Je ne possède aucun des personnages des films

Luther l'avait senti dès le début, il y avait quelque chose d'étrange dans cette mission, comme si les instructions n'allaient pas vraiment ensemble, comme si leurs propres chefs ne leur disaient pas tout.

Ce texte a été écrit pour les 24h du FOF sur le prompt "Où est-il passé ?"

En espérant que cela te plaise !

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


CONTRE-MESURE

Chapitre 10

Jamais un trajet en hélicoptère n'avait paru aussi long à Luther… Quand le cœur d'Ethan s'était arrêté, il avait eu l'impression de mourir lui aussi, refusant d'être arrivé trop tard pour sauver son ami… Un ami dont le corps supplicié reflétait les atrocités qu'il avait dû endurer pendant des heures, faisant monter d'autant plus sa culpabilité. Il ne pouvait pas mourir. Pendant qu'il s'était lancé dans un massage cardiaque désespéré, Billy avait été fouillé dans la trousse d'urgence de l'hélicoptère et avait fini par pousser un cri.

- J'ai de l'épinéphrine !

- Donne ! Lui lança Luther en tendant la main.

Le pilote le fit et le hacker arrêta le massage cardiaque le temps de décapsuler la seringue. Il observa Ethan puis, sans attendre, lui injecta directement le produit dans le cœur. C'était le geste de la dernière chance et pendant une fraction de secondes, il eut peur que rien ne se passe et puis… il avait perçu un frémissement qui avait parcouru les doigts de son ami et des battements faibles, mais bien présents avaient repris sous ses doigts.

- C'est bien Ethan… Accroche-toi…

OooO

Quand le trajet en hélicoptère prit fin sur le toit de l'hôpital et que les urgentistes vinrent prendre en charge le blessé, Luther ne se sentit pas forcément plus rassuré. D'accord, Ethan était toujours en vie, mais il était dans un état si précaire que le simple fait de que le déplacer de l'hélicoptère au brancard, suffit à lui déclencher un nouvel arrêt cardiaque. En entendant hurler les secouristes et les voyant tenter de le ranimer, le hacker se rendit douloureusement compte que jamais il n'avait vu son ami aussi faible… et pour la première fois, une idée atroce lui traversa l'esprit : Il n'allait pas s'en sortir…

Même quand les urgentistes hurlèrent qu'ils avaient de nouveau un pouls et qu'il fallait l'emmener rapidement au bloc, cela ne suffit pas à lui arracher cette sombre pensée… Comment ils avaient bien pu en arriver là ?

Cependant, alors qu'il pensait que leur situation ne pouvait pas être pire, il tomba encore plus dans la stupeur lorsque Billy le rejoignit. A son air fermé, il comprit que le pilote avait quelque chose à lui dire.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Je viens d'avoir les Balayeurs, on a un problème… El Hasseim n'était plus là à leur arrivée…

- Quoi ? Comment ça ?

- Il a détaché ses menottes… et il s'est enfui… personne ne sait où il est…

OooO

Luther cligna plusieurs fois des yeux, essayant de chasser de son esprit cette scène qui se jouait encore et encore pour se rappeler qu'il n'était plus dans le désert, mais dans une chambre d'hôpital. Une chambre où Ethan était étendu dans un lit, relié à tout un tas de machines qui le maintenaient en vie. Sa blessure et la perte de sang massive qu'elle avait provoqué était ce qui avait le plus alarmé les médecins, mais l'agent senior avait aussi une commotion, deux côtes de cassés et une fracture ouverte à la jambe, sans compter l'hypothermie qui avait provoqué des lésions internes importante, un corps n'était pas fait pour rester des heures dans une eau à sept ou huit degré. En vrai, le médecin lui avait même dit qu'Ethan devrait être mort et qu'il ne devait sa survie qu'à son excellente condition physique et à l'injection d'adrénaline qui avait fait repartir son cœur.

Luther avait frissonné avant de demander à le voir et depuis, il passait le plus clair de son temps dans cette chambre, détestant voir les jours s'écouler sans réel changement. Au bout de huit jours, Ethan était toujours suspendu entre la vie et la mort et Luther lui pressa doucement la main, bouleversé à l'idée qu'il ne se réveille tout autant par le fait qu'il n'avait plus personne à appeler… La mère d'Ethan était morte dans un accident l'année passée et depuis il était seul… totalement seul… En fait à part lui et Billy qui avait été acheté à manger, personne ne se souciait qu'il survive ou pas et surtout pas Swanbeck… ce qu'il trouvait d'une tristesse sans nom.

- Allez Ethan, il faut te réveiller. Tu n'es pas seul, on est là… je… je suis là… Je ne veux pas que tu meures. Tu sais, je ne suis pas quelqu'un qui a l'habitude de s'épancher sur ce qu'il ressent, mais il y a quelque chose que tu dois savoir. Tout comme toi, j'ai longuement était seul et… Tu es le meilleur ami que je n'espérais plus dans ma vie… alors je ne veux pas te perdre…

Luther se tut, plus bouleversé qu'il ne voulait bien l'admettre et ses doigts serrèrent un peu plus fort ceux de son ami, toujours inerte, ne parvenant pas à s'enlever de la tête qu'il pouvait parfaitement ne jamais se réveiller. Perdu dans ses pensées, Luther sursauta un peu lorsque la porte de la chambre s'ouvrit. Ce ne fut pas les médecins, mais Billy qui entra, son air devenant sombre, dès qu'il posa les yeux sur Ethan.

- Toujours pas d'améliorations ?

- Non, malheureusement.

Billy hocha la tête, laissa le sachet avec leur sandwich sur la table de l'entrée et se reprocha du lit. Il posa une main sur le bras d'Ethan qu'il pressa doucement.

- Allez Ethan… Tu as tenu quatorze heures entre les mains de ce sadique, reviens.

Luther frissonna.

- Justement… On l'a abandonné 24 heures aux mains de ce type… Dans ce cube il l'a asphyxié, noyé, électrocuté, empalé alors qu'il était déjà blessé et fatigué. Son corps était déjà si faible…

- Hey ! Le coupa Billy en faisant le tour du lit pour lui poser la main sur l'épaule. Ne pense pas comme ça, regarde, son cœur a peut-être lâché deux fois, mais il est toujours là… Il lutte. Ne l'abandonne pas… On est ami tous les deux, mais je vois bien que tous les deux c'est plus que ça. Vous êtes frères et si tu ne crois pas en lui, où il va puiser les forces pour continuer à s'accrocher.

Luther frémit, admettant sans peine qu'Ethan était effectivement plus qu'un ami, qu'il le regardait comme un petit frère et ses doigts pressèrent doucement sa main.

- Je n'ai jamais cessé de croire en toi Ethan, reviens…