Bonsoir

Je suis LadyJoyNoire et je remplace votre chère Etoile, qui vient d'accoucher, pendant quelques chapitres. Malheureusement (ou heureusement) pour vous... Vous verrez à la fin si j'ai répondu à vos commentaires XD

CHAPITRE 10 : RETOURNEMENT DE SITUATION

MARINETTE

Marinette resta là, les yeux fermés, pendant un long moment qui lui parut infini. Elle ne savait plus depuis combien de temps Pattes de Velours était parti mais la brûlure de ses baisers persistait sur ses lèvres. Ses lèvres qui avaient été si douces et tendres, mais aussi si passionnées lorsqu'il l'avait embrassée, qu'il l'avait complètement chamboulée, jusqu'aux tréfonds d'elle-même. Son cœur s'était emballé et elle lui avait rendu fiévreusement son baiser, comme s'il était la source même de la vie. Comme si elle trouvait enfin ce que son corps désirait alors qu'elle l'ignorait elle-même quelques secondes auparavant.

Ses baisers avaient été doux mais avaient laissé derrière eux une véritable tempête, tant dans son cœur que dans son esprit. Sa présence avait été comme un rayon de soleil dans une journée maussade, comme la première fleur qui annonçait l'arrivée du printemps… et son départ l'avait de nouveau plongée dans l'ombre et dans le froid, comme s'il lui manquait.

Marinette porta ses doigts à ses lèvres et les effleura doucement, sentant comme des picotements à leur contact. Quelle magie l'avait-elle frappée ? Pourquoi Pattes de Velours, dont elle ignorait la véritable identité, la bouleversait-il autant ? Mais qui avait-il donc été pour elle et pourquoi n'en avait-t-elle jamais parlé à Alya ? Se pourrait-il qu'elle soit… amoureuse de lui ?

La jeune femme ouvrit les yeux et les plongea dans le paysage nocturne de la Ville Lumière, sans réellement le voir. Elle savait jusque dans ses tripes qu'elle aimait encore Adrien. La souffrance de son absence et le soulagement d'avoir eu de ses nouvelles étaient trop intenses pour que ce ne soit plus de l'amour. Dans ce cas, comment pouvait-elle être tombée amoureuse d'un autre homme ? C'était différent avec Chat Noir, car elle savait jusqu'au fond de ses tripes qu'Adrien et lui ne faisaient qu'un, même si à l'époque elle ne le savait pas…

Marinette soupira, complètement perdue et chamboulée, tout en souhaitant, bien malgré elle, que Pattes de Velours revienne la prendre dans ses bras et lui faire oublier ses doutes. Elle manquait d'amour. Elle manquait d'Adrien et Pattes de Velours avait à la fois comblé son besoin d'amour et l'avait également rendu plus intense encore qu'au préalable.

- Que dois-je faire ? interrogea-t-elle le silence de la nuit.

Une chouette hulula dans la nuit, la sortant de ses pensées et la faisant rire doucement : elle s'attendait à quoi là ? A ce que la réponse lui tombe du ciel ? Marinette secoua la tête et regagna sa chambre. Il se faisait tard, très tard et elle avait sommeil. La nuit porte conseil dit-on, elle y verrait peut-être plus clair le lendemain, lorsqu'elle se lèvera.

Marinette se glissa entre ses draps et ferma les yeux, espérant sombrer rapidement dans les bras de Morphée. Elle s'endormit en emportant avec elle le regard vert électrique, la douceur et la chaleur des lèvres de Pattes de Velours ainsi que des paroles, tout droit sorties de son subconscient "Je t'aime, Marinette"...

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Quand Marinette se leva le lendemain midi -se coucher tard n'arrangeant en rien ses difficultés à se lever le matin- elle n'avait pas trouvé de solution miracle à son problème. A l'évidence, elle semblait être tombée amoureuse de deux hommes mais, pour autant, son instinct lui soufflait que les choses n'étaient pas toujours ce qu'elles semblaient être… Mais, bien sûr, avec sa mémoire défaillante, elle ne parvenait pas à prendre le recul dont elle avait besoin pour voir l'ensemble du puzzle et, ainsi, assembler les pièces qu'elle tenait à présent entre ses mains…

La jeune femme descendit dans la cuisine et trouva sa mère occupée à préparer le déjeuner. Elle alla l'embrasser et huma au passage la bonne odeur qui se dégageait de la casserole, son estomac se réveillant soudainement pour crier famine.

- Bonjour maman, salua-t-elle doucement.

- Bonjour ma fille, répondit Sabine, en lui souriant doucement. Bien dormi ?

