Une partie de ce chapitre a été co-écrit avec Romana_in_the_Void. Merci à toi, jolie et douce Romana pour ton implication dans chacune de mes histoires. Tu es là, à me soutenir depuis de nombreuses années quand j'ai une idée en tête. Ta présence dans ce monde de mots m'est infiniment précieuse. Je suis chanceuse d'être accompagné par une personne aussi extraordinaire que toi. Encore merci d'exister, je t'aime fort !


Chapitre 5

L'amoureux

À cet instant, Tony aurait dû se sentir fier de lui. Après tout, n'avait-il pas sauvé la Terre d'une invasion extraterrestre et échappé de justesse à la mort ? L'homme responsable de tout ce chaos avait été mis hors d'état de nuire. Hulk s'en était personnellement chargé. Il y avait donc tous lieux de se réjouir. Pourtant, son sixième sens semblait le prévenir d'une tragédie imminente.

Nerveusement, Tony se servit un verre de whisky à son bar. Il savait que cette boisson se transformerait invariablement en jus de pomme dès qu'elle atteindrait ses lèvres, mais c'était sa manière de se rassurer, d'avoir la preuve que son ange veillait toujours sur lui.

Alors qu'il sirotait son jus de pomme, tentant de se rassurer, il observait la forme battue de son ennemi au sol. Pourquoi Loki lui semblait-il si familier ? Pourquoi la violence de Thor à l'encontre du dieu déchu lui déplaisait-elle autant ? Tony s'obligea à se porter volontaire pour conduire Loki en cellule. L'homme avait l'air tellement… Épuisé ?

Tony pensait presque que la situation était sous contrôle lorsque le réacteur à arc surchargea dans sa poitrine.

La seule personne qui fut en mesure de l'aider fut étonnement celle en qui il aurait dû avoir le moins confiance. Son ennemi était penché au-dessus de lui, et Tony ne parvenait pas à comprendre comment l'homme s'était débarrassé de ses menottes avec tant d'aisance. Plus incroyable encore, le dieu avait réussi à réparer le réacteur à arc, comme s'il s'agissait d'une tâche routinière. Les gestes de Loki avait un air de déjà-vu, sa grimace de concentration rappelant une personne en particulier à l'esprit de Tony.

Après plusieurs minutes de terrible tension, Tony put respirer à nouveau, et Loki s'effondra sur lui, inerte.

Tony sentit le corps chaud de son ennemi contre le sien, et même ce contact lui sembla familier. Puis la perplexité fit place à l'horreur lorsqu'il parvint à se dégager. Le dieu aux allures de Severus Snape avait disparu. À sa place, se tenait un jeune homme, à peine âgé de la vingtaine, l'air mal en point. Ses cheveux étaient parsemés de centaines de perles, dont une en verre que Tony aurait reconnu entre mille.

Un cri silencieux tenta alors de se frayer un chemin dans la gorge de Tony. "Non, pas toi," se répétait-il comme un mantra, tandis que le garçon commençait à cracher du sang.

Les oreilles de Tony sifflaient, et tout ce qu'il pouvait voir était le liquide rouge franchir les lèvres de son ennemi.

Des yeux incroyablement verts l'observaient. Pas bleu comme quelques instants auparavant. Non, ces yeux-là appartenaient au garçon du fleuve…À son dieu à lui.

Tony berçait désormais le corps de Loki comme s'il s'agissait d'un enfant, appelant désespérément à l'aide, cherchant quelqu'un pour les secourir. Ce garçon ne devait pas mourir.

"Loki! Loki, reste avec moi," s'écria Tony en posant ses mains sur les joues déjà froides du jeune homme.

Mais Loki lui souriait résolument, comme s'il avait déjà accepté son destin depuis longtemps.

Puis d'autres voix de supplication se joignirent à celle de Tony. Pourquoi ? Comment expliquer que Natasha pleurait soudain ? Que Steve hurlait d'horreur ? Que Clint criait sur la foule autour d'eux pour obtenir de l'aide ? Que Bruce arrachait le corps de Loki de ses bras pour lui administrer les premiers soins ?

Jamais auparavant Tony n'avait vu un docteur s'acharner autant sur un corps pour le ramener à la vie. Bruce avait lui-même porté Loki jusqu'à la salle de soins de la tour Stark. Les heures qui suivirent furent éprouvantes pour chacun d'entre eux.

"Quelqu'un va-t-il enfin m'expliquer pourquoi toutes les personnes présentes dans cette pièce semblent le connaître ?" s'énerva Clint. Son front se plissant d'incompréhension tandis que ses yeux étincelaient d'une lueur sauvage. "Bruce l'opère depuis des heures et vous êtes tous là, à prier pour qu'il survive."

Tony leva un sourcil, déconcerté par le mélange d'émotions qui traversaient l'archer. "Tu es aussi inquiet que nous, Barton ! Avoue-le !" répliqua-t-il.

"Parce que je connais ce visage ! Et Natasha aussi. C'est lui qui m'a appris à viser quand j'étais môme, putain !" Clint détourna le regard, comme s'il se rappelait à la fois avec nostalgie et douleur de ces moments passés avec Loki.

Natasha, généralement si stoïque, afficha une expression étrangement ébranlée. " Si ce visage appartient réellement à celui de Loki, alors lui et moi étions équipiers autrefois. Il intervenait régulièrement pour m'assister lors de mes missions pour la Chambre Rouge," les informa-t-elle, laissant échapper un faible sourire. "Il m'a aidé à mettre fin au trafic d'enfants et à retrouver ma sœur."

"Et toi, Steve ? Depuis quand le connais-tu ?" lança Clint, désireux de découvrir chaque facette de l'histoire.

Steve, le visage grave, sembla se replonger dans ses souvenirs. "Je dirais... depuis toujours ?" avoua-t-il, un brin de tristesse dans la voix. "Nous étions amis quand j'étais enfant. Et c'est lui qui m'a sorti de la glace en Arctique."

Tous les regards convergèrent finalement vers Tony, qui sentit son cœur s'accélérer. Il n'était pas certain qu'une réponse telle que "c'était mon dieu" serait le choix le plus judicieux. Il se contenta donc de dire : "C'est lui qui m'a aidé à m'échapper en Afghanistan quand j'étais prisonnier des terroristes. Mais je l'avais déjà croisé sur la rive du fleuve Hudson quand j'étais môme..."

Natasha, toujours incisive, ne put retenir son impatience plus longtemps. "Vas-tu nous éclairer sur cette supercherie !?" s'impatienta-t-elle en secouant le dieu du tonnerre par le col de son armure.

Thor semblait en état de choc depuis que Loki s'était écroulé, comme si voir son frère mort l'avait déconnecté de la réalité.

