Bonjour tout le monde !

Voilà le chapitre 20 !

Bonne lecture !

Review :

Daltjust chapter 1 . Jul 11

I do apologize if im being rude but is there an English translation? I can't read French unfortunatly

No, you're not rude at all, don't worry. And no, sorry, there's no translation for this story.

I've tried a few times to write in english, but my writing skills would probably kill people because of excessive bleeding from the eyes (awkawrd laugh).

AN : If some people are interested and want to translate my stories (who knows :D), and then publish them on their accounts after, I don't have any problem with that.

Just warn me and don't forget to say I'm the original author, that's all.

Now that I'm done doing my own advertising, sorta (XD), good reading.


Dix jours viennent de passer dans le plus grand des calmes. Du moins en apparence.

Mash est assisse sur son lit et tourne distraitement les pages de l'épais et grand livre qu'une des étudiantes a glissé en douce dans leur cellule un soir, alors qu'elle pensait qu'ils dormaient. À l'intérieur se trouvait toute les procédures et les démarches à employer en face de la Chambre des 72. Ils ignorent encore qui elle est, mais ils savent le pourquoi.

Griffonné sur un petit bout de papier, se trouvait un message court, mais explicite : ''Il doit payer''.

Riser n'a pas que des amis, allez savoir pourquoi... On dirait bien que Mephistophélès est au courant, mais s'en moque. Ce qui veut dire que ça n'enfreint aucunes règles, sinon ils seraient déjà condamnés.

Écrit en tout petit, et avec deux colonnes par pages, tout comme le Codex, ce bouquin est vraiment indigeste. La jeune femme n'arrive toujours pas à comprendre comment son sempai peut lire à une vitesse pareille, et ne rien laisser d'important de côté. Sa mère est peut-être avocate, et l'a peut-être obligé à suivre des cours, mais ça va bien au delà à un niveau pareil...

C'est personnel...

Et tout ce qu'elle voit et sent depuis ce matin, ne fait que la conforter dans son intuition. Intuition qu'elle a depuis plusieurs mois. Après que Arthur ait finit son travail de préparation, la veille, il est en train de méditer, sur ''ordre'' de Caster. Assis en tailleur sur le sol, au centre de la pièce, il semble serein. Mais c'est sans compter sur la faible, mais lourde et oppressante, aura qu'il dégage.

Elle ressemble à celle qu'il émettait à la fin de leur combat contre le 3ième fils Phenex, la violence sanguinaire en moins. Quoi qu'il se passe dans son esprit en ce moment, ça ne peut pas être sain...


Profondément enfoui au fond de l'âme de leur hôte, les deux Fujimura sont contemplatifs. De part leur connexion symbiotique avec lui, ils ressentent, sans que pour autant ils soient affectés de la même manière, ses émotions. Et celle qu'ils subissent plus qu'autre chose en ce moment, leur fait froid dans le dos.

Mais ils ne sont pas inquiets pour autant. Enfin ils le sont, bien sûr, mais bien moins que ce que l'on pourrait croire. Ils ont eus le temps, durant l'exploration des Singularités, de vivre tant de choses qu'un seul mauvais sentiment, aussi intense soit-il, ne suffit pas à les ébranler. Et ils savent bien que même lorsque quelque chose paraît impossible à changer, il y a toujours une solution.

[Je m'attendais à beaucoup de choses...] Dit Gudao. [Mais pas à ça.]

{Depuis quand nos attentes correspondent-elles à la réalité?} Commente Gudako, amusée.

Les deux sourient largement. Est-ce que ce genre de conversation peut être considéré comme de l'autocritique ? De la remise en question personnelle ? D'après Arthur, oui. Et ils sont obligés d'avouer que dans certains cas, ils sont tellement sur la même longueur d'ondes que s'en est perturbant. Même pour eux.

[Tu crois que Sanzang-san pourra l'aider ?]

{C'est elle qui en est la plus capable.}

[Des fois, je me demande si nous ne devrions pas en faire plus.] Dit la version masculine. [Il y a tant de choses que nous pourrions lui dire et qui le soulagerait.]

{Ou le ferait entrer en éruption.} Contre la version féminine. {Nous étions d'accord pour ne rien lui dire à cause de son impulsivité. Et en ce moment, ce serait comme jeter de l'huile sur le feu.}

[Je sais.] Admet le jeune homme à contre-cœur. [Mais j'ai l'impression de lui mentir, et après tout ce qu'il a fait pour nous et pour Mash...]

{Je déteste ça aussi.} Reconnaît la jeune femme. {Mais parfois, il vaut mieux rester ignorant. Imagine que nous aurions appris que le Dr Romani était en fait Salomon, après avoir rencontré Goetia à Londres. Comment aurions-nous réagit?}

[De la pire des façons, probablement.] Dit Gudao, les yeux perdus dans le vague. [Je... Nous le savons bien.]

