Chapitre 2 :
Trio caché
Les jours les semaines et les mois s'étaient vite écoulés pour Itachi et Shisui. Très vite, ils avaient accompagné le Jinchuuriki au combat. Comme prévu, le changement brusque de Hokage et l'instabilité créée avait rapidement engendré des attaques de leurs ennemis et plusieurs fois, Fugaku envoya l'unité Oni au combat pour régler ça. Cela avait été l'occasion pour eux de voir l'enfant à l'œuvre et il était d'une efficacité redoutable, extrêmement puissant, vif, rapide comme l'éclair, d'une force incroyable. Il était doté d'une endurance à toute épreuve bien qu'il n'ait pas besoin de ça, ses affrontement durant rarement plus de quelques minutes. Lorsqu'il était lancé, il ne s'arrêtait que lorsqu'il avait terminé. Il n'écoutait pas ses ennemis lui parler, ne donnait aucun répit, aucun temps de pause, n'avait aucune hésitation. Il déployait des techniques incroyables de puissance. Il avait tellement de chakra qu'avec lui, la plus simple technique pouvait atteindre une puissance démesurée. Mais même lorsqu'il n'utilisait pas le ninjutsu, il était un combattant redoutable au corps à corps. C'était incroyable de penser qu'il n'avait que sept ans.
Une chose avait pourtant profondément dégoutté les deux amis. Lorsqu'ils emmenaient l'enfant au combat, l'unité lui donnait ses ordres, souvent celui d'exterminer l'ennemi puis elle restait à l'écart, le laissant se battre seul. La seule chose qu'ils faisaient était de le garder à l'œil et de le récupérer une fois l'affrontement fini. Mais jamais ils ne lui venaient en aide d'aucune façon, se planquant derrière lui même lorsqu'on le voyait encaisser des blessures, lui ordonnant de les protéger. Ils n'avaient eu d'autre choix que d'en faire de même pour ne pas être suspect mais cela les répugnait profondément. La seule chose qui inquiétait l'unité était de s'assurer qu'il ne s'enfuit pas ou qu'il ne soit pas capturé ainsi que la réussite de la mission. Il fut alors clair que le Jinchuuriki était le seul à qui l'on devait toutes les victoires de l'unité puisque cette manière de faire s'avéra rapidement être celle qu'ils avaient toujours utilisé. Et comme pour les entraînements, l'enfant n'avait droit à aucun soin en revenant de combat. On le jetait simplement dans sa cellule et on l'enchaînait. Il avait simplement droit à un repos un peu plus long. Chaque jour, Itachi et Shisui devaient se faire violence pour se contrôler, révulsé par la manière dont l'enfant était traité. Souvent, ils allaient s'entraîner ensemble pour se défouler. Ils ne pouvaient se permettre de faire n'importe quoi ou de se montrer tendre avec l'enfant sans quoi ils savaient que Fugaku les éloignerait de là et les surveillerait. Le jour où ils pourraient montrer leur colère devant cela serait le jour où ils pourraient sortir le garçon de là.
Le temps passa et malgré tout, ils firent ce qu'ils pouvaient pour le petit garçon. Lorsque personne ne regardaient, ils se permettaient plus de douceur à son égard, lui murmurant quelques mots comme s'il allait leur répondre. Ils ne le malmenaient jamais comme certains membres de l'unité se le permettait, cela les amusant. Au plus le temps passait, au plus ils comprenaient les sceaux et les limitations qui le tenaient. Ils avaient passé beaucoup de temps en secret à analyser tout ça, à faire des recherches discrètement. Le fuinjutsu restait pourtant une discipline très secrète et pratiquée par peu de monde, rare étant ceux capables de l'appliquer à haut niveau. Il était donc difficile d'obtenir des informations. Leur Sharingan leur permettait de mieux les analyser et les comprendre mais cela ne leur disait pas comment s'en débarrasser. De nombreux sorts étaient ancrés à la vie même de l'enfant. Cela impliquait que seul sa mort puisse les effacer ou que les annuler entraînait son trépas. Rien de réjouissant en somme mais toute technique avait des failles ou des contres et ils comptaient bien les trouver.
La toile de jutsu le tenant était impressionnante et très lourde, sévère et stricte. Il y avait même un sceau punitif destiné à le torturer s'il se rebellait. Celui là avait servis dans ses entraînements de résistance à la douleur et à la torture qu'on lui faisait encore endurer régulièrement et il était toujours en place. Bien qu'il était certain que le Jinchuuriki ne pourrait rien dire du tout s'il était capturé et torturé, ils l'entraînaient à résister à la douleur pour que cela ne l'handicape pas au combat. Même contrôlé ainsi, l'enfant ressentait la douleur et son corps la subissait, altérant ses actions s'il ne savait pas y résister et cela justifiait de le torturer pour le Hokage et l'unité, les répugnant. Ils se servaient d'ailleurs du sceau punitif en entraînement ordinaire, par surprise pour voir comment il réagissait.
Il y avait les techniques de contrôle aussi inspiré de techniques de manipulations plus classiques mais scellée en lui pour durer. Elles avaient été ancrées en lui très jeunes et cela avait fait que son corps s'y était naturellement soumis, les rendant terriblement efficaces et quasiment impossibles à contrer par l'enfant lui même même avec toute la volonté du monde. Il y avait des techniques le reliant aux diverses barrières du Placard comme Itachi et Shisui appelaient la base. Cela faisait qu'il serait immédiatement puni et entravé s'il tentait de passer une protection sans autorisation et il y en avait tellement que toutes les forcer était impossible. Il y avait également cette balise et ce sceau d'invocation permettant à l'Hokage de l'invoquer près de lui à tout moment. On pouvait ajouter celui qui le privait de parole, celui qui l'empêchait de s'exprimer de quelconque façon... et tout un tas d'autre le privant de liberté, de libre arbitre en tout. Il y en avait tellement qu'il était difficile de concevoir comment ils avaient pu être posés et tenir. Enlever ça serait atrocement compliqué et le duo faisaient des recherches là dessus, sachant qu'il s'agissait de la clef pour rendre sa liberté au petit blond.
Ils veillaient sur lui comme ils pouvaient, assistant à tout les aspects de sa vie. Ils scrutaient tout pour tout savoir et trouver des failles mais il fallait reconnaître que le Cinquième du nom et l'unité avait très bien fait les choses, parant à toutes les éventualités. C'était extrême et démesuré mais il fallait avouer que cela les empêchait bien de libérer l'enfant. Faire quoi que ce soit pour lui était d'ailleurs très compliqué alors que son cadre de vie et ses journées étaient très encadrées. Ils n'étaient que rarement seuls avec lui. En réalité, ils ne l'étaient qu'à une seule occasion : lorsqu'ils faisaient leur examen avec leur Sharingan que le Hokage avait ordonné réguliers. Ils rendaient donc souvent visite aux deux démons toujours plus agressifs et vindicatifs à leur égard, les attaquant dés qu'ils le pouvaient, insultants, ne les laissant jamais approcher leurs cellules. Ils ne répondaient jamais à leurs interrogations et lorsque l'on parlait de leur Jinchuuriki, ils niaient toujours sa survie, sa présence, dégradant à son égard. Ils étaient vraiment infects, les confrontations où ils faisaient peser leur chakra sur eux éprouvantes parfois. Pourtant, ils n'auraient arrêté pour rien au monde, ces séances seules leur offrant l'espoir d'un contact avec l'enfant. À chaque fois, ils disaient leur intention de lui venir en aide mais ils n'eurent guère de réponse, moqués par les démons.