"Je ne comprends pas..." murmura Thor, l'air battu, ses épaules affaissées. "C'est un dieu… Il ne devrait pas saigner… Mais à présent, il est mortel… Et si jeune…"

Il semblait exister tant de mensonges et de non-dits entre Loki et sa propre famille... C'était à se demander s'ils comprendraient eux-mêmes le fin mot de l'histoire.

Les pensées de Tony dérivèrent sur les motivations cachées du dieu de la malice. Pourquoi avait-il dissimulé son véritable âge à l'un de ses plus proches parents ? Thor leur avait expliqué que Loki n'avait plus assez de magie pour se guérir, ce qui signifiait qu'il n'en avait plus assez non plus pour maintenir son masque en place.

La tension dans la pièce était palpable, chacun tentant de démêler les mystères qui entouraient Loki. Les souvenirs de chacun s'entremêlaient, formant un tableau complexe de leur passé commun avec le dieu déchu.

Une porte s'ouvrit soudain à la volée et le directeur Fury entra dans la pièce, l'air grave, son œil perçant scrutant chaque visage.

"Coulson est en vie," annonça-t-il d'un ton monocorde, laissant cette révélation planer dans l'atmosphère électrique. "L'artère fémorale n'a jamais été sectionnée. Il a juste perdu assez de sang pour qu'on le croit mort. Le coup de couteau qu'il a reçu était bien précis. Loki savait ce qu'il faisait."

Les regards des Avengers se croisèrent, des expressions d'étonnement et d'incrédulité se lisant sur leurs visages. Clint secoua la tête, essayant de comprendre.

"Pourquoi nous faire croire qu'il avait tué Coulson ?" s'étonna-t-il.

"Pour nous unir…" murmura Natasha, semblant peu à peu comprendre la trame dans laquelle Loki les avait tous impliqués.

"Pardon ?" intervint Steve, cherchant lui aussi à comprendre la situation.

"Réfléchissez un instant. Aucune personne dans cette pièce n'aurait accepté de collaborer volontairement. Mais si un de nos amis communs venait à se faire tuer ? Qu'aurions-nous fait ?" expliqua-t-elle, le regard pénétrant.

"C'est comme si Loki avait prévu chacun de nos faits et gestes dix coups à l'avance…" ajouta Clint, ses sourcils se fronçant alors qu'il assimilait cette éventualité.

Un éclair de compréhension passa soudain dans l'esprit de Tony.

"De quelle couleur sont ses yeux ?" Demanda-t-il avec urgence à Thor.

"Verts, pourquoi me questionner à ce sujet, ami Stark ?" répondit le dieu, l'air perplexe.

Le sang de Tony se refroidit dans ses veines, ses pensées s'embrouillant alors qu'il faisait un rapprochement inattendu.

"Ses iris étaient bleus pendant qu'il nous combattait. Comme celles de Clint alors qu'il était sous contrôle mental."

Les yeux des autres Avengers s'élargirent, comprenant soudain l'importance de cette révélation.

"Tu voudrais dire que…" murmura Steve, cherchant à assimiler cette nouvelle perspective.

"Et si il y avait une autre personne derrière toute cette invasion. Quelqu'un qui tirerait les ficelles dans l'ombre ?" Termina Tony.

"Cela signifierait-il que mon frère est innocent ?" s'étonna Thor avec un éclat d'espoir dans les yeux.

Tony faisait de son mieux pour ne pas pulvériser cet idiot qui n'avait même pas eu l'intuition de remettre en question les agissements de son propre frère.

"Puis-je vous questionner, Monsieur Odinson, sur les circonstances de votre dernière rencontre avec Loki ?" interrogea Fury, le visage grave.

Thor avala sa salive avec difficulté, comme si répondre à la question du directeur lui coutait beaucoup d'efforts.

"Nous étions en guerre contre un royaume nommé Jotunheim. J'ai mené une offensive contre les géants des glaces sans l'autorisation de mon père. Odin m'a puni pour cet acte de trahison en me rendant mortel. Lorsque j'ai finalement obtenu son pardon et que je suis retourné sur Asgard, Loki avait déjà disparu... D'après mes parents, il..." commença Thor avant de s'interrompre, une expression douloureuse sur le visage. "Il a choisi de mettre fin à ses jours en se jetant dans le vide."

Un silence pesant suivit ces paroles.

"Pourquoi Loki se serait-il suicidé ?" questionna Natasha, le regard hanté par cette révélation.

"Il a appris sa filiation avec les Jotuns, et l'idée d'être un monstre lui était insupportable. C'est ce qu'Odin m'a dit." Expliqua le dieu du tonnerre, l'air honteux.

"Les Jotuns sont-ils… Bleus avec les yeux rouges ?" questionna Steve d'une voix qui semblait contenir beaucoup de colère, cherchant une confirmation.

"Oui, en effet !" s'exclama Thor. "En avez-vous déjà vu ?"

C'est alors que Bruce sortit de la salle d'opération, le visage marqué par la fatigue. Sa chemise était tachée de sang, et Tony eut soudain envie de vomir en réalisant l'ampleur des blessures que Loki avait subies.

Ils étaient tous là, attendant dans un silence pesant que le docteur leur annonce que leur ami de toujours avait finalement succombé à ses blessures.

"Je suis parvenu à stabiliser son état grâce à des nanorobots dans son sang," annonça Bruce avec un soupir de soulagement. "Il vivra."

Un poids immense semblait se dissiper dans la pièce, et un léger sourire apparut sur les visages tendus des Avengers. Tony avait presque oublié à quel point Bruce était un médecin incroyable, capable de miracles dans des situations désespérées.

"Merci, Bruce," murmura Steve d'une voix émue.

"Tu as fait un travail extraordinaire, Banner," ajouta Tony avec un hochement de tête reconnaissant.

"Nous devons rester vigilants, néanmoins," avertit le docteur. "Les blessures de Loki étaient graves, et il aura besoin de temps pour guérir complètement. Mais pour l'instant, il est stable."

"Puis-je le voir ?" demandèrent Thor, Steve et Tony en cœur.

Le dieu, le soldat et l'inventeur échangèrent un drôle de regard, chacun hésitant à savoir lequel était le plus apte à s'occuper de Loki.

"Allez-y," soupira Bruce. "Le gamin est sous sédatif. Il ne se réveillera pas avant un bon moment."

Tous trois entrèrent dans la pièce avec précaution. Loki était étendu sur le lit, ses longs cheveux noirs éparpillés autour de lui. Son visage était détendu, presque paisible malgré les marques de fatigue et de douleur qui l'entouraient. Tony sentit son cœur bondir de joie en observant sa poitrine du garçon lentement monter et descendre, le souffle régulier.

"Il a l'air si jeune," remarqua Thor, les yeux fixés sur le visage endormi de Loki.

Tendrement, le dieu alla caresser la joue de son frère, et Tony sentit de nouveau monter la rage en lui.

"C'est comme si tu ne connaissais pas ton propre frère…" lança-t-il sur un ton de reproche.