{Nous révélerons tout à Arthur à un certain moment.} Annonce Gudako, rejoignant son alter-ego dans sa contemplation. {Mais laissons le trouver sa voie d'abord.}

Alors qu'ils ''écoutent'' silencieusement la conversation entre la moniale et leur hôte, les Fujimura partagent une même pensée : s'ils devaient désigner une seule Class pour Arthur, ce serait celle là, sans le moindre doute. Et bien que les choses ne sont pas absolues, impossible de nier que ce n'est pas la plus reluisante...


Bien que le visage Arthur soit impassible, ça ne cache absolument pas la tempête qui fait rage en dessous. Bien qu'elle soit physiquement absente, il imagine Caster assisse dans la même position que lui. Tous deux dos à dos. Son habituel sourire, presque niais, sur les lèvres.

« C'est bien mon disciple. » Dit-elle mentalement. « Ta respiration est régulière et les battements de ton cœur sont paisibles. »

Restant concentré dessus, le jeune homme ne répond rien. Il attend seulement la suite. Ça fait presque ½ heure qu'il fait des efforts pour arriver à ce point là. Il n'a pas envie de tout gâcher en étant distrait.

« Maintenant que tes pensées sont ordonnées. » Reprend Sanzang, toujours sur un ton apaisant. « Dit moi ce que tu ressens. »

« De la frustration. » Répond-t-il, un peu abrupt.

« Ce qui est parfaitement compréhensible. » Déclare-t-elle de la même manière qu'avant. « Quoi d'autre ? »

« Du mépris... Du dégoût... De la colère... » Poursuit-il, glacial. « J'aimerai faire des confettis avec ce salopard de... Aoutch ! »

Il vient de se prendre un coup de bâton, version mentale.

« Ton vocabulaire mon disciple ! » Réprimande la moniale, sévère.

« Désolée maître Sanzang... »

« Faute pardonnée. » Assure-t-elle, toujours calme. Avant d'ajouter au bout d'une courte seconde. « Ces émotions négatives, sont-elles uniquement dirigés à l'encontre de Riser Phenex ? »

Il y a un silence qui dure et dure. Le rythme cardiaque de Arthur repart à la hausse pendant ce temps. Son aura devient plus effrayante. Mais tout redevient normal au d'une minute. Il répond alors d'une voix fébrile.

« N... Non... »

C'est alors que quelque chose attire l'attention de toutes les personnes, physiquement présentes ou non. Une silhouette vient d'apparaître dans l'encadrement de la porte de la cellule. Le couloir est trop sombre pour voir qui c'est exactement, et la barrière magique n'arrange pas les choses.

« Salutations, Arthur Sadler-sama et Mash Kyrielight-sama, puis-je m'entretenir avec vous ? » Déclare une voix féminine solennelle.

Le jeune homme ouvre brutalement les yeux en l'entendant. Il tourne la tête vers la seule sortie et fixe la nouvelle venu. Son visage montre un mélange de surprise et d'interrogation. Par ce qu'il l'a reconnu. Tandis qu'il se relève, elle s'approche au plus près.

La seule a avoir essayé de faire entendre raison à Riser se trouve devant eux. Elle porte la même tenue que lorsqu'ils se sont fait attaquer : une robe blanche si courte et si ample qu'elle ressemble d'avantage à un T-Shirt trop grand dont on a coupé les manches. Mais elle ne porte pas son armure, ni son épée. De même que son bandana. Du coup, elle fait moins garçon manqué.

« Bonjour Karlamine-san. » Répond Arthur en venant à son rencontre, accompagné par Mash. « Comment vous sentez-vous ? » Demande-t-il, concerné.

« Je suis en pleine possession de mes moyens, grâce aux Larmes de Phenex. » Assure-t-elle, calme et posée.

« C'est vraiment une bonne nouvelle ! » Dit Mash, très contente pour elle. « Êtes-vous sûre qu'il n'y a aura pas d'effets qui persisteront sur le long terme ? »

« Aucun Kyrielight-sama. » Affirme Karlamine sur le même ton qu'avant. « Merci de votre prévoyance. »

Arthur reste sans rien dire. Il n'arrive pas à croire qu'elle soit là, comme si de rien n'était. L'image du corps calciné qui était le sien restera sans doute imprimé dans sa mémoire pendant longtemps. Sans compter la douleur qu'elle a dû ressentir... Mais ça n'a pas l'air de l'affecter plus que ça... Elle discute avec sa kohai l'air de rien.

Quelle force mentale... S'en est effrayant...

