Quand Buck se réveilla le lendemain matin, il était encore contrarié par sa dispute avec Ann. Il devait avouer qu'il ne la comprenait pas. Elle l'avait quasiment poussé dans les bras d'Eddie et maintenant, elle lui demandait presque de rompre avec lui.
Son comportement était déroutant.
C'était comme si elle était jalouse de ce qu'il vivait avec lui, comme s'il avait, en quelque sorte, franchit une limite qu'elle lui reprochait à présent d'avoir dépassé. Ann était sa première véritable amie depuis Tyler et ils n'avaient pas du tout le même caractère.
Buck ne savait plus très bien où ils en étaient de leur amitié mais il doutait que sa voisine ait très envie de le revoir pour le moment.
Pour être honnête, il n'était pas très sûr d'avoir envie de la revoir non plus.
Il se fit un thé et observa sa nouvelle fresque peinte dans la nuit. Il était rentré tellement énervé qu'il n'avait pas pu s'endormir tout de suite. Il avait eu besoin de calmer ses nerfs et il ne connaissait rien de mieux que la peinture pour ça.
Il devait admettre qu'il était encore un peu agacé par les propos de celle qu'il considérait comme une amie. Pourquoi lui avait-elle reproché de vouloir avoir un peu de bon temps avec un homme qui n'avait que des gestes d'amour et de tendresse envers lui.
Pour un ancien soldat, Eddie était un homme vraiment doux, sans une once de violence en lui. Et c'était vraiment de ça dont il avait cruellement de besoin, d'un homme gentil et doux, qui lui faisait se sentir autant aimé qu'en sécurité.
Il posa son thé et reprit son pinceau pour finaliser sa fresque.
Il était presque midi lorsque Eddie arriva, le visage frais et reposé, alors que lui-même ne ressemblait plus qu'à un chiffon de peinture. Il s'était laissé entrainer dans ses pensées oubliant qu'Eddie devait passer.
Mais, il avait fini sa fresque.
Le baiser que lui donna son petit-ami lui fit oublier sa contrariété. Il le fit entrer à l'intérieur le temps de se rafraichir lui-même et il retrouva Eddie en train d'admirer son travail. Il n'y avait pas de jugement dans son regard seulement de l'admiration et de l'amour et Buck savait en lui-même qu'il avait enfin trouver celui qui était fait pour lui.
Il devait admettre que ça lui faisait peur de tout recommencer, de se tromper encore une fois. Mais il avait confiance en Eddie et il ne pouvait y avoir plus éloigné de Doug que lui. Peut-être qu'Ann avait raison finalement, peut-être qu'il devait se donner une chance, arrêter d'avoir peur et enfin vivre.
Il alla le rejoindre et glissa sa main dans la sienne.
– Tu aimes ? s'enquit-il.
– Tu as tellement de talent Buck, souffla-t-il. Et aussi du cran, tu te lances comme ça sur ton mur, sans avoir peur de tromper. Je ne crois pas que j'oserais.
– Le plus difficile est le premier coup de pinceau, admit-il. Quand tu as commencé, tu n'as pas le choix que de continuer et de faire de ton mieux.
– Tu m'impressionnes jour après jour, tu sais ? souffla-t-il.
– Tu n'es qu'un charmeur Eddie Diaz, tu sais ?
– Du moment que tu es sous mon charme, ça me va, le taquina-t-il. Viens, j'aimerais te montrer quelque chose.
Buck le suivit et se contenta de le regarder alors qu'il conduisait.
Ils s'arrêtèrent devant une grande propriété et Eddie descendit de voiture. Buck l'imita et le rejoignit alors qu'il sonnait au portail.
– J'ai découvert cet endroit hier lors d'une intervention et j'ai pensé que ça te plairait.
Ils entrèrent lorsque le portail s'ouvrit et Buck perdit tout son souffle.
Le jardin était magnifique. Des fleurs de toutes sortes, de toutes les couleurs poussaient partout autour d'eux. Il avait l'impression d'être dans un rêve. Les couleurs, les odeurs, le naturel de chaque fleur, comme si elle se trouvait exactement où elle devait être.
Le paysage était presque féérique.
– Le propriétaire adore les fleurs, lui expliqua-t-il. Il fait en sorte que son jardin soit toujours coloré, quel que soit les saisons, en s'acclimatant aux températures. Il en prend un soin particulier. Je sais que ce n'est sans doute pas aussi magnifique que le désert en pleine floraison mais...
Buck avait capturé ses lèvres.
