J'ignore combien de temps je suis resté figé sur place, tel un palmier. Mais je ne pus quitter du regard la dragonne se trouvant devant moi. Son apparence, la couleur de ses écailles et son regard mon captivait.

Je ne revins à la réalité que quand je sentis mon corps se soulever. Une fois bien présent, je constate que je suis capturé dans un filet.

''C'est le piège que mon père avait mis pour empêcher ma mère de s'enfuir. Par les trois lunes ! Comment j'ai pu tomber dans un piège aussi évident ? Même un débutant l'éviterait. Quel honte ! Et ce n'est pas fini…''

- Ha, ha, ha, ha, ha ! rigole à forte voix Qibli devant le spectacle que j'offre. Tu es le fils du meilleur assassin de tout Pyrriah et tu tombes sur le piège qu'il a mis pour ta mère. Oh non, c'est trop cocasse…

- Ne prend pas tes aises, Qibli, lui dis-je avec mépris.

- Ah oui ? dit-il avec arrogance. Et tu comptes me faire quoi, prisonnier du…

Il se tait aussi sec quand un sifflement passe à côté de ses oreilles. Je lui ai lancé deux kunai.

- Sache Qibli que tant que je te vois, je peux t'atteindre, lui dis-je avec froideur.

Ma démonstration fait son effet et je l'entends rire jaune et trembler comme une feuille. J'agrippe un kunai et je tranche le filet. J'atterris sur mes pates et je m'approche de Qibli pour m'assurer qu'il a compris. Il hoche de la tête et je penche maintenant mon attention sur l'aile de glace. Je l'observe plus en détail.

Elle est un peu plus petite que moi. Ses écailles sont d'un blanc bleu pur, et semble changer à l'argenter voir même au cristal en fonction des rayons du soleil. Son visage est plus émincé que celui d'un aile de glace normal, du moins du peu que j'ai pu observer. Elle possède une longue queue et des yeux bleu foncé. Je constate qu'elle porte un collier surmonté d'un pendentif. Dans ce dernier j'y aperçois une pierre précieuse d'un bleu sombre qui y incrusté. Elle porte également les entraves habituelles.

''Il est vrai qu'elle est une belle dragonne. J'ai laissé néanmoins mes émotions reprendre le dessus. Ce qui n'est pas acceptable.''

Je me reconcentre et ferme la fissure que j'ai laissé ouverte. Je m'approche de la dragonne qui semble un brin perdue de notre ''petite'' altercation.

- Vous devez être Krystal, fille du Général Iceberg des Ailes de glace ? demandais-je neutrement sans aucune émotion.

Elle parut étonnée, puis se ressaisi.

- C'est exact, dit-elle avec à la fois douce, cristalline et ferme. A qui ai-je l'honneur ?

- Je suis Python. Et le comique avec moi se nomme Qibli.

- Eh oh ! se plaint l'intéressé.

- Nous avons été envoyés par notre reine pour vous faire sortir d'ici.

Elle semble des plus surprises.

- Ma foi, je ne m'attendais pas à ce que quelqu'un vienne, admet la dragonne. Je m'attendais plus à des membres de mon clan.

- Nous n'avons pas vraiment le choix. Votre reine nous a littéralement poser un ultimatum, explique Qibli.

- Cela ne m'étonne pas d'Avalanche. Tellement paranoïaque et égocentrisme. Décidément cette épidémie n'a fait qu'aggraver les choses, dit-elle sur un ton triste.

- On vous délivre et on vous ramène au bastion. Votre père vous attend, dis-je.

- Comment ? Mon père se trouve au royaume de sable ?

- Oui. C'est lui qui nous a apporté la missive.

- Je vois.

- Maintenant je m'occupe de vous retirer toutes ces entraves. Hm…Il va falloir forcer. J'ose espérer que vous ne craigniez pas d'être blesser ?

- Pourquoi cette question ?