« Bien que vous savoir en bonne santé, à défaut d'être libre, est réjouissant ce n'est pas le motif de ma visite. » Avoue la Cavalier. « Je sais que je vais être brutale, à la limite de l'insulte, pourtant je vous demande de m'accorder une faveur. Puis-je vous l'exposer ? »

Il y a un moment de silence. Je me doutais bien que ce n'était pas un simple passage pour dire ''coucou'', mais elle me prend un peu de court. Je ne vois pas ce qu'elle pourrait nous demander. Nous nous regardons avec Mash, qui n'a pas l'air de savoir ce que c'est non plus, puis nous la fixons de nouveau.

« Qu'est-ce que c'est ? »

« Je ne peux qu'imaginer les griefs que vous entretenez à l'égard de mon maître... » Elle marque une pause, puis s'agenouille avec un immense respect. « Je sais que rien ne pourra lui accorder votre pardon, néanmoins, je vous en conjure, » Elle relève la tête pour nous regarder droit dans les yeux. « donnez-moi votre parole que vous épargnerez son honneur. »

Je suis sur le cul...

Pourquoi !? C'est la question que j'ai envie de hurler... Pourquoi un mec aussi immonde et pathétique que Riser a-t-il quelqu'un d'aussi loyal dans son Peerage !? Il l'a faite brûler vive par ce qu'elle lui a désobéit et elle continue de le défendre ! C'est n'importe quoi ! Pourquoi !? Pourquoi elle fait ça !?

« Ceux qui adhèrent à l'ancien code de l'honneur, font preuve d'un dévouement qui ne peut être parfaitement compris par les guerriers pragmatiques que nous sommes toi et moi, Preantas. » Dit ma professeure.

« Mais pourquoi elle a essayé de l'empêcher de nous transformer en charbon alors !? Ça n'a pas de sens ! » Je réplique, perdu.

« Dévotion et fanatisme, quoique semblables en apparence, sont fondamentalement différents. » Explique-t-elle. « Un fou endoctriné ne verra aucune des fautes de son maître, peu importe à quel point elles peuvent êtres absurdes, et ne cherchera qu'a accomplir le moindre de ses désirs. » Une courte pause. « Cependant, un serviteur dévoué ne fait pas qu'obéir aveuglements aux ordres. Il n'a qu'un seul but : donner ce qu'il y a de meilleur pour son seigneur. Les conséquences pour lui-même n'entrent à aucun moment en ligne de compte. »

« L'affection et l'amour n'obéissent également à aucune logique simple, mon disciple. » Ajoute maître Sanzang, pleine de compassion. « N'écoute pas cette femme avec ton esprit, mais avec ton cœur. »

« Ça a encore moins de sens ! » Je hurle mentalement.

Un certain moment a dû s'écouler par ce que Karlamine finit par reprendre la parole. Ce qui me fait sortir de mes pensées.

« Sadler-sama ? » Dit-elle, en voyant l'étrange lueur dans ses yeux.

« Je ne sais pas quoi dire... » J'avoue d'une voix qui exprime bien mon état d'esprit. « Je ne comprends pas... Pourquoi, après tout ce qu'il t'a fait, tu essayes encore de le sauver !? Il ne le mérite pas ! »

« Je suis un Cavalier ayant fait le serment de protéger et de servir son maître, Riser Phenex. » répond-t-elle simplement.

Je vais répliquer un truc sans réfléchir, mais je sens une main se poser sur mon épaule. Je me retourne et mon regard tombe tout droit dans les yeux de Mash. Elle fait non de la tête, solennelle. Je retrouve cette volonté farouche qui est la sienne dans la façon dont elle me fixe, et je sens ma stupeur disparaître...

Encore une fois, je suis à côté de la plaque... C'est inutile de débattre...

Je refais face à Karlamine, qui n'a pas bougé d'un pouce. Je prends une grande inspiration pour chasser la frustration et la colère, qui commencent à se réveiller au fond de moi.

« Je vais être honnête, je ne méprise pas Riser, je le hais. » Je dis, glacial. Elle reste imperturbable. « Je ferai tout ce qu'il faudra pour que Mash et moi soyons innocentés. Le reste, je m'en fous. » J'ai un geste d'humeur. « Mais... Je peux te promettre que je ne chercherai pas à l'enfoncer inutilement. Je dirai la vérité et rien d'autre. »

Elle s'incline, respectueuse.

« Vous avez toute ma gratitude, Sadler-sama. » Répond-t-elle. Un soulagement audible dans la voix. « Veuillez encore une fois me pardonner pour mon audace. »

« Le seul qui devrait s'excuser c'est ton salaud de maître, mais y'a aucune chance que ça arrive. » Je dis, cinglant.

