Salut à tous,
Voici le chapitre 3… J'espère qu'il vous plaira.
N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires ! A bientôt !
3
Le lendemain, Sam s'éveilla la première.
Elle était allongée en travers du corps de Jack, dans ses bras, dans sa chaleur. Dans son sommeil, elle avait glissé sa main sous sa veste et elle sentait ses abdos à travers son tee-shirt noir. Troublée, elle retira doucement son bras et sentit que le Colonel s'éveillait à son tour.
– He ! Déjà réveillée, Sam ? Comment ça va ce matin ?
– Mieux…
Elle s'attendait à ce qu'il reprenne ses distances, mais, il ne semblait pas pressé de se lever. Il chercha son regard et, vaguement inquiet, demanda :
– Est-ce que tout va bien ?
Perdue, Sam rougit et finit par répondre d'une petite voix :
– Est-ce que j'ai rêvé ?
Il lui offrit ce regard taquin qui faisait chavirer son cœur et répondit avec un clin d'œil :
– Je ne sais pas… Mais si c'est le cas, j'ai fait le même rêve et ça me plaisait bien…
Elle lui sourit et caressa sa joue pour se convaincre que c'était bien réel.
Lorsqu'il saisit sa main et embrassa sa paume, elle sut que les choses avaient vraiment changé. Pour toujours.
– Qu'est-ce qu'on va faire ?
Il haussa les épaules, l'air désinvolte :
– Pour commencer, je vais refaire ton pansement et te donner tes médicaments. Ensuite, nous verrons si tu te sens assez forte pour faire route vers la Porte. Il faudrait profiter de l'accalmie pour nous rapprocher.
Sam ne trouva rien à redire. Il avait raison. L'urgence, c'était de rentrer sur Terre. Ils gèreraient le reste plus tard. Une fois qu'ils seraient en sécurité.
Jack prit le soin de retourner à la source remplir leurs gourdes. Il trouva un bâton assez long et assez solide pour que Sam puisse s'en servir de canne et, ensemble, ils prirent la direction de la Porte des Etoiles. Jack n'était pas certain qu'ils parviendraient à l'atteindre avant la nuit mais, Sam serra les dents et fit preuve d'un remarquable courage. Il la porta sur l'ultime kilomètre pour leur permettre d'atteindre leur but dans les dernières lueurs du jour.
Le ciel était d'or et d'écarlate lorsque Sam composa la combinaison sur le cadran et transmit leur code d'authentification. Jack la couvrait et scrutait les environs, arme au poing. Malheureusement, comme ils le craignaient, le bruit du déclenchement de la Porte attira une patrouille de Jaffas.
Jack s'accroupit à l'abri derrière le DHD pour tirer sur leurs ennemis. Il savait que Sam ne pourrait pas courir jusqu'à la Porte dans son état. Ils étaient coincés.
La Porte se referma brusquement alors que les tirs faisaient rage autour d'eux, anéantissant leurs derniers espoirs. Jack jeta un coup d'œil vers son second qui rechargeait son fusil mitrailleur.
– C'est mon dernier chargeur, mon Colonel ! lui cria-t-elle.
La force de l'habitude…
Lui aussi serait bientôt à court de munitions.
Soudain, les chevrons s'illuminèrent derrière eux et le vortex bleu se déploya. Les Jaffas reculèrent et se regroupèrent. Un drone émergea aussitôt de l'anneau brillant et commença à tirer sur leurs ennemis. Presque immédiatement après, Teal'c jaillit de la porte avec SG2 et SG 3. Daniel les accompagnait. Pris sous un feu nourri, plusieurs Jaffas perdirent la vie. Les autres, mis en infériorité numérique, se replièrent en désordre vers la lisière de la forêt.
Daniel se précipita vers Carter.
– Sam ? Est-ce que ça va ?
Le Major lui répondit faiblement.
– Il faut la ramener à l'infirmerie au plus vite, répondit Jack.
Tandis que SG 3 sécurisait la zone, Daniel composa le code.
Teal'c s'agenouilla près de Sam et lui demanda :
– Vous permettez, Major Carter ?
– Merci, Teal'c…
Le Jaffa la souleva sans peine dans ses bras et passa la Porte avec son précieux chargement.
