NDA 06/07/23 : Bonsoir! Avec un peu d'avance, mais moi j'en ai énormément pour le coup, je vous offre la suite du bal de Noël.
Un immense merci à mes lecteurs les plus assidus. J'ai nommé Kuro no Kage et SunsetNo. Vous êtes incroyables, et se sont vos reviews qui m'ont motivés ces derniers temps. Je peux donc l'annoncer, il ne reste que trois chapitres à écrire avant la fin de ce tome, et j'ai une très belle avance. Aussi, je posterai sûrement la suite d'ici dix-quinze jours.
N'hésitez pas à me faire part de vos théories, et vous verrez si ces dernières correspondent aux écrits qui vont suivre. J'espère tout de même encore avoir le talent de vous surprendre!
Qui plus est, vous l'attendiez tous, vous allez enfin le rencontrer. Votre petit cadeau surprise vous attend juste en dessous !
Bonne lecture!
Chapitre 17 : Minuit dans le jardin du bien et du mal
Il devait être 22 heures lorsque je suis revenue dans la grande salle, trainant un peu les pieds. Argus était parti fureter dans les couloirs pour surveiller qu'il n'y ait pas d'incidents avec les élèves qui retournaient vers leur salle commune. J'avais très bien compris de quel genre d'incidents il parlait, mais je n'ai pas relevé.
Ce serait en effet bête qu'une élève tombe enceinte avant d'avoir fini ses études. Même si nous sommes plus de vingt ans avant ma naissance, je comprends les risques. Surtout dans une société sorcière archaïque.
Faisant un pas de côté pour esquiver un couple dansant, je soulevais mon jupon d'une main avant de m'écarter totalement de la piste de danse. Ignorant les regards que je sentais dans mon dos. Les Bizarr'sisters jouent toujours. C'est plutôt bon pour des sorciers, même si ça manque un peu d'originalité. Je comprends mieux pourquoi Frozen a fait fureur. Nightwish les rendrait fou s'ils écoutaient. Mais ce n'est déjà pas encore arrivé coté moldus, alors sorciers…
« Pousse-toi, toi ! » Entendis-je avant d'être percutée par un poids rose tout en dentelles. Je clignais des yeux, suivant le chemin prit par Pansy Parkinson. Elle quittait visiblement la grande salle, bien en colère.
« Waouw… Je ne sais pas ce que Malfoy a dit, mais visiblement… ça n'a pas plu. »
« Je lui ai dit que nous ne flirtions pas ensemble et que je ne faisais que respecter la demande aristocratique. » Sursautant à la voix dans mon dos, je me suis rappelé que le blond était très bien habillé en me retournant. Toujours aussi grand, bien sûr, il avait retiré sa robe de sorcier noire, et ne portait désormais plus qu'une chemise gris perle, dont le col dur était relevé. Le tout, rentré dans un pantalon de costume cintré.
« Tu n'as donc aucun respect pour le cœur des jeunes filles ? » Demandais-je.
« C'est une jeune fille ? Je pensais que c'était un requin. » La voix trainante me laissa sur le cul. Il faisait de l'humour ! Diable. Avec moi, en plus.
« Si c'était un requin, tu ne t'en moquerais pas autant, parce qu'elle finirait par t'éviscérer dans un coin de ce château. » Le blond étira un sourire en coin, plutôt charmant, avant de baisser – ENFIN – les yeux sur moi.
« Oh, ne t'en fais pas pour moi, O'Nigay, je sais plutôt bien m'entourer, contrairement à d'autres. » Le sous-entendu me fit frémir.
« Je ne pensais pas que Zabini reviendrait sur le tapis. » Répondis-je amèrement.
« Il a essayé de te discréditer de nombreuses fois auprès des nôtres, ainsi que des bulgares. Affirmant que tu étais une marie-couche-toi-là. » Je sentis mes joues chauffer.
« Et que s'est-il passé ? » Quitte à entendre des horreurs à mon sujet, autant que ce soit parce que je le demande.
