Bonjour cher lecteur/lectrice.

Ce chapitre est un peu spécial. J'avais plein de choses à vous raconter mais je me suis retrouvé bloquée par le point de vue des personnages. Après plusieurs essais et réécritures, c'est avec un personnage tout neuf que vous allez suivre l'aventure.

Je vous rassure, nous retrouverons enfin Rei dès le prochain chapitre )

Bonne lecture

Chapitre 40 : L'exemple (2/2)

- Kazuma -

Après avoir récupéré mes deux Rapasdepic, je rejoignis la dizaine de postiers qui attendaient pour la répartition matinale. Comme à notre habitude nous étions tous alignés dans l'entrepôt prêt à recevoir notre destination du jour. Je n'avais aucun intérêt à interagir avec mes collègues et restais tranquillement dans mon coin.

J'avais payé mes dettes auprès de Louise mais j'étais toujours inquiet. Savoir qu'une inconnue allait passer la journée seule avec mon frère ne me rassurait pas. Elle pouvait l'attaquer avec ses Pokémons par surprise, Melfi pourrait ne pas avoir le temps de réagir pour le protéger.

En plus d'avoir mutilé mon frère, la Team Rocket nous avait interdit de posséder la moindre Pokéball à la maison. Nous avions eu la chance de pouvoir cacher un de nos Pokémons mais le combat n'était pas sa spécialité, sans compter que nous comptions garder son existence secrète. Heureusement pour nous, c'était un pro pour ne pas se faire remarquer.

Sans lui, j'ignore comment j'aurais pu faire entre mon travail et la convalescence de Keigo. Nous avions eu quelques rares coups de main mais le nouveau Pokématos que l'on nous faisait porter était un signe de traîtrise. Tous ses collègues du poste de police l'avaient aussitôt laissé tomber et les miens me gardaient à distance. Heureusement que tout le monde ne connaissait pas sa signification. Mais ce n'est pas pour autant qu'il fallait leur faire confiance. Ils pouvaient très bien faire partie de la TR et surveiller en jouant les gentils.

Il fallait donc faire attention à qui nous téléphonions et où nous allions. Le système de Géolocalisation n'était pas encore parfaitement un point mais cela était suffisant pour qu'ils sachent très approximativement où nous trouvions.

Je n'étais pas le seul dans ce cas-là et comme les autres je fuyais ceux dans la même situation que moi. Je ne voulais prendre aucun risque de me faire suspecter. Notre famille n'était plus que de nous deux. Je ne pouvais pas prendre de risque ou abandonner Keigo pour des conneries pareilles.

Le chef arriva enfin un calepin sous le bras. Il nous salua et nous remercia pour notre travail de la veille. Puis il commença à annoncer chaque affectation. Une fois appelé nous allions directement dans la section ou nous attendait le courrier et les colis à livrer.

Dès que mon nom et ma destination furent annoncés, je quittai à mon tour le groupe pour voir mon chargement. Je n'avais aucune envie d'aller jusqu'à Safrania, c'était loin, j'allais rentrer tard. Le seul point positif était la masse de colis à transporter qui n'était pas énorme. C'était un trajet pour les courriers et colis urgents qui ne pouvaient pas perdre une journée en transitant par Carmin.

Je sortis Snipe de sa balle avant de m'atteler attacher sa selle et fixer les sangles le grand filet contenant les sacs de lettres et les colis à livrer. J'avais quasiment terminé quand mon chef arriva à ma gauche devant l'emplacement pour Carmin sur mer.

-Kazuma, comme tu n'as pas grand-chose à transporter jusqu'à Safrania. Tu vas me donner un coup de main. m'ordonna-t-il.

-D'accord.

Je n'avais aucune envie de faire ce qu'il me demandait mais je ne pouvais me permettre de le contredire, après tout il était un membre de la Team Rocket. C'était mon donneur d'ordre et en même temps celui qui me surveillait. Sauf qu'il avait vraiment un sale caractère et me mettait les nerfs à fleur de peau. Un mot de travers et s'en était fini de nous, il le savait et en profitait pour me recoller le boulot qu'il ne voulait pas faire.

