Bonjour tout le monde, allez tous remercier Nyu, c'est lui qui poste ce chapitre pour moi.

J'ai écrit plusieurs chapitres avant de déménager et de me retrouver sans internet. Il les publiera à ma place. En revanche je pourrais répondre aux reviews quand je serais en ville avec mon téléphone. (Et oui, on a pensé à tout)

Vous voulez vous remerciez pour votre fidélité. J'ai été agréablement surprise de voir tant de lecteurs ajouter en "follow" ou "favorit" cette histoire. Sur ce je vous laisse découvrir ce nouveau chapitre.

Bonne lecture


Chapitre 02 : Retrouvailles

Heureusement que parmi toutes les capacités que l'on m'avait apprises, il y avait celle nommée Vol. Elle améliorait notre vision des courants aériens nous permettant de moins nous fatiguer et de transporter des charges plus lourdes que nous-même avec moins de problèmes. Mais elle ne supprimait pas la fatigue, la dernière heure fut une des plus difficiles. J'avais l'impression que le poids des objets que je transportais avait été multiplié par trois.

Je fus avec un grand soulagement que je vis les lumières du Laboratoire Pokémon. Le bâtiment était entouré d'un grillage très haut. Tout le tour était éclairé pour prévenir d'éventuels voleurs.

Je ralentis ma vitesse et descendis progressivement pour aller me poser à l'arrière de l'édifice. Je posai mon colis doucement dans la zone éclairée et attendis. Cela ne dura pas longtemps, car un bruit métallique m'informa que l'on m'ouvrait. Je regardai le grand portail gris face à moi se lever. Dès qu'il fut suffisamment entrouvert je me renvoler pour poser la caisse à l'intérieur.

Je commençai à détacher le sac puis l'attache de mon chargement quand le premier humain arriva.

-On t'attendait plus tôt. Enfin je ferais avec.

-Je dois livrer ces objets au Professeur Chen et à Monsieur Seymour.

-Ils sont rentrés chez eux. Ils seront là demain matin. En attendant …

-Je me dois de le leur remettre en main propre. répondis-je d'un ton neutre en m'asseyant sur le plus grand colis.

-Ah oui, c'est vrai.

L'homme utilisa son Pokématos pour contacter les personnes en questions.

-Ils arrivent bientôt.

-D'accord.

Je m'installai plus confortablement sur la caisse et enroulai mes ailes autour de moi pour me réchauffer. L'humain me regarda faire avant de repartir. D'autres passèrent dans l'entrepôt pour récupérer telle ou telle chose avant de repartir, non sans m'avoir observé.

Bien plus tard, d'un homme à lunette s'avança d'un pas décidé vers moi. Bien que ses cheveux soit majoritairement châtain deux zones blanches apparaissaient au-dessus de ses oreilles. Le gros manteau noir qu'il portait m'informa qu'il venait de l'extérieur.

-Tu es très en retard, on t'attendait bien plus tôt. commença-t-il.

-Pardon. répondis-je simplement en me levant et descendant de la boite. Vous êtes Monsieur Seymour ?

-Oui. J'espère que tu as fait attention. Ce que contient cette caisse vaut plus que ta propre vie.

-J'ai exécuté mes ordres.

Il me fit signe de m'éloigner, ce que je fis sans hésitation. Il tourna autour de la caisse avant de se tourner à nouveau vers moi.

-Ouvre ça et n'abîme rien.

Je marquai un temps d'arrêt avant de penser à la meilleure solution. J'utilisais mon attaque Tranche au minimum et coupai lentement le contour de la partie supérieure. Une fois fait l'homme s'empressa d'ouvrir et d'enlever de la paille pour découvrir l'objet à l'intérieur.

Il s'agissait d'une boite grise, des petits voyants ici et là clignotaient sans que j'en détermine la cause.

Le Maître appela ses collègues à l'aide pour la sortir de la caisse, puis il l'inspecta avant de l'ouvrir. Un petit nuage de vapeur se dissipa, laissant apparaître des trous. Il plongea ses doigts dans l'un d'entre eux et en sorti un tube. Celui-ci était rempli d'un liquide rouge.