« Tu as mis la tête de tes copines dans leur soupe. » Je me tendis brusquement à ce rappel, détournant la tête pour fixer les danseurs. « Je ne pensais pas que la manière moldue puisse être aussi efficace, je dois l'admettre. Mais il n'a plus rien dit à ton sujet depuis. » Finalement, j'étirais un léger sourire rassuré. J'ai calmé ce fou violent sans rien n'avoir à faire.
« Merci… » Malfoy inclina un peu du chef en ma direction.
« Je t'en prie. Après tout, tu es en passe de devenir une légende. Autant être dans tes petits papiers. » Je me retournais vers lui soudainement, perplexe.
« Hein ? »
« Comme c'est charmant… » Il ricana.
« Malfoy, sérieusement, c'est quoi cette histoire ? » Cette fois, il sembla vraiment surpris devant ma question.
« O'Nigay ? Est-ce que tu as la moindre idée de ce que tu as fait ce soir ? » J'ai secoué la tête, faisant tinter le pic à cheveux inconnu contre mes oreilles.
« Non. Eclaire ma lanterne. » Malfoy secoua la tête, tapotant la robe de sorcier qu'il avait plié sur son bras.
« Décidément. Cette perte de mémoire t'a couté quelques facultés cognitives aussi. Je vais me chercher un verre, tu permets ? Avant de devoir te faire un cours… »
« Tu vas vraiment me faire attendre pour des explications ? »
« Tu en veux un ? »
« Malfoy, réponds à ma question. » Poursuivais-je.
« Je prends ça pour un oui. À très vite. » Et je le vis disparaître au milieu des danseurs, filant à vive allure dans la marée de robes et de volants colorés.
Roulant des yeux, je tentais de rejoindre un coin avec des chaises qui soit un peu tranquille. Faisant attention à ma robe. Je me posais après avoir trouvé le graal, fixant de nouveau les convives qui virevoltaient. Je n'arrivais même pas à me souvenir de l'unique danse que j'avais pratiqué ce soir. Trop embrumée par l'alcool, et cette impression que je devais faire quelque chose pour que Meleth nin me remarque.
Alors qu'il n'est même pas ici.
Malgré la musique, malgré les paroles sourdes, malgré tout ce que je peux entendre chaque jour, il me manque l'essentiel. Ces battements de cœur que j'étais capable de percevoir à l'autre bout du monde. Ceux de son cœur à lui, qui battait près du mien. Contre le mien.
Une coupe rose et pétillante apparut sous mon nez, tendue par la main gantée de Malfoy. Je roulais des yeux avant de m'en saisir, le remerciant. L'adolescent rapprocha sa chaise de la mienne, probablement pour ne pas avoir à crier, et s'y posa à son tour, sirotant sa coupe.
Reconnaissant la boisson que j'avais testé plus tôt lors du repas, cette chose aux fraises des bois, j'en bu une gorgée.
« Alors ? En quoi suis-je devenue une légende, Malfoy ? » Il eut un rictus.
« Tu es l'auteur de Frozen, un morceau qui hante la RITM, une radio sorcière internationale. Nous sommes au tournoi des trois sorciers. Quatre. Est-ce que tu fais le lien ? »
« Toujours pas. » Bredouillais en sirotant le champagne sucré.
« Ma pauvre, tu es supposée être de Serdaigle… »
« Poufsouffle. »
« Pardon ? » Il s'étouffa.
« Si le moi d'aujourd'hui devait passer sous le choixpeau, jamais il ne m'aurait envoyé à Serdaigle. Je suis une choixpeau flou, avec deux choix principaux. Poufsouffle et Serpentard. Et j'ai une loyauté proche du masochisme. » Draco resta silencieux un moment, me fixant comme si je venais de lui annoncer manger des nouveaux nés tous les matins.
« Je vais oublier ce que je viens d'entendre, parce que je ne suis pas certain qu'il soit dans mes attribution de pouvoir le comprendre. » Il se racla la gorge, dégluti, but une gorgée de sa propre boisson – ce n'était pas le même champagne ! – et me fixa de nouveau.