Marinette rougit légèrement : n'étant pas parvenue à se réveiller pour aller les aider à la boulangerie ce matin-là. Heureusement que c'était une des journées pendant lesquelles ils n'étaient ouverts que le matin… Elle n'eut rien besoin de dire que l'expression de sa mère changeait déjà, passant de la taquinerie à l'inquiétude. Elle coupa même le feu sous la casserole pour pouvoir se consacrer entièrement à sa fille.

- Que se passe-t-il, Marinette ? l'interrogea-t-elle. Toujours aucune nouvelle d'Adrien ?

La jeune femme fut touchée par le questionnement de sa mère : si seulement il pouvait savoir qu'il existait tellement de personnes pour qui il comptait…même si ce n'était pas sa propre famille…

- Ah si, j'ai eu des nouvelles de sa part, ne t'inquiète pas, maman, la rassura-t-elle immédiatement. Il est en sécurité. Il se cache juste de son père le temps que les choses s'arrangent…

Même si Marinette n'était pas convaincue que ce serait demain la veille. Sabine hocha la tête, compréhensive mais ne reprit pas pour autant ses activités culinaires.

- Mais ce n'est pas vraiment ça qui te tracasse, n'est-ce pas, Marinette ? ajouta-t-elle doucement, avec sa perspicacité habituelle.

A ce moment-là, la jeune femme ne sut pas si elle devait bénir ou maudire le sixième sens de sa mère en ce qui la concernait. Jusqu'à présent, elle n'était pas certaine de vouloir exposer ses états d'âmes, tant pour protéger Adrien et Pattes de Velours, que par peur de la décevoir. Seulement voilà, Sabine avait toujours un don pour la pousser à se confier à elle. Marinette ne savait pas si c'était son calme, sa sagesse ou son amour, mais ça marchait à presque tous les coups.

Elle s'assit sur la chaise haute de la cuisine, s'installant confortablement pour parler, vérifia que son père n'était pas dans le coin -si sa mère était un modèle de patience, lui était plutôt une source de stress à cause de son émotivité- et se lança finalement.

- Je suis perdue, maman, avoua-t-elle finalement.

Sachant que sa mère savait tout à propos de son passé de Ladybug -merci Su-Han le moine et Alya- elle lui confia toute l'histoire, sans rien omettre de ses sentiments et ses doutes. Au fur-et-à-mesure qu'elle parlait, Marinette se sentait devenir plus légère, comme si exprimer ses sentiments allégeait son cœur.

Sabine l'écouta jusqu'au bout, sans jamais l'interrompre, ce dont lui fut gré Marinette, même lorsqu'elle évoqua les baisers qu'elle avait échangés la nuit précédente avec Pattes de Velours.

- J'ai l'impression que je suis amoureuse de Pattes de Velours, maman, conclut-elle finalement, alors que j'aime toujours profondément Adrien.

Sa mère resta longuement silencieuse, réfléchissant certainement aux paroles de sa fille, mais Marinette ne se sentit pas jugée. Loin de là. Elle savait que Sabine cherchait juste les bons mots pour tenter de l'aider, comme toujours. Finalement, elle sourit et posa doucement sa main sur la joue de sa fille, dans un geste de réconfort.

- Arrête de te faire du mal, Marinette et aie un peu plus confiance en toi-même et en tes ressentis, déclara-t-elle posément. Tu écoutes beaucoup trop ta tête, qui veut tout raisonner et tout comprendre : c'est d'ailleurs ce qui t'a empêchée, pendant des années, de sortir avec Adrien.

Marinette hocha la tête, comprenant que sa mère lui conseillait de lâcher prise, mais ne put s'empêcher de contester.

- Mais je ne peux pas aimer les deux, maman ! C'est impossible ! Je ne peux pas faire ça à Adrien ! Et puis, je ne connais même pas l'identité de Pattes de Velours.

Sabine eut de nouveau son sourire mystérieux, celui qui faisait penser à Marinette qu'elle détenait toutes les réponses.

- Le cœur a ses raisons que la raison ignore, Marinette, philosophe-t-elle. Ne cherche pas à forcer la réponse à t'apparaître, elle te viendra en temps voulu. Fais confiance à ton cœur, il ne se trompe jamais, même si ce qu'il te dit aujourd'hui te semble désordonné.

Marinette se mordilla la lèvre, ayant encore besoin d'être convaincue, même si, au fond d'elle, elle savait que sa mère avait raison.