De l'autre côté du vortex, la base était en effervescence. Janet et son équipe attendaient avec une civière au pied de la plateforme d'accès à la Porte. La médecin se précipita vers son amie et l'examina rapidement.
– Emmenez-la à l'infirmerie et passez-lui un scan complet.
Puis, elle se tourna vers Jack qui venait à son tour de franchir la Porte, soutenu par Daniel.
– Colonel ! Est-ce que ça va ?
Il fit une grimace et eut un mouvement de la main en direction de la civière :
– Je vais bien, Doc. Occupez-vous de Carter.
– Entendu mais je veux vous voir à l'infirmerie tout à l'heure.
Le Général Hammond les guettait dans la salle d'embarquement. Il salua Jack :
– Je commençais à m'inquiéter, Colonel. Quand nous avons vu la porte s'ouvrir sans que vous n'arriviez, nous avons eu l'idée de reconnecter le MALP. Nous avons alors vu que vous étiez en mauvaise posture.
– Je vous remercie, mon Général… Il s'en est fallu de peu.
– Allez donc à l'infirmerie, il faut vous reposer. Je vous verrai plus tard pour le débriefing.
– Merci, mon Général.
Jack attendit patiemment, une fois n'est pas coutume, que Janet termine ses examens. La présence de Carter, allongée dans un lit à quelques pas du sien, l'aidait à rester calme.
Désignant la jeune femme d'un signe de tête, il demanda :
– Comment elle va ?
– Bien, compte tenu des circonstances, soupira Janet avec soulagement. Elle devra éviter de marcher durant quelques jours pour que sa cheville se remette totalement. Quant à sa brûlure, elle est sérieuse mais, la Tock'ra va nous envoyer quelqu'un d'ici ce soir avec un appareil de guérison.
– Merci, Docteur.
Mais, Janet n'en avait pas terminé. Posant sa main sur le bras du Colonel, elle ajouta, trop bas pour que Sam l'entende :
– Vos soins ont évité que l'infection ne se propage. Vous lui avez certainement sauvé la vie, Colonel.
Il se contenta de baisser les yeux sur ses mains jointes. Oui, il savait qu'il avait failli la perdre. Et cette sensation était encore atrocement présente.
– J'ai terminé, vous pouvez y aller, Colonel, ajouta tranquillement le Dr Frasier.
– Encore merci, Doc.
Jack se dirigea vers ses quartiers, prit une douche et changea de vêtements. Il prit le temps de se raser avant de se présenter à la porte du bureau du Général Hammond.
– Ah ! Entrez, Colonel ! Qu'a dit le Dr Frasier ?
– Que je me porte comme un charme !
– Sans vouloir vous vexer, ce n'est pas ce que me dit votre tête, Jack.
Le Colonel grimaça :
– Je suis tout au plus un peu fatigué. Je n'ai pas beaucoup dormi depuis trois jours.
– Je veux bien le croire ! Le Dr Frasier m'a rapporté que le Major vous doit la vie…
– Elle en aurait fait autant pour moi, mon Général.
– Je n'en doute pas, Jack. Le Dr Frasier lui a préconisé deux semaines de repos et je pense que vous en avez aussi besoin. Je vais réassigner Teal'c et le Dr Jackson pour que SG1 puisse souffler un peu.
– Je vous remercie, Monsieur.
Si le Général Hammond fut surpris de voir Jack accepter si rapidement ce repos forcé, il n'en montra rien.
Une fois quitté le bureau de Hammond, Jack retourna à ses quartiers et s'allongea sur son lit. Il ferma les yeux et s'assoupit, la tête emplie du souvenir des yeux de Sam et de son sourire.
Il fut éveillé par quelqu'un qui toquait à la porte.
– Entrez !
Daniel passa la tête :
– Pardon, je vous dérange ?
– Non, non ! Entrez Daniel ! Je ne vous ai pas encore remercié d'être venu à notre secours !
– De rien, c'était normal. Euh, je reviens de l'infirmerie. Anise a soigné Sam. Du coup, Janet dit qu'elle peut rentrer chez elle si elle se ménage. Mais, elle préfèrerait que quelqu'un la raccompagne. Comme le Général m'a dit qu'il vous avait aussi mis en congés, j'ai pensé que vous pourriez peut-être la ramener chez elle… vu que vous habitez à côté… bredouilla l'archéologue.