« Je devine que ma présence vous incommode. » Fait calmement Karlamine. « Je vais me retirer et vous laissez en paix. »

« Ce... »

Je commence, mais je m'arrête tout seul. Ça ne vaut pas la peine que je le dise. Je vais juste tourner en rond. Autant changer de sujet. J'essaye de me détendre et de sourire... C'est un échec complet...

« Merci d'être venu voir comment nous allions. » Je réponds, un rien plus chaleureux quand même.

« Je vous en prie, c'est naturel. » Affirme la Cavalier en se relevant.

« Prenez soin de vous Karlamine-san. » Dit Mash, avec un vrai bon sourire.

« Je n'y manquerai pas. »

Elle s'éloigne après un dernier salut, et nous restons un certain moment dans le silence ma kohai et moi. Je retourne alors à ce que je faisais avant, mais au moment ou je m'assoie, elle m'interpelle.

« Sempai... ? »

« Oui, Mash ? »

« Est-ce que... Tu hais vraiment Riser à ce point ? »

« Tu sais... » Je commence, en me remémorant un vieux souvenir qui devrait être heureux, mais qui me fait mal désormais. « Avant, je croyais que je faisais partie des ''gentils''. Chaque fois que j'entendais une histoire de meurtre où autre chose de genre, je me disais : je ne suis pas comme ça. Jamais je ne pourrai faire du mal à un autre être humain. »

Je lâche un rire lugubre...

« Mais un jour, je me suis rendu compte qu'en fait j'étais peut-être encore pire. » Je continue, sur un ton détaché. « Tu veux savoir à quel point je hais Riser ? » Je lui demande de manière rhétorique. « Je le hais au point de vouloir m'amuser à le faire souffrir encore et encore, en me servant de ses capacités de guérison, pour que ça dure. »

Mash me fixe avec des yeux que je n'arrive pas à comprendre. Pire encore, je ne supporte pas de la voir me regarder comme ça... Une nouvelle fois, la honte me submerge presque.

« Désolé... Je te jure que je ne le fais pas exprès... » Je dis, en baissant les yeux.

« Je sais sempai. » Répond-t-elle avec une infinie gentillesse.

Elle s'assoit en face de moi et pose sa main sur la mienne. Son sourire est si pur, si étincelant, que je me demande si je ne vais pas finir par tout gâcher entre nous au bout d'un moment. J'essaye de faire des efforts, vraiment, mais pourtant y'a rien à faire... Mon foutu caractère revient au galop dès que je ne réfléchit plus à ce que je dois dire...

« Je ne crois pas que tu sois aussi monstrueux que tu le penses. Tu as juste été blessé dans le passé. Et cette blessure ne s'est jamais refermée. Tu es en colère et souffres, c'est tout. » Affirme-t-elle, réconfortante. « Et cette colère, cette souffrance, tu ne cherches pas à l'infliger aux autres. C'est pour ça que je sais que tu es une bonne personne au fond sempai. »

Ha ha ha... Je suis tellement pathétique... Je me répète... Je le sais... Mais... Pourquoi c'est moi le ''Master'' et elle la ''Servant''... ?

« Désolé d'être aussi difficile Mash... » Je fais, la voix lourde de remords. « Je devrai t'aider à trouver ta voie, et au lieu de ça tu es obligé de faire du baby-sitting avec un gamin caractériel... »

« Tu te trompes sempai ! » S'exclame la jeune femme en serrant sa prise sur moi. « Je sais ce que ça fais d'être perdue, de ne pas être capable de se comprendre, de douter de soi. » Elle invoque son armure et son bouclier, ce qui me fait lever la tête de surprise.

« Mash... ? »

« Lorsque nous avons combattu dans les premières Singularités, mes sempais et moi, je cachais à quel point j'étais terrorisée. » Avoue-t-elle. « Malgré toute la confiance que l'on me témoignait et toutes les victoires que nous remportions, je n'étais jamais sereine. La peur d'un échec me dévorait de l'intérieur... Jusqu'au moment où j'ai rencontré Galahad-san... »

« Le chevalier de la Table Ronde duquel tu tiens ton bouclier ? »

« Exact. » Confirme la jeune femme. « J'avais hérité de lui son bouclier, ses compétences et son Noble Phantasm, mais j'ignorais tout de son identité. Jusqu'à que je le rencontre. » Elle sourie timidement. « Lorsqu'il a disparu, me laissant son héritage, j'ai sentit toute sa gratitude envers moi. J'avais défendu toutes les valeurs que lui-même défendait avec vaillance et abnégation. » Une larme coule sur sa joue. « J'ai pleuré et pleuré encore à ce moment là. Je me sentais à la fois soulagée et tellement bête de ne pas avoir réalisée, à quel point je me mettais des bâtons dans les roues toute seule. »

« Je... Je ne comprends pas... » Je bafouille, complètement perdu.