Après quelque mois de poste, ils avaient été convoqué par Fugaku pour parler du Jinchuuriki. Ce fut dans un salon de la tour du Hokage qu'ils le retrouvèrent, en civil. Ils le saluèrent respectueusement avant de prendre place avec lui. Ils commencèrent par échanger sur la sécurité autour du Jinchuuriki, son entraînement, son niveau, son comportement, ses sceaux... Ils échangèrent sur tout les détails techniques et logistiques sur lesquels il n'y avait pas grand chose à dire. Les deux amis avaient préparé leur discours, sachant qu'ils devaient montrer qu'ils considéraient l'enfant comme une arme, une possession, se montrer froid à son égard et insensibles à son sort. Sinon, Fugaku les écarterait c'était certain. Mais ça ne voulait pas dire qu'ils n'avaient pas de marge de manœuvre, les génies qu'ils étaient regorgeant de ruse pour parvenir au but.
- Nous aurions d'autres remarques à faire sur ses conditions de vies et d'autres points, remarqua Itachi.
- Je vous écoute, poussa le Hokage curieux.
- Nous pensons qu'il faudrait revoir ses soins, son alimentation, son hydratation, son confort, son rythme d'entraînement. Cela nous semble trop dur, expliqua Shisui.
- Trop dur ? releva Fugaku. Trop dur pourquoi ? C'est une arme. Ces conditions ont été faîte pour qu'il ne se ramollisse pas et qu'il soit toujours au mieux de ses capacités. Le confort et les soins sont inutiles pour lui.
- Nous ne remettons pas cela en question, affirma Itachi. Seulement, nous pensons que nous pouvons améliorer ses performances immédiates et dans le temps grâce à quelques changements mineurs.
L'air mécontent de l'Hokage s'envola pour laisser place à l'intérêt et il les interrogea du regard.
- Certes ses conditions de vie actuelles participent au développement de son endurance, de sa résistance et de son conditionnement mais elles ne sont pas viables à long terme, expliqua son fils. Il a de grandes capacités de régénérations, énormément d'énergie et de chakra mais ça n'empêche que son corps peut tout de même s'épuiser et s'abîmer sous de trop fortes privations et sollicitations. Cela s'en ressent déjà sur lui. Cela n'atteint pas ses performances pour le moment mais ça viendra vite, nous sommes tout les deux d'accord là dessus, dit-il en échangeant un regard entendu avec Shisui.
- Expliquez précisément, demanda le Hokage alerté.
- Par exemple pour l'eau et la nourriture qui sont réduis au strict nécessaire. En soit ce n'est pas un problème si grand s'il était adulte mais il se développe encore. Il a besoin de plus de diversité, de plus de nutriments pour grandir correctement. Il a des signes de carences et d'anémie constamment, des tremblements et des faiblesses. C'est difficile a repérer lorsqu'on n'est pas observateur, dit-il en un sous-entendu au sujet du Sharingan que le Hokage comprit aisément. Mais c'est là. Nous l'avons mesuré, il est plus petit qu'il ne le devrait. Nous ne sommes pas médecin mais il est quasi certain qu'il a un retard de croissance et des problèmes à cause des carences et des déshydratation répétés.
- Si nous ne rectifions pas, son corps ne se développera pas correctement et il risque d'avoir des problèmes contre lesquels on ne pourra rien, continua Shisui. La présence des démons et ses capacités physiques hors normes ont repoussé le problème mais ça ne le réglera pas et ça empirera. Il n'atteindra pas son plein potentiel et pourrait même perdre beaucoup en performance et en capacité. Nous pensons qu'il serait judicieux de remédier à cela pour vraiment le pousser au plus haut qu'il le pourra. Il a d'énormes possibilités et peut devenir encore bien plus puissant qu'il ne l'est déjà mais nous devons faire ce qu'il faut pour ça.
- D'autant plus que nos multiples examens dans son esprit ont prouvé qu'il était totalement brisé. Il ne reste rien de lui et de sa personnalité. On pense qu'il n'y en a même jamais eu. On ne détecte absolument aucune présence hormis celle des démons en lui et s'ils n'étaient pas là, il serait une coquille vide, remarqua Itachi en faisant sourire son père.
Lui comme Shisui eurent bien du mal à retenir leur colère et leur dégoût face à sa satisfaction devant ce fait mais ils se continrent. Il le fallait pour aider l'enfant.
- La pression psychologique ne sert plus a rien avec lui, reprit-il avec impassibilité. Il n'y a plus rien sur quoi faire pression. Il est comme une machine qu'on programme, une marionnette qu'on manie facilement.
- Il faut désormais penser au meilleur moyen de l'amener au plus haut niveau qu'il peut atteindre, continua Shisui. Il faut veiller à sa santé si on veut l'amener au plus haut niveau possible et nous sommes d'accords pour dire qu'il peut encore évoluer beaucoup. Et pour l'amener au mieux de ses capacités physiques, l'alimentation et l'hydratation sont primordiales. D'autant plus qu'un mauvais état général pourrait favoriser des débordements des démons.
- Je vois. C'est un problème en effet. L'unité n'avait jamais fait de rapport sur des débuts de problèmes physiques, remarqua le Hokage.
- Ils n'y ont pas fait attention d'après moi, répondit Itachi. Ils sont dans leur routine avec lui et ils omettent de faire évoluer leur suivis.
- Je compte sur vous pour cela, posa-t-il. Vous parliez de confort, de soins et de rythme d'entraînement aussi. Expliquez.
- L'idée générale est la même, répondit Shisui. Ce qui est fait actuellement va littéralement ruiné sa santé à la longue et le rendre inutilisable, dit-il en se faisant violence pour parler de l'enfant tel un objet. Il se pourrait que d'ici quelques années, il soit incapable de se battre voir en danger de mort avec cela et il faudrait tout recommencer avec un autre Jinchuuriki.
- Sans parler de trouver un Jinchuuriki avec de telles capacités naturelles et apte à accueillir plusieurs démons ainsi. C'est une grande première et peut-être un cas unique. Il serait stupide de le détruire.
- Hors, c'est ce qui arrivera si nous continuons ainsi. Si ce n'était par ses extraordinaires capacités, il aurait déjà succombé, continua Shisui. Comme nous le disions, la pression psychologique est inutile avec lui alors nous pouvons rectifier sans mettre à mal le conditionnement.