Dès que j'eus fini avec le premier, je fis sortir mon second Rapasdepic de sa Pokéball. Je l'équipais à son tour rapidement, ne voulant pas m'attarder à côté de l'autre individu.

Je vis du coin de l'œil mes collègues partir faire leur tournée. Nous nous retrouvâmes rapidement être les derniers dans l'entrepôt.

-Je suis prêt. annonçai-je en faisant signe à mes Pokémons d'aller vers la plate-forme de décollage.

Mon chef regarda un regard circulaire, avant de finir de nouer une sangle et de se tourner vers moi.

-J'ai terminé mais avant de partir, je voudrais savoir si tu pouvais m'expliquer ce qu'il s'est passé hier à la plage.

-Comment ça ? fis-je un peu perdu.

-Hier, tu étais là-bas et étrangement le bateau a coulé. fit-il menaçant.

Je le regardais surpris par sa question. Je n'arrivai pas à croire qu'il osait m'accuser de ça.

-Je n'ai rien à voir avec ça ! C'est vous qui m'avez dit de livrer là-bas hier.

-Tu sous-entends que c'est moi le responsable ? conclut-il en fronçant les sourcils.

-Pas du tout ! J'ai déposé le courrier avant d'aller prendre ma pause repas. Quand j'ai vu à la télévision qu'il y a eu un incident je suis aussitôt rentré. expliquai-je plus calmement.

-Tu n'as rien remarqué d'étrange ou de suspect ?

-Non ! J'ignore ce qui c'est exactement passé et je ne veux pas être mêlé à tout ça. Je ne veux pas de problèmes.

J'eus à peine le temps de finir ma phrase qu'il me saisit par le col et me tira jusqu'à lui.

-Je crois que tu n'as pas tout saisi. Tu fais partie du groupe, tu travailles pour nous. Soit tu te rends utile…

Je le vis se pencher vers moi et me murmurer à l'oreille :

-Soit on coupe cette langue.

Je restai immobile, paralysé par la peur, alors qu'il me lâchait et s'éloignait. Je baissai le regard et fixai ses chaussures.

Il m'avait fait un rappel, c'était un mauvais signe. Je pensais que rester tranquille, transmettre les colis et autres informations montrerait mon engagement. Je croyais que cela était suffisant pour éviter qu'ils mettent leur sentence à exécution.

-Tu as compris cette fois ?

-O… oui. J… je vous assure que je ne sais rien de plus sur cet … incident.

-Je compte sur toi pour être plus attentif à l'avenir.

-Je ferais mieux la prochaine fois.

-Bien, il est temps d'y aller.

Je rejoignis mes Pokémons en restant silencieux, me concentrant à contrôler mes tremblements. Une fois bien assis sur ma selle, nous nous envolâmes.

Mon chef ne resta pas derrière moi et vient se placer à mon niveau pour discuter. Je répondais pour donner l'impression de participer à la conversation. Celle-ci fut momentanément interrompue par une étrange forme à l'horizon. C'était assez loin pour voir clairement mais il devait s'agir d'un Pokémon volant. Il volait très vite et était très clair presque blanc. Il se dirigeait en direction de l'Est. Je n'avais jamais rien vu de semblable, mais je n'étais pas un expert. Au moins nous ne l'intéressions pas et pouvions tranquillement continuer notre vol.

Je passai le reste du trajet à la recherche d'une solution pouvant contenter mon chef. J'essayais de garder mon calme et je retenais avec grande peine mes larmes. Bien que mes lunettes pouvaient les cacher, je ne voulais pas lui donner plus de satisfaction à ce connard.

Ce fut avec soulagement que je me séparais du Rocket quelques heures plus tard. Snipe qui avait transporté les colis de la ville balnéaire, se reposait maintenant dans sa balle en prévision du retour.

Je continuai le trajet sur Rayna avant de faire une pause un peu plus tard en pleine campagne pour déjeuner. J'en profitai pour m'occuper d'eux ce qui me remonta un peu le moral.