« Ta chanson est connue dans le monde entier, et tu viens de révéler en être l'auteur devant l'assemblée du tournoi des trois sorciers, ça compte aussi les gens du ministère et les journalistes. » Ok, là j'ai compris, je ne me sens pas bien. « Ajoutons à cela, la tenue que tu portes, qui est digne d'un créateur sorcier de très haute couture, mais qui ne vient d'aucun magasin sorcier existant, et le fait que tu aies valsé avec notre professeur de potion. » Professeur de potion. La main offerte. Cette danse. Putain. C'était lui. Ce n'était pas… Je palpite, maintenant. « Non, vraiment, tu nous as offert un spectacle incroyable, ce soir, O'Nigay, et j'ai hâte de voir la suite. »
J'abandonnais la coupe de champagne rose sur mon siège et laissait Malfoy seul. Je ne me sentais vraiment pas bien. Le monde entier. Le monde entier va savoir que je chante. Va savoir qui je suis. Le monde sorcier du moins. Et ça ne m'enchante pas du tout. Je ne sais pas pourquoi. Si. Parce que ce n'était pas prévu dans le bouquin. Ça change encore des choses, j'en ai marre de faire n'importe quoi. J'ai besoin d'air, ou d'eau, je ne sais plus.
J'ai eu l'impression que j'allais pleurer à nouveau, sauf que ni Argus ni Luna n'était dans les parages, et qu'il y avait une foule de sorciers prêts à tout pour me faire couler. Je frôlais des danseurs, cherchant à m'éloigner à tout prix de cet endroit infâmes, lorsque je butais dans un torse massif. J'allais jurer, demander pardon pour cette faute, faire n'importe quoi pour que mon vis-à-vis m'ignore et retourne à sa partenaire.
Je n'ai pas pu.
oOoOoOo
Fred avait cessé de danser depuis la démonstration de chant de Sacha. Il avait discuté longuement avec Angelina, et cette dernière avait compris que malgré l'invitation au bal, il n'était pas près de passer à autre chose, après sa précédente petite amie. Tout le monde à Gryffondor savait pour sa mésaventure, sans pour autant connaître le nom de la fautive. Et heureusement, sinon Sacha aurait souffert de ses actes.
Entrevoyant la silhouette blanche en compagnie d'une stature plus grande, il frémit d'horreur en constatant que c'était Malfoy qui était avec elle. Même son frère l'avait repéré, lui faisant signe, hésitant à faire quelque chose pour aider. La conversation semblait amuser le blond, et ennuyer la brunette. Mais lorsqu'elle se leva, encore plus mal que suite à son passage sur scène, l'hésitation cessa.
Les jumeaux se levèrent, prêt à intervenir. Fred put voir Harry faire de même, de sa chaise plus loin. Lui et Ron étaient revenus bizarre de leur balade dehors, comme s'ils avaient vu des fantômes inconnus. Mais le rappel de cette fameuse nuit, où ils avaient ramassé Sacha en haut de la tour d'astronomie était suffisant pour qu'il se lève aussi. Aucun d'entre eux n'eut le temps d'agir. Quelqu'un d'autre était là, tenant la jeune femme entre ses bras après l'avoir percuté maladroitement. Pour le coup, Fred ignorait totalement qui était cet homme. Vêtu d'un costume sur mesure trois pièces, se composant d'une chemise blanche rentrée dans un pantalon noir, avec un veston à boutons blanc, sous une épaisse veste de coton noire. Un ensemble purement moldu, sous une cape noire en velours, dont l'intérieur était rouge.
L'homme portait un loup blanc, rigide, attaché dans sa chevelure épaisse et noire. Il était grand, clairement musclé sous son costume, et pourtant, il semblait irradier de douceur et de charisme. À l'image de Sacha ce soir-là. Si la demoiselle avait remis son masque au retour du parc, les deux étaient parfaitement assortis.
Et c'est ce qui posa problème au rouquin. Ils étaient parfaitement assortis. Trop. Sacha avait l'air perdue, à présent. Incapable de réagir. L'homme lui tendit la main, et elle posa la sienne sur ses doigts avec lenteur. La noiraude cherchait à comprendre. Il le voyait de là. Elle connaissait cet homme. Bien plus que quiconque ici.