-Ils sont tous intacts. Parfais, emmener moi ça dans la salle d'analyse et que personne n'y touche sans mon consentement. ordonna-t-il à ses semblables avant de se retourner vers moi. Toi, suis-moi.

Je fis ce qu'il me demandait, gardant toujours mon second colis avec moi. Ses pas m'amenèrent dans une pièce un peu bordélique. Des croquis, des carnets de notes et des photos traînaient ici et là.

-C'est le bureau du professeur Chen. Passe-moi ce sac maintenant.

-Mais …

-C'est un ordre.

Je le regardais hésitant, ignorant si cela risquait de me punir. Je lui tendis lentement le bagage, me préparant à lui arracher des mains en cas de problème avec ma balle. Heureusement rien ne se passa.

Je le vis ouvrir la besace et sortir plusieurs Pokéballs de couleurs noires. Sa main s'arrêta ensuite sur une jaune et noir qu'il pointa vers moi. Sans attendre je me retrouvais à l'intérieur, je levais à la tête pour réaliser qu'il posait ma balle sur le bureau à côté du sac. S'ils avaient dû me la faire transporter c'est que j'allais passer pas mal de temps ici. Trop fatigué pour réfléchir plus en détail, je retournai dans mon coin favori pour me reposer et me réchauffer.

-Hey petit.

J'entrouvris un œil en entendant cette voix, cherchant à déterminer son origine.

-Tu es réveillé ?

Je me levai et sortis sur le pas de la porte pour regarder en l'air. La partie supérieure de ma balle me permettait de voir un homme aux cheveux courts et blanc. Je reconnus immédiatement le professeur Chen pour l'avoir souvent vu à la télévision à de nombreuses reprises.

Je lui fis signe que j'étais effectivement réveillé et il me libéra. Un coup d'œil m'informa que j'étais toujours dans son bureau.

-Mon assistante a cuisiné ça pour toi. me dit-il en me donnant une assiette contenant du riz et une sauce de légumes.

Je regardai un instant autour de moi pour savoir où me poser.

-Prends une chaise, ce sera plus confortable et n'en fais pas tomber sur mes papiers.

-Oui.

Je fis ce qu'il me disait et manger. La chaleur du plat me réchauffa un peu et bien que la portion soit généreuse je n'en laissais pas une miette. Pendant ce temps je regardai le professeur travailler sur son bureau. Il se rendit compte que j'avais terminé après avoir fini de remplir un énième document.

-Déjà fini ?! Tu avais drôlement faim.

-Oui.

-Tu en veux encore ?

Je le regardai hésitant. C'était une question piège ?

-Non merci.

-Tu sais pourquoi tu es là ?

-Pour livrer deux colis.

-… Oui et non. Ce que tu as livré à Julien va nous aider dans nos recherches. Mais on aura aussi besoin de toi.

Je hochai la tête.

-Ça ne te dérange pas ?

-Je ferai tout ce que vous me demanderez.

-…

Il soupira avant de me faire rentrer dans ma balle pour m'amener à la machine de soin. Je ne perdis pas de temps et m'allonger dans l'herbe pour me reposer. Dès que je fus officiellement soigné, il retourna à son bureau et posa mon Hyper ball sur ses papiers.

Je le regardai passer la grande majorité de la matinée à remplir des feuilles de calculs compliqués ou d'écrire un discours, une étude … quand je ne dormais pas.

-Professeur ! s'exclama quelqu'un en entrant. Vous avez une réunion avec l'équipe de Monsieur Seymour.

-Merci Milly. Je ne vais plus tarder.

-Elle a déjà commencé …

-… Ah euh … j'y vais tout de suite. Tu t'es occupé des …

-Oui, je les ai tous nourris. Il y en a juste un que je voudrais que vous voyiez. Je crois qu'il a pris froid.

-D'accord, à tout à l'heure.

-Oui et n'oubliez pas de manger entre temps. râla-t-elle. Sinon je le dirais à votre femme.

-Pas besoin d'en arriver jusque-là.

-Vous savez ce qu'il vous reste à faire alors.