La nuit était tombée quand j'arrivais enfin à l'entrepôt de Parmanie. Je pris néanmoins le temps de m'occuper convenablement de mes Pokémons. C'est eux qui faisaient le plus gros du travail, il fallait donc qu'ils restent en pleine forme.

J'avais prévenu de mon retard et mon frère m'avais rassuré en me disant que la journée s'était bien passée. Il fallait maintenant que j'agisse comme si tout s'était très bien déroulé de mon côté, pour ne pas l'inquiéter inutilement.

Il fallait aussi que l'on discute du cas de Sélène. Il ne fallait pas qu'elle s'attarde, il manquerait plus que quelqu'un de sa famille la reconnaisse. Je me voyais mal expliquer sa présence ici et le fait de ne pas l'avoir signalé à mon chef.

J'arrivai devant la porte d'entrée et toquai le code pour dire que j'étais seul. Puis je repoussai mes pensées négatives dans une boite pour m'en préoccuper plus tard.

-Je suis rentré. fis-je joyeusement.

Je fus reçu par deux affamés, qui m'attendaient pour manger malgré l'heure tardive. Je glissai mes pieds sous la table tandis que des assiettes bien garnies étaient déposées dessus. Rapidement la conversation dériva sur la journée. Je résumai d'une phrase la mienne contrairement aux deux autres.

Sélène semblait plus détendu et moins anxieuse. Je me doutais que mon frère avait fait son maximum pour la mettre à l'aise. Après tout il avait gardé les compétences de son ancien travail d'inspecteur. Je me demandais s'il était déjà arrivé à lui soutirer discrètement des informations. Bien que la question ne se posait pas, le connaissant, il devait déjà avoir deviné certaines choses.

Le priver de sa vue lui avait fait travailler ses autres sens et notamment l'ouïe. Le ton de la voix, le débit des mots, les pauses, il les entendait et les décryptait. Ce qui m'agaçait au plus haut point car j'avais de plus en plus de mal à lui mentir sans me faire aussitôt griller.

Il devait d'ailleurs avoir déjà conclu qu'il s'était passé quelque chose aujourd'hui. Au moins Sélène me servait d'excuse pour éviter cette conversation. À la fin du repas, dès que toute la vaisselle fut mise à sécher, je prétextais être fatigué pour aller m'allonger sur le canapé qui me servait de lit.

Rapidement, chacun partit dans sa chambre et les lumières furent éteintes. Malgré tout, le sommeil me fuyait, mon cerveau était bien décidé à continuer de fonctionner pour trouver une solution qui n'existait sûrement pas.

Les minutes devenant interminables, je finis par me redresser et allumer la télévision. Je mis aussitôt le volume au plus bas et fit défiler les chaînes pour m'arrêter sur celle des informations.

Les témoignages et théories sur un complot terroriste s'enchaînaient. En plus de l'Aquaria, le train magnétique qui faisait la connexion avec Johto n'était pas arrivé à destination. Une équipe de dresseurs comprenant deux Maîtres d'arènes étaient partis vérifier l'état de la ligne et étaient revenu avec de sombres nouvelles.

Le constat était clair, il n'était plus possible de quitter, tout comme d'entrer, dans le pays par les transports en communs. Avec la chasse à la chose qui avait détruit le laboratoire et kidnapper la jeune femme devant les caméras, cela ne me rassura encore moins. Des événements avaient lieu en coulisses et cela bougeait rapidement. Je comprenais un peu mieux l'avertissement de mon chef. Des choses se passaient et ils manquaient probablement d'informations.

Je me doutai que Sélène devait détenir des réponses qui pourraient certainement agir en ma faveur. Mais c'était trop tard, il faudrait expliquer ce qu'elle faisait ici et je risquai de mettre Louise et Pixie en danger.

Je regardai les avis de recherche d'un œil critique. D'un côté nous avions une sorte d'humain qui était facilement identifiable par son physique assez atypique. Au milieu, Milly Montgomery avec de longs cheveux blonds en cascade et pour terminer une Pikachu.