- Nous pensons qu'il faudrait mettre en place des soins lorsqu'il est blessé et lui donner un peu plus de confort dans ses temps de repos. Juste un lit et une couverture feront l'affaire. Le problème actuellement est que son corps est constamment sollicité pour résister à tout, se régénérer et il est toujours sous pression. Cela a augmenté sa résistance et son endurance mais à la longue ça va le détruire. Son corps comme sa capacité de régénération vont s'épuiser et soudainement, son corps va lâcher, il va décliner et avoir de nombreux problèmes physiques jusqu'à mourir potentiellement. Les démons pourraient pousser cela en se débattant en lui. Il a besoin de temps de repos et de récupération plus adaptés pour que son corps puisse suivre dans le temps. Le repos et les soins sont importants pour le garder en état longtemps et favoriser davantage son évolution. Il faut le soulager ou son corps va se dégrader très rapidement. Et un peu de confort favorisera ce repos et cette récupération.
- C'est une arme mais une arme vivante, reprit Itachi. Il faut donc prendre le facteur physique et de santé en compte. C'est aussi pour cela que nous pensons qu'il faudrait lui donner plus de temps de repos pour que son organisme puisse vraiment récupérer et se détendre. Sans cela, il va finir par s'épuiser profondément et avoir des défaillances physiques de plus en plus nombreuses. Ses performances déclineront et ils pourraient se faire avoir au combat dans une faiblesse. On a le même problème avec son entraînement actuel. C'est trop. Il n'atteindra pas les dix ans ainsi. Et enchaîner les entraînements où l'on pousse à bout son chakra aussi souvent vas le tuer c'est certain. On aurait de bien meilleurs résultats en le ménageant un peu plus et en lui donnant une récupération adaptée.
- Nous sommes certains qu'il évoluera plus vite ainsi. Il stagne depuis un moment et c'est sûrement à cause des répercussions physiques. Nous pensons aussi que les entraînements de résistance à la douleur, à la torture, sont trop fréquents et violents. Dans la même idée, ça traumatise son corps et son système nerveux et ça impacte doucement ses performances. Son corps est déjà incroyablement résistant à la douleur, continuer aussi souvent est inutile. Cela ne fera que l'abîmer. Ce n'est pas différent d'un entraînement de ninja ordinaire même si on peut aller beaucoup plus loin avec lui.
- C'est en effet très logique, approuva Fugaku. Il est peut-être temps de refaire un point sur son cadre de vie et son entraînement. Il est brisé et parfaitement conditionné, sous contrôle total.
- Tout à fait, acquiesça Itachi. Aucun risque de rébellion ou de désobéissance de sa part. C'est très clair, c'est un fait. Comme vous l'aviez dis père, l'hôte, psychologiquement parlant, n'est pas du tout un problème puisqu'il n'existe pas.
- L'enjeu est donc maintenant de forger une arme physiquement parfaite, remarqua le Hokage. Au mieux de son potentiel. Nous allons étudier ça, assura-t-il. Comment se déroule vos examens avec le Sharingan ? Les démons ?
- Violents et exécrables, répondit Itachi. Ils tentent de nous attaquer à chaque fois que nous allons dans son esprit. Aucun doute qu'ils raseraient Konoha s'ils le pouvaient.
- Ce n'est pas étonnant, répondit l'homme. C'est pour cela que les démons à queues doivent être scellés et contrôlés. Ils sont beaucoup trop dangereux pour être laissés libres. Les sceaux ?
- Très solides et parfaitement intacts, répondit Shisui. Nous allons les garder sous surveillance étroite mais il n'y a aucun problème pour le moment. Quand aux démons, nous pourrions les contrôler avec le Mangekyô s'ils tentent quoi que ce soit.
- C'est très bien, sourit-il avec satisfaction. Est-ce que vous savez pourquoi on n'arrive pas à déclencher l'utilisation de leur chakra ?
- Ils nous ont bien fait comprendre qu'ils feraient tout pour ne pas nous laisser nous en servir, répondit Itachi. Mais nous pensons que la toile de sort sur lui est au moins en partie responsable.
- Qu'est-ce qu'il vous fait penser cela ?
- L'abondance de sceau, de barrières, de techniques de manipulations... enchaîne et enferme encore plus les démons et leurs chakras, le rend encore plus inaccessible sans leur accord. Nous pensons que c'est à cause de cela que nous n'arrivons pas à l'utiliser. Mais l'art des sceaux n'est pas de notre ressort alors c'est difficile à confirmer. Ce dont nous sommes sûr est que cela retient encore plus leurs chakras au fond de lui.
- Que suggérez vous ?
- La seule solution serait de retirer une partie des sorts pour améliorer la circulation du chakra, répondit Shisui. À moins que les maîtres en fuinjutsu puissent remédier à cela d'une autre façon. Certains sceaux ou jutsu sont superflus. On pourrait peut-être jouer là dessus mais c'est à voir avec des maîtres en la matière pour ne pas altérer le contrôle.
Il fallait être extrêmement prudent en parlant des sceaux. S'ils se montraient trop insistant de ce côtés, cela pourrait être suspect puisqu'il était évident que c'était là la clef du contrôle du Jinchuuriki.
- Je vais faire étudier cela, répondit le Hokage en réfléchissant. Autre question : comment est l'unité ?
- Leur loyauté semble acquise à votre cause, répondit son fils en sachant que c'était cela qu'il voulait savoir. En revanche, je trouve qu'ils manquent de rigueur dans leur travail avec le Jinchuuriki, de professionnalisme. Ils ne se sont jamais remis en question sur la manière de le gérer et si nous n'étions pas arrivés, ils l'auraient tués en quelques années. Il leur arrive de le malmener ou de le pousser trop loin gratuitement par simple amusement. Ce n'est pas sérieux et ils se relâchent dans leur travail. Ils prennent parfois le Jinchuuriki comme un jouet mais c'est une arme, une arme précieuse pour le village, qui appartient au village et qui n'est pas là pour leur amusement ou faire passer l'ennuie. Plus de rigueur ne me déplairait pas.
- Une mise au point générale semble donc nécessaire, remarqua Fugaku. Je vais personnellement étudier votre rapport et voir ce que l'on va faire. Je convoquerais l'unité ensuite pour vous donner vos nouveaux ordres. Quoi qu'il en soit, tenez le Jinchuuriki à l'œil de près. Tant que nous l'aurons, nous pourrons éviter beaucoup de problèmes à Kokoha. Il faut qu'il soit au mieux et qu'il reste sous mon autorité exclusive. Je compte sur vous pour cela.
- Hai, approuvèrent-ils avec discipline.