Harry se rapprocha du nouveau couple qui bloquait légèrement la piste de danse, emportant la première élève qui passait par là pour servir de prétexte. Ginny, en l'occurrence, dans sa magnifique robe verte pomme. Et la rouquine n'était pas peu contente de se voir offrir une danse avec lui.
« Tuxedo Kamen… » Hésita Sacha.
« Pour une petite heure, seulement. » Le cœur de la blanche battait à tout rompre dans sa poitrine, en écho avec autre chose.
« Une heure… ? »
« Comme dans tous les contes, j'ai la permission de minuit. » La voix de l'homme était grave, mais chaude, et faisait vibrer ses sens. Il n'avait pas d'accent, pourtant, son anglais était incroyablement doux à l'oreille. Il se pencha alors sur elle, frôlant les mèches de ses cheveux avec sa joue. Ce danseur sentait terriblement bon. Un parfum qu'elle connaissait, qui lui apportait réconfort et sécurité. Un parfum d'homme, qui n'existait pourtant pas encore. « M'accordes-tu cette danse ? »
Sacha ne répondit pas. Du moins, ni Harry ni Ginny n'entendirent quoi que ce soit. L'homme l'emporta ensuite dans une valse incroyable. Faisant voleter sa cape, et les jupons de la jeune femme. Ce n'était pas un adolescent qui venait d'apprendre à danser. Cet homme volait. Au moins. Et la plupart des danseurs autour finirent par s'arrêter pour fixer le nouveau couple sur la piste.
Il n'y avait pas de guide. Ils étaient deux. Ils ne formaient plus qu'un. Chacun des pas était gracieux, elle, délicate, et lui, mesuré. Et sur scène, les musiciens avaient changé de registre pour un morceau aimant et triste à la fois. La balade du triton.
« Qui est-ce ? » Demanda Neville en s'approchant de ses amis.
« Personne ne sait. Mais il n'est pas arrivé avec le ministère. » Les informa Ron.
« Comment tu sais ça ? »
« Parce que Percy nous a fait un cours sur sa nouvelle vie, et qu'il a montré le bracelet qu'il a reçu pour remplacer le ministre ici. » Acheva le roux.
« Ils en ont tous un, il a dit. » Renchérit le 4e champion.
« Mais ça ne peut pas être un élève. » Affirma Ginny. « Il est bien trop beau pour avoir 17 ans. » Les trois frères s'étouffèrent dans leur salive, tandis que Harry rosissait.
« Ça ne va pas de dire des trucs pareils ? Et si c'était… Un ennemi ? »
« Non. » La voix grave du bulgare les fit sursauter. Ils n'avaient pas vu ce dernier arriver. Hermione était à son bras, et fixait, elle aussi, le couple en train de danser.
« Comment ça, non ? Tu le connais ? » Demanda Harry. Krum secoua la tête, mais montra le couple par le même geste.
« Ils sont trrrès amoureux. Ça se voit. »
Le cœur de Fred se serra malgré lui. Cette Sacha était incroyable, mais évidemment, son cœur était déjà ailleurs. La chanson le prouvait. Et il devait bien admettre qu'en voyant les deux évoluer sur la piste, il n'y avait pas de doute. C'était comme s'ils avaient dansé toute leur vie ensemble. Et si Sacha avait créé sa robe, la tenue de l'homme était incroyable aussi. Même s'ils ne pouvaient plus entendre leur conversation, ils étaient proches, murmuraient, souriaient…
Peu à peu, certains convives s'éloignèrent, comme Cédric qui raccompagna Cho, faisant une halte auprès d'Harry pour lui parler. Ron remonta seul, précédé d'Hermione après qu'elle ait dit bonne nuit au bulgare. Ils avaient réussi à ne pas s'étrangler en observant Sacha et l'inconnu. Mais ça n'allait pas tarder à exploser.
Fred ne suivit pas le couple, même s'il en avait eu envie. Il retourna dans la salle commune, demandant à Harry s'il pouvait lui emprunter la carte du maraudeur à nouveau. Curiosité, inquiétude, il n'aurait pas su dire. Mais il voulait le nom de cet homme. Il savait qu'ils dansaient encore, vu le contexte. Ils devaient attendre minuit pour se séparer, comme les professeurs restants et quelques membres des écoles.