La honte s'alluma alors dans les yeux du dieu du tonnerre.

"Loki a toujours été… Différent. Nos parents ne nous ont jamais dit qu'il avait été adopté… Je n'ai pas été un bon frère… Je me suis toujours montré cruel envers lui et… ça l'a conduit à fuir sur Midgard… Il préférait demeurer invisible et servir les mortels plutôt que vivre parmi les dieux," pleura Thor, son visage caché dans ses longs cheveux dorés.

"Invisible ?" répéta Tony, la mâchoire serrée.

"Les dieux n'ont normalement pas le droit de pénétrer dans le monde des mortels," leur expliqua Thor d'une voix enrouée par l'émotion. "Nous demeurons invisibles aux yeux des humains tant qu'ils ne connaissent pas nos noms. Cependant, si jamais une croyance s'installe et que nous venons par être oublié par nos fidèles, c'est la fin de notre existence. Loki n'en a toujours fait qu'à sa tête. Il n'arrêtait pas de faire le mur pour rejoindre votre planète, peu importe les risques qu'il courait.

" Si les dieux sont censés être invisibles aux yeux des mortels, comment se fait-il que nous pouvons te voir?" demanda Steve.

" Vous autres humains, vous connaissez mon nom depuis qu'Odin m'a châtié sur Terre. J'ai dû faire amende honorable afin d'accéder à nouveau au statut divin."

" Un sacré paternel que tu as là ! Ironisa Tony. " Quand est-il de Loki ? Pourquoi l'as-tu qualifié de différent ? "

"Il était si… Vous voyez ? Efféminé ? Répondit Thor dans un murmure. " Seules les femmes se servent de la magie à Asgard, c'est une pratique honteuse pour notre peuple…"

Les poings de Tony se serrèrent, mais ce fut Steve qui agit le premier. D'un mouvement sec, il souleva Thor au-dessus du sol, sa prise serrée sur sa gorge.

"L'aimes-tu ?" S'écria le soldat, une sombre colère perçant dans sa voix habituellement si calme.

"Que… Que voulez-vous dire ?" Tenta d'articuler Thor malgré la prise de Steve sur sa gorge.

"L'aimes-tu assez pour te racheter ? Pour lui prouver que tu es un frère digne de son nom ! "

"Bien entendu !" S'écria Thor. "Je ferais tout pour Loki !"

"Alors rentre sur Asgard et rachète son honneur. Dis à ton roi que Loki a sa place parmi nous, sur Terre, et que jamais nous ne le laisserons repartir chez des gens qui l'ont maltraité toute sa vie d'immortel. M'entends-tu ?"

Puis Steve lâcha Thor, ce dernier tombant à genoux devant le soldat.

"Je t'entends…" murmura Thor, le regard baissé et humble.

Lentement, le dieu se releva pour jeter un dernier regard à Loki.

"Loki a toujours fait des cauchemars… Si son sommeil est troublé, chante-lui une chanson… Il adore la musique…" leur confia Thor, ses yeux humides traduisant toute sa préoccupation pour son frère.

Puis le Dieu appela le nom de Heimdall, et il disparut.

Steve et Tony se tournèrent vers leur ami toujours endormi, réalisant que leur lien avec Loki allait bien au-delà des apparences, révélant un passé complexe et douloureux.

" C'est étrange de le voir si vulnérable." murmura Steve " C'était lui qui me protégeait des méchants garçons quand j'étais enfant," ajouta-t-il avec un sourire rempli de tendresse.

"Oui, c'est étrange," répondit Tony en s'approchant du lit. "C'est encore plus étrange de le voir sous forme humaine."

"Tu ne l'as jamais vu ainsi ?" s'étonna Steve.

" Je ne sais pas si la première fois que je l'ai vu compte vraiment," avoua Tony, laissant échapper un léger soupir. "Il ressemblait à un enfant, mais il avait déjà ces étranges perles dans les cheveux."

Steve lui adressa un sourire compréhensif. Doucement, il caressa les longs cheveux noirs de Loki, s'attardant sur une des perles décorant ses mèches.

"Laquelle de ces perles t'appartient ?" demanda-t-il.

Tony leva les sourcils, surpris par la question.

"Comment sais-tu pour la perle ?" demanda-t-il curieusement.

Le soldat lui sourit de nouveau, le regard complice. "C'est lui qui me l'a dit, bien sûr. Chaque perle représente un enfant auquel il est venu en aide. Regarde," dit-il en désignant la perle en bois dans les cheveux de Loki. "J'ai sculpté moi-même cette perle à l'âge de dix ans. J'étais sur le point de perdre ma mère."

Tony fut touché par cette confidence, réalisant qu'il y avait tant de facettes méconnues de son dieu

"J'aurais aimé qu'il soit aussi présent dans ma vie qu'il l'a été pour toi et les autres…" avoua Tony avec tristesse.

"Je crois que seuls les enfants pouvaient le voir. Du moins, c'est ce que je suppose, car passé l'âge de dix ans, il a subitement disparu de ma vie."

" Peut-être veillait-il sur nous sans que nous puissions le voir…" murmura Tony, perdu dans ses pensées.

"Il m'a dit qu'il t'avait aidé dans le désert, lui avoua soudain Steve.

Tony écouta attentivement le récit du soldat. Il comprenait désormais pourquoi Loki était resté si discret lors de leur première rencontre dans le désert.

"Alors c'était toi qu'il partait aider ?" s'écria Tony, l'esprit bouillonnant de questions.

"Oui," répondit Steve d'un ton calme. "Il m'a aidé à sortir de la glace, mais, disons que je ne lui ai pas montré beaucoup de reconnaissance. Je ne l'avais pas reconnu sous sa forme Jotun. Je lui ai même cassé une corne…"

"Tu as quoi ?" s'exclama Tony, abasourdi.

"Oui, j'ai réagi de manière assez brutale, mais je ne comprenais pas à l'époque. Il a fallu que je traverse l'Arctique en sa compagnie pour que je finisse par réaliser qui il était vraiment. Il m'a guidé jusqu'à une station militaire, puis est reparti aussi mystérieusement qu'il était venu."

"Pourquoi ? Pourquoi aurait-il fait tout ça ?" demanda Tony, encore sous le choc.

"Je ne sais pas," répondit Steve en secouant légèrement la tête. "Peut-être parce qu'il croyait en nous, en notre potentiel pour devenir de véritables héros. Ou peut-être parce qu'il avait besoin de nous autant que nous avions besoin de lui."

" À entendre ce crétin de Thor, Asgard ne devait pas être le meilleur des endroits pour grandir."

Un silence suivit cette déclaration, rythmé par la respiration profonde de Loki.

"Tu crois qu'il va se réveiller bientôt ?" demanda Steve, son inquiétude palpable.