- Les ailes de glaces sont réputées pour leur grande estime d'eux. Et au vue de votre apparence, je doute que vous apprécierez être égratignez.

- Vraiment ? semble-t-elle s'exprimer avec un ton provocateur. Allez-y.

- Voyons Python, s'exprime Qibli. Tu ne vas pas blesser une dragonne aussi belle quand même ?

- Je suis une guérisseuse, répond Krystal. Me blesser est une chose qui m'arrive couramment. Je ne crains pas les égratignures.

- Tant mieux. J'y vais.

Je lui retire les entraves. Même si certaines, j'ai du bien forcé, surtout au niveau de la mâchoire. Une fois retirée, je la voie manipuler cette dernière.

- Vous n'y êtes pas allez de pattes mortes.

- J'avez prévenue. Donc, je ne veux entendre aucune remarque, répondis-je sèchement.

- C'est exact. Sinon, vous êtes tous les deux frères au vue de vos comportements ?

Je me fige sur sa question avant de lui répondre sèchement et avec mépris.

- Moi ? m'indignais-je. Le grand-frère de ce dragonnet ? Et puis quoi encore ? Je meure d'envie de le tuer. Je préfère encore embrasser Scorpion que d'être de la même famille que lui.

- Moi, ça ne me dérange pas, réplique Qibli.

Je le dévisage et je constate qu'il apprécie vraiment la remarque que Krystal a faite.

''Bizarre qu'il soit joyeux au vue de ce que je lui fais subir. Bah, passons.''

- Excusez-moi si je me suis trompé. Cependant, j'ignorais que les ailes de sables pouvaient changer de couleur.

- Je suis un hybride aile de sable/aile de pluie.

- Vraiment ? dit-elle intéressé. C'est curieux. Les Ailes de pluies n'ont pourtant pas participé à la guerre.

- Le cas de ma mère est unique. Elle a servi d'esclave à votre ravisseur. Et c'était ''sa chambre'' là où vous êtes.

Elle semble comprendre ce que je veux dire et elle parait encore plus désolé.

- Les discussions sont terminées. Partons avant que l'on se fasse remarquer.

Nous sortons avec Krystal quand nous tombons sur deux dragons.

- Que faite-vous avec la prisonnière ? me demande l'un d'eux.

- Nous la faisons sortir, répondis-je simplement. Ordre de Vautour.

- C'est marrant car il a ordonné qu'elle reste bien sagement dans sa chambre, me répond l'autre. Tu devrais le savoir Ermite, pourtant. A moins que…

Je ne lui laisse pas le temps de finir sa phrase que je sors mon nouvel outil, une sarbacane. Je souffle dedans et le projectile se plante au niveau de son cou. Les effets ne se font pas attendre. Il s'écroule au sol, endormi. Qibli est déjà sur le deuxième pour l'empêcher de donner l'alerte. Je l'aide à le maintenir au sol.

- On fait quoi ? On le tue ? me demande Qibli.

- Oui et je sais comment faire. Maintient bien ses pattes arrière et sa queue. Il risque de beaucoup gesticuler.

Il ne comprend mais il va vite saisir le sens de ma phrase.

- As-tu peur de la mort ? demandais-je simplement.

- Tu peux faire ce que tu veux, loyaliste de mes deux. J'ai tué bien des dragons juste pour le plaisir. Je n'ai pas peur de mourir.

- Dans ce cas, je vais te montrer qu'il y a bien des façons de mourir…et pas des douces, finissais-je avec amusement et sadisme.

Je prends son pouls et, oh, étrange, il semble s'emballer. Ma phrase semble l'avoir perturbé. Mais trêve de paroles, donnons-lui ce qu'il mérite.

Je lui agrippe avec fermeté sa gueule et ses pattes. J'ouvre ma gueule et je déploie mes crocs. Puis, je l'enfonce profondément dans son cou. J'envoie mon venin et plus qu'à attendre. Je le vois au niveau de ses yeux toute la souffrance, toute la douleur qu'il ressent. Il gesticule avec force, voulant s'échapper. Mais c'est peine perdue. La mort est venue le prendre et elle est intraitable.