Il trouva rapidement le nom de Sacha sur la carte, ils étaient dans la grande salle toujours, et il y avait les bizarr'sisters qui approchaient du couple. Le nom à coté de Sacha ne lui disait absolument rien. Et lorsque les membres du groupe furent sur eux, le danseur masqué s'enfuit par la roseraie. Fred eu à peine le temps de le suivre des yeux, qu'il avait disparu de la carte. L'homme s'était volatilisé sans même avoir atteint les grilles de Poudlard. Impossible !
Son sang se glaça.
oOoOoOo
Le premier coup de minuit retentit avec force dans toute la grande salle, et je cessais de tournoyer avec mon partenaire. J'avais l'impression de reprendre conscience, alors que la musique s'était arrêtée. Lui était toujours dans mon dos, me tenant contre son corps, sa main sur mon ventre, chaude malgré le tissu de ma robe et de ses gants. Son souffle, un peu erratique, frôlait ma nuque, alors qu'il se penchait sur moi de nouveau. J'entendais encore ce son. Rythmé et rapide. J'avais chaud, non pas de la danse, mais de notre proximité.
Ce contact ne me dérangeait pas. Pire, c'était un contact que j'avais recherché de moi-même tout au long de notre danse. Mon cœur battait contre son torse lorsqu'il me serrait, et là, c'était comme l'entendre dans mon dos, le sentir taper contre ma peau. Il sentait tellement bon. Il aurait pu être un meurtrier en puissance, je n'aurais rien fait pour l'arrêter. Je ne voulais pas qu'il me lâche non plus.
Un frisson, alors qu'il frôle mon oreille avec ses lèvres. Il me serre encore plus, faisant mine de ne pas vouloir me lâcher. Il m'embrassa la nuque, me laissant plus frêle qu'une fleur au milieu de l'hiver, et je ne compris pas tout de suite ce qu'il disait.
« Pardonne-moi, Flammèche. » C'était du français. Une langue que je ne pratiquais plus depuis des mois. C'était du français, et je reconnaissais ces mots. Parce que c'étaient les derniers que j'avais lu avant d'être fauchée par une voiture. Je reconnaissais le surnom affectueux, parce que c'était celui que j'avais reçu après être rentrée en contact avec lui la première fois.
Soudain, tout fit sens. J'ai écarquillé les yeux d'horreur, en comprenant qu'il m'avait lâché, et que les musiciens étaient autour de moi pour me parler. Je me suis retournée, j'ai voulu lui courir après, mais même après qu'on m'ait laissé partir, il n'était nulle part. Il n'était pas dans le parc. Ni ailleurs.
« Meleth nin… Pourquoi… ? »
oOoOoOo
« Argus ! »
Le concierge n'avait pas eu le temps d'ouvrir la porte de son bureau que j'y rentrais précipitamment. Je n'avais pas pu attendre plus longtemps. Déjà, attendre que la nuit défile avait été horriblement fastidieux. J'étais d'ailleurs encore en pyjama, avec les chanssouffles rouge que m'avait offert mon ami. Miss-Teigne miaula à mon adresse, avant de se remettre en boule dans son panier.
« Bonjour à toi aussi, qu'est-ce qu'il se passe ? »
« Tu avais raison ! » Le cracmol me fixa un instant, ne semblant pas comprendre.
« Raison à propos de quoi ? »
« Il était là ! C'était lui ! hier soir, j'ai dansé avec lui ! Il est venu ! »
« Pardon ? Tu veux dire que… »
« Il était là. Je le sais. Je ne sais pas comment, ni… J'ai mis du temps à m'en rendre compte. Je… » Je perdais mes mots. « C'était lui, le costume, c'est celui d'Endymion, le prince rattaché à celle en qui j'étais costumée hier soir. Et… j'entendais ce rythme constant au milieu de la musique, je n'arrivais pas à savoir d'où ça venait. Mais tu avais raison. C'était lui ! Je me sentais bien, vraiment bien, et j'entendais son cœur battre dans mon oreille comme avant, nous étions connectés et… »
Argus me prit les mains et me tira jusqu'au fauteuil devant son bureau pour m'y faire asseoir. Le vieil homme ne semblait ni ravi, ni en colère. Mais plutôt perdu.