Bruce avait dit que Loki resterait endormi pendant plusieurs heures, mais personne ne savait vraiment à quoi s'attendre. La magie de Loki était imprévisible, et il était difficile de prédire comment son corps réagirait à ses blessures.

"Je l'espère," soupira Tony. "J'ai besoin de lui parler, de lui dire... Je ne sais pas quoi lui dire en fait. Mais il faut qu'on ait une conversation sérieuse."

Steve posa une main rassurante sur l'épaule de Tony. "On trouvera les mots, Tony. Et on sera là pour lui, quoi qu'il advienne."

Tony acquiesça, reconnaissant pour le soutien de Steve. Ils restèrent là, silencieux, veillant sur Loki tandis qu'il dormait paisiblement.


"Je crois que son système immunitaire est en train de détruire les nanorobots présents dans son sang," expliqua Bruce avec inquiétude.

"Peut-être que sa magie essaie de le guérir ? Comme il n'a plus besoin des nanorobots pour réparer ses blessures internes, elle agit comme un anticorps !" suggéra Tony.

Dans les draps blancs, l'inventeur observa le corps du dieu déchu se tordre sous l'effet de la fièvre.

Steve leur lança un regard inquiet. "Il est brûlant," fit-il remarquer, la main posée sur le front du garçon.

"Tony," appela Bruce, "peux-tu aller chercher de la glace ? Ça fera baisser sa température."

Ravie de pouvoir enfin se rendre utile, Tony sortit au pas de course de la chambre. Il avait l'impression que son cœur ne supporterait pas un instant de plus de voir Loki ainsi.

"Comment va-t-il ?" l'interpella Natasha, les yeux bouffis par le sommeil. La jeune femme semblait avoir dormi sur le canapé.

"Mal," murmura Tony d'une voix sombre. "La fièvre a empiré."

"Y a-t-il quelque chose que je puisse faire ?" demanda l'espionne.

Tony fit non de la tête, prenant dans le congélateur suffisamment de glace pour remplir toute une baignoire si nécessaire.

"Tu as dit qu'il t'avait aidé à arrêter un trafic d'enfants ?" demanda Tony.

"C'était à l'époque où je travaillais encore pour la Chambre Rouge," déclara la rousse. "J'avais douze ans à l'époque. Je faisais partie d'un programme soviétique visant à prendre de jeunes femmes et à les changer en assassins d'élite."

Intrigué, Tony demanda: "Dans quelles circonstances vous êtes-vous rencontrés ? Je veux dire, toi et Loki ?"

Natasha prit une profonde inspiration avant de répondre, replongeant dans ses souvenirs : "J'ai tenté de m'échapper, et Loki était là, accompagné de Clint. Ils n'avaient pas l'air plus âgés que moi à l'époque. Ils m'ont aidé à me cacher, puis à retrouver ma sœur. Nous avons réuni un grand nombre d'informations pour faire tomber l'organisation. Puis du jour au lendemain, Loki a tout simplement disparu ."

"Quel âge aviez-vous à ce moment-là ?"

"Environ 15 ans...Luca était…Je veux dire… Loki, était un garçon très secret. Nous avons cru qu'il s'était fait tuer... Tu n'imagines pas à quel point cela a été dur pour Clint et moi. Nous étions devenus une famille, et... Disons qu'il a laissé un grand vide.

"Comment peux-tu être certaine que c'était bien Loki ?" voulut savoir Tony.

"La perle en or dans ses cheveux..." avoua Natasha. "Cet or provient de notre premier cambriolage. Pas que j'en sois vraiment fière. Mais avec Clint, on s'est dit que ça serait un cadeau symbolique. Il s'est occupé de nous comme un grand frère..."

D'un signe de tête, Tony remercia Natasha pour cette confidence qu'elle lui accordait en lui dévoilant son histoire.

Pensif, il retourna vers la salle de soins. Un frère pour Natasha et Clint, un ami d'enfance pour Steve. Tony ne savait plus où se situer dans la vie du dieu de la malice. Tout le monde autour de lui semblait avoir vécu une vie entière à ses côtés. Mais lui, qui n'avait jamais pu le voir avant d'être fait prisonnier... Que représentait-il pour Loki ?

Un chant s'éleva soudain dans la chambre. Lorsque Tony s'avança, il surprit Steve en train de chanter devant le lit.

"There will come a poet

Whose weapon is His word

He will save you with His tongue

Oh lei, oh lai, oh, Lord

Oh lei, oh lai, oh lei, oh, Lord

He will save you with His..."

Sursautant, Steve s'interrompit en apercevant Tony devant la porte.

"Désolé... Il me chantait cette chanson quand j'étais petit, alors..."

"Tu pensais que ça l'aiderait à se sentir mieux," termina Tony, un sourire compréhensif sur son visage. "Je vois ce que tu veux dire. Il a une voix magnifique."

"Oui," rit Steve, un peu gêné. "Il chante plus juste que moi, c'est indéniable."

"J'ai apporté de la glace," dit Tony en posant le gant frais sur le front du jeune homme.

Au contact du froid, Loki s'agita, l'air mal à l'aise. Il ouvrit alors des yeux troublés par la fièvre vers Tony.

"Ne serait-ce pas mon génie préféré qui se réveille ?" demanda Tony avec un sourire encourageant.

Le garçon n'eut toutefois pas l'air de l'entendre.

Au lieu de cela, Loki avança prudemment sa main vers le torse de l'inventeur, comme s'il ne croyait pas à sa présence.

Tony vit clairement son prénom se former sur les lèvres du Loki, comme une prière. Pourtant, aucun son ne parvint à sortir de sa bouche.

Délicatement, Tony attrapa la main du jeune homme pour la tenir contre son cœur.

"Tout va bien, Loki," le rassura l'inventeur, "tu es en sécurité."

Les yeux du garçon se troublèrent soudain de larmes alors que ses doigts se resserraient sur ceux de Tony, comme pour se prouver que l'homme devant lui était bien réel.

Croyant défaillir devant la détresse manifeste du garçon, Tony porta la main de ce dernier à ses lèvres et l'embrassa.

"Je ne te quitterai plus," promit-il dans un doux murmure.

Loki lui lança un regard soulagé, puis ramena la main de Tony vers son propre cœur, et l'inventeur fut pris d'un vertige.

" Et si, tout ce temps",se demanda intérieurement Tony "Tu voulais que je te vois autant que je désirais te voir ? Et si, depuis Hudson, tu voulais me toucher autant que je rêvais de te toucher ? ".

Les yeux du garçon papillonnèrent, et il perdit connaissance à nouveau, sa main toujours agrippée à celle de Tony, comme à une bouée de sauvetage.

Steve lui lança un drôle de regard et Tony ne pu s'empêcher de rougir. Il ne retira toutefois pas sa main. Il n'avait pas honte de ce qu'il partageait avec Loki. Ce n'était peut-être pas un lien fraternel ou d'amitié, mais ça avait tout autant de valeur, il en était intimement convaincu.