-…

Je l'entendis s'éloigner en soupirant. La lumière s'éteignit et j'entendis la porte se fermer. De là ou je me trouvais je ne voyais pas grand-chose. L'ennui me gagna rapidement et je finis par m'occuper en volant doucement entre les arbres de la forêt. J'avais fait cela tellement de fois que je connaissais les limites. J'accélérais, slalomant entre les troncs sans hésiter à prendre appui dessus pour tourner en cas de besoin.

Bien que je savais qu'elle était ma réalité. Voler me donner toujours l'illusion d'être libre. Je pouvais choisir mon chemin, mon altitude. Même si j'obéissais ce sentiment ne s'éteignait jamais.

La lumière de la pièce s'alluma et je me posai pour observer.

-Toujours pas revenu. dit quelqu'un.

Je tentai de voir qui c'était avant d'abandonner. Mon Hyper Ball était penchée du mauvais côté.

Soudain tout devient noir, et quand je vis à nouveau je vis la personne qui venait de récupérer ma balle.

-Ne me dis pas qu'il t'a oublié ici … Rei ?! s'exclama Milly plus que surprise.

Elle regarda rapidement autour d'elle avant de fermer la porte du bureau et de me faire sortir.

-Ça fait super longtemps ! Ça va ? Que viens-tu faire ici ? Tu es trop classe maintenant ! Lyra m'en avait parlé mais c'est encore mieux que je ne l'avais imaginé.

Voyant que je ne répondais pas, elle marqua une pause avant de me demander :

-Tu es Rei ou Dereck ?

-Mes maîtres m'appellent Dereck. Mais si tu veux savoir qui a le contrôle de ce corps … c'est moi … enfin Rei et Dereck. J'ai récupéré tous ses souvenirs.

-Tu veux dire qu'il n'y a plus deux personnes ?

-Oui.

-C'est bien ça … par contre … quand tu parles de « maîtres » de qui tu parles exactement ?

-Des humains.

-Pardon ?!

-Plus particulièrement ceux de … l'organisation.

-… je vois. répondit-elle bien moins joyeuse qu'au départ. Et qu'est ce … qu'ils de demandent de faire ?

-Je ne peux répondre à cette question.

-… c'est des trucs pas bien ?

-Je n'ai pas à juger les ordres de mes maîtres.

-… Aimes-tu ce que tu fais ?

J'hésitai à répondre, si je disais non … quelles conséquences cela pourrait avoir ? Je cessai de réfléchir et de bouger quand la jeune fille me fit un câlin.

-… je ne pensais pas … peu après ta disparition. Nous avons repris la route ensemble avec les autres. Mais les choses n'étaient plus comme avant. Dès que j'ai eu tous les badges requis je suis rentrée à la maison. Lyra qui s'engueulait souvent avec Neil est partie rejoindre les Arc en Ailes à Parmanie alors que lui a continué jusqu'à devenir Maitre du Conseil des Quatre.

-Je sais, on s'est vu.

-… Je l'ignorais. Enfin, après avoir vu dans quoi trempait ma famille. J'ai décidé d'assister le Professeur Chen dans ses travaux. Je ne peux pas les fuir, alors j'ai cherché un travail qui ne me déplairait pas. Lui au moins ne critique pas ma façon de prendre soin des Pokémons.

-…

Remarquant sûrement mon malaise, elle me libéra.

-Je suis quand même contente de t'avoir vu. dit-elle les yeux brillants. Tu es là pour longtemps ?

-Je ne sais pas.

-… Je suppose que tu n'as pas mangé.

-Non.

-Je t'apporte un sandwich. Ne bouge pas d'ici. Ah c'est vrai … pardon.

Elle me fit rentrer dans mon Hyper ball qu'elle posa sur le bureau avant de partir. Elle revient très rapidement et transféra directement la nourriture dans la balle.

-Bon appétit. Et fait comme si tu ne m'avais pas vue.

Je hochai la tête, ce qui sembla la réjouir, puis elle repartit. Je regardai ce qui se trouvait entre les deux tranches de pain. De la verdure, typique d'elle, cela n'allait pas me réchauffer mais toute source d'énergie était bonne à prendre. Je fis rapidement tout disparaître, même le plat que le Professeur me rapporta plus tard. Quand j'eus tout fini, il m'emmena avec lui.