Ils terminèrent leur échange et Itachi et Shisui s'en allèrent avec l'espoir d'améliorer la vie de l'enfant un minimum. S'ils avaient parlé de lui en terme de performance, de durabilité et de résultat, s'assurant ainsi d'avoir l'oreille du Hokage et de l'intéresser, leur but avait été tout autre. Ce qu'ils voulaient était améliorer les conditions de vie de l'enfant, le soulager, lui donner plus de repos et de confort. La réponse ne tarda pas à arriver et ils furent heureux de voir qu'ils avaient convaincu l'Hokage. Il avait réuni l'unité à la base pour donner ses ordres. Il avait recadré l'unité en général sur leur comportement, leur attention vis à vis de l'arme précieuse qu'ils avaient dans les mains. Il donna ensuite de nouvelles consignes à son sujet. L'enfant se vit alors accorder une meilleure alimentation, de l'eau à volonté, des soins, un peu de confort, plus de repos, moins de violence dans l'entraînement. Entraînement dont l'organisation se voyait confié à Itachi et Shisui entièrement. Et cela perdurerait s'ils obtenaient des résultats. La seule question sur laquelle il ne se prononça pas fut la toile de sort sur l'hôte, ne disant rien à ce sujet. Mais dans l'ensemble, le duo avait obtenu tout ce qu'ils voulaient, très satisfait bien qu'ils ne le montrent pas. C'était un petit mieux pour leur jeune protégé. Le jour même, ils avaient fait un contrôle dans l'esprit du Jinchuuriki, en profitant pour annoncer ce qui allait changer pour lui dés le lendemain. Ils ne l'avaient toujours pas vu mais ils étaient certains de sa présence. C'était très discret mais c'était toujours là, au milieu du chakra de Kyûbi. Ils espéraient qu'il les entendait et que peut-être un jour, il essaierait de se montrer à eux.
Ce fut peu de temps après cela que Itachi et Shisui reçurent une visite à laquelle ils ne s'attendaient pas. Ils venaient de quitter leur service et ils s'étaient sentis suivis très discrètement dés qu'ils avaient quitté la base. Cela faisait un moment qu'ils se sentaient observés mais il n'avait pu mettre la main sur celui qui les gardait à l'œil et qui était de toute évidence, un excellent ninja pour leur échapper ainsi. Ils avaient été très intrigué mais ils n'avaient ressenti aucun danger. Ils avaient eu beau tenter de s'en débarrasser, ils n'y étaient pas arrivés. Cela avait duré quelques temps et ce jour là, ils étaient nettement suivis, ne parvenant pourtant pas à mettre la main sur l'importun très doué pour se cacher. Ils retrouvèrent leurs tenues civiles avant de partir vers l'extérieur du village, la nuit tombant. Ils étaient partis vers un terrain isolé, décidé à prendre en défaut celui qui les suivait toujours, se rapprochant. Entre les arbres, ils échangèrent un regard, certains d'être seuls avec l'espion.
- Sortez de là, ordonna froidement Itachi. Ce jeu du chat et de la sourie est terminé.
Quelle ne fut pas leur surprise lorsqu'ils virent un homme dont le visage ne leur était pas inconnu apparaître entre les troncs. Un homme qui représentait leurs idéaux mais que l'on n'avait pas vu depuis une éternité à Konoha.
- Maître Jiraya ? releva Shisui.
- Oui, approuva l'homme en s'avançant un peu pour qu'ils puissent le voir.
Il avait l'air grave et sérieux, prudent. Il les scruta un moment.
- Pourquoi nous surveillez vous et nous suivez vous depuis un moment ? demanda Itachi prudent et impassible.
- Je veux des informations, répondit-il. Des informations sur ce qu'il y a dans la base à laquelle vous êtes affectés, dit-il en les surprenant même s'ils n'en montrèrent rien.
- Vous savez qu'on ne pas révéler d'information sur nos missions et affectations, répondit Shisui maîtrisé. Qu'est-ce qui vous fait croire que nous pourrions dire quoi que ce soit ?
- Parce que ce n'est pas aux ninjas que l'on s'adresse, fit une autre voix derrière le Sannin.
Ils furent encore plus surpris de voir apparaître Hiruzen Sarutobi, le Troisième Hokage qui se posta près de Jiraya.
- Sensei, fit celui-ci inquiet.
- Ne t'en fais pas mon petit Jiraya, rassura-t-il. Nous devons prendre le risque. Ce n'est pas aux ninjas mais aux personnes que l'on s'adresse. Tout deux, je sais que vous êtes tout deux des hommes d'honneurs et droits, pacifiques et je sais que vous n'appréciez pas la ligne de conduite du village.
Les deux ANBU ne furent pas vraiment surpris par cette déclaration. Le Troisième avait été réputé pour s'intéresser à chaque habitant du village et à connaître tout les ninjas, à veiller sur eux. Il n'avait sûrement pas arrêté depuis qu'il avait passé la main, ce n'était pas son genre. Il était même certainement le mieux informé du village sur le côté humain. Il avait toujours était ainsi, veillant, prenant soin de tous à l'image de ses prédécesseurs et du Quatrième. Et il avait toujours su sonder les gens, les comprendre même pour les plus fermés, reconnaître les potentiels et les personnalités.
- Nous sommes venus vous voir parce que c'est notre dernier recours dans une affaire très grave pour nous, continua le Troisième. En réalité, nous savons parfaitement ce qu'il y a dans cette base. Le Jinchuuriki de Kyûbi.
Ils restèrent totalement froids et impassibles devant eux, pas vraiment surpris qu'il sache. Cela faisait longtemps qu'ils se demandaient ce qu'il savait à ce sujet, ce qu'il en pensait mais ils n'auraient pas pris le risque de le contacter. Si Fugaku apprenait qu'ils avaient le moindre contact avec le Troisième ou ses rares partisans, il se méfierait immédiatement. Il se méfiait de tout ceux qui avaient un contact avec eux. Rien que cela pourrait leur coûter leur poste. Pourtant, l'homme venait de lui même vers eux, allant droit au but et ils se demandaient où cela allait mener.
- Nous sommes dans l'impossibilité de l'approcher ou d'avoir une quelconque information sur lui, continua le vieil homme. Il nous a été interdis de le voir et nous ne pouvons contourner cela même si nous le voulions. Nous voulons savoir comment il va. Se porte-t-il bien ? Est-il bien traité ? Nous savons qu'il est régulièrement envoyé au combat avec l'unité Oni et qu'il a de bons résultats mais c'est pour l'enfant qu'il est que nous nous inquiétons. Nul enfant de cet âge ne devrait être enfermé et exploité ainsi.
- En quoi cela vous intéresse-t-il tant ? demanda Itachi jaugeant la situation comme son ami.
- Le Jinchuuriki est une arme pour Konoha, rien de plus, posa Shisui. Ce n'est pas un enfant ni un ninja ordinaire. Il doit servir le village.
- C'est un gamin de huit ans ! s'insurgea Jiraya. Un enfant qu'ils ont enfermé et dont ils se servent pour leur propre intérêt. Ce n'est pas tolérable. Ce n'est pas l'âme de Konoha !
- Jiraya, tempéra le Troisième qui fixait les deux jeunes hommes avec attention. Je sais pertinemment que ce n'est pas quelque chose que vous pouvez accepter aussi. Vous avez de grandes âmes et vous n'êtes pas comme Fugaku. Vous êtes tout l'inverse. Cet enfant, je le considère comme mon petit fil. J'avais promis à ses parents de veiller sur lui et j'ai lamentablement échoué. Ce n'est pas pour cela que je vais le laisser tomber. Je ne peux plus grand chose pour Konoha dernièrement mais je peux encore l'aider lui et c'est là tout ce que je veux encore accomplir dans cette vie. Quand à Jiraya, il est le parrain de ce garçon, expliqua-t-il en les surprenant une fois encore.