Au bout de trois jours de veille acharnée, Bruce avait finalement contraint Tony et Steve à aller se reposer. Certes, Tony était un habitué des nuits blanches, mais même lui devait admettre que quelques heures de sommeil étaient nécessaires après avoir sauvé le monde d'une invasion extraterrestre intempestive. Même Steve avait fini par accepter cette évidence. C'est donc comme un seul homme qu'ils chancelèrent vers le salon et s'écroulèrent sur le gigantesque canapé pour enfin goûter au repos tant mérité.

Tony ignorait combien de temps il avait dormi. Tout ce qu'il réalisa en se réveillant, c'est que son visage était chatouillé par une chevelure familière. Quelle ne fut donc pas sa surprise lorsqu'il découvrit l'auteur de tous ses tracas allongé sur le canapé, les membres emmêlés avec les siens et ceux de Steve.

Se redressant subitement, il observa d'un regard ahuri Loki, visiblement en train d'utiliser Steve comme un oreiller.

"Il est là depuis hier soir," l'informa Bruce depuis la cuisine, un bol de céréales à la main.

"A-t-il dit quelque chose ?" demanda Tony, plus qu'étonné de voir le garçon remis si vite de ses blessures.

"Je ne crois pas qu'il puisse parler..." avoua Bruce avec une grimace. "Toutefois, il s'est vivement fait comprendre pour vérifier l'équipe."

L'attention de Tony se reporta lentement vers le garçon endormi. Des émotions contradictoires firent soudain rage dans son esprit. Il éprouvait bien évidemment du soulagement en voyant Loki remis de ses blessures. Mais, découvrir le garçon en train d'étreindre Steve provoquait en lui une pointe de jalousie. S'était-il trompé sur le lien qui existait entre lui et le garçon ?

Lorsque Steve s'éveilla un peu plus tard, Natasha et Clint s'étaient déjà fait une joie de se moquer ouvertement de leurs amis.

"Il faut que je les prenne en photo, ils sont juste trop mignons," plaisanta Natasha en sortant son téléphone.

"Alors Steve ? Ça fait quoi d'être câliné par un ex-dieu maléfique ?" ajouta Clint, un sourire malicieux sur les lèvres.

"Je rêve où Mon Dieu attitré est en train de te prendre pour son oreiller ? C'est absolument scandaleux ! Dieu de la tromperie, je le savais déjà, mais pas dans ce sens !" intervint finalement Tony, n'y tenant plus.

Tous les regards se tournèrent alors vers lui et un ange passa.

Comme si Loki avait senti le malaise ambiant, le garçon commença à s'agiter sur le canapé. Ignorant les salutations polies mais timides de Steve, Loki parcourut la pièce du regard, l'air désorienté, avant de finalement s'arrêter sur Tony. En quelques secondes à peine, le jeune homme s'était arraché à l'étreinte du soldat pour se jeter sur l'inventeur.

Le souffle coupé, Tony observa le garçon passer ses mains sous son pull pour vérifier le réacteur à arc.

Semblant enfin rassuré sur son état, le regard de Loki se releva pour lui faire face. Les yeux du jeune homme étaient d'un vert profond, trahissant toute une palette d'émotions dont le soulagement, la joie et...

Lorsque les lèvres de Loki se joignirent aux siennes, le cœur de Tony manqua un battement.

Ce n'était pas la première fois qu'ils s'embrassaient certes, mais l'inventeur n'aurait jamais cru pouvoir goûter à cette bouche si rapidement.

Avec une faim trop longtemps contenue, Tony lui rendit le baiser. Il ne s'était pas rendu compte à quel point il avait eu envie de ça. À quel point il avait eu besoin d'avoir Loki si proche de lui.

Puis il y eut l'excuse minable d'un petit-déjeuner pour les séparer.

Tous les membres de l'équipe semblaient avoir accepté la situation. Même Steve, encore rougissant derrière son café, paraissait finalement à l'aise avec cette relation naissante. Il était certain que chaque personne dans cette pièce essayait de profiter de ce moment de paix. Tout naturellement, ils s'étaient mis à bavarder, comme s'il s'agissait d'un matin comme tous les autres. Il n'y avait même pas besoin de se forcer. C'était comme voir une famille enfin réunie après une longue séparation, et tout le monde jouait le jeu.

Il y eu des rires, quelques larmes aussi ponctuées de secrets dévoilées, et pour finir, une danse qui termina la journée sur une note heureuse. Tony leur avait proposé à tous de rester à la tour, et aucun n'avait décliné l'offre.


Bien plus tard, alors que tous les membres des Avengers étaient censés avoir regagné leur chambre respective, Tony n'était pas encore parvenu à trouver le sommeil. L'inventeur avait beaucoup trop de choses en tête, à commencer par la menace d'un méchant sorcier planifiant d'asservir la terre dans un avenir proche.

Le souvenir de ces milliers de vaisseaux menaçants qu'il avait observés derrière le trou de ver le hantait. La Terre était en danger, et Tony était déterminé à prendre des mesures pour la protéger.

Dans l'obscurité de son laboratoire, Tony activa un hologramme devant lui et commença à esquisser les plans pour la construction d'un immense champ de force qui entourerait la planète. Il savait que ce serait une tâche colossale, mais il n'avait pas le choix. Si les Avengers voulaient avoir une chance de repousser la menace qui pesait sur la Terre, ils devaient être prêts à faire face à n'importe quelle éventualité.

Même au beau milieu de la nuit, Tony n'avait pas besoin de l'alerte lumineuse de JARVIS pour savoir que Loki approchait. Peut-être était-ce car c'était son antre, son laboratoire, le cœur de sa maison où et quelle qu'elle soit. Peut-être car c'était Loki, son Djinn bleu, et qu'ils étaient toujours liés malgré son vœux qu'il soit libre à tout jamais. Ou simplement via la perle de verre qu'il avait donnée en offrande au dieu de la rivière Hudson, il y avait si longtemps, et qu'il portait tissée dans ses cheveux comme si une si petite chose pouvait être une marque de fierté.

D'un geste de la main, Tony mis en pause ses schémas avant de se redresser, grimaçant à la raideur dans ses muscles. Il leva les yeux juste à temps pour voir les portes s'ouvrir sans bruit pour laisser entrer Loki. Le dieu fit quelques pas vers lui, plus attentif à son hôte qu'à l'immense caverne d'Ali-Baba futuriste qui l'entourait.

C'est ainsi qu'il le vit, le moment où son regard vert se détacha de Tony pour se poser derrière lui en un froncement de sourcils intrigué.

Aux yeux de tous, c'était un magnifique mur high-tech, lumineux et décoré de ses exploits en ingénierie. Mais pour quelques élues, son secret se dévoilait.