Je me demandai si les journalistes nous prenez pour des débiles. Si le premier mettait un pied dehors il se ferait direct grillé. La fille en revanche ce serait moins probable, j'avais une impression de déjà-vu mais c'était sûrement à force de voir sa tête partout. Et enfin le Pokémon, d'accord il avait une cicatrice sur la queue mais ce n'était pas un argument. On n'arrivait pas à faire facilement la différence entre deux Pokémons de la même espèce. Sans compter qu'ils portaient tous des blessures à cause des combats.

Les photos disparurent laissant place à la seconde boucle d'information, scrutant le peu que nous laisser voir les images des reportages. Je finis par abandonner et mettre une chaîne avec une émission plus calme avant que mes yeux se ferment sans que je ne m'en rende compte.

Je me réveillais en sursaut sentant une main me toucher le bras. Je reconnus aussitôt Keigo grâce à l'éclairage de la télévision.

-Tout va bien ? demandai-je cherchant un danger dans la pénombre de la pièce.

-Il y a juste ton Pokématos qui sonne.

J'éteignis aussitôt ce dernier réalisant qu'il fallait que je me lève pour aller au travail. Je devais vraiment être fatigué pour que je ne l'entende pas.

-Je te prépare le ptit déj ? me proposa mon frère.

-Si tu veux.

Il s'éloigna pour s'exécuter. Cela aurait été plus rapide que je m'en charge moi-même mais il m'avait fait comprendre depuis longtemps qu'il ne voulait pas que je le traite comme un invalide. Je le laissai donc faire profitant pour aller faire un brin de toilette dans la salle de bain pour essayer de finir de me réveiller. Je retournai dans la pièce à vivre pour m'asseoir à côté de lui et déjeuner.

-On s'est mis d'accord avec Sélène. Elle serait une simple dresseuse que j'aurais aidé un soir pendant une mission à Céladopole. Elle aurait appris depuis peu que j'avais eu un accident et serait venu pour me rendre un coup de main.

-Et pourquoi j'aurais accepté qu'elle vienne chez nous ?

-Car elle était très insistante ? Après elle ne va pas rester longtemps donc on pourra dire qu'elle était chiante ou autre.

-Tu sais comment ils vont la contacter ?

-Probablement à l'extérieur, elle ne peut pas utiliser son Pokématos.

-Je préférerais qu'elle reste à l'intérieur et ne se sorte que le strict minimum.

-Pourquoi ?

-Moins de gens la voit faire des allers-retours chez nous mieux c'est.

-Il s'est passé quelque chose ?

-Oui, tu as vu pour le bateau et le train ? Il y a des trucs qui se passent et ça ne me dit rien qui vaille. J'ai récupéré Sélène à Carmin, elle pourrait avoir un lien. dis-je pour orienter la conversation vers un terrain plus favorable.

-Je te rassure là-dessus, elle n'a aucun lien avec ses événements.

-Comment peux-tu en être si sûr ?

Il me fit son sourire signifiant qu'il ne valait pas que je sache.

-Ne me dis pas que tu les aides encore ?! fis-je sèchement en sous-entendant les rebelles.

Le prix qu'on avait payé était lourd, on avait la chance de ne pas avoir finir sous terre à se faire manger par les Taupiqueur.

-Je ne prendrai pas ce risque. me rassura-t-il. Qu'est-ce qu'un aveugle comme moi pourrai servir ?

-Je te connais. Tu sais comment te rendre utile.

-Même si je le pouvais je ne le ferai pas. Je n'ai pas envie d'être encore plus un boulet.

-Tu ne va pas recommencer avec ça, tu n'es pas un boulet.

-Kazuma…

-Quand c'était moi qui étais inutile, tu ne disais pas ça. le coupai-je.

-Et voilà que tu retournes mes propres mots contre moi. Je suis réaliste.

-Et moi, je suis devenu optimiste.

-Depuis quand ? demanda-t-il avec un petit sourire en coin.

-Cinq secondes, profite-en, ça risque de ne pas durer.