« J'ignore comment le poids que tu portes est arrivé sur tes épaules sempai. » Dit Mash, avec une confiance qui irradie. « Mais je suis sûr d'une chose : un jour je te ferai réaliser que tu n'as pas besoin de le porter seul. Peu importe le temps qu'il faudra. Je serai là pour t'aider et t'écouter. »

Son sourire radieux qui réapparaît me fait la même impression que le soleil qui se lève : éblouissant et chaleureux.

''Mon rôle premier est de protéger mon Master'', hein ?

Non... Ce n'est pas ça... Je me trompe encore une fois... Ce n'est pas une Servant que j'ai devant moi... Ni même une kohai... C'est une amie...

La première depuis des années... Par ce qu'elle la seule a avoir su comprendre, voir et percer la carapace qui entoure mon cœur depuis la mort de Laeticia...

« Merci Mash... Merci... Merci... »

Je fonds en larmes en réalisant, avec un train de retard pour pas changer, que je peux laisser tomber les masques. Qu'elle ne m'abandonnera jamais, que même si tout le monde me tourne le dos, elle sera toujours là, à prendre ma défense et à m'accorder le droit d'être moi-même.

Elle m'étreint avec une douceur que je n'ai pas ressentit depuis si longtemps, que j'ai oublié ce que ça fait.

Je dois tout lui dire... Elle a le droit de savoir...


Grayfia arrive dans le bureau de son époux en se téléportant. Et tombe nez à nez avec celui-ci en train de cajoler un poster grandeur nature de sa sœur accroché sur un mur. Il se raidit de surprise et de peur en sentant l'aura de sa femme.

Au bout d'une dizaine de seconde d'un silence plus que pesant, Sirzech se retourne avec la lenteur d'une personne qui marche vers la potence. Son regard croise celui dénué d'expression de sa Reine, et il sent des sueurs froides lui courir le long du dos. Il s'attend à se faire pincer la joue jusqu'à qu'elle prenne une teinte bleutée, mais après un long moment durant lequel il ne se passe rien, le Maou commence à se dire que quelque chose ne va pas.

Grayfia se met alors à sourire. Un sourire mélancolique, à la fois triste et satisfait. Une véritable inquiétude s'empare de son époux qui en oublie la situation embarrassante dans laquelle il était. Au moment ou il va demander ce qu'il se passe, sa Reine le devance.

« Rias à bien grandi Sirzech. » Annonce-t-elle sur un ton nostalgique. « Tu ne devrais plus la voir comme une enfant. »

Le siscon qu'il est, aurait répondu que ce n'est pas possible. Et que Rias restera toujours sa mignonne petite sœurette adorée. Mais en entendre Grayfia le tutoyer et l'appeler par son prénom durant les heures de travail, signifie que quelque chose de significatif, peut-être même grave, s'est produit.

« Qu'est-ce qui ne va pas Grayfia ? » Demande-t-il, préoccupé.

« Rias est venue me parler après son entraînement... » Commence la Maid.

« Son entraînement ? » Répète son époux, perplexe.

« Je reviendrai dessus ensuite. » Explique-t-elle d'une voix détachée. « Nous savions déjà que l'arrivé des derniers membres de son peerage l'avait affecté, mais je n'imaginais pas à quel point. » Une courte pause. « Pour être honnête, je suis sûre désormais que Rias nous cache quelque chose pour les protéger. Quelque d'extrêmement important. »

« Qu'est-ce qui te rend aussi certaine ? » Demande Sirzech, troublé.

Il se souvient bien de l'étrange coup de fil que sa sœur lui a passé, il y a plusieurs jours. Il avait déjà senti que quelque chose était différent, mais il n'arrivait pas à trouver quoi exactement. Cependant, avec ce que lui rapporte Grayfia maintenant, il se pose des questions.

« Une question qu'elle m'a posée : ''Qu'est-ce que Nii-sama a dû promettre à ce ''Franck Black'' en échange de l'information concernant l'agression de Arthur ?'' »

Le Maou se fige littéralement avec une expression de surprise plus que marquée sur le visage. Il sait bien que Rias est intelligent et raisonnée, mais elle est loin d'avoir ce genre de recul stratégique et politique... Du moins il le croyait...

Mais ça n'a aucun sens. Il y a encore quelques semaines, elle aurait sans doute été incapable de faire une déduction pareille. Ce qu'elle imagine est faux, mais ça ne change pas qu'avec les informations dont elle dispose, c'est effectivement la déduction la plus logique.

« A-t-elle dit autre chose ? » Demande-t-il, toujours sous le coup de l'étonnement.