- Ton cœur a toujours su qu'Adrien était Chat Noir, reprit Sabine pour illustrer son propos, mais tu n'as su le voir que lorsque tu as été prête à le faire, quand tu as lâché et fait confiance à ton cœur. Aujourd'hui tu as oublié tout de ta vie de superhéroïne mais tu as su voir immédiatement derrière le masque de Chat Noir. Fais-en de même avec Pattes de Velours… peut-être que tu seras surprise quand la magie miraculeuse ne t'empêchera plus de voir…

Cette fois-ci, la jeune femme acquiesça, finalement convaincue : les paroles pleines de sagesse de Sabine trouvait un écho en elle. Un écho qui la rassurait et l'apaisait. Un autre pressentiment vit alors le jour et elle s'empressa d'interroger sa mère à ce sujet.

- Tu as une idée de son identité, n'est-ce pas, maman ?

Sabine lui fit un nouveau sourire énigmatique qui confirma à Marinette qu'elle avait vu juste mais, avant d'entendre la réponse de celle-ci, son père fit une entrée fracassante dans la cuisine, annonçant qu'il avait une faim d'ogre. Avait-elle imaginé que sa mère avait ajouté "il semblerait que ce garçon et toi soyez vraiment fait l'un pour l'autre" ou était-ce le fruit de son imagination ? Malheureusement, Tom étant à présent là, elle ne pouvait plus lui poser la question…

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- Marinette, tu as de la visite ! cria la voix de Tom au niveau de la trappe de sa chambre, interrompant la jeune femme dans son croquis de Pattes de Velours.

Elle s'empressa de fermer son carnet et de le ranger dans son bureau, juste à temps avant qu'Alya n'émerge de la cuisine.

- Coucou Marinette ! la salua sa meilleure amie avec un sourire. Comment vas-tu ?

La jeune femme lui rendit son sourire avant de lui répondre que tout allait bien. Certes, elle aurait pu lui parler de Pattes de Velours et de la confusion de ses sentiments, comme elle partageait tout avec elle, mais… quelque chose la retenait étrangement. Peut-être la peur de son jugement, étant donné que cette dernière savait depuis toujours qu'elle était amoureuse d'Adrien…

Les deux amies discutèrent de choses et d'autres, notamment de ce qu'elles avaient fait depuis la dernière fois qu'elles s'étaient vues, puis Alya prit un air plus sérieux.

- Tu as eu des nouvelles d'Adrien depuis l'autre jour ? interrogea-t-elle Marinette, les sourcils plissés par l'inquiétude.

La jeune femme avait en effet informé sa meilleure amie des appels manqués qu'elle avait reçu de son petit-ami mais aussi de son message -même si elle ne lui avait pas tout raconté de ce qu'il disait- pour la rassurer ainsi que Nino.

- Non, soupira Marinette, tout en sentant la culpabilité familière de son baiser avec Pattes de Velours lui tordre une nouvelle fois les tripes. Rien du tout.

Alya se tripota nerveusement les cheveux, ce qui inquiéta finalement Marinette : il y avait anguille sous roche.

- Que se passe-t-il, Alya ? la questionna-t-elle. Tu as eu des nouvelles d'Adrien ?

Cette dernière nia aussitôt mais entortilla l'une de ses mèches autour de l'un ses doigts.

- Son père est parti pour les USA aujourd'hui, finit-elle par lâcher. Je me demandais donc si ça ne pouvait pas avoir un lien avec Adrien.

Marinette haussa les épaules d'ignorance mais son cerveau se mit aussitôt à carburer. Elle comprenait à présent la nervosité de sa meilleure amie : Gabriel Agreste n'avait aucune raison apparente de voyager outre-Atlantique : pas de défilé, pas de collection à présenter… et compte tenu de ses dernières actions à Paris -à savoir chercher son fils- son soudain voyage était plus que suspect.

Il se tramait quelque chose, son instinct le lui criait, mais elle se sentait complètement impuissante à faire quoi que ce soit. Elle n'était plus Ladybug et elle ne pouvait joindre ni Adrien pour l'avertir -que ce soit avec ou sans son masque-, ni Pattes de Velours dont elle ne savait même pas si ou quand elle le reverrait… Elle était une simple civile sans pouvoir et sans argent…

- Tu penses qu'Adrien consulte toujours le Ladyblog ? finit-elle par interroger sa meilleure amie, songeant que ce ne serait pas une mauvaise idée de lui laisser un message codé pour l'informer des manœuvres de son père.

Les yeux d'Alya brillèrent à ses paroles, saisissant le fond de sa pensée sans qu'elle la formule, et elle sourit enfin de nouveau.