Cela eut le mérite de le faire rigoler et de détendre un peu l'atmosphère.

-Mis à part le problème Sélène, tout va bien ?

Il avait bien réalisé qu'il y avait quelque chose. J'en profitai pour boire ma boisson et réfléchir à une réponse.

-Rien de bien important. commençai-je avant de le voir poser ses coudes sur la table puis sa tête sur le dos de ses mains. Ils trouvent que je ne suis pas assez actif.

-Ils trouvent que tu ne leurs lèches pas assez les bottes ?!

-Roh, ça va. Je ne fais que livrer des trucs ici et là.

-Et qu'est-ce qu'il faudrait que tu fasses de plus ? continua-t-il agacé.

-Je ne sais pas exactement. J'attends les ordres.

-Je n'aime pas ça.

-Moi non plus mais on ne peut rien n'y faire.

-Si jamais on te demande l'impossible, fais pas ton Férosinge et dis-le-moi.

-Entendu. dis-je bien que je pensais le contraire. Sinon que penses-tu de toutes ces attaques dernièrement ? Tu as une idée de qui fait ça ?

-C'est assez bizarre effectivement. La résistance n'a aucun intérêt de faire ça. La TR cherche la fille et cet humain bizarre, c'est peut-être pour les empêcher de quitter le pays. Mais je ne comprends pas en revanche pourquoi le laboratoire du prof Chen a fini dans cet état.

-La chose a ne viendrait pas de là-bas peut être ? Il se serait échappé ?

-Je ne sais pas mais il y a un lien. Il connaissait la Miss Montgomery.

-Qu'est ce qui te fait dire ça ?

-J'écoutais le direct. Il disait ne pas avoir attaqué le laboratoire et connaître la TR. Je suppose donc qu'il était en bon terme avec les gens qui travaillaient là-bas au point de protéger la jeune fille.

-Donc ce ne serait pas lui qui aurait détruit le labo ?

-Je ne pense pas. La seule chose dont je suis sûr, c'est que s'ils sont chassés de la sorte, c'est qu'ils possèdent des informations sensibles et qu'il faut les faire rapidement taire.

-Autrement dit, il pourrait y avoir un troisième groupe.

-Ce ne sont que des suppositions.

-Après, ils ont l'air à cran dernièrement.

-Comment ça ?

-J'ai entendu que certaines bases de la TR se serait fait attaquer et raser. Cela se passe vite et sans logique, ils ignorent où sera la prochaine attaque. Ils ont peur d'être les prochains. C'est pour ça que je fais les longs trajets maintenant. Je passe tellement de temps dans les airs que je n'ai le temps pour rien d'autre.

Je repensai à l'étrange Pokémon que j'avais vu, avant de rester silencieux. Avec la distance et le soleil mes yeux avaient du mal voir.

-Ils doivent avoir une taupe qui sait les emplacements. Ils doivent être en train de te tester.

-Peut-être mais ils ne trouveront rien. J'avoue, c'est dur de ne pas savoir et de ne pas poser de question.

-C'est pour ta sécurité.

-Je sais, ne t'inquiète pas.

-Tu ne fais pas de supposition ?

-Parfois, mais j'évite d'y penser ou sinon je réfléchis trop que les possibilités deviennent improbables.

-Continue comme ça.

-J'y compte bien. déclarai-je.

Nous terminâmes le petit déjeuner en silence. Puis je partis au travail la boule au ventre, répétant inlassablement que tout allait bien se passer.

La journée se passa bien mieux que je ne le redoutais, jusqu'à ce l'on m'annonce à mon retour à l'entrepôt que le chef voulait me voir.

Je le retrouvai dans son bureau la boule au ventre. Il m'invita à m'asseoir sur une des deux chaises qui se trouvait face à son bureau avant de me demander de faire un rapport de ma journée.

Si c'était ça qu'il sous-entendait par être plus actif, cela ne me dérangeait pas. Je lui fis un résumé détaillé de ce que j'avais vu ou entendu de la journée. Ce qui se révéla être assez court et rapide. À m'envoyer faire les livraisons à des kilomètres, j'étais principalement seul avec mes Pokémons dans les airs, autrement dit totalement inutile. Il dut le réaliser car il n'insista pas.