- Pourquoi vous adresser à nous ? demanda Shisui. Nous pourrions vous dénoncer.
- Mais vous ne le ferez pas je le sais, répondit le Hokage. Pensez y. Nous reviendrons vous voir. Tout ce que nous voulons, c'est le bien de ce garçon. Rien ne justifiera jamais de traiter un être humain en arme de la sorte. Vous êtes les seuls à qui nous pouvons nous adresser et qui ont un contact avec lui. Réfléchissez y. Viens Jiraya. Nous rentrons, dit-il en se détournant.
- S'il vous plaît, pria le Sannin en ravalant sa fierté. Ce gamin compte énormément pour nous. Nous voudrions juste qu'il soit heureux et libre comme tout à chacun le mérite.
Il n'en dit pas plus, se volatilisant avec son maître, laissant là un duo étonné. Ce fut avec beaucoup d'attention qu'ils pensèrent à cela. La position des deux hommes ne les surprenait pas du tout, encore plus évidente vu le lien qu'ils semblaient avoir avec le petit garçon. Le tout était de savoir s'il était prudent ou non de s'associer à eux. Une chose était certaine, les deux hommes étaient des ninjas de très haut niveau largement capables de faire preuve de discrétion, de garder le secret et de préserver leur couverture. Ensuite, avec eux, ils savaient qu'il éviterait les problèmes de loyauté ou de coup en traître. Ils étaient sûr et c'était là une très bonne chose. Si l'enfant était vraiment si important pour eux, ils se donneraient vraiment pour lui et c'était bien là le genre de ces deux ninjas. Mais il y avait aussi un autre avantage à leur parler : leur expérience et leurs connaissances. Jiraya était un des rares connus pour ses talents en fuinjutsu à Konoha. Ils pourraient réellement les aider. Le tout serait de rester très discret. Les deux ninjas avaient dis ne pas pouvoir approcher le garçon et ils savaient pourquoi. Il y avait sur lui un sceau punitif se déclenchant si certaines signatures de chakra étaient trop près de lui. Certainement celle des deux hommes et peut-être d'autres. La menace de torture sur le petit garçon avait dû les tenir efficacement à l'écart s'ils l'aimaient.
En fin de compte, ils avaient décidé de leur parler avec énormément de précaution, prenant milles sécurité alors que le secret était vital pour eux comme pour le Jinchuuriki qui serait le premier à subir une erreur de leur part. Lorsque les deux hommes étaient revenus les voir, ils s'étaient cachés, laissant des clones faire cette discussion pendant que les originaux retournaient au village pour ne pas éveiller les soupçons. Ils avaient d'abord demandé à l'ancien Hokage et au Sannin de leur dire ce qu'il s'était passé pour eux. Le Troisième raconta comment l'enfant avait été retiré à sa garde dés le lendemain de l'attaque de Kyûbi sur ordre du Cinquième et comment il avait été tenu à l'écart avec soin, la menace de torture planant sur l'enfant pour l'empêcher de tenter de l'approcher. Jiraya expliqua qu'il n'avait pas été là lors de l'attaque et le temps qu'il l'apprenne et qu'il rentre, son filleul était déjà hors porté. Il avait eu beau faire ensuite, jamais il n'avait pu le voir et quand il s'était fait trop insistant, il s'était vu ajouté à ce sceau punitif sur le garçon. Depuis, ils avaient tenté plusieurs choses sans jamais parvenir à quoi que ce soit, les mesure prises autour du Jinchuuriki trop strictes.
Lorsqu'ils avaient terminé, Itachi et Shisui avaient parlé, sachant que les deux hommes allaient prendre un sérieux coup en apprenant comment l'enfant avait été et était traité. Ils se doutaient bien que ça n'avait pas été drôle pour lui mais ils ignoraient à quel point. Ce qu'ils leur révélèrent les choqua profondément très visiblement, les horrifiant sans surprise. Ils ne dirent rien, écoutant les deux ANBU leur dépeindre la vie du garçon, parlant de leur arrivée auprès de lui, de ce qu'ils avaient ressenti en découvrant cette ignominie. Ils expliquèrent ce qu'ils avaient fait depuis pour lui, ce sur quoi ils travaillaient, leurs visites dans l'esprit du garçon, ce qu'ils y avaient perçu. Il y eut ensuite un moment de fureur pure pour Jiraya, de total abattement pour Hiruzen, tout deux accusant le coup. Pourtant, ils s'étaient vite repris pour se concentrer sur ce qu'il fallait faire pour tenter de sortir le petit blond de là. Les sceaux et les techniques qui le tenaient s'avérant vite être le problème central, ce fut là dessus qu'ils se concentrèrent, les deux hommes annonçant qu'ils allaient faire des recherches pour trouver un moyen de les enlever, de les annuler ou de les contrer. Ils pourraient faire plus de recherches que les deux ANBU à ce sujet. Itachi et Shisui leur remirent d'ailleurs des rouleaux cryptés sur leurs notes au sujet de tout ce qui emprisonnait le petit garçon pour qu'ils puissent avancer rapidement.
Ils échangèrent longuement, tentant de trouver comment agir au plus vite ou comment aider au mieux l'enfant en attendant de pouvoir le sortir de là, cherchant les bons arguments pour convaincre. Ce fut à la fin de cette discussion qui avait pris des heures que Itachi et Shisui apprirent l'identité réelle du petit garçon, totalement choqué par cette information qui n'apparaissait pas dans les données qu'ils avaient eu. Naruto Uzumaki, fils de Kushina Uzumaki et de Minato Namikaze, Quatrième Hokage. Que l'héritier d'un héros de Konoha ait été bafoué ainsi ne rendit la chose que plus atroce à leurs yeux. Ce fut à partir de ce jour qu'ils se mirent à quatre pour tenter de libérer Naruto. Les deux duos redoublaient d'immenses précautions pour ne pas se faire remarquer, ne communiquant qu'au strict minimum avec toujours beaucoup de prudence. Jiraya était reparti en voyage pour faire des recherches sur les sceaux en toute discrétion. Seulement la tâche s'avérait très complexe.
Presque deux ans avaient passé depuis que Itachi et Shisui avaient été affecté au Jinchuuriki, leur position dans l'unité fermement ancrée maintenant. Les changements qu'ils avaient fait dans sa prise en charge avaient vite fait effet comme ils l'avaient annoncé à l'Hokage. Naruto avait désormais droit à un lit, une bonne couverture et un coussin pour dormir plus à l'aise et au chaud. Il mangeait décemment et en quantité suffisante, avait de l'eau en abondance. Ses entraînements étaient moins intenses, moins durs et moins longs, provoquant bien moins de blessures et de dégâts sur lui. Et si cela arrivait, on le soignait, Shisui se chargeant presque toujours de cela. L'unité avait lourdement marqué sa désapprobation au début à la remise en cause de leur travail, pensant qu'ils voulaient juste ménager et chouchouter l'enfant. Mais l'appuie de l'Hokage leur avait permis de faire ce qu'ils voulaient. Ils avaient rapidement eu des résultats sans surprise pour eux. La santé du garçon s'était nettement améliorée, sa peau maladivement pâle reprenant de douces couleurs, les tremblements et les faiblesses qu'ils avaient repéré cessant. Mais ce qui avait surtout plu à Fugaku et convaincu l'unité avait été de le voir progresser de nouveau à l'entraînement.