Si Tony ne s'était pas trompé durant toutes ces années, Loki n'avait pas besoin d'ouvrir le mur pour savoir ce qui s'y cachait. Mais qui serait-il s'il se privait de ce moment ?

« Tu vas adorer ça, ô génie de la lampe, c'est des années de recherche acharnée ! », Tony se leva d'un bond, attrapa la main fraiche de Loki, et les rapprocha tout deux du mur, « La plupart d'entre eux datent d'après notre rencontre - enfin d'après le coup du jus de pomme - mais j'ai redoublé d'effort dans mes recherches après ta révélation bleue, et j'en ai également quelques uns que j'ai trouvé enfant, après t'avoir vu pour la première fois dans l'eau cette nuit là ».JARVIS ouvrit le mur.

Les doigts de Loki se resserrèrent autour de ceux de Tony alors qu'il voyait pour la première fois sa collection. La lumière dorée se reflétait dans les yeux de son sauveur et ami, et Tony ne savait pas si c'était cette lueur ou une pincée d'émerveillement qui faisaient briller son regard comme une flamme éternelle.

"Je n'ai jamais vraiment su en faire marcher un seul, c'est peut-être juste un amas de bric-à-brac pour toi, mais pour moi c'est surtout la preuve que je ne t'ai jamais oublié », lui lâchant la main pour qu'il puisse regarder de plus près, Tony lui sourit, " Je crois en toi, Loki ".

Tony Stark n'avait jamais cru aux contes de fées. Le génie croyait aux faits et en la science, aux expériences vérifiables et à la beauté de l'électricité.

Rien n'aurait dû le détourner de ce droit chemin.

Alors, quand le petit Antony, huit ans, entendit une envoûtante chanson portées par les vagues, il partit à la recherche d'une explication scientifique.

Mais une seule chose se mouvait parmi les flots, une carpe d'ébène, à peine visible au clair de lune. Une scintillance d'écailles dans le marasme de l'Hudson river.

Puis, sans même une clignement pour l'expliquer, un enfant lui souriant doucement.

Qui n'aurait pas plongé pour vérifier ?

Tony Stark n'avait jamais cru aux contes de fées.

Ses oreilles lui avaient dit « Écoute ! » et il avait entendu. Mais il n'avait pas cru.

Ses yeux lui avaient dit « Regarde ! » et il avait vu. Mais il n'avait pas cru.

Ses mains lui avaient dit « Touche ! », et il avait senti.

Et soudain, il cru.

Tony Stark savait que les contes de fées disaient la vérité.

Passionné jusqu'au bout, il avait alors décidé de consacrer sa vie autant en la science qu'en la sorcellerie. Car tout était vrai.

Entre deux inventions il avait cherché à côtoyer les dieux, entre deux innovations, il voyageait de par le monde pour trouver un éclat de magie. Il avait cherché à sauver la nature et appris d'elle. Petit à petit, il avait ramené tout un tas d'artéfacts dans son antre technologique, en faisant le cœur palpitant de l'automate qu'était son bâtiment.

Tony Stark savait que les contes de fées disaient la vérité.

Enfant, il avait touché un rêve et avait senti le sang battre dans ses veines.

Adolescent, il avait vu un dieu, et chaque jour depuis, sa croyance avait un goût de pomme verte.

Adulte, il avait libéré un Djinn et celui-ci l'avait sauvé d'un baiser.

Et aujourd'hui, son Djinn, son dieu, son rêve, parcourait avec prudence, les preuves de sa croyance.

D'un touché, un scarabée d'émeraude s'envola, tournoyant autour d'eux. Avec un sourcil levé, un coquillage doré se mit à chanter. D'un souffle, une harpe se joignit à la mélodie. Une bobine de fil d'or que Tony avait posé parmi le reste sans trop y croire, brilla de mille feux, s'envolant pour lier leurs poignets avant de disparaître dans une lueur cramoisie. D'un œuf de porcelaine, un oiseau vint à naitre, voletant de ses plumes émaillées et se faisant œuf à nouveau. Au pied d'un moulin à café, un tas de sel scintillait.

Certains de ses objets avait fonctionné dans les mains rudes de Tony, d'autres avaient seulement tressauté avant de s'immobiliser, la plupart n'avait rien eu pour les différencier. Mais aucun n'avaient agit ainsi, comme si leur magie était aussi naturelle que l'air ou la matière.

Tony, soudain, se rendit compte qu'il riait.

D'une ribambelle de flacons, des mots s'écoulaient. Une abeille butinait du miel dans un coquillage nacré. Plusieurs épées semblaient luire de plus belle, dans un étrange concourt métallique. Et son dieu avançait toujours parmi ce magnifique chaos, comme s'il était né pour cela.

Loki posa la main sur une délicate lampe à huile ouvragée, se retournant vers Tony les deux sourcils levés.

Tony passa sa main dans ses cheveux, géné : « Alors, je suis allé dans le village de Yinsen, tu vois, pour qu'il ne soit pas mort en vain, et j'ai peut-être fait une escale pour la récupérer avant que le désert ne l'engloutisse ? Je sais que tu n'es pas un Djinn, mais cela semblait mal de la laisser dans le sable alors qu'elle t'a fait apparaître ».

Ces mots n'avaient rien d'une formule magique, pourtant, à peine prononcés, des lèvres fraiches s'étaient posées sur les siennes, l'étourdissant d'un baiser.

Loki lui prit alors la main et d'un regard débordant de promesses, le tira jusqu'à l'ascenseur.

Le champ de force attendrait. Ils avaient du temps à rattraper.

Ils ne parvinrent cependant jamais jusqu'à la chambre de Tony…

"Quelqu'un peut-il me dire pourquoi ce foutu ascenseur ne marche plus ?" S'écria Fury qui appuyait frénétiquement sur le bouton au rez-de-chaussée de la tour Stark.


"Je vous préviens, Monsieur Stark, c'est notre dernier avertissement," gronda l'agent de police, d'un air sévère. "Si nous surprenons encore ce garçon en train de taguer les murs de la Maison Blanche, l'argent ne sera plus une solution envisageable."

Tony observa d'un œil dépité le graffiti rouge dégoulinant du mur devant eux. On pouvait y lire en majuscules "Sauve ta planète avant que même les extraterrestres n'en veuillent plus".

Le regard du milliardaire se tourna vers Loki, qui ne faisait pas même l'effort de prendre un air honteux. Au contraire, le jeune homme lui souriait de toutes ses dents, fier de son méfait.

Avec un soupir, Tony tendit une grosse liasse de billets à l'agent.

"Je vous promets que ça n'arrivera plus, monsieur..." S'entendit déclarer Tony pour la troisième fois dans la même semaine.

Tout avait commencé avec l'apparition d'un rhinocéros blanc dans le salon. Loki leur avait fièrement présenté Sudan, dernier représentant de son espèce, souffrant d'une infection à la patte. Bruce avait dû faire des pieds et des mains pour expliquer aux médias que l'animal avait été kidnappé de son zoo uniquement dans le but d'être soigné dans les meilleures conditions.

