangèrent un regard inquiet et le jeune homme s'empressa de terminer de remplir sa valise, en jetant pêle-mêle tous les vêtements qui lui tombaient sous la main: il ne lui restait que quelques minutes pour terminer ses bagages et fuir… Heureusement que son père ne savait pas qu'il était là sinon, il aurait dû abandonner sa valise en l'état et fuir sur le champ.
Des bruits d'éclats d'objets se fracassant contre le mur se rapprochaient de sa chambre, poussant Adrien a achever ses préparatifs. Il jeta le jean qu'il tenait dans sa valise puis apporta toutes ses affaires dans la salle de bain, avant de s'y enfermer.
- C'est l'heure, Plagg ! déclara-t-il au moment même où la porte de sa chambre s'ouvrait violemment.
Le petit chat noir regarda en direction du faible panneau de bois qui les séparaient encore d'un Gabriel en furie puis hocha gravement la tête. Adrien posa alors le Miraculous du Cheval sur son nez puis appela la double transformation pour devenir Etalon Noir. Il savait que le temps lui était compté maintenant qu'il s'était transformé: Gabriel avait dû apercevoir le flash de lumière dans l'encadrement de la porte de la salle de bain.
- Voyage, s'écria-t-il, ne cherchant plus à être discret maintenant qu'il avait été repéré.
Un portail s'ouvrit dans la salle de bain et Etalon Noir s'empressa d'y lancer ses affaires, alors que Gabriel commençait à défoncer la porte en hurlant.
- Où que tu ailles, je te retrouverais, Adrien ! Promit-il d'un ton plein de menaces. Où que tu ailles !
Le héros franchissait à son tour le portail quand la porte lâcha. Il se retourna et échangea un dernier regard avec son père, dont les yeux étaient incandescents de rage, tandis que le portail se refermait derrière lui.
- Et moi je ne te laisserais jamais mettre la main sur les Miraculous, père, murmura-t-il en réponse, même si je dois passer le reste de ma vie à fuir.
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Etalon Noir regarda le paysage qui s'étalait devant et sentit l'apaisement le gagner. Le roulis des vagues et le chant de mouettes avaient pris la place des hurlements de menaces de son père et des bruits d'explosions d'objets que ce dernier fracassait contre les murs. L'odeur d'iode emplit ses narines sensibles de félin, chassant la pollution parisienne de ses poumons pour les gonfler d'air pur. L'océan s'étirait à perte de vue sous son regard, seulement entrecoupé d'îles ou de quelques navires qui fendaient les flots en direction d'un port lointain.
Le soleil se couchait sur l'eau et le vent légèrement frisquet avait chassé les quelques promeneurs qui se trouvaient encore là, permettant ainsi à Etalon Noir de laisser tomber sa transformation sans témoin. Adrien tira ses affaires jusqu'à un banc, qui se trouvait sur un ponton en pierre qui plongeait dans l'océan, et s'y assit en soupirant.
Plagg attendit quelques minutes pour surgir devant lui, par manque d'habitude qu'ils soient seuls à l'extérieur, puis le regarda d'un air inquiet.
- Où nous as-tu emmené, Gamin ? s'enquit-il alors que ses yeux verts électriques balayaient la côte avant de revenir vers lui.
Adrien ne répondit pas tout de suite, s'imprégnant du silence et du calme des lieux, espérant qu'ils allaient pouvoir l'aider à ramener la paix dans son cœur.
- Nous sommes au niveau de la Pointe de la presqu'île d'Arradon, Plagg, expliqua-t-il finalement.
Le petit chat hocha la tête et attendit que son porteur poursuive mais, comme ce dernier ne semblait donner les informations qu'au compte-goutte, il reprit la parole.
- Pourquoi nous as-tu amené ici ? l'interrogea-t-il de nouveau.
Quand Adrien s'arracha à la vision paisible que lui offrait l'océan, afin de croiser le regard de son kwami, ses yeux étincelaient d'émotion.
- Tu sais que je faisais des recherches sur mes grands-parents paternels avant… avant tout ça ? questionna-t-il son kwami, qui acquiesça simplement. Et bien je pense avoir retrouvé leur trace. Il semblerait qu'ils résident non loin d'ici…
Le jeune homme soupira puis poursuivit.
- Ce serait un couple de pêcheurs du nom de Grassette, mon père ayant changé son nom en partant de chez eux, alors j'ai regardé des photos des paysages côtiers de la région et… j'ai été étrangement attiré par ce lieu.
Adrien fit un pâle sourire.
- C'est le premier endroit qui me soit venu à l'esprit quand j'ai dû choisir une destination, hors de Paris, en urgence, acheva-t-il.
Plagg sembla comprendre puis un long silence tomba entre eux. La nuit tombait progressivement, nimbant de ténèbres le contour des îles et effaçant les menus détails de la vue humaine d'Adrien.
- Que comptes-tu faire ce soir ? interrogea la voix de Plagg, le sortant de nouveau de ses réflexions.