Sous leur direction, le Jinchuuriki avait gagné en force, en rapidité, en précision, s'améliorant visiblement, apprenant de nouvelles techniques. Cela leur avait permis d'enraciner leur position et leur façon de faire avec lui, obtenant progressivement plus pour lui. Une meilleure alimentation, un équipement de protection qu'il n'avait pas avant, de meilleurs vêtements et mêmes des séances de soins de confort pour aider son corps. Mettant en avant la performance et la bonne santé du Jinchuuriki, ils avaient facilement convaincu l'Hokage qui venait régulièrement voir lui même ce que leur manière de faire donnait. Et il n'était pas déçu. Il avait pu voir la meilleure forme physique de l'hôte, sa musculature plus belle se dessinant doucement sur son jeune corps, sa vivacité et son énergie plus éclatant. Et son Sharingan lui avait permis de pleinement constater les meilleures performances de son arme préférée. Il s'était donc rassuré et laissait davantage Itachi et Shisui gérer cela, persuadé qu'ils feraient du Jinchuuriki la plus puissante arme qu'on ait vu. Itachi et Shisui avaient ajouté des entraînements différents pour lui. Ils lui faisaient travailler davantage le contrôle de son chakra, sur la meilleure manière d'exploiter et d'économiser ses forces, travaillant sa finesse et sa délicatesse. Cela donnait des entraînements bien moins éprouvants pour Naruto avec pourtant un gros avantage pour l'aider à s'améliorer. Et contrairement à ce qu'il se faisait avant, lorsqu'ils l'entraînaient, Itachi et Shisui ne regardaient pas du bord du terrain, ils faisaient avec lui, lui faisaient face, espérant se faire connaître un peu de lui mine de rien.
Malgré le temps passé le quatuor de ninjas n'avaient pas avancé sur le problème des sceaux. Malheureusement on en arrivait toujours à la même conclusion : soit on tuait Naruto en les retirant, soit il fallait qu'il meurt pour les effacer et cela n'était certainement pas une option. À retard, Jiraya et Hiruzen avaient remercié les deux jeunes hommes d'avoir amélioré la vie du petit blond et de veiller sur lui ainsi, de ne pas avoir attendu pour tenter de lui porter secours. Un sujet qui faisait aussi l'objet de discussions sérieuses entre eux, était l'esprit du garçon avec lequel ils n'arrivaient toujours pas à entrer en contact. Pourtant, les Uchiwa étaient certains qu'il était là, toujours présent très discrètement au milieu de la puissante masse de chakra de Kyûbi. Ils en étaient venus à se dire que le démon renard retenait le Jinchuuriki pour qu'il ne puisse se sortir de là, facilitant la tâche et la vie aux démons. Jiraya et Hiruzen disaient que ce serait bien le genre du renard que de faire preuve d'encore plus de cruauté envers l'enfant.
Ils voulaient en avoir le cœur net ce jour là et sortir l'enfant de là. Aussi, Itachi et Shisui avaient prévu d'user de leurs Sharingan pour forcer le renard à laisser l'esprit du petit blond sortir de son emprise. Ils s'étaient donc invités dans son espace mental, habitués désormais à se mettre hors portée des deux Bijû qui les attaquaient systématiquement et cette fois ne fit pas exception, les forçant à rester loin des geôles.
- Nous voulons voir Naruto, posa fermement Itachi.
Depuis qu'ils connaissaient son prénom, ils l'utilisaient toujours lorsqu'ils étaient seuls avec lui ou dans son esprit mais cela n'avait pas fait tiqué une seconde les démons prétendant ne pas connaître ce nom. Et c'était sûrement vrai. Aussi, la réponse fut la même qu'à l'habitude entre moquerie, haine et tentative d'attaque. Sachant qu'ils n'obtiendraient rien d'eux, les deux amis échangèrent un regard, se concentrant ensuite sur les démons. Chacun en prendrait un le temps de ramener Naruto près d'eux.
- Vous ne nous laissez pas le choix, remarqua Shisui.
Ils se préparèrent à activer un peu plus leur Sharingan et peut-être le Mangekyô pour les soumettre à leur volonté seulement, rien ne se passa comme ils l'avaient imaginé. Ils allaient agir lorsque soudain, un éclair doré traversa leur champs de vision, si rapide que même leurs pupilles ne purent le distinguer. Une poigne ferme saisit leurs gorges et ils basculèrent en arrière avant d'avoir comprit. Ils se retrouvèrent plaqués sur l'eau, une puissance écrasante et dangereuse les écrasant, les paralysant alors qu'un net danger de mort pesait sur eux. Tout s'immobilisa une seconde et ils se figèrent devant ce qu'ils virent au dessus d'eux. Un regard d'azur brillant et tranchant, implacable. Il ornait le jeune visage de celui qui tenait leurs cous, les étouffant à moitié. Il était accroupi entre eux, de longs cheveux de soleil cascadant sur lui, enveloppant sa silhouette. Des moustaches traversaient ses joues, son expression intransigeante et colérique. Il semblait vraiment furieux, sa prise sur eux, son énergie crépitante emplissant tout jusqu'à dominer celle des démons, criant qu'il était vraiment contrarié et prêt à les tuer.
- Vous, gronda-t-il d'une voix presque animale. Je commençais à bien vous aimer mais si vous osez tenter de les toucher, de les asservir, de les contrôler ou de les contraindre à quoi que ce soit, je vous tue sur le champs, prévint-il froidement. Mon esprit n'est pas l'extérieur. Ici, je suis maître de tout alors ne pensez pas pouvoir m'échapper. Kyûbi et Nibi sont intouchables ! Est-ce clair ? Essayez encore une seule fois de leur faire quoi que ce soit et je vous élimine sans remord dans la seconde. Compris ? demanda-t-il d'un ton exigeant réponse.
Ils approuvèrent, happés par le regard lourd pesant sur eux, stupéfaits par ce qu'il venait de se produire. Ce fut un peu bêtement qu'ils regardèrent l'enfant les lâcher et se redresser aussi souplement qu'un félin. Ils en firent de même doucement, l'observant faire volte face, ses cheveux volant autour de lui. La démarche gracieuse et silencieuse, il retourna vers les geôles sans la moindre hésitation. Ce fut contre le montant entre les deux cellules qu'il alla s'asseoir. Presque immédiatement, Nibi et Kyûbi glissèrent leurs immenses museaux entre les barreaux pour l'encadrer, grondant avec menace vers les deux Uchiwa. Ils se calmèrent pourtant lorsque le garçon posa un bras sur chaque museau, grattouillant tendrement.