Le pire des désastres pour l'image des Avengers arriva, contre toute attente, à l'initiative de Steve lui-même. Des clichés de lui circulaient depuis deux jours sur le net. On pouvait le voir dépouillé de ses attributs de Capitaine America pour arborer un bandana de pirate et un K-Way. D'après les journaux, il avait tenu tête aux chasseurs de phoques, récupéré des milliers de kilomètres de filets de pêche illégaux, et poursuivi sans relâche le Thunder, l'un des plus célèbres navires braconniers recherchés par Interpol, jusqu'à ce que, mis au pied du mur, le capitaine saborda son propre bateau.

Fury s'était alors présenté... Et bien, en furie, à la tour Stark pour demander des comptes à son chef d'équipe.

"Ce n'est pas négociable," déclara Steve d'un ton déterminé. "Je m'endors pendant 80 ans, et à mon réveil, au lieu d'une troisième guerre mondiale, je découvre une décharge planétaire. Il faut vraiment que les gens se bougent le cul s'ils veulent un avenir pour leurs enfants…"

Tony avait suivi la conversation de loin, mais il soupçonnait fortement Loki d'être à l'origine de l'investissement écologique de Rogers.

Il y avait eu aussi cette étrange journée où plus de 356 orphelins avaient soudain été parrainés par Stark Industries.

Houspillant dans sa barbe, Tony était allé retrouver l'ex-dieu pour lui demander des comptes. Qui d'autre que Loki aurait pu organiser un tel traquenard ?

Il avait finalement trouvé le fripon en train de se vernir les ongles en compagnie de Natasha dans le salon. Hystérique, le milliardaire avait eu beau lui tendre la feuille avec tous les noms des orphelins dont il avait à présent la charge inscrit dessus, l'ex-dieu l'avait simplement regardé d'un air ennuyé du haut de son sofa, comme s'il s'agissait d'un trône.

Tony savait qu'il n'était pas un homme de grande autorité. C'est en partie pourquoi il avait chargé Pepper d'administrer Stark Industries. Ainsi, chaque fois qu'il essayait de faire la morale à Loki, cela se terminait invariablement dans un lit, les membres enchevêtrés à ceux de l'ex-dieu. Si aucun homme ou femme n'avait jusqu'à présent réussi à l'épuiser, Loki l'avait certainement achevé. Jarvis avait lui-même baptisé les vidéos de surveillance X, pour chaque pièce dans laquelle ils avaient échangé leurs fluides.

Loki savait parfaitement comment s'y prendre avec le milliardaire pour se faire pardonner. Son charme irrésistible et son assurance enjôleuse semblaient faire fondre toute colère ou réprimande que Tony pouvait lui adresser. Il avait un talent inné pour jouer avec les émotions de Tony, le menant de la frustration à l'excitation en un clin d'œil. Comme cette affaire impliquant la statue de la Liberté :

" Allo, Monsieur Stark ?" Demanda une voix grave au téléphone.

" Lui-même" Confirma Tony en sirotant son jus de pomme.

" Bonjour Monsieur, Police de New York. Nous avons interpellé un individu qui ne portait que votre carte d'identité sur lui."

" Quand vous dites, qui ne portait que ma carte sur lui, je suppose que vous ne vouliez pas dire…"

" Qu'il était nu, monsieur. J'ai bien peur que si. L'individu est un jeune homme âgé de la vingtaine, cheveux noirs et yeux verts. La description vous dit quelque chose ?

" Qu'est-ce qu'il a encore fait…" Pesta Tony en se cognant la tête contre la table du bar à cocktail.

" Le garçon manifestait nu autour de la statue de la Liberté avec un groupe de hippies, monsieur. D'après leurs écriteaux, "Humans Sucks, Animals are not labor, or products to use. End animal cruelty". Nous supposons qu'il s'agit d'un groupe d'activistes illégaux pour la protection des animaux."

Bien entendu, Tony avait couru jusqu'au poste de police pour récupérer le sale gamin. Il n'y avait pas d'autre mot pour qualifier Loki en cet instant. Le milliardaire avait même préparé un monologue de réprimande lorsqu'il se retrouverait en face du garçon.

" Où est-il ? " Demanda Tony à l'agent alors qu'il arrivait devant le bureau d'accueil.

Puis la colère de l'inventeur mourut dans sa gorge lorsqu'il découvrit un Loki arborant un sourire charmeur, simplement vêtu d'un t-shirt "I love New York" en plein milieu du commissariat.

D'un pas souple, le garçon l'avait rejoint, et se mettant sur la pointe des pieds, l'avait embrassé devant tous les policiers.

Loki était vraiment un être machiavélique…


Alors qu'il travaillait sur les schémas complexes du champ de force, Tony entendit un léger bruit derrière lui. Il se retourna et vit Loki se glisser dans le laboratoire, son sourire malicieux éclairé par la lueur des hologrammes.

Tel un félin, Loki s'approcha de Tony et posa délicatement une main sur son épaule avant de la masser. Même sans parler, l'ex-dieu savait toujours comment le taquiner et le distraire de ses préoccupations.

"Ne commence pas avec moi, Loki. Je n'ai pas le temps pour tes pitreries ce soir," fit Tony avec un mélange de sarcasme et d'affection.

Loki lui adressa un sourire taquin et, d'un geste, indiqua les hologrammes devant eux. Il semblait curieux de savoir ce que Tony préparait.

L'inventeur lui montra les plans en cours, expliquant brièvement l'idée du champ de force. Les yeux de Loki s'illuminèrent d'intérêt alors qu'il écoutait attentivement.

Le jeune homme continua de poser des questions par des gestes, montrant qu'il voulait aider. Tony acquiesça, reconnaissant l'offre silencieuse de son amant.

"Oui, je sais que je peux compter sur toi," dit Tony en plaçant sa main sur celle de Loki.

Sans dire un mot, Loki s'installa devant l'ordinateur principal et commença à écrire sur l'écran. "Si Thanos réunit toutes les pierres d'infinité, qui sait le sort qu'il réservera à la galaxie..."

Tony observa attentivement les mots de Loki et acquiesça, comprenant parfaitement les enjeux.

Au fil des heures, les hologrammes s'animèrent devant eux, dévoilant une première proposition de champ de force.

"Tu es un génie," ne put s'empêcher de soupirer Tony en observant Loki faire des calculs complexes comme s'il s'agissait d'une broutille routinière.

L'ex-dieu haussa les épaules, l'air gêné. Il n'avait certainement pas l'habitude des compliments. Tony l'avait remarqué pendant leurs moments passés ensemble, que ce soit à deux ou avec le reste des Avengers. Même si Loki jouait au dur, tout le monde avait vu à travers son jeu.