Eddie le serra entre ses bras approfondissant le baiser. Buck se sentait si bien dans ses bras, si heureux et apaisé.
– Je suis heureux que ça te plaise, lui sourit Eddie.
– Merci, souffla-t-il.
– Je ferai tout pour ne serait-ce qu'apercevoir ton magnifique sourire.
Buck posa sa tête sur son épaule pour cacher son rougissement.
Ils flânèrent dans le jardin une bonne partie de l'après-midi. Puis, ils rentrèrent et Buck se rendit compte qu'il était heureux pour la première fois de sa vie. Eddie avait un tel pouvoir sur lui.
Il savait qu'il ne pourrait jamais le quitter, pas s'il ne le lui demandait pas lui-même.
– Est-ce que... Est-ce que tu accepterais de poser pour moi ? s'enquit-il nerveusement.
– Moi ? s'étonna-t-il.
– J'aimerais beaucoup te dessiner, je... Enfin, si tu veux.
– Tu me demandes vraiment de poser pour toi ?
– Si ça ne te dérange pas bien sûr.
– Non, bien sûr que non, affirma-t-il. Je crois que je suis surtout flatté. Je serai vraiment honoré, Buck.
Buck sentit une bouffée d'amour le submerger.
Arrivés chez lui, il alla récupérer une feuille à dessin et un fusain, remit par le centre communautaire contre la promesse de donner des cours de dessin gratuit en septembre. Buck se rendit soudain compte qu'il s'installait dans sa vie et qu'il faisait des projets depuis des semaines déjà.
Il comptait rester pour de bon et même si sa dispute avec Ann n'avait en rien influé sur sa décision, elle serait sans doute ravie de l'apprendre. Mais Buck n'était pas encore prêt à lui parler.
Il était encore agacé par son ingérence dans sa vie.
Même s'il n'y avait rien de nouveau de ce côté-là, Ann était comme ça depuis le jour de leur rencontre, mais cette fois elle avait dépassé les bornes.
– Alors où je me mets et qu'est-ce que je dois faire ? demanda Eddie en le voyant revenir.
Il se tourna sur lui-même ne sachant pas trop quoi faire de lui.
Et c'était si adorable que Buck posa son matériel de dessin sur la table bancale et vint le rejoindre prestement pour l'embrasser. Eddie enroula ses bras autour de lui, souriant tendrement dans le baiser.
– Je croyais que tu voulais me dessiner, le taquina-t-il.
– Je veux toujours te dessiner, lui promit-il. Mais, je crois que le dessin peut attendre, je crois que je suis prêt à avancer Eddie, à avancer avec toi.
– On avance, Buck, le rassura-t-il. Un pas à la fois, et à ton rythme, je te suis.
– Alors suis-moi, souffla-t-il en le regardant droit dans les yeux.
Il retira son t-shirt et l'embrassa de nouveau sentant les mains caleuses d'Eddie caresser la peau nue de son dos.
Il le fit reculer jusqu'au canapé et vint le rejoindre en l'embrassant.
– Tu es sûr ? s'inquiéta-t-il de nouveau.
– Je suis sûr, Eddie. Je veux avancer dans notre relation, et j'en ai envie depuis des semaines.
– Moi aussi pour être honnête, rit-il.
Et s'embrassèrent de nouveau tendrement.
– Eddie ? se dégagea-t-il soudain. Ne me fais pas de mal, s'il te plait.
Eddie passa sa main dans ses cheveux et effleura sa tâche de naissance, avant de le forcer à affronter son regard.
– Plus jamais, je ne laisserai qui que ce soit te faire du mal, souffla-t-il. Et surtout pas moi. Tu mérites tout ce qu'il y a de plus beau et de meilleur dans ce monde, Buck. Et je vais m'évertuer à faire en sorte que tu as tout ce dont tu as besoin pour être heureux.
– Embrasse-moi Eddie, le supplia-t-il. Embrasse-moi et fais-moi l'amour, s'il te plait.
– Tout ce que tu veux cariño, tout ce que tu veux.
Eddie déposa ses mains de chaque côté de son visage et il l'embrassa avec passion. Buck enroula ses bras autour de son cou, prolongeant le baiser jusqu'à ce qu'ils soient tous les deux obligés de se séparer pour reprendre leur souffle.
– Je t'aime Buck, souffla-t-il. Tellement.
– Je crois que je t'aime aussi, Eddie.
Eddie se contenta de sourire avant de le ramener sur ses lèvres.