« Quand je lui ai demandé pourquoi elle pensait que tu avais été mis en position de faiblesse, elle m'a simplement répondu qu'elle cherchait à devenir un meilleur Roi. » Dit Grayfia, très sérieuse. « Et qu'elle était vraiment désolé si tu devais te retrouver à assumer les conséquences. »

C'est bien sa sœur. Pleine de gentillesse et de compassion. Mais quand est-elle devenue aussi réfléchie et mature ? Quel est le rapport avec l'étrange pouvoir de Arthur Sadler ?

Il a fait une recherche sur lui, officiellement pour s'assurer qu'il était ''digne'' d'être avec l'héritière du clan Gremory. Mais en vérité, il voulait juste savoir avec quel genre de personne allait se retrouver avec sa petite sœurette adorée. Et il n'a rien apprit de concret.

C'était un jeune humain relativement normal. Pas de lien avec le surnaturel par le sang, ni par son entourage. Un très bon pratiquant d'art martiaux. Pas de problèmes avec la justice. Bien qu'il ait été mêlé à deux affaires judiciaires graves. Cependant, en lisant les détails des dossiers, le Maou doit avouer qu'il aurait sans doute fait la même chose que lui à ce moment là. Autrement dit : rien ne permet d'expliquer une telle évolution.

« Méphistophélès a-t-il découvert quelque chose à propos du pouvoir spécifique que nous a décrit Azazel ? » Redemande Sirzech, à la fois curieux et inquiet, n'ayant pas réussi à joindre de nouveau l'Ange Déchu depuis.

« Rien de probant depuis la dernière fois. » Répond Grayfia. « Ce phénomène est trop bien caché pour en découvrir la nature uniquement par des observations passives. » Une courte pause. « Il n'est pas vraiment inquiet, mais se méfie. D'après ses dires, il est tout a fait possible que ce soit capable de passer outre bon nombre de nos systèmes de sécurité. »

Le Maou avance vers sa chaise et s'assoie. Il pousse un long soupir et ferme les yeux, en s'allongeant. Bien que se soit une partie impossible à éviter de la politique et de la guerre, il déteste avancer dans le noir. Mais ce qui pèse surtout sur son esprit, c'est le fait que ça vienne de sa propre sœur. Est-ce à ce point sensible, pour qu'elle décide de ne rien dire ? Même à sa propre famille ?

« Heureusement que nous travaillons depuis longtemps à la création d'une alliance entre les Trois Factions... » Dit Sirzech en s'avachissant. « Je n'ose même pas imaginer les répercussions que cela aurait eu i peine un siècle... »

« Les Anges et les Anges déchus auraient pu croire que nous mettions au point une nouvelle arme. » Complète Grayfia, tout aussi préoccupée.

« Je vais devoir parler à Rias une fois cette mascarade terminée. » Dit-il, d'un ton beaucoup plus sévère. « Je comprends qu'elle veuille protéger les membres de son peerage, mais c'est au delà du raisonnable. »

« Je pense qu'elle l'a bien comprit. » Affirme sa femme. « De ce que j'ai vu durant cette semaine, elle doit avoir prit la décision de nous en dire davantage. Elle est plus déterminé que jamais d'être à la hauteur de la tâche qui lui incombe. »

« Il y a un rapport avec ce fameux entraînement ? » Interroge le Maou.

« Les entraînements. » Corrige la Maid. « Ses journées se sont toutes déroulées selon le même agenda depuis qu'elle est revenue. Elle passe la matinée en compagnie de sa Reine à chercher des informations susceptibles de l'aider pour l'audience de demain. Puis elle s'entraîne durement avec son peerage l'après-midi. Elle ne s'arrête que lorsqu'une des domestiques vient lui annoncer que le dîner sera servit dans moins d'une heure. »

« Elle s'est entraînée tous les jours ? » Fait-il, de plus en plus perplexe. « Et qu'entends-tu par ''durement'' ? »

« Comme si leur vie en dépendait. » Répond simplement sa Reine.

« Pardon... ? »

« Elle n'autorise personne, pas même elle, à faire la moindre pause tant qu'ils peuvent tenir debout. » Explique-t-elle. « J'ignore la raison pour laquelle, ils sont aussi motivé touts les 4, mais je pense que tout est lié à Arthur Sadler : ils doivent se sentir honteux. »

« De savoir qu'ils ont été capables, lui et Mash kyrielight, de vaincre seuls, le Peerage expérimenté d'un membre de la famille Phenex. Alors qu'eux en auraient été incapable, même en donnant absolument tout. » Continue-t-il en rouvrant les yeux. « Ils ne veulent pas tomber derrière et, plus que tout, ne pas être inutiles. »

« C'est ce que je pense exactement. » Dit Grayfia, en accord avec la déduction qu'il vient de faire.

« Qu'en pensent Père et Mère ? » Questionne Sirzech.