L'ensemble de l'équipe le traitait comme une petite chose fragile, comme si le jeune homme pouvait disparaître d'un claquement de doigts. Peut-être qu'au fond, ils étaient tous anxieux qu'on leur reprenne celui qu'ils avaient cru perdre un jour. Loki était un frère, un ami et un amant. C'est peut-être pour cela que Natasha, Clint, Bruce, Steve, et même lui-même cédaient à tous les caprices du jeune homme. Ils voulaient protéger Loki, s'assurer qu'il se sente en sécurité et aimé au sein de leur équipe. Bien que le garçon est plus de mille ans d'existence, il était encore jeune, maladroit sur de nombreux points.

Tony remarqua soudain que Loki faisait de nouveaux calculs qui ne correspondaient pas à leur projet commun.

"As-tu eu une nouvelle et brillante idée, bel esprit ?" demanda l'inventeur en déposant un baiser dans le creux du cou du jeune homme.

Loki frissonna à ce contact avant de se pencher sur le clavier pour répondre :

"Je voudrais créer une simulation de ma voix par magie."

"Une voix par intelligence artificielle ? Comme celle de Jarvis ?" demanda Tony, excité par la perspective.

"C'est plus compliqué que ça," écrivit Loki en soupirant. "Ma voix me permettait de canaliser ma magie, comme le marteau de Thor lui permet de contrôler la sienne. Une intelligence artificielle ne pourrait contenir un tel pouvoir."

"Alors tu aurais besoin d'une baguette magique de six pouces avec un cœur en ventricule de dragon ?" plaisanta l'inventeur.

Sa question lui valut une gifle derrière la tête.

"Je t'ai demandé d'arrêter avec tes incompréhensibles références à la pop culture," écrivit Loki, une grimace maussade sur le visage.

"Ce n'est pas ma faute si tu n'as pas lu Harry Potter." se défendit Tony en se massant douloureusement l'arrière du crâne. "Si tu veux faire de la magie sans mots, tu n'as qu'à faire comme le dernier maître de l'air. Avec une série de mouvements super badass façon Prince Zuko".

Loki lui lança un regard ahuri, un sourire s'épanouissant lentement sur ses lèvres. Prenant le visage de Tony en coupe, l'ex-dieu l'embrassa avec fougue.

" Tu es un génie " articula silencieusement Loki avant de l'embrasser à nouveau

Alors que la nuit avançait, Tony se rendit compte qu'il avait finalement trouvé le sommeil, apaisé par la présence réconfortante de Loki à ses côtés.

Dans l'obscurité de la chambre, Tony resserra son étreinte autour de Loki, et l'ex-dieu répondit en se blottissant contre lui. Aucun mot n'était nécessaire pour exprimer l'amour et la confiance qu'ils se portaient mutuellement.


"Tony, tu devrais vraiment aller à la salle de sport, je peux t'assurer que ça vaut le détour," annonça Natasha d'une voix chantante en entrant dans le salon.

L'inventeur leva les yeux de son café, toujours intrigué dès qu'il s'agissait de son amant.

"Est-il en train de faire des pompes torse nu ou quelque chose du genre ?" demanda Tony en se précipitant hors de son siège.

"Pas exactement..." Éluda l'espionne.

Tony suivit Natasha, se demandant ce qui avait pu susciter autant d'enthousiasme chez elle. Une musique perçait depuis l'autre bout du couloir, et lorsqu'il entra dans la salle, le milliardaire resta bouche bée devant la scène, complètement hypnotisé par la vision devant lui.

Trois Loki pour le prix d'un, dont une version féminine, étaient en train de combattre. C'était une étrange chorégraphie d'une violence inouïe. Le jeune homme frappait ses clones sans pitié, essayant de percer leurs défenses magiques à coups de couteau et de pieds. Tony se rendit compte que c'était de la voix de Loki qui se répercutait dans la pièce, comme s'il était capable de construire une mélodie grâce aux mouvements de son corps.

I'm high, I'm from outer space

I got Milky Way for blood, evolution in my vein

I'm gone, I've been far away

I'ma lumineer now, makin' moves, startin' waves

I've been dreaming about flying for a long time

I had a vision from the grey's, they wanna co-sign

Artificially intelligent, new-AI

I'm your future, past and present, I'm the fine line

Les mouvements de Loki étaient gracieux, presque dansants, et Tony fut fasciné par la fluidité de ses mouvements. Chaque coup porté, chaque esquive, semblait être orchestré avec précision, comme une danse mortelle. Sa voix, comme venu de nulle part, accompagnait chacun de ses pas.

Yeah, I'm a missing link of this illusion

I am not really here, I'm an intrusion

I don't swim or sink, I just float

I don't need gravity, I just need growth

When I move, it's an earthquake rumble

I will never, ever fall, never stumble

And I don't need to be humble

Break down walls like Jericho, crumble

Natasha souriait, appréciant visiblement le spectacle autant que Tony. "C'est l'une des techniques de combat de Loki," expliqua-t-elle à voix basse. "Il utilise la magie pour créer des clones de lui-même et les fait se battre dans un rituel d'entraînement. C'est à la fois impressionnant et effrayant à voir."

Tony hocha la tête, totalement captivé par la scène qui se déroulait devant lui. Il avait toujours su que Loki était un sorcier puissant, mais le voir en action de cette manière était tout simplement époustouflant.

Le combat continua pendant quelques minutes, et Tony eut l'impression d'assister à une véritable performance artistique. Chaque mouvement de Loki était précis, gracieux et calculé. Il semblait danser avec ses clones, anticipant chacun de leurs mouvements.

Finalement, le rituel de combat prit fin lorsque Loki réussit à vaincre ses clones, les faisant disparaître dans un nuage de fumée. Il se tenait au centre de la salle, le souffle haletant mais le sourire aux lèvres. Tony pouvait voir la satisfaction dans ses yeux, fière de sa maîtrise de la magie et de ses capacités de combat.

"Bravo, Loki," dit Natasha en applaudissant légèrement. "C'était incroyable."

L'ex-dieu s'inclina légèrement en signe de remerciement.

Natasha se pencha vers Tony et murmura : "Tu vois, je te l'avais dit. Ça vaut vraiment le détour."

Tony hocha la tête, incapable de détacher son regard du jeune homme. Ce dernier s'approcha de Tony avec un sourire taquin, essuyant la sueur de son front d'un geste gracieux. Tony sentit son cœur s'accélérer à chaque pas que faisait son amant vers lui.

"Apprécies-tu la vue ?" sembla demander Loki du regard.

Tony avala difficilement sa salive, ne parvenant pas à rassembler ses pensées. Loki éclata alors d'un rire silencieux devant l'émoi de Tony, appréciant visiblement l'effet qu'il avait sur lui. Il se rapprocha encore plus, faisant disparaître la distance entre eux.

Tony avait une myriade de projets en tête pour la soirée qui allait suivre.