À la place, il me donna une nouvelle mission : celle de surveiller Lyra. Il m'apprit que cette dernière connaissait très bien la fugitive et que son comportement avait changé dernièrement. Il voulait savoir pourquoi et si elle ne cachait pas quelque chose.

Je ressortis du travail, dépité. Maintenant j'avais du boulot supplémentaire le soir. Il devait penser que j'allais me mettre tout de suite au travail, c'était mal me connaître. J'étais crevé, je ne pensais qu'à dormir.

Je rentrais directement à la maison ou la soirée se passa tranquillement. Sélène et Keigo avaient l'air de bien s'entendre, au moins il avait de la compagnie et trouverait les journées moins longues. Je profitais de cette distraction pour me coucher plus tôt et récupérer de ma courte nuit.

Je devais faire la tournée des îles Écumes aujourd'hui. Nous n'y allions pas souvent mais avec les récents événements il était moins dangereux de livrer par les airs que par bateau. Résultat, il fallait maintenant y aller à plusieurs et mon chef en avait profité pour me mettre en équipe avec Lyra.

Je restais professionnel et attachais les lourds filets à mes Rapasdepic avant de partir attendre ma collègue sur la plate-forme de décollage. Celle-ci me rejoignit très rapidement et nous partîmes.

Le trajet se passa principalement en silence. Nous pouvions profiter de la vue de l'océan éclairé par la lumière du soleil qui montait à l'horizon. Hormis les couleurs, le paysage restait le même. Après plusieurs heures, nous pouvions deviner la forme du volcan de Cramois'île au loin signifiant que nous étions bientôt arrivés.

Quelques minutes plus tard, la forme des îles pouvait être enfin clairement vue. D'après les scientifiques, il s'agissait d'anciens volcans qui déviraient maintenant dans l'océan. La végétation avait recouvert la lave depuis longtemps froide avant de se transformer au fils des années en forêt. En grande partie caché par la végétation, les maisons en bois étaient typiques de l'endroit.

Les habitants travaillaient au bord de l'eau d'où il sortait leur nourriture. Cela suffisait amplement mais avec les travaux il y avait bien plus de bouches à nourrir. Même si les courants marins leur apportait toujours une certaines abondance de nourriture, il fallait éviter de décimer trop de créatures aquatiques. Il pouvait y avoir des représailles un jour ou l'autre. Cet endroit était tout le contraire de ce que pouvait rêver un amoureux des Pokémons. Personnellement cela ne me dérangeait pas. J'aimais bien leur cuisine principalement constitué de poissons et crustacés.

Au-dessus de la plage fixée sur la pente de la petite montagne se trouvait les habitations. Loin de potentielles attaques venues de l'océan qui était sans cesse surveillées depuis des tours de guets.

La seule tâche à ce paysage était la dernière des îles. Celle-ci était en train d'être aplati pour en faire une forteresse de défense, je crois. De là où nous étions, ce n'était qu'une tâche marron dont la poussière cacher l'étendu des destructions.

Je fis signe à Lyra de passer la première. La plate-forme d'atterrissage à l'arrière du relais de poste n'était pas bien grande et accueillir quatre Pokémons lourdement chargé n'était pas une bonne idée.

Je la regardais se poser en douceur avant de descendre pour aller ouvrir les portes de l'entrepôt. Son Roucarnage la suivit et pénétra dans le bâtiment. Je fis de même suivit peu après par les deux derniers volatiles.

-Bonjour à tous les deux ça faisait longtemps. s'exclama Allan, le responsable et seul employé des îles. Vous me ramener encore un paquet de travail. Vous n'auriez pas un colis avec un assistant ?

-Ce n'est pas au programme pour le moment. annonça Lyra un peu gênée.

-Aidez-moi au moins à ranger tout ce bordel. Sinon demain j'y serais encore.