- Ça vaut toujours le coup d'essayer ! s'exclama-t-elle en se précipitant vers son ordinateur.

Alya se connecta sur son blog en sa qualité d'administratrice puis se tourna vers Marinette, attendant ses prochaines instructions. La jeune femme resta silencieuse un long moment, parcourant les différentes rubriques du blog de son regard afin de trouver celle qui lui semblerait la plus pertinente pour qu'Adrien puisse lire son message. Elle hésita entre l'onglet consacré à Ladybug et celui consacré à Chat Noir puis songea que celui consacré à son partenaire serait peut-être plus discret que celui qui lui était consacré, même s'il avait son propre fan club…

- Je peux enlever les notifications automatiques qui sont envoyées dès que je poste un article, précisa Alya, en voyant l'hésitation de sa meilleure amie.

Marinette hocha la tête : ça réduisait le pourcentage de chance qu'Adrien découvre leur message mais il valait mieux ne pas alerter les Parisiens…

- Très bien faisons comme ça alors, finit-elle par accepter avant de lui demander de créer un article dans l'onglet du félin.

Les deux femmes devisèrent ensemble quelques secondes sur le contenu du message puis firent quelques recherches sur internet avant que Marinette ne se décide finalement pour une citation contenant le mot "papillon": Bouger comme le papillon, frapper comme la guêpe. Elle espérait qu'Adrien comprendrait le message et serait sur ses gardes ou, à défaut, qu'il reprendrait contact avec elles pour en connaître la teneur…

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Marinette et Alya passèrent le reste de l'après-midi à des activités plus légères comme flemmarder sur son balcon en sirotant un cocktail, tout en discutant de la dernière série qui était sortie et qu'elles adoraient.

- Il faudrait peut-être que je rentre, commenta Alya depuis le deuxième transat qu'elles avaient réussi à installer sur le balcon, mais sans bouger le moindre de ses muscles.

En effet, le soleil était bien bas sur l'horizon, ce qui témoignait de l'heure qui commençait à être tardive. Marinette savait que ses parents n'allaient certainement pas tarder à l'appeler pour dîner aussi soupira-t-elle avant de trouver le courage de se lever. Elle tendit sa main à Alya pour l'aider à s'extirper de son propre transat et sa meilleure amie la remercia d'un sourire avant que celui-ci ne se fige soudainement. Ses yeux fixaient quelque chose derrière Marinette et elle se mit à trembler, ce qui poussa celle-ci à se tourner à son tour, afin de découvrir la cause du changement brutal dans le comportement d'Alya.

Un frisson glacé parcourut la jeune femme de la tête aux pieds quand elle distingua la silhouette familière d'un moine tibétain qui sautait de toit en toit, se rapprochant toujours un peu plus d'elles. Marinette eut instinctivement un mouvement de recul, le souvenir de leur rencontre encore gravée dans sa mémoire malgré tout ce qu'Alya lui avait appris à son sujet…

Quand il fut certain qu'il venait les voir, Alya se plaça devant elle en un geste de protection, tout en serrant les mâchoires et les poings. Marinette voulut avertir sa meilleure amie qu'il valait mieux qu'elle ne s'en mêle pas, mais le visage d'Alya était si fermé qu'elle n'était pas certaine d'être entendue.

Su-Han se posa doucement sur la rambarde en fer forgé qui faisait le tour du balcon de Marinette, avant de se sauter devant les deux femmes, son visage neutre n'exprimant aucune émotion. La respiration et le battement du cœur de Marinette accélèrent, se demandant ce qu'il pouvait encore lui vouloir. Elle ne savait plus rien, ou presque, et ne savait même pas où se trouvait Adrien… sachant que même si elle le savait pour rien au monde elle ne le lui dirait…

Avant qu'il n'ait le temps de dire quoique ce soit, Alya fit un pas en avant, dans sa direction, les poings sur les hanches et des flammes lui sortant des yeux.

- Vous ne trouvez pas que vous avez fait assez de mal comme ça ?! gronda-t-elle à l'intention du moine tibétain. Gardien Céleste ou non, cela ne vous autorise pas à venir encore embêter Marinette. Elle a tout perdu à cause de vous alors laissez-là tranquille maintenant !

Su-Han eut le bon esprit de paraître soudainement contrit puis, surprenant les deux jeunes femmes, il s'inclina soudainement devant Marinette, à la manière des moines Shaolin, avant de prendre enfin la parole.