- Ce soir, nous allons rester ici, déclara Adrien d'un ton sans appel.
Et Plagg eut beau tout essayer pour le convaincre de trouver un endroit au chaud et au sec où passer la nuit, mais Adrien se montra intransigeant: la nuit serait fraîche mais étant en plein été, ils ne devraient pas trop en souffrir. Ils passeraient donc la nuit au bord de l'eau, seuls, avec comme unique compagnie le clair de lune…
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Une main secoua Adrien qui grogna dans son sommeil.
- Encore une minute, Nath… commença-t-il avant d'ouvrir brusquement les yeux: les souvenirs de la veille revenant en force dans sa mémoire et son cœur.
Il s'était finalement endormi sur le banc, comme un SDF… C'était d'ailleurs un peu ce qu'il était devenu en fuyant le manoir, la veille… Mais il secoua sa tête pour chasser ses pensées et se redressa pour s'intéresser à la personne qui l'avait réveillé: ce n'était ni le lieu ni le moment de ressasser les conséquences de ses décisions.
Un homme était penché sur lui et l'observait avec inquiétude. Il portait un ciré jaune usé par les ans, entrouvert sur un tee-shirt rayé bleu marine et blanc. Un pantalon noir, semblant également imperméable, recouvrait ses jambes jusqu'à des bottes noires. Adrien pensa alors immédiatement que c'était un ancien marin ou un vieux pêcheur. Il releva ensuite les yeux et découvrit un visage marqué par le passage des ans et des éléments, dont la moitié était dissimulée sous une grosse barbe blanche parsemée de gris.
Quand Adrien croisa enfin son regard, il se souvint de la haine qu'il avait lue la veille dans des yeux bleus si semblables à ceux qui le regardaient à présent. Son cœur se mit à battre à la chamade et sa bouche s'assécha alors qu'il faisait instinctivement un mouvement de recul, tout en protégeant son miraculous.
- Tout va bien, jeune homme ? lui demanda d'une voix douce mais rendue légèrement chevrotante par le poids de l'âge et les hurlements qu'il avait dû pousser pendant sa vie de pêcheur.
Adrien, qui ne parvenait toujours pas à émettre le moindre son du fait de sa surprise, se contenta de hocher la tête. Le vieil homme se redressa et l'étudia un long moment, semblant lui aussi le reconnaître alors qu'ils ne s'étaient jamais vu. Finalement, il lui désigna ses bagages, en lui offrant un sourire édenté.
- Besoin d'aide ? proposa-t-il.
Le blondinet comprit rapidement que son interlocuteur ne parlait pas seulement du fait de l'aider à rassembler ses affaires. Il s'éclaircit alors la gorge pour reprendre contenance puis réussit finalement à s'exprimer.
- Ce ne serait pas de refus, accepta Adrien. Je crois… je crois que je me suis perdu.
Le vieil homme hocha la tête, comme s'il comprenait ce que vivait Adrien, puis lui tendit la main en souriant de nouveau.
- Je m'appelle Jean, déclara-t-il. Jean Grassette.
Les soupçons d'Adrien concernant l'identité de son bienfaiteur devinrent alors des certitudes. Un léger sourire, le plus grand qu'il était à présent capable de faire, étira alors ses lèvres. Il saisit la main du vieil homme et la serra avec chaleur.
- Et, moi, je suis Adrien Agreste, annonça-t-il doucement avant de se reprendre. Je veux dire Adrien Grassette. Je suis heureux de faire enfin votre connaissance… grand-père…
A suivre...
La semaine prochaine , Chapitre 4: A la recherche d'Adrien
Les commentaires et les critiques constructives sont toujours appréciées.
LadyJoyNoir: On sait jamais, tu peux toujours changer d'avis en cours de route. Je suis contente que tu aies toujours envie de relire les chapitres, ça veut dire qu'ils sont pas si mal que ça XD Etre sadique, c'est un peu ma marque de fabrique pour les histoires longues en même temps XP J'espère que ce chapitre te plaira toujours. Bonne lecture et à la semaine prochaine. Bisous miraculeux
Nathii: Merci pour ton commentaire. J'espère que la suite te plaira aussi. Bonne lecture et à la semaine prochaine. Bisous miraculeux
Sarah70801: Je te le confirme: Alya ne sait pas qui est Chat Noir même si, selon moi, elle n'a jamais complètement oublié l'idée qu'il puisse être Adrien. Au non, ce n'est pas entre Chat Noir et Adrien que Marinette va se retrouver coincer. Hé hé. Tu verras, je vous ai encore préparé un petit quelque chose pour cette histoire-ci ^^ C'est vrai, j'aurais pu les faire sortir de la boite, comme pour Marinette... mais on va dire que la situation ne s'y prête pas vraiment... L'heure est grave tout de même... Je suis très heureuse que tu trouves cette histoire captivante aussi et que tu sois sous le charme. J'espère ne pas te décevoir avec ce chapitre-ci. Bonne lecture et à la semaine prochaine. Bisous miraculeux