Je ne distinguai rien depuis le fond de sa poche mais j'entendis clairement ses interactions avec les autres humains.

D'après ce que j'avais compris il étudiait actuellement sur la source des pouvoir des Pokémons. Les recherches avançaient plutôt bien. Ils étaient arrivé à trouver que sa source se trouvait dans notre sang, après je ne comprenais pas leur vocabulaire.

Le Professeur Chen me libéra dans un entrepôt semblable à celui par lequel j'étais entré. La différence avec la précédent était qu'ici il y avait de nombreuses machines.

-Bonjour Dereck. me dit Monsieur Seymour.

-Bonjour.

-Tu vas passer l'après-midi avec moi. m'expliqua-il comme s'il parlait à un gosse.

-Julien tu …

-Professeur, nous en avons parlé à la réunion. Ce ne sont que de petits tests. Rien de dangereux. Passez-moi sa balle. répondit-il plus sèchement en tendant la main.

Le vieil homme soupira et accepta d'accéder à sa demande.

-À tout à l'heure Dereck. me dit-il en repartant.

Je répondis d'un hochement de tête avant de faire face à celui qui détenait mon Hyper Ball.

-Bien maintenant au travail. déclara ce dernier.

Il me fit signe de le suivre et je le fis. Il me présenta à des scientifiques dont j'oubliais rapidement le nom.

- Déshabille-toi. m'ordonna-t-il.

Bien qu'il ne fasse pas très chaud, j'obéis. Je commençai par défaire les attaches sous mes ailes qui maintenaient mon haut fermé. Puis j'enlevai ce qui me servait de manteau, mon t-shirt, mes chaussures et mes chaussettes.

-Garde ton slip. dit le scientifique voyant que je commençais à le baisser en même temps que mon pantalon.

Dès que j'eus fini, il vient placer des ronds blancs sur moi. Je regardai intrigué ces trucs reliés à une machine par un câble.

Une de ses collègues vint l'aider et je me retrouvai rapidement avec plus d'une trentaine de fils. Ces derniers me donnaient suffisamment de longueur pour bouger sans risquer d'en arracher un par mégarde.

-Tiens. me dit le maître en me donnant un morceau de tissu blanc.

Je le dépliai et réalisai que cela ressemblait fortement à ce que l'on donnait aux patients dans les hôpitaux. Le mettre ne représenta aucune difficulté. Je passais mes bras dans les trous prévus à cet effet et nouai les attaches à l'arrière. Après vint l'habituelle prise de sang.

-Parfait. Va te mettre dans le cercle là maintenant.

Je me tournai pour voir un rond blanc peint à même le sol et allai me placer en son centre.

De l'autre côté de leur machine, les humains se mirent à pianoter sur leurs engins.

-Tout le monde est prêt ? demanda Monsieur Seymour.

Dès qu'il eut la confirmation que son équipe était à son poste et prête, il reprit la parole :

-Dereck baisse ta température corporelle au plus bas. Tu peux allumer ta flamme si besoin.

Je fis ce qu'il me demandait, sans attendre je me mis à sentir la morsure du froid.

-Bien, maintenant monte là au maximum.

Je le fis aussitôt. Puis il me demanda d'autres choses, notamment de réaliser des attaques dans le vide. Dès que la première partie fut fini, ils firent une pause pour discuter des résultats plus loin.

Je restais debout ne voulant pas me geler les fesses sur le sol. Après la seconde partie commença. Ils firent descendre un dôme transparent du plafond dans lequel je dus me placer.

-Si ça ne va pas préviens-nous. me dit le Maître, ce qui ne me rassura pas.

-D'accord.

-On va commencer à chauffer.

Effectivement, je sentais l'air autour de moi se réchauffer rapidement, cela dura de longues minutes pendant lequel ils me demandèrent de bouger.

-Tu n'as pas trop chaud ? me questionna-t-on pour la troisième fois.

-Non.

-Alors on va s'arrêter là pour le moment. Dereck on te fera sortir quand l'air autour de toi aura assez refroidit.

-D'accord.

Cette fois-ci je m'assis sur le sol brûlant. J'étais bien là, je pourrais passer la journée sans problème. Quoiqu'avec une distraction, la vue que j'avais n'était pas des meilleures.