Ce fut avec consternation que Itachi et Shisui regardèrent cela. Jamais ils ne s'étaient attendus à ça. La situation était certainement bien différente de ce qu'ils avaient imaginé et un peu improbable. Naruto. Naruto était là et ils découvraient son visage pour la première fois. S'ils avaient pensé qu'ils trouveraient un enfant terrorisé, faible, éprouvé, éteint, fragile et influençable, ce qu'ils avaient en face d'eux était assurément l'inverse. L'énergie dévoilée du blond dominait celle des deux démons, puissante, lumineuse, éclatante et impérieuse, chaude. Le chakra des deux Bijû s'apaisaient dans le sien, s'enroulant pourtant autour du Jinchuuriki avec protection. Il affichait une grande assurance, une grande confiance en lui, fier et digne. Ils avaient devant eux un enfant qui avait l'air d'un adulte parfaitement construit et solide qui les regardait dans les yeux avec une telle intensité que c'était eux qui se sentaient petits. Comment une telle chose était possible ? Ils n'en savaient rien, perdus. Ils s'assirent correctement, analysant leur protégé qu'ils découvraient enfin. Celui-ci les laissa faire, détendu désormais bien qu'il les surveillait visiblement.
- Pourquoi vouliez vous me voir ? demanda-t-il finalement. Si je ne venais pas, c'est peut-être parce que je ne voulais pas.
- Ils se sont sûrement dit que je te retenais prisonnier, ricana Kurama.
- Alors que c'est eux qui te retiennent prisonnier, ajouta Matatabi.
- Très drôle, sourit-il avec ironie. Pour votre information, fit-il en regardant les deux Uchiwa. Nibi et Kyûbi sont ma famille et ceux à qui je dois de ne pas être devenu totalement fou. Alors faîtes attention à ce que vous dîtes d'eux, je pourrais ne pas apprécier. Kyûbi ne m'a jamais retenu. Je préférais simplement rester avec lui lorsque vous vous invitiez ici.
- Je vois, soupira Shisui. Nous avons commis une erreur de jugement. Pardonne nous, pria-t-il avec un doux sourire.
Doux sourire qui lui fut rendu, le surprenant comme son ami alors qu'un signe de tête acceptait les excuses.
- Il semble que je vous dois des remerciements aussi, remarqua le blond. Depuis que vous êtes là, les choses ont changé et je crois que vous en êtes responsables.
- Nous ferons tout ce que nous pourrons, assura Itachi.
- Sache qu'on n'a pas l'intention de laisser ça comme ça, continua Shisui. Nous sommes pas comme ces gens. On ne peut pas tolérer la manière dont-ils t'ont traité.
Le garçon eut un simple sourire pâle, tournant un instant le regard vers Kyûbi. Il y eut un moment de silence, les deux aînés comprenant que parler de sa vie ne le tentait pas plus que ça. Ils l'analysèrent un instant, vraiment étonnés de le trouver ainsi, serein et assuré, fort et presque rayonnant quelque part. Si on ne savait rien de lui, on aurait pu croire qu'on avait là un jeune ninja mature et très bien construit, solide et assuré. Jamais on aurait pu soupçonné ce qu'il avait enduré et endurait encore.
- Pourquoi ne pas t'être montré avant ? demanda finalement Shisui.
- Je devais être sûr que je pouvais vous faire confiance, répondit-il.
Ils comprirent facilement. S'ils s'étaient montré face à quelqu'un qui ne voulait de lui que l'arme, il aurait risqué des tentatives de détruire son esprit, encore plus de surveillance, de chaînes, de tortures et de restriction. Il était bien mieux pour lui de faire croire que son esprit était détruis, brisé et c'était exactement ce qu'il avait fait.
- Et je ne sais toujours pas si je peux vous faire confiance, continua-t-il le regard perçant. Clairement, vous m'avez traité de bien meilleure façon que les autres et vous avez changé beaucoup de choses dans ma vie. Mais rien ne me dit que ce n'est pas une autre façon de tenter de me manipuler. Les ninjas sont très doués pour ça, dit-il avec suspicion.
Mais en réalité, il n'avait que peu de doute à l'égard des deux jeunes hommes. Il avait observé de très près ce qu'ils faisaient avec lui depuis leur arrivée près de lui. Ils s'étaient montrés beaucoup plus humains, beaucoup plus attentionnés que tout ce qu'il avait eu autour de lui jusque là. Bien des choses avaient changé et s'étaient améliorées pour lui depuis qu'ils étaient là. Il n'avait pas manqué de remarquer leur discrétion vis à vis des autres, leur comportement changeant selon qu'ils étaient seuls avec lui ou non. Il avait senti leur colère, leur agacement, leur fureur, leur dégoût... et pour une fois, cela n'était pas dirigé ver lui. Kurama lui offrait le pouvoir de ressentir les émotions négatives et jamais ils n'en n'avaient eu à son égard. En revanche, ils en avaient eu plus d'une fois avec violence pour l'Hokage et le reste de l'unité. Ils le regardaient toujours avec attention comme pour s'assurer qu'il allait bien, veillant sur lui. Ils avaient été hostiles aux démons mais jamais à lui. Cela faisait un moment qu'ils disaient vouloir l'aider mais il avait préféré attendre de voir comment ils évoluaient. Son impression à leur égard n'avait fait que se renforcer et il devait avouer qu'il avait développé une certaine affection et un certain attachement pour eux. Ils étaient les premiers à le traiter en être vivant et conscient.
Il avait fini par comprendre pourquoi il les avait trouvé bizarre au début. Parce que ce qu'ils dégageaient était très différent de tout ce qu'il avait connu jusque là. Ils n'étaient pas haineux, violent, froids, manipulateurs, cruels, durs... Non, ils étaient protecteurs, doux, attentionnés... Ils le considéraient, le respectaient. Ça ressemblait un peu à ce que les Bijû lui donnaient et c'était certainement cette impression qui lui avait semblé étrange de la part de ses semblables. Jamais un autre être humain avait été ainsi avec lui. Et les émotions humaines étaient très différentes de celle des Bijû auxquelles il était bien plus habitué. Celles des démons étaient bien plus intenses, directes, pure, honnêtes... Avec eux tout était plus clair et simple, intransigeant. Les humains étaient vraiment beaucoup plus compliqués, plus indécis, plus confus, moins intenses. C'était plus difficile de les comprendre et il lui avait fallu du temps pour décrypter ce qu'il ressentait dans leur chakra. Cela faisait longtemps qu'il avait appris à lire les chakra, à communiquer par lui. C'était son seul moyen de rejoindre les autres Bijû et de vraiment les comprendre, son seul moyen de communication. Mais s'il avait attendu si longtemps, c'était aussi face aux réticences de Kurama et Matatabi pas du tout enclins à faire confiance ou à accorder une chance à des ninjas. Seulement aujourd'hui, il n'avait ni réfléchi ni tergiversé lorsqu'il avait compris que les deux ninja allaient s'en prendre à eux. C'était là une chose qu'il ne pouvait pas supporter et il avait agi d'instinct. Il avait promis à Kurama et Matatabi de les protéger, qu'il serait le seul à subir cette situation. Il n'avait jamais failli à cette promesse.