« Tu veux dire que tu as vu ton lié ? » Je hochais vivement la tête.
« Il s'était masqué, comme moi, mais oui, c'était lui. Il était là, avec moi… Et… » Et maintenant il ne l'était plus. Je me suis soudainement écroulée, en larmes. « Il est plus là ! » Instantanément, Argus fut sur moi, me berçant avec douceur comme il l'avait fait la veille.
« Calme, Calme… Est-ce que d'autres l'ont vu ? » Pleurant dans les bras de mon ami, je secouais la tête.
« Je n'en sais rien. Je… il y avait du monde oui… Mais je ne sais pas, c'est. Tout est flou… » Il me tapota le dos à plusieurs reprises, avant de me tenir par les épaules.
« Ecoutes bien. Tu vas aller voir tous ceux que tu penses, avoir vu hier soir lorsqu'il est venu. Et tu vas leur demander s'ils vous ont vu, s'ils savent quelque chose ou non, d'accord ? Je vais m'enquérir d'informations à son sujet aux cotés des professeurs. S'il était là hier soir, c'est qu'il avait une invitation, donc… »
« Tu es sûr… ? » Demandais-je, craintive d'un espoir vain.
« Oui. Mais d'abord, je veux que tu me parles du concert d'hier… »
« Quoi ? Mais… Argus, je ne peux pas, je dois aller voir si… »
« Il le faut, Sacha. Tes dons augmentent. » Je restais silencieuse, fronçant les sourcils. Qu'est-ce que c'est que ce délire ?
« Je ne comprends pas… » Avouais-je.
« Tu ne te souviens pas du concert que tu as donné ? »
« Si si.. M'enfin… J'ai juste chanté, et trop bu… D'ailleurs, rappelle-moi de ne plus recommencer. » Le vieil homme passa sa main dans ses cheveux gris, et les lissa vers l'arrière.
« Tu as provoqué un phénomène très étrange. De la neige… Et des silhouettes masculines en flocons. »
« De la neige ? » Je baisse la tête, fixant mes mains. « Je… Je pensais que c'était pour le concert, que ça venait d'ailleurs… » Il fit non d'un hochement du chef.
« J'ai vérifié auprès des professeurs et des musiciens. Personne n'a créé ces bourrasques, et les apparitions neigeuses non plus. » Je perdis en couleurs, me sentant bien mal à l'aise à présent.
Je me tords les mains, je ne me sens pas bien du tout, à présent. J'ai l'impression que tout est de ma faute depuis le début. Et que rien de ce que je fais n'a de sens. Suis-je vraiment responsable de ce mur entre nous.
« Mes dons augmentent, alors… tu as raison. Meleth m'a dit qu'il avait la permission de minuit… »
« Alors peut-être qu'il est venu en réponse à ton appel… »
« Oui… » ça tombe sous le sens, ce qu'il dit. Mais ce n'est pas bon. Pas bon du tout. Parce que jamais je ne pourrais maitriser autant de dons, et encore moins sans tuteur. Il faut espérer que ça ne bouge plus, et que je puisse avoir le temps de contrôler ceux-là, avant de devenir folle.
Sauf qu'après réflexion… C'est déjà trop tard. Je suis déprimée et hypersensible… Hystérique par moment. J'ai de plus en plus mal à la tête, des malaises. Ce n'est pas bon signe.
« Argus… Si jamais… Si ça dégénère… Si les pouvoirs confiés par les druides me consument… Est-ce que… Est-ce que je pourrais compter sur toi… ? » Le vieux concierge parut terriblement inquiet et surprit.