Jack saisit l'allusion à peine voilée et se leva. Il donna une claque amicale sur l'épaule de son ami et répondit avec un sourire en coin :
– Merci Daniel, je m'en occupe.
Jack toqua à la porte de l'infirmerie. Janet releva la tête de son ordinateur.
– Ah, Colonel ! Vous venez chercher Sam ?
– Oui, Daniel a dit qu'il fallait quelqu'un pour la raccompagner chez elle.
– En effet. Ces appareils Goa'uld font vraiment des merveilles sur ce type de blessures. Mais, soyez gentil Colonel, essayez de faire comprendre au Major Carter qu'elle doit se reposer…
– Oh, moi vous savez… pour ce qu'elle m'écoute, railla-t-il.
Carter émergea de derrière le paravent où elle terminait de se changer :
– Vous savez que je vous entends, tous les deux ?
Elle portait un jean bleu-clair et un tee-shirt blanc sous sa veste en cuir noir de moto.
Jack réalisa qu'il était encore en uniforme. Il se changerait chez lui.
– Mais j'y compte bien ! trancha Janet. Allez filez tous les deux !
Jack et Sam montèrent dans l'ascenseur en direction de la surface. Ils émergèrent de la base et marchèrent en silence jusqu'à la jeep de Jack. Ce dernier ouvrit la portière côté passager pour permettre à Sam de s'installer avant de rejoindre le volant.
Il allait allumer le moteur lorsqu'il s'immobilisa pour regarder vers la jeune femme.
– Est-ce que la brûlure te fait encore souffrir ?
– Non, je ne sens presque plus rien.
– Ah… Tant mieux.
Il démarra et roula tranquillement en direction de Colorado Springs.
Au bout de quelques kilomètres, une fois les limites de la base franchies, Sam parut se détendre. Elle ouvrit la vitre pour laisser entrer la brise chaude de cette fin d'été. Le vent amena vers Jack l'odeur délicate de son parfum.
À un feu rouge, Jack s'autorisa à caresser sa main, qu'elle gardait sagement posée au bord du siège. Une rougeur familière envahit les joues de Sam mais, avant qu'il songe qu'il mourait d'envie de l'embrasser, histoire de la voir rougir davantage, le feu passa au vert.
Il remit sa main sur le volant. En revanche, celle de Sam vint discrètement se poser sur sa cuisse, par-dessus son jeans. La sensation était surprenante et incroyablement agréable. Familière aussi. Comme s'ils faisaient route ainsi, l'un près de l'autre, depuis des années.
Jack ralentit en pénétrant dans le lotissement et gara la voiture dans l'allée de Sam. Le moteur éteint, le silence envahit l'habitacle. Pourtant, Jack ne ressentait aucune gêne entre eux.
Il descendit le premier et contourna rapidement le véhicule pour ouvrir la portière côté passager. Sa main effleura le dos du Major tandis qu'il l'accompagnait jusqu'à sa porte. Sam chercha ses clés un instant puis ouvrit. Elle entra la première et lui tendit la main pour qu'il la suive à l'intérieur. Sans un mot, Jack obéit, refermant derrière lui tandis que Sam posait son sac et ôtait sa veste. Jack se débarrassa de son blouson militaire en l'accrochant à côté du cuir de Sam.
– Tu bois quelque chose ? Soda ? Bière ? Lui demanda son Second en ouvrant le réfrigérateur.
– Une bière, s'il te plaît.
Elle lui tendit sa boisson décapsulée et se servit un simple jus d'orange tandis que Jack s'asseyait dans le canapé.
Sam s'installa tout contre lui et replia sa jambe indemne sous elle. Son épaule vint se poser contre celle du Colonel. Jack ouvrit son bras et l'accueillit tout contre lui. Il but une gorgée de bière dans l'espoir de réfréner le désir qu'il sentait enfler en lui.
Sam reposa son verre à peine entamé sur la table basse et murmura :
– Quel calme ! pas de Jaffas ! pas d'orage…
– Oui et il fait meilleur aussi ! plaisanta-t-il.
– Le froid avait quelques avantages… soupira Sam.
Il sourit : oui, en effet… tel que dormir en la serrant tout contre lui sous prétexte de lui tenir chaud.
– Le Général Hammond m'a donné deux semaines de congés, dit-il après un silence.
– Ah ? Toi aussi ?