Peu à peu, la salle se vida et je me retrouvai seul au milieu des bips et des bruits des ventilateurs des machines. Faute de mieux, je me mis à observer les lieux avec attention.

Lorsque le Maître revient, je savais le nombre de poutres, de lampes ainsi qu'une multitude d'autres choses inutiles.

Il fit remonter le dôme et me fit faire un aller-retour dans ma balle. Cela lui permit de ne pas m'enlever tous les capteurs qui étaient resté sur place pendant le transfert. Il me fit encore une autre prise de sang avant de me laisser ramasser mes affaires.

-Inutile de te changer, on reprend les tests demain.

-Entendu.

Je pliai tout avant de les poser sur une chaise inutilisé jusque-là. Je revins ensuite à côté de Monsieur Seymour attendant de nouveaux ordres. Il regardait un écran remplis de chiffres, à côté duquel se trouvait un autre écran avec ce qui devait être une représentation de moi. Le dessin informatique ne reprenait que les contours mais je distinguais bien les, ailes, les bras, les jambes et même ma queue d'écaille. Chaque partie présentait des couleurs différentes. Mes parties non humaines étaient rouge foncé tandis que le reste de mon corps était soit vert, soit jaune.

-C'est une représentation de la température de ton corps pendant le test. Ta partie humaine a gardé une certaine stabilité alors que ton côté Pokémon a emmagasiné beaucoup de chaleur. On suppose que cela te permet d'éviter d'avoir trop chaud. C'est bizarre, les résultats de Drake sont totalement différent … Oublie, tu ne dois rien comprendre à mes explications.

Je ne dis rien sachant parfaitement que je ne pouvais le contredire sans risquer de me faire punir De plus, il ne m'apprenait rien de nouveau. J'utilisais déjà mes ailes pour me protéger contre les attaques feu, ce qui ne représentait aucun problème.

-Il est l'heure de te ramener à Chen, sinon il va encore dire que je fais trop travailler les Pokémons. dit-il en me faisant revenir dans mon Hyper Ball.

Il me ramena ensuite au bureau du professeur, lui certifiant que j'étais en forme. Ce dernier jeta un coup d'œil à ma balle et remercia son homologue qui repartit aussitôt. Quelques secondes plus tard se fut autour du scientifique renommé de sortir pour m'amener à la machine de soin. Dès qu'elle eut fini, il me remit dans sa poche.

Je tentais de distinguer quelque chose mais il faisait trop noir. Il n'y avait pas d'option ou un moyen d'éclairer l'intérieur de nos Pokéball ? Je fermai les yeux imaginant une lune pleine éclairant la forêt, mais cela fut inutile. Je soupirais en m'allongeant dans l'herbe.

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Je regardai un nuage de vapeur créé par mon souffle. À combien comptaient-ils s'arrêter ?

J'utilisai mes mains pour me frictionner les bras, retenant mon envie de ramener mes ailes contre moi pour me réchauffer. J'avais l'ordre de les garder grandes ouvertes pour ne pas fausser les résultats. Je les avais prévenu que j'avais trop froid mais ils continuaient l'expérience. J'avais mille fois plus apprécier la précédente, c'était tout le contraire de celle-ci.

Ayant de plus en plus de tremblements, je m'accroupis.

-Dereck debout.

-S'il vous plaît, arrêtez. Je suis frigorifié, je n'arrive pas à me réchauffer. dis-je en me redressant à contre cœur.

-Tu peux le supporter. Ton frère n'a pas rencontré de difficultés à ce stade.

-Je ne suis pas comme lui. pensais-je sans rien dire.

Mes tremblements gagnèrent en intensité et je dus serrer les dents pour les empêcher de claquer.

Quelques minutes plus tard, il annula ses ordres. Je pus m'accroupir et m'entourer dans mes ailes. Une douce chaleur m'envahit mais elle était insuffisante pour chasser le froid que j'avais sur moi. Sans compter que j'avais terriblement sommeil. Fatigué de lutter, je me laissé doucement tomber par côté, en prenant garde à rester sur mon aile et ne pas toucher le sol glacé.