Ses mouvements finissent par faiblir et enfin, il arrête de bouger, ses yeux grands ouverts, figé à observer le vide. Le visage figé dans une grimace grotesque. J'extirpe mes crocs et je libère le cadavre de mon emprise.

- Tu lui as fait quoi ?

- Je lui ai injecté mon venin directement dans son organisme. Il a traversé tout son corps, le rongeant de l'intérieur.

- Ce…Ce n'était pas un…un peu trop extrême ?

- Lui, ne semble pas s'être privé des vies qu'il a prise. Il a eu ce qu'il mérité. D'ailleurs, ça a failli t'arriver Qibli.

- Quoi ? Tu voulais me faire subir ça ?

- Après ce que ton grand-père à fait à mes parents, ce n'était que justice. Et de quoi te plains-tu ? Tu es toujours vivant.

- Non mais attends, je rêve ! s'écrie Qibli, choqué par la nouvelle. T'en as d'autres des idées aussi dérangées ?

- Tu veux peut-être en faire l'expérience maintenant ? Crois-moi, elle sera unique, dis-je en dardant la langue d'amusement mauvais.

Je le vis frissonner avant de se reprendre.

- Sinon, au lieu de vous disputer comme le ferait deux frères, nous devrions y aller, s'exprime Krystal.

Je me retiens de ne pas lui crier dessus. Mais elle a raison. Dépêchons-nous. Le temps va jouer contre nous. Nous faisons quelques enjambé quand je m'arrête net.

- Un soucis ? questionne Qibli.

Je ne lui réponds pas. J'observe les couloirs. Je dégaine promptement mon kunai. Avec je repousse les deux couteaux qui me sont envoyés et avec ma queue je repousse celui qui devait atteindre Qibli. Nos agresseurs se montrent, Sonnette et Sirocco.

- Quelle surprise, s'exprime Sonnette avec une joie toute fausse, tu reviens vers nous petit frère. On te manquerait tant ?

- Dans vos rêves ! réplique Qibli avec mépris.

- Nous en tout cas, on n'a pas oublié quand maman a voulu nous tuer, rétorque Sirocco, avec un soupçons de colère dans la voix.

- Comment avez-vous deviné ? demandais-je.

- C'est toi qui t'es trahi, répond avec amusement Sonnette. Ermite est un profiteur, un violeur, mais surtout un pleutre. Jamais il n'oserait nous tenir tête à Sirocco et moi.

- Je vois. Et donc, votre grand-père est au courant de notre présence je présume.

- Non. On préfère s'occuper de vous nous-même, assure Sonnette.

Je ne pus m'empêcher de rire, les désarçonnant.

- Je peux t'assurer une chose Sonnette. Tu es encore plus stupide que ton frère Sirocco.

- De quoi ? Tu oses m'insulter ? Ne me sous-estime pas.

Désolé, mais si j'ai failli tuer votre grand-père, ce n'est pas vous qui aller être un problème, dis-je avec assurance. Surtout une dragonne qui semble avoir un palmier en terme égo.

- Groar ! On va te faire voir nos capacités ! réplique avec colère et haine Sonnette.

Les deux se jettent sur moi, mais il ne me fallut guère longtemps pour les neutraliser. En fait, je n'ai eu qu'à leur planter une fléchette et ils sont hors-course. Une fois endormis, je m'approche d'eux, prêt à leur offrir le sommeil éternel. Pourtant, Qibli s'interpose.

- Non, Python. Ne les tue pas je t'en prie.

- Qibli…Quand comprendras-tu ? Ils sont irrécupérables. Ils sont un danger pour Epine. Et pour toi.