« Tout comme nous, ils sont fiers mais inquiets. » Répond-t-elle. « Ils n'ont pas obtenus davantage de réponses. Malgré toute la pression qu'ils peuvent mettre sur Rias, elle reste muette et inflexible. Répondant seulement qu'elle n'a pas le droit de décider seule. Qu'elle doit d'abord obtenir la permission. »

« Ma petite sœur nous fait des cachotteries... » Soupire le Maou avec un demi-sourire. « Elle a vraiment grandie. »


Dans le manoir des Gremory, Rias est allongé dans le plus grand bain de la résidence. Elle est fatiguée, aussi bien mentalement que physiquement. Mais ce n'est pas une sensation qu'elle trouve désagréable. Cela ne faisait longtemps qu'elle ne s'était pas poussée autant, mais elle apprécie la cadence forcée qu'ils ont choisis de suivre durant ces derniers jours. Elle se demande juste parfois comment se débrouille Gasper, seul dans le bâtiment de la vieille école. D'ordinaire, elle l'aurait fait raccompagner jusqu'à l'Underworld, mais elle a choisit de le laisser à Kuoh, pour servir d'intermédiaire au cas ou.

En massant une partie de son bras qui est encore rougie à cause d'un sortilège de feu bien placé de Akeno, la jeune femme se demande comment va se passer le procès de demain. Elle a confiance en Arthur et son incroyable talent à retourner des situations désespérées, mais il ne connaît aucune des traditions qui doivent être respectées en présences des 72. Heureusement, Mash sera là pour le contenir.

Elle regarde la sortie avec un air absent. Toute sa famille se pose des questions sur le pourquoi d'une telle activité. Et pourquoi Koneko, Kiba et Akeno sont aussi impliqués. Pour l'instant, elle a réussi à les laisser dans l'ignorance, mais ça ne va pas durer. Il faudra bien tout leur dire à un moment. Elle aurait voulu garder le secret plus longtemps, cependant son intuition lui dit que la patience de ses parents est sur le point de se tarir.

Elle sourie légèrement. Jamais elle n'aurait cru pouvoir tenir tête à son Père et à sa Mère de cette manière. Et encore moins qu'ils puissent accepter qu'elle leur cache des choses aussi effrontément. Est-ce un signe de confiance de leur part ? Ou simplement veulent-ils lui faire comprendre que toute action entraîne des conséquences, qu'elle doit être en mesure d'accepter ? Difficile à dire.

Elle se demande également si ce n'était pas un peu précipité de poser une telle question à Grayfia. Mais elle devait le faire. Simplement par ce qu'elle ne supportait pas l'idée que se soit son frère qui ramasse les pots cassés à cause de son imprudence. Même si c'est déjà probablement le cas. Elle s'immerge complètement et se laisse couler jusqu'à être dos contre le sol du bain.

''Que dirait Miss Uanaind ? Serait-elle satisfaite de mes efforts ?'' Se demande Rias, appréciant la sensation de flotter, entourée d'une douce chaleur. ''Sans doute que non... Elle penserait simplement que je fais ce que pense être le mieux en tant que dirigeante... Quoique ce n'est certainement pas la meilleure solution...''

Elle se redresse et reprend sa position initiale avant de pousser un soupir sans ouvrir les yeux. Elle entend alors quelqu'un approcher d'un pas posé. Tandis qu'un petit gloussement amusé lui dit de qui il s'agit, elle l'entend se glisser dans l'eau à ses côtés.

« Tu as l'air exténuée Rias. » Fait Akeno sur un ton léger.

« Je suis surtout inquiète pour demain. » Avoue son amie en ouvrant les yeux pour la regarder. « Je pense Arthur capable de se défendre, surtout avec touts les conseils qu'il va recevoir. Mais je crains pour la suite. »

« Tu penses que Venelana-sama et Zeoticus-sama vont mal le prendre ? » Demande la Reine, perplexe.

« Non, ce n'est pas de la réaction de notre famille dont j'ai peur... » Commence Rias, hésitante. « C'est celle de l'Underworld si jamais ils apprennent l'existence des... »

Elle se coupe toute seule en réalisant que la fatigue l'a presque fait lâcher un mot qu'elle ne doit pas prononcer. Au bout de quelques secondes elle reprend.

« J'ignore comment va réagir Riser durant l'audience. » Avoue la jeune femme. « Il pourrait encore faire quelque chose d'irréfléchi si jamais... Ou plutôt, lorsque ça se retournera contre lui. »

« Les conséquences seraient désastreuses... » Termine Akeno, comprenant bien ce qui arriverait si une Servant devait se matérialiser au milieu de la pièce.

« Buchou, est-ce que je peux entrer ? » Demande alors une troisième personne.