– Hum hum…
Il avala une nouvelle gorgée, pour se donner du courage :
– J'ai pensé qu'on pourrait peut-être partir quelques jours dans le Minnesota…
– Dans ton chalet ? demanda Sam, surprise.
– Oui…
– Juste toi et moi ?
Il tourna la tête et la fixa intensément avant de répondre d'un ton qui se voulait léger :
– Toi, moi et le poisson du lac… Si tu n'as pas peur de te faire mordiller les mollets, l'eau est fabuleuse en cette saison…
L'image fantasmée de Sam en maillot de bain traversa l'esprit de Jack. Il la chassa avant qu'elle ne remarque son trouble et se gratta la gorge.
Sam baissa les yeux un instant, comme si elle hésitait.
Le chalet.
La dernière limite qu'elle avait toujours refusé de franchir.
Elle et lui, avec pour seuls voisins la montagne infinie et un lac.
– Oui, je crois que ça nous ferait du bien de nous reposer un peu… finit-elle par répondre d'une voix basse, troublante, qui le remua bien plus que tout ce qui s'était déjà passé entre eux.
Passé un instant de surprise, Jack lui sourit, victorieux et se tapa dans les mains :
– Bien ! et si on se commandait une pizza ! Trois jours de rations de survie, je ne sais pas toi, mais moi, j'ai une faim de loup !
Sam ne put se retenir de rire : Jack ou l'art et la manière de changer de sujet !
– Le numéro est à côté du téléphone. Tu commandes ? lui suggéra-t-elle. Je vais prendre une douche…
Tandis qu'elle ôtait ses vêtements et entrait dans la salle de bain, Sam entendit Jack commander deux grandes pizzas aux garnitures qu'elle préférait.
Elle ouvrit l'eau chaude à fond et se savonna rapidement avant de se rincer.
Une fois propre, elle se sentit mieux. Elle jeta un coup d'œil dans le miroir à sa brûlure : il en restait une marque encore un peu rose mais, Anise lui avait assuré que cela disparaîtrait d'ici un jour ou deux. Enroulée dans sa serviette, Sam repassa dans sa chambre et enfila un tee-shirt propre et un bas de survêtement.
Lorsqu'elle retrouva Jack, il avait allumé la télévision et regardait un épisode des Simpson. On sonna à la porte pendant qu'elle sortait des assiettes et des couverts.
– Ne bouge pas, j'y vais ! lança-t-elle à Jack, comme ce dernier faisait mine de se lever.
Elle revint un instant plus tard avec deux grands cartons et les posa directement sur la table basse. Puis, elle ramena la vaisselle, une autre bière pour Jack et une carafe d'eau pour elle. Après les traitements qu'elle avait subi, mieux valait éviter l'alcool…
– Aaah ! s'exclama Jack avec la joie d'un enfant en ouvrant la première boîte.
Il distribua deux parts et attaqua la sienne avec gourmandise.
Sam se cala contre lui, assez près pour que son genou frôle le sien. Voilà là elle était chez elle.
Carter commença à piquer du nez au troisième épisode. Lentement, son corps s'affaissa contre celui de Jack et sa tête blonde se posa sur son épaule. Il lui entoura les épaules et regarda encore un épisode, sans bouger, pour ne pas la réveiller.
Lorsqu'il arrêta la télévision, il était près de dix heures et demie. Sam ne se réveilla pas lorsqu'il la souleva dans ses bras et la déposa sur son lit. Il tira la couverture sur elle et caressa tendrement ses cheveux pour les écarter de son front. Elle ouvrit des yeux brumeux et il s'en voulut aussitôt d'avoir troublé son repos.
– Jack… ?
– Tout va bien. Dors.
– Reste… souffla-t-elle en lui attrapant la main.
– Non. Je vais rentrer chez moi. Il faut que tu te reposes pour être en forme demain. Je passe te chercher vers dix heures, d'accord ?
Elle hocha la tête, noyée par la fatigue.
– Réveil… souffla-t-elle au moment de se rendormir.
Jack comprit et régla le réveil de son téléphone sur huit heures. Puis, il le déposa sur la table de nuit et partit silence.
Une fois chez lui, sa maison lui sembla étrangement silencieuse.
Il se déshabilla rapidement, jetant ses vêtements en vrac sur une chaise et se coucha en essayant d'oublier à quel point le vide entre ses bras lui semblait insurmontable.