Nous n'eûmes pas le temps de répondre que le quarantenaire sortit un Machopeur d'une de ses balles avant de nous lancer des ordres. Je regardai un instant ma collègue qui hocha les épaules avant de se mettre au travail. Je l'imitai ne voulant pas me faire remarquer.

En guise de remerciement, Allan nous amena dans un des rares restaurants de l'île et nous offrit le repas. Je me serais bien contenté d'un sandwich pour rentrer plus vite mais il ne m'en laissa pas l'occasion. Pour être venu plusieurs fois, il avait vite noté mes préférences culinaires et je me retrouvai avec un Krabby grillé devant moi.

-Désolé Keigo. pensai-je avant d'attaquer mon plat et en savourant chaque morceau.

Allant exprima de ses inquiétudes pour l'activité touristique des Îles Écumes suite à l'attaque de l'Aquaria. Nous lui donnèrent des nouvelles du continent, qui n'était pas forcément très réjouissantes. Puis la discussion partie sur un sujet moins négatif.

-Je ne te crois pas ! Une jolie fille comme toi à forcément quelqu'un dans sa vie.

-Pas la peine d'en faire un plat. Je n'ai juste pas trouvé chaussure à mon pied. se défendit-elle.

-En réalité, elle a quelqu'un … ou plutôt plusieurs personnes dans sa vie. répondis-je, me retenant de rire en voyant le visage de Lyra se décomposer.

-Je ne te croyais pas comme ça jeune fille. fit le plus âgé de la table.

-Ce n'est pas vrai ! Kazuma arrête de raconter des conneries !

-Bah tu vis bien avec tes Pokémons non ?

-Oui … mais pas dans ce sens-là !

-Il n'y avait pas de sous-entendu.

-Tu es trop premier degré. soupira Allan. D'ailleurs tu es célibataire, toi aussi.

-Et très content de l'être. répondis-je pour lui couper l'herbe sous le pied.

-Ah les jeunes … d'ailleurs comme va ton frère ?

-Il va bien. répondis-je simplement.

-Tu pourrais venir avec lui un week-end. me proposa-t-il. Ça lui ferait un peu de changement.

C'était bien la pire idée qu'il avait eu jusque-là. Il arrivait tout juste à faire le tour de l'immeuble sans se perdre.

-Merci mais non. C'est trop tôt. m'expliquai-je.

-Comme tu veux. Je pense sincèrement qu'un peu de changement d'air …

-J'ai dit non. le coupai-je sèchement ne voulant pas continuer là-dessus.

-C'est bon j'ai compris. Tu sais où me trouver si tu changes d'avis.

-C'est ça. De toute manière il est temps pour nous de repartir.

-Vous avez un peu de temps pour profiter de la plage. Personne ne vous dira rien.

-On a un long vol et on doit passer récupérer le courrier pour le continent. me justifiai-je.

Voyant qu'il n'obtiendrait pas d'approbation de ma part il se tourna vers Lyra.

-Désolé Allan. Une autre fois. s'excusa-t-elle.

-Vous ne savez pas ce que vous loupez.

-On ne veut pas rentrer tard. répliquai-je.

-Tu aurais pu être plus sympa. me dit ma collègue en volant non loin de moi.

-Faire trempette et bronzette ne sont pas ma priorité du moment.

-Mais Keigo, si ?

-Exactement c'est un problème ?

-Non, non.

Elle resta silencieuse alors que je cherchais un moyen de relancer la conversation. J'avais des questions à lui poser moi.

-Tout va bien de ton côté ? demandai-je. Tu n'as pas l'air en forme.

-Tu n'as pas vu ta tête alors. rigola-t-elle.

-Je manque un peu de sommeil, c'est tout. Des vacances régleraient vite le problème.

-Pour aller voir Allan ?

-Ah non, ça serait tout sauf reposant avec lui.

-Sûrement … Je peux te poser une question ?

-Hum ?

-Si … si un de tes amis risque de faire indirectement du mal à ta famille. Qu'est-ce que tu ferais ?

-Je lui claquerai la porte au nez en lui disant que je ne veux plus le voir.