Les deux déjà présentes tournent la tête vers l'arcade et voient la mascotte de Kuoh qui patiente, sa serviette enroulé autour d'elle. Elle est recouverte de bleus et d'écorchures, mais ça n'a pas l'air de la déranger plus que ça.

« Bien sûr Koneko. » Répond Rias avec gentillesse.

Une fois qu'elle s'est installé à son tour, même si elle garde la seule chose la cachant, son Roi prend la parole.

« Comment te sens-tu ? »

« Bien. » Dit-elle simplement. « Juste fatiguée. »

« Veux-tu que je demande à une des maids de t'apporter un médicament pour cette nuit ? » Interroge Rias, concerné par l'état dans lequel elle se trouve.

« Merci Buchou, mais il n'y a pas besoin. » Affirme la plus petite.

« Fu, fu, fu... On dirait bien que Koneko est vraiment motivée pour progresser. » Rigole Akeno en se cachant son sourire avec un main moqueuse.

La concernée se met à rougir et tourne la tête en direction du mur. Ce qui fait rire encore plus la Reine.

« Les choses ont beaucoup changées depuis que Arthur nous a rejoint, n'est-ce pas Rias ? » Demande-t-elle.

« Oui. » Admet Rias en souriant. « Les débuts ont été difficiles, mais je pense réellement qu'il a trouvé sa place parmi nous. » Elle regarde ses mains en réalisant tout le chemin parcouru déjà. « Et ils nous ont déjà tellement apporté. Lui et Mash. »

« Sadler-sempai et Kyrielight-sempai sont des gens bien. » Dit Koneko de sa petite voix posée habituelle.

« Même s'il s'emporte un peu trop souvent. » Nuance le Roi avec un petit sourire amusé.

« Haaa... » Fait Akeno en lâchant un soupir langoureux. « J'aimerai tellement qu'il soit sauvage avec moi... »

« Perverse... » Murmure la mascotte.

Les trois éclatent de rire. Malgré tout ce qui se passe en ce moment, elles gardent confiance en leur petit groupe. Bien que cela ne fasse que peu de temps qu'ils sont ensemble, leur cohésion est déjà grande. Et elles savent qu'elle ne fera que se renforcer avec le temps qui passera encore.


De son côté, Kiba est en train d'appliquer de la crème cicatrisante sur les quelques coupures qui parsèment ses bras et ses mains. C'est la première fois que Koneko parvient à briser l'une de ses épées à mains nues. D'ordinaire il arrive toujours à prendre ses camarades de vitesse, mais cette fois il s'est fait avoir. Ce qui n'entame pas sa résolution. Il sait qu'il doit devenir plus fort. Sa mission l'impose. Et s'il peut aider ses amis en même temps, alors il n'y a aucune raison de ménager ses efforts.

La relation entre Kyrielight-san et Arthur lui rappelle un peu celle qu'il avait avec Annah, l'une des victimes du projet auquel il a survécu grâce à sa maîtresse. Elle était la plus âgée, mais aussi la plus sage et la plus douce du groupe d'enfants qu'ils constituaient à l'époque. Sans elle, jamais lui et ses anciens camarades n'auraient survécu aussi longtemps à toutes les tortures et autres sévices qu'ils ont subis lors de ces expériences maudites... C'est d'ailleurs elle qui lui a permit de s'échapper alors qu'il aurait dû périr.

C'est pour ça qu'il savait exactement quoi dire à Arthur pour le calmer sur le quai. Lorsqu'il a dit qu'ils risquaient de les séparer, Kyrielight-san et lui, à cause de ce qu'il allait faire, il s'est immédiatement calmé. Kiba savait bien qu'il ferait passer la sécurité de sa ''kohai'' avant tout le reste. Ce qui ne le rend que plus noble à ses yeux. Quoique qu'il soit impulsif, le Cavalier sait qu'il ne laissera jamais tomber l'un de ses camarades.

Voilà pourquoi, lui, doit travailler encore plus dur. S'ils ont réussis à tenir tête à tout un Peerage à deux, ça veut dire que lui est loin derrière. Et il ne veut pas être un poids mort. Hors de question. Malgré son état de fatigue, il décide donc d'aller faire quelques exercices supplémentaires avant d'aller se laver.


Le lendemain, les deux prisonniers sont déjà débout et parfaitement réveillés lorsqu'on vient les chercher. C'est Méphistophélès qui est lui-même chargé de les escorter. Et il est impressionné par le calme et la détermination de ces deux jeunes.

Alors qu'ils se téléportent en direction de la Grande Chambre, le dirigeant de Grauzauberer, se dit qu'il va peut-être rester pour assister à l'audience en fin de compte. Cela promet d'être intéressant.


Fin du Chapitre 20 !

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.