- Nous n'avons que notre parole, répondit Itachi.
- Nous voulons te sortir de là et te rendre ta liberté, ajouta Shisui.
- Pourquoi ? demanda-t-il en grattant le dessous de l'œil de Nibi qui avait l'air d'adorer ça.
- Parce que ce qu'il t'a été fait n'est pas tolérable à nos yeux, dit Itachi.
- Ce n'est pas quelque chose que nous pouvons accepter. Personne, Jinchuuriki ou pas, ne devrait être traité ainsi, grimaça Shisui. Notre philosophie est à l'opposé d'une telle ignominie. Alors nous ferons tout pour te sortir de là.
- Et pourquoi vouloir me parler ici ?
- Parce que nous voulions te rencontrer, te dire qu'on allait t'aider. Parce qu'on voulait savoir comment tu allais, dit Shisui.
- D'accord. C'est fait dans ce cas, remarqua-t-il légèrement. En dépit de tout ce que vous avez certainement imaginé, je vais aussi bien que possible.
- C'est ce qu'on voit, s'amusa Shisui. Et c'est la meilleure nouvelle depuis qu'on a fait ta connaissance. Au fait on ne s'est même pas présenté correctement, dit-il bien plus léger et détendu maintenant. Je m'appelle Shisui. Shisui Uchiwa et lui c'est Itachi Uchiwa, mon meilleur ami.
- Naruto Uzumaki, sourit-il en réponse. Kyûbi et Nibi, fit-il en désignant les démons. Mes colocataires adorés.
- Tu connais ta véritable identité ? s'étonna Itachi.
- Bien sûr, approuva-t-il.
- Je vous préviens tout de suite petits ninjas, gronda Matatabi, osez tromper ou trahir Naruto et j'aurais votre carcasses sous mes dents un jour ou l'autre, menaça-t-il.
Les deux Uchiwa avisèrent le démon protecteur avec l'enfant, le regard menaçant de Kyûbi montrant clairement qu'il avait au moins la même idée en tête.
- Nous ne le ferons pas, assurèrent-ils en même temps.
Cela fit exploser de rire le Jinchuuriki et ils l'observèrent, heureux de voir qu'il avait tenu le coup et qu'il pouvait encore s'amuser ainsi. C'était totalement inespéré. Ils discutèrent encore un peu de banalité, s'analysant mutuellement, puis les deux Uchiwa durent regagner le monde physique, heureux de leur découverte. Et ils ne furent pas les seuls. Cela soulagea aussi énormément Hiruzen et Jiraya très heureux de l'apprendre. Ils avaient pourtant redouté que le garçon soit manipulé par les démons seulement, les Uchiwa penchaient pour une autre solution. Naruto semblait s'être réellement lié d'amitié avec les deux démons. Il ne leur paraissait pas du tout manipulé au contraire. Il avait même l'air, d'une certaine manière, de dominer les deux Bijû. Ce qu'ils avaient vu était invraisemblable, inimaginable mais ils l'avaient bien vu et constaté : Naruto formait une sorte de trio amical avec ses démons. Mais dans un sens, ce n'était pas tellement impossible. Il avait grandi avec Kyûbi pour seule compagnie, puis avec Nibi. Peut-être était-il parvenu à s'entendre avec eux ? Une chose était certaine, les deux démons le protégeaient autant qu'il les protégeait.
Après cela, Itachi et Shisui continuèrent à rendre visite à Naruto. Désormais, le blond se montrait, souvent assis avec nonchalance entre les deux cellules, entouré des deux démons refusant de les laisser approcher. Ils discutaient, faisaient connaissance pour ensuite se mettre à parler de beaucoup de choses sérieuses ou non. Ils se découvraient, parlaient du village, de ce qu'il avait été avant l'attaque de Kyûbi, de sa philosophie d'origine. Et les deux Uchiwa étaient ravis de voir Naruto y adhérer totalement, regrettant le demi-tour que Konoha avait pris le jour de sa naissance. C'était un garçon tout à fait atypique que Itachi et Shisui apprirent peu à peu à connaître. Naruto était un peu excentrique, toujours souriant envers et contre tout, comme si sourire pouvait tout soulager. Et cela fonctionnait avec lui, son sourire apaisant les cœurs. Il était assuré, confiant, digne et fier, noble et droit. C'était un obstiné de grande envergure, tenace et c'était probablement cela qui l'avait aidé à tenir jusque là. Il était optimiste, léger. Il n'avait presque aucune notion de politesse ou de conventions sociales, la chose plutôt logique dans son cas. Mais si ce n'était pas évident au premier abord, il était respectueux. Il y avait en lui une grande bonté et une grande sincérité. Il était éclatant comme le soleil, chaleureux et s'il pouvait être intransigeant et ferme, la notion de violence et de haine ne semblaient pas avoir de place en lui.
Il semblait aussi très accessible, ouvert, souriant, sociable pourtant, il était aussi très secret et distant quelque part. Il ne parlait jamais de lui en aucune façon, éclipsait le sujet sous tout ses aspects. Il ne révélait que très peu de sa personnalité, de ce qu'il pensait, gardant tout pour lui. Sans surprise, il n'avait pas confiance en ses semblables et on ne pouvait pas lui reprocher. Seulement, il semblait aussi leur laisser une chance, attendant prudemment de voir comment les choses évoluaient et c'était là quelque chose de vraiment extraordinaire à leurs yeux. Après tout ce qu'il avait enduré, il était en droit de haïr les Hommes, les ninjas, tout le monde et pourtant, il s'y refusait totalement. Jamais il n'avait de remarque dégradante ou brutale envers qui que ce soit, pas même envers les Hokage responsables de son sort. La rancune, la vengeance... il s'y refusait visiblement, regardant toujours droit devant plutôt que derrière. Mais il fallait dire que la haine et la rancune, ses deux démons en avaient largement assez pour trois et jamais le blond ne leur reprochait leurs accès de violence, compréhensif. Il arrivait cependant toujours à les apaiser, son énergie chaude et douce pour eux, protectrice.
Très vite, il fut évident pour eux que c'était bien un lien d'amitié au minimum qui liait le blond aux deux Bijû. Que ce soit Kyûbi ou Nibi, jamais ils ne se montraient violents, brutaux ou insultants avec Naruto comme ils pouvaient l'être avec tout autre. Avec lui, ils étaient protecteurs bien que ce ne soit pas ouvertement pour le renard. Ils le traitaient comme l'un des leurs, comme leur petit frère. Ils le respectaient visiblement, éprouvaient de l'affection à son égard. S'ils n'avaient aucune idée du comment cela était arrivé, une chose était certaine : c'était certainement cela qui avait permis à l'enfant de tenir et de se construire malgré tout. Il n'était pas seul et il ne l'avait jamais été vraiment. Sous le jeune garçon enfermé dans son propre corps, il y avait un trio caché, un trio improbable mais très soudé et c'était probablement ce lien qui avait sauvé le blond.