-Même s'il est venu te voir car il avait besoin de ton aide ?

-Il doit bien avoir d'autres amis non ?

-Sûrement …

-On ne peut pas résoudre les problèmes de tout le monde. Ne te prends pas la tête avec ça.

J'ignore ce qu'il n'allait pas dans ma formulation mais cela ne lui remonta pas le moral.

-Je peux écouter, si tu veux vider ton sac. proposai-je au bout d'un moment. Cela restera entre nous si tu veux.

Elle garda encore le silence et je crus que j'allais devoir trouver un autre plan quand elle se remit à parler :

-Je … j'ai déjà perdu un ami en refusant de l'aider. J'ignore ce qu'il est devenu depuis, je … ne l'ai jamais revu. Et j'ai maintenant peur de devoir en perdre un autre. dit-elle tristement.

-Alors tu choisis ton ami à ta famille.

-Je ne veux pas choisir.

-Ah.

-Après avoir perdu mon premier ami, je me suis senti mal. Terriblement mal. J'avais plein de bonnes raisons de faire ça mais … je ne suis pas sûre d'avoir fait le bon choix.

-Si … tu te retrouvais dans la même situation, ferais-tu la même chose ?

-Probablement.

-Si tu le refaisais, c'est que ce n'était pas un si mauvais choix.

Je la laissai réfléchir tranquillement avant que ma curiosité ne l'emporte.

-N'empêche, ils ne doivent pas être très malins.

-Pardon ?!

-Je veux dire. Ok, ils ont des problèmes, mais de là à venir t'en poser. Ils pourraient réfléchir avant d'aller pleurer à ta porte. Ce n'est pas des amis mais des boulets.

-Même s'ils n'ont plus que moi pour les aider ?

-Ce n'est pas une raison valable. Ils sont juste intéressés.

Elle sembla surprise par ma réponse et je dû m'expliquer.

-Après … que Keigo est eu son accident. J'ai demandé un coup de main auprès de ses soi-disant amis. Bizarrement, tout le monde était soudainement trop occupé. J'ai quand eu un petit coup de main de certains mais on les comptes sur une main. Après c'est ta décision. Si tu acceptes ou non d'avoir le sac de problèmes que transporte ton pote.

-Je comprends. répondit-elle avec un petit sourire.

-Après, je ne suis pas forcément la meilleure personne pour discuter de ça.

-Probablement.

-Hé ! J'essaye d'aider.

-Je n'en doute pas.

-J'ai compris, j'aurai mieux fait de me taire.

-Mais non, tu m'as juste fait me poser encore plus de question.

-Désolé.

-Ce n'est pas grave au contraire. Quand j'aurai trouvé mes réponses tout sera plus clair.

-Après tu te prends peut être la tête. S'il faut, ton ami ira chercher de l'aide ailleurs.

-La… le connaissant, cela serait très probable en fait.

Nous continuâmes notre route en parlant de divers sujets avec plus ou moins d'importance. Je n'osais pas creuser d'avantage sans paraître suspect.

Une fois de retour et le travail terminé, je me rendis dans le bureau du chef pour faire mon rapport. La bonne nouvelle était qu'il semblait content de mon travail mais déçu par le résultat. Il fallait que je continue mon enquête.

Je rentrais pour une fois rassuré et de bonne humeur.

Bonne humeur qui s'envola en découvrant que Sélène avait sorti sa Pikachu de sa Pokéball. Je vis le visage de cette dernière pâlir preuve qu'elle savait qu'elle était dans l'erreur.

Je claquai la porte derrière moi et la pointer du doigt.

-Fais ton sac et dégage. ordonnai-je froidement.

Fin du chapitre

Surpris d'avoir pu revoir Lyra ?

Pour ceux qui se posent la question, elle et sa famille ne sont pas allés contre la team Rocket. Donc ils n'ont pas eu besoin de leur mettre un traceur (le nouveau pokédex). C'est aussi pourquoi elle ne connaît pas sa signification.

De plus cet appareil commence tout juste à sortir. Seule une partie des nouveaux dresseurs en sont équipé.