XXXXX

-Qu'est-ce que vous avez dit ?

-Allons, il n'y a rien de grave.

-Rien de grave ? Il a failli nous faire une hypothermie !

-Il est juste entré en état d'hibernation.

-Géniale, quelle avancée scientifique. Je devrais vous donner le prix Nobel. Combien de fois je vais devoir vous rappeler qu'ils ont du sang humain dans leurs veines que la machine ne soigne pas ?

J'ouvris les yeux pour voir Chen et Seymour plus loin en train de se disputer. Mon regard vient se poser sur un nuage de poils couleur crème contre moi. Je tournai la tête pour voir un pelage orange avec des stries noires. Un Arcanin me servait actuellement de bouillotte. Je ne perdis pas de temps et repris ma position précédente, simulant mon sommeil pour ne pas quitter sa chaleur.

-Vous êtes trop sentimental.

-Nuance, ce sont des êtres vivants.

-Nous sommes leurs créateurs. Il est normal qu'ils nous écoutent et obéissent.

-Pas quand cela risque de les tuer.

-On meurt tous un jour où l'autre. La leur rentrera dans les annales, dans l'histoire pour avoir aidé dans la recherche et la science !

-… J'ai du travail. dit le professeur pour couper court à la conversation.

-Je vois. A plus tard.

Il ferma la porte avec force avant de soupirer.

-Oéoé, il est réveillé. dit ma bouillote.

-Oui Arcanin ?

Soudain la chaleur disparut, je restais un moment immobile avant de craquer. J'ouvris les yeux et cherchai l'origine de mon problème. Avant de voir que le Pokémon avait retiré sa queue.

-Ça va mieux ? me demanda l'humain en se penchant vers moi.

-Oui … merci.

-Je n'a rien fait en particulier. C'est notre ami qui a tout fait. m'expliqua-t-il en caressant le grand Pokémon. Tu as encore froid ?

-Oui.

Sans attendre le chien de feu se leva pour s'installer le long du mur, me faisant réaliser à quel point ce bureau était grand. Puis il me fit signe. Je me levai pour aller me mettre entre ses pattes avant tout en gardant mes ailes pliées dans mon dos pour profiter au maximum de sa chaleur et douceur.

-C'est bon petit ? me demanda-t-il.

-Oui. murmurai-je.

Il posa sa large tête sur moi. C'était trop bon. Je m'assoupis et fut réveillé par le professeur pour manger. Il en profita pour prendre ma température avant de me redonner mes vêtements, qui étaient bien plus chauds que leur chemise d'hôpital.

-Je pense que tu peux retourner dans ta Pokéball maintenant.

Bien que je voulais rester là où j'étais, je me devais d'obéir.

-Oui.

-… Repose toi bien. J'ignore ce qu'il a prévu pour demain.

Moi j'en avais une petite idée et espérer me tromper.

-D'accord.

Il me fit revenir dans ma forêt avant de poser ma balle sur une étagère.

-Arcanin, tu veux rentrer chez toi ?

-Oui ! s'exclama joyeusement ce dernier.

-Je prend ça pour un oui.

Je le vis rappeler le Pokémon feu dans sa balle avant de quitter la pièce. Mes pensées dérivèrent vers Arkan et ce qu'il devait faire maintenant. Non, je ne devais pas y penser. Je cherchais autre chose pour fixer mes pensées vers un sujet moins douloureux.

-Rei. murmura quelqu'un à plusieurs reprises.

Je me levai curieux et remarquai Milly en train de fouiller le bureau du professeur à travers mon faux ciel. Elle utilisait une petite lampe pour mieux voir en raison des volets fermés. Elle continua de fureter un peu partout avant de trouver ma balle. Je ne compris pas ce qu'elle me voulait car je finis dans sa poche sans un mot.

Quand je vis à nouveau la lumière, j'eus la surprise d'être hors du bâtiment en plein vent glacial. Je mis aussitôt mes ailes contre moi pour me protéger. Puis regardai Milly qui me faisait face.

-R… Rei dis-moi ton travail au sein de la team Rocket. m'ordonna-t-elle.

Mon instinct m'avertit d'un danger et je compris rapidement que cela venait de ma balle.