- Aujourd'hui, je ne suis pas venu pour une confrontation, expliqua-t-il d'une voix posée. Mais je comprends et je reconnais votre colère légitime. Il avait été convenu avec Ladybug, à l'époque, que je récupère la Miracle Box Mère lorsqu'elle aurait récupéré tous les Miraculous… J'étais tellement préoccupé par le fait qu'elle regagne la sécurité de notre Temple que je n'ai pas pris en compte les conséquences que ça aurait sur vos vies. Je n'ai pas non plus cherché à savoir s'il existait ou non un moyen de contourner la perte de mémoire liée à la renonciation de la garde de la Miracle Box Mère…

Marinette était complètement stupéfaite : elle ne se serait jamais attendu à ça. Su-Han s'inclina de nouveau devant elle et continua sa diatribe.

- Je suis venu pour m'excuser, admit-il humblement. Vous étiez des enfants. Vous êtes de jeunes adultes, et, pourtant, vous avez fait preuve de plus de sagesse, tous les deux, que moi, malgré mon âge centenaire.

La jeune femme restait silencieuse, ne sachant que dire à cet homme dont elle n'avait aucun souvenir mis à part leur rencontre terrifiante lors de son réveil après sa perte de mémoire. Il semblait sincère, vraiment, mais elle ne parvenait pas entièrement à lui faire confiance. Était-ce les conséquences de ses actions qui la poussaient à douter de lui ?

- Vous avez parlé de contourner la perte de mémoire liée à la renonciation, intervint Alya, à brûle-pourpoint. Il existe donc une solution pour restaurer la mémoire de Marinette ?

Le cœur de la jeune femme se mit à tambouriner plus fort dans sa poitrine sous l'espoir. Elle jeta même un regard reconnaissant à sa meilleure amie mais celle-ci fixait Su-Han, attendant sa réponse. Hélas, son expression triste leur apporta la réponse avant qu'il n'ouvre de nouveau la bouche.

- Il existe des cas où certains gardiens ont réussi à être plus forts que la magie miraculeuse et à retrouver la mémoire… commença-t-il avant de s'interrompre, hésitant.

- Mais ? interrogea alors Alya, Marinette n'osant pas prononcer le mot.

- …mais nous ne savons pas comment ils ont fait. Je ne peux malheureusement pas vous aider, vous devrez trouver la solution par vous-même, s'excusa Su-Han en regardant Marinette.

Elle n'était pas aussi déçue qu'elle ne l'aurait pensé par sa conclusion car, au fond d'elle-même, elle savait déjà qu'elle combattait le pouvoir de la magie miraculeuse. Ces flashs et ces migraines étaient peut-être d'ailleurs les conséquences de ce combat. Ce qu'il restait à savoir c'était : allait-elle gagner ou bien serait-ce la magie miraculeuse qui l'emporterait ?

- Savez-vous où je pourrais trouver Chat Noir ?

La question de Su-Han sortit brutalement Marinette de ses pensées et tous ses doutes remontèrent à son esprit. Il paraissait sincère, vraiment, mais elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle se faisait manipuler pour lui divulguer la position de son partenaire.

- Que voulez-vous lui dire ? le questionna-t-elle, sur la défensive.

- C'est entre lui et moi, répondit-il immédiatement. C'est lui le gardien à présent.

Marinette leva un sourcil et croisa les bras dans une posture de défi : si c'était pour protéger son chaton, elle n'avait plus peur de cet homme. Il se comportait trop bizarrement et semblait garder beaucoup trop de secrets pour qu'elle lui fasse aveuglément confiance.

- J'ignore où il se trouve, répondit-elle sincèrement, bien malgré elle.

Su-Han lui montra une sorte de boussole qu'il tenait dans sa main depuis le début mais elle ne parvenait pas à la distinguer suffisamment pour pouvoir confirmer qu'il s'agissait bien de ça.

- L'aura du Miraculous du Chat est très présente sur ce balcon, ce qui prouve qu'il est venu ici il y a pas longtemps, commenta-t-il d'un ton neutre.

Marinette rougit violemment en repensant à Pattes de Velours mais répéta de nouveau, toujours sans mentir.

- J'ignore où il se trouve.

Su-Han l'observa d'un regard perçant mais elle ne faiblit pas, songeant qu'Adrien avait eu raison de prendre autant de précautions pour se cacher.

- Très bien, dans ce cas, je le trouverais par moi-même…

A suivre

La semaine prochaine : Chapitre 11 : Retour à Paris

Hé non ça sera Etoile qui répondra à vos jolis commentaires mais elle vous remercie d'avance pour vos précédents (et futurs) commentaires