« Je ferais tout pour te protéger et protéger les élèves, tu le sais… Mais je ne suis qu'un cracmol… »
« Justement… Aucun professeur ne pourra m'aider. Trop dangereux. Mais toi, tu sais que la magie a toujours un prix, qu'elle peut autant faire de mal que de bien. Et tu es toujours lucide à ce propos. »
« Qu'attends-tu de moi, Sélène… ? »
Je frissonne. Il m'appelle rarement comme ça. Pourtant c'est qui je suis. J'inspirais longuement, avant de lui expliquer ce que sœur Catherine nous avait enseigné à l'académie.
« Si jamais… ça arrive. Si les dons confiés par les druides sont trop puissants pour moi… Je veux que tu m'en sépares un moment… »
« Tu veux dire ? » Il a perdu toutes ses couleurs et s'est écarté de son fauteuil.
« Oui. Il y a un rituel bien précis pour ça… Pour qu'un homme devienne un héritier par lien. Tu prendras alors l'allégeance d'un dieu et ses dons pendant un moment, et tu m'en sépareras… Ce qui permettra de libérer mon corps et mon âme… »
« Mais tu ne mourras pas, n'est-ce pas ? »
« Non. Je serais seulement plus légère… » Je lui expliquais ensuite le moyen de le faire, même si je pensais ne pas en avoir besoin.
Si jamais il ne se trompe pas, alors… Je suis toujours affiliée à Lunae, mais je suis aussi en train de développer d'autres dons… Il faut que je fasse des recherches… Le passage dans les limbes est lié à Saturne il me semble… le temps s'écoule moins vite dans les limbes, comme aux enfers. Pour les éléments par contre, la neige… Cerès ? Vu qu'elle est supposément à l'origine des saisons… Je ne sais pas…
Peut-être que je devrais faire un tour à la bibliothèque… Je n'ai pas mis les pieds dans cette dernière depuis mon arrivée. Au collège, c'était mon refuge, mais j'y lisais des romans, j'écrivais des fanfictions. Là… C'est un endroit où les gens étudient la magie. Vais-je vraiment pouvoir trouver des informations sur la mythologie romaine ?
Et surtout, il faudrait que ces informations soient efficaces et identiques à celles de chez moi. Sinon ça ne servirait à rien. Non. Soyons malins. Ce n'est pas un livre sur la mythologie romaine qui m'aidera, encore moins ici. Mais ce n'est pas pour rien si nous étions au bal de Yule. Ces anciennes traditions sont encore importantes pour les sangs-purs. Et ces traditions sont issues d'une seule et même culture.
Le druidisme.
Qui serait le plus susceptible de me parler des anciennes traditions, et d'avoir des informations concrètes là-dessus, sans me prendre de haut ou m'envoyer bouler ? Réfléchis Sacha, dans ton inventaire de personnage de Harry Potter, tu sais ça… Ce n'est pas pour rien que c'était à toi qu'on confiait les listings pour le rp.
Je fais les comptes dans ma tête, tout en marchant dans les couloirs du château. Il faut que je rejoigne l'infirmerie pour m'habiller avant de rejoindre la grande salle pour le petit-déjeuner. Dans les faits, Albus Dumbledore serait le choix adéquat pour obtenir les informations en question. Mais ce serait un suicide total que d'aller lui parler. Donc on raye Dumby. Juste en dessous il y a… Gellert Grindelwald… haha
Bien, alors je n'arrive déjà pas à sortir de Poudlard, mais maintenant, il faut réussir à sortir et rentrer dans une prison de sorciers à haute sécurité en Allemagne. Stop les conneries, réfléchis…
« Putain ! » Je jure, en me massant l'épaule fortement. Je viens d'être percuté par… Maugrey, faux Maugrey, et même pas il s'excuse. Hallucinant. Heureusement, je ne suis pas assez stupide pour le provoquer sur ça.
Bon. Maintenant que je suis au milieu du couloir, toujours en pyjama et hagarde, autant reprendre mes esprits et me focaliser sur l'essentiel. Il me faut un sang pur qui sache lire entre les lignes, qui connaisse le druidisme, et se fiche que je sois quasiment cracmol selon les attentes sorcières.
Ça élimine beaucoup de monde. Et ne me laisse plus que deux choix.
Garrick Ollivander, et Xenofilius Lovegood.
J'espère que Luna est déjà levée.