-Je suis un assassin.

Cela sembla la choquer mais elle se reprit rapidement.

-Dans ce cas-là, promets moi de ne plus tuer.

-Je ne fais pas de promesse. Je réponds uniquement aux ordres.

-M … mais si je te rends ta liberté, tu me le promets ?

Si elle me … non … elle n'allait pas le faire, c'était du bluff. J'avais déjà eu cette épreuve, ce n'était plus la peine de me tester.

-Si vous le voulez.

-Promets !

-Je vous le promets.

-… Maintenant je … t'ordonne de ne répéter à personne ce que je vais te dire : Va à Jadielle voir le Champion Bleu, il fait partie des rebelles. Il saura te cacher. Il est digne de confiance avec les Champions d'Azuria et des Îles Ecumes. Les autres aucune idée. Compris ?

-Oui.

-Maintenant fonce. J'ai échangé ta balle par une autre, mais j'ignore quand ils découvriront ta disparition.

Je dois avouer que c'était une très bonne actrice, j'aurais presque eu envie de la croire.

-En vertu des accords de ma famille. Je relâche le Pokémon ici présent.

Je regardai à la fois surpris et terrifié ma balle devenir blanche alors qu'un sentiment étrange m'envahissait. Elle avant … vraiment …

-Rei ?

-Et … et les autres ?

-Les autres ? Tu n'es pas le seul ?!

-Non. Il …

-J'ai pris de gros risques pour te libérer. Maintenant fonce, je verrais pour les autres mais je ne te garantis rien.

-… Donne-moi un ordre.

-… Euh … Assis !

Je restai debout sans problème, sans ressentir de douleur. Ce n'était pas un rêve !

-Ah non, ne pleure pas s'il te plaît.

N'ayant que faire de mes larmes, je l'attrapai dans mes bras en répétant le mot merci tel un mantra.

-Je sais. Je sais. Dépêche-toi avant qu'il ne se remette à neiger.

-Oui. répondis-je très heureux.

Je pris mon envol et gagnai de l'altitude pour devenir aussi discret que possible.

J'étais libre ! Je … je pouvais à nouveau faire ce que je voulais !

Je restai un instant en vol stationnaire. Je n'avais aucune envie d'aller à Jadielle et encore moins me retrouver auprès d'humains. Je voulais profiter de ma nouvelle liberté et réfléchir tranquillement.

Non sans hésitation, je pris la direction de Parmanie. Ils ne viendraient pas me chercher là-bas. Encore moins au parc Safari.

J'enchaînais les premières minutes les acrobaties aériennes. Voler ne m'avait jamais paru aussi agréable, aussi léger.

Le vol fut long et pénible au-dessus de la mer. Les averses de neiges me firent prendre la mauvaise direction. J'avais fini par retrouver la piste cyclable non sans difficultés et avais dû me résoudre à me cacher dessous pour me reposer dans un des creux des piliers.

Je restais là à me réchauffer jusqu'à la nuit tombée. Mon estomac criait famine et j'avais du mal à garder une température stable. Je repris malgré tout mon vol. Suivant les lumières de la piste avant d'atteindre la ville au petit matin. Bien que le soleil se levait tard, la blancheur du sol m'apporter suffisamment de lumière pour distinguer ce que je cherchais.

Dès que j'eus franchit la clôture du parc, je me mis à chercher un abri. J'en trouvai un et vérifiais qu'il n'y avait personne avant d'entrer. L'intérieur était composé d'une table et deux chaises, mais ce qu'il m'intéressait le plus se trouvait dans le fond.

Je fermai la porte comme il faut pour éviter d'avoir des courants d'airs. Mes vêtements étaient trempes de neige fondu et je n'avais plus assez d'énergie pour les faire sécher. Tremblant de froid j'empilais quelques bûches dans la cheminée avant de cracher une flammèche dessus. De ma bouche ne sortit que de l'air, ce qui ne me rassurait pas sur mon état.

Je décidais finalement d'utiliser ma queue de reptile. Je fis apparaître la flamme qui me paraissais petite et la glissai entre deux bout de bois avant de m'allonger à même le sol dans mes ailes. Et de m'endormir aussitôt, épuisé.