- Je…Je le sais…malgré tout, ils restent mon grand-frère et ma grande-sœur. Je ne veux pas les voir morts. Tu as également promis que je devais revenir entier. Comptes-tu revenir sur ta parole ?

- Ne joue pas avec moi, Qibli, dis-je avec un grognement mauvais.

Je le toise un long moment avant de décider de ranger mon kunai.

- Soit, ils vivront. Cependant, j'espère que ta conscience tiendra quand tu verras le nombre de mort supplémentaires qu'ils auront sur leur corps.

- J'en prends pleinement conscience, admet Qibli.

- Je l'espère pour toi. Néanmoins, je ne veux aucunement rester sur ça.

- J'ai une idée qui me trotte dans la tête depuis longtemps et je voulais vraiment le leur faire.

- Dis-le-moi.

Il me le dit et je lâche un sourire amusé.

- C'est une bonne idée. Mais laisse-moi la fin. Tu risques de ne pas y arriver.

En un rien de temps, les deux sont ligotes l'un contre l'autre. Le bouquet final est que je fais un solide nœud avec leur queue. Une fois avoir bien serré, le spectacle est amusant à voir.

- Maintenant filons.

On traverse les couloirs en esquivant les patrouilles, jusqu'à tomber sur le dragon sur qui il ne fallait pas tomber.

- On promène notre prisonnière, s'exprime Scorpion. Vautour avait été assez claire…Un instant, comment est-elle dehors ? Vautour garde toujours la clé sur lui…Je vois. On a des intrus. Je me disais aussi que Mirage était bien plus résistant que d'habitude.

- On fait quoi Python ? me demande Qibli.

- Tu prends Krystal et vous partez. Je vais faire en sorte de le retenir, lui et les autres qui vont arriver.

- T'es sérieux ? Tout seul ?

- T'as une autre solution à offrir, maintenant ?

Son silence fut sa seule réponse. Je compte profiter du petit lien qu'il y a entre Scorpion et moi. Je retire ma cagoule qui était des plus horrible à porter. Ce dernier souris de satisfaction.

- Le fils de Fennec me fait l'honneur de sa présence.

- J'ai un nom je te signale, montagne de muscle. La leçon que Six-griffes et Lassassin t'ont donné n'a pas dû suffire à te faire réfléchir.

- Tu vas voir !

Notre combat commence. Qibli et Krystal profitent de ça pour s'enfuir.

''Bon, maintenant faire en sorte que je vende chèrement ma peau.''

J'ignore comment, mais on s'est retrouvé dans le hall. Je me retrouve encerclé.

- Tu es bien courageux, mais ton père aurait été plus discret que ça.

- Du moment que l'aile de glace est libre, j'ai fait ce que j'avais à faire.

- Je doute qu'elle puisse quitter le repaire. En attendant, tu vas souffrir.

- Viens donc Scorpion, dis-je en faisant un simple mouvement de la patte, indiquant de venir.

La provocation fait son effet. Il fonce sur moi et abat sa patte sur moi. Je m'écarte, le laissant sur son élan. Puis je lui fais perdre l'équilibre tout en lui attrapant le bras. J'y met toute mes forces et je le soulève et le rabat derrière mes adversaires, incrédule. Le choc résonne dans tout le hall.

Je relâche aussi sec ma prise et de justesse. Scorpion m'aurait attrapé. Il se relève difficilement.

- Joli coup, admet-il sincèrement. J'ai mal à tout mon dos à cause de toi.

- Et ce n'est pas près d'être terminé, dis-je en lui envoyant un kunai sur son épaule.

Il râle de douleur. J'envoie autant de kunai que je peux. Chacun atteint sa cible et tue le dragon. Mais ils sont trop nombreux. Je déploie mes ailes pour prendre de la hauteur, mais un adversaire que je n'avais pas remarqué me tombe dessus. Je m'écroule au sol et tout le monde se jette sur moi. La dernière chose que je vois est le poing de Scorpion me frappant avant que je perdre connaissance.